Harry Dursley

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Resume

Fanfiction d'Harry Potter écrite en 2022

Et si après quelques années les Dursley s’était mis à aimer Harry et à le traiter comme leur propre fils, tout en continuant à considérer la magie comme une tare. Comment concilier sa nature et l’amour de ses parents adoptifs ? Très simple il suffit de rejeter la magie. Mais les sorciers le laisseront-ils faire ?

À l'origine, je voulais que ce soit une succession de petits chapitres très courts sur le modèle de : Une adolescence à St Brutus

Mais rapidement, j'ai abandonné cette idée et j'ai fait une fanfic plus classique. Il reste quand même quelques chapitres très courts (surtout dans le tome 1) qui témoignent de cette ambition originelle.

Tome 1 : Harry Dursley à l’école des moldus

Tu es un sorcier Harry

— Tu es un sorcier Harry

— Pour de vrai !?

Harry avait 6 ans lorsque son père adoptif lui avait dit qu’il était un sorcier. Le matin même, il venait de faire son premier acte de magie accidentelle et avait passé la journée à tenter d’expliquer que ce n’était pas de sa faute, s’il s’était retrouvé sur le toit de l’école. La maîtresse ne l’avait pas cru, l’avait sévèrement grondé puis avait dit qu’elle allait en parler à ses parents.

Plus tard, il avait essayé de se confier à son cousin Dudley Dursley (qui affichait bruyamment sa joie que les cours aient été interrompus le temps que les pompiers le fassent redescendre). Mais il l’avait traité de menteur. Cela n’aurait pas dû le surprendre. Après tout, lui-même avait du mal à y croire. Malgré tout, son cousin était son meilleur ami et son incrédulité l’avait peiné.

En apparence, tout opposait les deux enfants. Dudley était aussi gros qu’Harry était maigre. Malgré sa bonne volonté et tous ses efforts, Dudley peinait dans toutes les matières alors qu’Harry était premier de sa classe sans fournir le moindre effort. Harry ne supportait pas de rester en place et adorait le sport, alors que son cousin préférait les activités plus calmes comme la lecture ou les jeux vidéo. Cependant au fil du temps, malgré leurs différences les deux garçons élevés ensemble depuis leur plus jeune âge étaient devenus aussi proches que des frères jumeaux. En effet depuis la mort de ses parents, Harry vivait chez son cousin.

Harry insista, mais Dudley ne le cru pas d’avantage et essaya de changer de sujet ou de jouer à un jeu. Cela mit Harry en colère. Il traita son cousin de gros qui pue et partit en courant à l’autre bout de la cour de récré.

C’était la première fois qu’Harry se fâchait aussi sérieusement avec son cousin. Tout ça, c'était de la faute à la bande à Pierre se dit Harry. S’il ne lui avait pas couru après rien de tout ceci ne serait arrivé. Il ne savait pas comment ni pourquoi il s’était retrouvé sur le toit, mais instinctivement, il sentait que les deux événements étaient liés. C’est comme si son souhait, de s’éloigner le plus possible avait été exaucé. La famille d’Harry n’était pas très croyante, mais en bonne famille anglaise conservatrice, ils allaient à la messe pour les grandes occasions comme pâque ou Noël et des bribes de religion chrétienne avait fini par parvenir au jeune Harry. Il se demandait si Dieu n’avait pas entendu ses prières.

Et puis la bande à Pierre faisait un bon bouc émissaire pour le ressentiment qu’il accumulait depuis ce matin. Ils n’arrêtaient pas de les embêter lui et son cousin. Dudley parce qu’il était gros et Harry, car il était le premier de la classe. Il était donc plus facile de les détester un peu plus, que de réfléchir à ce qu’il venait de dire à son cousin et à comment s’excuser.

Le soir, lorsque son père Vernon Dursley, vient les chercher à l’école, conformément à sa promesse, la maîtresse l’intercepta et lui demanda de venir dans son bureau. Harry et Dudley avaient été laissés dans la cour de récré, mais les deux enfants étaient trop fâchés pour jouer ensemble. Harry n’avait donc d’autre distraction que de s’angoisser sur ce que la maîtresse racontait à son père. C’était vraiment trop injuste se dit Harry. Lui il n’avait rien fait et tout le monde le rejetait.

Une fois que son père fut sorti du bureau de la maîtresse, il allât chercher ses deux enfants et les ramena à la maison. D’habitude durant le trajet, il leur demandait de leur raconter leur journée et le voyage était plutôt joyeux. Mais là le voyage fut marqué par le silence. Pensif chez Vernon, inquiet chez Harry et rancunier chez Dudley.

Une fois bien à l’abri derrière les épais murs de sa maison, son père déclara qu’il devait parler de ce qui s’était passé aujourd’hui. Harry commença immédiatement à clamer son innocence à grand coup de cris et de phrases incohérentes, tandis que son cousin essayait discrètement de s’enfuir vers sa chambre et sa chère console.

Mais à la grande surprise des deux enfants, Vernon annonça qu’il croyait Harry et qu’il avait quelque chose à leur dire à tous les deux. Il leur annonça qu’il existait un monde parallèle au nôtre où vivaient les sorciers. Les parents d’Harry étaient également des sorciers et apparemment, Harry en était un aussi. Grâce à la candeur de l’enfance, ils crurent immédiatement leur père et oublièrent immédiatement leurs ressentiments pour déverser sur le pauvre Vernon un déluge de question auquel il était bien en peine de répondre. Il finit par leur dire d’attendre le retour de leur mère qui en savait plus que lui sur le monde sorcier.

Les enfants se réfugièrent dans la chambre de Dudley (qui était la plus grande), pour parler avec passion des bêtises qu’il allait pouvoir faire avec les nouveaux pouvoirs d’Harry. Harry voulut à tout prix savoir s’il pouvait voler et sauta régulièrement sur le lit ou du haut de l’armoire de son cousin pour vérifier son hypothèse. Tandis que Dudley planifiait de sortir la nuit en cachette des parents pour lutter contre le crime et sauver le monde d’un savant fou comme dans les comics que ses parents lui achetaient régulièrement.

oOoOoOo

Ce soir-là Harry se réveilla et sortit de sa chambre. C’est quelque chose qu’Harry faisait pratiquement tous les soirs, d’aussi longtemps qu’il s’en souvienne. Devant ses parents, il prétextait une envie d’aller aux toilettes. Mais la vérité, c’est que chaque nuit, il ressentait un sentiment d’enfermement que seul une balade de 5 minutes dans les couloirs parvenait à calmer.

En passant devant la chambre de ses parents, il entendit des bruits de conversation. Curieux, il tendit l’oreille :

— Tu es sûr qu’il est comme eux ? Si ça se trouve, il a juste menti. Demanda Pétunia avec espoir

— Ma chérie. Comment veux-tu qu’il ait fait ça tout seul ? Et puis ce n’est pas le premier incident bizarre. Tu te souviens lorsqu’il était plus jeune et que tu lui as (…)

— Je ne veux plus jamais en reparler.

Devant la soudaine hargne de sa femme, Vernon décida de changer d’angle d’attaque. De toute façon, lui aussi préférait oublier la première année qu’Harry avait passée chez eux.

— Ma chérie, moi aussi, j’ai été déçu en l’apprenant. J’avais l’espoir qu’en l’élevant correctement sa bizarrerie finirait par disparaître. Ça me dégoûte tout autant que toi. Mais se voiler la face n’y changera rien. Ce n’est pas un humain comme nous.

Harry arrêta d’écouter et rentra dans sa chambre silencieusement.

oOoOoOo

Les semaines passèrent et petit à petit Harry oublia qu’il était un sorcier. Ou plutôt cela devient juste quelque chose de banal auquel il ne prêta plus attention.

Sur l’insistance de Dudley, pendant les premiers jours qui suivirent la révélation, il essaya régulièrement, mais sans succès de maîtriser ses pouvoirs ou de provoquer un autre incident. Mais comme souvent, à cet âge, il se lassa vite et passa à autre chose. D’autant plus que ses parents venaient de l’inscrire au club de foot local et qu’il devint vite obsédé par ce sport. Cette passion soudaine pour le sport entraîna de grandes félicitations de la part de Vernon qui y voyait un signe qu’il deviendrait peut-être un enfant normal (et en plus, c’était son sport favori).

Au grand étonnement de sa tante, il n’éprouvait pas particulièrement de curiosité pour le monde sorcier ou pour ses parents biologiques.

Au contraire de Dudley - qui trouvait dans l’existence de ce monde, la réalisation de ses rêves les plus fous - ne se lassait pas de demander des détails à sa mère. Les nombreuses questions de son fils auquel elle n’avait pas la réponse lui firent d’autant plus regretter de s’être brouillée avec sa sœur. La passion de son fils pour le monde magique lui rappelait celle qui avait été la sienne quelques années plus tôt.

Depuis aussi longtemps qu’elle s'en souvenait ses parents avaient favorisé Lily au détriment de Pétunia. Notamment sa mère qui sur son lit de mort s’était excusé de n’avoir jamais réussi à l’aimer. Bien sûr, elles n’avaient jamais été maltraitées. Sa vie n’est pas une fanfiction d’adolescent. Mais ne pas recevoir de marque d’affection alors que sa sœur en était couverte avait laissé des traces.

Et pourtant, Pétunia avait essayé très fort de se faire aimer de ses parents. Elle faisait tout pour être la plus parfaite possible. Elle refrénait toutes ses envies et adoptait le comportement d’une petite fille modèle. Elle faisait de son mieux, mais ce n’était jamais suffisant, tous les regards se tournaient systématiquement sur son indomptable sœur. Même celui de ce beau garçon au regard ténébreux qui vivait dans les quartiers pauvres situés de l’autre côté de la rivière.

Cela faisait des semaines que pétunia le voyait les espionner. Au début, sa présence l’avait intrigué. Puis elle l’avait fait fantasmer. Elle le pensait épris de sa personne et rêvait la nuit de leur premier baiser (et d’autres choses plus osées que ses parents auraient jugé bien trop choquante pour les évoquer devant une jeune fille de son âge).

Mais au bout d’un moment elle se lassa de ce petit jeu et commençait à trouver ça plus dérangeant qu’excitant (sérieusement ne faites jamais ça, c’est cringe et pas romantique du tout). Cependant, le pire était que le jour où cet idiot avait fini par se déclarer, il s’est avéré que c’était un énième admirateur de Lily. Lily qui en plus était encore trop jeune pour apprécier les attentions des garçons. De toute façon, même quand elle en aurait l’âge, sa sœur si parfaite n’appréciera que très peu les très nombreuses attentions qu’elle recevra (il faut dire que beaucoup venaient d’homme bien plus âgé qu’elle)

Lily lui laissa une chance de s’expliquer, mais Pétunia connaissait sa sœur et savait qu’elle se retenait à grande peine de lui donner un échantillon de son célèbre tempérament enflammé. Et c’est là qu’il prononça les mots qui changèrent à jamais la destinée de Pétunia :

« — tu es une sorcière Lily »

Après une période d’incrédulité, Pétunia se passionna pour ce monde magique. Elle espérait secrètement recevoir une lettre de Poudlard l’été suivant et pouvoir partir dans un monde merveilleux loin de cette famille où elle n’était pas heureuse. Bien sur ses espoirs furent déçus, mais ce n’est pas cela qui fut le plus douloureux pour elle. Le pire a été la réaction de ses parents lorsque quelques années plus tard, Lily finit par recevoir sa lettre.

À partir de ce jour, Pétunia devient totalement invisible à leurs yeux. Avant par ses bons résultats et son comportement exemplaire, Pétunia arrivait parfois à s’attirer un compliment de ses parents (surtout, après que Lily ait fait une énième bêtise). Mais à partir de ce jour, ils furent complètement indifférents à sa présence. À partir de ce moment, les seuls mots que sa mère lui adressa furent pour lui dire à quel point c’était dommage qu’elle ne soit pas comme son incroyable sœur.

Avant, Lily et elle n’étaient pas très proches, mais elles s’appréciaient et jouaient souvent ensemble. À partir de ce jour, elles se détestèrent. Pétunia ne savait pas exactement qui avait commencé la guerre entre eux (avec du recul, elle avouerait que c’était probablement elle), mais c’était clairement Lily qui l’avait gagné.

Lily ne pouvait pas utiliser la magie en dehors de l’école, mais grâce à Severus elle eut à sa disposition toute sorte de potion pour faire de la vie de Pétunia un enfer durant les vacances scolaires qu’elle choisissait systématiquement de passer chez elles. Et cela va sans dire, ses parents prenaient toujours son parti en disant que ce n’était que d’innocentes blagues. Qu’elle manquait d’humour et devrait arrêter de se plaindre pour des broutilles au lieu de profiter du peu de temps où cette brave Lily leur faisait l’honneur de sa présence. Pétunia finit par ne plus avoir d’autres choix que de s’écraser devant sa sœur et de satisfaire le moindre de ses caprices. Elle passa ainsi toutes les prochaines vacances scolaires dans la peur et les faux-semblants. Heureusement, à partir du moment où Pétunia changea d’attitude, Lily se désintéressa progressivement d’elle.

Des années plus tard Pétunia appris la mort de sa sœur en lisant la lettre qui accompagnait le jeune Harry. Sa première réaction avait été la colère. De quel droit cet Albus Dumbledore lui imposait de prendre en charge l’enfant de sa sœur. Elle avait quand même son mot à dire. Bordel, on parle d’élever un enfant, pas d’arroser une plante. Il ne lui était pas venu à l’idée qu’elle n’avait peut-être pas le temps, les moyens ou même l’envie d’élever un enfant de plus.

Surtout un enfant sorcier. Elle ne se souvenait que trop bien de ce qu’elle avait subi enfant à cause de la nature de Lily et ne voulait pour rien au monde infliger cela à son jeune fils.

Juste après son mariage avec ce Potter, les partisans de Voldemort avaient tué son père et avait écrit sur les murs avec son sang que c’est ce qui arriverait à tous les sangs de bourbe qui ne savait pas rester à leur place. Pour une fois, qu’elle rencontrait des gens qui n’étaient pas en pâmoison devant sa sœur, il fallait qu’ils soient encore plus dingues qu’elle. Albus disait dans sa lettre que la guerre était finie, mais que les partisans de ce Voldemort en avaient encore après son fils et qu’il fallait le protéger.

Sa famille serait encore en danger à cause de sa sœur, mais du moment que le rejeton de sa sœur aurait une protection supplémentaire grâce au lien du sang, tout allait bien. Après tout, ils n’étaient que des moldus. Ce n’était pas comme si leurs vies avaient autant d’importance que celle d’un sorcier.

Mais ne vous inquiétez pas vous aurez une protection magique infaillible écrivait-il. Aussi infaillible que celle que Lily avait fournie à son père ? Aussi infaillible que celle que ce Potter avait fournie à Lily ? À ce moment-là, Pétunia se rappela d’une phrase que Severus avait prononcée lors d’une dispute avec Lily (auquel elle avait assisté bien malgré elle) : « La magie noire sera toujours plus puissante que la magie blanche. Dumbledore ne peut offrir aucune protection efficace contre le seigneur des ténèbres ».

Si Severus avait raison (et à son grand regret elle admettait que ça avait toujours été le cas), sa famille était maintenant en danger sans que cela ne change quoi que ce soit pour son neveu.

En plus, l’enfant avait sans doute d’autres parents du côté de son père. Sa sœur lui avait brièvement confié (avec sa modestie habituelle) que son mari était apparenté à toutes les familles les plus riches et nobles d’Angleterre, alors qu’elle devait se contenter d’un vulgaire fabricant de perceuses (elle ne l’avait pas dit comme ça, mais c’est comme ça qu’elle l’avait ressenti). Pourquoi ne pas leur confier à eux ? N’importe qui serait plus compétent qu’elle pour l’élever et le protéger. Surtout que contrairement à ce que prétendait Albus dans sa lettre, elle doutait que ce soit la volonté de sa sœur (et quand bien même ça n’en faisait pas un bon choix).

Puis elle se rendit compte que sa sœur était morte et qu’elle n’aurait plus jamais aucune chance de se réconcilier avec elle. Puis que l’enfant allait bientôt se réveiller et demander où étaient ses parents. Qui étaient ces inconnus et cet endroit étrange où les balais ne volent pas. Elle avait poussé un dernier soupir et s’était levée, résignée à assumer son rôle. Comme d’habitude, elle ferait de son mieux, mais ce ne serait pas suffisant. Au minimum, elle se promit de tout faire pour que son précieux Dudley n’ait pas à souffrir de la situation.

Durant l’année qui suivit, la vie continua, jusqu’à ce qu’elle soit abordée par un inconnu aux yeux verts. Après leur rencontre étrange, bien que l’inconnu n’ait prononcé aucun mot, elle se rendit compte comme par magie, qu’elle était en train de répéter avec Harry, le schéma qu’elle avait connu plus jeune.

Non en y repensant elle le traitait bien plus durement que sa mère ne l’avait jamais fait. Et elle entraînait son mari et Dudley avec elle. Elle eut soudain pitié de l’enfant. Il était comme elle. Contrairement à Dudley qui la sollicitait tout le temps et passer son temps à jouer, Harry faisait tout pour ne pas la déranger et lui plaire. Il lui avait même proposé de l’aider dans les tâches ménagères. Cette révélation lui fit soudain éprouver une bouffée d’affection mêlée de pitié et de culpabilité pour Harry.

À partir de cet instant, elle s’était de tout faire pour traiter ses deux enfants équitablement. Comme d’habitude, elle ferait de son mieux, mais ce ne serait pas suffisant.

En revenant de l’école

Comme d’habitude, Pétunia vint chercher ses deux merveilleux garçons à la sortie de l’école. Et comme d’habitude elle ne résista pas à l’envie de les accueillir par un gros bisou qui leur colla la honte devant tous leurs petits camarades.

Ben quoi ? Il fallait bien qu’elle en profite un maximum avant qu’ils ne deviennent trop grands pour se laisser faire. Puis ils rentrèrent à pied à la maison. D’habitude, elle prenait la voiture, mais il faisait un beau soleil et chose exceptionnelle, aujourd’hui elle avait du temps libre. Mais sur le chemin elle remarqua qu’Harry semblait maussade. Elle bifurqua par le parc et pendant que Dudley courait sur le toboggan, elle prit son autre fils à part :

— Ta journée, c’est bien passé mon poussin ?

— Oui maman.

— Tu as l’air triste. Il s’est passé quelque chose à l’école ?

Il sembla hésiter à répondre.

— Ben (..)Heu (…) c’est que(..)

— Oui mon chéri. Dit Pétunia pour l’encourager.

— La maîtresse, elle a dit que le nom en fait ça s’appelle le nom de famille parce que tous les membres d’une famille portent le même nom.

— Oui mon poussin. Et alors ?

— Pourquoi, moi, je n’ai pas le même nom ?

— Tu portes le même nom que tes parents. (…)

— Mais c’est vous mes parents. La coupa Harry avant qu’elle ne pût finir sa phrase.

— Oui mon chéri. Mais (…)

— Alors je peux porter le même nom ?

Sa demande fit exploser en elle un océan de sentiment contradictoire. Bien sûr de la joie, mais à sa grande honte également du rejet. Elle ne voulait pas qu’il porte le même nom qu’elle. Elle se força à penser que c’était uniquement par loyauté envers sa défunte sœur.

— Écoute mon chéri, c’est une décision importante. Il faut que j’en parle avec ton père.

— Mais je suis votre fils.

Finalement, elle céda :

— D’accord, si tu veux.

Ensuite, il rejoignit Dudley et elle les regarda jouer ensemble, comme deux frères. Elle espérait juste que Vernon n'y verrait pas d’inconvénient.

Chemin de traverse

— Pourquoi je dois aller dans cette école ? Demanda Harry

— Écoute on en a déjà parlé. Smelting est la meilleure école des environs et il est hors de question que tu aies une éducation au rabais. Répondit Vernon

— Mais tous mes copains vont à l’école publique.

— Tu t’en feras d’autres. J’ai rencontré mes meilleurs amis à Smelting.

— Mais ce n’est pas pareil. Et puis c’est beaucoup trop loin.

— Pour la dixième fois ce n’est qu’à 40 minutes en bus. Ce n’est pas la peine de geindre, je ne céderais pas. Tu sais que je ne supporte pas la fainéantise.

Nous étions le 31 juillet et c’était l’anniversaire d’Harry. Et comme d’habitude depuis le début des vacances scolaire, Harry essayait de convaincre son oncle de l’envoyer au collège du quartier. Il espérait qu’il céderait pour son anniversaire, mais en vain.

— Allons mon poussin ne fait pas la tête. Profite plutôt de ton anniversaire. Tiens, ouvre un de tes cadeaux. Dit avec un enthousiasme forcé la tante Pétunia.

— Pff, d’accord maman.

Il allait sortir de table pour s’exécuter quand une chouette entra par la fenêtre ouverte et déposa une lettre devant lui. Il ouvrit la lettre, lu le début, puis s’adressa avec colère à son oncle :

— Non, mais tu débloques ? Smelting à la rigueur, mais il est hors de question que j’aille me geler, les fesses en Écosse.

Pétunia et Vernon pâlirent en entendant cela.

oOoOoOo

Une semaine plus tard, toute la famille était réunie dans le salon et attendait avec nervosité un visiteur. Au moment exact où l’horloge sonna 9h00, le bruit de la sonnette se fit entendre. La tante pétunia allât immédiatement ouvrir la porte et fit rentrer son visiteur avec hâte afin que personne ne le voie.

— Waouh !! S’exclamèrent en cœur les deux enfants en voyant le géant hirsute qui venait de pénétrer dans le salon. Celui-ci leur fit un sourire chaleureux en déclarant.

— Ha ! Harry, je suis contente de te revoir. La dernière fois que je t’ai vu, tu n’étais qu’un bébé. Et toi, tu dois être Dudley, j’ai cru comprendre que ton anniversaire était la semaine dernière. Je t’ai apporté un gâteau. Je l’ai fait moi-même.

Le géant avait visiblement confondu Dudley et Harry, mais ce dernier ne dit rien, car le gâteau au chocolat à moitié fondu semblait dur comme du roc. Dudley chercha un moyen de refuser sans vexer le géant, mais il en fut dispensé par une intervention de son père.

— Dudley dit merci et range le gâteau dans le frigo. Tu viens de sortir de table. Tu pourras y goûter à notre retour. Dit-il en lançant un regard suspicieux au gâteau.

L’homme semblait plus tenir du père Noël que de l’ogre, mais sa mère l’avait mis en garde que les choses ne sont jamais ce qu’elles semblent être dans le monde sorcier.

— Oui papa. S’empressa d’obéir Dudley.

Après quelques échanges de politesse assez froide, la famille monta à bord de la grosse berline familiale et suivit Hagrid qui les guida sur sa moto jusqu’à une rue bondée d’immeubles. Hagrid arrêta sa moto et les mena à l’entrée d’une ruelle malfamée qui mettait extrêmement mal à l’aise les Dursley. Pour une raison qu’il ne comprenait pas depuis 5 minutes, Vernon n’arrêtait pas de penser à ce dossier de subvention qu’il devait remplir le plus rapidement possible.

Les autres semblaient eux aussi avoir envie de partir. Tous sauf Harry qui regardait curieusement ses parents et demanda :

— Ben alors vous rentrez ?

— Rentrer où tu vois bien qu’il n’y a rien ici ? S’exclama Vernon avec colère en pensant aux milles choses urgentes qu’il devrait être en train de faire, au lieu de suivre cet inconnu bizarre au centre de Londres.

— Ben dans le pub ? Hagrid nous attend. Répondit Harry avec incompréhension. HAGRID ! Il se passe quelque chose de bizarre avec mes parents.

Hagrid arrêta sa conversation avec le patron du pub et se précipita vers l’entrée.

— Oui bien sûr. Ce sont les sortilèges repousse-moldu qui font effet. Tenez Tom m’a donné ça pour vous. Ça devrait vous immuniser contre les protections qu’il a posées sur le bar.

Hagrid tendit aux 3 Dursley une carte de visite au nom du chaudron baveur. Aussitôt qu’ils eurent la carte en main, ils virent apparaître à la place de la ruelle malfamée un PUB ancien et oublièrent aussitôt tout envie de partir.

— Vous auriez pu nous prévenir. Ou nous donner cette carte avant. D’ailleurs qu’est-ce que vous nous avez fait au cerveau avec votre bizarrerie ? Si ça se trouve, c’est dangereux pour les enfants. S’exclama Vernon avec colère.

Avant que Hagrid ne puisse répondre Pétunia intervint :

— C’est bon Vernon. Dépêchons-nous plutôt d’entrer. Plus vite, nous aurons terminé ces courses mieux se sera. Et je te rappelle que c’est toi qui as accepté que Dudley nous accompagne.

— Il voulait tellement venir. Et puis c’est un homme que diable. Pas une petite chose fragile.

Sans un mot, Hagrid les conduisit jusqu’à l’arrière-boutique où il tapa sur 3 briques du mur avec son parapluie.

À la stupéfaction de tous les membres de la famille (à l’exception notable de Pétunia Dursley) le mur s’ouvrit et dévoila l’avenue la plus folle qu’il ait jamais vu. Dudley était bien sûr surexcité, mais même Harry qui feignait une certaine indifférence poussa une exclamation et regarda avec envie partout autour de lui.

Le seul à qui que ce spectacle n’inspirait aucun plaisir était Vernon Dursley. Pour faire plaisir à son fils et ne pas vexer Harry, il faisait un effort pour le cacher, mais toutes ses anormalités l’effrayaient et le dégoûtaient. Pour se donner du courage, il regarda sa femme qui, il le savait, partageait son point de vue. Il avait beau aimer ce gosse comme le sien, présentement il aurait tout donné pour qu’il n’ait pas hérité de cette bizarrerie.

Ils remontèrent ainsi l’allée en direction de Gringotts. Dudley n’arrêtant pas de poser des questions et exprimait bruyamment sa joie pendant qu’Hagrid répondait avec un plaisir manifeste tandis qu’Harry les écoutait avec fascination tout en tentant maladroitement de feindre l’indifférence. Leurs parents quant à eux restaient silencieux et inquiets. Plus ils en voyaient moins ils se sentaient rassurés. Et leur peur ne fit que s’accroître lorsque sur demande de Dudley, leur escorte décrivit avec une passion manifeste des animaux de plus en plus dangereux.

Ils progressèrent ainsi tranquillement jusqu’à ce que sur le seuil de Gringotts un inconnu s’exclama :

— Mais c’est Harry Potter !

Avant qu’il ne puisse comprendre ce qui se passait, la foule massée sur ce carrefour stratégique encercla Harry. La plupart voulaient juste le remercier de les avoir libérés de Voldemort. D’autre voir ce qui provoquait tout ce ramdam. Mais certains allèrent plus loin. Sans rien pouvoir faire, il se fit bousculer à plusieurs reprises et dû faire face à des demandes d’autographe ou à des remerciements hystériques.

Quelqu’un se permit même de lui couper une poignée de cheveux, alors que Pétunia passait un temps dingue à les coiffer avec une montagne de gel (génétique ou pas elle ne permettrait pas qu’un de ses enfants soit débraillé).

Vernon essayait de pousser tous ses dingues qui s’en prenaient à son neveu et Tante pétunia criait, mais ils ne faisaient que rajouter de la confusion. Utilisant sa taille Hagrid réussit à se faufiler dans la foule et par atteindre Harry. Il l’extirpa en le mettant sur ses épaules puis alla immédiatement se réfugier à l’intérieur de la banque où le service d’ordre Gobelin refoula violemment tous les indésirables. Le reste de la famille d’Harry suivit.

— Qu’est-ce que c’était que ça ! Vociféra immédiatement Vernon une fois qu’ils furent en sécurité à l’intérieur de la banque.

Hagrid lâcha Harry qui fut immédiatement englouti dans une étreinte par Pétunia Dursley. À cause d’un virilisme mal placé qui faisait la fierté de Vernon, il la repoussa en disant qu’il n’était pas une fillette, mais ça lui avait fait du bien. Il le regretta quand par vengeance elle sortit un peigne et de la laque de son sac à main et entrepris de le recoiffer. Depuis qu’elle avait décidé de traiter Harry comme son fils elle avait pris l’habitude de toujours avoir un nécessaire à coiffure sur elle. Ni elle, ni Harry ne savait que son premier acte de magie accidentelle avait consisté à se lancer un sort pour que ses cheveux soient incoiffables. En effet à l’âge de deux ans le garçon avait constaté que le seul moment où elle s’occupait de lui et le touchait sans un regard de dégoût, était pour le coiffer avant la messe.

OooOoOo

Après quelques cris et explications embrouillées de la part d’Hagrid, Les Dursley comprirent qu’Harry était célèbre pour avoir défait vous-savez-qui et que depuis sa disparition du monde sorcier tout un tas de légendes circulaient sur lui. Et cela malgré les démentis réguliers de Dumbledore et du ministère. Vernon accepta avec difficulté de se calmer et de suivre Hagrid jusqu’au guichet de la banque.

— On est ou ici ? Et c’est quoi ces créatures ? Demanda Dudley

Le guichetier le regarda d’un œil noir en entendant la question et Vernon se posa alors devant son fils (bien qu’il ne fût pas beaucoup plus rassuré que lui). Le gobelin lui dit alors d’un ton calme :

— Inutile de vous inquiéter monsieur. Monsieur ?

— Monsieur Dursley. Répondit Vernon d’une voix mal assurée

Le gobelin poursuivit toujours calmement sans jamais élever la voix :

— Comme je vous le disais Monsieur Dursley inutile de vous inquiéter. Contrairement aux sorciers, les gobelins ne tolèrent pas plus l’impolitesse que l’agressivité. Nous ne ferons aucun mal à ces jeunes hommes. En revanche, je lui conseille de revoir ses manières s’il souhaite faire affaire avec nous. Nous ne sommes pas des créatures, mais des membres de la fière race Gobeline. Pour répondre à votre première question, jeune homme, vous êtes à la banque de Gringott. L’endroit le plus sûr d’Angleterre (à cette phrase, Hagrid tiqua, mais ne dit rien). Que puis-je pour votre service ?

Vernon ne tolérait pas que l’on critique d’une quelconque manière son fils en sa présence, mais lui non plus ne tolérait pas l’impolitesse. Ce n’était pas une manière de traiter des clients, mais après l’hystérie à laquelle il venait d’échapper, il comprenait que c’était la manière parfaite de traiter des sorciers. De plus, il apprécia à sa juste valeur l’impeccable costume, trois pièces portées par le gobelin (enfin des gens qui s’habillent décemment).

Enfin, un endroit où l’ordre et le sérieux prévalaient, pensait-il.

Hagrid poursuivit :

— Nous souhaiterions accéder au coffre d’Harry Potter. Dit Hagrid de sa voix forte qui résonna dans tout le hall de la banque.

— C’est Harry Dursley. Rappela Harry avec agacement, comme à chaque fois quelqu’un se trompait de nom.

— En fait, c’est bien Harry Potter. Précisa Vernon

— Je suis désolé mon chéri, mais on n’a jamais fait officiellement le changement. C’est juste par manque de temps, tu comprends. Mais pour nous, tu es Harry Dursley. Expliqua Pétunia en lui caressant les cheveux (en même temps, elle espérait que ça le recoifferait)

— Oui bien sûr, maman.

De toute façon, il se fichait bien de quelque chose d’aussi insignifiant que son nom. Et il était convaincu de la bonne foi de sa mère. Alors pourquoi est-ce que ça lui faisait aussi mal ?

Le guichetier quant à lui se contenta de leur demander avec indifférence :

— Est-ce que Monsieur Potter a sa clé ?

— Euh oui bien sûr, où est-ce que je l’ai mis ? Bredouilla Hagrid

Sous le regard désapprobateur du gobelin, Hagrid se mit à fouiller dans ses nombreuses poches avant de lui tendre une petite clé en or.

— Très bien. Veuillez me suivre s’il vous plaît. Demanda poliment le gobelin.

OooOoOo

Quelques minutes de voyage en wagonnet plus tard les Dursley se retrouvèrent devant la chambre forte de Harry

— Pourquoi diable devons-nous faire un tel voyage dans une banque ? Demanda Vernon en se retenant difficilement de vomir (il avait toujours détesté les montages russes) et se disant qu’il devrait revoir son opinion sur les gobelins.

— Je suis désolé pour l’inconfort du voyage, mais malheureusement remplacer les wagonnets par un moyen de transport plus adéquat serait vu comme un scandale par la très conservatrice société sorcière. Et des contraintes de sécurité et de géologie nous impose un trajet tortueux.

Pestant mentalement contre les sorciers et leur goût bizarre Vernon dit :

— Bon n’en parlons plus.

Dudley ayant hérité de l’estomac fragile de son père se retenait également de vomir, alors qu’Harry et Pétunia essayaient de cacher qu’ils avaient beaucoup apprécié la ballade dans les tréfonds de Gringott. Hagrid quant à lui ne disait rien. Il culpabilisait de ce qu’il s’était passé à l’entrée de Gringott pour cela. Cependant, les remarques systématiques de ce vieux pruneau de Vernon commençaient à l’irriter.

Le gobelin arriva devant ce qui semblait être une grande plaque de métal collé sur un mur de pierre, enfonça la clé dans un minuscule interstice qui en apparence ne différait en rien des autres petits trous qui parsemaient les plaques. A ce moment-là apparut, une lumière qui après ce séjour dans de sombres souterrains les aveugla. Quand leurs yeux furent de nouveaux habitués à la lumière, ils découvrirent devant eux une montagne de pièce d’or qui s’étendait à perte de vue.

— Coffre 713 de monsieur Harry Potter

Décidément Vernon Dursley aimait beaucoup cette banque.

OooOoOo

Quelque temps, plus tard Vernon se trouvait au guichet de la banque pour échanger son argent moldu contre des galions.

Malgré la très généreuse et très-très répétée proposition d’Harry depuis qu’il avait commencé à faire la queue pour changer leur monnaie, Vernon tenait à payer de lui-même ses dépenses dans le monde sorcier. Quand il avait appris que les affaires scolaires d’Harry allaient coûter des centaines de ces pièces d’or, il avait accepté d’utiliser le plantureux héritage du gamin (qui aurait cru que ses incapables de parent étaient si riches). Mais il refusait de se faire entretenir par son neveu (Vernon était un homme fier).

Quand ce fut son tour, il poussa un énorme glapissement de surprise quand on lui demanda seulement 5 livres en échange d’un galion.

— Je croyais que ses pièces étaient en or. S’exclama Vernon

Le Gobelin en face de lui adopta un air vexé et répondit avec un regard noir.

— Bien sûr qu’elles sont en or, monsieur. Remettriez-vous en cause l’honnête des Gobelins ?

— Bien sûr que non s’empressa de dire Vernon. Mais dans ce cas, comment se fait-il qu’on puisse en obtenir pour seulement 5 livres ? Au cours actuel de l’or elle doit bien en valoir 10 fois plus.

— Ah, je vois. Sachez que pour des raisons évidentes de confidentialité les échanges économiques sont interdits entre le monde sorcier et le monde moldu. Les Gobelins et les sorciers ont interdiction d’acheter ou de vendre de l’or, ou tout autre marchandise sur le marché moldu. Malgré leur nombre très restreint les sorciers possèdent beaucoup plus d’or que les moldus. Imaginez ce qui se passerait si les grandes familles sorcières étaient autorisées à spéculer librement sur les marchés moldus. Un tel afflux d’or serait impossible à cacher aux grands publics et l’existence de la magie serait démasquée.

Il y a d’ailleurs un sort sur les galions qui permettra aux agents du ministère de remonter jusqu’à vous si vos galions venaient à circuler dans le monde moldu. Cependant afin de permettre aux nés-moldus de faire leur achat scolaire et aux sorciers de faire du tourisme dans le monde moldu, Gringott est exceptionnellement autorisé durant les grandes vacances à convertir un peu moins de 500 galions par personne en livre suivant un taux de change fixé par le ministère.

— Comment se fait-il que les sorciers aient autant d’or ? Est-ce qu’ils sont capables de transformer le plomb en or ? Demanda immédiatement Vernon les étoiles plein les yeux en regardant son neveu.

Le gobelin répondit avec rancœur.

— Les sorciers de la famille Flamel en sont capables, mais les sorciers doivent l’essentiel de leur or, aux spoliations qu’ils ont imposé à notre nation jusqu’aux guerres de libération gobelines. Pendant des siècles, ils nous ont imposé de leur reverser une part de la production de nos meilleures mines d’or.

Comprenant qu’il avait abordé un sujet sensible, il prit ses galions rapidement en remerciant le gobelin.

— Enfin !! s’exclamèrent d’une même voix Harry et Dudley qui ne trouvaient plus rien d’intéressant dans cette banque depuis que leurs parents les avaient informés qu’Harry ne serait pas autorisé à puiser dans son coffre avant sa majorité.

Pour éviter une nouvelle émeute sur le parvis de Gringott, les gobelins leur proposèrent de sortir par une entrée discrète, mais en insistant lourdement sur le fait qu’elle donnait sur l’allée des Embrumes. Hagrid s’empressa d’accepter et les Dursley ne sachant pas ce qu’était l’allée des Embrumes ne firent aucune objection.

Ils traversèrent ainsi la rue inquiétante collés à Hagrid qui au début tenta de les rassurer, mais abandonna après que Dudley ait pointé du doigt des têtes réduites humaines exposées dans une vitrine. Le trajet ne dura pas longtemps, mais régulièrement des conversations excitées leur parvinrent. Suite à la rumeur qu’on avait aperçue, Harry Potter sur le chemin de Traverse, les habitants de l’allée avaient abandonné leur discrétion habituelle pour se vanter mutuellement des exploits commis lors de la dernière guerre et de ce qu’ils feraient au gamin, s’il parvenait à lui mettre la main dessus. Pour les négociants en produits illicites, les années de guerre avaient été un paradis extrêmement profitable et il rêvait de se venger de celui qui y avait mis un terme.

Une fois revenus au chemin de Traverse, ils firent leurs courses en silence et aucun incident notable ne se produisit (si on exclut le fait d’apprendre que sa baguette était liée à celle de Lord Voldemort).

Une fois revenu en sécurité dans le monde moldu, Harry se tourna immédiatement vers son oncle :

— S’il te plaît papa, je ne veux pas y aller. Je veux aller à Smelting.

Réunion de crise à Poudlard

— Comment cela, il refuse toujours de venir, mais enfin, c’est insensé ?

— Allons Minerva calmez-vous, même si c’est rare ce n’est pas la première fois qu’un enfant élevé par les moldus refusent de rejoindre notre monde.

— Mais enfin Albus, il ne s’agit pas d’un né-moldu, mais d’Harry Potter. Qu’il le veuille ou non il appartient à notre monde.

— Je suis bien d’accord avec vous, Minerva, mais je crains que pour le moment, nous n’ayons d’autres choix que de nous plier à sa volonté.

— Sa volonté ou celle de ses moldus à qui vous l’avez confié ? Il est évident qu’ils l’ont manipulé ou a minima lui ont transmis leurs préjugés sur les sorciers. Sa décision se base sur une vision déformée de la réalité. Il faut le convaincre de changer d’avis.

Dumbledore eut l’air soudain extrêmement vieux.

— Au contraire, je crains qu’il ait une vision bien trop fidèle de notre monde. De toutes façons, ma récente visite au 4 Privet Drive m’a convaincu que sa peur de notre monde n’est pas sa principale motivation. Juste la plus efficace pour convaincre ses parents adoptifs de soutenir sa décision.

Un silence passa dans le bureau.

— Êtes-vous sûr qu’il n’y a aucun moyen de le faire changer d’avis ?

— Aucun qu’il serait acceptable d’employer.

— Alors qu’allons-nous faire ?

— Ce que nous faisons à chaque fois que le cas ce produit. Lui trouver un tuteur qui lui apprendra le minimum nécessaire pour contenir sa magie. Ainsi, il pourra continuer à vivre dans le monde moldu sans être un danger pour eux ou notre secret.

— Mais enfin Albus. Ce n’est pas envisageable.

— Et pourquoi pas ? C’est loin d’être un cas isolé. Comme vous le savez, nombreux sont les sorciers à avoir renoncés à la magie durant la dernière guerre et ont refusé que leurs enfants intègrent notre monde. N’est-ce pas vous qui vous plaignez à chaque réunion budgétaire de la chute dramatique du nombre d’élèves à Poudlard ?

— Mais enfin, il s’agit d’Harry Potter. Si vous avez raison et que le seigneur des ténèbres revient (…)

— J’en suis bien conscient Minerva, mais je pense que le forcer serait contre-productif. Pour le moment, contentons-nous de lui trouver un tuteur. Et je pense connaître la personne idéale pour s’acquitter de cette tâche.

Ainsi, peu avant la rentrée scolaire, Remus Lupin débarqua au 4 Privet Drive pour organiser avec les Dursley des cours de maîtrise de la magie durant le week-end.

Rentrée à Poudlard

Note de l'auteur : pour comprendre totalement ce chapitre, il est nécessaire de se souvenir des détails suivant des livres :

Comme tout le monde n’est pas autant un fanboy que moi je me suis dit que ce serait une bonne idée de le rappeler avant le début du chapitre. Bonne lecture.

oOoOoOo

— Monseigneur peut être devrions-nous revenir un autre jour ?

— Quirrell cesse tes jérémiades et bois cette potion.

— Mais monseigneur, tout ceci est bien trop étrange. L’absence du survivant sans la moindre explication, l’annonce lors du banquet de l’endroit où la pierre serait gardée, ces épreuves beaucoup trop simples. Même des premières années pourraient les passer.

— Bien sûr que je l’ai remarqué, je ne suis pas idiot. Dumbledore nous tend un piège.

— Dans ce cas, nous devrions rebrousser chemin, non ? Demanda désespérément Quirrell.

— Cesse de dire des âneries ! Aurais-tu perdu foi dans les pouvoirs de ton maître ? Penses-tu vraiment que je ne saurais déjouer les maléfices de cet amoureux des moldus ? La pierre est derrière ce mur de feu. Pour retrouver mes pouvoirs, nous n’avons d’autres choix que d’avancer et de découvrir ce que nous a réservé Dumbledore.

Quirrell, ayant plus peur de son maître que de Dumbledore, se plia aux ordres et entra dans la salle du miroir. Nous étions le premier jour de la rentrée scolaire et comme son maître l’exigeait dès la nuit tombée, il s’était précipité au troisième étage pour voler la pierre.

Mais au petit matin, c’est un Quirrell dépité qui rentra dans ses appartements.

— Mon maître ce n’est pas grave, nous réessaierons demain soir.

— Tu es décidément bien trop stupide. À quoi nous servirait de réessayer. La magie du miroir est bien trop puissante pour être brisée ou trompée. Notamment dans un endroit comme Poudlard où il peut puiser dans un reversoir de magie ancienne quasiment illimité. Seul un être n’ayant pas pour souhait d’utiliser la pierre peut la prendre. C’est bien pensé. Je ne t’empêcherais pas de réessayer, mais sache que c’est une perte de temps.

— Alors qu’allons-nous faire maître ?

— Réfléchir. N’as-tu donc pas remarqué qu’il manquait quelque chose dans cette pièce ?

— Quoi monseigneur ?

— Un piège. La pièce ne contenait rien qui nous était destiné. Alors à qui l’était-elle ?

— Et pourquoi des épreuves aussi simples, même (..)

Mais Voldemort l’interrompit :

— Arrête ! Tu l’as déjà dit et Lord Voldemort n’a guère de patience avec la (..).

Mais Voldemort interrompit sa diatribe en plein milieu.

— Eurêka ! Tu n’es peut-être pas aussi inutile que je le pensais. Tu as vu juste. Ses épreuves sont destinées à des premières années. Un en particulier.

— Lequel maître ?

— À l’élu. Répondit Voldemort pendant qu’il réfléchissait.

— À Potter ? Mais il n’est même pas à Poudlard. Et personne ne sait où il est.

— Non, il y en avait un autre. Dumbledore est le seul à connaître l’entièreté de cette maudite prophétie. Et si je m’étais trompé ?! Et si les deux enfants avaient un rôle à jouer. Quirrell, je sais ce que nous allons faire. Nous allons nous servir du jeune Neville Londubat pour récupérer la pierre à notre place. Dumbledore veut tester son élu. Très bien. Nous allons l’y aider. Dans les prochains jours, nous allons utiliser notre influence sur les Malfoy pour pousser Londubat à découvrir le troisième étage.

— Bien maître

— Nous allons également essayer de découvrir ce qui est arrivé à Harry Potter. Je doute qu’il soit concerné par les plans de Dumbledore, mais je sens que c’est important. Avec de la chance, nous découvrirons qu’il a fini par mourir suite à mon Avada. Cela serait très utile pour saper le moral du monde sorcier une fois que j’aurais récupéré ma puissance.

Connerie des gosses 1

Durant le premier cours du professeur Lupin :

— Dumbledore vous a obtenu une dérogation. Exceptionnellement, vous êtes autorisé à faire de la magie en dehors de l’école, afin de pouvoir vous entraîner en dehors des cours que vous aurez avec moi. Mais attention. Ce n’est valable que dans Privet Drive et vous devez faire très attention à ce qu’aucun moldu ne vous voit. C’est extrêmement important. Et cela te concerne aussi Dudley. Tu ne dois parler de la magie à personne.

— Oui, on a compris. On jure de ne jamais en parler. »

Jurèrent les deux enfants la main sur le cœur.

oOoOoOo

A few moment latter

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— Hé le binoclard, il paraît que t’as des pouvoirs magiques ?

— Qui c’est qui vous a raconté une bêtise pareille ?

— Je le savais. Dudley t’es qu’un gros mytho. On va raconter à tout le monde que le gros bébé à sa maman est un gros menteur. Mytho, mytho, mytho

— Wingardium leviosa

— Quoi ! Ah ! Fais-moi redescendre !

— Pardon, j’ai mal entendu ?

— Fais-moi redescendre !

— Je crois qu’il existe un mot magique pour ça, mais je sais plus lequel.

— Quoi, mais qu’est-ce que tu racontes ?

— Steve espèce d’idiot, il parle de : ‘s’il te plaît’

— S’il te plaît, fais-moi redescendre et je ne me moquerais plus jamais de vous.

— Mais non, espèce d’abruti ! Je ne sais vraiment pas comment le faire redescendre en douceur. Faites quelque chose, je vais plus tenir très longtemps.

oOoOoOo

Quelques minutes plus tard

— bon écouté les gars, il faut que vous n’en parliez à personne. Si ça se sait, on aura de gros ennuis.

— Oui, on a compris. On jure de ne jamais en parler.

Jurèrent les trois brutes la main sur le cœur

oOoOoOo

A few moment latter

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— J’espère que tu es fier de toi. Tu es responsable de la plus grosse brèche dans le secret magique depuis les 10 dernières années. 5 oubliators ont dû travailler à temps plein pendant 3 jours pour réparer ton erreur. Grâce à toi pour la première fois de son historie notre famille a eu à faire à la justice. Hurla Pétunia

— Et je ne parle pas des dommages au cerveau que ces anomalies ont dû causer à ces pauvres gens en leur trifouillant la mémoire. Appuya Vernon Dursley

— Et tout ça pour quoi ? Pour frimer avec tes pouvoirs. Tu crois que sous-prétexte que tu as des pouvoirs, tu vaux mieux que les autres ?

— Non. Je ne leur ai rien dit. Je ne voulais pas leur montrer. C’est Dudley qu’a cafté. Se défendit l’enfant en sanglotant.

— Ne rejette pas la faute sur Dudley. C’est toi et personne d’autre, qui a décidé de leur faire une démonstration de tes pouvoirs.

— Ce n’est pas juste.

— Et tu crois que c’est juste que tu aies des pouvoirs et pas les autres ? Tu dois assumer les responsabilités qui vont avec.

— Mais je n’en veux pas de ses pouvoirs. Ce n’est pas ma faute si j’ai cette anomalie.

Pétunia sentant qu’elle était sur le point de craquer et de dispenser Harry de toute punition lui ordonna d’aller dans sa chambre. Elle avait toujours été très laxiste avec ses enfants. Elles s’en voulaient beaucoup de leur passer tout leur caprice, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Cependant, là elle savait qu’elle ne devait pas céder et punir sévèrement Harry.

L’image de sa sœur et de son ami Snape s’imposa à elle. Si elle cédait, il allait recommencer à se servir de ses pouvoirs contre d’autres enfants. Voir peut-être contre Dudley. Elle devait à tout prix empêcher cela en étant ferme dès le début.

Une fois Harry partie, Lupin qui avait assisté à toute la scène eu beaucoup de mal à se retenir d’intervenir. Il ne trouvait pas normal qu’Harry soit davantage puni que son cousin. Mais par-dessus tout, il avait été choqué par la manière dont Harry avait désigné ses pouvoirs comme une anomalie. Jusqu’à présent, il pensait que son élève était juste mécontent de devoir passer son samedi après-midi à étudier. Il n’avait jamais pris au sérieux ses récriminations contre la magie.

La magie était une part de lui. Une part merveilleuse même. Comment pouvait-il la renier ? Mais s’il y a bien une chose qu’il n’avait pas changée depuis ses années d’études, c’est que quand venait le moment d’aborder les sujets qui fâchent, il était le plus lâche des Gryffondor. Il se dit que ce n’était pas le moment et qu’il devrait en parler plus tard. Qu’il devait réfléchir à ce qu’il dirait ou en savoir plus. Mais dans les semaines qui suivirent, il repoussa sans cesse le moment d’en parler, jusqu’à plus ou moins l’oublier.

Cours avec lupin

— Est-ce que vous avez connu James ?

— Oui, j’ai bien connu ton père. Répondit Lupin qui n’acceptait toujours pas qu’Harry appelle son père James.

— Vous pourriez me parler de lui ? Comment il était ?

— Ta tante ne t’en parle jamais ?

— Elle me parle de Lily. Mais dès que je pose des questions sur James, elle change de sujet.

— Eh bien, il te ressemblait beaucoup. C’était un homme bon et courageux qui savait voir au-delà des préjugés. Déclara-t-il avec nostalgie en repensant à comment il l’avait inclus parmi les maraudeurs malgré sa différence.

— Ce n’était pas une petite brute arrogante et bourrée de préjugé qui passait son temps à harceler ma mère et tous ceux qui essayaient de la fréquenter, afin de la contraindre à coucher avec lui ? Demanda immédiatement Harry en essayant de contenir son émotion.

— Qui t’a raconté des bêtises pareilles ? S’offusqua immédiatement Lupin. Mais en y réfléchissant, il n’y avait qu’une seule possibilité. Il rajouta donc :

— Je croyais que ta tante ne te parlait jamais de ton père ?

— Elle n’en parle jamais lorsque qu’elle sait que je suis là. Corrigea-t-il avec malice. Le garçon aurait décidément eu sa place à Serpentard. James en aurait eu une crise cardiaque. Et Lily aurait donné une claque bien sentit à son mari pour avoir osé penser du mal de son fils.

— Alors pourquoi elle pense ça ? Demanda le garçon avec beaucoup d’espoir sur le visage.

Apparemment, il n’était pas aussi indifférent à ses parents biologiques qu’il voulait le faire croire. Comment, diable allait-il pouvoir lui répondre ? Il ne put se résoudre à lui dire la vérité. Il était si jeune.

— Je ne sais pas, mais c’est totalement faux. Enfin, c’est vrai que ton père avait tendance à être brusque et à ne pas s’entendre avec les amis de Lily, mais il n’a jamais harcelé personne. Ça s’est toujours limité à quelque farce amusante et à des querelles d’enfant qui se sont effacées avec le temps. La vérité, c’est que l’on rigolait bien.

— Comme avec Servilus

— Oui comme avec Servilus. Non, attends ce n’est pas ce que je voulais dire.

Mais à partir de ce moment, il refusa de croire à ses explications et fit comme si le sujet était clos. Il n’en revenait pas de s’être fait piéger par un gamin de 11 ans. Mais en bon Gryffondor Lupin s’obstina. Il ne voulait pas qu’il garde cette image de son père. Il ne le laisserait pas partir tant qu’il ne l’aurait pas écouté. Et comme un bon Serpentard, Harry finit par céder :

— D’accord, mais uniquement si vous me répondez sans me mentir à une autre question.

— D’accord tout ce que tu veux ?

— Ça veut dire quoi coucher avec lui ? Qu’est-ce que mon père voulait faire à ma mère ?

Correction en bon Serpentard, il faisait semblant de céder. Lupin ne ferait plus l’erreur de le croire innocent. S’il voulait jouer à ce petit jeu avec un maraudeur expérimenté, alors il ne serait pas déçu. Il entreprit de lui raconter avec force de détail ce que James voulait faire à sa mère.

Quelques minutes, plus tard, Pétunia vit Harry débarquer chez elle en pleurs et courir jusqu’à sa chambre. Suivit 10 minutes plus tard d'un Remus Lupin complètement essoufflé qui criait qu’il était désolé.

Lupin dû se rendre à l’évidence : Harry ne feignait pas l’innocence ce coup-ci. Il n’avait que 11 ans après tout.

Connerie des gosses 2

Note de l’auteur : J’ai modifié énormément ce chapitre car après publication je me suis rendu compte qu’il ne me plaisait pas.

oOoOoOo

— Vous allez voir les gnomes, les cours d’éducation sexuelle, c’est génial. La prof, elle choisit un gars et une meuf aux hasards, puis elle leur demande de se foutre à poil devant tout le monde et on peut bien se marrer à se foutre de leur gueule. Était en train d’expliquer doctement un grand de 14 ans au groupe d’amis de Harry dans la cour de récré.

— Mais n’importe quoi. Tu crois vraiment qu’on va croire ça ? Répondit Harry.

— Ah ouais, vous ne me croyez pas. Hé Jérôme, c’est vrai ou c'est pas vrai qu’ils nous montrent comment mettre des préservatifs en cours d’éducation sexuelle ? Cria-t-il à un autre élève de 14 ans, en retrait dans la cour de récré.

Harry comme les autres 6 iéme le reconnurent. Son portrait était régulièrement affiché dans le hall de l’école au milieu des autres élèves qui s’étaient distinguées. Les médisants disaient que c’était parce qu’il était le fils du directeur, mais la vérité est qu’il méritait totalement sa place de meilleur élève de son année. Malgré son introversion et son faible nombre d’amis, il était réputé pour sa franchise. Il n’était pas du genre à inventer des fariboles pour se moquer des petits. Et encore moins avec une petite frappe comme Jeremy. Il répondit en s’avançant vers eux :

— Hein ? Heu ! Oui bien sûr.

— C’est quoi un préservatif ? Demanda l’un des plus jeunes.

— C’est un truc que les débauchés se mettent autour du pénis avant de commettre des péchés. Répondit le très sérieux Jérôme.

— Vous me croyez maintenant les marmots ? Rajouta un Jeremy très fier de lui.

— Mais pourquoi, ils nous apprennent ça ? Demanda avec une inquiétude visible une petite fille du nom de Sylvie.

Jeremy n’eut même pas besoin d’inventer un mensonge crédible tant Jérôme fut rapide pour répondre :

— L’école n'a pas le choix, c’est un cours imposé par le gouvernement.

— Mais c’est horrible. S’exclama Sylvie. Jérôme content pour une fois, d’avoir un auditoire qui s’intéressait à ce qu’il avait à dire sur le sujet enchaîna alors :

— D’après mon père, c’est à cause d’un complot des francs-maçons pour répandre la perversion, l'impudicité et l'homosexualité. Dans l’école publique, on le fait plus tard, mais papa dit que quitte à devoir le faire autant le faire le plus tôt possible.

— Moi, c’est hors de question que je me laisse faire. S'indigna Harry.

— Pourquoi t’es si moche que ça ? Demanda Jeremy.

— Ha ha ! Mort de rire. Mais sérieusement, on ne peut pas accepter ça.

— Harry a raison. Soutint Dudley

— Qu’est-ce qu’on peut faire ? Demanda Sylvie

— On a qu’à tous refuser d’aller en cours. Si on désobéit tous, ils ne pourront pas nous punir. Répondit Harry

— On pourrait faire comme les manifestants à la télé. On fait une banderole et on bloque l’entrée de l’école. Rajouta Dudley.

— Hé ! Vous n'avez pas le droit de faire ça. S’opposa Jérôme.

— Va te faire foutre Jérôme. Il est hors de question qu’on accepte ça. Répondit Dudley.

— Je le dirais à mon père. S’indigna Jérôme avant de partir.

C’est ainsi que deux jours plus tard, c’est une armée de sixième remonté à bloc et équipé de fumigène, de sifflet et d’une punition de 2 heures de colle le mercredi après-midi (jour normalement sans écoles) qui fut poussée tant bien que mal dans la classe de SVT par des surveillants épuisés. Le pauvre professeur récita intérieurement une prière au saint patron des fonctionnaires sous-payé. Vérifia dans le règlement qu’il n’était pas possible de prendre sa retraite avec 15 ans d’avance puis commença son cours avec la peur au ventre.

30 minutes plus tard, tout le monde baillait dans la sale pendant que le professeur débitait une ennuyeuse explication sur le fonctionnement des ovaires. En fait, c’est comme un cours normal, se dit Harry en s’endormant (il avait passé beaucoup de temps hier soir à préparer une banderole qui encombrait inutilement son sac).

oOoOoOo

Deux mois plus tard, Harry finit par demander avec beaucoup de timidité.

— Mr Lupin, je peux vous poser une question indiscrète ?

— Oui, vas-y. Répondit le lycanthrope curieux de savoir ce qui le turlupinait. C’est la première fois que son élevé se montrait aussi timide.

Harry se mit alors à bafouiller :

— Eh bien, vous savez, vous êtes souvent malade et puis c’est peut-être une coïncidence, mais vous ne tombez pas malade n’importe quand c’est tout le temps à une période précise du mois et puis vous êtes tout le temps d’humeur bizarre juste avant et puis (...)

Il cessa alors d’écouter ce qui lui disait son élève. Il n’en avait pas besoin. Il avait déjà vécu cette scène des dizaines de fois. La première fois avec son père d’ailleurs. Sauf qu’il avait été beaucoup plus rapide que son père à comprendre. Et alors qu’ils ne se voyaient qu’une fois par semaine. Il est vraiment très intelligent pensa Lupin. En-tout-cas, il avait déjà entendu ce début de dialogue mille fois. Il décida qu’il était inutile de le laisser tourner autour du pot plus longtemps.

Les deux sorciers dirent en même temps :

— Oui, je suis un loup-garous

— Est-ce que vous avez vos règles ?

Ils se regardèrent choqués puis s'exclamèrent de nouveau en même temps :

— Quoi ?

— Quoi ?

oOoOoOo

Note de l’auteur : Je dédie le personnage de Jérôme à Amélie Oudéa-Castéra. Une héroïne bien trop sous-estimée qui a remis les pendules à l’heure en rappelant à tous que depuis toujours la seule communauté qui menace les valeurs de la république est la bourgeoisie. La communauté promouvant des valeurs racistes, réactionnaire et autoritaire ne sont, ni les ouvriers, ni les musulmans, ni les wokes, mais les bourgeois. Quand on regarde les sketchs des années 80, il semblerait qu’avant, c’était évident pour tous, mais des décennies de propagande médiatique sont passées par là.

Halloween à Poudlard

Une fois seul dans son bureau, Quirrell s’assit en silence et attendit. Au bout d’un moment ni tenant plus, il prit la parole

— Maître je (…)

Mais il fut brusquement interrompu par une voix sortant de son turban.

— Tais-toi, je réfléchis.

Quirrell se tut et se contenta de lutter contre le sommeil qui l’assaillait. La journée avait été longue. Déjà sur les ordres de son maître, il avait dû se lever tôt pour introduire dans le château un troll endormi à l’aide d’une potion de goutte du mort-vivant. Puis se montrer toute la journée afin que l’on ne puisse pas le soupçonner d’être responsable de ce qui allait arriver. Bien sûr, il avait dû faire tout cela malgré la surveillance constante de Snape. Sans compter son maître qui pompait dans sa magie pour influencer l’esprit des amis du jeune Londubat et s’assurer que le trio se retrouve dans un lieu isolé lors du banquet.

Normalement une fois le troll libéré près de l’endroit où la sang-de-bourbe s’était réfugié et s’être assuré que les deux autres adolescents sachent où la retrouver, il aurait dû être tranquille. Il ne comprenait pas pourquoi son maître souhaitait assassiner les 3 Gryffondors. Ni pourquoi, il devait employer une méthode aussi tarabiscotée. En quoi leur mort leur permettrait-elle de se rapprocher de la pierre ? Mais il n’osait pas le demander à son maître si colérique.

— Quirrell tu es vraiment stupide. Je ne souhaitais pas leur mort. Enfin si, mais je voulais d’abord qu’ils récupèrent la pierre pour moi. Ce troll avait uniquement pour but d’accélérer les plans qu’avait Dumbledore pour le jeune Londubat. Maintenant, la pierre n’a plus aucune utilité pour Dumbledore. Dès demain, il la détruira.

— Maître, mais comment ?

— Nous partageons le même corps et tu es un piètre occlumen.

Le silence se fit de nouveau.

— Maître, si la pierre n’est plus là (…)

— Idiot, nous ne pouvons pas partir juste après la destruction de la pierre et la mort de cette contrefaçon d’élu. Le vieux fou n’est pas stupide au point de ne pas faire le lien. Non, nous resterons jusqu’aux vacances de Pâques. Puis nous utiliserons la malédiction pour démissionner sans causer davantage de suspicion à notre égard. Mais en attendant, nous essayerons de recueillir le plus d’information possible sur le vrai survivant. Puisque la pierre n’est plus disponible nous utiliserons son sang. Quirrell essaye de trouver une location discrète près du 4 Privet Drive, pour les vacances de Noël.

Cours de défense contre les forces du mal

— Alors monsieur Lupin, il est où ?

— Calme-toi Dudley.

— Je suis sûr qu’il est dans ce placard.

— Non ne touche pas à ça.

— Excusez-moi.

— Ce n’est rien. Répondit Lupin avec un grand sourire devant l’impatience de l’enfant.

À côté de lui Harry semblant avoir très envie de partir. Cela l’étonnait toujours que des deux cousins, ce soit son élève le moins intéressé par la magie. Sur ses réflexions, il reprit.

— Bien comme je vous avais prévenue lors de notre dernière leçon, je pense important que vous ayez un minimum de notion en matière de défense contre les forces du mal. En effet même si vous ne souhaitez pas intégrer notre monde, il est possible qu’au cours de votre vie vous croisiez une créatrice magique. Et malheureusement, d’après le directeur, il est fort probable qu’un jour une nouvelle guerre secoue le monde sorcier. Il est donc important que vous acquériez les bons réflexes à avoir contre les créatures magiques les plus courantes. Je vous encourage donc à être particulièrement attentif à ces leçons. Non seulement, elles pourraient vous sauver la vie un jour, mais elles pourraient également vous permettre de sauver celle de vos proches.

Lupin fit une pause pour observer ses élèves. Il constata avec satisfaction que la dernière phrase lui avait permis d’enfin obtenir la totale attention de son élève le plus dissipé. Bon, techniquement, il était son seul élève.

Il reprit.

— D’après le programme officiel normalement, nous aurions dû commencer par apprendre le sort de désarmement et d’autre sort d’auto-défense de base, mais j’ai découvert un épouvantard dans ma maison le week-end dernier et je me suis dit que c’était une occasion à ne pas manquer de vous exercer. Cette créature est normalement abordée en début de 3iéme année à Poudlard. Mais ne vous inquiétez pas. Le sort pour le repousser est extrêmement simple et totalement à la portée d’un sorcier de première année, mais avant pourriez-vous me résumer brièvement le chapitre sur les épouvantard que je vous ai demandé de lire pour aujourd’hui.

— Moi, l’épouvantard est une sorte de fantôme qui prend l’apparence de notre plus grande peur.

— C’est très bien Dudley, mais j’aurais préféré que ce soit Harry qui réponde.

— L’épouvantard est une sorte de fantôme qui prend l’apparence de notre plus grande peur.

— Cela manque d’originalité, mais c’est l’idée. Néanmoins, je dois vous signaler que pour un sorcier un épouvantard et un fantôme sont deux choses totalement différentes.

— Les fantômes existent vraiment ?

— Oui Dudley et dans le monde sorcier, c’est même un phénomène relativement courant. Mais ne nous dispersons pas.

Un épouvantard est une créature magique alors qu’un fantôme est l’empreinte d’un sorcier décédé. Mais un épouvantard correspond effectivement à certaines représentations qu’ont les moldu ont des fantômes. D’ailleurs la plupart des moldus ayant rencontré un épouvantard pense avoir croisé un fantôme ce qui facilite énormément le travail des oubliators.

— Ils sont comment les fantômes en vrai ? Vous en avez déjà croisé ? Est-ce que tous les sorciers deviennent des fantômes ? Ça fait quoi de les traverser ?

Lupin commençait à regretter d’avoir exceptionnellement autorisé Dudley à assister à leur cour. D’un autre côté, c’était agréable d’avoir un élève ayant envie d’apprendre.

— Monsieur Dursley, je crains que si vous voulez vraiment voir un épouvantard en vrai il faille réprimer votre enthousiasme. Mais pour votre information, les fantômes ont l’apparence d’un être humain normal sauf qu’ils sont translucides et qu’ils volent. Le château de Poudlard est connu pour son très grand nombre de fantômes et j’en ai donc rencontré beaucoup. Même s’ils ne ressentent rien, les fantômes trouvent très impolie qu’on les traverse et je ne sais donc pas ce que cela fait. Mais un de mes camarades qui a traversé par erreur Nick-quasi-sans-tête m’a rapporté qu’il a ressenti un froid intense. Cependant, je pense que c’est une sensation que l’on ne peut pas vraiment raconter. Il faut la vivre. Et si nous finissons suffisamment tôt, je répondrai à vos autres questions autour d’une tasse de thé.

Voyant que Dudley s’appétait à reprendre la parole, il rajouta en hâte :

— Et oui, je vous dirais pourquoi on l’appelle Nick-quasi-sans-tête, mais pour le moment, je dois empêcher votre cousin de s’enfuir de ma salle de classe.

— Ah ! Ah ! Je ne l’ai fait qu’une fois. C’est bon, ça va, j’ai compris, je le referais plus.

— Vous l’avez fait 3 fois !

— Les deux autres fois ça ne compte pas vous m’avez rattrapé avant que je ne réussisse à sortir.

— Monsieur Potter, tenez-vous vraiment à allonger la durée de ce cours ?

— Je m’appelle Dursley pas Potter. Et puis c’est vous qui n’arrêtez pas de parler d’autre chose. Moi, je suis absolument passionné par les éprouvantruc

— Les épouvantard Harry. Murmura Dudley

— Pitié, mais sauvez-moi de ces deux obsédés ? Fit Harry en mimant une prière. Lupin n’essaya même pas de cacher que les pitreries de son élevé lui donnait envie de rire. Passé la surprise initiale les deux enfants étaient finalement très attachants.

— 5 points pour Serdaigle et 5 points en moins pour Serpentard. Déclara Lupin avec un sourire

— Vous êtes conscient que je trouve toujours ce système de point totalement ridicule et que l’on n’a même pas été répartit.

— Totalement. C’est même ça qui est amusant monsieur Dursley.

— Ce coup-ci, c’est Dudley qui se reteint de rire.

— Bon revenons sérieux. Je vais vous apprendre le sort pour affronter un épouvantard. Répéter après moi : Riddikulus.

Quelques minutes plus tard. Ils étaient fin prêts pour affronter l’épouvantard. Harry légèrement anxieux se trouvait devant l’armoire contenant l’épouvantard et serrait sa baguette de toute sa force. Dudley se mit à faire semblant d’être une pom-pom-girl ce qui eut le mérite de détendre l’atmosphère.

— Monsieur Dursley, vous êtes prêt ? Un !

— Non, je ne suis pas prêt, il faut que j’aille aux toilettes. Tenta Harry

Imperturbable le maraudeur qui en avant vu d’autres continua

— Deux !

— Mais c’est pour la grosse commission.

— Trois !

Lupin ouvrit l’armoire et s’éloigna. Immédiatement, une Pétunia avec une expression de pure haine qui lui déformait les traits sortit du placard. Elle se tourna vers Harry et sa haine se changea en dégoût.

— Espèce de monstre, tu as gâché ma vie et celle de ma famille, Tu aurais dû mourir avec tes alcooliques de parent dans cet accident de voiture.

La femme continua ses injures, mais Harry n’essaya même pas de lancer le sort. Il pleurait toutes les larmes de son corps en murmurant « pardon tante pétunia, j’essaierais d’être bon, mais ne me renvoie pas dans le placard » et lupin bouche bée remarqua alors que la commode avait pris la forme du placard sous l’escalier de l’entrée de la maison des Dursley.

En ayant assez vu Lupin se poussa devant l’épouvantard qui prit la forme d’une lune et cria : — riddikulus.

L’épouvantard s’évanouit dans une vague de fumée.

Dès que l’effet de l’épouvantard cessa Harry sembla se reconnecter à la réalité et s’enfuit vers sa chambre sans dire un mot à personne. Les deux autres ne tentèrent rien pour l’arrêter et se demandèrent ce qui venait de se passer. Au moment où Lupin s’appétait à briser le silence pour demander des explications à Dudley, Pétunia Dursley rentra dans leur salle de cours et demanda avec colère :

— Qu’est-ce que vous avez fait à Harry ?

— C’est justement ce que je voulais vous demander. Répliqua Lupin avec colère.

Souvenir d’enfance refoulé

Harry avait 3 ans et il pleurait toutes les larmes de son corps sans pouvoir s’arrêter. Devant ses yeux, sa tante essayait avec difficulté de faire rentrer un petit matelas dans le placard sous l’escalier.

Il ne voulait pas dormir dans le placard. Il ne voulait pas être enfermé avec les monstres qui dans son imagination d’enfant peuplaient ces recoins sombres.

Il savait qu’il avait été méchant, mais il avait beau essayer de toutes ses forces, il n’arrivait pas à respecter les règles. Il savait qu’il ne devait pas souiller ses draps ou réveiller ses parents en pleine nuit... Mais comment s’empêcher de faire ce cauchemar avec cette lumière verte et cette femme qui crie ? Comment ne pas pleurer quand la Tante Pétunia hurlait de rage en le trouvant mouillé au petit matin ? Comment ne pas hurler à son tour quand, un jour, la tante s'était tellement fâchée qu'elle avait laissé en l'état toute une matinée, consignée dans sa chambre en refusant de lui donner un petit-déjeuner ?

Sa tante et son oncle avaient raison, il était un monstre. Mais il ne voulait pas aller dans le placard. Et il avait tellement faim.

Heureusement, le cauchemar prit fin et Harry se réveilla en poussant un cri. Il mit plusieurs minutes à se rappeler qu’il avait 11 ans, qu’il était parfaitement propre et dans une grande chambre bien lumineuse.

Après la scène de l’épouvantard, il avait eu tellement honte qu’il était parti s’enfermer dans sa chambre en courant sans demander son reste. Une fois dans sa chambre pour éviter de penser à ce qui venait de se passer, il avait commencé à lire le dernier tome de dragon-ball. Mais vaincu par la fatigue, il finit par s’endormir et par faire ce cauchemar. Mais qu’est-ce qu’il se passait bordel ? Pourquoi l’épouvantard avait pris cette forme ? Sa plus grande peur ne pouvait pas être que tante pétunia l’insulte. Et puis pourquoi il avait réagi comme ça ? Et pourquoi son putain de subconscient refusait qu’il passe à autre chose et lui avait envoyé ce putain de cauchemar ? Ça ne pouvait pas s’être vraiment passé ? Jamais sa mère ne ferait ça ? N’est-ce pas ?

Mais ses pensées furent interrompues par des coups frappés à la porte de sa chambre.

— Harry, tu es réveillé, je peux entrer ? Dit la voie de sa mère adoptive à travers la porte

— Oui maman.

Elle entra dans la chambre et s’assit sur la chaise de bureau de Harry. Harry remarqua qu’elle se frottait les mains nerveusement.

— Hum Harry, j’aimerais te parler de ce qui s’est passé ce matin.

— Il n’y a rien à dire, le professeur Lupin a dû se tromper et m’amener une autre créature bizarre. Je ne sais pas ce que c’était, ni pourquoi elle a fait ça, mais ce n'est pas la peine d’en parler pendant 150 ans.

— Harry, je suis désolé. Je ne savais pas que tu te souvenais de comment je t’ai traité à l’époque. Je pensais que tu étais trop jeune pour t’en souvenir.

— Pourquoi ? Qu’est-ce que j’avais fait de mal ? Demanda Harry d’une petite voix

— Mais rien du tout mon cœur. C’est moi qui avais un problème. Je ne sais pas vraiment comment j’ai pu te traiter de manière aussi odieuse. Je crois que j’ai juste pété un câble. En une année, j’ai perdu mon père, ma mère, j’ai eu un accouchement difficile qui m’a rendu stérile et j’ai dû renoncer à mon travail de dactylo, j’ai dû m’occuper de Dudley avec la peur en permanence que les protections posées par Lily ne soient pas suffisantes et qu’un des partisans de Voldemort ne vienne le tuer. Tu sais ce que ça fait de vivre constamment dans la peur ? De rêver la nuit de trouver son fils démembré. De réentendre les cris de son père qui se fait torturer. De sursauter au moindre coup de sonnette. Tout ça à cause des choix de ma chère sœur qui n’a jamais pu ne serait-ce qu’admettre qu’elle aurait dû nous consulter avant de s’engager dans cette maudite guerre. Et puis quelqu’un l’a fait exploser et j’ai hérité de toi. J’avais déjà du mal à m’occuper d’un seul enfant et voilà qu’on me refile un fardeau supplémentaire qui n'arrêtait pas de demander où est sa mère et tu te mettais à pleurer, alors Dudley pleurait. Et moi, elle était où ma mère ?

Tout au long de ce discours, la voix de pétunia s’est animée jusqu’à devenir hystérique. Puis elle retomba d’un coup.

— Non Harry, je ne voulais pas dire ça. Tu n’es pas un fardeau et tu ne l’as jamais été. Je t’aime mon chéri. Dit-elle en le serrant dans ses bras

Après un moment à profiter du câlin de sa mère adoptive, Harry demanda.

— Si tu m’aimais vraiment tu (...)

— Non, pour la dernière fois, je ne t’achèterais pas une game-boy. Les jeux vidéo, c’est trop violent et remplis de sexe. Ils l'ont dit à la télé.

— Mais Dudley, il a bien un ordinateur lui.

— Un ordinateur ce n'est pas pareil, c’est un outil de travail. Ça permet de s’instruire. Il n’y a ni sexe ni violence.

Même des gens se tapant la tête de dépit

Image

Une semaine plus tard, Harry trouvait un paquet cadeau contenant une game-boy sur son lit. Malgré les embrassades d’Harry, Pétunia se sentait mal. Elle savait qu’elle devait perdre cette mauvaise habitude de gâter ses enfants à chaque fois qu’elle avait un problème avec eux. Elle savait qu’elle les pourrissait. Et même si elle n’en était pas tout à fait sûre, elle savait qu’Harry rentrait ses émotions et que ce n’était pas bon. Mais que pouvait-elle faire ? Comment le forcer à en parler ? De toute manière, même elle n’arrivait pas à parler de cette période.

L’idée d’aller voir un psy ne lui traversa même pas l’esprit. Dans son esprit, c’étaient les fous dangereux qui allaient voir un psy. Et de toute manière comment pourrait-elle parler de ce qui s’était passé à un parfait inconnu ? Alors comme d’habitude, elle se résigna à faire de son mieux tout en sachant que ce ne serait jamais suffisant. Et ainsi la vie repris son cours normal au 4 Privet drive. Du moins en apparence.

oOoOoOo

Note de l'auteur : Le début de ce chapitre est inspiré du début de la fanfic : Une adolescence à St Brutus .

Connerie des gosses 3

Note de l’auteur : J’ai fusionné les chapitres 12 et 13 en un seul chapitre 13. En effet après publication, je trouve que le chapitre 12 était trop court et malaisant. Et en plus, ils sont trop jeunes pour que la conversation qu’Harry et Dudley y tenaient soit crédible.

OooOoOo

— Mais qu’est-ce qui t’as pris ? Tu te rends de ce qui aurait pu lui arriver si les alarmes de Dumbledore ne nous avaient pas sonnées ? Hurla la tante pétunia

— Mais je te jure que ce n’est pas moi !

— Qui ça pourrait être d’autre ? Je te préviens, je ne te laisserais pas utiliser ton anormalité pour ridiculiser Dudley. Tu es privé de sorties pendant deux semaines.

— Deux semaines ! Mais ce n’est pas juste. S’exclama Harry en faisant la mine de chien battu qu’il utilisait pour amadouer sa tante.

— Inutile de négocier cette fois, je serais intraitable. File dans ta chambre et restes-y jusqu’au dîner.

Harry s’exécutant en maugréant. Deux heures plus tard, Dudley vint le voir.

— Désolé Harry, j’ai essayé de dire à maman que tu n’y étais pour rien, mais elle ne veut pas me croire

— Ce n’est pas grave Dud. Mais ne recommence pas. Tu sais bien que dès qu’il y a de la magie en jeu, maman devient folle et c’est moi qui prends tout.

— Mais je te jure que ce n’est pas moi !

— Qui ça pourrait être d’autre ? D’ailleurs, c’était quoi ce truc ?

— Je n’en sais rien. Puisque je te dis que c’est quelqu’un qui me l’a donné. Et l’alarme a sonné avant que je ne puisse l’essayer.

— C’est ça t’as rencontré un mec dont tu te souviens plus du visage qui tas donné un objet magique et tu l’as ramené ici sans te poser de question ? En plus, je suis sûr que t’as fait tout ça, juste pour impressionner Dylan

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— Dud tu croyais vraiment que j’allais avaler que tu t’es mis à t’intéresser au foot ? Tu n'arrêtes pas de le regarder comme les filles regardent les grands quand ils retirent leurs maillots.

— Je ne suis pas pédé. On est juste amis.

— Ouais, c’est ça continue de me mentir. En tout, si tu disais où tu l’as trouvé, peut-être que maman te croirait et que je pourrais sortir. Au final, ça t’arrange bien qu’elle me punisse à ta place. Répondit Harry avec colère

— Argh ! t’es aussi buté que maman. Vous faites une belle paire tous les deux. S’exclama t’il en claquant la porte de la chambre d’Harry

Connerie des gosses 4

— Tu sais que tu as une case en moins ? Demanda Harry

— c’est une probabilité probablement probable. Répondit Dudley

— Non mais sérieusement. Tu sais ce qu’on risque si papa découvre que l’on sèche les cours ? Demanda Harry

— D’être privé de télé pendant une semaine ? D’être disputé par maman ? Mec, tu sais ce qu’on risque si on ne le fait pas ? Allez, c’est peut-être notre seule chance unique de toute notre vie. Répondit Dudley

— J’abandonne.

— Pourquoi tu mets une cagoule ? T’es fout, il fait 20 °C. Demanda Dylan

— Dylan laisse. Harry a ses raisons. Dit Dudley mystérieusement

— Bon quoiqu’il arrive vous ne me lâchez pas la main. Normalement une fois dans le pub, vous devriez plus avoir de problème.

— Hé, on ne va pas se tenir la main comme des meufs ? Jusqu’à présent, j’ai bien voulu rentrer dans votre délire les deux frangins, mais maintenant, ça suffit. On a passé l’âge de croire à la magie.

— Ah oui, tu paries ? Demanda Harry

15 Minutes plus tard, Dylan se trouvait au milieu du chemin de traverse et serrait la main de ses amis comme si sa vie en dépendait, terrifiée à l’idée de ce qu’il pourrait lui arriver s’il perdait son guide de vue. Au lieu de profiter du lieu, il passait son temps à se demander comment il allait faire pour voler dans le portefeuille de son père les 50 livres qu’il devait maintenant à Harry.

Connerie de gosse final

Harry et Dudley poussèrent un soupir de soulagement. Ils venaient de retrouver Dylan à l’entrée de l’allée des Embrumes.

Harry et Dudley étaient en train de s’amuser avec les créatures de l’animalerie magiques quand ils se rendirent compte que Dylan avait disparu. Ils avaient pourtant fait vachement gaffe. Harry avait été paniqué en voyant sa disparition. Dans sa tête, il s’imagina toute sorte de scénario allant de retrouver son ami mutilé par un seigneur noir ou transformé en limace après avoir mangé un bonbon.

Bien décidé à ne pas en plus perdre Dudley, il lui saisit fermement la main et courue dans tous les sens en demandant à tous les sorciers présents s’il n’avait pas vu un garçon de leur âge avec des cheveux blonds et un t-shirt aux couleurs de Manchester United.

Heureusement, ils finirent par le retrouver près de l’allée des Embrumes. Harry lui tendit la main et s’exclama alors :

— Mais où t’était passé ? Allez, viens ! On se casse.

Mais au lieu de saisir sa main, il y déposa un caillou. Harry sentit alors un crochet le saisir au niveau du nombril et tout devint flou autour de lui. Paniqué, il ne remarqua pas qu’il serrait maintenant la main de son cousin au point de lui faire mal. Finalement, le monde arrêta de tourner, mais son soulagement fut de courte durée, car sa cicatrice commença immédiatement à le brûler. Son cousin demanda d’une voix inquiète :

— Harry ou on est ? Qu’est-ce qu’il s’est passé. C’est quoi toutes ces tombes ?

Harry aurait bien voulu lui répondre, mais la douleur dans sa cicatrice était trop forte pour qu’il puisse seulement réfléchir à une réponse.

Il entendit une voix atroce hurler :

— Tue l’autre.

Un éclair de couleur verte fila dans leur direction et toucha Dudley de plein fouet.

Le cimetière

Harry supplia son cousin de se lever et de fuir avec lui. En désespoir de cause, il commença même à le frapper pour qu’il se réveille. Mais rien n’y fit. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il remarqua qu’il ne respirait plus. Il commença à pleurer. Il voulut se lever, mais quelque chose l’en empêcha. Il comprit alors que quelqu’un avait profité de sa distraction pour l’attacher.

Pour la première fois, il regarda autour de lui. Ils étaient dans un cimetière et au loin se dresser un château sinistre. On était au milieu d’une chaude journée d’été, l’air été lourd et le ciel noir. Un orage se préparait.

Il se tourna alors et vit un homme s’affairer sur un immense chaudron. À côté de lui, se trouvait quelque chose qui bougeait, il posa son regard sur la créature et aussitôt, sa cicatrice explosa de douleur. Il détourna immédiatement le regard, mais il avait vu que cette chose avait une forme humanoïde.

— Ne détourne pas le regard et contemple ton œuvre. Vois ce que je suis devenue par ta faute. Une créature repoussante et faible. À cause de toi, j’ai dû passer les 10 dernières années dans un état encore plus pitoyable. J’ai erré en étant moins qu’une ombre, survivant tel un parasite en absorbant la force vitale des malheureux qui croisaient mon chemin. Mais cela se termine aujourd’hui. Avant le coucher du soleil Voldemort renaîtra, plus puissant que jamais et pour me venger, j’exterminerais ce qui reste de ta maudite famille. Et ensuite peut-être te ferais-je l’honneur de te tuer.

Harry ne répondit pas. Il était trop occupé à assimiler l’horreur de la situation et à lutter contre la douleur qui pulsait à intervalle régulier dans sa cicatrice. Mais cela ne sembla pas déranger la chose qui continua son monologue.

— Tu devrais me remercier, tu sais. Je vais purger ta lignée du sang impur qui la souille, comme je l’ai fait avec la mienne.

Harry ne comprenait pas pourquoi la créature lui disait tout cela, mais il se dit que plus elle perdait de temps en parlote mieux c’était pour lui.

— Comment avez-vous fait pour passer les protections ?

— Le sort de tes parents aurait dû te faire comprendre qu’aucune protection ne peut résister à Lords Voldemort. Mais je dois avouer qu’elles m’ont donnée du fils à retordre. Le vieux fou n’a pas fait les choses à moitié. Grace au sacrifice de ta mère et aux protections qu’il a rajouté, il était impossible pour moi d’approcher de toi ou d’un membre de ta famille. Et encore moi de leur jeter le moindre maléfice. Enfin presque. À condition de ne pas te viser directement, il y a une magie que la protection sanguine de ta sang-de-bourbe de mère n’arrêtait pas : Les philtres d’amour.

L’idée m’est venu après m’être souvenue que mon professeur préféré disait régulièrement que les philtres d’amour étaient les potions les plus redoutables. Et il y avait une autre faille : seule ta famille et tes proches étaient protégées par le sang de ta mère.

Il m’a juste suffi de faire avaler une dose de philtre d’amour à ton cousin et de soumettre à ma volonté le premier gamin qu’il a vu après avoir bu le philtre. Bien sûr, j’ai dû y aller très légèrement, afin de ne pas alerter Dumbledore.

J’ai alors pensé les utiliser pour te donner un portoloin. Malheureusement, je me suis rendu compte que même ton cousin ne pouvait amener un tel objet à Privet Drive sans déclencher les alarmes de Dumbledore. J’ai alors demandé à mon pantin de suggérer une sortie loin de Privet Drive à ce gros porc de moldu. Néanmoins, j’étais loin de me douter qu’il choisirait une sortie au chemin de traverse. Cela a beaucoup compliqué nos plans. Sans compter qu’en parallèle, nous devions sécuriser cet endroit. Tu n’imagines pas la complexité des sorts de protection que nous avons dû déployer ne serait-ce que pour empêcher la trace de fonctionner.

La chose allait continuer, mais l’homme avec un turban abandonna son chaudron et leur déclara.

— Maître, la potion est prête.

— Enfin. Commence le rituel sans tarder. Il me tarde de retrouver mon corps.

Quirrell prit l’horrible créature et la plongea dans le chaudron. La surface du chaudron devint brillante comme du diamant. Harry pria de toutes se force pour que la créature se noie. Puis Quirrell leva sa baguette et dit :

— Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils ! La tombe à ses pieds s’ouvrit et les os qui s’y trouvaient plongèrent d’eux-mêmes dans le chaudron.

La surface, brillante comme le diamant, s'agita et un long sifflement s'en échappa. Des étincelles jaillirent en tous sens et le liquide prit une couleur bleu vif qui ressemblait à un poison.

Poussant un faible gémissement, Quirrell sortit de sous sa cape un long poignard à la fine lame argentée qui ressemblait à ceux utilisés pour des rituels sataniques dans les films de série B que Dudley affectionnait tant. Des sanglots brisèrent sa voix tandis qu'il prononçait ces paroles :

— Que la chair du serviteur donnée volontairement fasse revivre son maître.

Il tendit sa main droite devant lui puis il sera étroitement le poignard dans sa main gauche et l'éleva au-dessus de lui.

Harry comprit ce qu'il allait faire une seconde avant qu'il n'accomplisse son geste. Il ferma les yeux, les paupières étroitement closes, mais ne put ignorer le hurlement qui déchira la nuit et transperça Harry comme si lui aussi avait reçu un coup de poignard. Il entendit quelque chose tomber sur le sol puis les halètements angoissés de Quirrell, et enfin un bruit d'éclaboussure qui lui retourna l'estomac. Harry ne pouvait se résoudre à rouvrir les yeux, mais une lueur d'un rouge incandescent, qui venait du chaudron, traversa ses paupières closes...

Quirrell gémissait de douleur, la respiration précipitée. Ce fut seulement lorsqu’il sentit son souffle sur son visage que Harry prit conscience de la présence de Quirrell juste devant lui.

— Que le sang de l'ennemi... pris par la force... ressuscite celui qui le combat.

Harry se débattit de toutes ses forces, mais ses efforts étaient vains. Il était attaché bien trop solidement. Au moment où il posa sa main sur lui, Quirrell poussa un violent cri de douleur et s’éloigna brusquement.

Il tenta ce coup-ci de lui prendre son sang sans le toucher, mais Harry parvient à lui saisir la main qui tenait le couteau. Aussitôt, il poussa un hurlement de douleur et une odeur de chair carbonisée se répandit. Harry ne put pas maintenir sa prise très longtemps, mais suffisamment pour que le dernier bras valide de Quirrell soit réduit à l’état de cendre. Une odeur répugnante de chaire brûlée qui donna envie de vomir à Harry se répandit.

Mais il cessa de prêter attention à Quirrell lorsqu’il remarqua que le couteau était tombé non loin de sa main. Après de longues contorsions, il parvint à couper ses liens et observa la situation. Quirrell gémissait sur le sol pendant qu’une petite mare de sang se rependait depuis son moignon. Il ne représentait plus une menace.

Sans y réfléchir Harry, se précipita vers le chaudron et le renversa à l’aide d’un violent coup de pied. Aussitôt, un hurlement inhumain résonna dans tout le cimetière. Ensuite une fumée noire s’y rependit. Harry fut contraint d’en respirer de grande quantité. Mais il n’y faisait pas attention, car tout d’un coup, il avait l’impression que sa cicatrice était chauffée au fer blanc. Ses hurlements de douleur couvrir presque les hurlements inhumains provenant du chaudron.

Puis au bout d’un moment, il commença à se sentir partir. Quelque chose le tirait vers l’extérieur de son corps. Ce n’était pas une sensation physique, mais quelque chose d’indescriptible qui se passait à l’intérieur de lui. Comme si on tirait sur son âme. Épuisé, il se laissa faire et avança. Il constata qu’à chaque pas qu’il faisait la douleur s’éteignait un peu plus et que le brouillard se renforçait. Il était plus que disposé se laisser faire, mais alors au loin, il crut voir comme à travers une sorte de voile Dudley et ses parents biologiques qui lui hurlaient de résister. Avec difficulté, il obéit et revint en arrière. Chaque pas était plus difficile que l’autre, mais à chaque fois, il trouvait la force de continuer dans les encouragements de ses proches.

Finalement, la sensation disparue d’un coup et la brume noire s’évanouie sans laisser de traces. Épuisé Harry s’écroula.

Police

Tom Hunt montait la colline avec agacement. Ça faisait un mois que le vieux gardien du cimetière l’appelait régulièrement parce que des délinquants auraient pénétré dans son domaine. Et bien sûr à chaque fois, il ne trouvait rien, même pas un graffiti. Il faut dire que Tom prenait bien soin de faire hurler sa sirène pendant de longues minutes avant de se garer en bas de la colline.

Avant de monter à la ville pour réaliser son rêve (qui devint vite un cauchemar) de devenir un grand enquêteur, il avait passé son enfance dans un village ressemblant beaucoup à Little-Hangleton. Il se souvenait parfaitement que les lieux comme celui-ci étaient souvent les seuls où les ados pouvaient se trouver un peu d’intimité pour toute sorte d’activité. Les morts font une piètre compagnie, mais au moins eux n’iront pas répéter à votre mère que vous avez passée l’après-midi avec la fille du cordonnier.

Bref, il n’avait aucune envie de prendre les intrus en flagrants délits. Il aurait bien envoyé paître ce vieux soûlaud, mais dans ce trou perdu où ses supérieurs l’avaient exilé, il ne pouvait de manière crédible dire qu’il avait mieux à faire.

Et dire que la connerie qui l’avait conduit ici avait été motivée par l’ennui profond qu’il ressentait dans ce qui était censé être une banlieue sensible. Lui qui rêvait d’action et de servir les citoyens, c’était retrouvé à alterner entre patrouilles de nuit dans des rues parfaitement désertes et des contrôles d’identité au pif pour remplir ses quotas de sans-papiers ou de dealer de cannabis (la plupart des gens qu’il arrêtait n’avaient rien de dealer, mais il fallait bien faire du chiffre).

Il avait mis du temps à remettre en question ses apriori, mais après quelques années, il devait bien l’admettre : son travail était aussi nuisible qu’ennuyeux. Les rares fois où on venait lui demander de l’aide, il était parfaitement incapable de faire quoi que ce soit. En l’absence d’hébergement d’urgence et de preuve, que pouvait-il faire pour cette femme battue ? En l’absence de moyen pour enquêter, que pouvait-il faire contre cette épidémie de cambriolage ? Que faire pour empêcher ses bandes de jeunes de s’entre-tuer pour de la drogue et de terroriser la population au passage ? Comment les empêcher de rejoindre les trafiquants lorsque la seule alternative, c’était de galérer entre divers boulots précaires qui ne payent pas assez pour qu’ils puissent se payer un logement à eux et quitter leurs parents ? Et quand il est de notoriété publique que la moitié des flics du coin consomment régulièrement, comment leur expliquer que la drogue, c’est mal ? Et comment en vouloir aux collègues, quand soi-même, on commence à avoir envie de se tirer une balle ?

De toute façon d’après ses supérieurs ce n’était pas son rôle. Son rôle consistait à remplir les prisons avec des gens qui n’avaient rien à y faire pour que le commissaire puisse présenter de belles feuilles Excel montrant à quel point nous étions efficients. Au début, il avait trouvé l’utilisation de ce mot ridicule, car ne voulant rien dire, mais au final, il avait compris que son commissaire n’osait pas les qualifier d’efficace.

Enfin bref, il était arrivé devant la grille du cimetière et il devait arrêter de laisser son esprit vagabonder. Machinalement, il poussa la ferraille et constata avec surprise qu’elle était fermée. Comment des ados avaient-ils pu fermer la grille ? Il prit le temps de regarder les lieux.

Tout était calme. Beaucoup trop calme. Contrairement à ce que pensaient les citadins, la campagne était un endroit bruyant. Là, il n’y avait aucun bruit, même pas un lointain aboiement de chien. Sans qu’il ne puisse se l’expliquer, il eut la chair de poule. Il sortit son passe-partout et rentra dans le cimetière. Immédiatement, il se mit à frissonner. Plus il avançait, plus il avait froid. Et au bout d’un moment, il constata que les tombes s’étaient couvertes de givre. Comment était-ce possible, on était en plein moins de juin ? Il flottait dans l’air quelque chose de surnaturel qui, combiné aux nuages d’orage qui s’amoncelait au-dessus de la ville depuis le début d’après-midi, donnait au lieu une atmosphère lugubre.

Il sortit son arme, se mit en joute et reprit son avancée avec une extrême concentration. Son instinct lui hurlait que cet endroit était dangereux, mais loin de l’inquiéter cela l’enthousiasma.

C’était pour connaître ce genre de poussée d’adrénaline qu’il s’était engagé. Après quelques pas, il entendit un gémissement. Ce fut si fugace qu’il se demanda s’il n’avait pas halluciné. Puis il entendit un autre gémissement plus faible que le précèdent.

Il mit son doigt sur la détente. Ensuite il se ressaisit et baissa son arme. Quoi qu’il se passe ici, il était plus probable qu’il y trouve des civils innocents que des zombies. Et il ne pouvait pas se permettre une autre bavure. Ses collègues et supérieurs l’avaient couvert la première fois, mais maintenant, il était seul. Il continuait à avancer l’esprit alerte, lorsqu’il aperçut un homme avec un turban se traînant devant lui en poussant de faibles gémissements dans sa direction. Il accéléra et se rendit compte que l’homme laissait derrière lui une traînée de sang. Si c’était bien le sien, c’était un miracle qu’il soit encore en vie.

Il essaya de lui parler, mais il l’ignora et continua à se traîner vers l’avant. Il posa sa main sur son épaule pour le stopper. Il se retourna brusquement et le fixa longuement du regard avant de s’évanouir dans un dernier râle. Son visage était fixé dans une expression de douleur et ses yeux étaient exorbités. Il examina l’homme et prit alors conscience qu’il venait d’être torturé. Il lui manquait un bras et la plaie semblait avoir récemment était cautérisé au fer rouge. Une odeur de chair brûlé répugnante s’en dégageait encore. Mais surtout, il vit que sa main avait été coupée et que la blessure était encore ouverte.

Il déchira un morceau de son vêtement (qui était très étrange, ce devait être un étranger) et lui fit rapidement un garrot. Ensuite il tenta d’appeler du secour sur sa radio, mais seuls des parasites lui répondirent. Il maudit la camelote que l’état leur fournissait puis se dit qu’au vu de la situation, la radinerie du ministère n’y était pour rien. Il devait rapidement sortir du cimetière pour prévenir du secours. Il courut jusqu’à l’entrée où par miracle sa radio fonctionna. Il hurla qu’on lui envoie une ambulance sans donner de détail (sachant que l’on ne le croirait pas de toute façon).

Puis il retourna près de l’homme s’attendant à moitié à ce qu’il ait disparu et qu’il se rende compte qu’au final tout ceci n’était que le fruit de son imagination trop fertile. Mais il était bel et bien là. Il s’assura qu’un pouls était toujours présent puis s’enfonça davantage dans le labyrinthe de tombes.

Dans la section où il rentrait, les tombes étaient plus élaborées et le sol commençait à se recouvrir d’un fin brouillard glacé. La plupart étaient des œuvres d’art richement décorées qui avait la taille d’un homme. En regardant les noms, il comprit qu’il était dans la section réservée aux Jedusor. Cette famille de parvenu qui s’était enrichi en spéculant sur le blé en période de famine était extrêmement célèbre dans la région pour leur caractère détestable ainsi que pour leur fin aussi tragique que mystérieuse. Même lui qui n’était pas originaire d’ici connaissait l’histoire.

Soudainement il dut se retenir de trébucher. Son pied venait de heurter quelque chose caché par un brouillard qui était dorénavant épais comme de la poix. En se penchant, il constata avec horreur qu’il s’agissait du corps d’un enfant. Il rechercha longuement un pouls ou une quelconque trace de vie. Cependant, il dut se rendre à l’évidence. Au moins, celui-ci ne portait aucune blessure ou marque de torture. Quoi qui l’ait tué, il n’avait pas dû souffrir. Il fit un signe de croix, se retourna et n’eut que quelque pas à faire avant de la voir. Au centre d’un cercle dépourvus de brouillard s’élevait une grande arche en pierre marquée de runes avec un voile flottant au gré d’un vent inexistant. À ses pieds le corps d’un autre enfant.

Il se précipita sur lui en priant pour qu’il ne soit pas mort lui aussi. Il constata rapidement qu’il respirait. Il aurait dû le laisser sur place et attendre les secours, mais il n’avait pas l’air d’être blessé. De plus, son instinct lui hurlait qu’il fallait à tout prix s’éloigner de l’arche. Il saisit l’enfant et courut à l’entrée du cimetière sans se retourner.

Il nota au passage qu’à côté de l’arche se trouvait un couteau de rituel satanique, un chaudron d’un noir surnaturel qui semblait absorber la lumière autour de lui et une tombe partiellement ouverte. Plus tard, il découvrirait que c’est celle du dernier des Jedusor.

Une fois en dehors du cimetière, il vit avec soulagement l’ambulance arriver, ainsi que ses collègues.

oOoOoOo

L’enfant ouvrit lentement les yeux puis tenta d’un seul coup de se relever. Il en fut empêché par ses liens. Il prononça paniqué :

— Où je suis ? Libérez-moi ?

— Calmez-vous jeune homme. Vous êtes actuellement à l’hôpital de Bristol et vous êtes en sécurité.

— Qu’est-ce que je fais ici ? Où sont mes parents ?

Puis d’un coup, il se mura dans le silence.

— J’aimerais également connaître la réponse à ses questions, pour commencer, pourriez-vous me dire votre nom, votre âge, le numéro de téléphone de vos parents et votre adresse ?

Il répondit de manière lacunaire avec une voix sans émotion :

— Harry Potter, 11 ans, 0160894578, 4 Privet Drive Little Whinging.

— Little Whinging, je ne connais pas. Où est-ce que cela se situe ?

— C’est dans la banlieue de Londres.

L’enquêteur avait plein de questions à poser, mais il ne savait pas par où commencer. Il était déstabilisé par le comportement de l’enfant. Il avait l’habitude de traiter avec de jeunes ados insolents. Pas avec des enfants semblant sur le point de pleurer. Il aurait dû demander à Maria de rester. Comme lui, elle était célibataire, mais c’était une femme donc elle aurait su comment consoler le garçon pensât notre inspecteur qui avait plein de qualité, mais qui n’échappait pas aux préjugés les plus courants des années 90. Finalement, c’est le garçon qui reprit :

— Est-ce que le seigneur des ténèbres est de retour ?

— Pardon ?

— Non rien.

— Vous avez dit le seigneur des ténèbres ?

— S’il vous plaît, oubliez ce que j’ai dit. Déclara le garçon avec ce qui semblait être de la peur.

— Écoutez, je ne sais pas qui vous menace, mais je peux vous protéger. Vous ne devez pas avoir peur de parler.

— Me protéger ? Le garçon éclata d’un rire sinistre. C’est moi le danger. Mes parents sont morts pour me protéger, et Dudley (..) Dudley ! j’ai cru qu’il était mort, mais non je l’ai vu, il était vivant. Ou il est ?

Il sorti avec hésitation une photo de l’enfant que les secours avaient retrouvés mort.

— Est-ce que c'est lui Dudley ?

— Oui. Vous l’avez retrouvé ? Comment il va ? Il n’est pas blessé ?

Convaincu, que le garçon était maintenu plus victime que coupable (et désireux de gagner sa confiance), il le détacha.

— Je suis désolé, il est mort.

Au grand désarroi du policier, le garçon se mit à pleurer doucement. Sa première impulsion était de le prendre dans ses bras, mais il n’avait pas le droit de toucher ainsi un mineur. Et puis que diraient ses collègues s’il le voyait agir comme une fiotte (Est-ce que j’ai précisé qu’il s’agissait d’un flic des années 90. Comment ça, ils sont toujours aussi cons 20 ans plus tard ?).

— Ressaisis-toi. Un homme ça ne pleure pas.

— Je ne suis pas un homme de toute façon. Malgré tout, le garçon se força à ne plus pleurer.

— Comment ça, tu n’es pas un homme ?

— Les habits que je portais, ou sont-ils ?

— Dans la table de chevet, mais réponds à ma question. Qui t’as dit que tu n’étais pas un homme ?

Le gamin l’ignora et fouilla son jean jusqu’à en extirper un bout de bois puis il fit un mouvement avec et prononça :

— Wingardium Leviosa

À la stupéfaction du policier, le lit vide en face du garçon se mit à léviter puis redescendit. À ce moment-là, l’enquêteur regretta d’avoir détaché le garçon.

— Tu as dit que tu étais responsable de la mort de tes parents et de ce Dudley. Qu’est-ce que tu es ?

— Le ministère a posé une sorte de mouchard sur moi qui le prévient si j’utilise mes pouvoirs sans autorisation. Ils vont sans doute envoyer des agents dans pas longtemps pour m’enfermer ou un truc du genre. Plus personne ne mourra à cause de moi.

Il dit ça avec une voix détachée, mais tout dans son attitude trahissait la peur et la tristesse. Pour le moment, c’était juste un petit garçon brisé qu’il avait en face de lui et pas un démon. Finalement, l’inspecteur décida d’envoyer balader ses peurs et prit le garçon dans ses bras. Il ne dit rien, mais l’enfant se mit à pleurer à chaudes larmes.

Ils restèrent ainsi quelques minutes le temps que les larmes de l’enfant se tarissent. Tom Hunter jura intérieurement de trouver un moyen d’aider l’enfant.

— Écoute, tu dois me dire tout ce que tu sais. Je suis sûr qu’il y a une solution. Raconte-moi ce qu’il s’est passé hier soir ?

— Vous devriez partir. Les agents du ministère ne devraient plus tarder à arriver. S’ils vous trouvent avec moi, vous aurez des ennuis. S’ils vous interrogent dites que vous ne savez rien.

— Je n’ai pas peur d’eux gamin. Je suis policier, je sais me défendre et je ne compte pas me laisser faire. Et puis que veux-tu qu’ils me fassent ? Ils ne peuvent pas me faire disparaître sans que ça ne se remarque.

— Par contre, ils peuvent, vous effacer la mémoire. Et quoi qu’ils en disent, je doute que ce soit sans effet de se faire trifouiller le cerveau. Vous ne pouvez rien faire pour moi.

L’enfant se retourna et cessa de lui parler. Au bout d’un moment, il sortit de la chambre déterminée à en savoir plus. Et cela commençait par aller se renseigner sur l’autre survivant de la nuit d’hier. Mais une fois à l’accueil, il vit qu’un homme âgé vêtu d’une longue robe pourpre et d’une grande barbe blanche demandait où se trouvait la chambre d’Harry Potter. À côté de lui, se trouvait un homme couvert de cicatrice, avec une jambe de bois et un œil en vert qui regardait partout avec un air menaçant. Quand l’homme regarda dans sa direction, il se figea et essaya d’avoir l’air le plus neutre possible. Il fit semblant de prendre une sucrerie dans un distributeur et retourna là d’où il venait. Ils étaient là pour l’enfant et bien que la réceptionniste leur avait dit qu’aucun Harry Potter n’avait été admis dans l’hôpital, il ne faisait aucun doute qu’il le trouverait très bientôt.

Tom avait l’impression que le choix qu’il devait faire déterminerait le reste de sa vie. Et pourtant, il n’hésita pas longtemps. Il avait enfin l’opportunité de faire ce pourquoi il s’était engagé dans la police et il n’allait pas la gâcher. Le gamin ne méritait pas d’être enfermé quelque part dans une prison secrète du gouvernement. Il allait forcer le gamin à lui dire ce qu’il se passait puis trouver une meilleure solution. En attendant, il fallait lui permettre de s’échapper (qu’il le veuille ou non).

oOoOoOo

Quelques heures plus tard sur le parking d’une station-service.

— Donc si je résume, vous avez enlevé un enfant de 11 ans parce qu’il vous a convaincu que des agents du gouvernement allaient venir l’emmener dans une prison secrète ? Demanda Alastor Maugrey au moldu qu’il venait d’immobiliser

— Alors dit comme ça, c’est sur ça parait ridicule. Se défendit Tom Hunter.

— Ridicule ! Pourquoi ? C’est exactement ce que tout bonne auror aurait fait. Par contre vous auriez dû vous attendre à ce qu’il résiste et vous tenir prêt à l’assommer. Vigilance constante !

— Alastor, j’admire votre passion pour le travail bien fait, mais présentement, je pense que vos conseils sont déplacés. Et puis j’aime à penser, que vous vous seriez comporté comme lui à sa place. Intervint Dumbledore

— Certainement pas. Moi, je ne me serais jamais fait rattraper aussi bêtement par mes poursuivants. Vigilance constante. Il faut toujours avoir un plan de repli si un ennemi vous trouve.

— Je n’en doute pas mon vieil ami, mais cela ne dit pas ce que nous allons faire de lui. Reprit Dumbledore.

— Ne lui faite pas de mal. Tout ça, c’est ma faute. Intervint Harry pour la première fois

— Peu importe à qui la faute, le code du secret est clair. Cingla le vieil auror

— Certes, mais j’ai besoin que quelqu’un surveille Little Hangleton et malheureusement, ce vieil Ortis ne s’est pas révélé très efficace. Si vous (..)

Mais Maugrey interrompit Dumbledore :

— Êtes-vous devenu fou ? Avez-vous oublié que vous devez faire profil bas jusqu’à la fin du procès avec les Londubat et les Weasley ? Continuer comme ça et vous serez à la retraite avant moi. Quoique ce ne serait pas totalement immérité.

— Alastor, il y a des choses plus importantes. Et encore une fois, il n’y a aucun lien entre le troll que j’ai introduit dans l’école pour garder la pierre et l’incident d’Halloween.

— Gardez vos mensonges pour le procès et tenez-vous à carreau si vous ne voulez pas que Malfoy prenne votre place. Lui rétorqua Maugrey

— L’enfant, qu’est-ce que vous allez lui faire ? Demanda Tom Hunter en interrompant les deux hommes dans leur dispute

— Je crains malheureusement de devoir lui infliger le pire des châtiments : le ramener à ses tuteurs puis le laisser subir les remontrances de sa tante pour avoir séché l’école. Enfin, dès que nous aurons compris ce qui s’est passé ce soir-là et retrouvé son cousin.

Répondit le vieillard.

— Il est mort. Déclara sombrement Harry.

— Comment ça ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Demanda Maugrey avec un air suspicieux

L’enfant raconta d’une voix tremblante :

— Je ne sais pas. Voldemort a ordonné à l’homme au turban « tue l’autre » et après, j’ai vu un éclair vert et il s’est écroulé par terre. J’ai tout essayé pour le ranimer, mais il respirait plus. Tout ça, c’est de ma faute, j’aurais dû (...).

— Harry, ce n’est pas de ta faute. L’interrompit Dumbledore

— Comment vous pouvez le savoir, vous ne savez pas ce qui s’est passé ?

— Certes, mais j’ai combattu assez souvent Voldemort pour savoir que tu ne pouvais rien faire pour le sauver.

Harry allait répondre, mais un Maugrey au visage blême déclara :

— Tu as bien dit Voldemort ?

— Je crois que nous devrions poursuivre cette conversation dans un endroit privé, mon bureau par exemple. Décida Dumbledore.

— Je ne vais pas aller en prison ? Pourtant, la dernière fois Lupin m’as dit (…) intervint Harry

— Le professeur Lupin. Et je te confirme que les peines encourues en cas de violation volontaire du code du secret magique peuvent aller jusqu’à la prison. Mais au vu des circonstances, je suis sûr que l’auror Maugrey ici présent, conclura qu’étant donné la présence d’un autre sorcier dans l’hôpital, il est impossible de prouver que tu es l’auteur du sort qui a déclenché la trace. N’est-ce pas mon ami ?

— Disons que j’envisage cette possibilité.

Puis le vieil homme les fit transplaner tous les 3 en lâchant par ‘erreur’ le bras de Tom Hunter. Tom Hunter se retrouva donc seul l’esprit bourré de question auquel il n’aurait pas de réponse avant de nombreuses années. Il monta à bord de sa voiture au réservoir qui était maintenant plein et fonça tout droit sans s’arrêter dans le but de se faire oublier pendant quelque temps.

Harry quant à lui dû raconter en détail ce qui s’était passé cette nuit-là. Ce fut pénible, mais en même temps ça le soulagea. Et il put poser les questions qui l’obsédaient depuis son réveil dans cet hôpital.

— Monsieur, pourquoi Quirrell ne pouvait-il pas le toucher sans se brûler ? Est-ce que Voldemort avait vraiment disparu ? Qu’est-ce que c’était que ce voile ?

— Calme-Toi Harry. Dit-il avec bienveillance. Une seule question à la fois. Pour commencer, je crois que ta tante t’a parlé du sort de protection issu du sacrifice de ta mère.

Harry hocha la tête.

— C’est lui qui m’a protégé ? C’est pour ça qu’il ne pouvait pas me toucher ?

— C’est l’hypothèse la plus plausible en effet. Ta mère t’a protégé.

— Ma mère n’a rien fait du tout. Elle est morte. Et c’est pétunia ma mère.

— L’un n’empêche pas l’autre. Malgré leurs différents Pétunia aimait Lily. C’est pour ça qu’elle a eu autant de mal à te faire une place dans son foyer. Mais ne crois pas que tu sois obligé de choisir entre tes deux parents. Je suis convaincu que Pétunia t’aime suffisamment pour accepter de te partager avec sa sœur. Et toi-même, je pense que tu as suffisamment d’amour pour deux mères.

Après quelques minutes de silence, Harry demanda :

— Et Voldemort. Est-ce qu’il va revenir ?

À ce moment-là, il sembla vieillir de 10 ans.

— Je crains que oui. Mais que cela ne rabaisse pas ta victoire. Tu l’as grandement affaibli. Plus que je ne le pensais possible. Cette nuit-là, tu as probablement sauvé des centaines de milliers de vie.

— Et j’en ai condamné une autre.

— Harry. Tu n’es pour rien dans les actes de Voldemort. C’est lui et lui seul qui a décidé de répandre la mort. Ah. J’entends au loin les pas de Pomfresh. Je pense qu’il est temps d’arrêter cette discussion. S’il te plaît, ne lui dis pas que j’ai différé ta visite à l’infirmerie pour que nous puissions avoir cette petite conversation. Même à mon âge certaines choses continuent de me faire peur. Les infirmières en colère en font parties.

Harry sourit au vieil homme à l’allure de grand-père. Évidement qu’il allait tout lui dire. Lui aussi, il avait peur des infirmières scolaires.

Tome 2 Harry Dursley et la chambre des secrets.

Quai 9 3/4

Le temps passa, le 1er septembre arriva et avec lui le début d’une nouvelle année scolaire à l’école de sorcellerie Poudlard.

Harry attendait depuis quelques heures d’un air chagriné sur le quai du Poudlard express en observant les familles qui venaient déposer leurs enfants. Ce qui rendait son air morose n’était pas l’ennui que cette activité aurait dû susciter chez un enfant de 12 ans, sportif de surcroît. La diversité et l’extravagance des familles présentes étaient bien assez distrayantes. Non ce qui le chagrinait, c’est que bien qu’il se refuse à l’admettre, sa famille lui manquait.

Comme nombre d’enfants présents sur le quai, c’était son premier départ pour Poudlard. Une nouvelle école dans un monde inconnu. Un monde que sa mère adoptive avait toujours décrit comme effrayant et dégoutant. Un monde qui, les rares fois où il avait dû interagir avec lui, n’avait fait que confirmer les avertissements de sa tante. Harry n’avait pas de mal à reconnaître que ça l’effrayait, mais au final, guère plus que sa rentrée à Smelting l’année dernière.

Par contre, il rejetait violemment la jalousie et l’envie de courir jusqu’au 4 Privet Drive qui le submergeait à chaque fois qu’il voyait une mère inquiète, enlacer son enfant. En deux mois, il avait eu le temps de faire son deuil et d’accepter la mort de Dudley (son frère adoptif). Mais il n’avait toujours pas trouvé le courage de faire face à ses parents adoptifs.

Malgré les nombreux avertissements, remontrances et punitions qu’il avait reçus (et qu’à l’époque, il avait trouvé injuste et exagéré), il avait exposé Dudley au danger du monde sorcier. Malgré les conseils d’Hagrid, Dumbledore, et même Lupin, il avait fait un caprice pour refuser d’aller dans la seule école du pays pour les anomalies telles que lui. La première fois qu’il avait entendu ses parents désigner les sorciers ainsi, intérieurement, il avait eu mal. Bien sûr, ils ne l’ont jamais traité ainsi et lui ont toujours affirmé qu’il l’aimait quand même. Que cela ne changeait rien et qu’il n’avait rien à voir avec les autres (comme ils aimaient à qualifier les sorciers). Ses paroles rassurantes lui avaient fait du bien sur le moment, mais au fil du temps, le doute était monté en lui.

Tout comme Dudley, il n’avait jamais adhéré au dégoût que la nouveauté inspirait à sa tante et à son oncle. Mais pour leur plaire, il avait tenté, sans succès, de rejeter sa nature.

Cependant, depuis sa rencontre avec Voldemort en juin dernier, il comprenait leur point de vue et était déterminé à ne plus leur imposer sa présence. Ils avaient déjà assez souffert à cause de lui. Et puis il était terrorisé à l’idée de devoir leur faire face et de lire le dégoût et le rejet dans leur regard. Heureusement, en échange de sa promesse de rejoindre Poudlard l’année prochaine, le directeur s’était arrangé pour qu’il passe les deux mois le séparant de la rentrée loin des Dursley (en précisant tout de même que l’année prochaine, il devrait retourner chez sa tante et son oncle). Harry avait été surpris que le directeur accepte cela, mais ne s’était pas posé davantage de question. Finalement peut-être que comme son apparence le laissait entendre, il était vraiment un papy-gâteau.

Voyant que l’heure du départ allait bientôt sonner, il rabattit sa cape sur son visage pour ne pas risquer qu’on le reconnaisse, saisit sa lourde malle et se dirigea vers l’entrée du train.

— HARRRRYYYY

Avant qu’il ne puisse comprendre ce qu’il se passait quelqu’un le saisit par le dos et le retourna. Il fit alors face au visage de pétunia Dursley baigné de larme qui le serrait contre elle de toutes ses forces.

Au bout d’un moment, elle le lâcha puis lui lança une violente gifle.

— Non mais qu’est ce qui t’as pris ? Disparaître comme ça, sans donner de nouvelle. On était mort d’inquiétude. Est-ce que tu vas bien ?

Puis elle renouvela sa tentative de l’étouffer.

Pendant ce temps-là, Verront arriva essoufflé derrière lui. Il avait passé la matinée à courir vers cette maudite gare depuis que Pétunia s’était persuadé, en lisant les titres sur la rentrée scolaire, qu’Harry se trouverait probablement à King-Cross aujourd’hui.

Harry remarqua qu’il avait beaucoup changé en deux mois. Il semblait avoir maigri de 10 kilos et des cernes ornaient ses yeux. Il posa sa main sur l’épaule de Harry et se retiet pour ne pas imiter sa femme. Pour lui, un homme ne devait pas se laisser aller à de tels élans, surtout en public. Harry par contre malgré ses efforts ne put se retenir de pleurer un peu.

— Vous n’êtes pas fâché pour ce qui est arrivé à Dudley ?

— Bien sûr que non. Déclara tout de suite Vernon.

Sa tante le lâcha et le regarda droit dans les yeux avant de poursuivre :

— Harry écoute-moi bien : tu n’y es pour rien. Si quelqu’un est fautif, c’est moi, si je t’avais fait confiance, on aurait compris que quelque chose n’allait pas quand Dudley a rapporté un objet magique à la maison. Et si je m’étais montré moins injuste c’est Dudley que j’aurais mis en garde.

— Mais c’est à cause de moi que Voldemort s’en est pris à nous.

— Ah bon ? Tu as fait quelque chose pour le provoquer ? Demanda-t-elle en notant l’ironie que ce soit elle qui lui pose ce genre de question. Mais c’était probablement à cause d’elle qu’il pensait ça.

Harry allait répliquer, mais elle l’interrompit immédiatement :

— Et je ne veux pas en entendre davantage. Sors-toi ça de la tête, c’est un ordre. De toute manière, ton train va bientôt partir. Dit-elle en lui faisant un bisou sur le front.

Sans un mot de plus, il monta dans le wagon le plus proche pendant que retentissait au loin une sirène pour presser les derniers retardataires à monter dans le train. La locomotive démarra quelques secondes plus tard. Il agita alors sa main en direction de ses parents adoptifs, le cœur remplit d’un immense soulagement.

Poudlard express

Très rapidement, Harry avait trouvé un wagon libre en queue du train et avait repris la lecture de ses livres scolaires. Normalement, il n’était ni rat de bibliothèque, ni un lèche-bottes de premier de la classe (Vernon en aurait fait une syncope si ça avait été le cas), mais il trouvait les livres de Lockhart passionnants. Il ne comprenait pas ce qu’ils faisaient parmi les livres scolaires que Hagrid lui avait ramenés du chemin de traverse, mais il les trouvait géniaux. Le héro imbu de lui-même et obsédé par son apparence décrit dans le livre était tout simplement hilarant. Et les exploits qu’il réalisait malgré son apparente stupidité étaient plus spectaculaires les uns que les autres.

Mais il fut distrait de sa lecture lorsqu’une jeune fille rousse toqua contre la vitre de son compartiment :

— Je peux m’assoir ici ? Il n’y a plus de place dans les autres wagons.

La première pensée qui vient à Harry est qu’elle était très jolie. Puis il réfléchit et bafouilla :

— Oui bien sûr, Com, humm humm, comment tu t’appelles ?

— Ginny Weasley et toi ?

Haï ! La question qui fâche se dit Harry. Il eut brièvement l’idée de mentir, mais il chassa vite cette idée. À un moment ou à un autre, tout le monde saura qu’il est Harry Potter. Il allait devoir apprendre à faire avec son encombrante célébrité.

— Harry Potter. Dit-il doucement

Elle se renfrogna.

— Pourquoi tu te moques de moi ? Je ne t’ai rien fait.

— Je ne me moque pas de toi. Je suis vraiment Harry Potter.

— Mais bien sûr. Et moi, je suis la réincarnation de Merlin. Tout le monde sait qu’Harry Potter ne va pas à Poudlard. Et puis en plus tu ne ressembles pas à Harry Potter.

— Ah bon ? Et il ressemble à quoi ? Fit Harry qui commençait à être amusé.

— Déjà, il est beaucoup plus beau, il est grand, toujours bien coiffé et avec un regard de braise. Tiens, ils ont fait un portrait de lui dans sorcière hebdo. Répondit Ginny en sortant de son sac un article découpé dans un journal intitulé « interview exclusive de Harry Potter ». L’article était illustré par la photo d’un homme bodybuildé de 15 ans qui exposait fièrement des abdos d’acier.

— Mais c’est tout moi ça.

Elle lui lança un regard sceptique.

— Bon d’accord, j’avoue, je ne suis pas Harry Potter. Je ne suis définitivement pas à la hauteur de la légende. Je m’excuse pour cette mauvaise blague. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris.

— C’était une blague de mauvais goût. Non, mais je rêve. T’as même été jusqu’à te faire une fausse cicatrice en forme d’éclair. Tu vas très bien t’entendre avec Fred et Georges. Ce sont mes frères. Ils adorent les blagues.

— Ils sont à Poudlard eux aussi, comment ça se fait que tu n’es pas avec eux ?

— Je n’ai pas envie d’être avec eux. Dès qu’ils ont eu le dos tourné, je me suis enfui. Depuis, enfin l’année dernière mon frère Ron est mort est depuis tout ma famille est hyper protectrice avec moi, c’est saoulant.

— Oh, je suis désolé pour ton frère.

— Merci.

Un silence s’installa dans le wagon. Puis Harry, repris :

— Moi aussi, j’ai perdu mon frère récemment. Enfin, c’était plutôt mon cousin, mais on a été élevé ensemble et je le considérais comme mon frère.

— Ce n’est pas encore une mauvaise blague ?

— Non, je te jure. Je ne ferais jamais de blague sur ce sujet-là.

Elle allait répondre, mais tout d’un coup, elle se cacha sous la banquette pendant qu’un rouquin avec un badge de préfet passait dans le couloir en regardant à l’intérieur de tous les wagons. Une fois partit, Harry lui fit signe de sortir.

— C’était qui ? Pourquoi tu te cachais ?

— C’était mon frère.

— Encore ! Mais t’en a combien ?

— 5

— Sérieux, mais ta mère fait un élevage

— Je te préviens ne te moque pas de ma famille. Et puis va retirer cette fausse cicatrice. Ça te donne l’air ridicule. En plus, elle est moche.

— Non, je vais la garder. Je trouve qu’elle me donne du style. Et puis je suis sûr que ça marchera avec quelqu’un d’autre. Je pourrais même réussir à convaincre un professeur qui sait.

— Bien sûr que non.

— On prend les paris ? Je te parie que j’arrive à faire croire à Albus Dumbledore en personne que je suis, Harry Potter. La défia Harry.

— Non mais t’es malade ? Tu n’as aucune chance.

— Qu’est-ce que tu risques dans ce cas ?

— D’accord. Si je gagne, tu devras faire tout ce que je veux pendant un mois. Répondit Ginny.

— Pari tenu. Et si je gagne, tu devras me faire un bisou. Lança Harry en tendant la main vers elle

— Pari tenu. Répondit-elle en la lui serrant.

— Tu me passes l’article ? Il faut que je me renseigne pour rentrer dans le personnage. Demanda Harry

Avec un air sceptique, elle lui tendit l’article. Il commença à le lire en se retenant de pouffer de rire à intervalle régulier.

— Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?

— Je viens d’apprendre que je ne suis plus puceau et que je vais lancer ma propre marque de string.

Et sans plus d’explication, il éclata de rire devant l’air consterné de Ginny, qui commençait à se demander si elle ne devrait pas chercher un autre wagon plutôt que de rester avec un garçon visiblement dérangé. Mais ses pensées furent interrompues par l’arrivée dans le compartiment d’une fille de première année visiblement en colère qui s’assit sans un mot sur la banquette à côté de Ginny, suivit par un garçon plus calme qui s’assit avec timidité à côté de Harry

— Hé faut pas te gêner ? Tu pourrais demander avant de taper l’incruste ? L’admonesta Ginny

— Pourquoi le compartiment t’appartient ? Répondit l’effronté.

— Jenny calme-toi. On est désolé. Des Serpentard nous ont dégagées de notre wagon et les autres ne voulaient pas que l’on reste avec eux. On peut rester ici ? S’excusa son compagnon plus calme.

— Oui bien sûr. Je m’appelle Ginny Weasley et vous. Répondit Ginny qui n’était finalement pas mécontente de ne plus être seul avec ce garçon étrange. De plus, son éducation l’avait conditionné à se sentir immédiatement solidaire de tout ennemi des Serpentard.

— Moi, c’est Lucas Cross et elle, c’est Jenny.

— Jenny Nott. Compléta immédiatement la petite fille. Ça vous pose un problème à vous aussi ?

— Jenny ! Réagis Lucas

— Nott comme le mangemort ? S’exclama Ginny horrifiée.

— C’est bon le grand Harry Potter te protégera du terrible danger en culotte courte.

— T’es avec eux, c’est ça ? J’aurais dû m’en douter. C’est pour ça que tu te moques d’Harry Potter. Mais ne vous inquiétez pas, je vous laisse entre futur Serpentard.

Puis elle partit du wagon comme une furie.

— Heu c’est quoi un mangemort ? Demanda Lucas

— Je ne sais pas, mais on dirait que la rouquine ne les aime pas beaucoup. Ce sont sans doute des gens très sympathiques. Répondit Harry

— Les mangemort sont les serviteurs de Vous-savez-qui. Déclara Jenny

— Oh ! Pas si sympathique que ça. Et du coup, j’imagine qu’un des Nott était, un mangemort. Demanda Harry

— Mon oncle était l’un des mangemort les plus cruels. La plupart des sorciers connaissent une personne qui a été tuée ou torturée par lui.

— Je suis sûr que malgré tout, il avait bon fond. Proposa Harry à moitié pour plaisanter et à moitié pour ne pas la vexer.

— Il a torturé mon père jusqu’à ce qu’il meure parce qu’il était un moldu, puis a laissé ma mère en vie en disant qu’il reviendrait lorsque je serais née pour qu’il puisse me faire subir le même sort devant ses yeux.

— Je suis sûr qu’il a eu une enfance difficile.

— Il est né dans une des familles les plus riche et puissantes d’Angleterre. Répliqua Jenny.

— Il a dû être puni sévèrement. Tenta encore Harry.

— Après la guerre, il s’en est sorti sans encombre en payant des pots-de-vin. Expliqua-t-elle.

— Non, mais tu ne vois pas que j’essaye de te remonter le moral ? Aide-moi un peu !

La fille se détendit et répondit :

— Il est très moche.

— Eh bien, tu vois quand tu veux. T’as une photo qu’on puisse se foutre de sa gueule ?

— Tiens ma mère m’en a donné une pour que je sois sur mes gardes si je le croise.

— Mais tu rigoles, il est ultra canon. Si j’étais gay et que j’étais un psychopathe multirécidiviste, je sortirai avec lui. Quel dommage que je ne sois pas gay.

— Sinon ça vous dirait de faire au moins semblant que j’existe ?

— Au pardon. Alors c’est quoi ton histoire tragique à toi ? Moi Voldemort a tué mes parents lorsque j’étais tout petit.

— Heu. Je suis né-moldu et j’ai grandi dans une famille aimante dans l’ignorance totale de la guerre. J’ai découvert il y a deux mois que j’étais un sorcier et que ma meilleure amie Jenny aussi.

— Non, mais tu ne fais aucun effort pour t’intégrer au monde sorcier aussi. Dit Harry.

— Ne réponds pas Lucas. On t’accepte quand même. Intervint Jenny

— Ah non pas d’accord, il faut au moins. Hiiii ! C’est quoi ça. Cria Harry d’une voix très peu masculine.

— C’est un rat. Ce doit être un animal domestique, il a un collier. Oh, il est trop chou. Regarde, il vient vers toi. Répondit Lucas

— Éloigne-le, c’est dégoûtant.

— T’as peur des rats ? Demanda Lucas

— Non. Mais éloigne-le. Répondit Harry avec une mauvaise foi évidente

— Alors c’est qui, qui ne fait pas d’effort pour s’habituer aux sorciers ? Raya Lucas

— C’est moi, mais éloigne-le vite. Répondit précipitamment Harry.

— Allez, viens mon chéri. On va retrouver ton propriétaire. Croutard, c’est ça ? Dit Lucas en lisant le nom inscrit sur son collier.

Après le départ de Lucas, Harry se détendit et Jenny lui demanda :

— Au fait, c’est quoi ton nom ?

— Harry Potter

— Non mais c’est une question sérieuse.

— Et c’était une réponse sérieuse.

— Vraiment ?

— Vraiment.

— Vraiment ? Vraiment ?

— Vraiment Vraiment Vraiment Vraiment puissance l’infini.

— Alors tu as, tu as une cicatrice ?

Harry remonta sa frange pour que sa cicatrice apparaisse clairement.

— Ouah trop délire.

Une fois Lucas de retour après avoir rendu son rat à Ginny, ils passèrent le reste de la journée à rigoler tous les 3 dans le wagon et à manger la tonne de friandise qu’Harry acheta lorsque la sorcière à chariot passa prés de leur compartiment. Ils montèrent ensemble dans la barque les emmenant à Poudlard et tout en s’émerveillant devant la vision qui s’offrait devant leurs yeux, ils finirent de nouer une solide amitié.

Répartition

— Harry Potter. Tonna la voie de McGonagall après que James Peterson eut été réparti à Serdaigle par le Choixpeau.

Aussitôt, toutes les conversations se turent et un silence de plomb s’empara de tout le château, Harry déglutit et ne sut plus quoi faire devant la soudaine attention dont il était l’objet. Heureusement, il reprit ses esprits lorsque son ami Lucas le poussa dans le dos. Il remarqua alors le regard stupéfait de Ginny Weasley et son trac fut remplacé par une furieuse envie de rire.

Maintenant, qu’il parvenait à ignorer la réaction de la foule, Il se dirigea donc vers le Choixpeau en étant décontracté. En effet à titre personnel, il se fichait bien de savoir dans quelle maison, il allait être. À la rigueur, depuis que Jenny Nott avait été envoyée à Serpentard, il espérait que lui et Lucas y seraient également envoyés. Après tout Lupin avait souvent dit qu’il ferait un bon Serpentard.

Une fois assis sur le tabouret devant la table des professeures, McGonagall posa le Choixpeau sur sa tête

— Hum ! Oui très intéressant. Serpentard Hein ? Tu possèdes effectivement beaucoup de qualité appréciée par Salazar, mais tu disposes de trop peu d’ambition pour cette maison. Non, ta plus grande qualité est la loyauté que tu voues à tes proches, pour toi, il vaut mieux : POUFSOUFFLE

Harry retira le Choixpeau et se dirigea vers la table des blaireaux qui l’accueillit avec des sifflements et des applaudissements. Des élèves se poussèrent pour lui faire une place au centre de la table. Dès qu’il fut assis, son voisin lui demanda :

— Tu es le vrai Harry Potter ?

Premier Jour

Le lendemain matin, c’est un Cédric Diggory fatigué qui monta l’escalier qui reliait la salle commune des Poufsouffle à la grande salle. Après avoir guidé les premières années dans leur dortoir, il avait passé une bonne partie de sa première nuit en tant que préfet a profité avec sa petite amie du moment dans la salle de bain des préfets (ils ont 15 ans et ils n’ont fait que s’embrasser, alors arrêtez tout de suite de fantasmer, espèces de dégueulasses).

Ou plutôt du jacuzzi de la taille d’une piscine olympique des préfets. Même maintenant, il n’arrivait pas à croire que cette pièce existait et qu’elle n’était réservée qu’aux 36 préfets et aux 4 capitaines des équipes Quidditch. Il eut une pensée émue pour ses collègues de dortoir qui devrait se contenter pour encore 3 ans des douches collectives de la salle commune des Poufsouffle et du manque d’eau chaude pour les derniers à se laver le matin.

Bref, Cédric était fatigué et espérait que cette première journée serait tranquille. Mais quand il croisa un groupe de premières années qui attirait toute l’attention, il comprit que ce ne serait pas le cas. Un groupe de Poufsouffle se tenait rouge de honte à bonne distance d’un Harry Potter qui marchait fièrement vers la grande salle, en arborant une pancarte avec écrit :

« Oui, j’ai une cicatrice.

Non, vous ne pouvez pas la voir.

Par contre, si vous voulez, je peux vous montrer ma grosse b*** »

Il réprima un sourire, prit son air le plus autoritaire et se dirigea vers le gamin pour lui dire d’arrêter ses conneries, mais il fut devancé par les jumeaux Weasley qui lui demandèrent bruyamment de passer aux actes. Devant le regard horrifié de Cédric, il descendit sa main vers la ceinture de son pantalon avant de brutalement bifurquer vers sa poche et de sortir sa baguette en déclarant :

— 27 centimètres les gars, je parie que vous n’en avez jamais vu d’aussi grosse (Je sais depuis la sortie d’Hogwarts Legacy tous les steamers du monde ont fait cette blague au moins une fois, mais il n’y a pas de raison que je sois le seul à ne pas pouvoir la faire. Et puis j’ai eu l’idée en premier d’abord)

oOoOoOo

C’est un Harry Potter maussade qui rentra finalement dans la grande salle. Après qu’un préfet de sa maison lui ait confisqué sa pancarte de force, il dut faire face comme la veille à de multiples demandes. Et même ceux qui avaient plus de retenue ne pouvait s’empêcher de montrer du doigt sa cicatrice en murmurant. Il aimait être populaire, mais là, c’était beaucoup trop. Il espérait sincèrement que les choses allaient se calmer avec le temps. Dès qu’il fut assis à la table des Poufsouffle, son ami, Lucas quitta la table des Gryffondor et lui sauta dessus lui pour lui dire tout excité :

— Alors t’as eu ton emploi du temps ? On commence par un cours de botanique ensemble. J’ai trop hâte d’y être. Notre premier cours de magie

— Pas moi. La botanique, c’est juste du jardinage avec des plantes qui veulent te tuer. Et je déteste le jardinage.

— Tu es encore moins agréable que Jenny le matin. D’ailleurs où elle est ? Je devrais peut-être aller voir ce qu’elle fait. Elle a toujours du mal à se réveiller le matin.

Un Poufsouffle plus âgé les mit en garde :

— Si j’étais toi, j’oublierais vite cette idée. Les Gryffondors ne sont pas vraiment les bienvenus dans la salle commune des Serpentard. D’ailleurs, tu devrais retourner à la table de Gryffondor.

— Oh, ça va, ce n’est pas parce que l’on n'est pas dans la même maison que l’on ne peut pas manger ensemble. Répondit Harry.

— C’est la tradition. Et puis vous n’êtes même pas de la même année.

— Ben si on est de la même année. Contra Harry

— Ben non lui, c’est un première-année. Je l’ai vu lors de sa cérémonie de répartition. Expliqua le Poufsouffle

— Moi aussi, je suis en première année. Répondit Harry

— Attends, mais t’as quel âge, en fait ? Minute, si tu n’étais pas là l’année dernière, c’est juste parce que les journalistes se sont trompés d’un an sur ton âge ?

Tout le monde se mit à les écouter en espérant enfin savoir ou le survivant avait disparu pendant un an.

— Non. En fait cet été McGonagall m’a fait passer des tests et je n’ai pas le niveau pour passer en deuxième année alors je redouble.

Un élève de deuxième année s’exclama :

— sérieux ?! Mais tu es Harry Potter ! Même Crabe et Goyle n’ont pas redoublé l’année dernière. Tu ne peux pas être aussi nul ?

Avant que Harry ne pût répondre Jenny Nott s’assit à côté de Lucas en le saluant chaleureusement

— Ah non, les Gryffondor passent encore, mais pas les Serpentard. S’exclama immédiatement le Poufsouffle.

— Enchanté. Moi, c’est jenny, je suis ravie de te connaître moi aussi. Ironisa-t-elle en lui tendant la main.

— Cédric ! Dis-lui de dégager. Cria le Poufsouffle en retour.

— Qu’est-ce qu’il y a encore les bébés blaireau ? Vous savez qu’il y a d’autres préfets à Poufsouffle ?

— Dis-lui de retourner à sa table ! Répondit un jeune Poufsouffle en ignorant ses récriminations.

— Pourquoi ?

— Ben, elle est de Serpentard. Elle doit manger avec les Serpentard.

— C’est mon ami et elle mange avec moi si je veux. Dit Harry

— Houlà du calme les blaireautins. À part lors des événements spéciaux comme le banquet de début d’année, je ne crois pas que l’on soit obligé de manger à la table de sa maison. À moins qu’elle vous embête, je ne peux pas l’obliger à partir.

— Cheh ! Je peux rester. Na-na-na-nére ! Dit jenny en commençant une petite danse pour le narguer

— J’ai précisé ‘A moins qu’elle vous embête’, alors calmos sur le venin, la vipère. Par contre, tu devrais suivre son conseil et manger à ta table. C’est important de tisser des liens avec les membres de sa maison. Surtout les premiers jours. Et puis Snape va bientôt distribuer vos emplois du temps et je doute qu’il apprécie de devoir te chercher dans toute la salle.

— Je n’ai pas envie. Répondit-elle avec une petite moue.

— Comme tu veux. Déclara-t-il avec indifférence avant d’aller rejoindre ses amis.

— Ça se passe bien à Serpentard ? Demanda Lucas une fois qu’il fut parti.

— Oui très bien et toi comment ça se passe à Gryffondor ?

— Dans ce cas, pourquoi tu ne veux pas manger avec eux ? Demanda Lucas en ignorant la question de son ami.

— Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ? Et puis toi non plus tu n’es pas avec les Gryffondors ?

— Sérieusement Jenny, tu n’as pas de problème avec ton cousin ?

— Non, il m’ignore. En fait, il ignore tout le monde. C’est une sorte de zombie solitaire. En plus, il n’est pas dans la même année que moi.

— C’est quoi le problème avec ton cousin ? Demanda Harry

— C’est le fils du frère de ma mère.

— Oh, tu veux dire le mangemort. Celui qui a…? Enfin, tu sais quoi ?

— Oui celui-là. Et il y a gros à parier qu’il va suivre les traces de son père.

— Tu devrais peut-être lui laisser une chance. Répondit Harry pour qui les liens familiaux étaient très importants

— Ma mère m’a dit de l’éviter à tout prix. Même si par miracle son père n’en a pas fait un parfait apprenti sadique, elle ne veut pas risquer que le père apprenne notre nouvelle adresse et essaye de finir ce qu’il a commencé. En fait, elle ne voulait même pas que j’aille à Poudlard au début. Elle voulait qu’on reste caché dans le monde moldu et qu’on les laisse nous oublier.

Lucas enchaîna :

— Tu n’es pas la seule dans ce cas. Quand j’ai dit que j’étais ami avec toi, le quart des élèves de Gryffondor m’ont sorti des histoires affreuses. On dirait que la moitié des parents des Serpentard ont tué ou torturé la moitié des parents des Gryffondor. Tu vois le gominé là-bas ?

— Oui, il s’appelle Draco Malfoy et c’est un sale con. Répondit Jenny avec hargne

— Son père a tué la mère d’un membre de mon dortoir, pendant que sa tante torturait son père. Du coup, il déteste les Serpentard et pour lui, c’est presque un crime de leur parler. Ce n’est pas juste une histoire de maison en fait.

Après cette déclaration morose, la conversation embraya sur des sujets plus joyeux. Au moment de se séparer de Jenny pour aller à leur premier cours commun de botanique Gryffondor-Poufsouffle. Ginny les apostropha.

— Harry, je peux te parler ?

— C’est vrai, j’avais oublié. Tu me dois un bisou. Le bisou ! Le bisou ! Le bisou !

Commença-t-il à chantonner

— Harry, je suis désolé de ne pas t’avoir cru. J’ai vraiment été idiote. Déclara Ginny avec sérieux

— Le bisou ! Le bisou ! Le bisou !

— Je ne te donnerais pas de bisou, alors arrête avec ça. Dit Ginny avec agacement

— Oh pourquoi tant de haine. Fit Harry en faisant semblant de pleurer. Jenny, ma jenny rassure-moi je suis toujours le plus beau ?

— Mais oui mon crapaud. C’est elle qui n’a aucun goût.

— Toi la future mangemort, je ne te parle pas.

Sous ce coup auquel elle ne s’attendait pas, Jenny resta sonnée.

— Ce n’est pas une future mangemort ! S’énerva Harry.

— Ouais ! Retire ça tout de suite ! Appuya Lucas

— Je ne m’excuserai pas. C’est vrai ce que je dis.

— Mais va te faire cuire un œuf espèce de grognasse. Répondit Jenny en avançant vers Ginny prêt à lui mettre une claque, mais elle fut stoppée par Cédric qui se rendait en cours avec ses amis

— Encore vous ! Aller tout de suite en cours et la prochaine fois que je vous retrouve à faire du grabuge, je vous mets une retenue à tous les 3.

— Ce n’est pas nous, c’est elle qui a(...)

Mais Cédric les interrompit brutalement :

— Je ne veux pas le savoir. La prochaine fois assurez-vous que je ne sois pas dans les parages avant de foutre le bordel. C’est compris ? Maintenant, dégagez.

Une fois le préfet et Ginny partie, Jenny se tourna vers ses deux amis et dit :

— Et vous les garçons, c’est gentil, mais je peux me défendre tout seul. Puis elle partit vers son premier cours.

Une fois seul Harry dit à Lucas

— C’est un tigre quand elle est en colère.

— Tu n’as pas idée. Je crois que cette Ginny vient de se faire une ennemie à vie.

Une fois arrivé à l’entrée des serres, un flash aveugla Harry puis une boule d’énergie lui dit :

— Salut Harry, moi, c’est Colin Crivey, c’est super ici. Tu veux bien me dédicacer ma photo ?

Harry aimait bien Lucas, mais il commençait à en avoir marre des Gryffondors.

Premier cours de potion

Trois jours plus tard au petit-déjeuner

— Ça va, Harry ? Tu as une mine affreuse. Demanda Jenny

— Mgrahupod. Marmonna le bol de chocolat chaud dans lequel Harry avait plongé sa tête

— Qu’est-ce que tu dis ?

Harry releva la tête de son bol de chocolat chaud.

— Comment tu peux savoir si j’ai une mine affreuse, sans voir ma tête ?

— Je suis une sorcière, tu te souviens ? Répondit mystérieusement Jenny qui s’était comme chaque matin installé à la table des Poufsouffle.

— Il fait des cauchemars tous les soirs et il se réveille en hurlant. C’est pour ça qu’il a la tête dans le cul. Interviens un Poufsouffle de première année nommée Peter.

— Hein, c’est n’importe quoi. S’offusqua Harry en rougissant.

— Si c’est vrai ! Même qu’on a demandé au préfet de lancer un sort de silence sur son lit, pour pouvoir dormir. N’est-ce pas Cédric ?

Le préfet Cédric Diggory qui était assis avec ses amis à l’autre bout de la table vient les rejoindre et confirma.

— Oui et d’ailleurs, j’en ai parlé au professeur Chourave. Elle dit que tu devrais parler de tes rêves à quelqu’un. Ou au moins demander une potion de sommeil sans rêves à l’infirmerie.

— Ah, mais ça suffit : je vais bien. Laissez-moi tranquille. On a quoi aujourd’hui ?

— On a notre première cour de potion en commun avec les Serdaigle. Il est comment le prof ? Demanda le Poufsouffle de première année, conscient qu’il était inutile d’insister davantage.

— Tu vois le troll qui a tué trois élèves l’année dernière ? Il était beaucoup plus gentil que Snape. Bon courage les premières années. Et les redoublants. Ajouta Diggory en direction de Harry qui lui tira la langue en réponse.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard :

— POTTER !

Harry se réveilla en sursaut, lorsque le professeur de potion hurla son nom en tapant violemment sur son bureau. Il était arrivé en avance et s’était assoupi.

— Peut-être daignerez-vous enfin répondre à ma question : qu’elle est la différence entre le napel et le tue-loup ? Lui lança Snape en le fixant d’un regard haineux.

— Hein heu quoi ?

— Seriez-vous sourd ? Ou êtes-vous simplement trop stupide pour comprendre une simple question ?

— Non monsieur.

— Alors pourriez-vous m’expliquer la raison pour laquelle vous ne m’avez pas répondu ?

— Je dormais Monsieur.

— Vous dormiez. Oh, excusez-moi de vous avoir dérangé. Où avais-je la tête de vouloir imposer au grand Harry Potter les basses obligations auxquelles est soumis le petit peuple ? Tout comme votre père, vous vous croyez au-dessus des règles.

Snape continua à monologuer ainsi pendant quelques minutes durant lesquelles Harry fit tout pour rester concentré. Mais il était tellement fatigué. Sans que personne ne le remarque, il piqua doucement du nez jusqu’à ce qu’une révélation se fît jour dans son esprit et qu’il s’exclame à haute voix :

— Mais c’est vous Servilus !

Un silence de mort envahit la salle. Harry regarda le visage de son professeur. Immédiatement, une dose d’adrénaline pulsa dans ses veines et fit disparaître toute sensation de fatigue dans le corps d’Harry. Son instinct de survie avait parlé : il était en danger de mort et il devait fuir.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard :

— Potter est ce que tu peux m’expliquer pourquoi notre nombre de points est négatif ? L’apostropha Cédric Diggory dès son arrivée dans la grande salle.

Avant qu’il ne puisse répondre, les jumeaux Weasley intervinrent dans la conversation.

— Voyons Cédric, un magicien ne révèle jamais ses secrets. N’est-ce pas George ?

— Tout à fait Fred. Il serait dangereux de mettre un tel savoir entre toutes les mains.

— N’essayez pas de corrompre nos premières années les jumeaux. Répondit Cédric avec un sourire.

— Nous, corrompre la jeunesse ?! Quelle accusation indigne !

— Et sans preuve en plus. Nous avons un alibi en béton. Nous jetions des bombabouses dans le couloir du troisième étage au moment des faits.

— Ah, c’est ça qui pue ! S’exclama Cédric.

— Encore un homme de peu de goût. Répliqua Fred

— Vous ne nous laisserez pas tranquilles tant que vous n’aurez pas ce que vous voulez ? Poursuivis Cédric.

— Non. Répondirent les jumeaux de manière synchronisée.

— Vous savez que cette année, je suis préfet ?

— Non, nous ne savions pas. Toutes nos condoléances.

— Bon, qu’est-ce que vous voulez ?

Pour toute réponse, les jumeaux déclamèrent avec toute la solennité dont ils étaient capables le texte suivant :

— Juste présenter nos hommages à l’élu du chaos

— Nous savons reconnaître un maître lorsque nous en voyons un.

— Réussir l’exploit de faire perdre son sang-froid à Snape

— Durant son premier cours qui plus est.

— Sache que nous plaçons beaucoup d’espoir en toi.

— De quoi !? s’exclama Harry en voyant ses jumeaux bizarres s’incliner devant lui.

— Et modeste en plus. Lancèrent les deux farceurs avant de retourner à leur table.

Une fois, les jumeaux partis, Cédric se retourna vers Potter et lui murmura :

— Je crois que ça veut dire qu’ils t’aiment bien.

— Hein !?

— Bref. Ce soir, tu prends cette potion de sommeil sans rêves. Et inutile de protester.

— D’accord.

Puis Cédric s’éloigna et lui hurla :

— Et je t’ai pris un rendez-vous avec Chourave à 20 heures. Je te laisse expliquer à Snape que tu ne pourras pas être à l’heure pour ta première retenue avec lui.

— Salaud !

Premier cours avec Gilderoy

Harry était tranquillement en train de manger à la table des Poufsouffle lorsqu’une tornade avec un uniforme de Serpentard s’assit à côté de lui. Puis elle remplit son assiette de pomme de terre avant de commencer à les écraser avec rage.

— Tu sais, je crois qu’elles ont leur compte. Dit Harry.

— De quoi ? Rétorqua Jenny en continuant à marteler ses pauvres victimes.

— Tu t’es encore disputé avec Ginny, c’est ça ?

— Non. Enfin si. Mais elle ne m’a pas énervé. Enfin si. Mais oh arrête de sourire comme un idiot.

— Hé. Pourquoi moi ? Lucas aussi se fout de ta gueule. En pointant le Gryffondor qui les avait rejoints peu après Jenny

— Oui, mais lui, il me laisse me servir dans son assiette, alors ça va.

— Je ne te laisse pas me servir, j’ai juste jamais réussi à t’en empêcher.

— Vous avez qu’il y a plein de salle de classe vide.

— On est juste amis. Répondit Lucas en rougissant jusqu’aux oreilles

— Bref, qu’est-ce qui t’a énervé. Demanda Harry.

— Rien, je ne suis pas énervé. Répondit Jenny

— C’est le cours de Lockhart qui l’a énervé. Répondit Lucas.

— Peuh ! Il ne m’a pas énervé. Je n’en ai rien à faire des remarques de ce prof débile.

— Vraiment, vous avez eu votre premier cours avec Lockhart. Comment c’était ? Demanda Harry avec des étoiles plein les yeux.

— C’est le pire prof que je n’ai jamais eu et pourtant, la moitié des filles de la classe sont en extase. Si tu avais vu comment Ginny se tortillait devant lui.

— Quoi Ginny me fait des infidélités ? Elle n’a pas le droit d’adorer quelqu’un d’autre que moi. Je suis le grand Harry Potter voyons.

Cela fit pouffer de rire Jenny qui en oublia temporairement sa rage.

— Franchement, vous devriez essayer de faire la paix avec elle tous les deux. Je vous assure qu’elle peut vraiment être sympa. Répondit Lucas.

— Oh mon Dieu Lucas pas toi. Hurla Harry

— Ils l’ont eu. Ils l’ont eu. Cria frénétiquement Jenny devant un Lucas de plus en plus dépité par la réaction de ses deux amis.

— Que Ginny me fasse des infidélités passe encore, mais comment oses-tu tromper Jenny. Renchéris Harry

— On n’est pas amoureux ! Hurlèrent de manière synchronisée Lucas et Jenny qui se regardèrent en rougissant

Après un silence gênant de quelques secondes Harry repris :

— Si vous me disiez plutôt comment était le cours de Lockhart ? Ça devait être trop bien. Ce type est une légende. Non, attendez ne me dites rien. Je veux tout découvrir par moi-même.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard :

— Bienvenue mes jeunes amis. Je suis Gilderoy Lockhart, aventurier émérite, auteur à succès et lauréat du concours du meilleur sourire de sorcière hebdos. Mais ce n’est pas avec mon sourire que j’ai désarmé la succube qui terrorisait ce village en Lituanie.

Déclara-t-il en faisant un sourire ravageur qui fit pousser des petits cris d’extase à toutes les filles de la classe (et des soupirs d’exaspération chez la plupart des autres garçons).

Content de son effet sur son jeune public, il enchaîna :

— Cette année, j’aurai l’insigne honneur d’être votre professeur de défense contre les forces du mal. Tout d’abord, je vais tester votre niveau et voir ce que vous avez retenu de la lecture de mes livres. Veuillez remplir ce questionnaire.

Il leva sa baguette et aussitôt, les questionnaires sur son bureau volèrent vers chacun des élevés qui passèrent les vingt minutes suivantes à les remplir. Puis il les ramassa et commença à les lire :

— Hum. Bien ! Vous semblez tous avoir un niveau satisfaisant. Il y a quand même quelques réponses étonnantes. Mademoiselle Luna par exemple a fait un effort, mais elle semble être très en retard. Vous devriez relire plus attentivement mes livres. Si vous vous voulez pour seulement 50 galions, je peux demander à mon éditeur de vous envoyer la version augmentée de mes dernières interviews dans sorcier-hebdo. Vous saurez ainsi que mon parfum favori n’est pas trompette de licorne, mais lavande. Et que la créature que j’ai vaincue en Transylvanie n’était pas une nargol, mais une goule.

— Oh, oh ! Mais voilà une copie parfaite. Nous avons un expert en défense contre les forces du mal dans cette salle. Voyons, mais évidemment, il s’agit d’Harry Potter. J’aurais dû m’en douter. Vous avez beaucoup de potentiel mon garçon et avec quelques conseils de ma part, vous pourrez peut-être devenir aussi célèbre que moi.

— Ce serait un honneur monsieur. Dit Harry en se tortillant sur sa chaise comme la groupie ultime

— Oh allez ! J’espère que nos camarades ne m’en voudront pas, mais pour vous récompenser de vos résultats si parfaits, je vais un peu dévier de mon cours originel. Aujourd’hui nous verrons comment repousser en douceur les demandes trop insistantes de ses fans.

oOoOoOo

Ce soir-là, Jenny et Lucas lui demandèrent :

— Alors comment s'est passé ton premier cours avec Lockhart ? Pas trop déçus ?

— Déçus ? Au contraire, c’était génial, il est exactement comme dans les livres. Comment il fait pour jouer aussi bien la comédie ? C’est vraiment un génie.

— Non mais arrête, il est totalement incompétent.

— Mais non, c’est le meilleur cours que j’ai eu.

— Je sais que t’es fan de ses livres, mais il faut que tu ouvres les yeux. Ses cours sont totalement inutiles. C’est un bouffon.

— Vous rigolez ? C’est la première fois que j’ai un cours dont je vois l’utilité à Poudlard. Franchement comment pouvez-vous lui reprocher que ses cours sont inutiles, alors que l’on vient de passer deux heures à essayer de métamorphoser une cuillère en épingle à nourrice.

— Oui, bon d’accord, je n'en vois pas l’intérêt, mais au moins, c’est de la magie.

— Et la botanique, et les potions, et l’astronomie ? On ne fait pas de magie non plus et pourtant, ça ne vous gêne pas ?

— Oui bon d’accord, mais on y apprend des choses.

— Oui, mais des choses inutiles. Une fois sorti de Poudlard, je ne vois pas pourquoi je voudrais connaître la position de mars dans le ciel. Et il est hors de question que je touche de nouveau à des plantes toxiques. Par contre savoir comment gérer les gens dangereux pour que ça ne finisse pas en affrontement, ça peut être utile à tout le monde. Surtout dans le contexte de tension du monde sorcier.

— Quoi, mais on n’apprend pas ça dans ses cours.

— C’est parce que vous n’êtes pas attentif. Il y a un deuxième niveau de lecture dans ses cours. C’est comme dans ses livres. Il fait semblant d’être un bouffon imbu de lui-même, mais en fait il est super badass. Et puis réfléchissez ? On est dans la meilleure école de magie du pays, dirigé par le sorcier le plus intelligent de notre génération et défense contre les forces du mal est un des cours les plus important. Vous pensez vraiment qu’un incompétent serait embauché pour ce poste ?

Lucas et jenny ne savait plus quoi répondre, mais ne semblait pas convaincu alors Harry rajouta :

— Et puis je peux vous assurer que le seul cours de défense contre les forces du mal que j’ai eu l’année dernière était bien pire. Le prof m’a foutu devant une créature que l’on voit normalement qu’en troisième année et m’a laissé me débrouiller. Lui au moins n’a pas lâché des créatures dangereuses dans sa classe.

— Il y a une deuxième année de Gryffondor qui m’a dit que dans sa première classe, il a libéré une cage remplie de lutin.

— Sans vouloir te vexer Lucas, je ne fais pas confiance aux Gryffondor. Et les deuxièmes années de Poufsouffle m’ont dit qu’ils ont juste reconstitué certaine scène de ses livres en mode pièce de théâtre.

Retenue avec Rusard

— De mon temps, on vous aurait pendu par les doigts de pied. Bougonna Rusard une énième fois

Harry, qui commençait à être habitué aux remontrances du concierge, n'y fit pas attention et continua à le suivre.

C’était la dixième fois qu’il était en retenue avec le concierge depuis l’indicent avec Snape. Il avait bien tenté de s’excuser, mais il n’avait rien voulu entendre. Cela eut même l’effet inverse. Snape lui a reproché d’essayer de l’amadouer pour obtenir un traitement de faveur. En désespoir de cause, il avait essayé de lui dire en privé lors d’une retenue qu’il n’approuvait pas le comportement d’idiot de son père ou de pouffe superficielle de sa mère. Mais en entendant ses derniers mots, il était rentré dans une rage folle et avait été encore plus détestable avec lui dans les cours suivants (à la grande surprise d’Harry c’était possible). Depuis il ne disait plus rien en sa présence et essayait de se faire oublier. Mais ça non plus, ça ne fonctionnait pas.

À plusieurs reprises, il avait été au bord des larmes dans son cours. Devant les autres, il faisait le fier, mais les cours de Snape étaient devenus sa hantise. À chaque fois qu’il devait avoir ses classes avec Snape, il stressait toute la journée et avait même du mal à manger le repas juste avant.

Maintenant, il était partagé entre le fait de maudire son père, car c’était de sa faute si Snape se vengeait sur lui ou d'approuver son père de s’en être pris à un être aussi détestable. Merde il n’y était pour rien lui, si son père était un con !

En fait, il envisageait sérieusement d’arrêter de se rendre en cours de potion. Après tout qu’est-ce qu’il pourrait lui faire ?

Lui donner des retenues ? Vu le nombre de retenue que Snape lui donnait déjà, il en aurait probablement moins en séchant. À chaque fois qu’il faisait une erreur (et il en faisait régulièrement vu comment il était stressé), Snape l’accusait de l’avoir fait exprès pour attirer l’attention sur lui et lui en donnait une.

Prévenir ses parents ? Si Pétunia savait, ce serait Snape qui se ferait engueuler pas lui. Et ce n’est pas Vernon qui allait lui reprocher de ne pas apprendre la magie. Au contraire, il serait sans doute ravi de l’initiative et proposerait qu’à la place, il prenne des cours de comptabilité (ou autre matière sérieuse) par correspondance.

Le renvoyer ? Après tout le mal que Dumbledore s’était donné pour qu’il aille à Poudlard, ça l’étonnerai que le vieux directeur ose faire cela.

Ne pas lui donner son diplôme ? Et alors ? Il avait assez d’argent pour vivre sans travailler pendant plusieurs vies.

Mais le concierge interrompit ses pensées en lui tendant un balai, un seau et un chiffon.

— Ce soir, tu nettoieras la salle des trophées. Ça te passera peut-être l’envie d’être insolent. Et interdiction d’utiliser la magie. Je travaillerai juste à côté et je le verrai si tu essayes de tricher.

Dit le concierge en commençant à nettoyer le couloir adjacent à la salle des trophées que les jumeaux Weasley avaient recouvert de bombabouse de leurs crues trois semaines plus tôt.

Ces bombabouses avaient la particularité de réapparaître une demi-heure après que le concierge les eu nettoyées. Il avait fallu une semaine au concierge pour se rendre compte du problème, une autre semaine pour convaincre un professeur de régler le problème et encore une autre pour qu’il réussisse à briser le maléfice.

Même s’il les trouvait bizarres, il aimait bien les Weasley. Mais maintenant qu’il savait à quel point cela pouvait être pénible de faire le ménage, il trouvait cette blague cruelle pour le concierge. Pas qu’il appréciait Rusard, mais il n’avait rien fait pour mériter ça. Sans compter qu’il comprenait pourquoi il était aussi désagréable avec tout le monde. Les élèves étaient extrêmement méprisants avec lui, sans qu’il comprenne pourquoi. Même les professeurs n’avaient pas hésité à le rabaisser malgré la présence d’Harry lorsqu’à contrecœur, il leur avait demandé de l’aide pour ces bombabouses. Seul ce bâtard graisseux de Snape avait semblé écouter le concierge avec respect (mais Harry supposait que c’était juste par envie de punir des Gryffondor). Lui aussi serait acariâtre si on le traitait comme ça en permanence.

Mais les pensées de Harry furent détournées par une douleur qu’il ressentit au poignet à force de frotter avec ce vieux chiffon, les récompenses entreposées dans la salle des trophées. Il se mit à chercher un moyen d’échapper à cette corvée. Il examina les trophées et son regard s’arrêta sur un nom : « Tom Jedusor ». Ce nom lui disait quelque chose. Il chercha dans sa mémoire, mais ne trouva rien. Il s’arrêta de frotter et examina la coupe. Il était écrit que ce Jedusor avait reçu une récompense pour service exceptionnel rendu à l’école en 1944. Il se dit qu’il devait confondre. Il ne pouvait pas le connaître. À part McGonagall et Dumbledore, il ne connaissait personne d’aussi vieux.

— Remets-toi au travail, garnement. Je ne supporte pas les fainéants. Rugis Rusard

— Je ne suis pas un fainéant. J’ai juste mal à la main.

— Ah ! Les jeunes de votre âge, vous êtes trop choyés, résultat, vous ne supportez plus le moindre effort. J’ai 3 fois ton âge et à cause de petits je-m’en-foutistes comme toi, tous les jours, je dois nettoyer 5 salles comme celle-là. Et pourtant, je le supporte.

— Pourquoi vous n’utilisez pas la magie ? Vous n’êtes pas punis vous. Demanda Harry.

Un énorme silence suivit cette question.

— Attendez, vous ne pouvez pas ?

— Qui vous a dit que je suis un cracmol ? Hurla Rusard maintenant clairement en colère.

— C’est quoi un cracmol ?

Premier vol en balai

— Debout ! Hurla Harry

Il vit avec surprise le balai prêté par l’école foncer dans sa main. Il regarda autour de lui et constata que la plupart des autres élèves présents sur les lieux n’obtenaient que de vagues soubresauts de la part de leur balai.

Une fois que tous les élèves eurent réussi à avoir leurs balais en main, madame Bibine leur montra comment se positionner sur le manche sans risquer de tomber, en leur rappelant avec insistance que si un seul d’entre eux mettait le zbeul dans son cours ou tentait de s’envoler sans permission, il serait immédiatement renvoyé.

Harry trouvait ce cours ridicule. Franchement voler sur un balai ? C’est tellement cliché. Pourquoi pas un tapis volant ? Quoi que cela aurait plus de sens. Au moins sur un tapis, on avait la place de s’asseoir et on ne risquait pas de tomber.

Après un moment interminable à leur rappeler des règles de sécurité (durant lesquels Harry eu beaucoup de mal à ne pas rire en voyant un adulte et une vingtaine d’enfants à califourchon sur un balai), le professeur Bibine finit par leur dire de décoller en tapant du pied contre le sol.

Il s’exécuta et d’un coup tous ses problèmes s’évanouirent. Oubliant toutes les règles de sécurité précédemment citées (et les invectives de bibine), il se mit à enchaîner les loopings sous le regard admiratif de ses camarades. Même Luna qui d’habitude ne faisait pas attention à ce qui l’entourait fut captivée par ses acrobaties aériennes.

Harry était fait pour voler. Il n’avait jamais senti un tel sentiment de bien-être. Même une fois que Bibine lui eut donné une retenue pour avoir enfreint les consignes, il ne regretta pas son acte. Entre ça et l’intervention de Chourave (alerté par ses camarades Poufsouffle et Diggory) qui avait contraint Snape, par il ne savait quel moyen à lui lâcher la grappe, pour la première fois, il passa une bonne nuit à Poudlard sans avoir besoin de la potion de sommeil sans rêve.

En fait pour la première fois, il pensa qu’il y avait des avantages à être un sorcier.

Bonus hors série : Enterrement

Note de l’auteur : Ceci est un bonus humoristique non-canon. Bonne lecture.

oOoOoOo

— Mes très chères amies, nous sommes réunis aujourd’hui pour dire adieu une dernière fois à un être cher. La plupart d’entre nous se souviendront de ses capacités au combat. De son feu ardent qui a de nombreuses reprises renversa un combat mal engagé. Mais il était bien plus qu’un excellent combattant. Pour moi, il s’agissait avant tout d’un compagnon fidèle.

— Qu’est-ce qu’ils font les premières années au bord du lac avec ce drakkar viking ?

— Harry a amené sa Game Boy à Poudlard sans savoir que les interférences magiques grillaient tous les appareillent électronique. Résultat, il a détruit sa cartouche de Pokémon. Pour le sortir de son deuil, ses amis ont décidé de faire un enterrement digne de ce nom pour son Dracaufeu niveau 100. Tous les nés-moldus de son année sont venus pour le soutenir dans cette épreuve.

— Hein ? Lui répondit le sang pur de Serdaigle qui n’avait rien pigé à ce discours.

Il fut encore plus perplexe lorsqu’ils déposèrent un rectangle en plastique rouge dans le drakkar et y mirent le feu.

Dobby

Dire que pendant 5 minutes, il avait apprécié d’être dans cette école de cinglés. Cependant, dès qu’il avait posé le pied par terre, il s’était pris un déluge de sermons sur l’importance des règles de sécurité de la part de Madame Bibine, puis de sa directrice de maison, puis de Cédric (qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire à celui-là ? Il n’était pas sa mère). À quoi ça sert de nous apprendre à voler si on n’a jamais le droit de le faire ?

D’accord, il avait peut-être été un peu vite et un peu haut. Et c’est vrai que les couloirs ne sont peut-être pas le meilleur endroit pour faire une course de balais. Mais ce n’était pas une raison pour être aussi sévères.

Heureusement qu’il y avait eu Jenny et Lucas pour le soutenir et tempêter avec lui contre cette injustice (et pour aller s’amuser en secret avec lui sur le terrain de Quidditch lorsqu’il était vide). Les autres Poufsouffle de première année, ces traîtres s’étaient bien entendus rangés du côté de Cédric. Et dire que l’on vantait la loyauté des Poufsouffle.

Franchement, qu’elle blague. Si la sécurité était vraiment aussi importante pour eux, il limiterait aussi l’usage des baguettes et il apprendrait aux escaliers à rester en place. Quelque part, il savait qu’il était de mauvaise foi et qu’il aurait effectivement pu se rompre le cou.

Cependant, il faudrait attendre qu’il ait fini ce qu’il espérait être sa dernière retenue de toute sa scolarité pour qu’il envisage de l’admettre. Retenue qu’il devait faire encore une fois sur la supervision d’un Rusard qui le haïssait depuis leur dernière conversation.

Pourtant, il en avait rien à foutre qu’il soit un cracmol. Avant ce fameux jour il ne savait même pas que ça existait. Mais cet asocial psychorigide de concierge n’avait rien voulu entendre. D’un autre côté, c’est vrai que cela n’avait pas été très intelligent de sa part de dire que vu la taille du château, seule une personne avec des pouvoirs magiques pouvait le nettoyer et que c’était donc débile de la part de Dumbledore de lui confier le poste.

Après-coup, il se dit qu’il ne devait pas y avoir beaucoup de postes qu’un cracmol puisse faire dans la société sorcière. Et pas beaucoup d’endroits où vivre. Les quelques endroits qu’il avait vu du monde sorcier nécessitait une baguette pour s’y rendre. Rusard ne devait avoir d’autres choix que d’accepter ce travail ou de s’exiler dans le monde moldus. Et bien entendu, Rusard avait compris qu’Harry voulait le faire virer.

Il fallait vraiment qu’il apprenne à fermer sa gueule. Ou au minimum à réfléchir avant de parler. En tout cas tant qu’il était dans le monde sorcier. Dans le monde moldu les gens sont beaucoup moins susceptibles. Faut dire que l’Angleterre moldu ne sort pas d’une guerre civile, lutte activement contre le racisme et essaye d’intégrer les handicapés.

Bref, Harry se contentait de ruminer ses pensées en frottant, en silence le sol de la salle de classe que Rusard lui avait confié, pour ne pas donner au concierge une raison de le réprimander.

Après une heure à frotter ainsi le sol à quatre pattes son dos le faisait souffrir. Il geint mentalement que dans l’Angleterre moldu on avait supprimé depuis longtemps ce genre de punition archaïque. Cependant il continua sa tâche, lorsqu’un obstacle inattendu bloqua la brosse que Rusard lui avait donnée.

Harry se retint de pousser un cri, mais il s'en fallut de peu. Une créature venait d’apparaître devant lui et le fixait de ses yeux globuleux.

La petite créature avait de grandes oreilles semblables à celles d'une chauve-souris, et des yeux verts globuleux de la taille d'une balle de tennis.

— Heu... Bonjour, dit Harry, pas très à l'aise.

— Harry Potter, dit la créature d'une petite voix aiguë. Oh, Monsieur, il y a si longtemps que Dobby rêvait de faire votre connaissance… C'est un si grand honneur...

— M... merci, répondit Harry

Il aurait eu envie de demander « Qu'est-ce que vous êtes, exactement ? », mais il eut peur d'être impoli et demanda plutôt :

— Qui êtes-vous ?

— Dobby, Monsieur. Dobby, rien de plus. Dobby l'elfe de maison, répondit la créature.

— Je suis enchanté de faire votre connaissance, croyez-le bien, s'empressa d'ajouter Harry, mais je me demande... quel est le... motif de votre présence ?

— Eh bien, voilà, Monsieur, répondit l'elfe avec gravité. Dobby est venu vous dire... Ah, c'est très difficile, Monsieur... Dobby se demande par où commencer...

— Asseyez-vous donc, dit poliment Harry en montrant une chaise inutilisée depuis des lustres de cette salle de classe abandonnée.

Horrifié, il vit alors l'elfe éclater en sanglots. Des sanglots particulièrement bruyants.

— Ass... asseyez-vous ! gémit la créature. Jamais... au grand jamais...

Harry eut peur que les cris de la créature ne fassent venir Rusard.

— Je suis désolé, murmura-t-il, je ne voulais pas vous offenser...

— Offenser Dobby ! sanglota l'elfe. Jamais encore un sorcier n'avait demandé à Dobby de s'asseoir... comme un égal…

Harry essaya de l'inciter au silence tout en s'efforçant de le réconforter. Il resta là à hoqueter. Il avait l'air d'une grosse poupée repoussante de laideur. Enfin, l'elfe parvint à se calmer et fixa Harry de ses grands yeux humides avec une expression d'adoration.

— Les sorciers que vous fréquentez ne doivent pas être très aimables, plaisanta Harry en espérant l'égayer.

Dobby hocha la tête. Puis, sans prévenir, il se leva d'un bond et se cogna violemment la tête contre le mur en criant : « Méchant Dobby ! Méchant Dobby ! »

— Arrêtez ! Qu'est-ce que vous faites ? Chuchota Harry en se précipitant pour ramener Dobby sur la chaise.

— Il fallait que Dobby se punisse, Monsieur, dit l'elfe qui s'était mis à loucher légèrement. Dobby a failli dire du mal de sa famille...

— Votre famille ?

— Dobby est au service d'une famille de sorciers, Monsieur... Dobby est un elfe de maison qui doit servir à tout jamais la même maison et la même famille.

— Et ils savent que vous êtes ici ? Demanda Harry avec curiosité. Dobby frissonna.

— Oh, non, Monsieur, non... Dobby va devoir se punir très sévèrement pour être venu vous voir, Monsieur. Dobby devra se pincer les oreilles dans la porte du four pour avoir fait une chose pareille. S'ils l'apprenaient, Monsieur...

— Mais ils vont s'en apercevoir si vous vous pincez les oreilles dans la porte du four, non ?

— Dobby en doute, Monsieur. Dobby doit toujours se punir pour quelque chose, Monsieur. Ils laissent le soin à Dobby de s'en occuper. Parfois, ils lui rappellent simplement qu'il doit s'infliger quelques punitions supplémentaires...

— Mais pourquoi n'essayez-vous pas de vous enfuir ?

— Pour retrouver sa liberté, un elfe de maison doit être affranchi par ses maîtres, Monsieur. Et sa famille ne permettra jamais à Dobby d'être libre... Dobby devra la servir jusqu’à sa mort.

Monsieur...

Harry le regarda avec des yeux ronds.

— Vous voulez dire que vous êtes un esclave ?

— Pas un esclave monsieur. Un elfe de maison.

— Oui, ça change tout. Répondit Harry avec sarcasme. Et vous ne pouvez pas utiliser la magie pour vous enf(..). Puis Harry baissa tristement les yeux. Vu que vous êtes soumis à des sorts qui vous obligent à vous punir lorsque vous désobéissez, je suppose que si vous vous enfuyez, vous mourrez ?

— Ha monsieur Harry Potter, la magie qui nous lie à nos maîtres faits que nous ne pouvons pas désobéir à leur ordre direct. Il n’y a aucune punition prévue pour un elfe qui s’enfuirait de chez sa famille, car cela nous est totalement impossible.

— Pourtant, vous êtes ici ?

— Mes maîtres ne m’ont pas explicitement interdit de venir à Poudlard. Méchant Dobby ! Méchant Dobby ! Cria la créature en se frappant de nouveau la tête contre le mur.

— D’accord, j’ai compris, vous n’êtes pas un méchant elfe, mais un elfe très obéissant. Déclara précipitamment Harry en espérant que cela calme la magie qui affectait la créature. Il n’y a rien que je puisse faire pour vous libérer ? Il n’existe pas un contre sort ou une association de libération des elfes que je pourrais contacter ?

— Harry Potter demande s'il peut aider Dobby... Dobby avait entendu parler de votre grandeur, Monsieur, mais il ne savait rien de votre générosité...

— Tout ce qu'on vous a dit sur ma grandeur n'est qu'un tissu de bêtises, dit Harry qui sentait ses joues en feu.

— Harry Potter est humble et modeste, dit Dobby d'un ton révérencieux, ses gros yeux exorbités brillant d'émotion. Harry Potter ne parle pas de sa victoire triomphante sur Celui-Dont-Le-Nom-Ne-Doit-Pas-Être-Prononcé.

— Voldemort ? Dit Harry.

Dobby plaqua ses mains contre ses oreilles.

— Ah, Monsieur, ne prononcez pas ce nom ! Gémit-il. Ne prononcez pas ce nom !

— Désolé, dit Harry avec précipitation pour que la créature ne fasse pas trop de bruit. Je sais que beaucoup de gens n'aiment pas l'entendre.

— Un méchant sorcier a dit à son maître qu’Harry Potter avait à nouveau affronté le Seigneur des Ténèbres, il y a quelques mois... et qu'il avait réussi à lui échapper une fois de plus. Son maître ne veut pas le croire, mais Dobby y croit. Dit l’elfe d'une voix rauque.

Harry approuva d'un signe de tête et des larmes brillèrent soudain dans les yeux de Dobby.

— Ah, Monsieur, sanglota-t-il en s'essuyant le visage avec un coin de la taie d'oreiller crasseuse qui lui tenait lieu de vêtement. Harry Potter est vaillant et audacieux ! Il a déjà bravé tant de dangers ! Mais Dobby est venu protéger Harry Potter, il est venu l'avertir, même s'il doit se pincer les oreilles dans la porte du four pour se punir... Harry Potter ne doit pas rester à Poudlard.

Il y eut un long silence.

— Écoutez, j’aimerais bien, mais je ne peux pas faire ça.

— Non, non, non, couina Dobby en hochant la tête si fort que ses oreilles battaient comme des ailes. Il est trop grand, trop généreux, pour qu'on prenne le risque de le perdre. Et si Harry Potter reste à Poudlard, il courra un danger mortel.

— Pourquoi ? S'étonna Harry.

— Il existe un complot, Harry Potter. Un complot qui provoquera des événements terrifiants à l'école de sorcellerie de Poudlard, cette année, murmura Dobby en se mettant soudain à trembler de tous ses membres. Il y a des mois, maintenant, que Dobby est au courant. Harry Potter ne doit pas mettre sa vie en péril. Il est trop important, Monsieur !

— Et quels sont ces événements si terrifiants ? Demanda aussitôt Harry. Qui est à l’origine de ce complot ?

Un drôle de bruit s'échappa de la gorge de Dobby qui se cogna frénétiquement la tête contre le mur.

— D'accord, d'accord ! s'exclama Harry en saisissant l'elfe par le bras pour l'éloigner du mur.

Vous ne pouvez pas me le dire, je comprends très bien. Mais pourquoi prenez-vous la peine de me prévenir, moi ?

Une pensée désagréable lui vint alors à l'esprit.

— Attendez... Est-ce que ça aurait quelque chose à voir avec Vol... pardon, avec Vous-Savez-Qui? Répondez-moi simplement d'un signe de tête, s'empressa-t-il d'ajouter en voyant que Dobby s'approchait à nouveau du mur.

Lentement, Dobby fit « non » de la tête.

— Non... Cela ne concerne pas Celui-Dont-Le-Nom-Ne-Doit-Pas-Etre-Prononcé, Monsieur.

Mais les yeux de Dobby étaient grands ouverts comme s'il essayait de suggérer quelque chose à Harry. Celui-ci, cependant, ne voyait absolument pas où il voulait en venir.

— Est-ce que je suis la cible du complot ? Est-ce que c’est un coup des partisans de Voldemort ? Demanda Harry

La créature voulut répondre, mais aucun son ne sortit de sa gorge et elle recommença à se taper la tête plus fort que jamais contre un des bureaux jusqu’à le casser.

Le bruit finir par alerter Rusard. Qui rentra en trombe dans la salle de classe au moment où la créature disparaissait dans un claquement de doigts pour trouver un Harry seul au milieu des débris de la table en train de faire autre chose que de nettoyer le sol de la classe. Harry déglutit.

Halloween

Les semaines passèrent et en plus de l’automne, une pluie persistante s’était installée sur l’Écosse. Un temps qui n’avait rien pour atténuer le spleen qu’Harry ressentait en ce soir d’Halloween.

Pour Harry, Halloween n’avait jamais été, un jour, très joyeux. Pour lui, c’était avant tout l’anniversaire de la mort de ses parents biologiques. Il avait beau dire que ça ne l’affectait pas, que ses géniteurs étaient des gens horribles de toute façon et que ses vrais parents étaient les Dursley, il s’était toujours senti triste en ce jour. Et cette année encore plus, car il ressentait durement l’absence de Pétunia pour partager sa peine et de Dudley pour le distraire en l’emmenant (de force) faire des blagues aux voisins.

Ne voulant pas empêcher ses amis de profiter de la fête, il s’était discrètement éclipsé sous un prétexte bidon au moment d’aller au banquet. Ce soir, il préférait déambuler dans le château vide plongé dans les ténèbres d’une nuit d’orage que de se retrouver au milieu de personnes faisant la fête. C’était un peu lugubre mais pas désagréable. Il avait l’impression d’être dans le château d’un des jeux préférés de Dudley : Castlevania.

Malgré ses escaliers farceurs et divers autres désagréments, Harry adorait le château et il comptait profiter de ce moment pour l’explorer. Il avait notamment très envie de résoudre une énigme : d’où venait l’odeur de gâteaux qui embaumait la salle commune des Poufsouffle tous les matins. Et d’où venait le rab de desserts que certains grands rapportaient régulièrement dans la salle commune. Pour Harry, la solution ne faisait aucun doute : Poudlard contenait une pièce secrète remplie de sucrerie et pour une mystérieuse raison son odeur se rependant dans la salle commune de Poufsouffle le matin. Lui et d’autres premières années avaient essayé de la chercher, sans succès. Peut-être qu’elle changeait de place régulièrement (comme les escaliers)?

Ainsi, Harry se perdit dans l’exploration pour éviter de penser à ses sentiments, lorsque les lumières du couloir où il était s’éteignirent brusquement. Tout d’un coup, il était plongé dans l’obscurité la plus totale. Une obscurité qui, sans qu’il ne sache pourquoi lui fit froid dans le dos. Puis il comprit pourquoi en entendant un éclair gronder au loin. Même la lumière régulière des éclairs ne lui parvenait plus. Il se concentra, alors sur ses autres sens pour essayer de se repérer et entendit alors une voix bizarre. En fait il s’agissait plus d’une sorte de sifflement. Harry se concentra pour écouter ce qu’elle disait :

— ... si affamé... depuis si longtemps...

Harry se souvint alors des avertissements de Dobby et eu un début de panique. Il se traita d’idiot d’avoir négligé les avertissements de l’elfe et se promit de ne plus jamais se promener seul dans le château la nuit.

— ... tuer... il est temps de tuer...

Tout à coup, quelque chose fonça dans son dos en poussant un cri de rage, puis le saisi et commença à le soulever. Harry hurla et se débâtit de toutes ses forces.

— Aïe ! Mais c’est qu’il a de la ressource notre blaireautin à lunette. Dit une voix qu’il connaissait bien

— Je crois surtout qu’il a peur du noir. Quelle déception. Répondit de manière synchrone une autre voix quasiment identique

Tout d’un coup, la lumière s’était rallumée et devant lui se tenaient Fred et George Weasley. Harry comprit qu’il venait d’être victime d’une blague de très mauvais goût de la part des jumeaux farceurs.

— Non mais qu’est-ce qui vous a pris de faire ça ? J’ai cru que j’allais avoir une crise cardiaque. Hurla Harry.

— Ce serait plutôt à nous de te demander ça ? Est-ce que tu ne sais pas que c’est dangereux de se promener seul dans les couloirs du château la nuit ? Pourquoi crois-tu qu’il y ait un couvre-feu ? Est-ce qu’au moins, tu as prévenu quelqu'un afin de pouvoir avoir de l’aide si tu ne reviens pas ? Dirent-ils d’une voix étonnamment sérieuse

— J’avais besoin d’être un peu seul. Dit Harry penaud. Et attendez une minute. C’est vous qui dites ça ? Vous passez votre temps à violer le couvre-feu. Et puis d’ailleurs vous aussi vous vous baladez tous seuls dans le château

— On cherche Ginny. Elle n’était pas bien toute la journée.

Pour la première fois, il vit les jumeaux prendre un air triste.

— Ce n’est pas entonnant vu qu’aujourd’hui, c’est le jour de la… De la mort de Ron. Mais bref elle s’est éclipsée du banquet et on ne la voie pas sur la car… Enfin, on n’arrive pas à la trouver et on s’inquiète. Est-ce que tu l’as vu ?

— Non et franchement vous devriez lui foutre un peu la paix à la princesse au petit pois. Vu comment Percy la colle partout, pas étonnant qu’elle ait envie d’être un peu seule. Surtout un jour comme celui-là. Je comprends qu’après ce qui est arrivé à Ron, vous vouliez la protéger, mais là vous allez juste la rendre encore plus chiante qu’elle ne l’est de base.

— Harry, ne sais-tu pas qu’il ne faut jamais dire du mal de la sœur de quelqu’un de plus fort que soi ?

— Que veux-tu mon frère ? La jeunesse est très mal éduquée de nos jours. Aucun respect pour les règles.

Entendre cette phrase dans la bouche des deux élevés les moins respectueux du règlement de l’école fit rire Harry malgré lui.

— C’est bon, vous m’avez assez filé la pétoche. Votre sœur est la perfection incarnée et je vais aller la chercher dans un endroit avec plein de témoins.

— Excellente idée. Dirent-ils de manière synchronisée.

— Juste comment vous avez fait pour faire la voix ? J’ai vraiment cru qu’un monstre assoiffé de sang se baladait dans le château.

— La voix ? Oh! Comme c’est mignon George. Minauda Fred.

— Si jeune et il essaye déjà de nous faire une blague. Enchaina George.

— Il faudra que tu manges beaucoup de soupe avant d’y arriver. Repris Fred.

— Ça va, j’ai compris. Un magicien ne révèle jamais ses secrets. Vous savez les blagues les plus courtes sont les meilleurs ? Répondit Harry.

Les deux frères se regardèrent.

— Harry l’obscurité et le fait de te saisir dans le dos, c’était nous, mais on n’a rien fait d’autre. Et on n'a entendu aucune voix.

— Mais oui, c’est ça. J’y vais avant que le monstre ne me dévore.

Avant que les jumeaux ne puissent répliquer, il les quitta, bien décidé à se rendre dans la grande salle et à ne plus quitter ses amis de la soirée.

Malgré l’assurance qu’il avait montrée devant eux, une partie de lui doutait qu'ils soient à l’origine de la voix qu’il avait entendu. Et même si c’était une blague, cette expérience l’avait convaincu de prendre un peu plus au sérieux les avertissements de Dobby. Il ne voulait pas de nouveau mettre ses proches en danger par son imprudence.

Mais quelques mètres plus loin, il s’arrêta tétaniser par la peur lorsque son regard croisa deux yeux rouges plongé dans la pénombre, le fixant depuis l’autre bout du couloir. La chose poussa un cri et fonça sur lui. Il eut alors la confirmation qu’ils appartenaient à celui qu’il redoutait tant de revoir depuis des mois : Croutard, le rat de Ginny. Bon dieu qu’il détestait les rats. D’après sa tante c’était à cause d’un rat qui l’avait mordu la première nuit qu’il avait passé seul dans sa chambre. Avant, c’était un débarras utilisé par Dudley pour ranger les jouets dont il ne voulait plus et en faisant le ménage pour qu’il s’y installe, ils avaient apparemment découvert qu’il y stockait également la nourriture dont il ne voulait plus. Il n’avait plus de souvenir de ce qui s’était passé cette nuit-là, mais son oncle lui a dit qu’après ça, il avait dormi dans leur lit pendant une semaine. Entre ça et cette histoire de placard, il ne regrettait pas d’avoir tout oublié de sa petite enfance.

— Dégage, sale bête.

Harry fit de grands gestes pour l’éloigner, mais il continua à foncer sur lui ? Pris de panique, il en oublia qu’il avait une baguette magique et se mit à fuir. Le rat le suivit.

— Ginny, si tu es là, viens chercher ta sale bestiole. Cria-t-il dans sa course. Mais seul le silence lui répondit. Il était complètement seul.

Après quelques minutes de cette course, une pensée absurde lui vînt à l’esprit. Les déplacements du rat n’étaient pas aléatoires. Il se déplaçait de façon à lui interdire certains couloirs et à le pousser vers d’autres. Comme un chien de berger voulant mener son troupeau. Le rat voulait le mener quelque part.

À peine cette pensée lui vint-elle en tête qu’il glissa sur une flaque d’eau et s’étala par terre de tout son long. Il n’eut pas le temps de se remettre de la douleur dans son dos qu’une file d’araignées grosses comme le poingt lui passa dessus en lui arrachant un nouveau cri. Pris de frayeur, il se releva et cette fois eut la présence d’esprit de sortir sa baguette et de plaquer contre le mur le plus proche. Quelque chose d’étrange se passait ici.

Il cria :

— Allez les jumeaux, je sais que c’est vous. J’ai compris la leçon alors montrez-vous ? C’est vraiment plus drôle.

Mais le seul qui se montra fut de nouveau le rat. Mais cette fois, il était résolu à ne plus s’enfuir. Il utilisa sa deuxième main pour empêcher son bras de trembler et chercha dans son esprit un sort capable de tuer le rat.

Le rat fixa sa baguette et sembla comprendre que cette fois-ci, il ne devait pas lui foncer dessus. Harry profita de ce temps mort pour regarder son environnement et réfléchir. Un écriteau lui apprit que sa course l’avait mené dans un couloir à côté des toilettes pour fille du deuxième étage.

Attends, l’année dernière, le frère de Ginny n’était pas mort dans des toilettes pour fille ? Et un an plus tard pour fêter l’anniversaire de sa mort son rat bravait ses cris pour l’y traîner alors que Ginny était introuvable. Elle était peut-être en danger et son rat avait été chercher le héros du coin, pour qu’il aille sauver la princesse. Sauf qu’il y avait une erreur de casting. Il était tout sauf un héros. Hors de question qu’il mette sa vie en danger pour secourir cette pimbêche. De toute façon, que pouvait un première année comme lui, face à un meurtrier qui s’était juré de diminuer le nombre de belettes dans le château ?

Tout en mettant en joute le rat, il commença à s’éloigner lentement, en faisant le moins de bruit possible. Mais au bout de cinq minutes, un brouhaha indistinct parvint aux oreilles de Harry. Une foule venait dans sa direction. Probablement les élèves qui revenaient du festin. Harry fut soulagé et se colla de nouveau contre le mur en maintenant sa baguette sortie pour parer à toute éventualité.

Le rat s’enfuit et la foule arriva, puis se stoppa en le voyant. Parmi eux Harry reconnu ses amis : Jenny et Lucas, ainsi que quelques Poufsouffle de première année avec qui il s’entendait bien.

Harry baissa sa baguette et s’avança vers eux avec un grand sourire en disant :

— Ah, je suis content de vous voir.

Mais ils ne lui répondirent pas et le regardèrent tous avec un vissage choqué.

— Quoi qu’est-ce qu’il y a ?

— Harry qu’est-ce que tu as fait ? C’est du sang sur tes vêtements ? Demanda Jenny

— Hein !

— Et ou t’étais passé ? Demanda Lucas

Un blondinet en deuxième année à Serpentard, dont Harry avait oublié le nom, poussa les autres élèves sans aucune gêne. Une fois sur les lieux il récita en fixant Jenny des yeux:

— Ennemis de l’hériter prenez garde. Bientôt, ce sera le tour des traitres à leur sang.

Suite à cette déclaration, les élèves commencèrent à chuchoter entre eux et Jenny à insulter le blondinet lorsque le concierge fendit la foule en hurlant :

— Ma chatte. Il a tué ma chatte.

Il dépassa Harry et se fonça vers le mur contre lequel il s’était appuyé. Harry vit alors pour la première fois qu’au-dessus de l’endroit où il s’était tenu se trouvait accroché magiquement le corps de la chatte de Rusard avec un message écrit en lettres de sang qui avait apparemment taché ses vêtements d’une manière ou d’une autre.

Le concierge décrocha sa chatte avec douceur et la berça quelques secondes comme un bébé en poussant des sanglots.

Puis il sortit de sa catatonie, se retourna vers lui et cria :

— Vous ! Cria-t-il d'une voix stridente. C'est vous qui avez assassiné ma chatte ! Vous l'avez tuée ! Et maintenant, c'est moi qui vais vous tuer ! Je vais...

— Argus !

Dumbledore venait d'arriver dans le couloir, suivi de plusieurs professeurs.

— Venez avec moi, Argus, dit-il à Rusard. Vous aussi, Mr Potter.

— Je vous assure que je n’y suis pour rien dans cette histoire. Tenta de plaider un Harry au bord des larmes devant le regard de haine que lui lançait le concierge et la plupart de ses camarades.

Mais Snape que la situation semblait ravir, l’interrompit sèchement :

— Dans votre position, je vous conseillerais de ne pas discuter les ordres du directeur.

Lockhart s'avança d'un air empressé.

— Mon bureau est juste à côté. Monsieur le Directeur. Si vous souhaitez l'utiliser...

— Merci Gilderoy, dit Dumbledore.

Les élèves silencieux s'écartèrent pour les laisser passer. Lockhart emboîta le pas de Dumbledore, suivi par les professeurs McGonagall et Snape.

Lorsqu’ils furent entrés dans le bureau de Lockhart, Dumbledore prit délicatement Miss Teigne des bras du concierge puis l’étendit sur la table et commença à l'examiner.

Dumbledore ausculta soigneusement la chatte sous le regard attentif du professeur McGonagall. La silhouette de Snape se dessinait derrière eux dans la pénombre, avec une expression bizarre sur son visage, comme s'il s'efforçait de ne pas sourire. Lockhart, lui, papillonnait autour d'eux en faisant toutes sortes de commentaires ponctués par les sanglots de Rusard. Affalé sur une chaise, le visage dans les mains, le concierge n'avait pas le courage de regarder Miss Teigne.

Dumbledore se mit à marmonner d'étranges paroles en donnant sur le corps de Miss Teigne de petits coups de sa baguette magique. Mais rien ne se produisit : on aurait dit qu'elle était empaillée.

Enfin, Dumbledore se redressa.

— Elle n'est pas morte, Argus, dit-il d'une voix douce.

— Pas morte ? S'étrangla Rusard en regardant Miss Teigne à travers ses doigts écartés. Mais comment se fait-il qu'elle soit toute raide ?

— Elle a été pétrifiée, dit Dumbledore.

— C'est bien ce que je pensais, commenta Lockhart.

— Mais de quelle manière, voilà ce que j'ignore, reprit Dumbledore.

— C'est à lui qu'il faut le demander ! Hurla Rusard en se tournant vers Harry.

— Aucun élève de première année n'aurait réussi à faire ça, assura Dumbledore. Il faut être un expert en magie noire pour y arriver...

— C'est lui ! C'est lui ! Insista Rusard, le visage violacé. Vous avez bien vu ce qu'il a écrit sur le mur ! Il sait que je suis... que je suis...

Le visage de Rusard se tordit en une horrible grimace.

— Il sait que je suis un Cracmol ! Avoua-t-il enfin. Il a même menacé de me faire renvoyer.

— Je n'ai jamais touché à Miss Teigne ! Protesta Harry avec vigueur. Et je n’ai jamais voulu le menacer de quoi que ce soit. Je m’en fiche que ce soit un cracmol. Enfin si cracmol, ça veut bien dire qu’il n’a pas de pouvoir magique ?

— Mensonges ! Grinça Rusard.

— Si je peux me permettre, Monsieur le Directeur, intervint Snape...

Harry se sentit de plus en plus inquiet. Quoi que dirait Snape, Harry savait que ça aurait pour but de l’enfoncer. Son sang bouillonnait de rage par anticipation. Il détestait tellement cet homme.

— Je crois que Potter s’est simplement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, dit-il d'un air narquois, comme s'il doutait de ses propres paroles. Mais il est vrai qu'il y a de quoi nourrir des soupçons. Que faisait-il seul dans ce couloir à cette heure-là ? Pourquoi n'assistaient-ils pas au festin d'Halloween avec ses camarades ?

— Je ne doute pas que vous avez passé la journée à fêter l’événement, mais contrairement à vous, pour moi le 31 octobre n’est pas un jour de fête, Monsieur. Harry insista énormément sur ce titre pour ne pas que Snape puisse l’accuser d’impolitesse. Je n’avais pas le cœur à faire la fête aujourd’hui, alors je me suis baladé dans le château. Monsieur.

Il s’attendait à ce que Snape se mettent en rage suite à cette réplique, mais au contraire son visage blanchit et il sembla éprouver de la culpabilité. Un silence inconfortable s'installa qui fut brisé par Rusard :

— Ma chatte a été pétrifiée ! Hurla-t-il, les yeux exorbités. J'exige un châtiment !

— Nous parviendrons à la guérir, Argus, assura Dumbledore d'un ton patient. Mrs Chourave a réussi à se procurer des plants de mandragore. Dès qu'ils auront atteint leur maturité, je m'en servirai pour fabriquer une potion qui ramènera Miss Teigne à la vie.

— Je m'en chargerai, intervint Lockhart, je l'ai fait des centaines de fois...

— Je vous demande pardon, coupa Snape, mais il me semble que le maître des potions, ici, c'est moi. Il y eut de nouveau un silence gêné.

— Tu peux partir Harry. Dit Dumbledore.

Harry rejoint sa salle commune en courant, pas très à l’aise à l’idée de se retrouver de nouveau seul dans les couloirs. Une fois dans sa salle commune, il partit directement se coucher sans parler à personne et essaya sans succès de s’endormir le plus vite possible pour ne pas penser à ce qui venait de se passer.

Le lendemain

Harry était affamé.

Non seulement, il n’avait pas mangé la veille, mais en plus, il avait dû sacrifier son petit-déjeuner pour répondre aux questions des Poufsouffle puis de ses amis. Il avait l’impression d’être revenu en début d’année. Sauf que ce n’était plus des regards d’admiration qu’il recevait, mais de suspicion (voir de haine). Pour Harry, c’était mille fois plus difficile à supporter.

Heureusement contrairement à la plupart des élèves de Poudlard, ses amis et une majorité des Poufsouffle le crurent lorsqu’il disait qu’il n’y était pour rien dans cette histoire. Et heureusement. Sans eux, il aurait pété un câble.

Mais malgré leur soutien, la colère s’accumula toute la matinée à chaque fois qu’il surprenait un groupe d’élèves chuchoter en le pointant du doigt. De plus, la fatigue et la faim n’arrangeaient rien. C’est donc de très mauvaise humeur et déterminé à repousser tout importun qu’il rentra dans la grande salle pour enfin étancher sa faim. Mais à peine, se fut-il assis à la table des Poufsouffle qu’il sentit quelque chose caresser sa jambe, puis son entrejambe. Il baissa alors les yeux puis poussa un énorme cri de peur avant de se lever d’un bond en renversant son assiette par terre. Les conversations autour de lui s'interrompirent immédiatement.

Il sortit sa baguette immédiatement et cria :

— Ginny vient immédiatement chercher ta salle bestiole où j’en fais du hachis-parmentier.

Avant même qu’il ne s’en rende compte Ginny se tint à ses côtés et essaya d’attraper le rat. Mais celui-ci la mordit et réussit à s’enfuir.

Harry commença à ramasser son assiette. Comprenant que le spectacle était terminé la plupart des élèves reprirent leur conversation. Harry devint rouge de honte lorsqu’il crut entendre certains élèves se moquer de lui. Ginny par contre, depuis que le rat l’avait mordu, se tenait immobile avec le regard dans le vide.

— Hé, tu pourrais m’aider princesse. C’est de ta faute.

Ginny sembla reprendre ses esprits.

— Hein ! Quoi ?

— Quelle éloquence ! Si ton cerveau n’est pas assez développé pour coordonner une tâche aussi complexe tu pourrais au moins essayer de t’excuser. Tu sais, ça demande juste d’ouvrir la bouche et de sortir des formules toutes faites sans réfléchir. Ça, c’est une tâche à ta hauteur.

— Non pour qui tu te prends exactement.

— Pour quelqu’un qui vient de se faire agresser à deux reprises par ton animal de compagnie. D’ailleurs, si ça se trouve, tu l’as fait exprès. En fait, peut-être que c’est vous qui avez attaqué la chatte de Rusard et qu’ensuite en me croisant dans les couloirs, vous vous êtes dit que ce serait une bonne idée de me faire porter le chapeau ? Vous trouvez ça marrant, toi et tes frères, de me ridiculiser et de me faire passer pour un psychopathe ?

— Tu es paranoïaque. Et tu te débrouilles très bien tout seul pour passer pour un psychopathe. Je n’y peux rien si tu fréquentes de futurs mangemorts.

— Et c’est reparti, mais change de disque. C’est pour ça que tu t’en prends à moi ? Parce que je ne corresponds pas à tes fantasmes mouillés ?

Ginny gifla Harry.

— Apparemment, j’ai touché un point sensible. Si vraiment toi et tes frères n’y êtes pour rien, dits moi où tu étais hier soir ? Qu’est-ce que ton rat et tes frères faisaient juste à côté du lieu de l’attaque ?

Ginny passa par une palette d’expression bizarre puis finalement, elle partit en courant les larmes aux yeux. Pour Harry, c’était l’équivalent d’un aveu. Mais tout ce que les autres remarquèrent, c’est qu’une Gryffondor d’une famille très connue et appréciée l’avait giflé puis était partie au bord des larmes. Et c’est notamment ce que retinrent les très protecteurs frères Weasley. À partir de ce jour, il fut régulièrement victime de leur blague et le préfet Percy devint encore plus collant avec sa petite sœur, ce qui eut pour conséquence de rendre cette dernière encore plus insupportable. Si Harry avait davantage fait attention à Ginny, il aurait remarqué qu’elle non plus n’allait pas bien.

Sa seule satisfaction était de voir que Ginny et ses frères passaient une partie de leur temps libre à chercher Croutard. À la grande joie d’Harry, depuis la scène dans la grande salle, le rat avait disparu.

Match de Quidditch

— Et Angelina s’approche des buts, mais est interceptée par un cognard, mais passe à Katie Bell qui tire. Et c’est Gryffondor qui marque !!! Le score est maintenant de 30 à 60 en faveur de Gryffondor !

Pour ne froisser aucun de ses amis qui étaient respectivement Serpentard et Gryffondor, Harry se retint d’hurler de joie avec les autres Poufsouffle. Harry était sceptique lorsqu’on lui avait parlé du Quidditch. Ce sport lui semblait incroyable, dangereux et les règles parfaitement illogiques. Malgré son amour du vol, pour lui, ça ne vaudrait jamais le foot. Mais prit dans l’effervescence du stade, il considérait maintenant que c’était le meilleur sport du monde.

— Alors comment tu trouves le Quidditch finalement ? Lui demanda un Poufsouffle de son année à côté de lui.

— C’est génial. L’année prochaine, je postule pour rentrer dans l’équipe.

— Alors là dans tes rêves. L’année prochaine, je serai sûrement nommé capitaine, et même pas en rêve que je te recrute. Intervint Cédric Diggory qui se trouvait au rang du dessus.

— Non mais t’es sérieux ? Je suis le meilleur en vol de mon année.

— Oui, je t’ai vu t’amuser avec tes amis avant nos entraînements. Tu voles bien, mais. (...)

Cédric fut interrompu par un cri poussé par le commentateur Lee Jordan, lorsqu’un cognard frappé par Serpentard atteignit Fred Weasley. Une fois, le calme revenu dans le stade, il reprit :

— Mais le Quidditch est un sport beaucoup trop dangereux pour quelqu’un d’aussi malchanceux. L’équipe n’a pas assez d’argent pour te payer une semaine d’hôpital à chaque match.

— Non mais c’est quoi cet argument à la con ?

— De toute manière le seul poste où un deuxième année peut rivaliser avec un élève plus vieux, c’est attrapeur. Et ça c’est mon poste. Il n’y a pas moyen que tu fasses mieux que moi. Va falloir que t’attende quelques années. Expliqua crânement Cédric, avant de passer sa main dans les cheveux désordonnés d’Harry. Après réflexions, pour faire bonne mesure, il rajouta :

— Ou que tu te convainques Dumbledore de te transférer chez les lions. Ils ont une bonne équipe, mais tant que leur attrapeur sera aussi pourri, ils n’ont aucune chance de gagner.

— Être dans la même maison que les Weasley. Jamais.

— Tu serais aussi dans la même maison que Lucas. Et la prochaine fois qu’une tuile te tombera dessus, c’est Percy et pas moi qui devrai récoler les morceaux. Tu sais, j’ai déjà rempli les papiers pour ta demande de transfert. T’as juste à signer. Plaisanta Cédric.

— C’est vraiment agréable de se sentir accepté dans sa maison. Franchement, aaaahhhhhh !!!!

Harry venait de sauter à terre pour éviter un cognard qui lui fonçait dessus. Malheureusement, il ne put s’écarter complètement de la trajectoire et sa jambe se brisa en un crac sinistre en même temps que le banc où il était assis quelques secondes plus tôt. La panique s’empara des gradins et tout le monde commença à fuir en se poussant les uns les autres.

Mais Harry était trop occupé à hurler et à se préparer à éviter la prochaine charge du cognard qui avait fait une boucle et se dirigeait de nouveau vers lui. Au prix d’une grande douleur, il fit une roulade sur le côté pour s’écarter de la trajectoire du cognard. Cependant à sa grande horreur, il corrigea sa trajectoire et fonçait de nouveau vers lui. Ce coup-ci, il ne pourrait éviter de se le prendre en pleine face. Il crut sa dernière heure arrivée lorsqu’un éclair rouge partit du gradin au-dessus de lui et fit exploser le cognard en mille morceaux. Avant de s’évanouir sous le coup de l’émotion et de la douleur qui n’était plus aussi bien anesthésié par l’adrénaline, il vit Cédric ranger sa baguette et dire :

— Je jure sur ma vie que jamais tu ne rentreras dans une équipe de Quidditch. En fait non à partir de maintenant, tu ne sors plus de ton dortoir.

oOoOoOo

Quelques minutes plus tard un éclair lumineux extrêmement douloureux l’obligea à reprendre connaissance. Il poussa un grognement et essaya de lever sa main pour se protéger les yeux, mais il se rendit compte avec horreur qu’il ne sentait plus son bras. Il se tourna et ressentit alors une énorme douleur à la jambe qui ne fut rien en comparaison de l’horreur qui le saisit en voyant que son bras était devenu une sorte de patte gélatineuse inutilisable.

Il cria, paniqué.

— AH ! Mon bras.

Pour toute réponse, un nouveau flash lumineux l’aveugla. Il comprit alors que c’était celui d’un appareil photo.

— Colin arrête immédiatement avec tes putains de photos où je te fais bouffer ta saloperie d’appareil, avant de te donner en pâture au monstre de la chambre.

— Harry ! Hurlèrent ses deux amis Lucas et Jenny en venant immédiatement à son chevet.

— Comment tu vas ?

— Qu’est-ce qui est arrivé à mon bras ? Demanda immédiatement Harry sans répondre à leur question.

Les deux se lancèrent un regard qui fit paniquer Harry.

— Dites-moi que c’est guérissable.

— Oui, ne t’inquiète pas. Dès qu’elle aura fini avec les élèves qui ont reçu des éclats de bois Pomfresh a dit qu’elle allait te donner une potion pour guérir ton bras et que dès demain tu seras comme neuf. Par contre ça risque d’être douloureux.

— Génial. De la douleur, c’est exactement ce qui me manquait. Qu’est-ce qui s’est passé, un autre cognard ?

— Non pire. Lockhart. Répondit Jenny

— Quoi ?

— Dès que tu t’es évanoui les professeurs, sont arrivés pour ramener le calme et essayer de comprendre ce qui se passait. Lockhart t’a examiné et a dit qu’il pouvait soigner ta jambe. Avant que qui que ce soit n’ait pu l’empêcher, il t’a lancé un sort qui t’a retiré tous les os du bras. Expliqua Lucas calmement.

— Quoi ? Répéta stupidement Harry un peu plus fort.

— Tu trouves toujours que c’est un génie ? Demanda Jenny avec sarcasmes.

— Oh, ça va. Ça arrive même aux génies de se tromper de temps en temps.

— Non mais sérieux quand est-ce que tu admettras que c’est un crétin ?

Dit-elle en piochant dans un tas de gâteaux, de bonbons et de jus de citrouille qu’elle lui avait apporté, lorsque Madame Pomfresh surgit soudain en hurlant :

— Ce garçon a besoin de repos, il faut lui faire repousser trente-trois os ! Alors, dehors ! DEHORS !

À contrecœur, ses amis partirent.

— Maintenant, que nous somme seul, prenez ses potions, je vous prie. Celle-ci c’est pour votre jambe, celle-là c’est pour vos os, celle-là pour le choc,...

Et Harry se retrouva tout seul, sans autre distraction que la douleur lancinante qui lui transperçait le bras.

oOoOoOo

Des heures, plus tard, Harry se réveilla soudain dans le noir et laissa échapper un petit cri de douleur. Il avait l'impression à présent que son bras était rempli d'échardes. Pendant un instant, il crut que c'était ce qui l'avait réveillé. Mais il poussa un cri d'horreur en se rendant compte que quelqu'un était en train de lui éponger le front dans l'obscurité.

— Laissez-moi tranquille ! S'exclama Harry. Puis soudain, il reconnut :

— Dobby !

Les yeux énormes de l'elfe, aussi gros qu'une balle de tennis, contemplait Harry dans les ténèbres et une larme coulait le long de son nez pointu.

— Harry Potter est resté à l'école, murmura-t-il, consterné. Dobby a pourtant mis en garde Harry Potter. Ah, Monsieur, pourquoi n'avez-vous pas écouté Dobby ? Pourquoi Harry Potter n'est-il pas retourné chez lui ?

Harry se souleva sur ses oreillers et repoussa l'éponge que Dobby lui passait sur le front.

— Harry Potter doit retourner chez lui ! Dobby croyait que son Cognard suffirait à...

— Ton Cognard ? s'exclama Harry en sentant la colère l’envahir. Qu'est-ce que tu veux dire ? C'est toi qui as essayé de me tuer avec ce Cognard ?

— Pas de vous tuer, Monsieur, surtout pas vous tuer ! dit Dobby, l'air choqué. Dobby veut sauver la vie de Harry Potter ! Mieux vaut qu'il rentre chez lui grièvement blessé plutôt que de rester ici, Monsieur ! Dobby voulait simplement que Harry Potter soit suffisamment blessé pour être renvoyé chez lui !

— Ah, bon, c'est tout ? Dit Harry avec fureur. Tu ferais mieux de filer d'ici avant que mes os n'aient repoussé, sinon, je t'étrangle !

Dobby eut un faible sourire.

— Dobby est habitué aux menaces de mort, Monsieur. Dobby en reçoit cinq fois par jour dans la maison de ses maîtres.

Il se moucha dans un coin de la taie d'oreiller crasseuse qui lui tenait lieu de vêtement. Il avait l'air si pitoyable que Harry sentit malgré lui sa colère le quitter.

— Pourquoi t'habilles-tu avec cette chose, Dobby ? Demanda-t-il, intrigué.

— Ça, Monsieur ? Dit Dobby, en montrant la taie d'oreiller. C'est un signe distinctif des elfes de maison. Ils sont tenus en esclavage, Monsieur, et Dobby ne peut être libéré que si ses maîtres lui offrent des vêtements. Aussi, la famille fait bien attention de ne rien donner à Dobby, pas même une chaussette, Monsieur, car alors, il serait libre de quitter à tout jamais la maison.

— Et j'imagine que tu ne veux pas me dire pourquoi tu tiens tant à me renvoyer chez moi en petits morceaux ?

— Ah, si seulement Harry Potter savait ! Gémit Dobby en versant à nouveau des larmes sur sa taie d'oreiller en lambeaux. S'il savait ce qu'il représente pour nous, les humbles, les esclaves, nous le rebut du monde de la magie ! Dobby se souvient comment c'était quand Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était au sommet de sa puissance ! Nous, les elfes de maison étaient traités comme de la vermine, Monsieur ! Oh, bien sûr, Dobby est toujours traité ainsi, admit-il en s'essuyant le visage avec sa taie d'oreiller, mais pour beaucoup d'entre nous, la vie s'est améliorée depuis que vous avez triomphé de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Harry Potter a survécu et le pouvoir du Seigneur des Ténèbres a été brisé.

Ce fut une aube nouvelle, Monsieur, et Harry Potter brillait comme une flamme d'espérance pour ceux d'entre nous qui pensaient que jamais les jours sombres ne finiraient... Mais maintenant, à Poudlard, des choses terribles se préparent, peut-être même qu'elles se produisent en cet instant, et Dobby ne peut pas laisser Harry Potter demeurer ici, à présent que l'histoire est sur le point de se répéter, à présent que la Chambre des Secrets a été ouverte une nouvelle fois...

À cet instant, Dobby se figea, comme frappé d'horreur, puis il saisit sur la table de chevet la carafe d'eau qu'il abattit sur sa propre tête. Il s'effondra sous le choc et réapparut un instant plus tard en louchant et en marmonnant :

— Méchant Dobby, très méchant Dobby...

— Donc, il existe bien une Chambre des Secrets ? Murmura Harry. Et... tu dis qu’elle a été ouverte une nouvelle fois ? Ça veut dire qu’elle avait déjà été ouverte dans le passé ? Raconte-moi, Dobby.

Il attrapa le poignet squelettique de l'elfe qui essayait de prendre à nouveau la carafe.

— Je ne suis pas né de parents moldus, dit Harry, alors pourquoi devrais-je avoir peur de ce que contient la Chambre ?

— Ah, Monsieur, ne demandez plus rien au pauvre Dobby, balbutia l'elfe, les yeux exorbités. Il se prépare de sombres actions dans ce château et Harry Potter ne doit plus s'y trouver lorsqu'elles se produiront. Retournez chez vous, Harry Potter. Harry Potter ne doit pas être mêlé à ça, Monsieur, c'est trop dangereux...

— Qui est-ce, Dobby ? Demanda Harry en tenant fermement le poignet de l'elfe pour l'empêcher de se donner un coup de carafe sur la tête. Qui a ouvert la Chambre ? Et qui l'avait ouverte avant ?

— Dobby ne peut rien dire, Monsieur, Dobby ne doit rien dire ! Couina l'elfe. Rentrez chez vous, Harry Potter, rentrez chez vous !

— Il n'est pas question que je parte d'ici ! Répliqua Harry d'un ton féroce. L'un de mes meilleurs amis est né de parents moldus, il sera l'une des premières cibles si la Chambre a vraiment été ouverte...

— Harry Potter risque sa propre vie pour ses amis ! Gémis Dobby dans une sorte d'extase pitoyable. Il est si noble ! Si courageux ! Mais il doit sauver sa propre vie, il le faut, Harry Potter ne doit pas...

— Ça va, j’ai compris et je ne partirais pas. Promets-moi juste de ne pas recommencer ce genre de plan foireux. Franchement, ton plan est idiot. Quoi que tu me fasses, ils peuvent me réparer en trois secondes. Ou au moins me soigner plus rapidement que dans le monde moldu. Il n'y a aucune chance que je rentre chez moi à cause d'une blessure. À ta place, j’essaierais plutôt de me faire porter le chapeau pour un truc grave et que je sois renvoyé…

Dobby se figea soudain, le visage figé par une révélation.

— Non, ce n’est pas ce que je voulais dire, c’est un très mauvais plan ! Souffla Harry, l'air terrifié.

Il y eut un craquement sonore et la main de Harry qui tenait le poignet de Dobby se referma sur le vide. Il hurla alors :

— Non Dobby, fait pas le con !

Après quelques instants à attendre sans recevoir de réponse, il se laissa retomber sur le lit et de tenter de se rendormir. Mais quelques instants plus tard, Dumbledore pénétra dans la salle à reculons. Il était vêtu d'une longue robe de chambre et coiffé d'un bonnet de nuit. Il portait l'extrémité d'un objet long qui semblait être une statue. Le professeur McGonagall apparut à son tour, portant l'autre bout de la statue qu'ils déposèrent sur un lit.

— Allez chercher Madame Pomfresh, murmura Dumbledore.

Le professeur McGonagall passa devant le lit de Harry et disparu. Harry resta immobile en faisant semblant de dormir. Il entendit des voix qui parlaient précipitamment et le professeur McGonagall revint dans la salle, suivie de Madame Pomfresh qui enfilait un cardigan sur sa chemise de nuit.

— Que s'est-il passé ? Chuchota Madame Pomfresh en se penchant sur la statue.

— Une nouvelle agression, répondit Dumbledore. Minerva l'a trouvé dans l'escalier.

— Il y avait une grappe de raisins à côté de lui, dit le professeur McGonagall. Je pense qu'il voulait rendre visite à Potter.

Harry sentit son estomac se contracter douloureusement. Avec précaution, il se souleva de quelques centimètres pour voir la statue allongée sur le lit. La lueur d'un rayon de lune lui permit de reconnaître le visage de Colin Crivey. Il avait les yeux grands ouverts et ses mains tendues devant lui tenaient son appareil photo.

— Pétrifié ? murmura Madame Pomfresh.

— Oui, répondit le professeur McGonagall, mais... je frissonne, rien que d'y penser... Si Albus n'était pas descendu à ce moment-là, qui sait ce qui aurait pu...

Tous trois observèrent longuement Colin Crivey. Puis Dumbledore se pencha et arracha l'appareil photo de ses mains figées.

— Vous pensez qu'il aurait pu prendre une photo de son agresseur ? Demanda précipitamment le professeur McGonagall.

Dumbledore ne répondit pas. Il ouvrit l'appareil.

— Miséricorde ! s'exclama Madame Pomfresh. Un jet de vapeur jaillit en sifflant de l'appareil photo et Harry sentit une odeur âcre de plastique brûlé.

— Fondu, dit Madame Pomfresh d'un air songeur. La pellicule a entièrement fondu...

— Qu'est-ce que cela signifie, Albus ? Demanda le professeur McGonagall d'une voix inquiète.

— Cela signifie, répondit Dumbledore, que la Chambre des Secrets a bel et bien été ouverte une deuxième fois.

Madame Pomfresh plaqua une main contre sa bouche. Le professeur McGonagall regarda Dumbledore avec de grands yeux ronds.

— Mais Albus... qui...

— La question n'est pas de savoir qui, répliqua Dumbledore, les yeux fixés sur Colin, mais de savoir comment...

Et d'après ce que Harry pouvait voir du visage de McGonagall, elle ne semblait pas comprendre mieux que lui ce que Dumbledore avait voulu dire.

oOoOoOo

Lorsque Harry se réveilla le dimanche matin, la salle de l'infirmerie était baignée d'un soleil d'hiver étincelant. Ses os avaient repoussé, mais son bras était terriblement raide. Il se redressa et jeta un coup d'œil en direction du corps pétrifié de Colin, mais un rideau tendu autour du lit l'empêchait de voir quoi que ce soit. Voyant qu'il était réveillé, Madame Pomfresh entra avec le plateau du petit-déjeuner et commença à masser, plier, étirer son bras et ses doigts aux os tout neufs.

— Tout est en ordre, dit-elle. Quand tu auras fini de manger, tu pourras t'en aller.

Harry s’en alla vers sa salle commune, appréhendant la suite des événements. Même s’il ne l’aimait pas, il était évidemment désolé pour Colin, mais ce qui le préoccupait le plus c’est qu’il l’avait menacé publiquement de lui envoyer le monstre juste avant l’attaque. Il allait plus que jamais être un suspect et ça n’allait pas améliorer sa côte de popularité chez les Gryffondor, alors qu’elle était déjà extrêmement basse, à cause de ses affrontements fréquents avec Weasley numéro 7.

Nouvelle attaque du monstre de Serpentard

Malheureusement, ses appréhensions se révélèrent bien en dessous de la réalité.

Non seulement de plus en plus d’élèves l’accusèrent d’être l’héritier, mais beaucoup décidèrent qu’il était temps d’imiter les jumeaux Weasley. Rapidement, il ne put se promener seul dans le couloir sans subir un sort de bloc jambe, se faire pousser ou subir d’autres mauvaises blagues. Sans doute par esprit de contradiction ou anticonformisme, les jumeaux Weasley, eux, arrêtèrent totalement de le prendre pour cible. Ou alors peut-être avaient-ils compris qu’il n’y était pour rien si leur sœur semblait aller de plus en plus mal.

Apparemment, elle devait être proche de Colin, car depuis sa disparition, elle s’était refermée sur elle-même jusqu’à en oublier de se disputer avec Jenny (à la grande joie de Lucas qui en avait marre de devoir les séparer).

Heureusement, les Poufsouffle n’avaient pas usurpé leur réputation de loyauté et sans le consulter, ils s’organisèrent pour qu’il ne soit jamais seul. De plus, à l’initiative de Cédric, les préfets de toutes les maisons recherchèrent les coupables et mirent de sévères punitions à ceux qu’ils attrapèrent. Harry n’en montra rien, mais leur soutien lui fit chaud au cœur. Grace eux, il ne souffrit quasiment pas de la situation et s’attacha plus que jamais à sa maison. Et pas seulement à cette dernière. Malgré le contexte, il s’attachait de plus en plus au château et au monde magique. À son corps défendant, il reconnaissait que maintenant, il ne pourrait plus vivre comme un moldu. Et encore moins cacher ses pouvoirs en permanence, comme il en avait pris l’habitude au 4 Privet Drive.

Il savait que les Dursley ne pourraient pas supporter qu’il utilise la magie quotidiennement en leur présence. Par égard pour lui, ils ne diraient probablement rien, mais ils ne pourraient pas totalement cacher leur dégoût. Et s’il y a une chose qu’Harry ne voulait pas voir dans leur regard, c’était du dégoût. Mais en même temps, il ne pouvait pas les abandonner (comme il l’avait fait cet été). La plupart du temps, il repoussait ses pensées, mais lors des ennuyeux cours d’histoire de la magie, son esprit vagabondait régulièrement dans cette direction et le plongeait dans un abysse de perplexité.

Harry évolua donc dans une légère morosité jusqu’à ce qu’un matin, il vît un groupe d'élève rassemblé autour du tableau d'affichage. Un morceau de parchemin venait juste d’y être épinglé. Il s’approcha et vit qu’un club de duel allait être ouvert. Cette nouvelle excita la plupart de ses camarades qui décidèrent de s’y inscrire et ne parlèrent que de ça au petit-déjeuner. En revanche, l’annonce laissa Harry complètement indifférent. Il détestait se battre et ne voyait pas vraiment l’intérêt d’apprendre.

— Hé salut Harry. Dit Lucas en arrivant seul pour déjeuner. Il se levait tout le temps bien avant Jenny, mais d’habitude, il l’attendait pour aller manger.

— Salut Lucas,

— T’as vu, ils vont ouvrir un club de duel. On s’y inscrit ? Demanda Lucas.

— Euh non merci. Répondit Harry

— Quoi, mais pourquoi ? Vu ce qui se passe ne ce moment se serait super utile. Et puis tout le monde va s’inscrire.

— Je sais que les Serpentard ont un balai dans le cul, mais je ne pense pas que leur monstre soit du genre à suivre l’étiquette et à se battre en suivant les règles.

— Allez, ça sera amusant.

— Ouais. Mais non. Depuis que mon père m’a obligé à essayer la boxe, je me suis promis de ne plus jamais faire de sport de combat. Mais demande à Jenny. Je suis qu’elle, elle serait partante.

— Si j’y vais qu’avec elle, les gens vont encore dire qu’on sort ensemble. C’est pénible. C’est si dur à croire qu’un gars et une fille puissent juste être amis ?

— Oui.

— Harry, tu pourrais au moins faire semblant de me soutenir. Tu sais, c’est des trucs qui se font entre amis.

— Mais c’est ta faute aussi. Tu n'avais qu’à pas me tendre une perche aussi énorme. Plus sérieusement, ce n’est pas seulement parce que vous êtes un gars et une fille. C’est surtout que vous êtes tellement, tellement (…) fusionnel. Franchement vous êtes bizarres.

— N’importe quoi. C’est normal qu’on soit proche, on se connaît depuis la maternelle. Je suis sûr qu’il y a d’autres gens qui ont des amis avec qui ils sont aussi proches.

— Mec ça fait 3 mois que l’on se connaît et c’est la première fois que l’on se parle en tête-à-tête parce que d’habitude vous êtes collé en permanence l’un à l’autre.

Il rougit et s’exclama :

— N’importe quoi.

— Si.

— Non.

— Si.

— Non

— Peu importe changeons de sujet. Céda Harry. Comment ça se fait que tu n’aies pas attendu Jenny pour venir manger aujourd’hui ?

— Mais je l’ai attendu ! J’ai dû poireauter une demi-heure dans le hall. D’habitude, quand elle a du mal à se lever elle demande à une fille de son dortoir de venir me prévenir et je vais la tirer du lit par la peau du cul, mais là (…) Lucas s’arrêter de parler en voyant Harry sourire d’un air satisfait et comprit qu’il était tombé dans un piège.

— Bon d’accord, on est peut-être un peu plus proche que la plupart des amis. Mais je vois pas pourquoi tout le monde en fait tout un fromage.

— Je ne dis pas le contraire. C’est bizarre, mais c’est beau une amitié comme ça.

— Arrête de te foutre de moi.

— Non, je suis sérieux.

— Oh heu. Merci. Baragouina, maladroitement Lucas.

Gênés, ils terminèrent leur petit déjeune en silence. Mais Harry et Lucas devinrent de plus en plus nerveux au fur et à mesure que le temps passa et que Jenny n’arrivait toujours pas. Ce n’était pourtant pas son genre de louper un repas.

Par un simple échange de regard, ils se mirent d’accord pour partir à sa recherche. Ils allèrent à la table des Serpentard demander aux filles de son dortoir si quelqu’un l’avait vu. Elles répondirent qu’elle n’était pas dans son lit ce matin et qu’elles ne savaient rien, mais Harry avait l’impression qu’elles mentaient. Lucas l’avait apparemment remarqué et décida d’insister auprès d’une fille avec qui elle s’entendait plutôt bien. Cependant, un blond de deuxième année qui disait vaguement quelque chose à Harry les interrompit.

— Dit donc le Gryffondor. Ta table, c’est de l’autre côté.

— Je cherche mon ami Jenny. Elle est à Serpentard. Tu ne l'aurais pas vu par hasard ?

— Non. Maintenant va-t’en. Répondit celui-ci, énervé, pendant que deux élèves ressemblant à des gorilles, qui étaient à côté de lui, ne gonflaient leurs muscles.

— Et tout doux. Qu’est-ce qui vous prend ? On cherche juste notre amie. Avec toutes ces histoires de montre, on s’inquiète de ne pas la voir arriver. Déclara Lucas pour calmer le jeu avec toute l’expérience que lui avait conféré la désescalade des duels Ginny/Jenny.

Harry quant à lui, si ce n’était pas par loyauté envers Lucas, se serait carapaté dans l’autre direction. Est-ce qu’il avait déjà précisé que la bagarre ce n’était pas son truc ?

— Si tu t’inquiétais vraiment pour elle, le sang de bourbe, tu la laisserais tranquille. Son sang est déjà suffisamment souillé. Maintenant va-t’en et ne te mêle plus des affaires des Serpentard.

Harry se souvient maintenant qui c’était et s’en voulut immédiatement. C’était un fils de mangemort et surtout, c’était lui l’idiot qui avait dit que les traîtres à leur sang seront les prochains à être attaqué le jour d’Halloween. Pris par ses propres problèmes, il n’y avait pas prêté attention, mais son ami avait apparemment des ennuis avec les autres membres de sa maison. Et avec les plus dangereux par-dessus le marché.

Comme le Gryffondor qu’il était, Lucas allait violemment répliquer, mais il fut rapidement entouré d’autres Serpentards de deuxième année au regard glacial. Il décida de se taire et de battre en retraite.

Malfoy afficha alors un sourire satisfait. Lui et sa bande se levèrent et passèrent en bousculant Harry et Lucas. Mais l’un d’entre eux leur glissa discrètement au passage :

— Elle est dans les toilettes pour fille du deuxième étage.

— Celles qui sont hantées et où personne ne va ? Mais qu’est-ce qu’elle foutrait là ? Demanda Harry

Mais le garçon disparut sans en dire davantage.

— Hé revient. L’apostropha Harry.

— Non, laisse-le.

— Tu le connais ? C’est qui ce type ? Demanda Harry.

— C’est Théodore Nott. Son cousin.

— Oh ! Tu crois qu’on peut lui faire confiance ?

— Non, mais on n’a pas d’autre piste. Dit Lucas en commençant à se diriger rapidement vers les toilettes.

— Attends. Hurla Harry

— Quoi ? Tu as une meilleure idée ? Dépêche-toi. Jenny est peut-être en danger.

— Oui, j’ai une idée. Avant de foncer un coin reculé du château où nous attend peut-être une bande de fils de mangemort en colère et peut être l’héritier en personne, on devrait demander à mes amis de Poufsouffle et tes amis de Gryffondor de nous accompagner.

oOoOoOo

C’est ainsi qu’une dizaine de garçons de première année et Luna Lovegood de Serdaigle (personne ne lui avait demandé de venir, mais elle les avait suivis et personne ne s’en était plaint) se dirigèrent vers les toilettes de filles du deuxième étage. Une fois devant la porte Harry fut pris de frayeur en pensant à l’immense inconnue qui l’attendait à l’intérieur. Malheureusement pour son instinct de conservation, rien ne pouvait l’effrayer davantage que de perdre un proche.

Il grimaça et ouvrit violemment la porte. Il vit alors son amie debout sur un cabinet de toilette avec les deux mains attachées à un tuyau. Elle semblait terrorisée et d’énormes cernes indiquaient qu’elle était également épuisée. Sans plus de précaution, Harry et Lucas se précipitèrent vers elle, mais elle cria.

— Non, éloignez-vous c’est dangereux.

Mais il était trop tard. Un énorme serpent surgit devant leurs yeux. Lucas recula et jeta un maléfice au serpent, mais cela ne sembla rien lui faire.

— Harry recule ! D’où il sort ce serpent ?

Mais Harry pour une raison qu’il ne comprenait pas ne ressentait aucune peur. Il ne savait pas comment, mais il savait que le serpent ne lui ferait aucun mal. Il resta sur place et demanda :

— Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Tu parles ?

Harry, surpris que le serpent lui réponde dit :

— Bien sûr que je parle. Je suis un humain. C’est que toi, tu parles, qui est surprenant.

Cette réponse sembla agacer le serpent qui enchaîna plus tôt.

— Que veux-tu, humain ?

— Je veux que tu laisses mon ami tranquille et que tu quittes le château.

— Celui qui m’a invoqué m’a laissé ici, affamé, avec ton amie pour seule nourriture, mais je n’ai pas de venin et elle ne se laisse pas étouffer.

— Je crains qu’elle ne soit très têtue sur ce sujet. Autour du château, il y a une forêt avec plein de proie beaucoup plus (...)

— Nourris-moi et je m’en irais.

— Les gars quelqu’un veut bien nourrir le serpent ? Harry se retourna et vit tous les autres le regarder avec un air horrifié (à l’exception de Luna Lovegood qui regardait le plafond en souriant)

— Heu les gars. Qu’est-ce qui se passe ? Demanda Harry

Ils s’approchèrent tous (à l’exception de Lucas) et sortir leur baguette pour la pointer sur lui.

— Ne bouge pas espèce de salaud. Peter est parti prévenir Chourave.

Harry les regarda avec un air mi-ahuri, mi-horrifié.

— Non mais calmez-vous les gars. C’est Harry. Déclara Lucas

— T’es dans le coup avec lui ? Il t’a promis que si vous l’aidiez à nous attirer dans ce traquenard, il vous laisserait la vie sauve à toi et à ta petite amie ?

— On n’est pas ensemble. Hurlèrent Lucas et Jenny de manière synchronisée.

Le serpent pendant ce temps se détourna d’eux et se rapprocha de Jenny qui cria et le repoussa en agitant son pied.

— Laisse là et disparais ou je te tue moi-même. Bluffa, Harry.

Le serpent qui ne savait pas qu’aucun des sorciers de première année en face de lui ne connaissait de magie assez puissante pour le vaincre, décida de s’en aller vers cette forêt giboyeuse, dont cet arrogant deux jambes lui avait parlé. Mais voyant ce gigantesque serpent apparemment immunisé contre les sorts les plus basiques se diriger dans leur direction, les élèves prirent peur et commencèrent à lancer des sorts contre Harry.

Harry esquiva difficilement grâce à des réflexes acquis durant des années de pratique du foot. Heureusement pour lui, la plupart de ses adversaires n’étaient pas assez doués avec la magie pour viser correctement, même à une aussi faible distance. Mais malheureusement pour Jenny qui était toujours attachée aux tuyaux il visait tellement mal qu’elle fut frôlée par un sort orange inconnu qui mit le feu à la cloison des toilettes ou elle était attachée.

— Les amis, la prochaine fois, laissez-moi avec le serpent. Déclara-t-elle.

Fourchelang et conséquence

— On peut savoir ce qui se passe ici ? Arrêtez immédiatement ! Demanda Chourave en arrivant sur les lieux de ce qui ressemblait à un désastre. Harry, Lucas et Jenny (qui avait été libéré de ses liens à l’aide d’un Alohomora d’Harry) étaient retranchés derrière une barricade faite de cloison en bois et de morceau de faïence au milieu d’un chaos qui avait été autrefois des toilettes pour filles, pendant qu’une dizaine de leur camarade leur envoyaient des sorts basiques plus ou moins bien exécutés (paradoxalement, ce sont les sorts mal exécutés qui faisait le plus de dégât).

— C’est lui, l’hériter de Serpentard. Il a demandé à son monstre de nous attaquer.

— Mais vous avez pété un câble ? Déclara Harry.

— Rangez immédiatement vos baguettes. Ceux qui l’auront encore entre les mains dans 5 secondes seront renvoyés. 5,4,3,2. Bien. Et maintenant est ce que quelqu’un pourrait m’expliquer calmement et depuis le début ce qui s’est passé ici.

S’ensuivit un brouhaha parfaitement incompréhensible.

— Stop ! Un à la fois, je vous pris

oOoOoOo

Après quelque explication Chourave demanda :

— Et qu’est-ce qu’il est devenu ce fameux serpent ?

— Je ne sais pas. Il a dû s’enfuir pendant que l’on se battait.

— Vous voulez me dire qu’un serpent venimeux d’un mètre, résistant à la magie, se balade dans Poudlard à la recherche d’une proie et que vous n’avez rien trouvez de mieux à faire que de vous battre entre vous ? Si un étudiant se fait mordre, vous serez tous en retenue jusqu’à la fin de l’année.

— Il n’est pas venimeux. Précisa Harry

— Tenez, c’est la preuve. Il connaît le serpent. Comment il pourrait le savoir sinon. Harangua un Poufsouffle nommé Justin

— Vous l’avez entendu comme moi le dire. Répondit Harry

— Qu’est-ce que tu racontes ? Je t’ai entendu parler fourchelang.

— Hein ? C’est quoi Fourchelang ?

— Ce doit être le nom du truc que t’as fait avec le serpent. Dit Lucas.

— Fourchelang, c’est la langue des serpents. Expliqua Jenny

— Harry peut parler aux animaux. Cool ! Dit Lucas.

— Non juste au serpent. Et ce n’est pas cool du tout.

— Attendez tous les deux qu’est-ce que vous racontez, j’ai parlé anglais. Interrompit Harry

— Non, Harry, Justin est un idiot, mais il a raison, tu as parlé Fourchelang.

— Je te signale que l’idiot est venu te sauver.

— Je ne t’ai rien demandé.

D’un côté, Harry était contant que ses amis le soutiennent, mais d’un autre côté le caractère colérique de Jenny (empiré par une nuit difficile) n’allait pas l’aider à se rabibocher avec les autres Poufsouffle.

Après cette dernière tirade. Les deux camps se contentèrent de se regarder en chien de faïence jusqu’à ce que Chourave leur ordonne de retourner dans leur salle commune (sauf Jenny qui fut envoyée de force à l’infirmerie). Durant les heures qui suivirent les professeurs fouillèrent le château à la recherche du reptile.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard.

— C’est Malfoy et sa bande qui ont attaqué Jenny.

— Ce sont là de très graves accusations monsieur Potter. Quelle preuve avez-vous ? Demanda le professeur Chourave

— Mais enfin, c’est évident que c’est lui. On vous a dit comment il a réagi dans la grande salle.

— La situation ne vous autorise pas à manquer de respect à vos professeurs. Vous utiliserez le terme professeur ou Monsieur pour vous adresser à chacun de nous.

— Merci Severus, mais je pense être capable d’obtenir moi-même le respect de mes étudiants. De plus, le problème n’est pas le respect dont font preuve mes élèves, mais celui dont font preuve les vôtres. Déclara le professeur Chourave en lançant des éclairs au professeur Snape.

— C’est certain. Pour en revenir au sujet, contrairement à vous, je n’ai pas attendu aujourd’hui pour constater que Monsieur Malfoy et mademoiselle Jenny ont dirons-nous quelques différents. J’ai donc déjà interrogé ses condisciples qui m’affirment qu’il était dans son dortoir au moment où elle a été attaquée.

En revanche, vos camarades de Poufsouffle ont soulevé un point intéressant. Bien sûr je ne pense pas que vous ayez quoi que ce soit avoir avec cette attaque, mais pourriez-vous m’indiquer comment vous saviez où trouver mademoiselle Jenny ?

Harry et Lucas décidèrent silencieusement de ne pas dénoncer Théodore Nott. Ils étaient pratiquement sûrs que le Serpentard n’avait rien à voir avec cette attaque et ne voulait pas lui attirer des ennuis.

— Je ne m’en souviens plus.

— Tout ceci n’est pas très clair. Peut-être devrions-nous priver Potter de certains privilèges jusqu’à ce qu’il retrouve la mémoire. Je propose (..).

— Je ne vois pas bien en quoi la situation justifierait que Potter soit puni de quoi que ce soit. Coupa Chourave. D’ailleurs 20 points pour Poufsouffle et 20 points pour Gryffondor pour être venue en aide à une élève en danger. Mais la prochaine fois même si vous n’êtes pas sûr qu’il soit arrivé quelque chose prévenez un professeur.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard dans le bureau de Snape.

Snape était furieux et devait faire preuve de toute sa patience pour se retenir d’étrangler son élève.

— Monsieur Malfoy, peut-on savoir ce qui vous est passé par la tête ?

— De quoi parlez-vous monsieur ?

— Ne jouez pas à ces petits jeux avec moi. Dit Snape en lançant un regard assassin, capable d’effrayer même un mangemort. Néanmoins l’insupportable morveux sembla y être indifférent. Il avait trop privilégié le garçon.

— Très bien. Vous serez en retenue tous les soirs, avec moi, jusqu’à la fin de l’année.

— Vous n’avez pas le droit. Je le dirais à mon père.

— Oh, mais pas la peine de vous infliger cette peine. J’ai déjà prévenu votre père et il est tout aussi furieux que moi d’apprendre que son héritier a le cerveau atrophié d’un Gryffondor. Non, même le plus stupide des Gryffondor aurait au moins eu l’intelligence de ne pas signer son crime. Serpensortia est un sort que j’ai moi-même inventé et vous êtes le seul élève à qui je l’ai appris.

— Mais on ne peut pas la laisser souiller la réputation des Nott !

— Et qu’en pense Monsieur Nott exactement ?

L’expression qu’adopta Malfoy était la meilleure des réponses.

— On s’en fiche de ce que pense ce lâche. C’est l’honneur des familles de sang pur qui est en jeu.

— Félicitations ! Tout le monde est positivement impressionné que vous ayez besoin de vous y mettre à 5 pour vous en prendre à une sorcière de première année. Toute l’école ne bruisse que de votre incroyable démonstration de pouvoir. Pas de doute qu’à votre sortie de Poudlard tout le monde ressentira respect et crainte à votre égard. Et il est évident que ce petit coup d’éclat a restauré votre honneur. Vos camarades ne pensent absolument pas à vous comme une bande d’aristocrates consanguins dégénérés dénués de pouvoir et d’intelligence qui n’attendent que d’être plumés par des gens plus talentueux.

— On doit ne rien faire alors ?! Le défia Malfoy.

— ‘On‘ je ne sais pas, mais vous, vous devez apprendre à vous comporter en vrai Serpentard et non comme un enfant stupide. Et ça commence par arrêter de vous faire remarquer. Demain, vous irez présenter vos excuses à mademoiselle Nott, en public dans la salle commune de Serpentard. Et si j’apprends que vous avez reprit votre petite vandetta à son encontre de quelque façon que ce soit, je ferais en sorte que votre punition se prolonge durant les vacances scolaires.

— Mais pourquoi est-ce que c’est si grave ? Ce n’est qu’une traîtresse à son sang !

— 100 points en moins pour Serpentard.

— Mais pourquoi ?

— Pour avoir délibérément enfreint le réglementent de l’école devant un professeur et pour m’avoir obligé à expliquer ce qui est évident même pour un enfant de 5 ans. Si vous devez poser des questions stupides, essayez au moins de les poser de manière intelligente et détournée. À votre avis que va faire la société sorcière suite à ses attaques ?

— Chercher le coupable.

— Vous êtes d’une naïveté ! Ils vont chercher un bouc émissaire. Autre question. Essayer de réfléchir cette fois-ci. Qu’est-ce que votre père essaye de faire depuis la fin de la dernière guerre ?

— Il essaye de regagner une respectabilité tout en plaçant nos alliés au poste les plus élevés possible au ministère.

— Correct, même si vous auriez pu rajouter qu’il essaye également de discréditer ses ennemis, notamment Dumbledore. Reprit Snape. Bien est-ce que vous comprenez maintenant en quoi votre attitude est problématique ?

— Mais jamais personne ne nous accusera d’être responsable, mon père (..)

— Votre père ne peut pas tout. Et même s’il le pouvait, à sa place, je vous laisserais assumer les conséquences de vos actes afin de vous mettre du plomb dans la tête. Quitte à devoir vous transférer à Dumstrang après coup.

— Mais ça ne se peut pas. J’ai un alibi pour les deux attaques !

— Monsieur Malfoy savez-vous qui a été accusé et condamné la dernière fois que la chambre des secrets a été ouverte.

— Non.

— Il s’agit de Rubeus Hagrid.

— Quoi ? Mais c’est impossible que ce benêt ait quoi que ce soit avoir avec (..).

— Exactement. Et c’est la conclusion à laquelle est capable d’arriver n’importe qui ayant les capacités intellectuelles d’un veracrasse. Malheureusement, comme me le prouve chaque jour mes élèves, le niveau moyen des sorciers est bien en dessous de cela. Vous avez de la chance que Potter ait choisie ce moment pour montrer à toute l’école qu’il était fourchelang. Sans cela, c’est vous qui auriez été accusé. Et à la prochaine attaque, les nombreux ennemis politiques de votre père auraient poussé le ministère à demander votre renvoi.

En désespoir de cause, Malfoy lâcha :

— Vous ne pouvez pas me mettre en retenue. Il n’y a aucune preuve que c’est moi. À moins que vous ne vouliez leur dire que c’est vous qui m’avez appris ce sort ?

— Avez-vous écouté ce que j’ai dit ? Les enjeux vont bien au-delà du cadre scolaire. Et pour votre information s'il n’y a aucune preuve, c’est parce que je vous ai couvert. Mais on peut encore s’arranger. Que se passera-t-il, si j’autorisai Chourave à utiliser le priori-incantatum sur votre baguette ? Ou si j’allais interroger moi-même miss Nott pour la forcer à avouer les noms de ses agresseurs ? Mais vous avez raison. Je ne peux pas ouvertement vous punir après avoir clamé votre innocence. C’est pour cela que vous direz à tous ceux qui vous poseront des questions que vous venez m’aider volontairement à préparer les cours afin d’améliorer vos compétences en potions. Et si vous êtes en retard ne serait-ce qu’une seule fois à vos retenues ou que je vous entends encore vous plaindre vous verrez directement avec votre père pour obtenir une punition plus digne de vous. Maintenant, sortez de mon bureau. Vous m'avez déjà fait perdre suffisamment de temps.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard.

— Comment ça se fait que Snape était au courant que Malfoy te harcelait et pas nous ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Demanda Lucas, juste après que Jenny soit enfin autorisée à sortir de l’infirmerie

— Il ne me harcèle pas. Je n'ai aucun problème avec ce petit con gominé.

— Arrête de me mentir ! Tu n'as pas confiance en moi ?

— Mais non, c’est juste que... Je ne sais pas, je n'avais pas envie d’en parler. Toi aussi, ça doit t’arriver de vouloir garder des trucs pour toi.

— Moi, je te dis toujours tout. Lâcha Lucas en partant

— Lucas attend.

— Ne t’inquiète pas, il est juste un peu choqué. C’est normal d’avoir des secrets. Dès qu’il se sera un peu calmé, il reviendra s’excuser et on verra ce qu’on peut faire pour faire passer au gominé l’envie de recommencer. Dit Harry pour rassurer la jeune fille.

— Non, il a raison. J’aurais dû lui en parler.

Durant les jours suivant, Lucas refusa de parler à Jenny ce qui fit beaucoup souffrir la jeune fille et Harry qui devait jouer les intermédiaires entre les deux amis. Au fil du temps, ils finirent par se reparler, mais Lucas resta plus réservé qu’avant avec son amie d’enfance. Malgré tou,t même durant la période où il ne lui parlait plus Lucas passait énormément de temps à la suivre discrètement pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien et avait réussi, on ne sait comment, à convaincre des Serpentard de son année de lui dire ce qu’il se passait dans son dortoir.

Pour ne pas aggraver les problèmes, Harry s’abstint de tout commentaire, mais il trouvait que le comportement de Lucas était malsain. Il se tut en espérant que les choses s’amélioreraient avec le temps.

Batman

Depuis que les élèves avaient découvert qu’il était Fourchelang, tous les Poufsouffles (à part Cédric, bien sûr) se mirent à l’éviter. Dans la salle commune, personne ne l’accusait de quoi que ce soit, mais les regards méfiants et l’exclusion qu’il subissait maintenant lui était plus pénible que des insultes. Et sans le soutien de sa maison en dehors de la salle commune, les brimades avaient rapidement repris.

Heureusement, il bénéficiait encore du soutien de quelques personnes comme Jenny, Lucas, Cédric et curieusement des jumeaux Weasley qui était venue s’excuser dans l’un de leurs rares moments de sérieux et avaient proposé de les aider à se venger de Malfoy.

Il comptait aussi depuis peu Luna Lovegood parmi ses soutiens. En effet dans les cours communs avec les Serdaigle, comme les potions elle était dorénavant la seule qui acceptait de se mettre en binôme avec lui. Cependant la folie douce qui caractérisait la jeune Serdaigle l’empêchait de devenir ami avec la jeune fille.

Malgré leur soutien, la situation lui était particulièrement pénible. Il ne comprenait pas pourquoi on le détestait autant. Qu’est-ce qu’il n’allait pas avec lui ? Peut-être qu’ils avaient raison ? Peut-être que ces attaques avaient un lien avec lui ? C’était quand même une sacrée coïncidence qu’avec tous les élèves présents dans le château, les attaques portent spécifiquement sur des personnes avec qui il avait eu des différents récemment. Et dans les rares moments où il n’y avait aucun témoin pour dire où il se trouvait. Se pouvait-il qu’il soit l’hériter de Serpentard et que, d’une manière ou d’une autre, il soit responsable des agressions ? Est-ce que c’etait pour ça qu’il était Fourchelang ? Il ne savait quasiment rien sur la famille de son père après tout.

Il réunit ses amis dans une salle de classe désaffectée qu’il avait petit à petit transformé en leur repaire en y apportant des coussins et des réserves de bonbons. Timidement, il leur expliqua ses doutes.

— Franchement Harry, ça n’a aucun sens. Lors de la première attaque tu n’as pas eu d’absence et lors de la deuxième, tu étais cloué au lit à l’infirmerie. Comment est-ce que tu aurais pu attaquer d’autres élèves ? Déclara Jenny

— Je ne sais pas. Peut-être que j’ai un lien avec le monstre et qu’il attaque les gens contre qui je suis en colère ?

— Si c’était le cas, ça ferait longtemps qu’on serait débarrassé de Snape. Plaisanta Lucas.

Jenny lui donna un petit coup de coude.

— Pas touche à mon directeur de maison. Dit Jenny en plaisantant.

— Pourquoi tu le défends alors qu’il protège Malfoy ? Lança Harry avec un profond ressentiment.

— Depuis l’attaque Malfoy a limite peur de m’adresser la parole et je suis sûr que c’est lui qui est intervenu.

— Si tu le dis. Concéda Harry avec scepticisme. Dans ce cas, qui est l’héritier ?

— Je ne sais pas. T’as dit que Dobby tenait à te mettre à l’écart ? Donc ça veut dire que tu es une cible. C’est un indice. Répondit Lucas.

— Mais ça n’a aucun sens. Je suis un sang-mêlé. Et qui voudrait s’en prendre à moi ?

— Tu n’as pas une légère minuscule petite idée ? Dit jenny sarcastique

— Ben non. Je ne suis qu’un gosse. Et je ne connais personne dans le monde magique.

— Voyons Harry. Tu es le survivant. Celui qui a vaincu Voldemort. Annonça Jenny sur le ton de l’évidence.

— Dobby a affirmé que ce n’était pas lui. À ce moment-là Harry eu une révélation et rajoutât : Mais il a fait un drôle de clin d’œil comme pour me dire que c’était un indice.

— De toute façon, il est mort. Il est mort hein ? Rajouta Lucas inquiet en voyant l’expression de Harry.

— Je ne sais pas bien. Je pense qu’il est mort cet été, mais Dumbledore a éludé la question.

— Comment ça cet été.

Harry leur expliqua alors que Voldemort avait survécu sous une forme diminuée à leur première rencontre d’il y a 11 ans. Puis qu’il y a quelques mois un serviteur de Voldemort nommé Quirrell l’avait enlevé pour tenter de redonner toute sa puissance à son maître en se servant de son sang, mais que le rituel avait mal tourné.

— Voilà, après, je me suis évanoui et je ne sais pas ce qu’est devenue Voldemort. Et Dumbledore n’a fait que me donner des réponses évasives.

— Bon oublions Voldemort. S’il traînait dans le château, je pense que Dumbledore le repérerait. Et puis je doute que Dobby mente. Son clin d’œil voulait peut-être dire que c’est un autre de ses serviteurs. Je parie que l’héritier est un fils de mangemort voulant venger son maître et purger le château de ceux qu’il considérait comme impurs.

— Mais bien sûr, c’est Malfoy, le coupable. S’exclama Harry.

Lucas fut tout de suite convaincu par l’hypothèse d’Harry, mais Jenny dit que ça ne pouvait pas être lui. D’après elle, il était trop bête pour ça. De plus, elle savait où il était au moment des autres attaques.

— Allez, arrête de vouloir jouer les héros, Batman. Lui lança Jenny pour clore le sujet.

— Batman ?

— Ben oui. Tes parents sont morts, tu es riche et tu combats le mal. T’es Batman.

oOoOoOo

Quelques jours plus tard, Cédric croisa dans les couloirs un Harry qui courait avec une cape noire suivi de ses deux amis également déguisés.

— Je suis la vengeance. Hurlait Harry

— Pourquoi c’est moi qui fais Batgril ? Se plaignit Lucas pour la énième fois. Ce serait plus logique que je fasse Robin. Rajoutât-il en réajustant sa Jupe

— Heu… N’oubliez pas de vous inscrire pour rentrer chez vous à noël. Répondit un Cédric dont le cerveau avait cramé devant ce spectacle.

— Batman l’a déjà fait.

oOoOoOo

Note de l’auteur: l’idée de rapprocher Batman et Harry n’est pas de moi. Je l’ai piqué à un même que j’ai vu, je ne sais où.

Un nom surgit du passé

— Haaaaaa !

Harry se réveilla en sueur encore une fois. Il ne l’avait dit à personne, mais depuis que les autres élèves l’attaquaient régulièrement dans les couloirs, il s’était remis à faire des cauchemars. À chaque fois, le schéma restait le même. Il revivait une brimade qu’il avait vécue dans la journée, puis un élément lui rappelait ce qui s’était passé dans le cimeterre en juin dernier.

Il prit un verre d’eau et regarda son réveil. Il était 3 heures du matin. Il se félicita d’avoir réussi à apprendre le sort de silence. Déjà que ses camarades de dortoirs n’étaient pas ravis d’être réveillés en pleine nuit, lorsqu’il le prenait pour un héros. Quoiqu’en y réfléchissant depuis l’épisode du serpent, ses camarades de dortoir avaient tellement peur de lui qu’ils n’oseraient sans doute rien lui dire. Harry trouvait ça tellement stupide. Comment pouvaient-ils penser qu’il pourrait les tuer pour un mot de travers, alors qu’ils avaient passé plusieurs mois ensemble ? La maison des blaireaux, mon œil. Plutôt celle des moutons sans cervelles. Mais il aurait quand même dû prévenir Cédric. Cependant, il en avait marre que le 5 iéme année le prenne pour un bébé.

Il reposa sa tête contre l’oreiller et réfléchit. Cette fois, c’était particulier. Comme d’habitude, il avait revu le moment où il était attaché à la tombe, mais ce coup-ci, son cerveau s’était rappelé d’un détail. Le nom sur la tombe était le même que celui sur cette médaille qu’il avait passé des heures à frotter dans la salle des trophées à cause de ce (Pour votre santé mentale les insultes qui vont suivre ont été remplacés par des noms d’oiseau) pélican de mouette, finit au pigeon, albatros, aigrette bécasse communiste de Snape.

Enfin presque. Le nom sur le trophée était Tom Elvis Jedusor alors qu’il était pratiquement sûr que le nom sur la tombe était Tom Jedusor. Voldemort avait dit qu’il s’agissait de la tombe de son père. Et l'incantation ne laissait aucun doute sur le fait que c’était vrai. Ce Tom Elvis Jedusor devait avoir un lien avec Voldemort. Il avait reçu sa récompense en 1942 donc il avait entre 11 et 18 ans à ce moment-là. Harry calcula qu’il devait avoir approximativement 50-60 ans aujourd’hui. Au vu de son âge, c’était peut-être le père de Voldemort. Non ça ce n’était pas possible puisque c’est Tom Jedusor son père. Bon, qui qu’il puisse être, il était de sa famille.

Harry était intrigué. Il n’avait jamais imaginé que ce monstre puisse avoir une famille. Enfin si. Depuis que Dudley avait eu son accès internet, il avait une idée assez précise sur comment on faisait les bébés et il savait bien qu’il n’était pas né par l’opération du saint esprit. Harry se rappela des cours de catéchisme dans cette église bizarre, où il avait été après que Vernon ait jugé que le discours du prêtre de leur paroisse était trop déviant. Si ça se trouve, Voldemort était cet antéchrist dont lui avait parlé le prêtre et il n’avait donc pas vraiment de père ou de famille. Harry se demanda aussi ce que ce prêtre aurait pensé du fait qu’il était un sorcier et qu’il étudiait la magie. Mais il chassa ses idées noires et revint à Jedusor.

Pour avoir reçu une telle récompense et qu’elle soit restée exposée aussi longtemps, c’etait qu’il avait dû faire quelque chose d’exceptionnel. Ce devait être quelqu’un de bien. En plus, la tombe du père se situait dans un cimetière moldu, donc ce n’était probablement pas des puristes. Ça a dû être horrible d’être lié à ce psychopathe.

En s’endormant, il se promit d’aller faire des recherches à la bibliothèque le lendemain. Il était curieux d’en apprendre plus sur la famille de Voldemort et sur la raison de ce trophée. Si ça se trouve, il avait encore de la famille en vie.

oOoOoOo

Le lendemain à la bibliothèque.

— Pfeu ! Ça ne sert à rien. Se plaignit Lucas.

— Mais ce n’est pas possible. Je veux bien que tous les exemplaires de la gazette du sorcier de 1937 à 1944 aient brûlé dans un incendie, mais il y a forcément des traces de ce qui se passait à cette période. Toutes les archives n’ont pas pu disparaître. Répondit Harry

— Ben pourtant, si. Il n’y a rien. Et puis, ce n’est pas si important. D’ailleurs, si ça se trouve, ce n’est même pas Jedusor le nom sur la tombe. Peut-être qu’en rêve ton esprit a mélangé deux souvenirs. Et si on allait plutôt sur le terrain de Quidditch ? Répondit Lucas

— T’as raison. Répondit Harry qui ne résistait jamais à une invitation à voler.

Jenny releva la tête du gros livre qu’elle lisait et objecta :

— On dirait plutôt que quelqu’un a délibérément voulu qu’on ne puisse pas enquêter sur cette période. Donc c’est qu’il y a quelque chose d’intéressant à découvrir.

— Ou alors les archives ont juste disparu sans raison particulière. Je suis sûr qu’il y a plein d’années pour lesquelles on n'a rien sans qu’il y ait de raison. Je suis sûr que ce Jedusor était un gars hyper ennuyeux comme Percy et qu’il n’a rien fait de vraiment intéressant. Ou alors peut-être que c'est lui qui a tué Binns et les élèves ont insisté pour qu’il soit récompensé.

— Attendez, la période qui manque. Ça fait exactement 7 années. Et le trou dans les exemplaires de la gazette commence au premier septembre 1937. S’exclama Jenny.

— Et alors ? Dit Harry qui était maintenant impatient d’aller sur le terrain de Quidditch

— Réfléchis. Ça ne te rappelle rien ?

— Non. Répondit Harry qui n’aimait pas les énigmes.

— C’est la durée d’une scolarité à Poudlard. Le trou correspond au début de la période scolaire et s’arrête pile-poil à la fin. Et on sait que durant cette periode, il s’est passé quelque chose de suffisamment exceptionnel à Poudlard pour qu’un élève se voit remettre une récompense spéciale. En plus, cet élève est probablement de la famille de Voldemort. Ça ne peut pas être un hasard ! Quelqu'un a voulu effacer des archives toute trace de la scolarité d’une personne. Et il n’y a pas mille sorciers qui auraient eu le pouvoir de faire ça sous le nez de Dumbledore.

— Attends, ça ne tient pas debout ta théorie. D’accord, les archives de Poudlard ont disparu, mais il doit y avoir plein d’autres archives dans le pays. Ça ne servait à rien de détruire celle de Poudlard. Objecta Harry

— Peut-être qu’elles ont été détruites aussi. Lucas, tu veux bien me prêter Heracles. Je vais écrire à la gazette pour leur demander une copie d’un exemplaire de cette époque.

— Bien sûr. Répondit Lucas qui était ravi de prêter l’oiseau que ses parents lui avaient offert dans l’espoir qu’il leur écrive plus souvent.

— Pourquoi il aurait fait ça ? Persista Harry

— T’as dit que son père était enterré dans un cimetière moldu ? Ça ne t’est pas venu à l’idée que c’est peut-être parce qu’il était un moldu ?

— Quoi ? Mais ça n’aurait aucun sens il (..). Oh ! Il voulait cacher qu’il était un sang-mêlé. Voir même un née-moldu ! Et si ça ne le dérangeait pas de promouvoir l’extermination des moldu alors que son père en était un, ça veut dire qu’il le détestait. À votre avis qu’est-ce que son père a bien pu lui faire pour qu’il en vienne à le détester à ce point ? Se mit à réfléchir Harry à toute vitesse.

— Je ne sais pas. Mais vous imaginez ce que les gens diraient si ça se savait ? Je suis sûr que Malfoy en ferait une attaque. Rêva jenny

— Vous ne trouvez pas que vous vous emballez un peu trop vite tous les deux ? Tout ce que l’on a, c’est un rêve d’Harry et un trou dans les archives. Peut-être que la bibliothécaire de Poudlard de l’époque classait les documents par année et que c’est la section qui contenait ses 7 années qui a pris feu. Et puis il y a forcément plein de gens qui ont dû enquêter sur l’origine de Voldemort. Même s’il a essayé de les cacher, maintenant elles doivent être ultras connues.

— Ça, on peut le vérifier rapidement. Dit jenny, en allant prendre un énorme grimoire sur l’histoire des mages noirs.

— Mais Heu. J’en ai marre de la bibliothèque. Ça ne vous dirait pas de sortir ? Pour une fois, qu’il fait beau. Se plaignit Lucas.

Harry regarda par la fenêtre et vit à travers le givre un ciel gris avec une légère pluie.

— C’est vrai qu’il fait plus beau que d’habitude (Harry détestait le climat du nord de l’Écosse). On pourrait faire ça plus tard.

Jenny soupira.

— C’est bon les garçons, vous pouvez aller jouer dehors. Moi, je reste ici.

— Oui, maman. Répondirent les deux loustics avant de partir en courant sous le regard courroucé de madame Pince.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard dans la grande salle.

— Ben, c’est quoi ces mines d’enterrement les garçons ? Dit Jenny en retrouvant ses amis qui mangeaient silencieusement en bout de table des Serpentard. Depuis l’incident, Jenny, s’était bien mieux intégrée à Serpentard, alors qu’Harry était rejeté par la plupart des Poufsouffles et des Gryffondors. En conséquence, le trio avait pris l’habitude de manger avec Jenny et malgré la haine entre maison Harry et Lucas avaient fini par sympathiser avec les autres Serpentards de première année. Enfin ceux qui acceptaient d’adresser la parole à un sang de bourbe et au paria de l’école.

— Ce n'est rien. Répondit Lucas. Tes recherches avancent ?

— Oui, elles avancent. Dit Jenny le regard plein d’excitation. Mais je ne dirais rien tant que vous ne m’aurez pas dit ce qui ne va pas. Tempéra-t-elle.

— Comment tu peux savoir qu’il y a quelque chose qui ne va pas ? Demanda Lucas

— Je te connais Lucas. Je sais toujours quand quelque chose te tracasse. Répondit-elle spontanément.

Cette réplique provoqua un moment de gêne entre eux. Malgré tous leurs efforts les nombreux élèves qui scandaient régulièrement « Oh ! Les amoureux » en les voyant avait fini par créer un sentiment de malaise. Harry se racla la gorge pour mettre fin à ce moment gênant et expliqua :

— Lorsqu’on était sur le terrain de Quidditch, des Gryffondors sont arrivés et ont voulu m’asticoter. Quand Lucas est intervenu, ils lui ont demandé comment il pouvait me fréquenter après ce que j’avais fait à Colin.

— Quelle bande de débiles. Mais bon ce n’est pas la première fois. Dit Jenny

— Oui, mais parmi eux, il y avait Jackson. Répondit Lucas faiblement

Jenny ne dit rien. Jackson était l’un des Gryffondors avec qui il était le plus proche et l’un des rares à soutenir le choix de Lucas de rester amis avec Harry. Mais plus le temps passait et plus Lucas se retrouvait isolé au sein de sa maison. Cela peinait Lucas, mais cela pesait surtout sur le moral de Harry qui ne pouvait s’empêcher de penser que son ami souffrait à cause de lui. Mais en même temps, il ne voulait pas se retrouver tout seul et il s’en voulait pour son égoïsme.

Lucas était conscient qu’Harry s’en voulait. En fait, il avait fini par comprendre qu’Harry avait tendance à considérer que tout ce qui se passait mal autour de lui était de sa faute. Et peu importe ce qu’on lui disait.

Il préférait donc éviter de discuter de ses problèmes avec les autres Gryffondors devant Harry et choisi de changer de sujet :

— Sinon qu’est-ce que tu as trouvé ?

— Absolument rien.

— Mais tu as dit que tu avais trouvé quelque chose ;

— Justement, je n’ai rien trouvé sur l’origine de Voldemort. Tout le monde à la table frissonna et particulièrement les fils de mangemort.

— Oh, ça va, ce n’est qu’un nom. S’exaspéra Jenny. Je disais donc que tous les auteurs commencent l’histoire de Voldemort à la fin des années 70 où il apparaît de nulle part comme leader d’un nouveau parti conservateur. Le seul qui mentionne son origine dit que certaines rumeurs affirment qu’il serait le dernier descendant de Serpentard, mais que ça lui semble peu probable, car les derniers descendant de Serpentard était les Gaunt dont le dernier représentant est mort à Azkaban en 1943 pour le meurtre de plusieurs moldus.

— Le descendant de Serpentard. Comme l’héritier de Serpentard. Harry repensa alors au clin d’œil de Dobby et poursuivit. Tu crois que ce que voulait dire Dobby, c’est que l’héritier de Serpentard est un membre de la famille de Voldemort.

— Ça, je ne sais pas, mais j’ai été me renseigner sur les Gaunt dans ‘grandeur et décadence des grandes familles de sang pur’. Et devine quoi ?

— Toutes les pages concernant les Gaunt ont été arrachées ?

— Bingo. Après des heures de recherche la seule chose que j’ai pu trouver sur les Gaunt, c’est ça.

Elle sortit un livre intitulé ‘histoire des fourchelang’ et lu :

— ‘Depuis la disparition de Guy le sauvage, la seule famille parlant encore le fourchelang en Angleterre sont les Peverelles et une famille de sang pur peu influente vivant à Little Hangleton nommée les Gaunt. Mais il est à noter que la seule Peverelle ayant une descendance fait partie d’une branche de la famille qui n’a jamais manifesté le don de fourchelang et qu’elle s’est mariée à l’hériter de la famille Potter, célèbre pour sa proximité avec ce qu’il reste de la maison Griffondor. Il est donc à craindre que ce merveilleux don ne disparaisse totalement de grande Bretagne et que l’Inde reste à jamais le seul pays où une majorité de sorcier possède ce pouvoir’ Harry, c’est pour ça que tu es fourchelang. C’est parce que l’un de tes lointains ancêtres l’était.

Mais Harry releva un autre détail :

— Little Hangleton. C’est là que le cimetière se trouvait.

Ses amis prirent quelques secondes pour assimiler l’information. Lucas continua.

— D’accord ce coup-ci, je l’admets ça fait beaucoup trop de coïncidence. Il s’est passé quelque chose en 1943 que vous savez qui veut cacher et qui concerne les Gaunt et les Jedusor. Par contre vous ne trouvez pas que ce dernier descendant des Gaunt fait un bien meilleur candidat pour être le papounet de voldy ? Je veux dire c’était un sang pur qui parlait fourchelang et qui a tué des moldus.

— Oui, mais ça ne peut pas être lui. C’était bien Jedusor le nom sur la tombe. J’en suis sûr.

— Et si les os dans la tombe n’étaient pas ceux d’un Jedusor, mais ceux d’un Gaunt ? Et si quelqu’un avait marqué un faux nom sur la tombe ?

— Et c’est moi qui m’emballe rapidement ? Commenta jenny

Pendant que ses amis commençaient à se disputer, Harry réfléchit et essaya de se rappeler les paroles de Voldemort. Mais sur le moment, il n’avait prêté qu’une oreille distraite au discours du psychopathe. À force de concentration un souvenir lui revint et il eut envie de vomir.

— Ce salopard a dit que je devrais le remercier d’avoir tué Dudley. Il a dit qu’il m’avait aidé à purifier ma lignée comme lui l’avait fait avec la sienne. Ou un truc comme ça. Sur le moment, je n'y avait pas fait gaffe, mais ça veut sans doute dire qu’il avait des origines moldus et qu’il les a tués. Pour moi, il y a peu de chance que ce Gaunt soit le père de Voldemort.

Quand Harry avait prononcé une fois de plus le nom maudit, toute la table s’arrêta de manger et Malfoy vint à leur rencontre escortée de ses deux gorilles :

— Qu’est-ce que vous complotez tous les trois ?

— Rien qui te concerne Malfoy. Cracha Jenny en lui envoyant un regard de pure haine.

— Déjà que tu te permets d’inviter à notre table des sangs de (…). Enfin, déjà qu’on tolère la présence d’un Gryffondor, vous pourriez faire un effort et ne pas invoquer le nom du seigneur des ténèbres en vain.

— Je préfère côtoyer des sangs de bourbe que des veracrasses comme toi. Malfoy fit la grimace quand elle prononça le mot sang de bourbe. Quoi ? C’est quoi cette nouvelle timidité ? On a tous compris ce que tu voulais vraiment dire.

— C’est bon, Jenny, laisse tomber. Ça n’en vaut pas la peine tenta Lucas afin d’apaiser les tensions.

— Au moins, ton toutou, connaît sa place. Si tu tiens vraiment à le faire manger avec nous, enseigne-lui les bonnes manières. Répondit Malfoy d’une voix traînante qu’Harry trouvait extrêmement énervante

— Pour ta gouverne, c’est moi qui ai dit Voldemort. Et je trouve ridicule que vous ayez peur du nom de ce taré. C’est juste un nom bordel.

Malfoy et ses deux gorilles pâlirent en entendant cela.

— Je vois que tes mauvaises fréquentations ont déteint sur toi. Les noms ont des pouvoirs Potter et si tu veux survivre, tu devrais montrer un peu plus de respect envers le seigneur noir. Je pourrais t’apprendre Potter. Tu as un énorme potentiel. Ne le gâche pas par loyauté envers des gens qui ne le méritent pas. Déclara Malfoy d’un air solennel en tendant la main vers Harry.

— C’est à moi de décider qui mérite ma loyauté. Et jamais je ne montrerais de respect envers le meurtrier de mes parents. Ou envers ses complices. Rajouta Harry avec un regard appuyé envers Malfoy

— Ne me fais pas le coup du pauvre orphelin. Tu crois être le seul à avoir perdu des proches ? Combien de personnes tes parents ont-ils tué durant cette guerre à ton avis ? Combien d’enfants sont devenus orphelin à cause d’eux ?

Harry voulut répondre, mais il ne sut pas quoi dire. Pétunia et par conséquent Harry ignorait tout de ce qu’il s’était passé durant la guerre et du rôle que ses parents y avaient joué. Était-il possible que Malfoy dise la vérité et que ses parents aient également massacré des familles du camp adverse ? Mais Jenny répondit à sa place.

— Pauvre mangemort mort en tentant d’assassiner d’autres personnes. Les aurors sont vraiment des monstres d’avoir essayé de les arrêter. Oh, c’est vrai, pour les mangemort seule la vie des sangs purs a de l’importance.

— Qu’est-ce qui se passe ici ? Encore en train de faire du grabuge monsieur Potter ? Tonna la voix de Snape qui s’était glissée sans que personne ne s'en rende compte dans le dos du trio.

— Pas du tout monsieur, ce sont eux (…) Tenta Jenny

— Quoi qu’il en soit, vous feriez mieux d’aller en cours tous les 3 ?

— Allez, venez. Dit Lucas en entraînant Jenny par la force.

Harry quant à lui était plus que ravi de s’éloigner des Serpentards. Il n’avait aucune envie de les affronter. Mais une fois sortit de la grande salle Jenny se dégagea de la poigne de Lucas et l’attaque :

— Pourquoi tu n’as rien dit ? Ce type t’insulte et tu ne répliques pas.

Il répondit calmement.

— Il s’est retenu au dernier moment. Et puis je me fiche de ce que pense ce connard. Tout ce que je veux, c’est qu’il te foute la paix.

— Je n’ai pas besoin de ta protection. Dit-elle boudeuse, mais sur un ton beaucoup moins fâché.

— Ni moi de la tienne, mais quoi que je dise, je l’aurais quand même. Dit-il sur un ton plus énervé. Mais il rajouta sur un ton plus doux : merci de m’avoir défendu.

Noël

— Hé Potter pas trop triste de ne pas recevoir de cadeau cette année ? Même le père Noël ne voudra rien donner à quelqu’un comme toi. Lui lança un jeune Gryffondor dans son dos.

Harry, exaspéré par des semaines de remarque, répondit agressivement :

— Tu ne savais pas que le père Noël n’existe pas ?

Attend, il ne le savait pas ce con ? Pensa Harry en voyant le petiot commencer à pleurer.

oOoOoOo

30 minutes plus tard.

— Mais comment tu peux croire au père Noël à ton âge ? Demanda Harry

— S’il n’existe pas comment t’explique que tout le monde reçoit des cadeaux à Noël ? Expliqua le jeune Gryffondor que Harry avait maladroitement essayé de consoler.

— Ce sont les parents qui les donnent. Répondit Harry immédiatement

— Mais pourquoi ils feraient ça ? S’ils nous offrent des cadeaux, pourquoi ils ne diraient pas que c’est eux ? Pourquoi ils nous mentiraient comme ça ? Et puis, comment des millions d’adultes feraient pour se coordonner tous sur le même mensonge ? Ça ne tient pas debout ton histoire.

Harry, qui sur le moment ne savait pas quoi répondre, changea d’angle d’attaque.

— Non mais, tu ne te rends pas compte que ce n'est pas possible qu'il existe ? C’est ton histoire qui ne tient pas debout.

— Pourquoi ?

— Ben déjà comment il ferait pour visiter toutes les maisons du monde aussi rapidement ?

— En utilisant la poudre de chemisette évidemment. Tout le monde sait que le père Noël passe par la cheminée.

— Comment il ferait pour fabriquer autant de jouets ?

— Tout le monde le sait : avec une armée d’elfe de maison.

— Comment saurait-il qui a été sage ?

— Ça, c’est facile : il suffit qu’il ait un scrutoscope sur lui quand il fait sa tournée.

— Non mais arrête de délirer. C’est juste pas crédible qu’il existe. Ce serait juste incroyable. Finis par dire Harry, énervé qu’il ait réponse à tout.

— Pourquoi ? ce n’est pas plus incroyable que les licornes et les dragons.

— Tu crois aussi que les dragons et les licornes existent ? Mais t’es complètement frappadingue ? S’exclama Harry avec stupéfaction.

oOoOoOo

Quelques semaines plus tard

Le soir de la veille de Noël, Vernon en descendant prendre un dernier bout de dinde (en cachette de sa femme) rassembla son courage pour demander :

— Euh Harry… ? Je peux te demander ce que tu fais avec une arbalète devant la cheminée ?

— J’attends le père Noël. Je veux savoir pourquoi je n’ai pas eu mon tricycle, il y a 7 ans.

— Harry, tu es au courant que le père Noël n’existe pas ? N’est-ce pas ?

— Comment tu sais qu’il n’existe pas ?

— Ben, c’est évident.

Devant le regard d’Harry, il se demanda si cette école de timbrée n’avait pas fait quelque chose à son neveu. Mais pour son bien et celui de son mariage (il ne devait surtout pas réveiller Pétunia) il retint la colère qui commencerait à monter en lui et dit simplement :

— Déjà depuis le temps qu’il est censé exister, il serait mort depuis longtemps.

— Pas forcément. Il y a des tonnes de créatures qui vivent très longtemps, voire éternellement comme les Phénix. Et puis depuis que Flanelle a découvert l’existence de la pierre philosophale il y a mille ans, on sait comment maintenir en vie un sorcier pour l’éternité. Et justement, le père Noël est apparu à cette période. Coïncidence, je ne pense pas. Fait tes propres recherches. Tiens, j’ai trouvé ce vieil article du chicaneur qui dévoile que le ministère et le lobby des fabricants de jouet nous cache l’existence du père Noël.

— Non, mais tu délires et comment il ferait pour visiter toutes les maisons du monde aussi rapidement ?

(…)

oOoOoOo

À minuit cette nuit-là, tout était calme dans le salon des Dursley. On entendait juste la respiration de Vernon et de son neveu qui luttaient péniblement contre le sommeil, devant la cheminée de leur salon. Ils avaient décidé un peu plus tôt qu’ils ne s’endormiraient pas avant que le père Noël n’arrive.

Au moment où le plus jeune flanchait du nez, une explosion ravagea le salon et le réveilla subitement. Un trou venait d’apparaître dans l’âtre et des flammes vertes s’y dressaient maintenant fièrement. Vernon se rappela alors qu’il avait fait murer le conduit de cheminée il y a quelques années et n’avait gardé qu’un cadre décoratif. Tous deux se cachèrent derrière un divan. À ce moment, un homme immense vêtu d’un manteau rouge avec une grande barbe noire rentra dans la pièce en trainant derrière lui un gros sac.

Harry s’écria alors :

— Hagrid ! Mais qu’est-ce que vous foutez ici ?

— Hips ? Vous, qu’est-ce que vous Hips, faites chez moi ? Et ce n’est pas mon arbalète que tu tiens derrière ton dos ? Rends-moi ça immédiatement ! Ce n’est pas un jouet pour enfant.

Décalera Hagrid qui dessoûla immédiatement en constatant le danger.

Après quelques explications, ils comprirent qu’avant d’aller se coucher Hagrid s’était souvenue qu’il devait aller nourrir des boursoufles que le professeur Brûlopot avait acheté pour son cours de soin aux créatures magiques (le sac contenait la nourriture des boursoufles). Comme il avait un peu de mal à marcher, il avait voulu prendre la poudre de cheminette, mais apparemment, il avait mal prononcé sa destination. Au lieu de se retrouver dans la salle des boursoufles, il s’était retrouvé dans la maison du Poufsouffle. Et comme par mesure de sécurité Dumbledore avait temporairement fait connecter leur maison aux cheminées du château (sans les mettre au courant) Hagrid avait atterri dans leur salon.

Après cette explication, Hagrid répara le salon et s’en alla tandis que les deux Dursley honteux, partirent au lit en se demandant comment il avait sincèrement pu croire que le père Noël existait. Avant de rentrer dans sa chambre Harry dit doucement :

— Je suis désolé papa.

— Pourquoi es-tu désolé, fils ?

— Vous avez encore dû subir mes bizarreries.

En voyant l’air misérable de son neveu, il sentit toute colère fondre. Il est vrai qu’il avait commencé à penser que tout ça, c’était la faute de l’anomalie de son neveu.

— Tu n’es responsable de rien. Ce n’est pas toi qui as demandé à ce vieux schnock de donner l’accès de notre maison a tous les poivrots du coin.

— Tu ne devrais pas dire ça d’Hagrid. Il est gentil, tu sais. Mais c’est à cause de moi qu’il a connecté la cheminée et que le salon a été détruit. C’est à cause de moi que t’as cru à cette histoire à dormir debout et que tu n’as pas dormi.

— Oui, il n’est pas méchant. Admit Vernon qui n’était pas tout à fait d’accord pour respecter le demi-géant pour autant. Vernon enchaîna :

— Le salon a été remis à neuf et pour le reste, ce n’est pas de ta faute. Lorsque Dudley (...). Vernon marqua une pause. Malgré le temps évoqué, le souvenir de son fils était toujours difficile.

— Tu te souviens lors de nos vacances à Barcelone ? Lorsque Dudley a vomi dans l’avion ? À ton avis, est ce que c’était de sa faute ? Est-ce que c’était de sa faute s’il avait des intestins fragiles ? Bien sûr que non. Toi, c’est pareil. Ce n’est pas de ta faute si tu as des pouvoirs. C’est une tare, mais on a tous nos défauts dont on n’est pas responsable.

Harry se reteint de dire que ce jour-là Dudley avait vomi, car avant de monter dans l’avion, il avait défié son cousin de manger un pot entier de glace en moins d’une minute. À la place, il resta silencieux, car sans qu’il ne sache pourquoi la réponse de Vernon ne l’avait pas consolé du tout. Voyant cela son père adoptif reprit :

— Et puis c’était amusant de veiller ensemble. Tiens ça te dirait de manger un dernier chocolat chaud avec des marshmallows ?

Harry sourit plus franchement à cette proposition. Il finit par s’endormit dans le fauteuil du salon et malgré sa fatigue Vernon prit le temps de le porter jusqu’à son lit, constatant au passage qu’il avait sacrément grandi, en seulement six mois. Il prit conscience que c’était sans doute la dernière fois qu’il le portait. Après, il serait trop grand. Il le borda et déposa un bisou sur le front comme il le faisait chaque nuit, il n’y a pas si longtemps. Puis il quitta la chambre d’Harry avec un mélange de fierté et de nostalgie.

oOoOoOo

Quelques heures, plus tard, Harry crut voir un traîneau dans le ciel (mais c’était sans doute juste un nuage) et en rêve un vieil homme avec une longue barbe blanche lui murmura dans l’oreille :

— Harry, tu es trop vieux pour recevoir un cadeau du père Noël, mais je suis heureux que tu ne le sois pas trop pour croire au merveilleux.

Le lendemain en plus des cadeaux de ses parents adoptifs et de ses amis se trouvait un paquet offert par un inconnu. En l’ouvrant, il découvrit une cape d’invisibilité.

oOoOoOo

Note de l’auteur : A la base, ce chapitre était un hors-série à but humoristique qui se passait à Poudlard dont j’ai eu l’inspiration en faisant mon jogging. Intérieurement, il m'avait fait tellement rigoler qu’à mon retour, j’ai passé l’après-midi à l’écrire. Mais au fil de l’écriture, je me suis dit que ce serait bien de l’intégrer à l’histoire. Je l’ai donc remanié dans ce but. Dans cette réécriture, une bonne partie de l’humour est partie, mais je ne regrette rien. Je trouve qu’en plus de donner un ton merveilleux qui permet à ma fic de se rapprocher du ton des livres, elle est une bonne manière de montrer que malgré le traumatisme qu’il a subi en juin, mon Harry est beaucoup plus enfantin que le Harry du livre (pour l’instant).

Pour moi, c’est une conséquence logique du fait qu’il a été élevé par les Dursley. Pour moi, un Harry pourri-gâté comme l’est Dudley dans les livres aurait forcément été moins mature que le Harry des livres. Et puis la plupart des enfants de 12 ans qui n’ont pas été élevés dans un placard sont bien plus innocents que le Harry des livres.

Interrogatoire de Dippet

Dès qu’Harry découvrit la cape, il se mit à imaginer toute sorte d’utilisation qu’il pourrait en faire. Un univers entier de bêtise s’ouvrait à lui. Les jumeaux Weasley n’avaient qu’à bien se tenir !

Mais très rapidement, il décida que sa première utilisation serait consacrée à lever le mystère autour de Jedusor. En effet, ses amis et lui avaient rapidement conclu que, puisque toutes les archives avaient été détruites, le seul moyen d’en savoir plus serait de parler à une personne ayant vécu les événements de prés. Cependant, à part Dumbledore, ils ne connaissaient personne d’aussi vieux et Harry n’avait pas envie d’interroger le vieux sorcier. Déjà qu’il était suspecté, qu’est-ce que ce serait s’il se mettait à se renseigner ouvertement sur la chambre des secrets ? Snape s’en donnerait à cœur joie. Et puis de toute façon, le vieux sorcier ne répondait que par énigme. Qu’il ne se plaigne pas après si tout le monde le pense sénile !

Le soir de la rentrée, il se recouvrit de la cape, quitta sa salle commune et se faufila jusqu’au bureau du directeur. Il avait longuement réfléchi à inclure Jenny et Lucas, mais avec les nouvelles mesures de sécurité, faire l’aller-retour entre les 3 salles communes en toute discrétion leur aurait pris trop de temps. Et puis, s’il se faisait prendre, cela ne servait à rien qu’ils se fassent tous punir.

Une fois devant la gargouille qui gardait l’entrée du bureau, il se mit à essayer les uns après les autres tous les noms de bonbon qui lui venait en tête. Harry espérait que le directeur n’avait pas changé son système de mot de passe depuis l’été. Au bout de ce qui lui semblât une éternité la gargouille déverrouilla l’accès au bureau du directeur et Harry pu enfin accéder à la grande salle où se trouvaient les tableaux de tous les anciens directeurs. Sans perdre de temps à admirer la magnificence de la pièce ou les divers objets étranges qui s’y trouvaient, il se mit à lire les légendes sous les tableaux à la recherche du directeur en fonction en 1943. Il trouva rapidement :

— Monsieur Dippet,

Le sorcier représenté sur le tableau se réveilla en sursaut et grogna.

— Bonjour jeune homme, que faites-vous ici à une heure aussi tardive ?

— J’aurais besoin de vous parler pour un exposé en histoire de la magie.

— À cette heure ? D’ailleurs comment êtes-vous entré ?

— Dumbledore m’a donné l’autorisation. Il dit qu’il n’y a pas d’heure pour apprendre. Et pour être honnête, je dois rendre mon devoir pour demain.

— Ah, je vois. Et bien soit ! Posez-moi vos questions. Mais soyez plus diligent dans vos études la prochaine fois.

Il se forçait à se donner l’air sévère, mais il avait plutôt l’air amusé de la situation.

— Oui monsieur le directeur.

— Je ne suis plus directeur depuis longtemps. Appelez-moi, Armand voulez-vous ?

— D’accord. Pourriez-vous me dire la raison pour laquelle Tom Jedusor a obtenu une médaille pour service exceptionnel rendu à l’école en 1943 ?

Tout d’un coup, il eut l’air terrifié.

— Sur quoi porte votre devoir déjà ? Et comment vous appelez vous ?

— Je m’appelle Draco Malfoy et je dois faire un devoir sur l’histoire de Poudlard.

— Un Malfoy, vraiment ? Avec vos cheveux bruns ?

— J'ai été adopté. Improvisa Harry, qui s’était préparé à ce qu’il lui demande son nom, mais pas à ce qu’il remette en cause son mensonge.

— Mon garçon durant ma carrière, j’ai été confronté à de bien meilleurs menteurs que vous. Et si vous me disiez simplement la vérité ?

— Mais bordel qu’est-ce qu’il a bien pu se passer en 1943 pour que ce soit aussi dur d’avoir des infos. C’est un secret d’État ou quoi ?

Une expression de regret passa sur son visage.

— Non, c’est juste le genre d’événement dont on ne souhaite pas parler, même longtemps après qu’il se soit produit. Cependant, vous avez raison, je n’ai aucune raison de ne pas vous répondre. Mais ne me jugez pas trop sévèrement, s’il vous plaît. Vous ne savez ce que c’était que de vivre ces années-là. La guerre était partout, aussi bien chez les sorciers que chez les moldus. Mon travail était incroyablement difficile et tout le monde n’est pas Dumbledore.

Le sorcier s’arrêta pendant quelques minutes. Harry attendit patiemment qu’il reprenne la parole.

— Je lui ai donné cette récompense pour avoir arrêté l’hériter de Serpentard et mis un terme aux attaques sur les nées moldus.

— Quoi !? S’exclama Harry qui ne s’attendait pas à cela.

— Qu’y a-t-il de si étonnant ?

— La chambre des secrets a déjà été ouverte ?

— Oui. C’est ce que j’ai dit.

— Mais le professeur Bins nous a dit que c’est une légende. L’histoire de Poudlard dit que ce n’est qu’une légende. Pourquoi nous ont-ils menti ? Et puis dans ce cas-là, vous savez où se trouve la chambre des secrets ? Et puis (..) Débita Harry à toute vitesse.

— Calmez-vous jeune homme. Une seule question à la fois, je vous prie. Pour commencer, vos professeurs ne vous ont pas menti. La chambre des secrets n’est qu’une légende à laquelle seuls croient les simples d’esprits. Quelle probabilité y a-t-il que cette chambre existe, alors que personne ne l’a trouvé en plus de mille ans ? Sans compter qu’en tant qu’historien, je peux vous affirmer que dans sa forme actuelle, cette légende ne remonte qu’au début du 19 iéme siècle, lorsque les familles de sang pur ont importé les idéologies racistes développées par les empires coloniaux moldus pour justifier l’esclavage puis le maintient à un statut d’inférieur des nègres libres. En effet, comme son nom l’indique, la chambre des secrets n’était pas dans les légendes antérieures une salle d’armes où un éventuel héritier pourrait venir se servir pour se lancer dans un projet d’épuration technique totalement anachronique, (…)

Sans pouvoir s’en empêcher Harry poussa un bâillement aussi sonore que malpoli qui outragea le professeur Dippet. Harry ne le savait pas, mais avant d’être directeur, Dippet était un professeur passionné d’histoire de la magie, qui ne supportait pas que l’on ne porte pas le même intérêt que lui à sa matière.

— Bref, tout au long de l’année 1943 des née-moldus se font fait attaquer et on les a retrouvés pétrifié par une magie de haut niveau. Un certain nombre de personnes malveillantes, qui étaient probablement en accointance avec Grindelwald ont fait courir le bruit que ses attaques étaient le fruit de l’héritier. Ils ont été jusqu’à écrire des textes en lettre de sang sur les murs de l’école à plusieurs reprises. Mais je n’ai jamais cru à ses balivernes. Il y avait forcément une autre explication à ses attaques. Laquelle je l’ignore. Probablement un sort de magie noire inventé spécialement par Grindelwald pour l’occasion. Cela devait probablement faire partie d’un plan de déstabilisation de l’Angleterre en vue d’une invasion. Quoi qu’il en soit, il a été défait l’année suivante par Dumbledore et on n’a plus jamais entendu parler d’un soi-disant monstre de Serpentard.

Harry avait de nouveau fortement envie de bâiller, mais il savait que s’il voulait des informations, il ferait mieux de laisser parler son interlocuteur jusqu’au bout. La première fois, il avait vu à son expression que le portrait était sur le point de le foutre dehors.

— Et Jedusor dans tout ça ?

— Oh ! C’est une bien triste histoire. Vers la fin de l’année en plus des pétrifications une élève a été retrouvé morte dans les toilettes. Jedusor avait découvert quelques semaines plus tôt qu’Hagrid avait acquis une accromentula géante et lui a demandé de se dénoncer, pensant à juste titre que cette créature devait être l’auteur de cet horrible meurtre. Mais il a refusé, alors Jedusor a attaqué la créature pour qu’au moins, elle ne blesse plus personne.

Malheureusement elle s’est enfuie, alors il a été obligé de le dénoncer, afin qu’une fouille soit organisée. Dans d’autres circonstances, je n’aurais pas approuvé le fait de trahir ainsi la confiance d’un de ses camarades, mais là, c’était totalement justifié. Suite à ses révélations, les autorités ont estimé qu’Hagrid était l’auteur des différentes attaques et j’ai dû le punir en conséquence.

— Je ne savais pas qu’Hagrid était aussi vieux. Commenta Harry.

— J’ai également remarqué lors de ses rares visites au directeur, qu’il ne fait pas ses 62 ans. Ses gènes de demi-géant ont dû le préserver du vieillissement.

— Alors vous avez condamné Hagrid, alors que vous le pensiez innocent ? Interrogea Harry avec une pointe d’accusation dans la voix

— Innocent, je ne dirais pas cela. Il a tout de même mis la vie de tous les autres étudiants en danger en élevant en secret une accromentula. Et il est fort probable qu’il ait causé la mort de mademoiselle Myrtle Elizabeth Warren. Cela méritait très certainement une punition. Néanmoins, pas aussi sévère que celle qui lui a été infligée. Et encore moins que celle qu’il aurait eue sans l’intervention de Dumbledore. Je ne vous demande pas de me pardonner, mais d’essayer de me comprendre. C’était soit ça, soit fermer l’école. Pour vous, Poudlard n’est sans doute qu’une école, mais en ce temps, c’était aussi un refuge pour les enfants d’opposants à Grindelwald et l’un des rares endroits où les sorciers de tout statut se côtoyaient et faisaient société. Dans ces années de délitement généralisé, le maintien d’un tel lieu était indispensable.

— Vous avez dit probablement. Hagrid est peut-être vraiment innocent ?

— Peut-être oui. Les analyses demandées par Dumbledore ont échoué à prouver que le venin d’accromentula était la cause de sa mort, ainsi que l’absence de morsure. Sans compter qu’il est étonnant que l’accromentula n’ait pas dévoré sa victime. Mais les sorciers légistes ont également indiqué qu’ils ne pouvaient l’exclure. De plus, je ne vois pas ce qui aurait pu lui arriver d’autre.

— Peut-être qu’elle a été tuée par la même chose qui a attaqué les autres née-moldus ?

— Cela me semble peu probable, car le mode opératoire était très différent. Pour commencer les autres victimes ont été pétrifiés et non tués. Ensuite durant les autres attaques, les corps étaient soigneusement mises en scène pour marquer les foules, alors que ce coups-ci le corps était posé sur le carrelage des toilettes des filles du deuxième étage sans aucune forme d’artifice. Bien sûr, la population ne s’est pas gênée de ces considérations et a attribué cette attaque à l’héritier.

— Une dernière chose, quel est le lien entre Jedusor et les Gaunt ?

— Aucun, de mon vivant. Et ça m’étonnerait que cela ait changé avec le temps. Voyez-vous Jedusor était un né-moldu et les Gaunt sont des puristes de la pire espèce. S’ils l’ont rencontré un jour, je doute qu’il lui ait seulement adressé la parole. Quoi que, je dis né-moldu, mais en fait, on ne peut pas en être sûr. Voyez-vous le pauvre enfant était orphelin et on ignorait qui étaient ses parents. Durant ses premières années, il disait à qui voulait l’entendre qu’il descendait d’un haut lignage. Il a d’ailleurs passé une part considérable de son temps libre à rechercher une trace d’un Jedusor dans le monde sorcier. Mais il n’a rien trouvé. Même après que je lui aie permis de fouiller dans les archives directoriales, pour le récompenser de ses excellents résultats.

Ses yeux se mirent à pétiller au souvenir de son ancien élève.

— Il était si talentueux. Un vrai génie. La preuve vivante que les nés-moldu ne sont pas inférieurs aux sangs purs. Et pourtant, même ces derniers l’appréciaient. Tout le monde l’appréciait à vrai dire. Il faut dire qu’il était si gentil et si serviable. Toujours à vouloir aider les autres. Et cela, malgré les actes de maltraitance dont je soupçonne qu’il ait été victime dans cet horrible orphelinat.

En fait en y repensant bien, il y avait deux personnes qui ne l’appréciaient pas. Tout d’abord Fleamont Potter qui l’a détestée dès le premier jour, sans que je ne comprenne pourquoi. Tom était pourtant l’un des rares à ne s’être jamais moqué de son prénom. Enfin, il semblerait que ce soit une tradition chez les Potter de détester le meilleur élève de Serpentard. N’est-ce pas Monsieur Potter ?

— Comment avez-vous deviné ?

— Vous ressemblez beaucoup à votre père. Et maintenant je me souviens vous avoir vu dans ce bureau il y a plusieurs mois.

— Est-ce que vous allez me dénoncer ?

— Non mon garçon. J’ai été ravi de vous parler. Vous savez, la vie d’un portrait est extrêmement monotone. Et l’un des rares avantages à être mort, c’est que l’on a plus à respecter les règlements. En échange, j’aimerais vous demander une faveur. Je ne sais pas pourquoi vous vous intéressez à Jedusor, mais si vous découvrez ce qu’il est devenu après avoir quitté Poudlard revenez me voir. Je n’ai jamais réussi à le savoir de mon vivant et pour une raison que j’ignore, Dumbledore refuse de me le dire. Probablement, qu’il s’en veut d’avoir été injuste avec lui durant sa scolarité, juste parce qu’il était un Serpentard.

L’interrogatoire de Hagrid

Le matin suivant Harry avait raconté de manière détaillée son entretient de la veille à ses deux amis qui avaient été à la fois fascinés et vexés d’avoir été mis sur la touche.

— Mais cette histoire ne colle pas du tout avec ce que l’on sait. Est-ce que tu es sûr de ne pas avoir mal compris ? Demanda Jenny

— Sûr et certain, Jedusor était un orphelin né-moldu. Il ne peut pas être le père de Vous-savez-qui, car ce n’est pas son nom qu’il y a sur la tombe, mais il ne peut être rien d’autre, car il n’avait aucune famille. Et il est beaucoup trop jeune pour être le grand-père de vous savez qui. Et pourtant, ils ont un lien de famille. Résuma maladroitement Harry.

— Et si c’était lui, vous savez qui ? Questionna Lucas

— Ça voudrait dire qu’il aurait eu plus de 60 balais le jour où il a attaqué mes parents. Ça fait vieux pour être le meilleur des combattants sorcier. Répondit Jenny.

— Ça ne veut rien dire, regarde Dumbledore. Il a plus de 100 ans et ça reste le sorcier le plus puissant du monde. Contre-attaqua Lucas

— Oui enfin, Dumbledore, ça se voit du premier coup d’œil qu’il n’est plus très jeune. Et je ne suis pas sûr qu’il serait encore capable de tenir la distance dans un duel. Et puis il m’a décrit Jedusor comme un saint. Franchement, vous trouvez que ça ressemble à Vous-savez-qui ? Et puis comment aurait-il pu se lancer dans l’extermination des nés moldu, s’il était un né-moldu ? Déclara Harry

— Peut-être qu’il n'en avait rien à faire de la pureté raciale et qu’il voulait juste le pouvoir. Peut-être que c’est pour ça qu’il a mis autant d’effort pour cacher ses origines ? Insista Lucas contre les deux autres

— N’empêche, j’ai du mal à associer le parangon de vertu qu’il m’a décrit à un fou sanguinaire. Et puis le seigneur des ténèbres n’est apparu que 30 ans après le départ de Jedusor de Poudlard. Il y aurait forcément eu plein de personnes qui l’auraient reconnu et qui connaissaient ses origines. Il n’aurait jamais pu tromper les sangs purs. Dit Harry

— De toute façon, Dippet se trompe forcément sur quelque chose. C’est juste trop incohérent. Sans compter cette histoire de pétrification qui serait due à des partisans de Grindelwald. Si c’était le cas comment expliquer que ça se reproduise aujourd’hui ? Continua Jenny

— Tu crois qu’il m’a menti ? Je te jure qu’il avait l’air sincère. Et puis quel intérêt aurait-il eu à faire ça ? Il est mort, il ne craint plus rien. Demanda Harry

— Je ne sais pas. Et si on allait voir Hagrid ? Peut-être qu’il a une autre version. Ça m’étonnerait qu’il nous chante les louanges de Jedusor. Il a peut-être vu une face sombre de Jedusor qu’il voulait cacher ? Peut-être qu’il a des infos et que c’est pour le faire taire que Jedusor l’a accusé à tort ? proposa jenny

— Je n’ai pas très envie de déranger Hagrid avec ça. Ça m’étonnerait qu’il ait envie d’en parler. Déclara Harry

— Harry, il ne s’agit plus de juste satisfaire notre curiosité. Il s’agit de découvrir qui est vraiment responsable de ses attaques et de les interrompre avant qu’il y ait un mort. Répondit Jenny

— De toute façon avec les nouvelles mesures de sécurité, on ne pourra pas aller le voir.

— Harry, tu crois que l’on tiendrait tous les 3 sous ta cape ? Demanda Jenny

La nuit suivante Harry, Jenny et Lucas, recroquevillés sous la cape d’invisibilité, s’avancèrent silencieusement vers la cabane de Hagrid.

Une fois arrivé, ils frappèrent à la porte et c’est un Hagrid visiblement apeuré qui leur ouvrit.

— Hagrid, c’est moi Harry.

— Harry! Où es-tu ?

Harry enleva sa cape d’invisibilité.

— Où as-tu eu ça ? C’est une magnifique cape. Déclara Hagrid

— Nous aussi, on aimerait bien le savoir, mais il refuse de nous le dire. Déclara Lucas.

— Je vous l’ai déjà dit, c’est un cadeau du père Noël. Pourquoi est-ce que vous refusez de me croire ?

— Et vous êtes ? demanda Hagrid pour interrompre le début de dispute entre les 3 amis.

Lucas et Jenny se présentèrent et Hagrid les invita à entrer avant de leur servir du thé et quelques biscuits durs comme le roc. Puis il leur demanda :

— Bon, je suis ravi de votre visite, mais pourquoi avez-vous violé le couvre-feu pour venir me voir ?

— On voulait vous poser des questions monsieur. Déclara Jenny en se tortillant

— Pas de monsieur entre nous. Apelle moi juste Hagrid. Qu’est-ce que tu veux savoir ?

— Hé bien ! C’est un peu délicat. On a découvert qu’il y a longtemps vous aviez été accusé à tort d’avoir ouvert la chambre des secrets et on voulait savoir ce qui s’est vraiment passé ?

Le regard d’Hagrid se voilà, mais il leur raconta mot pour mot la même histoire que le professeur Dippet.

— Alors Aragog était coupable ? Demanda Harry une fois qu’Hagrid eu fini de parler

— Bien sûr que non, il n’aurait jamais fait cela

Les 3 enfants regardèrent Hagrid avec scepticisme. Ils avaient regardé à la bibliothèque ce qu’était une accromentula et les descriptions leurs avaient fait froid dans le dos.

—  Et de toutes façons, lorsque je n’étais pas avec lui, Aragog était enfermé magiquement dans une salle de classe. Il n’aurait jamais pu s’en échapper pour aller attaquer Mimi. Qui plus est, au moment de l’attaque, je lui brossais les poils. Ah! Je me souviens, le petit sacripant venait d’avoir ses premiers poils et il arrivait toujours à me convaincre de sauter des cours pour que je m’en occupe.

— Alors pourquoi Jedusor vous a-t-il accusé ? Demanda Harry.

— Il ne le savait pas à ce moment-là. Il était tellement furieux de la mort de Mimi qu’il a attaqué Aragog avant que je ne puisse lui expliquer. Apparemment, sa mort l’avait beaucoup touché. Pourtant, je n’avais pas l’impression qu’ils étaient très proches.

— Et ensuite, comment a-t-il réagi ? Je suis sûr qu’il s’est conduit en beau salaud et a maintenu coûte que coûte sa version pour obtenir la récompense ? Demanda Lucas soucieux de défendre sa théorie.

— Alors là, tu te trompes sur toute la ligne. Jedusor n’était pas du tout comme ça. Au contraire, il a très vite reconnu son erreur et a tout fait pour la réparer. Lorsqu’il est devenu évident que j’étais innocent, peu ont eu le courage de reconnaître leurs erreurs. Même mes amis de Gryffondor m’ont tourné le dos, après ça. Mais lui s’est excusé et est resté à mes côtés. Il a passé beaucoup de temps à préparer ma défense et au procès sa plaidoirie était tellement impressionnante que j’ai cru que j’allais être innocenté. Faut dire qu’il était tellement éloquent. Je crois bien que, dans ce domaine, il surpassait Dumbledore lui-même. En-tout-cas, il m’a bien plus aidé que mon avocat commis d’office. Je me souviens encore de lui. C’était un sang pur arrogant qui me méprisait à cause de (…) . Enfin bref, il me méprisait et n’a rien fait pour m’aider. De toute façon, je pense que ça n’aurait servi à rien. Le jury se moquait pas mal, de savoir si j’étais innocent. Au final, j’ai été condamné à plusieurs années de prison à Azkaban. Heureusement, quelques jours après la fin du procès Dumbledore a vaincu Grindelwald et il a utilisé sa renommée pour que ma peine soit commuée en un simple renvoi de Poudlard.

— Alors en fait, vous êtes devenu ami avec Jedusor

— Non, pas vraiment. Quand j’étais encore à Poudlard et que les Gryffondor m’ont tourné le dos, il m’a proposé de rejoindre un petit club secret qu’il avait créé. Mais j’ai refusé. La solitude me pesait, mais je n’y aurais pas été à ma place. C’était un club rempli de sang pur avec d’énormes préjugés. Et puis je ne sais pas, j’ai toujours été mal à l’aise en présence de Tom. Probablement parce que c’était un intellectuel qui n’aimait pas beaucoup se salir les mains. Et puis il n’arrêtait pas de me poser des questions sur les géants et comment leur parler. Qu’est-ce que j’en savais ? Ce n’était pas parce que (…)

Mais il fut interrompu par des coups frappés à la porte.

— Si on vous trouve ici, vous aurez des ennuis. Cachez-vous vite. Dans le coin, là. Leur ordonna Hagrid.

Hagrid vérifia rapidement qu'ils étaient bien cachés, puis il saisit son arbalète et alla ouvrir la porte.

— Bonsoir, Hagrid.

C'était Dumbledore. Il entra, le visage grave, suivi par un homme d'aspect étrange, petit, corpulent, avec des cheveux gris en désordre et une expression anxieuse. L'homme portait des vêtements disparates qui formaient un curieux mélange : costume à rayures, cravate rouge, longue cape noire et bottes violettes à bouts pointus. Il tenait sous son bras un chapeau melon de couleur verte.

Hagrid était devenu pâle et son visage se couvrait de sueur. Il se laissa tomber sur une chaise et regarda alternativement Dumbledore et cet homme étrange.

— Sale affaire, Hagrid, dit-il en détachant les syllabes. Très sale affaire. Il fallait que j'intervienne. Deux agressions contre des enfants de Moldus, alors que le souvenir des morts de l’année dernière est encore vif. Les choses sont allées suffisamment loin comme ça. Le ministère doit agir.

— Je n'ai jamais... dit Hagrid en regardant Dumbledore d'un air implorant. Vous savez bien, professeur, que je n'ai jamais...

— Cornélius, je voudrais qu'il soit bien clair que Hagrid a mon entière confiance, dit Dumbledore, les sourcils froncés.

— Écoutez, Albus, répondit Cornélius, mal à l'aise. Les antécédents de Hagrid ne jouent pas en sa faveur. Le ministère doit faire quelque chose. Les membres du conseil d'administration de l'école se sont consultés.

— Encore une fois, Cornélius, je vous répète qu'éloigner Hagrid ne changera strictement rien, reprit Dumbledore.

Ses yeux brillaient d'une lueur flamboyante que Harry ne lui avait encore jamais vue.

— Mettez-vous à ma place, dit Cornélius en tripotant nerveusement son chapeau. Tout le monde a les yeux tournés vers moi. Il faut qu'on me voie agir. Si on s'aperçoit que Hagrid n'est pas coupable, il reviendra chez lui et on n'en parlera plus. Mais il faut que je l'emmène. Je ne ferais pas mon devoir si...

— M'emmener ? Dit Hagrid qui s'était mis à trembler. M'emmener où ?

— Pour quelque temps, seulement, dit Cornélius en évitant son regard. Ce n'est pas une punition, Hagrid, une simple précaution tout au plus. Si on trouve un autre coupable, vous serez libéré avec toutes nos excuses...

— Vous n'allez pas m'emmener à Azkaban ? Rugit Hagrid.

Avant que Cornélius ait eu le temps de répondre, quelqu'un frappa de nouveau à la porte.

Ce fut Dumbledore qui alla ouvrir. Jenny laissa alors échapper une exclamation qui lui valut un coup de coude dans les côtes. Un homme aux yeux blond, au regard méprisant et au maintien aristocratique venait de pénétrer dans la cabane. Au vu de la ressemblance avec son fils, l’identité du visiteur était évidente. Il s’agissait de Lucius Malfoy. Le père de Draco Malfoy et probablement complice du meurtre du père de Jenny (et d’un nombre incalculable d’autre personne). Il arborait un sourire glacial et satisfait. Crockdur se mit à grogner.

— Vous êtes déjà là, Fudge, dit Mr Malfoy d'un air approbateur, très bien, très bien...

— Qu'est-ce que vous faites ici ? S'exclama Hagrid avec fureur. Sortez de ma maison !

— Mon Cher Monsieur, soyez certain que je n'ai aucun plaisir à me trouver dans votre... heu... comment appelez-vous ça ? Une maison ? Répliqua Malfoy en jetant autour de lui un regard dédaigneux. Je suis simplement passé à l'école où l'on m'a dit que le directeur se trouvait ici.

— Et que me voulez-vous, exactement, Lucius ? Demanda Dumbledore. Son ton était poli, mais la lueur flamboyante brillait toujours dans ses yeux bleus.

— Je suis navré pour vous, Dumbledore, répondit Mr Malfoy d'un ton nonchalant en sortant de sa poche un rouleau de parchemin, mais le conseil d'administration de Poudlard estime qu'il est temps pour vous de passer la main. J'ai ici un ordre de suspension vous concernant. Vous y trouverez les douze signatures réglementaires. Nous avons estimé que vous n'étiez plus à la hauteur de la situation, j'en suis désolé. Poudlard ne peut se permettre de perdre autant d’élèves chaque année.

— Attendez, attendez, Lucius, dit Cornelius, l'air affolé. Dumbledore suspendu ? Non, non, c'est la dernière des choses à faire...

— La nomination ou la suspension du directeur relève de la décision du conseil d'administration et non du ministre de la magie. Répliqua Mr Malfoy d'une voix douce. Et comme Dumbledore a été incapable de mettre un terme à ces agressions...

— Voyons, Lucius, si Dumbledore ne peut pas y mettre un terme, qui donc en sera capable ? dit Fudge.

On voyait des gouttes de transpiration apparaître sur sa lèvre supérieure.

— Nous verrons bien, déclara Mr Malfoy avec un sourire mauvais. Mais les douze membres du conseil ont voté...

Hagrid se leva d'un bond. Sa tête hirsute touchait presque le plafond.

— Et quels ont été vos arguments pour les convaincre ? Rugit-il. Les menaces ? Le chantage ?

— Mon cher Hagrid, dit Mr Malfoy, votre caractère emporté vous attirera un jour de sérieux ennuis. Je vous conseille de ne pas crier comme ça lorsque vous aurez affaire aux gardiens d'Azkaban. Ils n'aimeraient pas ça du tout.

— Vous ne pouvez pas renvoyer Dumbledore ! Hurla-t-il si fort que Crockdur alla se réfugier dans son panier en tremblant. S'il s'en va, les enfants de Moldus sont condamnés ! La prochaine fois, il y aura des morts !

— Calmez-vous, Hagrid, dit sèchement Dumbledore. Il se tourna vers Lucius Malfoy.

— Si le conseil d'administration souhaite mon départ, Lucius, je m'en irai, bien entendu.

— Mais... balbutia Fudge.

— Non ! Gronda Hagrid.

Le regard bleu de Dumbledore fixait les yeux gris et glacés de Lucius Malfoy.

— Cependant, reprit Dumbledore en parlant très lentement comme s'il tenait à ce qu'on ne perde pas un mot de ce qu'il allait dire, vous vous apercevrez que je n'aurai véritablement quitté l'école que lorsqu'il n'y aura plus personne pour me rester fidèle. Vous vous apercevrez aussi qu'à Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent.

Pendant un instant. Harry eut la quasi-certitude que les yeux de Dumbledore s'étaient tournée vers le coin de la cabane où il était caché avec Jenny et Lucas.

— Ce sont là des sentiments admirables, déclara Malfoy en s'inclinant. Nous regretterons tous votre... heu... façon très personnelle de diriger les choses. Albus, et j'espère simplement que votre successeur saura empêcher que... heu... « la prochaine fois, il y ait des morts... ».

Il s'avança vers la porte, l'ouvrit, et s'inclina en faisant signe à Dumbledore de sortir. Fudge, qui tripotait toujours son chapeau, attendit que Hagrid passe devant lui.

— Voilà, j'arrive, dit Hagrid en enfilant son manteau. Mais au moment où il allait franchir la porte derrière Fudge, il marqua une pause et dit d'une voix forte :

— Il faudra que quelqu'un donne à manger à Crockdur pendant que je ne serai pas là. La porte claqua et Lucas enleva la cape d'invisibilité.

Crockdur se mit alors à gémir en grattant à la porte.

Saint valentin

Le lendemain matin McGonagall annonça sans cacher son amertume, la suspension de Dumbledore et qu’en tant que directrice adjointe, elle prendrait temporairement la relève, jusqu’à ce que le conseil d’administration désigne son successeur. Le départ de Hagrid, lui, ne fut même pas évoqué et personne ne sembla remarquer son absence.

Cette annonce fit l’effet d’une bombe et fut accueillie par une vague de terreur chez les nés-moldus. Harry ne comprenait pas cette réaction. Aussi puissant que Dumbledore soit, en quoi sa présence les protégeait-il ? La plupart du temps, il se trouvait dans son bureau et était totalement impuissant à détecter ou à empêcher les attaques. Malgré ses doutes, il se relaya avec Jenny pour que l’un d’entre eux soit toujours avec Lucas. Ils espéraient que la présence d’un sang intru à ses côtés dissuaderait l’hériter de l’attaquer.

Cette rentrée n’était définitivement pas joyeuse. Et pourtant Harry eu deux motifs de satisfaction : Premièrement, la plupart des élèves étaient trop occupés à, comme lui, protéger leurs amis nés-moldus pour poursuivre leur campagne d’intimidation à son égard. Deuxièmement Lockhart avait annoncé qu’il ferait un événement spécial pour la saint-valentin. Rien n’avait filtré sur ce que ce serait, mais Harry était sûr que ce serait grandiose. Et il avait hâte de taquiner ses deux amis à mort. Non, ce n’était pas cruel de sa part. C’était pour leur bien. Il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour faire en sorte que ces deux andouilles admettent enfin, qu’ils étaient plus que des amis.

Un mois passa sans incident et la veille de la Saint-Valentin arriva. Comme à son habitude, Harry se leva tôt afin d’aller chercher Lucas à l’entrée de sa salle commune. Harry n’aimait pas traîner dans le coin. Il y croisait beaucoup trop souvent les Weasley à son goût. Mais si Jenny s’en chargeait, le risque que Lucas meure en tentant de s’interposer dans un combat entre elle et Ginny était trop important.

Malheureusement, la haine entre la Serpentarde et la Gryffondor ne s’était pas calmée avec le temps. Sans compter que Jenny n’était vraiment pas du matin. En fait la plupart du temps, il devait ensuite aller dans la salle commune des Serpentard pour la réveiller. D’après les filles qui partageaient son dortoir, seul Lucas pouvait la forcer à sortir de son lit, sans se prendre une malédiction. Harry pensait qu’elles exagéraient jusqu’à ce que lui-même s’y essaye.

Une fois, leur petit-déjeuner terminé, constatant que Jenny n’était toujours pas arrivée, ils se dirigèrent vers les cachots. Lorsqu’ils atteignirent le deuxième étage, ils s’arrêtèrent. Harry n’aimait pas cet endroit. C’était le lieu où l’on avait retrouvé Miss Teigne. Malgré tous les efforts de Rusard, on voyait encore des traces rouges sur le mur et des fuites se produisaient régulièrement depuis les toilettes pour fille abandonnée qui se trouvait à côté.

Bref, l’endroit était sinistre.

Mais ce qui les fit s’arrêter fut la scène qui se déroulait devant leurs yeux. Jenny et Ginny se battaient en duel. Et Jenny était clairement en difficulté. En fait il s’agissait plus d’une exécution que d’un duel tellement c'était à sens unique. Ginny lui lançait à un rythme effréné des sorts dont Harry n’avait jamais entendu parler avec une lueur de folie dans le regard qu’une Jenny couverte d’entailles ne pouvait qu’à peine esquiver.

Avant même qu’Harry ait pu comprendre la situation, Lucas, s’était précipité pour aider son amie. Sans avoir à échanger un seul mot, il se battait maintenant à deux contre un de manière parfaitement synchronisée. Mais cela n’avait pas l’air de faire une grosse différence. Harry sortit sa baguette bien décider à les aider à maîtriser cette furie, lorsque dans un réflexe protecteur Lucas saisit la main d’une Jenny sur le point de trébucher.

Immédiatement, Harry ressentit un changement d’atmosphère. C’était subtil, presque imperceptible, mais c’était bien là. Une sorte de pression envahit la pièce. Ne semblant rien remarquer Lucas lança un bouclier pour parer le sort que Ginny venait de leur envoyer. D’habitude, ses boucliers étaient de fins halos de magie qui peinait à ne serait-ce qu’atténuer la puissance des sorts de Ginny. Mais cette fois, ce qui sortit de sa baguette fut un mur de lumière tellement dense qu’il semblait avoir la consistance de l’acier. Le sort de Ginny rebondit sur le bouclier. Elle en fut tellement surprise qu’elle ne parvint pas à l’esquiver et se le prit de plein fouet. Elle décolla du sol et s’écrasa violemment contre le mur.

Avant qu’ils n’aient eu le temps de se remettre du choc et de comprendre ce qui venait de se passer, la voix qu’Harry redoutait le plus se fit entendre :

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? Potter ! Je comprends tout. Alors vous avez décidé de suivre les traces de votre père et d’attaquer vos ennemis à 3 contre un ? Quel courage. 20 points de moins et une retenue pour chacun d’entre vous. Et baissez immédiatement vos baguettes. Si un seul d’entre vous ose ne serait-ce que lancer qu’un sort de plus, même votre célébrité ne vous évitera pas le renvoi. Mademoiselle Weasley, est ce que vous allez bien ?

Déclara Snape en se précipitant au chevet de Ginny.

Elle papillonna des yeux ne semblant pas savoir où elle se trouvait. Au bout de quelques secondes, elle dit d’une voix tremblante.

— Oui, je vais bien. Juste mal à la tête.

— Je vous emmène à l’infirmerie.

— Non, c’est bon, je vais bien. Je dois… je dois aller en cours.

— Petite idiote. Vous avez peut-être un traumatisme crânien. Il est hors de question que vous retourniez en cours sans l’accord de madame Pomfresh. La harangua Snape.

— Puisque je vous dis que je vais bien.

— Soit comme vous voudrez. Ce n’est pas comme moi qui vais pleurer, si vous vous écroulez dans un couloir. Je vais vous escorter jusqu’à votre salle de classe et après, ce ne sera plus de ma responsabilité.

— Ne la laissez pas partir. Dit d’une voix enrouée une Jenny qui peinait à reprendre son souffle.

— Après ce qui vient de se passer vous devriez vous faire discrètes

— Le cahier.

Tout le monde avait les yeux rivés sur Jenny, en conséquence personne ne remarqua le visage de Ginny qui vira au vert suite à ses paroles sibyllines.

— Stop, je ne veux plus entendre un seul mot de votre part. Mademoiselle Nott, Monsieur Cross, il me semble que votre prochain cours est commun avec les Serpentard en métamorphose. Venez avec moi. Je pourrais ainsi vous voir expliquer à madame la directrice adjointe la raison de votre retard.

Ses deux amis, comprenant qu’il était inutile de tenter de s’expliquer avec Snape, décidèrent de le suivre sans un mot.

— Et vous monsieur Potter, je vous conseille de réfléchir à votre comportement.

C’est l’hôpital qui se fiche de la charité. S’il y en a un qui devrait essayer de se regarder dans un miroir de temps en temps, c’était bien lui.

Une fois qu’ils furent partis, Harry se rendit à son cours de sortilège. Mais il ne parvint pas à se concentrer sur ce que disait le minuscule professeur. Il n’arrêtait pas de repenser à ce qui venait de se passer.

Ginny était beaucoup plus puissante qu’il ne le pensait en combat, mais ce n’etait pas cela qui l’intriguait le plus. Après tout, c’était une sang pur et la seule fille d’une fratrie composée de Gryffondor. Il était normal qu’elle connaisse beaucoup de sort. Il était même possible qu’après la mort de Ron, ses parents - ou ses frères - se soit assurés qu’elle soit capable de se défendre.

Non ce qui l’intriguait, c’etait la violence du combat. Pourquoi diable s’étaient-ils affronté si violemment ? Harry et Lucas avaient souvent plaisanté sur la rivalité entre les deux filles, mais elle s’était toujours limitée à des moqueries, et occasionnellement, à des maléfices inoffensifs. Là, on aurait dit qu’elles tentaient de s’entre-tuer. Harry avait de plus en plus de mal à réfléchir. Au bout d’une heure de cours, il avait commencé à avoir mal à la tête. Une seule chose était sûre, ce n’était pas Jenny qui avait commencé. De l’extérieur elle avait l’air dur et toujours prêt à attaquer, mais Harry savait maintenant que ce n’était qu’une façade et que jamais elle ne commencerait un combat. Malgré les apparences, c'était quelqu’un de doux.

N’y tenant plus Harry demanda à aller à l’infirmerie, ce que le professeur Flitwick lui accorda de bonne grâce.

Sous le regard suspicieux de ses camarades, il sortit de la salle de classe. Une fois dans le couloir la douleur diminua et maintenant qu’il pouvait de nouveau réfléchir, il se rendit compte de quelque chose qui le terrifia : la douleur provenait de sa cicatrice. Il fit demi-tour et se dirigea vers le bureau du directeur oubliant momentanément que Dumbledore ne s’y trouvait plus.

Après avoir enchaîné un certain nombre de couloir vide, il vit ce qu’il avait tant cauchemardé depuis le soir de la première attaque. Il s’écroula par terre et de ses joues se mirent à couler des larmes pendant qu’il prononçait à intervalle régulier : « Non, ce n’est pas possible, pourquoi ?».

Afin de s’assurer qu’il ne se trompait pas, il s’approcha, mais il dut se rendre à l’évidence.

Devant lui se trouvait les corps sans vie de Lucas et Jenny, les mains jointes dans une éternelle union. Hagrid avait eu raison. Cette fois-ci, il y avait eu des morts.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Je vous autorise à me jeter des pierres pour avoir tué Lucas et Jenny. Mais que voulez-vous ? Le travail d’un auteur de fanfiction est principalement de faire souffrir ses personnages et je suis consciencieux.

Maintenant que je ne risque plus le spoil j’aimerais donner quelques informations sur ces personnages. Quand j’ai décidé qu’Harry ferait sa seconde année à Poudlard, j’ai compris que j’allais devoir inventer des personnages OC. En effet à part Ginny, Luna et Colin, on ne connaît pas du tout les élèves de seconde année et je ne trouvais pas très cohérent qu’ils deviennent amis. Et comme la création de personnages n’est pas mon fort, j’ai décidé de plagier sans aucune forme de décence les personnages d’une autre fic.

Ces deux personnages sont tirés de la fanfiction : Revenge is so sweet J'ai adoré la lire il y a quelques années (malgré son absence de fin). Un des défauts de cette fanfiction que j’ai toujours regrettée est qu’à mes yeux elle sous exploite le concept d’âme-sœur. En résumé, ils partagent une même âme, si on les sépare de force (ou qu’ils veulent se séparer) ils meurent, mais en contrepartie lorsqu’ils sont ensemble leurs pouvoirs magiques sont décuplés (c’est pour ça que Lucas arrive à sortir un bouclier aussi puissant). Je trouve que cette relation à tout de quelque chose de toxique qui pourrait faire souffrir les deux sorciers autrement qu’à cause de quiproquos (que j’ai beaucoup aimé cela dit). Et j’adore voir les personnages souffrir (encore une fois, je ne suis pas sadique mais consciencieux).

Malheureusement, j’ai été obligé de les tuer avant qu’il n’ait l’âge de développer une romance plus poussée. Non vraiment j’étais obligé. Je ne fais pas souffrir Harry par plaisir, mais parce que c’est nécessaire pour arriver au tome 4 qui a été le premier écrit. J’ai écrit le reste uniquement pour être un préquel de ce tome 4. Je sais ce n’est pas très logique de commencer par la fin, mais au moins comme ça, vous êtes sûr que ma fanfic aura une fin (contrairement à certaines dont je ne citerais pas le nom).

En haut de la tour

Quelques jours après l’attaque, McGonagall annonça avec un air de dégoût profond que pour faire face à la situation, le conseil avait nommé en urgence un nouveau directeur. Après cette annonce un homme blond, habillé richement entra dans la grande salle et prit la place de McGonagall sous les applaudissements des Serpentard et les hués des autres maisons. Tous avaient compris. Lucius Malfoy avait été nommé directeur de Poudlard.

Il émanait de lui une aura d’autorité dangereuse qui imposait l’obéissance. D’un simple mot il rétablit le silence et commença son discours. Après avoir brièvement déploré le laxisme de ces dernières années en matière de sécurité, qui avait conduit à de nombreux drames, il commença à lister une série de nouvelles règles qui s’appliquaient dès maintenant, afin de rétablir l’ordre au sein de l’école. La liste était interminable mais pouvait se résumer simplement : les nés-moldus n’avaient plus le droit de rien faire si ce n’est aller en cours et rester dans leur salle commune. Entre les cours Ils devraient se déplacer en groupe sous la surveillance des professeurs et compter sur la générosité de leurs camarades pour leur amener vêtement, livre, courrier et plus grave la nourriture dont ils auraient besoin. Cela revenait à leur retirer toute liberté et à les rendre dépendant des sangs purs et des sangs mêlés. Devant les protestations qui commençait à émaner de la grande salle, il conclut son discours en proclamant :

— J’ai conscience du caractère inique et contraignant de ses nouvelles restrictions. Malheureusement, les événements récents ont révélé qu’elles étaient indispensables à votre sécurité. Parallèlement, des mesures tout aussi exceptionnelles seront prises pour débusquer le plus rapidement possible, le responsable de ces agressions et ramener les conditions pour mettre fin à ce régime d’exception.

J’ai été nommé pour apporter des solutions radicales et pragmatiques aux problèmes de cette école. Et c’est ce que je ferais, quitte à froisser la bien-pensance. Et cela commencera par des fouilles approfondies de la salle commune et des dortoirs de Serpentard. Mais également de l’utilisation de manière aléatoire et régulière du priori Incantatum sur leur baguette.

En tant qu’ancien Serpentard, j’ai conscience du caractère discriminatoire de cette mesure, mais ne nous illusionnons pas. L’héritier de Serpentard à peu de chance de se trouver à Gryffondor. De plus, j’espère par cette mesure désamorcer les inévitables accusations de partialité ou de parti-pris idéologique. Mes opinions et mon passé sont connus de tous, mais soyez rassurés. J’ai accepté ce poste dans l’optique de servir ma communauté et non pour imposer mes vues à la future génération de sorciers et de sorcières.

Harry accueillit ses annonces sans la moindre émotion, depuis la table des Serpentard où il mangeait dorénavant seul. Depuis quelque temps, il était indifférent à tout. Il ne prenait même plus le temps de répondre aux insultes et réagissait à peine lorsqu’il était victime d’un sort de bloquejambe dans un couloir.

Après avoir découvert le corps de ses deux amis, il était resté dans un état catatonique à attendre. Attendre quoi ? Même aujourd’hui Harry ne le savait pas. Que les jumeaux Weasley apparaissent et lui annoncent que tout ça n’était qu’une blague de mauvais goût ? À la place, il fut découvert par un flow d’élèves sortant de cours. Leurs visages se chargèrent de haine, de peur et de dégoût puis progressivement, ils formèrent un cercle accusateur autour de lui. Comprenant le danger Harry se releva et essaya de s’échapper, mais il fut vite repoussé au centre du cercle.

Heureusement, un professeur arriva avant que de sérieuses blessures ne put lui être infligées. Cependant pour l’école entière, il était désormais coupable. Et peu importe que cela aurait dû paraître aberrant à quiconque l’ayant fréquenté un tout petit peu.

Seul Cédric continua à le croire innocent, mais il cessa de le mentionner en public après avoir reçu des beuglantes de ses parents (d’autres élèves de Poufsouffle les avaient prévenus). Les blaireaux sont solidaires, même quand il s’agit d’ostraciser l’un des leurs. À y réfléchir, il y avait aussi Luna Lovegood, la Serdaigle avec qui il faisait dorénavant systématiquement équipe en cours de potion que ne semblait pas croire à sa culpabilité. Mais ça ne comptait pas. Harry n’était même pas sûr qu’elle croit au fait que des élèves se soient fait attaquer. Luna vivait dans son monde et malheureusement, Harry ne pouvait pas l’y rejoindre.

Depuis, il rasait les murs et se contentait de faire l’aller-retour entre la grande salle, ses cours et l’ancienne salle de cours que Cédric avait aménagé pour qu’il puisse y dormir. Il n’était plus question pour lui de retourner dans son dortoir et Chourave fermait les yeux sur la violation du règlement que cela représentait. Il errait ainsi depuis une semaine tel un zombie dans le château. Plus rien n’avait d’importance, plus rien ne lui apportait de joie.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard

— Mr Potter. Veuillez rester un moment, je vous prie.

— Oui monsieur Lockhart. Dit Harry d’une voix sans émotion.

Une fois qu’ils furent seuls Lockhart commença.

— SI je vous ai demandé de rester, c’est parce que je m’inquiète pour vous. Vous étiez mon meilleur élève. Mais depuis ce drame récent votre comportement s’est énormément dégradé. Et toutes ces rumeurs. Bien sûr, je n’en crois pas un mot, mais comme il vaut mieux prévenir que guérir et que vous êtes mon élève préféré, j’ai décidé qu’il était de mon devoir (..)

— Venez-en au fait, professeur. Dit Harry d’une voix traînante.

— Vous voyez, c’est exactement cette attitude qui m’inquiète. Je vous le dis, vous êtes sur la mauvaise voie mon garçon. Mais c’est normal. C’est un peu de ma faute aussi. Par vanité, j’ai exposé aux yeux de tous ma puissance et je vous ai donné l’impression d’être impuissant. Après le drame récent, je comprends que vous n’ayez plus la patience de développer patiemment vos pouvoirs. Vous souhaitez pouvoir vous frotter le plus rapidement possible à des sorciers aussi puissants que moi. Et d’une certaine manière, c’est vrai. La magie noire permet de démultiplier la puissance de son utilisateur. C’est le seul moyen pour des sorciers lambda comme vous, de pouvoir se défendre contre des sorciers tels que moi. Ce n’est pas pour rien que durant la guerre le ministère à autoriser ses aurors à utiliser certaines magies sombres. Cependant, le prix à payer est beaucoup trop important. Et sur le long terme, il se trouve toujours un sorcier vertueux et puissant pour les arrêter.

Tenez, je vais vous faire un mot pour que vous puissiez accéder au livre de la réserve sur les conséquences de la magie noire. Vous verrez, c’est terrifiant. J’espère que cela vous mettra du plomb dans la tête. Et puis cela vous permettra de comprendre que seul un être exceptionnel tel que moi, peut espérer battre des sorciers maîtrisant ses sorts.

Harry prit sans un mot le parchemin que lui tendit Lockhart. Cette fois-ci, il n’avait pas compris où il voulait en venir Lockhart mais il s’en fichait. Se pouvait-il que Lockhart soit sincère ? Est-ce que même lui le croyait responsable de la mort de ses deux meilleurs amis ? Après tout, il n’avait peut-être pas tort. S’ils ne les avaient pas fréquentés. S’il était mort il y a 11 ans rien de tout cela ne serait arrivé.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard

Snape fulminait en parcourant les couloirs. Ce petit impertinent avait osé ne pas venir à sa retenue. Dire qu’étant donné le contexte, il avait décidé d’expédier cette retenue et de le libérer rapidement. Il allait lui faire comprendre que contrairement à son père, il n’était pas au-dessus du règlement. Après 30 minutes de marche frénétique qui n’avait fait que renforcer sa colère, il tomba sur un tableau qui l’avait vu récemment partir vers le sommet de la tour ouest. Il n’y a pas que ce vieux fou de Dumbledore qui est capable d’utiliser les portraits à son avantage, se félicita Snape. Tel un prédateur fonçant sur sa proie, il accéléra jusqu’à quasiment atteindre un rythme de course et enfonça plus qu’il n’ouvrit la porte qui donnait sur un balcon en hauteur habituellement prisée des amoureux en quête d’intimité.

— POTTER ! Hurla t-il, en bavant presque des lèvres.

N’importe qui aurait pris peur à cette vision. Mais Harry ne se retourna même pas. Il se contenta de lever brièvement les yeux puis de se remettre à fixer le vide comme il le faisait avant l’arrivée tonitruante de son professeur.

Snape ne s’attendait pas à cette réaction. Ou plutôt à cette absence de réaction. Il en fut complètement déstabilisé. Ils restèrent silencieux pendant plusieurs minutes.

— Mr Potter, puis-je savoir ce que vous pensez faire actuellement ?

Aucune réponse

— Vous êtes beaucoup trop près du bord. Vous pourriez tomber.

— Je crois que c’est plus ou moins l’idée.

À ses mots, Sape retrouva un comportement normal (enfin un comportement normal pour Snape)

— Mr Potter, je ne sais pas ce qui a bien pu vous passer par la tête, ni même s’il y passe quoi que ce soit. Cependant, vous avez une bien drôle de façon de rendre hommage au sacrifice de votre mère. Mais je suppose que pour un Potter cela va de soi que les autres doivent se sacrifier pour vous. Inutile de tenir compte des conséquences de votre comportement sur les autres. Vous êtes un Potter, ils s’en chargeront à votre place.

— Justement j’en ai marre que les gens meurent à cause de moi. Répondit calmement Harry.

— Avez-vous un ego tellement surdimensionné que vous vous croyez responsable du moindre malheur qui arrive sur terre ? Vous n’êtes pour rien dans la mort de votre mère. Et encore moins dans celle de vos deux amis.

— Vous vous contredisez. Déclara Harry avec une voix dénouée d’émotion qui irritait Snape au plus haut point.

— Je suis responsable. C’est à cause de moi que le seigneur des ténèbres a essayé de vous tuer. Se résigna à avouer Snape pour le faire réagir.

— Seriez-vous à court de sarcasme ? Ou le nouveau directeur vous a t’il imposé un quota de mensonges réconfortants ?

Snape réfléchit quelques secondes et décida de changer d’approche.

— Mr Potter. Nous savons tous les deux que vous ne sauterez pas. Alors cessez de tester ma patience et reculez-vous.

Pour toute réponse, Harry se mit à regarder dans le vide. Snape sentis qu’il s’agissait d’un moment décisif et n’osa rien faire. Finalement au bout d’un temps qui sembla durer une éternité, il se recula d’un pas et déclara :

— L’héritier de Serpentard, c’est Voldemort n’est-ce pas ?

— C’est ce que pense Dumbledore. Mais ne prononcez pas son nom.

— C’est pour moi qu’il est là. C’est pour moi qu’il commet tous ses meurtres. Tant que je serais en vie, il essaiera de récupérer mon sang pour revenir.

— S’il suffisait de vous tuer pour s’assurer que le seigneur des ténèbres ne revienne jamais, je vous aurais achevé depuis longtemps. Avec ou sans vous, il trouvera un moyen de revenir. Avec ou sans vous des innocents se feront tuer et des familles seront brisés. Au risque de me répéter, vous n’êtes pas le centre du monde Mr Potter. La seule question, c’est, est ce que vous voulez le fuir ou l’affronter ? Malgré tous ses défauts votre père, lui au moins, ne manquait pas de courage.

Ce gamin l’avait obligé à dire du bien de James Potter. Il allait le lui faire payer très cher. Après cela, s’il avait l’audace de ne serait-ce que faire mine, de vouloir faire un pas dans la mauvaise direction, il allait s’assurer qu’il ait une vraie raison de vouloir sauter. Mais heureusement, le gamin fit un autre pas en arrière et quitta définitivement la zone dangereuse.

Harry avait pris sa décision. Il allait le combattre. Il allait se venger.

— Petrificus totalus. Et 100 points en moins pour Poufsouffle. Cria Snape, avant de l’emmener de force à l’infirmerie.

oOoOoOo

Quelques heures plus tard

— Bonjour Potter.

Harry se réveilla en sursaut. Après que Snape l’ait amené à l’infirmerie, Pomfresh l’avait gavé de potion qui lui avait donné envie de dormir. Il ne savait pas quelle heure il était, ni même quel jour on était. Tout ce qu’il savait, c’est qu’en entrouvrant les paupières, il avait trouvé Théodore Nott devant son lit.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? Dit Harry en se frottant les yeux pour tenter de chasser son sommeil.

— Avant toute chose, l’étiquette voudrait que tu me salues en retour. Mais même chez les sangs purs les vieilles traditions se perdent. Je ne me suis jamais vraiment présenté à toi. Je suis Théodore de la noble maison des Nott. Déclara-t-il d’une voix sans émotion.

— Je sais qui tu es.

— L’étiquette veut (...)

— Je suis en pyjama dans mon lit, je viens de me réveiller, j’ai faim et j’ai la tête qui tourne. Oublie l’étiquette pour cette fois. Tiens, parle-moi comme si j’étais un vulgaire sang de bourbe.

— L’étiquette m’impose de ne pas parler aux sangs inférieurs. Répondit-il de manière robotique, sans qu’aucune haine ne soit perceptible de sa part. On aurait dit qu’il récitait la liste des courses.

— Ils ne sont pas inférieurs. S’écria Harry.

— Si tu le dis. Répondit-il laconiquement en étant toujours aussi calme, bien qu’Harry ait commencé à hausser la voix.

Harry resta silencieux et le regarda fixement avec colère, pendant que Nott regardait autour de lui avec nonchalance. Il semblait s’ennuyer et ne pas remarquer l’animosité dont il était la cible.

— Oublions ça. Qu’est-ce que tu veux ? Finis par demander Harry lasse de ce combat de regard dont il était le seul participant.

— Moi ! Je ne veux rien. Répondit-il. Harry attendit quelques secondes qu’il continue. En vint. Harry finit par se résigner à demander :

— Qu’est-ce que tu es venu me dire ?

— Rien du tout. Quelle idée saugrenue. Qu’est-ce que je pourrais bien vouloir te dire ?

Harry était confus.

— Pourquoi es-tu venu dans ce cas ? Pourquoi es-tu au pied de mon lit ?

— C’est une excellente question à laquelle j’aimerais moi-même avoir la réponse. Mon allié Blaise de la maison Zabini a insisté pour que je me rende à ton chevet. Il dit que nous devrions parler de Jenny. Mais pour ma part, je n’ai rien à dire à son sujet.

— Tu étais proche d’elle ?

— Bien sûr que non. C’était une traite à son sang. Cela aurait été un déshonneur pour la maison Nott de la fréquenter.

— Pourquoi nous avoir aidés, dans ce cas ?

— Précise ta question. En l’état, je ne saurais y répondre.

— Tu sais ? Lorsque Malfoy l’avait enfermé dans les toilettes des filles désaffectées du deuxième étage.

— Malfoy n’avait pas à se mêler de nos affaires familiales et encore moins de cette façon. La manière dont Malfoy s’est comporté déshonore l’ensemble des grandes maisons et plus particulièrement la maison Nott. Et pour un Nott rien n’est plus important que l’honneur. Dit-il en laissant échapper pour la première fois un filet d’émotion (mais c’était tellement faible qu’Harry se dit qu’il avait rêvé)

— C’est tout ? C’était quand même ta cousine. Tu n’as jamais été curieux ? Tu n’as jamais voulu tisser de lien avec elle ?

— Non. Pourquoi aurais-je voulu cela ? Les liens sont des illusions qui vous mettent en danger. Regarde ou cela t’a mené de tisser des liens avec n’importe qui ? Au final, tu te retrouves aussi seul qu’au départ. Et encore, tu devrais t’estimer heureux. La plupart des relations se finissent de manière bien pire.

— Pire ? Comment ça pourrait être pire ? Elle est morte.

— La plupart des amis ou même des membres de votre famille finissent par vous trahir. La plupart du temps, c’est comme ça que les liens se rompent. Au moins eux, ils t’ont été fidèles jusqu’au bout. Énonça-t-il d’une voix d’où émanait maintenant une certaine froideur.

— Euh, t’as 12 ans ou 60 ans ?

— J’ai 12 ans. Répondit-il de sa voix toujours aussi imperturbable, sans sembler remarquer le sarcasme que contenait la question.

— Mais tu as bien des amis ? Tu ne peux pas vivre tout seul.

— Pourquoi ? C’est le meilleur moyen pour survivre.

— Et ce Blaise Zabini dont tu as parlé ?

— Comme je l’ai dit, c’est un allié pas un ami.

— Et ta famille ?

— Que veux-tu insinuer par-là ? Comme père me l’a ordonné, je me conforme de mon mieux aux exigences de mon rôle d’héritier de la noble et ancienne maison des Nott.

Harry poussa un soupir. Il ne savait pas pourquoi, mais les réponses de Nott le remplissaient de tristesse. Mais il ne voyait pas l’intérêt d’insister.

— Laisse tomber. Alors ça ne te fait rien qu’elle soit morte ?

— Rien.

— Vraiment rien ?

— Vraiment rien.

— Même pas un léger regret de ne pas lui avoir parlé ? De ne pas l’avoir connu ?

Pour la première fois Nott réfléchis avant de répondre.

— Je n’aurais pas dû lui prêter d’attention. Lorsque sa mère a choisi d’ignorer les règles du sang, elle a été définitivement bannie de la maison Nott. Pour moi, cela aurait dû être un sang-mêlé, parmi les autres. Mais à chacune de ses esclandres avec Malfoy, je ne pouvais m’empêcher de l’observer. Elle ressemblait beaucoup à ma mère. Pas seulement au niveau du physique. Mais je ne pouvais ignorer les lois du sang sous peine de déshonorer ma maison et de faillir à mon rôle d’hériter. Père ne l’aurait jamais accepté. Cela n’aurait été bon pour aucun de nous deux.

Ils restèrent ainsi silencieux n’ayant plus rien à se dire. Mais ce n’était pas un silence désagréable. Au bout de 30 minutes, Nott finit par se lever.

— Je dois aller en cours. Je vais prévenir Pomfresh que tu es réveillé.

— Au revoir.

— Au fait. Au nom de la noble et ancienne maison des Nott, je te présente mes condoléances pour la triste perte qui t’afflige. Malgré leur sang, Lucas Cross et Jenny Nott étaient de grands sorciers qui ne méritaient pas ce triste sort.

— Merci, je suppose.

— Ah ! Et ce n’est sans doute pas le moment idéal, mais tu devrais consacrer quelques instants à t’entretenir avec les gobelins du respect des droits de ta maison sur l’usage qui est fait de ton nom. Les Potter ont beau ne plus faire partie des 28 sacrés, certaines utilisations abusives du nom d’une famille aussi ancienne sont (…) dérangeantes.

— Oh, tu parles des Potter-godemichet. Oui, moi aussi, ça m’a dérangé lorsque j’ai vu la pub dans sorciére-hébdo. Comment ça peut marcher si on leur donne une forme d’éclair ?

Nott rougit et partit sans rien dire comme s’il avait le diable à ses trousses. Pour la première fois depuis des semaines, Harry se mit à rire.

Mais il redevint très vite sérieux. Harry avait perdu les dernières semaines à déprimer et à errer sans but dans le brouillard. Maintenant, c’était terminé. Maintenant, il avait un but. Dès qu’il aurait réussi à convaincre Pomfresh de le laisser sortir de l’infirmerie, il trouverait l’héritier et il lui ferait payer. Mais la tâche était immense et il ne savait pas par où commencer. Il regarda son sac et trouva le mot que lui avait fait Lockhart pour pouvoir accéder à la réserve et qu’il avait complètement oublié.

Décidément, Lockhart était un génie. Il avait compris avant lui ce dont il avait besoin. Et si le professeur lui donnait sa bénédiction, cela ne pouvait pas être une mauvaise chose.

Il se souvenait encore du combat qui avait opposé Ginny et Jenny. Il ne connaissait pas la moitié des sorts qui avait été employée et aurait été bien incapable de faire quoi que ce soit, alors qu’il ne s’agissait que d’une première année.

Dans son état actuel, il se ferait balayer par l’hériter.

La première étape était de devenir plus fort rapidement. Et pour cela, il n’y avait qu’un seul moyen. Avec le mot de Lockhart et beaucoup d’insistance, la bibliothécaire accepta de le laisser accéder à la réserve en insistant sur le fait que ce n’était pas des livres auquel devrait être exposé un premier année (et que son professeur était un idiot irresponsable). Il fit semblant de consulter un manuel avancé de potion, tout en lançant discrètement un sort de copie sur certains livres de magie noire.

Ce soir, il chercherait un sort pouvant faire souffrir l’héritier autant qu’il avait souffert. Et il le maîtriserait même si ça devait lui prendre le reste de l’année scolaire.

La chute

Durant les deux mois qui suivirent, les attaques de l’héritier cessèrent. Mais les nés-moldu ne furent pas hors de danger pour autant.

Au début, tout se passait bien, mais lentement, les mesures du nouveau directeur firent leurs effets. Petit à petit, les nés-moldu devinrent victimes de petits règlements de comptes et durent rendre de nombreux services à leur camarade en échange de l’accès à leur droit.

Au début, les directeurs de maisons sévirent pour empêcher ce genre de comportement. Mais le directeur Malfoy intervint de plus en plus souvent pour assurer une impunité au coupable. À l’exception notable de la maison Poufsouffle, les née-moldu devinrent les parias de leur propre maison et beaucoup parlaient de ne pas revenir à Poudlard l’année prochaine. Cependant Poudlard étant la seule école de magie accessible aux nés-moldu. Pour eux, quitter Poudlard voudrait dire se couper du monde magique et renoncer définitivement à pouvoir utiliser leur baguette (légalement). Car bien que l’école de Beauxbâtons accepte aussi leur lignage, elle se trouvait en France et demandait bien plus de Gallions qu’une scolarité complète à Poudlard pour l’année. Sans compter la différence de langue et le dépaysement qui l’accompagnait.

Les plus jeunes hésitaient, mais les plus âgés comprenaient que, sur le long terme, ce n’était pas une bonne idée. Il valait mieux subir quelques années difficiles et avoir ensuite le droit d’utiliser ses pouvoirs, plutôt que de quitter l’école et de se retrouver sans défense. Surtout que tous avaient conscience que c’était ce que voulaient les puristes.

Une fois résigné à devoir rester, les nés-moldu formèrent de petits groupes de résistance auxquels se joignirent certains sang-purs comme les Weasley.

Parallèlement, la même chose fut faite chez les sang pur pour harceler des nés-moldu. Les différents groupes étaient constitués d’élèves de toutes les maisons. On retrouvait des nés-moldu de Serpentard dans la résistance et des sangs pur Gryffondors chez les puristes. Mais pour l’essentiel, les tensions prirent la forme d’une traditionnelle guerre entre Serpentard et Gryffondor. Entre les familles de la lumière et les familles des ténèbres. Entre les Malfoy et les Weasley.

Les tensions augmentèrent ainsi petit à petit, jusqu’à ce qu’un matin Harry rentre dans la grande salle et la trouve complètement dévastée.

Afin d’éviter les autres élève Harry avait pris l’habitude de venir prendre son petit-déjeuner aux aurores (Moment où seuls les élèves les plus matinaux occupaient la grande salle). Il découvrit ainsi avec deux autres élèves qu’elle était recouverte de sciures de bois et de divers débris. C’était tout ce qu’il restait des grandes tables et des bancs permettant aux élèves de s’asseoir. Les vitres et le sablier de Gryffondors avaient été brisés répandant ainsi par terre un mélange de rubis et de verre brisé extrêmement dangereux. Tous observèrent silencieusement les dégâts pendant qu’une brise glaciale rentrait de l’extérieur.

Une fois qu’il eut constaté l’ampleur du désastre, le nouveau directeur ordonna que tous les élèves soient convoqués dans la grande salle. 30 minutes plus tard, une foule d’élèves hystériques (certain encore en pyjama) se tenait dans la pièce dévastée. Tout le monde se demandait ce qu’il s’était passé et les rumeurs les plus folles circulaient. Beaucoup pensaient que l’héritier avait encore frappé. Au bout de quelques instants, le directeur apparut devant ce qui restait de la grande table.

D’un seul regard, il obtint le silence complet.

— Comme vous pouvez tous le constater, une bande de hooligans a profité du couvert de la nuit pour dévaster notre héritage commun. Ses teintures, dont ils ne restent désormais plus que des restes fumants, dataient du Moyen Âge et avait été tissé par Rowena Serdaigle elle-même. Elles avaient survécu à mille ans de crise et de guerre, mais ne résistèrent pas à notre décadence. J’aimerais vous promettre qu’ils seront retrouvés et sévèrement châtiés pour cet outrage. Mais depuis le début, j’ai tenu à placer ma direction sous le signe de l’honnêteté et je me vois donc contraint de vous dire qu’à moins que les coupables ne se dénoncent, nous n’avons aucun moyen de les retrouver. Ce crime restera donc impuni. J’en tremble de honte et d’indignité.

Mais cela ne fait que renforcer ma résolution de tout faire pour qu’un incident pareil ne se reproduise plus jamais. Obnubilé par la traque de l’héritier et la protection de ses cibles potentielles, j’ai totalement négligé d’envisager que la menace pouvait venir d’une poignée de délinquants produit par le laxisme de la précédente administration.

Certains me diront, avec raison, que j’aurais dû m’en rendre compte plus tôt, lorsque les mêmes voyous ont abusé des mesures prise contre l’héritier, pour abuser des nées-moldus. J’ai voulu croire dans un élan d’optimisme bien naïf que le problème se règlerait de lui-même. Je dois aujourd’hui admettre que j’avais tort et que de nouvelles mesures sont nécessaires pour endiguer la montée de violence au sein de l’école. La liste des mesures n’est pas encore arrêtée et je suis ouvert à toutes les suggestions. Les préfets en tant que représentants des élèves seront notamment convoqués afin de connaître leur suggestion et avis sur la question.

N’hésitez pas à leur faire part de vos remarques et idées.

Néanmoins, j’annonce dès à présent la création d’une nouvelle brigade directoriale, dont les membres seront choisis par moi-même en fonction de leur sérieux et de leur engagement passé au bien-être de l’école. Ils auront pour mission d’assurer l’ordre et la sécurité. Pour cela ils bénéficieront de droits étendus. Tous pourront y participer quelle que soit leur origine, même si, tant que l’héritier sera là, des adaptations devront être faites pour les nés-moldus. Notamment, étant donné que les récentes entorses au règlement ont pour origine des conflits entre les nées-moldu et les autres élèves. J’envisage dès maintenant la création d’une salle commune voir d’une salle de repas qui leur serait dédié où les autres élèves seraient interdits de séjour. Bien entendu, leur utilisation ne sera pas obligatoire. Bien au contraire, j’exhorte les nées-moldu à ne pas renoncer à leurs droits légitimes d’occuper les espaces communs du château. Cependant, je tiens à ce qu’il dispose d’un espace sûr, le temps que cette crise se termine.

— Et pourquoi ne pas leur faire porter une Étoile jaune pour qu’on puisse les différencier plus facilement, tant qu’on y est ? Ne put s’empêcher de s’exclamer Harry pas dupe du caractère facultatif des nouveaux dortoirs.

Un élève à côté de lui répondit :

— C’est vrai, ce serait une bonne idée. C’est un symbole qui leur donnera une protection, en plus de permettre au préfet et aux professeurs de les repérer plus facilement.

Harry ne prit même pas la peine de répondre à cet ignorant sang pur et retint sa colère. Depuis quelques temps, il ressentait une colère quasi-permanente qui ne semblait pas lui appartenir. Cela lui faisait un peu peur, mais il avait d’autres problèmes. À commencer par le fait que ses séances d’entraînements secrètes étaient un échec. Il avait d’abord cru que le problème était la cible qu’il utilisait pour son entraînement. Le livre précisait qu’il était nécessaire d’éprouver une haine sincère en lançant le sort pour qu’il fonctionne. Il avait donc décidé de s’exercer sur des rats capturés dans le château. Mais c’était un échec complet.

Le seul effet notable fut que Luna Lovegood ne voulut plus s’associer avec lui en potion en se plaignant que son aura s’assombrissait et que Théodore Nott lui donna des conseils de tempérances. Harry les ignora. Mais il se demanda comment ils avaient fait pour être au courant (et si d’autres l’avait remarqué).

Un mois passa ainsi sans incident notable, si ce n’est une lente dégradation des conditions de vie des nés-moldu. Il fut d’abord peiné pour eux et tenta de mettre de côté son ressentiment pour demander aux Weasley s’il pouvait se joindre à leur groupe. Mais petit à petit, il pensa de plus en plus souvent aux remarques qu’ils lui avaient fait et devint indifférent à leur sort.

Le directeur exultait en se félicitant qu’aucune autre attaque n’ait été à déplorer depuis sa prise de fonctions. Jusqu’au jour où un nouveau message en lettre de sang apparut sur le mur à côté des toilettes des filles du deuxième étage (là où avait eu lieu la première attaque).

L’héritier venait d’enlever Ginny Weasley et dans quelques heures elle serait morte. Les élèves furent confinés dans leur salle commune et les rumeurs parlaient d’une fermeture prochaine de l’école.

La chambre des secrets

Harry, comme tous les élèves avaient entendu l’annonce de McGonagall ordonnant à tous les étudiants de se confiner dans leur salle commune jusqu’à nouvel ordre.

Cependant, il ignora cet ordre. Cela faisait des mois qu’il n’était pas retourné dans sa salle commune et il n’avait aucune envie de faire face à ses camarades, qui l’accuseraient probablement de l’enlèvement de la jeune fille.

Dès le départ du professeur Chourave, il utilisa sa cape d’invisibilité pour s’échapper. Ensuite, il se dirigea vers l’ancienne salle de cours reconverti en chambre qui lui servait de dortoir depuis plusieurs mois.

Sauf que devant sa porte, il trouva un rat. Il frissonna, mais cette fois, il eut immédiatement le réflexe de lui lancer un sort. Avant que le rat ne puisse bouger son Wingardium-Léviosa l’atteignit en plein cœur et il se débattit impuissant à un mètre du sol.

Est-ce que c’était un de ses cobayes qui avait réussi à s’échapper ? Puis il regarda davantage le rat et le reconnut :

 — Croutard ! Mais qu’est-ce que tu fais ici ? Ça fait des mois que Ginny te cherche !

Il rompit le sort. Pour toute réponse, le rat s’éloigna vers un coin du couloir et se mit à couiner dans sa direction. On aurait dit qu’il voulait qu’il le suive.

Harry se rappela alors de ce qui s’était passé à Halloween. De comment ce sale rat l’avait guidé comme un chien de berger vers le lieu de la première attaque. Puis de sa mystérieuse fuite du château.

Harry n’en avait parlé à personne par peur de passer pour un fou (il y avait déjà suffisamment de rumeurs sur lui). Et au bout d’un moment avec tous les événements étranges qui s’étaient produit, il avait totalement oublié le comportement étrange de Croutard.

Harry hésita quelques secondes. Maintenant, que Dumbledore était parti, s’il capturait le rat et l’amenait aux professeurs personne ne le croirait. Il serait juste puni pour avoir désobéi aux consignes et renvoyé dans sa chambre commune. Peut-être que Lockhart le croirait, mais pour une raison qu’il ne comprenait pas, il ne semblait pas respecté par les autres professeurs. Sans doute, étaient-ils jaloux de son talent. Quoi qu’il en soit, Lockhart ne serait pas d’avantage écouté. Et de toute manière, aussi talentueux qu’il soit, il n’était pas de taille face à Voldemort.

Le plus sage aurait été d’ignorer le rat. Le risque qu’il s’agisse d’un piège était trop grand. Mais aussi agaçante qu’était Ginny, s’il existait un espoir de l’aider, il devait le tenter.

Il fit mine de suivre Croutard en restant vigilant et en prévoyant d’aller voir les professeurs s’il apprenait quelque chose. Au bout de 5 minutes à déambuler dans les couloirs, il fut évident qu’il n’était pas fou. Le rat voulait le guider vers un lieu précis. Lorsqu’ils arrivèrent au deuxième étage (où l’on voyait maintenant briller en lettre de sang les deux messages de l’héritier). Harry hésita. Pourquoi l’emmener de nouveau à cet endroit ?

Mais le rat continua sa route jusqu’aux toilettes des filles. Ce n’était que la deuxième fois qu’Harry venait en ce lieu.

Mais cette fois, il prit le temps de détailler l’endroit. Ces toilettes étaient dégoutantes. Pas étonnant que personne ne les utilise. La plupart des tuyaux fuyaient et un liquide qu’Harry espérait être de l’eau recouvrait la quasi-totalité du carrelage. De plus, rien n’avait été réparé depuis leur combat plus tôt dans l’année. La plupart des portes des toilettes étaient défoncées et l’une des cuvettes faisait un bruit suspect. En début d’année, on l’avait prévenue que ses toilettes étaient hantées par un fantôme complètement maboule.

Il inspecta les lieux, le plus discrètement possible pour ne pas attirer l’attention du poltergeist, mais il ne vit rien de suspect. Il ne comprenait pas pourquoi le rat l’avait attiré ici. Peut-être qu’il était bel et bien fou et que ce rat n’avait jamais eu l’intention de lui montrer quoi que soit. Il fit demi-tour pour repartir, mais le rat poussa alors un cri strident qui attira l’attention de la chose dans les toilettes. Un geyser d’eau dégoûtante en sortit et éclaboussa toute la pièce avant qu’une brune argentée en émerge en hurlant :

— Qu’est-ce que vous faites dans les toilettes des filles ? Vous aussi vous êtes venus vous moquer de moi ?

— Non, je me suis juste perdu. Je m’en allais. Bafouilla rapidement Harry à la brume qui prit la forme d’une jeune fille avec de grosses lunettes.

— Menteur. Je te reconnais. Tu es l’un des hooligans qui ont saccagé mes toilettes l’année dernière.

— On ne voulait rien saccager du tout. On ne faisait que se défendre.

— haaaaa ! Un rat.

— Vous avez peur des rats ? Mais vous êtes un fantôme ?

Mimi poussa alors un sanglot tragique.

— Qu’elle manque de délicatesse. Espèce de mufle. Comment oses-tu venir ici pour me tourmenter ?

— Mais quoi, c’est vrai ? Fit Harry en reculant devant son doigt accusateur

— Ce n’est pas une raison pour le dire aussi brutalement. Même si je suis morte, j'ai quand même une sensibilité.

— Désolé, je ne savais pas. De toute façon, je m’en vais.

— C’est ça et emporte avec toi cette créature.

— Ce n’est pas le mien. Et moi aussi, j’ai peur des rats. Je ne peux pas supporter leur queue. On dirait un ver de terre.

— Et puis leur dent et ce regard rouge. Surenchéris le fantôme de la jeune fille.

Les deux tremblèrent de dégoût.

— Pourquoi vous restez dans ces toilettes ? À vôtre place, je préférerais hanter une plage à Malibu.

— J’aimerais bien, mais à cause d’une plainte de cette garce d’Olive Hornby, le ministère m’a jeté un sort qui m’oblige à rester près du lieu de mon décès.

À ces mots, Harry sursauta. Une fille morte dans les toilettes des filles du deuxième étage. Se pourrait-il ?

— J’ai une question un peu personnelle à vous poser. C’est sans doute un souvenir dont vous n’avez pas envie de vous rappeler, mais … est-ce que vous pourriez m’expliquer comment vous êtes morte ? Demanda Harry.

Elle sembla alors changer du tout au tout, comme si elle était très flattée qu'on lui pose la question.

— Oh, c'était abominable, dit-elle avec délectation. C'est arrivé ici même. Je suis morte dans cette cabine, je m'en souviens très bien. J'étais venue me cacher ici parce qu'Olive Hornby s'était moquée de mes lunettes. La porte était fermée à clé et j'étais en train de pleurer quand j'ai entendu quelqu'un entrer. Quelqu'un qui parlait une drôle de langue. Mais c'est surtout la voix qui m'a frappée, parce que c'était un garçon qui parlait. Alors, j'ai ouvert la porte pour lui dire de filer et d'aller dans les toilettes des garçons et c'est à ce moment-là — elle se gonfla d'importance, le visage rayonnant— que je suis morte.

— Comment ? Demanda Harry.

— Aucune idée, répondit-elle dans un murmure. Je me souviens seulement d'avoir vu deux grands yeux jaunes. Tout mon corps s'est engourdi et je me suis senti partir dans les airs...

Elle posa sur Harry un regard rêveur.

— Et puis je suis revenue. J'étais décidée à hanter Olive Hornby. Elle a vraiment regretté de s'être moquée de mes lunettes.

— À quel endroit, exactement, avez-vous vu ces yeux ? Demanda Harry.

— Tu peux me tutoyer, tu sais. Au fait, je m’appelle Mimi.

— Et moi Harry. Répondit-il en lui tendant la main avant de se raviser.

— Ils étaient quelque part par-là, dit Mimi en pointant le doigt vers le lavabo qui se trouvait en face de sa cabine et que pointait Croutard depuis tout à l’heure.

Harry examina le lavabo sous toutes les coutures et finit par trouver un serpent finement gravé sous l'un des robinets d'arrivée d'eau.

— Ce robinet n'a jamais marché. Dit Mimi lorsqu'il essaya de le tourner.

En le voyant, il sut immédiatement ce qu’il devait faire. Mais il n’était pas sûr d’y arriver. Les seules fois où il avait réussi à parler cette langue, c'était face à un vrai serpent. Il fixa des yeux le petit dessin en s'efforçant de croire qu'il était réel. Au bout de plusieurs minutes de concentration, il prononça distinctement :

— Ouvre-toi. Mais il entendit distinctement que sa voix ressemblait à un étrange sifflement.

Aussitôt, le robinet se mit à briller d'une lueur blanche en tournant sur lui-même. Un instant plus tard, le lavabo bascula et disparut, laissant apparaître l'entrée d'un gros tuyau suffisamment large pour permettre à un homme de s'y glisser. Harry l’observa un instant et prit sa décision. Il courut le plus vite possible dans la direction opposée en pleurant. L’idée de sauter dans le tuyau pour aller sauver Ginny et venger ses amis lui avait brièvement traversé l’esprit.

Mais un violent effroi l’avait ramené à la réalité. Il n’avait aucune envie de faire face au monstre et encore moins de revoir Voldemort. Il se sentait lâche, il avait l’impression de trahir ses amis et se demandait bien à quoi avait servi ses entraînements clandestins. Mais c’était mieux ainsi. De toute façon à part se faire tuer par l’héritier qu’est-ce qu’il aurait pu faire ?

oOoOoOo

Il se reprit et se dirigea vers le bureau du professeur Chourave, pour lui indiquer l’emplacement de la chambre des secrets. Eux pourraient sans doute quelque chose. Et au pire, il pourrait peut-être contacter Dumbledore.

Mais en s’approchant de son bureau, il entendit des éclats de voix inquiétante. Par prudence, il se recouvrit de sa cape d’invisibilité et avança.

— Pour la dernière fois dite nous où est Potter. Tonna la voie de Cornelius Fudge.

— Je l’ignore et même si je le savais, je ne vous le dirais pas. Répondit Chourave de manière véhémente, avec le soutien de McGonagall et de Flitwick.

— Je pense que vous ne comprenez pas bien la situation. Je comprends que vous soyez tenté de protéger vos élèves. Mais il est accusé d’être le responsable des attaques. Tout comme vous, je suis convaincu du caractère farfelu de ses accusations. Mais au vu des circonstances actuelles, vous comprendrez que nous ne pouvons négliger aucune piste. Vous avez ma parole que je ferais tout pour qu’il soit relâché dans les plus brefs délais.

Déclara Malfoy avec une voie doucereuse

— Garder vos boniments pour la presse Monsieur Malfoy. J’ignore où il se trouve, mais je préférerais le savoir au milieu de la chambre des secrets qu’entre vos mains.

Harry n’écouta pas la suite de l’échange. Bouleversé, par ce qu’il venait d’entendre, il fuit ce lieu le plus vite possible. Après quelques minutes de course irréfléchie, il s’arrêta pour faire le point dans un coin isolé du château. Dorénavant, il était seul contre tous. Maintenant, qu’il était recherché, il ne pouvait plus demander d’aide à personne. S’il révélait l’emplacement de la chambre, cela ne ferait que donner plus d’argument à Malfoy et au ministère pour l’accuser. S’il fuyait, il serait vite retrouvé (et puis comment pourrait-il fuir le château de toute façon ?).

Il n’avait plus qu’une seule possibilité : descendre dans la chambre trouver la preuve de son innocence. Il ravala un sanglot à l’idée devoir sauter dans ce trou profond et sombre sortit tout droit des cauchemars de sa petite enfance. Repoussant la crise d’angoisse qui menaçait de l’emporter, il se résigna à sauter vers l'inconnu.

oOoOoOo

Après une longue glissade, il atterrit dans un long tuyau noir à peine assez grand pour s'y tenir debout. Après avoir pesé le pour et le contre, il murmura le plus doucement possible « lumos » et sa baguette s’alluma. Il constata alors avec effroi que le sol était recouvert de squelette de rat. 

— Je hais les rats. Murmura-t-il, pour lui-même pendant qu’il avançait prudemment dans un long couloir sinistre.

Après quelques minutes de marche angoissante où il fut plusieurs fois sur le point de s’évanouir à cause du bruit d’une goutte d’eau, il arriva devant un mur où était gravés deux serpents entrelacés.

— Ouvrez. Dit-il dans un sifflement rauque.

Les deux serpents se séparèrent aussitôt : les deux pans de mur sur lesquels ils étaient gravés venaient de s'écarter en silence. Quelques instants plus tard, ils avaient entièrement disparu, laissant la voie libre.

Harry, tremblant de tous ses membres, mais il continua et rentra dans une longue salle faiblement éclairée. D'immenses piliers de pierre, autour desquels s'enroulaient des serpents sculptés, soutenaient un plafond noyé dans l'obscurité et projetaient leurs ombres noires dans une atmosphère étrange et verdâtre.

Il sortit sa baguette magique et s'avança parmi les colonnes, chacun de ses pas répercutés en écho par les murailles obscures. À plusieurs reprises, il crut voir bouger l'un des serpents de pierre dont les orbites creuses semblaient suivre ses mouvements.

Lorsqu’il fut arrivé au niveau des deux derniers piliers, il se retrouva face à une statue, adossée au mur du fond, et qui faisait toute la hauteur de la Chambre.

Harry dut tendre le cou pour apercevoir la tête de la statue : elle représentait un sorcier simiesque avec une longue barbe mince qui tombait presque jusqu'au bas de sa robe où deux énormes pieds grisâtres reposaient sur le sol lisse.

Entre les pieds, une petite silhouette vêtue d'une robe noire était allongée face contre terre. Une silhouette aux cheveux d'un rouge flamboyants.

— Ginny ! Murmura Harry.

Harry passa plusieurs minutes à examiner la pièce. Elle était vide. Aucune trace du monstre ou de l’héritier. Il s’approcha d’elle prudemment puis ayant constaté qu’elle respirait encore, il la prit dans ses bras et tentât de fuir de la chambre le plus vite possible. Mais une voix traînante l’arrêtât.

— Repose là par terre, tu ne peux plus rien pour elle.

Il se retourna. Au milieu de la chambre, se tenait maintenant un jeune homme de grande taille et aux cheveux noirs qui l'observait, adossé contre un pilier. Ses contours étaient étrangement flous, comme si Harry l'avait regardé à travers une fenêtre aux vitres givrées. Malgré tout, il était d’une grande beauté et dégageait un étrange charisme. Harry lâcha Ginny immédiatement et sorti sa baguette.

— Qui es-tu ? Et que veux-tu dire par ‘tu ne peux rien pour elle’ ?

— Je veux dire qu’elle sera bientôt morte et que tu ne peux pas la sauver.

Harry regarda longuement l’inconnue. Puisqu’il semblait désarmé et avoir la consistance d’un fantôme, il décida qu’il n’était pas une menace. Il rangea sa baguette et reprit Ginny dans ses bras.

— Si on se dépêche, Pomfresh pourra peut-être la sauver. Je ne sais pas qui tu es, mais viens avec moi. Voldemort pourrait revenir.

L’inconnu éclata de rire et le sang de Harry se glaça. Il reconnaissait ce rire cruel et froid. Il se souvenait l’avoir entendu dans de nombreux cauchemars qu’il faisait petit.

— Je vois, à ton expression, que tu as compris. Lâche cette fille où j’appelle mon monstre.

— Si de toute manière, elle va mourir, pourquoi ne pas me laisser l’emmener ?

— Ne joue pas au plus malin avec moi !

— Sinon quoi ? Vous allez me tuer ? Comme si vous ne comptiez pas le faire quoi qu’il arrive.

Il rigola de nouveau. Ce son glaça le sang d’Harry.

— Tu as raison, mais puisque tu es là, j’aimerais te poser quelques questions. À moins que tu ne sois pressé d’en finir ? À la réflexion, cela me va tout aussi bien. Mon monstre a faim. Cela fait bien longtemps qu’il n’a pas eu la joie de dévorer de la chair humaine.

Harry finit par lâcher Ginny, il ne parvenait plus à soutenir son poids. De plus, il préférait avoir ses deux mains libres, ainsi que sa baguette sortit en vue de ce qui allait suivre.

— Que veux-tu savoir ?

— En premier lieu, j’aimerais savoir comment un simple bébé a pu vaincre le plus puissant sorcier de tous les temps.

— Vous n’avez jamais été le plus grand sorcier de tous les temps. Même au sommet de votre puissance Dumbledore était plus puissant que vous.

À ses mots, ses traits se tirèrent et devinrent laids. Une grimace recouvra son visage.

— Je te prouverai bientôt qui de moi ou de ce vieux fou est le sorcier le plus puissant. Bientôt, grâce à cette chère Ginny, Voldemort renaîtra plus puissant que jamais. Cette fois, les choses se passeront bien différemment. Il n’y aura pas de longue guerre d’usure avec le ministère et cet amoureux des moldus. Dès que mes fidèles seront avertis de mon retour, nous prendrons le contrôle de Poudlard. Tu ne sais pas à quel point j’ai été ravi d’apprendre que ce cher Malfoy était parvenu à devenir directeur. Au point de presque pardonner sa lâcheté. Je n’aurais peut-être même pas à combattre. Bien à l’abri de cette forteresse de magie et avec les quasi-totalités des enfants sorciers en otage, le ministère n’aura d’autres choix que de se rendre. Et privé de l’aide du ministère même Dumbledore ne pourra plus s’opposer à moi.

S’il n’y avait pas Ginny, Harry se serait presque réjoui de voir que Voldemort aimait toujours perdre son temps dans de longs monologues pour expliquer ses plans. Il profita de ce répit pour observer les lieux et essayer de trouver une solution. La première chose à faire était d’essayer de savoir ce qu’était le monstre, d’où il arriverait et s’il existait une cachette d’où il pourrait se mettre à l’abri.

— Il faudrait déjà que vous réussissiez à revenir. La dernière fois, cela n’a pas été une réussite. D’ailleurs comment se fait-il que vous soyez encore en vie ? Dumbledore m’a dit que vous étiez passé de l’autre côté du voile et qu’aucune magie ne pourrait jamais vous en faire revenir ?

— De quoi parles-tu ?

— Vous n’êtes pas au courant de ce qui s’est passé l’année dernière ? Et vous ne savez pas ce qui s’est passé il y a 11 ans ? Vous n’êtes pas vraiment Voldemort. Qu’est-ce que vous êtes exactement ?

— Disons que je suis un souvenir. Un souvenir enfermé depuis des années dans un journal.

À ce moment, Harry remarqua un petit journal noir à côté de l’endroit où le corps de Ginny reposait, lorsqu’il était entré dans la chambre. Il était écrit en lettre d’or clairement lisible : « Journal intime de Tom Elvis Jedusor » Mais le souvenir continua.

— Je ne sais pas comment, mais cet été mon ancien journal, s’est retrouvé entre les mains de cette petite idiote et elle y a noté tous ses petits tracas insignifiants. Tu ne peux pas savoir à quel point cela a été douloureux de devoir supporter de l’entendre me raconter ses insipides journées. Mais plus elle écrivait, plus elle déversait d’elle et s’affaiblissait. Et plus elle s’affaiblissait, plus je me renforçais. Jusqu’à ce que je puisse prendre le contrôle. D’abord de petit moment puis de plus en plus fréquemment. Maintenant, elle a tellement déversé d’énergie dans le journal qu’il y a plus d’elle à l’intérieur de moi que dans son propre corps. Elle est maintenant trop liée à moi, pour que le lien puisse être brisé. Quelque que soit la magie ou l’éloignement utilisé, je continuerais à lentement absorber ses forces. Et lorsque j’aurais absorbé la dernière goutte de son énergie vitale, je pourrais enfin renaître.

— Attendez, votre journal ? Ça veut dire que vous êtes Tom Elvis Jedusor

Une colère hideuse remplit de nouveau son beau visage et il cria presque :

— Tom est mort il y a longtemps. Comment connais-tu ce nom ?

— Vous avez fait du bon boulot pour effacer toutes traces de son existence. Cependant les portraits sont bavards et vous avez oublié de supprimer la récompense pour service rendu à l’école. J’imagine que cette ironique récompense vous amusait trop, pour que vous la détruisiez. Vous êtes Jedusor, sorcier née d’un père moldu qui l’a abandonné. C’est pour ça que vous haïssez les moldu ? C’est pour ça que vous vous en êtes stupidement pris aux nés-moldus, au lieu de tranquillement attendre d’être assez fort pour renaître ? Juste à cause des actes d’un seul d’entre eux.

— Impressionnant. Tu as de grandes qualités. Mais tu te trompes. Je pourrais hypocritement te lister toutes sortes de très bonne raison que j’avais de m’en prendre aux nées-moldu. Comme le fait d’empêcher Ginny de me dénoncer ou de provoquer le départ du seul sorcier capable de me démasquer. Mais la vérité, c’est que je l’ai fait pour le plaisir. Tu n’imagines pas ce que l’on ressent lorsque l’on élimine un de ses vermisseaux qui peuplent cette terre. Et à peine eus-je le temps de goûter à ce délicieux nectar que j’ai été bloqué pendant 50 ans dans ce carnet. Je n’ai juste pas pu m’en empêcher.

Mais je ne déteste pas particulièrement les moldus. Tu as bien dû t’en rendre compte cette année : la plupart des sorciers sont des idiots malfaisants. Ils n’ont rien d’une race supérieure. Ils sont tout aussi pitoyable que les moldud. Nous en revanche faisons partie des quelques rares élus à être capable de s’élever au-dessus de ses pitoyables cancrelats. Rejoins-moi et prenons ensemble cette place qui nous revient de droit (…)

Pendant qu’il faisait son discours Harry eu une idée. Il doutait que cela fonctionne, mais il n’avait pas de meilleur plan. Il se rapprocha tout doucement du journal et pendant que Voldemort était distrait, il le saisit à pleine main espérant que comme l’année dernière la magie détruirait l’entité et libére Ginny. Mais rien ne se passa. Il cria alors :

— Incendio

Sous le regard amusé de Voldemort, les flammes s’éteignirent sans causer le moindre dommage au journal.

En désespoir de cause, il lança de toutes ses forces et à répétition un sort de magie noir qu’il avait vu dans ses livres. Mais rien ne se passa. En revanche à force de tenter de lancer le sort, il se sentit devenir de plus en plus faible et une colère qui ne lui appartenait pas monta en lui.

— C’était une bonne idée d’essayer de détruire mon vaisseau. Mais tes pouvoirs sont pitoyables face au mien. Maintenant raconte-moi comment tu as survécu, il y a 11 ans ou je demande à mon basilic de te dévorer.

Tout en feuilletant le journal complètement vierge à la recherche d’une nouvelle idée, Harry lui raconta comment le sacrifice de sa mère l’avait doté d’une protection magique.

— Cesse de me mentir jeune Potter

— Mais c’est la vérité.

— Tu crois vraiment que je vais avaler ça. Comme si ta mère avait été la première femme à se sacrifier pour tenter de sauver son bébé. Très bien. Puisque je ne tirerais rien de toi.

Voldemort se mit à siffler, mais Harry comprit parfaitement ce qu’il disait :

— Parle-moi, Salazard Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard, Ahhhh !!!

Voldemort se mit à hurler pendant qu’un énorme trou apparut au milieu de son corps.

Harry avait eu une idée en se demandant où se trouvait ce que Ginny avait écrit dans le journal (et aussi en remarquant que les pages étaient sèches bien qu’il ait reposé dans l’eau durant plusieurs heures). Il s’était entaillé la main puis avait écrit dedans avec le sang où résidait la protection de sa mère. Aussitôt, son sang avait été absorbé par le journal qui s’était mis à trembler. Le souvenir se mit à hurler, mais le son semblait venir du journal lui. Quelle que soit la magie noire qui protégeait le carnet, elle réagissait mal à l’amour pur qui composait le sort de sa mère. Il recommença avec d’autres pages et continua jusqu’à ce que les soubresauts disparaissent et que le fantôme s’évanouisse dans d’horribles hurlements.

Quelques secondes, plus tard, Ginny se réveilla. Sans un mot, il l’aida à se relever et la conduit vers la sortie. Hébétée, elle n’opposa aucune résistance.

Harry se dit qu’il devrait la réconforter ou lui demander comment elle allait, mais les mots ne voulaient pas sortir. Il se sentait comme mort à l’intérieur. Il voulut se convaincre que c’était parce qu’il avait du mal à se remettre d’avoir dû assister à l’agonie du souvenir et à la terreur qui l’avait étreint durant cette étrange conversation. Mais la vérité, c’est qu’il se sentait mal depuis qu’il avait essayé d’utiliser la magie noire de toutes ses forces sur le journal. Après ses séances d’entraînement infructueuses, il se sentait souvent bizarre, mais jamais, il n’avait ressenti cela.

Au bout d’un moment, c’est Ginny elle-même qui brisa le silence. Elle demanda en sanglotant :

— Où est Jedusor ?

— Je l’ai tué. Enfin, je crois que j’ai tué la chose qui vivait dans le journal. D’ailleurs, comment tu te l’es procuré ? Dit Harry avec dureté et froideur.

— Je ne sais pas. Il était dans le chaudron avec mes autres fournitures scolaires. J’ai supposé que c’était un cadeau de ma mère pour mon entrée à Poudlard.

Elle sembla vouloir lui poser d’autres questions, mais elle hésitait. Elle semblait perturbée par le ton froid avec lequel Harry lui avait répondu. Elle s’exclama en sanglotant :

— Je vais aller à Azkaban.

En constatant sa peine, il fut immédiatement en empathie. Quelque chose sembla se réchauffer en lui et il répondit sur un ton plus chaleureux :

— Le survivant est prêt à témoigner sous Veritaserum que tu étais possédé par Voldemort. Si c’est une excuse suffisante pour éviter à Malfoy la prison, alors je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas pour toi.

Elle sursauta à la mention de ‘Voldemort’

— Quel rapport avec vous-savez-qui ?

— Ce journal, c’est celui de Voldemort. Tom Elvis Jedusor, c’est son vrai nom. Tu croyais que sa mère l’avait appelé Voldemort ? Quoi que ça expliquerait son caractère.

— Je vais être renvoyé.

— Il faut bien que j’aie une récompense pour t’avoir sauvé.

Mais mon trait d’humour ne la fit pas rire. Harry rajouta :

— Franchement, tu crois que Malfoy va te renvoyer pour quelque chose d’aussi insignifiant que d’avoir tué des sangs de bourbe. Au contraire, prépare-toi à recevoir une médaille. La question que tu devrais te poser, c’est ce que tu as vraiment envie de rester dans une école dirigée par une parodie d’Himmler.

— C’est qui Himmler ?

— Ton père est directeur du service des détournements de l'artisanat moldu et il ne t’a pas dit qui était les nazis ?

— Mon père ne sait pas grand-chose sur les moldus.

— Ton père est directeur du service des détournements de l'artisanat moldu et il (..) laisse tomber. Je ne suis pas sûr que ça te remonterait le moral si je t’expliquais qui est Himmler.

Le silence retomba entre eux.

— Je suis vraiment désolé pour ce que j’ai fait à Lucas et à Jenny. J’aimais bien Lucas et même si je n’aimais pas Jenny, je n’ai jamais voulu qu’elle meure.

— Crois-moi, si je pensais que tu étais responsable en quoi que ce soit de la mort de Jenny et Lucas je te tuerais moi-même. Répondit-il de nouveau avec froideur en repensant à ce qui était arrivé à ses deux amis.

Une fois arrivé au tuyau Harry se demanda comment il allait remonter. Il demanda à Ginny si elle savait comment Voldemort faisait. Une fois qu’elle eut fini de grimacer (au grand agacement de Harry qui ne comprenait pas que l’on puisse avoir peur d’un mot), elle lui désigna un petit serpent qui se trouvait à l’un des rares endroits propres du tunnel

Harry demanda au serpent comment sortir en fourchelang et une plateforme apparue. Ils montèrent dessus et elle s’éleva jusqu’à les ramener à la surface.

Bientôt, ils se retrouvèrent sur le carrelage humide des toilettes de Mimi Geignarde et le lavabo qui dissimulait le passage secret se remit en place. Mimi les regarda avec des yeux ronds.

— Tu es vivant ? Dit-elle à Harry d'un ton stupéfait.

— On dirait que tu es déçue, répondit sombrement Harry en essuyant ses lunettes maculées d’une substance dont il préférait ignorer la composition (quelle idée ce gros pervers de Salazar Serpentard avait eu de cacher l’entrée de sa garçonnière dans les toilettes des filles).

— Bah... je me disais que si tu étais mort, j'aurais été contente de partager mes toilettes avec toi, avoua Mimi, le teint soudain argenté, ce qui était sa manière à elle de rougir.

Une fois sortit Harry s’exclama :

— Je crois bien que tu as une rivale, Ginny !

Mais Ginny n'était pas d'humeur à plaisanter : des larmes continuaient de couler sur ses joues.

— Où on va, maintenant ? Demanda-t-elle inquiète.

Après quelques instants de réflexion, il répondit :

— Le mieux c’est d’aller à l'infirmerie.

En parcourant les couloirs, l’inquiétude monta chez Harry. Ginny s’inquiétait d’aller à Azkaban, mais elle n’était pas la seule. Harry avait bien remarqué que malgré les promesses du ministre Hagrid n’avait pas été relâché après que de nouvelles attaques aient prouvé son innocence. Est-ce que le témoignage de Ginny allait vraiment suffire à l’innocenter ? Ou Malfoy allait-il en profiter pour les envoyer toutes deux à Azkaban. Mais une fois dans le bureau de Chourave, il vit qu’elle n’était pas seule.

En plus de sa directrice de maison, se trouvait Albus Dumbledore. D’abord, la vue du vieil homme le remplit de joie et de soulagement. Mais dès qu’il croisa ses yeux sans raison, il fut pris d’une intense colère. Il ferma les yeux quelques minutes et la colère disparut. Il se dit que c’était le contrecoup de ce qu’il venait de vivre. Il rouvrit les yeux et commença à raconter en détail ce qui s’était passé.

Dumbledore après le retour de la chambre des secrets

Après avoir écouté son récit et avoir rassuré les deux jeunes gens sur leur futur, il les envoya à l’infirmerie. Mais Harry resta. Une fois qu’ils furent seuls, il demanda au directeur :

— Comment j’ai fait pour survivre à l’Avada-Kedavra? Qu’est-ce qui s’est vraiment passé cette nuit-là ? Comme ça se fait que j’ai survécu ? Pourquoi depuis j’ai ce lien avec Voldemort ?

— Je te l’ai dit l’année dernière.

— Arrêtez de me mentir. Vos bêtises sur l’amour qui est plus fort que tout, c’est bon pour les enfants. Jedusor a raison. Ma mère n’est certainement pas la seule à avoir supplié Voldemort d’épargner son enfant. Et ce n’est certainement pas la seule sorcière de l’histoire à avoir essayé d’empêcher un mage noir de lancer un Avada-Kedavra sur son enfant. Et puis de toute manière, il était là pour la tuer donc elle ne s’est pas sacri(…).

Harry s’arrêta en plein milieu de sa phrase et réfléchi à voix haute :

— Ça veut dire qu’il n’était pas venu pour elle, mais pour moi ? Mais cela n’a aucun sens. Je n’étais qu’un bébé et elle était une opposante de premier plan. J’ai(..). Enfin, surtout Jenny a passé une partie de l’année à faire des recherches sur Voldemort et les sangs purs. D’après elle la nuit du 31 est une nuit spéciale pour les sorciers et surtout pour les sangs purs. D’après eux, c’est une nuit où leur pouvoir sont à leur zénith et favorable au rituel noir. Comment se fait-il qu’il ait décidé de passer cette nuit à tuer des opposants plutôt que de faire des rituels sataniques dans une cave ? En fait, il n’a pas tenté d’assassiner ma famille, car elle s’est opposée à lui. Il a tenté de m’utiliser pour un rituel noir nécessitant de tuer un bébé.

Harry cessa de réfléchir à haute voix et se tourna vers Dumbledore :

— Je comprends que vous me considériez comme trop jeune ou que vous ne voulez pas donner ce genre de connaissance à n’importe qui. J’imagine qu’il vaut mieux éviter que tout le monde sache que l’on peut augmenter la taille de son pénis et retrouver l’amour perdu en tuant des bébés. Mais s’il vous plaît dites-moi la vérité. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi est-ce qu’il s’en est pris à moi ? Je n’ai rien de spécial. Je suis sûr que je suis capable de l’encaisser et je ne vois pas à qui je pourrais aller le répéter.

À ce moment, Dumbledore sembla soudain très vieux

— Ton jeune âge n’est pas la seule raison pour laquelle je te cache des choses. Voldemort est le meilleur legilimance de sa génération. La legilimancie est l’art de lire dans l’esprit. Rajouta Dumbledore, suite à une tentative de question d’Harry.

— Tant que tu ne la maîtrise pas, je ne pourrais pas répondre à ta question. Si nous voulons avoir une chance de le vaincre définitivement, il est primordial que Voldemort ignore ce que je sais. Ou plutôt ce que je soupçonne. Comme toi et tes amis vous en êtes rendu compte, il est plutôt difficile de trouver des informations sur Tom Jedusor.

— Comment puis-je apprendre l’occlumancie ? Demanda Harry qui n’aimait pas l’idée que l’on puisse fouiller dans sa tête.

— Tu es trop jeune (…)

— Ne me dite pas que je suis trop jeune. S’énerva Harry sans raison particulière. Il prit 5 minutes pour se calmer avant de rajouter :

— Ce qu’il y avait dans la chambre n’était pas Voldemort. Il ne savait pas ce qui était arrivé à Voldemort. Je veux dire, il ne savait pas ce qui s’était passé cette nuit d’Halloween ou l’année dernière. Ce n’est pas donc pas la même personne, mais une sorte de sauvegarde de celui qu’il était à 17 ans. Comme dans les histoires de science-fiction moldu où on sauvegarde une copie de sa conscience dans un ordinateur pour renaître ensuite. S’il en a fait une alors il en a peut-être fait plusieurs. C’est même quasiment sûr, vu qu’il n’a apparemment pas pris la peine de mettre cette sauvegarde en sécurité. Il va m’attaquer encore et encore jusqu’à ce que quelqu’un trouve un moyen de s’en débarrasser. Le meilleur moyen de me protéger, c’est de me fournir toutes les informations que vous pouvez. Et puis j’ai le droit de savoir pourquoi il s’acharne sur moi comme ça !

Dumbledore réfléchit un moment puis poussa un soupir. À ce moment, il semblait plus vieux que d’habitude.

— À partir de l’année prochaine, tu prendras des cours d’occlumancie avec le professeur Snape. Je sais que vous ne vous entendez pas bien, mais il est le meilleur occlumens encore en vie et le seul à avoir réussi à tromper Voldemort. Il est le seul à pouvoir t’apprendre ce dont tu as besoin. Lorsque tu auras un niveau suffisant, je t’inviterai à des cours particuliers où je t’expliquerais ce que je sais.

Harry voulut répliquer que jamais le professeur Snape ne voudrait lui donner des cours particuliers (et que lui-même préférerait se couper un bras plutôt que de passer plus de temps que nécessaire avec lui). Mais à ce moment-là la porte du bureau s’ouvrit violemment.

Lucius Malfoy fit son entrée, le visage marqué par la fureur. Recroquevillé sous son bras, le corps enveloppé de bandages, il y avait Dobby

— Dobby ! S’exclama Harry sans réfléchir en voyant l’elfe

— Comment connaissez-vous mon serviteur ? s’exclama Lucius Malfoy clairement intrigué pendant que l’elfe se ratatinait. Son visage était ravagé par une terreur abjecte.

— Draco m’en a parlé mentit précipitamment Harry. Cela n’eut pas l’air de convaincre lord Malfoy, mais il se désintéressa de la question pour se tourner vers Dumbledore.

— Alors ! Lança Lucius Malfoy en fixant sur Dumbledore un regard glacial. Vous êtes à nouveau là ! Le conseil d'administration vous a suspendu, mais vous estimez que vous avez le droit de revenir à Poudlard !

— Voyez-vous, Lucius, répondit Dumbledore avec un sourire serein, les onze autres membres du conseil d'administration m'ont écrit aujourd'hui. J'ai eu l'impression d'être pris dans une véritable tempête de hiboux. Ils avaient entendu dire que la fille d'Arthur Weasley était morte et ils voulaient que je revienne immédiatement. Ils semblaient croire qu'après tout, j'étais l'homme qu'il fallait pour occuper ce poste. Ils m'ont également raconté des histoires très étranges. Plusieurs d'entre eux affirment que vous avez menacé de jeter la malédiction sur leur famille s'ils refusaient d'approuver ma suspension.

Mr Malfoy devint plus pâle encore que d'habitude, mais son regard continuait de lancer des éclairs de fureur.

— Et alors ? Vous avez réussi à mettre un terme à ces agressions ? Ricana-t-il. Vous avez capturé le coupable ?

— En effet, dit Dumbledore avec un sourire.

— Eh bien ? Qui est-ce ?

— Le même que la dernière fois, Lucius. Mais cette fois, Lord Voldemort a agi par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre. Au moyen de ce journal intime. Il montra le petit livre noir percé d'un grand trou en observant attentivement la réaction de Mr Malfoy. Harry, lui, regardait Dobby.

L'elfe avait un étrange comportement. Ses grands yeux fixés sur Harry, il ne cessait de pointer le doigt sur le journal, puis sur Mr Malfoy et se donnait ensuite de grands coups de poing sur la tête.

— Je vois... dit lentement Mr Malfoy à Dumbledore.

— C'était un plan judicieux, dit Dumbledore d'une voix égale sans quitter Mr Malfoy des yeux. Car si Harry, ici présent n'avaient pas découvert ce journal intime, Ginny Weasley serait sans doute apparue comme la seule coupable. Personne n'aurait jamais pu prouver qu'elle avait agi contre sa propre volonté...

Mr Malfoy resta silencieux, le visage soudain figé comme un masque.

— Et imaginez, poursuivit Dumbledore, ce qui se serait produit dans ce cas... Les Weasley sont une de nos plus éminentes familles de sorciers. Imaginez les conséquences que cette affaire aurait pu avoir sur Arthur Weasley et son Acte de Protection des Moldus, si on avait découvert que sa propre fille agressait et tuait des enfants de Moldus. Heureusement que ce journal a été trouvé à temps et que les souvenirs qu'il contenait ont été effacés. Qui sait ce qu'il serait advenu dans le cas contraire ?

Mr Malfoy se força à parler.

— Heureusement, en effet, dit-il avec raideur.

Derrière son dos, Dobby continuait de pointer le doigt sur le journal, puis sur Lucius Malfoy avant de se donner à nouveau des coups de poing sur la tête.

Et soudain, Harry comprit. Il fit un signe de tête à Dobby et celui-ci recula dans un coin en se tordant les oreilles pour se punir de ce qu'il venait de faire.

Lucius Malfoy resta un instant immobile et Harry vit nettement sa main se contracter, comme si l'envie le démangeait de sortir sa baguette magique. Mais finalement, il se tourna vers son elfe de maison.

— On s'en va, Dobby !

Il ouvrit brutalement la porte du bureau et fit sortir son elfe à coups de pied. Ils entendirent les cris de douleur de Dobby tandis que Lucius Malfoy s'éloignait dans le couloir. Harry réfléchit un moment, puis il eut soudain l'idée qu'il cherchait. Il s’excusa rapidement auprès de Dumbledore puis courra rejoindre Lord Malfoy.

— Attendez monsieur Malfoy.

— Que me voulez-vous, encore ?

— Je souhaiterez-vous acheter Dobby, combien en voulez-vous ?

Après un moment de réflexion, il répondit.

— Intéressant. Malheureusement, il n’est pas à vendre. Et quand bien même vous ne possédez rien que je convoite Monsieur Potter.

— Monsieur Malfoy, pour être honnête, je commence à en avoir par-dessus la tête des débiles mentaux consanguin de votre espèce et de leur arrogance. Vendez-moi, Dobby ou la prochaine fois que je rencontre Voldemort, je lui dirais que vous êtes un traître, tout comme votre ami le professeur Snape.

— Monsieur Potter, je vais mettre cet éclat sur votre immaturité et votre état d’épuisement, mais sachez que d’habitude, je ne tolère pas une telle impertinence. Viens Dobby nous y allons.

— Comme vous le souhaitez monsieur Malfoy. J’espère que vous vous rendez bien compte que lorsque Voldemort apprendra que le carnet a été détruit par votre faute, il vous tuera vous et tous les membres de votre famille.

— Qu’essayez-vous d’insinuer ?

— Monsieur Malfoy, il est évident que c’est à vous que Voldemort a confié ce carnet et que c’est vous qui l’avez ensuite donné à Ginny.

— Vous n’avez aucune preuve. Ce ne sont que les délires d’un adolescent mentalement instable contre la parole d’un des sorciers les plus respectables d’Angleterre mais(...)

Harry interrompit Lucius pour répliquer sarcastiquement :

— Je suis sûr que Voldemort en tiendra compte, lorsqu’il décidera de qu’elle manière, il va vous tuer.

Mais Lucius continua comme si l’interruption n’avait pas eu lieu :

— Mais ce qui m’interroge, ce sont vos insinuations sur le seigneur des ténèbres. Il est mort Potter. Et cesser d’invoquer son nom en vain.

— Quoi votre bras droit vous démange ? Oui, il est mort, mais malheureusement, cette charogne refuse de rester crevée. Une fois par an, il revient pour essayer de me tuer. Vous n’avez pas senti à travers la marque qu’il avait repris des forces l’année dernière ? Ou durant cette soirée ? Pour le moment, j’ai eu de la chance, mais un jour, il gagnera et il renaîtra. À moins que Dumbledore me révèle enfin ce qu’il sait et que l’on trouve un moyen de l’envoyer définitivement dans l’autre monde. Nous ne nous aimons pas monsieur Malfoy, mais nous ne sommes pas obligés d’être ennemis. De manière involontaire, vous avez permis la destruction de l’une de ses sauvegardes. Jamais il ne vous le pardonnera. Vendez-moi, Dobby et je jure de ne pas lui révéler votre implication dans cette affaire avant de mourir. Il finira par l’apprendre, mais ça vous laissera le temps de mettre votre famille à l’abri. La vie de votre fils, vaut-elle plus que celle d’un elfe de maison ?

— Malgré vos bravades, ça se voit que vous n’avez jamais connu la guerre. Nul ne peut se cacher bien longtemps du seigneur des ténèbres.

— J’en suis conscient plus que quiconque. Mais également que tout délai supplémentaire est précieux. Si j’avais pu retarder ne serait qu’un petit peu le jour où il a tué mon frère, enfin mon cousin, je n’aurais pas hésité.

Malfoy soupira.

— Puisque que vous y tenez tant.

Il prononça une formule en latin et s’entailla le doigt avec un petit poignard cérémoniel qu’il prit dans sa veste. Harry sentit une ancienne magie l’envahir et le relier à Dobby.

— Je ne fais cela que par sympathie pour les épreuves que vous avez traversées et nullement, car vos paroles recèleraient un fond de vérité. Le seigneur des ténèbres est mort et je n’ai aucun lien avec lui.

— Bien entendu monsieur Malfoy.

— Adieu monsieur Potter.

— Attendez ! Il y a une dernière chose que l’on n’a pas réglée.

— Quoi ?

— Dobby immobilise-moi cette ordure.

Dobby claqua des doigts et Malfoy se trouva projeté au sol sans pouvoir se relever. Il vit alors avec inquiétude le gamin se dirigeait lentement vers lui.

— Ça, c'est pour avoir tué mon meilleur ami.

Harry shoota de toutes ses forces dans la tête de Lucius Malfoy et entendit avec plaisir le bruit de son nez qui se brisait.

— Ça, c’est pour avoir tué ma meilleure amie.

Et il lui donna un autre coup de pied dans l’aine.

— Et ça, c’est pour être un putain de Nazis, silencio.

Il rangea sa propre baguette et ramassa la canne de Lucius, qui, il le savait contenait sa baguette. Il n’avait jamais réussi, mais aujourd’hui, il avait l’intuition qu’il y arriverait. C’est comme si quelque chose situé au plus profond de son âme dirigeait sa main. Il pointa la canne en direction de son propriétaire, prit une dernière inspiration puis cria :

— ENDOLORIS

Le corps de Lucius fut secoué de spasmes énormes qui lui donnèrent l’air d’une poupée désarticulée mue par un marionnettiste en pleine crise d’épilepsie. Son corps se couvrit d’énormes gouttes de sueur et ses yeux se révulsèrent. Il cria tellement que sa mâchoire finit par se déboîter, mais pas un son ne sortit de sa bouche. Cependant le plus horrible, c’est qu’il vit progressivement les yeux de son bourreau se colorer d’un rouge bien trop familier. Au fur à mesure la tristesse disparue du regard du jeune Potter pour être remplacé par une joie féroce.

— Maître Potter, arrêtez, je vous en supplie. S’écria Dobby d’une voix larmoyante.

— Pourquoi il n’a que ce qu’il mérite.

— Vous allez le tuer.

À ses mots, Harry sembla retrouver ses esprits. La lueur rouge dans ses yeux reflua et il mit fin au sort. Il jeta la canne au loin, donna un dernier coup de pied dans les côtes de sa victime puis se pencha pour lui dire à l’oreille :

— Maintenant, on en a terminé. Et si je vous retrouve encore sur ma route, je jure de consacrer l’intégralité de mes ressources à vous détruire vous et votre maudite famille.

Une fois qu'il fut suffisamment loin, Harry demanda à Dobby de lever le sort qui immobilisait Lucius Malfoy. Le petit elfe claqua immédiatement des doigts. Après cela, l’Elfe suivit son maître en silence. Cependant, il ne cessait de triturer le chiffon sale qui lui servait de vêtement. Finalement, Dobby finit par rompre le silence.

— Cette magie n’est pas faite pour maître Potter. C’est de la mauvaise magie. Il est trop bon et généreux pour cela. Il ne doit plus recommencer. Méchant Dobby. Dit l’elfe en commençant à se cognant la tête contre un mur.

— Arrête ! Pourquoi est-ce que tu te punis, encore ?

— Un misérable elfe de maison n’a pas à ordonner quoi que ce soit à ses maîtres.

— Écoute-moi bien Dobby, je ne suis ni gentil, ni généreux ni ton maître. Puis il retira la veste de son uniforme et la donna à Dobby

— Non, Dobby sait qu’il a été un mauvais elfe, mais Dobby peut changer. S’il vous plaît, soyez indulgent.

— Ce n’est pas une punition, c’est une récompense. Je t’offre la liberté.

— Dobby a toujours voulu être libre. Mais Dobby doit servir le grand Harry Potter. Harry doit payer sa dette. Il y a tellement de danger dont il doit le protéger.

— J’ai bien l’intention que tu payes pour ce cognard qui m’a broyé, je ne sais combien d’os. Mais il est hors de question que tu sois mon esclave. Écoute si tu y tiens tant, je veux bien que tu restes à mon service. Mais en tant qu’elfe libre et en échange d’un salaire. Je suis bien assez riche pour me payer un domestique de toute manière. Surtout, depuis que je touche un pourcentage sur tous les produits dérivés vendu par cet usurpateur.

Dobby prit timidement le vêtement et Harry sentit quelque chose se couper en lui. À ce moment-là Dobby explosa de joie et se mit à remercier Harry de toutes ses forces.

— Attends avant de me remercier. Tous les gens qui se tiennent à mes côtés meurent. Et sinon Dobby, voilà mon premier ordre en tant qu’employeur. Si je recommence à déconner, comme je l’ai fait avec Lucius. Assomme-toi s’il te plaît.

— Bien Maitr… Monsieur Potter.

Entrevue avec Ginny

Quelques jours plus tard, Harry patientait seul sur un quai bondé où le Poudlard express viendrait bientôt ramener les élèves chez leurs parents.

— Harry !

Harry se retourna et eut la surprise de voir que Ginny Weasley courait dans sa direction. Il la laissa le rattraper en se demandant ce qu’elle allait encore lui reprocher ce coup-ci.

— Harry avant de partir, je voulais te remercier. Tu m’as sauvé la vie.

Il la coupa.

— Tu n’as pas à me remercier. C’est moi que le seigneur des ténèbres voulait. C’est à cause de moi que tu t’es retrouvé en danger.

— Je ne crois pas non. Ce qu’il voulait, c ’est me faire du mal. Sans toi, je serais morte. Et puis il y a autre chose. Ajouta-t-elle en rougissant.

— Quoi ?

— Eh bien après tout ce qui s’est passé mes parents ont décidé qu’on ne reviendrait plus à Poudlard l’année prochaine. Ils ne font plus confiance à Dumbledore, tu comprends ?

— Oh ! Je suis désolé. On se reverra plus alors.

Malgré leur rapport conflictuel, cette pensée attrista profondément Harry

— Oui, du coup, il faut que je paye mes dettes de jeu.

— Quelles dettes ?

— Celles-là.

Et sans crier gare Ginny l’embrassa. Au début, surpris par ce premier baisser maladroit, il resta sans réaction, mais très vite, il répondit au baiser qui devint passionné. Malheureusement, ils furent interrompus par des jaloux qui leur crièrent de prendre un hôtel.

— Finalement, tu es digne de la légende.

— J’embrasse si bien que ça ? Répliqua Harry.

— Idiot.

À ce moment-là, Cloutard en profita pour s’échapper de la poche de Ginny pour aller sur Harry.

— Encore ! Croutard revient ici !

— Laisse-le, je l’aime bien finalement.

— Et si tu le gardais ? Ça te fera un souvenir de moi.

— T’es sûr ?

— Oui, il me rappelle de mauvaises choses. Et puis je ne sais pas pourquoi il traîne toujours autour de toi. Il doit bien t’aimer.

— Ça prouve qu’il a du goût, lui.

Puis elle fuit en direction du Poudlard express en lui tirant la langue.

Épilogue

Harry passa un voyage silencieux dans le même wagon que Théodore Nott et Blaise Zabini. Après que les preuves de son innocence et son implication dans l’arrestation de l’héritier furent rendues publics, tous vinrent les uns après les autres pour s’excuser et tenter de redevenir son ami.

Avant il leur aurait sans doute facilement pardonné, tout heureux d’enfin ne plus être seul. Mais il avait changé et il s’était habitué à la solitude. Enfin, autant qu’il était possible de s’y habituer. Il était également devenu plus colérique, méfiant et rancunier. Il n’arrivait pas à leur pardonner de l’avoir trahi ainsi. Surtout ses condisciples de Poufsouffle. Théodore n’était pas vraiment d’une compagnie agréable, mais il avait raison. S’il ne voulait pas souffrir, il valait mieux limiter les liens au strict minimum.

Et les multiples lettres qu’il avait reçues de ses fans suite à cette aventure, ne l’avaient pas aidé à être d’un naturel plus conciliant.

Une fois arrivé à la Gare de King's Cross, il fuit le plus vite possible les nombreux photographes venus l’accueillir avec sa valise et la cage de Croutard sous le bras. Une fois du côté moldu de la gare, il retrouva avec joie ses parents. À la vue de sa mère, il la serra dans ses bras et sans pouvoir s’en empêcher, se mit à pleureur pour se décharger de toute la pression accumulée depuis des mois.

Tome 3 : Harry Dursley et le prisonnier du passé

Disputes

— Je sors. Cria Harry.

— Encore ? Mon chéri, tu sais que je n’aime pas te voir traîner dehors aussi tard. On ne sait pas ce qu’il peut t’arriver.

— Ne t’en fais pas maman, je ne vais pas loin. Je vais juste rejoindre quelques amis au square pour faire une partie de foot. Promis je serais rentré avant qu’il ne fasse nuit cette fois.

— Je l’espère bien. Dit-elle en faisant semblant de le menacer avec sa cuillère en bois.

Harry lui sourit, plus amusé qu'effrayé par ses menaces pendant que Petunia le regardait partir. Cela faisait deux semaines que son neveu était rentré chez elle pour les vacances d’été. Deux semaines qu’elle avait passée à s’inquiéter pour lui.

Malgré ses demandes insistantes, Harry avait totalement refusé de lui dire ce qui lui était arrivé dans cette école de cinglés. Il continuait de s’entêter à prétendre que tout allait bien et qu’il ne s’était rien passé de notable. Mais elle n’était pas dupe. Sa réaction à la gare n’avait rien de normal. Vernon pensait qu’elle faisait tout un foin de rien et qu’il était juste ému de les revoir après une aussi longue absence. Elle était tentée de le croire d’autant plus que depuis, son enfant avait eu un comportement parfaitement normal. Cependant, tout son être lui criait que quelque chose de terrible lui était arrivé et elle voulait savoir quoi. Elle ne voulait pas le perdre aussi.

En désespoir de cause, hier, elle s’était résolue à s’humilier à demander de l’aide à la personne qu’elle détestait le plus en ce monde : Albus Dumbledore. Elle avait longuement hésité, mais en secret, ce matin, elle s’était levée aux aurores pour poster une demande d’explications au directeur de Poudlard, en espérant que sa réponse serait plus utile cette fois-ci.

Mais en le voyant si heureux et débordant d’énergie, elle douta. Est-ce que ce n’étaitpas elle qui avait un problème ? Elle s’était tellement reproché de ne rien avoir soupçonné lorsque Dudley avait ramené un objet magique qu’il n’aurait jamais pu se procurer seul. N’était-elle pas en train de tomber dans l’excès inverse et de développer une paranoïa excessive ?

Elle soupira. Tout ce qu’elle pouvait faire pour le moment, c’est attendre avec anxiété la réponse de Dumbledore et faire semblant que tout allait bien pour ne pas inquiéter Harry.

oOoOoOo

Harry inconscient des tourments intérieurs de sa mère adoptive courait dans la direction opposée du square où il avait déclaré vouloir se rendre. Au bout d’une vingtaine de minutes, le goudron laissa place à un chemin de terre qui menait à une décharge sauvage où s’entassait un amoncellement d’objets hétéroclite en piètre état. Une fois arrivé, il s’appuya sur une antique machine à laver dont la porte avait été arrachée pour reprendre son souffle. Puis avant d’avoir pu totalement récupérer, il prit de ses deux mains une batte de base-ball et commença à taper de toutes ses forces contre un vieil écran d’ordinateur en hurlant. Au bout du deuxième coup, l’écran explosa en mile morceau, mais il continua à frapper de toutes ses forces comme si l’objet avait menacé de tuer ses proches. Une fois qu’il fut totalement épuisé, il se calma et cria :

— Dobby !

Dans un pop, apparu un elfe de maison portant une dizaine de chemises de toutes les couleurs ainsi qu’un chapeau mexicain. Un tel amoncellement de vêtement paraissait d’autant plus décalé que nous étions à la fin d’une chaude journée d’été, mais cela ne sembla même pas surprendre Harry. L’elfe regarda avec un regard de désapprobation les multiples coupures que les projections de débris avaient occasionné sur ses bras et lui reprocha :

— Maitre Potter, s’est encore bléssé. Ce n’est pas bien.

— Combien de fois devrais-je te dire d’arrêter de m’appeler maître ! Le vilipenda violemment Harry.

— Dobby est désolé monsieur Potter. Pleurnicha l’elfe.

La vulnérabilité qu’affichait Dobby en cet instant calma immédiatement Harry.

— Désolé Dobby. Je n’aurais pas dû te crier dessus.

— Ce n’est rien Mai...Monsieur potter. Dobby est habitué à bien pire. Dit l’elfe en commençant à appliquer sur ses blessures une potion qu’il avait sortie d’une des multiples poches. Quelques secondes plus tard, les blessures commencèrent d’elles-même à se refermer.

— Non ce n’est pas normal. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi je n’arrête pas d’être en colère ?

— Dobby ne sait pas monsieur. Mais Dobby pense que vous devriez en parler à vos parents. Dobby les a beaucoup observés cet été. Ils vous aideraient Monsieur.

— Je croyais t’avoir dit de ne pas les approcher ?! Imagine ce qu’il se passerait s’ils te voyaient. Ils détestent la magie.

— Dobby se serait coupé la tête plutôt que de désobéir aux ordres du grand Harry Potter. Se défendit l’elfe, au bord des larmes qu’on remette ainsi en cause sa loyauté. Il reprit :

— Dobby sait depuis tout petit comment observer ses maîtres de loin. La magie des elfes est puissante Monsieur et celle de Dobby a considérablement augmenté depuis que vous l’avez libéré.

— Les sorciers brident aussi votre magie ?

— Dobby ne sait pas. La vie de Dobby a tellement changé depuis que vous l’avez libéré. Dobby mange autant qu’il le veut et n’a plus à utiliser sa magie pour guérir ou se réchauffer. Dobby ne pourra jamais vous remercier suffisamment.

— Les sorciers sont des monstres.

— Le grand Harry Potter est un sorcier et il n’est pas un monstre.

— Ah oui alors explique-moi ce que je viens de faire là ? Pourquoi est-ce que je casse toujours tout ? Pourquoi est-ce que je n’arrête pas d’avoir envie de crier et de frapper ? Pourquoi à certains moments, je ressens une colère qui n’est pas la mienne et qu’à d’autres, j’ai envie de hurler ? J’en ai marre de devoir faire semblant que tout va bien ou que les remarques de papa sur les sorciers ne me font rien. Parfois, la nuit, j’entends une voix qui me murmure que jamais ils ne m’accepteront comme je suis et que je devrais partir. Est-ce que je deviens fou ?

— Dobby ne sait pas, Monsieur. Mais Dobby sait que leur en parler lui ferait plus de bien que de venir ici. Monsieur Potter n'a pas sa place ici. Dit l’elfe en désignant des mains l’amoncellement de détritus en tout genre qui les entourait.

— Je n’ai rien de grand. Dit doucement Harry, mais admettant que l’elfe avait sans doute raison.

Seulement, il n’arrivait pas à se résoudre à leur parler. Et si la voix avait raison et qu’il le rejetait à leur tour. Il s’assit et resta quelque temps à parler avec Dobby. Puis quand le soleil commença à décliner, il se résolut à rentrer chez lui. À la fin de l’année scolaire, il rêvait de revenir chez lui, mais maintenant qu’il y était, il se sentait enfermé. En fait ce dont il avait envie, c’était de voler le plus vite possible avec son balai jusqu’à en être épuisé. Mais à son retour, les Dursley avaient enfermé avec dégoût sa malle et ses affaires d’école dans le placard sous l’escalier. Il ne voulait pas devoir faire face à leurs réactions, s’il tentait de leur proposer une activité impliquant la magie. À cette pensée, il ressentit une bouffée de rage contre leur intolérance. Mais il se força à la réprimer en respirant longuement. Il shoota violemment contre une bouteille de verre qui avait été abandonné là, ce qui la fit s’envoler et s’exploser en mille morceaux contre la carcasse rouillée d’une voiture. Pour une raison qu’il ignorait, casser des trucs l’aidait à se calmer.

Une fois arrivé à l’entrée de la ville, il demanda à Dobby de partir. Harry ne savait pas où vivait l’elfe de maison lorsqu’il n’était pas avec lui. Il doutait qu’un elfe même libre et extrêmement bien payé, puisse louer une chambre sur le chemin de traverse. Mais il n’avait pas osé demander. L’elfe avait du mal à défendre sa liberté nouvellement acquise et Harry ne voulait pas prendre le risque qu’il pense qu’il devait lui rendre des comptes sur ce qu’il faisait de son temps libre. Mais ça ne l’inquiétait pas beaucoup, car Dobby semblait s’épanouir dans sa nouvelle vie. Il était visiblement bien plus heureux et en meilleure santé qu’il y a deux semaines.

Après quelques minutes de marche, il arriva à l’entrée de la maison des Dursley. Le soleil était presque couché et les lampadaires s’étaient déjà allumés, mais il ne faisait pas encore nuit. C’est donc avec une grande surprise qu’il accueillit les cris de reproche de sa mère :

— Ou tu étais passé encore ?

— Je te l’ai dit sur le terrain de football.

— Ne mens pas à ta mère, mon garçon. On a été vérifié et tu n’y étais pas. Intervint Vernon, déjà rouge de colère.

— Oui ben à un moment, j’en ai eu marre et je suis parti ailleurs. J’ai quand même le droit d’aller où je veux. Je suis plus un enfant.

— Pas sur ce ton avec moi mon garçon. Et tu pourrais avoir 80 ans que ce ne serait pas une excuse pour nous mentir aussi effrontément. Aucun de tes amis ne t’y a vue. Et d’ailleurs, aucun d’entre eux ne t’a vue de l’été. Qu’est-ce que tu traficotes encore ?

— Vous m’espionnez !

— Non on te faisait confiance. Visiblement, nous avions tort. Ils ont annoncé à la télé qu’un dangereux criminel du nom de Sirius black venait de s’évader. Tous les parents ont rappelé leur enfant et tu étais le seul à être introuvable. À cause de toi, ta mère s’est fait un sang d’encre. On a appelé toutes les personnes qu’on connaissait, mais personne ne savait où tu étais. On a cru t’avoir perdu toi aussi. Qu’une de ses anormalités s’en était encore pris à nous.

— Oui, ben ça va, tout va bien. L’anormalité en a marre et va aller se coucher. Dit-il en les poussant sans ménagement pour accéder à l’escalier menant à sa chambre. Dès qu’il eut passé la porte de sa chambre, il entendit la voix de son père adoptif crier :

— Tu es puni pendant une semaine. N’essaye même pas de sortir de ta chambre avant de t’être excusé et de nous avoir dit la vérité.

Dès qu’il se fut calmé, il regretta sa réaction et pas seulement parce qu’il n’allait plus pouvoir décharger sa colère en secret avant une longue semaine. Le lendemain, ce fut un Harry bien déterminé à s’excuser et à dire à ses parents toute la vérité qui descendit dans le salon.

Cependant, il fut accueilli par une Pétunia aux yeux rouges tenant dans sa main un fin parchemin aux armoiries de Poudlard. La réponse du directeur était arrivée ce matin.

— Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Cria t’elle.

Par réflexe, Harry se mit automatiquement sur la défensive et une dispute totalement contre-productive s’ensuivit.

oOoOoOo

À partir de ce jour, l’ambiance devint pesante au 4 Privet Drive. Les Dursley ne purent que constater impuissant, qu’Harry se refermait sur lui-même et devenait de plus en plus irritable. Pétunia et Vernon, persuadé qu’il s’agissait du contrecoup des horribles événements qu’il avait vécus durant l’année qu’il avait passée chez ses cinglés pensèrent d’abord à lui donner de l’espace.

Mais cette stratégie semblait contre-productive et Vernon n’avait jamais été un homme patient. De plus, il avait toujours été persuadé que les adolescents avaient besoin d’une discipline stricte pour ne pas devenir des délinquants. Et il était hors de question qu’il laisse son fils s’engager sur une mauvaise voie à cause de ce que ces anormalités lui avaient fait subir. Il se mit donc à le reprendre systématiquement sur la moindre de ses incartades en espérant le faire réagir. Ce qui ne manqua pas d’arriver. Très vite, de violentes disputes rythmèrent la vie au 4 Privet Drive. Pétunia regrettait presque d’avoir écrit cette lettre à Dumbledore. Cela n’avait fait qu’aggraver la situation. Décidément, ce vieux cinglé n’était bon qu’à leur causer des problèmes.

Si elle avait été plus attentive, elle aurait remarqué que la dégradation du comportement d’Harry était intervenue non pas après que Vernon ait commencé à vouloir le remettre sur le droit chemin, mais après avoir regardé un journal télé indiquant que Sirius Black avait été vue dans la région voisine et semblait se diriger dans la direction de Londres.

Les choses continuèrent ainsi, jusqu’au jour où lors d’une énième dispute :

— J’en ai marre de vous et de vos préjugés à deux balles ! Quoi que je fasse ce n’est jamais assez bien. Je n’ai jamais eu ma place ici. Je ne veux plus jamais vous revoir ! Cria Harry sur le seuil de la maison des Dursley.

Avant que l’un des Dursley ne puisse réagir, Harry, claqua la porte et sortit en traînant sa lourde malle et la cage de Croutard (qui affichait bruyamment sa désapprobation à l’idée de s’en aller).

— Dobby ! Cria Harry.

Un elfe de maison habillé d’un patchwork de vêtement hétéroclite aux couleurs flashy apparut.

— Maître Potter a appelé ? Maître Potter pleure ? Est-ce que maître Potter va bien ?

— Je ne suis pas ton maître. Est-ce que tu peux m’emmener s’il te plaît ?

— Où maître Potter veut-il aller ?

— N’importe où du moment que c’est loin d’ici. Et ne m’appelle pas maître.

— Oui mai(..). Monsieur Potter.

Avant de transplaner Harry relu l’article de la gazette qu’il avait découpée et mit dans sa poche hier soir avec le portrait de Black. Si le bras droit de Voldemort, tueur de dizaine de moldus et parrain du survivant se dirigeait vers Little Whinging, il valait mieux pour tout le monde qu’il quitte les lieux le plus vite possible.

Arrivée chez Snape

Snape était tranquillement installé dans son fauteuil avec une tasse de café brésilien bien corsé acheté dans une épicerie de luxe, le tout, en lisant un article élogieux dans le mensuel des potionistes sur sa nouvelle version de la potion tue loup. Mais le plus beau en cet instant n’avait rien à voir avec ces sources de confort passagères et superficielles. Sa principale joie était que depuis un mois, il était totalement débarrassé de la compagnie de ses élèves. Il venait tout juste de finir d’évacuer la colère accumulée depuis 10 mois contre les cornichons qui osaient se prétendre des étudiants de l’art délicat des potions et pouvait enfin commencer à se détendre.

On sonna.

Immédiatement il sortit sa baguette et d’un bond se plaça à couvert derrière le fauteuil. Puis il renversa la table où se trouvait sa tasse pour se faire une barricade supplémentaire. Il avait appliqué à sa demeure les sorts de protection les plus puissants. À part Dumbledore, personne ne pouvait la trouver sans son aide. Et le vieil homme n’avait jamais eu la politesse de sonner avant de débarquer à l’improviste dans son sanctuaire (à sa décharge Dumbledore avait la qualité de ne le déranger que pour des urgences qui ne sauraient attendre le respect des règles de politesse). Qui que soit ce visiteur, cela ne pouvait être qu’un mage noir terriblement puissant. Et il n’avait qu’un seul candidat en tête.

Depuis le début de l’été, la seule chose qui avait perturbé son bonheur était d’apprendre que Sirius Black s’était échappé de sa cellule. Cependant il ne doutait pas que cet idiot serait bientôt repris et qu’il recevrait enfin ce qu’il méritait. Son seul regret était de ne pas pouvoir l’attraper lui-même. Oh, qu’est-ce qu’il paierait pour voir le visage de cette parodie d’être humain s’effondrer en comprenant qu’il serait totalement à sa merci. Mais jusqu’à cet instant, tout ça n’était qu’un doux rêve. Il semblerait que dans sa folie Sirius ait finalement décidé de finir ce qu’il avait commencé il y a 20 ans. Il lui montrerait qu’il n’avait plus rien à voir avec l’enfant effrayé qu’il était jadis. Il verrait que ce n’était pas aussi facile de s’en prendre à lui en un contre un.

Il attendit. La sornette résonna puis des coups pressants furent frappés contre la porte. Qui que soit son visiteur, il ne semblait pas parvenir à passer les ultimes protections qu’il avait installé sur la porte. La chose raisonnable à faire était simple. Prévenir Dumbledore à l’aide d’un patronus et attendre que le visiteur s’en aille ou que les renforts le fassent fuir. Snape se targuait d’être quelqu’un de particulièrement raisonnable. Mais son esprit était trop rempli de ce qu’il rêvait de faire subir à Black pour le laisser s’enfuir.

Severus Snape n’était pas aussi cruel que Sirius Black. S’il parvenait à l’attraper il se contenterait de le livrer le plus rapidement possible à la justice. Jamais il ne s’abaisserait à tomber au niveau de Black ou de Voldemort en s’acharnant sur sa victime pendant des heures, jusqu’à ce qu’il le supplie de l’épargner. Mais il s’arrangerait pour que le combat dure longtemps et qu’il souffre beaucoup.

À pas de loup, il se dirigea vers la porte un impardonnable au bord des lèvres, il l’ouvrit d’un coup et braqua sa baguette crépitante de haine contre l’intru mais se paralysa de surprise en voyant son pire cauchemar se réaliser.

— Heu, Bonjour monsieur Snape. Est-ce que vous pourriez m’héberger quelques temps ? Devant lui se tenait Harry Potter traînant une lourde malle et un rat usant de toutes ses forces pour sortir de sa cage.

Une fois remis de sa stupeur il s’empressa de faire rentrer le jeune inconscient chez lui.

— Qu’est-ce que vous faites ici ? Non inutile. Je ne veux rien savoir du tortueux chemin qu’a suivi le petit pois qui vous sert de cerveau pour vous faire croire que cela pouvait être une bonne idée de venir m’imposer votre présence. Contentez-vous de me donner l’adresse de vos tuteurs.

— Ma mère et mon père sont des moldus.

— Pétunia n’est pas votre mère. Commenta Snape.

Chaque fois qu’il posait son regard sur ce visage typique des Potter ça lui faisait mal, mais c’était Lily qu’il voyait, sa mère et il tenait à ce qu’il en ait conscience. Pendant un moment Harry fut perturbé par l’intervention de Snape. Il se demanda si c’était une moquerie particulièrement cruelle de sa part ou s’il était sérieux. Il décida de laisser couler et de passer à la suite du speech qu’il avait préparé une fois que Dobby lui avait appris qu’il pourrait le téléporter chez Snape grâce à ses pouvoirs d’Elfe. Aussi détestable qu’était l’homme il avait besoin de lui.

— Oui enfin Bref. Ils seront sans défense face à Sirius Black. Je ne peux pas retourner chez eux.

— Vous vous prenez encore pour le centre de l‘univers. Qu’est-ce qui vous fait croire qu’il vous recherche ?

— Voyons c’est évident qu’il me cherche. Et même si ce n’est pas le cas je n’ai pas le droit de mettre mes parents en danger. Et ne me parlez des protections de Dumbledore. Tous ceux qui ont fait confiance à ses protections reposent six pieds sous terre. Et puis s’il a réussi à passer les protections d’Azkaban, je ne vois pas comment celle de Dumbledore pourrait l’arrêter.

— Alors que moi, vous pouvez me mettre en danger sans me demander mon avis, bien sûr.

— Je vous le demande maintenant. Et oui je préfère vous mettre vous en danger, plutôt que mes parents.

— Oh c’est donc ça. Je me demandais aussi pourquoi vous aviez frappé à ma porte plutôt qu’à celle d’un de vos innombrables amis. Vous vous êtes demandé qui cela ne vous dérangerez pas de voir mourir à votre place et vous avez tout de suite pensé à moi. Je suis flatté vraiment.

— Pas exactement. Le fait que vous êtes la personne que je connais dont la mort me dérangerai le moins n’est qu’un bonus. La vraie raison est que je veux que vous m’enseigniez l’occlumancie.

Snape n’en revenait pas du culot du gamin. D’un autre côté la situation présentait bien des avantages. Si vraiment Black était à sa poursuite (et en y réfléchissant il reconnaissait que c’était probablement le cas), alors il aurait peut-être l’occasion de se venger avant la fin de l’été. Et il serait plus facile de tenir sa promesse à Lily, si le gamin maîtrisait l’occlumancie. Cependant était-il prêt à sacrifier le seul mois de l’année où il pouvait profiter d’une certaine tranquillité. Était-ce bien raisonnable de laisser le pire de ses élèves violer son intimité ? Il essaya de se concentrer pour prendre une décision, mais l’animal de compagnie du morveux ne cessait de pousser des cris perçants et de mordre les barreaux de sa cage.

— Potter pour l’amour de Merlin, laissez sortir ce rat de sa cage, que je puisse réfléchir en paix.

— Hors de question. J’ai peur des rats.

— Pourquoi est-ce que vous en avez un, alors ?

— Vous ne vous moquerez pas de moi ?

— À l’impossible, nul n’est tenu.

Il rougit et bégaya :

— C’était pour faire plaisir à une fille.

Snape soupira.

— Très bien je vais contacter Dumbledore pour l’informer de la situation. Car bête comme vous êtes, je suis sûr que vous êtes partis sans prévenir personne. De toute façon Monsieur Potter n’a que faire de l’inquiétude qu’éprouvent les petites gens suite à ses actions. Mais je vous préviens, j’attends de vous une assiduité exemplaire dans votre étude de l’occlumancie et un respect absolu de mes règles. Je ne serais pas aussi tolérant qu’à Poudlard avec votre laxisme.

Harry soupira. Il aurait dû être content. Après tout il avait obtenu ce qu’il voulait. Mais quelque chose lui disait que cela allait être un très, très long mois. Pourquoi est-ce qu’il s’était imposé ça déjà ? Ah oui ! Parce qu’il y avait deux psychopathes complètement fous à ses trousses et que ça semblait le seul moyen d’en être débarrassé un jour.

Premier cours d’occlumancie

Harry baillait fortement. Être réveillé à six heures du matin par un Snape le traitant de feignant, n’était pas vraiment sa définition d’un bon début de journée. Il avait à peine eu le temps de manger et de se laver que Snape l’avait entraîné dans sa cave pour qu’il ait la joie de le regarder mettre de longs filaments blanc (qu’il tirait de sa tête avec sa baguette), dans une bassine ornementée de nombreuses runes. Avant que Snape ne lui dise de s’éloigner d’un grognement qu’aurait envié n’importe quel bouledogue de la tante marge, il vit qu’elle était remplie d’une sorte de brume.

Finalement il arrêta son manège et lui dit qu’ils allaient commencer leur premier cours d’occlumancie. Il lui fit un discours qu’il trouva assez abscons sur la différence entre la legilimancie et la lecture d’esprit, puis sans autre avertissement lui demanda vider son esprit avant de lever sa baguette dans sa direction en criant :

— Legilimens !

Aussitôt il eut l’impression que sa tête allait exploser et les souvenirs défilèrent tellement rapidement qu’il n’arrivait même pas à les identifier. Au bout de quelques secondes qui semblèrent une éternité à Harry, Snape stoppa son sort.

Harry repris conscience de son environnement et fut assailli d’une douleur dans les genoux. Durant l’attaque il s’était effondrée contre le dallage froid du sous-sol de Snape.

— Pitoyable. Commenta le sorcier.

— Mais vous êtes malades ? Vous auriez pu me prévenir que vous alliez faire ça ?

— Oh pardon excusez-moi. Je croyais que vous vouliez apprendre à vous défendre contre une attaque. Mais c’est vrai que jamais vos ennemis n’oseraient avoir l’impolitesse d’attaquer à l’improviste le grand Harry Potter. Et tenez votre langage. Mettez-vous bien en tête que contrairement à vos groupies, je ne supporterais pas le moindre écart de votre part.

— Comme si je pouvais l’oublier, professeur. Rajouta Harry en voyant que ce dernier allait le reprendre.

— Ce coup-ci essayez de mieux vous défendre.

Avant qu’Harry ne puisse protester il lui relança le sort. Maintenant qu’il savait à quoi s’attendre. Il réussit à ne pas perdre pied. Il arrivait à sentir l’esprit de Snape et à voir vers quel souvenir il se dirigeait. Mais il était toujours aussi impuissant à l’empêcher de passer d’un souvenir à l’autre. Il avait beau se concentrer de toutes ses forces pour le repousser, Snape ne semblait même pas ralenti dans son invasion, puis il se vit dans son uniforme de Poudlard taché de boue courir en direction des cris de Dobby pour trouver Lucius Malfoy.

À ce moment-là Harry fut pris de panique. Il fallait à tout prix empêcher Snape de voir la fin de ce souvenir. Il redoubla d’effort mais c’eut l’effet inverse. Voyant qu’il décuplait les forces de son élève, Snape insistât et se concentra sur le souvenir. Cela mit Harry dans une rage folle. Une rage telle qu’il n’en avait plus connu depuis ce jour fatidique où il avait été sur le point de commettre l’irréparable.

— COMMENT OSES TU, MISÉRABLE VERMISSEAU ! CES SOUVENIRS SONT PRIVES. DEGAGE DE MA TÊTE ! ENDOLORIS !

Brusquement ce fut comme si la réalité éclatait en mille morceaux. Ses genoux lui faisaient mal. Il était encore tombé par terre. Il se releva et constata qu’il avait mal à la tête. Instinctivement il porta sa main à son front et vit qu’elle était tachée de sang. Sa cicatrice saignait. Puis hagard, il regarda autour de lui et lâcha sa baguette avant de se précipiter vers son professeur. Il était allongé par terre et se tordait de douleur.

— Professeur vous allez bien ? Qu’est ce qui s’est passé ?

Snape tourna son regard vers Harry. Pendant une seconde, Harry vit quelque chose qu’il ne pensait pas possible. Snape semblait effrayé. Mais cela dura tellement peu longtemps que le garçon se persuada qu’il avait rêvé. Il arborait de nouveau un visage froid et sans émotion. Il repoussa Harry d’un geste, se leva puis se dirigea en chancelant vers une armoire où se trouvait un ensemble de potion et en avala une sans même lire l’étiquette. Après quelques secondes la potion fit effet et il sembla aller mieux. Il se retourna alors vers son élève.

— Eh bien. Monsieur Potter il semblerait que vous ayez des ressources insoupçonnées. Explication ! Maintenant !

Harry était mal.

— Je ne sais pas ce qui s’est passé, monsieur. Je suis vraiment désolé, je ne voulais pas vous blesser.

— Comme vous voudrez. Tant que vous n’aurez pas de meilleure explication à me fournir il n’y aura pas d’autre cour d’occlumancie.

— Je vous jure que je ne sais rien. J’ai juste ressenti une immense colère et puis j’ai eu l’impression de perdre le control comme lorsque (…)

— Oui continuez.

— Je ne peux pas vous le dire.

— Oh vous ne pouvez pas ? Est-ce que vous vous rendez compte à quel point ce que vous venez de faire est grave ? Vous avez lancé un impardonnable. Il suffirait que je porte plainte et même votre célébrité ne vous sauvera pas d’un séjour à Azkaban.

— Mais ce n’est pas de ma faute, je le contrôle pas. J'ai juste suivi les conseils de Lockhart. Commença à implorer Harry, les larmes au bord des yeux.

— Que vient faire cet incompétent de Lockhart dans cette histoire ? Qu’est-ce que ce tordu mégalo vous a fait ?

— Rien. C’est juste. Après la mort de Lucas et Jenny je voulais retrouver un moyen de me venger. Je voulais plus être impuissant face à Vol(..) Vous savez qui. Lockhart m’a conseillé d’en apprendre plus sur la magie noire et m’a donné une autorisation pour la réserve.

— Seigneur ! Et comme un idiot vous l’avez suivi. Ne savez-vous donc pas que la magie noire corrompt l’âme. Si elle est si puissante c’est parce qu’au lieu de puiser dans votre réserve de magie elle puise dans votre être. Jamais un sorcier de votre âge ne devrait y être confronté et encore moins sans supervision !

— J’ai totalement arrêté après le premier incident. Plus jamais je n’y toucherai je vous le promets. De toute façon c’était complément inutile contre Tom.

— Quel incident ? Et qui est ce Tom ?

— Tom c’est le vrai prénom de Vol(..) vous savez qui.

— Et l’incident ?

— À la fin de l’année, j’ai un peu perdu les pédales contre Malfoy. Euphémisa Harry.

Snape resta silencieux pendant quelques minutes

— C’est donc pour ça qu’il boite. Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, mais vous avez de la chance qu’il refuse de raconter ce qu’il s’est passé à qui que ce soit. Je garderai votre secret. Estimez-vous heureux que je sois quelqu’un de particulièrement compréhensif. Beaucoup n’auraient pas hésité à immédiatement vous dénoncer. Cependant vous devez à tout prix apprendre à vous contrôler avant la rentrée. Je ne prendrais pas le risque que vous « perdiez les pédales » face à un autre élève. Heureusement l’occlumancie est un excellent moyen pour cela.

— Merci Monsieur

— Si vous tenez tant à me remercier parler moins et travailler plus. À cause de vos actes inconscients votre esprit est trop instable pour que nous ayons recours à une méthode d’enseignement efficace. Nous allons devoir utiliser des méthodes plus douces. Durant la semaine qui vient nous ferons uniquement des exercices de méditation. Asseyez-vous et tenter de faire le vide dans votre esprit

Cette nouvelle soulagea Harry qui ne savait pas s’il aurait supporté que le professeur trifouille son cerveau de nouveau.

— Pour rattraper le retard qu’implique l’utilisation d’une pédagogie destinée aux handicapés mentaux nous doublerons le nombre de séances.

Comment était-il sensé faire le vide dans son esprit à côté de quelqu’un d’aussi insupportable ?

Rentrée à Poudlard

Note de l'auteur : Une personne s'est proposée pour faire la re-lecture de cette Fanfic. Je vais continuer à publier un chapitre par jour, puis quand elle aura terminé, je republierais les chapitres corrigés. En conséquence dans quelques semaines une version avec beaucoup moins de faute sera peut-être publié. Si les fautes vous font mal eu yeux, vous avez donc le choix de satisfaire votre boulimie de lecture sans attendre ou de patienter quelque semaine pour avoir une version plus qualitative.Quel que soit votre choix, je vous souhaite une bonne lecture. Et n'oubliez pas qu'à chaque fois que vous lisez un chapitre sans laisser de review, un chaton meure. Ce n'est pas que ça me dérange, mais je commence à être court de chaton et les voisins à se poser des questions sur l’odeur qui sort de ma cave.

oOoOoOo

Harry était assis à la table des Poufsouffles et commençait à s’impatienter. Nous étions le jour de la rentrée et quelques heures plus tôt, Snape l’avait fait transplaner jusqu’aux abords du château et mis fin à ce mois de cohabitation (à leur grand soulagement à tous les deux). Cela n’avait pas été aussi horrible qu’il le craignait mais pour rien au monde il ne retenterait l’expérience.

Après avoir rangé ses affaires dans son dortoir, il était descendu dans la grande salle pensant que les autres élèves seraient bientôt là. Mais cela faisait au moins une heure qu’il poireautait et le seul évènement notable était l’arrivée de la plupart des professeurs (Harry nota la curieuse absence des directeurs de maison). Puisqu’il était seul il alla saluer Lockhart qu’il idolâtrait moins qu’avant, depuis qu’il avait compris à quel point certain de ses conseils pouvaient être mauvais. Ce n’était qu’un homme après tout. Un homme extrêmement doué. Comme il le rappelait à tous ses interlocuteurs, sa présence à cette soirée prouvait qu’il avait réussi à vaincre la malédiction pesant sur le poste de professeur contre les forces du mal en restant plus d‘un an en poste. Mais il était soumis à l’erreur comme tout le monde.

Ensuite il bavarda avec Hagrid, jusqu’à ce qu’il soit obligé de partir à Pré-au-lard pour se tenir prêts à accueillir le Poudlard-express, alors que lui, rejoignait la table des Poufsouffles où il commença à s’ennuyer ferme. Sa seule distraction fut Croutard qui sortit de sa poche et commença à renifler les plats vides et à demander des caresses. Quand il était chez Snape, Croutard, représentait la seule présence amicale et il avait fini par dépasser sa peur. Bien qu’il n’ait pas fait un très bon maître au début de l’été, l’animal se montrait extrêmement affectueux envers lui et il était étonnamment malin pour un rat. À son grand étonnement il avait fini par énormément s’attacher à l’animal.

Il dut patienter une bonne heure de plus avant qu’une foule d’élèves hagards n’entre dans la grande salle. Tous étaient blancs comme des linges et la plupart portaient encore des vêtements moldu à la place de leur uniforme de Poudlard. Harry se souvenait encore de l’ambiance joyeuse et des bavardages entre amis qui ne s’étaient pas revus depuis deux mois. Cette fois-ci se fut avec un silence pesant que les élèves s’assirent à leurs différentes tables où du chocolat apparut immédiatement. Tout en grignotant, Harry interrogea ses camarades et écouta les conversations qui se firent de plus en plus présente à mesure que les élèves reprenaient des forces. Il comprit ce qu’il s’était passé. Le Poudlard express avait été attaqué. Pas par Sirius black comme il l’avait d’abord cru, mais par les détraqueurs.

Lupin lui avait parlé de ces créatures lors de ses cours particuliers. C’était des créatures des ténèbres dont l’apparence avait inspiré les représentations de la mort chez les moldus du Moyen Âge. Des cadavres recouverts d’un drap noir de ténèbres qui aspiraient toute envie de vivre autour d’eux. Longtemps avant de voir les détraqueurs on ressentait un intense sentiment de froid, puis lorsqu’ils se rapprochaient, on perdait toutes capacités à ressentir de la joie. Si vous passiez suffisamment de temps à proximité de ces créatures, il ne restait en vous que des pensées négatives et la possibilité de revoir en boucle vos pires souvenirs. Puis le détraqueur attend que sa victime en vienne à vouloir embrasser la mort pour lui aspirer son âme.

Normalement ils gardaient la prison d’Azkaban mais le ministère les avait exceptionnellement autorisés à quitter la forteresse pour partir à la poursuite de Sirius Black. Enfin, officiellement, il s’agissait d’une décision du ministère pour rassurer la population. Officieusement il avait entendu Snape s’exclamer que les détraqueurs avaient en fait refusé d’obéir aux ordres initiaux du ministère qui était de rester dans leur forteresse pendant que les aurors poursuivaient Black. Et ce poltron de Fudge avait préféré négocier plutôt que de se lancer dans une guerre contre les détraqueurs ou de devoir se passer de leurs services pour garder les prisonniers.

Dans leur recherche effrénée du seul homme à jamais avoir réussi à échapper à leur emprise, ils s’étaient attaqués au Poudlard express. Et déjà les critiques fusaient. Comment se faisait-il qu’aucun adulte capable de repousser ces créatures ne se trouvait dans le train ? Comment se faisait-il qu’aucun élève de 7ême année n’ait été capable de repousser les détraqueurs ? Certes, tous les sorciers n’avaient pas la puissance magique ou le talent nécessaire à produire un patronus mais il s’agissait d’un sort au programme de sixième année. Normalement, au moins une dizaine d’élèves auraient dû être capables de les combattre. Vu leur nombre, ils n’auraient pas pu les repousser mais au moins auraient-ils pu protéger les plus faibles et écourter significativement leur temps de présence.

Résultat, les élèves avaient été à la merci des créatures durant plus d’une heure. Heure pendant laquelle ils avaient méthodiquement fouillé le train tout en se nourrissant avec délectation des pensées heureuses des élèves (un festin de roi pour ces créatures habituées à se battre pour les quelques restes d’humanité des prisonniers d’Azkaban). Plusieurs avaient fini par s’évanouir ou à hurler de désespoir. Mais heureusement personne ne s’était fait voler son âme.

Ce n’est qu’une fois les créatures parties, que le conducteur du train et la femme qui distribuait les friandises purent contacter l’école ou l’on commençait à s’inquiéter de ne pas voir le train arriver.

Très vite, tous les doigts pointèrent vers un seul coupable : Lockhart. À part les filles, tous l’accusèrent d’être un professeur exécrable qui ne leur avait rien apprit l’année passée. Ce jour qui aurait dû être triomphal fut celui du début des ennuis pour le séduisant romancier.

Souvenir du passé

Après cette rentrée mouvementée la vie repris son cours habituel à Poudlard.

Enfin presque. L’ambiance était beaucoup moins joyeuse que l’année dernière. Déjà, l’absence des jumeaux Weasley et de beaucoup d’autres élèves pesait énormément (beaucoup de familles avaient décidé de retirer leur enfant de Poudlard après les évènements récents). Par ailleurs, les Détraqueurs étaient maintenant postés en permanence aux limites de l’école pour leur « sécurité ». Apparemment les créatures craignaient plus le directeur que le ministère, car elles n’osaient pas franchir les barrières de l’école, bien que leur influence (notamment sur le climat déjà peu réjouissant du nord de l’Écosse), se fasse sentir.

Mais le plus grand changement pour Harry comparé à l’année précédente fut son assiduité dans les études. Dorénavant il était déterminé à apprendre le plus de connaissances possibles. Il voulait être capable de se défendre et de protéger ceux qui lui étaient chers.

Il passait ainsi le plus clair de son temps libre à étudier à la bibliothèque en silence, seul ou en compagnie de Théodore Nott. On ne pouvait pas dire que Nott était devenu un ami. Il était trop silencieux pour cela. C’était plutôt devenu une présence agréable. Parfois ils étaient rejoints par Blaise Zabini qui se lançait dans de grands monologues à sa gloire ou des commentaires extrêmement beauf sur les filles qui génèrent beaucoup Harry. D’un côté c’était plutôt drôle et il rigolait bien, mais de l’autre il trouvait ça un peu insultant d’en parler ainsi. Nott pendant ce temps ne rigolait pas et continuait d’étudier en silence. Le seul signe qu’il avait remarqué leur présence était les commentaires sarcastiques qu’il lançait de temps en temps.

Il partageait le reste de son temps entre des visites à Hagrid ou à Dobby, qui sous les conseils de Dumbledore, travaillait maintenant dans les cuisines de Poudlard. Harry fut horrifié d’apprendre que le ménage et la cuisine de l’école étaient assurés par une armée d’esclaves, mais il se persuada bien vite qu’il n’y pouvait rien. Au moins semblaient-ils heureux de leur sort. Après tout, malgré leur statut d’esclaves, ils étaient traités à Poudlard comme s’ils étaient libres.

Il était revenu dormir dans son dortoir mais ses échanges avec ses anciens camarades étaient encore crispés et réduit au strict minimum. De toute manière, les épuisants cours d’occlumancie que lui imposait régulièrement Snape l’empêchait de devoir passer beaucoup de temps dans la salle commune. C’est donc avec un certain soulagement qu’il reçut une invitation de Dumbledore à passer dans son bureau, ce qui lui permettait d’avoir une excuse pour sauter une leçon.

Harry se présenta dans le bureau pile à l’heure avec une légère angoisse. Après le soulagement d’avoir échappé à une nouvelle soirée avec Snape, il s’était demandé ce qui motivait cette invitation. Est-ce que le directeur avait découvert d’une manière ou d’une autre ce qu’il s’était passé avec Malfoy, il y a quatre mois ?

Mais le directeur l’accueilli avec son éternel sourire en lui proposant un bonbon au citron. Il comprit qu’il n’aurait pas d’ennui. Il commença par lui poser des questions sur ses cours en occlumancie. Il lui répondit évasivement que tout se passait bien. Mais le directeur insista tout en le fixant avec ce regard perçant qui semblait voir au plus profond de lui. Finalement Harry demanda :

— Professeur. Pourquoi est-ce que Snape me déteste ? Enfin maman, m’a dit que mon père le harcelait lorsqu’il était à l’école mais ça ne peut pas être juste à cause de ça.

— Le professeur Snape, Harry. Et il ne te déteste pas. Devant l’air sceptique de son élève, il précisa : Enfin pas vraiment. S’il t’avait détesté jamais il n’aurait fait autant d’effort pour t’apprendre l’occlumancie. Et le professeur Snape n’est pas du genre à punir les enfants pour les crimes de leurs parents.

— Alors pourquoi, il se comporte comme ça avec moi ?

Dumbledore soupira.

— J’ai bien peur que ce soit pour des raisons très personnelles que je n‘ai pas le droit de te raconter sans son consentement.

Harry avoua l’autre chose qui le préoccupait au sujet du professeur :

— A certain moment, par erreur lors de nos cours d’occlumancie, j’ai vu certain de ses souvenirs. C’était un mangemort n’est-ce pas ?

— Oui en effet

— Comment est-ce qu’il a pu devenir un mangemort, alors qu’il était ami avec ma mère ?

— Encore une fois pour te répondre je devrais te dévoiler des choses extrêmement privées. Mais disons qu’il préférait que ta mère soit vivante et en colère que morte et fière de lui. À cette époque il avait l’impression de ne pas avoir d’autre choix. D’une certaine manière c’était le cas.

— Résultat des courses, elle est morte et en colère. Mais à sa place j’aurais sans dans doute fait pareil. Quoique non. Moi je l’aurais kidnappée et je serais parti à l’autre bout du monde loin de toutes ses horreurs.

— C’est ce qu’on fait tous les Serpentard qui le pouvaient. Contrairement à une idée répandue l’écrasante majorité des Serpentard de cette époque avait d’autres ambitions que de devenir les esclaves d’un sang mêlé psychopathe. Et Voldemort en était bien conscient. Severus, comme la plupart de ses fidèles se sont fait marquer très tôt. Avant de savoir dans quoi ils s’engageaient vraiment. Et quand bien même ils l’auraient su, beaucoup étaient trop jeunes, trop seuls ou trop faibles pour refuser. Bien sûr, une fois qu’ils avaient mis un pied dans l’engrenage il était trop tard. Malgré son mépris pour les moldus les témoignages que j’ai recueillis montrent qu’il a très sérieusement étudié le fonctionnement des sectes moldues. Une fois intégré au groupe des mangemorts, l’individu est isolé du reste de la société et progressivement entraîné à commettre des actes de plus en plus violents, à adhérer à des idées plus extrêmes et à une adoration sans borne pour leur gourou.

— C’est pour ça qu’il marquait ses mangemort ? Quand j’ai appris pour la marque je me suis dit que c’était stupide et qu’il aurait mieux fait de faire en sorte que l’on ne puisse pas savoir qui le servait ou non. Il a sacrifié la discrétion pour obtenir la fidélité. C’est comme les juifs, les chrétiens ou les musulmans qui imposent à leurs fidèles de porter des signes distinctifs alors qu’ils sont victimes de discrimination à cause de leur foi ?

— Exact. Un tel acte d’engagement provoque le déclenchement de mécanismes inconscients qui, une fois marqué, rendent pratiquement impossible pour un mangemort d’échapper à l’emprise de Voldemort. Et en plus cela l’isole du reste de la société et le condamne à ce que toutes ses relations soient d’autres mangemorts.

Mais bien que je souhaite que tu en saches le plus possible sur Voldemort, je ne t’ai pas convoqué pour parler de cela. Je dois t’avouer que depuis le début de cette conversation je tente d’utiliser la legilimancie et bien que tes boucliers doivent être perfectionnés, ils me semblent suffisant pour que je puisse te révéler une partie des informations que j’ai rassemblées sur ce que tu as judicieusement appelé les sauvegardes de Voldemort.

Ils passèrent le reste de l’entretien à regarder le souvenir qu’avait Dumbledore de l’enfance de la mère de Voldemort puis de sa première rencontre avec Tom Jedusor dans l’orphelinat où il avait grandi. Harry ressortit du souvenir en frissonnant. Dès cet âge-là il faisait peur. Mais il avait également un peu pitié de lui. Qu’avait donc connus cet enfant dans cet orphelinat pour être ainsi à même pas 11 ans ?

oOoOoOo

Note de l'auteur : j’adore Harry Potter et plus généralement tous les livre de JK Rowling, je pense que c’est l’auteur le plus doué de notre génération. Sérieusement je ne sais pas si c’est son traducteur ou elle qui est bonne, mais quand je compare ce que j’écris (ou ce que d’autre écrivent) avec ce qu’elle écrit je ne peux m’empêcher d’être éblouis par son talent. Cependant les esclaves heureux de leur sort qui ont besoin qu’on leur explique que c’est mieux d’être libre me font crisser des dents à chaque fois. Il y a d’autres choses qui me mettent mal à l’aise comme la grossophobie très présente dans les livres, mais depuis que je suis adulte celle-là me touche tout particulièrement.

Note de l'auteur 2 : malgré ce que je dis dans ce chapitre (à travers mes personnages), je tiens à dire que je suis totalement opposé à lois sur l’interdiction des signes religieux à l’école de 2003 (et encore plus à la loi sur l’abaya). Je déteste de tout mon cœur les religions. Pas seulement les fondamentalistes, pas seulement l’islam, pas seulement les religions monothéistes, mais toutes forme de spiritualité. Même quand elles sont modérées ou qu’elles croulent sous les bons sentiments, je les hais profondément. Mais je déteste encore plus qu’en mon nom, on mène des politiques racistes, qui au mieux n’auront aucun effet ni sur l’égalité des sexes, ni sur le niveau d’adhésion à une quelconque doctrine religieuse (qu’elle soit modérée ou radicale).

Si nos chers politiciens voulaient vraiment soutenir les femmes musulmanes qui veulent envoyer se faire foutre ses traditions moyenâgeuses : il donnerait à tous les élèves des cours de philo et pas juste à certains bacheliers (et il doterait enfin cette matière d’un programme claire qui comprendrait l’étude de texte promouvant le matérialisme). Ils augmenteraient les salaires dans les métiers féminins et les places en crèche, afin que les femmes puissent quitter leur famille/maris si elle les oblige à porter le voile et plein d’autre truc qu’il serait fastidieux de lister ici.

Entraînement de Quidditch

Note de l'auteur : J'ai une grande nouvelle à vous annoncer. J'ai enfin pu régler un problème qui nuisait énormément à la qualité de ma publication. J'ai pu remplacer les chatons par des bébés phoques. Soyez rassurés, tout risque de pénurie est maintenant écarté.Et sinon Miss-Gotthelf-Snape a corrigé en un temps record cette fanfic et vous pourrez maintenant la lire dans une version 4k, 60fps et le tout sans faute d'orthographe (satisfait ou remboursé).

Note de la correctrice : On ne touche plus aux bébés animaux, sinon je te noie dans de la morve de troll des montagnes adultes et je rince ton cadavre dans de la bouse de veracrasse.

oOoOoOo

— Hé, le chat noir ! J’espère que t’es en forme pour cet après-midi. L’interpela, Cédric

— Quoi !? S’exclama Harry avec un air total d’incompréhension.

Il reposa la gazette du sorcier où s’étalait en première page une grande photo de Lockhart. C’était le cinquième article que cette Rita Skeeter écrivait sur le romancier depuis l’incident du Poudlard express. Elle profitait de quelques incohérences dans ses romans et de témoins complètement fous qu’elle dénichait on ne sait où, pour l’accuser de tous les maux. C’était des romans. Evidement que ce n’était pas un récit exact des évènements. Mais ça ne voulait pas dire qu’il s’était approprié les exploits d’autres personnes ou qu’il avait une fille cachée en Roumanie dont il n’aurait jamais voulu reconnaître la paternité ou qu’il aurait envoyé plusieurs de ses détracteurs à l’asile.

Cédric roula des yeux

— Franchement parfois j’ai l’impression d’être ta mère. Les essais pour rentrer dans l’équipe de Quidditch sont cet après-midi. J’ai pourtant posé des affiches partout dans la salle commune.

— Oh ! Je ne participe pas.

— Pardon ! Non, mais tu rigoles ? C’est quoi, un stratagème pour te faire prier ?

— Non je ne viens pas c’est tout.

— Non mais c’est ridicule. Tu adores voler. Et en plus t’es super doué. Je croyais que tu rêvais d’intégrer l’équipe de Quidditch depuis ton premier cours de vol ?

— Oui, mais j’ai d’autre chose à faire maintenant.

— Quoi donc ? Commença à s’énerver Cédric. Depuis le début de l’année tu passes ton temps à étudier. Écoute je comprends que ça a dû être dur l’année dernière et que tu n’as pas forcément envie de leur pardonner la manière dont ils t’ont traité. Moi-même j‘aurais du mal. Mais tu ne peux pas passer ta vie tout seul. Et je te garantis que je ne prendrais personne d’assez con pour avoir cru que tu étais l’héritier. Sauf s’il arrive à arrêter 100 % des tirs durant les qualifications.

Harry hésita. C’est vrai qu’il commençait à en avoir marre de passer son temps à étudier et que la compagnie de Nott était des plus limités. Mais il n’avait pas envie d’être de nouveau le centre de l’attention. Et puis il avait cette peur irrationnelle que ceux dont il se rapprochait seraient attaqués. C’était comme un murmure chuchoté dans sa tête depuis qu’il avait sauvé Ginny de la chambre. Ou alors une autre conséquence de son flirt rapide avec la magie noire. Malgré ses cours d'occlumancie, il avait toujours l’impression que cette chose qui l’avait poussé à tuer Malfoy, était toujours en lui et n’attendait qu’une occasion pour prendre le contrôle.

Devant son hésitation Cédric rajouta :

— Allez, c’est ma première année en tant que capitaine alors il est hors de question que cette année on finisse dernier. Il me faut les meilleurs. Tu ne peux pas m’abandonner après tout ce que j’ai fait pour toi.

Harry sourit.

— Je croyais que j’étais bon que pour faire attrapeur et que c’était ton poste.

— Oui mais moi je suis également un très bon poursuiveur et on manque vraiment de bons joueurs.

Durant les essais Harry attrapa le vif d’or deux fois plus rapidement que son meilleur concurrent alors qu’il utilisait l’un des vieux balais de l’école et réussi donc sans problème à rentrer dans l’équipe comme attrapeur. Mais en voyant la suite des essais, Harry se demanda si c’était lui qui était doué ou les Poufsouffles qui étaient mauvais. A part lui et Cédric, il n’y avait pas vraiment d’autres bons éléments. Mais Cédric était tellement doué qu’il compensait largement. Hélas, même avec une équipe de Gryffondor imputé de ses deux meilleurs batteurs, Harry se dit, qu’il y avait peu de chance que Poufsouffle gagne la coupe cette année.

Mais ça ne sembla pas atténuer l’optimisme de Cédric qui leur donna leur programme d’entraînement avec un sourire qu’Harry qualifia immédiatement de sadique. Certes, l’année dernière, le Poufsouffle lui avait prouvé à de nombreuses reprises être totalement incapable de sadisme, mais seul un bourreau particulièrement vicieux avait pu concocter un programme d’entraînement aussi intensif. En tout cas c’est ce qu’il pensa jusqu’à ce qu’il s’excuse qu’il y ait si peu de séances d’entraînement mais que les Gryffondors et les Serpentard avait profité de son inexpérience pour réserver la plupart des créneaux disponibles pour leurs propres entrainements.

Mais dans quoi est ce qu’il s’était lancé lui ?

Deux semaines plus tard il s’effondra sur une chaise à côté de Nott, complément lessivé par tous ses entraînements. Malgré tout, Cédric avait eu raison. Faire de nouveau partie d’une équipe lui faisait du bien. Il ressentait de moins en moins cette colère latente en lui et il espérait maintenant la voir complètement disparaître.

Horcruxe

Quelques semaines plus tard, Harry fut de nouveau convoqué dans le bureau du directeur. En rentrant, Harry vit que la pensine était déjà sortie. Le directeur allait donc lui montrer d’autres souvenirs. Après avoir refusé l’habituel bonbon au citron que Dumbledore proposait à chaque rencontre, il demanda à entrer dans le vif du sujet.

Le directeur sembla s’exécuter à contrecœur. Il ne semblait pas pressé d’aborder la raison de sa venue. Cela inquiéta légèrement Harry. Est-ce que Snape avait fini par lui parler de(..). Une minute. Harry releva ses boucliers d’occlumancie au maximum et fusilla le directeur du regard

— Vous essayez de lire dans mon esprit.

— Bien. Tes boucliers ont atteint un niveau suffisant. Je te félicite. Pour être honnête j’avais peur que tu ne parviennes pas à travailler avec le professeur Snape.

— C’est plutôt lui qui a du mal à travailler avec moi

Dumbledore sourit :

— Il m’a fait à peu près la même réflexion hier soir lorsque je t’ai interrogé sur ton niveau en occlumancie. Par la suite, il a néanmoins prononcé ce qui ressemble le plus à un compliment depuis qu’il est professeur à Poudlard. Rares sont les élèves à pouvoir se vanter d’un tel exploit.

Puis il devint plus sombre avant de poursuivre

— Pour être honnête j’espérais que mon petit test révélerait que tes progrès n’étaient pas aussi rapides que ne le laissait supposer la réaction du professeur Snape. Maintenant je n’ai plus d’excuses pour retarder cette séance. Il est temps que je commence à t’expliquer certaines choses. À commencer par ce qui s’est vraiment passé le jour où Voldemort a attaqué tes parents.

Il invita Harry à s’approcher du réceptacle en pierre.

— J’ai eu beaucoup de mal à obtenir le souvenir que je vais te montrer. Et quoi qu’il arrive, tu ne dois parler à personne de ce que tu vas apprendre ce soir. Si Voldemort avait vent de ce que je sais, il deviendra considérablement plus difficile de le vaincre.

— J’ai compris professeur. Je vous promets de ne rien dire à personne. Pas même à mes parents.

— Bien. Le souvenir que tu vas voir n’est pas le mien mais celui du professeur Slughorn. Il était le directeur de la maison Serpentard lorsque Tom était élève à Poudlard. Tom était proche de lui. Après ton entretien de l’année dernière avec mon prédécesseur tu dois te douter qu’il a pris soin de charmer tout le personnel de l’école à part moi.

À la mention de son escapade nocturne de l’année dernière Harry baissa les yeux, mais Dumbledore lui fit un sourire indulgent et poursuivit.

— Cependant il avait tout fait pour créer un lien particulier avec Slughorn. Tout le monde voyait là le comportement attendrissant d’un malheureux orphelin à la recherche d’une figure paternelle. Et moi-même je me suis pris à douter. Jusqu’à ce qu’ait lieu une réunion du club de slug - C’est un club où il réunissait les élèves les plus prometteurs de Poudlard. Malheureusement la totalité des membres du club de Slug de cette année deviendrait des futurs mangemort. Mais c’est un autre sujet.- Après cette réunion, le comportement de Slughorn envers Jedusor changea du tout au tout. Il était devenu méfiant et refusait désormais de passer plus de temps que nécessaire en sa compagnie. J’ai donc tout fait pour découvrir ce qu’il s’était passé mais ce n’est qu’après l’avoir convaincu que Voldemort avait traversé le voile qu’il consentit à me fournir ce souvenir :

Harry rentra avec Dumbledore dans la pensine et vit Slughorn consentir à expliquer à Tom Jedusor ce qu’était un Horcruxe, qui en retour lui demanda ce qui se passerait s’il brisait son âme en sept morceaux.

Harry ressorti horrifié de la pensine.

— Il a créé six Horcruxes ? Demanda-t-il, écœuré à la simple idée d’en créer un seul.

— Presque. Je pense qu’il n’a eu le temps que d’en créer cinq.

— Alors ça veut dire que tant qu’on ne les aura pas trouvés et détruits il pourra revenir ?

— Oui. C’est exact.

— Mais on n’y arrivera jamais. Ça pourrait être n’importe quoi. On ne peut pas tester chaque boite de conserve ou chaque caillou du pays. Et encore ça c’est en supposant qu’il les a tous cachés aux Royaume-Unis.

Harry se mit machinalement à caresser Croutard qui avait sorti la tête de sa poche pour se calmer. En vain.

— Là par contre tu seras heureux d’apprendre que tu te trompes. Pour commencer tu as déjà réussi à en détruire un.

Harry était tellement énervé qu’il avait du mal à réfléchir. Mais au bout de 5 minute il comprit où le vieil homme voulait en venir.

— Evidement. Le journal était un Horcruxe. Mais il en reste toujours quatre et ça pourrait être n’importe quoi

— Rappelle-toi le dernier souvenir que je t’ai montré et tes trop nombreuses entrevues avec Voldemort. Penses-tu réellement qu’il aurait caché son âme dans un objet quelconque ? C’est oublier la grande estime qu’il a de lui-même, sa recherche permanente de grandeur et sa manie de collectionner les trophées. Voldemort aura utilisé des objets ayant une signification particulière à ses yeux. Des objets associés au pouvoir et au prestige. Et grâce au souvenir que je vais maintenant te montrer et à l’attachement profond qu’il a montré à Poudlard au cours de sa vie, j’ai une bonne idée de la nature de ces objets.

Il montra ensuite à Harry l’entrevue entre Tom Jedusor et Hepzibah Smith. Il ressorti de ce souvenir beaucoup plus calme.

— Juste après cette entrevue, Hepzibah Smith fut retrouvée empoisonnée. Son Elfe de maison fut reconnue coupable d’homicide involontaire. À cause de son grand âge elle aurait confondu le sucre et un poison mortel. Mais les héritiers eurent la mauvaise surprise de constater que le collier et la coupe avait disparus. Cependant ils conclurent qu’Hepzibah Smith l’avait trop bien caché. Tom, quant à lui, quitta le pays le soir même et ne revint que des années plus tard sous le sobriquet de Voldemort.

— Vous pensez qu’il a transformé le collier et la coupe en Horcruxe ?

— Oui. Et je pense raisonnable de penser qu’il s’est mis en quête d’un objet appartenant à Serdaigle et d’un autre appartenant à gryffondor. Je pense qu’il n’aurait pas résisté à la puissance symbolique d’une telle collection. Or les objets des fondateurs ne sont pas légion. Le seul objet rattaché à Rowena Serdaigle est son diadème, qui d’après la légende aurait été perdu en Albanie. Et c’est justement le pays où il s’est rendu en premier. J’ignore cependant s’il a réussi à le retrouver. Mais le connaissant je pense qu’il aurait poursuivi les recherches jusqu’à satisfaction. S’il n’était pas arrivé à ses fins, jamais il ne serait revenu aux Royaume-Unis.

— Et l’objet de Gryffondor ?

Dumbledore s’assombrit

— Pour les historiens, il n’existe aucun objet relié à Gryffondor. Cependant d’après la légende il en existerait un : l’épée de Gryffondor. Néanmoins, celle-ci n’apparaîtra qu’à un Gryffondor qui ferait preuve d’une bravoure exceptionnelle dans une situation désespérée. Or comme tu me l’as fait remarquer l’année dernière, Voldemort n’a pas attaqué tes parents à n’importe quel moment. Il les a attaqués à une date propice au rituel de magie noir particulièrement complexe. Mais il y a autre chose que tu ignores.

Il s’assombrit encore plus

— Tes parents savaient que Voldemort en avait après eux. Ils avaient décidé de se cacher. Ils ont donc fait appel à un sort nommé le Fidelitas. C'est un sortilège de grande complexité. Il s'agit d'un procédé magique destiné à cacher un secret au cœur d'un être unique. L'information est dissimulée à l'intérieur même de la personne choisie, qu'on appelle Gardien du Secret. Le secret devient alors impossible à découvrir, sauf bien sûr si le Gardien décide de le divulguer. Ainsi, tant que le Gardien du Secret refusait de parler, Voldemort pouvait toujours fouiller le village où James et Lily Potter vivaient depuis des années, il lui était impossible de les retrouver, même s'il avait collé le nez contre la fenêtre de leur salon !

Cependant le gardien qu’ils avaient choisi était en fait un traître qui travaillait pour Voldemort depuis plusieurs années. Il les dénonça immédiatement à Voldemort. Pourtant il ne les attaqua que plusieurs mois plus tard. Entre-temps il se livra à un véritable massacre de Gryffondors. Il essaya par tous les moyens de localiser des Gryffondors réputés pour leurs talents de combattant et les força à accepter des duels à un contre 10. Dans sa folie meurtrière il s’en prit même à des Gryffondors qui l’avaient pourtant rejoint et servit fidèlement.

Jusqu’à la mort des oncles de ton ami Ginny Weasley : Fabian et Gideon Prewett. On raconte qu’ils ont résisté avec un héroïsme qui impressionnèrent même les mangemorts. Et après cela, la traque des Gryffondors cessa. Bien sûr, les tueries continuèrent mais les Gryffondors n’en furent plus les seules cibles. Néanmoins cette courte période de la guerre fut tellement marquante que l’on considère aujourd’hui que les Gryffondors étaient les principaux ennemis de Voldemort. Au point d’oublier ceux qui l’avait rejoint. Et les nombreux orphelins issus de cette période ont contribué, malgré eux, à entretenir cette légende.

— Donc vous pensez qu’il a obtenu l’épée de Gryffondor et qu’il a essayé de me sacrifier dans un rituel de magie noir pour la changer en Horcruxe.

— Au vue des éléments à ma disposition, c’est fort probable. Ce n’est pas un simple Avada Kedavra qui s’est heurté à la protection issue du sacrifice et de l’amour de ta mère, mais une magie bien plus noire encore. Une magie composée de l’inverse opposé : de la haine et une indifférence pure. La confrontation entre ses magies diamétralement opposées a provoqué une violente explosion d’énergie magique qui détruisit la maison et le corps de Voldemort. Mais ses Horcruxes l’empêcheront de mourir jusqu’à ce qu’un rituel de résurrection raté n’amène son âme à disparaître de l’autre côté du voile.

— Dans ce cas vous avez dû retrouver l’épée dans les décombres ?

— Malheureusement non. Conformément à la légende elle a disparue après la mort de la dernière personne l’ayant gagné au combat. Elle attend désormais qu’un autre Gryffondor se montre digne d’elle.

— Bref il n’y a aucune preuve. C’est très spéculatif. Mais extrêmement cohérent. Il nous reste donc à trouver la coupe, le collier et un objet mystérieux de grande valeur. Est-ce que vous avez des pistes sur leurs emplacements ?

— Tout ce que je sais c’est qu’il les aura probablement mis dans des endroits extrêmement prestigieux ou ayant un sens à ses yeux. Et bien sûr qu’il aura fait en sorte qu’ils soient très bien protégés. Mais je n’ai pas d’autres informations. Tous les lieux auxquels j’ai pensé se sont révélés vide ou difficile à localiser.

— Evidement. Sinon vous auriez déjà réglé le problème. Mais d’un côté c’est rassurant. La probabilité qu’il revienne est extrêmement mince en fait. Vu comment il a dû protéger ses Horcruxe, il se passera sans doute des siècles avant que quelqu’un ne trouve dessus par erreur et ne subisse la même chose que Ginny l’année dernière. En fait c’est juste une énorme coïncidence si (...). Mais il y a pensé. Evidement. Il a mis ses plus fidèles mangemort au courant de l’existence des Horcruxe et leur a dit comment l’utiliser pour provoquer son retour.

— Oui. Des mangemort comme Sirius Black. Je pense que ce n’est pas un hasard s’il ne s’est évadé que maintenant. Je pense que Voldemort a indiqué à chacun de ses mangemort les plus proches, l’emplacement d’un Horcruxe. Peut-être pensent-ils même détenir le seul Horcruxe de Voldemort. Ou peut-être ne leur a t’il même pas dit de quoi il s’agissait. Peut-être qu’il leur a juste confié en leur indiquant comment l’utiliser s’il venait à disparaitre. Je pense que c’est au moins le cas avec Lucius Malfoy. Dans le cas contraire il aurait traité le journal avec beaucoup plus de révérence.

Harry s’affola.

— Alors il peut revenir d’un jour à l’autre.

— Inutile de s’alarmer. Déjà, nous ignorons si Black a déjà pu s’emparer de l’Horcruxe. Il doit être extrêmement bien protégé et Black est recherché et très affaibli par plusieurs années à Azkaban. Qui plus est, il a fallu près d’un an à l’Horcruxe pour puiser suffisamment d’énergie chez la jeune Ginny Weasley pour pouvoir espérer renaitre. Nous avons encore du temps devant nous, mais nous ne pouvons pas nous permettre de le perdre.

Harry ne fut pas beaucoup rassuré par cette nouvelle. Encore une fois, sa fin d’année promettait d’être mouvementée. Alors qu’il allait prendre congé, Dumbledore l’arrêta :

— Avant que tu n’ailles profiter d’un repos bien mérité, je dois te rappeler de n’en parler à personne. Et de continuer à travailler tes boucliers. Pour le moment, à part moi et bien entendu Voldemort, je pense que tu es la seule personne à être au courant de ce secret.

— Pourquoi vous me l’avez dit ? Je veux dire, je sais que je vous l’ai demandé, mais pourquoi moi ? Je n’ai rien de spécial. J’ai juste eu la malchance qu’il choisisse ma famille pour essayer de créer son Horcruxe. Ce n’est pas moi qui pourrai vous aider à les retrouver ou à les détruire.

Il s’assombrit

— Je crains de ne pas pouvoir répondre à cette question à une heure aussi tardive. Ce sera pour la prochaine fois. Mais je peux déjà te dire qu’il ne t’a pas choisi au hasard pour créer cet Horcruxe. Il a également choisi des victimes ayants une grande signification pour créer ces abominations.

Nott et Zabini

Harry et Nott étudiaient silencieusement dans la bibliothèque (pour changer) lorsque Zabini débarqua et tendit une enveloppe à Théodore Nott.

— Tiens. Tu es invité au mariage de ma mère le mois prochain.

— Encore ?! Tu crois qu’il va tenir combien de temps ce coup-ci ?

— Je ne sais pas. Maman à l’air de bien l’aimer celui-là.

— De quoi vous parlez tous les deux ?

— Hum ! Tu n’es pas au courant. La mère de Blaise épouse des hommes riches puis elle les tue pour récupérer l’héritage. Répondit Nott sur un ton froid et sans émotion qu’utiliserait un médecin pour décrire une maladie.

Blaise lança un regard noir à son ami

— Ça c’est ce que raconte la presse à scandale. Elle n’a pas eu de chance, c’est tout.

— C’est le combientième cette fois ?

— Le septième. Répondit Blaise à contrecœur

— Et ton père ? demanda Harry, avant de se raviser en se disant que la question devait être sensible.

— Il est mort 9 mois avant ma naissance d’une crise cardiaque.

— Oh je suis désolé.

— Sa mère ne savait pas qu’elle était enceinte au moment où elle l’a empoisonné, sinon elle aurait peut-être changé ses plans. Commenta Nott comme s’il annonçait une évidence.

— Elle ne l’a pas empoisonné. Toutes les analyses toxicologiques se sont révélées négatives. Mes tantes ont payé les analyses les plus poussées dans l’espoir de contester le droit de ma mère de toucher sa part d’héritage. C’est juste de la malchance.

— Comment elle arrive encore à trouver un mari ? Je veux dire même si c’est de la malchance, dans le doute, les sorciers doivent la fuir ? Demanda Harry

Blaise sembla gêné par cette question, mais répondit quand même

— D’après la rumeur, son futur mari à 90 ans. Répondit à sa place Théodore Nott en ignorant le regard noir que lui lançait Blaise. Harry lui, se retint de toutes ses forces de ne pas rire.

— Rappelle-moi pourquoi je suis ami avec toi déjà ? Demanda innocemment Blaise

— Tu n’es pas mon ami, tu es mon allié. Les Nott n’ont pas d’amis et encore moins des parvenus.

— Ah oui je me rappelle. Parce qu’il fallait que quelqu’un se dévoue et que j’ai perdu à la courte paille.

Nott ne répondit rien et replongea dans ses études. Blaise soupira et dit :

— N’oublie de répondre. Ma mère voudrait savoir si ta mère viendra cette fois-là. Elle aimerait bien la rencontrer.

— Ma mère est morte. Répondit Nott laconiquement sans sembler ressentir quoi que soit à cet énoncé.

— Hein ! Quand ça ?

— Il y a 8 ans je crois.

— Et c’est que maintenant que tu me le dis ? Comment ça se fait que personne n’en parle jamais ? Réagis violemment Blaise.

— Le suicide est tabou dans la haute société sorcière. Personne ne veut prendre le risque d’être surpris par père en train de mettre en lumière cette tache sur le blason de notre famille.

— C’est horrible, je suis désolé. Pourquoi s’est-elle suicidée ?

— Pour la même raison que tous les suicidés. Parce qu’elle était trop faible.

— Comment tu peux dire ça de ta mère ? Demanda Harry.

Nott poussa un soupir.

— C’est ce que dit père.

— Je ne veux pas savoir ce que ton père en dit mais ce que toi tu penses. Dit Harry.

Blaise répondit à sa place :

— Nott est terrifié à l’idée qu’un jour il puisse penser différemment de son père.

— Et sur les née-moldus tu penses la même chose que ton père ?

— Je savais que je n’aurais pas dû autoriser un amoureux des sangs-mêlées à me fréquenter. Déclara Nott.

— Mais bon dieu, tu côtoies des née-moldu tous les jours. Voldemort lui-même est un sang mêlé et peut être même un né-moldu. Comment tu peux croire à toutes ces conneries sur le sang ?

Suite à cette tirade Nott sursauta dans l’une de ses rares manifestation d’émotion.

— Ne prononce pas en vain le nom du seigneur des ténèbres. Surtout si c’est pour proférer de telles sornettes.

— C’est lui-même qui m’a dit que son père était un moldu il y a deux ans. Et Dumbledore (…). Enfin disons que Dumbledore m’affirme que sa mère était une sorcière mais le portrait de Dippet affirme qu’il était un né-moldu.

— Qui est ce Dippet qui ose émettre de telles hypothèses ?

— C’était le directeur de Poudlard à l’époque où Vol(…), vous savez qui était étudiant.

— Père dit que le seigneur des ténèbres est du sang le plus pur qui existe et que c’est de là qu’il tire sa grande puissance. Ce tableau doit être dysfonctionnel. Père dit que Dumbledore est un vieux fou complètement sénile. Tu ne devrais pas croire ce qu’il dit. Et je ne sais pas qui tu as rencontré, il y a deux ans mais certainement pas le seigneur noir. Si c’était le cas tu serais déjà mort. Père dit que personne ne lui échappe.

— Je crois qu’il y a eu un contre-exemple il y a 12 ans. Répondit Harry en pointant sa cicatrice.

Blaise poussa un soupir

— Potter abandonne. Ça ne sert à rien.

— Mais c’est important.

— Pourquoi ? Demanda Nott surpris

— Mais je ne sais pas. Pour empêcher des gens de mourir par exemple.

— À quoi ça sert, de toutes façons, ils meurent tous un jour.

— Tu ne dirais pas ça si c’était ta vie qui était en jeu.

— Ma vie est en jeu. Lorsque mon camp aura perdu la prochaine guerre, toi et tes alliés me tueront.

— Pardon ? Jamais je ne te tuerais.

— Je préfère ça à un emprisonnement à vie à Azkaban.

— Non mais t’es malade.

— Pourquoi ? Je n’ai aucune chance d’échapper à Azkaban et une telle vie (…)

Harry l’interrompit.

— Mais tu pourrais te battre pour que ça n’arrive pas.

— Nos chances de victoire sont trop faibles pour que se battre change quoi que ce soit à l’issue du conflit.

En voyant qu’Harry était sur le point d’exploser, Zabini expliqua.

— Il te demande de rejoindre le camp de Dumbledore.

— Pas forcément il pourrait être neutre. Ou s’enfuir. Expliqua Harry.

— Pourquoi je ferais ça ?

— Je ne sais pas, pour survivre par exemple.

— Pour quoi faire ? De toute façon je vais mourir un jour.

Harry fut tellement sonné par cette réponse qu’il ne sut pas quoi répondre. En fait, tout ce qu’il voulait c’était pleurer. Cette fois il avait compris ce qui l’avait tant perturbé lors de leur première rencontre à l’infirmerie l’année dernière. Nott n’avait pas envie de vivre. Il se sentait de la même manière que lui lorsqu’il regardait le vide depuis le sommet de cette tour. Mais en permanence.

Un Amour de rat

— D’accord, Marietta est plutôt sympa, mais je me fais des films. Elle n’en à rien faire de moi. Mais sur le terrain, elle n’arrête pas de me regarder et de glousser. Qu’est-ce que t‘en pense ?

Pour toute réponse Croutard renifla la poche arrière de son sac. Le rat semblait totalement indifférent à ses problèmes. Mais Harry aimait bien lui parler. Parfois il avait l’impression qu’il le comprenait. Et le reste du temps, ça le détendait et l’aidait à réfléchir.

Harry ouvrit son sac, puis en sorti la boite de dragée surprise de Bertie-Crochue qui s’y trouvait. Il lança machinalement les dragées sur son lit pendant que Croutard s’y précipitait pour les manger goulument. Harry avait peur que tout ce sucre ne soit pas très bon pour l’animal mais il n’arrivait pas à résister à ses demandes insistantes.

— Je suis sûr qu’elle se moque de moi. Elle aide juste sa copine Cho Chang à espionner notre équipe. C’est bizarre quand même que Serdaigle demande ça à son attrapeuse. En tout cas, ça rend Cédric complètement dingue. Dès qu’il les voit autour du terrain ça le déconcentre tellement, qu’il est obligé d’écourter la séance pour raccompagner Cho au château. C’est tellement drôle de le voir pester contre elles.

Puis sans crier gare Croutard délaissa ses friandises puis sauta sur la table de nuit où Harry avait négligemment posé sa baguette après être revenu complètement lessivé de son dernier entraînement de Quidditch. Il la prit dans sa gueule et couru vers la sortit de la salle commune.

— Et mais attends ! reviens ici ! Ce n’est pas un jouet. Cria Harry en se mettant à courir après l’animal.

Mais il ne fit qu’accélérer. Malgré sa fatigue, Harry dû lui courir après dans les couloirs de Poudlard. Comment faisait-il pour être aussi rapide malgré son âge ? Puis à force de courir sans regarder où il allait il heurta quelqu’un et se retrouva étalé par terre.

— Non mais regarde où tu vas !

— Dés(..) Désolés Marietta. Je vais t’aider à ramasser tes affaires. Bégaya Harry en réponse.

Pourquoi avait-il fallu qu’il heurte Marietta Edgecombe ? Elle allait le prendre pour un débile après ça. S’il tenait Croutard !

— Harry ! Dit-elle en rougissant. Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Tu ne vas pas me croire, mais je poursuivais un rat qui a volé ma baguette.

— Ta baguette ? Mais elle est juste là.

Effectivement a ses pieds se tenait sa baguette abandonnée. Et bien sûr plus aucune trace de ce rat manipulateur.

Le sac de Marietta s’était cassé durant le choc, alors Harry l’aida à porter ses affaires jusqu’à sa salle commune. Une fois arrivé devant l’entrée, Harry trouva le courage de lui demander de venir faire une partie de bavboule dans le parc ce week-end. Elle lui répondit en bégayant :

— En fait je préférerais le passer avec Cho.

— Oh ! Toi et elle ?

— Non, mais j’aimerais bien.

Harry était triste de se faire repousser, mais quelque part il était aussi un peu heureux d’avoir essayé. Et soulagé d’avoir sa réponse. Il quitta Marietta après lui avoir promis de ne rien dire.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Il ne faut jamais donner de bonbon à un rat c’est très mauvais pour eux. L’appétit de Croutard pour les sucreries aurait dû mettre la puce à l’oreille d’Harry dans ma fic et de Ron dans le canon.

Soirée de D&D

— Quand vous essayez d’ouvrir le coffre, il disparaît et 3 Beholder vous bloque le passage vers la sortie. Une voix grave retentit « Vous êtes tombé dans mon piège. » Qu’est-ce que vous faites ? Demanda Harry à Blaise Zabini, Théodore Nott et Justin Finch-Fletchley qui étaient attablés devant lui avec chacun une fiche de personnage et des dés de 10.

— Je leur lance un sortilège de conjonctivite. Répondit calmement Nott

— Pour la cinquième fois, non tu ne peux pas. S’énerva Harry.

— Pourquoi ? C’est le meilleur moyen de se débarrasser d’un Beholder. Réplica froidement Nott.

— Oui, mais ton personnage ne connaît pas se sort. Réexpliqua Harry en tentant de mobiliser toute sa patience.

— C’est ridicule. C’est un sort que même une première année pourrait lancer. C’est censé être un mage non ?

— Oui, mais ce sort n’existe pas dans le jeu.

— Ce jeu n’a aucun sens. Je ferais mieux de retourner à la bibliothèque.

— Pour une fois, je suis d’accord avec Nott. Intervint Justin Finch-Fletchley qu’Harry avait forcé à venir en le faisant culpabiliser sur la manière dont il l’avait traité l’année précédente.

Harry se doutait que la cohabitation entre Nott et Justin serait difficile, tant tout opposait les deux adolescents. Déjà, Justin était né-moldu, mais surtout il était aussi souriant et extraverti que Nott était solitaire et réservé. C’est simple, Justin était l’incarnation parfaite des valeurs de Poufsouffle et Nott de celle d’un bloc de glace. Un bloc de glace très froid. Mais Justin était le seul élève de Poudlard qu’Harry connaissait qui avait déjà joué à Donjon et Dragon. Et il fallait au minimum qu’ils soient 4 pour que le jeu soit intéressant.

Mais dès le début, Harry regretta son choix. Il fallut tout la ruse et la patience combinée de Zabini et Harry pour les empêcher de s’entre-tuer au moment de la création de la fiche de personnage. Dire qu’Harry avait pensé que le jeu de rôle permettrait à Nott de sortir de sa coquille. Il aurait de la chance si l’un d’entre eux ne finissait pas à Azkaban avant la fin de la séance.

— Pour une fois, que tu fais autre chose qu’étudier, ça ne va pas tuer. Moi, je trouve ça drôle. Intervint Zabini

— Ravis de te divertir. Commenta Nott de sa voix monocorde

— Si ça peut t’aider à te décoincer imagine que tu étudies la manière de combattre des moldus.

— Un Nott n’a rien à apprendre d’être aussi inférieur et certainement pas sur le combat.

— Ça, c’est sûr que ta famille de dégénérés consanguins n’a rien à apprendre sur l’art de massacrer les gens. Intervint Justin avec colère

— Finalement, tu avais raison. Malgré ton manque de muscles, le barbare te correspond bien mieux que le voleur.

Cette fois Harry et Blaise ne parvinrent pas à les arrêter à temps et la table vola dans les airs suite à l’explosion de sort qui sortit de leurs deux baguettes. Harry et Blaise eurent juste le temps de se réfugier dans un coin.

— Il était juste censé dire, je lance « une boule de feu ». Se lamenta Harry.

— Les Beholders vivent à côté des dragons, ils ne craignent pas le feu. Fit remarquer Zabini

— Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ? C’EST UN JEU. Articula Harry lentement en insistant sur chaque syllabe.

— N’empêche que je trouve ça bizarre. Les Beholders sont de paisibles végétariens parfaitement inoffensifs. Pourquoi les attaquer en premier lieu ?

Finalement, il avait peut-être déjà suffisamment de problème sans essayer d’aider Nott.

oOoOoOo

Note de l'auteur : Dans D&D, un Beholder est un démon ressemblant à un gros œil avec des ailes. D’où le sort de conjonctivite. A priori ce monstre n’existe pas dans l’univers de JK Rowling, mais je trouvais que ce serait drôle si c’était le cas.

Prophétie

À sa grande surprise Harry, avait de nouveau été convoqué dans le bureau du directeur. Harry y était monté avec une grande appréhension. Quelle horreur le directeur allait-il lui annoncer maintenant ? Il commençait presque à regretter d’avoir appris l’occlumancie.

— Il est temps que je t’explique la raison pour laquelle Voldemort voulait te tuer il y a 12 ans. Car oui je suis au regret de t’annoncer que tu avais bien deviné l’année dernière. Contrairement à ce que pense la majorité des sorciers ce n’était pas Lily Potter mais bien toi qu’il était venu assassiner ce soir-là. Il est temps que tu l’écoutes en entier.

Après cela il donna un coup de baguette sur la pensine et une voix aiguë aux accents surnaturels retentit :

« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défiés, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d’eux ne peut vivre tant que l'autre survit... »

Harry fut sonné en entendant cela. Il essaya de retourner la prophétie dans tous les sens, mais il ne voyait qu’une seule interprétation possible. C’était pire que tout ce qu’il avait imaginé. Il devait soit mourir soit tuer le mage noir le plus puissant de tous les temps. Il ne parvenait à penser qu’a une seule chose. Il ne voulait pas mourir. Jamais il ne s’était senti aussi mal. Il avait l’impression que Dumbledore venait de lui annoncer qu’il avait une maladie incurable. Ça faisait tellement mal. Il avait envie de crier, de hurler, de tout casser. Mais tout ce qu’il parvint à faire c’est de rester assis dans un état proche de la catatonie.

— Je comprends que tu sois choqué. Pour être honnête je pensais attendre que tu sois plus vieux pour te l’annoncer. C’est un poids bien lourd à porter pour un sorcier adulte. Trop lourd pour un enfant. Après ce qu’il s’est passé dans le cimeterre il y a deux ans, je pensais qu’il s’écoulerait plusieurs décennies avant que l’un des Horcruxes de Voldemort ne refasse surface et qu’il n’ait une occasion de revenir. Je pensais que le monde sorcier était de nouveau un endroit où tu pourrais grandir en paix et en sécurité, jusqu’à ce que tu sois prêt. Mais l’année dernière m’a cruellement fait comprendre que j’avais tort.

Finalement Harry demanda :

— Est-ce que les prophéties se réalisent toujours ? Est-ce qu’il existe un moyen d’y échapper ?

— La question est simple mais la réponse est complexe, et dans ton cas je pense que l’on peut tout simplement répondre non.

— Dans mon cas. Alors toutes les prophéties ne se réalisent pas ? demanda-t-il avec espoir.

— Je vais te répondre par une autre question : Si tu étais à ma place comment ferais-tu pour savoir si les prophéties se réalisent toujours ?

— J’essaierais de trouver une prophétie qui ne s’est pas réalisé et si après en avoir analysé des centaines je n’en trouve pas j’en conclurais qu’elles se réalisent toujours.

— C’est effectivement la méthode la plus instinctive. Cependant elle apporte aussi quelques inconvénients conséquents. Les plus évidents sont que pour savoir si une prophétie s’est réalisée il faut être en mesure de l’interpréter correctement, ensuite de retrouver la preuve de sa réalisation. Par exemple dans ton cas comment être sûr de ce qu’indique la prophétie ? La prophétie parle du seigneur des ténèbres et non explicitement de Voldemort. Et même si on admet qu’elle l’indique lui, et que tu tueras Voldemort, ne peut-on pas dire qu’elle s’est déjà produite ? Après tout c’est ta mère qui a vaincu Voldemort grâce à son sacrifice.

— Heureux de savoir qu’il y a au moins un sorcier capable de comprendre qu’un enfant de quelques mois n’y est pour rien dans la mort de Voldemort. Mais ça ne m’aide pas beaucoup.

— Soit quand même attentif. Un jour cela t’aidera peut-être. Et puis c’est toi qui as demandé des détails. Comprend qu’il est assez difficile, voire impossible de savoir avec certitude le pourcentage de prophéties qui s’est réalisé. Cependant depuis 50 ans l’un des principaux sujets d’étude du département des mystères anglais concerne les prophéties. Ils en ont récolté des milliers datant de toutes les époques. Ils les ont disséqués et après avoir épuisé un certain nombre d’historiens, ils sont tombés d’accord pour dire qu’environ 60% des prophéties connues se sont clairement réalisées, que 39,9% semblent s’être réalisées et 0,1% Ne l’ont peut-être pas été.

— Autrement dit on est sûr de rien, mais il semble quand même que les prophéties se réalisent toujours quoi que l’on fasse.

— C‘est la conclusion que la plupart des sorciers ont tiré de ce travail une fois qu’il a été diffusé au grand public. Et ça explique pourquoi Voldemort a autant pris au sérieux l’existence de cette prophétie. Cependant au sein des langues de plomb il y a au contraire un consensus pour dire que c’est faux. Une prophétie peut être brisé.

Après cette révélation Dumbledore fit une pause attendant visiblement une réaction de son élève qui ne venait pas.

— Tu n’as rien à dire. Finis par constater Dumbledore.

— Ben non, j’attends la suite. Répondit son élève avec un sourire insolent.

Harry avait fini par comprendre que son directeur ne raffolait pas tant des effets de manches que des effets qu’ils produisaient sur son auditoire.

— Quoi qu’il en soit, je ne vais pas te faire un résumé de toutes les controverses sur le sujet, d’autant plus qu’un certain nombre de ces informations sont classés secret défense par le ministère et que ni toi, ni moi ne devrions être au courant. Je vais juste te donner brièvement la théorie qui, je pense, est la plus proche de la vérité.

En étudiant les prophéties, les voyants et les sujets des prophéties, les langues de plomb se sont rendus compte que la magie qui était en jeu n’était pas du même type que les rares magies temporelles que nous connaissions. Par contre, elle ressemble fortement à celle dégagée par une potion Félix-félicis plus connue sous le nom d’élixir de chance. Cette potion influence le comportement de celui qui la boit afin qu’il réussisse tout ce qu’il entreprend. Bien entendu, dans les limites de ses possibilités magique et physique. Par exemple en la buvant une personne qui n’arrive pas à transplaner comprendra d’un coup comment faire et pourra transplaner parfaitement, mais il ne pourra pas transplaner jusqu’à la lune. Les prophéties seraient exactement pareilles. Les prophéties ne seraient pas des visions du futur mais des charmes très puissants qui obligent ceux qui en sont victimes à se comporter de manières à ce que la prophétie se réalise. Et comme tous les sorts avec suffisamment de volonté, de puissance magique et de connaissance, ils peuvent être brisés. Et les tenants de cette théorie, je pense détenir au moins un exemple de prophétie qui a été brisé.

— Donc si cette théorie est exacte et que j’affronte Voldemort…

— Alors tu en ressortiras victorieux en ayant l’impression de devoir ta survie à un énorme coup de chance. Voldemort et toi ferez des choix bizarres qui assureront cette issue. Au contraire si j’essayais de détruire Voldemort ou ses Horcruxes j’aurais de forte chance de faire quelque chose de stupide qui entraînera ma mort, car je ne suis pas celui pouvant le vaincre. La prophétie te protège autant qu’elle protège Voldemort.

Mais même sans la prophétie pendant 10 ans de guerre, j’ai été incapable de vaincre Voldemort ou de trouver ne serait qu’un seul de ses Horcruxes. Et mystérieusement dès ta première année dans le monde sorcier tu as par hasard trouvé et détruit l’un d’eux. Contre toute probabilité juste après avoir vaincu la partie principale de Voldemort. Celle qui résidait dans son corps, tu te retrouves à devoir faire face à l’un de ses Horcruxes.

— Quelle coïncidence effectivement. Déclara sombrement Harry. En fait même si c’était possible, vous ne souhaiteriez pas que la prophétie soit brisée. Et sans votre aide je n’ai aucune chance, donc la prophétie ne peut pas être brisée.

— En fait il semblerait que pour briser la prophétie il faut que toutes les personnes concernées par celle-ci se mettent d’accord et agissent de concert. Même si je souhaitais t’aider dans cette voie, je ne pense pas être en mesure de convaincre Voldemort de coopérer.

— Sur ce dernier point je n’ai que votre parole.

— Comme pour tout le reste. Le mensonge et la suspicion sont les méthodes de Voldemort. Les miennes sont la confiance et la vérité. T’ai-je déjà menti ?

— Pas que je sache. Mais vous m’avez caché des choses.

— Rétrospectivement, pense-tu que j’ai eu tort ?

— Non. Lâcha Harry à contrecœur.

— À ce propos. Je tiens à te prévenir que tu ne dois en parler à personne. Même pas à tes parents ou à tes amis. J’inclus le jeune Theodore Nott.

— Nott n’est pas comme son père. Enfin c’est compliqué. Mais vous n’avez pas besoin de vous inquiéter. Je n’ai aucune envie que la presse apprenne l’existence de cette prophétie. Je reçois déjà suffisamment de lettres de tous les dingues du pays.

— Certes, ce serait une bonne raison en soi de cacher l’existence de cette prophétie, pour autant, ce qui m’inquiète, c’est que pour le moment Voldemort ne connaît que le début de la prophétie. Et il fera tout pour l’entendre en entier. Il s’en prendra potentiellement à toute personne à qui tu en auras parlé. Et bien sûr je n’ai pas besoin de t’expliquer en quoi il vaut mieux qu’il ne connaisse jamais son contenu exact.

Harry acquiesça avec conviction. Puis il demanda :

— Pourquoi Voldemort a t’il essayé de me tuer ? Même en ne connaissant que le début de la prophétie il aurait dû savoir que m’affronter n’était pas une bonne idée.

— Je doute que Voldemort soit au courant de tout ce que je viens de te raconter. En bon Serpentard, Voldemort a toujours eu un rapport très utilitariste à la connaissance. Dans ses études, il n’a jamais été motivé par la curiosité ou le plaisir d’apprendre, mais par le pouvoir que pourrait lui rapporter ses nouvelles connaissances. Il a par conséquent toujours méprisé l’étude des magies peu prestigieuses ou ayant peu d’utilités pratiques immédiates. Sur ces dernières, il se contentait d’un travail très superficiel. Et tu l’ignores sans doute, mais la divination est considérée non sans raison comme un ramassis de superstitions par la plupart des sorciers.

En conséquence, je pense que Voldemort s’est contenté de connaissances très basiques, et surtout anciennes, sur la nature des prophéties. Il devait être persuadé que la prophétie le prévenait d’un danger qu’il fallait supprimer le plus vite possible. Que ta mort signifierait la destruction du dernier obstacle à sa domination absolue. Mais comme toujours, sa principale motivation devait être sa quête d’exceptionnalité et d’immortalité. Je pense qu’il ne pouvait pas résister à faire de ce meurtre très symbolique, un moment particulier : le moment de son accès à l’immortalité.

C’est pour cela que malgré le risque, il a patienté jusqu’au jour de l’équinoxe d’automne qui est comme tu le sais, un jour très particuliers pour les sorciers et notamment les mages noirs. Il a dû penser que ce serait la preuve définitive du caractère exceptionnel de sa destinée et que l’Horcruxe qui en résulterai serait particulièrement puissant. Et bien entendu je ne peux exclure que ce soit la magie prophétique elle-même qui l’ai poussé à ce choix des plus discutables.

Après ce dernier échange le directeur lui fit signe d’aller se coucher

— Au fait Harry, une dernière chose.

— Oui monsieur ?

— Ce n’est pas de ta faute si tes parents sont morts. Tu en as bien conscience j’espère ?

— Oui monsieur.

Puis il s’en alla le cœur lourd. Cette nuit-là malgré tous ses efforts il ne parvint pas à vider son esprit avant de s’endormir.

Retour dans la chambre des secrets

Après les dernières révélations de Dumbledore Harry resta passablement déprimé. Il était à la fois terrifié et bouleversé par la prophétie. Certes, il savait depuis cette maudite journée où il s’était rendu pour la première fois dans le monde sorcier que des psychopathes en avaient après lui. Mais il se pensait en sécurité dans le château. Et depuis que Dumbledore lui avait expliqué pour les Horcruxes, il voyait une lueur au bout du tunnel. Dumbledore allait trouver et détruire ces 5 objets et il serait de nouveau en sécurité. Il pourrait quitter le monde sorcier et allait supplier ses parents de lui pardonner.

Il retournerait à l’école, retrouverait ses amis, travaillerait dur, s’amuserait beaucoup et au final il reprendrait l’usine de son oncle et vivrait une vie paisible loin de toutes ses horreurs. Abandonner la magie serait comme s’arracher un morceau de son âme, mais depuis l’incident avec Malfoy, elle lui faisait peur. Harry n’en avait pas parlé à Severus Snape mais l’occlumancie n’avait aidé en rien. Le mal qui le rongeait semblait ignorer ses protections. C’était comme s’il se situait derrière ces dernières. À l’intérieur de lui. La seule chose qui avait semblé calmer la chose était les sessions de Quidditch. Sauf qu’il ne pouvait pas continuer désormais.

Mais peu importe. De toute façon, la prophétie avait anéanti cet espoir. C’était à lui de tuer Voldemort ou de mourir en essayant. Et les dernières fois, il n’avait réussi à s’en sortir que grâce à un énorme coup de chance. Aussi puissante soit la magie prophétique, Harry avait peur de ne pas ressortir gagnant de son prochain affrontement. Et il n’était pas sûr de le vouloir totalement. Il n’avait pas plus envie de tuer que d’être tué. Comment vivre une vie normale après cela ? Pourquoi est-ce que cela devait tomber sur lui ? Il n’était qu’un enfant de 13 ans. Un orphelin en plus. Pourquoi le destin s’acharnait-il sur lui comme ça ? Il n’avait pas reçu sa part c’est ça ? Parfois il avait juste envie de hurler pendant des heures. Et il ne pouvait en parler à personne.

La venue du week-end n’arrangea rien. Cela faisait longtemps qu’il avait fini ses devoirs et il était maintenant désœuvré, n’ayant rien d’autre à faire que de ruminer ses pensées. Il traîna au hasard dans le parc et tomba sur Hagrid bêchant son potager qui l’invita chaleureusement à rentrer dans sa cabane.

Harry accepta, rempli de culpabilité de ne pas être venu le voir plus tôt. Cela fut sa meilleure décision de la semaine. La compagnie du demi-géant lui remonta le moral. C’était ça qui était bien avec Hagrid. Il vous acceptait comme vous êtes et ne cherchait pas à en savoir plus que ce que vous étiez prêt à lui dire. Au contraire de Nott et plus exceptionnellement de Zabini qui cherchait par diverses questions pièges à savoir ce qui le tracassait.

Mais il ne pouvait totalement évacuer ses inquiétudes et au bout d’un moment il demanda :

— Hagrid si vous deviez cacher un objet très précieux. Où est-ce que ce serait ?

— Ça ce n’est pas difficile. A Gringotts bien sûr. C’est l’endroit le plus sûr d’Angleterre. À l’exception de Poudlard bien entendu.

Euréka ! Pensa Harry. Dès qu’il le put il prit congé du demi géant et fonça dans le bureau du directeur. Une fois arrivé devant la gargouille il se rendit compte que le mot de passe avait changé depuis la dernière fois. Cependant au bout de quelque minute la gargouille se déplaça d’elle-même et Harry monta les escaliers quatre à quatre pour arriver dans le bureau où Dumbledore l’attendait.

— Que me vaut cette agréable visite ?

— Je(…) Harry repris son souffle. Je pense savoir où se trouvent les Horcruxes.

Dumbledore se releva de son siège et agita plusieurs fois sa baguette. Harry entendit la gargouille en bas se refermer hermétiquement et sentit une magie recouvrir la pièce.

— Juste quelque précaution contre les oreilles indiscrètes. Raconte-moi tout. Demanda le vieil homme.

— Il a forcément caché au moins un Horcruxe dans la chambre des secrets. C’est l’endroit le plus sûr qui existe, il est hautement symbolique et il a un lien particulier avec lui.

À la surprise de Harry, Dumbledore afficha un air déçu.

— C’est justement le sujet que je souhaitais aborder lors de notre prochaine leçon. J’en étais arrivé à cette même conclusion après ton récit de l’année dernière. Ce qui m’a amené à passer une grande partie des mois ensoleillé à fouiller cette sombre chambre. Sans succès, j’en ai bien peur.

— Mais ce n’est pas possible. Il y en a forcément un.

— Avant d’aller plus loin dans cette conversation il me paraît opportun que je te montre un autre de mes souvenirs.

Avec un air grave Dumbledore se dirigea vers son armoire d’où il sortit sa pensine. Une fois bien installé sur le bureau, il invita Harry à y entrer. Au début Harry eu l’impression que quelque chose ne s’était pas bien passé. Il était de nouveaux dans le bureau du directeur. Mais ne y regardant de plus près il remarqua que le Dumbledore qui lui faisait face semblait bien plus jeune. Puis Voldemort le traversa. Enfin ce qu’il pensa être Voldemort. Il n’avait plus rien des traits séduisant du jeune Tom Jedusor mais pas encore les traits reptiliens qu’il avait vus sur l’horrible créature qui était morte dans le chaudron. Il assista alors en silence à ce qui devait être le dernier entretient entre Dumbledore et Voldemort avant que la guerre ne commence.

Une fois l’entretien terminé, Harry fut tiré de la pensine. La première chose qu’il demanda fut :

— Il voulait vraiment devenir professeur de défense contre les forces du mal ? avec une incrédulité manifeste. Il n’arrivait pas à imaginer Voldemort s’occupant d’enfant.

— Sur le moment je n’y croyais pas non plus, mais maintenant je pense qu'il le voulait vraiment. Je ne l’avais pas mentionné jusqu’ici mais à la fin de sa septième année, il a demandé à devenir professeur à Poudlard. Même si à l’époque je n’avais pas de preuve j’étais persuadé qu’il était responsable de l’épisode malheureux de la chambre des secrets. Frémissant à ce qu’il pourrait faire subir aux élèves s’il revenait dans une position de pouvoir, je me suis violemment opposé à sa nomination. Ce qui, comme tu le sais, l’a conduit à travailler pour Barjow et Beurk et à mettre la main sur ses premières reliques des fondateurs. Je me suis toujours demandé ce qui se serait passé si je ne m’étais abstenu. Dippet adorait Tom. Sans mon intervention il aurait accepté sa requête avec joie. Beaucoup d’élèves en aurait souffert mais ce travail l’aurait peut-être absorbé suffisamment pour le détourner de ses autres projets. Peut-être qu’il aurait développé un attachement suffisant à sa situation à Poudlard, pour limiter ses actions à un cadre légal. Peut-être même qu’il se serait assagi avec le temps. En tout cas, par une étrange coïncidence depuis cet entretien je n’ai plus réussi à garder un professeur de défense contre les forces du mal plus d’une année. La seule exception étant Lockhart qui a eu la chance d’être recruté juste après l’incident du cimetière.  

— En tout cas, il n’aurait pas pu être pire que Snape.

— Le professeur Snape, Harry. Et sans vouloir minimiser ses torts à ton égard, je pense que la comparaison est plus insultante que drôle.

— Je n’en suis pas si sûr. Pourquoi est-ce que vous le garder comme professeur alors que vous savez qu’il est n(..) enfin qu’il n’est pas fait pour le poste. Et pourquoi est-ce qu’il reste, alors que visiblement, il déteste enseigner ? Ce n’est pas comme s’il n’avait pas le choix. Il m’a forcé à passer la moitié de l’été à nettoyer sa baraque pourrie et toutes ses maudites récompenses.

— Ta seconde question répond en partie à la première. Comment pourrais-je licencier l’un des meilleurs potioniste d’Europe ? Sans compter tous ses talents dans diverse magie bien souvent oublié de la plupart des gens comme l’occlumancie. Contrairement à ce que tu as conclu trop rapidement je ne reconnais pas qu’il n’est pas adapté au poste. Il est certes extrêmement rude avec les élèves, surtout avec les Gryffondors et certains Poufsouffles. Mais il fait un travail remarquable en tant que directeur de maison de Serpentard et encadrant pour les ASPIC. Bien mieux que son prédécesseur tu peux me croire. Sans compter qu’en cas de troubles, il sera un atout précieux pour la défense du château. Quant à la raison pour laquelle, il ne cherche pas un poste qui lui corresponde mieux, je crains que ce ne soit une question d’ordre privée qui ne te concerne pas.

Harry prit la dernière phrase pour que ce qu’elle était. Une invitation à changer de sujet.

— Pourquoi vous m’avez montré ce souvenir ? Je veux dire c’est intéressant mais en quoi ça nous aidera à trouver ses Horcruxe avant que Black ou un autre fanatique ne les trouve ?

— A-t-on avis pourquoi est-il venu ce jour-là ?

— Vous l’avez dit non ? Pour devenir professeur contre les forces du mal ?

— Comme je l’ai indiqué au jeune Voldemort, il devait savoir qu‘il n’y avait aucune chance que je lui donne le poste. Je pense qu’il voulait surtout une occasion de rentrer dans le château, sans que cela ne soit suspect.

— Vous penser qu’il en a profité pour cacher un de ses Horcruxes dans le château ?

— Ou pour en retirer un. Je pense qu’initialement le journal était caché dans la chambre des secrets. Après qu’il eut obtenu son diplôme et que sa première demande pour le poste de professeur fut rejetée, il n’avait nulle part où aller. En fait je pense qu’il a dormi dans la rue, les jours qui ont suivi sa remise de diplôme. Il n’aurait pas été raisonnable d’emporter le journal dans son vagabondage. Le risque était trop grand de le perdre, de se le faire voler ou pire d’être arrêté avec ce que même le plus incompétent des employés du ministère reconnaîtrait comme un objet de magie noir avancée. Je pense donc qu’il l’a laissé dans le seul endroit sûr qu’il connaissait à l’époque. Cependant il a dû se dire après coup que la chambre était trop sûre pour le journal. Dans le cas improbable où il disparaîtrait, jamais aucune victime innocente ne passerait à sa portée. Je crois, comme toi, qu’il est très probable qu’il ait voulu cacher un Horcruxe dans le château. Cependant même si c’est un peu présomptueux de ma part, je pense qu’en dehors de la chambre il n’existe pas d’endroit dans Poudlard qui échappe à ma surveillance. Et ma visite de cet été m’a convaincue un peu plus qu’il n’y aurait jamais stocké d’Horcruxe de manière permanente.

— Vous avez dit vous-même qu’à cause de la prophétie, vous ne pouviez pas trouver les Horcruxes. Aussitôt qu’’Harry eu prononcé cette phrase il la regretta

— Stricto sensu, la prophétie implique que je ne pourrais pas détruire les Horcruxe. Mais à priori rien ne m’interdit de les trouver du moment que je compte te confier la tâche de leur neutralisation. Cependant tu as raison. Il est possible que la magie prophétique m’ait égaré. Sans compter que la chambre possède peut-être des cachettes accessibles uniquement aux fourchelangues. Je pense que c’est peu probable, mais si ton instinct te dit qu’un Horcruxe s’y trouve, alors ça vaut sans doute le coup de fouiller une dernière fois la chambre en ta compagnie.

Harry frissonna en entendant ça. C’était la réponse à laquelle il s’était attendu lorsqu’il avait fait cette remarque stupide. Il n’avait vraiment aucune envie de retourner dans cet endroit sinistre. Rétrospectivement cela n’avait pas été si horrible. Surtout en comparaison de ce qu’il s’était passé dans le cimetière. Mais le soir dans son lit, il tremblait encore en se souvenant de la terreur qu’il avait ressentie sur le moment.

Lorsqu’il était rentré dans le bureau il avait naïvement cru que le directeur n’impliquerait jamais un de ses élèves dans une chasse aux Horcruxes. Qu’il irait seul affronter le danger pour lui ramener les Horcruxes afin qu’il les détruise sous sa supervision. Mais évidemment ça ne pouvait pas être aussi simple. S’il tenait celle qui avait fait cette maudite prophétie qui avait gâché sa vie…

Comprenant son malaise Dumbledore rajouta.

— Je comprendrais que tu aies besoin de temps pour (…)

— Non, plus vite ce sera fait mieux se sera. Et puis je n’ai pas envie de passer les jours qui viennent à appréhender.

Suite à cette réponse Dumbledore lui fit un sourire. Puis ensemble ils sortirent dans les couloirs libres de pratiquement toute présence en ce week-end. Les plus âgés étaient partis profiter d’une sortie à pré-au lard pendant que les plus jeunes se prélassaient dans le parc durant ce qui serait sans doute l’une des dernières journées de soleil de l’année.

Sur le chemin Dumbledore lui indiqua :

— C’est très courageux de ta part. Tes parents seraient fiers de toi. Et je suis sûr que ta tante et ton oncle le seraient également.

— Je n’ai rien de courageux. Je suis juste terrifié.

— Le courage ne réside pas dans l’absence de peur mais dans le fait de la surmonter pour faire ce qui est juste.

— Si j’avais le choix, jamais je ne m’imposerais ça.

— Oh, mais tu as le choix. Rien ne t’oblige à t’investir autant dans ce qui aurait pu rester ma quête personnelle.

— Quand j’ai essayé de fuir, la prophétie ne m’a pas laissé faire.

— Ce n’est pas la prophétie qui a choisi de s’en prendre à tes proches mais Voldemort. N’oublie jamais que quelles que soient les circonstances, nous sommes responsables de nos choix et de leurs conséquences. Tu as choisi de l’affronter pour protéger tes proches.

— Quoi que vous en disiez j’ai l’impression d’être un porc forcé de marcher vers l’abattoir.

Ils arrivèrent devant le lavabo qui cachait l’ouverture de la chambre. D’un geste Dumbledore, l’invita à demander l’ouverture de l’accès, puis, avec une agilité surprenante pour son âge, Dumbledore sauta dans le tunnel. Harry le suivit de peu. En atterrissant il remarqua que les squelettes de rats avaient été avantageusement remplacés par un matelas en mousse et que des torches maintenues magiquement allumées, illuminaient l’endroit. Ces simples changements suffisaient à métamorphoser les lieux et à les rendre beaucoup moins effrayants. Harry commença à se détendre. Il suivit Dumbledore jusqu’à l’énorme porte gravée de deux serpents qu’Harry ouvrit de nouveau. Une fois à l’intérieur il remarqua immédiatement que la vaste salle autrefois vide où trônait la statue de Salazar Serpentard contenait maintenant un immense serpent.

Sans une once de Honte Harry commença à fuir en abandonnant le vieil homme à son sort. Mais quelque chose le reteint. En se retournant il comprit que Dumbledore avait usé de sa magie sur lui pour l’empêcher de s’enfuir. Ce dernier fixa sur lui un regard contrarié et expliqua :

— Il est mort, tu n’as rien à craindre.

À ces mots, Harry se détendit et approcha timidement les restes du monstre. Il remarqua que ses yeux avaient été enlevés et que des incisions avait été fait le long de son corps probablement pour récupérer des organes à l‘intérieur.

— Qu’est-ce que c’est que cette chose ?

— Il s’agit d’un basilic, surnommé aussi le roi des serpents. Le regarder directement dans les yeux entraîne la mort et son venin est le plus mortel de tous le règne animal connu. C’est d’ailleurs le seul poison capable de détruire un Horcruxe.

Il semblerait que ce soit lui le fameux monstre que Serpentard avait caché dans sa chambre des secrets. Il avait probablement été enchanté afin d’obéir aux ordres des descendants de Salazar Serpentard.

Harry retira prestement sa main du crochet qu’il était en train d’examiner. Maintenant qu’il n’en avait plus peur il le trouvait fascinant. Presque beau même.

— Heureusement que Tom n’a pas fait appel à lui. Je n’aurais jamais pu affronter ce monstre. Je ne savais même pas que de telle chose existait. Vous êtes vraiment un sorcier extraordinaire. Déclara Harry plein d’admiration pour ce que le sorcier avait accompli. Et il ne pensait pas qu’au fait d’avoir vaincu ce monstre mais à tout ce qu’il avait deviné sur Voldemort et à tous les exploits qu’il avait accomplis dans sa longue vie

— En fait c’est à Hagrid que devrait aller ton admiration. Avant cet été je n’avais pas plus connaissance que toi de l’existence des basilics. Sans cela j’aurais immédiatement compris que seul un regard indirect de basilic avait pu provoquer ses pétrifications. C’est lui qui a déterminé à partir des restes trouvés dans l’entrée de la chambre et notamment une immense mue que le monstre devait être un basilic.

Harry imagina immédiatement Hagrid essayant d’offrir un ours en peluche au serpent géant et sourit à cette pensée.

— J’ai eu beaucoup de mal à convaincre Hagrid qu’il serait beaucoup trop dangereux de garder cet animal dans une école. Mais il a fini par accepter de m’aider à vaincre le monstre après que je lui ai signalé que je serais incapable d’annuler les sorts qui forçait la bête à obéir à Voldemort.

— Arrêtez de lire dans mes pensées.

— Je n’en ai pas besoin. Et dorénavant j‘en serais bien incapable. Tes boucliers d’occlumancie sont stupéfiants pour un enfant de ton âge. En fait même chez un sorcier adulte ils seraient exceptionnels

Harry rougit.

— Ce n’est rien d’extraordinaire. C’est uniquement grâce à Snape.

Afin de dissiper sa gêne, Harry commença à faire le tour de la pièce et des couloirs environnant pendant que Dumbledore se lançait dans une litanie de formule magique inconnue qui devait avoir pour but de dévoiler ses secrets. Au bout de deux heures il revient à son point de départ, dépité. La chambre était définitivement vide. Il était sur le point de perdre espoir lorsqu’il remarqua un détail sur l’immense statut du hall.

— la bouche elle est ouverte. Il y a une pièce à l’intérieur.

— Oui. Elle était enchantée pour ne s’ouvrir que si on lui demandait en fourchelang. C’est là que le basilic vivait en l’absence de son maître.

Harry se demanda soudainement :

— Comment vous avez fait pour l’ouvrir ; Et comment vous avez fait pour accéder à la chambre alors que je n’étais pas là.

— J’ai utilisé Serpensortia pour invoquer un serpent puis je lui ai lancé un sort nommé impero afin de l’obliger à obéir à tout ordre que je lui donnerais. Je n’avais plus qu’à lui demander de prononcer « ouvre-toi » à chaque obstacle que je rencontrais.

— Vous êtres vraiment un génie. Je n’y aurais jamais pensé.

— Encore une fois tes louanges me touchent, mais je dois confesser ne pas les mériter. C’est Severus qui a trouvé cette astuce. D’ailleurs le sort Serpensortia est une de ses inventions. En fait tu comprendras avec le temps que « génie » est le nom que l’on donne à ceux qui récupèrent la gloire du travail des autres. Ou qui trichent d’une façon ou d’une autre. La seule manière que les hommes ont d’accomplir des choses exceptionnelles est de travailler ensembles. Tu m’as dit un peu plus tôt que tes boucliers n’avaient rien d’exceptionnel, car ils étaient l’œuvre du professeur Snape. Je ne suis pas d’accord. C’est toi et toi seul qui a convaincu le professeur Snape de t’aider et qui a réussi à travailler avec lui malgré son caractère difficile envers toi. Cela démontre une capacité incroyable à coopérer et à reconnaître ses propres limites. Les seules qualités dont disposent vraiment les « génies. »

— Vous rigolez ? D’accord, vous n’avez pas trouvé tout seul comment rentrer dans la chambre ou comment vaincre le monstre. Mais vous avez accompli tellement de choses extraordinaires dans votre vie. Vous avez battu Grindelwald et mit fin à la Seconde guerre mondiale !

Dumbledore regarda sa baguette tristement pendant quelque seconde. Il semblait perdu dans son passé et Harry décida de lui laisser le temps dont il avait besoin. Finalement il reprit :

— C’est ce que beaucoup de journalistes pétris de préjugés sur la supériorité des sorciers ont écrit. Mais la vérité c’est que je n’aurais jamais été capable de vaincre Gellert. Pire c’est à cause de certaines de mes erreurs qu’il est devenu aussi puissant. Il n’a pu être vaincu que grâce à l’exécution minutieuse d’un plan dont je n’étais qu’un des rouages. Un rouage majeur mais pas suffisant pour que je puisse m’attribuer la paternité de cet exploit. Mais le plan a mal tourné et je me suis retrouvé être le seul survivant de notre groupe.

Beaucoup des membres de ce groupe de résistants étaient de simples moldus. L’un d’entre eux s’est sacrifié pour m’offrir l’ouverture qui m’a permis de désarmer Grindelwald par surprise. Mais même ainsi j’ai eu toutes les peines du monde à la vaincre. Une fois la bataille terminée, personne n‘avait envie d’entendre l’histoire des innombrables personnes qui avaient sacrifiés leur vie pour que la paix revienne.

Il voulait l’histoire du héro surhumain qui veillait désormais sur leur sommeil. Et en voyant ce que cette gloire nouvelle me permettait de faire pour combattre les nombreuses injustices du monde sorcier, j’ai arrêté de les détromper. Mais les récents évènements m’ont fait me demander si je n’avais pas eu tort. Quoi que les gens en pensent, je ne suis qu’un homme et je commets de nombreuses erreurs. D’ailleurs Tom est l’une d’entre elles. Je pensais qu’il me suffisait de l’isoler pour qu’il ne soit plus une menace. Ça n’a fait que de le couper de toute chance de s’amender et de vivre une vie honorable. Il s’est révélé être l’exception qui confirme la règle. C’est un authentique génie capable de changer le monde par sa seule ingéniosité.

Après ce discours Harry et Dumbledore pénétrèrent dans la bouche du statut. Mais rapidement Harry dû admettre que la chambre ne contenait rien. Mais il ne regrettait pas d’être venue. Affronter sa peur lui avait fait du bien.

oOoOoOo

Note de l'auteur : l’astuce pour rentrer dans la chambre des secrets n’est pas de moi mais de la fanfic : Les Fugitifs d'Azkaban .

Sirius black attaque

Lorsqu’enfin Harry et Dumbledore sortirent de la chambre des secrets, ils étaient en retard pour assister au banquet d’halloween. Dumbledore prétexta qu’il devait s’acquitter d’un certain nombre de tâches administratives urgentes pour laisser Harry rejoindre seul la grande salle. Cela ne dérangea pas le garçon qui n’aurait ainsi pas à expliquer au directeur qu’il n’avait pas plus envie que l’année dernière de faire la fête, le jour de l’anniversaire de la mort de ses parents. En chemin il bifurqua donc pour se rendre aux cuisines. Il espérait que Dobby ne serait pas trop occupé par les préparatifs du banquet. Il savait que, quelle que soit sa quantité de travail, l’elfe serait plus que ravi de lui servir un repas simple et de lui tenir compagnie. Mais il ne souhaitait pas abuser de l’elfe.

Cette traversée solitaire des couloirs lui rappela celle qu’il avait effectué durant le banquet d’halloween de l’année précédente. Cette fois le château lui parut moins effrayant. L’absence de pluie et d’orage y était pour beaucoup, mais également le fait qu’il avait grandi et qu’il se sentait bien plus apte à se défendre. Ses longues heures passées à étudier sans se limiter au programme scolaire en compagnie de Nott avaient fini par payer. Ses résultats scolaires n’étaient toujours pas exceptionnels, mais il se savait capable de vaincre n’importe quel élève de sa promo lors d’un duel. Peut-être même des élèves des années suivantes !

Et depuis qu’il connaissait le contenu de la prophétie, il s’en félicitait. Ou s’en effrayait. Était-ce la prophétie qui l’avait manipulé afin qu’il décide de s’entraîner ? Avait-elle provoqué la mort de ses amis afin qu’il se concentre sur le renforcement de ses pouvoirs ? Comment allait-elle réagir s’il continuait à consacrer de plus en plus de temps au Quidditch ?

Malgré tout il sursauta lorsqu’il entendit un grognement en provenance du couloir à sa gauche qui contenait le tableau du moine gras qui gardait l’entrée de la salle commune des Poufsouffle. Il se colla contre le mur, sortit sa baguette et attendit. Quelques secondes après, ce qui ressemblait à des aboiements retentirent puis des bruits de violents coups contre le mur et des lacérations animales. Harry ne perdit pas de temps. Il rassembla son courage et se mit à courir le plus vite possible en direction de la grande salle. Mais ce fut une erreur.

Brusquement, les aboiements furent remplacés par des bruits de courses. Quoi qu’il y ait dans ce couloir ça l’avait entendu et pris en chasse. Harry accéléra sa foulée au maximum mais le bruit se rapprochait. La chose le rattrapait et il ne pourrait jamais atteindre la grande salle. Tout d’un coup Croutard poussa un cri strident, sorti de sa poche et courut jusqu’à un tableau représentant une poire avant de crier de plus belle. C’est là qu’il se rappela qu’il était juste à côté de sa première destination : les cuisines.

Il fit un détour et atteignit le tableau avec la coupe de fruit. Il chatouilla la poire en priant pour que la nature morte se décale au plus vite. Au moment où le tableau s’ouvrit enfin ; il vit apparaître le monstre qu’il l’avait tant terrifié. Il s’agissait d’un énorme chien noir. Son premier réflexe fut d’être soulagé. C’était juste un chien. Un chien qui semblait enragé et prêt à mordre mais un chien quand même. Cependant il se ressaisit lorsqu’il vit Croutard sauter à l’intérieur des cuisines en poussant un cri clairement paniqué. Dans le monde sorcier les choses étaient rarement ce qu’elles semblaient être. Et puis, que faisait un chien au milieu de Poudlard ? À sa connaissance, Crockdur (le chien de Hagrid) était le seul canidé présent à Poudlard. Il pointa sa baguette en direction du chien et cria

— Quoi que tu sois, n’approche pas.

Le chien sembla l’ignorer et sauta dans sa direction. Mais avant même qu’il puisse penser à un sort. Dobby se téléporta devant lui, et claqua des doigts. Le molosse fut violemment repoussé contre le mur.

Il n’attendit pas pour savoir si le chien allait se relever. Il se dépêcha de se réfugier dans les cuisines avant qu’il ne puisse retenter une attaque suivit de près par Dobby qui verrouilla la porte avec sa magie. Le chien aboya, semblant l’appeler, mais il l’ignora et poussa un soupir de soulagement. Au milieu des elfes, il était en sécurité. Il rejoignit Croutard et passa l’heure qui suivi à se goinfrer des pâtisseries que les elfes ne cessaient de vouloir lui offrir et tenter de calmer le rat qui était paniqué au point de refuser de manger (ce qui chez Croutard était très inquiétant). L’année prochaine il se jura de passer Halloween à faire la fête comme tout le monde.

Comme prévu il fut accueilli comme un roi par Dobby qui lui fit oublier cette péripétie. Après tout il ne s’agissait que d’un chien. Il devait arrêter de paniquer pour rien. Il était en sécurité à Poudlard. Enfin c’est ce qu’il pensa jusqu’à ce que le professeur chourave ne débarque échevelée dans les cuisines en hurlant son nom. Une heure plus tôt le moine gras avait débarqué dans un tableau de la grande salle pour hurler que Sirius black avait détruit son tableau après qu’il lui ait refusé l’entrée de la salle commune des Poufsouffles. Immédiatement les professeurs remarquèrent son absence et se mirent à fouiller tout le château à sa recherche. Harry frémit en se rendant compte que les bruits qu’il avait entendus étaient probablement ceux de Sirius Blacks détruisant le tableau.

Harry passa le reste de la soirée à expliquer et réexpliquer ce qu’il s’était passé aux professeurs et au directeur. Ce dernier ne sut pas expliquer le lien qu’il y avait entre l’évadé et cet animal étrange. Néanmoins il était sûr qu’il y avait un lien et il modifia les protections du château pour que les animaux ne puissent plus rentrer dans le domaine et les porte du château furent ensorcelées pour refuser l’entrée à un chien ou à l’évadé.

Mais Harry eu un autre sujet d’inquiétude. Suite à cet évènement, Croutard, qui depuis le début de l’été se comportait bizarrement ; commença à maigrir inexplicablement. Et il refusait catégoriquement de sortir du dortoir. Il le mit de force dans sa cage avant de l’emmener voir Hagrid qui lui expliqua qu’il était tout simplement extrêmement stressé. Qu’est ce qui pouvait bien stresser son animal ?

Soirée de D&D 2

— Harry, je te préviens, c’est totalement hors de question. Fustigea Nott

Malgré de visibles efforts pour le cacher, un sourire moqueur apparut sur le visage d’Harry, lorsqu’il répondit :

— L’ensorceleuse te regarde avec incompréhension et prononça. Harry utilisa sa baguette pour rendre sa voix extrêmement grave. Qui est ce Harry, petit mage ? Et comment peux-tu parler malgré mon sort de contrainte ? Il semblerait que j’aie eu la main trop légère.

Puis d’une voix redevenue normal, Harry expliqua :

— Elle te lance un autre Impéro et tu perds 5 PV. Elle t’ordonne de nouveau d’embrasser le personnage de Justin. Ton personnage commence à avancer dans sa direction. Que faite vous ?

— Blaise fait quelque chose. Implora Nott.

— Désolé, mais je dois rester discret et attendre qu’elle soit distraite pour l’attaquer par surprise. Répondit Blaise en se retenant visiblement de pouffer de rire.

— C’est un complot ou quoi ? Je suis sûr que vous l’avez fait exprès pour m’humilier. Se plaignit Nott sous l’hilarité de ses deux compagnons.

— Ho ! Je t’en prie. Qu’est-ce qui te dégoûte tant chez moi ? Demanda Justin qui était le seul adolescent que la réaction exagérée de Nott ne faisait pas rire.

— Tu ne me dégoûtes pas. Répondit Nott légèrement gêné.

Toute hilarité cessa chez Harry et Blaise. Harry annonça alors :

— Justin, la compétence de résistance mentale de ton personnage s’active et tu peux faire un jet de volonté pour te libérer du sort.

— Alors c’est quoi ton problème exactement ? Demanda Justin avec colère en ignorant totalement la tentative de diversion d’Harry.

— Tu ne pourrais pas comprendre.

— Pourquoi ? Parce que je ne suis qu’un sang de bourbe ?

— Oui. Répondit Nott laconiquement.

— Mais bordel qu’est-ce que ça peut te foutre de savoir qui sont mes parents ? Tu sais ce que ça fait de susciter du dégoût sans raison chez tous ceux que l’on croise ? De se voir insulter à la moindre occasion à cause d’un truc qu’on n’a pas choisi ?

— Bien sûr, je suis un Nott.

— Quoi ?

Dans un de ses rares éclats d’émotion, Théodore éleva légèrement la voix :

— Est-ce que tu crois que je ne sais pas ce que vous murmurez tous, derrière mon dos ? Que je ne vois pas les regards de peur, le dégoût et la haine ? Lorsque j’avais 7 ans et que j’ai perdu mon père sur le chemin de traverse, à chaque fois que je demandais de l’aide, on me demandait le nom de mon père et ensuite les gens fuyaient sans se retourner. Quelqu’un m’a même craché dessus. Mais c’est normal. Je suis un Nott. Le digne héritier de mon père !

— Théo, je suis désolé, c’est vrai que je ne t’ai jamais …

— Mais tu écoutes ce que je te dis, des fois, ou tu es idiot ? Je suis l’héritier des Nott. Un jour, je devrais te tuer. Tu dois me détester et me fuir. Pas faire copain-copain.

— Et si moi, je n'ai pas envie ? Mon personnage embrasse Théodore. Dit Justin.

Après cela, Harry se força à reprendre la trame de son JDR, mais cessa rapidement la séance en prétextant ne pas avoir eu le temps de préparer son scénario. Il voulait juste intégrer une scène rigolote dans sa trame. Pourquoi est-ce que dans le monde sorcier, tout devait être aussi sérieux ?

Match de Quidditch

— Bienvenue pour ce premier match de la saison opposant Gryffondor et Poufsouffle. Malgré le vent, malgré la pluie, les voilà déjà qui débarquent sur le terrain, Cédric Diggory, Stuart McKinley, Dougal McPhail,Wayne Bostock, Robin Botesdale, Anthony Otterburn et Harry Potter. Hurla Lee Jordan durant l’entrée des joueurs sur le terrain.

Le coup d’envoi n’avait même pas été donné qu’Harry était déjà trempé jusqu’aux os. Il pleuvait tellement qu’il n’arrivait pas à voir à deux mètres devant lui. Comment était-il sensé attraper le vif d’or dans ces conditions ? Qui diable avait décidé que le match serait maintenu malgré ce temps pourri ? Jamais l’entraîneur de son ancienne équipe de foot n’aurait accepté que l’on joue par un temps pareil. Et pourtant le football était incroyablement moins dangereux que le Quidditch. Harry adorait voler, mais aujourd’hui il était juste terrifié.

Depuis le début du match, il restait le plus proche du sol possible et se contentait de faire des tours de terrain en espérant qu’une éclaircie ait lieu. Mais au contraire, plus le temps passait, plus la météo semblait empirer. Cédric ne cessait de l’engueuler pour qu’il prenne de la hauteur.

— Tu ne pourras jamais apercevoir le vif d’or si tu restes au ras du sol !

— T’es complètement fou. Je ne vais pas risquer ma vie pour attraper une baballe !

— Une baballe à 150 points alors pète-toi le bras si nécessaire mais attrape-moi ce vif d’or.

— Et Angelina Johnson tire et marque. 20 à 0 pour Gryffondor !

Cédric lança une insulte à Harry puis reparti vers le dernier poursuiveur qui n’avait pas été rétamé par un cognard. L’absence de Fred et George se faisait cruellement sentir. Ils étaient les seuls joueurs de Poudlard capables de maîtriser les cognards dans une telle tempête. De fait, ils se baladaient librement sur le terrain et les joueurs ne les voyaient arriver que lorsqu’il était trop tard pour les éviter. Au bout d’une demi-heure, Mike Boon se fit faucher à son tour. Harry était maintenant le seul joueur encore valide. Tous les autres avaient continué comme des abrutis à voler à plus de dix mètres du sol malgré le danger et étaient maintenant bons pour un séjour à l’infirmerie d’une semaine.

Harry ne comprenait vraiment pas que l’on puisse prendre autant de risque pour un simple match. Il finit par mettre pied à terre et à lancer un sort pour se créer un abri temporaire pour attendre que la pluie cesse. Une fois qu’il ferait soleil, il aurait tout le temps pour chercher le vif et remporter le match. Cette attitude acheva de faire perdre au spectateur tout intérêt pour le match. Toute joie disparue des tribunes pour être remplacée par un ennui mortel. Ils ne le surent jamais mais ce changement d’ambiance arriva juste à temps. Quelques secondes de plus et la tentation représentée par cette foule ivre de joie aurait fait descendre les détraqueurs, enhardi par un repas gratuit et renonçant à leur crainte du directeur.

Mais cette longue attente ne fut pas totalement inutile, car il lui vint une idée. Aussitôt que le temps le permit, il remonta sur son balai mais au lieu de chercher le vif d’or il ramassa le Souaffle qui avait été abandonné par terre et enchaîna les buts pour Poufsouffle. Bibine relu le règlement plusieurs fois, Gryffondor et Serpentard s’unirent pour le conspuer mais rien n’y fit. Le règlement était formel. Un but marqué par un attrapeur était valide et le match continuait tant qu’il n’avait pas attrapé le vif d’or. À la fin de la journée il était épuisé mais le score était de 20 000 à 30 pour Poufsouffle. Il se décida à attraper le vif qui volait non loin des tribunes des professeurs. Avec un tel score il était sûr de gagner la coupe de Quidditch et celle des quatre maisons cette année.

Harry était définitivement enrhumé et les 3/4 de l’école le détestait mais au final, c’était un bon match. Alors pourquoi le premier réflexe de Diggory une fois guéri avait été de le pourrir ? Pourquoi est-ce que tous les membres de l’équipe lui faisaient la gueule ? Ils avaient gagné c’est tout ce qui comptait, non ? Il ne tint plus et il s’engueula violemment avec le reste des joueurs de Poufsouffle. Il ne se souvenait plus vraiment si c’était Cédric qui l’avait viré de l’équipe, ou s’il en était parti de lui-même.

Tout ce qu’il savait, c’était qu’en quittant le stade avec les larmes aux yeux, il se répétait que ça ne lui faisait rien de se faire encore rejeter. Que de toute façon il s’y attendait et qu’il n’avait besoin de personne. Que c’était mieux comme ça. Il remarqua à peine la réapparition de cette colère désormais si familière, bien qu’elle ne lui appartînt pas.

Diadème

Désormais privé de Quidditch Harry, se concentra encore plus sur les études et la recherche des Horcruxes. Il demanda à toutes les personnes qu’il côtoyait, s’ils connaissaient un endroit discret à Poudlard qui était inconnu, même de Dumbledore.

Hagrid cru qu’il voulait lui parler de sa réserve d’alcool et insista sur le fait qu’il n’avait pas de problème de bouteille et qu’il arrêtait quand il voulait.

Cédric (avec qui ses rapports était toujours difficile), cru qu’Anaïs l’envoyait pour savoir où il disparaissait tous les jours entre 16h et 18h. Cédric répondit qu’il ne faisait rien avec Cho Chang et que même s’il se passait quelque chose ça ne la regardait plus depuis qu’il avait rompus.

Harry ne savait pas ce qu’avait cru Chourave, mais elle lui avait fait un long discours sur le fait que le datura était une plante injustement stigmatisée par le ministère et qu’en tant que maître botaniste elle avait bien le droit de faire quelques recherches.

Nott répondit juste non. Cette simple réponse déçut énormément Harry.

Mais la plus intéressante fut celle de Dobby qui se mit à sauter de joie à l’idée de pouvoir l’aider. Une fois calme il lui parla d’une salle que les elfes nommaient « va et vient » qui changeait de forme en fonction des besoins de la personne. Il se rendit devant la tapisserie indiquée par Dobby et passa 3 fois devant en pensant très fort qu’il lui fallait un endroit pour cacher un objet. Une porte apparut et à l’intérieur il y découvrit un capharnaüm d’objets laissés par des générations d’élèves de Poudlard. Il y avait de tout : des balais, des breuvages magiques congelées, des chapeaux, des bijoux, des manteaux., des meubles, des livres interdits, de l’alcool (beaucoup d’alcool)…

Il oublia bien vite la raison de sa venue et se contenta de se promener dans cette caverne d’Ali-baba en s’arrêtant régulièrement pour examiner une nouvelle trouvaille. Jusqu’à ce que sa cicatrice se mette à bruler. Alarmé il sortit sa baguette et regarda autour de lui, mais il savait qu’il aurait été extrêmement facile de se cacher dans ce bazar. C’est là qu’il se dit que lui-même pourrait très facilement se cacher. Il repéra une grande armoire qui semblait avoir reçu de l'acide sur sa surface boursouflée ; il poussa la lourde hache tâchée de sang, qui en bloquait l’entrée et ouvrit une des portes grinçantes de l'armoire : Elle avait déjà été utilisée comme cachette pour quelque chose dans une grande cage, qui était mort depuis longtemps. Son squelette avait cinq jambes. Il jeta la cage par terre et rentra lui-même dans l’armoire. La douleur dans sa cicatrice augmenta. Quelle que soit la cause de sa douleur, elle rapprochait dangereusement.

Harry déglutit et le plus discrètement possible il chercha quelque chose qui pourrait lui être utile Pourquoi n’avait-il pas pris cette hache ? Puis, sans le faire exprès il frôla une tiare que se trouvait au fond de l’habitacle. Aussitôt, ce fut comme si sa tête avait explosé. Il voulut hurler, mais il avait l’impression que son corps ne lui obéissait plus. Il avait tellement mal. Mais par-dessus tout il était tellement en colère. Contre Cédric, contre l’équipe de Quidditch, contre Dumbledore, contre tout le monde. Une haine telle qu’il n’en avait jamais ressenti (même lorsqu’il avait fait face à Lucius Malfoy). Il se sentit tenter de mettre la tiare sur sa tête. Sa terreur réussie à surpasser sa colère et après un énorme effort et toute sa volonté, il réussit à bouger suffisamment ses doigts pour lâcher l’objet. Tout s’arrêta. Il s’écroula par terre, le corps en sueur et sa cicatrice suintante de sang.

Lorsqu’il eut repris suffisamment de force, Il s’éloigna le plus possible. La douleur dans sa cicatrice commença à refluer. Il en eut alors la certitude. Cette tiare était un Horcruxe et il avait failli connaître le même sort que Ginny. Il essuya le sang qui coulait sur ses yeux et couru le plus vite possible vers le bureau du directeur.

En entendant son histoire, il blêmit. Harry s’attendait à ce qu’il se précipite pour aller anéantir le diadème, mais il passa au moins 30 minutes à l’examiner silencieusement avec des instruments dont il ignorait la fonction tout en refusant de répondre à ses questions. Une fois terminé Harry renonça à se plaindre lorsqu’il vit que le directeur semblait totalement abattu. Pour la première fois il faisait ses 113 ans. Finalement il lui demanda.

— Cela va te paraître bizarre mais est ce qu’il t’arrive parfois de ressentir des émotions qui ne sont pas les tiennes ou qui n’ont aucun rapport avec la situation ?

Harry répondit avec crainte :

— Oui. De la colère surtout.

À cette réponse le directeur sembla s’affaler davantage.

— Depuis quand ?

— Depuis l’année dernière. Je crois que ça à commencé après la mort de Lucas et Jenny. Mais ça s’est amplifié après que j’ai détruit le journal. Menti à moitié Harry.

— Si je me souviens bien tu as utilisé ton sang pour détruire l’Horcruxe.

Harry acquiesça.

— Je vois. Harry, je devine facilement pourquoi tu n’en as parlé à personne mais dorénavant tu dois venir me voir à chaque fois que tu ressentiras l’un de ces symptômes. Peu importe le jour ou l’heure à laquelle cela arrivera. Rien n’est plus important que cela. Je parlerai aux professeurs pour leur signaler que tu es autorisé à quitter leur cour à n’importe quel moment. J’insiste, même si tu ne fais que soupçonner que tu ressens quelque chose d‘anormal, vient me voir.

— J’ai compris. Qu’est-ce qu’il m’arrive professeur ?

Dumbledore pris quelque minute pour réfléchir à ce qu’il allait répondre

— Comme tu l’auras compris depuis que la nuit où Voldemort t’as fait cette cicatrice il existe un lien entre toi et lui. Un lien qui te permet de savoir lorsqu’il est proche de toi et d’utiliser certains de ses pouvoirs comme le fourchelang. Il semblerait qu’à cause des évènements traumatisants que tu aies vécue, ce lien se soit considérablement renforcé. Par exemple l’année dernière ta cicatrice ne t’avait pas fait mal alors que tu t’étais retrouvé à proximité du journal et pourtant cette après-midi tu as immédiatement détecté le diadème. Je pense que dorénavant il est suffisamment fort pour que tu ressentes les émotions de Voldemort. Ou en tout cas les émotions de son Horcruxe le plus proche.

C’était cohérent mais Harry sentait que le directeur lui cachait quelque chose.

— D’accord mais en quoi c’est si important ? C’est désagréable mais c’est plutôt un avantage non ?

— Je n’ai pas de manière rassurante de le dire alors je vais être direct : Si le lien continue de se renforcer il se pourrait que Voldemort puisse exercer un certain contrôle sur toi. Pas de panique cependant. En l’état il semble stable et je ne vois aucune raison pour laquelle il continuerait à se développer. Cependant tu comprendras que jusqu’à ce que tous les Horcruxes aient été détruits, des mesures de précaution s’imposent. À ce propos je sais l’immense sacrifice que ça représente, mais je pense qu’il serait plus sûr que tu ne quittes pas le château tant que nous n’aurons pas fini de détruire les Horcruxes.

Harry comprit que le directeur lui demandait ainsi de rester au château pour noël. De toute manière avec Black en liberté qui en avait visiblement après lui il ne comptait pas retourner chez lui.

— Bien sûr. Je comprends. Et la protection du sang. Il faudra bien que j’y retourne pour les vacances d’été ?

— J’y réfléchirais. Mais Je crains que cette protection n’ait plus d’importance à présent.

Après cet entretien Dumbledore prit un crochet de basilic dans une l’une de ses armoires et demanda à Harry de l’escorter jusqu’à l’Horcruxe. Sous sa surveillance il enfonça le crochet dans le diadème qui poussa un hurlement strident. Il examina ensuite longtemps le diadème. Puis passa un plus long moment encore, à l’examiner lui. Il conclut avec un soulagement visible que s’être retrouvé une nouvelle fois en présence de l’Horcruxe n’avait pas encore amplifié son lien avec Voldemort ; Puis il lui expliqua que le diadème était un objet mythique ayant appartenu à Rowena Serdaigle et qui, d’après la légende, avait le pouvoir de modifier l’esprit de celui qui le portait. Harry frémit en pensant à ce qui se serait passé s’il n’avait pas réussi à lâcher le diadème. Mais en même temps ça le rempli d’espoir.

Ça confirmait les théories de Dumbledore. Et il ne restait plus que 3 Horcruxes.

Nott est bizarre

Comme d’habitude après les cours, Harry s’était rendu à la bibliothèque pour étudier avec Nott et Zabini. Cependant, il n’arrivait pas à se concentrer à cause du comportement de Nott. Il finit par chuchoter à Zabini :

— Pourquoi Nott n’arrête pas de fusiller Justin du regard ?

— Un conseil : surtout, n’essaye pas de t’en mêler. Depuis qu’ils ont passé une nuit ensemble à l’infirmerie après ton jeu bizarre, on dirait qu’ils font tout pour se retrouver dans le château.

— Sérieusement. Il n’est toujours pas passé à autre chose. Comment est-ce que quelqu’un d’aussi intelligent que lui peut être aussi con ?

— C’est un des grands mystères de la vie. Ça et pourquoi est-ce que les sangs purs richissimes n’ont jamais de sœur mignonne ? Mais bref à chacune de leur rencontre, c’est une catastrophe. Ces temps-ci Nott est si souvent en retenue que je ne le vois quasiment plus dans le dortoir. D’ailleurs, je trouve ça bizarre que Snape le garde si longtemps. Et ce matin, il a reçu une lettre de son père.

— Et alors. Il l’a sans doute félicité de s’en prendre à un né-moldu ?

— Je n’ai pas vu la lettre, mais connaissant son père, à mon avis, il l’a plutôt menacé de représailles s’il continuait à avoir des heures de colle. Mais bref. Le plus important, c’est que depuis ce matin, Nott se force à rester calme à chacune de ses rencontres avec le sang de bour(…) Justin. Se corrigea Zabini en voyant le regard noir que lui adressait Harry.

— Ok. Je comprends mieux pourquoi il semble sur le point d’exploser. Enfin, non, je ne comprends pas. Qu’est-ce que Justin a donc fait pour l’énerver ?

— Je crois que le problème ce n’est pas Justin, mais que Nott n’a juste pas l’habitude de ne pas dire ce qu’il lui passe par la tête. Ça le tue de ne pas pouvoir insulter toutes les personnes qui passent à proximité. C’est un peu comme si on forçait Snape à te faire un câlin.

— Rappelle-moi, pourquoi est-ce que je vous fréquente ?

— Harry. Je crois qu’il est temps que tu admettes que tu es sadomasochiste.

— Je crois aussi. Sérieusement, il faut qu’on trouve un moyen de calmer cet idiot avant qu’il ne tue quelqu’un.

— En tant que Serpentard, je propose de prendre du pop-corn et de regarder le spectacle de loin.

Malheureusement, Harry n’était pas un Serpentard. Après que Snape lui ait donné une semaine de retenues pour avoir saccagé la bibliothèque, il se promit de ne plus jamais se mêler des affaires de Nott. Et cette fois, il était déterminé à s’y tenir.

Noël

Les semaines passèrent sans incident et a son grand dépit Harry n’eut pas de nouvelles idées pour trouver les Horcruxes. La pluie fit place à la neige et très vite les vacances de noël arrivèrent. Comme le directeur lui avait demandé, il choisit de rester à Poudlard. Ses parents n’étaient pas d’accord, mais il resta inflexible. Et de toute manière la semaine ou il leur annonça fut également une semaine ou ce qu’il nommait dorénavant les crises firent leur apparition. En plus des examens, à chaque fois le directeur prenait de son temps pour le rassurer. A force un lien se créa entre Harry et lui. Et plusieurs fois, Harry se demanda s’il devait parler à Dumbledore de ce qu’il avait fait l’année passée, mais il avait trop peur de sa réaction.

Il passa ainsi les vacances seul dans sa salle commune, pour découvrir un amoncellement de cadeaux au pied de son lit le matin de noël. Ses parents, peu rancuniers, en plus d’une tonne de boites de ses sucreries préférées, lui offrirent un billet de train pour privet drive ou était surligné en rouge les dates de début des vacances de pâques. Harry doutait que les Horcruxes soient détruit d’ici-là, mais fut tout de même touché. Il déballa ses autres cadeaux.

De Dobby il reçut un ensemble de vêtement qu’il ne mettrait pour rien au monde. Il trouva aussi un journal intime neuf et un livre sur le Quidditch illustré de magnifique image en mouvements qui venait de Ginny. Il jeta prestement le premier cadeau à la poubelle et dévora le second tellement il était passionnant.

Une fois sa lecture terminée, Harry s’apprêtait à aller manger dans la grande salle lorsqu’il vit qu’il avait oublié un des paquets. L’emballage était minuscule et lorsqu’il l’ouvrit il découvrit avec surprise un vieux parchemin jaunit par le temps. Surpris il chercha la carte pour savoir qui lui avait offert cet étrange cadeau. Lorsqu’il aperçut le nom des jumeaux Weasley dans un des restes de l’emballage, il commença à comprendre. Il lâcha immédiatement le parchemin avant qu’il n’explose ou lui fasse apparaître une moustache verte.

Il finit par trouver une carte ou était écrit :

« En récompense de tes actes de bravoure envers notre famille, nous te reconnaissons comme l’héritier du chaos et te cédons le secret de notre pouvoir. Jure avec ta baguette, sur l’antique relique que tes intentions sont mauvaises et les 4 anciens dieux de la farce te révélerons le secret de nos pouvoirs. 

PS : Ne t’avise surtout pas d’embrasser de nouveau Ginny »

Il y avait 9 chances sur dix qu’il s’agisse d’une blague de mauvais goût de la part des jumeaux. Malgré tout, sa curiosité l’emporta. Il posa sa baguette sur le parchemin et jura que ses intentions étaient mauvaises.

Aussitôt le parchemin se changea en une carte de Poudlard avec écrit le nom de ses habitants. Il passa de longues minutes à l’examiner, émerveillé. Il vit le directeur qui faisait les cent pas dans son bureau et Chourave qui travaillait dans sa serre. Puis un détail l’intrigua. D’après la carte deux personnes se trouvait dans la salle commune. Il examina la pièce une nouvelle fois, mais il était bien seul. Harry n’y prêta pas trop d’attention. Après tout cette carte était vieille et devait sans doute commencer à dysfonctionner.

Néanmoins une pensée tournait en boucle dans sa tête pendant qu’il allait mangeait. Où avait-il déjà vu le nom de Peter Pettigrow ?

Soirée de D&D 3

BOOM !

Théodore Nott venait de rentrer en claquant la porte dans la pièce qu’Harry avait réquisitionnée pour faire leur partie de JDR.

— Eh fait gaffe ! Tu sais à quel point c’est dur de trouver une salle vide dans ce château ? L’admonesta, Harry.

— Comme si c’étaient les anciennes salles de classe qui manquait ? Répondit Nott sur un air énervé. Harry voyait qu’il était énervé, car ses sourcils étaient froncés de 5 mm de plus que d’habitude.

— On voit que ce n'est pas toi qui as dû se taper la tournée pour la trouver. J’ai vu des choses que je n’oublierais jamais. Fit Harry en surjouant la peur.

— Hein ! Mais qu’est-ce que ce que tu racontes ? Demanda Nott.

— Il veut dire qu’il a dérangé quelques couples de sixièmes et septièmes années pendant un examen buccal. Expliqua Blaise en même temps qu’il prenait place autour de la table.

— Qui a dit que c'étaient des élèves ? Demanda Harry innocemment.

— C’est malin maintenant, je vais faire des cauchemars la nuit. Nott ça va ? Demanda Blaise en jetant un coup d’œil à son meilleur ami/allié.

— Oui, ça va. Répondit un peu trop sèchement Nott

— Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as encore reçu une lettre de ton père, c’est ça ?

— Mêle-toi de tes oignons.

— Écoute je ne sais pas ce qu’il t’a encore dit, mais ce sont des conneries.

— Mon père ne m’a pas envoyé de lettre. Affirma Nott.

— Alors c’est quoi qui ne va pas ? Tu as des hémorroïdes ? Demanda Harry

Nott faillit s’étouffer.

— Personne dans la grande maison des Nott, n’a jamais eu de ...de ...de ça.

— Salut. Dit Justin en refermant lentement la porte, alors qu’il venait d’arriver.

— Toi ! Est-ce que tu peux m’expliquer ce qui t’as pris d’aller raconter ça ? Lui reprocha Nott en lui sautant dessus à peine était-il rentré dans la pièce.

— Bonjour Théo, quel plaisir de te voir. Est-ce que je t’ai déjà dit que tu étais un rayon de soleil dans ma vie ?

— Cesse immédiatement tes insinuations malsaines. Et mon prénom est Théodore pas, Théo. Et pour les sangs de bourbe, c’est monsieur Nott ou seigneur Nott.

— Il a des hémorroïdes ? Demanda Justin en direction des deux autres qui les regardaient sans comprendre

Le visage de Théodore se bloqua dans une expression tellement drôle que les 3 autres ne purent s’empêcher de se mettre à rire.

— Ça vous amuse de vous moquer de moi ? J’aurais dû m’en douter. Depuis le début, tout ce que vous vouliez, c’est m’humilier.

— Non Théo ... Théodore, on est désolé. C’est juste que tu aurais vu ta tête. Reste et dis-nous ce qui se passe. Le retint Justin en lui tenant le poignet.

— De toute façon, si tu t’en vas, je te poursuivrai jusque dans les dortoirs, pour que tu me dises ce qui ne va pas. Le menaça Blaise.

— Oui, dis-nous qui t’as embêté et il aura affaire au survivant.

— Quelqu’un propage des rumeurs odieuses sur moi. Lâcha Nott après un moment à sonder la sincérité des autres adolescents.

— Des rumeurs ? Quelles rumeurs ? Demanda Blaise.

— Ils disent que Justin est moi, on serait proche.

— Et ce n’est pas le cas ? Demanda Justin.

— Qu‘on serait très proche. J’ai entendu deux filles de Serdaigles murmurer que l’on se retrouverait une fois par semaine dans une salle de classe vide pour faire des choses.

— Du JDR ? Demanda Justin avec un air perplexe.

— Mais t’es bête ou quoi ? S’exclama Blaise.

Justin resta perplexe un moment avant que son visage ne s’éclaire et devienne rouge pivoine.

— Bon, ce n'est pas si grave.

— La vertu de ma lignée a été insultée. Commenta Nott.

— Faut pas exagérer non plus. Qu’est-ce que je devrais dire alors que je me fais traiter de sang de bourbe au moins dix fois par jour ?

— Mais tais-toi malheureux. Il ne faut jamais dire à un Nott qu’on n’est plus au Moyen Âge. Ou qu’ils ont un gros nez. L’interrompit, Blaise.

— Le venin du crapaud n’atteint pas la blanche colombe. Contra Nott.

— Le venin du crapaud, je ne sais pas, mais la vérité oui. Franchement, ta baraque s’appelle Fort Nott et a une muraille plus haute que celle de Poudlard. Tu ne trouves pas que c’est un peu exagéré ? Même les Malfoy vivent dans un manoir normal. Enfin, si on excepte que tout y crie : « j’ai un petit pénis et beaucoup trop d’argent » rétorqua Blaise.

— Ce n’est pas une baraque, mais le fief traditionnel de la maison Nott. Il se doit d’être un témoignage de notre force si nous voulons protéger nos terres et notre titre.

Devant l’air incrédule des autres adolescent Nott rajouta :

— Les hommes changent, mais pas la société. Les humains s’organisent toujours en société pyramidale dominée par une petite caste héréditaire. Les siècles passent et les grandes familles se font et se défont. Au sommet du monde magique, les Malfoy succèdent aux Greengrass qui succèdent aux Blacks qui succèdent aux Weasley qui succèdent au Malfoy telle une roue qui jamais ne s’arrête. Contrairement à ses grandes maisons respectées de tous et aux multiples alliances, les Nott ne peuvent compter que sur leur propre force pour ne pas finir comme tant d’autres, écrasés par l’avancée inexorable de cette roue.

— Théodore, tu t’enfonces là. Écoute si ça te dérange tant que ça on a qu’à faire comme la dernière fois. Une ou deux fausses bagarres en public et c’est réglé. Promis cette fois, je doserais mieux ma puissance. Dit Justin.

— Attends, tout le cirque que vous avait fait pendant une semaine, c’étaient des fausses bagarres ? Vous auriez pu prévenir. S’exclama Harry.

— Pas si fausse que ça. Déclara Justin en se massant le bras.

Théodore qui était resté stupéfait jusque-là :

— Tu serais prêt à recommencer. Après ce qui s’est passé la dernière fois ?

— Comment ça ce qui s’est passé ? Toi aussi, tu as fini à l’infirmerie.

— J’ai juste été surpris que tu maîtrises ce genre de sort, mais dans un vrai duel, tu n’aurais eu aucune chance. Commenta Théodore en rougissant.

Justin s’énerva soudainement :

— Bon dieu ! Passe encore que tu m’appelles sang de bourbe, ça j’en ai l’habitude. Mais est-ce que tu pourrais au moins admettre que je suis aussi puissant que toi ?

— Qu’est-ce que tu veux dire par tu en as l’habitude ? Répondit Théodore.

— Ne change pas de sujet.

— Ce n’est pas une question de puissance. J’ai été entraîné à tuer depuis mon plus jeune âge. Répondit Théodore.

— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Théodore resta silencieux quelques minutes, puis dit :

— Tu es aussi puissant que moi sinon plus et je suis désolé de t’avoir appelé sang de bourbe. J’ai répondu à ta question, alors répond à la mienne.

— Quelle question ? Demanda Justin perdu.

— Pourquoi est-ce que tu dis que tu as l’habitude qu’on te traite de sang de bourbe ? C’est très grave. Tu devrais en parler à Dumbledore. Ou à Chourave. Demanda Harry à la place de Nott.

— Tu crois qu’ils ne le savent pas ? À ton avis pourquoi est-ce que l’on a eu droit à tous ses discours sur la tolérance en début d’année. Ça se voit que vous êtes des sangs purs. Malfoy est parti, mais les mauvaises habitudes sont restées. Vous ne savez pas l’enfer que c’était devenu pour les nées-moldu à la fin. Surtout lorsqu’on a été séparé de nos maisons. Enfin, j’ai entendu dire que pour les née-moldu de serpentard, c’était plutôt un soulagement. Harangua Justin en lançant un regard noir aux deux verts et argent.

Blaise eut la bonne idée de baisser les yeux en marmonnant qu’il n’y pouvait rien, mais Théodore semblait insensible à ses reproches muets et demanda :

— En dernier recours la force est la seule base du pouvoir. Pourquoi les née-moldus ne se sont pas regroupés pour se défendre et contraindre Malfoy a changé de politique ? Vous êtes plus nombreux que les sangs purs.

— Bien sûr que l’on a tenté de résister, mais ça n'a pas été une franche réussite. Tu crois que je les ai appris où les sorts que j’ai utilisés contre toi. Dans les cours de Lockhart peut-être ? Dit Justin en montrant une cicatrice qu’il avait sur le coude.

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Demanda Harry.

— Tu ne connais pas l’armée de Dumbledore ? Demanda Blaise.

— Non, qui c’est qui a trouvé un nom aussi con ? Interrogea Harry.

— C’est Ginny. Ginny Weasley. Précisa Justin.

— Hein !? Mais ce n'est pas une née- moldu ? S’exclama Harry.

— Au début, ce n’était pas un groupe pour défendre les nés-moldus, mais un groupe crée par les jumeaux Weasley pour combattre les Malfoy avec leur copain de Gryfondor. Et puis les mesures contre les moldus sont devenues de plus en plus extrêmes et le groupe s’est concentré sur leur défense. Même en étant plus nombreux, ce n’est pas avec les cours de Lockhart et de Quirrel qu’on aurait pu inquiéter la belette et ses sbires, mais pour beaucoup de nés-moldus l’AD était la seule maison qui leur restait. Beaucoup n’ont tenu que grâce à son aide.

Après un moment le silence gêné Harry brisa le silence et demanda :

— Comment ça se fait que je n’en ai jamais entendu parler ? Vous auriez dû me proposer de vous rejoindre. Je suis le survivant j’aurais pu vous être utile.

Justin baissa les yeux honteux :

— C’est-à-dire qu’à l’époque, tu étais plutôt une de nos cibles. Tu sais, on croyait que tu étais l’héritier.

Au lieu de se fâcher comme il s’y attendait l’anecdote donna aux survivants une envie de rire qu’il dut réprimer. Même si elle n’étudiait plus à Poudlard, Harry ne voulait pas avoir à leur expliquer pourquoi il trouvait hilarant qu’ils aient fait confiance à Ginny et pas à lui pour rejoindre un groupe de défense des nés-moldus.

— La prochaine fois que quelqu’un te traite de sang de bourbe, dit le moi. Déclara finalement Nott sur un ton sérieux.

— Attention seigneur Nott ? Il va encore y avoir des rumeurs. Se moqua gentiment Justin pour dissiper la gêne que ses paroles provoquèrent en lui.

— Je me fiche du qu’en dira-t-on. Ils doivent savoir que l’on ne s’en prend pas à un allié de la maison Nott sans en subir les conséquences.

Blaise choisit ce moment pour demander :

— Au fait, si par hasard l’un d’entre nous avait tenté d’expliquer à une sang pur vraiment très-très belle, ce qu’on faisait tous les quatre ici et qu’il s’était malencontreusement embrouillé dans ses explications. Est-ce que tu le tiendrais pour responsable des rumeurs ?

Harry et Justin convinrent d’annuler leur séance de JDR après que Théodore fut parti pourchasser Blaise à travers la moitié du château en lui criant des menaces de mort.

Peter

Plus le temps passait plus le mystère de la carte l’intriguait. Il avait tout essayé pour faire disparaître ce nom de la carte. Il l’avait éteint et rallumé plusieurs fois. Il avait essayé d’utiliser reparo dessus puis tous les autres sorts de réparation qu’il avait appris. Finalement il avait posé sa baguette sur le point désignant Peter et avait dit tout haut qu’il y avait une erreur. Un message des quatre maraudeurs était alors apparu :

— Cornedrue aimerait signaler à son héritier qu’il ne devrait pas remettre en question la sagesse de ses ancêtres.

— Patmol comprend que l’on doute de l’existence de la sagesse de Cornedrue, mais il a personnellement vu de ses yeux, un témoin affirmer que la femme du cousin de son frère en avait un jour eu la preuve. Et que pour une fois il était sobre.

— Lunard fera remarquer qu’il suffisait de lui dire que la carte des maraudeurs ne se trompe jamais.

— Queudvert souhaiterait rajouter qu’il n’est pas une erreur.

Cela renforça la confusion d’Harry. Il demanda à ses camarades s’il connaissait un élève du nom de Peter Pettigrow mais aucun ne le connaissait. Si vraiment ce Peter passait tout son temps dans leur dortoir l’un d’entre eux le connaîtrait forcément. À la fin d’un cours il demanda à Chourave qui lui répondit que ce nom lui disait quelque chose mais qu’elle n’arrivait pas à s’en souvenir. En tout cas elle était sûr que ce n’était pas un élève de Poudlard. Ce n’est qu’en février qu’il eut la réponse qu’il cherchait. Après plusieurs heures de recherche infructueuse, Harry eu l’idée de feuilleter l’exemplaire du livre d’or de Poudlard qui se trouvait à la bibliothèque. C’était un immense volume gardé précieusement dans le bureau du directeur mais dont la bibliothèque et le ministère gardaient une copie mise à jour magiquement. Depuis la création de l’école, à la fin de la cérémonie de remise des diplômes, les élèves gradués apposaient dans ce livre, leurs noms, leurs signatures ainsi qu’un commentaire sur leur scolarité qui y serait conservé à jamais pour la plus grande joie des historiens et des nostalgiques de leur enfance.

Après plusieurs heures, il sursauta au point d’en lâcher le livre par terre. Il venait de trouver une ligne remplit avec :

« Peter Pettigrow : James, Sirius, Remus, grâce à vous ces 7 années furent inoubliables ». Mais ce qui l’avait vraiment surpris furent les 3 noms juste au-dessus :

•James Potter

•Sirius Black

•Remus Lupin

Tout d’un coup Harry se souvint où il avait vu le nom de Peter. Son nom était présent dans pratiquement tous les numéros de la gazette de cet été. C’était l’une des 13 personnes que Sirius Black avait tué le jour où il s’était fait attraper. Le sorcier qui avait tenté de l’arrêter avant qu’il ne commette l’irréparable. Pourquoi est-ce que la carte affirmait qu’une personne morte depuis 13 ans se trouvait dans son dortoir ? Il devait en savoir plus sur ce Peter. Le moyen qui lui vint immédiatement en tête fut d’écrire une lettre à Lupin. Mais ce serait trop long. Il était hors de question qu’il passe une nuit de plus dans le dortoir tant qu’il n’aurait pas résolu ce mystère. Ce qui ne lui laissait qu’une seule personne.

— Professeur Snape, vous auriez une minute ?

Le professeur lui lança un regard qui par un étrange miracle parvenait à la fois à exprimer du mépris et de l’agacement. Snape n’avait même pas prononcé un mot qu’il regrettait déjà sa décision.

— Bien sûr que j’ai tout mon temps pour le grand Potter. Que puis-je avoir de plus important à faire que de répondre au moindre de vos exigences d’enfant pourri gâté ?

Il prit ça pour un oui et rentra dans le bureau. Avec tout le temps qu’il y avait passé en retenue, il était improbable de constater que l’endroit continuait de l’effrayer. Malgré le magnifique soleil de cet après-midi, l’antre du professeur était dominé par d’intenses ténèbres qui bougeaient au rythme de l’unique bougie posé sur son bureau. Pas assez intense cependant pour cacher les yeux dans le bocal qui semblait le suivre du regard et diverses autres substances peu ragoûtantes qui remplissaient les étagères.

— J’aimerais savoir. Est-ce que par hasard vous connaissiez Peter Pettigrow ?

Immédiatement sans poser la copie qu’il était en train de corriger, Snape darda sur lui un regard remplit d’une colère contenue. Je veux dire avec encore plus de colère que d’habitude.

— J’ai eu ce désagrément. Êtes-vous simplement venu me faire perdre mon temps ou avez-vous décidé de recommencer à vous moquer de moi ? Peut-être pensez-vous que vos pathétiques boucliers d’occlumancie sont assez puissants pour que vous n’ayez plus besoin de vos leçons.

— J’en rêve tout autant que vous mais non. J’ai besoin de savoir qu’elle est le lien entre lui, mon père et Sirius Black et vous êtes la seule personne présente à les avoir connus.

— Rectification. Je suis la seule personne présente à avoir un souvenir objectif de cette bande de délinquant juvénile. Aller chouiner dans les robes de McGonagall, avant que vous ne réduisiez à néant tous mes efforts pour rejoindre le reste du monde sorcier dans le doux oubli des tares congénitales dont étaient affligés ces erreurs de la nature.

— Je doute que McGonagall se souvienne de tous ses élèves. Je suis sûr qu’elle aurait des tonnes de chose à me raconter sur James ou Sirius mais c’est Pettigrow qui m’intéresse.

Cette fois-ci Snape, abandonna sa copie.

— Pourquoi cet intérêt soudain pour Peter ?

C’est la question auquel Harry avait voulu échapper. Mais étant donné que le professeur parvenait toujours à passer ses boucliers d’occlumancie en moins de deux minutes, il pensait plus prudent de dire la vérité.

Il sortit la carte de sa poche en priant Fred et George de lui pardonner ce sacrilège. Puis il la posa sur le bureau sous le regard d’un Snape dubitatif. Puis il posa sa baguette dessus et prononça « mes intentions sont mauvaises ». Immédiatement le regard de Snape s’éclaira en voyant la carte du château apparaitre. Puis Harry pointant sa baguette sur son dortoir et immédiatement il eut l’impression que son anniversaire venait d’être avancé. Il lut distinctement le nom de Peter Pettigrow. Il était tellement heureux aux perspectives de douces vengeances que ça lui ouvrait qu’il oublia à qui il s’adressait et commença à s’adresser à lui sur un ton presque doux :

— Depuis combien de temps son nom apparaît-il sur la carte ?

— Depuis au moins noël. Mais je pense qu’il était là avant. J’ai fouillé le dortoir dans tous les sens, mais je n’ai rien trouvé. Quand j’ai compris qui il était je me suis dit (...)

— Que la carte était trompée par un sort qu’il avait mis en place. Compléta Snape.

— J’ai écrit à Fred et George. C’est eux qui me l’ont offert pour Noël. Précisa t’il en voyant le regard interrogateur de Snape. Ils m’ont dit que la carte ne se trompait jamais.

Snape passa sa baguette sur le parchemin pendant quelques secondes.

— Impressionnant. Quel dommage que vos amis aient décidé de consacrer leurs talents à de pareilles futilité. La création de cette carte est une prouesse magique aussi impressionnante que celles que de grands sorciers auraient pu réaliser. Moi-même je ne suis pas sûr que j’arriverais à recréer une telle magie. Mais leur arrogance n’est qu’en partie justifié. Même si je ne connais personnellement aucun sort capable de tromper la magie de cette carte, cela ne veut pas dire qu’il en est de même pour l’ancien bras droit de Voldemort.

— Je ne crois pas qu’ils aient créé cette carte. Je crois que c’est un groupe d’anciens élèves qui s’appelaient les maraudeurs.

En entendant cette dernière phrase le visage de Snape devient tellement ivre de colère contenu que sa mâchoire se mit à claquer.

— Vous ! (…) Vous !

Harry adopta l’attitude d’une proie devant un prédateur sur le point de charger. Il resta immobile en espérant survivre sur un malentendu

— C’était quoi ? Un piège élaboré pour me ridiculiser. Oui je l’admets, aussi psychopathes et bouffis d’orgueil qu’était votre père et ses tarés d’amis, lorsqu’ils utilisaient leurs neurones pour autre chose qu’emmerder le monde, ils pouvaient faire de la grande magie. Ça va vous êtes content ?

— Les maraudeurs étaient (...)? Commença à demander Harry

— Comme si vous l’ignoriez ! L’interrompit violemment Snape.

Puis petit à petit, la colère de Snape se calma et il se mit à réfléchir. Il avait lui-même examiné la magie qui recouvrait la carte. Et à sa grande honte il pensait chaque louange qu’il avait prononcé sur elle. Quelle que soit sa volonté de lui nuire, jamais Harry n’aurait pu mystifier la carte. Et il avait suffisamment exploré les souvenir de son élève pour savoir qu’il savait trop peu de chose sur James Potter pour avoir monté ce coup. A sa grande satisfaction c’était sur Lily Potter qu’il savait le plus de chose.

Il reprit sur un ton plus doux :

— Les maraudeurs étaient le nom que se donnait la bande de délinquants dont faisait partie votre père. Elle comportait en plus, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow. Un mage noir, Un loup-garou et deux nigauds qui se sont fait assassiner par le premier. Ils ont dû créer cette carte à la fin de leur dernière année. En tant que co-créateur de cette carte, Sirius Black doit être au courant de son existence et des moyens de la tromper. Son esprit malade aura sans doute trouvé poétique de faire croire que sa plus récente victime veillait sur sa nouvelle cible. C’est bien son style.

Mais l’esprit d’Harry n’avait retenu qu’une seule chose. C’est sur un ton presque aussi colérique que celui de Snape qu’il demanda :

— Comment ça il a tué les deux autres ? Qu’a t’il à voir dans la mort de mon père ?

Pris dans ses propres pensés Snape ne réalisa pas l’état dans lequel se trouvait Harry

— Je vais simplifier afin que le cerveau sous développé que vous avez hérité de votre géniteur puisse comprendre. Dumbledore a mis en place un sort extrêmement complexe nommé Fidelitas qui empêchait Voldemort de trouver la maison de vos parents même s’il se trouvait collé contre la fenêtre de leur salon. Du moins tant que l’homme choisi pour être ce que l’on appelle le gardien du secret ne lui dévoile. Dumbledore s’est bien entendu proposé pour être le gardien. Mais dans son arrogance votre père refusa et malgré toutes les mises en garde préféra désigner son soi-disant meilleur ami. Tout le monde lui a dit que c’était une mauvaise idée. Moi le premier après avoir découvert qu’il y avait un traître parmi les proches des Potter en espionnant le seigneur des ténèbres au péril de ma vie. Mais l’avis du petit peuple ne comptait pas pour le grand Potter. Par sa négligence criminelle, il signa non seulement son arrêt de mort mais aussi celui de ma pauvre Lily.

Mais Harry n’écoutait déjà plus. Une haine telle qu’il n’en avait jamais connus s’empara de lui. Il n’avait plus qu’une seule idée en tête. Il allait tuer Sirius Black. Non il allait faire en sorte qu’il le supplie de mourir et ensuite il le livrerait aux détraqueurs. Ses yeux devinrent rouges et sans un mot pour le professeur, il fonça dans son dortoir. Il n’avait jamais eu l’esprit aussi clair de toute sa vie.

Sans faire attention à ses condisciples qui le regardaient avec des regards éberlués ou de Snape qui l’avait suivi, il ouvrit la porte du dortoir avec fracas puis se dirigea vers la cage de son rat de compagnie :

— Endoloris

Ça lui était venu comme une illumination. Comme si une petite voix à l’intérieur de lui, le lui avait soufflé. Queudvert comme la répugnante queue d’un certain rat. Patmol comme les pattes d’un certain cabot enragé.

Réveil à l’infirmerie

— Humpf !

Il se réveilla en sursaut totalement paniqué. Il regarda autour de lui sans reconnaître où il était. Il se sentait comme s’il venait de quitter un long cauchemar sauf qu’il ne se souvenait de rien. Il prit de longues inspirations pour se calmer et regarda autour de lui. Il était dans un lit avec des draps blancs au milieu d’autres lits vides dans une grande pièce baignée de lumière semblable à la nef d’une cathédrale.

Il reconnut le lieu. Il était dans l’infirmerie de Poudlard. Il tenta de se lever mais quelque chose l’en empêcha. Aussitôt au fond une porte s’ouvrit d’où sortit le directeur.

Au début Harry fut soulagé de le voir. Mais très vite il eut l’impression que quelque chose n’allait pas. Lorsqu’il fut assez près, il comprit ce qui le mettait mal à l’aise. Le regard que le vieil homme posait maintenant sur lui était dur et sévère. Il n’y avait plus aucune trace de bienveillance ou d’amusement dans ses yeux et une impression de puissance effrayante irradiait autour de lui. En ce moment il ressemblait d’avantage au chef de guerre décrit dans les livres qu’au grand-père bienveillant auquel il avait fini par s’attacher.

Il essaya de nouveau de se lever mais fut violemment repoussé contre les draps. Il comprit qu’un sort avait été posé pour l’empêcher de s’échapper.

Devant ce constat il sentit une violente colère jaillir en lui, mais il commençait à y être habitué et il la repoussa.

— Monsieur, qu’est ce qui m’est arrivé ? Pourquoi je ne peux pas me lever ?

— De quoi te souviens-tu exactement ? Demanda Dumbledore sur un ton doux que son regard démentait.

A cette question, les souvenirs revinrent et son sang se glaça. Apprendre la vérité sur Sirius Black l’avait mis tellement en colère qu’il avait de nouveau perdu le contrôle. Il était alors monté dans son dortoir avait passé sa colère sur Croutard. Maintenant ça lui semblait totalement absurde mais sur le moment il était persuadé que Croutard était Pettigrow et qu’il travaillait avec Sirius Black. Après ça c’était le trou noir.

— Qu’est-ce que j’ai fait ? Ne put il s’empêche de s’exclamer. C’était autant une interrogation sur ce qu’il s’était passé que l’expression de ses remords.

— Tu seras, je l’espère, heureux d’apprendre que grâce à l’intervention du professeur Snape, tes camarades de dortoir n’ont eu que des brûlures très superficielles. Lui-même s’est parfaitement remit des blessures que tu lui as infligées. Cependant les faits sont trop graves pour que le ministère ne les ignore et il y avait trop de témoins pour qu’il soit possible de les étouffer. Dans un mois tu passeras en jugement devant le Magenmagot pour tentative d’assassinat, usage d’impardonnable, acte de cruauté sur les animaux et meurtre en état de légitime défense.

— Meurtre ?

Il était totalement paniqué. À ce moment-là il vit Croutard sortir de sa poche de pyjama et presser son museau contre sa main. Oubliant sa peur des rats il se mit machinalement à le caresser ce qui le calma.

— Tu ne te rappelles vraiment pas ?

Harry nia de la tête.

— Sirius Black t’a ensorcelé avec un puissant sort de confusion pour que tu attaques tes camarades. Le professeur Snape ayant remarqué que tu avais un comportement étrange et que tu prononçais des paroles incohérentes t’as suivi, jusqu’à ton dortoir ou tu as commencé à jeter un doloris sur ton rat. Le professeur Snape a tenté de t’arrêter, mais tu l’as violemment repoussé en faisant usage de sort de magie noire très puissants. S’en est suivi un duel qui a presque entièrement détruit la salle commune des Poufsouffles.

Le professeur Snape a juste été capable de te ralentir suffisamment longtemps pour permettre à tes camarades de s’échapper sans autres dégâts que des blessures mineures. L’un d’entre eux a quand même dû passer deux jours à l’infirmerie pour que son bras repousse après qu’il eut été broyé par un rocher.

Une fois le professeur Snape mortellement blessé tu t’es enfui. Après plusieurs heures de recherche on a retrouvé ton rat de compagnie qui nous a mené jusqu’à une clairière de la forêt interdite remplit de détraqueurs. Ensuite les professeurs et moi-même avons passé un certain temps à les faire fuir pour te découvrir évanouit à côté du corps de Sirius Black dont l’âme venait d’être aspirée.

Au vu des marques de combat tout porte à croire que tu as fini par réussir à briser l’emprise que Black avait sur toi et que tu as tenté de l’affronter. Les détraqueurs en patrouille autour de Poudlard ont dû remarquer votre duel et intervenir pour te sauver.

Ce vieux fou ose me mentir. Je v(...)Harry respire. humpf ! oumph!. Il se mit à serrer Croutard fort contre lui. C’est les larmes aux yeux qu’Harry déclara

— Je suis désolé. J’arrive plus à le contrôler. Je n’ai jamais voulu tuer personne. Même lui.

— Je te répète. Black a été tué par les détraqueur et ton comportement est dû à un sort qu’il t’a jeté. Je ne veux plus rien entendre d’autre. À moins que tu ne veuilles finir à Azkaban pour le reste de ta vie.

— Ça vaudrait peut-être mieux.

Le vieil sembla se radoucir

— Harry ce qui est fait est fait. Crois-moi je sais plus que quiconque à quel point la culpabilité peut vous ronger de l’intérieur. Mais tu dois aller de l’avant.

Il se mit alors à crier :

— Comment ? Vous n’avez rien compris ou quoi ? Je ne contrôle plus rien. Il n’y a même pas 5 secondes j’ai eu envie de vous tuer.

— Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. Lorsque les Horcruxes seront détruits (...)

— Ne me dites pas que ça disparaitra. Je le sens à l’intérieur de moi. C’est comme une masse sombre qui menace de me submerger à tout moment. C’est pour ça que l’occlumancie ne sert à rien. Voldemort n’est plus à l’extérieur, mais à l’intérieur.

— Tu as raison. Mais, lorsque nous aurons détruit les Horcruxes, je pourrais te libérer.

— Vous le pensez vraiment ? Je veux dire. Vous pouvez vraiment faire ça ?

— Oui, je te le promets. T’ai-je déjà menti ?

Harry sourit à cette réplique

— Oui. Mais je vous fais confiance.

Le regard de Dumbledore s’assombrit encore d’avantage en entendant cela

— Tu devrais lâcher ton animal de compagnie. Le pauvre est sur le point d’étouffer.

Harry s’exécuta mais Croutard ne s’éloigna pas d’une semelle et escalada Harry pour frotter son nez contre son visage. Il semblait avoir compris le besoin de réconfort de son maître.

— Tu as là un animal très intelligent et très peu rancunier. Prends en soin.

Héritage

Le lendemain Pomfresh décréta qu’il pouvait sortir de l’infirmerie. Ce qui ne signifiait pas qu’il était libre pour autant. Il fallut attendre une heure de plus pour que Dumbledore et deux sorciers du ministère n’arrivent pour que le sort qui l’empêchait de sortir de son lit soit levé. Il dut se changer devant leur regard attentif puis se rendre sous leur escorte jusqu’aux limites du domaine de Poudlard, ou l’un des agents le prit par le bras pour le faire transplaner. La veille, Dumbledore l‘avait prévenue qu’en attendant son procès il serait expulsé de Poudlard et sous liberté surveillée. Procès qui d’après Dumbledore ne serait qu’une formalité. Il présiderait lui-même le procès et s’était déjà assuré de presque la moitié des membres du jury. Et dès qu’il aurait signé les papiers nécessaires Dumbledore piocherait de l’argent dans son coffre à Gringots pour s’assurer du reste des votes. Harry commençait à comprendre comment des ordures comme Malfoy avait pu échapper à la prison et pourquoi certain était tellement désespéré par l’injustice du monde sorcier qu’ils suivaient des psychopathes comme Voldemort ou Grindelwald. Mais pour une fois il ne s’en plaignait pas.

Cependant il ignorait encore où il passerait les semaines restantes en attendant son procès et il appréhendait. Ce fut donc avec surprise qu’une fois la sensation d’étouffement typique du transplanage disparu, qu’il ouvrit les yeux dans ce qui ressemblait à une rue typique du Londres moldu. Au début Harry crut que l’homme s’était trompé. Mais sans un mot il le poussa dans le dos Jusqu’à un grand manoir délabré de style gothique. Il dénotait tellement au milieu des immeubles bas de gamme en béton qui entouraient la zone qu’Harry compris aux premiers coups d’œil que c’était son nouveau lieu de résidence.

Sous ses apparences de ruine repoussante se devait être un bâtiment du ministère en parfaite état. Il fut donc fort désappointé quand, une fois à l’intérieur, il eut l’impression que l’endroit était un repère de mage noir abandonné depuis des décennies. Il y avait tellement de poussière qu’il pouvait à peine respirer et il était sûr d’avoir vu un couple de pigeons s’envoler à leur entrée. Mais le pire, c’était la rangée de têtes d’elfes qui ornait le couloir principal.

Il allait demander à son escorte ce qu’il faisait là, lorsqu’un elfe de maison à l’allure misérable apparut devant ses yeux et s’inclina devant lui en disant :

— Bienvenue chez vous, maître Potter.

Puis il lui lança un regard haineux en murmurant :

— Comme maîtresse aurait honte si elle voyait Kreattur servir des traîtres à leur sang

— C’est quoi cet endroit ? Demanda-t-il.

Avant que les hommes ne puissent dire un mot, Kreattur répondit :

— Ici, comme vous dite, c’est la noble et grande maison des Blacks. Puis il murmura : en plus il est mal élevé et n’a aucun respect.

Harry jura qu’il vit l’un des fonctionnaires réprimer un sourire. Dumbledore expliqua alors.

— Peu après notre entrevue d’hier j’ai été informé par les gobelins de l’ouverture du testament de Sirius black. Apparemment quelques semaines après son évasion il est passé à Gringotts pour le faire modifier. Il t’a légué l’intégralité de ses possessions ce qui en plus d’une quantité impressionnante de galions comprend la propriété de la demeure familiale des Blacks, cet elfe de maison et son titre de noblesse.

— Ça n’a aucun sens. Pourquoi est-ce qu’il aurait fait ça ?

— Hum ! Hum ! Fit entendre l’un des employés du ministère.

— Nous en reparlerons sans doute plus tard mais en résumé, je vois deux hypothèses. Soit il était plus fou qu’on ne le pensait, soit il était innocent.

À ces mots Harry ressentit une pointe de culpabilité supplémentaire. Il savait que Dumbledore ne mentionnerait pas la deuxième hypothèse, s’il n’avait pas de bonne raison de la penser vraie. Sans compter que maintenant qu’il savait comment fonctionnait la justice sorcière, il ne doutait pas qu’Azkaban devait être rempli d’innocents.

— Mais passons, dès que je l’ai su, j’ai fait valoir tes droits en tant que nouveau Lord Black pour que tu ne sois pas envoyé dans un centre d’éducation surveillé pour mineurs du ministère. Tu attendras ton procès ici.

Pendant qu’un des employés du ministère lui énonçait ses droits, qui consistaient surtout à ne pas sortir d’ici durant les prochains mois, Harry regarda les tapis déchirés et couverts de moisissures. Puis les étagères qui ne s’étaient pas écroulé. Elles croulaient sous une épaisse couche de poussière. En dessous on pouvait deviner des bibelots qui semblaient tout droit sortis de la pire boutique de l’allée des embrumes.

Harry se dit avec philosophie qu’au moins, Croutard ne manquerait pas d’amis ici. Il était tenté de dire à l’employé qu’il préférait le centre de détention pour mineurs, mais ces derniers temps, il faisait davantage confiance au jugement de Dumbledore qu’au sien. S’il pensait que c’était le mieux à faire, alors il obérait.

Au bout d’une éternité, l’employé finit sa litanie et lui demanda de signer un papier avec en tête du ministère. Après un regard à Dumbledore il s’exécuta sans prendre la peine de lire les minuscules caractères qui ornait le parchemin.

L’employé du ministère sembla sur le point de partir puis il se ravisa et demanda à Harry.

— Excusez-moi monsieur Potter, mais est-ce que vous pourriez me signer un autographe. C’est pour ma nièce. Elle lit tout ce qui sort sur vous.

Abasourdis Harry s’exécuta sans un mot.

— Merci. Ne vous en faites pas, monsieur Potter. Tout le monde sait que vous êtes innocent. Bientôt, tout ça sera de l’histoire ancienne.

Cela ne fit rien pour arranger sa mauvaise conscience.

Chapitre bonus : Garder le contact

À Harry Dursley

Harry, je t’en supplie revient vite. Depuis que tu es parti Nott est vraiment bizarre. Je veux dire plus que d’habitudes. Il me fait peur. Tu ne me croiras sans doute jamais, mais j’ai presque l’impression qu’il ressent des émotions. Je crois que tu lui manques. Moi aussi, tu me manques. Tu nous manques à tous.

Sauf à Snape. À chaque fois que quelqu’un mentionne ton nom, il semble sur le point de commettre un meurtre.

Avec tous mes vœux de rétablissement

Blaise ZABINI

Ps : J’ai repris ton rôle de maître du jeu. Tu peux m’envoyer tes Notes pour le reste de ton scénario. Et une copie de la fiche de perso de Justin (un Augurey a mangé la sienne lors de son cours avec Hagrid)

oOoOoOo

À Harry Dursley

Blaise m’a supplié de t’écrire que promit-juré, on ne continuerait pas ton JDR tant que tu ne seras pas de retour. Franchement, qu’est-ce que tu lui as écrit pour le mettre dans cet état. J’ai dû lui promettre de l’inviter à une fête chez moi cet été pour le calmer. Lorsque tes ennuis seront réglés, tu seras également le bienvenu.

Sinon la vie suit son cours. Toutes les restrictions liées à Sirius Black ont été levées, mais les détraqueurs ne sont pas encore partis (D’après la gazette, c’est une question de temps). Les gryffondors de 7e année ont décidé de faire une fête pour célébrer leur départ. Les serpentard ne sont pas les bienvenus, mais si tu es de retour, tu pourras venir avec moi (je suis sûr qu’ils t’ont pardonné d’avoir gâché la saison de Quidditch)

Sinon tu trouveras en pièce jointe les cours et les devoirs que tu as manqués (tu croyais vraiment qu’on te laisserait y échapper ?) Théodore t’enverra ceux d’étude des runes.

En espérant te revoir bientôt

Justin Finch-Fletchley

PS : Est-ce que c’est vrai que c’est toi qui as fait cette cicatrice à la chauve-souris des cachots ? Je veux tous les détails.

oOoOoOoOo

À Harry Dursley

Voici les cours d’étude de runes que tu as manquées.

Avec tout mon respect

Théodore Nott.

Le collier

Une fois les employés partis, Dumbledore lui fit la rapide promesse de venir le voir le lendemain et tenta de partir.

— Attendez, vous n’allez pas me laisser tout seul ici ?

— J’ai bien peur de ne pas avoir le choix. J’ai de nombreuses responsabilités auxquelles je dois faire face. Notamment maintenant que Sirius Black est mort, il faut que je convainque le ministère de rapatrier de forces les détraqueurs à Azkaban. Apparemment ils se sont un peu trop habitués à disposer de chair fraîche en quantité importante.

Harry frissonna. Même s’il n’avait plus de souvenir de sa rencontre avec les dévoreurs d’âme, il en conservait une peur panique.

— Mais c’est horrible ici.

Harry entendit Kreattur pousser un grognement.

— Peut-être mais ici, tu seras en sécurité. En tant que propriétaire, tu n’en as sans doute pas eu conscience, mais ce manoir est protégé par de puissants sortilèges que ses différents propriétaires lui ont rajoutés au fil des siècles. Certains sont même totalement oublié de nos jours. Malgré son apparence, ce lieu est une bénédiction. Il aurait été totalement impossible d’assurer ta protection au milieu des autres délinquants. Sans compter leur sécurité à eux.

Après cette déclaration Dumbledore se retourna et passa la porte. Harry essaya de le poursuivre mais lorsqu’il ouvrit la porte il n’avait plus aucune trace du vénérable sorcier. À la place, un homme assit sur le banc en face de son porche baissa le journal qu’il était en train de lire et se retourna dans sa direction. En y prêtant attention Harry remarqua qu’il tenait le journal à l’envers. Ce souvenant qu’il n’avait pas le droit de sortir il referma la porte et se résigna à son sort.

— Maître Potter voudra sans doute manger un morceau après son long voyage. Du pain sec et de l’eau c’est tout ce qu’il mérite. Termina Kreattur dans un murmure qu’il pensait être le seul à entendre

— Tu sais que j’entends tout ce que tu dis. Dit Harry avec colère avant de recommencer les exercices de respiration que Snape lui avait appris au début de leur cour d’occlumancie. Quoiqu’il arrive il ne devait plus se mettre en colère.

— Kreattur félicite le jeune maître pour son excellente audition. Pourquoi le traître à son sang dit-il ça à Kreattur ?

Harry comprit que Kreattur n’avait pas conscience de parler à haute voix. Maintenant qu’il était calme l’elfe lui inspirait davantage de pitié que de colère.

— Depuis combien de temps vis-tu tout seul ici ?

— Depuis la mort de ma précédente maîtresse : Madame Walburga black. Pauvre maîtresse, elle n’a jamais pu se remettre de la mort de maître Regulus et de la trahison de Sirius.

— C’était en quelle année ?

— C’était-il y a 10 ans jeune Maitre. Pourquoi ce fouineur veut-il savoir ça ? Je suis sûr qu’il veut voler les trésors de ma maîtresse.

— Je ne veux rien voler du tout. De toute façon maintenant c’est à moi. Ecoute, si tu veux je peux te libérer et te donn …

Mais avant qu’Harry ne puisse lui proposer de prendre les objets qui l’intéressait et d’ainsi « sauver » les trésors de sa maîtresse, l’elfe le supplia bruyamment.

— Non Jeune maître je vous en supplie. Kreattur sera bon. Kreattur vous servira bien.

Harry retira son pantalon qui commença à être recouvert de la morve et des larmes de l’elfe

— C’est bon calme-toi. Je disais ça, car je pensais que ça te ferait plaisir.

Mais cela ne fit que mettre l’elfe dans une fureur noire. Harry se demanda brièvement si en plus de ses autres problèmes, il n’était pas devenu bipolaire

— Maître Potter ose insulter Kreattur.

— Mais pas du tout.

Il ne savait plus quoi dire pour la calmer l’elfe lorsqu’il eut une illumination

— Dobby

Aussitôt un autre elfe habillé d’une dizaine de chapeaux tous d’une couleur différente, et d’une chemise blanche à poids rose se téléporta devant lui

— Monsieur Potter m’a appelé.

— Oui merci Dobby. Est-ce que tu pourrais expliquer à Kreattur que je ne lui veux pas de mal. Et si tu as le temps est ce que tu pourrais m’aider à rendre vivable une des pièces du manoir, pour que je puisse m’y installer.

— Le jeune maître insulte encore Kreattur. Kreattur ne laisserait pas son maître faire le ménage. Kreattur pas besoin aide du jeune maître ou de mauvais elfe. Kreattur nettoie très bien la maison tout seul.

Harry lança un regard dubitatif sur l’état du manoir, mais pensa qu’il avait de meilleure chance d’obtenir une issue pacifique en laissant Dobby répondre.

— Dobby meilleur elfe que Kreattur. Kreattur est un elfe fainéant. Kreattur pas digne de servir le grand Harry Potter.

Avant qu’Harry ne pût comprendre ce qui se passait les deux elfes se mirent à se battre comme des chiffonniers sous son regard médusé.

Le collier parti 2

Il était minuit et Harry n’arrivait toujours pas à dormir. Après avoir séparé les deux Elfes il avait fini par ordonner à Kreattur de s’en aller. L’elfe s’était exécuté de mauvaise grâce et était monté à l’étage. Il ne l’avait plus revu depuis.

Il passa ensuite 30 minutes à convaincre Dobby de le laisser l’aider à nettoyer la vaste cuisine. Après un après-midi d’efforts, l’endroit semblait presque accueillant. Plus que du ménage, ça avait été une mise en pratique des cours de défense contre les forces du mal de Lupin. Des tonnes de nuisibles magiques avaient envahi la cuisine et il avait fallu les déloger pour qu’Harry puissent y emménager. À la fin, Dobby avait été lui chercher un matelas qu’il posa à même le sol de la cuisine, des livres et des sandwichs. Il avait voulu rester mais Harry avait insisté pour qu’il reprenne sa liberté. Il était son employé pas son esclave. Dobby l’avait finalement quitté en promettant de revenir le lendemain à l’aube.

Quelques secondes après son départ il avait regretté d’avoir tant insisté pour que l’elfe parte. Malgré tous leurs efforts, l’endroit restait lugubre et maintenant que la nuit était tombée il commençait à avoir peur, seul dans ce vaste manoir.

Mais il n’était pas seul. Harry entendait de temps en temps l’elfe passer devant sa porte en marmonnant des injures à son encontre. D’autre fois il percevait des bruits sourds dont il ne pouvait déterminer la provenance exacte. Harry se répétait que c’était le manoir qui craquait. Mais qui sait quelle autre créature avait élu domicile dans la vaste demeure. Vers 21 heures, il eut l'impression que quelque chose lui frôla les pieds. Il se leva en sursaut pour trouver Kreattur tenant un énorme couteau et ce qui ressemblait à un rat, pour lui demander s’il voulait manger. Il se dépêcha de vérifier que Croutard allait bien puis hurla à l’elfe de sortir.

En ouvrant la porte à l’elfe il aperçut la rangée de têtes coupées qui ornait le couloir et frissonna avant de refermer brusquement la porte et de la verrouiller à l’aide de collaporta. C’était une bien maigre protection, mais il ne connaissait aucun autre sort de verrouillage. Intérieurement, il maudit Dumbledore et ses choix discutables en matière de sécurité.

Il tenta de se rendormir mais malgré la fatigue, il était maintenant trop énervé pour se reposer. C’était une sensation vraiment désagréable d’être fatigué mais de ne pas parvenir à se rendormir. Sans le vouloir il se mit à ressasser les derniers évènements. Il avait failli tuer ses camarades de dortoir. Finalement ils avaient eu raison l’année dernière. Il était juste un Voldemort en puissance. Mais petit à petit la culpabilité laissait place à la colère. C’était de leur faute, si les choses avaient tourné ainsi. S’ils n’avaient pas été aussi stupides, jamais il ne se serait tourné vers la magie Noire. Il méritait d’être blessé. Harry tenta de se calmer, mais il était tellement fatigué. Et puis cet elfe qui n’arrêtait pas de cogner contre sa tête. Attendez une minute.

Harry se leva en sursaut couvert de sueur. Paniqué il regarda tout autour de lui, mais il ne vit que les ténèbres. Il ignorait quelle heure il était et pendant un moment il se demanda où il était. Et qu’est-ce que c’était que ce bruit ? C’était comme un cœur qui bat. Une pulsation régulière qui l’empêchait de se concentrer. Il crut d’abord que c’était son propre cœur mais au bout de quelques minutes d’angoisse, il admit que ce n’était pas le cas. Dieu merci, il était trop jeune pour faire une crise cardiaque.

Il tenta de l’ignorer et de se rendormir, mais il n’y parvient pas. Ce bruit l’obsédait. Pire, plus le temps passait, plus il semblait monter en intensité. Il commençait à avoir l’impression que quelque chose cognait contre ses tempes. Il se leva pour essayer de déterminer l’origine de ce bruit horripilant. Il semblait à la fois venir de l’intérieur de lui et de l’extérieur. Une seule chose était sûre. Sa source ne provenait pas de la cuisine. Il saisit sa baguette et muni d’un faible lumos, il commença à s’enfoncer dans les ténèbres de la demeure. Pour la première fois depuis qu’il était arrivé il monta à l’étage. Les têtes coupées projetées des ombres inquiétantes sur les riches tapisseries recouvertes de poussière qui décoraient l’escalier. Harry ne comprenait pas d’où lui venait le courage de continuer. Ni même pourquoi, il avait décidé de monter à l’étage. Après tout il aurait été plus logique de commencer ses recherches par le rez-de-chaussée. Mais son intuition lui disait qu’il fallait qu’il monte

Une fois à l’étage il projeta la faible lueur de sa baguette dans tous les recoins de ce qui semblait être un grand salon destiné à faire patienter des invités. La moisissure le pris à la gorge et le fit tousser. C’est là qu’il découvrit un serpent gigantesque sur le point de l’attaquer. Il recula si violemment qu’il faillit tomber dans l’escalier. Puis, poussa un soupir de soulagement en comprenant qu’il était empaillé. Il maudit les sorciers et leur mépris ridicule pour les lumières électriques

Il examina davantage la pièce qui était rempli d’armoires vitrées contenant des poignards rouillés, des peaux de serpent, des boîtes en argent avec des étiquettes illisibles et une bouteille en cristal au bouchon incrusté d'une opale, contenant du sang.

Il n’avait plus prié depuis que son père adoptif l’avait retiré du catéchisme. Il se souvenait encore de sa fureur après que le prêtre leur ait raconté des histoires sur les sorciers et les autres engeances du démon qui étaient destinés à expier leurs péchés dans les flammes de l’enfer. Sur le moment il n’en avait pas ri, mais aujourd’hui il sourit en repensant au pauvre prêtre qui n’avait pas dû comprendre la réaction de Vernon. Il voulait juste leur raconter des histoires effrayantes avant halloween. Pourtant il se souvenait encore du « notre père » et se mit à le réciter frénétiquement en faisant des signes de croix, pendant qu’il s’enfonçait dans le sombre couloir qui lui faisait face.

À chacun de ses pas, l’odeur de moisissure se faisait plus intense et en devenait presque insupportable. Il entendit la maison craquer et sursauta. Mais ce n’était rien. Puis finalement il la vit. Au fond du couloir se trouvait une porte. Au premier abord, elle semblait parfaitement ordinaire. Mais à force de la fixer, Harry jurait qu’une aura de magie noire intense s’en échappait. Il en était sûr. La source de ce bruit intense se trouvait derrière. Il s’approcha lentement, très lentement. Attendez, pourquoi est-ce qu’il faisait ça maintenant ? Il ferait mieux d’attendre le matin. Une voix raisonna alors dans le couloir :

— Quand est-ce que tu cesseras d’être aussi lâche ? Tu n’en pas marre de laisser les autres mourir à ta place.

— Dudley c’est toi ?!

Il devenait fou. Il aurait juré que c’était sa voix. Puis ce fut au tour de son père. Ou plutôt de ce qu’il imaginait être la voix de son père dans ses rêves d’enfant.

— Je n’arrive pas à croire que je suis mort pour protéger un tel lâche. C’est juste une porte !

— Il n’est pas lâche il est intelligent. Il attend d’avoir des boucliers à sacrifier. Il vaut mieux que ce soit Dobby qui meure. Après tout c’est juste un esclave. Répondit la voie de Jenny Nott.

— ASSEZ. Cria Harry ; il devait encore être en train de cauchemarder. C’est ça en fait. Sans s’en rendre compte, il s’était rendormi et rien de tout cela n’était réel.

— Ouvre la porte et tu te réveilleras. Raisonna une voie désincarnée aux accents curieusement sifflant

Oui c’était ce qu’il allait faire. Après tout ce n’était qu’un rêve. Il n’y avait aucune raison d’avoir peur. Il n’était pas lâche. Il reprit son avancée prudente. Puis au bout d’un temps qui lui sembla une éternité il toucha la poignée. Un plop retentit derrière lui suivit d’un cri

— Kreattur le savait. La sale engeance veut voler le trésor de maître Black. Kreattur ne le laissera pas faire. Non Kreattur doit (…)

— SILENCE VERMINE

Aussitôt les paroles de Kreattur se transformèrent en contorsions silencieuses, agrémentées de quelques crachats, tant ses efforts pour continuer sa diatribe était grande. Bien. Cette misérable créature devait apprendre qui était son maitre. Il tourna la poignée.

— Aiiie !

Harry poussa un immense cri de douleur. Alors qu’il ne lui restait plus qu’à pousser la porte pour l’ouvrir, Croutard lui avait mordu la main jusqu’au sang. Il se réveilla subitement. Il avait mal à la tête et envie de vomir. Il regarda l’elfe de maison qui avait l’air de s’étouffer.

— Kreattur. Téléporte-moi dans le bureau de Dumbledore. Vite. C’est un ordre !

Kreattur lui adressa des gestes incompressibles. Il jurerait que dans le lot il y avait un doigt d’honneur.

— Tu peux parler. Lui signifia Harry.

— Kreattur ne sait pas ce que téléporter veut dire et de toute façon il n’a pas envie d’obéir à un voleur.

— Ça veut dire transplaner. Tu peux faire ça ?

— Le jeune maître doit arrêter d’insulter Kreattur.

Une seconde plus tard Harry cligna des yeux. L’horrible présence avait disparu. Subitement il s’écroula de fatigue.

Aussitôt le vieil Homme apparut paniqué en chemise de nuit. Avant de s’évanouir Harry eu juste le temps de murmurer : « Horcruxe, premier étage, couloir, porte 3 »

Espoir

La première chose qu’Harry remarqua lorsqu’il émergea de son sommeil fut qu’il se sentait bien. Mieux qu’il ne s’était senti depuis longtemps. Une douce chaleur le réchauffait et le crépitement d’un feu de cheminer à proximité le détendait. Il savoura aussi longtemps que possible cette sensation puis ouvrit les yeux et reconnu le plafond de pierre familier de la cuisine du 12 square Grimault. Mais il hurla en voyant que ce que cette douce source de chaleur n’était pas un feu de cheminée mais un gigantesque oiseau flamboyant. Il calma ses flammes et disparu dans un éclair rouge et or. Aussitôt le sentiment d’intense bien être qu’il ressentait disparu.

Avant qu’il n’eût le temps de se demander ce qui venait d’arriver des flammes vertes apparurent dans l’âtre et le professeur Dumbledore en émergea.

— Enfin tu te réveilles Harry. Comment te sens-tu ?

— Bien. C’était quoi ce truc ?

— Je ne t’ai jamais présenté Fumseck ? Il s’agit de mon phénix. Je lui ai demandé de veiller sur toi pendant mon absence.

— Qu’est ce qui s’est passé ?

— Pour être honnête, j’espérais que ce serait toi qui me le dirais. Sur tes indications j’ai fouillé la 3iéme chambre du premier étage et j’y ai trouvé ceci.

Il sortit de sa poche le collier de Salazar Serpentard qu’il avait vu dans le souvenir de l’elfe d’Hepzibah Smith. Le pendentif était ouvert et fendu dans toute sa longueur. Il se rappela alors de tout ce qui s’était passé la nuit dernière

— C’est lui, c’est l’Horcruxe. Où est Croutard ?

Croutard émergea alors d’un tiroir de la cuisine ou il devait avoir trouvé quelque chose à manger et vint se blottir vers lui.

— Toi la prochaine fois que j’irais au supermarché je t’achète une dizaine de pots de beurre de cacahuète.

Pendant qu’il caressait Croutard il raconta au directeur ce qui s’était passé la nuit dernière.

— Et ensuite je me suis évanouie. C’est bizarre mais maintenant je ne ressens plus rien. Vous êtes sûr que c’est le vrai collier ?

— Sûr et certain. J’ai moi-même détruit l’Horcruxe à l’intérieur

— Je croyais qu’à cause de la prophétie j’étais le seul à pouvoir détruire les Horcruxes ?

— C’est ce que je croyais aussi. Mais en voyant ton état de fatigue, j’ai pensé que c’était le moment opportun pour tester cette hypothèse. J’eus le grand plaisir de constater qu’une fois de plus je m’étais trompé.

Cela soulagea énormément Harry.

— Merci. Je ne sais pas si j’aurais été capable de le détruire ce coup-ci.

— Personnellement je n’en doute pas une seconde. Mais je suis content de t’avoir épargné cette épreuve inutile. Tu veux le garder ? Après tout tu en as hérité.

— Non merci.

— Tu es sur. Il vaut une petite fortune.

— Vendez-le et donner l’argent aux bonnes œuvres, mais je ne veux plus jamais voir ce truc de ma vie.

Dumbledore sembla content de cette réponse et rangea le collier dans une de ses nombreuses poches.

— Bien. Mais si tu es d’accord j’attendrais que les autres Horcruxes ai été détruit pour cela.

— C’est une bonne idée. Vous avez de nouvelles infos sur l’endroit où il aurait pu les cacher ? Ou sur la nature du dernier Horcruxe ?

— Non, mais je pense être sur le point d’obtenir les souvenir d’un employé du ministère à la retraite qui a connu la famille maternelle de Voldemort. J’espère en apprendre beaucoup. Voldemort a toujours été obsédé par sa famille et je suis persuadé qu’il aura choisi un objet et une cachette en rapport avec elle.

Pendant qu’il racontait son histoire une pensée était venu à l’esprit de Harry. Mais il hésitait à la formuler.

— Hier vous avez dit que Sirius était innocent.

— Rectification Harry, j’ai dit que c’était une possibilité.

— Mais si Voldemort lui a confié l’un de ses Horcruxe alors ça veut dire qu’il était vraiment coupable.

Dumbledore sembla y réfléchir

— Je ne sais pas Harry. Tout ceci est tellement incohérent. Si Sirius Black possédait déjà un Horcruxe alors pourquoi s’est-il rendu à Poudlard au lieu de faire revenir son maître ? Et il n’y a pas que le comportement de Black qui me surprend. Certes le manoir Malfoy et Black sont des cachettes idéales. Ils sont à la fois très prestigieux, très protégés et à portées de victimes potentielles à posséder. Mais je n’aurais jamais cru Voldemort capable de faire suffisamment confiance à d’autre que lui pour protéger ses précieux Horcruxe. Le journal m’avait déjà surpris, mais le collier remet profondément en cause mes hypothèses. Sans compter que j’ai trouvé les protections bien minces autour du collier. En fait les seules protections avaient été mises en place par Kreattur qui, j’en ai bien peur, a sombré définitivement dans la folie en me voyant m’emparer de l’Horcruxe. Je devine que Black lui avait ordonné de protéger l’Horcruxe à tout prix et que sa santé mentale déjà fragile n’a pas supporté cet échec. J’ai bien peur que l’on ne puisse rien en tirer, même avec la légimancie.

Mais trêve de digression. Rien ne colle dans cette histoire mais les faits sont bien là.

— Vous pensez qu’il aurait pu confier les deux Horcruxes restant à des mangemorts ?

— Comme je te l’ai dit je n’y crois pas. C’est tellement différent de ce que je sais de sa manière de fonctionner. Mais si ton instinct te pousse dans cette direction alors nous devons fouiller.

Il commença à faire les cent pas et à réfléchir à haute voix

— Il y avait 3 mangemort particulièrement riches et puissants qui semblaient proches de Voldemort. Ce triumvirat était composé de Lucius Malfoy, Bellatrix Lestrange et Théodore Nott senior. Si on y ajoute Sirius alors ils étaient quatre. Peut-être qu’il a été séduit par la symbolique de confier à chacune de ses grandes familles des ténèbres la protection d’un objet des fondateurs transformés en Horcruxe. Peut-être n’a-t-il tout simplement pas trouvé de meilleures cachettes et s’est donc résigné à devoir faire confiance à un tiers. Cependant, après la guerre, le manoir Lestrange et le Fort Nott ont été fouillés de fond en comble sans qu’il ne soit rien trouvé de compromettant. Pour autant, c’était également le cas du manoir Malfoy et un Horcruxe s’y trouvait bel et bien.

— Je pense qu’une nouvelle visite de leurs manoirs s’impose.

— Je suis d’accord. En tout cas pour la forteresse des Nott. Cependant il est bien trop protégé pour que je puisse en forcer l’entrée. Et si je demande un mandat il aura tout le temps de déplacer l’Horcruxe en sécurité avant ma visite.

— Et par une heureuse coïncidence il se trouve que je suis devenu ami avec Théodore Nott, ce qui devrait me permettre de me faire inviter dans leur forteresse et de trouver l’Horcruxe. Je commence à en avoir marre des coïncidences.

Dumbledore sourit.

— Pour moi, elles sont le signe que nous touchons au but. Pendant que tu écriras à ton ami Nott pour lui demander de t’héberger pendant quelque temps, j’irais chercher un moyen d’accéder au coffre de Lestrange à Gringotts. Avant de se faire arrêter elle y a transféré la plupart de ses objets de valeur afin de les mettre à l’abri des perquisitions du ministère. Si elle possédait un Horcruxe, c’est là qu’il se trouve. Mais je ne me fais pas trop d’illusion. Elle a été arrêtée après avoir torturé des aurors jusqu’à la folie pour leur soutirer un moyen de faire revenir son maître. Si elle avait eu un Horcruxe, alors elle ne se serait pas autant embêtée. Et contrairement à Sirius elle n’était pas folle. Tout du moins, pas ce genre de folie.

Visite chez les Nott

« Mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter ? » n’arrêtait pas de penser Harry.

Sur le moment ça avait semblé une bonne idée à Harry mais maintenant qu’il était sur le point de partir du square Grimault pour passer les vacances de Pâques chez Nott, il était terrifié.

Pas que la vieille demeure poussiéreuse allait lui manquer. Après ce qu’il s’était passé la première nuit il avait catégoriquement refusé de monter à l’étage et avait continué à être terrifié la nuit par les craquements qu’il entendait régulièrement. Mais il n’était pas sûr qu’il dormirait mieux dans la demeure d’un tueur en série. Il souffla et pour se calmer, se rappela qu’à tout moment il aurait Dobby pour veiller sur lui.

D’une main il saisit sa valise et de l’autre, la main de l’elfe qui pour l’occasion avait délaissé ses vêtements extravagants pour une taie d’oreiller neuve aux armoiries des Potter. S’il voulait que Nott senior accepte sans rechigner la présence de l’Elfe à ses côtés, il voulait mieux faire croire qu’il était son esclave personnel. Il ne voulait pas se le mettre inutilement à dos dès le premier jour en exhibant le seul elfe libre de Grande-Bretagne.

Dobby claqua des doigts. Puis il eut l’impression d’être compressé dans un tuyau et sa vision se remplit de formes psychédéliques qui lui imposèrent de clore ses paupières. Une seconde plus tard, la désagréable sensation disparue et il rouvrit les yeux. Devant lui se tenait le début d’un long escalier menant à une forteresse moyenâgeuse.

— Monsieur Potter. Bienvenue dans la demeure ancestrale de la famille Nott. Puis-je prendre vos bagages ? Prononça en s’inclinant un vieil elfe de maison aux teintes grisonnantes qui se tenait devant lui, habillé uniquement d’un torchon.

Il acquiesça et lui confia sa valise. Il fit un pas vers l’escalier et s’arrêta immédiatement. Bien qu’il fasse chaud pour un début d’avril, il frissonna. C’est comme s’il s’était brutalement retrouvé sous une cascade d’eau glacé.

— Maître Potter ne doit pas s’inquiéter. Vous sentez juste les protections des Nott. Bientôt, vous ne les remarquerez même plus. Enfin tant que vous ne projetterez pas de vous en prendre à un détenteur du sang des Nott. Le rassura Dobby qui lui avait confié avoir souvent accompagné Lucius Malfoy lors de ses visites à son ami à Nott. Mais il lui avait aussi dit que tous les visiteurs du château des Nott étaient soumis à un sort qui les empêchaient de révéler quoi que ce soit sur ce qui s’y trouvait ou sur ses systèmes de défense. Ainsi Harry ne savait pas du tout à quoi s’attendre. Néanmoins il fit confiance à l’elfe et avança. Chaque pas était plus difficile que le premier. Au bout d’une minute il eut l’impression de se déplacer dans de la mélasse. Puis brusquement tout disparut. Il posa un pied sur le long escalier en soupirant à l’avance devant l’effort qu’il allait devoir fournir pour monter toutes ces marches lorsqu’il les sentit bouger. Il se cramponna à la rambarde et eu l’agréable surprise de constater que le vieil escalier de pierre avançait tout seul.

Après une montée bien plus rapide qu’il ne s’y attendait il arriva devant une gigantesque douve. En attendant que Dobby n’arrive, il se pencha au-dessus des douves et y vit des créatures aussi fascinantes qu’effrayantes. Il y avait d’immenses requins fait entièrement d’eau, des anguilles à deux têtes et … Est-ce que c’était des cadavres humains ? Non ce n’était pas ça. Ça bougeait.

Il se recula et immédiatement il entendit un bruit sourd et un immense pont levis s’abaissa. Une fois qu’il fut rejoint par Dobby, il resserra sa cravate et s’avança sur le pont. Dès qu’il eut franchi la muraille il se mit à suer. En pénétrant à l’intérieur de l’enceinte il eut l’impression d’avoir changé de continent. Il se trouvait maintenant devant une immense orangerie baignée d’un soleil qui n’existait que dans les pubs d’agence de voyage pour des destinations tropicales. Il enleva sa veste tellement il avait chaud et avança jusqu’à arriver devant le seuil du château où l’attendait dans une posture noble et hautaine, un vieil homme. Il portait ce qui ressemblait à une tenue de combat entièrement noir mais qui arrivait malgré sa partialité à avoir l’air extrêmement luxueuses et chère. À ses côtés se tenait Théodore Nott junior dans une robe de soirée taillée sur mesure et sertie d’émeraude. A côté d’eux, dans son uniforme de Poudlard ; il avait l’air d’un mendiant en guenille.

— Bien le bonjour Lord Black-Potter. Soyez certain que je suis sensible à l’honneur que vous nous faites et que notre famille saura s’en montrer digne. L’apostropha Nott senior en lui révélant un sourire qui sembla menaçant à Harry, mais il ne savait pas si cette impression venait de l’homme où ce qu’il savait de son passé.

Harry était perdu.

— Bien le bonjour à vous aussi Lord Nott. Veuillez excuser par avance mes futurs manquement à l’étiquette sorcière. Soyez assuré que je n’ai nullement l’intention de vous manquer de respect mais mon éducation en la matière s’est malheureusement avérée plus qu’insuffisante. Déclara Harry d’une voix obséquieuse qu’il imaginait être la norme dans ce genre de milieu (et devinez quoi ? Il avait raison).

À ces mots Nott père fit une grimace dédaigneuse et déclara d’une voix traînante qui lui rappelait Lucius Malfoy :

— J’ai cru comprendre en effet que vous avez eu le malheur de grandir parmi la racaille. Mais bon sang ne saurait mentir. Je suis heureux que malgré vos égarements passés vous ayez finalement compris que votre place était parmi nous, Lord Black-Potter.

Avant qu’il ne puisse se retenir il lâcha avec colère :

— Je suis heureux de vous entendre qualifier ainsi l’ENSEMBLE de mon sang, Lords Nott. J’avais peur que quelques vieux préjugés ne viennent ternir les relations entre nos deux maisons.

Avant que Nott senior ne puissent répondre, Dobby annonça d’une voix servile :

— Maître Potter n’a pas eu le temps de déjeuner avant de partir. Pourriez-vous indiquer à Dobby ou il pourrait trouver de quoi sustenter son seigneur.

— Je n’ai pas faim. Cria presque Harry. Puis il se ressaisit. Aussi prévisible que ce soit, entendre Lord Nott insulter sa famille et ses amis l’avait mis hors de lui. Il ne pouvait plus se permettre d’être aussi susceptible. Mais peut-être que sa difficulté à se contrôler était le signe qu’un Horcruxe n’était pas loin.

Pour se calmer, Harry observa Théodore Nott junior qui, durant cet échange, s’était tenu parfaitement immobile et silencieux. Son visage n’exprimait aucune émotion et il n’arrivait pas à déterminer ce qu’il pensait.

— Veuillez excuser mon emportement. Les derniers jours, m’ont terriblement épuisé. Déclara Harry

— Vous êtes tout excusé très cher. Il est parfois nécessaire de rétablir certaines limites. À ce propos je vous félicite pour l’issue de votre procès. Quand je pense que cette demi-sang de Rita Skeeter a osé vous accuser d’avoir tué Lord Black pour vous emparer de son héritage puis d’avoir utilisé son argent pour corrompre les imminents membres du Magenmagot pour qu’ils vous innocentent. Mais ne vous inquiétez pas, moi et mes bons amis n’accordons pas beaucoup de crédit à ce que peut raconter cette scribouillarde. Pour le moment. Commenta Nott d’une voix égale ou ne perçait pas la moindre trace d’énervement. Ça ne rendait pas la menace moins réelle pour autant.

Ce fut comme si une pierre tomba dans son estomac. Il n’avait plus accès à la gazette depuis son départ forcé de Poudlard et n’était pas au courant que Skeeter avait décidé d’abandonner sa vendetta contre Lockhart. Dumbledore lui avait sans doute caché cette information pour qu’il ne soit pas nerveux durant le procès. Qui comme le vieux directeur lui avait promis n’avait été qu’une simple formalité. Les jurés avaient ostensiblement ignoré les différentes plaidoiries préférant bavarder entre eux ou lire leur journal. Même la magnifique plaidoirie de Dumbledore n’avait pas réussi à capter leur attention plus de quelques secondes. Dommage, Harry l’avait trouvé particulièrement émouvante. En l’entendant il avait presque cru à son innocence. Ensuite un fonctionnaire avait lu sans conviction le réquisitoire de l’accusation qui n’était rien de plus que la liste de ses chefs d’inculpation, pour qu’au final le jury vote à l’unanimité ou presque son innocence. Seule une certaine Amélia Bones avait semblé offusquée par cette issue et s’était bruyamment abstenu en criant que c’était un scandale (Harry était d’accord avec elle mais s’était retenu de le faire savoir).

Cependant le moment le plus excitant avait été quand, en sortant, il avait croisé Lockhart qui se rendait au procès que lui avait intenté un groupe de femmes pour attouchements sexuels après que les articles de Rita Skeeter n’aient libéré la parole de ses diverses victimes.

— Bien entendu. Si je devais croire toutes les rumeurs qui circulent sur nos différentes familles jamais je n’aurais eu le plaisir exquis de faire votre connaissance. Mais laissons le passé derrière nous. Mon elfe a raison sur un point je suis fatigué. Puis-je vous donner congé pour aller me reposer dans ma chambre.

— Bien entendu. Mon fils va vous accompagnez.

— Oui père.

Droit comme un I, Nott junior se retourna vers l’intérieur du château et Harry dû presque courir pour parvenir à le suivre dans un dédale de couloir et d’escalier agrémenté d’œuvres-d’art qui devaient valoir une fortune. Il n’arriverait jamais à retrouver son chemin tout seul dans cet endroit.

Puis à un moment Nott regarda partout autour de lui, le saisi par le bras et l’entraîna violemment à l’intérieur d’une grande pièce sombre constitué de mur épais sans fenêtre. Il sortit sa baguette et avant qu’Harry ne puisse se mette en position de combat il commença à entonner une litanie en latin. Les murs se mirent soudainement à grésiller puis plus rien

— Qu’est ce qui te prend Théo ?

— C’est exactement la question que je voulais te poser. Qu’est-ce que tu es venu faire ici ?

— Et bien comme je te l’ai indiqué dans mes lettres je (…)

— Assez de ces absurdités. Même mon père n’y croit pas. Parle, cet endroit est sécurisé. Personne ne peut nous entendre.

Nerveusement Harry lissa ses affaires. Il remarqua à ce moment qu’un scarabée s’était accroché à sa veste et le chassa. Pendant un moment il pensa à lui donner l’un des mensonges qu’il avait préparés avec Dumbledore mais préféra être honnête avec son ami. Enfin presque ami. La froideur de son camarade les avait empêchés d’aller jusque-là.

— Je ne peux rien te dire, pour le moment. Mais je te promets que plus tard je t’expliquerais tout.

— Je suis déçu. Je pensais que tu ferais au moins l’effort d’inventer un mensonge rassurant.

— Ceux-là je les resserve pour ton père

Sans avertissement il prit Harry par le col et le plaqua contre la porte.

— Tu crois que c’est une blague ? À quels jeux est-ce que tu joues ? Pourquoi le survivant prend-il le risque de venir chez l’un des lieutenants de Voldemort ?

— Je croyais qu’il était innocent ?

— Et moi je croyais que tu avais un cerveau.

— Nott, je ne peux rien te dire. Mais je te promets que j’ai une bonne raison. Je te dirais tout une fois que ce sera fini. Si tout se passe bien toi et ton père ne vous rendrez compte de rien.

— Et si ça échoue ? Et si mon père se rend compte de ce que tu es en train de faire ?

— Je ne suis pas plus libre d’échouer que je ne suis libre de ne rien tenter. Crois-moi j’ai essayé.

— Toi et Justin vous êtes vraiment pareils. Vous faites de grands discours sur ma liberté de choisir mon destin mais dès qu’on en vient à vos choix vous trouvez tout un tas d’excuses pour prétendre que votre voie vous est imposée par d’autres.

— Moi et qui ?

Soudain il le lâcha.

— Rien je n’ai rien dit.

Avant qu’Harry ne puisse demander davantage d’explication il refit sa litanie en latin et sortie. Harry le suivit. Durant le reste de la journée ils parlèrent de sujets banals et de la vie à Poudlard en son absence. Apparemment les autres élèves avaient été extrêmement choqués par son combat contre Snape et il fallait qu’il s’attende à de la suspicion et des regards en coin à son retour.

oOoOoOo

La première semaine de vacances se passa sans incident. Lors des repas, Nott senior scrutait tous ses mouvements, mais après, il partait loin du château et Nott junior et lui avait les lieux pour eux tous seuls. Son ami lui apprit discrètement qu’il s’agissait d’un trompe-l’œil et qu’en fait, tous leurs faits et gestes étaient scrutés en permanence. Nott sénior était tout autant curieux que son fils de la raison de cette visite.

Mais Harry n’en avait cure. Que ce soit de nuit avec sa cape d’invisibilité ou en journée avec Théodore Nott qui était le guide le plus ennuyeux qu’Harry ait jamais connus de sa vie il n’avait pas ressenti la moindre présence menaçante dans le château des Nott. Pour être exact il n’avait pas ressenti la moindre présence menaçante venant de ce type. Autrement, malgré les longs commentaires expliquant en quoi chaque pièce était un témoignage grandiloquent de la puissance de sa famille, il ne pouvait s’empêcher de trouver la maison oppressante et glauque. Le sixième jour il avait pensé toucher au but lorsque son ami avait semblé mal à l’aise en passant devant une porte dont il lui interdit l’entrée, mais lorsqu’il revient le soir, il dut admettre qu’il s’agissait juste d’une bête pièce d’entraînement sans le moindre passage secret. Si un Horcruxe s’était trouvé à proximité il l’aurait ressenti. Il remit sa cape pour retourner se coucher lorsque Théodore Nott junior arriva dans la pièce.

— Harry je sais que tu es ici.

Harry ne vit aucune raison de cacher sa présence et s’exécuta

— Comment tu savais que j’étais ici ?

— Il y a de nombreux sort qui permettent aux Nott de surveiller les allées et venues dans leur forteresse. Tes promenades nocturnes ne sont pas passé inaperçues. Même père les a remarquées. Si tu nous disais directement ce que tu cherches. Ça irait plus vite, tu ne crois pas ?

— Nott, je ne peux rien te dire.

— Comme tu voudras. Mais sache que lord Black ou non, si tu te comportes comme un voleur alors tu seras traité comme un voleur.

— Je ne veux rien voler. Je veux juste … Je ne peux rien te dire.

— Tu es juste venu te mêler d’affaires qui ne te regardent pas. Laisse-moi deviner. Tu cherches un moyen d’incriminer père. C’est ça ? Tu t’es dit que tu pourrais me sauver en l’envoyant à Azkaban. Ou peut-être même que tu veux nous y envoyer tous les deux. Le monde se portera mieux sans nous c’est sans doute ça que tu dis !

— Nott, non ce n’est pas ce que je… Mais son ami l’interrompit encore. Depuis le début de ses vacances, Harry ne reconnaissait plus Nott. Lui qui était d’ordinaire si indifférent à tout, semblait passionné. La froideur était toujours là, mais elle ressemblait à un masque

— Je vais te faciliter la tâche. L’année dernière, ici même, j’ai utilisé un Doloris sur la nounou jusqu’à ce qu’elle ne crève. Voilà tu as ce que tu veux. Alors maintenant va-t’en !

— Pardon, mais qu’est-ce que tu racontes ?

— Quoi ce n’est pas assez horrible pour toi ? Ou alors tu t’imaginais que j’étais dans ton camp sous prétexte que je t’ai dit où trouver ma sang-mêlé de cousine ? Que tu le veuilles ou non je suis un Nott. Et je suis bien décidé à en être digne. Alors maintenant remballe ta pitié et casse toi !

— Nott. Calme-toi. Je ne sais pas ce qui t’arrive, mais je suis mal placé pour te juger. Moi aussi j’ai tué.

— Pardon ?

— Tu croyais que celui qui a par trois fois défié Voldemort était un mignon petit chaton sans défense ? L’année dernière, un peu après qu’on s’est mis à traîner ensemble, j’ai commencé à étudier la magie noire. Rétrospectivement je ne sais pas bien ce qui m’a pris de faire ça. J’avais tellement mal après la mort de Jenny et Lucas. Je me sentais tellement impuissant. Je pensais que ça m’empêcherait de ressentir ça à nouveau. Mais ça n’a fait qu’empirer les choses. Depuis j’ai comme des crises. L’année dernière, j’ai perdu le contrôle et j’ai failli tuer Lucius Malfoy à coup d’endoloris. Snape m’a donné des cours pendant l’été pour essayer de régler le problème mais ça n’a pas suffi. Je n’en ai plus de souvenir donc je ne peux pas en être sûr, mais je le sens au fond de moi. Ce ne sont pas les détraqueurs qui ont tué Sirius Black.

Mais la réaction de Nott ne fut pas celle qu’il attendait

— Espèce d’abruti congénital. Tu trouves que c’est une excuse ? Tu crois être le seul à avoir perdu un proche ? Tu imagines si tous ceux qui traversaient une petite difficulté se lançaient dans la magie noire ? Snape a raison tu es juste un enfant pourri gâté tellement habitué à ce que tout lui soit dû que tu n’arrives pas à surmonter la moindre difficulté.

— Non mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! C’était quoi ton excuse à toi pour torturer à mort une innocente ? Moi au moins je m’en suis pris qu’à des ordures qui le méritaient !

— Des ordures comme moi c’est ça ? Sous prétexte qu’on a perdu la guerre vous pensez que vous pouvez tout vous permettre.

— Au moins maintenant tu sais ce que ça fait de ne pas avoir le sang assez pur. D’ailleurs ta nounou il était comment son sang ?

À ce moment-là Théodore fit quelque chose auquel Harry ne se serait jamais attendu, même dans son imagination la plus folle. Il s’écroula à genou et se mit à pleurer. Immédiatement Harry se précipita vers lui et le serra dans ses bras. À ce moment-là il crut voir un flash mais quand il tourna la tête il ne vit que du vide et se dit qu’il avait rêvé. Il se reconcentra sur ce que Nott, lui disait entre deux sanglots

— Depuis la mort de ma mère c’est elle qui m’a élevé. C’était elle qui me consolait lorsque les commentaires de mes précepteurs ne parvenaient pas à satisfaire père. C’était elle qui me soignait après chacun de mes entraînements au combat. Mais cet été-là, Draco et moi avons été réunis par nos pères respectifs dans cette salle pour notre... Notre…. Père m’a dit que je devais lui lancer le doloris. C’était la tradition depuis la nuit des temps. Elle m’a dit qu’elle comprenait et que je devais le faire. Mais comme je ne bougeais toujours pas mon père a dit ... il a dit.... Nanny m’a supplié de lancer le sort. Alors je ne me suis concentré sur mon père. Sur tout ce qu’il m’avait fait depuis la mort de maman et j’ai lancé le sort. J’entendais les cris mais devant moi c’était lui que je voyais agoniser. Puis les cris se sont tus et elle était morte. Draco a vomi et a dit que jamais il ne ferait ça à sa vieille nounou. Lucius a juste dit que ce n’était pas grave et il est parti en prenant Draco dans ses bras. Père il a juste dit bien : « BIEN ». Cria-t-il de manière hystérique

Le reste de ses paroles était un flot incompréhensible tant il était noyé par les larmes. Harry pleurait en même temps que lui.

oOoOoOo

Le lendemain matin Harry fit comme s’il ne s’était rien passé. Il surjoua l’intérêt pour les parties de cartes ou les devoirs. Il ne demanda plus à Théodore de lui faire visiter le château. Maintenant il se fichait totalement des Horcruxes. De toute manière il était persuadé que la demeure n’en contenait aucun. Si ça avait été le cas il l’aurait ressenti. Dorénavant il se contenterait d’être présent pour Théodore. De lui montrer que même s’il savait, il ne lui tournerait pas le dos. Que ce n’était pas de sa faute. C’est à peu près tout ce dont il était capable de toute façon. Dumbledore savait toujours ce qu’il fallait dire pour rassurer les gens. Snape pour les enfoncer. Mais lui se sentait complètement impuissant. Toutes les paroles qui tournaient dans sa tête ou qu’il lui avait maladroitement récité hier soir lui semblaient totalement creuses. Alors il ne dit rien et espéra que sa présence suffise. Il avait du mal à le savoir tant Nott s’était montré renfermé toute la journée. Il était redevenu le Nott froid et distant qu’il avait toujours connu.

Le lendemain en revanche fut une journée de grand bouleversement. Nott senior arriva furieux dans la grande salle ou était servi le petit déjeuner et sans un mot jeta devant les deux adolescents un exemplaire de la gazette du sorcier ou s’étalait sur la Une, une photo d’Harry et Théo se tenant dans les bras au clair de lune. De toute évidence la photo avait été prise ce soir-là.

Harry lu le titre : « Nott séduit le survivant et le convertit à la magie noire en exclusivité par notre reporter Rita Skeeter » Le reste de l’article était encore pire. Qu’est-ce qu’il avait donc fait pour contrarier cette sale bonimenteuse. Et comment avait-elle fait pour se procurer cette photo ? De toute évidence quelque était avec eux dans la tour et avait vendu son histoire à Skeeter. Son instinct fut confirmé lorsque les jours suivant Skeeter continua à sortir des articles chaque jour un peu plus racoleurs sur les détails de leur relation où elle distillait petit à petit les révélations qu’ils s’étaient fait ce jour-là. Dans l’un deux se trouvait en illustration, Nott le tenant par le col. Apparemment malgré les dispositifs de sécurité des Nott un paparazzi était parvenu à les espionner dès le premier jour. Au bout du troisième jour il cessa de lire les articles. C’était de toute façon toujours la même chose. Le grand et brun ténébreux Théodore Nott avait séduit le jeune et pur Harry Potter et le conduisait petit à petit vers les ténèbres.

Le premier jour les révélations sur leur utilisation respective de la magie noire avait inquiété Harry mais d’une remarque acerbe de Nott senior l’informa que personne de sensé ne croyait les ragots inscrits dans ces torchons et qu’aucun juge n’oserait remettre en cause la probité de leur famille.

« — Du moins si nous faisons front ensemble » prit le temps d’insister Nott senior.

Ses paroles furent rapidement démenties par une lettre d’Amelia Bonnes lui indiquant qu’elle relançait l’enquête sur la mort de Sirius et qu’il était attendu dans le bureau du département la justice, comme témoin la semaine prochaine. Il se contenta d’écrire une longue lettre à Dumbledore pour lui demander son aide. En apparences, les Nott quant à eux, semblèrent totalement indifférents aux évènements. Nott senior semblait encore plus en colère et suspicieux que d’habitude à son intention. Nott junior se fit plus taiseux et indifférent de son entourage. Mais c’était peut-être juste une impression d’Harry. Dur à savoir étant donné le niveau de départ. Mais c’était sans compter une nouvelle routine matinale qui s’installa malgré les nombreuses tentatives des deux adolescents de s’y soustraire : la lecture du courrier.

Ils reçurent tout deux des tonnes de lettre d’insultes et des beuglantes. Harry remarqua qu’il s’agissait surtout de lettre de filles lui disant qu’il avait fait le mauvais choix. Ces moments franchement gênant rapprochèrent les deux adolescents et Théodore retrouva peu à peu l’attitude plus ouverte qu’il avait au début des vacances. Peu importe ce qui était la cause de ce changement chez le Serpentard, Harry le préférait définitivement comme ça. Il eut même l’impression de voir Théodore sourire en lisant une lettre de Fred et George qui faisait semblant de s’outrager qu’il fut préféré à leur jeune sœur tout en leur souhaitant tout leur vœu de bonheur pour leur futur mariage. Bref du Fred et George tout craché.

Mais un jour Nott essaya avec une gêne évidente de lui cacher l’une des lettres qu’il avait reçues. Cela intrigua fortement Harry. Un peu plus tôt il s’était échangé les lettres qu’il avait reçues respectivement de Blaise et de Ginny et n’en avait éprouvé aucune gêne. Seulement une franche envie de rire. (Pourtant c’était de loin les plus crus). Grace à sa cape d’invisibilité il put voir le soir qu’elle venait de Justin Finch-Fletchley mais n’osa pas en regarder le contenu.

Le jour de son départ il pensait avoir vu tout ce que Rita pourrait lui faire et être passé au-dessus avec humour mais avant de partir pour le bureau du directeur il vit sur la table du déjeuner une nouvelle Une. Apparemment la gazette rétropédalait. Tout d’un coup il n’était plus l’être pur tiré vers les ténèbres mais le sauveur qui avait sacrifié sa vertu pour racheter l’âme de l’héritier Nott

Ce retournement fit plaisir à Harry jusqu’à ce qu’il apprenne que son supposé plan avait tellement bien marché que désormais Nott le trompait en secret avec un né-moldu du nom de Justin Finch-Fletchley

oOoOoOo

Harry arriva quelques heures plus tard, passablement énervé, dans le bureau du professeur. Celui-ci l’accueillit avec jovialité sans faire attention à sa mauvaise humeur

— J’ai une excellente nouvelle, Harry.

— Vous avez enfin trouvé un moyen de faire renvoyer Rita Skeeter ? Lui répondit-il avec sarcasmes

— J’ai beaucoup mieux qu’un attentat contre la liberté de la presse.

Il sortit alors d’un des tiroirs de son bureau, un document administratif de plusieurs pages aux armoiries de Gringotts. Harry le regarda sans comprendre. Il s’agissait pour l’essentiel, d’une liste d’objets aux noms étranges dont il ignorait totalement l’utilité.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Regarde la 5ême page. Celle que j’ai corné.

Harry s’exécuta et vit surligné en rouge : « Pièce d’orfèvrerie Gobelins en forme de coupe aux armoiries de la maison Poufsouffle de Poudlard »

Harry oublia ses sujets de préoccupation et fut excités.

— Vous l’avez trouvé ? Ou ça ?

— Exactement là où nous pension la trouver. Dans la chambre forte de Lestrange. Ceci est un inventaire récent et exhaustif de son contenu.

— Comment vous avez réussi à faire ça ? Je croyais que seul le propriétaire d’un coffre pouvait y avoir accès.

— C’est le cas, Lord Black. Mais je me suis rappelé que notre ennemie s’appelait en fait Bellatrix Lestrange née-black. J’ai utilisé la procuration que je t’ai fait signer pour porter plainte en ton nom contre Lestrange pour usurpation d’héritage. En gros j’ai accusé Bellatrix de s’être appropriée des biens qui te revenaient de droit avant son mariage. En conséquence de quoi les gobelins ont décidé de vérifier en interne la véracité des accusations, afin de déterminer la réponse à apporter à ma requête. Ce qui est pratique avec les gobelins c’est leur prévisibilité.

J’ai ensuite convaincu un sorcier travaillant avec les gobelins de me fournir une copie de cet inventaire.

— Les gobelins vont être furieux s’ils l’apprennent.

— En effet. J’ai donc conseillé à mon contact de rapidement retourner en Égypte. Mais si tout se passe bien, ils n’apprendront jamais qu’il a joué un rôle dans cette histoire.

— Les choses ne se passent jamais bien.

— Il faut toujours une exception pour confirmer la règle. Mais si avant que je ne t’expose mon plan pour récupérer cette coupe tu me parlais de ce qui te préoccupe ?

— Ce n’est rien vraiment. Les Horcruxes sont plus importants.

— Allons. Je suis tellement fier de mon plan. Je ne veux pas que quoi que ce soit ne vienne gâcher l’éblouissement que tu ne manqueras pas de ressentir en l’écoutant. Raconte-moi comment s’est passé ton séjour chez les Nott.

— En dehors des ragots ridicules de Rita il ne s’est rien passé. Ce voyage a été une perte de temps complète. Il n’y a pas l’ombre d’un Horcruxe dans ce château. Il doit être caché ailleurs. Peut-être dans leur chambre forte.

— Des ragots vraiment ? Quel dommage. Vous auriez fait un si joli couple.

— Vous n’avez pas lu les dernières nouvelles. Je ne pouvais quand même pas accepter qu’il me trompe pour quelqu’un de plus âgé.

— Non en effet. Je suis heureux que tu le prennes aussi bien. J’avais peur que ce ne soit la cause de ton tourment actuel.

— Depuis mon arrivée à Poudlard on a dit des choses bien pires sur moi. Par contre Théodore n’a pas vraiment apprécié que Justin soit mêlé à tout cela. Je ne sais pas quel genre de relation il entretient avec le golden boy de Poufsouffle, mais il a peur que je l’ai mis en danger inutilement en venant chez lui. Et le pire c’est que je crois qu’il a raison. Une fois de plus. Si son père, ou même tout autre sang pur se met à prendre au sérieux ce que Rita a écrit…

— Je vais le répéter jusqu’à ce que tu le retiennes : Ce n’est pas ta faute. Je vais finir par t’enchaîner avec le professeur Snape jusqu’à ce que cette vérité rentre. Par contre c’est entièrement de ta faute si tu as joué avec la magie noire.

— Vous saviez ? Depuis quand ?

— Depuis ton combat avec Snape. En se réveillant, il l’a laissé échapper, croyant que ta crise était liée à une intoxication à la magie noire. Mais j’ai dû attendre cet article pour en avoir les détails.

— Il raconte n’importe quoi. Ça ne s’est pas du tout passé comme ça. C’est vrai que j’ai commencé à fréquenter Théodore au même moment, mais il n’était au courant de rien. Si ça avait été le cas il m’en aurait empêché

— Ou il t’aurait poussé plus loin encore. Si nous réunissons à empêcher une nouvelle guerre je fonde de grands espoirs sur l’hériter des Nott. Mais n’oublie pas qu’il se rangera sans hésiter dans l’autre camp dès les prémisses des premiers troubles.

— Je connais Théodore mieux que vous. Dit Harry sur la défensive. Il ne voulait pas admettre qu’il pensait comme Dumbledore.

— Harry parfois il y a des gens qu’on ne peut pas sauver.

— Ce n’est pas encore le cas de Théodore. S’il apprécie ce naze de Justin c’est qu’il y a de l’espoir. Vous avez fait quelque chose pour le protéger.

— Oui. Le professeur Chourave prend très à cœur la sécurité de ses élèves. Je m’inquiéterai plutôt pour la sécurité de Théodore. Comment son père a-t-il prit la chose ?

Harry redevint sombre.

— Je ne sais pas. Théodore m’a pratiquement foutu dehors avant qu’il ne rentre. J’ai demandé à Dobby de le faire transplaner de force sur le quai 9-3/4.

— C’est plus prudent en effet. Une fois au château il sera en sécurité. Mais cela met d’autant plus en danger Justin. Je suis à peu près certain qu’il n’y a rien de romantique entre eux deux mais malgré tout, je doute qu’il te pardonne.

— Je sais. Mais je m’en fiche de son pardon.

— Ce qui est malencontreux car en cas d’échec au manoir je comptais te demander d’emmener Nott au chemin de traverse. J’avais concocté tout un scénario pour que vous soyez contraints de passer à vos chambres fortes respectives.

— C’est mort et enterré. En tout cas avant très longtemps. Et sinon votre plan pour vous emparer de la coupe ?

— En fait c’est très simple. Je vais contacter les héritiers d’Hepzibah Smith pour qu’ils portent plainte pour vol contre la famille Lestrange auprès des gobelins. Bien entendu les gobelins refuseront. J’utiliserais alors le document ici présent pour prouver qu’ils ont menti en toute connaissance de cause. Pour protéger une mangemort reconnue, qui plus est. Si je leur verse une caution exorbitante, je pense pouvoir les convaincre de me la confier pour quelque temps.

— Vous êtes un génie. Qui c’est qui a eu l’idée de ce plan ?

— Mon contact qui travaille avec les gobelins.

— Pour moi vous êtes quand même un génie.

Deux derniers mois

Deux mois passèrent.

Deux mois de tracasserie judiciaire qui ne menèrent à rien. L’argent des Blacks et l’aura de Dumbledore contrecarra toutes les tentatives d’Amelia Bones de mener une enquête sérieuse sur la mort de Sirius. Par contre elle fit savoir à la presse que Sirius et d’autres mangemorts avaient été condamnés sans procès, ce qui avait soulevé une controverse que Malfoy instrumentalisa pour tenter de faire libérer une dizaine de mangemorts. Devant la menace, Amelia Bonnes avait fini par faire alliance avec Dumbledore. Au final tout ceci ne fit que discréditer encore un peu plus le ministère aux yeux de la population.

Deux mois d’articles de Rita Skeeter lançant les rumeurs les plus folles à son sujet. Elle avait notamment réussi à déterrer qu’il était fourchelangue. Mais ses articles étaient relayés dans les dernières pages. Quelle qu’en soit la raison, la gazette préférait l’encenser comme un héros au grand cœur. Il soupçonnait Dumbledore d’être derrière tout ça. A moins que ce n’ait un rapport avec la séance photo que Fudge lui avait demandé et qu’il avait accepté sous les conseils du directeur.

Deux mois d’ostracisassions telle qu’il n’en avait plus connu depuis la deuxième année. Maintenant qu’il ne pouvait plus fréquenter Nott et que plus aucun Poufsouffle n’osait s’approcher de lui, il était définitivement seul à Poudlard. Son seul ami était désormais Croutard qu’il avait pris l’habitude de toujours avoir avec lui sur son épaule ou dans sa poche. Au grand damne du professeur Snape qui n’appréciait pas beaucoup certaines de ses facéties. Harry le défendait systématiquement, mais il aurait bien aimé que le rat cesse de se moquer du professeur de potion.

Deux mois durant lesquels s’affermit sa décision de quitter le monde sorcier une fois tout cela terminé. Plus rien ne le retenait ici désormais. La magie était merveilleuse. Le vol en balai, la meilleure chose qui lui ne soit jamais arrivé. Mais la société sorcière le dégoutait. C’est donc avec joie que le jour de la fin de ses examens, il se rendit dans le bureau de Dumbledore, où il avait été convoqué.

Immédiatement il vit la coupe de Poufsouffle trôner au centre du bureau à côté d’un crochet de basilic. Il ne perdit pas de temps pour détruire l’Horcruxe.

Il pensait partir mais le directeur le retint pour lui montrer le souvenir d’un fonctionnaire du ministère. Dans la pensine, il le vit se rendre dans une cabane miteuse rencontré le grand-père maternel de Voldemort. Il était encore plus fou que Voldemort et avait passé l’intégralité du souvenir à se vanter de la grandeur de sa lignée en exhibant ses deux trésors : le collier de Serpentard et la bague des Gaunt. Deux reliques familiales aux pouvoirs fabuleux qui se transmettaient dans sa famille depuis des générations.

Une fois sorti, Dumbledore lui remontra le souvenir où Slughorn avait expliqué à Jedusor ce qu’étaient les Horcruxes. Il ne comprenait pas pourquoi Dumbledore voulait qu’il revisite se souvenir jusqu’à ce qui l’a vit. Au doigt de Jedusor se tenait la bague des Gaunt.

Harry ressorti du souvenir en criant :

— La bague est le dernier Horcruxe.

— Je le pense aussi.

— Vous croyez qu’elle est dans le coffre des Nott ? Maintenant que l’on sait ce que l’on cherche on pourrait utiliser la même technique que pour la coupe.

— Je crains que ça ne fonctionne pas aussi bien la deuxième fois. De toute façon, après la visualisation de ce souvenir j’ai tenté de me rendre dans cette cabane afin d’en apprendre plus. En approchant de ces bois j’ai immédiatement senti une intense concentration de magie noire.

— Professeur, je crois que nous devrions aller dans cette cabane.

— Indubitablement. Néanmoins il est un peu tard pour y aller aujourd’hui. Demain lorsque les autres élèves auront quitté Poudlard pour profiter de deux mois de vacance bien mérités, tu prendras ta cape d’invisibilité et tu m’accompagneras pour une dernière activité scolaire.

— Puis vous me libérerez de Voldemort et je pourrais retourner chez mes parents. Cria presque Harry tellement sa joie était immense.

— Oui Harry. Je te libérerais. Répondit le vieillard avec une lassitude visible.

Harry se dit qu’il devrait faire l’effort de se souvenir plus souvent qu’il était très âgé. Malgré les apparences tout ceci devait l’épuiser. Il le quitta rapidement, soucieux qu’il puisse se reposer.

Il ignorait qu’au contraire Dumbledore réfléchissait à toutes les excuses possibles pour le retenir et éviter ainsi d’être tout seul avec ses pensées. Le soir venu, Dumbledore dormit très mal en pensant à ce qu’il allait devoir faire le lendemain…

Tome 4 : Harry Dursley, la fin de l’histoire

Le commencement de la fin

Depuis environ une heure, Harry et Dumbledore marchaient côte à côte dans la sombre forêt qui bordait le manoir Jedusor, chacun retranché dans ses pensées pour ne pas avoir à exprimer ce qu’il pensait vraiment.

Pour le plus jeune, c’était l’espoir de mettre un terme à tout ceci et pouvoir enfin reprendre une vie normale. Revoir sa famille, ne plus vivre dans la peur constante, se faire une vie bien rangée et bien tranquille. La seule aventure à laquelle il aspirait vraiment était de reprendre la direction de l’usine de perceuses de ses parents adoptifs et de prendre soin d’eux afin que là où il était, son frère de cœur lui pardonne de lui avoir volé sa vie.

Les pensées du plus âgé étaient terriblement plus sombre. Pour le plus grand bien, il devrait bientôt tuer un innocent. Encore un ! Il savait qu’il aurait dû rester sur ses gardes, mais la moitié de son esprit était dédiée à trouver un moyen d’éviter ce dénouement et l’autre, à trouver la force de faire ce qui était nécessaire plutôt que ce qui était juste.

Dans le but de se faciliter la tâche, il avait passé une grande partie de la soirée à essayer de détester l’enfant. À lister tous ses défauts et toutes ses erreurs. Il était égoïste, lâche, sarcastique, adepte de la magie noire et par-dessus tout, très différent de ce qu’il avait prévu (Dumbledore n’aimait pas avoir tort). Mais grâce à lui, un espoir qu’il n’avait jamais envisagé était sur le point de se produire : Le plus grand mage noir de tous les temps allait être détruit sans la moindre effusion de sang. Et la seule récompense qu’il désirait en échange, c’était le droit à une vie normale. Cependant, la seule chose qu’il pourrait lui offrir était une mort rapide.

Ils arrivèrent finalement en vue de la cabane. Automatiquement, le gamin se mit derrière lui, sa baguette serrée tellement fort dans sa main que les articulations en devenaient blanches. Mais il fallait bien cela pour que sa baguette ne lui échappe pas, tellement, il tremblait. Il était terrorisé, prêt à l’abandonner au moindre danger et ne cherchait pas à le cacher.

Ce comportement aurait dû exaspérer l’ancien Gryffondor qu’il était. Mais malgré tous ses efforts, il ne pouvait nier que ce qu’il avait devant ses yeux était un enfant effrayé qui s’était déjà bien trop sacrifié pour le plus grand bien. Car oui, il était avant tout un enfant. Pas un de ses héros sans peur et sans reproche qui pullulent dans la littérature. Comment pouvait-il lui reprocher d’être lâche et égoïste ? En comparaison, lui-même s’était montré bien moins courageux et altruiste au même âge.

Tout en poursuivant le fil de ses pensées, il se mit à avancer et naturellement, l’enfant le suivi. Sans doute motivé par le fait d’enfin en finir et de ne pas rester seul dans cet endroit tellement chargé de magie noire qu’elle en était presque palpable.

Ses pensées se tournèrent vers sa jeunesse et inévitablement vers la plus grande erreur de sa vie : Gellert. Durant cet été, le bel étranger avait été son monde. Pour lui et ses grands projets, il était prêt à tout sacrifier, y compris ses responsabilités. Mais c’était Ariana qui en avait payé le prix. Au souvenir de sa cadette, une vague de tristesse l’étreignit. Perdu dans ses pensées, il remarqua à peine qu’il était entré dans la cabane délabrée sans que le moindre obstacle n’apparaisse. D’un seul coup d’œil, il constata que la minuscule habitation ne contenait rien d’intéressant. Ils étaient pourtant au bon endroit. La main que porta son jeune acolyte à sa cicatrice le lui confirma.

Il commença à psalmodier des sorts tous plus compliqués les uns que les autres dans le but de découvrir l’emplacement de l’Horcruxe. Sans qu’il ne comprenne pourquoi, en plein milieu de sa litanie, la pensée d’Ariana s’imposa de nouveau à lui. Il tenta de la repousser et de se concentrer sur sa tâche, mais il ne cessait de revoir son visage accusateur. Au bout d’un moment, il ressentit une telle culpabilité qu’il s’arrêta en pleine incantation, Albus ne parvenait plus à se rappeler de la suite.

C’est alors qu’il le vit, là au milieu de la pièce, simplement posé sur le seul meuble encore debout de la maisonnée : la bague des Gaunt, serties de l’objet de tous ses fantasmes depuis sa rencontre avec Gellert. Comment la pierre de résurrection pouvait-elle se trouver ici ? Comment se faisait-il qu’il ne l’avait pas remarqué plus tôt ? Il aurait dû se poser ses questions, mais la seule chose qui lui vint à l’esprit fut un besoin irrésistible d’enfiler l’anneau. Il était obsédé par l’envie de mettre un terme à plus d’un siècle de culpabilité en faisant revenir sa première victime et enfin obtenir son pardon.

Aussi vite que lui permettait son vieux corps, il s’avança vers l’anneau. Sa main n’était plus qu’à quelques centimètres. Un doute surgit en lui, mais il l’écarta bien vite.

Il ressentit alors une douleur terrible puis une explosion de magie noire d’une violence inouïe le fit chanceler et il posa genou à terre. Devant lui, le jeune Harry avait profité de ses quelques secondes de doute pour enfiler l’anneau. Il hurlait de douleur à sans déchirer les cordes vocales. Après de longues et intenses secondes (que Dumbledore mit à profit pour reprendre ses esprits), les hurlements se changèrent en un rire maléfique et les yeux de l’élu devinrent rouges :

— Ha ha ha ! Enfin, je suis de retour.

Voldemort leva sa baguette et lança un sort dans sa direction. Encore trop affaibli pour attaquer ou esquiver, Dumbledore invoqua par réflexe un bouclier d’argent capable de résister aux sorts les plus puissants. Hélas, à son grand déplaisir, ce fut un simple Wingardium Leviosa qui vint en sa direction.

Il avait lui-même inventé ce sort de bouclier et n’en avait jamais divulgué à quiconque le secret. Il lui permettait de contrer tous les sorts de Voldemort, y compris les Avada Kedavra, au prix d’une grande dépense d’énergie. S’il gardait un tel secret et s’il ne l’utilisait que contre Voldemort, c’est parce qu’en plus de la puissance magique qu’il requérait, ce sort avait une énorme faiblesse : il était totalement inefficace contre la magie blanche. D’habitude, l’amour de Tom pour la magie noire et son mépris pour les sorts faibles rendait sans importance cette faiblesse. Mais aujourd’hui elle causa sa perte.

Sa baguette, touchée de plein fouée, lui échappa des mains et s’échoua dans la main de Voldemort. Mais au moment où la baguette toucha ses doigts, un autre éclair de magie embrasa la pièce. La pierre, la baguette et la cape d’invisibilité (qui était dans la poche de Harry) se mirent à luire d’une couleur surnaturelle qui évoquait la mort. Voldemort fut pris de panique devant ce phénomène et délaissa son vieil ennemi qui en profita pour appeler son phénix et fuir la scène.

La dernière chose que Dumbledore vit fut un rat sortir de la cape d’invisibilité et se transformer en Peter Pettigrow.

Mobilisation du camp de lumière

En ce début de juillet, tout était calme dans le bureau de l’illustre professeur Dumbledore. La pièce était baignée dans un magnifique soleil d’été qui se reflétait sur les nombreux instruments en bronze dispersés ici et là.

Le seul bruit qui se faisait entendre était un ronflement sporadique provenant de l’un des tableaux d’anciens directeurs.

Quand Dumbledore apparut au milieu de ce paysage, il resta paralysé plusieurs minutes. Le contraste entre le chaos chargé de magie noire qu’il venait de quitter et le calme teinté de la douce magie de Poudlard était si violent que ça le garda sonné. Ensuite, il se rappela des montagnes émotionnelles qu’il venait de vivre et il sentit le poids des années s’abattre sur ses épaules. Hélas, il n’était pas encore question pour lui de prendre un repos bien mérité. Il se ressaisit et jeta une pincée de poudre de cheminette dans l’âtre.

— Bureau de Cornelius Fudge, ministre de la magie.

Il essaya de traverser l’âtre, mais fut bloqué par un mur invisible. Albus prit son mal en patience et attendit. Au bout d’un temps qui lui sembla infiniment long, une tête apparut au milieu du feu et prononça d’une voix morne :

— Monsieur Cornelius Fudge est en réunion. En cas d’urgence merci de laisser un message au service du secrétaire d’État du (…).

Mais Albus le coupa.

— Je n’ai pas le temps pour cela. Je dois parler de toute urgence à Cornelius. Laissez-moi passer.

— Vous pourriez être Albus Dumbledore en personne que ça ne vous dispenserait pas de respecter les procédures. Je disais donc, en cas d’urgence merci de laisser un message au service du secrétaire d’État du ministre dirigé par Dolores Ombrage.

— Mais je suis Albus Dumbledore !

— Mais bien sûr, comme si on ne me l’avait jamais fait celle-là. J’ai été son élève, vous savez, et vous ne lui ressemblez pas du tout. Il est beaucoup moins vieux. Répondit le fonctionnaire.

Albus prit une longue respiration. S’énerver ne ferait que le ralentir. Plus que jamais il devait rester maître de lui, pensa-t-il avant de reprendre presque jovialement :

— Oui, je me souviens de vous, Jensen. Et déjà à l’époque, vous n’étiez pas très physionomiste. J’ai été l’un des rares à vous croire sur parole, lorsque vous avez affirmé à Britney que vous l’aviez confondu avec sa sœur, lors de cette soirée organisée par Slugorn.

— Ce n’était pas de ma faute, elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau.

Albus se reteint de dire que la sœur de Britney était chauve et poursuivit :

— Des forces mystérieuses étaient à l’œuvre durant cette soirée. Peut-être étiez-vous destiné à épouser Jordane. J’ai tout de suite su que vous finiriez ensemble, lorsque je vous l’ai présenté au bal du nouvel an du ministère. Allez, en souvenir de ce vieil homme, qui vous a permis de rencontrer l’amour de votre vie, faites une exception et laissez-moi passer.

— On a divorcé il y a 10 ans et c’est elle qui a la garde des gosses. Le service du secrétaire d’État du ministre est ouvert du lundi au samedi de 9h à 20 heures.

Puis l’employé coupa violemment la communication avant qu’Albus ne puisse rajouter quoi que ce soit. Il essaya de le recontacter, mais il refusa tout bonnement la connexion magique.

Sans perdre de temps, il reprit une pincée de poudre de cheminette et cria :

— Ministère de la magie, bureau de Gwendoline Burbage.

Il ne tenta même pas de contacter directement Ombrage. Albus savait que ce vieux crapaud ne laissait jamais sa cheminée ouverte, afin de pouvoir imposer à ses visiteurs une attente proportionnelle à sa relation avec le quémandeur (et ses relations avec Ombrage étaient plus glaciales que la banquise). Habituellement, Abus se montrait compréhensif vis-à-vis de ce genre de mesquineries de la part des responsables du ministère, en se disant que c’était un moyen somme toute, assez inoffensif, d’imposer leur autorité aux visiteurs. Surtout lorsque, comme Ombrage, ils avaient passé leur carrière à voir leur légitimité remise en cause parce qu’ils n’avaient pas le bon sexe ou une famille suffisamment prestigieuse. Mais aujourd’hui, il n’avait définitivement pas le temps pour ce genre de bêtises. Il passa sa tête dans la cheminée dépourvue de protection.

— Albus. Mais qu’est-ce que vous faites ici ? S’étonna Gwendoline en levant la tête de la multitude de dossiers tamponnés urgent qui recouvraient son bureau.

— Une urgence. Je dois parler au ministère tout de suite. Allez me chercher Ombrage immédiatement.

— Oui ben des urgences on a que ça ici, alors vous attendrez comme tout le monde. Non mais c’est un comble ça. Vous débarquez comme ça à l’improviste et il faudrait que Gwendoline se plie en quatre pour régler vos petits problèmes ? Eh bien, vous savez quoi, Gwendoline, elle en a marre d’être prise pour la bonniche par tout le monde. Moi aussi, j’ai mes urgences. Éructa-t-elle avant que Dumbledore ne puisse en placer une.

Puis d’un revers de la main, elle envoya valdinguer les dossiers qui parsemaient son bureau déclenchant une tempête de papier avant de sortir un magazine de mode et de le feuilleter tranquillement.

Albus dit prudemment :

— Je comprends que vous ayez vos problèmes, mais je me dois d’insister…

— Je suis en pause, ça ne se voit pas ?

— Voldemort est de retour et je dois m’entretenir avec le ministre le plus vite possible pour que nous organisions la riposte.

À l’entente de ce nom maudit, elle sursauta violemment et dit d’une voix tremblante.

— Non mais ça ne va pas d’inventer des histoires pareilles ?

— Pourquoi diable ferais-je ça ? Voldemort vient juste de renaître, mais il est encore faible. Si nous agissons rapidement nous pouvons l’empêcher de regagner son pouvoir et de plonger de nouveau le monde sorcier dans le chaos.

Gwendoline partit en courant de son bureau et revint moins d’une minute plus tard accompagnée d’une Dolores Ombrage très contrariée de se faire ainsi traîner de force par sa propre subordonnée (en plus, à cause de son principal rival politique). Une fois devant la cheminée Ombrage déclara avec un sourire très clairement forcé :

— Mon très cher Albus, j’ai cru comprendre que vous aviez une bonne raison de violer délibérément les protocoles du ministère. Malheureusement, en ma qualité de haut responsable, je me vois contrainte de vous rappeler à l’ordre et de vous refuser toute audience. Ce n’est pas contre vous. C’est juste que ..

— Cessez immédiatement ses petits jeux hypocrites. Vous me détestez et moi aussi. Néanmoins, nous devons nous unir pour faire face à Voldemort.

— Voyons Albus, vous devenez gâteux. Le seigneur des ténèbres n’est plus depuis 13 ans. À votre âge, vous devriez faire attention à ne pas trop vous exposer au soleil.

— Merci pour votre suggestion, mais avant de décider de prendre ma retraite et de vous laisser candidater à ma succession au poste de président du Magenmagot, j’aimerais obtenir l’avis du ministre. Laissons-le décider qui de nous deux devrait prendre un congé bien mérité, afin de s’éclaircir les idées.

— Je suis navré, mais sans autorisation S24, soussignée par les chefs des douze départements, je n'ai pas le droit de vous faire passer, ni de communiquer votre appel à Monsieur le ministre. Bien entendu, si vous souhaitez cette autorisation, je peux vous la transmettre, mais n'oubliez pas qu'il faut le laissez-passer B12 pour obtenir un rendez-vous avec les chefs des départements du ministère de la magie. Un par directeur, bien entendu.

Sachant que ça ne mènerait à rien, Dumbledore coupa la connexion. Il eut alors une illumination. Il prit une nouvelle pincée de poudre de cheminette et hurla :

— Local de monsieur Alfred Warrington, majordome personnel du ministre de la magie.

Albus se félicita d’être l’une des rares personnes à prêter attention au petit personnel lors de ses nombreux entretient avec le ministre. Enfin jusqu’à ce qu’il se rende compte que cette cheminée aussi était protégée par un sort contre les intrusions. Heureusement, une tête ne tarda pas à apparaître dans le feu :

— Qu’est-ce vous me voulez ? Prononça avec un fort accent écossais la tête d’un homme qui semblait encore plus vieux qu’Albus.

— Excusez-moi de vous déranger, mais pourriez-vous aller dire au ministre de la magie que je dois lui parler de toute urgence de Voldemort.

— Non, il n'est pas dans le port, il est dans son bureau. Essayer d’appeler la peau de vache, là. Comment elle s’appelle, déjà ? Ah oui Ombrage. J’étais déjà là quand elle était qu’une petite gamine, tout juste, sortit de Poudlard. Elle en a fait du chemin la noiraude depuis ...

— Non, je veux lui parler de Voldemort. Le coupa Dumbledore.

Le vieil homme se retira et revint quelques secondes plus tard avec un cornet acoustique.

— Laissez-moi passer, je dois prévenir Cornelius que Voldemort est de retour.

— Vous commencez à m’emmerder avec le port. Puis ce que je vous dis qu’il est dans son bureau.

Exaspéré, Dumbledore abandonna et tenta de joindre le chef du bureau des aurors, mais une fois encore, il fut bloqué. La tête d’un employé du ministère apparut dans les flammes :

— Oh Dumbledore. C’est avec un grand plaisir que Scrimgeour s’entretiendra avec vous. Il est cependant très occupé en ce moment et nous devons respecter les procédures. Pour un rendez-vous avec le chef du département, veuillez remplir le formulaire A-38, afin d’obtenir le laisser-passer B12.

— Je n’ai pas le temps, je dois le voir de toute urgente.

— Je suis désolé, mais il est indisponible, mais vous pouvez me laisser un message et je lui transmettrais dès la fin de sa réunion.

Maintenant clairement exaspéré, il hurla au bord de l’hystérie :

— Voldemort vient de renaître plus puissant que jamais. Réunissez immédiatement tous les aurors disponibles. Nous devons aller sur les lieux de sa renaissance et l’affronter avant qu’il ne réunisse ses partisans. Il a probablement déjà déserté les lieux, mais il faut tenter le coup.

— Pardon ? Qu’est-ce vous racontez ? C’est une mauvaise blague ?

— Est-ce que j’ai l’air de plaisanter ? Dépêchez-vous, chaque minute compte. Dit Dumbledore en prenant son air le plus autoritaire et en laissant irradier son pouvoir.

Le jeune employé en face de lui blêmit et sembla s’écraser devant son autorité, mais répondit :

— Je suis désolé, mais le bureau est vide. Tous les aurors sont mobilisés pour assurer la sécurité de la coupe du monde et vérifier les entrées et sorties du territoire. Beaucoup de criminels essayent de profiter des arrivées massives de sorcier en provenance de toute la planète pour faire rentrer des artefacts de magie noire.

Dumbledore allait répondre quand la porte de son bureau fut enfoncée par un Severus Snape pâle comme un linge se tenant le bras droit :

— Albus, ma marque. Le seigneur des ténèbres m’appelle. Il est de retour.

Après cela, Dumbledore coupa la connexion sans se rendre compte que son interlocuteur avait blanchi de plus belle en comprenant que ce n’était définitivement pas une mauvaise blague.

— Je suis au courant et j’essaye en vain d’alerter le ministère. Contactez Minerva et tous les membres de l’ordre du phénix que vous pourrez. Nous devons être prêts à partir dans 10 minutes au plus tard. Et surtout, inutile d’aller jouer les espions. Le seigneur des ténèbres a probablement accès à tous les souvenirs de Potter. Il sait dans quel camp vous êtes.

Severus s’en voulut de ressentir du soulagement en entendant cela. Il avait des milliers de questions à poser, mais obéit prestement à son mentor.

Dumbledore profita de ce cours répit pour se rendre dans ses quartiers et ouvrit une commode. D’habitude, quand il ouvrait ces tiroirs, il s’attardait sur les photos de Gellert et d’Arianna qui s’y trouvaient. Mais aujourd’hui il se contenta de saisir la baguette qu’il avait abandonnée là, des années plus tôt. Immédiatement, il ressentit un flux magique tel qu’il n’en avait pas connu depuis 50 ans. Il avait l’impression de retrouver une vielle amie. La baguette de sureau était indéniablement plus puissante, mais il n’avait jamais senti une telle complicité qu’avec sa première baguette et son crin de licorne.

Une fois, ceci fait, il se permit, après des heures de contraintes, à s’asseoir et souffler. Toutes ces péripéties n’étaient plus de son âge.

Il décida de consacrer ce moment de calme à se reposer et à réfléchir. Mais plus il réfléchissait à ce qu’il venait de se passer, plus il paniquait. Voldemort possédait les 3 reliques de la mort et lui-même ne possédait plus la baguette de sureau. Grâce à elle, il parvenait tout juste à contenir les assauts de Voldemort lors de leurs précédents duels.

Pour la première fois depuis son affrontement avec Gellert, il ressentit un sentiment de peur et d’impuissance à l’idée d’un combat. Mais il ne pouvait pas reculer. Il devait à tout prix tenter d’affronter Voldemort avant qu’il ne comprenne comment utiliser les reliques ou qu’il ne se trouve des alliés. Ou plutôt, plus d’alliés. Il n’arrivait pas à croire qu’il avait vu Pettigrow.

Cela remettait en cause beaucoup de chose et ne lui fit que regretter davantage la mort de Sirius Black, l’année précédente. Mais ce n’était pas le moment de penser à cela.

Après quelques minutes, une dizaine de sorciers se trouvaient dans son bureau à attendre avec lui. Au retour de Severus, il les fit tous transplaner aux abords de la forêt. Ils y pénétrèrent avec prudence, mais elle était désespérément vide. Plus aucune trace de la cabane ou de magie noire.

Comme attendus, ils avaient été trop lents.

Mobilisation du camp des ténèbres

Note de l’auteur :

— Nous somme de retour.

— Pour vous écrire une fanfiction

— Afin de préserver le fandom de la dévastation

— Afin de rallier tous les lecteurs à nos comptes fanfictions

— Afin d’écraser le bon goût et les fautes d’orthographe

— Afin d’étendre notre renommée jusqu’au bar d’a côté (oui, bon, on a les ambitions qu’on peut se permettre)

— Serpentfou

— Miss-Gotthelf-Snape

— La Team Harry Dursley plus rapide que chatGPT

— Ecrivez une review ou ce sera la guerre.

— Thévenin, oui la guerre.

Serpentfou prend un gros marteau et le frappe en criant :

— Dégage, j’ai même pas encore publié ta fanfic.

— Une fois de plus les yeerks s’envolent vers d’autres planètes.

…..

Un silence de mort s’abat sur la salle jusqu’à ce que des toussotements se fassent entendre.

— C’était gênant. On promet de plus jamais faire ça.

Comme promis me revoilà. Et j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle c’est qu’en plus de publier un nouveau chapitre j’ai rajouté 3 chapitres dans le tome 3. En effet les chapitres 14, 19 et 23 sont des nouveaux chapitres. J’ai décidé de faire ce rajout, car dans l’état actuel, je trouvais que la relation d’amitié entre Nott et Justin sortait un peu de nulle part.

La mauvaise nouvelle c’est que je change le rythme de publication.

En effet récemment, j'ai créé un blog: https: //serpentfou.fr dans le but de centraliser en un seul endroit tous les trucs que j'ai écrits au fil du temps (je n'ai pas rapatrié grand-chose pour l'instant) et de pouvoir être un peu plus libre de faire ce que je veux (notamment d'inclure des images, des vidéos ou de la musique au milieu de mes histoires)

Sur le blog, je vais publier en intégralité mes histoires dès qu'elles seront écrites. Tandis que sur fanfiction.net, je publierais au rythme d'un ou deux chapitres par semaine. Comme ça, ça satisferait autant ceux qui préfèrent une publication lente que ceux qui préfèrent tout lire d'un seul coup. Donc à partir de maintenant sur fanfiction.net je ne publierai qu’un chapitre par semaine tous les jeudis. Sauf si le chapitre est trop court, auquel cas j’en publierai 2 d’un coup.

oOoOoOoOo

Quelques heures plus tôt :

— Endoloris ! Peter méprisable traître, comment oses-tu te présenter devant moi ?

Peter gémissait doucement sur le sol après avoir subi la colère de son maître. Au prix d’un effort surhumain, il s’agenouilla et d’une voix plaintive expliqua :

— Mais, mon seigneur je n’ai fait que suivre vos ordres.

— Mes ordres ! Comment oses-tu misérable rat ? Endoloris ! Tu l’as aidé à détruire mes horcruxes. L’accusa Voldemort entre deux sort de torture.

— Vous aviez dit que vos horcruxes était bien protégé. Que je devais juste protéger Potter, le temps que vous parveniez à le posséder complètement.

— Ne me mens pas. Même un résidu de veracrasse, tel que toi aurait dû comprendre que je n’ai juste pas eu le temps de te donner la suite de mes instructions, avant l’arrivée de Sirius Black. Endoloris ! Tu as empêché le collier de le posséder. Hurla de nouveau Voldemort.

— Mais maître, comment aurais-je pu deviner, que vous aviez confié l’un de vos Horcruxe au frère de Sirius ? Supplia Peter.

— Je ne lui ai jamais confié l’un de mes horcruxes sombre imbécile. Et regarde-moi dans les yeux, lorsque je te parle.

Dès que Peter leva les yeux vers son maître, il eut l’impression que son esprit fut déchiré en deux. Voldemort fouillait son esprit de toute sa puissance maléfique, sans s’inquiéter des dommages que cet examen approfondi pourrait causer à l’esprit de son serviteur. Peter dut mobiliser tout ce qu’il avait appris en espionnant les cours d’occlumancie entre Snape et Harry, rien que pour éviter de s’évanouir. Au bout de ce qui lui sembla une éternité, Peter sentit l’esprit maléfique se retirer. Il se sentait comme souillé par son passage, mais il était bien trop occupé à se demander ce que voulait dire le sourire qu’arborait le visage d’Harry, pour s’en offusquer. Voldemort, souriait-il d’anticipation aux tortues qu’il allait lui infliger pour son manque de dévotion ou les astuces de Snape lui avait-elle permis de tromper le seigneur noir, une fois de plus.

— Je vois, tu as senti la magie noire et tu pensais le protéger d’un piège laissé par les Blacks à destination des parvenues qui oseraient souiller leur demeure ancestrale après leur disparition. Comment peux-tu te prétendre sorcier, si tu n’es même pas capable de différencier la magie de ton maître de celle de ses idiots décadents ? Tu es une honte à ton sang.

Peter n’en croyait pas sa chance et enchaîna sans laisser à son maître le temps de réfléchir davantage.

— Maître, je vous prie de me pardonner. Je vous jure que depuis notre précédente rencontre, j’ai œuvré dans l’ombre à isolé Harry de ses amis et à chercher un moyen d’accélérer votre retour. Mais Dumbledore le surveillait constamment en secret. Le seul moment où je fus libre de mes mouvements était durant sa visite au manoir Nott, mais j’ai dû me contenter d’orienter discrètement l’enquête de cette journaliste afin d’accélérer le départ d’Harry. Je ne voulais pas prendre le risque qu‘il finisse par découvrir un autre de vos horcruxes.

Peter prononça cette dernière phrase en espérant que Voldemort n’aurait jamais la mauvaise idée d’aller vérifier auprès de Rita Skeeter. Après tout, si Voldemort se fiait aux souvenirs d’Harry, à part Peter sous sa forme de rat, personne d’autre n’était présent à ce moment-là pour tout rapporter à la journaliste. Son mensonge serait crédible et le convaincrai peut-être qu’il l’avait servi fidèlement.

Cette fois Voldemort ne fit pas durer le suspense :

— Je pardonne ta stupidité, pour cette fois. Mais sache qu’il n’y aura pas de deuxième chance.

Peter s’avança vers son maître et lui baisa les pieds. Puis d’une voix pathétique il prononça :

— Merci maître. Je ne vous décevrais pas.

— Tu as intérêt. Maintenant, tu vas me dire tout ce que tu sais sur ce qui vient de se produire ? Quel genre de sort, Dumbledore a-t-il lancé sur cette cape ?

— Je l’ignore maître. À aucun moment, je ne l’ai vu s’en approcher.

— Tu es décidément parfaitement inutile. À moins que tu ne feignes l’incompétence pour ne pas révéler ce que tu sais. Je te conseille de tout me dire. Grâce à mes vastes connaissances, j’ai déjà une bonne idée de la magie qui est en jeu ici et il me paraîtrait surprenant que Dumbledore ait pu appliquer un sort aussi puissant sans que tu ne t'en aperçoives.

Affolé Peter, fouilla sa mémoire à la recherche de la moindre bribe d’information. Cependant rien ne lui vint. Il réfléchit à inventer un autre mensonge, mais le risque était trop grand qu’il soit incohérent avec ce que Voldemort savait de la puissante magie qui avait irradié de la cape, de la bague et de la baguette qui ornait maintenant le corps d’Harry. Peter n’avait jamais entendu parler d’une telle magie. Elle était à la fois si différente et si semblable à la magie noire. À la fois plus sombre et plus douce. Plus terrible et plus calme.

— Je vous jure que je ne sais rien maître.

Une expression d’incrédulité s’afficha quelques seconds sur le visage d’Harry. Ce fut si fugace que Peter crus rêver. Mais il n’eut pas le temps de s’interroger qu’il sentit de nouveau son esprit être envahi. Mais cette fois, la haine pure qui composait l’esprit destructeur qui déchirait ses souvenirs était teintée d’une autre émotion. Une émotion qu’il n’aurait pas cru Voldemort capables de ressentir. Voldemort avait peur. Était-il possible que même lui ignore tout de cette magie terrifiante ?

— Ah ! Oublions cela, pour le moment. Ton incompétence m’a déjà fait perdre suffisamment de temps et nous devons faire vite, si nous voulons avoir une chance de prendre Dumbledore de vitesse.

Voldemort saisit Peter par le bras et une seconde plus tard ils transplanérent.

oOoOoOo

— Maître Malfoy, le courrier est arrivé. Prononça craintivement un elfe de maison couvert de bandages et d’une taie d’oreiller à l’hygiène plus que douteuse. Puis il s’avança devant la table du petit-déjeuner des Malfoy et s’inclina si bas que son nez toucha le sol.

— Bien, laisse ça ici.

L’elfe fit de nouveau une révérence, puis déposa le courrier sur l’un des rares espaces libres de la table surchargée de mets exquis et de vases en porcelaine de chine, contenant les derniers bouquets constitués par Narcissa, à partir des fleurs cultivées dans les serres du manoir Malfoy.

Depuis que son fils unique était rentré à Poudlard, elle s’était découvert une passion pour les fleurs. Bien sûr, elle ne les cultivait pas elle-même. La dernière des Blacks ne serait jamais abaissée à plonger les mains dans la crasse comme une vulgaire sang-de-bourbe. De plus, comme aimait à le souligner son mari, il fallait bien fournir des emplois à ces parasites. Ainsi, en recrutant quelques-uns d'entre eux pour satisfaire la dernière lubie de sa femme, ils faisaient d’une pierre deux coups. Ils contribuaient à les ramener à leur place, tout en dissipant les accusations de racisme à leur encontre. ’Racisme’ ! Quand elle y pensait Narcissa fulminait. Un mot, non une idéologie importée de chez ses animaux de moldu pour permettre à des pseudo-intellectuels de nier les réalités biologiques.

Mais ce matin, une seule chose préoccupait l’esprit de Narcissa Malfoy. Rogue, avait promis de leur écrire, pour les informer des résultats de leur fils. Elle frémissait d’impatience et s’il n’y avait pas eu les règles de bienséance, cela ferait longtemps qu’elle se serait jetée sur la lettre portant le saut de Poudlard. À la place, elle laissa son mari s’emparer tranquillement de la lettre et le regarda avec impatience la décacheter délicatement. D’habitude, Narcissa se félicitait d’avoir épousé un mari aussi élégant et raffiné. Mais là elle voulait juste avoir des nouvelles de son fils.

— Alors mon adoré ? Quelles nouvelles ? Minauda Narcissa.

Lucius regarda sa femme tendrement, puis son visage se couvrit d’un sourire goguenard :

— Excellentes ma bien-aimée. Grâce à la coupe du monde, les revenus de nos exploitations de bois pour balais volant ont atteint des sommets lors du premier semestre.

Maudit Lucius. S’il y avait un trait de caractères de son mari qu’elle n’avait jamais pu supporter, c’était son humour. Heureusement, Lucius avait appris à craindre les colères de sa femme et rajouta rapidement :

— Une autre source de réjouissance nous est parvenue. Mon très cher ami Severus a tenu sa promesse. Négligeant son sommeil, il s’est procuré en avance les résultats de Draco. Bien sûr, comme le laissait présumer son sang, ils sont excellents. Cette année, il devrait être le premier de sa promotion. Il a même réussi à dépasser le fils de la noble et ancienne maison des Nott. Severus tient à insister, avec son manque de tact habituel, que cet exploit est moins dû au travail de Draco, qu’au stress qu’a engendré chez l’héritier des Nott, les calomnies que la gazette a cru bon de déverser sur son nom. Néanmoins, avec de tels résultats, Dumbledore sera obligé de le nommer préfet.

— Mon bon, il est bien trop tôt pour ce genre de considération. Le choix des préfets n’est que dans deux ans. Rappela Narcissa.

— Mon inestimable compagne, le succès est une proie qui ne se laisse capturer qu’au terme d’une planification de tous les instants. Il n’est jamais trop tôt pour entreprendre de s’emparer de ce que l’on mérite.

— Certes, mais à trop se précipiter, on risque d’oublier de ramasser les trésors qui jonchent le chemin vers cette gloire, auquel nous aspirons tous deux pour notre progéniture. Aujourd’hui est l’heure des réjouissances. Je connais vos sentiments à l’égard de notre fils, mais il ne serait pas superfétatoire de lui exprimer plus clairement votre fierté. Je vous saurais gré de profiter de cette occasion pour lui adresser les félicitations qu’il mérite.

— Vous avez mille fois raison mon Oiseau du paradis (note de l’auteur : c’est le nom d’une fleur qui symbolise la royauté dans beaucoup de culture). Je vais libérer ma journée et dès son retour de Poudlard, je l’emmènerai sur le chemin de traverse déguster l’une de ses glaces qu’il apprécie temps. Vous ferez-nous, l’honneur de vous joindre à nous ?

— Comme c’est attendrissant ! Rugis une voix d’enfant au ton glacial.

Narcissa se retournant précipitamment en saisissant sa baguette en se réjouissant une fois de plus, d’avoir concédé durant la dernière guerre, le sacrilège que représentait la couture d’une poche à baguette sur les manches de sa luxueuse robe de maître. À l’époque il aurait été suicidaire de s’en séparer un seul instant (même pour aller dormir). En une seconde, elle était en position de combat prêt à faire face à l’intrus qui les avait interrompus si grossièrement. Cependant en constatant qu’il ne s’agissait que d’un enfant en uniforme de Poudlard, elle faillit relâcher sa vigilance.

Puis ses yeux croisèrent ceux de l’intrus et elle raffermit sa prise sur sa baguette. Ils étaient rouges comme le sang et son regard dégageait quelque chose de dangereux. Quelque chose d’inhumain. Narcissa chercha parmi la longue liste des créatures des ténèbres qu’elle avait côtoyées, mais la seule idée qui lui vint en tête était celle d’un loup-garou ayant récemment tué. Mais c’était absurde. Nous étions encore en plein jour et les défenses du manoir n’auraient jamais laissé, un sang aussi impur, souillé le sol de la noble maison des Malfoy. Quoi qu’il en soit Narcissa s’apprêta à chasser l’intrus lorsque son mari fit une révérence en tremblant :

— Maître, j’attendais votre retour avec tant d’impatience.

— Lucius ! Mais vous déraisonner, je vais de ce pas …

— Silence Femme ou il t’en cuira. La coupa violemment Lucius.

Narcissa fut tellement estomaqué que pendant quelques secondes elle cessa de respirer. Jamais Lucius n’avait osé lui parler comme ça. Elle s’apprêtait à lui hurler dessus ce qu’elle pensait de ce changement, lorsqu’elle se rendit compte que ce n’était pas la surprise qui avait bloqué sa respiration. Une magie noire extrêmement puissante enserrait son coup et bloquait son souffle. Elle paniqua tellement qu’elle ne remarqua pas que son visiteur avait repris la parole :

— Lucius, je constate avec plaisir que tu es toujours aussi perspicace. Quel dommage que ta loyauté ne soit pas aussi développée. Puis-je savoir ce qui t’as retenue pendant tout ce temps de venir en aide à ton maître ? Ne m’avais-tu pas juré une fidélité éternelle ?

— Maître, je vous croyais mort. Supplia Lucius en réponse.

— Et alors ? Je suis à peu près certain de ne pas avoir inclus : ’jusqu’à ce que la mort nous sépare’ dans le serment des mangemorts. Aurais-tu confondu avec ton contrat de mariage ? Ironisa Voldemort.

— Maître, laissez-la respirer. Vous allez la tuer. Je vous en prie. Supplia Lucius.

— Tu aurais peut-être dû y penser avant. Après tout, tu as eu 14 ans pour cela. 14 longues années où j’ai attendu que mes fidèles mangemorts viennent m’apporter l’aide qu’ils m’avaient promis. Cependant, Voldemort est un seigneur miséricordieux. Je vais t’accorder un délai supplémentaire pour payer ta dette. Mais c’est la dernière fois.

Harry Voldemort baissa sa main. Immédiatement Narcissa tomba à genoux et oubliant toute notion d’élégance, aspira de grandes gorgées d’air à même le sol.

Lucius quant à lui s’agenouilla et entreprit de baiser les pieds de son seigneur en le couvrant de remerciement (et de bave). Mais Voldemort, coupa d’un air agacé ses épanchements.

— Cela est assez. Tu auras très bientôt l’occasion de me prouver de manière plus concrète ta gratitude. Grace au souvenir de mon hôte, j’ai pu apprendre avec plaisir que tu n’avais pas totalement abandonné notre noble combat. Dis-moi...

— Vous avez accès à tous les souvenirs de Potter ? Le coupa Lucius d’une voix tremblante.

__ Endoloris !!

Hurla Harry en sortant sa baguette à la vitesse de l’éclair, juste avant que Lucius ne commence à hurler sous le regard paniqué de Narcissa.

— Comment oses-tu interrompre ton maître ? ces années t’auraient-elles, donc fait perdre toute discipline ? Il va falloir y remédier. Mais pas maintenant. Pour le moment, le temps presse. Nous devons agir vite pour prendre Dumbledore de vitesse. Dis-moi, as-tu toujours des contacts au sein de la gazette ?

— Bien sûr maître. Mais pardonnez-moi. J’ai peur que Dumbledore et Fudge aient conspiré pour les reléguer à des postes subalternes. Maintenant, la gazette est avant tout loyale au ministère.

— Incapables ! Hurla Voldemort de colère en laissant échapper sa magie.

Sous les yeux terrifiés des deux époux, le bois précieux des meubles se craquela et les vitres se brisèrent. Dans un réflexe protecteur, pour le seul être suffisamment têtu pour avoir réussi à percer sa carapace, Malfoy recouvrit le corps de sa femme, afin de le protéger des éclats de verre qui leur tombait dessus.

Une fois calmé, Voldemort l’invectiva :

— Peu m’importe qui tu devras menacer ou corrompre pour cela, mais si tu veux avoir la moindre chance que je te pardonne tes manquements, tu vas te débrouiller pour qu’avant la fin de la journée, la gazette sorte une édition spéciale, avec le texte que je vais te donner. Après, je réunirai le reste de mes fidèles. Je me demande combien auront le courage de revenir lorsqu'ils sentiront mon appel ? Et combien seront assez sots pour rester à l'écart ?

Puis sans attendre de réponse, il fit demi-tour et sortit de la pièce. Dès qu’il fut hors de vue, il chancela et s’appuya sur un mur recouvert d’une splendide tapisserie brodée de fil d’or représentant l’un des ancêtres de la famille Malfoy chevaucher au côté de Guillaume le conquérant.

Pour un sorcier de son âge, son hôte était puissant, mais ça restait un enfant. Son noyau magique n’était pas encore suffisamment développé pour supporter bien longtemps un tel étalage de puissance. Néanmoins, pour Voldemort, il était inenvisageable de montrer la moindre faiblesse. Et surtout pas devant ses mangemorts. Son enfance l’avait persuadé que seuls les forts pouvaient vivre. Les faibles n’ont que le droit de mendier leur survie et un peu de dignité. Néanmoins, il était conscient qu’il ne pourrait pas maintenir l’illusion bien longtemps. Au premier duel contre les forces de la lumière, la vérité éclatera au grand jour. Pour le moment, il devrait donc combattre Dumbledore par des moyens plus subtils. Voldemort détestait cette situation. Elle lui rappelait trop ses jeunes années où il avait été à la merci d’adultes soi-disant sages et bienveillants. Il devait retrouver le plus vite possible la puissance qui était sienne.

Et cela commençait par briser l’esprit de cet insupportable gamin avant qu’il ne commette un autre impair. Voldemort n’était pas idiot. Si Lucius avait osé l’interrompre, c’était qu’il en avait déjà commis un, qui avait fait naître chez lui des soupçons sur la vraie puissance de son maître. Voldemort voulait éviter de devoir tuer l’un de ses mangemorts les plus intelligents. De nouveau, il se concentra sur l’esprit de son hôte et une fois encore, il fut repoussé par de puissantes barrières occlumentiques. Il reconnaissait le travail de Snape et maudit Dumbledore de lui avoir arraché la loyauté d’un de ses serviteurs les plus talentueux.

Voldemort se redressa et appela :

— Peter !

Immédiatement, un rat sortit de sa poche et se retransforma en un misérable sorcier tremblotant et agenouillé. En sa présence, Voldemort n’avait pas besoin de simuler la force. Rien ne serait jamais aussi faible que ce déchet d’être humain.

— Oui maître ? Demanda respectueusement Peter.

— Tends ton bras.

— Monseigneur, si vous faites ça, vos serviteurs transplanerons en se laissant guider par la marque.

— J’en suis pleinement conscient. Mais il me semble t’avoir donné un ordre. Peter s’exécuta en tremblant.

Voldemort toucha la marque de Peter qui immédiatement se mit à le brûler atrocement. La marque était maintenant aussi claire et douloureuse qu’au premier jour.

— Maitre, les protections du manoir désartibuleront vos serviteurs.

— J’en suis bien conscient idiot. C’est pour cela que je n'ai convoqué que ce traître de Snape. J’ai peu d’espoir qu’il tombe dans le piège, mais dans tous les cas, la marque lui donnera un échantillon de ma colère. Au lieu de discuter mes décisions, rends-toi utile et fais-en sorte que cette lettre parvienne rapidement au 4 Privet-Drive. Ordonna Voldemort en faisant apparaître d’un coup de baguette une lettre débordant d’écœurant sentiment dont il avait mentalement élaboré le texte lors du voyage jusqu’au manoir Malfoy.

— Oui maître.

Peter partit en courant accomplir sa tâche. Au moins, ce misérable ver connaissait sa place. En attendant que son noyau magique se soit suffisamment rechargé pour qu’il puisse sans crainte convoquer ses autres mangemort, Voldemort inspecta d'un air ironique la superbe tapisserie retraçant les hauts faits qui avait valu aux Malfoy d’acquérir leurs titres de noblesse. Les nombreuses recherches qu’il avait effectuées dans sa jeunesse sur l’histoire des sangs purs (dans le but de découvrir qui était son père et pourquoi il l’avait abandonné), lui avaient appris que l’ancêtre des Malfoy n’avait rien à voir avec ce beau chevalier. Selon toute vraisemblance, le premier des Malfoy était un mercenaire illettré combattant à pied car trop pauvre pour se payer un cheval et maîtrisant à peine ses pouvoirs. À cette époque, Beauxbâtons n’existait pas et la plupart des sorciers français vivaient au milieu des moldus, totalement ignorant de leur potentiel.

Ce n’est que lors du premier assaut de la bataille d'Hastings où l’armée normande manqua de peu d’être exterminé à cause de la démonstration de pouvoir du clan Weasley, que Malfoy et ses supérieurs prirent conscience de son potentiel. Lors du second assaut, il reçut l’ordre d’affronter l’un des Weasley en duel. Lors de ce duel, il fut rapidement mis hors de combat par Perceval Weasley. Néanmoins à cause d’idiote valeur chevaleresque Perceval Weasley l’épargna, après l’avoir humilié.

Malgré sa défaite Malfoy avait rempli sa mission. Le sorcier avait été occupé suffisamment longtemps pour permettre à une poignée de chevaliers normands de tuer le roi Harold II d'Angleterre. Ainsi le duc de Normandie pu revendiquer le trône d’Angleterre et anoblir Malfoy pour son rôle déterminant. Bien sûr, rien de tout cela n’était représenté sur cette tapisserie. Mais malgré tous leurs efforts, encore aujourd’hui les Malfoy se comportaient comme une famille de parvenu ayant besoin de prouver leur statut, tandis que les Weasley dont la dégénérescence avait été jusqu’à mélanger leur sang avec celui de vulgaires moldu continuaient à se comporter comme si leur statut leur était du. Toutes ces ironies, ces injustices et ces mensonges ravissaient Voldemort. Tant de failles qu’il pourrait exploiter pour renforcer ses propres mensonges et conquérir le pouvoir.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : La psychologie de Voldemort dans ce chapitre a été influencée par celle qu’il montre dans la fic : « Tom Riddle et la malédiction du cœur » de ma beta Miss-Gotthelf-Snape

Édition spéciale

Retour au présent :

Dumbledore se retourna pour faire face à l’assemblée. Après cette inutile expédition dans la demeure des Gaunt, il dut faire face aux regards suspicieux des sorciers rassemblés en urgence par Severus. Pour la première fois, il prit le temps de détailler les présents. Il y avait bien sur les quatre directeurs des maisons de Poudlard : Minerva McGonagall, Severus Snape, Pomona Chourave, Filius Flitwick auxquel s’était joint Rubeus Hagrid.

Dumbledore n’était pas sûr d’approuver le choix de Severus d’impliquer Chourave et Flitwick. C’étaient des sorciers de grand talent, mais ils n’avaient aucune expérience des combats et Dumbledore doutait qu’il s’y révèle utile. Flitwick était certes un ancien champion de duel, mais Dumbledore avait découvert avec amertume que la guerre n’avait rien à voir avec ces compétitions basées sur un code d’honneur extrêmement strict. Qui pouvait savoir comment le jovial sorcier réagirait lorsque sa vie serait menacée ? Lors des précédentes guerres, il avait vu trop d’excellents sorciers périr, paralysés par la peur ou tué par derrière après avoir voulu respecter des règles morales qui n’avaient cours qu’en temps de paix, pour voir d’un bon œil que des novices complets l’accompagnent dans une mission aussi dangereuse. Mais il est vrai qu’en aussi peu de temps, il était inévitable de faire appel à leur aide.

Les autres recrus de Severus satisfaisaient davantage Dumbledore. Il y avait son éternel compagnon dans les combats : Maugrey fol œil, avec son apprenti Nymphadora Tonks et une poignée d’autres aurors (comme Kingsley Shacklebolt), qui faisaient suffisamment confiance à son vieil ami pour abandonner leurs postes sur une simple sollicitation (au risque de recevoir un blâme sévère).

Cependant, tous regardaient maintenant Fol Oeil d’un air accusateur pour les avoir fait se déplacer sans aucun motif valable. Il ne fallait pas être Merlin pour comprendre qu’ils se demandaient si les rumeurs au sujet du gâtisme du légendaire auror étaient vraies. Enfin presque tous. Nymphadora se contentait pour sa part d’adresser à tous des regards noirs, qui pour le moment dissuadaient ses collègues d’émettre la moindre critique contre son mentor. Fol Oeil quant à lui, feignait d’être indifférent à ce qui se jouait dans son dos et fixait Dumbledore de ses deux yeux, attendant clairement une explication.

Plus que jamais Dumbledore allait devoir jouer la comédie du vieux sage omniscient et omnipotent. Il maudit les circonstances qui l’avaient amené à endosser ce rôle qui ne correspondait ni à son caractère, ni à ses capacités érodées par l’âge. Néanmoins une autre leçon que les précédentes guerres lui avaient apprise dans la douleur était que pour vaincre leur peur de mourir et se jeter à corps perdu dans la bataille, la plupart des humains avaient besoin de croire qu’un être supérieur veillerait sur eux. Ou d’un chef plus effrayant que la mort elle-même. Mais Dumbledore avait décidé de laisser l’exclusivité de cette deuxième technique de commandement à Voldemort.

Quoi qu’il en soit, il allait devoir se montrer convaincant, s’il ne voulait pas se retrouver seul face à Voldemort. D'autant plus que s’il n’arrivait pas à les convaincre eux, alors comment pouvait-il espérer convaincre le reste du monde sorcier ?

— Mes amis, je mesure combien cela peut être difficile à croire, mais Voldemort est de retour. Déclara subitement Dumbledore.

Il attendit que les sorciers présents cessent de grimacer avant de poursuivre :

— Après de longues recherches, j’ai découvert qu’au sommet de sa gloire, Voldemort avait créé plusieurs objets qui lui permettraient de revernir parmi les vivants en prenant possession ou en volant l’énergie vitale de la malheureuse victime qui tomberait dessus. C’est ce qui a failli arriver à la cadette des Weasley, l’année dernière. À l’époque ce n’est que grâce à l’intervention aussi héroïque, que chanceuse, d’Harry Potter qu’elle put s’en sortir.

Devant la mine sceptique des aurors, il rajouta :

— Je puis affirmer sans trop me tromper que Mademoiselle Weasley sera ravie de confirmer mes dires et de vous décrire en détail l’intervention de son sauveur. Bien sûr, dès le début de la première guerre, j’ai soupçonné l’existence de ses objets. Néanmoins l’échec de mes recherches pour les trouver m’avait convaincu que la magie permettant de les créer était si noir que même Voldemort n’avait pas réussi à la mettre en œuvre. Cependant, après les tragiques événements de cette sombre année, j’ai été contraint de revoir mon jugement. J’ai donc consacré l’année qui vient de s’écouler à la recherche de ses objets. Néanmoins l’échec renouvelé de mes recherches, combiné au contenu d’une prophétie concernant Potter et Voldemort…

En voyant que Nymphadora Tonks était sur le point de poser une question, il précisa :

— Oui, il existe une prophétie sur Harry et le seigneur des ténèbres, mais Voldemort même s’il connaît son existence en ignore le contenu exact. Enfin, je doute que ce soit toujours le cas. Mais pour votre propre sécurité, je ne vous révélerais rien tant que je n’en serais pas raisonnablement sûr. Bref, reprenons. Avec réluctances, j’ai inclus le jeune Potter à mes recherches et la magie prophétique a fait son œuvre. Nous avons découvert ses objets, les uns après les autres et les avons détruits en un temps record. Tous sauf un dont nous suspections la présence dans la demeure des ancêtres de Voldemort que vous venez de visiter.

— Cette cabane misérable ne peut pas avoir abrité le seigneur des ténèbres. Interrompit Severus.

— Malheureusement il a grandi dans un endroit plus misérable encore. Mais je vous certifie qu’il s’agissait bien de sa demeure familiale. Donc ce matin, Potter et moi, nous sommes rendus sur les lieux à la recherche de l’objet. Malheureusement, c’est lui qui nous a trouvés. Avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, Voldemort est revenue à la vie et a pris possession du jeune Potter. Un duel s’est engagé, mais grâce à une attaque surprise, il réussit à me prendre ma baguette, m’obligeant à fuir afin d’obtenir du renfort. La suite, vous la connaissez.

— Et bien entendu, nous n’avons que votre parole et cette histoire à dormir debout. Contesta, violemment le plus jeune des aurors nommé John Dawlish (si Dumbledore se souvenait bien).

— Il y a aussi ma marque. Comment expliquer vous qu’elle soit aussi nette ? Répliqua Severus en dévoilant son bras gauche qui le torturait depuis des heures maintenant...

— Éloigne cette horreur de moi, mangemort ! Depuis la mort du seigneur des ténèbres, ce n’est qu’un tatouage. Qui nous dit qu’il n’a pas lui-même ravivé sa marque pour abuser de la confiance de Dumbledore ?

— Quel intérêt aurais-je à faire ça ? S’énerva Severus en constatant une fois de plus l’insondable stupidité des êtres humains.

— Je n’en sais rien pour le moment. Peut-être pour discréditer Dumbledore et permettre à ton vieil ami Lucius Malfoy de prendre sa place de président du Magenmagot. Mais ne t’inquiète pas : je trouverais. Et à ce moment-là, je ferai en sorte que tu croupisses à Azkaban avec tes collègues pour le restant de tes jours.

Sans attendre de réponse, il quitta le bureau du directeur en emportant la moitié de ses collègues. Dumbledore ne sut pas comment, mais il trouva la force de les retenir en employant toutes ses astuces rhétoriques et son prestige. Mais cela l’avait épuisé. Il n’avait plus la force de se battre. Il était si vieux et fatigué. Heureusement, les directeurs de maison ne firent pas de difficulté pour accepter son récit. Même si les regards que lui lançait Pomona lui indiquait qu’il allait devoir subir une autre discussion compliquée, avant d’enfin pouvoir aller se coucher. Quel dommage que l’enfant n’ait pas été réparti à Gryffondor comme il l’avait prévu. Il aurait été bien plus facile de faire accepter la situation et ses choix à Minerva. Elle n’était pas moins attachée à la sécurité de ses élèves que Pomona, mais elle avait davantage l’habitude que ses pupilles risquent stupidement leur vie. Sans compter que lors de la première guerre, elle avait malheureusement appris à accepter l’inacceptable.

Dumbledore en était las de ses pensées, lorsqu’un hibou s’engouffra dans la pièce et déposa devant lui un exemplaire de la gazette du sorcier. Dumbledore tendit avec curiosité sa main vers la gazette. Il s’agissait d’une simple feuille avec écrit : « Édition spéciale ». Avec une curiosité grandissante, Dumbledore déplia la feuille. La gazette n’avait plus fait d’édition spéciale depuis la fin de la guerre. Même l’évasion de Sirius Black n’avait pas été considérée assez importante pour cela.

Dumbledore lit le gros titre et s’étrangla. Par réflexe, il mit le feu à la gazette pour que personne ne voit ce qu’elle contenait. Puis il s’efforça de se calmer et de réfléchir. Il n’aurait pas dû réagir de cette manière. Tôt ou tard, les aurors apprendraient l’immonde nouvelle et sa réaction ne ferait que confirmer leurs suspicions. Encore une autre preuve qu’il n’avait rien d’un sage infaillible. Voldemort avait indéniablement porté son premier coup. Il devait maintenant réfléchir à sa contre-attaque. Dumbledore était convaincu que la clé de la Victoire résidait dans la prophétie. Ainsi, il la récita mentalement avant de décider quoi que ce soit. Mais ses réflexions étaient dérangées par le sentiment d’oublier un détail. Un détail important. Afin de se débarrasser de cette impression, il se força à se remémorer l’horrible article. Puis il sursauta et toute fatigue oubliée, il se leva et ordonna en projetant son pouvoir :

— Nous devons nous rendre immédiatement à King Cross.

Les directeurs de maison furent les premiers à reprendre leurs esprits et à le suivre, inquiet pour la sécurité de leurs élèves même si normalement le Poudlard express avait dû arriver à bon port depuis plusieurs heures.

Dumbledore lui ne faisait pas attention à s’il était suivi ou nom. Il ne pensait qu’à une chose : « Pourvu que je n’arrive pas trop tard ou tout espoir est perdu. »

oOoOoOo

Au même moment à la gare de King-Cross Pétunia Dursley, était morte d’inquiétude. Cela faisait bien longtemps que le denier enfant était descendu de ce maudit train, mais aucune trace de leur fils n’était visible. Elle qui était si heureuse, ce matin, en recevant cette lettre d’Harry. La première depuis sa fugue de l’été dernier. Pétunia n’avait jamais lu une lettre aussi déchirante. Sans rien révéler Harry expliquait qu’il était désolé pour ce qu’il avait dû leur faire et les suppliait de lui pardonner. Il leur disait qu’il aurait peut-être être du retard, mais qu’il arriverait aujourd’hui via le poudlard express afin de rentrer définitivement chez eux.

Après ce qu’elle avait appris sur la première année d’Harry à Poudlard, elle redoutait d’apprendre quelle horreur avait poussé son fils à leur tourner le dos de la sorte l’année dernière. Mais cette fois-ci Pétunia se jurait que c’en était fini des secrets. Elle répondrait à toutes les questions qu’il pourrait poser sur ses parents et en échange elle exigerait qu’il lui raconte en détail tout ce qui lui était arrivé dans le monde sorcier. Et surtout elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu’il comprenne qu’il était le bienvenu chez elle. Elle avait même réussi à convaincre Vernon de prendre rendez-vous chez un psy pour une thérapie familiale (ce n’était pas un mince exploit tant ses préjugés étaient grands sur les psychologues). Mais toutes ses bonnes résolutions ne serviraient à rien si on ne lui rendait pas son fils.

Fidèle à lui-même Vernon avait attendu avec une impatience grandissante. Après tout, la lettre de son fils précisait bien qu’il risquait d’avoir un peu de retard (même s’il ne comprenait pas comment on pouvait arriver après son train, mais il mit ça sur l’absurdité du monde sorcier). Cependant, après plusieurs heures, il était juste furieux et s’était rendu au guichet le plus proche pour hurler sa mauvaise humeur sur le malheureux guichetier, qui ne parvenait pas à comprendre, qu’elle était la cause de la colère de ce moldu.

Vernon, ne remarquant pas que son interlocuteur ne parvenait pas à le comprendre, commença à se montrer violent envers la vitre magiquement renforcée qui le séparait des clients mécontents. Il ne remarqua pas davantage que des hiboux envahissaient le quai 9 3/4, ni que tous les sorciers qui attendaient leur correspondance se mettaient à lire frénétiquement une feuille de journal ou s’étalait en gros plan une photo de leur famille au grand complet (elle datait de l’époque ou Dudley était encore en vie). Il continua donc ses hurlements :

— JE SUIS VERNON DURSLEY ET J’EXIGE QUE VOUS ME RENDIEZ MON FILS.

Une sorcière s’écria alors :

— C’est eux !

Sans qu’ils ne comprennent ce qu’il se passait, les Dursley furent très vite encerclés par une foule de sorciers en colère, la baguette brandit dans leur direction. Mais cela calma à peine la colère de Vernon qui se plaça du mieux qui le put entre la foule et sa femme terrifiée avant de hurler :

— Qu’est-ce que vous me voulez, bande de dégénérés ?

— C’est vous les dégénérés !

__ CAEDIS !!

Les sorts pleurèrent sur les Dursley et très vite, ils se retrouvèrent allongés en sang sur le sol de la gare. Puis au moment où Vernon cru qu’il allait mourir, une explosion se produit et les sorts céssèrent. Vernon leva les yeux et déglutit. Devant lui se tenait une petite créature humanoïde de moins d’un mètre, aux oreilles de chauves-souris, recouvert malgré la chaleur de ce début d’été d’une épaisse couche de chemise formant un kaléidoscope de couleur qui répugnait profondément Vernon.

— Méchant Dobby! Méchant Dobby! Répétait la créature en s’empêchant apparemment de se taper la tête contre le sol.

Vernon se retint à grande peine de frapper l’horrible créature en comprenant que le répit dont il bénéficiait était dû à une barrière dorée qui les séparait dorénavant de leur agresseur que l’elfe maintenait à grande peine. Vernon se releva et chercha une issue où il pourrait traîner Pétunia. Mais des sorciers barraient l’accès à la seule voie qu’il connaissait vers le monde normal. Une seule chose redonna du baume au cœur à Vernon. La créature avait enfin cessé son insupportable litanie. Sa voix criarde lui donnait envie de l’étrangler. Mais en se retournant, il se rendit compte que c’était uniquement parce qu’elle était épuisée.

Dobby avait posé un genou à terre et semblait lutter pour ne pas s’effondrer complètement, alors que les sorts continuaient de s’écraser contre la barrière. Cette fois, c’est la fin. pensa Vernon en serrant la main de sa femme. Sa vie défila devant ses yeux. Il regretta de ne jamais avoir appris à mieux contrôler sa colère et d’abandonner Harry sans avoir pu le rassurer de son amour, mais se réjouit d’enfin revoir son premier fils.

La barrière se brisa et une vague de puissance suffocante envahit la zone. Même Vernon ressentit pleinement la magie tellement elle emplissait les lieux L’air semblait crépité sous une intense chaleur et sa vision était déformée par ses ondulations. Mais il put quand même apercevoir ses assaillants s’évanouirent et un vieux sorcier marcher dans leur direction : Dumbledore venait d’arriver.

Vernon ne savait pas s’il devait hurler de peur, de rage ou de soulagement. Il opta pour un silence prudent. Et laissa docilement le vieux sorcier les mener à l’infirmerie de Poudlard dans un état proche de la catatonie.

Pétunia pleura à chaudes larmes durant tout le voyage. Dans ses mains, elle tenait l’un des feuillets qu’elle avait réussi à ramasser avant que la foule ne les attaque. Il avait été déchiré de toutes parts pendant le lynchage dont ils avaient été victimes, mais dessus on pouvait encore lire :

« Depuis la résidence des Malfoy où il a trouvé refuge, Harry Potter porte plainte contre ses parents adoptifs pour maltraitance sévère. En page 2, vous trouverez le compte-rendu des souvenirs de sa petite enfance que son avocat a accepté que nos reporters visionnent dans une pensine (nous rappelons que même des sorciers experts dans les arts de l’esprit ne peuvent pas falsifier des souvenirs dans une pensine sans que cela ne soit visible).

Son avocat indique que Dumbledore était au courant de ses maltraitances depuis qu’Harry s’en était ouvert au cours de longues réunions qu’il avait eues ensemble l’année dernière, mais que le directeur comptait l’obliger à retourner chez ses horribles moldus. Une plainte a également été déposée à son encontre.

Pour le moment, nos reporters n’ont pas été en mesure de contacter Mr Dumbledore. Cependant, nous ne voyons pas quelle histoire abracadabrantesque, il pourrait encore inventer pour se sortir de ce mauvais pas. Mr Malfoy a tenu à préciser avant notre départ que cette affaire ne devait pas servir d’excuse pour raviver la haine contre les moldus, même si cette affaire démontre clairement que les sorciers doivent se protéger de leur obscurantisme et de leurs penchants pour la violence. »

Réunion de mangemort

— Soyez les bienvenus, mangemorts. Dit aux sorciers cagoulés qui venaient de transplaner devant lui, un enfant de 14 ans assis sur un trône, encadré par deux hommes qui n’était autre que Lucius Malfoy et Petter Pettigrow.

— Treize ans... Treize ans ont passé depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. Pourtant, vous avez répondu à mon appel comme si nous nous étions quittés hier… Continua Voldemort jusqu’à ce que l’un des hommes en noir l’interrompe.

— Potter ! Comment oses-tu nous convoquer ? Je vais t’apprendre ce qu’il en coûte de vouloir jouer à des jeux d’adultes. Brachialigo !

Le sort jailli en direction de Voldemort qui sortit sa baguette si vite que les mangemort crurent qu’elle avait transplané dans sa main. D’un geste négligent, il immobilisa le sort à quelques centimètres du bout de sa baguette. Puis sans prêter attention aux mangemorts qui avaient commencé à s’agenouiller, il commença à jouer avec le sortilège. Il en extrayait des étincelles avant de les faire s'envoler d'une pichenette, déconstruisant lentement le sort comme s'il s'était s’agit d'un casse-tête pour enfant. Puis une fois la magie réduite à quelques briques élémentaires, il la fit disparaître dans un souffle. Enfin après un temps de pause savamment calculé pour maximiser son effet, il déclara à voix basse, tel un murmure menaçant :

— En vous voyant tous en parfaite santé, avec des pouvoirs intacts, je me suis demandé... Comment se fait-il que tous ces sorciers ne soient jamais venus au secours de leur maître à qui ils avaient juré une fidélité éternelle ? J’ai pensé que vous m’aviez cru brisé, parti, disparu. Que vous étiez donc retournés parmi mes ennemis en plaidant l'innocence, l'ignorance... Je me suis alors demandé... Comment ont-ils pu penser que je ne reviendrais pas ? Eux qui savaient tout ce que j'avais fait, il y a déjà longtemps, pour me garantir contre la mort ? Eux qui avaient eu la preuve de l'immensité de mes pouvoirs, au temps où j'étais le plus puissant des sorciers ? Cette fois encore, j’avais imaginé une réponse. Peut-être ont-ils cru qu'un pouvoir plus grand encore pouvait exister, un pouvoir qui aurait pu vaincre Lord Voldemort lui-même... Mais grâce à toi, Travers, tout est clair à présent : vous êtes juste complètement stupides ! Endoloris ! Incompétent ! Endoloris ! Sang dégénéré ! Anhelatio ! Cria-t-il en ciblant les uns après les autres les mages noirs, dorénavant, agenouillez devant lui.

— Maître pardonnez-nous. Cria un mangemort qui récupérait tout juste son souffle après en avoir été privé par une douleur insupportable aux poumons, juste avant que Voldemort ne lève sa baguette sur lui.

— Vous pardonner ? VOUS PARDONNER ! Pourquoi devrais-je faire ça ? J’ai honte d’avoir combattu à vos côtés. Vous êtes la lie du monde sorcier. Vous avez gâché ma vie ! S’écria-t-il fou de rage avant de tanguer quelques instants et de reprendre plus calme :

— Néanmoins, votre présence prouve que vous avez le courage d’affronter les conséquences de vos actes. Voldemort apprécie le courage presque autant que la loyauté. Je vais laisser à chacun d’entre vous une chance de se faire pardonner. Non seulement, je ne vais pas vous tuer, mais en plus je vous accorde l’honneur de réintégrer les rangs de mes serviteurs. Et un jour, si vous me servez bien, je vous donnerai l’occasion de vous racheter. J’éprouverai votre loyauté en vous demandant un sacrifice (tous frissonnèrent en entendant cela). Ceux qui accepteront seront définitivement lavés de leurs pêchers et pourront de nouveau faire partie de notre grande famille. Quant aux autres, rien ne peut décrire le sort que je leur réserve.

oOoOoOoOo

Quelques heures, plus tard, Peter put enfin quitter la salle du trône et se plonger pleinement dans ses réflexions. Il ne cessait de se demander pourquoi le seigneur des ténèbres avait été aussi clément. À peine quelques Doloris, et même pas un meurtre pour l’exemple. Sans compter, que plus il y réfléchissait, plus le discours qu’il avait tenu lui avait semblé incohérent ou en tout cas différent de ceux dont il se souvenait. Se pourrait-il qu’Harry soit toujours là, quelque part à l’intérieur ? Non, Peter devait arrêter de se bercer d’illusions. Il ne pouvait plus se permettre de nouvelles erreurs à cause d’espoirs illusoires.

Pour la première fois, depuis longtemps, il repensa à cette journée cruciale qui avait décidé de son destin. Cette journée où il avait supplié le Choixpeau de l’envoyer dans la même maison que les 3 amis qu’il s’était faits dans le train et non à Serpentard. Le Choixpeau l’avait prévenu qu'il faisait une erreur et qu’il n’aurait pas suffisamment de courage pour mener la vie qu’il s’était choisie.

Pendant 10 ans, il resta persuadé que le Choixpeau avait eu tort. Puis lors d’un raid de l’ordre du phénix contre une demeure de mangemorts, il fut capturé et amené au seigneur des ténèbres. Lupin, Potter et Black seraient morts sans hésiter pour le protéger. Mais lui, après 10 minutes de Doloris de la part du maître s’était agenouillé, lui avait raconté tout ce qu’il savait, pour enfin le supplier de lui laisser la vie sauve. Étonnamment, il avait accepté.

Après lui avoir fait subir le Doloris jusqu’à l’évanouissement, il s’était réveillé couvert de blessures dans son petit appartement du chemin de traverse, situé au-dessus de la boutique où il faisait un apprentissage.

Quelqu’un cognait de manière frénétique à la porte. Il avait grimacé, et tenté de prendre un verre d’eau sur sa table de nuit. Mais sa main était tombée sur une photo de sa mère dans un cercle rouge avec à côté son adresse et son emploi du temps. Il avait dégluti avant de la ranger dans un tiroir. Puis, il s’était habillé pour aller rapidement ouvrir. À peine avait-il eu le temps d’entrebâiller la porte, qu’elle fut enfoncée par un James Potter furieux, baguette pointée sur sa gorge à lui.

— Combien d’aconit a-t-on utilisé pour la potion qui a changé en rouge la couleur des cheveux de Servilus pendant une semaine ?— Zéros. On a utilisé de la spiruline, car Sirius avait offert tout notre stock d’aconit à une fille pour la saint-valentin.

Immédiatement, James avait retiré sa baguette et le serrait dans ses bras.

— Où t’était passé ? On s’est fait un sang d’encre. Tu n’es jamais venue au débriefing et on a passé la nuit à te chercher. On était tellement inquiet !

— Aïe ! James, tu me fais mal.

— Désolé. Mais tu es blessé ?!

James ne lui avait plus posé aucune question et malgré les protestations de Peter, l’avait emmené d’autorité à Saint-Mangouste. C’est ainsi qu’il avait passé l’après-midi à attendre avec lui, en silence, dans un couloir froid de saint Mangouste, comme si rien ne s’était passé. Comme s’il ne venait pas de trahir ses meilleurs amis.

James faisait une totale confiance à ses amis et si Peter ne voulait pas lui parler ce qu’il lui était arrivé, alors il ne l’y forcerait pas. Depuis le début de cette guerre, ils avaient tous eu leurs moments difficiles, des moments dont ils n’avaient pas forcément envie de parler aux autres. Du moins pas dans l’immédiat. Immanquablement, les maraudeurs finissaient par tout se dire. Certains avaient juste besoin de temps, parfois, pour remettre les événements en ordre dans leur tête.

Mais cette fois, Peter garda pour lui ce qui s’était passé, bien trop honteux d’avoir balancé leurs secrets au seigneur des ténèbres. Il pensait à l’époque pouvoir gérer seul, se disant qu’il avait été pris par surprise, et que la fois suivante, il se battrait à mort pour ne pas trahir ses amis. Les premières demandes concernèrent des informations insignifiantes et il avait cédé, pensant que la vie de sa mère était plus importante.

Mais petit à petit, les renseignements demandés étaient devenus de premier ordre. Jusqu’au jour où on lui demanda d’avouer l’adresse du refuge d’Ulisse Stokke. C’était un politicien corrompu qui avait rejoint leurs camps après que Dumbledore l’ait menacé d’utiliser sa position de président du Magenmagot pour l’envoyer à Azkaban. Encore une fois, il n’eut pas beaucoup de mal à choisir entre la vie de cet arrogant connard et celle de sa mère. Mais le lendemain, en voyant les corps démembrés de ses camarades morts durant l’attaque surprise de la cachette d’Ulisse qui a suivi, Peter su qu’une ligne venait d’être franchie. Dorénavant, il n’était plus question d’avouer quoi que ce soit. Désormais son seul espoir de salut était que Dumbledore batte le seigneur des ténèbres rapidement. Mais chaque jour, le vieil homme s’affaiblissait tandis que le monstre grandissait.

Les gens mourraient autour de lui et le ministère semblait sur le point de tomber, quand il reçut l’ordre le plus terrible de sa vie : livrer les Potter. Ça avait presque été un soulagement de répondre qu’il ne savait pas où ils étaient cachés. Presque, car ce jour fut celui où la torture atteignit un niveau des plus horribles. Une fois terminé, Peter parvenait à peine à prononcer son nom. En plus des tortures physiques, il avait subi diverses tortures mentales qui avaient laissé son esprit totalement à la merci de Voldemort. Il ne pouvait, alors plus rien lui cacher.

Quand Sirius lui avait fait part de son plan de faire de lui, le gardien des secrets de leurs amis, il l’avait supplié pour le faire changer d’avis. Mais personne n’avait jamais réussi à faire changer d’avis Sirius Black. Il avait alors voulu tout lui avouer, mais là, c’est le manque de courage qui lui fit défaut.

Lorsqu’était venue l’heure de son rendez-vous hebdomadaire avec le lord noir, Peter avait songé à fuir, mais encore une fois, il ne fut pas assez courageux. Et l’instant d’après il s'était agenouillé devant son trône et lui avouait en larmes la localisation des Potter. Tout plutôt que de revivre cette horreur. Seuls ceux ayant déjà été torturés par Voldemort pouvaient se permettre de le juger et de le traiter de lâche.

Mais Voldemort l’avait félicité et récompensé en le marquant dans l’instant. Peter savait ce que cela signifiait : lorsque les Potter seraient morts, Voldemort dévoilerait son rôle au grand jour. Peter prendrait alors la place qui lui revenait de droit, au milieu de ses autres fidèles mangemorts. La honte et le dégoût l’avaient submergé, lorsqu’il s’était abaissé pour lui baiser les pieds.

Finalement le Choixpeau avait eu raison.

Trois mois plus tard, le Maître avait été défait par Harry, et pour Peter commença une longue fuite.

Mais à bien y regarder, il fuyait depuis ce jour fatidique ou il avait été capturé pour la première fois par le seigneur des ténèbres. Depuis sa vie n’était plus qu’une immense fuite en avant dans les ténèbres. Il avait cru que le seigneur noir serait défait avant que sa trahison ne soit découverte. Il avait cru que jamais il ne reviendrait et que Sirius resterait en prison. Il avait cru que Sirius serait arrêté, avant de pouvoir se venger de lui. Il avait cru que les horcruxes seraient tous détruits et qu’il pourrait passer le reste de sa vie à racheter ses fautes en veillant sur celui qu’il considérait comme son neveu.

Sauf que jusqu’à présent, il avait toujours vu une lumière au bout du tunnel qui l’avait poussé à avancer. Aujourd’hui, devant lui ne s’étendait qu’une éternité de servitude. Peut-être qu’il était temps qu’il arrête de fuir. Mais en aurait-il le courage ?

oOoOoOoOo

Lucius quant à lui partit de la réunion des mangemorts en pensant avec inquiétude au futur. Contrairement à Peter, Lucius ne pensait quasiment jamais au passé. En ce qui le concernait, ce n’était qu’une perte de temps de songer à ce qui ne pouvait être changé. De toute façon, le seul événement marquant de son passé avait été la naissance de son fils. Tout le reste n’avait été que froide mondanité, meurtres sanglants, discussion feutrée dans les alcôves du Magenmagot et autres encombrants devoirs qui incombaient à l’héritier d’une grande maison comme la sienne.

Quoi que justement peut-être était-ce le bon jour pour penser à Draco ? L’enfant avait fait toute une scène, lorsqu’il l’avait croisé en revenant de sa réunion avec le sous-directeur de la gazette. Lui, qui pensait pouvoir se reposer quelques instants, avait dû lui expliquer pourquoi il n’était pas venu le chercher à la sortie du train. Comme si Lucius Malfoy n’avait que ça à faire de venir le voir à la sortie de l’école ! Pour lui, cette exigence paraissait aberrante et le convainquait qu’il avait été beaucoup trop doux avec son héritier. Lui-même ne se serait jamais permis de se montrer aussi effronté avec son propre père. Pas que ça lui déplaise totalement, mais il voulait que Draco grandisse en étant conscient de son rang et des devoirs qui l’accompagnent.

Cependant, son maître ne tarderait pas à remarquer les nombreuses entorses à l’éducation traditionnelle des sangs purs qu’il avait dû concéder au fil des ans. Lucius connaissait son maître depuis longtemps maintenant. Il savait qu’il n’utilisait jamais le mot sacrifice à la légère. Il savait ce qu’il signifiait dans son cas. Tôt ou tard, il lui réclamerait Draco. Lucius entendait encore la voix de son propre père lui assurer qu’il s’agissait d’un grand honneur, alors qu’il lui intimait de livrer son bras droit à celui qu’il percevait comme un monstre. Au début, il n’avait pas cru son père et avait trouvé cette marque hideuse. Puis en grandissant, il avait compris et s’était donné corps et âme au service de son maître et de la régénération du monde sorcier.

C'était la seule voix digne pour un sorcier. Il aurait dû être fier de pouvoir à son tour livrer un fils à la cause. Cependant la simple idée de voir la marque apparaître sur la peau vierge de son héritier, lui provoquait irrémédiablement un malaise. Tout ceci était la faute de sa femme pensa Lucius. Nott avait bien de la chance que les circonstances l'aient débarrassé de son encombrant fardeau marital. Il avait ainsi pu s'acquitter de ses tâches éducatives, sans avoir à concéder quoi que ce soit aux instincts maternels. Néanmoins, au fond de lui, Lucius savait qu'il avait tort de rejeter la faute sur sa femme. Jamais il n'aurait pu traiter Draco aussi durement que l'avait été le fils Nott. Mais s'il l'avait fait Draco, aurait quelques chances de survivre à ce qu'il l'attendait. Merlin! Comment Draco allait-il survivre, alors que lors de sa cérémonie d'initiation à la magie noire, il n'avait même pas été capable de supporter la vue de la très belle performance de Théodore Nott sur cette elfe de maison, s'alarma Lucius Malfoy. Quoi qu'il en ait pensé sur le moment, cet excès de sensiblerie était inacceptable. Il aurait dû réagir bien plus fermement à l'époque.

Mais rien n’était encore joué. Le seigneur des ténèbres allait certainement lui laisser peu de temps libre, mais il se promit de le consacrer intégralement au recadrage de son fils. Et cela commencerait par des cours intensifs d’occlumancies.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Dans ce chapitre, j’ai plagié emprunté un passage de la fanfiction : Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité  

Réunion de l’ordre

Le lendemain matin à Poudlard :

— Nous devons immédiatement lancer un assaut sur le manoir Malfoy et en finir le plus vite possible. Hurla Maugrey Fol Œil en tapant du poing sur la table.

Après le sauvetage des Dursley, Dumbledore avait passé le reste de la journée (et de la nuit) à convoquer tous les anciens membres de l’ordre du Phénix. Ce matin, en ouvrant la réunion, il constata avec un plaisir mitigé que son vieux corps parvenait encore à rester alerte après avoir enchaîné plus de 24 heures sans dormir. Il n’aurait donc aucune excuse pour échapper aux interminables nuits blanches qui avaient été son quotidien durant la dernière guerre.

— Comment ça en finir ? Il faut d’abord trouver un moyen de sauver Harry. Riposta, violemment Remus Lupin.

— Réveille-toi Lupin. C’est le seigneur des ténèbres que l’on affronte. On ne sait même pas s’il est possible de le libérer et toute hésitation se paiera par des morts innocentes. Combien de personnes es-tu prêt à sacrifier pour sauver la vie d’un seul enfant ?

— Harry a bien réussi à sauver Ginny. Répondit Lupin en évitant sciemment de répondre à la dernière question de Maugrey. D’ailleurs où sont les Weasley ? Étant donné ce qu’ils lui doivent, je suis sûr qu’ils me soutiendront.

— Justement, c’est par loyauté envers Harry qu’ils ont refusé de se joindre à nous. Ils croient ce qui est écrit dans la gazette du sorcier. Répondit McGonagall à qui Dumbledore avait délégué la tâche d’essayer de convaincre le clan Weasley de rejoindre de nouveau l’ordre.

McGonagall s’était acquitté de sa tache sans poser plus de questions, mais sans se faire d’illusion quant à ses chances de succès. Il était de notoriété publique que depuis l’assassinat de leur fils Ron, lors de sa première année à Poudlard, les Weasley avaient perdu toute confiance envers Dumbledore.

— Ils ne sont pas les seuls. Contrairement à vous, la gazette a des preuves de ce qu’elle affirme. Comment celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom aurait pu créer des souvenirs aussi convaincants ? Intervint Sturgis Podmore en s’adressant directeur à Dumbledore qui restait silencieux.

— Si Dumbledore dit que Vous-Savez-Qui est de retour, alors je le crois. Commença à s’énerver Hagrid.

— Désolé, mais il va me falloir un peu plus.

— Stu, au cours de ma carrière, j’ai dû traiter de nombreuses affaires de maltraitance et d’enlèvements d’enfants par des mages noirs. À force, j’ai appris à repérer les signes. J’ai rencontré Harry et il n’avait rien d’un enfant maltraité. Crois-moi, il n’y a rien de vrai dans ce que raconte la Gazette. Argumenta Fol Oeil.

— Je n’irais pas jusque-là. Contra Lupin, le regard remplit de culpabilité.

Dumbledore choisit ce moment-là pour intervenir :

— Tous les mensonges du seigneur des ténèbres recèlent un fond de vérité. Toutes les familles ont leur problème. Et après la première guerre, je rajouterais que toutes avaient leurs traumatismes. Mais Harry et les Dursley s’aiment sincèrement. Vous n’avez rien à vous reprochez Remus. Tout ce que vous pouviez faire, c’est les soutenir en espérant que le temps réglerait leurs problèmes. Moi en revanche, j’admets avoir failli à de nombreuses reprises envers cette famille. Cependant, je ne vous ai pas convoqué pour vous infliger les complaintes d’un vieillard sur ses regrets passés, mais pour décider de ce qu’il convient de faire face au retour de Vous-savez-qui. Pour le moment, les seules preuves de son retour que j’ai à vous offrir sont ma parole et la marque de Severus. Je comprendrais que vous les jugiez insuffisantes et dans ce cas, vous êtes libre de partir. Que ne reste autour de cette table que ceux qui sont convaincus de son retour et sont prêt à agir pour l’empêcher de retrouver son pouvoir.

Dumbledore attendit quelques secondes, mais aucun ne bougea.

— Si vous dites qu’il est de retour, alors je vous fais confiance. Termina Podmore en s’asseyant le regard remplit d’une détermination nouvelle.

— Puisque cette question est réglée, passons à la suivante : comment allons-nous faire pour libérer Harry ? J’ai cru comprendre qu’il lui avait suffi de détruire l’objet ensorcelé pour libérer Ginny. Je pense que nous devons mettre au point un piège afin de détruire l’objet qu’utilise Vous-savez-qui pour posséder Harry. Proposa Pomona Chourave (qui avait refusé d’être exclue de cette première réunion malgré l’insistance de Dumbledore).

— Je crains que détruire la bague ne fasse qu’affaiblir, le seigneur des ténèbres. Dans son cas, la possession est bien trop… Comment dire... Profonde, pour que cela soit suffisant. Néanmoins, ce serait déjà un bon début.

— Et comment voulez-vous faire ça sans s’en prendre à son propriétaire ? Vous pensez qu’il va la laisser traîner tranquillement dans un coin ? Contesta Maugrey.

Afin d’éviter que ses troupes déjà maigres ne se divisent Dumbledore intervint.

— Je crois que ce que veut souligner mon cher ami Fol Oeil, c’est que même s’il est hors de question de planifier la mort d’Harry, inévitablement, nous devrons lui faire face. Inutile de vous dire que ce jour-là, toute hésitation sera fatale. Si l’un d’entre vous le rencontre, il devra attaquer pour tuer et j’exclurais moi-même tout personne qui emmétra la moindre réserve à ce sujet. De même, j’interdis d’avance toute critique envers les actions qui seront réalisées dans le feu de l’action. Mais la plupart d’entre nous sont des vétérans et les autres des aurors expérimentés. Je pense que ce point ne fera pas débat.

Maugrey et Lupin acquiescèrent à regret, conscients que la dernière phrase était un ordre et non une invitation à contester son point de vue.

— Donc, concrètement, qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Podmor.

Severus, qui s'était jusque-là tenu silencieux en se frottant le bras à intervalle régulier pris la parole d’une voix chevrotante d’où perçait la douleur :

— Savoir où le seigneur des ténèbres se trouve ne nous est pas d’une grande utilité, s’il est hors d’atteinte. En plus des défenses du manoir, il doit actuellement être entouré en permanence d’une importante garde de mangemorts. Sans compter que nous ne pouvons être sûrs qu’il se situe bien au manoir Malfoy. Ne trouvez-vous pas étrange qu’il annonce dans la presse le lieu où il a trouvé refuge, alors qu’il sait que Dumbledore est au courant de son retour ? Pomona parlait de lui tendre un piège. Vous pouvez être sûr qu’il a eu la même idée. Pour le moment, on devrait se concentrer sur le fait de recruter davantage de troupe et de faire éclater la vérité au grand jour. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi vous n’avez toujours pas fait de déclaration à la presse Albus ?

— À votre avis, après l’édition spéciale de la gazette comment réagirait le monde sorcier, si j’accusais sans la moindre preuve Harry d’être le nouveau seigneur noir ? Ou si nous l’attaquions d’une quelconque manière ? Ils y verraient une manière particulièrement abjecte de me défendre. Je ne ferais que perdre toute crédibilité et à terme mon poste de président du Magenmagot. Expliqua Dumbledore.

— Alors quoi on ne fait rien ? Vous avez si peur de perdre votre pouvoir ? Maugréa Fol Oeil.

— Voyons Maugrey. Tu sais que tant qu’on me laisse ma carte de choco-grenouilles, je serais plus qu’heureux de laisser la place. En fait, j’ai longuement hésité avant de prendre ma décision. Même si je doute que l’on me croit, cela aurait au moins le mérite de mettre la population sorcière sur ses gardes et de la préparer psychologiquement au retour de la guerre. Cela pourrait sauver de nombreuses vies. Mais dans les circonstances actuelles, je pense que ce serait faire le jeu de Voldemort. Il veut que nous nous lancions dans une bataille médiatique qu’il est sûr de remporter et qui divisera le monde sorcier. Nous devons nous montrer plus malin et porter la bataille sur un terrain ou nous avons des chances de l’emporter. Et Remus m’a donné une excellente idée.

— Moi ?

— Oui. Vous m’avez rappelé que la priorité n’était pas de vaincre Voldemort, mais de récupérer Harry. Comme nous le ferions pour n’importe quel camarade capturé par l’ennemi. Rajouta Dumbledore pour faire taire les protestations de Fol œil. En réponse à la plainte de Malfoy, Remus, va à son tour porter plainte au nom des Dursley pour enlèvements et calomnie. Les Dursley étant des moldus, ils n’ont aucun droit aux yeux des tribunaux sorciers et ne peuvent pas porter plainte. En tant que tuteur légal du jeune Harry, je pourrais m’en charger moi-même, mais cela améliorerait considérablement nos chances de victoire si vous en chargiez. Contrairement à moi, vous apparaîtrez comme une personne extérieure et donc neutre. Sans compter que vous êtes un ami d’enfance des Potter.

Remus fut trop estomaqué pour répondre quoi que ce soit. En revanche, Podmore s’exclama :

— C’est brillant Albus. Si nous gagnons ce procès alors le ministère sommera Malfoy de nous rendre Harry. S’il ne veut pas se retrouver entre nos mains, le seigneur des ténèbres devra alors ouvertement défier le ministère. Nous n’aurons pas besoin de convaincre qui que ce soit qu’il est de retour pour que les aurors nous aident à prendre d’assaut le manoir Malfoy. Et lorsqu’il se défendra….

— Tout le monde pourra voir que quelque chose cloche. Termina Fol Oeil. Mais pour ça, il faut qu’on gagne. Qu’est-ce qu’on fait si Malfoy gagne ? Je vous rappelle que tout ce que verra le jury, c’est le cher survivant qui les supplie de ne pas le renvoyer chez des moldus qui le maltraitent. Dois-je vous rappeler à quel point vous-savez-qui est bon manipulateur ?

— En fait je ne comptais pas exclusivement sur la justice magique. Termina Dumbledore. Comme tu l’as fait remarquer, s’il témoigne alors nos chances de perdre le procès sont non négligeables. Mais pour cela, encore, faut-il qu’il quitte la sécurité du manoir Malfoy. Le procès nous donnera une occasion en or de le capturer et peut-être de libérer Harry. Rajouta Dumbledore en insistant sur le « peut être » afin de commencer à préparer ses hommes à accepter d’envisager des plans visant à son élimination pure et simple.

Tous les regards se tournèrent alors vers Lupin. Ce plan dépendait entièrement de son approbation. Il déglutit et se demanda brièvement si Dumbledore avait conscience des répercussions qu’aurait sa soudaine célébrité sur sa vie déjà précaire de loup-garou. Mais Lupin repensa à ce gamin attachant à qui il avait donné des cours particuliers tous les samedis pendant presque un an. Avant d’accepter pas un seul instant, il ne pensa pas à lui comme étant le fils de James.

C’est ainsi que la réunion fut levée. Lupin s’apprêtait à rentrer chez lui complémentent abattu par la perspective des prochains jours, lorsque la jeune Nymphadora Tonks l’interpella :

— Veuillez pardonner mon collègue. Vous savez, il tient autant que vous à sauver le jeune Harry. Il nous a tous sauvés après tout.

— Merci, mais ne vous inquiétez pas. Je connais Fol Oeil depuis longtemps et je sais qu’il essaierait de le sauver, même si c’était un illustre inconnu atteint de Dragoncelle. Il est juste trop …. trop... Maugrey. Répondit maladroitement Lupin en cherchant comment qualifier le vieil aurore, sans être offensant.

— Tonks, tiens-toi loin de lui. Même le meilleur des combattants risque la défaite, si son coéquipier hésite à tuer l’ennemi. Les interrompit Maugrey avant de tenter de traîner Tonks loin de Lupin.

Mais la réaction de la jeune femme faillit mettre le feu à la pièce (pourtant composé de pierre millénaire).

oOoOoOoOo

Vernon Dursley se sentait bien. Il était tranquillement allongé sur son lit pendant qu’une légère pluie le rafraîchissait. Puis il se demanda comment la pluie pouvait tomber à l’intérieur de sa chambre. Il se réveilla en sursaut et constata qu’une créature avec des oreilles de chauve-souris et des yeux globuleux était penché au-dessus de son lit.

— Désolé de vous avoir réveillé, maître Vernon. S’excusa la créature en se reculant violemment, mais Vernon ne lui prêta aucune attention.

Il venait de retrouver ses souvenirs et s’efforçait de reprendre son calme. Après que Dumbledore l’ait sauvé de cette foule hystérique, il les avait menés dans ce château et leur avait fait boire un médicament bizarre. Probablement un somnifère vu qu’il s’était endormi juste après.

Inquiet de ce que ses sagouins avaient pu lui faire durant son sommeil, il examina son corps. Il fut soulagé de constater que tout était en place et dans le bon ordre. Mieux il lui semblait que ses blessures avaient disparu durant la nuit. Au moins, ces gens s’y connaissaient en médecine, pensa Vernon. Ce n’est qu’une fois rassuré qu’il s’intéressa à ce qu’il l’entourait. Il était dans ce qui ressemblait à un lit d’infirmerie au-dessus d’une magnifique voûte éclairée par de grandes fenêtres qui laissaient pénétrer la lumière du soleil qui venait de se lever. Il l’aurait qualifié de paisible si l’endroit n’était pas recouvert d’une intense odeur de formol typique des hôpitaux de son enfance.

À côté de lui se trouvait le seul autre lit occupé de la chambre où Pétunia picorait sinistrement dans le somptueux petit déjeuner disposé sur un plateau d’argent devant elle. Son appétit s’apprêtait à corriger la terrible injustice que sa femme infligeait aux efforts des cuisiniers de cet hôpital. Au passage Vernon se dit que si tous les hôpitaux sorciers nourrissaient aussi bien leurs patients, alors il allait mettre sa répugnance pour les sorciers de côté et se faire systématiquement soigner chez eux. Puis il se souvint de la raison pour laquelle il était venu dans cette gare à la base.

— Où est Harry ? Qu’est-ce qui lui est arrivé ?

— Tu n’as pas compris ? Il ne veut plus nous voir. TOUT ÇA, C’EST DE TA FAUTE ! Hurla Pétunia, avant de se mettre à pleurer.

Ne sachant que dire, suite à cette réaction aussi violente qu’inattendu, Vernon resta bouche bée. Puis sans rien lui dire, elle lui tendit avec une colère manifeste une coupure de journal déchiré. Au fur et à mesure de sa lecture, le visage de Vernon devint rouge. Comment ce petit salopard osait leur faire un procès ? Après tout ce qu’il avait fait pour lui.

— Vous, vous tromper maîtresse Pétunia. Harry vous aime. Il ne rêve que de retourner chez vous et de se réconcilier.

Mais avant que sa femme ne puisse répondre Vernon hurla sur la petite créature qui se ratatina :

— Ah oui ! Alors explique-moi ça.

— Harry est possédé par un mauvais esprit. Très mauvais.

— Oui très mauvais, ça, je confirme. Je savais depuis l’année dernière qu’il était en train de mal tourner, mais là. Tout ça, c’est de la faute de ses maudits sorciers. On n’aurait jamais dû l’autoriser à aller là-bas. Ils l’ont perverti et maintenant...

— Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne vois pas que c’est justement à cause de ces conneries qu’il ne veut plus nous voir. Tout ce qu’il dit est vrai bon dieu. Ça et plus encore. On l’a même privé de nourriture.

— C’était une mauvaise passe. On avait perdu la boule à cause… À cause de tout ce qui s’est passé. Ça a duré si peu de temps. Il ne peut pas s’en souvenir.

— Il s’en souvient Vernon. Tu te rappelles de ce professeur débraillé qui lui avait envoyé Dumbledore durant sa première année.

Vernon s’en souvenait très bien. C’était l’époque où Dudley était encore en vie.

— Oui. Dit-il piteusement sans savoir où sa femme voulait en venir.

— Sans rien nous dire cet irresponsable a confronté Harry à une créature qui fait apparaître notre pire peur, soi-disant pour l’entraîner.

— Il a eu raison. Nos enfants ne sont pas des fillettes et un bon professeur doit s’assurer que ses élèves seront suffisamment forts pour faire face au monde réel.

— Hé bien, tu sais ce qu’était la pire peur d’Harry ? Que je l’enferme dans le placard sous l’escalier. Continua Pétunia sans faire attention à l’interruption de son mari.

Vernon ne cacha pas qu’il fut choqué par cette révélation. Mais encore une fois les mots lui manquèrent et la seule chose qu’il put dire fut :

— Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Sur un ton de reproche qui n’échappa pas à Pétunia. Mais celle-ci n’avait plus la volonté de lutter.

— Et qu’est-ce que cela aurait changé ? Répondit-elle sombrement.

— Peu importe, tu aurais dû me le dire. Reprocha Vernon content que la conversation aille sur un terrain qu’il maîtrisait mieux. La colère lui était bien plus familière que la culpabilité.

— Les maîtres ne devraient pas se disputer. Harry va avoir besoin de vous. Les interrompit Dobby.

— On dirait qu’il se débrouille mieux sans nous. Répondit Vernon en jetant ce qu’il restait du journal au visage de l’elfe qui le mit tranquillement dans la poubelle pendant que Pétunia, s'était de nouveau re-mise à tripoter sa nourriture en silence.

— Harry vous aime. Doby le sait. Dobby vous espionne en permanence depuis plus d’un an.

Cette déclaration provoqua des réactions très mitigées chez les Dursley.

— Qu’est-ce que tu es ? Et pourquoi tu nous espionnais ? D’ailleurs pourquoi tu nous appelles maître ? Qu’est-ce que c’est encore que cette plaisanterie ? Rajouta Vernon de nouveau énervé.

— Moi, je suis Dobby, l’elfe de maison. Les elfes de maison sont les esclaves du monde sorcier. Dobby a passé sa vie au service d’une famille horrible. Mais depuis l’année dernière, Dobby sert votre fils. Votre fils a ordonné à Dobby de ne jamais se montrer, mais Dobby a désobéi. Après tout ce que le grand Harry Potter a fait pour lui. Dobby est un méchant elfe de maison. Pleurnicha l’elfe devant les Dursley abasourdi.

— Mon fils a acheté un esclave. S’écria Pétunia horrifiée.

Elle savait qu’elle n’avait pas été une mère parfaite, mais elle espérait ne pas avoir à ce point loupé l’éducation d’Harry.

— Non, Harry, a libéré Dobby. Maintenant, Dobby est un elfe libre. Maître Potter est un grand sorcier. Enfin monsieur Potter. Il ne veut pas que je l’appelle maître.

En entendant cela Vernon et Pétunia ressentir une bouffée de fierté envers leur fils. Et en même temps, ils se demandèrent pourquoi il leur avait caché tout ça. Cependant, l’article était suffisamment frais dans leur tête pour qu’ils comprennent avec honte qu’Harry avait de très bonnes raisons de leur cacher certains pans de sa vie. Vernon dut même admettre qu’il n’aurait jamais accepté que leur fils leur ramène une créature à l’apparence si extravagante (sans compter ses horribles goûts vestimentaires).

— Qu’est-ce que tu fais ici, alors ? Pourquoi tu n’es pas avec lui ? Demanda Vernon.

— Je vous l’ai dit Dobby est un elfe libre. Lorsque Vous-savez-qui a pris possession d’Harry, Dobby a utilisé ses pouvoirs pour le suivre et tenter de le libérer. Mais Dobby ne peut pas le suivre lorsqu’il transplane. Alors Dobby est retourné vérifier que la famille de Monsieur Potter était en sécurité.

Pétunia s’étrangla en comprenant ce qui était arrivé à son fils et retrouva instantanément toute son énergie. Son mari en revanche demanda :

— Non, je ne sais pas qui. Tu ne peux pas parler clairement ? Qu’est-ce que c’est que tout ce charabia ?

Cependant Pétunia était déjà en train de se lever et avec une force qu’elle ne pensait pas posséder, elle tira son mari hors du lit et le força à la suivre.

— Tais-toi, je t’expliquerais en chemin. Pour le moment, il faut qu’on aille voir Dumbledore.

oOoOoOoOo

Quelques minutes plus tard. Le visage de Pompom Pomfresh apparut dans la cheminée de Dumbledore.

— Albus, les Dursley sont réveillés. Ils exigent de vous parler. L’interpella l’infirmière scolaire qui avait passé la dernière heure a tenté de forcer ses patients à rester dans l’heure lit tout en ruminant que normalement à cette heure-ci elle devrait être en train de faire la queue au ministère pour prendre un portoloin international vers la Toscane. Ou vers n’importe quel autre pays, du moment qu’il ne s'y déroulerait pas la coupe du monde de Quidditch. Depuis qu’elle était devenue médicomage, elle détestait ce sport dont les règles semblaient conçues pour maximiser le nombre de blessures (si elle tenait l’inventeur des cognards il passerait un sale quart d’heure).

— Dites-leur que je ne peux les recevoir pour le moment. S’ils protestent, signalez-leur que j’ai passé les dernières 24 heures sans dormir afin de planifier le sauvetage de leur fils et que maintenant, je dois me reposer.

L’infirmière voulut protester, mais elle fut tellement surprise que pour une fois le directeur tienne compte de ses conseils et aille se reposer, qu’elle ne sut pas quoi répliquer. En coupant la connexion avec la poudre de cheminette Pompom se dit que ce roublard de directeur n’avait pas choisi sa réponse pour couper court aux protestations des Dursley, mais aux siennes.

En vérité Dumbledore n’avait pas eu besoin de se forcer pour invoquer cette excuse. Avant de les abandonner à l’infirmerie Dumbledore n’avait pu s’empêcher de subtiliser la lettre dans la poche de Pétunia. Et profitant du calme qui avait suivi la réunion de l’ordre, il venait de la lire avec le reste de son courrier en retard. Comme les Dursley, elle l’avait profondément bouleversé.

Il était maintenant trop abattu pour faire autre chose que d’aller dormir en espérant qu’à son réveil tout ceci ne serait plus qu’un cauchemar et qu’il aurait l’opportunité de faire un autre choix. Comment avait-il pu penser un seul instant qu’envoyer ce merveilleux enfant à la mort était la bonne chose à faire ? Il aurait dû s’occuper lui-même de l’horcruxe et temporiser jusqu’à trouver une autre solution. Il y en avait forcément une. Et maintenant le monde allait payer le prix de son erreur. À commencer par cette famille qui avait déjà tant perdu par sa faute. Il ne voulait plus être un leader. Il avait fait bien trop d’erreurs pour cela.

Mais 6 heures plus tard, il se leva en ayant de nouveau la prophétie en tête. Il n’y avait pas d’alternative. Harry devait mourir. Il lui manquait juste de savoir comment. Néanmoins, malgré sa détermination renouvelée, il ne put toujours pas faire face au Dursley. Il confia donc à Hestia Jones et Dedalus Diggle le soin de les escorter jusqu’à l‘une des cachettes de l’ordre (en prétextant l’immensité de sa charge de travail). Dumbledore ne put s’empêcher de penser qu’il était bien lâche pour un Gryffondor.

Échange de lettre

À Justin Finch-Fletchey

Sale sang de bourbe, j’ai le plaisir de t’annoncer que tu subiras bientôt le sort que tu mérites pour avoir osé souiller cette terre par ta méprisable existence. Bientôt, je pourrai prouver à l’ensemble de la société sorcière que je n'ai jamais éprouvé autre chose que du dégoût et de la haine à ton encontre. La prochaine fois que nous nous rencontrerons, moi et les amis de mon père auront la joie suprême de torturer ta très chère petite sœur sans que tu ne puisses rien faire pour t’y opposer. Ainsi, peut-être comprendras-tu enfin que tes pitoyables pouvoirs ne sont rien face à ceux d’un authentique sorcier.

J’espère que tu auras la lâcheté de quitter le pays avant notre arrivée. La traque ne fera que rajouter un peu d’excitation à ce qui promet d’être une mise à mort ennuyeuse.

Avec tout mon mépris.

Theodore Nott

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Au grand merveilleux, séduisant, puissant et subtil Lord Nott junior

Bonjour à toi aussi Théo. La réception de ta lettre a été une vraie bénédiction. Ma mère a oublié d’acheter du PQ cette semaine. N’hésite pas à m’en écrire d’autres.

En parlant de nouvelles, Blaise m’a chargé de t’annoncer qu’un grand malheur venait de frapper sa famille. Non seulement son beau-père est toujours en vie, mais en plus, une de ses cousines est brusquement tombée gravement malade. Sa famille est donc contrainte de déménager en France, pour une durée indéterminée. Je ne sais pas comment te le dire de manière douce et de toute manière, je sais que tu détestes que l’on tourne autour du pot, alors je vais être direct : il ne reviendra peut-être pas à Poudlard cette année.

Tu ne l’admettras sans doute jamais, mais je sais qu’il va te manquer. Mais sache que moi par contre, tu ne me feras pas fuir aussi facilement. Moi aussi, je tiens à ce que l’on règle nos comptes.

Cordialement,

Justin Finch-Fletchey

oOoOoOoOo

Au méprisable sang de bourbe qui habite aux 3 Pall-Mall à Londres.

Cesse immédiatement ces familiarités envers moi. Même avec les capacités intellectuelles limitées que t'ont légué tes animaux de parents, j’aurais cru que tu comprendrais que je n’ai jamais été ton ami et que je ne le serais jamais. J’ai juste été contraint de te côtoyer pour me rapprocher du survivant. Mais aujourd’hui le seigneur des ténèbres est de retour et il éliminera bientôt tous les sangs impurs qui souillent notre communauté. Pour le moment, il insiste pour rester discret, mais dès qu’il aura accumulé suffisamment de force, nous pourrons agir au grand jour. Sois sûr que ta famille n’y échappera pas. Moi et mon père avons hâte de redorer le blason de notre famille souillé par ces infâmes rumeurs de la Gazette.

Quant à ce traître de Blaise dit lui bien que la prochaine fois que l’on se revoit, je serais contraint de mettre un terme à sa lignée pour le punir de sa lâcheté et de son manque de dévouement envers notre noble cause. Cependant, la perte d’un aussi bon sang serait une tragédie pour notre communauté.

Je ne devrais pas le penser et encore moins l’écrire, mais j’espère qu’il restera à l’étranger. C’est le seul moyen d’être à l’abri du seigneur des ténèbres.

En espérant ne plus jamais te revoir

Theodore Nott

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À Theodore Nott

Je crains malheureusement de m’être subitement souvenue que je détestais ma cousine. Je me vois donc contraint de renoncer à plusieurs mois de farniente au bord de la Méditerranée. Cependant, ne t’inquiète pas pour elle. La plupart des familles riches ont également décidé de se rendre à son chevet. À moins qu’il s’agisse à chaque fois d’une cousine différente. Nos familles sont tellement consanguines intimement liées que c’est difficile à déterminer.

Mais à toute chose malheur est bon. Je sollicite l’immense honneur de recevoir en ma demeure le noble seigneur Nott pour qu’il puisse m’instruire par son exemple, sur comment un vrai sorcier est censé se comporter en ces temps troublés où les escaliers semblent avoir déclaré une bien injuste guerre aux vieilles femmes française ayant de la famille en Angleterre.

Cordialement, le seul Serpentard grand, merveilleux, séduisant, puissant et subtil.

Blaise Zabini.

PS : Toi tu n’es que noble.

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À Blaise Zabini

J’ai été agréablement surpris par la lecture de ta dernière lettre. J’ai été ravi d’apprendre que les Zabini souhaitent prendre part au combat pour la régénération de notre société et seraient ravis de t’initier au service de notre noble cause. Cependant, je dois décliner ton offre.

Tu n’es sans doute pas au courant, mais il y a peu des envoyés du seigneur des ténèbres ont contacté ta mère. Sa réponse a passablement énervé notre maître à tous. Personnellement, je ne te tiens pas pour responsable du comportement de la matriarche de ta maison, mais ce n’est pas le cas de toutes les familles respectables. Même si je comprends ta frustration, il y a bien des manières différentes de servir notre cause.

Pour le moment, je t’encourage à suivre ta mère dans sa honteuse fuite et à utiliser ses talents dont tu serais le seul dépositaire pour augmenter le nombre de sang pur. Quand j’aurais la marque, je ferais en sorte que tu sois autorisé à laver le nom de ta famille des outrages que ta mère lui a infligés.

Respectueusement,

Théodore Nott

PS : Ta subtile mais néanmoins erronée référence à la dernière lettre de ce sang de bourbe que Potter nous imposait de côtoyer n’est pas passée inaperçue aux yeux de mon père.

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À Théodore Nott

Sache que je n’ai pas peur de toi sale mangemort et que je ne compte pas partir. Pas avant d’avoir eu l’occasion de montrer au monde qui est le vrai Théodore Nott.

Si tu es si sûr de ta supériorité, alors que dirais-tu de régler nos comptes une bonne fois pour toute, lors d’un duel ? Blaise est d’accord pour que son manoir serve de terrain neutre. Je t’y attendrais aussi longtemps qu’il le faudra. À moins que tu aies peur de perdre ?

D’ailleurs, as-tu des nouvelles d’Harry ? Toutes nos lettres sont sans réponse. La gazette raconte n’importe quoi n’est-ce pas ?

Cordialement,

Justin Finch Fletchey

PS : Est-ce que c’est la fin du monde ou est-ce que ta lettre contenait une blague ? Ne refais plus jamais ça. Blaise a failli avoir une crise cardiaque en la lisant. Et elle n’était même pas drôle.

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Mais vous allez foutre le camp du pays, espèces d’abrutis ??

Nott

PS : Harry est mort. Ne lui écrivez plus.

PS 2 : Brûlez ce message lorsque vous l’aurez reçu et ne répondez pas. Mon père lit mon courrier.

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Pas sans toi.

Tes amis : Justin et Blaise

PS : On avait compris que ton père lisait ton courrier, mais tu ne t’en tireras pas aussi facilement. Qu’est-ce que tu entends par « Harry est mort » ?

PS 2 : Ce message s’autodétruira quand tu l’auras lu ou si quelque d’autre que toi tente de lire. Justin n’a pas arrêté de fredonner une musique bizarre en criant « mission impossible » lorsque j’ai écrit cette lettre. Je crois que la situation l’a définitivement fait basculer dans la folie.

oOoOoOo

Après plus d’une semaine sans recevoir de réponse à leur dernier courrier, Justin et Blaise eurent à prendre une décision difficile. En fait ce n’était pas vraiment un choix. La mère de Blaise refusait d’attendre plus longtemps avant de fuir le pays.

Que pouvaient-ils faire d’autre que de la suivre ? Ils n’étaient que des sorciers de premier cycle.

De toute façon, la mère de Blaise avait raison. Ils n’avaient aucune raison de se mettre en danger pour sauver une personne qui ne leur en serait même pas reconnaissante.

C’était un raisonnement parfaitement logique. Un raisonnement de Serpentard. Malheureusement Justin était un Poufsouffle.

Recrutements

Toc toc Toc

Les coups frappés à la porte de son bureau firent sursauter Ombrage qui releva subitement la tête du dossier qu’elle était en train d’étudier. Ou plutôt qu’elle étudiait avant de s’endormir. Il était tard (plus de 22 heures) et la plupart de ses subalternes étaient rentrés chez eux depuis longtemps. Seules restaient les pauvres âmes à qui elle imposait de suivre son rythme de travail infernal.

Elle se demandait qui avait eu l’outrecuidance de la déranger à cette heure. Il avait intérêt à avoir une bonne raison ou elle ferait en sorte que son prochain bureau soit tellement minuscule que celui d’Arthur Weasley lui apparaisse comme le comble du luxe en comparaison.

— Entrez ! Cria-t-elle sèchement après s’être assuré d’être présentable.

Avec surprises, elle découvrit que l’opportun était la source de son excès d’heure supplémentaire. Avec ses vêtements hors de prix, ses cheveux blonds et ses manières excessivement sophistiquées, Lucius Malfoy pénétra dans son bureau.

— Très cher, je pense que vous vous êtes trompé. Le bureau de Fudge est à l’autre bout du couloir. Mais je doute que vous le trouviez à une heure aussi tardive.

Même aux heures de bureau, inutile d’espérer trouver Fudge au travail lorsque les rares journalistes indépendants qui exerçaient encore, n’étaient pas présents pour s’assurer de son assiduité. Ce qui ne l’empêchait pas de demander à ses services un surcroît de travail, alors qu’ils devaient déjà gérer l’organisation de cette gigantesque beuverie qu’était cette coupe du monde de Quidditch.

Tout cela parce qu’il était paniqué par le soudain ralliement au parti de Lucius de grandes familles de sang pur qui habituellement tenaient à rester neutre. Fudge était persuadé que quelque chose d’important se tramait. Au fil du temps Ombrage avait appris à respecter l’instinct politique de Fudge (c’était bien la seule chose qu’elle respectait chez cet homme). Mais elle ne voyait pas ce que cela avait d’exceptionnel ou d’inattendu. La peur qu’on les interroge sur leurs actions durant la dernière guerre n’allait pas indéfiniment les contraindre à la neutralité ou à un soutien du bout des lèvres à Dumbledore et à ses alliés progressistes.

Ombrage n’avait jamais compris pourquoi Dumbledore n’avait pas mis davantage d’eau dans son vin. S’il avait abandonné ses propositions les plus contraires aux intérêts et aux mœurs de la bonne société sorcière, il aurait facilement pu prendre le contrôle du pays. Il y aurait certes perdu le soutient de quelques hippies, mais cela aurait été plus que compensé par le ralliement définitif de gens bien plus respectables (et influents). Pour elle, le mouvement en cours n’était qu’une brusque accélération du retour aux fondamentaux de la société sorcière. Une preuve qu’elle et Fudge (surtout elle en réalité) avaient bien travaillé pour reconstruire leur monde après la guerre qui l’avait ravagé. Quant à la cause de cette brusque accélération, elle lui semblait évidente. Maintenant que le survivant avait rallié le camp de Lucius, les sorciers n’avaient plus peur d’être traités de mangemorts en le soutenant publiquement.

— Quel dommage. J’ai été plongé dans la confusion bien malgré moi en voyant l’activité frénétique qui règne en ces lieux. Quoi qu’il en soit, cette regrettable erreur m’offre l’occasion dont je rêvais depuis longtemps de m’entretenir avec vous. Cette fois, vous ne pourrez pas prétexter un rendez-vous ou le qu’en-dira-t-on pour y échapper. Seuls vos malchanceux serviteurs sont encore présents à cette heure et je doute qu’ils aillent lancer des rumeurs à votre sujet. Quoi que si vous continuez à vous montrer aussi exigeante vous risquez de subir de nombreux... désagréments.

Beaucoup d’employés du ministère murmuraient déjà dans son dos pensa Ombrage. Malgré les années, elle arrivait encore à être surprise de l’inventivité des surnoms que les jaloux inventaient pour dénoncer son soi-disant autoritarisme. Le travail et l’effort n’étaient guère populaires au sein du ministère.

Néanmoins Ombrage s’en moquait. Elle s’en amusait même. Elle n’avait aucun remord à se montrer sévère avec ses employés (ou avec ses administrés). Elles ne leur imposaient rien qu’elle ne s’imposait pas à elle-même et elle les avait dûment prévenues de ses exigences dès le début de la phase de recrutement. Malgré ses avertissements, ils avaient tous choisi librement de maintenir leurs candidatures et devaient maintenant assumer leurs choix. De toutes façons, elle s’assurait que tous les engagés étaient aussi dévoués qu’elle au service du ministère.

Quoi qu’en disent les critiques, c’étaient grâce à leurs sacrifices que le ministère pouvait perdurer et remplir de manière minimale les fonctions qui étaient les siennes. Sans eux, le désordre et la loi du plus fort régnerait. Aussi imparfait soit-il, le ministère était la seule chose qui protégeait les faibles des luttes entre les seigneurs blanc et noir ou du grand remplacement par des monstruosités au sang souillé. Ils étaient le seul rempart qui protégeait la civilisation sorcière. Mais une muraille pleine de trou.

Elle et ses collaborateurs avaient sué sang et eau pour colmater les brèches, mais l’incompétence, le clientélisme, la fainéantise, des idéologies politiques dangereuses et l’excès de bureaucratie des autres services ne cessaient d’ouvrir de nouvelles fissures qui, au fil des ans, devenaient des gouffres. Heureusement qu’il y avait encore quelques hauts fonctionnaires comme elle et Croupton pour tenir la boutique.

Elle n’osait imaginer le fiasco qu’aurait été cette coupe du monde si ses subalternes n’avaient pas mis de côté leur vie de famille durant les deux derniers mois. Et malgré tout ça, aux yeux de la société sorcière, ce seraient des gens comme Verpey qui tirerait tout le prestige de leur réussite. Aucun travail acharné ne remplacerait jamais un beau physique et une victoire dans un match de Quidditch. C’était une vérité cruelle que « le crapaud » (comme l’appelaient ses camarades de classe), avait apprise dans la douleur dès ses jeunes années à Poudlard.

Jamais personne ne remercierait Ombrage (ou les hommes et les femmes qui subissaient son impitoyable commandement) d’avoir renoncé aux joies de la vie de familles. Mais pour Ombrage, ce n’était pas un gros sacrifice. Après la mort de son premier mari elle s’était juré que ses chats seraient les seuls autorisés à rentrer dans sa demeure. Bien que très indépendante, ces merveilleuses bêtes étaient bien plus fidèles que n’importe quel homme.

Quant à ses subalternes, aussi longtemps qu’elle en aurait le pouvoir, elle ferait en sorte qu’ils soient récompensés de leurs efforts. Lorsque les ravages du temps ou l’envie d’avoir un enfant leur imposait de ralentir le rythme, elle veillait à ce qu’ils reçoivent une promotion vers un poste plus tranquille. C’est d’ailleurs pour profiter de sa générosité et monter plus vite dans la hiérarchie que beaucoup de jeunes hommes compétents candidatait chez elle (ou Croupton qui pratiquait la même politique).

Elle pensait jeune homme, car Ombrage devait bien reconnaître que les hystériques qui tentaient d’introduire le féminisme dans le monde sorcier avaient raison de dire que les femmes étaient quasi inexistantes de son service. Par contre elle les trouvait ridicules de l’accuser d’être un rouage de la domination masculine dans le ministère. Elle n’y pouvait rien si la plupart des sorcières choisissaient de se mettre en couple et de décharger leur mari des tâches ménagères. Ombrage assumait préférer un employé moins doué, mais 100 % dévoué à son travail. On ne pouvait pas à la fois être au four et au moulin. Si elles voulaient faire carrière, elles devaient faire des choix. Elle ne voyait pas ce qu’il y avait d’immoral ou de contraint dans le choix qu’elle leur proposait. Encore une fois, elle n’imposait rien qu’elle ne s’imposait pas d’abord à elle-même. Quant aux mœurs de ses collaborateurs et aux comportements regrettables que provoquait cet entre soi masculin (qui concourait également à faire fuir les collaboratrices les plus fragiles) elle en était désolée, mais ça ne la regardait pas. Tant qu’ils faisaient bien leur travail, elle n’avait pas à intervenir. Elle était leur supérieur, pas leur mère.

Elle chassa ses utopistes de ses pensées et se reconcentra sur Lucius Malfoy.

Au fil du temps, les jeunes pousses qui étaient passées sous sa direction avaient fait carrière et intégré - grâce à son soutien - des postes décisionnaires dans la plupart des ministères. Ainsi, au fil des ans, avait-elle gagné en influence et avait envisagé d’aller plus loin que de reboucher les fuites. Aussi joua-t-elle faussement l’ingénue en répondant :

— Moi ? Mais voyons, je ne suis qu’une modeste employée qui exécute les ordres que lui donne Mr le ministre de la magie. Aurais-je des préférences que le serment de neutralité et de loyauté au gouvernement, qui lie tous les hauts fonctionnaires, m’empêcherait de les assumer publiquement. Que pourrait apporter cette entrevue à un homme aussi influent que vous.

— Vous vous sous-estimez très chère. Chaque minute passée en compagnie d’un être aussi intègre et intelligent m’apporte bien plus que je ne pourrais l’espérer. Les gens comme vous sont une boussole au milieu de la déliquescence généralisée qui gangrène notre société. Or, je crains qu’une tempête ne s’annonce et j’ai besoin d’un cap pour planifier mes prochaines actions. Acceptez, je vous prie d’être le phare qui me guide jusqu’au rivage.

Merlin ! Elle était habituée à être flattée, mais si elle ne connaissait pas l’amour maladif que Lucius vouait à sa femme, elle jurerait qu’il cherchait bien plus qu’un entretien professionnel. Malgré toutes ses récriminations envers le mariage et ces idiotes qui s’abandonnaient à des contes de fée remplis de fausses promesses d’amour pour se retrouver à 30 ans avec 3 gosses et une totale dépendance envers un mari gras du bide qui ne leur porterait pas plus de considération qu’à un presse-purée, Ombrage mentirait si elle prétendait être indifférente aux flatteries de ce bel homme de haut lignage. Mais elle s’efforça d’effacer ses sentiments. Lucius n’avait rien des beaux jeunes hommes de 18 ans tout juste sortit de Poudlard avec qui elle s’autorisait occasionnellement à badiner, en leur faisant miroiter des promotions indues (avant de les reléguer au fin fond des arcanes du ministère pour leur apprendre à avoir un minimum de respect d’eux-mêmes et des valeurs d’intégrité qu’elle défendait)

— Je me vois contrainte à une désagréable mise au point. Dans la mesure du possible, c’est avec plaisir que je répondrai à vos interrogations sur le portefeuille ministériel que je dirige. Mais n’en attendez pas plus de ma part. N'y voyez rien de personnel, je dois juste suivre mon devoir de réserve.

— Voyons, vous n’êtes pas que la sous-secrétaire du ministre. À cette heure, vous redevenez une simple citoyenne et à ce titre vous êtes soumis à d’autres devoirs. Comme celui de vous opposer à certaines dérives. Avez-vous entendu parler du procès que m’intente Fudge ? On croirait rêver. Ce sont les victimes qui se retrouvent sur le banc des accusés.

— Au risque de vous vexer, je dois vous signaler que vos informations sont erronées. Ce sont les tuteurs légitimes de monsieur Potter qui vous assigne en justice. Mr le ministre ne fait que s’assurer du respect de nos lois et de nos valeurs en permettant que le procès puisse avoir lieu dans les plus brefs délais et les meilleures conditions. Nous ne voudrions pas laisser perdurer plus longtemps que nécessaire, une situation au risquant de porter préjudice au bien-être psychologique du survivant. Je sais que vous avez ses intérêts au cœur et ne pensiez qu’à son bien-être en agissant comme vous l’avez fait. Vous n’avez donc rien à craindre des démarches en cours. Répondit Ombrage de sa voix de petite fille la plus innocente (et volontairement agaçante).

— Vraiment ? Dans ce cas, vous m’en voyez rassuré. J’aurais juré que Fudge tentait de profiter de la situation pour mener une cabale politique contre moi. Oh, je suis habitué à de telles choses, mais je m’inquiétais pour les conséquences que cela aurait sur le survivant. Grâce à lui, j’ai été libéré de l’impero du seigneur des ténèbres. Sans compter que certains de ses parents étaient des membres éminents de la société sorcière (Ombrage nota qu’il insista sur le mot : certains). Mais en y réfléchissant, c’est vrai que cela aurait été stupide de sa part. La vérité aurait fini par éclater au grand jour tôt ou tard. Lui et son administration aurait alors eu à subir les foudres du grand public pour avoir œuvré à l’encontre des intérêts du survivant. À votre avis, une fois la révélation effectuée, combien de temps aurait-il pu garder son poste ? Et combien de temps avant que ceux qui l’ont aidé ne subissent le même sort ?

Il était bien trop direct pensa Ombrage. Ça ne ressemblait pas à Lucius de prendre le risque de s’exposer autant. Elle commençait à se dire que Fudge avait raison et qu’il se passait effectivement quelque chose de grave. Raison de plus pour rester neutre tant qu’elle n’en saurait pas plus.

Les scandales et les administrations passaient, mais Ombrage restait et étendait petit à petit son influence. Et elle n’avait pas obtenu ce résultat en paniquant et en se ralliant à la dernière tendance du moment. Au contraire, même au cœur des pires tempêtes elle avait toujours maintenu le cap et était resté neutre en se contentant d’appliquer les ordres avec zèle.

Quitte à encaisser de sévères humiliations lorsqu’un changement survenait. C’était ce qui s’était passé lorsque Fudge avait pris le pas sur Croupton. Fudge, comme les autres avant lui, avaient tenté de la remplacer par des hommes à ses bottes ou en accord avec ses idées. Mais ils finissaient tous par se rendre compte qu’ils risquaient bien moins la trahison en se reposant sur des gens comme elle. Sans compter que sans ses compétences et ses contacts, il était bien dur de faire aboutir le moindre petit projet dans ce monstre bureaucratique corrompu et incompétent qu’était le ministère. En général, lorsqu’il se rendait compte que le responsable du Service des détournements de l'artisanat moldu ne savait pas ce qu’était l’électricité alors qu’il y avait plein de nés-moldu au chômage qui ne demandait qu’à prendre sa place, ils perdaient toutes leurs illusions et la rappelaient illico-presto à son poste.

— Malheureusement je n’ai jamais eu aucun goût pour la littérature. Mes compétences s’arrêtent au fonctionnement réel du ministère et encore une fois mes attributions se limitent à exécuter fidèlement les ordres du ministre. L’heure tardive n'y changera rien. Mais soyez assuré que si la situation changeait, je saurais m’adapter. Veuillez me laisser maintenant. Ce n’est pas que je veuille vous chasser de mon bureau, mais comme vous l’avez souligné il est tard et il est temps pour moi de prendre un repos bien mérité.

— Dans ce cas, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Avant que je ne parte, je vous conseillerai de jeter un coup d’œil au dossier du plaignant qui agit au nom des Dursley. Un certain Lupin. Je suis certain que vous trouverez cette lecture très instructive.

Sur ces dernières paroles énigmatiques, il s’en alla. Ce comportement de la part de Lucius laissa Ombrage perplexe. Elle décida que Mistigris ne s’offusquerait pas si elle restait quelques minutes de plus au bureau. Encore une fois, les chats étaient bien plus agréables à vivre que les hommes.

oOoOoOoOo

Toc, toc, toc

— Maman, il y a quelqu’un qui frappe à la porte, Hurla Ginny tout en continuant à éplucher les patates dans la cuisine

— Je sais, j’ai entendu. Oh, tu as bien travaillé, que dirais-tu d’aller te reposer dans ta chambre ma chérie. Dit Molly d’un ton qui ne souffrait d’aucune réplique.

Ginny regarda avec incompréhension le sac de patate à peine entamé que lui avait refilé sa mère après qu’elle se soit plainte d’être enfermé sans rien avoir à faire. Puis elle comprit que, quelle que soit l’identité de leur mystérieux visiteur, sa mère ne voulait pas qu’elle soit en contact avec lui. D’habitude, elle aurait fait un scandale. Cela faisait un an qu’elle devait subir l’attitude inquiète de ses parents. Au début, elle avait été compréhensible. En fait après l’année horrible qu’elle venait de vivre, elle avait même apprécié d’être chouchoutée.

Pendant un temps très limité. En fait se remettre de sa séparation définitive avec Harry avait été plus difficile que de se remettre de la possession de Tom Jedusor. Ginny était sûr que Dumbledore aurait un mot très spirituel à base de pouvoir de l’amour sur ce sujet. En revanche, elle n’osait pas imaginer ce que ses frères en diraient (surtout Fred et George). En-tout-cas, elle s’était vite lassée et avait l’impression de bouillir sous leurs sollicitations. Son père avait essayé de la défendre, mais ces quelques heures, où sa mère avait cru devoir enterrer un autre enfant, l’avaient traumatisé. Et petit à petit, elle était devenue une prisonnière dans sa propre maison. Seules les escapades que les jumeaux lui offraient en cachette l’empêchaient d’exploser (mais pas de se disputer quotidiennement avec sa mère).

Elle monta et referma sa porte. Puis se dépêcha de sortir de son tiroir un exemplaire de la nouvelle invention des jumeaux. Ou plutôt d’un prototype qu’ils avaient partagé avec elle. Ils partageaient beaucoup plus de choses qu’avant (normal étant donné que leurs parents avaient énormément restreint leurs échanges avec le monde extérieur). Ginny déroula le long fil couleur chair des oreilles à rallonge et pria pour qu’elles n’explosent pas ce coup-ci. Les jumeaux avaient énormément de mal à faire des choses qui n’explosent pas en faisant des bruits rigolos. S’ils ne trouvaient pas les fonds pour lancer leur projet de magasin de farces et attrape, ils pourraient sans problème se reconvertir dans la pyrotechnie.

— Minerva. Vous savez que j’apprécie vos visites, mais si c’est encore pour…

Ginny entendit le bruit d’une porte qui s’ouvre puis un grand silence suivit d’un cri de colère : ALBUS

— Je comprends que vous ne vouliez plus me voir Molly et soyez assuré que j’aurais été plus qu’heureux de respecter votre souhait, mais les circonstances...

— Les circonstances n’ont pas changé, Albus. À moins que vous soyez venu vous excuser de ce que vous avez fait.

— Je me suis déjà excusé Molly, je ...

— De vraies excuses. Pas des condoléances suivit d’un déni de votre rôle dans la mort de Ron. Et pour vous, c’est madame Weasley.

— Vous avez raison. Je savais qu’en cachant la pierre à Poudlard, je faisais courir un risque aux élèves. Mais je vous jure que toutes les précautions avaient été prises. Si j’avais eu le moindre soupçon sur le fait que Voldemort...

— Ne prononcez pas ce nom.

— Ce n’est qu’un nom Mol... Madame Weasley. Et il va falloir vous y habituer. Il est de retour maintenant.

— Et alors ? J’ai déjà donné mes deux frères. Qu’est-ce que vous voulez me prendre de plus ? Albus, je vous en prie. Laissez mes enfants en dehors de tout ça. Ils sont tout ce qu’il me reste, aujourd’hui.

Albus n’avait qu’une seule envie : refermer la porte et laisser ce qu’il restait du clan Weasley vivre en paix. Mais sur le long terme cela ne rendrait service à personne.

— Croyez-moi, je sais que je n’ai aucun droit de vous en demander plus, mais je vous assure qu’elle ne risquera rien.

— Vraiment ? Depuis quand la politique est-elle un endroit sans danger ? Pourquoi croyez-vous que je tolère qu’Arthur gâche son talent dans ses lubies ridicules ?

— Parce que même une charge d’hippogriffe ne le convaincrait pas d’abandonner ses bricolages d’objets moldu. Et que même si vous ne pouvez pas l’admettre, vous aimez cette partie de sa personne. Vous êtes trop entière pour épouser un homme sans en apprécier chaque aspect.

— Les flatteries ne vous mèneront nulle part avec moi. Répondit Molly sur un air courroucé (même si elle s’était mise à rougir).

— Je n’essayais pas de vous flatter. Mais un conseil de la part d’un expert en manipulation. N’essayez jamais de prétendre ne pas être touché. Il n’y a rien de plus dangereux qu’une faiblesse que l’on cache. Montrez là au grand jour. C’est le seul moyen de l’endurcir suffisamment pour qu’elle se transforme en force.

— Je crois que je préférais lorsque vous essayiez de me baratiner avec de beaux discours sur l’amour et le courage.

— Puisque cela n’a pas marché les fois précédentes, il faut bien que j’essaye autre chose. Plaisanta Dumbledore avec un sourire que ne lui rendit pas la matriarche des Weasley.

— Albus, je ne sais pas ce que vous essayez de faire, mais ça ne fonctionnera pas. Quoi que vous disiez Ginny, ne viendra pas témoigner.

— Et elle qu’en pense-t-elle ? Demanda Dumbledore d’une voix innocente.

— Elle n’est pas au courant. Elle est trop jeune pour décider.

— Je dirais plus tôt que vous savez quel choix elle fera. Harry Potter lui...

— Je sais, il lui a sauvé la vie. Vous me l’avez suffisamment répété. Et croyez bien que je sacrifierai ma vie sans hésiter pour lui venir en aide. Mais jusqu’à présent vous n’avez pas apporté la moindre preuve de ce que vous affirmez. Et excusez-moi de ne pas réussir à vous croire aveuglément. Pas sur un sujet comme celui-là.

— Avez-vous besoin de preuve, pour douter que laisser la garde d’Harry à Lucius Malfoy soit une bonne idée.

— Je croyais que c’était une bonne idée de vous laisser celle de Ron. Depuis, je ne sais plus que croire.

— Molly. Dit Dumbledore avec hésitation en tendant sa main vers elle.

— Ne me touchez pas ! Oui, je sais que vous avez raison. Mais vous en demandez beaucoup trop. Ce n’est qu’une enfant. Vous imaginez les retombés que ça aura sur sa vie ? Tout le monde saura que c’est elle qui a tué ces deux pauvres enfants.

— Elle était possédée. Plaida Dumbledore.

— Vous croyez que les gens s’arrêteront à ce genre de détail avant de la condamner ? D’ailleurs, vous le savez tout aussi bien que moi. Sinon comment expliquez-vous votre silence ? Pourquoi ma fille devrait-elle faire montre de plus de courage que le grand Albus Dumbledore ?

— Croyez-moi lorsque je dis que le courage n’est pas ma plus grande qualité. Cependant, vous savez bien que ce n’est pas un manque de bravoure qui me retient de clamer haut et fort le retour du seigneur des ténèbres. Je vous mentirais si je prétendais que c’est sans risque pour votre fille. Mais croyez-vous qu’elle sera plus en sécurité si on laisse le champ libre au seigneur des ténèbres ? Il faut le stopper tant qu’il en est encore temps. Et tout faire pour libérer Harry de son emprise.

Ginny sursauta tellement fort en comprenant qu’Harry était possédé par Tom, qu’elle lâcha, les oreilles à rallonge. Il était un peu exagéré de dire qu’elle s’était remise de sa possession. Personne n’était capable de se remettre d’une telle chose. Même aujourd’hui, quand elle y repensait, elle se sentait sale. Et coupable d’avoir été assez stupide pour écrire chaque jour dans ce journal sans se poser de question. Puis de n’avoir rien dit lorsqu’elle avait commencé à avoir des doutes. Elle ne souhaitait à personne de vivre cela. Et certainement pas à Harry. Avec une forte envie de pleurer, elle tenta de remettre les oreilles à rallonge en place. Mais elle n’entendit plus rien. Elle maudit la camelote des jumeaux (et sa propre maladresse).

Ce soir-là lors du repas elle demanda innocemment qui était venu cette après-midi. Sa mère lui répondit sur un ton agressif que ce n’était personne et lorsqu’elle insista son père lui ordonna de monter dans sa chambre.

Ce soir-là en s’endormant elle se jura de prouver à sa mère qu’elle n’était plus une enfant et qu’elle pouvait faire ses propres choix. Ne restait plus qu’à savoir comment. La première étape semblait d’aller voir Dumbledore et de lui demander ce qu’il attendait d’elle. Elle doutait de pouvoir faire la différence, mais le vieil homme semblait en être persuadé.

Seulement, elle était tellement surveillée. Elle savait que la seule raison pour laquelle les jumeaux avaient pu la faire sortir était qu’ils avaient la bénédiction de leur père. Comment expliquer sinon qu’il fasse semblant de ne pas remarquer la grosse rayure qu’elle avait infligée à sa voiture volante, lorsque Fred avait fini par l’autoriser à conduire. Mais cette fois elle se doutait que leur père n’éprouverait pas leur expédition et mettrait tout en œuvre pour leur barrer la route. Elle était coincée et ne savait pas à qui demander de l’aide.

Avec un sourire triste, elle s’endormit en se disant qu’avant elle aurait demandé à Harry Potter.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Je rappelle qu’Ombrage est la méchante. Je ne cautionne pas les idées qu’elle tient. Si je lui fais dire toutes ses conneries c’est pour l’humaniser en montrant que de son point de vue, ce qu’elle fait est bien.

À part Voldemort, mes personnages ne sont pas des psychopathes qui font le mal pour faire le mal, mais des humains normaux qui ont besoin de se raconter des petites histoires à base de libre-arbitre et de grand principes moraux pour justifier leurs actes quotidiens et préserver leur ego malmené par leur insignifiance et leur impuissance. On le fait tous que l’on soit président, chômeur en fin de droits, marchand d’arme ou bénévole au resto du cœur. Même les Nazis étaient persuadés que ce qu’ils faisaient été juste.

Note de la correctrice : Je suis parfaitement d’accord avec serpentfou, on a toujours tendance à justifier nos actes, peu importe nos origines, et on ne les justifie pas forcément pour les autres. J’ai une sainte horreur du personnage d’Ombrage, et s’il y en a bien une que je brûlerai sur un bucher, c’est elle. Mais la manière dont ça a été présenté ici la rend humaine. Ni bonne ni mauvaise, juste humaine. Comme disait Méryl Streep dans Into the Woods, « You’re not good, you’re not bad, You’re just nice ! »

Voldemort et les reliques de la mort (visite à Grindelwald)

— Ha ! Il n’y a rien ! Bombarda ! Incendio !

Hurla Voldemort sous le coup de la colère avant de regarder les précieux ouvrages de la bibliothèque des Malfoy disparaître en fumée. La plupart étaient des orignaux datant de plusieurs siècles et valant des milliers de galions chacun. Certains étaient même des exemplaires uniques. En plus de représenter une perte financière colossale, son excès de colère venait d’effacer à jamais des pans entiers du patrimoine sorcier. Mais pour Voldemort, s’il ne contenait pas les savoirs dont il avait besoin, cela n’avait aucune importance.

D’un geste négligent de la baguette de sureau, il arrêta l’incendie et répara les luxueuses étagères en chêne massif. La puissance des sorts qu’il venait de produire le convainquit une fois de plus que ces 3 objets étaient la clé pour retrouver le pouvoir qui était le sien jadis.

Il avait commencé à pratiquer régulièrement divers rituels noirs permettant d’augmenter la taille de son noyau magique. Mais pour qu’ils lui permettent d’augmenter significativement les pouvoirs de son hôte, il faudrait qu’il les mène durant le jour de Samhain ou la Nuit de Walpurgis. Il ne pouvait pas attendre aussi longtemps. Dumbledore n’attendrait pas aussi longtemps. Il se doutait qu’il ne serait pas difficile de convaincre ce vieillard sentimental de limiter les hostilités à quelques jeux politiques ridicules. Mais à un moment, même lui comprendrait qu’il n’était pas normal qu’il reste terré dans sa cachette.

Sans compter qu’il sentait que ses mangemorts étaient mécontents et commençaient à se poser des questions. Oh ! Ces lâches n’étaient pas plus mécontents que Dumbledore de disposer d’un répit supplémentaire. Par contre, il avait de nouveau eu des pertes de contrôle (comme lors de la première réunion des mangemorts).

Quand il était question de ses mangemorts, sa colère déjà grande envers ces incapables, prenait des proportions disproportionnées. Il lui était arrivé régulièrement de perdre le contrôle au point de leur faire des reproches totalement incohérents. Au début, il avait cru que c’était le contrecoup de sa résurrection. Puis voyant que les effets persistaient, il avait dû se résoudre à chercher une autre cause.

Pendant un temps, il avait envisagé avec inquiétude que cela soit dû à la destruction de certains de ses horcruxes par Potter et Dumbledore. Cependant, il avait dû se rendre à l’évidence. Tout était encore de la faute de Potter. Maintenant, que les rôles étaient inversés, c’étaient ses émotions qui contaminaient les siennes. Et quand elles entraient en résonance, elles s’amplifiaient. Et Voldemort n’avait pas besoin que l’on amplifie sa haine.

À plusieurs reprises, il avait failli tuer ses mangemorts les plus incompétents. Cela devait cesser rapidement. En plus de mettre à mal leur loyauté et leur confiance dans la santé mentale de leur chef, il n’avait pas suffisamment de troupe pour se permettre d'en gaspiller ainsi. Mais quelle que soit la puissance et la sophistication des barrières qu’il tentait d’ériger entre leurs deux esprits, le lien entre leurs âmes perdurait. Voldemort se sentait souillé qu'un être aussi insignifiant s'en prenne à ce qu'il avait de plus intime. En se concentrant, il pouvait le sentir vivre à l'intérieur de lui comme une sorte de parasite.

Pour ne rien arranger, il avait rapidement dû renoncer à briser ce foutu gamin. Bien sûr, ses barrières occlumantiques avait fini par voler en éclats sous ses assauts. Voldemort avait alors pu admirer toute l’étendue et la beauté des protections occlumantiques créées par Snape. Pour fêter sa victoire, il avait consciencieusement torturé Snape pendant toute une journée à travers la marque, afin qu’il ait un avant-goût de ce qu’il lui ferait subir lorsqu’il lui mettrait la main dessus.

Cependant, sa joie avait été de courte durée. Lorsqu’il avait voulu explorer en détail tous ses souvenirs et détruire son âme, une intense de douleur s’était emparée de lui. Il réessayait régulièrement (ne serait-ce que pour avoir la joie d’entendre la source de tous ses malheurs hurler avec lui), mais il devait se rendre à l’évidence. Ce gamin était un concentré de niaiserie absolument irrécupérable. La plupart de ses souvenirs étaient englués dans une guimauve d’amour dégoûtante, dont il ne pouvait s’approcher. S’il insistait, il risquait l’intégrité de son âme. Ou plutôt de ce qu’il en restait.

Peut-être devrait-il créer de nouveaux horcruxes ? D’ailleurs, il pourrait faire d’une pierre deux coups. En apprenant que ce maudit Dumbledore était arrivé à temps pour sauver les parents adoptifs du gamin, il avait hurlé de rage, puis pour se calmer, avait longuement torturé Macnair. Beaucoup trop longuement, ses blessures clairement issues de la magie noire n’étaient pas passées inaperçus auprès de ses collègues du ministère. Mais encore une fois, il n’avait pas pu se contrôler. Bref, s’il les utilisait pour recréer les horcruxes détruit par Potter et Dumbledore, en plus de restaurer son invincibilité, il pourrait peut-être briser l’esprit du gamin et retrouver le plein contrôle de lui-même.

Mais c’était risqué. Il avait déjà tant divisé son âme. Plus que n’importe qui avant lui. De toute façon, il lui restait encore beaucoup d’horcruxes. Le journal et la coupe étaient bien à l’abri, et Dumbledore ne pouvait pas deviner qu’il avait créé autant d’horcruxes. Ce vieillard sénile était sans doute incapable d’imaginer que l’on puisse diviser son âme en plus de 3 morceaux (sans compter que c’était un chiffre extrêmement puissant et très lié à la magie noire). Il devait croire que le collier et la bague était ses seuls horcruxes. Par prudence, il faudrait quand même qu’il déplace le diadème le plus vite possible. Malheureusement son seul mangemort ayant accès à Poudlard avait décidé de le trahir. Il maudit encore une fois Snape, en lui envoyant une décharge de douleur.

Ce dernier geste le calme suffisamment pour qu’il puisse reprendre ses recherches. Néanmoins, il abandonna la bibliothèque des Malfoy et se dirigea à grands pas vers sa suite. Il était maintenant convaincu qu’aucun de ces ouvrages ne contenait quoi que soit au sujet de l’effrayante magie qui l’envahissait lorsqu’il réunissait les 3 objets. La baguette et la bague ne le quittaient plus désormais. En revanche, il se tenait généralement la cape loin de lui ne voulant pas prendre le risque de reproduire le phénomène tant qu’il n’en saurait pas plus. Or après deux semaines de recherche tout ce qu’il avait pu établir avec certitude était qu’aucune magie noire ne ressemblait de près ou de loin à ce qu’il avait ressenti. Autant dire qu’il n’avait rien appris. Comment se faisait-il que des objets aussi puissants ne soient mentionnés dans aucun des nombreux ouvrages de magie noire de l’immense bibliothèque des Malfoy ? À peine avait-il trouvé des descriptions ressemblant à la baguette de sureau, mais Voldemort avait trop l’habitude des récits exagérée des sangs purs sur la puissance de leur baguette pour y prêter attention.

Voldemort en venait à douter de ce qu’il avait ressenti. Peut-être avait-il tout simplement halluciné le phénomène à cause du contrecoup de sa résurrection ? Ou peut-être était-il dû à une réaction magique étrange causée par le mélange de sa magie avec celle du noyau de son hôte ? Peut-être avait-il été surpris par l’étendue de son propre pouvoir. Non ! Le phénomène avait été bref, mais suffisant pour que Voldemort en soi sûr : les objets étaient la source d’un immense pouvoir.

Une fois arrivé dans sa suite, il s’avança vers ce qui semblait être un banal mur et traça dessus une rune complexe avec son propre sang avant de commencer une incantation extrêmement compliquée. La cachette contenant la cape se dévoila.

Avec réluctance, il enleva la bague afin de pouvoir prendre la cape et l’examiner sous toutes les coutures. C’était le seul objet qu’il n’avait pas examiné attentivement. Mais il semblait tout aussi banal que la bague. Il devait forcément, il y avoir quelque chose. Cela ne pouvait pas être une banale cape d’invisibilité. Au bout d’un moment, il finit par repérer un étrange symbole brodé dans un coin de la cape. Un symbole qu’il était sûr d’avoir déjà vu, mais où. D’un sort, il recopia sur un papier le triangle contenant un cercle, barré d’un trait. Il réexamina la baguette et la bague et finit par également y trouver le symbole. Il y était si finement gravé qu’il ne l’avait jamais remarqué, mais il y était bien présent. La relique de ses ancêtres était bien liée à la cape. D’après Peter la cape était une relique transmise depuis des générations dans la famille Potter. Ce qui était normalement impossible étant donné qu’il était impossible (même pour lui) de maintenir un sort d’indicibilité sur un objet plus de quelques années. Qui étaient donc les Potter en réalité ?

Il rangea la cape et repartit vers la bibliothèque. Maintenant, il avait une piste. Il allait apprendre tout ce qu’il pouvait sur la famille Potter.

oOoOoOoOo

— Ainsi Karkaroff, tu as eu l’audace de croire que tu pourrais m’échapper. Énonça Voldemort d’une voix dangereuse.

— Mon maître, je vous en prie. Je suis votre fidèle serviteur. Supplia à genoux Igor Karkaroff, enchaîné au milieu de la salle du trône.

Le sorcier avait été totalement surpris par la soudaine résurrection de son maître. Il avait donc dû improviser sa fuite et avait fait un bien mauvais travail pour maquiller ses traces. S’il avait pu anticiper son retour et se préparer en conséquence, nul doute que la traque aurait duré bien plus longtemps.

— ENDOLORIS! INCENDIO ! Hurla Voldemort en lui brûlant la moitié du visage, devant les regards goguenards de ses mangemorts.

Beaucoup avaient failli finir en prison suite à ses dénonciations. Certains avaient même un membre de leur famille en prison à cause de lui. Tous attendaient avec impatience que le maître laisse éclater sa fureur. Mais Voldemort se força à se calmer. Il avait peu d’espoir de réussite, mais par acquit de conscience lui demanda quand même :

— Mon temps est précieux alors ne le gâche pas avec tes mensonges. Une seule chose pourrait peut-être me convaincre d’épargner ta vie. Connais-tu ce symbole ?

Puis il traça en lettre de feu dans les airs, le symbole trouvé sur la cape. Pour être honnête, il n’avait pratiquement plus aucun espoir. Aucun de ses mangemorts n’avaient entendu parler de ce symbole et il avait fait chou blanc dans ses recherches. Tout ce qu’il avait appris, c’est qu’une famille de sang pur aujourd’hui éteinte nommée Peverell à laquelle les Gaunt et les Potter étaient liés par le sang l’avait brièvement utilisé au XIIIe siècle comme blason. Cela confirmait les dire de Peter sur l’ancienneté de la cape, mais ça ne l’avançait pas beaucoup plus.

Ainsi fut-il grandement désappointé lorsque Karkaroff s’exclama :

— Oui bien sûr. Tout le monde connaît ce symbole.

— Alors tu ne devrais pas avoir de mal à m’indiquer sa signification. Demanda Voldemort d’un ton qui se voulait détaché, mais d’où perçait une certaine impatience.

— Oui maître. Il s’agit du symbole de Grindelwald.

— Tu en es sûr ?

— Certain. Grindelwald, l’a lui-même tracé sur un mur de Durmstrang lorsqu’il était étudiant.

— Montre-moi.

Sans attendre l’autorisation de Karkaroff, il pénétra dans son esprit et pu apercevoir dans ses souvenirs le mur de pierre où se trouvait la fameuse marque en tout point identique avec celle présente sur la cape et la bague. Mais ce qui perturba le plus Voldemort fut l’inscription rédigée en dessous de la marque :

« Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. »

Cette inscription, écrite à une époque où il n’était pas encore né, lui semblait destinée. Il repensa avec effroi à cette maudite prophétie. Il n’aimait pas l’idée d’être le jouet de force qui le dépasse. Voldemort créait son propre destin.

— Qu’on l’enferme dans les oubliettes du manoir, jusqu’à mon retour. Quelques jours sans manger devraient lui apprendre le sens du mot fidélité.

Sans attendre, Voldemort se leva de son trône et se dirigea vers les jardins. Puis sous l’œil de ses mangemorts sidérés par la clémence de sa décision, il s’envola.

Une chance que ce sort de lévitation qu’il venait de mettre au point ne nécessite que peu de magie pensa Voldemort. Grâce aux effets de la baguette de sureau, il ne tarda pas à dépasser la vitesse du son et mit très peu de temps à atteindre sa destination : Durmstrang.

Il voulait voir de ses yeux le symbole laissé par Grindelwald. Et puis, quel meilleur endroit pour commencer ses recherches sur le mage noir responsable de ses terreurs nocturnes d’adolescent, que Dumstrang ? À l’époque, il avait été trop occupé à s’acclimater à la société sorcière, à rechercher ses parents, à devenir un prodige en magie, à chercher la chambre des secrets, à créer ses premiers horcruxes... Bref, il avait été trop occupé pour s’intéresser à l’actualité internationale.

La seule chose qu’il savait sur le mage noir, c’est qu’il était responsable des bombardements qui avait failli le tuer l’été de ses 14 ans. Voldemort se souvenait encore de l’odeur de cendre qui lui avait empli la bouche lorsqu’une bombe avait détruit l’immeuble en face de l’orphelinat. Le lendemain, il s’était rendu compte que ce drôle de goût dans sa bouche était composé en partie de ce qu’il restait de leur ancien voisin et il en avait ressenti une certaine excitation.

Mais lors des bombardements, il n’avait pu réprimer complètement sa terreur. Ce fut la première et la dernière fois qu’il perdit le contrôle de lui-même. Il se souvenait encore de ce maudit chouineur de Bryan qui ralentissait tout le monde parce qu’il avait oublié son doudou dans sa chambre, alors que les employées tentaient tant bien que mal de forcer la foule désorientée et hurlante d’orphelins de tout âge de rentrer dans les abris souterrains.

Au matin, il n’avait pu empêcher sa magie de mettre accidentellement le feu au lapin en peluche du gamin. Peluche qui était un souvenir que lui avait cédé sa mère, juste avant qu’elle ne décède de la tuberculose. Inutile de dire que l’horrible gamin avait pleuré longtemps et fort. Seul le soulagement des employées d’être enfin débarrassé de ce nid à virus, lui évita que Dumbledore ne soit mis au courant de cet incident (il savait que le vieux citronné avait fait en sorte que Madame Cole le prévienne de tout écart de conduite de sa part durant ses ‘vacances’).

Il croyait aussi vaguement se souvenir que la directrice de l’orphelinat lui avait parlé de sous-marins allemands qui coulaient le ravitaillement, lorsqu’elle l’avait privé une nouvelle fois de nourriture, en prétextant que lui n’avait que quelques semaines à attendre pour pouvoir de nouveau manger à sa faim. Mais il n’en avait pas cru un mot. Elle n’avait pas entendu qu’il rentre à Poudlard pour le punir injustement et murmurer dans son dos qu’il était possédé par le diable. Il repensa avec nostalgie à ce jour, bien des années plus tard, où il avait enfin pu lui apprendre la différence entre Tom Jedusor et un véritable démon. Même aujourd’hui, ses cris le remplissaient d’allégresse lorsqu’il y repensait. Il n’aurait pas pu trouver de meilleurs moyens de fêter son retour en Angleterre.

Puis il repensa avec hargne à ses longues heures qu’il avait dû passer à mendier, dans le centre de Londres cet été-là, en priant pour qu’aucun né-moldu ne passe par là et ne le reconnaisse. Il aurait été moins humiliant (et plus nourrissant) de voler. Mais il venait de subir sa poussée de croissance et était maintenant trop vieux pour passer inaperçus. À Poudlard, il se félicitait de pouvoir enfin regarder de haut ses condisciples, mais ici, cela voulait dire prendre le risque de se faire arrêter par la police et que Dippet soit mis au courant.

Quel scandale cela aurait soulevé chez ces snobinards de Poudlard, si l’enfant prodige aux origines si modestes (comme on le lui rappelait souvent) avait volé un de ces riches hommes d’affaires. Dumbledore en aurait sans doute profité pour demander son renvoi et le priver du droit d’utiliser sa magie (à sa place, c’est ce qu’il aurait fait, mais il avait toujours eu du mal à anticiper ses actions). Quelle hypocrisie. La plupart de ces businessmen respectables avaient financé les NAZIS et maintenant, ils profitaient de la guerre pour s’enrichir. Et c’était à lui que tous ces bien-pensants seraient venus reprocher ses méthodes pour se nourrir ?

Malgré son jeune âge, avant d’aller à Poudlard, il avait régulièrement assisté à des meetings organisés par les militants syndicaux ou communistes (Voldemort ne savait plus trop qu’elle était la différence) qui parcouraient sans cesse les rues du quartier ouvrier où l’orphelinat se trouvait. C’est en comparant le gouffre qui séparait la réalité qu’il y découvrait et les principes que leur enseignaient les femmes de l’orphelinat, qu’il comprit enfin la raison de ses problèmes. Son problème n’était pas qu’il était bête ou qu’il n’avait pas d’âme (comme avait fini par lui hurler la directrice le jour où il s’était résigné d’apprendre à la bande à Stubbs qu’il y avait des limites à ne pas franchir avec lui). Le problème était que ces histoires de morales n’étaient qu’un mensonge hypocrite que les dirigeants racontaient pour endormir les faibles. Au début, il crut que les solutions à ses malheurs étaient à chercher dans la politique moldue. Qu’il était naïf à cette époque-là. Mais Voldemort leur serait toujours reconnaissant de lui avoir appris que le bien et le mal n’existe pas et qu’il n’y avait que le pouvoir.

Il se demanda brièvement s’il existait encore des moldus suffisamment stupide pour croire que les faibles pourraient s’unir pour imposer la paix, la justice, l’égalité et la liberté aux forts. Probablement que oui. Il n’y a rien de plus inépuisable que la stupidité humaine. Les gens vraiment intelligents ne s’embarrassent pas de ce genre de considération et se contentent d’utiliser ces aspirations ridicules pour se hisser jusqu’au sommet. Un peu comme lui avec ces dégénérés de sang pur.

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Quelques jours plus tard, Voldemort contemplait depuis les airs, la tour noire de jais qui se détachait clairement des sommets enneigés l’environnant. Nurmengard était un lieu sinistre, désolé et glacé. Une prison parfaite pour ses futurs opposants.

Pendant qu’il y était, il prit soin d’étudier l'architecture des lieux. Lors de la dernière guerre, il s’était contenté de tuer ses opposants, mais lors de celle-ci, il pourrait avoir besoin de construire ses propres prisons. Il comptait bien les faire garder par les détraqueurs, ne serait-ce que pour avoir quelque chose à donner aux mangeurs d’âme en échange de leur soutien. Mais il se refusait à compter uniquement sur eux et leur fidélité chancelante.

Pour le moment, cette prison ne le décevait pas. Il était presque aussi dur de rentrer que de sortir. Avec ses anciens pouvoirs, cela aurait une promenade de santé, mais avec les faibles réserves de son hôte, il dut s’économiser et user au maximum des possibilités de la cape d’invisibilités et de la baguette de sureau, pour pénétrer dans la prison. Exceptionnellement, il avait revêtu les 3 reliques. C’était un risque. Il ne savait toujours rien sur la magie qui s’était déclenchée lors de sa résurrection. Mais il n’avait d’autre choix que de le courir s’il voulait en apprendre plus.

Après plusieurs heures exténuantes, il arriva enfin en haut de la forteresse. Il dut briser de nombreuses runes et désamorcer de nombreux pièges, mais il put enfin forcer l’ouverture de la porte de la dernière cellule. Dès qu’il fut à l’intérieur, le dégoût l’assaillit. La chose qui se tenait recroquevillée dans un coin pour tenter de se protéger du froid mordant (alors que l’on était en plein été) n’avait plus grand-chose d’humain. Il était intégralement décharné. Son visage ressemblait à une tête-de-mort et n'avait presque plus de dents.

Alors c’était lui, les responsables des terreurs de son adolescence ? Celui qui, en échouant face à Dumbledore, avait donné à ce dernier suffisamment d’influence pour contraindre Dippet à le mettre à la porte de Poudlard (malgré son dossier scolaire plus que brillants qui aurait normalement dû le rendre surqualifié pour le poste qu’il convoitait).

Après avoir dû quitter Poudlard (quelques heures seulement après sa cérémonie de remise de diplôme), pour se rassurer, il s’était dit que ce n’était pas la première fois qu’il devait dormir dans la rue et qu’il n’avait plus rien du petit fugueur sans défense qu’il était à 9 ans. Mais il se jura que c’était la dernière. Plus jamais, il ne tenterait de jouer selon les règles. Il avait fait tant d’efforts pour tenter de respecter les règles absurdes de ce béni-oui-oui de Dumbledore. Et voilà, comment on le récompensait. S’il avait été honnête, il aurait admis qu’il n’avait pas tout à fait joué selon les règles de Dumbledore et qu’il avait de bonnes raisons de lui refuser ce poste. Le meurtre du moldu qui l’avait abandonné lui et sa mère n’était sans doute pas la définition qu’avait Dumbledore de retrouvailles familiales réussies. Quant au reste, il se refusait à croire que Dumbledore avait la moindre réelle raison de le soupçonner. Il avait fait extrêmement attention.

Il aurait également admis que sa situation était plus due à son orgueil qu’aux manigances de Dumbledore. N’étant pas encore considéré comme majeur dans le monde moldu, il aurait sans aucun problème pu exiger qu’on lui rende son ancienne chambre de l’orphelinat le temps qu’il trouve un travail et un logement coté sorcier. Cependant, la pluie d’étoile filante, la douce chaleur de ce début d’été 1944, la possibilité d’utiliser la magie pour se protéger, l’ambiance euphorique qui régnait dans les rues de Londres Moldu après l’annonce de la réussite du débarquement et surtout le souvenir de son dernier départ tonitruant de l’orphelinat l’avait convaincu de plutôt s’installer quelques jours sur un banc de St James’s Park (normalement, aucun sorcier ne risquait de le voir à cet endroit, mais dans le doute, il s’était recouvert d’un sort d’indifférence)

Il retira subitement sa cape d’invisibilité. Ce qu’il restait de Gellert Grindelwald poussa un glapissement de terreur en le voyant surgir du néant dans sa cellule. Puis il tenta de se rendormir en se pelotonnant dans sa couverture miteuse.

— Mes hallucinations deviennent de plus en plus étranges. Peut-être que cette nuit, je vais enfin pouvoir passer de l’autre côté. Murmura celui qui avait autrefois terrorisé l’Europe.

Lorsque son haleine fétide lui parvint, Voldemort dû faire un énorme effort pour ne pas achever l’architecte des camps de la mort.

— Je ne suis pas une hallucination, je suis ….

— C’est ce qu’elles disent toutes. L’interrompit le squelette. Jeune homme si vraiment, tu as vaincu la mort, tu ne devrais pas avoir de mal à m’achever. Dis-moi, quel membre de ta famille ai-je tué ? Oh, je sais, je les ai tous tués. En général, j’essayais de ne pas séparer les familles, mais que veux-tu, mes hommes n’étaient pas aussi consciencieux que moi. Tu dois être l’un des innombrables bâtards des plaines russes qui ont échappé à la Shoah par balle. À l’époque, les SS n’étaient qu’à l’état embryonnaire et beaucoup des moldus qui la composaient n’avaient pas été suffisamment endoctrinés pour considérer que les bébés étaient une menace pour le Reich. Les cadres avaient fait suffisamment d’études pour comprendre rapidement les idées nouvelles, mais les sous-fifres avaient besoin de plus de temps pour ...

— Pauvre fou, cesse tes divagations. Sache que tu fais face à Lord Voldemort, le mage noir le plus puissant de tous les temps. Réponds à mes questions et peut-être me montrerais-je clément. Résiste et tu le regretteras.

Voldemort ne comprenait pas, pourquoi il ressentait autant de colère. L’homme avait osé l’interrompre, mais cela n’aurait pas dû autant l’agacer.

— Je le regretterais ? Que peux-tu donc me faire qui soit plus terrible que cette vie à laquelle mon tendre amour m’a condamné après m’avoir vaincu ? Tu es l’hallucination la plus amusante qui m’ait rendu visite cette année.

— Tu veux savoir pourquoi tu as perdu alors que moi, je m’apprête à triompher ? Tu manques cruellement d’imagination. Que signifie ce symbole ? Demanda Voldemort avec un air menaçant en pointant un dessin fait sur un bout de papier.

L’homme redevint brièvement sérieux. Puis hurla de rire.

— Jamais même dans mes pires fièvres, je n’aurais jamais pu imaginer quelque chose d’aussi ridicule. Tu ne sais même pas qui tu es.

— Endoloris. Hurla machinalement Voldemort. Réponds ou je te tue. Dit-il fou d’une rage totalement disproportionnée (même pour lui).

— Si vraiment, tu étais le maître de la mort, tu saurais qu’il y a bien pire que la mort. Maintenant, je suis sûr que tu es une hallucination.

— Endoloris. Contundito ! Lança Voldemort, pensant faire taire le prisonnier en lui broyant la cage thoracique. Mais l’homme continua de rire, s’étouffant par manque de souffle.

— Ah ! Ah ! Ah ! Tu n’as aucun moyen de me faire peur. Que peut la force brute face à un fantôme ? Tu ne comprends pas. Je suis déjà mort.

De rage, Voldemort intensifia tellement son sort que le vieillard mourut sur-le-champ, le buste broyé et les organes se rependant sur le sol en bouillie sanguinolente. En se rendant compte de ce qu’il venait de faire, il faillit lâcher sa baguette. Il venait de clôturer définitivement sa dernière piste. Les sentiments de ce sale mioche l’avaient encore poussé à faire n’importe quoi. S’il avait pu réfléchir clairement, il aurait certainement pu manipuler Grindelwald. S’il lui avait fait miroiter sa liberté, il aurait certainement répondu à toutes ses questions.

Mais Voldemort ne voyait aucune vertu dans le fait de ressasser ses erreurs passées, alors il chassa ses regrets et commença à examiner attentivement sa cellule. Cela alla vite. Elle était complètement vide. Il n’avait pas le moindre indice. Fou de rage, il explosa le mur de la cellule d’un bombarda et déclencha les alarmes de la prison. Il allait vraiment falloir qu’il règle son compte à l’esprit de son hôte. Désormais, les Dursley seraient des cibles prioritaires. Avant de s’envoler néanmoins, il remarqua que son sort en plus d’aérer correctement la pièce pour la première fois depuis 40 ans, avait désimbriqué une pierre du mur dévoilant une cachette. Voldemort jura mentalement. Il n’avait pas pensé à rechercher quelque chose de caché avec des techniques moldu. C’était pourtant évident. Grindelwald, une fois privé de ses pouvoirs, n’avait pas eu d’autre choix pour garder des affaires à l’abri des fouilles de ses gardiens que d’avoir recours à de si déplorables expédients.

Encore une fois, il fut déçu. Tout ce que contenait la cachette était un vieux livre pour enfant. Et il ne pouvait pas se permettre de rester plus longtemps. Cependant, il était hors de question qu’il parte avant d’avoir exploré chaque piste à fond. Il prit le livre et se posa dans une grotte peu éloignée. Malgré tous ses examens, le livre ne révéla rien. Il s’agissait d’un simple recueil de conte pour enfant, sans aucune trace de magie même légère. Mais dorénavant, Voldemort savait que Grindelwald avait recours aux techniques moldues pour cacher ses secrets. L’une des pages était cornée.

Il ouvrit le livre à cet emplacement, enleva avec agacement une mèche de cheveu auburn qui s’était glissée entre les pages (sans remarquer qu’elle était liée par un ruban rose ou était calligraphiée les lettres : A.P.W.B.D) et commença à lire : « Le Conte des trois frères »

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Une fois sa lecture terminée, 5 mots se répétaient en boucle dans l’esprit de Voldemort : « Le maître de la mort ». C’était impossible, totalement farfelu. Et pourtant quelle meilleure explication ? Si quelqu’un devait être destiné à devenir le maître de la mort, c’était bien lui. Et si c’était cela qu’annonçait la prophétie ? Si toute cette épreuve n’avait eu que pour but de le mener ici ?

Voldemort ne croyait pas au destin. Il fabriquait son propre destin par ses efforts et son intelligence. Le destin était l’excuse que se trouvaient les faibles et les idiots pour ne pas se prendre en main. Mais depuis qu’il avait senti cette magie, il avait le sentiment que quelque chose de supérieur existait. Peut-être était cela qui l’avait tant terrifié ? Eh bien, elle apprendrait bientôt que Lord Voldemort n’avait peur de rien. Si elle existait, il la trouverait et elle regretterait bientôt d’avoir voulu jouer avec Lord Voldemort.

Débarrassé de ses peurs, pour la première fois depuis sa résurrection, il libéra le pouvoir des reliques.

Quelques minutes, plus tard, la montagne qui faisait face à Numengard se fendit en deux et un gigantesque éboulement déferla en direction de la prison. La dernière chose que les gardiens et les prisonniers de la terrible forteresse entendirent avant de mourir étouffés sous des tonnes de gravats fut un rire maléfique si triomphant, qu’il glaça d’effroi les éleveurs de chèvres moldus situés dans l’autre vallée. Lorsqu’une tête-de-mort avec un serpent sortant de sa bouche illumina le ciel, ils abandonnèrent carrément leur troupeau (qui de toute manière ne demandait que cela lors de la saison chaude).

oOoOoOo

Note de l’auteur : On sait peu de chose sur le Grindelwald des livres et je déteste celui des films : les animaux fantastiques. Je n’ai pas vu le troisième, mais ce que j’ai vu dans le deuxième film m’a convaincu de ne pas persévérer (c’est dommage, car j’avais plutôt bien aimé le premier).

Quoi qu’il en soit mon Grindelwald n’est pas très fidèle au peu d’information que l’on a sur lui dans les livres originaux, mais j’ai pris tellement de plaisir à écrire ce Grindelwald que je n’ai pas pu me résoudre à le modifier pour davantage correspondre au canon. Sachez néanmoins que dans les livres, il est mentionné que dans ses dernières années, il a exprimé des regrets pour ce qu’il a fait. Le ‘vrai’ Grindelwald est à priori pas aussi monstrueux que mon Grindelwald.Note de la correctrice : Les films « Les animaux fantastiques » n’existent pas dans la chronologie d’Harry Potter et ne sont qu’une saga écrite à l’arrache par l’auteure originale pour continuer de surfer sur sa propre popularité. Le bouquin à ce sujet n’est qu’un manuel de classification et ne relate quasiment rien de l’identité de son auteur, à part qu’il a réussi à ne pas se faire bouffer par une cape noire. Aka le moremplis. La preuve avec l’existence d’une McGonagall sorcière à cette époque. McGonagall n’est sorcière que par sa mère, son père étant un pur moldu. Par ailleurs, je trouve que cette version de Gellert Grindelwald est particulièrement fidèle au contraire, on sait qu’il est à l’origine de la seconde guerre mondiale, qu’il était proche de Dumby, et surtout, qu’il s’est retrouvé enfermé dans la prison qu’il avait lui-même construite, pendant le reste de sa vie. Un être aussi fou et torturé correspond assez je trouve. Même s’il regrette ses actes, on ne peut pas espérer qu’il soit lucide, en étant affamé, gelé et enfermé dans le noir depuis plus de 50 ans…

Le procès

Une heure après avoir détruit la forteresse Voldemort se posa dans le jardin du manoir des Malfoy et alla vers la salle du trône où plusieurs mangemort l’attendaient.

— Peter, va libérer Karkaroff. Dis-lui que Voldemort lui est reconnaissant. Ordonna Voldemort.

Si cet ordre le surprit, il n’en montra rien. Peter se contenta de s’incliner légèrement et de répondre :

— Oui maître.

Puis il fila à toute allure vers les cachots du manoir Malfoy. Voldemort appréciait le rat de plus en plus. Il était si servile. Il aurait dû davantage recruter de Gryffondors. L’avantage avec ses imbéciles, c’est qu’il ne pense pas à vous trahir.

Immédiatement, un autre mangemort s’agenouilla devant lui.

— Maître ? J’ai trouvé des informations sur le symbole que vous cherchez.

Le mangemort exhiba devant lui un journal avec en couverture le symbole des trois reliques. Malgré son masque, une intense fierté émanait de la posture du mangemort. Visiblement, il s’attendait à une grande récompense. Voldemort allait lui donner raison lorsqu’il vit le titre du journal en question. Il s’exclama alors avec colère :

— Le torchon des Lovegood. Il vaut à peine mieux que la gazette. Ne me dérange pas avec de pareilles sornettes.

Déçu le mangemort se retira précipitamment. Avant que Voldemort ne puisse donner le moindre ordre, un autre de ses mangemorts commença à lui faire un ennuyeux résumé des dernières manœuvres de Dumbledore et de ce ridicule procès.

— Peu m’importe ces peccadilles. Apportez-moi immédiatement toutes les informations que nous possédons sur les cachettes de l’ordre.

— Mais maître vous devez ...

— Endoloris ! Tu oses me dire ce que je dois faire. Si je voulais un avis, je le demanderais à cette chère Nagini et non aux idiots que vous êtes.

Ignorant le mangemort qui gémissait piteusement par terre, il se mit à caresser distraitement son cher serpent de compagnie en s’égarant dans ses pensées. Il lui avait manqué durant ce long voyage. Elle était la seule créature dont il se sentait proche. La seule qui ne le trahirait jamais. La seule qui serait digne qu’il lui confît son bien le plus précieux. Une idée germa en lui. C’était décidé, il allait utiliser le meurtre des Dursley pour créer un nouvel horcruxe. Son familier l’ignorait, mais il allait bientôt lui faire un grand honneur.

Sans un mot pour ses serviteurs, il quitta la pièce en faisant signe à Nagini de le suivre. S’il avait été plus attentif, il aurait remarqué qu’il venait d’enjamber le corps sans vie du mangemort qui avait osé discuter ses ordres. Son doloris avait été beaucoup trop puissant. En retirant le corps de la salle du trône les mangemorts ne purent s’empêcher de murmurer entre eux.

oOoOoOoOo

— Silence ! Luci.. Mr Malfoy, je crains que nous ne puissions plus attendre. Nous allons commencer immédiatement. Tonna la voix de Fudge à qui Dumbledore avait temporairement cédé la présidence du Magenmagot.

Fudge avait été surpris de ce choix, mais n’avait pas poussé plus loin tant il était ravi de l’opportunité qui lui était donné de rabaisser le bien trop ambitieux sang pur. Et peut-être de découvrir pourquoi Lucius était devenu si hardi tout d’un coup. Depuis quelque temps, son comportement ressemblait à celui d’un animal au pied du mur qui, n’ayant plus rien à perdre, jetait toutes ses forces dans un ultime assaut. Fudge espérait qu’il ne s’agissait là que d’un excès d’orgueil qu’il pourrait mater dès aujourd’hui par une bonne vielle humiliation publique suivie d’une très courte cabale médiatique.

Si les choses étaient plus sérieuses et que le camp des puristes était menacé par il ne savait quoi, il se retrouverait seul face à celui de Dumbledore. Autant dire que s’en serait fini de lui. Il n’aurait pas le temps de dire Merlin qu’il serait remplacé par une marionnette de Dumbledore ou par un de ses idéalistes qu’il affectionnait tant (connaissant Dumbledore, le deuxième choix lui semblait plus probable).

Peut-être devrait-il ménager Lucius ? Non, ses équipes avaient travaillé jour et nuit à la recherche du moindre indice et tout indiquait que le camp des puristes se portait mieux que jamais. Les sondages en sa faveur étaient stables, et les services de renseignements n’avaient trouvé aucun scandale. Ou plutôt aucun susceptible de faire tomber ses dirigeants (il n’y ’avait que les habituels pot-de-vin, accusations de viol et comportements racistes). Au pire, il pourrait toujours utiliser la gazette pour redorer leur image.

— Mr le président. Je vous prie de nous accorder un délai supplémentaire. Je ne sais pas ce qui l’a retardé ainsi, mais je vous assure qu’il viendra sous peu. Pria Lucius Malfoy.

— Mr Malfoy. Avec tout le respect que je vous dois, nous avons déjà été très patients. Rendez-vous compte qu’étant donné l’identité du principal concerné, c’est l’intégralité du Magenmagot qui s’est réunies pour juger d’une simple affaire de garde d’enfant. Vous ne pouvez demander aux plus éminents membres de notre communauté de sacrifier davantage de leur temps. Estimez-vous déjà heureux que cette cour soit composée de professionnels impartiaux qui jugeront cette affaire sans tenir compte de la négligence manifeste dont vous avez fait preuve en laissant le survivant vagabonder sans la moindre surveillance. Moi qui avais tant d’estime pour votre sérieux, je suis surpris. Mais bref, commençons par accueillir votre premier témoin. Oh ! C’est vrai excusez-moi. Il s’agissait de Mr Potter. Nous allons donc passer à notre intervenant suivant. Madame Chourave, veuillez-vous avancer, s’il vous plaît.

Lucius se retint de balancer une réplique cinglante à cet incommensurable idiot qu’était Fudge. À la place il se mura dans un silence digne, pendant que Chourave était interrogé en tant que directrice de maison de Potter. Mais intérieurement, la colère se mêlait à la peur.

Qu’est-ce qui était donc passé par la tête de son maître ? Si le jury déclarait que son hôte devait retourner vivre chez ses bouseux, il pouvait être sûr que le seigneur des ténèbres ne le lui pardonnerait pas. Et s’il s’avisait d’insinuer que c’était de sa faute, ce serait encore pire. Il n’oubliait pas que dorénavant, il avait plus à perdre que sa propre vie. Lorsque le seigneur des ténèbres l’avait informé qu’il comptait s’installer chez lui, il s’était senti honoré. Puis il avait compris que cela voudrait dire que Draco serait en permanence à portée de sa baguette.

Il avait dû prendre une décision difficile. Il savait que Draco ne le lui pardonnerait pas facilement (sa femme en tout cas ne le lui pardonnerait jamais), mais dès le début de l’été, il l’avait confié à son frère d’armes de toujours : Théodore Nott senior, avec pour consigne de le préparer à servir dignement leur seigneur. Fort heureusement, il fut sorti de ses sombres pensées par la voix criarde de Dolores Ombrage (bon dieu qu’il détestait cette vielle peau)

— Bien tout ceci est très bien Madame Chourave, mais je crains que cela ne nous apprenne pas grand-chose. Je note tout de même que personne ne s’est vraiment assuré que le survivant était bien traité durant toutes ces années.

— Comme je l’ai dit, il n’y avait aucune raison de penser qu’il ait été maltraité. Bien au contraire. Il a toujours insisté pour retourner chez eux lors des vacances scolaires.

— Excepté durant sa troisième année. C’est étrange. C’est la première fois que j’entends parler d’un enfant qui préfère passer ses vacances de Noël avec ses professeurs qu’avec ses parents. Il me semble que si vous aviez fait correctement votre travail, vous auriez au moins eu une discussion avec lui sur ce sujet.

Un brouhaha s’empara de la salle. Lucius sourit. Avec un peu de chance, il n’aurait pas besoin de la présence de son maître. Fudge visiblement surpris et mécontent du comportement de sa loyale subordonnée, usa de toutes son autorité pour calmer la salle et vilipenda sa secrétaire :

— Madame la sous-secrétaire, puis-je savoir où vous voulez en venir ? Madame Chourave n’est pas accusée que je sache. Et d’ailleurs, vous n’êtes pas l’avocat de l’accusation non plus. Veuillez rester à votre place, je vous prie.

— Excusez-moi, Mr le ministre cela ne se reproduira plus. Minauda Ombrage avec une déférence exagérée.

Le sourire de Lucius disparu aussitôt. Le soutien d’Ombrage serait sans doute utile, mais il savait que sans le témoignage du survivant en personne, il n’avait aucune chance de pouvoir s’opposer aux efforts conjoints de Dumbledore et de Fudge. Malgré les apparences, Malfoy savait que Dumbledore serait à la manœuvre durant ce procès. Si ça se trouve, c’était lui qui était à l’origine de l’absence de son maitre. Il se retourna et adressa un regard noir à l’homme situé quelques rangs plus loin au milieu du public.

Lucius aurait été surpris d’apprendre que sous son air paisible le directeur était tout aussi inquiet que lui de la tournure des événements. « Où était Voldemort ? » ne cessait-il de se demander. Dumbledore ne comprenait plus rien aux actes de Voldemort et ça l’inquiétait presque autant que le fait qu’il soit en possession des reliques de la mort. Cela faisait des semaines qu’il était revenu et rien ne se passait. Dumbledore s’était attendu à ce qu’il tente de rester discret le temps de recruter de nouveau alliés, mais pas à ce point-là. Pas de disparition mystérieuse, pas de hausse du nombre de meurtres. Même pas une légère augmentation du trafic d’objets de magie noire.

Et là, Voldemort ignorait un procès qui déterminerait si les forces du ministère tenteraient de s’opposer à sa volonté. Cela n’avait aucun sens. Qu’est-ce qui pouvait être plus important que cela ? Il regarda les membres de l’ordre déployés dans la salle. Dumbledore avait ramené tous ceux qu’il pouvait en leur promettant qu’ils auraient la preuve que Voldemort était bien de retour. Peut-être que c’était ça, son plan ? Pensa Dumbledore. Le faire passer pour un fou auprès des membres de l’ordre pour qu’ils l’abandonnent. « Et pourquoi pas attendre qu’on meure de vieillesse » entendit-il la voix de Severus se moquer de lui. Non, il connaissait Voldemort suffisamment pour savoir que ce n’était pas son style. Surtout après tant d’années de frustration. Il y avait autre chose, mais quoi ? Tout ce qu’il savait, c’est que, quels que soient les projets cachés du seigneur des ténèbres, ils impliquaient probablement des centaines de morts innocentes et une réduction significative de ses chances de victoire. Il fallait à tout prix qu’il trouve ce que c’était.

— Nous en avons assez entendu Madame Chourave. Vous pouvez retourner vous asseoir. Témoin suivant. J’appelle à la barre monsieur Remus Lupin. Déclara Cornelius Fudge.

Lupin se leva maladroitement de son siège. Il s’avança nerveusement jusqu’à la barre, en cherchant Dumbledore du regard pour se donner de la force. Puis Lupin commença à débiter le récit qu’il avait mis au point avec le vieil homme. Lupin n’aimait pas mentir devant un tribunal et avait hésité jusqu’au dernier moment à dire la vérité. Mais ce qui s’était passé avec Chourave l’avait convaincu que ce n’était pas une option. Pas s’il voulait sauver Harry.

Mais il fut interrompu au milieu de son discours par une voix aigrelette.

— Excusez-moi, Monsieur Lupin, vous dites que vous êtes devenue le tuteur de Monsieur Harry ? N’est-ce pas illégal pour un loup-garou d’occuper un emploi où il sera en contact avec un mineur ? Demanda Ombrage avec un air innocent.

— Pas à l’époque. Répondit-il avec hargne en se souvenant que c’était elle qui avait récemment fait passer cette abjecte loi qui lui interdisait pratiquement n’importe quel travail.

Mais il se rendit vite compte qu’il aurait dû davantage retenir sa colère. Le ton de sa réponse n’avait fait qu’accentuer le choc qui avait saisi la foule en apprenant la nature de celui que sous les ordres de Fudge, la gazette présentait depuis une semaine, comme un héros de guerre et le meilleur ami des époux Potter.

— Madame Ombrage vous dépassez les bornes. Ceci n’a rien à voir avec l’affaire que nous jugeons. S’insurgea Fudge.

— De plus, les informations contenues dans le registre des créatures magiques sont confidentielles. Et comme je doute que Monsieur Lupin vous ait informé de son état, je vais devoir vous... Commença Amélia Bones (la responsable du département de la justice magique et grande ennemie d’Ombrage) avant de se faire interrompre sans ménagement par Lucius.

— Au contraire, il me semble que c’est au cœur du sujet. Quelle meilleure preuve de l’indifférence qu’ils avaient pour leur fils adoptif. Non, de la haine devrais-je dire. Ils l’ont empêché d’aller à Poudlard et ont confié son éducation à une créature des ténèbres. Ses cours étaient tellement médiocres que Monsieur Potter a dû redoubler sa première année lorsqu’ils l’ont enfin autorisé à se rendre à Poudlard. Comment des parents aimants aurait-il pu ne pas s’en rendre compte plus tôt ? Comment des parents aimants aurait-il pu accepter de ….

— Silence ! Silence où je fais évacuer la salle hurla sans succès Fudge pour calmer l’agitation qui s’était emparée du public pendant la tirade de Malfoy.

Dumbledore se leva et répandit son pouvoir dans la salle. Fudge constata avec une immense jalousie que tous firent immédiatement silence.

— La probité et la compétence de Monsieur Lupin ne sont pas en cause. Si les Dursley l’ont choisi, c’est parce que je leur ai recommandé en vantant son parcours scolaire exemplaire, son excellent sens de la pédagogie et son comportement héroïque durant la guerre qui en fait l’un des rares sorciers dont on ne puisse soupçonner qu’il ait de près ou de loin coopéré avec les mangemorts. Peu dans cette salle peuvent en dire autant. Les Dursley voulaient le meilleur pour Harry et je leur ai indiqué qu’il s’agissait de Lupin. Si quelqu’un à quelque chose à reprocher à ce choix qu’il s’adresse à moi. Clama-t-il en fixant Lucius.

Celui-ci sembla s’effondrer sous le poids de son regard. Au bout d’une certain temps Fudge cru bon de rajouter sur un ton goguenard :

— Avez-vous quelque chose à rajouter, Monsieur Malfoy ?

— Non rien votre honneur. Je laisse monsieur Lupin continuer son témoignage.

— Bien monsieur Lupin, continuez je vous prie.

— Merci monsieur le ministre, comme je vous le disais ...

Fudge cessa d’écouter le discours de Lupin. De toute façon, il se moquait bien de savoir comment les Dursley traitaient le survivant. Il n’avait jamais compris l’adulation dont le garçon faisait l’objet. De l’aveu même de Dumbledore, c'était juste un enfant qui avait eu la chance qu’un phénomène magique imprévisible se produise au moment où le seigneur des ténèbres avait voulu le tuer.

En revanche, la manière dont les choses évoluaient le préoccupait beaucoup. Pensa-t-il en essuyant la sueur qui avait commencé à perler sur son visage.

Il s’était attendu à beaucoup de choses durant ce procès, mais pas à une trahison de la part d’Ombrage. Il avait toujours pensé que le vieux crapaud était l’incarnation de la loyauté. Un gratte-papier à l’esprit étriqué qui ferait tout ce qu’on lui demandait sans éprouver le moindre scrupule. Notamment, si cela impliquait d’écraser ou de malmener quelques marginaux opposés au pouvoir de son cher ministère. Mais soit. Puisque le crapaud avait décidé de sortir son venin, dès la fin du procès, il allait l’écraser sans la moindre pitié. Elle apprendrait bien vite qu’elle n’était pas aussi indispensable qu’elle le croyait.

— hum ! Hum ! fit semblant de tousser Ombrage pour l’interrompre.

Lupin l’ignora et tenta de continuer.

— Je venais d’arriver chez les Dursley pour….

— Hum ! Hum !

— heu donner des cours à Monsieur Potter. J’ai immédiatement pu constater ...

— Hum ! Hum !

— que heu je ….

— Hum ! Hum !

— Madame Ombrage, ayez-vous une question ? Finis par demander, excédé, le loup-garou qui n’arrivait plus à trouver ses mots tellement l’horrible femme la déconcentrait.

Avant que Fudge ne puissent intervenir, elle répondit :

— Non. Je me demandais juste si les Dursley avaient été mis au courant de votre condition. Je vous rappelle que vous êtes sous serment.

— Non, bien sûr ! Répondit le loup avec franchise en étant persuadé que cela permettrait de dissiper toute accusation envers les Dursley.

— Dans ce cas, je pense que madame Bones sera d’accord avec moi pour dire que c’est une violation flagrante de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui oblige les loups garous à signaler leur condition à leur employeur. En conséquence, Monsieur Lupin ne devrait pas être considéré comme un témoin fiable. En fait, il ne devrait pas du tout être entendu et être immédiatement emprisonné.

— C’est parfaitement ridicule ! S’exclama Fudge en se tournant vers Bones.

Celles-ci dit à regret :

— Elle a parfaitement raison.

Mais elle enchaîna rapidement avec beaucoup plus de joie :

— Cependant le choix de condamner ou non une créature magique pour de tels faits relèves du choix du département de la justice magique. Or, je m’oppose fermement à une telle décision. Sans compter que la condamnation doit être précédée de l’envoi par recommandé magique d’une convocation à une réunion où il pourra plaider sa cause. Je le ferais bien sûr dans les plus brefs délais, mais en attendant Monsieur Lupin est à l’abri de toute mesure répressive.

— Ne vous donnez pas cette peine très chère. Je sais à quel point vous êtes débordé, alors pour vous faciliter la vie, j’ai glissé les papiers autorisant les poursuites contre Mr Lupin dans les factures du mois dernier. Je me suis aussi chargé d’envoyer la convocation à l’adresse qu’il a déclarée dans le fichier des créatures magiques. Malheureusement, il ne s’est jamais présenté.

— Vous avez fait quoi !? Hurla Fudge. Bones resta silencieux, mais elle n’en pensait pas moins. De quel droit le crapaud s’appropriait-il ses prérogatives ?

— Si mon initiative vous a vexé, je suis prête à en endosser la responsabilité. Cependant, je crains qu’il faille emprisonner ce sang souillé qui a volontairement défié votre autorité en admettant sans le moindre complexe avoir enfreint les lois que vous avez promulguées. Je crains que vous ...

— Mais je n’ai rien reçu. Sinon j’aurai contesté violemment. Vous avez besoin de preuve et d’un procès ! Cria Lupin qui parvint à surmonter le choc qu’il avait ressenti lorsqu’elle l’avait insulté devant toutes la salle sans que personne ne réagisse. À force de vivre sous l’ombre protectrice de Dumbledore et de ses anciens compagnons d’armes, il avait fini par oublier à quel point la société sorcière était raciste.

— Un procès pour les animaux !? S’exclama Ombrage. Et puis ce n’est pas de la faute du ministère si vous avez une vie si dissolue qu’en plus d’une semaine, vous n’êtes jamais rentrés chez vous. À moins que vous ayez indiqué une fausse adresse dans le fichier. C’est un crime très grave, vous savez. En attendant d’en savoir plus, j’insiste pour que Mr lupin ne soit pas autorisé à témoigner. En fait, étant donné qu’il était à l’origine de la plainte, je pense que nous devrions arrêter ce procès ridicule. Quand je pense qu’un demi-sang a osé intenter un procès à un des membres les plus respectables de note communauté.

— Et l’intérêt d’Harry vous en faites quoi ? Vous ne pouvez pas le laisser entre les mains de Malfoy. Vociféra Lupin de toutes ses forces.

— Vous voyez à quel genre de bête Monsieur Potter a été exposé par la faute de l’ignorance des Dursley ? Il serait bien mieux de le laisser sous ma responsabilité. De toute façon, aussi tragique que cela soit, ce noble tribunal ne peut faire d’exception à nos lois. Même pour le survivant. Déclara de sa voix doucereuse, Lucius Malfoy.

— Silence ! Silence ! Hurlait Fudge en faisant un bruit sourd avec sa baguette jusqu’à ce que le calme revienne dans la salle. Une fois, son autorité rétablit, il eut un bref sourire qui s’évanouit rapidement lorsqu’il se rendit compte que tous le regardaient en attendant la suite.

Or, Fudge ne savait pas quoi faire. Il savait bien que l’argumentation pseudo-juridique d’Ombrage ne tenait pas la route. Il en était presque sûr. Quoi qu’il en soit, Il savait que ses maigres connaissances ne lui permettraient pas de gagner un débat juridique face à Ombrage. Peut-être espérait-elle l’entraîner sur ce terrain et l’humilier publiquement. Lucius avait dû lui promettre de lui donner sa place et elle avait décidé que finalement elle en avait marre de jouer les seconds rôles.

La solution logique aurait été de céder la place à Amelia Bones qui prendrait un malin plaisir à détruire publiquement Ombrage, mais il soupçonnait depuis des années Dumbledore d’œuvrer pour qu’Amelia prenne sa place. Fudge réfléchit plus fort qu’il ne l’avait fait depuis des années afin d’essayer de trouver une issue. Pourquoi tout d’un coup tous semblaient déterminer à briser le fragile équilibre qui avait assuré la paix de leur monde depuis presque 15 ans ?

Mais il fut sauvé par l’ouverture fracassante des portes. Il accueillit cette diversion avec tellement de soulagement qu’il en oublia de vilipender les responsables qui avaient probablement commis une dizaine d’infractions en pénétrant dans la salle en plein milieu de l’audience.

Une jeune fille à la chevelure rousse caractéristique pénétra, essoufflée, à l’intérieur.

— Mademoiselle Weasley, que faites-vous ici ? Demanda Dumbledore avec douceur avant que quiconque ne puisse intervenir.

— Je … Je... Il paraît que vous aviez besoin que je témoigne ? Demanda Ginny en tentant de reprendre son souffle.

Elle fut vite rejointe par les jumeaux Weasley également essoufflés qui se positionnèrent de part et d’autre de leur sœur, baguettes levées tels des gardes du corps.

— Moi non, mais la justice a toujours besoin de témoignages supplémentaires pour se rapprocher de la vérité. Avez-vous quelque chose à reprocher à Monsieur Malfoy ?

— Objection, c’est une mineure, elle n’a rien à faire ici. Et elle n’est même pas sur la liste des témoins. Protesta Lucius Malfoy.

— Si je ne m’abuse le clan Weasley fait partie des 28 sacrées du Registre des Sang-Pur. D’après de récentes lois, dont il me semble que vous êtes l’instigateur, ce genre de considération ne s’applique pas à Mademoiselle Weasley. Répondit Dumbledore avec un sourire.

Il adressa un sourire bienveillant à Ginny qui déclara avec hésitation :

— À cause de lui, Vous savez qui m’a possédé. Et maintenant il a fait la même chose à Harry.

En entendant ses mots, la salle devint de nouveau agitée et une lumière de compréhension se fit dans l’esprit de Fudge. Voilà donc la raison du comportement étrange de Lucius. Encore une fois Dumbledore s’était montré plus capable que ses agents et avait réussi à mettre la main sur les preuves d’un crime à même de faire chuter Lucius. En conséquence, Lucius devait à tout prix obtenir le pouvoir suprême avant que cette petite idiote ne parle et qu’ils soient envoyés à Azkaban pour ses nombreux crimes.

C’était le pire scénario pour Fudge. Avant demain, le camp des puristes perdrait leur chef et Fudge serait remplacé par Amelia Bones (ou un autre pantin de Dumbledore). Sauf si Ombrage profitait de sa prestation brillante durant ce procès et sa réputation extrêmement positive chez les sorciers conservateurs pour remplacer Lucius comme figure de proue des puristes. Oui, toutes les pièces se mettaient en place dans son esprit. Bien loin de le trahir, Ombrage venait de lui sauver la mise une fois de plus. Mais à l’avenir, il faudrait qu’il la surveille. Il n’aurait jamais soupçonné que le crapaud nourrissait de telles ambitions.

Bien loin de ces spéculations, Ombrage, elle, enrageait. À cause de ses stupides lois passées par Lucius, elle ne pouvait rien faire contre un membre des 28 sacrés et il était hors de question qu’elle laisse cette bête avoir gain de cause. Lorsqu’elle avait découvert la vraie nature de ce Remus, son sang n’avait fait qu’un tour. Tant qu’il lui resterait une once de pouvoir, il était hors de question que le ministère accorde quoi que ce soit d’autre qu’une dose de cyanure à ces monstruosités.

— Si je comprends bien, Mademoiselle Weasley, vous souhaitez réclamer à la place de Monsieur Lupin, que la tutelle de Monsieur Potter soit rendue à son oncle et à sa tante ? Demanda Dumbledore qui sans demander l’avis de personne avait pris la place de procureur.

— Heuuuuu ? Répondit Ginny avec éloquence.

— Cela veut dire que vous souhaitez que le ministère contraigne les Malfoy à rendre Monsieur Potter aux Dursleys. Expliqua le vieil homme à la jeune fille.

— Oui bien sûr. Comment est-ce que vous pouvez penser que ce serait une bonne chose de confier la garde du survivant à un mangemort ?

Lucius s’offusqua immédiatement :

— Si ce n’était pas par égard pour votre jeune âge, je porterais plainte pour diffamation. Durant cette guerre, j’ai commis des actes atroces, mais uniquement parce que j’étais soumis au sortilège de l’imperium. Ces accusations sont une insulte. De plus, il serait dans votre intérêt de ne pas oublier que c’est cette cour qui a établi il y a longtemps mon innocence complète. À votre place, je pèserai un peu plus mes paroles. Vos allégations pourraient être considérées comme un outrage à la cour.

— Je n’ai pas dit ancien mangemort. Il sert toujours Vous-savez-qui. Il essaye d’utiliser Harry pour le ressusciter. Affirma Ginny, maintenant plus à l’aise.

Heureusement pour Ginny, l’arrivée d’un patronus stoppa le tôlée que sa phrase venait de soulever. Il se pencha vers l’oreille du directeur puis disparu. Pendant un instant, le directeur sembla s’affaisser. Brièvement l’image du grand sorcier au pouvoir imposant auquel nul n’aurait l’idée de terrir tête s’effaça pour laisser place à un vieillard immensément triste. Puis tellement rapidement que l’assistance crue avoir rêvé, il se redressa et déploya son pouvoir. Avec toutes son autorité il déclara alors :

— En fait, il est déjà ressuscité. Un ami autrichien vient de m’informer que Voldemort a pris possession de monsieur Potter et a récemment attaqué la forteresse de Nurmengard. Elle a été intégralement détruite par une magie si puissante qu’elle ne peut être l’œuvre que du seigneur des ténèbres. S’il fallait une preuve supplémentaire, la marque des ténèbres flotte actuellement au-dessus des restes de l’ancienne prison. C’est pour ça que Monsieur Potter n’était pas présent. La vraie question maintenant, c’est pourquoi monsieur Malfoy n’est pas auprès de son maître au lieu de se mêler à cette mascarade. Ce procès n’a plus aucun sens et nous devons immédiatement nous préparer à une nouvelle guerre.

Les aurors et les nombreux membres de l’ordre présent dans la salle se tendirent et commencèrent à encercler Lucius Malfoy qui restait immobile et silencieux (en même temps ainsi encerclé, il n’avait pas d’autre choix). Lucius ne savait pas pourquoi son maître avait fait ce qui lui semblait une bourde monumentale. Jusqu’à présent, Lucius avait sévèrement réprimé ceux qui osaient remettre en doute la santé mentale de leur leader en sa présence. Depuis l’extraordinaire pardon dont il avait bénéficié, Lucius était déterminé à ne plus douter de son seigneur. Mais en cet instant, il ne voyait pas comment expliquer autrement que par la démence les actes de son maître.

— Vous délirez Albus. S’exclama Fudge sous la surprise.

Fudge ne comprenait plus rien. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ombrage qui se met à avoir des ambitions personnelles et maintenant ça ? Fudge n’aimait pas du tout la tournure des événements. Il voyait sous ses yeux l’effondrement du jeu auquel il jouait depuis des années avec succès. Non, ça ne pouvait pas être possible. Leur monde ne pouvait pas connaître une deuxième guerre. Il avait à peine survécu à la première. C’était forcément un stratagème de Dumbledore pour le débarquer. Sa fidèle Ombrage avait vu le coup venir et avait commencé à porter la contre-attaque. Peu importe Lucius. Le vrai danger était Dumbledore. Ça l’avait toujours été. Après tout, durant les dernières années, son rôle avait davantage consisté à modérer le pouvoir d’Albus que celui des Malfoy. Fudge rassembla toute son autorité et s’écria avec colère :

— Dumbledore vous allez trop loin. Retirez immédiatement ces paroles ridicules. Vous-savez-qui est mort, il y a plus de 13 ans maintenant. Et qu’est-ce que c’est que tous ces sorciers armés ? Ce sont des hommes à vous ? Qu’est-ce que vous essayez de faire ? Accusa-t-il en faisant semblant de ne pas avoir remarqué avant le nombre important de partisans de Dumbledore qui assistaient au procès.

— J’essaye de combattre Voldemort et tous ceux qui le serviront. Tout ce que je veux savoir, c’est est ce que vous allez m’y aider ou pas ? Cria Dumbledore en libérant son pouvoir.

Comme toute l’assistance, Fudge glapit en entendant le nom maudit. Mais ce qui le choqua le plus fut le comportement de Dumbledore. Jamais, depuis la guerre, il ne l’avait vu aussi menaçant. Sans même y réfléchir, il perdit toute combativité et demanda d’un ton presque suppliant :

— Voyons Albus qu’est-ce qu’il vous prend ? Vous ne pensez pas vraiment qu’il est de retour ? Juste à cause d’une marque et du témoignage d’une fillette visiblement perturbé ?

— En fait, comme pourra vous l’expliquer votre secrétaire, j’ai des preuves de son retour depuis le début de l’été. Mais à cause de ses agissements jusqu’à maintenant, j’ai été obligé de me taire (afin d’augmenter ses chances que le ministère se range de son côté, il évita sciemment de préciser le rôle d’Ombrage ainsi que d’autres hauts gradés du ministère). Cependant, pour une raison ou une autre, le seigneur des ténèbres pense qu’il n’a plus de raison de se cacher, et me donne enfin l’opportunité d’alerter le monde sorcier. Cornelius, je comprends…

Mais à la grande déception de Dumbledore, le ministre l’interrompu fou furieux :

— Je vais vous dire ce que je comprends moi. Vous avez inventé cette histoire ridicule pour tenter de vous blanchir. Personne n’a oublié que c’est vous qui aviez pris en charge la tutelle de Potter et avait décidé de le confier aux Dursley. Je n’aurais jamais cru ça de vous, mais vous êtes devenu tellement avide de pouvoir que vous êtes prêt à tout inventer pour ne pas perdre la face. Dites à vos hommes de se reculer et de laisser le procès se dérouler. Et spécialement à votre loup-garou. Dit-il en pointant du doigt Lupin qui avait, avec soulagement, abandonné sa place et se tenait maintenant baguette brandi à côté de ses camarades de l’ordre.

— Je crains que cela ne soit pas possible. Dit gentiment Albus.

— Je vous préviens Albus, si vos hommes n’obtempèrent pas, je devrai ordonner aux aurors de les arrêter.

Les dits aurors se lancèrent des regards et les 3/4 décidèrent d’arrêter de viser Lucius Malfoy et de pointer leur baguette vers les membres de l’ordre.

Albus allait répondre lorsqu’une alarme raisonna dans tout le ministère. Une alarme que l’on n’avait pas entendue depuis 13 ans. Immédiatement, les aurors et les membres de l’ordre fraternisèrent pour se précipiter en dehors du tribunal à la suite de Dumbledore en ignorant superbement les ordres de Fudge. Une fois dans le hall, Dumbledore agrippa le bras du sorcier à l’accueil qui tentait de calmer toutes les personnes présentes et lui demande simplement :

— Où ?

L'homme ne put soutenir le regard intense du vieux sorcier et répondit en baissant les yeux :

— L’alarme vient du village sorcier de Newcastle, mais il s’agit probablement d’une fausse alerte…

Dumbledore et les hommes derrière lui ne perdirent pas plus de temps à discuter et transplanèrent immédiatement.

oOoOoOoOo

Une heure plus tôt :

Voldemort enrageait. C’était la cinquième place-forte de l’ordre qu’il attaquait, mais à chaque fois les lieux se révélaient complètement vides. Est-ce qu’un autre traître que Snape avait infiltrés le rang de ses fidèles mangemorts et les avaient abreuvés de fausses informations ? Ou plus simplement ses fidèles mangemorts étaient-ils trop bêtes pour faire leur travail correctement ? Maintenant, qu’il y pensait, il se rendait compte qu’il n’avait peut-être pas porté suffisamment d’attention à ses mangemorts. En fait, au-delà de cela, il avait tellement été occupé par ses recherches sur les reliques de la mort et ses tentatives de maîtriser son hôte qu’il n’avait même pas commencé à recruter de nouveaux alliés. Dès son retour, cela devrait cesser.

Mais en attendant, il devait trouver un exutoire à sa colère. De préférence un membre de l’ordre. À moins qu’il ne se contente de quelques moldus se dit-il en regardant une bande de garçons moldus d’une quinzaine d’années qui défilaient sur des scooters abominablement bruyants sur la route qui menait à un lac très prisé des locaux durant les jours de canicule. Non, il n’était pas venu pour s’amuser, mais pour éliminer le dernier obstacle à sa toute-puissance.

Il rouvrit le dossier que ses mangemorts lui avaient fourni et l’examina plus attentivement. Pour l’essentiel, ses mangemorts s’étaient contenté de lister les propriétés de Dumbledore à partir de diverses informations publiques et notamment les données d’héritage. Il reconnaissait que ses mangemorts avaient fourni un travail impressionnant pour localiser les cachettes potentielles de l’ordre malgré les multiples sociétés écrans et roublardise légales mises en place par le citronné. S’il ne connaissait pas autant ce vieil idéaliste, il aurait suspecté son ancien professeur de chercher à se constituer un empire immobilier en dépouillant les orphelins de guerre dont il avait la charge. Dumbledore avait peut-être eu la prudence de les abandonner en comprenant qu’il serait possible pour ses mangemorts de les localiser. Non, c’était peu probable. L’ordre du Phénix n’avait pas le luxe d’être aussi prudent. La vérité est que la plupart des membres actuels n’étaient pas assez riches pour que l’ordre pût changer si facilement de locaux. Sans compter le temps qu’aurait pris d’ériger des protections aussi puissantes que celles qu’il avait dû affronter sur de nouveaux lieux.

Mais ça ne lui disait pas où étaient ses ennemis. Par dépit, il prit une autre adresse aux hasards et siffla :

— Nagini, ma belle, vient voir ton maître.

Mais rien ne lui répondit.

Intrigué, il s’avança dans la demeure à la recherche de son serpent.

— Nagini, tu sais que je n’aime pas attendre. Où te trouves-tu ?

Inquiet, il lança un sort de localisation qui lui indiqua de se rendre dans la cave du grand manoir de Newcastle qui servait autrefois de résidence secondaire aux Londubat. Baguette en main, il se précipita pour trouver son serpent en train d’examiner un mur.

— Nagini, pourquoi ne m’as-tu pas répondu ?

Le serpent continua de rester immobile. En tendant l’oreille, il l’entendit murmurer :

— Du sang. Où es-tu petite souris ? Le maître réclame ton sang impur.

Intrigué Voldemort s’avança et sentit comme un picotement. Quelque chose tentait de s’en prendre à ses boucliers occlumentique. Il commençait à comprendre ce qui était arrivé à son serpent. De multiples protections comprenant un puissant sort de confusion avait été disposé tout le long du mur au fond de la cave. Pourquoi n’y avait-il pas songé plus tôt ? Depuis l’époque de Grindelwald, la plupart des sangs purs avaient équipé leur demeure d’une panique room. Des pièces cachées et extrêmement bien protégé à l’aide de technique aussi bien moldue que sorcier. En temps de paix, ses pièces servaient souvent à cacher leurs petits secrets familiaux. Les Malfoy par exemple disposaient d’une impressionnante collection d’artefacts de magie noire dans une pièce secrète située sous le tapis de leur salon d’hiver.

Il se concentra pour défaire méthodiquement les sortilèges qui recouvraient la cave.

— Stupefix !

— Avada kedavra.

Sans même y réfléchir, il leva la main et une vague de magie se déploya autour de lui en emportant au passage le sol de la pièce (et tous les objets entassés dans la cave) créant ainsi une barrière contre laquelle vinrent s’écraser les sorts.

Un duel s’engagea contre les deux sorciers qui venaient d’apparaître dans son dos en pensant certainement le surprendre. Un homme et une femme. Il lui sembla qu’il s’agissait de deux membres de l'ordre qu’il avait déjà combattu durant la dernière guerre.

— Diggle. Couvre-moi. Je vais essayer de les faire sortir.

Oui, maintenant, il se souvenait. II s’agissait d’Hestia Jones et de Dedalus Diggle. Ils avaient tellement vieilli en 14 ans qu’il avait failli ne pas les reconnaître. Il allait mettre un terme à leur vie pathétique, avant que les affres du temps ne les dégradent encore plus.

Il se concentra d’abord sur Hestia Jones qui avait eu l’outrecuidance de penser que son partenaire pourrait la protéger de sa fureur. Il aurait facilement pu les priver de baguettes, mais préféra aller lentement. D’un sort, il plaqua Dedalus contre le mur puis, débarrassé de cet opportun, se concentra sur Hestia. Il commença par lui couper un bras que Nagini s’empressa de dévorer sous ses yeux horrifiés. Qu’il était bon d’enfin entendre les cris de terreur à son approche. Ce serait son premier meurtre depuis 14 ans (aux yeux de Voldemort, ceux de la forteresse de Nurmengard ne comptaient pas tant, il les avait faits machinalement et sans vraiment le vouloir). Mais avant :

— Legilimens

Il fouilla son esprit. Prenant bien soin de s’attarder sur les souvenirs les plus douloureux et détruire les bons. Puis il sursauta et un large sourire s’étira sur ses lèvres.

— Feudeymon. Hurla t’il

Aussitôt, le corps d’Hestia Jones fut calciné par la puissance du sort. Mais ce n’était pas elle que Voldemort visait. Le maléfice se précipita ensuite sur le mur se trouvant derrière lui et le consumant rapidement. Comme le montraient les souvenirs d’Hestia derrière il trouva un bunker visiblement prévu pour servir de refuge à quatre personnes durant une attaque. Sauf qu’il était vide.

Voldemort hurla de rage et se précipita vers Diggle :

— Où sont-ils ? Exigea-t-il devant le sorcier terrifié.

Celui-ci assemblant son courage et le défia du regard en répondant :

— Avec un peu de chance, ils sont déjà loin, face de serpent. D’un geste de la main, il brisa la nuque de l’homme puis se précipita quatre à quatre vers l’étage et constata qu’il n’était pas trop tard. Devant ses yeux, ce gros porc de Vernon Dursley tentait tant bien que mal de tirer Pétunia vers l’extérieur. Mais ce ne fut pas une sensation de triomphe qu’il l’envahit. Il essaya de lever sa baguette, mais n'y parvint pas. Il était comme paralysé. Il croisa alors les affreux yeux chevalins de cette misérable moldue et immédiatement, il ressentit une douleur telle qu’il n’en avait jamais connue. C’était atroce et il se sentit perdre pied.

— Harry, c’est moi, c’est maman.

Avant qu’il ne puisse réagir le Feudeymon désormais hors de contrôle émergea de la cave et un mur de flamme les sépara. Vernon tira sa femme de force vers l’extérieur et tira de sa poche une cannette de soda, puis ils disparurent subitement. La douleur disparue aussi rapidement qu’elle était apparue. Il se rendit alors compte que Nagini se tenait terrifiée contre lui. Partout, autour d’eux, les flammes se répandaient et des fissures apparaissaient dans les murs. Rempli de fureur, il cria en laissant échapper sa magie. La maison s’écroula autour de lui dans un déluge de flamme.

Une fois calmé, il voulut réfléchir à la situation, mais Dumbledore choisi ce moment pour débarquer avec la quasi-totalité de son ordre. Une occasion parfaite pour tester ses nouveaux pouvoirs pensa-t-il en avançant de manière conquérante vers les nouveaux arrivants. Mais il ne fit pas un pas qu’un vertige le prit. Pour la première fois depuis très longtemps Voldemort se sentit faible. Il se rendit alors compte qu’il était désespérément seul. Il n’aurait peut-être pas dû venir sans ses mangemorts.

— Morsmordre. Tu arrives trop tard Dumbledore. Ou trop tôt. L’heure n’est pas encore venue pour moi de te tuer. Déclara-t-il avant de transplaner.

Tous levèrent les yeux au ciel et virent la marque des ténèbres briller fortement. Seuls, quelques-uns remarquèrent le regard paniqué de Dumbledore avant qu’il ne se précipite dans ce qu’il restait des ruines.

oOoOoOoOo

Chaos au ministère

Le procès tant attendu devant décider de la garde du survivant a dû être interrompu suite à un accès de violence des partisans de Dumbledore. Celui-ci dans un accès de folie en voyant le cours du procès lui échapper, s’est mis à clamer que Vous-savez-qui était de retour et possédait le jeune Harry Potter.

Dans son interview en page 5, monsieur Malfoy s’est déclaré plus que choqué par le comportement du directeur et plus déterminé que jamais à protéger le survivant de ses agissements. Avant que le ministre de la magie (qui exceptionnellement présidait la séance) ne puisse rappeler à l’ordre les soutiens les plus fanatiques de l’illustre vieillard, l’alarme indiquant qu’une puissante attaque de magie noire venait d’avoir lieu raisonna dans tout le ministère. Inutile de préciser qu’après les déclarations fantasques de Dumbledore cela déclencha un début d’effrois chez toutes les personnes présentes. L’entraînement des aurors pris alors le pas et d’un seul homme ils transplanérent au village de Newcastle juste avant que la marque des ténèbres n’apparaisse dans le ciel.

Une fois arrivé devant le cottage au-dessus duquel flottait la marque, ils constatèrent avec stupéfaction que Dumbledore et ses troupes les avait devancés. Apparemment, contrairement aux aurors, ils savaient où se rendre. Une fois l’incendie éteint, ils fouillèrent les décombres à la recherche de victimes éventuels et d’indice sur ce qui s’était passé pendant que leurs collègues interrogeaient le directeur pour qu’il révèle comment il pouvait savoir que c’était cette maison qui subissait une attaque.

Durant les fouilles, ils découvrirent avec horreur le cadavre calciné des héros de guerres : Madame Hestia Jones et Dedalus Diggle (en page 7 un rappel de leur courageuse prise de position contre le seigneur des ténèbres durant la dernière guerre et des différends qui les ont récemment opposés à Dumbledore d’après notre source au ministère)

Cependant, les autorités tiennent à être rassurantes. Bien que l’enquête ne fasse que débuter rien n’indique qu’ils n’aient été la victime du seigneur des ténèbres. Le porte-parole des aurors a même précisé qu’il serait totalement irresponsable d'affirmer le contraire en l’état actuel de l’enquête (sans nommer explicitement Dumbledore). Ce dernier a malgré tout renouvelé ses accusations envers Monsieur Potter lors d’une conférence de presse un peu plus tard dans la soirée.

D’autres responsables se sont montrés moins courtois. Plusieurs se sont publiquement offusqués que le directeur puisse ainsi accuser sans la moindre preuve notre sauveur d’être devenu un mage noir et un meurtrier. Comment, à son âge, aurait-il pu détruire les protections que le directeur avait lui-même posé ? « Savoir comment quelqu’un d’autre que le directeur aurait pu briser ces protections est d’ailleurs l’une des nombreuses questions auxquelles l’enquête devra répondre » a d’ailleurs déclaré l’auror chargée de l’enquête. Bien entendu pour le moment, personne ne porte d’accusation contre le célèbre mage blanc, mais les suspicions s’accumulent envers le sorcier qui a accumulé les décisions contestables et aux conséquences parfois dramatiques (voir un résumé page 3 des morts suspectes liées à Dumbledore des trois dernières années)

Le reste de l’article ne parlait que des conséquences sur la bonne tenue de la coupe du monde de la situation politique tendue (en calant de temps en temps des piques totalement hors sujet sur Dumbledore et son entourage). Il n’y avait même pas une mention de la destruction de la forteresse de Nurmengard. En même temps, à quoi est ce qu’il s’attendait ? Le sorcier moyen était trop bête pour s’intéresser à ce qui se passait dans un endroit aussi éloigné. Surtout en plein milieu d’une coupe du monde de Quidditch.

Voldemort cessa sa lecture et jeta le torchon dans le feu de cheminée que les elfes avaient allumé malgré la chaleur de cette nuit d’été. En bon serviteur, s’ils avaient été surpris par sa demande, ils n’en montrèrent rien et se contentèrent d’obéir le plus rapidement possible et de s’éloigner presque en courant du mage noir à l’apparence juvénile. Voldemort se perdit alors dans la contemplation des flammes. Depuis aussi longtemps qu’il s’en souvenait, la vue du feu qui brûle avait eu un effet apaisant sur lui. Déjà, cela lui rappelait ses premiers jours à Poudlard et ses longues soirées à observer ses camarades dans la salle commune des serpentards à la recherche de leurs failles. Tout était loin d’être idéal à cette époque, mais comparé à l’orphelinat où il avait grandi, c’était le paradis. Mais surtout, il était fasciné par la puissance de destruction de l’incendie. Combien de nuits avait-il passé (avant d’arriver à Poudlard) à chercher un moyen de mettre le feu à l’orphelinat (après avoir bloqué la porte de la chambre de la mère supérieure) ?

Dorénavant, il avait d’autres sources de distraction bien plus enrichissantes comme la torture des prisonniers. Malgré tout, il insistait toujours pour qu’un feu soit allumé dans sa chambre. Sans une chaleur intense au moment de s’endormir les souvenirs des nombreuses douches froides qu’il avait dû subir dans son enfance risquaient de refaire surface.

Néanmoins aujourd’hui, il n’était pas question de sommeil. Il devait faire le bilan de la journée et établir sa stratégie. La recherche de ses pouvoirs, puis la sensation grisante d’être devenu plus puissant qu’il l’aurait rêvé l’avait entraîné à commettre de nombreuses erreurs. Et il ne pouvait pas compter éternellement sur la stupidité de Fudge pour rattraper ses boulettes. Il n’aurait jamais dû lancer la marque des ténèbres et encore moins se lancer sans réfléchir dans une attaque de toutes les bases de l’ordre qu’il connaissait. Malgré les efforts du ministère, voir la marque des ténèbres flotter au-dessus d’une scène de crime avait ravivé de mauvais souvenirs chez bien des sorciers. Et même si peu osaient l’avouer, beaucoup craignaient que Dumbledore ne dise la vérité. Si la journée lui avait bien appris quelque chose c’est que même la plus inarrêtable des forces échouera, si elle ne fait pas preuve d’un minimum d’intelligence.

En effet malgré ses nouveaux pouvoirs, tout ce qu’il avait réussi à obtenir, c’est de faire fuir les Dursley vers une cachette qu’il ne connaissait pas. S’il avait réfléchi, il aurait fait surveiller l’endroit durant des semaines afin de déterminer à quoi servaient les lieux et il aurait attaqué la cachette des Dursley avec plusieurs de ses mangemorts pour éviter que ses cibles ne s’échappent. Là, il avait perdu son après-midi à détruire des maisons vides. En plus, détruire toutes ces protections après avoir effectué tant de voyage avait poussé son corps à bout (il avait beau se creuser la tête, il ne voyait pas d’autres explications à ce qui s’était passées lorsqu’il s’était retrouvé face aux Dursley). Il devait se souvenir que malgré le soutien apporté par les 3 reliques, son hôte restait un enfant d’à peine 14 ans, avec toutes les limites que cela impliquait.

Si seulement il s’était demandé pourquoi toutes ses cachettes étaient vides, il se serait souvenu que ce maudit procès se tenait aujourd’hui. Il aurait compris que Dumbledore avait mobilisé tous ses hommes pour tenter de lui tenir une embuscade au ministère. L’esprit de Potter devait brouiller ses pensées plus qu’il ne le croyait pour qu’il se comporte aussi stupidement.

Il passa le reste de la nuit à fouiller les rares souvenirs de Potter qui lui était accessibles et ceux qu’il avait pu obtenir lorsque des accès de colère meurtrière avaient permis au morceau d’âme qui était prisonnier de son corps d’avoir accès à son esprit. Voldemort était fasciné par les progrès réalisés par le monde moldu. Il ne se serait jamais douté qu’ils eussent acquis une telle puissance après 1944. Patiemment, il mit au point son plan. Au petit matin, il s’endormit avec la certitude que bientôt le monde entier se prosternerait à ses pieds. Enfin ce qu’il en restera une fois qu’il en aurait terminé avec lui.

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Note de l’auteur : Je ne suis pas satisfait de ce chapitre. Mon ambition initiale c’était que ce chapitre soit une bataille politico-judiciaire entre ombrage, Dumbledore et Fudge digne d’un scénario de death note. Je voulais qu’Ombrage sorte réellement des arguments juridiques surprenants et intelligents. Cependant je n’ai aucune connaissance en droit et malheureusement je n’ai pas le temps de faire des recherches pour combler mes lacunes et trouver l’inspiration. Alors j’ai dû me résigner à ce qu’ombrage s’appuie sur un bluff un peu ridicule. J’espère qu’un jour je pourrais réécrire cette partie mais pour l’instant je m’en contenterai.

Aujourd’hui dans l’actualité le retour du seigneur des ténèbres, mais on s’en fout notre équipe est en final de la coupe du monde POPOPOPOOOPOPOPOPO

Note de l'auteur : Le Tome 4 est classé M en partie à cause de chapitre qui contient de la torture sur un enfant. Afin que vous puissiez sauter ce chapitre si vous le souhaitez, je rajouterais au début du chapitre suivant un résumé de ce qui s'y est passé.

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Harry/Voldemort reposa avec satisfaction la gazette du sorcier du jour. Cet idiot de Fudge avait finalement suivi les conseils qu’il lui avait fait parvenir via son fidèle Lucius Malfoy.

Voldemort n’arrivait toujours pas à croire que ce minable ait pu se maintenir aussi longtemps au pouvoir sans comprendre que calomnier ses adversaires, c’était leur rendre service. Surtout lorsqu’il était évident pour toute personne censée qu’ils avaient raison. Comment espérait-il convaincre la population qu’un double meurtre signé de sa marque des ténèbres était le fruit de l’ordre ?

Lorsqu’on ne peut pas étouffer une affaire, il faut créer une affaire dans l’affaire puis une autre jusqu’à ce que les gens oublient l’affaire initiale (note de l’auteur : en vraie, c’est une citation sans doute apocryphe de Pasqua). D’abord en refilant à ses incapables de journalistes le travail d’investigation de ses mangemorts et son idée d’accuser Dumbledore de détournement d’héritage à partir du curieux montage qui faisait de lui le propriétaire caché de la demeure où avait eu lieu le double meurtre. Puis en dévoilant qu’après-guerre, certains de ses mangemorts avaient eu recours au même avocat gobelin pour cacher leurs propres propriétés des saisies du ministère.

En une semaine, tout le monde avait oublié la marque et ne parlait plus que de corruption, d’inégalité au sein du monde sorcier et du maintien à des postes de pouvoir des criminels de guerre. Des thèmes rarement abordés sur lesquelles se sont rués comme des chiens affamés les forces progressistes (au grand dam de Dumbledore qui s’est ainsi retrouvé tout seul). Ainsi, cette parenthèse effrayante pour l’économie sorcière britannique qu’avaient été les alertes de Dumbledore semblait se refermer. Harry/Voldemort exultait devant la stupidité de ses contemporains. Désormais, l’intégralité du journal était consacrée à la finale de la coupe du monde imminente. Même les sorciers étrangers avaient cessé de s’inquiéter de la situation et les hôtels faisaient de nouveau le plein.

Il leva les yeux sur la salle et constata avec plaisir qu’elle commençait à devenir trop étroite pour accueillir tous ses mangemorts. Oui, il avait bien travaillé depuis une semaine, se félicita Voldemort. Mais beaucoup restait à faire, s’il voulait ne serait-ce que rattraper ses négligences initiales.

Voyant que son maître était disponible, Peter Pettigrow s’inclina devant lui :

— Maître, Karkaroff vous informe que sa mission est un succès. Il a déposé l’objet dans le lieu convenu.

— Parfait. Tu lui confirmeras que comme promis, je lui pardonne définitivement sa trahison. Mais c’est la dernière fois. Demande à Rosier de faire en sorte que le message soit percutant.

— Maître, sans vouloir vous offenser, beaucoup se demandent ce que Karkaroff a pu faire pour que vous (…)

— Oh ! Ils se demandent ? Je ne savais pas que vous aviez les compétences pour vous poser ce genre de questions, étant donné votre incapacité chronique à me satisfaire. Si vous avez vraiment de telles compétences intellectuelles, alors utilisez-les pour exécuter mes ordres et non pour les remettre en question. Éructa-t-il à la foule rassemblée devant son trône qui se ratatina sous son regard.

Bien, pensa Voldemort. Maintenant, qu’il s’était reconcentré sur le renforcement de ses forces, il se rendait compte qu’il n’aurait pas dû pardonner si facilement Karkaroff, pour sa double trahison. Si le peu de fidèle qui lui restait se mettait à penser que l’on peut le trahir sans en subir les conséquences, il se retrouverait bientôt seul. Mais il s’était révélé étonnamment utile et pour réussir son plan, il avait à tout prix besoin d’un contact dans les pays de l’ancien bloc soviétique.

Peter enchaîna, en tremblant, avec la suite et l’ordre du jour :

— Le seigneur Nott attend.

— Bien. Fait le rentrer.

Les grandes portes de l’immense salon du manoir Malfoy s’ouvrirent sur le seigneur Nott dans sa tenue de Mangemort et son fils de 14 ans dans une tenue d’apparat qui, à elle-seule, devait coûter plus d’argent que Tom Jedusor n’en avait jamais possédé. Mais que représentait l’argent face au pouvoir ? Il eut sa réponse lorsque sur un geste de son père, le jeune Nott s’inclina tellement bas sur le sol que sa tête toucha le plancher.

— Mon seigneur, c’est un honneur de vous rencontrer enfin. Prononça le jeune homme.

Avant de répondre, Voldemort prit un temps pour le détailler. Malgré sa posture soumise, sa gestuelle et son aura trahissaient son entraînement au combat. Nott senior avait bien travaillé. En dépit de son jeune âge, il n’aurait sans doute pas eu de mal à tenir tête à ses nouvelles recrues dans un duel. Nul doute qu’en grandissant, il surpasserait son père et deviendrait son meilleur assassin. Du moins, s’il lui était vraiment loyal :

— Je suis heureux de ses dispositions. Les souvenirs de mon hôte sont comme embrouillés, dilués dans une guimauve d’amour qui empêche toute introspection sérieuse. Mais certaines réminiscences me faisaient craindre un manque d’empressement à me servir.

— Maître, si vous parlez de l’article (…)

— Endoloris

Le jeune Nott se mit à hurler de douleur sans la moindre retenue sur le sol froid de la demeure.

— Tu apprendras que l’on n’interrompt pas son seigneur lorsqu’il parle.

— Oui maître.

— Et également à ne pas insulter mon intelligence. Seul un sot accorderait le moindre crédit à ce qui est raconté dans ce torchon.

— Bien sûr, maître.

— Par contre j’ai un souvenir clair de toi affirmant que notre camp était voué à la défaite. Le penses-tu toujours ?

— Théodore, qu’est-ce qu’il raconte ? Demanda son père furieux.

— Endoloris. Je ne t’ai pas autorisé à intervenir. Déclara Voldemort pendant que le père de Nott se tordait de douleur sur le sol poussiéreux ?

Le jeune Nott se releva et regarda Harry/Voldemort et d’une voix calme dit :

— Oui

Harry/Voldemort attendit la suite, mais rien ne vint. Il suspendit le Doloris sur son père et demanda.

— Quoi juste oui ? C’est un peu court jeune homme. Qu’est-ce qui peut bien te faire craindre une si funeste issue ? Peut-être crains-tu, que je ne sois pas aussi fort que Dumbledore ?

Il vit les hommes tout autour de lui trembler à ses mots.

— Dumbledore pouvait à peine vous résister du temps de sa gloire. Aujourd’hui, il est vieux et fatigué. Il ne pourra rien contre votre toute puissance.

— Tu sais comment flatter ton seigneur. Mais tu ne t’en tireras pas aussi facilement. Pourquoi es-tu si certain de notre défaite ?

— Je ne ferais pas insulte à votre intelligence, alors que la raison s’étale sous vos yeux. La magnificence de cette pièce ne saurait masquer notre faiblesse. Voici maintenant plusieurs semaines que vous êtes revenu et vous êtes encore capable de réunir l’ensemble de vos fidèles dans une seule pièce. Seul leur masque nous permet de croire qu’il s’agit d’une armée et non du club de bridge d’une maison de retraite.

Tous frémirent en entendant cela et se préparèrent à une terrible punition pour faire oublier les outrecuidantes paroles. Même Nott senior s’éloigna discrètement de son fils. Mais à leur stupéfaction Voldemort se mit à rigoler.

— Ah ah ah ! Je ne m’attendais pas à ce que cette entrevue soit aussi distrayante. Mais tu as parfaitement raison. En mon absence, les pathétiques efforts de Lucius et de ton père ont à peine réussi à ralentir ce vieux citronné amoureux des moldus. En très peu de temps, la société sorcière s’est convertie à ses idées d’ouvertures et désormais, en public, même les plus convaincus de mes fidèles se trouvent contraints de se rallier au nouveau culte.

Avant de poursuivre, il passa un regard dur sur l’ensemble des hommes qui se trouvaient dans la salle qui eurent le bon goût de baisser les yeux de honte.

— Peut-être pourrais-je prendre le pouvoir, mais je ne pourrais pas gouverner très longtemps une masse radicalement opposée à nos nobles idéaux en me reposant sur cette assemblée de couards vieillissante. C’est sans doute ce que tu te dis ?

— Mon seigneur, vous avez résumé mes pensées mieux que je n’aurais jamais pu le faire. Répondit-il en s’inclinant bien bas.

— Et c’est pour cela que pour cette guerre, nous changerons radicalement de stratégie. Cette fois-ci, nous ne ferons pas dans les demi-mesures. Cette fois-ci, nous ne retiendrons plus notre force au nom du respect de la morale ou de l’honneur. Terminez les compromis dans le but d’accéder au pouvoir. Nous allons frapper un grand coup pendant qu’ils ne s’y attendent pas et détruire intégralement la société sorcière. Puis nous regrouperont les survivant sous notre joug pour la reconstruire sur de nouvelles bases, débarrassé du sang impur qui la souille. Messieurs, dans une semaine, des cendres de l’ancien monde émergera une société belle et pure qui reconnaîtra enfin votre valeur.

Au fur et à mesure de son discours monta une clameur qui emporta toute l’assistance dans la liesse. Toute l’assistance sauf Théodore qui se trouvait toujours au centre de la scène. Mais cela ne sembla pas gêner Voldemort qui enchaîna.

— Pour réaliser cette vision, j’aurais besoin de sang neuf, aux idées nouvelles. Malgré ton jeune âge, tu fais preuve d’éminentes qualités et ton sang est parmi le plus pur que l’on puisse trouver. Et comme tu l’as fait remarquer, j’ai besoin d’épaissir mes rangs. Exceptionnellement, j’ai décidé de t’accorder l’immense honneur d’être marqué. Relève ta manche et tends ton bras.

Toujours sans laisser transparaître la moindre émotion, Nott s’avança de quelques pas jusqu’à être à portée de main de son seigneur et posa genoux à terre. Il releva sa manche et s’apprêtait à avancer son bras. Puis son seigneur le regarda fixement dans les yeux. Il hésita puis au bout de quelques secondes se releva et prononça de son éternelle voix calme et sans émotions :

— Non

Ce simple mot raisonna dans la grande pièce silencieuse comme un coup de canon. Aucun n’osait prononcer un mot, mais tous se demandaient s’il avait bien entendu. Jamais personne n’avait ne serait qu’envisager de refuser la marque.

— Mon seigneur, veuillez pardonner à mon fils, il est (….)

— Endoloris ! Je croyais t’avoir déjà dit de ne pas m’interrompre. Et toi, tu as intérêt à me fournir une explication comportant plus de 3 syllabes. Termina Voldemort sur un ton menaçant.

— J’ai déjà expliqué mes raisons à votre hôte. Et je déteste me répéter.

— Je t’en prie fait une exception pour moi. Ou ton père en payera le prix.

— Mon père a fait ses choix et je fais les miens. Je suis un Nott et je place l’honneur de notre nom au-dessus de tous. Y compris de ma propre vie. Jamais je n’accepterais la marque d’un sang-mêlé.

— D’aucuns considéreront que ce sont des paroles courageuses. Endoloris ! Mais ce ne sont là que les actes d’une personnalité immature. Endoloris ! Quel dommage, tu avais un tel potentiel. Caveapulso ! Atakunto !

Aussitôt, les côtes de Nott se brisèrent les unes après les autres dans un bruit inquiétant avant qu’il ne soit projeté contre le mur.

— Mais tu as de la chance. Je sais me montrer miséricordieux. Apparemment, tu souhaites mourir. Je vais donc accéder à ta requête. Mais avant, tu divertiras mes troupes. Que chacun de vous l’utilise pour se défouler. Je récompenserai celui qui saura se montrer le plus créatif. Nous verrons ce qu’il restera du fameux honneur des Nott après cela. Nott, tu commences !

Dit-il en pointant son doigt vers Nott senior qui peinait à se relever après le dernier doloris qu’il avait reçus de son maître. Il sortit sa baguette et sans la moindre hésitation prononça : endoloris

— Mouais. Un peu trop classique à mon goût. Suivant. Commenta simplement Voldemort.

Durant l’heure qui suivit, Théodore endura la destruction et la réparation à plusieurs reprises de chacun de ses os. Y compris de certains dont il ignorait l’existence. Chaque partie de son corps fut plantée de couteaux et lacérée. Il voulait hurler, mais cela faisait longtemps que sa mâchoire avait été complètement détruite. Au début, il s’était fixé un seul objectif : ne pas supplier qu’on l’achève. Il savait qu’il ne pourrait s’empêcher de hurler ou de tenter de fuir, mais il espérait conserver cette ultime parcelle de fierté. Hélas, très vite, la moindre pensée s’envola de son esprit. Il ne savait plus qui il était, ni où il était. Tout ce qu’il voulait, c’était que ça s’arrête. Lorsqu’un mangemort lui demanda de lécher ses chaussures pour qu’il ne lui jette pas de sort, il s’exécuta sans réfléchir. Mais juste après le mangemort revint sur sa parole et lui lança le doloris sous les applaudissements de Voldemort qui le sacra champion de cette compétition morbide.

La part de son cerveau qui arrivait encore à réfléchir fut soulagée. Enfin, il allait mourir. Puis dans une explosion, une dalle se souleva et une immense fumée se répandit. Personne ne voyait plus rien, mais Théodore se sentit soulevé. Puis une bulle apparue qui repoussa le nuage de fumée. Théodore vit alors à côté de la personne qui le portait, Justin Finch-Fletchley et Blaise Zabini. Il tourna la tête et vit au centre de la bulle Harry/Voldemort qui bloquait leur unique porte de sortie.

Non ! Qu’est-ce qu’ils faisaient ici ? Pensa Théodore, avant de se dire qu’il ne s’agissait sans doute que d’une illusion pour le torturer davantage. Mais comment était-il possible qu’une illusion fasse aussi mal ?

Il regarda avec indifférence ses amis lancer des sorts sur le seigneur noir qui les dévia d’un geste négligent de la main. Une seconde plus tard, les baguettes de ses amis volaient en direction du seigneur des ténèbres qui les détruisit dans une gerbe d’étincelles.

Ils se précipitèrent alors vers la sortie dans une tentative de fuite désespérée. Mais déjà, le seigneur noir leva sa baguette puis s’arrêta en plein milieu de son geste. Il resta ainsi figé, le visage affichant clairement son incompréhension. Au bout d’une vingtaine de secondes, il reprit le contrôle et lança un bombarda qui les projeta lui et son porteur dans les airs.

Mais c’était trop tard. Ils se trouvaient maintenant en dehors des limites des sorts que Voldemort avait posé en personne avec la baguette de Sureau, pour empêcher toute apparition ou disparition inopportune. Ils crièrent : « DOBBY ». Immédiatement, un elfe vêtu d’une tenue de ninja aux couleurs pastel apparut et dans un claquement de doigts les fit transplaner à quelques kilomètres. L’elfe aurait bien voulu les mettre complètement hors de danger, mais les sorts anti-transplanage du lord noir étaient si puissants que ce simple voyage l’avait épuisé. Ils devraient faire le reste à pied.

Avant de s’évanouir Théodore essaya de hurler. Mais dans son état, il put à peine murmurer :

— Justin espèce d’idiot, on peut savoir ce que tu fiches ici ? Je t’ai dit de quitter le pays.

— Premièrement, je pars si je veux. Deuxièmement, si tu continues à te plaindre, on fait demi-tour et on te ramène. Déclara Justin sans remarquer que son interlocuteur n’était plus en état d’entendre sa réponse.

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Quelques heures plus tard

À travers le trou dans la salle du trône, Peter Pettigrow contemplait le jardin dans lequel s’ébattait en toute insouciance des paons. Après avoir reçu comme les autres sa punition pour avoir laissé les jeunes adolescents s’échapper, on l’avait sommé de réparer le mur. Mais il n’arrivait pas à se concentrer sur sa tâche. Ainsi, même un Serpentard pouvait être courageux. Son maître avait raison. Nott junior avait été bien immature de se rebeller aussi ouvertement. Il avait juste à accepter un fichu tatouage. Ce n’était pas grand-chose. Et pourtant, une question l’obsédait : Est-ce qu’il avait vraiment eu tort ?

Il fut tiré de ses réflexions par Lucius Malfoy se déplaçant de manière princière vers la sortie de son domaine.

— Lucius, puis-je te parler quelques secondes ?

Lucius le fixa d’un regard condescendant et plein de mépris.

— J’ai beaucoup de travail. Le maître m’a confié une mission de la plus haute importance. Peut-être une autre fois.

— Ça ne prendra que quelques secondes. Juste le temps de dissiper une certaine rumeur.

— Quelle rumeur ?

— Il paraîtrait que tu as égaré le journal intime que le maître t’avait confié. Il serait dommage que de pareilles fadaises troublent le repos de notre seigneur.

Lucius pâlit considérablement.

— Oui très dommage, en effet. Peut-être devrions-nous avoir cette conversation dans mon bureau du troisième étage.

Finalement, le Choixpeau avait eu tort. Pensa Peter en suivant le mangemort.

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Note de l’auteur. Ce chapitre est très fortement inspiré d’un chapitre de la fanfic : Le droit de choisir .

Blessure

Note de l'auteur : Dans le chapitre précédent Voldemort a évoqué qu'il tramait quelque chose en Russie. Nott a refusé de devenir un Mangemort puis s'est fait torturer de longues heures avant que ses amis et Dobby ne vienne le sauver. Cette aventure a donné le courage à Peter d'aller voir Lucius pour essayer de comploter avec lui contre Voldemort.

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Théodore avait mal. Il essaya d’ouvrir les yeux, mais les referma aussitôt. Quelqu’un approchait. Quelques secondes, plus tard, tout son corps fut pris de violent spasme de douleur. Il n’avait plus la force de crier, alors il se mit à pleurer. Il voulut s’échapper, mais constata avec horreur qu’il était enchaîné. Quand est-ce que cela allait finir. Mais inlassablement le mangemort continua son œuvre.

— Monsieur Nott, si vous êtes réveillé, maintenant ça risque d’un peu piquer.

La douleur fut telle qu’il faillit perdre connaissance. Il se força à rouvrir les yeux et une intense lumière éclaira le visage inquiet de madame Pomfresh. Et il n’était pas enchaîné, mais recouvert de tant de bandage qu’il ne pouvait pas bouger. Il essaya de parler, mais une terrible douleur s’empara de sa gorge et seul un murmure complètement inaudible sortit de sa bouche.

— N’essayez pas de parler pour le moment.

S’il avait pu, il lui aurait fait une remarque extrêmement sarcastique sur le fait qu’elle aurait pu le lui dire AVANT. À la place, il se contenta de la foudroyer du regard. Mais elle sembla ne même pas le remarquer et s’affaira à étaler sur tout son corps une crème extrêmement malodorante. Puis elle commença à bouger ses jambes. Théodore découvrit avec horreur que les infirmières scolaires avaient une formation poussée en torture que leur envieraient n’importe quelle mangemort.

— Je suis désolé, Théodore, mais c’est nécessaire si on veut que tu puisses remarcher un jour et je t’ai déjà donné plus que la dose d’antidouleur autorisée pour une enfant de ton âge. Expliqua Pomfresh, la larme à l’œil.

De quels droits se permettait-elle de le tutoyer. Théodore tenta de se détourner dignement de cet excès de sensiblerie, mais son corps refusa d’obéir. Puis une autre voix se fit entendre.

— Alors toujours pas cannée le bébé mangemort ?

— Greg si tu viens pour ce genre de commentaire, tu peux aller te faire foutre. Répondit la sévère infirmière avec une vulgarité, dont il ne l’aurait pas cru capable.

Mais il est vrai qu’elle s’était toujours montrée étonnamment virulente lorsqu’il s’agissait de protéger ses patients et que les derniers jours n’avaient pas dû être de tout repos pour elle, s’il en jugeait par les nombreux cernes qui barraient son visage.

— Avec plaisir, mais ce serait irresponsable vis-à-vis de notre patient. Franchement, tu devrais apprendre à être un peu moins égoïste et un peu plus professionnel.

Avant que l’infirmière ne puisse répondre le visage d’un homme au teint frais qui avait visiblement bien dormi récemment, remplit le champ de vision déjà mince de Théo. Grace à sa baguette rouge pastel et aux nombreuses breloques en argent qui pendouillait à sa robe de médicomage, il ne mit pas longtemps à le reconnaître et se mit à tenter de fuir. Mais tout ce qu’il réussit à faire, c’est à provoquer une nouvelle vague de douleur.

L’homme adopta un visage inquiet et l’immobilisa.

— Greg qu’est-ce que tu lui fais ? S’écria l’infirmière avant de le dégager sans ménagement du chevet de son patient.

— Mais rien. C’est lui qui a décidé de détruire tout mon travail. Gamin, tu n’en as peut-être pas conscience, mais tu es passé à ça de mourir. Et même moi, je ne fais pas de miracle.

Mais cela ne calma Théodore

— Va-t’en, tu le terrifies. Qu’est-ce que tu lui as donc fait ? Insista l’infirmière.

— Mais rien je te dis. Tu crois que ...? Tu sais, ce ne serait pas le premier à ne s’échapper que physiquement. Dit-il en s’éloignant malgré tout sous la pression du regard de l’infirmière.

Pomfresh pensa immédiatement aux Londubat et son cœur se serra. Cela avait été horrible de faire face au regard vide de ses amis d’enfance. Elle ne voulait pas revivre ça avec un de ses patients. Surtout pas un aussi jeune. Dire qu’elle était devenue infirmière scolaire, car elle ne supportait pas de perdre ses patients. Elle se rappela qu’il était encore temps pour elle de partir en Toscane, loin de tout ça.

Cependant, elle ne put empêcher son regard de dériver vers les yeux de son patient. Non seulement ils étaient plein de vie, mais elle fut comme capturé par l’intensité de son regard. Puis elle se rappela d’une soirée à fort Nott, où Greg rigolait avec d’autres invités prestigieux à la dernière blague raciste lancé par Nott senior. Puis elle sursauta en comprenant que ce n’était pas un de ses souvenirs.

— Théodore, tu es en sécurité. Dumbledore s’en est assuré. Greg est un con, mais jamais il ne pactiserait avec Vous-savez-qui. Il ne te fera aucun mal, je te le promets. Malgré les apparences, c’est le meilleur médicomage d’Angleterre.

— Comment ça malgré les apparences ? S’offusqua Greg en arrêtant de manger le plateau-repas d’un patient encore endormi.

Nott s’endormit avant d’entendre la suite de la conversation.

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Lorsqu’il rouvrit les yeux, Théodore ne savait pas s’il s’était écoulé plusieurs heures ou plusieurs semaines. Mais ce coup-ci, ce fut le visage souriant de Justin qui l’accueillit.

— Salut mon pote.

— Pour la dernière fois, je ne suis pas ton pote.

Puis Nott toussa sans discontinuer pendant 5 bonnes minutes. Mais au moins, il pouvait parler. Et bouger sans trop de douleur constata-t-il avec satisfaction.

— Ça va ? Tu veux que j’appelle Pomfresh ? S’inquiéta Justin en lui tendant un verre d’eau que Théodore avala d’une traite avant de répondre :

— Surtout pas ! S’alarma Nott qui avait encore en tête ses précédents ‘soins’.

— Mais c’est qu’on est douillet. Et Zabini ! J’ai la preuve que Théo est humain. Tu me dois 5 galions.

Théodore aurait dû s’offusquer de ses paroles. Non, venant d’un sang de bourbe un tel manque de délicatesse était normal. Par contre que son allié Zabini s’abaisse à de telles pratiques (et contre lui en plus) aurait dû le mettre hors de lui. Mais en voyant le Serpentard approcher avec un grand sourire, puis tenter de lui faire un top five en le félicitant d’avoir survécu, la seule chose à laquelle il put penser fut qu’il était enfin chez lui.

— Tu sais si tu étais un peu plus poli, je suis sûr que ton petit ami t’aurait fait un câlin. Ne put cependant s’empêcher de rajouter l’héritier des Zabini.

Aussitôt, Justin se jeta sur Zabini d’une manière que Théodore jugea bien peu digne (et dire que c’est sur lui que ses maudites rumeurs tournaient). Cependant, le pire était que leur boucan alertait l’infirmière qui les mit à la porte et s’empressa d’aligner devant lui une dizaine de potions qui semblait toute plus immonde les unes que les autres. Pourquoi diable n’avait-il pas tué ces deux idiots lorsqu’il en avait eu l’occasion, ne put s’empêcher de se demander Théodore Nott.

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Quelques jours plus tard, Dumbledore s’avança sombrement dans les couloirs vides de Poudlard. Durant les dernières années, se balader sur le domaine de l’école avait été son seul moment de sérénité. Son refuge où il puisait la force nécessaire pour retourner à la bataille et continuer, malgré ses plus de 100 ans, d’apparaître aux yeux du monde sorcier comme un leader invincible. Néanmoins il ne s’étonnait pas qu’à peine entamée, la guerre lui prenne jusqu’à cet instant de calme. Il poussa les portes de l’infirmerie et fut accueilli par un concert de cris :

— Je ne vous ai rien demandé. Vous auriez pu vous faire tuer.

— Non, mais tu t’entends ? Tu serais mort si on n’avait rien fait.

— Tu sais, dans certaines civilisations reculées, il paraît qu’il y a un mot pour ce genre d’occasion. Je crois que c’est ‘merci’. Prononça Blaise Zabini sut un ton d’où transperçait l’ironie.

Dumbledore jeta un regard amusé sur la sévère infirmière scolaire qui faisait semblant de ne rien entendre en lisant un magazine de voyage sur la Toscane.

— Vous tolérez ce genre de comportement dans votre domaine, Mademoiselle Pomfresh ?

Pomfresh leva les yeux au ciel d’un air faussement agacé avant de répondre :

— Pourquoi tout le monde pense-t-il que je suis un dragon sans cœur ?

— Ce n’est pas le cas ? Demanda innocemment le vieillard à son employé.

— Si ! Mais là, je suis en vacances. Répondit-elle en se réfugiant derrière son magazine, juste à temps pour que Dumbledore puisse entendre la réponse de Nott (en fait-tout, le château l'avait probablement entendu):

— Et alors ? Des gens meurent tous les jours. Ce n’est pas une raison pour risquer sa vie.

— Parce qu'on est ami. Répondit calmement Justin en retour.

— Ce n'est pas une raison. Et on n'est pas amis.

— Il n'y a que toi pour croire ça.

— Putain de Poufsouffle.

— Putain de serpentard. Répondit Justin avec ironie.

Théodore lui répondit avec un regard noir. Ce dernier se demanda si les allégations de Rita Skeeter n'avaient pas un fond de vérité pour qu'il s’accroche à lui comme ça. Puis il se donna une claque pour avoir osé penser une chose pareille.

— Et je te signale que moi aussi, je suis un Serpentard. Intervint Zabini faussement vexé avec son insupportable sourire aux lèvres.

Ce dernier s’était jusqu’à présent montré indulgent, habitué depuis plusieurs années au manque de reconnaissance immédiate de Nott. Il savait cependant depuis longtemps que ce dernier ne manquerait pas à la première occasion de rendre ce qu’on lui avait donné au centuple. Nott ne supportait pas l’idée de devoir quoi que ce soit à quiconque. Et en bon serpentard, Blaise savait attendre patiemment que ses investissements portent leur fruit. C’est pour cela qu’ils étaient alliés.

— Franchement, je suis à peu près sûr que le Choixpeau s’est trompé lors de ta répartition. Si ta race de parvenue n’était pas aussi fainéante, tu serais le parfait Poufsouffle. Répondit violemment Théodore.

Pour la première fois, depuis longtemps, Blaise s’énerva contre son ami. Théodore était régulièrement vexant et cassant (le plus souvent sans même sans s’en rendre compte), mais jamais, il ne lui avait pas parlé sur ce ton :

— Je comprends que t’as passé un sale quart d’heure, mais si tu pouvais arrêter de te comporter comme un connard 5 minutes, tu comprendrais que tu n’es pas le seul à avoir des problèmes. Et tu pourrais me défendre toi aussi ? Termina-t-il en se tournant vers Justin.

— Non là, je suis désolé, mais il a raison. Ne t’inquiète pas, on va se serrer et te faire une place dans notre dortoir. Bon si ça continue, on va finir par accueillir l’intégralité de Poudlard et on devra peut-être dormir dans le même lit, mais ...

Blaise n’écouta pas la suite et se contenta de se faire un face palme en priant pour que personne n’entende les déblatérassions de Justin. Sinon bientôt, il y aurait aussi des rumeurs sur lui. Quoi que cela ouvrirait un univers infini de blague sur les triangles amoureux. Mais il risquait aussi de perdre l’attention d’une partie de la gente féminine, pensa-t-il en feignant d’ignorer la quantité toute relative d’attention dont il disposait. Il finit néanmoins par trancher ce cruel en dilemme en répondant :

— Écoute Justin, on en a déjà parlé. Tant que tu n’auras pas réglé tes comptes avec Theo, notre amour est impossible. Je ne peux pas voler le copain de mon meilleur ami. Ou la copine. C’est qui qu’est au-dessus, déjà ?

Puis il se mit à courir en direction de la sortie avant que Justin ne l’attrape. Il avait bien le temps d’être sérieux. Mais sur le chemin, il heurta quelque chose de mou et tomba à la renverse. Il releva les yeux pour voir le regard amusé d’Albus Dumbledore. Zabini dégluti.

— Bonjour Monsieur Zabini. Un bonbon au citron ? S’amusa à demander le vieux directeur en adoptant sa meilleure imitation de papy sénile.

Il n’avait jamais avoué à personne (pas même à Minerva) que l’une des raisons pour laquelle il tenait tant à garder la direction de Poudlard était l’amusement qu’il prenait à jour les vieux papys gâteau et à observer les turpitudes de ses élèves. Pour lui, ils étaient tous ses enfants. Bien sûr, il avait ses favoris, mais dans son cœur tous avaient fini par compter. Raison pour laquelle, malgré la fatigue accumulée durant toutes ses années, il n’avait jamais pu abandonner le combat. Il aurait tout le temps de se reposer lorsque tous ses enfants seraient en sécurité.

— Désolé monsieur le directeur. Euh non merci. Bredouilla Blaise en se relevant.

— Quel dommage fit-il en en avalant un. Ils proviennent d’une boite que j’ai ouvert ce matin. Ils sont tout frais. Dit-il doucement afin que Pomfresh ne lui reproche encore une fois le peu de cas qu’il faisait de son diabète.

— Que voulez-vous ? Demanda Théodore Nott sur un ton qui se voulait sans doute impressionnant, lorsqu’il se fut suffisamment avancé pour qu’il le voit depuis son lit d’hôpital.

— Une boite de chocogrenouilles infinie et une nouvelle robe de soirée.

Sa tirade ne déclencha même pas un sourire sur le visage méfiant de Théodore Nott. Il reprit donc plus sérieux :

— Et aussi savoir ce que je vais faire de vous.

— De nous ? Il n’y a pas de nous. Personne ne peut échapper au seigneur des ténèbres. Tôt ou tard il me trouvera. Vous allez me laisser m’enfuir. Seul ! précisa-t-il en direction de Justin.

— Si tu crois qu’après tout ce qu’on a fait pour te sauver la mise, on va te laisser partir. Tenta Justin.

— Tu ne comprends pas ? C’est beaucoup trop dangereux de rester avec moi. Vous m’avez juste fait gagner un sursis. Il ne peut pas me laisser m’en tirer, alors que je l'ai ouvertement défié. Pas alors que la loyauté de ses mangemorts est aussi chancelante.

À ses mots, Dumbledore intervint :

— Que voulez-vous dire par là ?

— Que je ne crois pas aux pseudo-protections que vous proposez. Merci pour les soins, mais à partir de maintenant, je vais me débrouiller seul.

Il tenta de se lever, mais d’un geste négligeant de la main Dumbledore lui imposa de se rallonger :

— Non. Que voulez-vous dire par : « Loyauté chancelante des mangemorts »?

Le visage de Nott se ferma. Dumbledore fut estomaqué de voir qu’il occludait. Il ne savait pas s’il devait être horrifié ou content qu’à un âge aussi jeune, il ait une telle connaissance des magies de l’esprit.

— Monsieur Nott. Je crois qu’il est plus que temps pour vous de choisir votre camp.

— Je suis dans mon propre camps. Et si vous voulez des informations, il va falloir les payer.

— Nott ! Commença à l’engueuler Justin qui n’en revenait pas que l’on s’adresse comme ça à Dumbledore. Mais ce dernier l’interrompit d’un geste.

— Que voulez-vous ? Dit-il, sans son habituel sourire de vieillard.

— Que vous protégiez Zabini et Justin.

— Cela va sans dire, bien entendu que nous les ….

— Non, je veux une vraie protection. Je veux que vous les envoyiez eux et leur famille avec une fausse identité dans un autre pays. Je ne veux pas que vous utilisiez vos manipulations à deux balles pour les convaincre de se battre pour vous.

— Dit donc Théo, c’est à nous d’en décider… Tenta encore une fois Justin avant de se faire interrompre par Dumbledore.

Blaise, lui n’osa pas dire que maintenant qu’il savait Théo en sécurité, il serait tout à fait d’accord pour aller se réconcilier à Hawaï avec sa mère au frais de Dumbledore.

Blaise se souvenait encore de la beuglante que sa mère lui avait envoyée après qu’ils eurent obligé cet elfe étrange à les faire transplaner loin de leur famille respective pour échapper au départ vers la France. La première fois que l’elfe était apparu dans sa chambre en criant qu’il avait intercepté leur lettre à Potter, il avait voulu chasser la créature à coup de balai. Lorsque la petite créature leur raconta pourquoi et leur expliqua qu’il ne devait plus lui écrire, il crut que l’elfe était fou (en fait, il avait commencé à douter de sa santé mentale, rien qu’en voyant son accoutrement).

Mais lorsqu’ils reçurent une lettre de Théo contenant plus ou moins le même avertissement, il commença à douter. Lorsque quelques semaines plus tard l’elfe revint en pleurant que le meilleur ami de maître Potter allait mourir et que l’ordre ne voulait rien faire, Justin et lui n’avaient pas hésité. Grâce à la créature qui était apparemment un ancien elfe des Malfoy (comment Potter, s'était-il procuré un elfe des Malfoy ?), ils purent rentrer dans le manoir via un passage secret permettant au serviteur de se déplacer sans importuner les maîtres des lieux. En effet, les Malfoy méprisaient tellement leur elfe qu’ils n’avaient pas pensé à retirer Dobby de la liste des créatures autorisées à pénétrer les protections du manoir (dans le cas contraire, ils se seraient fait réduire en charpie lorsque leur tentative aurait alerté tous les mangemorts présents). Ce qu’ils virent ensuite horrifia tellement Blaise que maintenant encore, il en faisait des cauchemars. Théo avait raison : Harry était mort. Et il aurait mieux valu que Théo le soit.

S’il avait été seul, il aurait rebroussé chemin, aurait vomi tout le contenu de son estomac puis serait parti retrouver sa mère en se disant qu’il ne pourrait rien faire. Mais il faut croire qu’une fois de plus Théodore avait raison et qu’il avait davantage sa place chez les blaireaux.

— Je ne tenterais pas de vous convaincre que vos inquiétudes sont hors de propos en tentant d’expliquer que vos amis sont trop jeunes pour que je puisse songer à les impliquer et que je ne suis pas Voldemort (même Théodore frissonna en entendant le nom maudit). Par contre j’ai le regret de vous apprendre qu’il est trop tard pour une telle solution.

Dumbledore sortit de sa robe un exemplaire récent de la gazette du sorcier ou s’étalait en premières pages les photos de Blaise, Théodore et Justin. L’infirmière sortit de sa torpeur et tenta d’empêcher son patient de lire l’article en prétextant qu’il était encore fragile, mais Dumbledore la repoussa en prétextant que les circonstances ne leur permettaient pas de le ménager autant.

Les deux premières pages étaient une interview larmoyante de son père qui offrait une immense récompense contre toute information lui permettant de retrouver son fils et ses deux amis. Théodore avait si souvent rêvé que son père prononce les mots qui étaient imprimés sur le journal. Il repoussa le journal avant de se mettre à vomir. La seule chose qu’il devait retenir, c’est que s’il avait eu autant de courage que sa mère, Justin et Blaise ne seraient pas dans le collimateur du seigneur des ténèbres. Mais maintenant il était trop tard et qu’il le veuille ou non, ils allaient mourir tous les 3 ensembles. (Théodore n’était pas assez naïf pour croire qu’ils allaient survivre)

Désormais indifférent à tout, il raconta tout ce qu’il savait à Dumbledore. Une fois que Dumbledore eut toutes les informations dont il avait besoin (et plus encore, le jeune Théo aurait fait un très bon espion), il voulut rassurer Nott en lui disant qu’il allait assurer leur protection à tous les 3. Cependant, après, ses derniers échecs et la facilité avec laquelle Voldemort avait détruit ses protections, Dumbledore ne pensa pas avoir été capable de le dire avec suffisamment de conviction pour convaincre l’héritier des Nott.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Certaines blagues de ce chapitre sont légèrement homophobes, mais d’après les souvenirs de ma jeunesse c’est inévitable si on veut écrire des dialogues réalistes entre collégien des années 90. Je tiens donc à dire quelque chose qui devrait être évident et consensuel : tant que cela a lieu entre personne consentante, il n’y a rien de honteux à pratiquer la sodomie ou à être homosexuel. Ce ne devrait pas être perçu comme un sujet de moquerie et encore moins une insulte.

J’espère que les choses ont changé, mais j’ai la vague impression que le collège est toujours un enfer où on doit prouver qu’on est un vrai mec (ce qui veut dire prétendre qu’à 13 ans on l’a fait avec une dizaine de femmes) sous peine de se faire harceler parce que l’on est un pédé. Je vous rassure tout de suite, je ne me suis jamais fait harceler. Moi je faisais partit des lâches qui regardaient les harceleurs sans rien faire par peur de me faire harceler à mon tour, si je l’ouvrais. Si certain de mes lecteurs sont encore au collège, alors dites-vous que c’est juste un mauvais moment à passer. De mon expérience, après le lycée les gens deviennent moins cons.

Note de la correctrice : Bien que je sois d’accord sur le principe, hélas, la connerie est universelle. Elle n’a ni sexe, ni religion, ni genre, ni orientation, rien. Et vous trouverez toujours un con pour vous gaver, peu importe le sujet. Gardez cependant confiance en vous et ne laissez pas les propos de ces abrutis vous toucher. La seule personne dont l’avis compte réellement à vôtre sujet, c’est vous-même. Et mangez du chocolat, c’est bon le chocolat !

Azkaban

— Mon seigneur, votre pouvoir est sans limite. Comment avez-vous pu réaliser un tel exploit alors que vous ne pouvez pas lancer de patronus ? Se répandit en flagornerie l’un des hommes décharnés en costume de prisonnier agenouillé devant Harry

Lorsqu’il avait tué son père et ses grands-parents, Voldemort avait ressenti tellement de joie, qu’il avait cru enfin détenir un souvenir suffisamment puissant pour lui permettre d’enfin maîtriser le patronus. Le lendemain, lorsqu’il lança le sort, il cria presque victoire lorsque pour la première fois une brune argentée informe sortit de sa baguette. Cependant, malgré ses efforts et les années, il ne put jamais produire un patronus corporel. Peu étaient au courant de cette faiblesse et tous devraient savoir que ce n’était pas une bonne idée de la lui rappeler.

— Incendio. Hurla Voldemort avec colère.

Dolohov hurla lorsqu’une partie de son bras droit disparu dans les flammes. Heureusement aussi douloureuse que soit sa blessure, il n’y avait rien qu’une bonne potion ne pourrait guérir. Depuis la fuite de Nott, beaucoup d’autres n’avaient pas eu cette chance. Il savait qu’en agissant ainsi, il ne faisait que réduire le nombre de ses serviteurs et la loyauté des survivants. Cependant, il ne pouvait s’en empêcher.

Dire qu’il avait voulu marquer le jeune Nott pour briser légèrement l’esprit de son hôte. Il ne savait pas exactement quelle était la nature de leur lien (Dès qu’il essayait d’accéder aux souvenirs impliquant les personnes auxquelles Harry tenait comme ses parents, cet elfe de maison bizarre ou ses amis, il ressentait une intense douleur qui le forçait à reculer) mais l’adolescent était bien assez pathétique pour s’être attaché au fils de l’un de ses plus fidèles mangemorts. Il n’avait pas prévu un seul instant que Nott refuserait l’honneur qu’il lui faisait. Et encore moins l’impact que sa fuite aurait sur son état. Jamais il ne s’était senti aussi… instable.

Il ne se souvenait de rien mais ses mangemorts affirmaient que Nott s’était enfui parce que pendant quelques secondes, il s'était comme paralysé. Ou plutôt c’est ce que Voldemort avait lu dans leurs pensées. (Jamais ils n’auraient osé lui avouer cela)

Voldemort se sentait perdre pied. Quelle ironie. Alors qu’il n’avait jamais été aussi puissant, il ne s’était jamais senti aussi faible.

Il était persuadé plus que jamais que ses problèmes prendraient fin lorsqu’il pourrait utiliser les 2 Dursley et les 3 amis de Harry pour créer de nouveaux horcruxes. Le hasard ayant voulu qu’Harry ait exactement le bon nombre de proches pour qu’il puisse de nouveau en avoir 7 .

Normalement, il n’aurait jamais pris le risque d’autant diviser son âme, mais Voldemort ne croyait pas aux coïncidences. Plus depuis qu’il avait découvert le pouvoir des reliques. Dorénavant, là où il aurait vu une chance, maintenant, il voyait des signes envoyés par une puissance supérieure œuvrant dans l’ombre pour le mener à la grandeur. Tant que cela était dans son intérêt, Voldemort jouerait le jeu. Néanmoins, dès qu’il en aurait la possibilité, il apprendrait à cette entité ce qu’il en coûtait de traiter Lord Voldemort comme un simple pion.

Cependant, malgré tous ses efforts, il ne trouva aucune trace ni des Dursley, ni des 3 amis de Harry. Grâce aux efforts de ses mangemorts et à ses espions, il avait pu trouver de nombreuses caches de l’ordre depuis la fuite de Nott. Mais à chaque fois qu’il s’était rendu sur place avec ses mangemorts, elles s’étaient relevées vide. Il se demanda encore une fois s’il y avait un espion dans leur rang qui renseignait Dumbledore. Mais cela était impossible. La terreur qu’il inspirait à ses troupes avait au moins pour avantage qu’aucun n’aurait jamais le courage de vendre des informations au vieux fou. Et pourtant Voldemort doutait.

D’un pas majestueux sous le regard de ses hommes, tous agenouillé devant lui, il s’avança vers le sommet d’une falaise surplombant l’océan. Il jeta un coup d’œil méprisant aux cadavres d’aurors qui jonchait le sol puis déploya son pouvoir qui se heurta aux protections de la tour la plus sécurisée de l’île. Pendant quelques secondes un combat de magie s’enclencha, puis elle fut submergée par les ténèbres et les murs se craquelèrent. Enfin dans un horrible hurlement de mise à mort, un pan entier du mur de la tour s’effondra. Des cellules, maintenant donnant sur le vide, émergèrent les visages incrédules de plusieurs hommes et femmes marqués par la malnutrition et la gale. L’une d’entre elle se pencha vers le vide avec un sourire. Voldemort s’envola à sa rencontre et une fois à sa hauteur lui prit délicatement le menton entre ses mains afin de la forcer à le regarder dans les yeux :

— Bonjour Bella

Celle-ci lui répondit par un rire glacial et franc. Un rire qui faisait écho à ses propres sentiments. La forteresse d’Azkaban était sienne désormais. Et après qu’il ait réussi l’exploit de tuer un détraqueur, il ne doutait pas que les mangeurs d’âmes se joindraient rapidement à lui. Il ne savait pas plus que Dolohov comment les reliques avaient été capables de faire ça, mais dès qu’il avait commencé à ressentir les effets de la proximité des détraqueurs, il sut qu’il en était capable. Ce qui avait commencé comme une simple mission de reconnaissance se transforma bien vite en une conquête pure et simple de la forteresse. S’il pouvait faire ça, alors ses pouvoirs n’avaient aucune limite et avec de telles alliés le ministère tomberait bientôt entre ses mains.

En cet instant, Voldemort ne douta pas qu’il aurait pu lancer un patronus. Mais dorénavant cela n’avait plus aucune importance.

Il pensa avec rage, qu’il ne lui restait plus qu’à s’assurer que Karkarof et Rosier aient bien accompli leur mission à Gringotts pour que toutes les pièces soient en place. Cette fois, rien ne l’arrêterait. Pas même la mort.

oOoOoOoOo

— Tiens, salut, comment vont tes filles ? Demande Stéphanie à son collègue de la Brigade de police magique.

— Franchement ça fait tellement longtemps que je n'ai pas vu les jumelles que je commence à me demander si je n'ai pas rêvé l’accouchement. Répondit Robert.

— Attention, je pourrais tout répéter à Susan. À mon avis, elle aurait un avis bien tranché sur la question.

— Tu n’oserais pas.

— Ça dépend, tu me payes un café ?

Un homme qui se tenait silencieux dans un coin avec la mine sombre, s’exclama alors :

— Je ne sais pas comment vous faites pour rester de bonne humeur comme ça, vous deux. Moi, je suis à deux doigts de craquer.

— Ben, tu sais Gil, il …. Tenta de lui répondre Robert, mais Gil l’interrompit de nouveau :

— Si au moins ce qu’on faisait était utile, mais en plus, on passe notre temps à s’occuper de cette maudite coupe du monde et à rechercher ces 3 graines de mangemorts dont la gazette n’arrête pas de parler. Tout ça parce que leurs ordures de parents sont riches. Si c’était mon fils qui disparaissait, ils n’en auraient rien à foutre.

— Ouais, mais c’est quand même important de les retrouver. C’est normal qu’il nous demande de faire des heures sup. Tenta de défendre Stéphanie sans trop savoir pourquoi (elle non plus n’était pas très satisfaite de son travail ces derniers temps).

Mais sa réponse sembla avoir pour conséquence d’encore plus énerver Gil :

— Mon cul. En ce qui me concerne, ils peuvent bien crever en enfer. Qui sait qui va pleurer la disparition d’un Nott ? Et pendant ce temps-là, les évadés courent toujours. Franchement, qu’est-ce qui leur prends aux chefs ? Le ministre est devenu complètement fou.

— Heu Gil… Tenta-t-elle de le prévenir, mais emporté par l’émotion, il continua son discours encore plus fort.

— Non mais sérieux. On ne peut pas continuer comme ça ! Il faut qu’on fasse quelque chose pour qu’il reporte la finale et qu’on se mobilise pour retrouver les évadés avant qu’il n'y ait des morts.

— Hum hum. Un toussotement caractéristique se fit entendre.

Une sueur glacée traversa le cou de Gil, qui se retourna. Ombrage se tenait devant lui avec collé sur le visage, son horrible petit sourire de petite fille.

— Dois-je comprendre que vous avez quelques critiques envers les décisions récentes de notre administration, monsieur Anderson ?

— Non aucune, madame Ombrage. C’est juste…

— Parfait, continuez comme ça, Monsieur Anderson. Nous avons besoin d’hommes comme vous. Est-ce que cela vous dirait de passer à mon bureau demain à 14 h 00 ? Nous pourrions discuter de votre demande de mutation.

— Ma demande de mutation ? Mais je n’ai fait aucune demande de ….

— Ne vous inquiétez pas, je ferais en sorte de la valider rapidement. Il serait dommage de perdre un homme de valeur tel que vous parce que l’on n’aurait pas su lui proposer des challenges suffisamment stimulants.

Gil pensa un moment à coller son poing dans la figure de l’horrible crapaud. Puis il songea à son fils qui allait bientôt rentrer à Poudlard (ce qui représenterait un coût non-négligeable) et à son frère et à sa sœur qui, comme beaucoup de sorcier, dépendaient directement ou indirectement du ministère de la magie pour vivre.

— Oui madame Ombrage. Merci pour votre considération.

— Mais de rien. C’est mon travail de m’assurer que les employés du ministère restent motivés à accomplir LOYALEMENT leurs tâches.

Puis elle partit. Gil constata qu’il était maintenant seul. Sans qu’il ne s’en rende compte, les deux autres avaient fui. Oubliant la masse de travail qui l’attendait sur son bureau, il courut s’enfermer dans les toilettes où il pleura sur sa propre impuissance et angoissa sur le sort que lui réservait Ombrage. Cette dernière au contraire, jubilait. En montant dans la hiérarchie et en accumulant du pouvoir, elle s’était rapidement rendu compte que rien ne valait la joie d’abuser de son pouvoir pour écraser ce genre d’individu, dont l’idéalisme n’apportait rien d’autre que le désordre.

Bien sûr, immanquablement, une petite voix (qui ressemblait étrangement à celle de sa défunte mère) lui murmurait que c’était mal. Mais en ce moment, Ombrage n’avait aucun mal à la faire taire. Contrairement à Fudge, elle n’était pas stupide et voyait bien que ce qu’il se passait en ce moment dépassait largement les querelles habituelles entre politiciens. Elle ne savait pas exactement de quoi il s’agissait et aujourd’hui encore, il lui arrivait de douter. C’était assez subtil pour que de l’extérieur personne ne remarque rien. Cela ne l’étonnait donc pas que la plupart des sorciers (et cet incompétent de Fudge) n’ait rien vu non plus.

Mais pour elle qui avait fait en sorte d’être impliquée dans chaque prise de décision (même mineurs) il était impossible de louper que dorénavant, les sangs purs se serraient les coudes. Elle ne pouvait pas non plus louper les soudains départs en retraite et nomination faisant office d’un mystérieux consensus chez les sangs purs (alors que d’habitude, ils se battaient entre eux pour les meilleures places.). Si on rajoute à cela les récents retournements de vestes de plusieurs hauts responsables, une évidence s’imposait : les sangs purs s’étaient trouvés un nouveau leader. Un leader suffisamment légitime pour trancher les différents entre les grandes familles ou assez fort pour les obliger à les mettre de côté.

Après les déclarations tonitruantes de Dumbledore lors du procès, un nom s’était rapidement imposé à son esprit. Cependant, elle n’avait pas voulu le croire. C’était tellement… Elle n’avait pas de mot pour décrire à quel point c’était absurde. Son ministère était menacé par un enfant de tout juste 14 ans et un fantôme. Néanmoins, depuis l’évasion, elle avait dû se rendre à l’évidence. Des jours sombres se profilaient et si elle ne faisait rien, le ministère ni survivrait pas. Elle devait renforcer la discipline et faire en sorte que la transition soit la plus courte possible. Si elle parvenait à maintenir l’ordre durant le changement de régime, alors le ministère perdurait et les mangemorts devraient transiger avec son administration pour diriger le pays.

Ombrage n’était pas inquiète pour la suite. Après tous, les mangemorts sont à peine plus cruels que le politicien moyen. La seule différence, c’est qu’eux se permettent de l’être ouvertement. Lorsqu’ils auront le pouvoir, ils redeviendront plus raisonnables. Ombrage avait l’habitude de traiter avec ce genre de personnage et savait à quoi s’attendre, tenta-t-elle de se rassurer. Avec un peu de chance, elle pourrait même en profiter pour se débarrasser de certains indésirables.

Mais au fond, elle n’était pas aussi sûre de faire le bon choix. Peut-être devrait-elle contacter Dumbledore ? Non, pensa Ombrage. La plupart des sorciers le voyaient comme un dieu vivant et lui faisaient aveuglément confiance pour régler leurs problèmes. Mais Ombrage avait été aux premières loges pour voir les limites de l’homme et sa dégénérescence progressive au fil des années. Dumbledore était trop vieux pour soutenir une nouvelle guerre. De plus, il n’avait aucune sorte d’estime pour l’ordre et le ministère. Lui et sa bande d’anarchistes et de marginaux, sacrifieraient sans remords le ministère (ainsi que la stabilité politique qu’ils avaient eue tant de mal à construire depuis la dernière guerre) pour tenter de reporter l’inévitable.

Elle retourna à son bureau en se répétant comme un mantra que, quoi qu’il arrive, elle devait juste veiller à maintenir l’ordre et la discipline. Le monde s’écroulerait peut-être, mais pas le ministère. En-tout-cas pas tant qu’elle aurait son mot à dire.

OooOoOo

— Alors les jeunes, ça va être plutôt sympa, ces vacances au bord de la mer.

Théodore ne répondit pas et s’éloigna pour masquer l’accès de faiblesse provoqué par le transplanage d’escorte que la jeune Auror, que Dumbledore avait chargé de les accompagner dans leur cachette, leur avait fait subir à lui, Justin et Blaise.

Au grand soulagement de Théodore, ce matin, l’infirmière de Poudlard avait enfin reconnu qu’il était suffisamment remis pour être déplacé, mais il était encore faible.

Une fois remis, il examina les lieux et vit qu’il se trouvait sur le seuil d’un cottage au sommet d’une falaise ou les vagues de l’océan s’écrasaient à un rythme régulier. Même s’il doutait toujours de la protection du directeur, il devait reconnaître que cela semblait être une bonne cachette. L’endroit était suffisamment isolé pour que personne ne le remarque et le lieu habité le plus proche semblait être un petit village de pêcheurs visible au loin. À cela, s’ajoutait des sorts de protection si puissants que l’air autour du cottage semblait solide et un fidelitas posé par le directeur en personne. Puis il vit une autre auror sortir de la maison pour les accueillir et il comprit que des gardes devaient se relayer en permanence pour protéger les lieux (et les ravitailler en nourriture).

Il jeta un regard à Justin et à Blaise qui, sans d’avantage se préoccuper de lui, s’extasiaient devant le paysage et les talents de metamorphomage de leur garde du corps.

Sans faire davantage attention à leur babillage ou au regard suspicieux qui lui lança le vieil auror qui gardait temporairement l’endroit, il commença à avancer avec l’aide de sa canne et rentra à l’intérieur. Rapidement, il trouva un salon et les larmes aux yeux s’assit sur un vieux canapé branlant qui devait dater de la construction des lieux. En ce moment, il haïssait son corps et sa faiblesse. Mais il ne pouvait pas laisser ses émotions obscurcir son jugement. À l’aide de l’occlumancie et d’une habitude profondément ancrée en lui, il refoula ses émotions et posa délicatement sa canne à côté de lui au lieu de la jeter violemment à travers la fenêtre comme il en avait envie. Pomfresh lui avait assuré que ce serait temporaire et que dans quelques semaines, il aurait retrouvé l’essentiel de ses capacités. Son père lui avait appris l’importance des détails et avait surtout retenu le mot ‘essentiel’. Mais il fut tiré de ses mauvaises pensées par l’arrivée d’une femme maigre à l’aire chevaline accompagnée d’un homme massif dont la moustache lui donnait l’apparence d’un morse. Tous deux étaient habillés à la mode moldu. Probablement encore des né-moldus qui n’avaient aucun respect pour leurs traditions ou leur culture.

— Bonjour tu es un des amis de Harry ? Demanda la femme.

— Oui. Répondit Nott avec la froideur d’une calotte polaire au plein cœur de l’hiver.

Malgré le ton de sa réponse destiné à lui faire subtilement comprendre qu’il voulait être seul, elle s’avança avec un sourire forcé (mentalement, il entendit la voix de Blaise lui dire qu’il utilisait toujours ce ton).

— Bonjour, je suis Pétunia Dursley. On m’a prévenu de votre arrivée. Comment vas-tu ?

— Je ne vous ai pas autorisé à me tutoyer, sang de bourbe. Répondit Théodore en réfléchissant. Il était sûr d’avoir déjà entendu le nom de Dursley, mais où ?

La seule chose dont il était sûr c’est qu’il ne s’agissait pas de celui d’une famille de sang pur (Son père l’avait forcé à apprendre le nom et la généalogie de toutes les familles de sang pur anglaise).

— Non mais pour qui tu te prends sale voyou. Commença à crier Vernon, le visage violacé.

— Vernon, calme-toi. Supplia Pétunia.

Nott garda son masque d’indifférence, mais repris sa canne et se leva avec difficultés. Déjà qu’en temps normal, il faisait tout pour éviter de se retrouver à proximité d’un adulte en colère, alors dans son état, il n’eut aucun scrupule à prendre la fuite.

— Où vas-tu ? Reste.

— Je vais dans ma chambre. (Il ignorait où elle se trouvait, mais explorer l’endroit ne lui ferait pas de mal)

— Laisse-moi t’aider. Proposa t’elle immédiatement en voyant son handicap

— Ne me touchez pas. Théodore Nott n’a besoin d’aucune aide et surtout pas d’une sang de bourbe.

— Jeune homme tu vas immédiatement baisser d’un ton. Ma femme voulait juste t’aider. Commença à le houspiller Vernon, pendant que Pétunia le regardait d’un air horrifié.

— Nott !?

Théodore avait l’habitude que son nom suscite cette réaction. Particulièrement chez ceux qui avaient connu la dernière guerre. Quand il était plus jeune par réflexe, il baissait les yeux et fuyait le plus loin possible. Mais son père lui avait enseigné à l’aide de nombreuses punitions qu’en plus d’être indigne d’un Nott cette attitude de proie ne faisait qu’encourager leurs détracteurs à les attaquer. Il se força donc à faire demi-tour et à la regarder dans les yeux :

— Oui Théodore Nott ? Oseriez-vous manquer de respect à mon nom.

— Un Nott a tué mon père et ma mère.

Comme à chaque fois Théodore eu un coup au cœur en entendant cela, mais n’en montra rien :

— Eh bien, ce n’était pas moi. Maintenant, laissez-moi passer.

— Je vois que vous avez fait connaissance avec notre charmant invité. Dit l’auror qui venait finalement d’apparaître suivie de ses alliées. Ne vous inquiétez pas, il aboie beaucoup, mais ne mord pas.

— Puis-je savoir le nom de celle qui ose s’adresser ainsi à héritier de la noble maison Nott.

— Tonks. Mais exceptionnellement, tu peux m’appeler : ‘Madame l’auror s’il vous plaît ne me bottez pas le cul, je serais gentil’. Sur un ton mi-autoritaire mi-amusé.

Il marqua un temps d’arrêt.

— Vous êtes Nymphadora Black ? La cousine sang-mêlé de Drago.

— Je suis Tonks. Dit-elle sur un ton où toute trace d’humour avait disparu.

— Votre ascendance moldu ne compte pas. Vous êtes une Black.

— Théo! Excusez-le. Il est à cran depuis… Depuis sa naissance en faites, mais là, c’est particulier. Plaisanta Justin d’une petite voix.

L’auror lui lança un regard noir, puis obéissant à l’ordre silencieux de son collègue sorti se calmer. Le vieil auror s’avança alors vers lui de sa démarche claudiquant et tourna alors vers lui son œil de verre et d’une voix effrayante le prévint :

— Je t’ai à l’œil mon garçon.

Puis Justin se tourna vers les Dursley avec une expression de joie forcée :

— Bonjour je suis Justin Finch-Fletchley et lui c’est Blaise, vous devez être les parents de Harry.

Théodore se traita alors mentalement d’idiot en comprenant qui étaient les Dursley.

— Enchanté. Dit Pétunia en lui serrant timidement la main.

— Vous en faites pas on sait tous que la gazette ne raconte que des sornettes. Lui assura Justin en voyant sa nervosité.

— Ce ne sont pas des sornettes. Dit Théodore d’une voie dure.

— Théo, mais qu’est-ce que tu racontes ? Demanda Justin.

— D’après mon père se sont de vrais souvenir que le seigneur des ténèbres à extirpé de la mémoire de Harry.

— Ton père, ton père, toujours ton père. Il commence à me gonfler celui-là. Je croyais que tu avais compris qu’il ne raconte que des conneries. Il faudrait être un sacré taré pour faire ça à un enfant. N’est-ce pas madame Dursley ?

En voyant son regard, Justin se dit que cela allait être de longues semaines.

oOoOoOoOo

Peter était haletant, tournant sur place, sa baguette magique saisie étroitement dans sa main, attendant quelque chose ou quelqu’un. Puis une aveuglante lumière blanche vola dans les airs. Peter pensa à la foudre lorsque sa baguette magique vola hors de sa main, il se mit à genoux et supplia :

— Ne me tuez pas !

— Ce n'était pas mon intention. Répondit Dumbledore en pensant qu’il avait un très désagréable sentiment de déjà vue.

Dumbledore se tient devant Peter, avec ses robes longues fouettant autour de lui et son visage illuminé de dessous par la lumière à l’extrémité de sa baguette magique.

— Bien pourrais-je savoir pour quelle raison je devrais continuer à vous confiance après que vous ayez gardé pour vous que le seigneur des ténèbres comptait attaquer Azkaban.

— Parce que vous n’avez pas le choix. Vous avez besoin d’un espion au sein des mangemorts.

— On a toujours le choix. Répondit Dumbledore en faisant voler des étincelles menaçantes à l’extrémité de sa baguette.

— Je n’étais pas au courant. Il devait juste s’agir d’une mission de reconnaissance. Il ne pensait pas pouvoir prendre Azkaban si tôt. Je vous ai déjà tellement aidé.

— Vous nous avez fourni autant d’informations que nous le désirions sur les raids mineurs du seigneur des ténèbres et rien sur le plus important. Exactement le genre de comportement que j’attendrais d’un agent double envoyé par le seigneur noir pour gagner ma confiance. L’histoire de Severus l’aura inspiré.

La seule réponse que Peter put imaginer fut que le seigneur des ténèbres n’aura jamais donné des instructions aussi suspectes à l’un de ses espions, mais il doutait que la remarque fût bien accueillie. Il garda donc le silence et attendit en tremblant. Sa patience finit par payer, car au bout d’un moment qui sembla duré une éternité à Peter, Dumbledore lâcha sa baguette et demanda :

— Bien que le message vienne de vous ou de Voldemort, je veux l’entendre. Qu’êtes-vous venu me demander.

— Le seigneur des ténèbres est en train de regrouper toutes ses forces pour un immense assaut. Il laisse filtrer très peu d’informations et passe le plus clair de son temps à de mystérieux préparatifs avec Karkaroff. Mais la date laisse peu de doute. Il veut attaquer pendant la finale de la coupe du monde.

— Nous n’avions pas besoin d’un espion pour comprendre qu’il allait tenter de profiter de la finale d’une manière ou d’une autre. Quel sera le lieu de l’attaque ?

Peter murmura la réponse si faiblement que le vent l’emporta avant qu’elle n’atteigne les oreilles de Dumbledore. Mais même s’il l’avait crié aux milieux d’une pleine ensoleillée Dumbledore aurait douté avoir bien compris.

— Soit Voldemort est devenue complètement fou, soit c’est un piège grossier destiné à éloigner l’ordre du vrai lieu de l’attaque.

Cette fois Peter ne frissonna pas lorsque le directeur employa le nom maudit sans faire attention. Il était persuadé que sa fin était bientôt proche. Après tout ce qu’il avait fait, qui serait assez fou pour le croire lui. Apparemment Dumbledore :

— Bien ! Quel est le plan de Lucius ?

oOoOoOoOo

Voldemort écoutait avec attention le rapport de son nouvel espion dans le camp de Dumbledore. Néanmoins, aucune des informations qu’il lui rapportait ne l’intéressait vraiment. Le seul fait notable était une vague rumeur disant que les Weasley avaient finalement rejoint le citronné, mais il ne savait pas s’il devait y accorder de la foi. Cependant, la nouvelle avait tout de même stimulé son attention. Il repensa au jour où Dolohov avait tué les frères de Molly Weasley. D’après les souvenir qu'il avait visionné dans l'esprit de ses serviteurs, c’était un combat mémorable ou les jumeaux Prewett avaient déployé une puissance magique et un courage digne de gryffondor lui-même. Et ce n’était pas une exagération puisqu’après plusieurs siècles de disparition l’épée de gryffondor avait enfin fait son grand retour. Au cours d’un combat qui avait vu la victoire de ses fidèles mangemort, il avait finalement pu s’accaparer la relique de gryffondor qui aurait dû devenir son septième et dernier horcruxe. Un horcruxe qui, grâce à la magie de gryffondor serait resté parfaitement protégée dans le lieu mystérieux où l’épée disparaissait après utilisation pour ne réapparaître que s’il se manifestait un puissant guerrier portant les valeurs de gryffondor. L’horcruxe pourrait alors le posséder avant qu’il ne devienne une menace à son règne de ténèbres.

Cela aurait dû être son plus beau chef-d’œuvre parachevant l’œuvre de sa vie. Mais au lieu de cela... Peut-être qu’il pourrait tuer cette Molly Weasley pour créer son nouvel horcruxe. D’une certaine manière, ce serait un moyen de boucler la boucle et constituerait probablement un meurtre suffisamment glorieux pour être digne de marquer cette création. Après tout, elle était la matriarche du clan de sang pur le plus prestigieux s’opposant à son règne. Sans compter qu’il avait pu observer ses capacités au combat avant qu’elle ne se retire traumatisée du champ de bataille. Comme la plupart des membres de sa famille, c’était une puissante sorcière. Si elle acceptait de renoncer à ses préceptes chevaleresques ridicules, elle pourrait même vaincre Bellatrix.

Oui, c’était décidé. Il interrompit le rapport soporifique de son espion et lui jeta quelque doloris pour lui apprendre à ne lui rapporter que des informations mineures et quelques vagues rumeurs. Voldemort n’avait pas de temps à perdre avec de telles stupidités.

Tout se passait comme prévu et malgré les gesticulations de ce vieux fou, son plan était maintenant prêt et bientôt l’Angleterre tomberait entre ses mains. À ce moment-là, plus aucune famille aussi riche et pur soit-elle, ne sera à l’abri de sa fureur. Il pourra alors confronter Molly Weasley et avec sa mort, mettre symboliquement un terme à toute résistance et marquer le début de son règne éternel.

Finale de la coupe du monde

Fred volait à toute vitesse, slalomant entre les nombreuses personnes rassemblées autour d'eux en ignorant les plaintes scandalisées que sa conduite dangereuse entraînait. Il savait qu'il était dangereux d'aller aussi vite au milieu de tant de personnes, mais en ce moment, Fred et George ne purent que continuer en poussant un hurlement pour célébrer leur liberté. Après leur escapade au ministère, leurs parents n'avaient rien dit. Ils avaient cru écoper de la punition du siècle, mais tout ce qu'ils eurent, c'est un regard indéfinissable de la part de leur mère et l'ordre de rester enfermer dans leur chambre jusqu'à nouvel ordre. Cela leur fit plus de mal que le pire des hurlements.

Et contrairement à Ginny, ils n'avaient même pas la certitude d'avoir eu raison pour alléger leur culpabilité. Au final, leurs parents n'avaient peut-être pas tort. Leur sœur s'était mise en danger pour rien. C'est à peine si les gens se souvenaient de son témoignage (en même temps, elle n'avait pas eu le temps de dire grand-chose). Par contre, ils étaient persuadés que Lucius Malfoy lui s'en souviendrait. Depuis l'incident, sur l'horloge familiale, l'aiguille de Ginny pointait en permanence sur 'en danger de mort'.

Par la suite Fred et George en avaient beaucoup parlé. Ou plutôt ils s'étaient échangés de longs regards significatifs. Cela faisait longtemps que les jumeaux n'avaient plus besoin de mot pour se comprendre. Pas sur les sujets vraiment importants. Fred n'arrivait pas à comprendre comment les gens faisaient pour vivre sans le lien qui l'unissait à George. Ils devaient se sentir tellement seuls.

Durant les jours qui suivirent, ils tentèrent d'en parler à leurs parents. Ils ne savaient pas vraiment ce qu'ils espéraient. Qu'ils les pardonnent ou qu'ils leur hurlent dessus. Tout plutôt que le silence gêné qui s'était abattu sur le terrier. Leur père fut retenu de plus en plus longtemps au ministère (et après l'évasion massive d'Azkaban, ils ne le virent pratiquement pas). Quant à leur mère, elle s'absenta de plus en plus régulièrement en leur ordonnant de rester au terrier.

Aussi surprenant que cela puisse paraître au début, les jumeaux respectèrent ses interdictions. Autant par désir de se faire pardonner, que de ménager leur mère après que les mangemorts qui avaient tué leurs oncles se furent échappés d'Azkaban. Mais lorsque leurs parents leurs annoncèrent qu'ils n'iraient finalement pas à la coupe du monde de Quidditch, car c'était trop dangereux, ils avaient explosé. Entre ces quatre murs, ils étouffaient. Finalement le jour de la finale, leurs parents disparurent en les confiant à tante Muriel. Ils ne mirent pas beaucoup de temps à échapper au bon soin de leur acariâtre parente. Ginny les supplia de l'emmener avec elle, mais après ce qui s'était passé au ministère, ils s'étaient jurés de ne plus la mettre en danger sans obtenir l'accord de leurs parents.

Ils partirent donc sous les injures bien méritées de leur petite sœur pour vivre le meilleur moment de leur vie. Et le plus lucratif. Il avait bien l'intention de profiter de l'occasion pour soulager quelque haut gradé du ministère de suffisamment de galions pour lancer leur magasin. Ils savaient ne pas pouvoir compter sur les moyens plus que limités de leurs parents pour réaliser leur rêve (et il n'était pas question qu'ils travaillent pour le ministère comme le voulait leurs parents). Après plusieurs heures d'un vol qui leur fit un bien fou (la liberté leur avait manqué.), ils furent bloqués par un dôme magique a plusieurs kilomètres du champ de tentes qui entouraient le stade avec une foule de sorciers trop pauvres ou pas assez influente pour se procurer des billets. Malgré tout, ils refusèrent les circonstances affectées leur bonne humeur et réunir leurs maigres économies pour acheter à un prix bien trop élevé des multiplettes et une bouteille de bièraubeurre à un revendeur qui oublia de leur demander s'ils avaient l'âge légal pour consommer de l'alcool.

Puis George le défia de le battre à la course. C'était une grossière erreur qu'il allait lui faire regretter. Il fendit alors la foule avec toute la vitesse permise par son antique comete90. Lorsque son frère abandonna finalement la partie et qu'une fille ayant suivi ses exploits aériens l'accosta, il eut l'impression d'être le maître du monde. Son frère s'éloigna comprenant que parfois même les jumeaux avaient besoin d'intimité et il suivit le match collé contre la fille en s'échangeant régulièrement les multiplettes. Fred commençait à se demander si elle ne l'avait pas accosté juste pour pouvoir profiter de ses multiplettes, mais un seul coup d'œil à son magnifique minois le convainquit que cela n'avait pas beaucoup d'importance. Il reporta son attention sur le match qui commençait en avalant une autre gorgée de bièraubeurre, qu'il recracha soudainement. Inquiète sa nouvelle amie lui demanda ce qu'il lui arrivait. Il ne prit pas la peine de lui répondre et parti à la recherche de son frère. Malgré la foule, il ne tarda pas à repérer George qui lui faisait des grands signes de la main.

—Alors Don Juan, elle a finalement compris que c'était moi le plus beau des deux.

—Maman et Papa sont ici.

—Qu'est-ce que tu racontes?

—Regard sous le troisième gradin à gauche. Nous plus à droite. Là, tu vois. Indiqua t'il en guidant le regard de son frère.

—Oh les salauds. Ils sont venus sans nous.

—T'es con ou quoi? Tu crois vraiment qu'ils nous feraient un plan pareil?

Mais avant que George ne puisse répondre, un nuage noir entoura le stade et leur boucha la vue.

oOoOoOo

—Et le poursuiveur s'apprête à tirer, oh! Mais quel dommage, ce cognard ne l'a pas loupé! Mais c'est avec courage qu'il se relève, mais qu'est-ce qu'il se passe? Mais oui, Victor Krum a repéré le vif d'or et ce n'est pas une feinte ce coup-ci. Il va l'attraper et ahhhhhhhhhhhhhh!

Un cri de douleur immense retentit dans le micro. Le présentateur s'était arrêté de commenter le match et criait maintenant à s'en décrocher la mâchoire. Les joueurs continuaient de jouer, mais le public dans les gradins avait cessé de suivre le match. Une explosion retenti alors au-dessus du stade et toutes les lumières magiques s'éteignirent.

Un début de panique commença à s'emparer des gradins. À ce moment-là, Scrimgeour décida qu'il était temps d'en finir avec cette mascarade. Il ordonna à l'arbitre de suspendre le match. Il se ferait sans doute virer par Fudge, mais la seule chose qui lui avait permis de survivre à la première guerre était son instinct et là, il lui hurlait que quelque chose de très grave se tramait.

Il ne fut pas déçu, car avant même que l'arbitre ne puisse siffler la fin du match, une nouvelle explosion déchira en deux les protections du stade dans un bruit de crécelle qui retentit à un kilomètre à la ronde et rendit tous les occupants du lieu sourds pour les prochaines minutes. Un nuage noir descendit alors dans le stade (en blessant les joueurs aux passages). Une fois le nuage dissipé, la marque des ténèbres brillait dans le ciel. Au centre de la pelouse, se trouvait désormais un groupe de mangemorts avec devant eux, un Harry Potter aux yeux rouges et au regard glaçant qui déclara:

—Réjouissez-vous, car Voldemort vous fait le grand honneur d'assister à un événement historique. Aujourd'hui marque le début de mon règne. Inclinez-vous et suppliez ma miséricorde et peut-être vous ferai-je grâce d'un jour de plus à vivre.

—Quoi ? Qu'est-ce qu'il dit ? Je n'entends rien à cause de cette explosion. C'est qui ce nabot? Prononça l'arbitre bulgare en atterrissant pour regarder ce qui se passait.

—N'oublie pas de me rappeler de le pulvériser quand tout sera fini. Demanda Voldemort au mangemort situé à sa droite.

—C'est fini, Tom. Déclara la voix tranquille de Dumbledore.

Quelques secondes après, apparu au milieu du terrain une cinquantaine de membres de lord du Phénix, qui se déployèrent tout autour de lui. Ils furent vite rejoints par une bonne centaine d'aurors menée par Scrimgeour. Cela aurait dû être impossible. Conformément à ses ordres, après qu'il ait utilisé le pouvoir des reliques pour détruire les protections du stade, lui et ses mangemorts avaient créé des barrières anti-transplanage intégralement sous son contrôle. Et Dumbledore ne pouvait pas avoir deviné qu'il attaquerait le lieu le plus protégé et scruté du monde avec ses maigres forces. Mais il ne fut pas surpris. Voldemort soupçonnait depuis longtemps la présence d'un traître dans ses troupes (en même temps il n'avait jamais fait confiance à personne pas même à ses plus fidèle mangemort)

Puis son sang se glaça alors qu'il sentit cette magie terrifiante se déployer autour de lui. Un Avada venait de frapper la cape d'invisibilité dont il se drapait dorénavant en permanence. Comme le voulait la légende, elle était capable d'arrêter la mort en personne. Il fut juste à temps, entouré d'un puisant bouclier de cette magie inhumaine pour stopper la dizaine de sorts qui s'abattirent sur lui juste après que Lucius l'ait visé dans le dos (comme s'il s'agissait d'un signal convenu à l'avance). Il tourna sur lui-même et constata qu'il était encerclé d'ennemis. Les mangemorts qui ne l'avait pas trahi avait été exécuté par surprise par un groupe de traître visiblement mené par celui qu'il considérait comme son bras droit.

Il cacha sa surprise avec un masque d'indifférence, mais ne put réprimer sa colère lorsqu'un vieillard dans une robe violette s'avançait au-devant des combattants. Pourquoi devait-il toujours s'acharner à tout lui prendre? D'abord ses premiers (et seuls) amis et maintenant ses mangemorts.

—Ah, mon cher professeur. Tu es venue assister à mon triomphe. Quelle chance que tu aies pu vivre suffisamment longtemps pour voir ça. Mais malheureusement, ta vie s'achève cette nuit.

Dumbledore ne lui prêta aucune attention et s'avança tranquillement en déployant son pouvoir. L'air se mit à crépiter de magie. La panique qui s'était emparé des gradins s'arrêta et tous tournèrent de nouveau leur regard vers le centre du terrain. Voldemort relâcha sa magie à son tour et le ciel s'assombrit. Dans un choc sourd, sa magie entra en collision avec celle de Dumbledore formant une ligne invisible qui divisait le terrain en deux.

—Pour être honnête Tom, je ne pensais pas que tu serais assez puissant pour passer les protections du stade. C'est très impressionnant. Mais c'était une stupidité de venir ici, Tom. Le monde entier a les yeux braqués sur toi. Toi qui avais fait tant d'efforts pour cacher ton retour. Déclara Dumbledore comme s'il parlait d'un projet scolaire, particulièrement ambitieux de son ancien élève.

—J'en avais marre d'être ignoré. Dorénavant, le monde saura qu'il n'existe aucun endroit où m'échapper. Aucune magie assez puissante pour m'arrêter.

—Tom, tu ne pourras pas tous nous faire face. C'est ta dernière chance de prouver que nous avions tort à ton sujet. Que j'avais tort. Libère Harry et je te promets …

Mais Voldemort l'interrompit par un rire terrifiant. Un rire qui sonnait étrangement faux dans la gorge d'Harry

—Ah! Ah! Ah! Mon cher professeur, essayes-tu vraiment de me faire croire que tu es devenue sentimental en vieillissant? Je sens d'ici ta peur empuantir l'atmosphère. Tu es au courant pour le pouvoir des reliques. Que sais-tu d'elles?

—Rien, mais je sais le plus important. J'ai arpenté cette voie avant toi et j'ai été assez loin pour savoir qu'elle ne peut t'apporter que la sollicitude. Et quel que soit son pouvoir, un homme seul ne pourra jamais accomplir quoi que ce soit qui vaille la peine d'être vécu. Je t'implore une dernière fois: cesse cette folie.

La garde personnelle du ministre bulgare et la moitié de la brigade magique choisirent ce moment-là pour rejoindre le centre du terrain et aider les aurors à encercler Voldemort. Ils avaient profité de cet échange pour rétablir le calme dans le stade et mettre les ministres et la plupart des officiels à l'abri dans une pièce sécurisée sous la tribune d'honneur. Comprenant qu'ils ne pourraient évacuer personne tant que les barrières posées par Voldemort ne seraient pas brisées, ils avaient décidé de rejoindre le centre du stade. Plus d'une centaine de sorciers entraîné au combat avait dorénavant leur baguette braquée sur Voldemort.

—Ah! Ah! Ah! Tu as raison. Même la magie a ses limites. Quels que soient ses pouvoirs, un homme n'a aucune chance face à la force que tu as rassemblée.

À la fin de sa phrase, il appuya sur une télécommande moldu et puis plus rien. Un grand flash de lumière blanche apparut et pendant une microseconde un silence assourdissant se fit entendre. Il n'y avait aucun bruit, mais ce silence raisonnait comme le vacarme le plus fort qu'ils n'aient jamais entendu. En fait le bruit était juste au-delà du concevable pour un cerveau humain.

Puis la température s'éleva à plusieurs milliers de degrés et tous furent vaporisés. Ou presque. Dumbledore déploya toute sa magie et son talent, mais il était totalement dépassé. En une fraction de seconde, il sentit disparaître la présence de ses enfants. L'air était si suffocant qu'il ne parvenait plus à respirer. Il ne sut pas si ce fut à cause de la douleur provoquée par les flammes ou du désespoir, mais il ploya le genou. Puis il sentit s'éteindre Fol-Œil, son compagnon de toujours. Il entendit les voix de tous ses proches disparus qui s'étaient autrefois sacrifiés pour lui et de tous ceux encore bien vivants qui comptaient sur lui résonner et le remplir de détermination. Il se releva avec difficulté pour affronter l'infernal brasier.

À plusieurs kilomètres de là, Fred Weasley fut balayé avec les autres spectateurs clandestins par une onde de choc mortelle et s'évanouit lorsque son corps entra en collision avec quelque chose de mou. Avant que son esprit ne tombe dans le néant, il réussit à lutter suffisamment pour ouvrir les yeux. Il ne sut pas pourquoi un vieux souvenir raisonna en lui. Il s'agissait d'un livre moldu que son père avait trouvé, il ne savait où et qu'il avait montré avec enthousiasme aux jumeaux en cachette de leur mère qui désapprouvait ses recherches :

«—Ces moldus sont tellement inventifs, d'après ce livre, ils ont une superstition disant que s'il se déclare la guerre cela provoquera la fin du monde. Ces chers moldus. Ils appellent ça la destruction mutuelle assurée.»

Racontait Arthur en leur montrant une photo qui ressemblait trait pour trait au nuage en forme de champignon qui s'étendait devant ses yeux.

Puis aussi rapidement qu'il était apparu l'enfer disparu, ne laissant derrière lui qu'un carnage indéfinissable. Rien ne subsistait à l'exception de quelques ruines et d'un rat qui fuyait. Tout était détruit sauf une cape, une baguette et une bague qui luisait d'une lumière verte. La lumière se concentra et du tas de cendre qui entourait les 3 artefact émergeât un bras puis un torse-nu auquel la cape était attachée jusqu'à ce que le visage triomphant du jeune Harry devienne reconnaissable. Puis son sourire se fana. Il adopta un regard fou et cria :

—Impossible!

Dans ce paysage de mort, un orbe doré remplit de craquelure étincelait. Comme si elle avait obéi à un mystérieux signal, elle s'évanouit dévoilant le directeur qui se tenait debout la baguette à la main. Dumbledore regarda le monceau de cadavres qui l'entourait. La plupart des employés du ministère, tous les chefs de département, le ministre en personne, la plupart des aurore, des oubliators et des membres de l'ordre du Phénix. Sur ses conseils, toutes les forces en mesure de s'opposer à Voldemort s'étaient rassemblées dans le stade pour y mourir. Peter l'avait bel et bien trahi pensa Dumbledore.

Son regard se fit dur. Ses yeux étaient ceux d'un homme qui avait tout perdu. Il leva sa baguette. Voldemort tenta de réagir, mais son sang se glaça lorsqu'il comprit qu'il ne pourrait même pas lancer un simple protego avec ce qu'il restait des faibles réserves magiques de son hôte. Ces dernières avaient été totalement anéanties lorsque par orgueil, il avait tenté (sans succès) de résister au souffle de la bombe atomique qu'il avait fait exploser juste aux limites du périmètre des sorts protégeant le stade. Là où les interférences magiques étaient suffisamment faibles pour que la technologie moldue fonctionne de nouveau.

Il était totalement à la merci de Dumbledore. Un simple Stupefix pourrait l'anéantir. Voldemort sentit sa dernière heure arriver. Il ne ressentit aucun regret. Juste de la colère et de l'incompréhension. Malgré tout ce qu'il avait fait, malgré l'aide des 3 reliques, comment Dumbledore pouvait-il encore le surpasser? Comment avait-il pu réussir là où il avait échoué? Lui qui avait repoussé les limites de la magie. Mais avant que le vieux sorcier ne puisse terminer son incantation, il s'évanouit.

Voldemort soupira de soulagement, en voyant les cendres soulevées par sa chute, retomber doucement. Mais sa déception ne diminua pas pour autant. Pour le monde entier, ce jour serait celui de son triomphe. Mais pour lui, il serait à jamais celui où Dumbledore l'avait définitivement surpassé. Il hurla de rage jusqu'à ce qu'il entende au loin le bruit d'un hélicoptère. Il devait partir avant que les secours n'arrivent. Il jeta un dernier regard autour de lui. Au milieu des cendres et des restes carbonisés, se trouvait un corps noir agonisant. Il était impossible de l'identifier, mais Voldemort devait décharger sa colère:

—Lucius, c'était donc toi le traître. Ou plutôt le chef des traîtres. De tous, tu es celui que j'aurais cru le moins susceptible de me trahir. Toi qui m'as servi si fidèlement toutes ces années. Ne t'inquiète pas. Au final, même si j'ai dû servir moi-même d'appât, tes actes m'ont permis de triompher et de prouver mon invincibilité à tous ceux qui envisageraient de suivre tes traces. Je saurais récompenser ta famille comme elle se doit pour tout ce que tu as fait pour moi.

Mais qui que soit cet homme (ou cette femme) il mourut dans un dernier râle extrêmement douloureux avant que Voldemort ne puisse finir sa phrase. Voldemort poussa un dernier soupir de frustration et après s'être assuré que sa réserve de magie s'était suffisamment rechargée, il transplana lorsque des hommes en treillis commencèrent à approcher des lieux.

oOoOoOo

Note de l'auteur: Nous sommes enfin arrivées à l'idée qui m'a donné l'envie d'écrire cette fanfic: Voldemort qui débarque au milieu de la finale de la coupe du monde de Quidditch avec les reliques de la mort pour y faire péter une bombe atomique et détruire en un seul coup la société sorcière. Tout ce qu'il y avait avant a été imaginé en se demandant ce qui pourrait mener à cette situation et tout ce qu'il y a après en se demandant ce qui pourrait en résulter.

Note de l'auteur 2 : Pour beaucoup Voldemort, n'utilise pas de bombe atomique ou d'autre technologie moldu parce qu'il n'est pas fou et ne veut pas régner sur un tas de cendres. Personnellement, je suis en désaccord avec cette interprétation.

Pour moi ce qui rend Voldemort si terrifiant, c'est précisément qu'il serait le genre de cinglé qui serait ravi de voir le monde brûler du moment qu'il pourrait diriger les survivants. Pour moi la seule raison pour laquelle, il n'utilise pas de bombe atomique est tout simplement que comme la majorité des sorciers, il ignore leur existence. Voldemort finit sa septième année à Poudlard en 1944 et après cela, je pense qu'il n'a plus eu aucun contact avec le monde moldu. Or, la première bombe atomique n'a été créée qu'en 1945. Avant, ce n'était qu'une possibilité connue uniquement de quelques chercheurs et fan de science-fiction dont Voldemort ne faisait probablement pas partie. L'accès aux souvenirs d'Harry à corriger ce défaut.

Note de la correctrice: Je suis à la fois d'accord avec Serpentfou, et contre sa supposition. Je pense que tant que Voldemort était Tom Jedusor, jamais l'idée de tout détruire pour régner sur un tas de cendre ne lui serait venu. Mais qu'en revanche, dès la création de son premier horcruxe, il s'est rapproché de cette image. Car à chaque horcruxe, un bout d'âme a manqué au reste, et si on y réfléchit, il perd peu à peu de sa lucidité et de son intelligence, et même de ses émotions. On peut donc en conclure que la fragmentation de l'âme fait tout autant de mal. Au final Nagini avait plus de Voldemort, que Voldemort lui-même.

Brève de presse 1

Quelques minutes plus tard à la télévision :

— Nous interrompons ce programme pour un flash spécial. Il y a environ une heure, une bombe atomique a explosé dans un bois situé à quelques kilomètres de Manchester. Voici des images de l’explosion filmée par une caméra amateur.

Après le message de la présentatrice, une vidéo montrant des enfants en train de fêter un anniversaire sur le toit d’un immeuble commença. Au début, tout se passait bien. Les enfants riaient pendant que les adultes allumaient des bougies sur un gâteau. Tous s’arrêtèrent lorsqu’au loin, un champignon atomique émergea de la forêt. Puis le souffle fit tomber la caméra et la vidéo s’arrêta brusquement.

Pendant la pause, des directives étaient parvenues au studio et avaient été communiquées à la présentatrice. Elle fit alors semblant d’être calme et parfaitement rassurée, conformément aux demandes émanant du gouvernement elle déclara :

— Nous appelons nos concitoyens au calme. Nous ignorons ce qu’il s’est passé, mais les autorités militaires nous affirment que ce n’est pas l’attaque d’un pays ennemi. Il n’y a pas de risque d’explosion dans les autres villes. Néanmoins, par sécurité, le gouvernement a décrété la loi martiale et la fermeture totale des frontières. Si vous vivez dans une grande ville, vous êtes prié de vous rendre avec calme dans le métro, dans une cave ou tout autre abri situé à proximité. Si vous êtes à la campagne ou qu’il n’y a pas d’abris dans les environs, fermez les volets et restez chez vous. Ne tentez pas de fuir. L’explosion a eu lieu au milieu de la campagne. En conséquence, vous éloigner des grands centres urbains ne vous mettra pas à l’abri. Vous ne ferez que diminuer vos protections en cas d’explosion et gêner les secours en encombrant les routes. Tout de suite, notre reporter dans le centre-ville de Manchester.

Le visage d’une fille au milieu d’émeutes urbaines apparut. Au bout de quelques secondes, elle déclara en totale contradiction avec le ton calme de la présentatrice :

— Bonjour Eliza, ici, c’est la panique. Le champignon radioactif était visible par tous et quelques secondes après, tous les appareils électriques se sont éteints. Malgré les démentis des pompiers et du service météo, beaucoup croient les rumeurs prétendant que le nuage radioactif a atteint la ville. Comme vous le voyez derrière moi, le centre-ville est livré au pillage. On me signale que des soldats sont arrivés depuis la base militaire voisine, mais ils sont bloqués par la masse de civil fuyant les lieux pour échapper aux radiations.

— Excusez-moi de vous interrompre, mais un début de panique a commencé à Londres. Nos reporters sont partis sur place pour tenter de…. Non, c’est impossible. Mais on ne peut pas diffuser ça.

— On est en direct Lyse.

— Oui, excusez-moi. De nouvelles images viennent d’arriver dans nos studios et je vous assure qu’elles sont authentiques. Elles ont été tournées en plein centre de Londres à quelques pas de nos studios, par une des caméras de surveillance récemment déployée.

Sur la télé, s’afficha une vidéo d’une foule de gens habillés en robes fuyant un pub bien trop petit pour les contenir tous et une fois arrivé dans la rue se téléporter. Ensuite, la caméra changea d’angle et montra une gigantesque tête de mort apparaître dans le ciel puis se faire recouvrir par un immense nuage de fumée noire qui semblait provenir du néant.

— On nous informe aussi que malgré la canicule qui touche tout le pays, un froid intense s’est emparé d’un quartier très fréquenté de la périphérie de Londres. Les gens qui s’approchent trop s’évanouissent. Ceux qui ont réussi à fuir à temps nous rapportent avoir perdu toute envie de vivre. D’autres ont eu l’impression d’être saisi par une créature invisible et de quitter leur corps. Attendez, on me dit que le centre du phénomène serait un magasin nommé Purge & Pionce dans la rue de la santé. On ignore ce qui s’y passe, mais les victimes se comptent par centaine. La police de la vile demande aux citoyens de s’éloigner le plus possible des lieux et de n’essayer sous aucun prétexte de s’approcher de la zone. Pour l’instant, toutes les équipes de secours envoyées sur place sont tombées évanouies peu de temps après. Y compris une équipe de secouriste munis de protection contre les radiations et de masque à gaz.

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Note de l'auteur : Dans le canon, le stade où se déroule la finale de la coupe du monde de Quidditch se trouve près de Dartmoor. Mais c’est en pleine cambrousse. Il n’y a pas un pékin là-haut. Résultat d’après ce site : https://nuclearsecrecy.com/nukemap/ , y faire péter une bombe atomique n’y ferait qu’un millier de morts.

C’est totalement inacceptable. J’ai une réputation d’auteur sadique à défendre moi. Et puis pensez à la déception de Voldemort. Penser à ses yeux tout tristes en constatant qu’il n’arrive même pas à dépasser les 3000 morts des attentats du 11 septembre. Les mages noirs aussi ont des sentiments.

Réaction

Fred ouvrit doucement les yeux, pour se rendre compte immédiatement que c’était une erreur. Dès qu’il eut bougé ses paupières, il sentit une douleur atroce engloutir tout son visage.

— Greg, viens par ici, il y en a un qui est vivant. Entendit-il une voix hurler au loin.

— Hortense, je suis occupé. Répondit une voix d’homme en colère.

— Mais monsieur, je vous assure que je l’ai vu bouger.

— Hortense comme vous le voyez, je ne suis pas occupé, c’était une façon polie de vous dire de dégager.

Puis quelques secondes plus tard des cris de plus en plus proches se firent entendre.

— Mais lâchez-moi l’oreille, je vous rappelle que je suis votre supérieur.

— Cessez de faire l’enfant et faites votre travail. Je vous préviens la prochaine fois que vous tuez un patient, je vous laisserais vous débrouiller avec la paperasse.

Fred sentit alors un homme se pencher sur lui avec empressement. Le souffle sur son visage lui fit un mal de chien. Il voulait juste qu’il dégage. Puis il sentit la douleur diminuer subitement.

— Gamin, si tu vois une lumière au fond du couloir, n’y va pas, tu risques de tomber et de casser ce qu’il reste de ton nez !

Par réflexe, Fred sourit (et ce coup-ci, il ne ressentit qu’une légère piqûre), puis il sursauta. La réplique lui avait fait penser à son frère et immédiatement, il ressentit un vide immense.

— Mon frère ou est-il ?

— Au vu de la ressemblance, je dirais que c’est le gros tas de barbaque en dessous de vous. Aïe ! Mais c’est lui qui l’a tué, pas moi. Protesta Greg après s’être violement fait frapper l’épaule par son assistante.

Mais Fred n’écouta pas la réplique du crétin qui l’avait soigné. Au prix d’un immense effort, il se retourna et vit le visage de George figé à jamais dans un ultime sourire. Sans la pâleur de son teint et les angles étrange de ses bras, Fred aurait pu croire qu’il dormait paisiblement. Mais dès son réveil Fred avait su que son frère lui avait réservé son ultime blague. George était mort en lui sauvant la vie. Le truc mou qui avait amorti sa chute était le corps de son frère.

Fred ferma délicatement les yeux de George et chercha désespérément quelque chose de drôle à dire. Il savait que George n’aurait pas toléré autre chose pour ses derniers instants. Mais quoi qu’il fasse pour les retenir son visage se couvrit de larme. Le temps des blagues était terminé. Celui des sanglots venait de commencer.

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Fred remarqua à peine qu’on le mena à un campement de tentes improvisées et qu’on lui retira ce qu’il restait de sa robe de sorcier avant de lui ordonner de s’allonger dans un lit de fortune d’où s’élevait une odeur nauséabonde. Il ne retrouva ses esprits que lorsque qu’il vit par hasard son reflet dans un instrument que les médicomages avaient apporté pour tenter d’empêcher un patient recouvert de bandage situé dans le lit à côté du sien de vomir (l’odeur semblait venir de lui). Fred découvrit que son visage était à moitié carbonisé. Il n’avait plus de peine à consacrer à la perte de son apparence, mais cela le ramena doucement à la réalité. Il tenta de se relever, mais en le voyant faire une infirmière le plaqua contre le lit.

— Vous devez rester alité. Vous ne semblez pas atteint par la malédiction, mais votre état...

— Mes parents étaient au stade, je dois aller les aider.

— Jeune homme, il n’y a rien que vous puissiez faire pour eux dans votre état. La zone grouille de militaire moldu en combinaison jaune et les sorciers ne peuvent y accéder. De toute façon, une malédiction enveloppe les lieux. Regardez dans quel état sont les médicomages qui ont tenté de se rendre sur place. Déclara l’infirmière en pointant du doigt son voisin dont des bouts de peau commençaient à se détacher.

Avant que Fred ne puisse comprendre ce qu’impliquaient ses paroles, l’infirmière le força à boire une potion qui le rendit somnolent. Une question terrifiante s’empara alors de lui : Comment allait-il annoncer ça à Ginny ?

Mais la potion finit par être plus forte et il s’endormit sans remarquer qu’un rat extrêmement familier se faufilait entre les lits de l’hôpital de campagne qui s’était naturellement aménagé près du stade, lorsque les médicomages avaient compris que le nombre de mourants était bien trop nombreux pour que Saint-Mangouste puisse les accueillir.

Enfin ça, c’est ce que le médicomages Greg Housser croyait lorsqu’il fonça vers la tente d’Edward Vogler : l’homme qui était chargé par Saint-mangouste (et ce qu’il restait du ministère) d’administrer le camp.

— Laissez-moi passer, je dois le voir immédiatement. J’ai fait passer un examen à fille qui lui a refilé la chaude pisse et elle a le sida. Ordonna Greg Housser à la secrétaire qui tentait de lui bloquer l’entrée de la tente où travaillait Edward Vogler.

— Dr Housser, évidemment. J’aurais dû m’en douter. N’en avez-vous pas marre d’être aussi pathétique ? Répondit Edward Vogler en sortant de la tente avec un air furieux.

— Nous sommes tous pathétiques. C’est ce qui rend la vie intéressante.

— Qu’est-ce que vous voulez encore ? Je vous préviens si vous êtes revenue me parler de votre stupide théorie des rayons moldu, quoi qu’en dise Ombrage, je vous vire du camp. Seule une malédiction peut provoquer des tels dégâts chez des sorciers. Jamais des moldu ne serait capable de …

— Non, j’ai suivi votre conseil et j’ai décidé d’être réaliste. Le temps que vous compreniez ce que sont les radiations tous les patients seront morts. C’est pour ça que je leur ai tous donnée des pastilles d’iode et des potions antibactérienne à large spectre.

— Vous avez fait quoi ? Vous risquez de les tuer.

— Ou de le guérir, franchement, je ne sais pas ce qui est le pire

— Vous mériteriez que je vous envoie croupir à Azkaban.

— Les gens n’ont pas ce qu’ils méritent. Ils obtiennent… ce qu’ils ont. Et personne ne peut y faire quoi que ce soit !

— Ça ne va pas en rester là. Dès demain, je préviendrai la direction de Saint-mangouste et j’obtiendrai votre renvoi.

— Pourquoi attendre ? Vous voyez bien que je suis dangereux et qu’il faut m’arrêter ? Pendant que vous y êtes, vous en profiterez de la liaison par cheminette pour transférer numéros 2 à Saint-mangouste avant que la proximité avec les autres patients irradiés ne le rende stérile. Pas que ce soit une grande perte, mais ces adolescents vous les connaissez, ce sont de tels Drama Queens.

— Les malédictions ne fonctionnent pas comme ça et vous le savez.

— Sauf que ce n’est pas une malédiction. Qu’est-ce qu’il faut donc que je fasse pour que vous demandiez mon renvoi à Sainte-mangouste ? Que je baise votre mère ? Je ne peux pas, je l’ai déjà fait hier.

Vogler poussa un soupir et d’un coup de baguette magique insonorisa la tente puis la braqua sur Housser d’un air menaçant. Celui-ci resta inébranlable et répondit sur un air sarcastique :

— Je vous préviens, je suis très mauvais au lit. En-tout-cas, c’est ce que disait votre père avant-hier.

— Nous avons perdu tout contact avec Saint-mangouste il y a une heure.

— Pardon ?

— Personne ne répond à nos appels par cheminette et tous ceux qui ont tenté de se rendre sur place ne sont jamais revenus. C’est ça la vraie raison pour laquelle on a arrêté d’envoyer les patients à Sainte-mangouste et qu’on a dû monter ce foutu camp.

— Et vous ne me l’aviez pas dit parce que....

— Parce que je n’ai aucune confiance en vous.

— Ce ne m’étonne pas. Moi non plus je ne me fais pas confiance. Mais je comprends encore moins pourquoi vous me le dites maintenant.

— Parce que comme vous l’avez prédit les équipes qui sont parties chercher des survivants sans les tenures ridicules que vous avez volées aux soldats moldus ont été contaminés par la malédiction de Vous-Savez-Qui.

— Ce qui prouve que j’avais raison et que ce n’est pas une malédiction.

— Ce qui prouve une fois de plus que vous avez des accointances avec les mangemorts. L’un d’entre eux vous a indiqué, comment vous protéger de la malédiction. Dites-moi ce que vous savez sur la malédiction et le vrai moyen que vous avez utilisé pour la contrer ?

— Dites-moi, chez vous la connerie, c’est naturel ou vous avez dû vous entraîner pour arriver à ce niveau ? Pour la dernière fois, ce n’est pas une malédiction, mais des radiations. Demandez à n’importe quelle né-moldu.

— Je ne vois pas ce que des non-médicomages pourraient avoir comme avis pertinent sur la nature de cette malédiction !

— Bon, écoutez, lancez-moi le doloris si vous voulez, mais arrêter de débiter autant de stupidité, c’est insupportable. Ça fait trop mal. Et je m’y connais en douleur. Demandez à mes patients.

Les deux hommes s’affrontèrent du regard. Finalement, Edward Vogler déclara ;

— D’accord, je vais faire semblant de vous faire confiance. De toute façon, rien d’autre n’a marché. Si vous arrivez ne serait qu’à soulager leurs douleurs, ce sera un grand pas. Je ne veux pas savoir comment vous vous y prenez, ni d’où viennent vos informations, mais je vous laisse carte blanche pour soigner les patients.

— Votre seigneurie est trop bon. Répondit simplement Greg avant de sortir le plus rapidement possible de la tente, bien déterminé à mettre le pus de distance possible entre lui et Vogler avant qu’il ne change d’avis.

Mais ce dernier le rattrapa.

— Attendez Dr Housser. Il est inutile de vous dire que rien de ce qu’il s’est dit ici ne doit fuiter.

— NE VOUS INQUIÉTEZ PAS, JE NE DIRAIS JAMAIS RIEN POUR VOS HÉMORROÏDES. Cria Housser en sortant de la tente.

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— Madame la Ministre, Potter se trouve au chemin de traverse. Il a lancé un Feudeymon qui est en train de ravager l’allée et il tue tous ceux qui essayent de l’arrêter. Les gens meurent par dizaine, il faut (….)

— Madame, une armée de détraqueur assiège Saint-mangouste, (…)

— Madame, le chemin de traverse est plus urgent, le feu s’étend et le nuage de fumée est déjà visible coté moldu.

— Madame, nous ne sommes pas parvenus à stopper les soldats moldus, ils arrivent en masse sur le site du stade et nous n’avons pas pu évacuer les blessés. Il faut que vous contactiez le ministre moldu de toute urgence pour lui demander de rappeler ses hommes et de nous aider à créer un périmètre d’exclusion.

— Madame, les employés qui sont revenus du stade se sont mis à vomir et (..)

— Que devons-nous dire aux familles des victimes ?

— Et s’il attaque le ministère ?

— Stop, je ne suis pas ministre. Hurla Ombrage a tous ceux qui, depuis une heure, assaillaient son bureau de sous-secrétaire où elle était censée assurer une permanence tranquille pendant que la moitié des sorciers du pays et les 3 quarts des employés du ministère assistaient à la finale de la coupe du monde de Quidditch.

— C’est vous la plus haute gradée.

La femme au visage de crapaud continua de hurler :

— Ha !!!! Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Comment voulez-vous que l’on cache une explosion pareille ? Comment voulez-vous qu’on l’affronte ? Presque tous nos aurors sont morts dans ce maudit stade. Et la plupart de nos oubliators sont à saint-mangouste ou dans le hall du ministère à vomir du sang à cause d’une malédiction inconnue. On ignore totalement comment il a pu lancer un sort d’explosion si puissant, quand est-ce qu’il va recommencer, ou la nature de la malédiction qui rend malade tous les gens aux alentours. Et la moitié des employés du ministère qui n’étaient pas au stade sont injoignables et ont probablement pris la poudre d’escampette. Voilà, j’espère que j’ai bien résumé la situation parce que moi, c’est tout ce que je peux faire.

— Madame ombrage ?

— Désolé, j’ai craqué pendant quelques minutes. Se reprit immédiatement Ombrage. Après avoir repris sa respiration et s’être recoiffé, elle enchaîna :

— Mais je ne rentrerais pas dans les livres d’histoire comme la ministre qui a cédé face à un sang-mêlé de 14 ans. Ou quoi qu’il puisse être. Perkins, envoyez un message à tous les retraités du ministère. Dites-leur qu’ils sont mobilisés et doivent se rendre à Poudlard le plus vite possible. Malfalda, envoyez un courrier à McGonagall pour la prévenir que nous avons retrouvé Dumbledore grièvement blessé. Faites-lui comprendre poliment, que si elle veut le récupérer elle doit nous laisser réquisitionner le château. Juliette, allez lancer un Feudeymon dans le département des mystères. Je veux que tout soit détruit dans 30 minutes. Emportez juste les comptes rendus de recherche les plus importants. Steven, faites de même dans les registres du département de gestion des créatures magiques. Nous ne pouvons pas le laisser mettre la main sur les adresses de ces bêtes à moitié humaines. Cette sale race nous trahira immédiatement. Tous les autres, organisez le déménagement de tous nos hommes et matériel vers Poudlard. Vous avez trois heures.

— Nous abandonnons le ministère ?

— Voyez-vous une autre solution ? Comment voulez-vous qu’on le défende avec le peu de troupe qu’il nous reste ? Peut-être préférez-vous attendre ici qu’il vienne tous nous massacrer ?

— Et le chemin de traverse ? Demanda un employé.

— Et Saint-Mangouste ? Demanda un autre.

— Pour le moment, nous ne faisons rien. Nous nous replions dans une forteresse d’où nous planifierons une contre-offensive avec l’aide de nos partenaires étrangers. Répondit Ombrage.

— Jamais ils ne nous aideront. Vous savez bien que les communautés sorcières ont pour principe de ne pas se mêler des affaires internes des autres. Surtout lorsqu’elles n’ont rien à y gagner.

— La situation a changé. Envoyez un courrier urgent à Genève pour convoquer une réunion exceptionnelle de la Confédération internationale des sorciers. Ils devront au minimum intervenir pour garantir le maintien du secret magique à notre place. D’ailleurs, envoyez un auror née-moldu protéger le Premier ministre moldu et lui expliquer ce qu’il se passe. Choisissez-le bien, il devra tenir son rôle et conseiller le Premier ministre moldu, même si les communications sont coupées avec le reste du ministère.

— Madame, en dehors de ceux qui sécurisent votre bureau, nous n’avons plus d’aurors. Tous sont morts dans le stade ou en tentant de protéger Saint mangouste ou en ...

— Envoyer un retraité ou un élève-auror. Ou la cousine d’un auror qui travaille dans un autre service, mais débrouillez-vous pour me trouver quelqu’un capable de lancer un Expelliarmus. Sinon vous irez vous-même.

Il déglutit. Quelques heures auparavant, il était le chef de l’équipe d’entretien du bureau des oubliators et il préférait jouir de sa promotion express entre les murs protecteurs de Poudlard. (Note de l’auteur : en clair, il était homme de ménage dans un commissariat et maintenant, il est ministre de l’Intérieur)

— Oui Madame. Avez-vous conscience, que perdre l’accès au chemin de traverse signifie également perdre l’accès à nos coffres à Gringotts ? Nous ne pourrons plus payer les salaires ou nos fournisseurs.

— Nous n’avons pas d’autre choix que de faire confiance à ces sales bestioles pour garder notre or en sécurité pendant notre absence. Pour une fois que leur maudite obsession pour le secret bancaire et le respect des dépôts peuvent avoir une utilité. En attendant, pour payer nos fournisseurs étrangers, nous demanderont une ligne de crédit gagé sur le contenu de nos coffres à Londres aux filiales étrangères de Gringotts. Ils vont demander un intérêt exorbitant, mais nous n’avons pas le choix. Quant aux salaires et aux fournisseurs internes nous les forceront à accepter des reconnaissances de dettes à taux zéro. Ceux qui refuseront se passeront de notre protection en cas d’attaque de Potter.

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À Madame Ombrage

Je vous prie de reconsidérer ma demande de sanction contre le médicomages Greg Housser. La liste jointe à cette lettre n’est qu’un échantillon des nombreux actes d’insubordination qu’il a commis en moins d’une journée.

De plus étant donné les circonstances, un médicomages avec sa longue histoire de compromission avec l’ennemi ne devait pas être autorisé à s’approcher d’un site aussi sensible. Dois-je vous rappeler l’identité du patient que nous accueillons dans notre unité sécurisée ?

Connaissant votre remarquable appétence pour l’ordre, je ne doute pas qu’après avoir pris connaissance de son inqualifiable comportement, vous reconsidérerez votre décision dans le garder dans ses fonctions. Dans le cas contraire, je me verrais contraint de démissionner.

Directeur Edward Volger

Chef de service du département des gestions des cellules de crise du ministère

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Monsieur Edward Volger

Il me faut un trait de plume pour faire un chef de service et 20 ans pour obtenir un médecin comme Housser. Il reste, vous partez.

PS : Ne vous avisez plus jamais de me dire ce que je dois faire.

Ombrage

Ministre de la magie

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Note de l’auteur : Greg Housser et ses répliques sont bien entendu inspirés de Dr House. Par contre d’après la légende celle d’Ombrage (dans sa lettre) vient de Napoléon.

Note de la correctrice : Et c’est la seconde fois que j’apprécie Ombrage de toute ma vie. La première étant dans la saga monstrueuse des aventures d’Hermione par Link9.

Après une dure journée de travail ça fait du bien de rentrer chez soi

Note de l'auteur : Ce très court chapitre contient un passage très-très choquant. J'invite les personnes sensibles aux violences sexuelles à sauter ce passage. Un résumé se trouvera en début du chapitre suivant pour que vous ne soyez pas perdu.

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Draco Malfoy se frottait nerveusement les mains en regardant sa mère passer d’un extrême à l’autre. Il n’avait jamais vu sa mère aussi bouleversée. En fait, c’était la première fois qu’il voyait transparaître une émotion sur le doux visage de la froide princesse de Serpentard. Elle ne cessait de faire les cent pas nerveusement, en insultant tous les serviteurs qui passaient à sa portée (ou même lui s’il s’avisait de bouger trop brusquement). Ce n’est pas comme ça que Draco s’imaginait son retour tant attendu au manoir Malfoy.

Négligemment, Draco tenta de passer sa déception en donnant un violent coup de pied à un elfe de maison qui passait à sa portée. Mais le seul effet de cet accès de violence, fut d’accroître sa frustration lorsque sous la surprise l’elfe fit tomber le plateau de macaron dont il avait exprimé l’envie à voix haute quelques minutes plus tôt. Pourtant, depuis aussi, longtemps qu’il s’en souvenait, malmener le petit personnel avait toujours été une source de satisfaction (et un des rares moyens d’obtenir l’approbation de son père). Il faut croire qu’aujourd’hui ses problèmes étaient trop grave. Ou qu’il était devenu trop vieux pour se satisfaire de ses plaisirs simples.

Sans réfléchir, il commença à ramasser les macarons par terre puis sous le regard furieux de sa mère il cessa tout net. Une fois de plus, il maudit Nott senior et les humiliations qu’il avait dû subir à cause de lui. Il n’arrivait toujours pas à croire qu’il ait osé le priver de nourriture. Lui un Malfoy. Et tout ça uniquement parce qu’il n’arrivait pas à suivre ses stupides entraînements. Mais cet inconfort avait été mineur face à la peur qu’il avait ressentie lorsque sous la colère il avait craché à la gueule du patriarche des Nott que sa femme avait eu bien raison de se suicider pour ne plus avoir à le supporter. Après cet épisode à sa grande honte, il se mit à obéir sans discuter même aux consignes les plus absurdes du chef de la maison Nott. Il n’osa même pas demander la raison de la soudaine disparition de Nott junior. De toute façon, la compagnie du fils Nott n’était guère plus agréable que celle de son père et en conséquence ne lui manquait pas vraiment.

Lorsque ce matin son père était venu le sortir de cet enfer, il ne savait pas s’il devait le remercier à genoux ou le rouer de coups pour l’avoir abandonné là en premier lieu. À la place, il avait choisi de bouder dignement en envoyant à intervalles réguliers des regards noirs à son père. Il s’était attendu à se faire vertement réprimander pour un tel manque de respect, puis à ce que son père lui demande la raison de son attitude. Lors des rares moments de répit que lui laissait Nott senior, Draco avait rêvé de ce moment où il pourrait dénoncer tous les sévices que l’homme lui avait fait subir. Il était sûr que dès que son père serait au courant, il prendrait son parti et ferait en sorte qu’aucun membre de cette famille n’ose ne serait-ce que mal regarder un Malfoy pendant les 5 prochaines générations.

Cependant c’est à peine si son père avait semblé le remarquer. Peut-être que lui aussi le prenait pour un faible indigne de son sang ? C’en était trop pour Draco. Dès qu’ils furent arrivés au manoir Malfoy, il insulta son père et courut s’enfermer dans sa suite. Draco savait que c’était un comportement totalement indigne d’un sang pur. Ses parents lui avaient suffisamment répété durant sa petite enfance que ce genre de comportement puéril n’était ni tolérable ni toléré. Cependant, le mélange de colère et de tristesse combiné à la frustration qu’il avait accumulée durant la dernière semaine ne lui avait pas laissé d’autre alternative.

Quelques minutes plus tard, son père avait toqué à sa porte, mais il avait refusé de lui ouvrir et Lucius n’avait pas insisté. Apparemment, il ne pouvait pas attendre et était parti précipitamment en disant d’une voix calme d’où perçait la menace qu’il n’avait pas le temps pour ses enfantillages et qu’il verrait à son retour. En réponse Draco avait crié qu’il le détestait, mais son père avait déjà tourné les talons. Il passa l’heure suivante à réduire en cendres tout ce qui se trouvait à sa portée (et notamment au malheureux elfe qui tenta de le raisonner) à l’aide des sorts que lui avait appris Nott senior (plus que jamais il bénissait le privilège de pouvoir ignorer la trace durant ses étés au sein du manoir Malfoy).

Une fois épuisé, il s’assit au milieu des ruines qui constituaient désormais sa suite et réfléchis. Il allait leur montrer à tous qu’il était à la hauteur. Il allait montrer à son père qu’il était digne d’être son héritier. Et cela commençait par se reprendre en main. Il fit appel aux notions d’occlumancie que Nott et son père lui avait inculqué et refoula avec difficulté les violentes émotions qu’il ressentait au fin fond de son esprit afin de se composer un visage neutre. Puis il sortit, bien décidé à confronter son père. Ou le seigneur des ténèbres en personne. Durant ces longues semaines, il avait été sciemment maintenu dans l’ignorance, mais il avait cru comprendre des rares phrases qu’il avait pu arracher à Nott junior que le seigneur des ténèbres était de retour et qu’il avait bien entendu choisi de loger dans leur demeure (une preuve de plus aux yeux de Draco de l’importance de sa famille). Le seigneur des ténèbres lui, saurait voir quel être exceptionnel il était. Draco imaginait déjà, la fierté de son père lorsque le maître ne tarirait pas d’éloges sur sa dévotion à leur cause et sur la fierté qu’il aurait à l’accueillir parmi ses mangemorts, lorsqu’il serait enfin suffisamment grand.

Mais tout ce qu’il trouva fut sa mère morte d’inquiétude. Lucius n’était jamais rentré en retard à la maison. Pas depuis 14 ans. Sans laisser à Draco le temps de s’exprimer, elle lui ordonna de s’asseoir et d’attendre à côté d’elle. Très vite, que ce soit à cause de l’ennui ou de la frugalité du déjeuner chez les Nott son ventre avait commencé à gargouiller. Conformément aux convenances, ils étaient alors passés à table. Ou plutôt il était passé à table. Malgré la magnificence des plats qui lui était présenté, Narcissa avait à peine touché à son assiette et s’était contenté de regarder Draco manger au silence avec un curieux regard.

Ce n’est que tard dans la soirée qu’enfin, ils sentirent les protections du manoir frémir. Le maître des lieux était arrivé. Dans un bruit sourd les portes du salon d’apparat où ils patientaient s’ouvrirent brusquement et Harry Potter s’avança d’un pas conquérant. Le premier réflexe de Draco fut de se scandaliser. Comment ce traître à son sang osait-il pénétrer avec tant d’arrogance en leur demeure ? Mais les mots moururent dans sa bouche lorsque sa mère le prit dans ses bras. En cachette, sa mère s’était occasionnellement laissé aller à de telles effusions, mais jamais elle ne l’avait serré aussi férocement. Lorsqu’elle se mit à l’embrasser frénétiquement en lui disant qu’elle l’aimait, Draco se mit à avoir peur.

Harry s’exclama alors avec un grand sourire sadique accroché aux lèvres :

— Ah quelle belle journée.

Dans le silence inquiétant qui s’abattit sur le manoir, il retira ses chaussures et s’assit le fauteuil massif ressemblant à un trône qui était réservé au maître de maison. Draco était rempli d’incompréhensions devant une telle outrecuidance, mais ses protestations moururent lorsqu’il croisa les yeux rouges remplis de haine. Il dut rapidement baisser les yeux pour éviter que ses barrières occlumantiques ne volent en éclats sous la seule pression maléfique qui s’en dégageait. Harry, lui, ne sembla même pas remarquer sa présence et ordonna :

— Femme, va me chercher un thé. Et toi, misérable avorton, va nettoyer mes chaussures. Je les veux comme neuves demain matin. Ordonna-t-il en pointant Draco du doigt.

— Seigneur. Où est Lucius ? Demanda désespérément Narcissa, pendant que son fils restait mué d’incompréhension.

— Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié. J’ai découvert que c’était un traître. Mais réjouis-toi, je l’ai tué.

Immédiatement, Narcissa s’écroula en pleurs, pendant que Draco clignait des yeux d’incompréhension. Son père ne pouvait pas être mort. Pas alors que leur dernier échange avait été des insultes. Cependant la réaction de sa mère ne laissait planer aucun doute. Visiblement agacé par cette débauche d’émotions, Voldemort se leva et se mit à caresser le visage de Narcissa. Puis sous les yeux horrifiés de Draco avec son autre main, il saisit fermement l’un des seins de la sorcière.

— Allons, ne pleure pas Narcissa. Sa traîtrise n’entache pas l’estime que j’ai pour toi. Je t’ai dit de ne pas pleurer. Endoloris !

Elle se tordit de douleur pendant plusieurs minutes. Le cerveau de Draco n’arrivait pas à comprendre la scène à laquelle il assistait. Par réflexe, il adopta l’attitude de froide indifférence que son éducation l'avait conditionné à feindre en public. Son regard resta fixé sur les événements sans qu'il ne puisse détourner les yeux.

— Tu devrais plutôt penser à comment servir ton maître de façon à me faire oublier les actes de ton cher mari.

Voldemort fit un gros effort pour repousser la répugnance qu’il ressentait en touchant un autre être humain et commença à retirer le soutien-gorge de Narcissa. Elle fit mine de résister puis il murmura :

— Tu ne voudrais pas qu’il arrive quelque chose à Draco, n’est-ce pas ? Après tout, tel père, tel fils.

Sous le regard impuissant de son fils, elle se laissa faire. Sur le moment, elle ne ressentit rien. Elle se sentit comme coupée de ses propres émotions. C’était à peine si elle comprenait ce qui se passait. Après ce qui lui sembla être un temps infime, les brutaux va et viens s’arrêtèrent et elle sentit un liquide chaud couler entre ses cuisses. Puis elle fut brutalement jetée par terre, comme si elle n’était qu’un simple objet. Pendant que des larmes se mettaient à couler le long des joues de Narcissa, Voldemort partit, le sourire aux lèvres.

Narcissa ne le savait pas, mais il lui avait fait un grand honneur. Pensa Voldemort. Elle était la première avec qui il s’abaissait à un acte aussi bestial. Néanmoins malgré son dégoût, il se devait de tenir la promesse qu’il avait faite au cadavre agonisant de son ex-bras droit. Il avait bien entendu pensé à les tuer, mais la mort était une punition bien trop douce. Il veillerait personnellement à ce que la précieuse famille de Lucius souffre très longtemps. Et lorsqu’ils auraient perdu tout espoir, là, ils les tueraient. Leur sort servira d’avertissements aux prochains qui envisageraient de le trahir. Quel que soit son rang ou son utilité tous devaient apprendre à craindre Lord Voldemort.

Ce soir-là, alors que la plupart des familles d’Angleterre passaient une nuit blanche dans l’attente des nouvelles de leur proche et la terreur d’une nouvelle attaque, Voldemort s’endormit le sourire aux lèvres. Tout se déroulait selon ses plans. Enfin presque. Il n’aurait jamais imaginé que le traître soit Lucius ou que Dumbledore puisse survivre à son piège. Cependant, tout rentrerait bientôt dans l’ordre. Le citronné avait finalement atteint ses limites et sans son précieux ordre, il ne pourrait rien faire contre lui. Et lorsqu’il l’aura enfin vaincu, plus personne ne le regarderait de haut.

Draco quant à lui s’endormit le cœur plein d’un sentiment nouveau. Pour la première fois de sa vie, il savait ce qu’était vraiment la haine et l’envie de vengeance.

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Note de l’auteur : Dès sa version initiale, ce chapitre était dur, mais dans sa version réécrite, je le trouve horrible. Au point que j’ai hésité à le conserver.

À la base ce chapitre et celui où il torture Nott junior étaient les seuls où Voldemort apparaissait. Tous les autres parlaient de la situation dans le monde et des actions de la bande à Nott et Draco. À la base, ce chapitre avait pour fonction de montrer de manière très rapide la psychologie de Voldemort et à quel point c’est un monstre. Et dedans, on ne s’attardait pas sur ce que ressentaient les personnages. À l’origine dans ce chapitre (et dans les autres), je décrivais juste ce qui se passait sans m’attarder sur ce que pensaient les personnages. Mais par souci d’homogénéité lorsque j’ai modifié les autres chapitres, j’ai également dû modifier celui-ci. Mais en me relisant, j’ai trouvé le résultat inutilement choquant.

Je me suis alors demandé si je ne devrais pas supprimer cette péripétie. Mais j’ai finalement décidé de la garder, car sans elle, difficile d’expliquer la survie des Malfoy et les actes de Draco dans les chapitres suivants. En un mot, cela aurait demandé de trop modifier l’histoire.

J’espère que ce chapitre ne vous aura pas déplu et vous promet que c’est le dernier aussi choquant. Voldemort va continuer à être horrible (et pas qu’un peu), mais mon écriture le sera moins. Ce qui ne veut pas dire non plus que les prochains chapitres seront tous joyeux. (loin de là)

Une nuit paisible

Note de l'auteur : Dans le chapitre précédent, Voldemort rentre au manoir Malfoy et annonce à Narcissa et Draco qu’il vient de tuer Lucius. Puis il force Narcissa à avoir des relations sexuelles avec lui en menaçant de s'en prendre à Draco si elle refuse. Ce qui intéresse Voldemort ce n'est pas la relation sexuelle (au contraire, toucher un autre être humain le dégoûte), mais le fait de dominer/humilier/punir les Malfoy. En réaction, Draco se promet de venger sa mère.

oOoOoOo

Il était plus de minuit lorsque Peter réussi enfin à s’introduire dans la tente bardée de sort de protection de haut niveau et flanqué de pas moins de quatre gardes situés au centre du camp que l’équipe de secours avait improvisé aux abords du stade. Le calme qui régnait à l’intérieur de la tente saisit Peter qui sortait tout juste du brouhaha frénétique qui animait l’extérieur malgré l’heure tardive. À l’intérieur, à peine y entendait-on le bruissement régulier de quelques mystérieux appareils en argent. La baguette levée, Peter s’avança d’un pas faussement confiant vers le lit au centre de la pièce. Aucune source de lumière n’était présente, mais au fur et à mesure qu’il se rapprochait du phénix qui était perché au-dessus du lit avec un regard triste, il lui semblait y voir comme en plein jour. En conséquence, il ne put manquer sa cible. Au centre de la pièce, le dos relevé par une dizaine de coussins, se tenait Dumbledore :

— Kof ! Kof ! Si vous avez d’autres messages de la part de Voldemort, je ... Heurf ! Kof ! Kof !.. Je crains que vous arriviez légèrement trop tard. Heurf ! Kof ! Kof !Kof !

Peter resta paralysé de terreur. En écoutant les rumeurs au sein du camp, il s’était attendu à le trouver diminué. Mais rien n’aurait pu le préparer à l’état lamentable dans lequel il trouva Dumbledore. Sa longue barbe si caractéristique avait disparue en même temps que ses cheveux et à certains endroits sa peau semblait s’arracher par paquet. Mais ce qui avait vraiment effrayé Peter serait passé inaperçus aux yeux de n’importe quel médicomage. Pour la première fois, le regard de Dumbledore ne dégageait rien de particulier. Pas de malice, pas d’impression que son âme était passée au rayon x ou qu’une puissance phénoménale allait vous écraser. Juste un malade sur le point de partir. Ça ne pouvait pas être Dumbledore. Il y avait eu une erreur quelque part.

— Par contre si vous êtes venue pour me tuer, vous arrivez juste à temps. Parvint à rajouter Dumbledore lorsque sa toux lui laissa un peu de répit.

Le ton calme de l’évidence avec lequel il avait prononcé cette sentence réveilla Peter. Il n’avait plus de doute sur l’identité du malade. Il ne connaissait pas beaucoup d’hommes capables de prononcer une phrase aussi terrible sans la moindre trace de peur dans la voix.

— Ne dites pas des choses comme ça. Vous allez vous en sortir. J’ai entendu les médicomages dire qu’ils avaient trouvé un remède à la malédiction. Mentit nerveusement Peter en commençant à rafraîchir les oreillers pour cacher le tremblement de ses mains et en mettant au premier plan de son esprit son souvenir de la dispute entre deux médicomages au sujet de l’iode auquel il avait assisté à chaque fois qu’il croisait le regard de Dumbledore. Mais il perdit rapidement espoir de ressentir un esprit défier ses barrières occlumantiques. À la place entre deux quintes de toux, Dumbledore se mit à pleurer en murmurant d’une petite vois suppliante :

— Non, pitié, j’en peux plus. Je veux arrêter. Je veux partir.

— Ne dites pas ça. Vous n’allez pas laisser une petite malédiction vous abattre. Vous êtes le plus grand sorcier de tous les temps. On a besoin de vous.

— Je peux plus. J’ai essayé. Je suis trop vieux. Ils me manquent tant.

Peter voulut encore répliquer, mais ses protestations moururent dans sa bouche lorsque Dumbledore saisit sa main. Malgré sa faiblesse, il mit toute l’énergie qui lui restait dans le maintien de ce simple contact. Peter la serra et il sembla se détendre.

— Vous voulez que j’appelle quelqu’un. Peter chercha le nom d’un proche de Dumbledore. Mais il se rendit compte qu’il n’en connaissait aucun. Par dépit, il lâcha :

— McGonagall peut-être.

— Non s’il vous plaît, restez. Je ne veux pas être seul. Supplia le vieil homme entre deux quintes de toux.

Peter lui teint la main en silence durant ce qui lui sembla une éternité. Le regardant devenir de plus en plus faible au fur et à mesure que la nuit laissait place aux pâles rayons de l’aube. C’est ce moment que choisirent les appareils en argent disposé autour de son lit pour commencer à biper frénétiquement. Peter retira prestement sa main. Ce boucan n’allait pas tarder à rameuter les gardes ou les médicomages et il fallait à tout prix que personne ne le trouve ici.

Mais Dumbledore utilisa ses dernières forces pour lui faire signe d’approcher. Nerveusement, Peter colla son oreille contre son visage et l’écouta murmurer :

— Vous ne devez pas faire les mêmes erreurs que moi. Je vous en conjure, vous devez essayer de sauver Harry. Le pouvoir que le seigneur des ténèbres ignore, c’est l’amour. C’est ça la solution. Je vous en prie sauvez le et dite lui que je suis désolé.

— Vous avez décidé de me faire confiance finalement ? Pourquoi ?

— À cause de… Kof ! Kof ! Des informations f...Kof ! Kof ! À cause de Nott. Pourquoi est-ce que vous avez trahi les mangemorts ?

— À cause de Nott ?

Sur ce dernier échange sibyllin, Dumbledore sourit une dernière fois, puis il s’affaissa complètement contre les oreillers, en paix pour la première fois depuis des décennies. Fumseck commença à chanter et le volume sonore généré par les appareils quintupla. Peter se retransforma juste avant qu’une horde de médicomages ne pénètrent dans la tente. Il s’enfuit pendant que le plus vieux des médicomages demandait l’heure du décès à l’infirmière qui le secondait.

Alors qu’il courait à toute allure dans le camp, la tristesse de Peter se changea en colère.

— La clé, c’est l’amour. Et pourquoi pas la clé, c’est les chocogrenouilles ? Putain de vieux timbré égoïste. Qu’est-ce qu’il veut que je fasse tout seul contre le mage noir le plus puissant de tous les temps ?

Avec aigreur, Peter se dit qu’il devrait peut-être essayer de le servir. Après tout, à chaque fois qu’il choisissait d’aider un des camps, il entraînait sa chute malgré lui. Décidément, il était le pire traître de l’histoire de l’humanité. Même pas capable de trahir correctement.

L’aurore du soleil noir

Timidement, le soleil commença à se lever sur le manoir Malfoy répandant ses rayons et sa chaleur sur les paisibles créatures exotiques que Lucius avait accumulées au fil des ans pour satisfaire les divers caprices de son fils. Celles-ci se levèrent ravies de profiter d’une nouvelle journée à déambuler librement dans le magnifique domaine, totalement inconscients des tourments de leur jeune maître qui contemplait le parc en s’entraînant à refouler ses émotions derrière ses boucliers occlumantiques naissant. Il y a une heure, il s’était réveillé en sursaut prenant enfin pleinement conscience de ce qui s’était passé la veille. Son père était mort et son assassin dormait dorénavant dans son lit. Et la dernière chose qu’il lui avait dit, c’était qu’il ne voulait plus jamais le voir. Pourquoi avait-il fallu qu’une fois encore son père accède à son caprice ? Un frisson le parcourut et le poney qui s’ébrouait dans une fontaine s’éloigna en tremblant. Puis Draco commença à ressentir une gêne intense, comme si une odeur extrêmement malodorante s’était répandu dans la pièce. Sauf que sa chambre continuait d’embaumer le parfum lavande du produit d’entretien utilisé par les elfes.

Grâce aux divers récits de guerre que son père lui avait comptés, il comprit que le seigneur des ténèbres venait de se lever et qu’il n’était pas content. Il dut se rendre à l’évidence : Nott senior avait raison. Il n’était qu’un enfant faible et lâche totalement incapable de faire face à ses responsabilités de chef de la maison Malfoy. Il lui fallait à tout prix trouver un moyen d’éviter de devoir faire face au propriétaire de cette aura si sombre et intense qu’elle parvenait à ternir l’éclat du soleil naissant. Seulement maintenant que son père n’était plus là, Draco avait peu d’espoir que le monde continue de se soumettre à ses envies.

Voldemort quant à lui, examinait le visage mi-terrifié mi-résigné du mangemort qu’il avait eu la surprise de découvrir agenouillé au pied de son lit, lors de son réveil, quelques secondes plus tôt. Voldemort comprit que l’homme n’était pas une menace et baissa sa baguette tout en calmant sa magie. Ou plutôt la piètre magie de son hôte et celle quasi-infinie des reliques qu’il parvenait à invoquer quasiment par réflexe maintenant.

— Que fais-tu la Peter ? Comment as-tu passé les protections ?

— Quelles protections mon seigneur ? Demanda le rat avec un air craintif.

Voldemort examina les sortilèges de protection et les alarmes qu’il avait posées autour de la pièce avant de s’endormir la veille. Tous étaient intacts. Voldemort compris alors qu’il n’avait pas pensé à se protéger de l’animagus et se surprit à comprendre que malgré la trahison de Lucius, il lui faisait encore instinctivement confiance (enfin autant que Voldemort était capable de faire confiance à un autre être humain). C’était étrange mais pas immérité, pensa-t-il. Après tout, le rat était le seul de ses mangemorts à lui être resté fidèle et à l’avoir servi lorsqu’il était encore un morceau d’âme réduit à l’impuissance. Dommage ! S’il n’était pas aussi faible et pathétique, il aurait pu avoir de l’estime pour le rat (enfin autant que Voldemort était capable d’en éprouver pour un autre être humain)

— Oublie, c’est sans importance, que fais-tu ici ? N’est-il pas évident que ton seigneur avait besoin de repos après les événements d’hier ?

— Pardonnez-moi, mon seigneur, mais j’ai pensé que vous voudriez savoir sans délai que je venais d’assister à la mort de Dumbledore. Dorénavant, plus rien ne s’opposera à votre toute-puissance.

Une expression d’intense surprise apparut sur le visage juvénile. Pendant quelques instants, il eut l’impression que le fils de James avait refait surface. Mais très vite, une expression de joie sauvage l’effaça.

— Montre-moi. Ordonna Voldemort en commença à pénétrer sans délicatesse dans son esprit.

Une fois que ses yeux rouges semblable à des rayons X ait fini d’examiner son âme, un rire terrifiant s’échappa de sa bouche.

— Tu voulais surtout être le premier à me l’annoncer. Même si j’apprécie ta diligence j’aurais tout aussi bien pu l’apprendre dans la gazette. Enfin, tu as raison, tu n’aurais pas pu me faire plus grand plaisir, mais il serait égoïste de ne réserver cette bonne nouvelle qu’à moi seul. Tend ton bras.

Docilement, Peter révéla sa manche et présenta la marque à son maître. Voldemort la toucha et immédiatement Peter ressenti une intense brûlure. Quelques secondes, plus tard, Voldemort pénétra dans l’immense salle de bal du manoir et tel un roi, fendit la foule nerveuse de ses fidèles qui s’étaient rassemblés en toute hâte en ressentant l’appel (en entraînant Queudver dans son sillage). Tous le regardèrent s’asseoir sur le trône qui avait été installé au centre de la scène réservée normalement aux musiciens et autres distractions qui animait les soirées organisées par les Malfoy en se demandant s’ils survivrait à cette réunion. Tous été dorénavant au courant de la trahison de Lucius et tous redoutaient de faire face à la prévisible colère et aux suspicions qui ne manqueraient pas de s’abattre. Néanmoins, ce fut avec une voix joyeuse (enfin aussi joyeuse que pouvait l’être la vie de Voldemort) qu’il annonça :

— Bien. Je constate avec plaisir qu’aucun d’entre vous n’a eu de difficulté à répondre à cette convocation. Cependant, cela soulève une question. Pourquoi aucun d’entre vous n’a jugé bon de m’avertir de la mort de Dumbledore ?

Immédiatement, un immense brouhaha envahit la salle. Certains affichaient leur soulagement de vivre un jour de plus, d’autre l’espoir que la guerre se termine bientôt par leur victoire, mais tous témoignaient d’une joie intense. Tous sauf une :

— Mon maître, je crains que quelques ambitieux vous ais trompé. Dumbledore est toujours en vie. Déclara Bellatrix avec un regard fou.

Rapidement, elle effectua un mouvement de baguette permettant de déclencher la diffusion de la radio dans la salle que lui avait appris sa sœur Narcissa lors d’une soirée du nouvel an particulièrement arrosée (c’était longtemps avant qu’Azkaban n’ait achevé de la rendre folle). La voix de Dumbledore raisonna alors dans la pièce.

— Je vous suis tous extrêmement reconnaissant de vous être déplacé jusqu’ici. À ce propos, vous êtes sûr qu’aucun de vous ne souhaite un bonbon au citron avant de commencer cette conférence de presse ? Non ! Comme c’est regrettable. Néanmoins, vous avez sans doute raison. L’heure est grave et il s’agit de ne plus perdre de temps. Si je vous ai convoqué aujourd’hui, c’est pour vous annoncer que malgré nos désaccords, j’ai décidé en tant que président du Magenmagot, d’officialiser la nomination de Mademoiselle Ombrage au poste de Ministre de la Magie et de lui confier les pleins pouvoirs….

Queudver, qui s’était naturellement posté au côté de Voldemort, palit considérablement en entendant ce début de discours. Cependant cela ne fit que provoquer un grand éclat de rire mauvais chez Voldemort.

— Lucius avait raison de me vanter les qualités d’Ombrage.

À la mention du nom du traître, toutes les conversations cessèrent et un silence de plomb seulement brisé par le reste du discours composé de phrase creuse appelant la communauté sorcière à se souder derrière son nouveau leader s’abattit sur la salle.

— Mais elle a choisi son camp et toutes ses manigances n'y changeront rien. Dumbledore est mort et avant la fin de la journée, ce pays sera à mes pieds. Bellatrix, à part si tu souhaites suivre les traces de ton beau-frère, je te prierais de ne plus m’importuner avec des informations non vérifiées. Queudver ici présent a de lui-même choisi de sacrifier sa nuit afin de m’apporter cette information de première main. Et bien que son sang soit tout aussi pitoyable que sa personne, sa lignée ne m’a jamais donnée aucune raison de douter de sa loyauté. Peux-tu en dire autant ?

— Mais mon seigneur...

— Suffit. Il s'agit de toute évidence d’une manipulation grossière visant à affirmer la légitimité de ce qu’il reste de ce ministère corrompu et de rassurer la horde de parasites au sang souillé qui comptait sur ce vieil imbécile pour assurer leur protection contre le peuple sorcier qui a choisi de se relever et de restaurer la grandeur de notre nation. Mes chers mangemorts, réjouissez-vous, car l’heure est enfin venue. Aujourd’hui, nous reprenons notre pays. Aujourd’hui, votre roi vous invite à la fête, soyez prêt !

À part Queudver qui se rappelait une séance de cinéma que Pétunia avait imposé à Harry durant l’été qu’il avait passé avec eux sous sa forme de rat, aucun ne sursauta en entendant ce discours et tous acclamèrent leur seigneur. Une demi-heure plus tard, ce fut une armée de mangemorts ayant retrouvé confiance en leur leader qui transplana dans le hall d’accueil du ministère étrangement désert. Sur les ordres de leur maître, ils défilèrent derrière lui, baguette en main, en rang parfaitement aligné pendant qu’il remontait d’un pas conquérant le long hall donnant sur les ascenseurs. D’abord terrifiante et parfaitement ordonnée, leur marche se dispersa jusqu’à devenir assez ridicule lorsqu’il devient évident pour tout le monde que le bâtiment était vide de tout spectateur. Voldemort lui semblait de plus en plus en colère au fur et à mesure qu’il pénétrait dans les locaux et qu’il constatait que tout était vide et détruit. Lorsqu’ils arrivèrent finalement au sommet de l’immeuble occupé par les bureaux du ministre de la magie (sans rencontrer la moindre résistance), des vagues de haine pure s’échappèrent de lui.

— Mon seigneur, c’est une grande victoire. Félicitations. Le ministère vous appartient. Tenta de l’amadouer Queudver en comprenant qu’il était le seul qui oserait lui adresser la parole (il était bien un gryffondor, finalement)

— Imbécile. Tu m’as pris pour une agence immobilière ? Que veux-tu que je fasse de locaux vide ? Est-ce qu’un seul d'entre vous sait ce qu’il se passe ?

Bellatrix vit dans le silence de Queudver une opportunité de reprendre sa place de favorite mise à mal par le comportement inqualifiable de Lucius.

— Mon seigneur, Ombrage a ordonné le déménagement du ministère à l’intérieur de Poudlard.

— Et tu ne pouvais pas me le dire plus tôt ? Endoloris !

Voldemort laissa Bellatrix prostré au sol et s’assit dans le bureau du ministre. Ce corps si jeune dans ce large fauteuil en bois massif de style victorien clairement destiné à en imposer au visiteur paraissait comiquement hors de propos. Cependant, aucun ne laissa deviner le moindre sourire en le quittant discrètement comprenant que leur chef souhaitait réfléchir en paix. Voldemort quant à lui n’arrivait pas à se calmer, il s’était attendu à pouvoir éliminer ses deniers opposant au sein du gouvernement et convaincre les autres de se soumettre. Ensuite, il aurait placé une marionnette obéissante à la tête du ministère et aurait terminé le travail commencé par Lucius en plaçant au sein de chaque service une taupe fidèle à sa cause afin d’instaurer au cœur du ministère un climat de terreurs et de suspicions qui lui aurait garanti que ses ordres soient suivis à la lettre.

En théorie, il pouvait encore réaliser son plan. Il pouvait rassembler les détraqueurs et les mangemorts et lancé un assaut sur Poudlard. Cependant, ses troupes étaient encore très réduites et Poudlard était une forteresse extrêmement bien protégée. Sans compter qu’Ombrage et ce qui restait de l’ordre (enfin s’il en restait quelque chose) avait eu beaucoup de temps pour préparer leurs défenses. Même avec ses nouveaux pouvoirs, il ne pouvait espérer qu'une victoire à la Pyrrhus s’il attaquait maintenant. Et puis un plan aussi brutal était indigne de l’héritier de Serpentard.

Après quelques instants de réflexion, il arrêta son plan. Ombrage comprenait bientôt qu’elle n’était pas de taille à lutter contre lui.

oOoOoOoOo

Note de l'auteur : Pour ceux qui ne le sauraient pas une 'victoire à la Pyrrhus' est une expression qui désigne une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. L'expression vient du roi de Macédoine : Pyrrhus qui dut battre en retraite après une victoire contre la jeune et trop ambitieuse à son goût république romaine, car ses troupes avaient été trop décimées au cours de la bataille.

Brève de presse 2

— Bonjour, vous êtes sur BBC-one et il est 12h00. À la une de ce journal, bien sûr, les terribles attentats qui ont endeuillé l’Angleterre hier. Un premier bilan fait état de 100 000 morts et de 300 000 bléssés, mais la liste ne fait que s’allonger et ne prend pas en compte le nombre de personnes irradiées. Le ministre de la Santé estime que le nombre de morts pourrait doubler d’ici la fin de la semaine. Tout de suite un reportage de Ludovic Picard au cœur de la ville de Manchester.

Aussitôt, l’image bascula sur un plan aérien de la vile de Manchester.

— Comme vous pouvez le voir le calme est revenu au sein de la ville de Manchester et les évacuations ont pu commencer dans les calmes, malheureusement les hôpitaux de la ville restent débordés par le nombre de personnes arrivant en se plaignant de symptôme lié à un empoisonnement aux radiations. Ici, tous attendent avec impatience l’arrivée des renforts promis par le reste de la Communauté européenne. En attendant, les habitants s’organisent comme ils peuvent et comblent le manque de moyens par de touchants actes de solidarité spontanée comme celui de Jocelyne 85 ans.

L’image d’une vielle dame devant sa maison apparue :

— Oh ben vous savez quand j’ai vu ces pauvres gens qui ont dû fuir leur maison ça m’a fait un choc. Ça m’a rappelé cette fois en 45 ou j’ai dû fuir les judéo-bolchev…

— Oui une bien belle histoire d’une femme vivant sur un mont épargné pour le moment par les radiations qui n’a pas hésité à ouvrir la porte de sa maison aux réfugiés. Dites-moi, vous n’avez pas eu peur d’accueillir des inconnus chez vous ? Coupa le journalisme en commençant à suer.

— Qu’est-ce que vous voulez qu’ils me fassent à mon âge ? Au contraire, ils ne peuvent que me faire que du bien. Vous savez depuis que mon Jules est parti, je me sens seule dans cette grande maison vide. Est-ce que je vous aie déjà parlé de Jules ? il était, ...

— Oui Madame. Vous m’en avez déjà parlé 5 fois, un mot de la fin pour terminer.

— Oui, j’ai encore plein de pièces vides dans ma maison, alors on peut accueillir du monde. Du moment que ce ne sont pas des nègr...

— MERCI MADAME POUR CET INSPIRANT APPEL DU CŒUR. Cria le journaliste pour masquer le reste de la réponse de Jocelyne.

Le reportage prit fin dans un fond au noir puis le plateau du journal télé réapparu.

— Maintenant un petit tour d’horizon des premiers éléments de l’enquête par Anias Vonevequa.

Un autre reportage commençant par des images de siège européen de l’OTAN se lança et une voix féminine commenta :

— Après analyse des ondes sismique et des radionucléides émis durant l’explosion, le porte-parole de l’OTAN affirme qu’il s’agit d’une Topol SS-25. Une bombe soviétique de 800 kilotonnes fabriquées en abondance par l’union soviétique avant 1980. La fédération de Russie avait communiqué le 25 juillet la disparation d’une dizaine de ses ogives, lors de leur transfert vers un centre de démantèlement contrôlé par l’ONU. Bien sûr, la fédération de Russie dément toutes implications dans la tragédie qui a frappé la région de Manchester et propose l’envoi de ses unités spécialisées dans la gestion des risques nucléaires.

Parallèlement, d’autres enquêtes ont été lancés sur les événements de Londres. Dans un communiqué de presse, le maire de Londres, John Major a dénoncé les images de Londres comme un truquage grossier et de très mauvais goût avant d’appeler les Britanniques à rester soudés dans ces moments difficiles. Un gouvernement d’union nationale se réunira demain pour décider des mesures à prendre contre le groupe Al-Qaïda qui est le principal suspect dans l’organisation des attentats du 11 août.

L’image rebascula sur le reporter

— Merci Anias, dans les autres actualités, un incident électrique dans le tunnel de l’Eurostar a provoqué une annulation de tous les trains à destination de Paris. Tout de suite un reportage de Lize-alflraid Courbet

C’est ce matin qu'en arrivant dans la gare internationale de Saint-Pancrass que Patrick a eu une mauvaise surprise :

— Putain, mais il y en a marre d’être pris en otage !

— Vous dites ça parce que vous avez peur que les annulations soient dues aux terroristes ?

— Pire, des grévistes. Je suis français, vous savez, je les connais bien les rouges. Je suis sûr qu’ils ont fait exprès pour que je sois en retard à la réunion de brainstorming destructif. Et après, on s’étonne que ce pays par à vau-l’eau.

— Heureusement tous ne réagissent pas aussi violemment, dite moi monsieur comment faites-vous pour garder votre calme ?

— Oh vous savez moi, je suis encore en vacances alors je prends tout ça avec philosophie. Ce n’est pas grave si je suis en retard. Tant que j’arrive chez moi avant la nuit.

— Vous pensez vraiment trouver un moyen de quitter le pays alors que la grève des conducteurs de Ferry se poursuivent et que les interdictions de vol prises par le gouvernement continuent de bloquer les avions ?

— Vous savez, moi, quand on me dit que c’est sans espoir, je pense aux homards dans l’aquarium du Titanic.

Le reportage s’interrompit et l’image du présentateur réapparu.

— Une bien belle manière de clôturer ce journal. Nous lui souhaitons un bon voyage et à vous tous une bonne journée.

Exode 1

Fred avait beau être parfaitement remis de ses blessures, il resta allongé de manière catatonique sur son lit d’hôpital en fixant le ciel. De toutes façons, les médicomages semblaient avoir plus de problème pour trouver des sacs mortuaires que des lits disponibles. Et quand bien même, ils avaient bien trop de travail pour s’occuper de lui. En effet malgré son état de sidération, Fred avait remarqué la frénésie inexplicable qui semblait s’être emparée du camp depuis quelques heures.

De toute façon, il s’en fichait. En fait depuis son réveil, il se fichait de tout. Même de sa faim pensa-t-il en jetant un coup d’œil au bol de porridge encore intact qu’une soignante avait rapidement déposé devant son lit, ce matin. Pourtant, il sursauta de bonheur lorsque le rideau qui avait été installé pour lui donner un peu d’intimité bascula. Mais son enthousiasme retomba aussitôt. Pendant quelques secondes, il avait eu l’impression que le rouquin qui venait d’entrer était George, mais il ne s’agissait que de Percy. Il aurait dû s’en douter. Jamais son jumeau n’aurait arboré un air aussi sérieux.

— Fred est ce que tu vas bien ?

Il se força à sourire et répondit avec un clin d’œil :

— Plus cancéreux que moi, tumeur.

— Fred ! Comment peux-tu être aussi … Rah ! Maman et papa sont mort et toi tu …

Le visage de Percy était tellement rouge de colère que ses cheveux roux paraissaient bien ternes en comparaison. Comme à chaque fois qu’il faisait une bêtise en sa présence, Percy perdit son temps à balbutier un sermon moralisateur que Fred mit un point d’honneur à ignorer (c’est agréable de constater que certaines choses ne changeraient jamais). À la place, il examina le visage ravagé par les cernes de Percy. Il semblerait qu’il n’ait pas beaucoup dormi la nuit dernière.

— Fred tu m’écoutes ?Demanda subitement Percy, ce qui eut le mérite de sortir Fred de ses pensées.

— Il faut que tu te défasses de la mauvaise habitude de vouloir toujours être écouté. Répondit Fred.

— Évidemment que tu n’écoutes rien. Tu n’écoutes jamais rien. Tu sais quoi ? C’est bien fait ce qui vous est arrivé. Tout ça, c’est de votre faute. Si vous aviez fait ce qu’on vous disait, jamais Ginny n’aurait été en danger et jamais les parents ne se seraient impliqués dans cet ordre à la con. Juste une fois dans votre vie, vous ne pouviez pas obéir aux règles ? Mais non, pour vous, tout un jeu et il faut toujours que vous ne fassiez que ce qu’il vous plaît. Mais ce n’est pas grave, puisque Maman ou cette bonne poire de Percy sont là pour réparer les dégâts. Hé bien Percy, il en a marre !

Pour la première fois après un reproche de Percy, Fred resta silencieux. Il était partagé entre l’envie de lui mettre son poing dans la figure et celle de baisser la tête de honte. Il avait beau être convaincu que les reproches de Percy étaient odieux, ils avaient quand même réactivé sa culpabilité. Fred avait passé une partie de la soirée d’hier à rejouer leur dernière journée ensemble dans sa tête, en se demandant ce qui leur avait pris. Fred savait qu’ils avaient merdé et tous les reproche de Percy ne pourraient pas lui faire s’en vouloir davantage.

Vaincu, il décida de s’effondrer contre ses oreilles en soupirant :

— Qu’est-ce que tu veux ?

— Que tu te comportes en adulte. Au moins jusqu’à ce que j’arrive à te faire quitter le pays à toi et à Ginny. Après, ce sera plus mon problème, mais celui de Bill.

— Et toi ?

— Moi je reste. Ombrage m’a nommé sous-secrétaire d’État à sa place et elle compte sur moi pour …

— Alors moi aussi, je reste. Moi aussi, je peux me battre. On doit venger Maman et papa et …

— Pas question. Tu n’es même pas majeur.

— À un an prés qu’est-ce que ça change ? Si tu crois que je vais me planquer dans tes robes pendant que Vous-savez-qui … ?

— Mais réfléchis un peu avant d’agir comme un idiot ! Qu’est-ce que tu crois être capable de faire face à un mangemort ? Tu n’as même pas été capable d’obtenir ta BUSE en défense contre les forces du mal. Tout ce que tu vas réussir à faire, c’est à te faire tuer.

— Contrairement à toi, je ne suis pas un lâche.

— Et Ginny tu y penses ? Qui c’est qui va s’occuper d’elle quand tu ne seras plus là ? Moi peut-être ? Tu ne trouves pas que c’est toi le lâche de l’abandonner pour partir à l’aventure ? Voyant que ce dernier argument avait fini par atteindre cette tête de mule qu’était son petit frère, Percy enchaîna plus doucement :

— Écoute on a plus le temps pour ça. Ce n’est qu’une question de temps avant que Potter ne parvienne à réparer le service de contrôle des transports magiques. Il faut que je vous emmène toi et Ginny à Poudlard avant qu’il ne prenne le contrôle du réseau de cheminette.

D’un air imposant qu’il avait appris à perfectionner durant les années où il avait tenté d’imposer son autorité de préfet en chef aux autres élèves (malgré les blagues humiliantes que les jumeaux lui faisaient régulièrement subir) Percy aida Fred à se lever et le traîna en pyjama d’hôpital jusqu’à la cheminée la plus proche devant laquelle s’entassaient des dizaines de brancards de patients visiblement en attente de transfert comme eux.

Percy interpella l’un des gardes et lui montra ses papiers. D’un geste agacé, le garde lui dit d’avancer. Sans la moindre honte, Percy passa devant la longue file de patient en plus ou moins bon état et de leurs proches (reconverti en infirmiers pour l’occasion), qui ne se génèrent pas pour lui lancer des regards noirs. Certains osèrent même quelques insultes. Percy n’y prêta aucune attention tant, sa carapace forgée par des années de cohabitation avec les jumeaux était épaisse (c’était un miracle que Pénélope ait réussi à la briser). En revanche pour le dernier représentant du très populaire gang des jumeaux farceur et batteur star de Gryffondor c’était une nouveauté extrêmement désagréable.

— Qu’est-ce que tous ces gens font ici ?

— La même chose que nous. Il essaye d’évacuer avant que l’endroit ne se transforme en champs de bataille. Mais ce ne sera pas le cas. Ombrage a ordonné l’abandon des lieux à Potter et de se concentrer sur la défense de Poudlard et de ses environs. Elle espère ainsi le contraindre à négocier.

— VOUS VOULEZ NÉGOCIER AVEC…. S’indigna Fred.

— Chut, tais-toi ! Ça ne m’enchante pas plus que toi, mais c’est le choix de la ministre de la magie. Expliqua Percy.

— Dumbledore va …

Avec un regard agacé pour l’ignorance de son frère, Percy l’interrompit :

— Dumbledore est mort alors …

— QUOI !?

— Parle moins fort. Tu veux déclencher une panique ou quoi ?

Fred se laissa mener, totalement démoralisé. Comment pourraient-ils faire face à ce monstre sans Dumbledore ?

Il remarqua à peine qu’ils étaient arrivés au terrier où Tante Muriel les accueillit en leur demandant ce qui leur avait pris autant de temps. Après quelque échange de politesse dénué de sincérité, Percy embarqua une Ginny étrangement obéissante et les mena à Poudlard. Par contre une fois à Poudlard rien ne se passa comme Percy ne l’avait espéré. Et ça commença dès son arrivée.

— Monsieur stop ! L’interpella un fonctionnaire qui gardait l’entrée de l’aile de Poudlard qui avait été réservé au logement d’ombrage et de ses plus proches collaborateurs.

— Quoi qu’est-ce qu’il y a ? Est-ce que vous savez qui je suis ? Répondit Percy avec un ton autoritaire qui ne souffrait d’aucune contestation.

— Bien sûr monsieur le secrétaire d’État. D’ailleurs, je ne vous ai pas encore félicité pour votre promotion éclair. J’espère que vous démentirez les rumeurs disant que vous avez eu le poste uniquement parce que vous êtes le seul à être resté travailler à votre bureau plutôt que d’écouter le match à la radio ou d’essayer d’avoir des nouvelles de vos proches. Je suis sûr que vous la devez à vos compétences et non à un mélange de chance et d’autres choses peu avouables. Répondit le fonctionnaire avec morgue en s’inclinant avant de poursuivre d’une voix mielleuse :

Mais vous connaissez le règlement aussi bien que moi et malgré le déménagement, il reste en vigueur. Du moins jusqu’à ce que je reçoive un décret dérogatoire B36. En désignant Fred et Ginny du doigt, il continua en disant d’une voix morne :

En conséquence, j’ai le regret de vous annoncer qu’aucun visiteur ne peut pénétrer dans le département du ministre sans le formulaire A28 complété des 12 signatures de …

— Oui je suis au courant Jensen. Le coupa Percy en sortant de sa veste un formulaire orange recouvert de tant de tampon officiel que le texte en dessous en était devenue illisible. Tenez-le voici. Comme vous pourrez le constater tout est en ord… Pourquoi est-ce que vous pleurez Jensen ?

— Ce n’est rien Monsieur, snrifl. Je… C’est la première fois que j’en vois un. C’est si beau. Est-ce que vous voulez bien me le donner s’il vous plaît ? Répondit d’un d’une voix émue entre deux larmes.

— Heu, oui naturellement.

— Oh ! Merci monsieur. Je le ferais encadrer et je le montrerais à mes petits-enfants lorsque je serais vieux. Répondit le fonctionnaire visiblement bouleversé par tant de générosités.

Pour la première fois de sa vie, Percy se demanda si le ministère n’était pas un peu trop bureaucratique. En-tout-cas, à partir de ce jour et pour la première fois de sa vie la plupart des gens qu’il rencontra lui témoignèrent un authentique respect. La différence avec les fausses politesses mélangées de jalousie et de rancœur qu’on lui adressait habituellement lui sauta aux yeux et à partir de ce jour, il se mit à examiner avec un regard critique ses souvenirs d’adolescence. Notamment ceux qui suivirent l’arrivée des jumeaux à Poudlard.

Cependant, malgré sa nouvelle autorité et ses tentatives les plus retorses, il ne parvient pas à se procurer de portoloin internationaux. En début de matinée, Potter avait lancé un sort bloquant toute sortie du pays autrement qu’avec les portoloins internationaux créés avant l’incantation de sa barrière. En l’apprenant Ombrage avait personnellement réquisitionné les derniers qui leur restait et aucune de ses flatteries ne parvinrent à attendrir son cœur de glace. Et il n’était pas assez stupide (ou désespéré) pour penser que céder à ses avances l’aiderait. Il ferait n’importe quoi pour ne pas avoir à partager avec Fred les minuscules quartiers qui lui avaient été attribués à côté de la chambre d’Ombrage. En lui remettant les clés de ses nouveaux quartiers Ombrage lui avait bien fait comprendre qu’il pouvait venir lui rendre visite à n’importe quelle heure de la nuit sans avoir peur de se faire remarquer… Percy ne voulait pas penser à ce moment et préférait croire qu’il avait imaginé les sous-entendus de la nouvelle ministre de la magie.

Bref tout, mais pas ça. Il ne lui restait plus qu’à espérer que sans George, Fred serait plus supportable. Percy passa ainsi chaque temps libre qu’il parvenait à se dégager à tenter de trouver un travail à Fred. Comme il l’avait dit lui-même, dans la situation actuelle quelle importance qu’il lui manque un an pour être majeur et avoir le droit de travailler ? Et puis surtout, Percy ne voulait pas qu’il prenne l’habitude de ne rien faire et de vivre à ses crochets. Depuis qu’il avait commencé à travailler et à bien gagner sa vie, c’était devenue une crainte prénante chez lui tant, les jumeaux lui semblaient destiner à rester des inadaptés sociaux. Et puis s’il voulait avoir un espoir de retrouver ses affaires en un seul morceau le soir, il valait mieux que Fred ait une occupation durant la journée.

Quant à Ginny, il lui faisait confiance pour ne pas faire de bêtise. Enfin de pas trop grosses. Il aimait sa petite sœur et malgré les circonstances, il espérait bien qu’elle en fasse quelques-unes avant de grandir à vitesse accélérée. Elle avait été la seule à compatir avec lui des mauvaises blagues que lui faisaient les jumeaux.

Ron aussi dans une certaine mesure, mais Ron… De toute manière en grandissant Ron s’était un peu éloigné de ce grand frère trop sérieux à qui les parents confiaient la surveillance de ses petits frères lorsqu’ils devaient s’absenter. Ses parents n’avaient pas les moyens de payer une nounou et ses autres grands frères avaient fui à l’étranger, donc très tôt, il avait dû donner un coup de main à sa mère totalement débordée par les jumeaux pour s’occuper de Ron et Ginny, se rappela Percy avec amertume.

oOoOoOoOoOo

Note de l’auteur : Ce n’est sans doute pas une opinion très populaire, mais même s’ils n’atteignent pas le niveau de cruauté des maraudeurs envers Snape, je trouve que les blagues que les jumeaux font subir à Percy (sans que leurs parents ne puisse intervenir) sont injustes et pas drôle. Pas grand-chose d’extraordinaire entre frères et il est largement sous-entendu que Percy à ses torts, mais justement ce n’est que sous-entendu. On ne voit jamais Percy faire quelque chose de mal avant la 4 iéme année où il se montre un peu trop lèche botte envers son patron (qui en retour ne parvient même pas à se souvenir de son nom). Par contre on voit les jumeaux lui voler ses affaires et l’humilier en public (très légèrement). En retour, Percy ne fait rien de mal aux jumeaux. Il ne tente même pas d’abuser de son pouvoir de préfet pour se venger d’eux. Il continue à les traiter de manière juste (pour ce qu’on en voie).

Pour moi, Percy est un personnage plus positif que les jumeaux. Lui au moins reconnaît ses torts et tente de se racheter.

Note de l’auteur 2 : Au début, je voulais que Fred dise : « Si vous n’avez jamais vu de formulaire A38, comment pouvez-vous savoir que s’en est un ? », dans l’unique but de se foutre de la gueule du fonctionnaire et d’empêcher Percy de prendre la grosse tête et de trop se la jouer daron avec lui. Mais j’aurais eu du mal à poursuivre l’histoire après ça et Fred n’est pas censé être suffisamment bête pour lâcher ce genre de phrase dans ce type de contexte.

Note de la correctrice : À vrai dire, et c’est bien triste, les jumeaux se vengent sur Percy de ce que leur ont fait leurs parents. Tout au long des bouquins, on peut constater qu’ils n’ont pas le droit d’inviter des amis, alors que leurs frères ainés et cadets, oui. On peut voir que ni Molly ni Arthur ne sont capable de les reconnaître séparément, et un exemple flagrant, dans l’ordre du phénix, c’est lorsque Molly félicite Ron d’être préfet, comme tous ses frères avant lui. La réplique de Fred est celle-là « Et nous on est quoi, des voisins de palier ? » En gros, ils se vengent et humilient Percy, ou même Ron, parce que leurs parents ont montré que les jumeaux les décevaient à côté des autres. C’est puéril mais ça vient de plus haut, parce qu’ils n’ont jamais été assez bien pour être des Weasley. Harry est limite plus apprécié des parents Weasley tout au long des livres, et la seule fois où on voit vraiment l’amour des parents pour les jumeaux, c’est à la mort de Fred…

Exode 2

— On ne peut plus attendre, il faut partir. Se plaignit Nott en refermant le rideau de la fenêtre du cottage.

Depuis la finale de la coupe du monde de Quidditch, les sorciers chargés d’assurer leur protection étaient tous partis en mission et n’étaient jamais revenus. Au début, ils ne s’étaient pas inquiétés. Leur cachette disposait de suffisamment de boites de conserves de pâté à la citrouille pour tenir un siège sans ravitaillement (Même si après une semaine à ne manger que ça il aurait tué pour ne serait-ce que voir un autre plat). Puis Nott avait senti les sorts posés par Dumbledore s’affaiblir. Cependant les semaines étaient passées, le début de septembre était arrivé et avec lui, des hommes encagoulés qui venaient régulièrement aux abords de leur demeure. Jusqu’à présent, ils n’avaient pas tenté de franchir le périmètre, mais les informations qui leur étaient parvenues de l’antique poste de radio sorcière du cottage ne le rassuraient pas.

Normalement, Nott n’aurait prêté aucune attention aux crétineries diffusées dans ses bulletins d’information supervisée par le ministère, mais il était évident que quelque chose de grave s’était passé le jour de la coupe du monde. Quoi qu’il se soit passé ce jour-là, cela avait été assez grave pour que la diffusion soit coupée plusieurs jours.

D’abord remplacé par un fond musical ininterrompu puis carrément par du bruit blanc des plus angoissants. Surtout lorsque vous n’aviez pas d’autre distraction que de regarder les réserves de nourritures fondre à vue d’œil.

Brièvement, la diffusion avait repris pour diffuser un appel de Dumbledore à se rassembler à Poudlard. Mais rapidement, la diffusion avait été de nouveau interrompue. Puis 3 jours plus tard, la diffusion avait subitement repris. Nott avait d’abord ressenti du soulagement en entendant la speakerine annoncée d’un air calme qu’avec l’aide de la communauté magique internationale le ministère de la magie anglais avait repris le contrôle du territoire et allait très rapidement ramener l’ordre dans le pays. Pour ensuite paniquer lorsqu’elle annonça avec un air triomphant qu’il n’y avait plus rien à craindre, car dorénavant, Harry Potter en personne assurerait leur protection. Par réflexe, il avait éteint la radio d’un violent coup de poing, et même si le visage du gros moldu devint rouge personne ne lui en teint rigueur (de toute manière il n’aurait pas accepté qu’un moldu critique son comportement).

Les jours qui suivirent le poste se contenta de cracher des récits aussi épiques que fantasmagoriques où Dumbledore, Potter, Malfoy et les autres familles de sang pur mettaient de côté leurs différences pour ensemble combattre le mal qui avait frappé leur pays. Une fois la bataille terminée, le mal avait été repoussé, mais pas vaincu. Les rescapés se rassemblèrent alors derrière celui qui malgré les probabilités avait encore une fois survécu. C’était une écoute très pénible cependant, ils continuèrent à se l’infliger, car les rares fois où les ondes n’étaient pas encombrées de récit à la gloire du nouveau dirigeant et des talents exceptionnels qu’il possédait malgré son jeune âge, ils obtenaient des bribes d’informations sur ce qu’il se passait à l’extérieur. Ce n’était pas une méthode très efficace pour s’informer, mais tant qu’ils se refuseraient à sortir, ils n’en auraient pas de meilleur.

— Le vieux f… Ton directeur a dit qu’on devait rester à l’intérieur. Aie un peu de respect pour tes aînés jeunes homme. Intervint Vernon Dursley afin de mettre un terme aux jérémiades continuelles du garçon.

Il n’arrivait pas à croire que son fils ait pu devenir ami avec une telle graine de voyou. Pourtant, c’était ce qu’avait prétendu cette sorcière aux habits excentriques lorsqu’elle l’avait amené, il y a quelques semaines. À son grand regret, Vernon avait acquis une certaine expérience au fil des ans pour identifier les fauteurs de troubles.

En effet, rares étaient les fils de bonne famille qui postulait pour un travail d’ouvrier à la chaîne dans son usine. Et quand cela arrivait, c’était systématiquement un idéaliste qui au bout de quelques jours retournait supplier papa-maman de lui accorder un piston pour une quelconque administration chargé de le taxer ou de mettre des bâtons dans les roues des honnêtes entrepreneurs comme lui. À la place, il devait se coltiner des drogués, des jeunes en échec scolaire, des ex-taulard, des femmes célibataires, … Bref tous les cas sociaux de la région (et à sa grande honte, quelques sans-papiers).

À force, il avait fini par savoir différencier d’un seul coup d’œil les fouteurs de merde de ceux qui pourraient lui être utile à condition d’être soumis à une discipline de fer (note de l’auteur : vous le sentez le patron de merde adepte du management toxique). Les yeux sont une fenêtre sur l’âme et Vernon était devenu expert dans l’art de décomposer les différentes émotions qui y étaient visibles. Chez la plupart, Vernon y voyait un savant mélange de haine, de résignations et parfois d’espoir. À sa plus grande fierté, malgré les épreuves qu’il avait traversées, le regard de son fils n’avait jamais contenu rien d’autre que de l’amour. Mais celui de ce Théodore Nott était rempli d’une colère qu’il n’avait jamais vue même chez ses employés ayant de lourds casiers judiciaires.

Malgré tous ses avertissements, sa femme avait essayé à de nombreuses reprises de nouer le contact avec l’adolescent perturbé. Elle voulait à tout prix avoir des nouvelles d’Harry et il semblait être le dernier à lui avoir parlé. Au grand désespoir de Vernon, elle croyait encore qu’il serait possible de sauver Harry. Elle était persuadée qu’il s’était passé quelque chose de spécial avant qu’il ne la tire de force de cette maison en flamme. Qu’elle avait établi une sorte de connexion avec l’esprit de leur fils prisonnier. Mais pour Vernon, tout cela n’était que des sottises de bonne femme issus de son instinct maternel trop développé.

C’était pour ce genre de naïveté qu’il l’aimait, mais si elle ne revenait pas rapidement à la réalité elle allait finir par les faire tuer. Quoique parfois, Vernon se demandait si ça ne vaudrait pas mieux. La seule chose qui l’empêchait de s’effondrer en pleurs en pensant à la perte de leurs deux fils était justement qu’il se refusait à y penser. Or, rien ne lui rappelait plus la situation que les tentatives désespérées de Pétunia de sauver leur fils. Elle était persuadée que si elle pouvait trouver un moyen de passer suffisamment de temps avec lui sans qu’il la tue alors elle pourrait le libérer. Les dénégations de Dumbledore ou de tous les sorciers qui s’était succédé pour assurer leur garde n’y avait rien changé.

— Silence moldu, ne parlez pas de ce qui vous dépasse. Répondit Nott avec agacement.

— Théo ! S’insurgea Justin comme à chaque fois qu’il se montrait méprisant envers eux.

Même si Justin trouvait lui aussi les Dursley particulièrement agaçant et qu’il ne comprenait pas l’amour que leur témoignait Harry (surtout avec les soupçons qu’il avait sur la manière dont ils le traitaient), il supportait de moins en moins le comportement de son ami vis-à-vis d’eux. Sans compter qu’il ne cachait pas qu’il était en grande partie motivé par des idées racistes qu’il refusait d’abandonner envers et contre tous.

Justin ne comprenait pas comment quelqu’un d’aussi buté et incapable de dissimulation que Nott avait pu être réparti à Serpentard. Pour le moment, il dut accepter la situation et se résoudre à jouer les médiateurs (ou plutôt le gendarme) entre les Dursley et les deux serpentards. En effet, même si Blaise et les Dursley n’étaient pas aussi inconscients que son ami, régulièrement sans s’en rendre compte, ils lâchaient des remarques désobligeantes qui vexaient immédiatement l’autre camp.

Justin n’arrivait toujours pas à croire qu’il avait réussi à les empêcher de s’étriper. S’il avait été cynique, il aurait attribué ce miracle de la diplomatie au fait qu’en bon serpentard, Blaise préférait parler que se battre. Que depuis que Vernon savait qui étaient les Finch-Fletchley, il avait adopté envers lui un comportement exagérément obséquieux et trouvait toujours un moyen de ramener la conversation sur la qualité des perceuses sortant de son usine et à quel point il rêverait d’approvisionner la chaine de magasin de bricolage de son oncle. Sans compter l’obsession de Nott pour l’honneur et de la dette de vie qu’il avait insisté pour lui devoir. Justin aurait presque pris les bredouillements du serpentard lorsqu’il le lui avait annoncé pour une très touchante (et rare) preuve de reconnaissance, s’il n’avait cru bon de rajouter immédiatement que comme il n’était qu’un sang de bourbe, il avait intérêt à décider rapidement de ce qu’il voulait comme paiement et de ne pas se montrer trop exigeant (en y réfléchissant il avait loupé une occasion en or de s’amuser ne répondant qu’en échange, il voulait juste qu’il arrête d’être aussi con).

Nott répondit calmement :

— La première règle chez les Nott, c’est de ne jamais rester immobile. Dans une bataille, il y a ceux qui fuient, ceux qui se battent et ceux qui meurent. En restant ici, on fait des cibles faciles. Si on veut avoir une chance d’échapper au seigneur des ténèbres, il faut qu’on reste constamment en mouvement.

— La deuxième, c’est de tuer les moldu ?

— Comment ça, tuer des moldu ? Demanda Vernon avec colère.

— Non de ne jamais être prévisible.

— C’était du sarcasme. Précisa Justin

— Même si tu es né-moldu, tu devrais te rendre compte que ce n’est pas le moment de plaisanter. Critiqua Nott.

— Avec toi, ce n’est jamais le moment. Tenta Blaise avec un sourire et une tape sur l’épaule de Nott dans l’espoir de détendre l’atmosphère ou de reporter sur lui la nervosité que Nott contenait tant bien que mal depuis leur arrivée au cottage.

Mais Justin n’était pas de cet avis :

— Non, on va arrêter de tourner autour du pot. Je croyais que tu ne croyais plus en ce genre de connerie. Sinon tu peux me dire pourquoi tu as refusé de rejoindre Vou… Voldemort ?

Comme Justin s’y attendait, Blaise et Nott tressaillirent en entendant le nom maudit. Par contre, il fut surpris d’entendre la maison grincer et de sentir mal à l’aise pendant quelques secondes.

— C’était quoi ça ? Cria Pétunia.

— Un idiot qui devrait savoir que l’on ne prononce pas le nom du seigneur en vain. Hurla Nott au bord de l’hystérie.

— Ce n’est qu’un nom. Et ce n’est pas mon seigneur. Et le tient non plus au cas où tu l’aurais oublié. À moins que tu aies des regrets ? Tu sais, si tu lui apportes nos têtes et que tu lui lèches suffisamment les pieds, je suis sûr qu’il te pardonnera.

Aussitôt qu’il eut prononcé ses paroles, Justin les regretta.

— Je … Excuse-moi. Je ne voulais pas dire ça. Je te fais confiance, c’est juste que ...

Nott adopta une expression qui se voulait indifférente et le coupa du ton autoritaire caractéristique des hommes habitués à être obéis sans discussions dès leur plus jeune âge :

— Comme d’habitude, tu as tort, mais tais-toi et écoutes.

Le premier réflexe de Justin fut de s’insurger et celui de Vernon de commencer à hurler pour lui reprocher son comportent de délinquant (et savoir si Justin avait raison de craindre qu’il ne les trahisse). Mais un nouveau craquement plus fort que les autres les convainquirent de suivre ses ordres. Maintenant, qu’il se concentrait Justin et Blaise purent ressentir que quelque chose n’allait pas avec les protections déjà fragilisées du cottage. Puis tout à coup quelqu’un frappa à la porte.

— Ouvrez ! Je sais que vous êtes là.

Immédiatement, ils se mirent en position de combat devant la porte et ordonnèrent aux Dursley de se cacher dans un placard. Ils voulurent refuser, mais le regard menaçant de Nott et la baguette qu’il pointa contre lui les convainquirent d’obéir. Il referma violemment la porte du placard en leur ordonnant d’appeler Dobby au moindre problème pour qu’il les sorte de là. Jusqu’à présent, ils avaient évité de faire appel à l’elfe de peur que sa magie ne déclenche la trace et donne leur localisation à Voldemort et à ses sbires. Cependant, comme Nott s’y attendait, il semblerait que leurs ennemis les aient retrouvés malgré leurs précautions.

— Ouvrez, c’est un ordre ! Vous n’avez rien à craindre. Je suis le paterfamilias de ce district. Si vous n’ouvrez pas, je devrai appeler du renfort afin de défoncer cette porte.

Justin jeta un regard à Nott qui secoua la tête négativement et raffermit sa prise sur sa baguette prêt à se battre. À la surprise de tout, ce fut Blaise qui prit l’initiative de débloquer la situation en se positionnant entre Nott et la porte pour forcer celui-ci à la retenue, puis commença à crier de sa voix la plus enfantine :

— Je ne peux pas monsieur. Maman m’a dit de n’ouvrir à personne.

— Tu es tout seul ici ? Tu as quel âge ?

— J’ai 14 ans, je peux me débrouiller tout seul.

— Je n’en doute pas mon grand, écoute, je me doute que tu l’as fait sans penser à mal, mais s’il est interdit de prononcer le nom de Vous-savez-qui, c’est parce qu’il y a une raison. Si je ne fournis pas une explication rapidement le ministère enverra des hommes fouiller la zone et vous n’êtes pas la seule famille sorcière à s’être réfugié ici. Laisse-moi entrer et je ferais en sorte d’atténuer la punition. Tu ne voudrais pas que ta mère ait des problèmes par ta faute ?

— Non monsieur. Mais Heu, c’est que. Bafouilla Blaise visiblement à la recherche d’une excuse. Je n’ai pas la clé. Prononça-t-il après avoir mal interprété les suggestions murmurées de Justin qui se frappa la tête de dépit.

— Bon, ça suffit. Il est seul, on est trois. On l’assomme, on l’interroge et on se barre. Murmura Nott.

— Sauf s’il ment et qu’en vrai, ils sont des dizaines prêtes à nous tuer dès qu’on aura ouvert cette foutue porte. Rétorqua Blaise

— Raison de plus pour attaquer en premier et bénéficier de l’effet de surprise. Rétorqua Nott

— Garçon à qui tu parles ? Raisonna à travers la porte la voix du vieil homme.

— À personne Monsieur, je réfléchis à haute voix. Je fais ça quand je suis nerveux.

Le vieil homme derrière la porte soupira :

— Comment tu t’appelles mon garçon ?

— Heu Blaise Zabini.

— Quoi ? Rajouta Blaise devant l’expression des deux autres qui n’en revenaient pas qu’il ait donné son vrai nom.

Par miracle, l’homme derrière la porte ne sembla pas reconnaître son patronyme pourtant relativement célèbre.

— Enchanté. Moi, c’est Andrew Guzman, tu sais, j’ai un fils de ton âge. Je me doute que tu dois avoir peur et que tu n’as aucune raison de me faire confiance, mais je t’assure que je ne suis pas ton ennemi. Ouvre-moi, explique-moi le problème et on trouvera une solution ensemble. Tu sais, nous ici, on s’en fout de ses histoires de sang. Tout ça, c'est des conneries que ces parasites de sang-pur inventent pour nous la foutre bien profond. Je te fiche mon billet que les ancêtres de ces dégénérés qui se croient mieux que tout le monde ne se sont pas gênés pour coucher avec la bonne sang-de-bourbe ou le jardiner sang-mêlé. Y a qu’à voir leur tête. Tiens, pas plus tard qu’il y a deux jours, y en a un beau spécimen qui s’est pointé dans la région pour y chercher son fils. Il avait un de ces pifs. Je ne serais pas étonné qu’il y ait deux trois gobelins bien cachés dans l'arbre généalogique.

— Sans compter le caractère. Je me suis toujours dit qu’il devait y avoir au moins un troll.

— Je te signale que toi aussi, tu es un sang pur. Murmura Nott au bord de la crise d’apoplexie pendant que Justin se retenait à grande peine de ne pas se mettre à rire malgré son inquiétude de savoir que Nott senior était sur leur trace.

— Non, moi, je suis un parvenu, tu te souviens. Répondit Blaise sur un air sarcastique.

Nott bugua quelques instants, puis finalement baissa la tête et dit simplement :

— Je Heu. Je suis désolé.

Devant son air misérable, Blaise ne put s’empêcher de lui taper l’épaule.

— C’est bon, ce n’est pas grave.

— Et moi alors ? Je n’ai pas le droit à des excuses aussi ? Demanda Justin.

— Tu trouves que c’est le moment ? Il faut qu’on décide ce qu’on fait de lui. Répondit Nott en pointant la porte.

Pour la forme, Justin leva les yeux au ciel et adopta un air boudeur qu’il abandonna immédiatement lorsque Nott proposa :

— C’est moi qu’ils veulent. Je vais sortir et leur proposer de me rendre, s’ils vous laissent partir.

— T’es cinglé ? S’exclama Justin.

— C’est hors de question. Renchérit Blaise.

— Vous voyez une autre solution ? Les protections ne tiendront pas s’ils décident de passer en force et tant que je serais avec vous, mon père vous traquera. Moi, je suis foutu quoi qu’il arrive, mais si je ne suis pas avec vous peut-être que le seigneur des ténèbres vous oubliera.

— On n’est même pas sûr que ce soit de ton père dont il parlait. Rappela Justin.

— Tu crois vraiment que c’est une coïncidence ? Se moqua Nott.

— Pour ce qu’on en sait ça pourrait être un mensonge pour nous faire peur. Ou nous tester. Répondit Justin.

Cela n’eut pas l’air de le convaincre, alors Justin changea d’angle d’attaque :

— De toute façon, tu crois qu’il oubliera les Dursley aussi ?

— Ce sont des moldus et de la pire espèce en plus. Leur sort est sans importance.

— Tu sais quoi, je commence à me dire que j’ai eu tort de penser qu’on pourrait être amis. S’énerva Justin.

S’il éprouva de la peine, Nott n’en montra rien et répondit :

— Et tu ne le comprends que maintenant ? Tu ne peux pas sauver tout le monde. Dans une guerre, il faut faire des choix.

— Et si je refuse de choisir ?

— Alors tu mourras.

— De toute façon, je vais mourir. À ton avis, c’est quoi l’espérance d’un sang de bourbe comme moi dehors ?

— Ne t’appelle pas comme ça. Répondit Nott d’une voix presque plaintive.

Justin répondit estomaqué :

— Pourquoi ? Au cas où tu l’aurais oublié, c’est ce que je suis.

— Bon maintenant qu’il est établi que l’on va tous mourir, est ce que l’on pourrait décider de la manière ? Je vote pour mourir de vieillesse sur une plage de sable blanc après que Dobby nous ait transportés loin d’ici. Les interrompit Blaise.

Aussitôt, l’elfe apparut.

— L’ami de maître Potter a appelé Dobby.

— Non, mais tu tombes à pic. Ma mère a une villa sur la côte d’Azur. Est-ce que tu peux nous y faire transplaner ? Nous et les Dursley ?

— Non monsieur. Trop nombreux et trop loin pour le pauvre Dobby.

— Et un par un ?

— L’allée épuisera Dobby, monsieur. Et ce sera dangereux. Le seigneur des ténèbres a transformé la manche en une barrière magique. Dobby ignore s’il peut passer.

— Waouh ! Vraiment ? S’exclama Blaise visiblement admiratif, sous le regard réprobateur de Justin et Théodore.

— Pourquoi est-ce qu’on s’enfuirait ? Je suis sûr qu’ils ne sont pas nombreux. En fait, je ne suis pas loin de penser qu’il nous dit la vérité et qu’il est seul. Dobby peut sans doute transplaner dans son dos et le neutraliser. Proposa Justin.

— Non ! Tu ne t’es jamais demandé, pourquoi il y a peu de lieux protégés contre le transplanage des elfes ? Répondit Nott.

— Parce que ce n’est pas possible ? Proposa naïvement Justin.

— Bien sûr que c’est possible. Sinon il suffirait au sang pur emprisonnés à Azkaban d’appeler leur elfe au secours, pour pouvoirs s’évader. Expliqua Nott avec un ton plein de morgue.

— Parce que les sorciers sont tellement orgueilleux qu’ils sont incapables d’imaginer qu’un elfe pourrait leur nuire. Tenta Justin agacé par le ton professoral pris par Nott

— Aussi surprenant que cela puisse paraître, mon père serait d’accord avec toi. Il a toujours trouvé les sorciers sont trop négligent vis-à-vis des races inférieures. Mais la vraie raison, c’est que nos ancêtres craignaient tellement le pouvoir des elfes qu’ils ont fait en sorte qu’ils ne puissent pas s’en prendre au sorcier même si leur maître leur ordonne. Ça fait partie des sorts d’esclava…. Nott s’arrêta immédiatement en comprenant son erreur.

— Dobby est un elfe libre monsieur. Mais Dobby sent 4 sorciers cachés derrière les rochers. Dobby ne pourra peut-être pas les vaincre tous. Et Maître Potter n’aurait pas voulu que Dobby leur fasse du mal. Maître Potter était bon et …

— Oui, on a compris. Coupa Blaise qui ne voulait pas entendre une énième liste des qualités supposé du survivant entrecoupé de sanglots. Puis Blaise rajouta :

— Écoutez, ça va vous paraître naïf, mais je le crois lorsqu’il nous dit qu’il ne nous veut pas de mal. Sinon pourquoi est-ce qu’il attendrait sagement sans rien dire que l’on se décide à lui ouvrir ? Des mangemorts auraient enfoncé la porte sans se poser de question.

— Ou alors les sorts de protection sont trop puissants pour lui et il n’a pas envie d’appeler du renfort et d’avouer son incompétence à ses supérieurs.

— Et si on prenait le risque quand même ? D’ailleurs est ce que l’on a un meilleur choix ? Insista Blaise

— S’ils ne sont que 5, on peut les battre. Surtout si Dobby les attaque par-derrière et qu’on les prend en tenailles. Répondit Nott.

— Et après ? Ou tu veux aller ? Contra Blaise.

— Après, il faut que l’on quitte le pays. Répondit Nott.

— Et comment ? Tu as entendu Dobby. Vous-savez-qui a bloqué les frontières. Il nous fait de l'aide.

— Et c’est à eux que tu veux t’adresser ? Railla Nott.

— Tu vois quelqu’un d’autre ? Répondit Blaise calmement.

Nott et Justin y réfléchir, mais la seule idée qui leur venait était l’ordre du phénix ou Dumbledore. Il ne croyait pas les bulletins radios qui affirmaient sa mort, mais il n’avait aucune idée de comment le contacter. Le mieux serait d’aller à Poudlard, mais comment savoir si c’était encore un endroit sûr. En même temps, si Poudlard n’était pas sûr alors qu’est ce qui pourrait l’être ?

Mais il ne put pas pousser ses réflexions plus loin, car l’homme derrière la porte reprit la parole :

— Blaise, est ce que tu as fini de t’entretenir avec toi-même ? Même si je suis impressionné par tes talents de ventriloquie, je crains de ne pas pouvoir attendre toute la journée. Écoutez, je ne suis ni idiot, ni un combattant. Je me doute bien que si vous vous êtes caché ici tout ce temps, c’est qu’il y a une raison. Et je n’ai pas envie de découvrir lequel de nous est le plus fort en combat. Voilà ce que je te propose : vous nous lâchez un gros tas de galion et en échange, on vous laisse partir.

— Papa, tu es fou ! L’interrompit la voix grave d’un jeune homme d’une vingtaine d’années derrière la porte.

— Oui, mais dans un monde qui a perdu la boule, c’est une preuve de bonne santé mentale.

— Ils vont te tuer lorsqu’ils vont l’apprendre.

— S’ils l’apprennent un jour. On aura qu’à dire qu’on a trouvé la maison vide à notre arrivée.

— Tu crois vraiment qu’ils vont gober ça ?

— Pourquoi pas ? Le seul moyen qu’il aurait de l’apprendre serait que l’un d’entre vous me dénonce.

Même à travers la porte, ils sentirent l’atmosphère se tendre.

— Père. Je t’en prie, ne fait pas ça. C’est déjà la troisième fois que tu aides des résistants. À force, tu vas te faire prendre.

— Oh, mais arrête à la fin. Ils ne vont pas me faire un deuxième trou du cul. D’accord, depuis qu’il traîne avec tous ces sangs purs, il est devenu un peu con avec ces vielles traditions, mais ça reste le survivant. Il va juste décréter que mon sang n’est pas aussi pur qu’il n’y parait et trouver un autre pigeon pour administrer la zone. Je vais te dire moi : tout ça, c’est de l’enfumage. S’il a ressuscité les veilles tradition du paterfamilias, ce n'est pas parce que c’est devenu un puriste. C’est juste qu’à cause du départ de tous ces traîtres à Poudlard et de ces terroristes moldu y a plus assez de fonctionnaires ou d’aurors pour maintenir les sangs purs calmes, s’il ne leur fait pas quelques concessions.

— Quelques concessions !? Les Brown, c’étaient des concessions aussi ?

— Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas si simple. Et puis ils l’avaient ben cherché. Je te le redis encore une fois, j’ai rencontré Potter et il n’a rien du fou que les résistants décrivent. Malgré son jeune âge, il a un tel charisme. Si tu l’avais vu toi aussi, tu saurais qu’on peut lui faire confiance.

— Alors pourquoi tu les aides ?

— Je n’aide pas des résistants. J’aide des enfants à ne pas subir les conséquences des mauvais choix de leurs parents. En pensée, il rajouta pour lui-même qu’en plus, ça lui rapportait un max de galion.

— Maman a raison, tu es une vraie tête de mule et je n’aurais jamais dû revenir ici.

— C’est ça et t’aurais crevé la dalle à Poudlard avec les autres traîtres ?

— Ça vaudrait peut-être mieux. Au moins, je ne ferais pas une crise cardiaque à chaque fois que quelqu’un frappe à la porte.

— Oui, bon, c’est que temporaire. Dès que notre sauveur aura trouvé les terroristes et aplanit les choses avec les traîtres de Poudlard, je suis sûr que tout rentrera dans l’ordre. Ce jour-là, tu verras que j’avais raison de rester ici.

Puis Andrew entendit dans son dos une gigantesque explosion suivie d’un terrible hurlement. Avant qu’il ne puisse comprendre ce qu’il se passait, deux adolescents enfoncèrent la porte en hurlant puis commencèrent à le bombarder d’experliarmus qu’il dévia facilement d’un geste négligent de la main. Pour des enfants de leur âge, ce n’était pas mal et ils avaient eu l’intelligence de se concentrer sur un sort basique mais adapté à leur niveau, plutôt que de tenter d’employer des sorts plus avancés mais hors de leur portée. Cependant, ses deux adversaires manquaient de puissance et n’avaient clairement aucune expérience d’un vrai combat (lui non plus cela dit). Probablement, dans le but de se donner du courage, il restait scotché, l’un à l’autre, au lieu de se disperser et de l’attaquer de plusieurs côtés à la fois. En plus, ils hurlaient leur sort à plein poumon ce qui rendait très facile de les anticiper et de les contrer.

Qui que soit leur assaillant, il ne pouvait pas sérieusement espérer que ses deux enfants puissent rivaliser avec un sorcier adulte. Ces enfoirés devaient les avoir envoyés au casse-pipe dans le but de servir de diversion. Pensa Andrew.

Il érigea un bouclier puis par geste ordonna à son fils de rester en défensif et d’attendre que ces deux nigauds s’épuisent pour les stupéfixier (si possible sans leur faire de mal). Pendant ce temps-là, il irait s’occuper de la menace principale. Il se retourna et commença à courir dans les fourrés où ses hommes s’étaient cachés. Puis se coucha brusquement pour échapper à un sort qui vola dans sa direction. Il jura en sentant une douleur apparaître dans son genou, mais c’était un maigre prix à payer pour échapper à l’éclair noire qui l’avait manqué d’à peine quelques millimètres.

Il se releva pour voir deux de ses hommes engagés dans un duel contre ce qui semblait être un autre enfant. Sauf qu’il était d’un tout autre calibre. Il ne se battait pas, mais dansait en murmurant une série d’incantations qui ressemblait presque à un chant.

Sans réfléchir, il vint en aide à Stéphane qui était sur le point de se faire toucher par un sort qui semblait particulièrement vicieux. Il incanta juste à temps son bouclier le plus puissant et le sort s’y fracassa dans un bruit qui ressemblait à un cri d’agonie. De toute évidence, il s’agissait de sort non approuvé par le ministère. Mais il n’avait pas le temps de s’en inquiéter. En le voyant arriver, ses hommes avaient reprit espoir. Le jeune mage noir en revanche avait semblé insensible et avait continué à courir dans tous les sens en murmurant des sorts tous plus noir les uns que les autres qu’ils peinaient esquiver.

Au bout des 5 minutes les plus épuisantes de sa vie Andrew due admettre l’humiliante vérité. Ils avaient beau être 3, ce morpion leur tenait tête. Cependant, leur adversaire ne pourrait pas tenir ce rythme très longtemps et déjà des perles de sueur apparaissaient sur son front. En faisant léviter un rocher pour se protéger de ce qui ressemblait à un simple stupéfix (les sorts qu’il envoyait étaient dorénavant plus simples ce qui confirma à Andrew qu’il fatiguait), il se demanda ce qui était arrivé à ses autres hommes. Mais il refoula cette pensée. S’il voulait gagner, il fallait qu’il reste concentré. Une fois ce montre neutralisé, il aurait tout le loisir de s’inquiéter de ce qu’étaient devenus ses autres subordonnés (et éventuellement de les venger). Puis à sa surprise, leur adversaire cria :

— DOBBY !

Andrew se mit sur ses gardes, mais pendant quelques secondes rien ne vint (excepté les sorts que son adversaire lui envoya). Puis une violente impulsion magique propulsa Stéphane dans les airs qui s’écrasa inconscient contre un arbre.

— Salaud ! Cria Andrew, en se retournant persuadé que le véritable adversaire s’était caché pendant tout ce temps.

Mais tout ce qu’il vit fut un elfe qui agonisait de douleur par terre. Il se rendit alors compte que sous le coup de l’émotion, il avait fait une terrible erreur. Il avait tourné le dos à son ennemi. Cependant, il était déjà trop tard. À peine eu t’il le temps de voir le stupéfix, lui foncer dessus avant de se faire toucher et de s’évanouir.

oOoOoOoOo

Une fois son dernier adversaire vaincu, Nott, lança un Hominum revelio et s’autorisa un soupir de soulagement en voyant que les environs étaient vides puis releva immédiatement la tête. Il entendait au loin les échos d’un autre combat. En fait maintenant qu’il n’était plus concentré sur son propre combat, il se demandait comment il avait fait pour ne rien remarquer jusqu’à maintenant. Justin et Blaise hurlaient tellement fort que tous les renforts ennemis à des kilomètres à la ronde devaient les avoir entendus. Il jura sur ses deux idiots incapables de rester à l’abri comme il leur avait demandé. Même Dobby avait semblé comprendre que des amateurs ne feraient que le gêner puisqu’il l’avait fait transplaner seul (en ignorant les protestations des deux autres).

Puis il se mit à courir en pensant à ce que son père lui aurait fait s’il avait osé pareille exubérance durant leurs entraînements quotidiens. Il ralentit à peine pour jeter un coup d’œil à Dobby et vérifier qu’il allait bien.

Le plan initial était que l’elfe le fasse transplaner discrètement derrière les lignes ennemies et qu’ils immobilisent ensemble les hommes qui y étaient cachés. Si tout s’était passé comme prévu, ils les auraient tous stupéfixier avant qu’ils ne se rendent compte de quoi que ce soit. Un plan parfait qui fut mis par terre lorsque l’elfe se mit à crier de douleur après qu’ils eurent conjointement immobilisée par surprise deux sorciers cachés derrière la montagne de broussailles qui environnait le cottage. Apparemment, ses ancêtres avaient fait du bon boulot pour s’assurer que les elfes ne retournent jamais leur pouvoir contre les sorciers. Immédiatement, l’alerte fut donnée et Nott dut engager le combat face aux deux miliciens.

Nott arriva juste à temps pour voir un Blaise épuisé se faire toucher par un sort qu’il n’identifiera que plus tard comme un simple stupéfix. Dans un accès de panique et de rage, il mit aux orties tout l’entraînement de son père et hurla :

— Avada K…

Avant de se faire interrompre par un experliarmus de Justin. Le jeune homme d’à peine 20 ans qui leur faisaient face arborait une expression terrifiée sur le visage en comprenant ce qui avait failli se passer. Avant qu’il ne se remette de sa surprise, Nott fonça sur lui et profitant de sa vitesse l’assomma à l’aide d’un violent coup de pied. Malgré son mépris des moldus son père reconnaissait la valeur de leurs techniques de combat et les lui avait enseignés dès le plus jeune âge. Une fois qu’il se fut assuré que son jeune adversaire ne les gênerait plus il hurla vers Justin :

— Je peux savoir ce qui t’a pris ?

— Pardon !? Tu te fous de ma gueule ? Tu allais tuer ce type.

— Ils ont vu mon visage. Et ils connaissent le nom de Blaise. On ne peut pas les laisser en vie. Lâcha Nott avec un regard noir en se dirigeant direction du corps immobile de Blaise. En constatant qu’il était simplement stupéfixié, il tendit sa main à Justin et demanda avec autorité :

— Ma baguette !

Celui-ci hésita :

— On ne tue personne, ils…

— Ils ont essayé de nous livrer au seigneur des ténèbres. Ce sont des ennemis et nous sommes en guerre. Si tu n’es pas prêt à tuer autant te suicider toute de suite, on gagnera du temps.

— Tu as déjà tué ?

Nott baissa les yeux et répondit :

— Je ne les ai pas tués, juste assommé.

Cette réponse détournée sembla soulager Justin, mais pas suffisamment pour qu’il lui rende sa baguette. Alors Théo soupira :

— Pour l’amour de Merlin. Et après, tu oses dire que j’ai un comportement suicidaire. Je jure sur l’honneur des Nott de ne pas les tuer sans ton sacro-saint accord.

Justin lui tendit sa baguette en lui demandant :

— On pourrait les oubliéter.

— Enervatum ! Ce sort est hors de notre portée. À moins que tu ne veuilles que je réduise leur cerveau en bouillie. Je te le répète, on doit les tuer. Et rapidement. Je te rappelle qu’on a toujours la trace. Le ministère ne va pas tarder à envoyer des renforts. Si ça se trouve, mon père est déjà en route.

— On n'est pas obligé de les tuer. Dit mollement Blaise qui n’avait pas eu de mal à comprendre de quoi il parlait.

— Tu ne vas pas t’y mettre aussi. Tu es sûr que tu es un Serpentard ?

— Ce n’est pas moi qui ai foncé seul dans un combat à 1 contre 5. Tu sais le rouge et or irait très bien avec tes yeux.

— Je n’étais pas seul, il y avait Dobby. Et DOBBY… Cria t’il en se rappelant qu’il avait oublié l’elfe dans un sale état.

Immédiatement, il entendit un plop de transplannage et un elfe encore souffreteux apparu devant lui.

— Maître Nott a appelé.

— Oui, prépare nos bagages, on s’en va. Ne prends que le strict nécessaire. Ordonna Théodore sans montrer le soulagement qu’il ressentait à le savoir en bonne santé. L’elfe aurait été une perte stratégique immense.

— Ne lui parle pas comme s’il était ton serviteur. S’énerva Justin contre Théo pour ce qu’il lui semblait la énième fois de la journée.

Mais l’elfe s’inclina avant de transplaner. Blaise, qui venait de se lever, rajouta :

— Moi, je vais faire en sorte qu’ils ne nous dénoncent pas. Pendant ce temps essayez de vous rendre utile les boulets. Franchement, j’ai l’impression que c’est moi qui fais tout ici. Franchement, qu’est-ce que vous feriez sans moi.

Pendant 5 secondes Nott resta interdit devant un tel culot. 5 secondes, que Blaise exploita pour s’enfuir en courant sachant que Nott ne tarderait pas à partir à sa poursuite sous le sourire moqueur de Justin. En tentant d’échapper aux tentatives de meurtres de son meilleur ami, il se demanda sérieusement ce qu’ils feraient, s’il n’était pas là pour leur rappeler occasionnellement qu’ils étaient dans la même galère.

oOoOoOoOo

Lorsqu’il se réveilla, le visage et les vêtements plein de boue, le soleil avait commencé à décliner. Après 30 minutes d’efforts épuisants, lui et ses hommes encore groggy parvinrent à vaincre les protections qui entouraient le cottage. Andrew se fit la réflexion que bien qu’affaiblit, elles étaient bien plus puissantes que toute celle qu’il avait vu auparavant. Sans surprise, lorsqu’il pénétra à l’intérieur baguette à la main, il ne découvrit qu’une maison vide. Malgré la présence de son fils, il jura. Puis il vit une note épinglée sur la table de la cuisine :

« Monsieur, nous avons profité de votre sommeil pour nous enfuir, j’espère que vous n’aurez pas d’ennui par votre faute. »

Nous n’avons pas d’argent, mais vous trouverez au dos de cette lettre une reconnaissance de dette de la part de la famille Zabini. Comme elle ne porte pas le sceau de ma famille les gobelins ne l’accepterons pas, mais lorsque cette guerre sera terminée soyez sûr que je l’honorerais. En échange, je vous demande juste de ne pas mentionner mon nom lorsque vous ferez votre rapport aux mangemorts »

— Les mangemorts !? Il a perdu la tête ce gamin. Encore un idiot qui croit aux mensonges de Dumbledore. Même mort, il faut qu’il foute la merde celui-là. S’exclama Andrew en lisant la fin de la lettre.

Puis il jeta un coup d’œil au montant indiqué au dos et faillit s’évanouir. Puis le plus discrètement possible, il mit la note dans sa poche. Lorsque la lettre l’informant qu’après-examen de la pureté de son sang, il avait été nommé paterfamilias du district récemment formé par la nouvelle administration, il avait cru que les quelques noises qu’il glanerait grâce à ses nouvelles fonctions compenseraient à peine les emmerdes qui allaient lui tomber dessus.

Bien entendu, il avait rapidement changé d’avis. Lui, qui avait toujours manqué d’argent, avait accumulé en moins de deux jours suffisamment de galions pour régler toutes ses dettes. Mais si ce Blaise payait ses dettes, il allait pouvoir graisser suffisamment de pattes pour envoyer ses trois enfants à l’étranger.

Lorsqu’il poussa la porte de sa demeure il n’avait jamais été aussi heureux. Mais au lieu de la voix nasillarde de sa benjamine se fit une voix froide qui l’accueillit.

— Mr Guzman, je suis Lord Nott. Mais je suppose que vous vous souvenez de moi. Je reviens du cottage ou vous êtes intervenue cet après-midi. J’aurais quelques questions à vous poser.

Andrew Guzman, déglutit. La voix de l’homme richement habillé devant lui n’était pas menaçante, mais son instinct lui hurlait de s’enfuir. Malheureusement pour lui, ses jambes en décidèrent autrement. Malgré sa volonté, il s’assit et un long interrogatoire commença.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Vous vous demandez sûrement comment ça se fait que Dobby obéit à l’ordre d’Harry d’attaquer Lucius Malfoy à la fin de mon tome 2, s’il existe un sort qui empêche les elfes d’attaquer les sorciers même si leur maître le leur demande ? Et cela alors qu’Harry ne l’a pas encore libéré. Et d’ailleurs comment il fait dans ce cas pour attaquer Harry avec le cognard au milieu de ce même tome 2. Vous pensiez m’avoir piégé en découvrant une incohérence dans mon récit. Eh bien pas du tout. En fait, il y a une explication toute simple. Plus que simple, je dirais qu’elle est d’une trivialité telle qu’elle redéfinit la notion même de simplicité argumentative. Je ne vais donc avoir aucune difficulté particulière à vous la donner dans les plus brefs délais et vais donc ainsi sans tergiverser davantage, car je sais à quel point la ponctualité et la brièveté sont des notions importantes pour mes lecteurs, vous donnez l’explication par… Oh ! Regardez par là. Ninja !

L’auteur lance un fumigène et s’enfuit en courant. Après 2 heures de fuite aussi épique qu’épuisante qui l’aura amené à traverse des rivières en crue, des charges de rhinocéros et un magasin à l’ouverture des soldes, il eut un éclair de génie et trouva l’explication. Il se tapa alors tout l’aller-retour pour retourner voir ses lecteurs et écrire la suite de cette note :

— Alors, en fait dans les livres de J.K. Rowling il y a un problème avec les elfes : ils sont beaucoup trop forts. Le manoir Malfoy et Poudlard sont deux forteresses protégées par une accumulation de sort de protection lancé par plusieurs générations de sorciers pendant des millénaires (y compris Dumbledore pour Poudlard et Voldemort pour le manoir Malfoy) et pourtant Dobby peut y transplaner sans le moindre problème. En plus dans le tome 2, on montre que Dobby arrive à battre, sans la moindre difficulté, Lucius Malfoy alors qu’il est censé être l’un des meilleurs mangemort de Voldemort. Autant dire que si à la fin du tome 7 l’armée d’elfes servant à Poudlard avait l’idée de se battre avec leur pouvoir plutôt qu’avec des casseroles, ils auraient gagné la guerre facilement.

Pour régler ses difficultés, je pense qu’il est obligatoire que les elfes soient soumis à une variante des lois d’Asimov. Comme les moldu avec les robots, je pense que les sorciers ont envisagé la possibilité que les elfes soient utilisés comme arme avant même d’avoir fini de les créer. Je pense donc qu’ils leur ont implémenté des règles à respecter que même leur maître ne peut pas leur ordonner d’enfreindre.

Mais on a vu dans les livres originaux avec Dobby et Kréatur que les elfes sont tellement puissants qu’au prix d’un gros effort, ils peuvent interpréter les règles auxquelles ils sont soumis, pour se donner des libertés. Comme toutes les règles créent par les hommes, elles peuvent être contournées. Un elfe ne peut pas utiliser directement ses pouvoirs contre un sorcier, mais il peut les utiliser indirectement en contrôlant un cognard ou une poêle à frire. Un elfe peut utiliser ses pouvoirs pour immobiliser un sorcier sans lui faire du mal (comme Dobby le fait avec Lucius) mais pas lui faire du mal.

Et on va dire que les sorts empêchant le transplanage des elfes sont trop coûteux pour être lancé par autre chose qu’un état. Bloqué, le pouvoir des elfes dans un lieu serait l’équivalent d’aller sur la lune pour les moldu. C’est possible, mais hors de portée, pour une école ou un simple citoyen aussi riche soit-il.

Ou alors chez les sorciers l’utilisation des elfes pour la guerre est l’équivalent chez les moldu de l’utilisation de la bombe atomique : une arme tellement terrifiante que son utilisation même de manière limitée est un tabou qui, s’il était brisé, conduirait à ce que tous les pays du monde se liguent contre toi. Du coup, les sorciers n’utilisent pas les elfes pour la guerre ou s’évader d’Azkaban.

Ou alors les sorciers sont tellement cons et racistes qu’en plusieurs milliers d’années, ils n’ont juste jamais pensé à utiliser les elfes comme des armes.

En fait, je pense que l’on peut imaginer des milliers de manières de sortir de cette impasse. C’est ça qui rend l’univers de J.K. Rowling si génial. Il est aussi incohérent que le monde réel. On peut donc sans enfreindre le cañon créé des milliers de théories contradictoire et toute sorte d’histoire. Les incohérences dans les livres de J.K. Rowling ne sont pas des faiblesses, mais des forces pour qui les observe avec tout l’amour d’un fan.

Même si elle ne passe pas le rasoir d’Ockam, je vais considérer dans cette fic que la première explication est la bonne. Ce sera plus flatteur pour mes personnages et l’univers de Jk Rowling.

Note de la correctrice : Je vais répondre bien plus simplement, je pense, et ce, sans dénigrer l’œuvre de JK, ni ta fic. Plus de mille ans de servitude volontaire. Les sorciers ne craignent pas les elfes, parce qu’ils les méprisent, et les elfes se voient comme des esclaves naturels, ça ne leur viendrait pas à l’esprit de s’attaquer à des sorciers. Dans toute la saga, le seul elfe qui veut être libre, c’est Dobby, Winky fait une dépression une fois virée par Croupton, et ne s’en remet jamais jusqu’à sa mort. Quant à Kréatur, il loue un véritable culte à ses maîtres, la très vénérée famille Black. Or, Sirius est renié par sa famille, donc n’est plus un maître, juste un renégat, et Harry est dans le même cas, puisqu’il n’est son maître qu’à cause de Sirius. De fait, c’est d’autant plus facile pour Kréatur d’interpréter les ordres comme il veut, vu que les deux hommes ne sont pas considérés comme ces précieux maîtres. Il écoute d’ailleurs bien plus facilement le portrait d’une morte, que les vivants qui restent. Ce n’est que mon interprétation.

Voyage à Poudlard

Cela faisait maintenant des heures qu’ils marchaient tous les 6 en silence le long des routes désolées de la lande anglaises, se tenant prêts au moindre bruit suspect à se cacher dans les fourrés. Heureusement pas l’ombre d’une voiture ne vint les déranger, car leur cortège aurait provoqué une foule de question chez n’importe quel conducteur moldu et notamment, que faisait ici 3 adolescents en robe, deux adultes en sueur ayant perdu depuis de longues années l’habitude de faire des randonnées plus longues que la largeur d’une galerie commerciale et un elfe de maison (qui malgré ses courtes jambes, n’avait pas de mal à suivre le rythme).

Cependant, cela ne rassurait pas Théodore Nott qui affectait un air inquiet depuis le début de leur voyage. Vernon ne put s’empêcher de partager bruyamment sa désapprobation devant l’attitude revêche de l’adolescent. C’est pourtant lui qui avait tant insisté pour qu’il s’en aille. Et maintenant qu’ils se retrouvaient sur les routes sans rien d’autre que leur vêtement comme de simples vagabonds, il rouspétait de plus belle. Pour Vernon, c’était la preuve qu’il était inutile d’essayer d’améliorer le sort de ce genre de voyou. Quoi qu’on fasse, ils n’étaient jamais contents.

Mais Théodore n’avait que faire de son opinion. De toute façon, comment pourrait-il lui expliquer que cette fuite improvisée n’était pas du tout ce qu’il avait envisagé lorsque, juste avant l’attaque, il avait suggéré de quitter le cottage ? Ils avaient laissé tellement de traces que dans son esprit cela ne faisait aucun doute que son père allait les retrouver. Lui-même n’aurait eu aucun mal, alors il n’osait pas imaginer avec quelle facilité son père allait remonter leur piste. Sans compter qu’à cause de l’insistance des 5 autres et du temps limité dont il disposait pour leur faire entendre raison, il s’était résigné à laisser des témoins en vie derrière eux. Dans l’esprit de Théo, la situation était limpide. C’était une course et s’ils ne trouvaient pas rapidement un moyen pour qu’ils aillent plus vite, ils allaient la perdre. Il était tellement désespéré qu’il envisageait d’accepter la proposition de Pétunia de rejoindre un axe plus fréquenté et de faire du stop jusqu’aux alentours de Poudlard. S’il avait bien compris ce qu’était une voiture, alors cela raccourcirait énormément leur trajet (et leur éviterait de subir les jérémiades de cet insupportable moldu). Cependant, emprunter des chemins plus fréquentés, voulait également dire multiplier les risques de mauvaises rencontres.

— J’en peux plus, il faut qu’on fasse une pause. S’exclama Vernon en s’asseyant sur un rocher.

— On n’a pas le temps. Lever votre gros cul et ...

— Hé Théo calme-toi. Je crois qu’une pause nous ferait du bien à tous. Le coupa Blaise en pointant du doigt Dobby et pétunia qui, même s’ils ne se plaignaient pas autant que Vernon, avaient également du mal à supporter le rythme de marche soutenue imposé par Nott.

— On n’a pas le temps. Il faut qu’on atteigne Poudlard le plus vite possible. Contra Nott avec agacement. Ce qui provoqua une diatribe de Vernon :

— On peut savoir qui t’a décerné le titre de chef ? Au cas où tu l’aurais oublié, l’adulte ici, c’est moi ! Et j’ai décidé qu’on allait s’arrêter pour se reposer et décider d’où on allait. Vociféra Vernon.

Théo rit d’un air mauvais :

— Vous, nous diriger !? Je ne sais pas ce qui m’impressionne le plus. Votre ignorance ou votre culot ?

— Les petits cons dans ton genre qui croient tout savoir, alors qu’ils n’ont même pas de poil au menton, j’en bouffe 10 au petit-déjeuner.

— Voilà une amusante prétention. Et une excellente explication à votre silhouette disgracieuse (note de l’auteur : pour ceux qui ne l’auraient pas compris, il traite Vernon de gros).

Nott leva sa baguette et déclara d’un air solennel :

— Je suis l’offensé, mais je vous laisse le choix des armes. Essayez de faire en sorte que je ne m’endorme pas avant la fin.

— Hein !! Fit Vernon Dursley d’un air ahuri.

— Non, mais sérieux Théo, tu vis dans quel siècle ? Réagit Blaise. En baissant d’autorité la baguette de son ami.

— Il m’a clairement défié. Rétorqua Nott.

— Théo, cela fait des siècles que les moldus ne font plus de duel pour l’honneur. Tenta d’expliquer Justin calmement.

— Et puis, tu crois qu’on a le temps pour ces conneries ? Insista Blaise. Ce dernier argument sembla faire mouche sur Théodore. Néanmoins, il ne put s’empêcher d’arguer avec une mauvaise foi évidente :

— C’est vous qui prétendiez qu’on peut se permettre de batifoler.

— Je n’ai pas dit qu’on avait le temps de se reposer, j’ai dit qu’on en avait besoin. Répondit Blaise calmement en s’asseyant même le sol.

Justin tenta alors d’une voix hésitante :

— Et je pense que de nous tous, c’est pour toi que c’est le plus nécessaire. Franchement, je ne te reconnais plus. Au début, j’ai cru que c’était à cause de ce que t’avais fait Har… Enfin, tu n’es pas obligé de tout porter tout seul. Vernon a raison t’es juste un gamin comme nous.

— Humps. Vous n’avez aucune idée de ce à quoi on fait face. Se plaignit Théo en s’asseyant à son tour sur un gros rocher. Il n’avait jamais réussi à faire changer Justin d’avis. Et après, Blaise osait dire qu’il était têtu.

— Écoute si on laisse Dobby se reposer, il pourra peut-être nous faire transplanner une bonne partie du chemin. Proposa Justin pour qu’il se détende.

— Si on fait ça, on se fera immédiatement repèrer par la trace. Il vaut mieux garder ça pour un cas d’urgence.

Vernon, prenant cet échange pour une invitation à discuter ses plans, demanda :

— Et pourquoi tu veux qu’on aille à Poudlard ? On ne sait même pas ce qu’on va y trouver. Il vaudrait mieux qu’on se cache dans un petit village moldu. On n’est pas loin de Castleton. C’est rempli de grosses baraques de luxe isolées au milieu de la campagne qui ne sont pratiquement jamais habitées. D’ailleurs, je ne serais pas étonné que les Finch-Fletchley en aient une.

— Si c’était aussi simple, vous penseriez vraiment que je vous aurais supporté aussi longtemps ? S’il suffisait de renoncer à ses pouvoirs et de se perdre dans le monde moldu pour échapper au ministère, Azkaban serait vide. Il existe des sorts simples permettant de localiser un sorcier. Comment pensez-vous que les chouettes fonctionnent ? Pour y échapper, un sorcier doit se réfugier dans des lieux protégés magiquement. Même si on n’avait pas la trace, la présence de ce genre de sort, au milieu d’une zone moldu finirait implacablement par attirer l’attention. Et je vous prierais de me vouvoyer. Je comprends que votre éducation ne vous a pas préparé à côtoyer des êtres de mon rang, mais cette familiarité est insupportable.

Vernon fut tenté de remettre à sa place l’orgueilleux morveux, mais décida de s’abstenir en voyant que malgré son air faussement détendu, il avait gardé la main sur sa baguette et semblait prêt à bondir à chaque instant.

— C’est quoi un paterfamilias ? Demanda Justin, autant par curiosité que pour briser le silence gênant qui venant de s’installer.

— C’est le nom des chefs traditionnel de la société sorcière jusqu’à la conquête de Guillaume le conquérant. Après la chute de l’empire romain, les civils moldu comme sorcier ont lentement abandonné les villes ravagées par les pillages, les épidémies et la chute du commerce pour trouver refuge auprès des patriciens dirigeant de vaste domaine agricole ayant noué de solides alliances militaires avec des chefs barbares. Néanmoins, très vite, des tensions apparurent entre les communautés. Dans l’empire romain, les sorciers au regard de leur superio… enfin disons qu’ils bénéficiaient d’un statut privilégié qui a créé des rancœurs auprès de la population moldue sur laquelle l’église s’appuya pour asseoir son pouvoir. Pour échapper aux discriminations de ses bêt.. Enfin, disons que les moldu étaient plus nombreux et que les sorciers se sont petit à petit regroupés sur les rares terres des patriciens sorciers, comme les Nott, ayant réussi à conserver leur titre malgré les assauts de l’église et de leur voisin. Expliqua Théodore avec fierté.

— Ou les Weasley. Rappela innocemment Blaise.

— Oui, les Weasley aussi. Fit Nott agacé devant l’air amusé de Justin et Blaise. Bref au fil du temps les chefs sorciers ont pris le titre de paterfamilias pour signaler aux sorciers de basse extraction qu’ils étaient leur protecteur. Pendant ce temps les patriciens moldu se sont tellement vautré dans la décadence et le métissage avec les élites barbares que leur pouvoir ne reposait plus que sur la force et ont donc adopté des titres militaires romains comme duc et comte.

— En gros les nobles sorciers, comme au hasard les Nott, sont des gentils tous beaux, alors que les nobles moldu sont des méchants qui puent.

— Ce n’est pas ce que j’ai dit. Si tu pouvais arrêter de tout interpréter avec ton idéologie progressiste. Se défendit Nott. Après quelque temps, il rajouta :

— Bon d’accord, les livres de mon père n’étaient sans doute pas très objectifs. Ce qu’il faut comprendre, c’est que comme les anciens rois après la chute de l’empire romain, Vous-savez-qui n’a pas assez de fonctionnaires pour diriger son territoire. Alors il tente de rétablir le système féodal qui prévalait avant la création du conseil des sorciers ou du ministère de la magie. Sauf que les anciens paterfamilias étaient choisis en fonctions de leur puissance militaire, alors que le seigneur des ténèbres utilise le critère du sang. Enfin officiellement. Si j’étais lui, je nommerais plutôt les notables locaux. Comme ça non seulement leur pouvoir est plus facilement respecté par la population, mais en plus, il peut les contrôler en menaçant de révéler leur vrai statut de sang. Quoique, le seigneur des ténèbres n’a pas besoin de ce genre d’artifices pour être terrifiant. Rajouta Nott en frissonnant en repensant à son unique rencontre avec le seigneur noir.

— Tu me déçois fils. Raisonna une voix froide dans leur dos en stupéfixiant Dobby par surprise.

Immédiatement Justin et Baise sursautèrent et par réflexe lancèrent leur plus puissant sort de bouclier qui se combinèrent pour former une barrière de lumière impénétrable pendant que Théo se jeta derrière le rocher où il était assis, un sort offensif au bord des lèvres qui fut remplacé par un juron lorsque la protection de ses amis vola en morceau sous l’assaut d’un informulé. Sans prendre le temps d’élaborer une stratégie, Théo se jeta à l’attaque de l’inconnu en tenue de mangemort.

__ Fulguris ! Cria Theo en invoquant la foudre terrestre.

Le regard visible à travers le masque blanc du mangemort ne laissa transparaître aucune émotion lorsqu’il dévia le sort d’un geste négligeant et répliqua d’un sort mortel. Pendant une micro-seconde Théo hésita à se laisser faucher par le sort. Tout valait mieux que de faire face de nouveau au seigneur des ténèbres. Combien d’heures avait-il passé au cottage à ressasser ses craintes, lorsque cédant à ses plaintes, ses amis l’avaient laissé seul. Cependant en voyant l’ennemi commencer à retourner sa baguette vers Justin et Blaise pas encore remit du choc que leur avait causé le précédant sort (que leur barrière avait heureusement affaibli à défaut de l’avoir stoppé), pour la énième fois ce jour-là, son sang ne fit qu’un tour et il se jeta dans la bataille. Il était hors de question que ses amis connaissent la même terreur qui l’étreignait pratiquement chaque nuit lorsque ses cauchemars lui faisaient croire qu’il était de nouveau à la merci de ce monstre.

Sans égard pour les coupures que provoquèrent les cailloux du chemin sur ses genoux, il effectua un violent bond sur le côté et répliqua afin de garder concentrer sur lui l’attention de son adversaire.

Un échange de sort débuta où les deux adversaires toujours mobiles formèrent une danse mortelle, dont Théo reconnu le paterne. Dorénavant, il n’avait plus aucun doute sur l’identité de son adversaire. En même temps que la fatigue, la peur gagna Théo jusqu’à ce que leur rythme fût brisé par deux experliarmus de Justin et Blaise qui, jusqu’à présent, s’étaient contentés de rester en marge de leur duel en cherchant une ouverture pour intervenir sans risquer de toucher Théo.

Le mangemort dévia le sort sans la moindre difficulté et les experliarmus se retournèrent contre leur lanceur qui furent désarmés et à moitié assommé contre un arbre (et le ventre de Vernon qui s’était jeté afin d’empêcher Blaise de s’écraser contre un rocher qui lui aurait fracassé la colonne vertébrale). Mais Théo savait qu’il n’avait pas le temps de s’inquiéter pour ses amis et devait profiter de l’ouverture qu’ils lui avaient offerte pour tenter le tout pour le tout. Il se concentra de toutes ses forces priant pour que cela marche puis tourna sur lui-même.

Lorsqu’il leva les yeux à la place qu’il occupait une seconde avant se trouvait un cratère formé du sort que venait de lancer son père. Sans prendre la peine de vérifier qu’il ne s’était pas désarticulé (comme durant la séance au début de juillet où son père avait tenté de lui apprendre à transplaner à lui et à Draco), il cria :

Fulguris ! 

Cette fois, la foudre partie bel et bien du sol pour toucher sa victime. Théo exulta. Le sort lancé à bout portant dans le dos de son père le propulsa dans un impressionnant vol plané. Pour la première fois, il avait réussi à le toucher. Mais son enthousiasme fut de courte durée lorsqu’il atterrit élégamment sur l’herbe verte de la plaine et se retourna pour lui faire face. Le seul dégât visible était une fissure sur son masque. Par des réflexes durement acquis par son éducation Théo n’en montra rien, mais il venait de perdre tout espoir. Il avait mis toute sa puissance dans ce sort et il était maintenant épuisé. Il ne survivrait pas à un nouveau round.

Cependant le mangemort ne semblait pas vouloir continuer le combat et retira son masque endommagé. Nott senior s’adressa alors de son fils d’une voix neutre :

— Comme d’habitude, c’était pitoyable, fils. Bien mieux que ceux à quoi tu m’as habitué, mais pitoyable malgré tout. Aurais-tu perdu la raison ? Comment peux-tu espérer survivre en te mettant du côté de ces déchets ?

Théo répondit :

— Les Nott placent l’honneur avant tout, même leur propre survie.

— Le meilleur moyen de préserver l’honneur de notre nom est que mon unique héritier survivre à ses périodes troublées.

— C’est là que nos opinions divergent, père.

— Ne me parle pas sur ce ton fils. Tu vas immédiatement cesser tes enfantillages et venir avec moi. J’ai profité de ma position pour intercepter les rapports liés à ta trace, mais ce combat ne va pas tarder à attirer le reste des serviteurs du seigneur des ténèbres.

Malgré la réprimande, son fils ne montra pas la moindre once de repentance dans le regard et leva sa baguette d’une main ferme, prêt à reprendre le duel.

— Hum ! Ton grand-père serait fier de toi. Essaye de survivre plus longtemps que cet imbécile. Dit Nott senior d’un ton froid, avant de jeter sa baguette par terre.

— Qu’est-ce que tu fais ? L’Interrogea Théo d’un air incrédule.

— Je pensais t’avoir mieux éduqué, Fils. Ton ennemi est désarmé. Profite de cette opportunité ou j’achèverais tes alliés au sang impur et le traître à son sang. À moins que tu ne sois revenue à la raison. Que penses-tu tirer d’une telle mésalliance ? Le seigneur des ténèbres, malgré ses tares évidentes, est indéniablement le plus puissant sorcier de tous les temps et bientôt, tous se prosterneront à ses pieds. Achève ce sang de bourbe et je suis convaincu que le seigneur noir te donnera une deuxième chance d’accepter sa marque. Il peut pardonner une erreur de jeunesse lorsqu’elle vient d’une famille aussi puissante et respectable que la nôtre. Surtout si on lui apporte ces deux-là. Déclara-t-il en pointant du doigt les Dursley.

— Ce ne sont pas mes alliés, ce sont mes amis. Avada Kedavra !

Mais la misérable lumière verte qui s’échappa de la baguette de Nott junior suffit à peine à faire saigner le nez de son père.

— Si tu n‘es pas assez fort pour faire ce choix, alors je le ferais à ta place. Le père de Nott leva son bras et sa baguette vola jusqu’à sa main.

— Endoloris ! Cria le père de Nott en direction de Justin qui se mit à hurler à la mort.

— AVADA KEDAVRA ! Hurla Théo.

Cette fois, un éclair vert si puissant que les occupants de la clairière durent fermer les yeux se précipita sur Nott senior. Mais le sort était lent. Ou plutôt Théo savait qu’il était beaucoup trop lent pour les réflexes aiguisés d’un homme aussi entraîné que son père. Durant leur nombreux entraînement il l’avait vu esquivé avec facilité des attaques bien plus pernicieuses. Et pourtant, il resta immobile et adressa à son fils l’un de ses rares sourires avant de lui offrir ses dernières paroles :

— Maintenant, tu es digne d’être mon héritier.

Puis il jeta en direction de son fils la bague qu’il avait au doigt. Le sort l’atteignit, alors en pleine poitrine et sans un bruit il s’affaissa dans le champ de fleur desséchées à ses pieds. Théo quant à lui resta sidéré, la baguette toujours pointée vers le vide où s’était tenu son père. Il remarqua à peine les silhouettes qui s’approchaient de lui. Il baissa les yeux craignant de voir dans leur regard un mélange de mépris et de pitié.

Il sentit lune main sur son épaule. Il releva les yeux et eu la surprise de voir qu’elle appartenait à Vernon Dursley, qui dit simplement :

— Merci.

— On ne dit pas merci pour ça. Dit Théo d’une voix faible.

— Je laisse les grands discours et les grandes valeurs aux intellos. Moi, je suis un homme simple. Ce salaud voulait nous buter, tu l’as tué, tu nous as sauvés. Tu n’as pas à te sentir coupable. Tu as fait ce qu’il fallait.

Pétunia lui fit alors un câlin par surprise. D’abord réticent, il se laissa faire, retrouvant des sensations qu’il n’avait plus connues depuis qu’il avait 5 ans. Malgré tout, il ne pleura pas. En-tout-cas jusqu’à ce que Justin, plus ou moins remît du choc causé par le doloris lui demande s’il voulait enterrer son père.

oOoOoOo

Le soir venu avant de s’endormir, il se dirigea discrètement vers le sac de couchage de Petunia :

— Même si nous n’êtes qu’une moldue, je suis désolé pour ce que mon père a fait à votre famille.

Pétunia sursauta, mais répondit :

— Tu n’y es pour rien.

— Pourquoi vous avez fait ça à Harry si vous l’aimiez ? Demanda alors brusquement Nott.

Désarçonné par le changement soudain de conversation, elle eut besoin de quelques secondes pour trouver quoi dire à l’adolescent qui la fixait nerveusement en attendant impatiemment sa réponse. Elle en savait peu sur l’enfance du jeune Théodore, mais assez pour comprendre en quoi la réponse était importante pour lui. Elle se força donc à être honnête. Plus honnête qu’elle ne l’avait été avec quinconce sur ce sujet (y compris elle-même).

— À l’époque, je n’étais vraiment pas bien. J’avais vécu tant de bouleversement avec la perte de mon travail, l’arrivée de Dudley, la mort de mes pare.. , enfin bref, je n’étais pas moi-même. Et je détestais ma sœur. Je crois que j’ai reporté tous mes problèmes sur elle et quand elle est morte sur Harry. Il n’y était pour rien, c’était moi qui avais un problème. Je crois que Justin a très bien résumé la chose : seule une psychopathe ferait ça à un enfant. Je ne comprends pas comment il a fait pour faire comme si de rien n’était. Lorsque je le retrouverais, je ferais tout pour qu’il puisse enfin passer à autre chose.

Théo lança un regard en direction de Justin qui dormait à poings fermés en murmurant ‘plus de patates avec mon rosbif’, alors que de la bave s’échappait de sa bouche.

— Les Poufsouffles, ils sont plus forts qu’ils en ont l’air.

Puis Théodore se tourna vers Pétunia et lui dit avec un ton dur :

— Je comprends que ce soit dur, mais il faut que vous acceptiez qu’Harry est mort.

— Non il est toujours là. Je ne sais pas si je t’ai raconté, mais un jour Vol.., le seigneur des ténèbres a trouvé l’endroit où Dumbledore nous avait caché. Avant que l’on ne s’enfuît, j’ai croisé son regard et j’ai vu Harry ressortir. Vernon refuse de m’écouter, mais je sais ce que j’ai vu, c’était Harry. Sans ça comment expliquer qu’il nous ait laissé partir ?

Gêné, ne sachant pas comment la détromper, Théodore repartit rejoindre son sac de couchage à côté de Justin et constata avec dégoût que son oreiller était maintenant trempé de la bave de son ami.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Castleton est un lieu extrêmement touristique et magnifique situé au bord de la mer. En général en France, juste à côté de ce genre de site, on trouve des villas à plusieurs millions d’euros pour que nos chers oligarques puissent se reposer de tout ce qu’ils ont fait ruisseler sur le bas peuple grâce à leur travail acharné (spoiler ce n’est pas de l’argent). Je n’ai pas la moindre idée de si c’est pareil au Royaume-Uni, mais j’ai supposé que oui. Mais si ça se trouve, je me plante complètement et il n’y a pas l’ombre d’un manoir pour ultra riche à Castleton.

De même mes seules connaissances en histoire se limite à la lecture de pages Wikipédia. Je suis un auteur amateur et je n'ai donc pas le temps de faire des recherches pour pondre une histoire de la communauté sorcière cohérente avec ce que l’on sait de la période ou pour glisser des connaissances historiques dans mon histoire. C’est dommage, car en plus de rendre ma fic éducative, je suis sûr que ça m’inspirait de chouettes histoires. En attendant, prenez tout ce qui est dans ma fic comme de la pure fiction.

Note de l’auteur 2 : À la base, je voulais que la dernière phrase de Nott senior soit : « Engrosse vite une femme de noble ligné afin que notre nom perdure. ». Mais j’y ai renoncé, car je me suis dit que le moment ne se prêtait pas à la galéjade.

Poudlard

Dans un pop de transplanage, ils arrivèrent finalement tous les 5 dans une clairière au milieu des bois.

Sachant qu’après leur dernier combat, ils auraient probablement l’intégralité des forces de Voldemort à leur trousse, ils avaient décidé de profiter des nouvelles capacités de Théo pour faire le reste du voyage en transplanant.

Malgré tout, dès leur arrivée, Dobby s’écroula de fatigue. Théo ne s’était pas senti suffisamment à l’aise pour embarquer plus d’un passager. En conséquence, l’elfe (toujours pas remis de ce qu’il s’était passé au cottage) avait dû fournir le plus gros effort.

— Tout le monde est en vie ? Criez si vous êtes blessé. Demanda Nott la baguette levée prête au combat pendant que les autres se retenaient de vomir après le transplanage chaotique qu’ils venaient de subir.

Tous répondirent qu’ils allaient bien. Il continua alors à monter la garde pendant que Blaise et Justin se penchèrent sur Dobby. Même Vernon semblait inquiet de son état (malgré son aspect et ses manières repoussantes, il avait fini par s’attacher à la créature). Pétunia quant à elle, sachant qu’elle ne pouvait rien pour l’elfe, commença à explorer les environs afin de savoir où ils étaient arrivés.

Au bout de quelques minutes, elle franchit une barrière formée d’un enchevêtrement de plantes dont elle préférait penser qu’il ne s’agissait que de lierres sauvages, parfaitement inoffensif et non d’une autre monstruosité créée par la magie et elle poussa un hoquet d’exclamation. Elle était au sommet d’une falaise à la pente extrêmement abrupte et à quelques centaines de mètres, un magnifique château trônait dans toute sa splendeur. La magnificence des lieux était telle qu’elle n’eut pas besoin de la confirmation du jeune Nott pour comprendre où elle était. À ce moment-là, elle pensa à sa sœur et une larme coula le long de ses joues.

_Tu vois Lily, ça m’a pris 30 ans, mais moi aussi, je suis allée à Poudlard.

Pour se remettre de son choc elle s’appuya sur l’antique barrière en bois qui était tout ce qui la séparait d’un gouffre d’une dizaine de mètres.

Pendant que Petunia (vite rejoint par Vernon qui portait Dobby encore évanouie sur son dos) admirait la vue qu’offrait le château, les autres jeunes sorciers habitués durant 3 ans par ce spectacle se concentrèrent sur le village situé à ses abords. Même d’ici, Pré-au-lard était méconnaissable. Le paisible et pittoresque village sorcier semblait s’être transformé en une ville fortifiée de plusieurs milliers d’habitants. Pré au lard était désormais le village frontière d’une vaste muraille faite de bric et de broc, mais surtout d’une barrière magique dont les jeunes sorciers purent sentir la puissance d’ici. Tous les professeurs de Poudlard avaient dû réunir leur puissance et leur connaissance pour pouvoir la bâtir. Mais la muraille était insuffisante pour enrailler la marée d’abris insalubre qui semblait avoir pris d’assaut les faubourgs de Pré-au-lard formant ainsi un gigantesque bidonville où devait s’entasser des dizaines de milliers de réfugiés.

— Comment va Dobby ? Demanda Pétunia.

— Je n’en sais rien. Je lui ai lancé les sorts de soin que je connais, mais je ne suis pas médicomage, moi. Répondit Blaise

— Il va bien madame. Il a juste besoin de repos. Affirma Nott avec une étrange certitude.

— Madame et pas la moldu ? Remarqua Pétunia.

Avant que l’adolescent gêné de s’être fait prendre en flagrant délit d’humanité ne puisse répondre, une dizaine de sorciers sortirent des fourrés et commencèrent à les mitrailler de tout coté. Malgré les boucliers, dressé à la hâte par les 3 garçons pour tenter de les protéger. Pétunia fut rapidement touchée et sous la violence du sort s’envola par-dessus la barrière qui la séparait du gouffre. Ses dernières pensées, avant que tous ne deviennent noirs, furent :

« Même si tu recules, tu avances vers la mort »

C’est bizarre les bêtises qui vous passent par la tête avant de mourir.

oOoOoOo

Théodore avait mal. Il essaya d’ouvrir les yeux, mais les referma aussitôt. Quelqu’un approchait. Il s’efforça de faire semblant d’être inconscient tout en essayant de deviner où était sa baguette. L’inconnue s’approcha, et sans un mot se pencha contre lui. Très vite, il fut si proche qu’il pouvait sentir sa respiration contre lui. Pendant quelques secondes, il sembla l’examiner en silence. Puis Nott ressentit une vive douleur au front et quelqu’un lui hurla dans l’oreille :

— DEBOUT LES MORTS !

Nott sursauta tellement qu’il serait tombé à la renverse s’il n’était pas solidement attaché au lit. En jurant contre ce sombre abrutit, il tenta de trouver un moyen de détacher ses liens, pendant que dans le lit d’à côté Justin se réveillait encore groggy :

— Fred, qu’est-ce que tu fais ici ? S’exclama Justin en se redressant. Apparemment, lui n’était pas attaché, se dit Nott.

— À la base, j’avais demandé sa sœur, mais on m’a dit qu’elle était trop jeune. Répondit un homme portant une robe de médicommage élimé en se frottant l’œil, comme pour effacer un souvenir douloureux.

— Je ne supportais plus Percy et ses allures de petit chef alors j’ai demandé à ce qu’on me file un boulot et comme j’étais doué en potion, j’ai atterri ici. Allez, ouvre grand. Répondit Fred comme s’il n’avait pas été interrompu avec un sourire farceur en sortant de sa poche un énorme suppositoire.

— Je n’ouvrirai rien tant que tu seras là. Répondit Justin.

— Un tel refus ne serait jamais arrivé avec sa sœur. Cru bon de rajouter l’homme malgré le regard incendiaire que Fred lui adressa. Ce dernier l’ignora et s’approcha de Nott

— Arrêtez de solliciter votre magie. Vous allez juste retarder votre guérison et la fin de ma journée de travail.

Cette dernière remarque ne fit rien pour rassurer Nott qui ne pensait pas qu’il était possible de remarquer ses tentatives pour briser les sorts qui le maintenaient couché contre le lit. Mais il n’en montra rien et pendant qu’il détaillait l’homme, il demanda :

— Où est-ce qu’on est ?

— Dans l’infirmerie de Poudlard. Répondit l'homme.

— Ça ne ressemble pas à l’infirmerie de Poudlard. Fit remarquer Justin

Effectivement, la grande pièce entourée de lit et d’appareil médicaux tout juste séparé par quelques rideaux ne rappelait rien à Nott. Mais celui-ci préférait détailler l’homme. Il était sûr de l’avoir déjà vu. Pourtant, il aurait difficilement pu oublier un médicomage à la tenue si débraillée. De plus, sa baguette était recouverte d’une couleur rouge clinquante et sa robe de medicomage de divers bijoux en argent qui ne devait pas être très réglementaire.

— Pourquoi suis-je attaché ?

— Pour vous empêcher de trucider notre nouvel infirmier. Pas que ça me dérangerait, mais cette fois, j’aimerais vous revoir après que toutes vos blessures aient été guéries.

C’est là qu’un souvenir revient à Nott et son sang se glaça. Instinctivement, il essaya de se reculer, mais fut de nouveau bloqué par ses liens. Puis se rappelant où il était, il dit d’une voix d’où il ne parvint pas à cacher sa peur (à sa grande honte) :

— Je vous reconnais. Vous êtes Greg Housser. Pendant la guerre, vous avez soigné des mangemorts et ensuite vous avez aidé mon père à recaser d’anciens fidèles de Tu-sais-qui à Saint-mangouste.

— C’est vrai ce qu’il raconte ? Demanda Fred pendant que Justin se levait précipitamment de son lit.

— Pour ma défense, ils avaient plus de compétence médicale que les mannequins en lingerie féminine que j’avais d’abord envisagé.

Tous levèrent leur baguette contre Greg. Comment Justin en avait-il récupéré une et pourquoi lui n’était-il pas attaché ? Se demanda Nott.

— Vous êtes dans quels camps ? Demanda Blaise qui venait d’apparaître dans le champ de vision de Nott.

Celui-ci ne put se retenir de pousser un soupir de soulagement en voyant son ami en parfaite santé et libre de ses mouvements. Contrairement à Justin et lui, Blaise n’arborait pas le pyjama de saint-mangouste, mais la robe qu’il portait au moment de leur départ du cottage où Dumbledore les avaient cachés.

— Quand j’étais à Serpentard, personne n’aurait osé me poser une question aussi idiote. Je suis dans mon camp.

Sans tenir compte des baguettes braquées sur lui, Il tenta de s’occuper d’une blessure que Justin avait ré-ouverte en se levant trop précipitamment, mais ce dernier recula.

— Ne sois pas ridicule. Dit Housser en poussant Justin sans ménagement sur son lit et en arrachant son ancien bandage pendant que les autres réfléchissaient encore pour savoir s’il devait le stupefixier ou non.

— Aie ! Vous me faites mal. S’exclama Justin.

Il ignora la plainte et tout en vérifiant que les blessures de Justin étaient complètement guéries, Housser expliqua :

— Vous n’avez pas connu cette époque, vous ne pouvez pas juger. Je suis medicomage, j’ai juré de soigner. Qu’est-ce que j’étais censé dire à un jeune mangemort de 20 ans en train de se vider de son sang en appelant sa mère ? Désolé, mais ils vous ont coupé le mauvais bras. Revenez quand vous aurez perdu celui avec la marque. J’ai fait comme tout le monde : ce que je pouvais. Après la guerre, je suis devenue un médicomage réputé et j’ai reçu des sollicitations de toutes parts pour prendre des apprentis. Y compris de ton père. Précisa-t-il en se tournant vers Nott. Puis il reprit :

— Sachant que je n’étais pas non plus exemplaire, j’ai choisi les plus doués sans me préoccuper de leur passé. Après tout, ils avaient autant droit que moi à une seconde chance. Comme tout le monde, je pensais que le seigneur des ténèbres ne reviendrait pas. Comment j’aurais pu savoir ? Personne avant lui n’avait réussi à vaincre la mort.

— Vous oubliez Herpo l'Infâme. Objecta Blaise

— Ce n’est qu’une légende. Et revenir sous la forme d’un spectre moins dangereux qu’un fantôme pour ensuite disparaitre on ne sait où, je n'appelle pas ça revenir.

— Dumbledore…. Tenta d’objecter Blaise

— L’une des choses que Dumbledore appréciait chez moi, c’est que j’étais l’un des rares sorciers à ne pas boire ses paroles comme si elles étaient pissées par un putain de messie.

— Dumbledore ! Où est-il ? Si on est vraiment à Poudlard, on doit pouvoir lui parler. Demanda Nott, qui était sûr que le vieux sorcier était sa meilleure chance qu’on le détache et lui rende sa baguette.

Le visage de Fred et Greg s’assombrit.

— Il est mort. Dit laconiquement Fred.

— Comment ça, mort ?

— Mort, comme décédé, clamsé, canné, calanché, refroidi, déposer le bilan, casser sa pipe, aérer ses tripes. Déclara Greg sans la moindre pitié.

— Mais ce n’est pas possible. C’est Dumbledore. Comment c’est arrivé ? Termina Justin en voyant l’expression de Fred et Greg. Tous avaient baissé leur baguette.

— Comme tout le monde. En se vidant les tripes par tous les orifices. Répondit avec colère Greg, en retournant examiner Nott qui ce coups-ci se laissa faire.

— Il est mort après l’attaque du stade à cause des effets des radiateurs. Expliqua Fred plus charitable

— Des radiations. Précisa Greg.

Nott et Blaise ne savaient pas ce qu’étaient des radiations, mais ils n’étaient pas sûrs de vouloir en savoir plus sur une magie noire capable de blesser mortellement Dumbledore. De toute façon, ils étaient trop sonnés par la nouvelle pour penser clairement. Cela sembla énerver Greg qui leur assena :

— Oh, mais vous allez arrêter ce cirque. À son âge, ce n’est pas une tragédie. Économiser vos larmes pour vos proches.

— Comment vous pouvez dire ça ? Comment est-ce que l’on pourrait gagner sans lui ? Reprocha Nott.

— Quand je pense que votre père n’arrêtait pas de me bassiner sur votre intelligence. Dumbledore n’était qu’un homme. Aussi puissant soit-il, il n’allait pas déterminer l’issue de la guerre à lui tout seul. À votre place, je m’inquiéterai plus de la disparition de la quasi-totalité de l’ordre du phénix et des aurors. De l’inaction d’Ombrage qui se contente de renforcer ses défenses en espérant que Vous-savez-qui préféra négocier avec elle plutôt que de l’attaquer. Ou du blocus que le seigneur des ténèbres impose à l’enclave de Poudlard pour l’obliger à se rendre et des rationnements de plus en plus sévères que nous impose le ministère.

Nott resta bouché et tenta de réprimer la tempête d’émotion qui se battait en lui. Le pire était que malgré tous les efforts qu’il faisait pour le nier, l’information qui le bouleversait le plus était que son père ait pu être fier de lui. Heureusement ni Justin ni Blaise ne semblait n’avoir noté l’information :

— Qui protège Poudlard dans ce cas ?

— Vous étiez où durant les dernières semaines ? Dans une grotte ? Demanda Greg.

Aucun ne lui répondit, alors Fred lâcha laconiquement :

— Le ministère.

— On va tous mourir ! S’exclama Blaise.

— C’est ce qui arrive à la plupart des gens au bout d’un moment. Rétorqua Greg d’une voix sarcastique.

— Monsieur Zabini, je vous prierais de modérer vos propos. Je vous rappellerais qu’officiellement le ministère n’a toujours pas statué sur votre sort. Vous abstenir de rependre des calomnies sur notre noble et puissante administration ne pourrait que vous être favorable. S’exclama une voix autoritaire dont Nott ne pouvait pas voir le propriétaire.

— Huerg. Excuse-moi Percy. Depuis que tu es rentré, il y a une odeur de faillot qui me donne des haut-le-cœur ? Dit Fred en faisant semblant d’avoir envie de vomir.

— Hilarant. Dis-moi, tu n’aurais pas un pot de chambre à changer ?

— Tu as raison, ça sentirait moins mauvais. Répondit Fred en faisant une grimace de dégoût en direction de son frère.

— Ça va vous deux ? Demanda Justin à Fred et Percy.

Même si ça n’avait jamais été l’amour fou entre le préfet en chef et les jumeaux farceur, il trouvait bizarre (et un peu triste) de les voir autant à couteau tiré.

— À merveille. Et je vous prierais de vous adresser à moi en tant que sous-secrétaire d’état de la ministre de la magie. Répondit Percy sur un ton sec avant de s’avancer vers Nott.

— Monsieur Nott, je suppose que vous savez pourquoi je suis ici ?

Nott tenta de manière exagérément visible de se libérer des sorts qui l’entravaient avant de répondre :

— J’ai quelque présomption. Mais il serait bien arrogant de ma part de croire mon cas suffisamment important pour retenir l’attention d’un aussi haut personnage.

— Sachez que je ne goûte pas plus la flatterie que l’insolence. Assena-t-il avec un ton encore plus sec, alors que son visage rougissant montrait qu’il n’était pas insensible aux paroles du serpentard. Puis il continua :

— Mais vous avez en partie raison, normalement, j’aurais laissé le soin au département de la justice magique, de déterminer votre punition pour avoir franchi illégalement notre frontière. Cependant, Comme vous êtes mineur je tiens à m’occuper personnellement de ce problème. Il va de soi que je ne remets pas en cause le professionnalisme des hommes engagé par notre gouvernement, mais dans leur zèle à maintenir l’ordre et la sécurité, il leur arrive de ne pas respecter scrupuleusement certaines procédures. Et vous comprendrez aisément que la situation nous impose d’avoir quelque suspicion à votre égard.

— Vous n’avez aucune raison de suspecter Théo de quoi que ce soit ! S’insurgea Justin.

Mais Percy poursuivit sans faire attention à l’interruption :

— Puis-je savoir pourquoi le fils d’un partisan bien connu de Vous-Savez-Qui a tenté de pénétrer furtivement le périmètre de protection de l’enclave de Poudlard avec l’elfe de maison de Vous-savez-qui et les parents adoptifs de son hôte ?

— Pour cueillir des champignons. Ils sont excellents en cette saison. C’est évident qu’ils sont venus à Poudlard pour s’y réfugier. Blaise vous l’a déjà dit. Répondit à sa place Greg Housser.

— Ce n’est pas vous que j’interroge. Mais si vous y tenez pourriez-vous m’indiquer pourquoi je n’ai pas été immédiatement prévenu qu’il était en état d’être interrogé, comme je vous l’avais expressément demandé après qu’à votre demande j’ai autorisé à ce qu’il soit soigné en dehors des cachots ?

— Ce n’est pas de ma faute si le ramassis de brutes sans cervelle que vous appelez une milice les a mis dans cet état.

— Face au seigneur des ténèbres, on ne peut prendre aucun risque. Et je vous rappelle qu’il n’a pas été tendre non plus avec nos hommes.

— Les pauvres choux. À 20 contre 3 enfants et deux moldus, ils ont dû avoir vachement peur. Quoi qu’il en soit, il a encore besoin de repos avant de pouvoir faire face à la stupidité du ministère, sans perdre trop de points de QI.

— Surveillez vos propos. Je ne sais pas comment vous l’avait obtenu, mais même la protection d’Ombrage à ses limites.

— Vous êtes sûr que vous n’avez pas une menace plus importante que celle du bébé mangemort à vous occuper ? Les bébés loup-garou par exemple ?

Pour la première fois, depuis qu’il était rentré, Percy baissa les yeux et répondit sur ton hésitant qui rappelait à Justin le préfet qu’il avait connu pendant 3 ans à Poudlard :

— Ombrage dit que c’est nécessaire, pour souder la population. Et ça réduit la pression sur les vivres.

— Ombrage dit beaucoup de connerie. Tout ce que vous avez réussi à faire, c’est à les pousser dans les bras de Vous-savez-qui et à donner du crédit à sa propagande. Vous trouvez qu’il n’a pas assez de partisans ?

— Ce n'est pas le sujet.

— Ça devrait l’être.

Les deux hommes se fusillèrent du regard. Aucun ne flancha jusqu’à ce que Nott demande :

— Écoutez de toute façon, on ne veut pas rester. Laissez-nous partir sur le continent et on ne vous gênera plus.

— Si c’était si simple, ça ferait longtemps que j’aurais envoyé Fred chez Charlie en Roumanie. Seul les portoloins créés avant que le seigneur des ténèbres n’ait placé sa barrière fonctionnent. Et Ombrage en rationne sévèrement l'usage. Cela ne me fait pas plus plaisir qu’à vous d’être ici alors essayons d’en finir rapidement. Donc pourquoi l’elfe du seigneur des ténèbres était avec vous ?

— Dobby est un elfe libre. Répondit Nott par réflexe.

— Cela n’existe pas. D’après le registre des elfes du département de gestion des créatures magiques, il appartient à monsieur Potter. Rétorqua Percy.

— Vous avez pris le temps de prendre ce genre de paperasses avant de fuir ?

— La bureaucratie est le prix à payer pour la civilisation.

Devant l’incrédulité générale Percy rajouta :

— J’attends toujours votre réponse.

— Laisse Théo tranquille, Percy, je t’ai déjà répondu que... tenta Blaise avant de se faire rapidement rabrouer :

— Pour la dernière fois, c’est monsieur le sous-secrétaire d’état du ministre.

— Ou sa majesté, son excellence, son altesse. En présence d’une certaine préfète de Serdaigle, il accepte aussi ‘mon petit chou’. Répliqua Fred qui passait innocemment avec une bassine plein d’un liquide suspect.

Avant que Percy ne puisse envoyer une réplique acerbe à son petit frère, un avion en papier aux couleurs du ministère s’écrasa contre son visage et il se mit à le déplier avec agacement puis à lire la note avec une frayeur manifeste.

— Qu’est-ce qui se passe ? Demanda Justin.

— Rien qui ne vous concerne. Reprenons notre discussion. Pourriez-vous me dire...

Mais Fred subtilisa la note puis s’exclama :

— Mais il est dingue !

— Rends-moi ça. Ordonna Percy en profitant d’un instant d’inattention de Fred pour la lui reprendre.

— Il faut que vous montiez une équipe de secours. Poursuivi Fred.

— Et avec quoi ? On ne peut pas se permettre de disperser nos forces. C’est probablement ce qu’espère Vous-savez-qui. De toute façon personne ne serait assez fou pour y aller.

— Moi, je le suis ! Répondit Fred

— Et ça recommence. Se plaignit Percy en mettant sa main contre sa figure comme pour soigner un mal de tête.

— Je recommencerais jusqu’à ce que tu me laisses intégrer la milice. Je veux me battre.

— Pour une fois gamin écoute ton frère. T’es bien plus utile ici. La milice n’est qu’une bande de charognards qui passe son temps à racketter la population intervint Greg.

— C’est de la trahison. S’offusqua Percy.

— Pire, c’est la vérité. Crois-moi mon expérience, les honnêtes gens sont bien plus dangereux que les traîtres. Ce sont les seuls à ne pas aller dans le sens du vent. Puis ne se tournant vers Fred, il rajouta :

— Quant à toi, je ne connaissais pas ton frère, mais j’ai tenu la main à suffisamment de mourants pour savoir qu’il n’aurait pas voulu que tu risques ta vie pour venger la sienne.

— George est mort ! S’exclama Justin.

— Oui. Dit Fred avec tristesse, puis il enchaîna avec une joie forcée. Mais il y a plus important que moi. Et George n’aurait pas voulu que je me morfonde. La confédér...

— Arrête, c’est confidentiel.

— En quoi ? Tu sais bien que de toute façon tout se sait dans ce chateau. Même la mort de Dumbledore, vous n’avez pas pu la garder secrète plus d’une journée, alors que vous avez été jusqu’à utiliser son corps pour fabriquer du polynectar. Je disais, la confédération internationale des sorciers a envoyé quelqu’un pour enquêter sur ce qui se passe dans le Royaume-Uni et Vous-Savez-Qui l’a capturé dès son arrivée.

— C’est plutôt bon pour nous. Maintenant, la confédération va être obligée d’intervenir non ? Demanda Blaise, appuyé par Fred qui ne comprenait pas ce qui était passé par la tête de Celui-dont-on ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

— Oui, mais contre qui ? À votre avis qui la confédération va t’elle croire coupable : Harry Potter, le grand défenseur des opprimés et tueur de mage noir qui contrôle la majorité du pays et a le soutien des grandes fortunes ou une obscure fonctionnaire connue pour son racisme et son absence de scrupule qui a commencé son règne en mentant sur la mort de Dumbledore. Répondit Nott à la place de Percy.

— Ah enfin quelqu’un qui fait honneur à ma maison. S’exclama Greg.

— Alors c’est la fin. On a fait tout ce voyage pour rien. Dit Justin d’une petite voix.

— Au contraire, c’est notre ticket de sortie. Je suppose qu’Ombrage a prévu de lui donner un de ses précieux portoloin internationaux pour qu’elle puisse aller raconter à la confédération les secrets de Vous-Savez-Qui. Si on la libère, on l’obligera à nous laisser l’accompagner et on pourra quitter le pays.

— Je croyais que cela ne servirait à rien de quitter le pays ? Que Vous-savez-qui nous retrouverai toujours ? Demanda Blaise.

— Il a d’autres chats à fouetter maintenant. Et après… Après ce qui s’est passé durant notre voyage, je pense que nous ne serons plus autant poursuivis. Expliqua Nott à son ami.

— Je vous accompagne. S’exclama Fred.

— Moi aussi. Dit immédiatement Justin.

Blaise quant à lui resta silencieux. Il ne voulait pas les abandonner et n’avait guère envie de s’éterniser dans cette version dépressive de Poudlard qu’il avait arpentée avec les Dursley (pétunia n’ayant eu aucune blessure magique, elle avait été guérie en quelques coups de baguette par Greg), pendant que ses amis se remettaient des blessures dues à leur capture. Sans compter que sa mère lui manquait. Mais il était terrifié à l’idée de devoir faire de nouveau face aux mangemorts.

Percy quant à lui se frottait la tête comme si un soudain mal de crâne l’avait pris.

— Je vais le redire lentement pour que vous compreniez : VOUS ÊTES TROP JEUNE. Si je voulais des incapables, j’ai de bien meilleurs candidats.

— Vraiment ? Moi, je crois que vous n’avez pas d’autres choix. De toute façon, si on ne fait rien, le seigneur des ténèbres gagnera et il nous tuera tous. Si on a de la chance. Rajouta-t-il sombrement. Autant tenter le tout pour le tout.

— Mr Nott, je vous félicite d’avoir aussi vite compris la situation. Mais être intelligent ne suffit pas et je vous assure que nous ne sommes pas désespérés au point de confier une telle mission à des enfants.

— Moi, je crois que si. Affrontez-moi en duel et vous verrez si je ne suis pas votre meilleur espoir.

— Jeune homme c’est ridicule.

— Au contraire, c’est une très bonne idée. À moins que tu aies peur de te faire botter le cul par ton petit frère qui n’a même pas obtenu 3 buses. Le défia Fred avec malice.

— Finalement, tu as raison. Décréta Percy avec une drôle de lueur dans le regard.

— Vraiment ! S’exclama Fred. Heu, j’ai toujours raison. En garde. Fit Fred plus aussi sûr de lui

— Voyons Fred. Maman se retournerait dans sa tombe si elle nous voyait nous battre. Sans compter que ce serait un très mauvais exemple à donner à Ginny. J’ai une meilleure idée : GUIL ! Termina Percy en criant.

Suite à cet appel, une montagne de muscles de deux mettre de haut passa difficilement la porte de l’infirmerie en faisant trembler le sol à chacun de ses pas

— Je vous présente Guill, mon garde du corps. Le présenta Percy.

— GOARPF. Salua le géant. En-tout-cas ça ressemblait à un salut pensa Blaise.

— Guill, ces garçons pensent qu’ils peuvent te battre en duel. Expliqua Percy à haute et intelligible voix, en faisant de grands gestes comme s’il s’adressait à un petit enfant.

— Houarf houarf houarf. Ria-t-il à gorge déployée d’une façon qui rappelait un aboiement de chien.

— Tu es sûr que tu veux tenter ta chance Fred ? Personne ne t’en voudrait d’avoir peur. Le défia Percy.

— Bien sûr que oui. Je vais te montrer de quoi je suis capable. Répondit Fred en tremblant.

Ne pouvant plus reculer il se mit en position de duel. Puis commença à courir lorsque son sort le plus puissant rebondit sur le géant sans lui causer la moindre égratignure.

— Il n’aurait pas du sang de troll ? Murmura Greg à Percy.

— Il y a des chances. Répondit Percy laconiquement.

— La peau des trolls n’est pas immunisée à la magie ? Continua Greg.

— C’est possible. Acquiesça-t-il sans détacher les yeux du spectacle qui se déroulait devant lui.

— Il va juste se faire défoncer la gueule ? Insista Greg inquiet pour son assistant.

— Non. Je suis sûr que Fred m’écoutait attentivement lorsque je lui ai mentionné ce détail la semaine dernière et qu’il l’a pris en compte avant d’accepter mon défi. Ouille ! Ça doit faire mal ça. Commenta Percy avec le sourire lorsqu’il vit le géant renvoyer avec facilité un sort qui propulsa Fred contre le mur.

Greg l’apostropha alors avec une fausse colère qui ne cachait pas son air inquiet :

— Fred, espèce de tire-au-flanc, sache que côte brisée ou pas côte brisée, tu feras ton boulot comme prévu, alors arrête tes conneries et va laver Madame Andersen. Elle a encore fait, tu sais quoi.

Pendant un instant, Fred hésita, mais la bosse qui s’était formée à l’arrière de son crâne lui fit comprendre qu’il valait mieux affronter les intestins fragiles de madame Andersen. À contrecœur, Fred admit sa défaite et se leva en se frottant l’arrière de la tête.

— Laissez-moi essayer. Dit Théodore avec détermination.

— Pardon ? Fit Percy avec incrédulité.

— Le deal, c’est que si on le bat vous nous confiez la mission. Libérez-moi et j’en fais de la chair à pâtée de votre monstre.

— Si tu y tiens. Répondit Percy.

Avant que Greg ne puisse s’interposer Percy leva ses entraves et Théodore, rapide comme une flèche s’élança, vola la baguette de Justin et lança au demi-troll un sort noir si puissant qu’il vola jusqu’à l’autre bout de la pièce. À l’insu de tous Nott poussa un soupir de soulagement. Il n’était pas sûr que la baguette de Justin serait suffisamment coopérative avec lui. Sans un mot, il se retourna et s’avança vers son public encore médusé :

— Est-ce que cela vous suffit. Ou il faut aussi que je gagne une partie d’échecs et que je résolve une énigme ?

Malheureusement, Percy n’eut pas le temps de répondre avant que les alertes anti-magie-noire ne raisonnent dans tout le château et qu’une dizaine de gardes n’arrivent pour arrêter le mage noir qui était parvenu à s’infiltrer aussi profondément dans les entrailles du ministère. Percy dut faire preuve de toute son autorité pour le faire sortir du cachot où il fut enfermé (et de toute sa ruse pour persuader Greg de le soigner une troisième fois plutôt que de le tuer)

— Je ne te fais toujours pas confiance, mais tu es notre meilleure chance. Vas-y et ramène-moi ma promotio… heu l’émissaire de la confédération. Dit Percy en le sortant de sa geôle, accompagné de Justin et Blaise

— Et je t’accompagne. Rajouta Justin.

— C’est hors de question.

— Tu as besoin de quelqu’un qui connaît le monde moldu et il est hors de question que tu y ailles tout seul. Je t’accompagne, c’est non négociable. Insista Justin.

Nott, connaissant le caractère de Justin, n’essaya pas de négocier. Et secrètement, il était plutôt content qu’il l’accompagne. À la place, il demanda :

— Blaise ?

— Qu’on soit clair. Je viens uniquement pour être sûr de pouvoir partir en France avec vous. Rien ne se mettrait en travers de moi et les belles-filles françaises.

Percy leur tendit alors leur baguette :

— Tenez, voici votre baguette. Nous vous avons enlevé la trace. Vous pouvez utiliser la magie sans risque de vous faire repérer. En fait, nous sommes en train de la supprimer de tous les sorciers mineurs de l’enclave.

— Est-ce que Dobby vient avec nous ? Demanda Blaise.

— Il ne s’est pas encore totalement remis du voyage. Et de toute façon, il préfère rester protéger les Dursley.

Greg se marie

— Greg une patiente veut te voir. Hurla Pomphresh dans la vaste infirmerie de Poudlard

— Désolé, il est 17 heures, je rentre chez moi.

— Retrouver quoi ? Lui répondit Pomphresh sans la moindre douceur, en lui poussant dans les mains la fiche d’admission de la patiente qui venait d’arriver avec tous les symptômes d’une éclabouille mal soigné et d’un dossier médical trafiqué. Plus tard, elle s’en voudrait d’avoir été aussi sèche avec lui, mais là, elle était trop fatiguée pour supporter ses caprices.

Comprenant qu’il était inutile de discuter avec la dragonne, il allât vers le lit indiqué sur la fiche. Dès qu’il eut tiré le rideau destiné à donner un minimum d’intimité à l’occupant des lieux, il s’exclama :

— Georgette, tu étais censé être au lit. Après, c’est vrai que je t’ai dit de te reposer, donc je comprends le dilemme.

— Ben tient, et tu crois que mon mac accepte les arrêts-maladies ?

— Oh, arrête ton cirque. Fait comme tout le monde dit lui que tu as la diarrhée, il n’ira pas vérifier.

— Et mon gosse, je le nourris comment ? Est-ce que tu sors du château de temps en temps ? C’est la merde dehors.

Après un instant de silence à cogiter, il répondit :

— Épouse-moi.

— Tu es fou ? S’exclama la patiente.

— Mais pourquoi tout le monde me demande ça ?

— Ne me dis quand même pas que tu es tombé amoureux de moi ? Pas toi !

— Bien sûr que non, je n’en ai pas les moyens. En-tout-cas pas plus de deux heures par semaine. Si tu m’épouses, je pourrai te faire venir au château et tu auras accès aux cuisines du ministère. C’est juste un mariage blanc. Si tu veux, tu pourras continuer à travailler et dès que la guerre sera finie, on se séparera.

Elle resta silencieuse pendant quelque temps.

— Je ne veux pas de ta pitié. Lâcha-t-elle au bout d’un moment

— Dans le cas présent, il s’agirait plutôt de faire des économies. Une femme et un gosse me coûterait beaucoup moins cher. Et puis si ça se trouve, je suis le père du gamin.

— Non, ce n’est pas toi. Affirma-t-elle sur le ton de l’évidence.

— Qu’est-ce que tu en sais ?

— À ton âge, tu devrais savoir que pour faire des enfants, c’est l’autre trou.

— Non !!! Tu sais qui est son père du gosse !? S’exclama Greg avec surprise.

— Qu’est-ce qui te fait croire ça ? Répondit Georgette sur la défensive.

— C’est mignon. Après tout ce temps qu’on a passé ensemble, tu espères encore me cacher des choses. Allez dit moi qui c’est ?

— Non

— Mais heu, JE VEUX SAVOIR, JE VEUX SAVOIR, JE VEUX SAVOIR. Cria Greg avec l’expression colérique d’un gamin faisant un caprice.

— Calme-toi, je t’en prie. Je ne peux rien te dire.

— Je suis son médecin traitant, je te rappelle. J’ai besoin d’avoir toutes les informations possibles. Et puis, il pourrait vous aider. C’est son fils quand même.

Elle soupira. Elle connaissant suffisamment Greg pour savoir qu’il n’abandonnerait pas tant qu’il n’aurait pas ses réponses. De plus, si vraiment sa proposition était sérieuse, il valait mieux pour elle qu’elle ne se le mette pas à dos. Du moins jusqu’à la fin de cette guerre. Elle regarda autour d’elle, saisie sa baguette et lança quelques sorts qu’elle utilisait d’habitude pour que ses ébats avec des hommes mariés restent discrets. Puis elle murmura :

— C’est un mangemort. Et un des pires. Je ne veux pas qu’il le sache.

— Un jour, il va finir par poser des questions.

— Tu crois qu’il t’a entendu pour ça ? Je lui ai dit que son père était un retraité du ministère qui venait souvent me voir. Il est mort de vieillesse il y a 6 ans, donc il ne risque pas de me contredire.

— Et comment tu peux être sûr que c’est un mensonge ? Ça pourrait très bien être lui le père. Ou quelqu’un d’autre. Ce ne sont pas les possibilités qui manquent et tu sais aussi bien que moi que les sorts de contraceptions ne sont pas totalement fiables.

— Les miens si. C’est surtout pour ça que je ne veux pas qu’il sache. Son père, ce n'était pas vraiment un client. Sa femme venait de mourir et pour faire son deuil, il n'a rien trouvé de mieux à faire que de venir dans l’allée des embrumes et de passer sa colère sur toutes celles qui se trouvaient sur son chemin. Ce n’est pas le premier taré à nous faire ce genre de coup et d’habitude, je suis préparé à les recevoir. Mais ce jour-là, j’étais avec un client qui me payait une petite fortune pour m’attacher et me faire des trucs que je garderais pour moi. Il était bizarre, mais ce n’était pas un mauvais gars et je m’en voudrais de salir sa mémoire. Il aurait pu s’enfuir et me laisser là, mais il a tenu à me détacher. Ça lui a été fatal. Lorsque cet enfoiré m’a vu nue sur le lit, il est devenu comme fou et puis il a … Il a …

Elle ravala un sanglot puis elle poursuivit.

— Enfin bref, contrairement à mes clients normaux, il n’a pris aucune précaution et 9 mois plus tard, j’héritais d’un lardon avec l’énorme pif de cet enfant de salaud. Moi, je n’ai pas fait de grandes études, mais je sais additionner deux et deux.

Indifférent au bouleversement que la remémoration de ces événements avait provoqué chez sa future épouse, il commenta :

— Maintenant, que tu le dis, c’est vrai qu’il ressemble beaucoup à son frère. Ils ont tous les deux une incroyable capacité à pousser les gens à leur taper dessus.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Oui, le père est bien qui vous pensez. Pour ceux qui n’auraient pas deviné ce pseudo-mystère, vous aurez la réponse dans un chapitre lointain.

Les résistants anglais sauvent les agents de la confédération

Constance Webb avait du mal à respirer. Mais ça n’avait rien à voir avec la cagoule qui lui recouvrait le visage. Ni avec la puanteur qui l’assaillait depuis que ses ravisseurs l’avaient faite transplaner.

Dès son arrivée sur le territoire anglais, son groupe avait été attaqué. Ils étaient pourtant des représentants de la confédération magique internationale. Avaient-ils donc perdu la tête ? Même Grindelwald n’avait jamais osé s’en prendre aussi ouvertement à la confédération. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait peur. Elle était sur le point de faire une attaque de panique lorsqu’on lui enleva sa cagoule. Elle regarda partout autour d’elle pour capter le moindre indice sur l’endroit où elle se trouvait, mais vomit avant d’avoir pu analyser quoi que ce soit. Elle savait maintenant d’où provenait cette odeur affreuse qui lui prenait la gorge. Elle se ressaisit et se força à examiner minutieusement l’endroit. Elle était déjà venue ici, elle en était sûre. Malgré son dégoût, elle se força à examiner les lieux avec application, puis remarqua un détail : les gravures derrière les gigantesques bûchers où brûlaient des corps tordus par la douleur. C’était celle du hall du ministère de la magie. Mais ce n’était pas possible. Et pourtant, elle dut l’accepter. Cette antichambre de l’enfer était bel et bien le hall du ministère.

Les murs méconnaissables étaient maintenant recouverts d’une poussière noire qui, elle en était sûre, était composé de cendres humaines. L’endroit autrefois si vivant était entièrement silencieux à part une psalmodie continue, interrompue régulièrement par des coups de fouet provenant de l’ancien emplacement de la fontaine de la fraternité magique. Elle se tourna dans sa direction et vit qu’a la place de la fontaine se dressait maintenant une gigantesque statue de Voldemort qui, assit sur une pile de cadavres des différentes espèces, se faisait couronner par Salazar Serpentard. Devant la statue, des hommes et des femmes de tout âge et à moitié nus, étaient enchaînés et contraints par un garde de réciter en continu des prières à la statue. Quand l’un d’entre eux faiblissait, il était fouetté jusqu’à ce qu’il trouve la force de recommencer.

Une voix glaciale vint interrompre ses pensées :

— J’espère que ça vous plaît. Je compte re-décorer le monde de cette façon.

Elle se retourna dans la direction de la voie froide qui avait prononcé ses mots et déglutit. Devant elle se tenait assit sur un trône d’or, Harry Potter qui la regardait de ses yeux rouges plein de haine.

— Vous (…) Vous ne vous en sortirez pas comme ça.

— Bien, je vois que les diplomates ne sont pas aussi lâches qu’on le dit. Mais j’ai bien peur qu’il ne s’agisse là que d’un vœu pieu. Il n’existe plus personne pour s’opposer à moi. Désormais, tous s’inclineront devant moi. Ou leur famille subira le même sort. Harangua-t-il en pointant les pauvres ères qui continuaient à adresser leurs prières à la gloire de Voldemort. D’ailleurs, si vous voulez assister au spectacle une place vient de se libérer.

Il lança un Wingardium leviosa. Constance leva les yeux et vit qu’au-dessus de Voldemort, une dizaine de personnes étaient crucifiés. L’une d’elles se décrocha et fut éjectée jusqu’au pied de la statue. Puis Harry hurla d’une voix terrifiante :

— Edgard Guzman. Je t’accorde une minute de répit pour faire tes adieux à ton père. Ensuite, lance-le dans le bûcher. Il commence à faire froid ici.

Constance était tellement terrorisée qu’elle ne put que silencieusement regarder un homme d’une vingtaine d’années être détaché et se mettre à pleurer devant le cadavre. Puis il sécha ses larmes, se saisit du corps et, comme demandé, le jeta dans le feu, où il se consuma en répandant une odeur abjecte.

— Une dernière chose Edgard. Si tu survis à l’épreuve de la génuflexion. Sache que dorénavant, tu succéderas à ton père en tant que paterfamilias de ton domaine. Si un membre de ta famille ose encore, ne serait-ce que penser à me désobéir. C’est toi qui en seras tenu pour responsable.

— Oui monseigneur. Je ne vous décevrais pas.

Harry se retourna de nouveau vers Constance qui ne put s’empêcher de trembler :

— Quant à vous, je vais être direct : rejoignez-moi. Ou vous en subirez les conséquences.

Constance rassembla tout son courage.

— Non. Je préfère mourir que de travailler pour un monstre comme vous.

— Un monstre dites-vous ? Je devrais vous tuer. Cependant, j’ai vraiment besoin d’un nouvel agent au sein de la confédération magique internationale. Je crains qu’en me transmettant l’heure et le lieu de votre arrivée, mon agent actuel se soit un peu trop exposé. Une soirée avec Macnair vous fera peut-être changer d’avis. Emmenez-la dans les cachots.

Aussitôt, un mangemort aux cheveux blonds qui ne devaient pas avoir plus de 14 ans lui remit une cagoule sur la tête et la traîna magiquement dans les sous-sols du ministère.

oOoOoOo

Elle resta seule pendant plusieurs heures à angoisser dans une geôle puante. Au début, elle tenta de trouver un moyen de s’échapper, mais ce n’était pas une fiction ici. Les murs étaient solides et il n’y avait aucune chance qu’elle puisse surprendre le garde qui viendrait l’emmener chez son tortionnaire. Une fois qu’elle se fut résignée en fait d’évasion, elle chercha un moyen de mettre fin à ses jours avant qu’on ne l’amène à ce Macnair. Mais elle eut beau chercher, elle ne trouva rien. Elle ne devait pas être la première prisonnière à tenter quelque chose de la sorte. Malgré la crasse qui tapissait le lieu, elle s’assit à même le sol et se mit à penser. De toute façon, elle n’avait guère choix, vu que sa cellule ne comportait aucun meuble (en dehors d’un seau pour faire ses besoins).

Elle n’avait pas menti au seigneur des ténèbres. Ce qu’elle avait vu depuis son arrivée l’avait convaincue que même la mort était plus douce que de vivre sous son joug. Pour la première fois, elle comprenait pourquoi les Anglais en étaient venus à craindre jusqu’à prononcer le nom de cet être abject. Elle savait que si elle s’en sortait, elle bannirait de sa vie tout ce qui pourrait lui rappeler ces quelques minutes passées dans sa salle du trône.

Elle fut sortie de ses pensées par des bruits de pas venant dans sa direction, suivit des plaintes des prisonniers entassés dans les autres cellules. Contrairement aux autres, au moins, avait-elle eu le privilège d’une cellule individuelle. Tous imploraient le visiteur quel qu’il soit. Certains réclamaient de l’eau, d’autres de la nourriture, mais le plus souvent, ils demandaient juste des nouvelles de leurs proches. Un homme petit et masqué en tenue de mangemort s’arrêta devant sa cellule et l’ouvrit. Aussitôt, elle se jeta sur lui. Elle ne se faisait pas d’illusions. Sans sa baguette, elle n’avait aucune chance de parvenir à s’évader. Elle espérait juste que sous la surprise, il la repousse suffisamment violemment pour la blesser mortellement. Après tout, les hommes capables de servir ce monstre devaient eux-mêmes être des bêtes sanguinaires portées sur une extrême violence. Mais à sa grande surprise, il s’écarta, et, emportée par son élan, elle percuta la porte d’une autre cellule.

Le mangemort dit d’une voix traînante :

— C’est bon, vous avez fini de jouer ? Maintenant, si vous tenez à la vie, suivez-moi. Je vais essayer de vous faire sortir.

— Que, quoi ? Bredouilla-t-elle.

— Vous êtes aussi bête qu’un Gryffondor.

L’homme profitant de son étourdissement passager, la saisit avec violence par le bras et la traîna de force dans les couloirs. Le mangemort ne lui inspirait aucune confiance, mais il était son seul espoir. Elle se résolut donc à lui obéir. Ils durent à plusieurs reprises se dissimuler pour laisser passer des patrouilles de garde et emprunter des chemins détournés dans les sous-sols du ministère dont elle ignorait l’existence jusqu’alors. Il faut dire qu’elle n’était venue qu’une fois à la fin de la dernière guerre pour vérifier que la déclaration universelle des droits des sorciers était bien respectée. Ou plutôt qu’elle ne l’était pas. Elle avait compris dès son premier jour, que son rapport n’avait d’autre but que de faire croire que les procédures avaient été respectées. À l’époque, elle n’avait pas compris comment le grand Dumbledore pouvait tolérer de tels abus. Et encore moins qu’il valide la censure de son travail. Maintenant, elle entrapercevait les raisons qui avaient motivé le vénérable sorcier.

Ils arrivèrent finalement au niveau du hall, près des cheminées qui étaient désormais condamnées. Mais à leurs pieds se trouvait un garde évanouit. Son ange gardien la mit d’autorité dans son dos et se mit en position de combat. Sans crier gare, il lança un sort de magie noire extrêmement vicieux vers ce qui lui semblait être un coin vide de la pièce, mais une incantation raisonna et il heurta bruyamment un bouclier.

À sa grande surprise, il baissa alors sa baguette et prononça avec surprise :

— Nott !

Il retira sa cagoule et elle put voir qu’il s’agissait du jeune homme qui, un peu plus tôt l’avait enfermé dans les souterrains.

— Malfoy. Répondit une voix sans émotion. Aussitôt après, deux garçons du même âge que son sauveur apparut. Mais eux ne baissèrent pas leur baguette. La première pensée qui vint à Constance fut : ‘ils sont si jeunes’.

— Qu’est-ce que tu fais là ? Tu promènes ton sang de bourbe ?

Celui qui semblait visé par l’insulte raciste répondit :

— Et toi, t’as enfin trouvé quelqu’un d’assez désespéré pour coucher avec toi ? À moins que tu ne les aimes, mature ?

Constance s’offusqua, mais la peur la maintenait silencieuse. Mais Malfoy ne fut pas aussi pondéré qu’elle :

— Espèce de sale vermine, tu devrais déjà être reconnaissant que je te laisse respirer le même air que moi.

— Stop ! Ordonna celui qui devait être Nott. Il n’avait pas élevé la voix, mais il avait prononcé ce simple mot avec tellement d’autorité que tous se turent en attendant la suite.

— Malfoy. Nous sommes deux et tu es seul. Tu ne peux pas l’emporter alors rend toi.

— Le sang de bourbe compte pour la moitié d’un sorcier. Cracha son protecteur sans faire signe de se rendre.

— Espèce de sale petit (..) commença le dit sang de bourbe, mais Nott l’arrêta d’un geste. Malfoy continua avec satisfaction de son horripilante vox traînante :

— Et de toute façon, un duel attirerait trop l’attention. D’ailleurs, le bruit de mon sort percutant votre bouclier a déjà dû alerter les gardes que vous n’avez pas déjà étourdis. Si j’étais vous, je fuirais avant qu’il n’arrive.

— Pour que tu nous attaques dans le dos. Je préfère encore tenter de te combattre et de m’enfuir après. Répondit le Née-moldu.

— Décidément, tu sembles bien pressé de mourir. Mais heureusement pour toi, j’ai d’autres chats à fouetter. Laisse mon invitée partir et je te promets de te laisser me stupéfixier. Quoi que tu sois venu faire ici, ça m’arrange. Je me demandais justement comme j’allais réussir à masquer mon rôle dans son évasion.

Nott sembla intrigué :

— Qui est-elle ?

— Je ne vois pas pourquoi tu aurais besoin de le savoir.

— Je suis Constance Webb. Envoyé de la confédération internationale. Dit-elle, énervée d’être traité comme si elle n’était pas présente dans la pièce

— Est-ce que je vous ai autorisé à parler, sale mégère ? L’insulta automatiquement Malfoy.

Mais c’était apparemment la chose à faire, car les deux jeunes hommes baissèrent à leur tour leurs baguettes.

— Madame, je me nomme Justin Finch-Fletchley et lui, Théodore Nott. Excusez-moi pour ma remarque de tout à l’heure. C’est vous que nous somme venue chercher. Venez avec nous et nous vous escorterons jusqu’à Poudlard (...)

— Non, il faut qu’elle quitte le pays avent que le maître ne se rendre compte de sa disparition. Cria Malfoy, de manière presque hystérique.

— Et comment tu veux faire ça ? Notre seule chance, de franchir la barrière est de l’emmener à Poudlard pour que ce qu’il reste du ministère lui donne un portoloin international.

— Hors de question que je remette ma vie entre les mains de ces incompétents corrompus ! Elle quitte le pays, point. Il faut absolument que le monde extérieur sache ce qu’il se passe ici, si on veut espérer que la confédération intervienne.

— Malfoy, merci pour ton aide, mais (…)

— Je n’aide pas les sangs de bourbe, je veux juste voir le balafré crever.

— Comme tu veux, moi non plus ça ne m’enchante pas, mais je t’assure qu’on n’a pas le choix.

— Très bien, faites comme vous voulez. Finis par concéder Malfoy en entendant des bruits de pas au loin.

Il lança Constance sans ménagement dans leur direction.

— Stupéfixez-moi, avant de partir. Et faite en sorte que ce soit convaincant ou (…)

— Stupéfix. Hurla Justin

Il mit tellement de puissances dans le sort que Malfoy fut projeté dans les airs et se cogna violemment contre le mur. Son corps inanimé s’écroula ensuite sur le sol. Du sang coula le long de son crâne. Nott regarda Justin sévèrement.

— Quoi ? Il a dit que ça devait être convaincant. Se défendit Justin.

Nott soupira, mais décida de passer à autre chose et fit signe à Constance de le suivre. Aucun ne remarqua qu’un rat les suivait jusqu’au lieu où Blaise gardait leurs sombrals

— Bon montez derrière moi. Ordonna Nott. Avec un peu de chance, on sera arrivé à Poudlard avant que l’alerte de ne soit donnée.

— Non. Affirma simplement Constance.

— Comment ça non ? Fit Nott.

— Je ne peux pas partir tant que je n’aurais pas terminé mon enquête. Expliqua la diplomate.

— Parce que vous n’en avez pas assez vu peut-être ? Demanda Blaise incrédule.

— C’est justement parce que j’en ai trop vu que je ne partirai pas avant d’être sûr d’avoir suffisamment de preuve pour convaincre même les membres les plus réticents de la confédération. Malheureusement, je sais d’expériences que mes souvenirs ou mon témoignage sous Véritaserum ne suffiront pas. Il me faudrait d’autres preuves.

— On s’en fiche de vos rapports. Nous tout ce qu’on veut, c’est foutre le camp d’ici avec vous. Cria Blaise

— Je n’ai pas subi tout ça pour rien. Je vous remercie de m’avoir sauvé, mais à partir de maintenant, je me débrouillerai. Donnez-moi juste un sombral et je m’en irai.

Nott lança un rapide coup d’œil au deux autres. Tous pensaient la même chose. S’il la laissait partir maintenant, adieux leurs tickets pour le continent. Après un instant, il acquiesça :

— C’est trop dangereux de voyager seul. En plus, vous n’arrivez même pas à voir les sombral. Affirma-t-il en la voyant fixer le vide à quelques centimètres de la tête de son sombral. Promettez-nous qu’on pourra venir avec vous en Suisse et vous accompagne. Où voulez-vous aller ?

— Je peux me débrouiller seul et vous êtes trop jeune pour que je…

— Où voulez-vous aller ? La coupa Nott avec autorité en enfourchant son sombral.

— À Azkaban.

Enquête à Azkaban

Un nouveau jour magnifique se levait pensa Voldemort en entendant les cris des suppliciés le réveiller. Un sourire mauvais aux lèvres, il se leva de l’antique lit à baldaquin de Poudlard qui constituait (avec une armoire à disparaître) le seul meuble de la pourtant spacieuse chambre des anciens appartements du ministère de la magie. Voldemort ne voulait pas perdre son temps avec des décorations inutiles.

Il fit signe à l’immense serpent qui dormait au pied de son lit de le suivre, alors qu’il marcha d’un pas lent jusqu’au balcon qui surplombait le hall du ministère. Ainsi, il pouvait commencer chacune de ses journées par observer les minuscules cafardes qui, de nuits comme de jours, travaillaient pour lui et au besoin, punir ceux qui, inconscient du regard de leur maître, manquait de diligence dans leur travail. C’est grâce à de petites actions de ce genre qu’il avait pu, malgré sa frêle apparence, inculquer petit à petit un sentiment d’oppression permanente, puis de terreur, et finalement d’obéissance aveugle au sein des nombreux fonctionnaires non marqués qu’il avait dû recruter en urgence.

Voldemort sourit à ce spectacle. C’était dorénavant une véritable fourmilière de serviteurs dévoués qui s’activait devant ses yeux. Ils étaient dorénavant assez nombreux pour qu’il n’impose plus directement son pouvoir à ses sujets. C’en serait bientôt fini de devoir jouer les sauveurs du monde sorcier devant ces petits nobliaux tous plus pitoyables les uns que les autres. Déjà, certains avaient vu les vents tourner et s’étaient empressés de venir réaffirmer leur soumission. Bien sûr, il y en aurait d’assez stupides ou idéalistes pour vouloir se rebeller. Cependant, il espérait que la rumeur de ce qui était arrivé à Edgard Guzman et aux autres dissidents se répandrait suffisamment vite pour les terroriser à la simple idée d’oser le défier. Malgré leur stupidité congénitale, le plus idiot de ses sujets comprendrait forcément un message aussi simple : quel que soit votre rang ou votre crime, vous n’échapperez pas au regard vengeur de Lord Voldemort.

Enfin, d’Harry Potter, pensa-t-il en riant presque. Grâce aux lettres de dénonciation que des voisins bienveillants lui envoyaient par centaine, il savait que dans le secret des têtes et des cœurs des sorciers anglais, Potter devenait le nouveau seigneur des ténèbres et reléguait Voldemort en seconde place.

Finalement, Ombrage, lui avait rendu service. Comment aurait-il fait sans un aussi bon ennemi pour justifier ses enlèvements, le climat de terreur et finalement les génuflexions ? D’un autre côté, sans elle, il n’aurait pas eu à faire tout ça pour prendre le contrôle du Royaume-Uni. Mais cela aurait été du gâchis. En plus de renforcer extrêmement lentement son noyau magique au prix d’une partie de l’espérance de vie des psalmodieurs, ce rituel était remarquablement distrayant.

Toc, toc, toc.

— Entrez ! Cracha Voldemort avec colère, lorsque des coups furent frappés à la porte. Il détestait qu’on l’interrompe dans ses pensées.

Immédiatement, Peter entra et se prosterna devant lui et se traîna comme un ver jusqu’à ses pieds, sur la moquette hors de prix. Cela calma Voldemort. Pour une raison qu’il ignorait depuis sa résurrection, la vue du rat le détendait.

— Monseigneur, pardon de vous déranger de si bon matin, mais il faut que je vous informe d’une nouvelle urgente.

— Si c’est une bonne nouvelle, parle, sinon tais-toi. Je ne veux pas que votre incompétence gâche cette admirable matinée.

Sur ses mots, il fit un geste négligent de la main, un autre corps crucifixié rejoignit le bûcher. Pour son plus grand plaisir, un immense cri raisonna dans tout le hall. Apparemment, celui-ci respirait encore. Puis il se demanda si en l’achevant, il n’avait pas fait une bonne action et se renfrogna.

— Monseigneur, je crains que cela ne puisse attendre…

— Silencio ! Et remercie Merlin, que je sois d’humeur clémente aujourd’hui. La prochaine fois qu’il te prendra l’envie de remettre en question mes ordres, tu iras les rejoindre. Menaça Voldemort en pointant du doigt les sorciers enchaînés qui chantaient la longue litanie d’amplification des pouvoirs que les roi-sorciers de Mésopotamie avaient imposé à leur clergé lorsqu’ils se faisaient passer pour des dieux.

Les yeux remplis de terreur, Peter tenta de s’incliner encore plus bas, mais ne parvint qu’à se cogner la tête par terre.

— Pitoyable. Ne reste pas planté là, imbécile et rends-toi utile. Contacte cette fouille merde de Rita Skeeter et demande-lui ce qu’elle a apprit sur Dumbledore. Il est temps qu’elle prouve que j’ai eu raison de l’épargner. Lui commanda Voldemort avec l’espoir d’avoir enfin des réponses à ses questions.

Voldemort ne s’était jamais intéressé au passé de son vieil ennemi. En fait, après sa mort, il avait tout fait pour l’oublier (lui et son dernier affront). Cependant, en découvrant les deux arches intactes au milieu des restes calcinés par le Feudeymon du département des mystères, il avait été forcé de revoir son jugement. En temps normal, il n’aurait même pas prêté attention à l’arche. Contrairement aux serdaigles, il ne s’intéressait aux savoirs et aux énigmes que lorsqu’elles pouvaient lui être utile et les recherches sur l’étrange magie qui entourait l’arche était bien trop théorique pour avoir une quelconque utilité avant la fin de cette guerre.

Cependant, lorsqu’il s’était approché, il avait immédiatement compris que ces arches étaient liées aux reliques de la mort. Ce jour-là, il avait bien failli passer de l’autre côté, sa magie aspirée par quelque chose dans l’horizon des évènements qui souhaitait revenir à tout prix, quitte à le détruire lui. Heureusement, la magie de l’arche était identique à celle des reliques et grâce à celle-ci, il avait pu la dompter. Depuis, comme s’il s’était mis à bouder, les voiles étaient devenus de simples bouts de tissus que plus rien n’animait. Il avait pensé naïvement que les reliques étaient les seuls artefacts utilisant cette magie si puissante et … dérangeante. Il s’était trompé et avait failli en payer lourdement le prix.

Il était dorénavant déterminé à en apprendre le plus possible sur ces choses, mais encore une fois Dumbledore s’était dressée sur sa route. Durant les dernières semaines précédant sa mort, le vieux sorcier avait méthodiquement fait récupérer tous les ouvrages parlants des trois frères. Le vieux fou savait quelque chose, qu’il ne voulait pas qu’il découvre. Cependant, il n’avait aucune envie de se pencher sur la longue succession de mièvrerie hypocrite qu’avait dû constituer sa vie et avait donc délégué la tâche à cette Rita Skeeter qui avait fait du si bon travail ces derniers mois pour discréditer ses ennemis.

Mais il chassa cela de ses pensées et sans accorder plus d’attention à Queudver, il se dirigea avec son serpent en direction de l’ascenseur privé qui le mènerait jusqu’au hall du ministère. Puis quelque chose lui revint en mémoire.

— Avant de partir, trouve Drago et dit lui qu’il peut venir nettoyer ma chambre et que si à mon retour, je ne trouve ne serait-ce qu’un grain de poussière, il passera de nouveau la nuit enfermée dans le placard.

— Bien maître. S’inclina Queudver une dernière fois.

Après une descente qui dura moins de deux secondes, les portes de l’ascenseur doré s’ouvrirent avec une sonnerie caractéristique. Immédiatement, tous cessèrent leur activité pour s’agenouiller devant lui. Il prêta à peine l’œil à ce spectacle devenu routinier et s’assit sur son trône. C’est alors qu’il le remarqua. La peur empuantissait l’atmosphère. Encore plus que d’habitude.

— Votre incompétence, n’a-t-elle donc aucune limite ? Qu’avez-vous encore fait pour me décevoir ?

Quelques minutes et explication plus tard.

— IMBÉCILE.AVADA KEDAVRA, vous valez à peine mieux que des sangs de bourbe. AVADA KEDAVRA !

Voldemort continua de les insulter et de jeter des avadas au hasard jusqu’à ce que le dernier mangemort ait quitté la salle en courant. Puis devant les prisonniers enchaînés qui était tellement terrorisé qu’ils en avaient arrêté leur psalmodie, il laissa éclater sa colère dans un déferlement de magie qui détruisit toutes les fenêtres du hall et lézarda certains murs dans un bruit effroyable qui fit craindre (ou espérer) aux pauvres hères piégés avec lui que l’endroit aller s’écrouler. La satisfaction de voir que la magie de son hôte avait bien progressé l’aida à se calmer. Sans un mot, il s’assit sur son trône. L’évasion de Constance, allez l’obliger à précipiter ses plans.

Mais cela était peut-être un mal pour un bien. Il aurait préféré avoir plus de troupes et une maîtrise complète de l’Angleterre avant de passer à l’étape suivante, mais c’était peut-être un signe qu’il perdait du temps dans de vaines précautions. Oui, il était temps qu’il passe enfin aux choses sérieuses.

oOoOoOoOo

— Quand est-ce qu’on arrive ? Demanda Justin.

— On serait arrivé plut tôt si tu n’avais pas vomi au-dessus de Liverpool.

— Si on ne faisait pas autant de virages aussi.

Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’ils longeaient la côte - à une vitesse de vol faramineuse - à la recherche de la sinistre forteresse d’Azkaban, sans prendre le temps de dormir. C’était la stratégie qu’ils avaient décidé d’adopter lorsque les sombrals avaient subitement perdu tout sens de l’orientation et s’étaient mis à tourner en rond de plus en plus nerveusement. Apparemment quelque chose dans les environs perturbait les animaux et les empêchait d’utiliser leur instinct de navigation pour les mener à destination. Ils s’étaient consolés en se disant qu’au moins cela voulait probablement dire qu’ils étaient au bon endroit.

Leurs recherches avaient été tellement longues que le soleil commençait doucement à poindre à l’horizon. Même si cela voulait dire qu’il serait plus dur de rester discret et qu’il devrait faire encore plus de détours pour éviter d’être remarqué par des moldus (ou d’éventuelle sentinelles), tous étaient tellement frigorifiés qu’ils ne pouvaient s’empêcher d’accueillir avec espoir les premiers rayons lumineux. Ils s’étaient attendus à avoir froid en volant aussi vite et s’étaient équipé en conséquence, mais depuis quelques kilomètres, c’était à une véritable tempête de glace qu’ils devaient faire face. Ils savaient que les températures de la mer du Nord n’étaient pas particulièrement agréables en cette fin d’été, mais jamais ils n’auraient cru devoir faire face à un climat aussi rude. Malgré tout, ils n’eurent que peu de compassion pour les prisonniers qui avaient été enfermés durant des années dans la terrible prison sans aucune protection contre le froid. Durant leur voyage et leur visite du ministère, ils avaient vu ce dont ils étaient capables. Il avait fallu beaucoup d’effort à Nott pour convaincre Justin qu’il ne pouvait pas tous les libérer sans donner l’alarme.

— Regardez ! S’exclama Blaise.

Tous regardèrent dans la direction pointée par Blaise et virent avec effroi le sommet d’une tour noir pointé au loin. Tout d’un coup, ils n’étaient plus aussi pressés d’en finir avec cette interminable nuit blanche. Sans avoir besoin de se consulter, ils tirèrent sur les rennes de leur sombral et les contraignirent à rester en vol stationnaire les uns à côté des autres.

— Bon, c’est quoi le plan demanda Justin ?

— Faites qu’elle ne dise pas qu’il faut qu’on rentre à l’intérieur. Faites qu’elles ne disent pas qu’il faut qu’on rentre à l’intérieur. Commença à égrener Blaise à voix haute.

— Il faut que JE rentre à l’intérieur. Vous, vous pouvez m’attendre à l’extérieur et faire le guet. Rectifia Constance.

— Excellent plan. Approuva immédiatement Blaise

— Excellent, si on veut avoir fait tout ça pour rien. Contra Nott. Il n’est pas aussi simple de s’infiltrer à l’intérieur d’Azkaban. D’ailleurs qu’est-ce que vous espérez y trouver exactement ?

— Je dois impérativement savoir ce qui s’y passe. D’après le ministère de la magie, c’est là que les mangemorts envoient tous leurs opposants. Je dois découvrir ce qui leur arrive.

— C’est tout !? Vous nous avez fait parcourir la moitié du pays uniquement pour savoir ce que cela fait d’être exposés aux détraqueurs !? Si on n’avait pas autant besoin de vous vivante, je me chargerais moi-même de vous en donner un aperçu. La vilipenda Nott en se retournant.

— Théo !

— Je suis en mesure de me défendre monsieur Finch-Fletchey. Quant à vous, jeune homme, je vous prie de surveiller vos manières. Le voyage a beau avoir été épuisant ce n’est pas une raison pour se comporter de la sorte. Que diraient vos parents, s’ils vous voyaient vous comporter de la sorte ?

En voyant les regards d’effroi des deux autres elle comprit qu’elle venait de dire quelque chose qui ne fallait pas et commença à prendre peur. Elle aurait peut-être dû attendre de ne plus être à 400 mètres au-dessus de l’océan déchaîné pour admonester le conducteur de sa frêle monture. Mais contre toute attente, il hurla de rire. C’était un rire froid qui ressemblait davantage à un cri de douleur qu’à une expression de joie. Une fois calmé, il se tourna vers elle avec de nouveau un regard sans expression d’où tout émotion avait été gommé :

— De toute évidence, je suis trop fatigué pour continuer. Trouvons un endroit sûr pour nous reposer puis vous nous expliquerez ce que vous êtes venus chercher dans ce trou à rat, afin que nous élaborerions un plan. Mais je vous préviens que si vous ne nous fournissez pas une bonne raison de risquer notre peau, je vous…

Mais la fin de sa phrase fut remplacée par un frisson de froid et un sentiment de malaise l’envahit. Il regarda le ciel et eu l’impression que le soleil avait inversé sa course. Le monde redevenait sombre et c’était comme si plus aucune lumière n’allait jamais percer les nuages noirs qui obscurcissaient peu à peu sa vison. Tout d’un coup, Nott se mit à repenser à l’enterrement de sa mère puis à revivre l’événement. Comme à l’époque, il avait l’impression que toute joie l’avait déserté et qu’il ne pourrait plus jamais sourire.

C’est là que Justin cria :

— Détraqueur !!

Sans l’attendre Justin et Blaise lancèrent leur sombral à pleine vitesse en direction des côtes. Grâce à un petit coup dans le dos de Constance, il reprit ses esprits et fonça dans leur direction. Il ne mit pas longtemps à les rattraper, mais à sa plus grande horreur, il comprit que les mangeurs d’âme leur avaient tendu un piège. Devant eux se tenait un mur de détraqueurs qui, malgré les impressionnantes manœuvres aériennes de leur sombral, se refermait petit à petit sur eux. Les premières créatures qu’ils avaient rencontrées n’étaient que des rabatteurs chargés de les mener vers leur perte. Nott ne savait pas que les détraqueurs étaient si intelligents, mais il avait lu que plus ils absorbaient d’âmes plus leur intelligence augmentait. Nott n’osait pas réfléchir à ce que cela impliquait et sortit sa baguette et hurla sans trop y croire :

— Exptecto patronum.

Une faible brume sortit de sa baguette. Malgré tous les efforts de son père, Nott n’avait jamais été capable de produire mieux. Cependant en concentrant le sort sur une partie du dispositif des détraqueurs, il put à force de répétition percée un trou dans leur défense où les sombral s’engouffrèrent sans attendre les ordres de leurs cavaliers. Après quelques secondes qui parurent une éternité, ils aperçurent enfin la cote. Et c’est là que l’enfer se déchaîna.

Tout d’un coup, ils se retrouvèrent au milieu d’une pluie de sorts venant de la plage de galets. La plupart les manquèrent, mais certains touchèrent les ailes de leur sombral qui perdirent de l’altitude à grande vitesse. Pendant toute la descente, Nott eut l’impression d’avoir l’esprit rempli de coton. Il savait qu’il aurait dû faire quelque chose, mais son esprit pas encore remis de sa rencontre avec les détraqueur et d’une nuit blanche de vol et d’angoisse était comme engourdit. Il ne devait qu’au conditionnement opéré par les entraînements de son père de ne pas s’évanouir au moment de l’impact. Mais cela aurait peut-être mieux valu, pensa-t-il en voyant une les mangeurs d’âme les rattraper rapidement et les encercler.

Il répéta en boucle la formule du patronus et une mince couche de brume blanchâtre les recouvrit, mais les créatures n’eurent aucun mal à la briser et il commença à entendre la douce voix de sa mère lui demander de lui pardonner. Il savait ce qui arriverait ensuite alors il ferma les yeux et hurla de toutes ses forces :

— Exptecto patronum.

Mais rien ne se produit. Il répéta avec de plus en plus de désespoir la formule, bientôt suivit par Blaise, Justin et Constance, mais très vite tous s’évanouir et il revit sa mère prendre ...

— NON ! Hurla-t-il en lançant un sortilège cuisant sur sa cuisse.

La douleur lui fit rependre ses esprits un bref instant. Suffisamment longtemps pour voir un détraqueur soulever Justin et l’approcher lentement de sa bouche. Tout d’un coup, le visage souriant de Blaise, Justin et même d’Harry s’imposa à son esprit (un Harry dépourvu du regard cruel qui défigurait actuellement ses traits)

— Expecto patronum.

Cette fois, ce fut un gigantesque blaireau qui sortit de sa baguette et chargea la centaine de détraqueur. Chancelant sur ses jambes, Nott se rapprocha de Justin et constata avec soulagement que le détraqueur ne lui avait rien fait. Cependant, il ne pouvait pas rester ici. Il tenta de soulever son ami, mais ne parvint qu’à s’écrouler par terre. C’est à ce moment-là qu’une main-forte la tira sur ses deux pieds.

— Laisse, je m’en occupe.

L’inconnu à qui appartenait cette voix prix Justin dans ses bras et ordonna de le suivre. Malgré sa méfiance Nott trouva suffisamment de force pour le suivre jusqu’à une cabane de berger perdu dans la lande ou il put enfin s’écrouler de fatigue.

oOoOoOoOoOo

Le soleil fut haut dans le ciel, lorsque Justin fut réveillé par une odeur de chocolat chaud.

— Bois gamin. C’est sans doute de la fumisterie, mais les gens du coin disent que ça éloigne les esprits des naufragés. Lui dit un homme d’une trentaine d’année avec une longue barbe sale, assis à cote de lui.

— Les quoi ? Demanda Justin lorsque le chocolat chaud eu fini de les requinquer.

— C’est une légende locale que se racontent les pécheurs.

L’homme se racla la gorge et récita avec une voix grave :

_Près du pique du naufragé couvert en permanence de brouillard même en plein soleil de midi, on aperçoit parfois sortir de la brume des âmes en peine cherchant à voler l’âme des marins trop curieux. La légende raconte que lors des grands moments de fêtes, les fantômes attirés par l’explosion de vie se traînent jusqu’à la cote pour s’accaparer les bons sentiments dans une tentative vaine de retrouver leur vie perdue. Pour se libérer de leur envoûtement, l’amour de ses proches et une bonne dose de chocolat serait nécessaire.

Pendant que le trentenaire au regard bourru lui racontait son histoire, Justin obtempéra et bu son chocolat chaud. Théodore l’aurait sans doute assassiné d’être aussi peu méfiant, mais un coup d’œil lui apprit que son ami (encore endormi sur une paillasse improvisée à côté de Blaise et Constance) n’était pas en état de lui faire des reproches. Il ne savait pas ce qui s’était passé après que les détraqueur les ait encerclés, mais de toute évidence l’homme les avait recueillis et protégé, alors qu’il était dans un sale état.

— Qui êtes-vous ? Demanda Justin.

— Je suis Tom Hunter, détective privé spécialisé dans les phénomènes paranormaux. Dit-il en lui tendant une carte, avec un numéro de téléphone et un logo ressemblant à un détective pourchassant un fantôme.

— Cool ! Ne put s’empêcher de s’exclamer Justin. Moi, c’est Justin Finch Fletchey.

— Enchanté Justin. Maintenant, si tu es suffisamment remis, j’aimerais te poser quelques questions ?

Par réflexe, Justin se tendit, ce qui n’échappa pas à l’œil expert de Tom Hunter.

— Apparemment, on a deux trois choses à se reprocher. Mais crois-moi, je pourchasse des poissons bien plus gros que toi et tes copains. À moins que vous ayez quelque chose à voir avec les disparitions ? Demanda-t-il d’un ais faussement détendu. Tout d’un coup, Justin remarqua le flingue à sa ceinture et se demanda où était sa baguette.

— Des disparitions ? Quelles disparitions ?

— Ne joue pas au con avec moi. Tous les villages aux alentours ont été vidés de leurs habitants et la fille de mon client a disparu pendant ses vacances avec des amis dans la région.

— Drôle d’endroit pour des vacances.

— Ne change pas de sujet. Pourquoi tes petits copains enlèvent-ils tous ces gens ? Qu’est-ce que vous trafiquer ?

— Quels copains ?

Ah oui, et ça c’est quoi ? Dit-il en brandissant leur baguette magique. Par réflexe, Justin tenta d’attraper la sienne, mais l’homme la mit hors de sa portée. Justin comprit qu’il venait de commettre une erreur. Il profita du silence gênant qui s’installa entre eux pour réfléchir. L’homme les avait aidés et il en savait déjà beaucoup. Qu’elle mal y aurait-il à lui dire la vérité. De toute façon, il n’avait jamais été un grand fan de la loi du secret magique.

— Oui on est des sorciers, mais on n’a rien à voir avec les sbires du seigneur des ténèbres. Si vous surveillez la zone, vous avez bien dû voir qu’ils nous ont attaqués.

— Le seigneur des ténèbres !? Il y a un lien avec Harry Potter ?

Justin répondit sans réfléchir :

— Harry n’a rien à voir avec le seigneur des ténèbres. Jamais il ne ferait de mal à qui que ce soit. Le seigneur des ténèbres le possède. Attendez comment vous connaissez Harry ? Vous n’êtes pas un moldu ?

— C’est une longue histoire. Mais disons que grâce à lui, ma hiérarchie a enfin eu une excuse en béton pour me virer de la police.

— Oh ! Je suis désolé.

— Y a pas de raison. Déjà, c’est normal que j’assume mes conneries. Mais surtout ça a été une chance. Je n’étais pas fait pour le travail de policier. Dans ce boulot, je me sens réellement utile. Enfin, quand j’en trouve du boulot. Mais ne détourne pas la conversation. Si vous n’êtes pas avec eux, qu’est-ce que vous êtes venue faire ici ?

Justin hésita avant de répondre :

— Qu’est-ce qui me dit que vous ne faites pas semblant d’être un moldu pour qu’on vous raconte tout ?

— On n’est pas dans un roman à deux balles ici. Personne n’utilise des stratagèmes aussi compliqués.

— Vous ne savez pas de quoi le seigneur des ténèbres est capable. Depuis qu’il est revenu, tout le monde se méfie de tout le monde, les familles s’entre-déchirent, plus personne ne sait qu’elle est la vérité, ni même s’il y en a une.

— Si ma courte expérience m’a appris quelque chose, c’est que la vérité est ailleurs.

— Ça, c’est X-Files. Répondit Justin avec un sourire.

— Piégé. Pour ma défense, je n'aurais pas cru que les sorciers connaissaient X-files.

— Ils ne regardent pas. En fait, la plupart ne savent même pas ce qu’est une télé.

Justin allait continuer, mais se figea quelques secondes avant de dire :

— Je sais ce que vous faites. Vous essayez de créer un sentiment de confiance et de familiarités pour me tirer les vers du nez. Ma mère fait pareil, lorsqu’elle dîne avec des politiques.

— Peut-être bien. Ça marche ?

— Oui. Si je suis sûr d’une chose, c’est qu’aucun des serviteurs du seigneur des ténèbres ne connaît X-files. On est venue pour la même raison que vous : découvrir ce qui se passe ici.

— Vous n’êtes pas un peu jeune pour jouer les détectives ? Où sont vos parents ? Et qui est cette femme ? L’inonda de question Tom avec une avidité maladive maintenant que Justin semblait disposer à parler.

— Théo va me tuer lorsqu’il saura que j’ai tout balancé à un inconnu.

— Et il aura raison. Veuillez poursuivre, je vous prie. Répondit Tom en lui donnant une immense barre de chocolat, en guise de corruptions. Justin prit quelques minutes pour réfléchir à comment expliquer la situation à un moldu.

— Nos parents se sont enfuis à l’étranger juste avant que le seigneur des ténèbres ne prenne le pouvoir, mais nous, on est resté coincé ici et le seul moyen qu’on a de les rejoindre, c’est que ce qui reste du ministère nous donne un des portoloins créés avant que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ne bloque toute entrée et sortie de l’île.

— C’est à cause des sorciers qu’on ne peut plus sortir du Royaume-Unis, depuis les attentats du 11 août !? Attends, c’est vous les attentats du 11 août ?

Justin acquiesça.

— Seigneur ! Après un moment de silence, Tom demanda : donc si je devine cette femme est un passeur payé par vos parents pour vous faire fuir le pays en passant par une zone peu surveillée de la mer du Nord sur ces chevaux ailés de cauchemars ?

— Vous avez vu nos sombrales ?

— Oui bien sûr. C’est difficile de les louper. Avant que tu ne demandes, après que vous vous fûtes évanoui des hommes portant une robe noire et avec des masques blancs sont venues inspecter la zone et les ont pris. Je ne sais pas où ils les ont emmenées et je n’ai aucune envie de leur demander.

Justin profita des explications de l’homme pour décider si cela valait le coup de corriger la version proposée par le moldu. Les serpentard avait une mauvaise influence sur lui, décida-t-il avant de désigner Constance en expliquant :

— Constance n’est pas une passeuse, mais une représentante de la fédération magique internationale envoyée pour enquêter sur ce qui se passe ici. Le seigneur des ténèbres l’a capturé dès son arrivée et emprisonné à Londres. Lorsqu’on l’a appris, Théodore y a vu une bonne opportunité de quitter le pays. Enfin ça, c’est ce qu’il dit. Enfin bref, on a emprunté des sombrals à Poudlard et on est parti à Londres, pour la libérer en espérant qu’on pourrait l’accompagner en Suisse et ensuite rejoindre nos parents en France. On a eu un gros coup de bol qui nous a permis de la libérer sans prendre de risque, mais elle refuse de quitter le pays tant qu’elle n’aura pas suffisamment de preuves pour obliger la fédération à intervenir. Du coup, on a décidé de lui servir de guide. On ne sait pas pourquoi, mais elle a insisté pour qu’on l’emmène ici.

— Je n’ai pas tout compris à ton histoire, mais je pense savoir ce qu’elle espère trouver ici. Tu dis qu’elle est là pour mettre un terme à tout ça.

— Dans l’idéal oui. Répondit Justin avec nervosité.

— Alors il n’y a pas de temps à perdre. S exclama Tom Hunter.

Devant le regard ébahi de Justin, l’homme se leva et jeta un énorme seau d’eau sur Constance qui continua à dormir d’un sommeil de plomb.

— Merde, tu ne connaîtrais pas un sort pour réveiller quelqu’un à qui on a filé une dose massive de somnifères, par hasard. Demanda Tom Hunter.

— Il me faut ma baguette. Dit Justin en lorgnant sur la poche de son veston où il avait rangé leurs baguettes.

— Elles sont dans le coffre dehors à côté de l’arrosoir.

— Hein !? S’exclama sans la moindre élégance Justin.

— Si j’avais été assez stupide pour garder vos baguettes à portée de main, alors que je ne savais pas dans quels camps vous étiez, ça fait longtemps que les zigotos là-dehors m’auraient capturé.

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C’est épuisé que 2 jours plus tard, Théodore, Blaise, Justin et Constance arrivèrent en vue de Poudlard dans la voiture que Tom Hunter leur avait prêtée. Ce n’est pas que le voyage était long entre Poudlard et Azkaban, mais que Justin avait eu beaucoup de mal à comprendre comment fonctionnait la boite de vitesse de l’antiquité que leur avait prêté Tom et qu’il n’avait compris que trop tard que l’aiguille qui n’arrêtait pas de descendre était la jauge d’essence. Sans compter qu’il avait dû s’arrêter régulièrement pour permettre aux trois sorciers de vomir en pestant contre les moldus et leurs inventions diaboliques. Bref, le seul point positif qu’il retiendrait de ce voyage de retour était qu’il était passé inaperçu en voyageant comme des moldus (à l’exception de quelques policières moldues qu’un sort de confusion bien placé convainquit qu’il avait l’âge de conduire).

Cependant, malgré la joie qui s’empara d’eux à la perspective de la fin de ce voyage et du retour à la sécurité, tout le monde était d’humeur sombre. Le contenu de la mallette de Constance occupait trop leur esprit pour qu’il puisse se réjouir. Après les avoir réveillées, Tom leur avait expliqué tout ce qu’il savait. Pendant un après-midi entier, il leur avait montré les photos de moldu des alentours embarqués de force dans des trains à destination du port le plus proche d’Azkaban, des villages désertés et surtout le témoignage d’une fillette de 8 ans qui était parvenue à s’enfuir de la forteresse que Tom Hunter avait retrouvée à moitié noyée sur la cote.

Blaise et Théodore ne voulaient pas y croire. Blaise prétendait que jamais des sorciers ne s’abaisseraient à ça. Et Justin l’aurait sans doute appuyé si à l’école, il n’avait pas vu des images des camps de concentration magique. Des images qui ressemblaient curieusement à ce qu’était devenue d’Azkaban.

Quand un nouveau groupe de prisonnier était amené sur l’île, les anciens prisonniers (dont toute volonté de résistance avait été anéantie par la présence constante des détraqueur) étaient embrassés, puis les nouveaux prisonniers étaient forcés de déplacer les centaines de corps dans un immense entrepôt maintenu frigorifié par la seule présence des mangeurs d’âme qui y absorbait toute trace de chaleur. Là, devant leurs yeux horrifiés s’étalaient des milliers de corps de tout âge qui, ils le comprenaient, étaient leurs prédécesseurs des jours passés. Néanmoins cette vision, bien loin de les révolter, terminait de détruire le maigre espoir que les détraqueurs n’avaient pas encore consumé. C’est ensuite docile, que la plupart regagnaient les cages maintenant vides pour que les détraqueurs puissent s’y nourrir en attendant la prochaine livraison.

Cela aurait dû être le sort de la fillette, mais le lendemain (ou plutôt ce que la fillette pensait être le lendemain, étant donné qu’elle avait perdu toute notion du temps dans la cellule où elle avait été enfermée), une grande nervosité s’empara des créatures de l’ombre qui se mirent à voler dans tous les sens de manière désordonnée. Puis elle fut prise d’un étrange malaise. Une sensation encore pire que celle provoquée par la présence des détraqueurs s’empara d’elle. Un malaise profond qui n’était pas une sensation heureuse et que les détraqueurs ne purent lui prendre. Elle ignorait pourquoi elle était la seule prisonnière à l’avoir ressenti (Tom avait proposé qu’elle était une voyante et Constance qu’elle était une sorcière née-moldu), mais toujours est-il que la première chose qu’elle entendit en recouvrant ses esprits fut un rire dément.

Dans les films ou les jeux vidéo, elle avait toujours trouvé drôles les rires de savant fou, mais en cet instant elle ne put imaginer de son plus terrifiant. Puis la sensation de malaise cessa et pendant un temps tout sembla calme, immobile. Même les détraqueur restaient statiques et semblaient perturbé par ceux à quoi il venait d’assister. Puis de gigantesques portes s’ouvrirent et une foule en sortit en marchant lentement en directions des docks. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi, mais en les voyant, elle fut prise d’une peur viscérale qui allait au-delà de tout ce qu’elle avait connu. Une peur primaire qui trouvait son origine dans ses instincts les plus profonds. Puis, parmi la foule, elle reconnut un visage qu’elle connaissait. C’était l’instituteur de son frère qui vivait dans un village voisin dont elle n’avait plus eu de nouvelle depuis une semaine. Elle l’apostropha, mais il l’ignora. Lorsqu’il passa devant sa cellule, elle parvint à attraper son long manteau qui aurait dû être hors de propos en plein été. Et enfin, son regard se tourna vers elle. Un regard vide de toute vie. Ce n’était plus l’homme qu’elle avait connu. Plus un homme du tout.

Toute pensée cohérente avait déserté le cerveau de la fillette. Tout ce qu’elle voulait, c'était s’échapper d’ici. C’est alors que la porte s’ouvrit sans qu’elle ne comprenne pourquoi (ce qui accrédita la thèse de Constance). Une fois libérée, elle courut sans arrêter dans la direction opposée au mort-vivant. Elle passa devant l’immense entrepôt désormais vide puis obliqua jusqu’à sortir de la forteresse par une porte qui devait servir autrefois à emmener les prisonniers en promenade. Elle longea la côte en tremblant jusqu’à glisser sur le rebord de la falaise. Après elle ne se souvenait plus de rien, si ce n’est qu’elle avait nagé jusqu’à l’épuisement dans une direction prise au hasard.

La conclusion était simple et pourtant totalement invraisemblable. Voldemort avait commencé à exterminer tous les moldus des environs pour se créer des inferis. Théodore n’avait pas de mal à croire que les mangemorts se livraient à de pareilles atrocités. Il était même certain qu’ils le faisaient avec une joie sans borne. En revanche, il tenait à souligner qu’il était absurde de penser que quiconque puisse créer autant d’inferis. Ce n’était pas une question de puissance magique, mais de force d’âme. Pour ranimer un corps, le sorcier noir devait lui insuffler une partie de sa propre essence vitale (ou celui d’un sacrifice, mais les inferius ainsi créés se retournaient bien souvent contre leur créateur). Si vraiment le seigneur des ténèbres avait acquis de telles capacités, alors il était plus proche d’un dieu que d’un homme et jamais personne ne pourrait le battre songea Théodore.

Mais il ne voulut pas trop s’étendre en présence de Constance. D’abord, car il n’avait aucune certitude sur ce qu’il s’était vraiment passé, mais aussi parce qu’il avait peur que s’il lui expliquait d’où lui venaient ses connaissances sur la création d’inferis, elle refuse de l’emmener avec elle en Europe (malgré tout ce qu’ils avaient fait pour elle). Nott était habitué à être jugé avant tout sur son nom. Ou plutôt sur celui de son père.

Quoi qu’il en soit, à leur grand soulagement, Constance décréta qu’elle avait tout ce qui lui fallait comme preuve et qu’il n’était pas nécessaire d’aller à Azkaban (ou ailleurs) pour en trouver davantage. Ils partirent donc dans la nuit avec l’unique moyen de transport de Tom (qui insista pour rester). Apparemment un groupe de résistants moldus ayant échappé aux rafles s’était formé dans le but d’essayer de ralentir le plus possible les mangemort ou de trouver un moyen d’alerter les autorités moldus. Pour le moment ils avaient juste réussi à se faire passer pour des fous ou à passer à deux doigts de se faire capturer par les mangemorts, mais ce n’étaient pas une raison pour abandonner. Et puis son client avait payé d’avance et il n’avait toujours pas trouvé sa fille, précisa Tom comme si cela avait encore de l’importance.

C’est l’esprit comme pris dans un brouillard de fatigue (et d’autres sentiment moins agréables) qu’ils suivirent les gardes de la frontière de l’enclave qui les emmenèrent jusqu’à Poudlard, ou ils furent accueillis comme des héros, d’abord par Percy, puis par une Ombrage dont le sourire carnassier ne faisait que s’agrandir au fur et à mesure que Constance lui déroulait le récit de leur macabre découverte. C’est excité comme une enfant à qui on venait d’offrir un éclair de feu pour Noël qu’elle fit de longues arabesques avec sa baguette pour ouvrir un immense coffre-fort caché derrière un meuble de son bureau d’où elle sortit une boite de conserve. Elle la tendit à Constance en criant presque qu’elle devait immédiatement aller tout raconter à la fédération. C’était pour ce moment-là que malgré leur fatigue évidente et le peu de sympathie qu’il avait pour Ombrage, les 3 adolescents avaient tenu à assister à cette rencontre.

Constance tint sa promesse et insista pour que Théodore, Justin et Blaise l’accompagnent. Ce qu’Ombrage accepta sans rechigner. Elle se moquait bien du sort des adolescents et en ce qui la concernait, Constance pouvait bien lui prendre n’importe lesquelles des pique-assiettes qui avaient emménagé aux abords de son ministère dans l’espoir d’obtenir un peu de protection.

En revanche, elle fut plus désappointée lorsque Percy Weasley refusa une promotion bien méritée qui aurait fait de lui le numéro deux du ministère. À la place, il demanda à ce que sa sœur et son frère puissent partir avec constance en Europe. Ombrage hésita quelques secondes avant de lui accorder son souhait. Le jeune homme de noble ligné avait prouvé être un bourreau de travail infatigable extrêmement compétent et doté d’un sens de l’éthique irréprochable. Trop irréprochable. Il était l’un de ses rares proches collaborateurs sur lequel elle n’avait aucun moyen de pression et son ascension éclair au sein du ministère l’inquiétait. Même un aveugle aurait vu une menace dans de telles capacités associées à un nom si prestigieux. Comme pour tous les Weasley un tant soit peu ambitieux, son indéfectible loyauté à sa famille était sa seule faiblesse et en conséquence elle voulait garder sous sa coupe ses proches les plus influençables. Néanmoins, elle n’avait aucun argument valable pour lui refuser cette faveur et ce crotale avait bien fait attention de formuler sa requête en présence de cette petite sotte envoyée par la fédération. Vaincue, elle accepta.

Une demi-heure plus tard, après avoir fait leur adieu aux Dursley et à Dobby (qui préférait rester dans l’espoir de pouvoir aider Harry et qu’Ombrage voulait garder pour avoir une monnaie d’échange) c’est avec un immense soulagement que Théodore, Justin, Constance et Blaise se collèrent contre une Ginny furieuse qu’on l’écarte de force. Ils s’apprêtaient à toucher la boite de conserve qui les enverrait loin de ce cauchemar lorsque la voix de Percy les interrompit.

— Attendez, vous oubliez Fred.

Ce dernier qui avait tenu à les accompagner pour leur dire au revoir (et surtout pour s’assurer que Ginny s’en aille), répondit avec un petit sourire :

— Tu ne peux pas m’obliger à partir. Depuis la semaine dernière, je suis majeur.

Percy devint rouge comme une pivoine et lui hurla dessus d’un ton outré.

— Je me fous de ce que dit cette loi idiote. Tu as 16 ans, tu es mineur.

— Si lui il reste, alors moi aussi. Dit Ginny.

— Non toi tu t’en vas. Dirent les deux frères de manière synchronisée.

— Écoute Percy, c’est trop tard. Je me suis déjà engagé dans la milice.

— Tu as fait quoi. Tu aurais pu m'en parler avant ?

— Mais je t’en ai parlé. Et tu m’as toujours envoyé bouler.

— Ne me dit pas qu’ils ont accepté d’engager quelqu’un d’aussi jeune ?

— Tu sais aussi bien que moi que si Ombrage a abaissé l’âge de la majorité, c’est pour pouvoir recruter plus facilement. Et je ne suis pas le seul. Il y a plein de gens de mon année qui se sont engagés. De toute façon vu que les cours ne reprennent pas et que les tickets de rationnement sont de moins en moins suffisants qu’est-ce qu’on peut faire d’autres ?

— Je vais immédiatement voir Ombrage et la forcer à m’écouter. Poudlard est une école pas un camp d’entraînement pour enfant-soldat. Et toi, tu ne perds rien pour attendre.

Percy s’en alla furieux pendant que Fred s’assurait que Ginny s’en aille bien avec leur groupe.

Finalement, ils touchèrent une boite de conserve en fermant les yeux. Lorsqu’ils les rouvrirent, ils ne purent s’empêcher de tomber à genoux devant les magnifiques paysages montagneux de Genève. Un poids qu’il n’avait pas eu conscience de porter disparu de leur épaule.

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Note de l’auteur : Un jour, j’espère avoir l’inspiration et le temps pour écrire un hors-série sur les enquêtes fantastiques de Tom Hunter. Je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup le mettre en scène, mais j’adore ce personnage. Mais si je l’écris, ce sera dans un long moment. J’ai déjà une liste longue comme le bras de projet dans lesquelles je veux me lancer une fois cette fic terminée.

Réaction internationale

Quelques jours plus tard.

Tous les sorciers présents tressaillir lorsque les dizaines de charmes de traduction parsemant l’amphithéâtre s’activèrent.

— Silence dans la salle. Je déclare la 587 iéme réunion de la Confédération internationale des sorciers ouverte. Veuillez-vous lever pour accueillir le vénérable président Babajide Akingbade.

La centaine de sorciers rassemblés dans l’hémicycle se leva et applaudit lors de l’entrée d’un homme de 60 ans à l’allure sévère qui remplaçait Dumbledore à la tête de la Confédération.

— Merci pour votre accueil. Comme le veut la tradition, j’aurais aimé commencer cette séance par une minute de silence en l’honneur de la mort de mon illustre prédécesseur. Cependant, je crains que nous n’ayons pas de temps à perdre. Comme vous le savez, l’Angleterre est dans une situation critique. Son ministère s’est pratiquement effondré et la majorité du territoire est désormais contrôlée par le seigneur des ténèbres.

À ces mots, un vent de protestation souleva la salle. Cela ne surprit pas Babajide. Il savait que beaucoup de membres de la confédération, s’était rangé du côté de Potter. Lui-même, malgré l’admiration qu’il vouait à Dumbledore avait du mal à croire qu’un enfant puisse représenter une menace. Sans compter que les accords commerciaux et de reconstructions juteuses que Potter faisait miroiter depuis sa prise de pouvoir, auraient convaincu n’importe quel hésitant de se ranger de son côté.

— Oui, je sais que beaucoup ne veulent pas y croire, mais c’est la vérité. Comme vous le savez tous, les agents que nous avons envoyés pour tenter de protéger le secret magique ou établie la vérité sur les tragiques événements qui ont endeuillé nos deux mondes ont mystérieusement disparus.

— On sait très bien ce qui s’est passé. Ombrage les a… L’interrompit un des délégués, mais Babajide le fit taire d’un regard et continua en haussant la voix :

— Sauf un qui aux périls de sa vie à terminer sa mission et a rejoint l’enclave de Poudlard pour nous communiquer les résultats de son enquête. C’est donc en toute connaissance que j’ai pesé mes mots. Mais je crains qu’à ce stade aucun discours ne puisse vous convaincre. Moi-même, ils ne m’ont pas convaincu. Je vous propose donc de voir les preuves recueillit par notre agent au péril de sa vie. Je préciserais avant toute chose que dès son arrivée notre agent a été capturé par le seigneur des ténèbres. Et oui, j’insiste, c’est bien Potter et non Ombrage qui s’en est pris à elle. Ses souvenirs et son interrogatoire sous veritaserum sont formels sur ce point. Elle ne doit sa survie et son évasion des geôles du seigneur des ténèbres qu’au courage de l’équipe de sauvetage mis sur pied par la ministre de la magie britannique.

— C’est un mauvais roman d’espionnage, qu’il nous conte là. S’exclama la même voix avec sarcasme, mais tous l’ignorèrent.

Babajide claqua des doigts et aussitôt, la fresque située derrière lui, qui représentait des sorciers se serrant la main, devint un immense miroir où furent projetés les souvenirs de Constance qui horrifièrent tous les délégués présents dans la salle. Une fois les souvenirs terminés un dossier avec une copie de toutes les photos et preuves ramenées par Constance apparue devant les délégués. Les délégués se contentèrent de le feuilleter rapidement en s’attardant sur les photos montrant les mangemort se déchaînant dans les villages moldus.

— Je pense que ses images se passent de commentaire et pour ceux qui douteraient encore, Constance se tient prête à répondre à toutes vos questions. Cependant, je tiens à signaler que la situation fait peser un risque sur tous les membres de cette assemblée. Le chaos régnant actuellement en Grande-Bretagne et l’emprisonnement de nos agents entraîne l’impossibilité d’oubliétter les moldus témoins d’acte magique. Malgré les efforts du gouvernement moldu anglais, les rumeurs se répandent. Et même dans nos contrées, de plus en plus de moldus se posent des questions sur l’isolement soudain et contraire à nos lois les plus fondamentales que le seigneur noir impose au Royaume-Uni.

Babajide choisit ce moment pour faire une pause que les délégués employèrent comme il l’avait prévu pour exprimer leur indignation et réclamer une action immédiate. Puis lorsqu’il eut l’impression qu’il avait obtenu l’effet voulu, il poursuivit :

— C’est pourquoi, pour la première fois de notre longue historie, je propose que la confédération déclare la guerre et se dote d’une grande armée susceptible de rapidement rétablir l’ordre et la sécurité.

Les réactions furent bien plus nuancées. Au lieu des applaudissements, qu’il avait espéré (sans trop y croire) la salle se remplit d’un brouhaha de discussions puis quelques cris se firent entendre.

— Qui nous dit que cette armée ne sera pas utilisée contre nous une fois le problème anglais réglé ?

— Qui va la diriger ? Il est hors de question que nos guerriers Obeathe obéissent à un Thazarein !

— De toute façon, vous êtes trop lâches pour être utiles. On se passera de vos services.

— Qui va payer ?

— Répète ce que tu viens de dire pour voir ?!

— C’est totalement contraire au droit.

— Si on leur déclare la guerre, que vont devenir nos ressortissants ?

— Il faut essayer de négocier avant de déclarer la guerre !

— SILENCE !

La voix du président de l’assemblée raisonna dans la salle et mit un terme aux différentes disputes qui avaient commencé à éclater.

— Avant de poursuivre nos débats de manière plus courtoise, j’aimerais que vous écoutiez mademoiselle Ombrage qui dirige la seule enclave résistant encore au seigneur des ténèbres aux Royaume-Uni.

Il claqua de nouveau des doigts et l’image du bureau d’Ombrage apparut sur le grand miroir.

— Mesdames et Messieurs, les délégués des différentes communautés, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente. Je suis Dolores Ombrage et j’ai l’honneur de vous parler en tant que nouveau ministre de la magie du Royaume-Uni. En faisant cela, je vais sans doute violer toutes les conventions, mais je vous supplie de bien vouloir nous envoyer toute l’aide que vous pourrez rassembler.

Croyez bien que ce n’est pas de gaieté de cœur que je mendie aujourd’hui, mais vous êtes notre dernier espoir. Ce n’est pas seulement à un ancien groupe de mangemort que nous faisons face, mais à Harry Potter. Comme nombre d’entre vous, je pensais qu’il s’agissait d’un sorcier médiocre ayant juste eu beaucoup de chance, mais il s’est révélé que sa victoire à l’âge d’un an ne devait rien à la chance. Ses pouvoirs (…), ils n’ont rien de commun avec ceux de Vous-savez-qui. Merlin lui-même ne serait pas capable de s’opposer à lui.

Mais ne croyez pas que je vous raconte cela pour vous apitoyer. Si je vous le dis, c’est pour vous convaincre qu’il est de votre devoir, mais également dans votre intérêt, d’intervenir au plus tôt. Cette armée d’inferius qu’il prend tant de soin à constituer, a qui est-elle destinée à votre avis ? Pensez-vous qu’il va se contenter de régner sur l’Angleterre ? Non. Si vous ne nous aidez pas à exterminer le mal à la racine, il se renforcera, et quand il sera prêt, lancera un grand assaut sur le reste du monde.

Une dernière chose à ceux qui voudraient minimiser la menace en ironisant sur l’âge de notre adversaire. Déjà, sachez qu’il n’est plus seul. La plupart des nobles le soutiennent et il s’est constitué une grande armée en instaurant une conscription dans tous les territoires qu’il contrôle et…

Ombrage fut alors interrompue par l’ouverture violente de la porte de l’assemblée, par laquelle entra en courant, un homme en sueur qui semblait paniqué. La voix du président de la confédération tonna de fureur :

— Que signifie cette interruption ? J’avais demandé que les portes soient condamnées jusqu’à ce que je lève la séance.

— Je suis désolé monsieur le président, mais la séance est suspendue. Tous les délégués sont rappelés en urgence par leur gouvernement.

La salle se remplit d’un brouhaha où la panique commença à grimper. Qu’est-ce qui pouvait bien motiver une telle décision ?

— Que signifie tout ceci ? Serait-ce une blague de très mauvais goût ?

— Monsieur, vous devriez passer le miroir sur le canal 57.

— Celui des informations moldus ?

— Oui monsieur.

— J’espère pour vous que j’y trouverais une justification à votre inqualifiable mépris de mes consignes.

Le président claqua des doigts et immédiatement, le miroir donna sur une pièce située suffisamment loin du bâtiment principal pour que les ondes magiques ne perturbent pas le fonctionnement de la télé qui s’y trouvait. Sur l’écran, les délégués virent une Ombrage ivre de colère invectiver les deux présentateurs vedette de la BBC pendant que des hommes portant les uniformes des aurors pointaient leurs baguettes vers l’équipe technique pour les forcer à ne pas interrompre la diffusion.

— NE NIEZ PAS. SAVEZ-VOUS COMBIEN DE SORCIER ONT PERDU LA VIE À CAUSE DE VOS QUERELLES RIDICULES ? Pour tous mes concitoyens, cette attaque lâche et injustifiée a été une démonstration de l’infériorité et de la dangerosité des parasites sans pouvoirs magiques qui peuplent cette terre. Il ne vous a pas suffi de nous condamner à devoir nous cacher. Maintenant, vous nous assassinez de la manière la plus lâche possible avec votre réalisation la plus honteuse. C’en est assez. En tant que nouvelle ministre de la magie, je suis venu vous dire au nom de tous les sorciers de la planète que dorénavant, nous ne fuirons plus. Dorénavant, ce sera œil pour œil et dent pour dent. Et ça commence aujourd’hui. Avada Kedavra !

Les aurors à sa suite prononcèrent également l’incantation funeste et toutes les personnes présente sur le plateau moururent sous les yeux horrifiés des téléspectateurs.

— Il est 15h33 et vous êtes toujours sur CNN. Nous tenons à vous informer qu’aussi étonnant que ça puisse paraître ces images sont authentiques. Suite aux événements de Londres, le président a déclaré un couvre-feu et instauré la loi martiale. Il appelle tous les citoyens à rester calme et assure que tout sera entrepris pour assurer la sécurité des citoyens américains et faire la lumière sur ce qu’il s’est réellement produit à Londres en début d’après-midi. Cependant, suite à la perte de contact avec la capitale britannique, des émeutes se sont formées dans la plupart des villes du pays. Ha ! On m’informe à l’instant que des images nous sont parvenues de Londres. Elles ont été tournées aux périls de leur vie par nos confrères de Chanel 4 et envoyées à l’aide de leur antenne satellite. Je tiens à vous prévenir qu’elles pourraient choquer les personnes sensibles.

Le présentateur s’effaça et une image tremblotante de Londres piétiné par des géants apparut. On ne distinguait plus le sol tellement le nuage de débris et de cendre était grand, mais on put constater que la plupart des tours avaient été renversées comme des briques de Lego par les colossaux titans. L’un d’eux passa devant la caméra. Dans ses mains, il tenait une femme d’une trentaine d’années qui hurlait. Il s’approcha de sa bouche et l’avala dans un bruit terrible.

Puis une terrible explosion eu lieu et le géant s’écroula. Des avions de chasse de l’armée anglaise passèrent comme un coup de vent devant la caméra et lancèrent deux autres missiles sur un autre géant, mais cette fois, ils furent stoppés avant d’atteindre leur cible par un immense bouclier d’énergie qui s’était matérialisé devant eux.

4 hommes juchés sur des balais et portants l’uniforme des aurors prirent en chasse la royal-air-force et la décima sans subir la moindre perte. Les missiles ou les mitraillettes semblaient ne pas avoir le moindre effet contre eux. Ensuite, la vidéo s’arrêta.

— Ça passe sur toutes les chaînes moldus de toute la planète. Commenta le fonctionnaire qui avait profité de la stupéfaction qui accompagnait ces images pour reprendre son souffle.

Immédiatement, les délégués reprirent leur esprit et commencèrent à quitter la salle. Mais avant qu’ils ne puissent sortir les portes se refermèrent et le manitou suprême de la confédération dit d’une voix calme et posé qui raisonna magiquement dans toute la pièce.

— Messieurs, le congrès n’est pas terminé. Veuillez-vous rasseoir s’il vous plaît !

— Il est terminé pour moi. Cette salope d’Ombrage s’est bien foutue de nous avec ses histoires de mage noir abracadabrantesque. Ouvre cette porte Babajide. Ma famille vit dans un quartier moldu. Il faut que j’aille les mettre à l’abri avant que les moldus ne se déchaînent. Déclara un des délégués.

Les autres approuvèrent bruyamment.

— Ce ne sont pas des histoires abracadabrantesques. Tu connais Constance aussi bien que moi. Si elle travaille avec Ombrage, c’est que tout ceci est vrai.

— Je connais aussi Ombrage. J’ai beaucoup travaillé avec elle lorsqu’elle était le bras droit de Fudge. Elle est aussi raciste que sadique. Je ne comprends même pas comment j’ai pu croire une seule seconde à toutes ses conneries. Ouvre cette porte. Je te jure que s’il arrive quoi que ce soit à ma famille (…)

— Baxter, je connais ta femme. Elle est parfaitement capable de gérer cette situation seule, Sans compter que tu ne devrais pas présumer de la réaction des moldus. Ils ont beaucoup changé en 500 ans. Si tu crois que le plus inquiétant, c’est que le secret magique international ait été brisé, tu te trompes lourdement. Le plus inquiétant, c’est que pour la première fois, un mage noir n’a pas peur de briser la loi du secret. Et ce, alors qu’il sait pertinemment que c’est la seule chose capable d’obliger les sorciers étrangers à s’unir contre lui. Pour la première fois, un mage noir n’a pas peur de devoir affronter tous les sorciers du monde entier coalisé contre lui.

— Non de devoir affronter toutes les créatures magiques coalisées. Fit une délégation gobeline qui venait de forcer l’entrée de la réunion de la confédération magique internationale, malgré les sorts posés par le manitou suprême pour en verrouiller la porte.

— Que signifie cette intrusion ?

— Vous n’êtes pas au courant ? Tant mieux il nous reste donc du temps pour agir. Juste après son coup d’éclat à Londres, Voldemort nous a posé un ultimatum.

Une partie des délégués frissonnèrent en entendant le nom maudit. Les gobelins les ignorèrent et continuèrent :

Soit, nous lui ouvrions nos coffres, cessions de financer l’enclave de Poudlard et lui fournissions des guerriers, soit il nous anéantirait. Bien entendu, nous avons refusé. Quelques minutes, plus tard, des bombes atomiques explosaient au cœur de nos filiales de Paris, Berlin, Tokyo, Istanbul, Tombouctou, New-York, Moscou, Pékin et New-Dehli. Il devait avoir demandé à ses complices parmi la noblesse de les déposer dans leur coffre avant le début des hostilités. Quoiqu’il en soit, le résultat est sans appel. 80 % de l’or de la communauté magique est soit enseveli sous les gravâts soit irrémédiablement irradié. Dès que la rumeur se sera répandue, le système financier magique s’effondrera.

Suite à cette annonce, les délégués furent frappés de stupeur.

— Au moins, maintenant, on sait où se trouvaient les neuf autres bombes qui avaient disparu. Tenta de plaisanter Baxter.

Un autre délégué harangua les gobelins

— Qu’est-ce que vous racontez ? Vous-Savez-Qui est mort. Il insista particulièrement sur les derniers mots. C’est encore un mensonge de votre race perfide. Vous essayez de profiter du désordre créé par Ombrage pour vous accaparer notre or !

— Et puis, au bout d’un moment, il faudrait que vous vous mettiez d’accord. Contre qui on se bat exactement, Vous-Savez-Qui ? Potter ? Ombrage ? Les trois à la fois ? Est-ce que l’on ne se foutrait pas un peu de notre gueule ? Cria un autre délégué.

— Si la situation n’était pas aussi grave, je vous aurais tué pour un tel manque de respect à la fière race Gobeline. Mais si vous êtes assez bête pour continuer à nier le retour du seigneur des ténèbres, je ne prendrai même pas la peine perdre mon temps à vous mépriser. Est-ce un cas isolé ou est-ce que tous les sorciers ont décidé de se voiler la face en espérant qu’un bébé les sauve de nouveau ?

— Je ne vais pas me laisser insulter de la sorte. Je m’en vais. De toute façon, si vous manquez d’or, vous n’avez qu’à en emprunter à votre ami l’oracle d’Omaha. Et ne niez pas. Tout le monde sait qu’il vous aide à vendre illégalement notre or sur les marchés moldu en échange d’un accès à la divination des centaures.

— Ce ne sont que des rumeurs infondées. Cependant, si c’était le cas alors ce ne serait que la conséquence logique du taux de change ridiculement bas de l’or sorcier que vous nous imposez pour ne pas avoir à subventionner les étudiants née-moldu. De toute façon après la destruction de la City, la finance moldu est également en train de s’écrouler. S’énerva le gobelin.

Mais plus personne ne l’écoutait. Tous étaient soit partit soit en train de se disputer. Au final, seul un petit nombre de délégués restèrent pour tenter de se mettre d’accord au nom de leur nation sur une action commune, mais sans savoir s’ils seraient suivis par le reste de leur gouvernement.

Au moment où la confédération aurait été la plus utile, elle s’était quasiment dissoute à cause des dissensions entre ses membres et des mensonges rependus par Voldemort.

Chute de poudlard

Pendant ce temps, au nord de l’Écosse, des nuages noirs s’amassaient par centaine comme un signe que le beau temps était terminé. Autour d’Ombrage, l’air était lourd, mais cela n’avait rien à voir avec la météo de cette fin d’été. Entourée de sa garde personnelle constituée de ce qui restait des aurors, elle s’avança en haut de la falaise qui dominait la vallée où le ministère avait rassemblé en catastrophe une armée pour défendre Poudlard. Elle jura en pensant qu’à peine une heure plus tôt elle parlait devant l’intégralité des membres de la confédération internationale. Merlin, elle avait été si près d’atteindre son but, jura t’elle en contemplant de haut le reste de ses troupes. Elle se força à occluder sa peur et sa colère avant de lancer un Sonorus contre sa gorge.

— Sorciers et sorcières, comme vous le savez tous, le seigneur des ténèbres est à nos portes. En ce moment même, il s’avance à la tête d’une gigantesque armée d’inferius, de détraqueur, de loup-garous, de toute sorte de créatures des ténèbres et d’hybrides repoussant pour détruire tout ce qui nous est chers.

Mais j’en fais le serment inviolable devant vous : Nous pouvons gagner. Oui, nous sommes moins nombreux, mais nous disposons d’un pouvoir plus grand que ce qu’il ne pourra jamais convoiter : nous ne sommes pas seuls. En effet aujourd’hui vous ne vous battez pas que pour défendre vos familles réfugiées à l’intérieur de Poudlard. Aujourd’hui, nous nous battons pour défendre l’humanité tout entière. Et le monde entier sera bientôt conscient de votre sacrifice.

Notre ennemi est puissant, mais il se cache derrière un voile de mensonges qui ne parviendront pas à travestir bien longtemps son ignominie et sa cruauté. Nous sommes la dernière ligne de défense. La dernière épine qui l’empêche de transformer notre glorieuse nation en une forteresse d’où il pourra lancer sa conquête du monde.

Ombrage fit une pause pour se préparer à dire le nom maudit sans trembler. Elle devait avoir l’air fort.

Aujourd’hui Voldemort a eu peur. Il y a une heure, grâce au travail acharné de mon administration, la vérité s’est dévoilée au sein de la communauté sorcière internationale, qui pour la première fois de son histoire s’est immédiatement mis d’accord pour former une armée et venir nous aider. Les derniers agissements de notre ennemi, aussi effrayants qu’ils puissent vous paraître ne sont que les ultimes soubresauts d’un pouvoir qui se sait condamné. Une tentative désespérée de reprendre le contrôle d’une situation qui lui échappe.

Nous ne sommes pas assez nombreux pour vaincre l’armée qui marche vers nous. Mais nous n’en avons pas besoin. Nous ne devons tenir que quelques jours. Oui, dans quelques jours à peine, la communauté sorcière aura mis un terme aux troubles que son attaque a provoqué sur les esprits fortement influençables de nos amis moldus et une armée vengeresse déferlera pour nous libérer.

Quoi qu’il arrive, je sais que vous résisterez, car vous êtes les porteurs d’une flamme qu’aucune puissance ne pourra jamais éteindre. La flamme de la liberté. Nous résisterons et NOUS GAGNERONS !!!

Termina t’elle en criant dans une tentative de parvenir à galvaniser les foules comme Fudge savait si bien le faire lors de ses meetings. Mais seul un silence angoissé lui répondit. Ombrage remercia mentalement sa longue carrière qui lui avait appris à refouler ses émotions et tourna théâtralement le dos à la foule avant de lancer un signe discret au groupe de langues de plomb rassemblé à côté de la tente de son état majeur. Aussitôt, ils commencèrent à incanter et un immense mur de flamme d’une centaine de mètres entoura Poudlard, provoquant enfin un tonnerre d’acclamations dans la foule.

Puis elle s’avança vers Percy Weasley (qu’elle avait été contrainte de nommer numéro deux de son gouvernement et de lui donner le pouvoir d’écarter les plus jeunes du champ de bataille, pour faire taire ses critiques sur le recrutement de mineur dans leur armée) et le groupe de vieux aurors à la retraite qui lui servirait d’état-major de fortune. Ils ne dirent rien, mais elle voyait sur leurs faces burinées leur désapprobation. Le plan de bataille qu’ils avaient passé des jours et des nuits à mettre au point prévoyait initialement que ce mur de flamme magique ne soit déclenché qu’au dernier moment afin de bénéficier de l’effet de surprise et d’épuiser le moins possible les incantateurs. Mais d’un seul regard, elle leur fit comprendre qu’elle ne tolérerait pas qu’ils contestent son autorité.

Elle n’avait pas une grande expérience de la guerre, mais elle savait qu’il était primordial que les hommes restent motivés et confiants dans leur chance de victoire. À moins que ce soit-elle qui ait besoin d’être rassurée lui souffla une petite voix agaçante qui avait les accents de son père. Elle n’avait pas la moindre idée de quand les renforts arriveront, ni même de s’ils recevraient des renforts. La communication avec la confédération s’était interrompue sur une scène de chaos provoqué par l’annonce de l’attaque de Potter. Mais elle était la seule à le savoir et elle était déterminée à ce que cela continue. Peu importe. Elle se battrait jusqu’à bout pour défendre ce à quoi elle avait consacré toute sa vie. Et puis ils n’étaient pas totalement sans défense. Leur adversaire, aussi redoutable qu’il puisse être, n’était qu’une brute sans cervelle qui se contentait de tout détruire sur son passage, pensait Ombrage. Grâce à l’initiative audacieuse (bien que légèrement immoral et hypocrite pour le grand opposant à l’utilisation des mineurs dans la guerre) de Percy Weasley d’user de ces 3 jeunes enfants pour espionner leur ennemi, ils savaient à quoi s’attendre et avaient préparé leur défense en conséquence.

Afin de se calmer, elle passa la minute suivante à réexaminer les cartes du domaine et à vérifier l’emplacement de chaque piège, de chaque fortification. Ils avaient parsemé stratégiquement la zone de barbelés en argent qui canaliserait les loups-garous vers une plaine remplie discrètement d’aconit tue loup où une unité spécialisée dans l’extermination de ces bêtes (qu’elle avait elle-même formé) n’aurait aucun mal à les en débarrasser. Le mur de flammes devrait suffire à repousser les inferius, les détraqueurs, et la plupart des créatures des ténèbres qui accompagneraient le lord noir. Et les langues de plomb étaient suffisamment nombreux pour se relayer pendant plusieurs semaines avant d’être totalement épuisé. Elle espérait juste qu’aucun de ses soldats ne s’y connaisse suffisamment en magie noire pour comprendre le prix qu’ils avaient dû payer pour pouvoir utiliser se sort. Elle était prête à tout pour défendre le ministère, mais elle savait que ce n’était pas le cas de tous ses concitoyens. Elle chassa ses pensées et se reconcentra sur l’examen de leur dernière ligne de défense : les puissantes protections de Poudlard. En cas d’imprévu, leurs hommes pourraient se réfugier derrière elles le temps d’organiser une contre-attaque. Le plan était parfait, malgré tout cela, sans renfort extérieur, ils étaient condamnés à perdre le siège. Mais Vous-Savez-Qui avait visiblement de plus hautes ambitions que la simple conquête du Royaume unis. Dans cette optique, Ombrage savait qu’ils ne pouvaient se permettre de perdre trop d’hommes et de temps. Elle espérait que, s’ils résistaient suffisamment longtemps, il accepterait enfin de négocier.

Après tout, si tout ce qu’il voulait, c’était les nés-moldus, alors il n’était pas nécessaire d’en venir aux mains. Elle n’avait rien contre eux, mais leur perte serait négligeable. Sans compter que pour Ombrage, les puristes avaient raison de dire qu’ils n’arrivaient pas à s’intégrer et refusaient d’accepter leur tradition.

Puis elle se stoppa immobile en plein mouvement. Quelque chose d’indescriptible venait de changer dans l’atmosphère et un malaise inexplicable l’envahit. Puis une clameur de terreur se fit entendre et la tente fut soufflée par une brusque bourrasque de vent accompagnée de coups de tonnerres. Elle leva alors les yeux vers le ciel et une terreur sourde s’empara d’elle. Dans le ciel, un gigantesque nuage d’orage avait pris la forme du visage de Potter. Devant la foule qui retenait son souffle, il se mit à souffler et la barrière de feu disparu dévoilant une centaine de sorciers portant une version modifiée des robes d’aurors à la limite du domaine. Ombrage vit immédiatement que la plupart étaient des mangemorts. Elle n’eut pas le temps de se demander comment ils étaient parvenus jusqu’ici avec plusieurs heures d’avances sans qu’aucun de ses guetteurs ne les alertent que les nuages se dispersèrent pour laisser la place à Potter qui flottait dans le ciel sans l’aide d’aucun support, un sourire mauvais ravageant son visage. Sa voix, amplifiée, raisonna alors dans toute la vallée.

— J’ai fait preuve d’autant de patience que je le pouvais avec vous, fou que j’étais de croire que je pourrais vous persuader de vous ranger du côté du bien. Mais cette lâche attaque contre nos amis moldus. Ce crime contre la loi du secret qui est pourtant le fondement de la communauté sorcière, je ne peux le pardonner. Je ne laisserai pas les préjugés d’une seule personne gâcher les sacrifices de tant d’autres durant la dernière guerre. Abandonnez Ombrage et ses politiques racistes et je vous épargnerai. Rejoignez-moi et ensemble, nous bâtirons une nation sorcière plus forte. Combattez-moi et je vous exterminerai !

Il ponctua sa phrase en laissant échapper une vague de magie brute qui coupa le souffle de toutes les personnes présente, puis il leva sa baguette qui luit d’un éclat encore plus fort que le soleil et visa Poudlard. Un son atroce se fit alors entendre. C’était comme le cri d’agonie d’un gigantesque animal. C’était à la fois terrible et triste. Puis un immense bruit de craquelure se fit entendre et des fissures apparurent dans un des murs du château. Et dans un dernier râle d’agonie, tout s’arrêta. Personne n’eut besoin de le vérifier pour savoir ce qui s’était passé. Les protections plurimillénaires de Poudlard venaient d’être détruites.

Ombrage fut la première à se reprendre et elle ordonna aux langues de plomb encore sonné de la destruction de leur barrière :

— Reformez les défenses vite !

— Impossible, il faudrait re-sacrifier …Lui répondit le chef des langes de plomb.

— Incantez d’autre protection. N’importe quoi. Vous ne pouvez pas laisser… Tenta d’ordonner Ombrage. Mais elle fut coupée par un des incantateurs :

— Pourquoi est-ce qu’on écoute encore cette bonimenteuse ? On a aucune raison de se battre contre notre sauveur.

— On a aucune chance, il faut qu’on se rende.

— Ils ne sont qu’une centaine et on est des milliers. Tentât de calmer, en vain, Percy Weasley.

Et c’est là que l’enfer commença. Sous le regard satisfait du seigneur noir qui continuait à les survoler, les sorts avaient commencé à fuser. En bas dans la vallée, une terrible bataille avait éclaté. D’autant plus terrible que les mangemort était resté en retrait à la limite du domaine. Ses hommes se battaient entre eux dans un chaos sans nom. Ombrage vit avec effroi certains hommes se regrouper pour assassiner les membres de sa milice sur qui elle avait compté pour maintenir l’ordre et la discipline parmi les conscrits. Elle n’avait pas mesuré à quel point ses miliciens étaient devenues impopulaires parmi la population de l’enclave. Malgré leur précaution, le lord noir avait dû infiltrer des espions parmi ses hommes afin d’y répandre son fiel.

Puis, finalement ennuyé de ce spectacle, Potter ordonna à ses troupes d’avancer. Très vite, tous oublièrent qui était l’ennemi et contre qui ils se battaient. Tous n’avaient qu’un objectif en tête : fuir pour survivre. Ce n’était plus une guerre, mais un massacre, et haut dans le ciel sans intervenir, Potter se délectait du spectacle.

— Madame la ministre, il faut fuir pendant qu’il est temps. Lui hurla Fred Weasley en lui saisissant l’épaule pour la sortir de la contemplation de cette boucherie.

— Fuir ! Où ça ?

— On ne peut pas abandonner. Contra Percy

— Non. Vous avez raison. Vous avez été un excellent assistant. Le meilleur que je n’ai jamais eu. Dit-elle d’un air triste.

— Madame la Ministre.

— Je vais le retarder. Sauvez ce qui peut l’être. En priorité les archives du bureau C3.

— Non, Madame la ministre. Gémit Percy.

— Percy vient, il faut qu’on prévienne les réfugiés à l’intérieur du château. Dit Fred en le tirant de force en direction du château. Il en profita pour jeter par terre son uniforme trop grand pour lui de la garde personnelle de la ministre.

En laissant couler quelques larmes, Fred se dit que c’était assez ironique. Lui qui en avait tant voulu à Percy d’avoir manœuvré pour qu’il soit affecté à cette garde d’élite qui serait maintenue bien loin du champ de bataille. Lui qui avait tant insisté pour être affecté là où il pourrait assouvir sa soif de revanche qui avait envahi son cœur depuis la mort de son jumeau se retrouvait à être le premier à quitter la bataille en laissant ses collègues faire face à Potter qui descendait du ciel dans leur direction. En voyant le lord noir avancer, Percy abandonna ses scrupules et se mit à courir avec lui. Il se répéta qu’il n’était pas lâche. Il fallait que quelqu’un avertisse les occupant du chanteau et il était le seul sorcier de l’entourage d’Ombrage qui n’avait pas reçu une formation d’auror.

Dans leur course folle, tous deux firent semblant de ne pas entendre les hurlements qui ne tardèrent pas à se faire entendre dans leur dos. Personne ne se posa une question pourtant essentielle : où se trouvait le reste de l’armée de Voldemort ?

oOoOoOoOo

Pendant ce temps, dans l’appartement parisien des Finch-Fletchey (où Constance avait abandonné les quatre adolescents), Ginny, excédée, coupa la télé que les 3 autres adolescents regardaient en continu depuis que Justin avait réussi à grand peine à expliquer son fonctionnement aux 2 sangs purs.

— Il faut qu’on parte. Dit Ginny.

— La dernière fois que quelqu’un a dit ça, on a tous failli crever 3 fois. Jura Blaise en tentant de rallumer la télévision.

— Un tel comportement est indigne d’un sang pur d’aussi noble ligné. Commenta Nott avec un regard de dédain.

— Dit donc c’est l’hôpital qui ce fou de la charité. Tu étais encore plus casse couille qu’elle au cottage. Je vous prie d’excuser ma vulgarité gente dame. Se reprit Blaise immédiatement en se rappelant de justesse qu’en-dehors de Poudlard, il avait effectivement un rang à tenir. Il fallait qu’il s’en souvienne s’il ne voulait pas aggraver son cas auprès de sa mère.

— On ne peut pas rester ici à ne rien faire, pendant que Vous-savez-qui met le monde à feu et à sang. Argumenta Ginny.

— Moi, je ne ferais rien tant que je n’aurais pas vu ma mère. Rugis Blaise, qui en avait plus que marre des aventures et estimait qu’il avait enfin droit à des vacances.

Enfin vu le contenu des beuglantes qui lui était parvenu de sa mère à l’instant même où il avait posé le pied en Suisse, il devait plutôt s’attendre à passer 6 mois dans une geôle et les années qui suivraient à étudier dans une chambre de moine jusqu’à sa majorité. Malgré tout, il était pressé de la revoir. C’est donc inquiet qu’il vit Justin lancer à Théodore un regard qui n’augurait rien de bon. Finalement, Justin baisa les yeux :

— Je suis d’accord avec toi, mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? On est que des enfants. Et puis on a promis d’attendre jusqu’à ce que ton frère vienne te chercher.

— J’en ai marre que mes frères me disent quoi faire. Je suis assez grande pour décider toutes seul, ‘mon lapin’. Termina telle sur un ton sarcastique.

Justin rougit jusqu’aux oreilles en entendant le surnom dont l’avait affabulé sa mère devant ses amis, en le serrant si fort qu’il avait failli mourir étouffé, lorsque Constance les avait déposés sur leur pallier. Lorsque son père l’avait rejoint, ils avaient dû appeler des réanimateurs. Ses parents avaient par contre été beaucoup plus circonspects face au nouvel ami qu’il leur amenait. Il connaissait déjà Blaise et cela ne les dérangeait pas de l’héberger dans leur vaste demeure parisienne. Et la petite Ginny avait su rapidement gagner leur cœur. Par contre, il en était tout autrement de Théodore. Ses parents lui étaient reconnaissants de ses avertissements voilés par lettre, qui avait permis à leur famille de quitter le pays juste à temps. Cependant ils ne pouvaient s’empêcher de frissonner lorsqu’il se rendait compte de sa présence. Malgré la confiance qu’ils avaient dans leur fils, ils ne parvenaient pas à oublier le reste du contenu de ses lettres. Et son visage inexpressif et sa manière de se déplacer sans un bruit ne les y aidaient pas.

Néanmoins, ils avaient fait leur maximum pour le cacher. Surtout, après que leur fils leur ait narré, avec enthousiasme, un récit de leur aventure qu’ils soupçonnaient d’être légèrement biaisé. Là où Justin avait cru faire le récit des nombreuses fois où Théodore leur avait sauvé la vie et prouvé sa loyauté, ses parents eux y avaient, vu la preuve que l’adolescent était particulièrement dangereux. Ils étaient déterminés à se débarrasser au plus vite de lui. Malheureusement, toutes leurs interrogations sur la famille de Théodore avaient provoqué un silence gêné suivi de sous-entendu particulièrement gênant de Justin qui mettait Théodore dans une colère noire. Ces accès de rage mettaient les autres adolescents au bord de la crise de rire, mais terrorisait les parents de Justin qui ne comprenait pas comment ils faisaient pour ne pas voir la menace qu’il représentait.

— oooh ! Pauvre petite princesse de la lumière. Ce doit être horrible d’avoir une famille nombreuse et attentionnée qui fait tout pour te protéger. Toi au moins tu as quelque part où aller. Se moqua Théodore.

— Théo, tu es ici chez toi. Intervint Justin.

— Tes parents me détestent.

— Il ne te déteste pas. Ils ont juste un peu de mal à s’habituer à ta présence.

— Parce qu’il me déteste. Insista Théodore.

— Si vous faites un effort, je suis sûr…. Tanta de positiver Justin.

— Je fais déjà des efforts. Je fais en sorte d’être le plus discret possible pour pas… Le coupa Théodore avec colère.

— Attends, c’est pour ça que tu surgis dans leur dos tous les matins en mode assassin ninja de l’ombre ? Intervint Blaise.

— Je ne surgis pas, je leur dis bonjour.

— Moi qui croyais que tu leur faisais une blague. S’exclama Blaise.

— Théo, je t’adore comme tu es. Mais si tu veux que ça colle avec mes parents, il va falloir que tu apprennes à te comporter moins… plus... Enfin mieux quoi.

— Je me fiche de l’opinion de vulgaire sangs de bo… Je me fiche de ce que l’on pense de moi. Et je maîtrise parfaitement toutes les règles de savoir-vivre en société. Ce n’est pas de ma faute si les moldus sont incapables d’apprécier les subtilités de l’étiquette sorcière. Que je respecte en toute circonstance. Au contraire de certains. Termina-t-il en désignant du regard Blaise qui avait commencé à se curer le nez (et encore, il avait fait bien pire durant les semaines qu’ils avaient passées, coincés en ensemble)

— Comment vous faite pour rester là à attendre sans rien faire. Demanda Ginny excédés du changement de sujet

— Question d’habitude, je suppose. Et puis nous, toutes les personnes auxquelles on tient se sont barré d’Angleterre il y a longtemps. Répondit Blaise avec désinvolture.

— Parle pour toi. J’ai plein d’amis dont j’ai plus de nouvelles. Retorqua Justin.

— Oui enfin toi, tu es un Poufsouffle. Allez fait pas cette tête. Je suis sûr qu’ils ont réussi à se trouver un petit coin bien pépère où attendre la fin de la guerre. On est les seuls assez cinglés pour défier ouvertement le seigneur noir et se retrouver sur sa liste, alors qu’on a à peine l’âge de boire de la bière au beurre.

— Chut !!! Je n’ai jamais dit à mes parents que coté sorcier, j’avais le droit d’acheter de l’alcool. S’ils l’apprennent, je peux dire adieu à mon argent de poche. Paniqua Justin.

Un sourire mauvais s’afficha sur le visage de Blaise. Il commença à prendre son souffle pour crier quelque chose qui déplairait fortement à Justin, mais fut interrompu d’un geste par Théodore qui se leva pour étreindre la télé avec un air contrarié (il y avait une ride de plus par rapport à son visage de tous les jours)

— Il a raison, taisez-vous. Il se passe quelque chose. Dit Théodore.

Devant le silence qui suivit, les autres se regardèrent avec consternation.

— Théo, tout va bien, tu peux ranger ta baguette. Tu vas encore inquiéter mes parents. Essaya de le rassurer, Justin.

— Tu ne le sens pas ? La magie noire est à l’œuvre.

— Encore une fois, le robot aspirateur n’est pas un démon qui va aspirer ton âme. Tu es sûr que tu n’as pas été un chat dans une autre vie ?

— Ma réaction à cet instrument de torture auditif était parfaitement justifiée. Et là ça n’a rien à voir. Tu ne sens vraiment rien d’anormal ? Répondit Théodore.

Sans vraiment trop y croire, ils commencèrent à se concentrer. Et effectivement Justin eu l’impression quelque chose n’allait pas. Mais il n’arrivait pas à savoir quoi. Jusqu’à ce que Ginny demande :

— Comment ça se fait qu’on n’entend plus rien ?

— Où sont passés les bruits de vutur ? Demanda Blaise.

— Voiture. Corrigea Justin, mais ils avaient raison, plus aucun son de trafic ne leur parvenaient. Justin se dirigea vers la fenêtre donnant sur l’avenue des champs Élysée pour savoir ce qu’il se passait, mais Théodore le plaqua au sol avant qu’il n’y parvienne.

— Tout le monde à couvert jusqu’à ce que je comprenne ce qui se passe.

— Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? La guerre est finie, Théo. Détends-toi. Tenta une énième fois Justin pour le calmer.

Depuis qu’ils étaient arrivés, il ne s’était pas passé un jour sans une crise de panique semblable de la part de Théo. Et encore ça, c’était en journée. Là, Justin pouvait encore les tourner en dérision pour les dédramatiser. Il avait beaucoup de mal à en faire de même la nuit. Au début, il avait énormément regretté d’avoir autant insisté auprès de ses parents pour qu’ils partagent la même chambre. Puis lorsqu’il s’en était ouvert à Blaise au petit-déjeuner, celui-ci lui avait indiqué qu’aussi longtemps qu’il s’en souvenait, Théo avait eu des nuits agitées. Sauf que dans le dortoir des serpentard, il pouvait le cacher derrière les imposants rideaux en baldaquin et quelques sorts de silence. Cependant personne n’était dupe à serpentard, mais à part Blaise personne n’avait jamais osé le confronter sur ses angoisses nocturnes. À partir de ce moment, Justin s’était donné pour mission de vaincre les angoisses du serpentard. 3 jours plus tard, Théodore finit par craquer et à répondre aux questions incessantes de Justin sur ce qu’il lui faisait aussi peur la nuit (la persévérance des poufsouffle n’est pas réputé pour rien). Par la suite Théodore dormit un peu mieux et Justin jura de trouver un moyen de ressusciter le père de Théo pour pouvoir le tuer une seconde fois.

— Je ne savais pas que la paix avait été signée. Ironisa Théodore.

— Tu sais très bien ce que je veux dire. Répondit Justin avec humeur.

— C’était une erreur de rester ici. Même si on est plus une priorité de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, notre tête est toujours mise à prix. On aurait dû rester discret et partir le plus loin possible.

— On ne peut pas toujours fuir Théo. Déclara Blaise.

— Pas toujours, mais jusqu’à notre mort. Les faibles n’ont pas d’autre choix. Déclara Théodore en réponse.

Pendant l’instant que Justin consacra à maudire mentalement une fois de plus le père de Théo, Ginny les harangua :

— Ou alors on peut se battre. Ça ne sert à rien de fuir. Il finira par vous rattraper. Notre seule chance, c'est de l’affronter.

— Non, mais tu nous as regardé ? Qu’est-ce que tu crois qu’on peut faire contre lui ? S’offusqua Blaise.

— Jusqu’à présent, ça ne vous a pas beaucoup arrêté. Contra-t-elle.

— On a eu de la chance et on n’avait pas le choix. Répondit Blaise comme si, il s’adressait à une demeurée.

— Bien sûr que si vous aviez le choix. Toi et Blaise vous auriez pu partir il y a deux mois. Répondit calmement Théodore.

— On ne pouvait pas t’abandonner. Répéta Justin pour ce qui lui semblait la énième fois

— Maintenant, je le sais. Moi non plus je ne pourrais pas vous abandonner. Déclara Théo en essayant d’avoir l’air le plus détaché possible.

Cet aveu les estomaqua et Ginny en profita pour rajouta :

— Et on ne peut pas abandonner Harry. Ni tous les autres.

— Harry est mort. Et il n’aurait pas voulu qu’on meure inutilement. Quant aux autres, ce ne sont pas mes oignons. J’ai déjà suffisamment de mal à maintenir ces deux-là en vie. Expliqua Théo en désignant Justin et Blaise du regard.

Blaise et Justin se préparèrent à une vaine tentative de sauvetage des meubles en bois précieux, de la terrible bataille qui s’annonçait entre les deux sorciers au caractère ombrageux, lorsqu’un cri provenant de la rue les interrompit. Tous sortirent leur baguette et se figèrent. Petit à petit, les cris se multiplièrent puis devinrent des bruits de foules.

— Que personne ne s’approche de cette fenêtre. Ordonna Théodore.

Ginny fut tentée d’aller voir ce qui se passait uniquement pour déplaire au serpentard, lorsque la mère de Justin enfonça la porte. Venez vite, un hélicoptère nous attend sur le toit !

— Une heliquoi ? Demandèrent les 3 sangs purs simultanément.

— Qu’est-ce qui se passe, Maman ? Demanda Justin en ignorant la question de ses compagnons.

— Vous n’avez pas regardé les infos ? Demanda sa mère en retour tout en fourrant à la va-vite des bijoux et des billets dans son sac à main.

— Il y a Malcolm qui est diffusé en même temps. Tu sais, c’est cette nouvelle série… Expliqua Justin d’un air penaud.

— Je sais ce qu’est cette ânerie. Ne prenez que l’essentiel, on a à peine 5 minutes avant qu’il ne parte.

— Qu’est-ce qu’il se passe ?

— Cette Ombrage que vous avez aidé. Elle vous a remercié en envoyant une armée de zombie envahir la France. Bon dieu, je n’arrive même pas à croire que je dis quelque chose d’aussi absurde. Répondit sa mère au bord de la crise de nerf.

— C’est quoi un zombie ? Demandèrent Blaise et Ginny qui en avait marre de ne rien comprendre à ce qui se passait.

— Le résultat d’une malédiction africaine. Répondit Théodore en pointant sa baguette contre la mère de Justin d’un air menaçant, avant de lui demander :

— Comment une moldue peut-elle avoir des connaissances aussi pointues en magie étrangère ? Qui êtes-vous, en vérité ?

— Pour les moldus, un zombi est un cadavre revenu à la vie. Et baisse cette baguette ! Tu te souviens de ce qu’on disait sur ton comportement ? Répondit Justin à la place de sa mère terrorisée.

— Désolé Madame. S’excusa Théodore sur un ton qui sonna piteusement à ses amis, mais que sa mère perçue comme sans émotion ni regret véritable. Puis il détourna sa baguette vers la porte et la transforma en un mur de flamme.

Pendant que sa mère poussait de petits cris horrifiés, Justin se frappa la tête contre le mur.

— Le feu est le seul moyen de repousser les inferis. S’ils parviennent jusqu’ici, cette illusion les repoussera. Par pitié dites-moi que l’un d’entre vous maîtrise le sort de Flamme ? Expliqua alors Théodore.

— Pourquoi veux tu que l’on maîtrise un sort de quatrièmes années ? Répondit Blaise avec inquiétude.

— Parce que ça pourrait vous sauver la vie. Dès qu’on sera dans un endroit calme, je recommence à vous former en défense, en attendant restez près de moi.

Avec quelques gestes de sa baguette, Nott fit apparaître une énorme valise dans laquelle vola ce que Théo estimait être l’essentiel (quelque temps, plus tard, il apprendra douloureusement que les femmes ont d’autres essentiels). Puis il la rétrécit et appliqua un sort pour l’alléger au maximum, avant de la donner à la mère de Justin. Dans sa tête, il était logique que la seule à ne pas pouvoir utiliser de baguette porte leur bagage, mais Justin n’apprécia pas qu’il traite sa mère comme une domestique. Sous ses directives, ils traversèrent avec beaucoup d’anxiété l’illusion qui avait remplacé leur porte. Mais ce ne fut rien comparé à la difficulté de gravir les escaliers qui les séparaient du toit. Ils ne tardèrent pas à se faire engloutir par la foule paniquée des habitants de l’immeuble. Les informations que les chaînes d’infos du câble diffusaient en boucle et l’illusion d’incendie crée par Théodore leur avait fait perdre la tête.

Au prix d’énormément de bousculades et de patience, ils parvinrent jusqu’au toit-terrasse privé des Finch-Fletchey sans révéler leur nature de sorcier. Ils eurent alors une vue à couper le souffle sur la capitale. Au nord, la tour Eiffel gisait par terre, renversée suite à l’apparition - à la place de ses fondations - d’un gigantesque cratère résultant d’une explosion nucléaire sous-terraine d’où sortait par dizaine des gobelins malades, mais déterminés à se battre contre les soldats français qui tentaient de prendre le contrôle de la zone. Plus à l’ouest, il voyait un énorme incendie se développer là où Blaise et Théodore savaient que se trouvait le quartier sorcier de Paris. Et partout des gens criaient et pleuraient en courant, abandonnant les voitures devenues inutile dans ses rues encombrées pour tenter de fuir la capitale.

— Que fait l’armée française ? Demanda Justin.

— Que font les aurors français ? Demanda Blaise.

— Ils sont là. Répondit Théodore à la place de la mère de Justin en pointant l’île de la cité où un char tenta d’enfoncer une barricade d’où s’échappait une myriade de sorts. L’un d’entre eux fut si puissant que le char s’envola et alla s’écraser contre la façade d’un bâtiment de style haussmannien, dévoilant le contingent de soldats qui se cachait derrière. En bon professionnel, ils se reprirent vite et commencèrent à mitrailler leur adversaire tout en se repliant.

Mais la mère de Justin ne les écoutait pas. Trop occupé, qu’elle était à regarder leur héliport désespérément vide.

oOoOoOo

— Que ceux qui sont capables de tenir debout se regroupent par quatre pour faire léviter des brancards et y installer les autres patients. Ordonna Pomfresh.

— On n’a pas le temps, il faut fuir maintenant. S’opposa un des infirmiers rescapés de Saint-Mangouste en s’adressant à Housser (au grand agacement de Pomfresh).

Il est vrai qu’en tant que médecin et représentant de Saint-Mangouste le plus haut gradé encore présent, c’était théoriquement à lui que revenait la tâche d’administrer l’hôpital qu’était devenue l’infirmerie de Poudlard et pas à une simple infirmière scolaire comme elle. Cependant, elle avait eu l’espoir que même les plus conservateurs des anciens médicomages de Saint-Mangouste aurait accepté que dans son antre, elle était seule décisionnaire.

— Oh, comme c’est mignon. Ils sont assez grands pour essayer de jouer papa contre maman. Alors je t’explique mon chéri. Si papa mets maman en colère, ce soir, elle refusera de jouer au Uno avec lui. Du coup, il devra aller jouer avec la voisine, mais ça mettra le voisin en colère. Alors moi, pas contrariant, j’ai proposé qu’on joue à 3, mais il m’a mis une beigne en me traitant de taré, donc j’ai porté plainte pour coups et blessures, mais la juge lui a donné raison et maman a demandé le divorce. Tout ça pour dire que j’ai dû aller dans une maison close et que c’est comme ça que j’ai rencontré votre nouvelle maman… Pourquoi je parle de ça déjà ? Ah oui : Je ne partirais pas sans abandonner mes patients et si vous tentez de vous enfuir, je vous abats moi-même ! Lui hurla Greg avant de quitter l’infirmerie.

L’infirmier encore hagard, mit 5 minutes avant de dire :

— C’est moi où il vient de se barrer en nous laissant nous démerder ?

— Si vous voulez qu’on parte plus vite, allez-vous poser ces questions dans la resserve et fourrez dans ce sac toutes les potions dont on pourrait avoir besoin. Ordonna Pomfresh en lui jetant dans les bras un sac de voyage de Saint-Mangouste.

Pendant ce temps, Greg, monta les marches du château aussi vite que le lui permettaient les fonctionnaires qui déambulaient d’un bout à l’autre des couloirs du château, les bras chargés de dossier comme des poulets sans têtes, jusqu’à débouché sur l’ancien bureau de Dumbledore qu’Ombrage avait réaménage pour en faire le bureau du ministre de la magie. Les portraits des anciens directeurs avaient été remplacés par des cartes du pays, des organigrammes, d’hideux tableaux de chats avec des nœuds roses et un imposant portrait d’ombrage en uniforme d’auror qui trônait dans une position centrale derrière le bureau qui ressemblait davantage à un trône qu’a un outil de travail. Cependant, en ce moment, ce qui attirait l’attention de Greg était le capharnaüm que Percy était en train de mettre dans la pièce sous le regard inquiet de son petit frère.

— Fred arête de t’amuser et retourne immédiatement nous aider à l’infirmerie. Ordonna Greg.

— Je ne travaille plus à l’infirmerie, mais dans la garde personnelle de la ministre.

— Ce que tu n’es pas prêt à inventer pour ne pas t’occuper des furoncles de Madame Boulard.

— Tu crois que c’est le moment ? S’insurgea Fred.

— Tu crois vraiment que tu es plus utile ici ? Fiche le camp, c’est un ordre où je te mets de garde durant les 4 prochaines semaines.

Comprenant enfin où il voulait en venir Fred quitta la pièce. Une fois qu’il fut sûr que Fred n’était plus à porter d’oreille Greg demanda :

— Percy, qu’est-ce tu fais ? On a besoin de toi en bas.

Tout en continuant à rassembler des papiers, Percy lui répondit :

— De moi, pour quoi faire ? Tu veux des conseils pour foirer tout ce que tu entreprends ?

— Non, j’ai besoin que notre ministre organise l’évacuation. Bordel, on ne sait même pas où on va.

— Je ne suis pas ministre et mon rôle est juste de sauver le registre des traités internationaux sur ….

Avec calme Greg lança un incendio sur les documents que tenait Percy. Celui, regarda avec stoïcisme toute trace de son travail depuis son entrée au ministère partir en fumée. Puis il dit avec un air détaché :

— Je n’ai pas la moindre idée d’où on pourrait aller. Vous-Savez-Qui contrôle tout le pays. Poudlard était le dernier endroit sûr. C’est drôle, j’ai toujours rêvé d’être ministre et je ne me rends compte que maintenant que je ne suis pas fait pour le poste. Ombrage, Dumbledore et même Fudge avait toujours une idée. C’était rarement de bonnes idées, mais au moins ils en avaient une. Moi, je suis juste un gratte-papier bon à exécuter les ordres. Je suis incapable de les donner.

— Mais c’est fini les chouineries oui ?! Tu crois que je sais toujours comment guérir mes patients ? Bon en fait, oui, je sais toujours comment guérir mes patients. Mais si je ne savais pas, je n’irais pas me cacher dans mon bureau pour pleurer. J’irais chercher un stagiaire et je lui dirais qu’il a 3 heures pour trouver, sinon il est viré.

— Ça ressemble exactement au genre de mauvaises idées qu’aurait eu Fudge.

— Tu vois que ce n’est pas si compliqué d’être un bon chef. Alors trouve vite un pigeon pour lui confier la patate chaude et descends faire semblant que tout est sous contrôle.

— Je crois qu’il est tout trouvé. Répondit Percy en fixant Greg du regard.

— Non ! S’écria Greg en comprenant.

— C’est un ordre du ministre de la magie. Ah et vous avez 15 minutes maximum. Après, vous devrez expliquer au survivant pourquoi on n’a pas encore quitté le château.

Sans un mot de plus, Percy quitta le bureau, laissant Greg totalement abasourdit derrière lui.

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Après avoir dû faire le deuil de l’hélicoptère et expliquer avec beaucoup de peine aux 3 sangs purs qui les accompagnait pourquoi ils ne pouvaient pas utiliser les balais de la femme de ménage pour s’enfuir. La mère de Justin remontait l’avenue avec nervosité en tenant ferment la main de son fils et dans l'autre celle de la jeune Ginny pour ne pas risquer de les perdre dans l’avenue déchaînée des champs Élysée. Elle tenta tant bien que mal d’ignorer les groupes qui tentaient d’enfoncer les portes blindées des magasins de luxe qui parsemait la rue et de garder les yeux fixés sur son objectif : la tour de la défense où travaillait son mari, qui brillait au loin.

Et elle espérait que les adolescents se contenteraient comme elle de baisser les yeux et d’accélérer le pas. Jusqu’à présent, elle avait été très fière que son lapin se soit comporté en héros. Aujourd’hui, elle mesurait surtout à quel point un héros pouvait être un danger pour lui et son entourage. Mais ce ne fut pas de Justin que les ennuis vinrent :

— Cet homme à des problèmes, il faut l’aider. Cria Ginny avant de lâcher brutalement sa main et de courir vers un groupe d’individus cagoulé qui avait encerclé un jeune homme et le menaçait à l’aide de couteau. Elle poursuivit la jeune fille et l’attrapa juste à temps pour l’empêcher de se jeter sur eux braguette brandie. Mais ils étaient maintenant assez proches pour entendre le contenu de la conversation :

— Puisque je vous dis que je ne suis pas Harry Potter.

— Tu ressembles beaucoup à la photo de ce journal sorcier.

— Non mais oui. C’est moi sur la photo, mais je ne suis pas Harry Potter. Moi, je suis nul en magie. Je suis presque un cracmol.

— Un quoi ? Si tu n'es pas Harry Potter alors pourquoi ses sorcières nous ont dit que tu étais Harry Potter ?

— Je faisais semblant pour qu’elle …. Enfin, je faisais semblant quoi. C’est comme ça que je gagne ma vie depuis des années. Mon père m’a reniée et le théâtre ça n’allait pas fort, alors quand le vrai Harry Potter ne s’est pas présenté à Poudlard, avec mon agent, on a lancé cette arnaque. Et puis le vrai Harry Potter nous a autorisé à continuer, si on lui versait 50 % sur tous les bénéfices. 50 %, vous vous rendez compte ? Alors que c’est nous qui faisons tout le boulot.

— Big B, qu’est-ce qu’on s’en fout de son patronyme ? C’est un anormal, on doit le buter avant qu’il ne nous bute. Dit l’un des hommes en sortant un flingue.

— Promis si je m’en sors, je ne ferais plus jamais semblant d’être Harry Potter. Cria le jeune sorcier soudainement pris de panique.

— Idiot Potter, c’est le seul sorcier qui s’oppose à Ombrage. S’il meurt nous aussi.

— Si c’est lui notre seul espoir alors on est foutu. Autant le buter tout de suite et aller prendre une dernière cuite.

Les adolescents en avaient assez entendu et sous le regard approbateur de la mère de Justin exercèrent sur eux le peu que Nott avait pu leur apprendre durant les quelques jours qu’ils avaient passé ensemble. Les brutes fuirent très rapidement sans demander leur reste et les autres témoins continuèrent leur chemin. Seule l’accélération de leur rythme de marche et l’écart qu’ils faisaient pour ne pas les croiser témoignaient qu’ils avaient bien observé la scène.

Ginny s’avança vers le jeune sorcier d’une vingtaine d’années qu’ils venaient de sauver. La mère de Justin remarqua alors qu’il était extrêmement beau. Ce qui ne sembla pas échapper à la jeune adolescente qui bégaya :

— Vous vous êtees… ?

— Ouiiiii. Répondit-il sur un ton charmeur en faisant un sourire qui aurait fait rougir Lockhart de jalousie. Puis il remarqua le regard des garçons et se corrigea :

— Enfin, non. En fait, je m’appelle Félix Lalo et je...

— Vous êtes tellement plus beau que l’original. Le coupa Ginny en se retenant visiblement de sauter sur place d’excitation.

La mâchoire de l’imposteur tomba tellement bas qu’il jura avoir entendu l’os de sa mâchoire cracker. Ginny ne le savait pas, mais elle venait de gagner son plus grand fan. Après tout ce temps à être traité de pâle copie, il avait oublié qu’il pouvait briller par lui-même.

Il mit tellement de temps à s’en remettre que quand il reprit conscience, ses sauveurs avaient disparus. Il fouilla la rue et vit de loin sa sauveuse être traîné de force.

Il tenta de les rejoindre, mais fut rapidement séparé d’eux par la foule. Mais la plus peinée de cette séparation fut Ginny qui dut subir durant le reste de leur trajet, les remontrances extrêmement hypocrites de la mère de Justin sur leur imprudence.

oOoOoOo

Une centaine de plop de transplanage vinrent troubler le calme de la campagne anglaise et une foule de sorciers en plus ou moins bon état apparus et un brouhaha de voix se fit entendre.

— Non Philippe !

— Il s’est sacrifié pour qu’on puisse s’enfuir.

— Où on est ?

— Quand est-ce qu’on mange ?

Tous turent leurs reproches, lorsque Percy fendit la foule avec un air colérique, en laissant crépiter sa magie autour de lui. Cependant, même si aucun n’osa formuler ouvertement de critiques, tous regardèrent d’un regard sévère l’homme si jeune et pourtant déjà si impitoyable qui avait décidé d’abandonner la moitié des leurs, lorsque Vous-Savez-Qui avait franchi les portes du château avant qu’ils n’aient pu finir de préparer l’évacuation.

À ses côtés, se tenait Fred que Percy avait réintégré temporairement dans ses fonctions de garde du corps pour s’assurer qu’il ne se jetterait pas dans une bataille perdue d’avance à la moindre occasion. Inutile de dire que Fred n’avait pas manqué une occasion de lui faire savoir ce qu’il pensait de cette décision. Pendant qu’il gravissait le sentier sous les regards haineux, il se demandait ce qu’il avait fait pour mériter cela. Mais il n’en avait cure. Depuis la naissance des jumeaux il avait l’habitude d’être considéré comme le tyran à qui on reprochait de se montrer responsable et de prendre les décisions difficiles. Au début cela l’avait peiné, mais il avait su transformer cette peine en une ambition dévorante de monter à tous ce qu’il valait, qui l’avait mené vers le sommet. Arriver à la fin du sentier, il fut frappé par l’immense forteresse qui leur barrait l’horizon :

Il entendit alors la voix de Pétunia Dursley s’exclamer :

— La différence entre la demeure et la démesure : un ‘s’, celui de la survie.

Devant l’air interrogateur de Percy, qui venait de remarquer sa présence, elle expliqua :

— J’ai lu ça dans un magazine.

Il était surpris de voir les Dursley à ses côtés, mais ne commenta pas. Dans la confusion qu’avait été leur départ, il avait à peine remarqué que Fred l’avait momentanément quitté pour faire transplaner les parents de Potter. Il pensa alors que Fred avait bien grandi et qu’il devrait peut-être lui donner une seconde chance. Percy s’approcha du couple qui se tenait devant la herse fermée qui protégeait l’entrée du fort. Il s’approcha de l’homme qui tenait un enfant qui devait avoir 10 ans dans ses bras et lui demanda avec irritation :

— Docteur Housser, je croyais vous avoir demandé de nous trouver un refuge ?

— Il n’y a pas de meilleur refuge que fort Nott.

— Pardon, est ce que vous avez perdu la tête ? À moins que vous ayez finalement décidé de nous trahir au profit des mangemorts.

— J’ai suffisamment fréquenté les Nott pour savoir que les protections n’autoriseraient personne à y séjourner sans l’autorisation express de l’héritier des Nott et elles sont beaucoup trop puissantes pour être vaincu. Aucune chance que des mangemorts ne s’y trouvent.

— Sauf si Vous-savez-qui décide de briser ses protections pour s’en emparer. Est-ce qu’il faut que je vous rappelle de ce qu’il a fait à celles de Poudlard ?

Greg jeta un caillou dans un espace à travers la herse et tous purent le voir se faire réduire en poussière sans un bruit au moment où il franchit la grille.

— Je pense qu’il a mieux à faire que de s’emparer de s’emparer d’une forteresse perdue au milieu de nulle part. Les Écossais sont terrifiants, mais pas au point qu’il veuille remettre en service ce qu’il reste des forteresses du mur d’Hadrien.

— Et comment vous compter nous faire entrer ? Au cas où vous l’auriez oublié, on a envoyé l’hériter des Nott en Suisse et on ne peut pas attendre à découvert qu’il vienne nous ouvrir.

— Voyons, je suis le Dr Housser. Je me suis fait une spécialité d’aller là où mes patients ne veulent pas me voir.

Toujours en tenant l’enfant que Percy reconnaissait maintenant comme étant celui de la nouvelle compagne de Greg (Percy plaignait sincèrement la femme qui avait été assez folle pour accepter de l’épouser), Greg s’avança vers la fortification et se mit à la limite de se faire exterminer par les protections. Puis il commença une litanie et une succession de mouvement de baguette qui était assez impressionnante, mais que Percy perçu pour ce qu’ils étaient réellement grâce à ses ASPIC en rune et arithmancie : de l’esbroufe ridicule. Il s’apprêtait à vertement engueuler Greg pour les avoir menés dans une impasse, lorsque dans un grincement impressionnant les portes de la forteresse s’ouvrirent et que les survivants s’empressèrent de se réfugier à l’intérieur.

Percy remarqua alors que l’enfant avait un nez fort disgracieux.

Brève de presse 3

— Bonjour, vous êtes sur CNN, nous sommes le 20 septembre 1994 et nous commençons ce journal par un point sur la situation dans le monde. Suite aux explosions atomiques souterraines qui ont contaminé la nappe d’eau souterraine qui les alimentait en eau potable, les villes de Paris et Tokyo subissent un exode massif de leur population et des combats urbains, très violents. Tout de suite, un reportage de nos reporters spéciaux sur place.

— Comme vous le voyez, les combats font rage au sein de la capitale entre les humains et la communauté sorcière découverte au cœur même de l’île de la cité, malgré les appels au calme du président François Mitterrand…

— Excusez-moi de vous interrompre, mais on nous apprend à l’instant que l’armée envoyée par la France à la rencontre de la vague de morts-vivants qui s’est échappé du tunnel sous la Manche a dû battre en retraite, afin de reconstituer une ligne de défense, mais d’extravagantes rumeurs d’un effondrement complet de l’armée après que les soldats aient perdu toute motivation de vivre et de la fuite du chef d’état français a provoqué une panique dans tout le pays qui menace de se propager aux autres états.

En réaction, les pays alentour ont tous déclaré la loi martiale et un couvre-feu à partir de 20 heure. De plus, une réunion exceptionnelle de l’OTAN a été organisé. Peu de temps après ses décisions, des documents révélant les liens entre Ombrage et les gouvernements européens ont fuité dans la presse, provoquant de violentes émeutes urbaines dans les principales villes d’Europe et ce qu’il faut bien appeler un début de chasse aux sorcières. Le département d’état américain recommande au ressortissants américains de rester chez eux et en cas de problème, de se rendre immédiatement dans leur ambassade.

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— Bonjour, vous êtes sur CNN, nous sommes le 25 septembre 1994 et une fois de plus, nous commençons ce journal par un point sur la situation en Europe. Suite à la destruction du siège de l’OTAN à Haren en Belgique la mort de tous les soldats américains envoyé sur place, des contestations se sont fait jour jusqu’au sein des sénateurs démocrates. Malgré l’intervention devant le congrès du président Bill Clinton, où il a réaffirmé son engament envers la protection de nos alliés européens et la justification d’avoir caché ses liens avec le monde sorcier, une procédure d’impeachment a été lancée à son encontre.

Afin de ne pas déstabiliser le pays si la procédure aboutissait, des frondeurs des républicains et des démocrates se sont mis d’accord sur une candidature unique de l’homme d’affaires Donald Trump et de sa ligne isolationniste. Les commentateurs ont salué un choix responsable en ces temps troublés ainsi que le symbole de compromis que représente le choix d’une personne issus de la société civile connus pour ses soutiens aux deux partis. Suite à ces annonces, le S&P500 a bondit de 2 points, mais reste à son plus bas niveau depuis 36 ans. Tout de suite notre envoyé spécial à Washington DC. Mark, pouvez-vous nous dire qu’elles sont les chances de la procédure d’impeachment d’aboutir ?

— Pour être honnête ici, on nage dans le flou total. Une seule certitude, la balle semble être dans le camp du président. À moins d’une surprenante victoire militaire, il semblerait que deux choix s’offrent à la présidence. La première serait de céder aux revendications des sénateurs frondeur consistant à rapatrier ce qu’ils restent de nos troupes et laisser la république européenne ramener l’ordre en Europe.

Cependant un tel revirement serait difficile à comprendre après avoir affirmé que le jeune Potter était responsable de la destruction de la flotte américaine stationné dans la mer du Nord. Pour rappel, malgré son jeune âge, il s’agit d’un puissant mage qui représente la communauté sorcière européenne au sein de la république européenne créée par ce qu’il reste du gouvernement anglais, afin de ramener l’ordre après les dévastations provoquées par le passage de l’armée des morts créée par Ombrage et ses partisans pour venger la mort des citoyens sorciers dans les attentats du 11 août. Potter et la république ont dénoncé une manipulation visant à faire pression sur la jeune république pour la contraindre à s’aligner sur les intérêts américains et a rappelé son attachement au monde moldu dans lequel il a été élevé et qu’il ne laissera jamais des fanatiques religieux assombrir son cœur.

— Et la deuxième solution Mark ?

— La deuxième pose autant de problème que la première. Il s’agirait d’envoyer un deuxième corps expéditionnaire en Europe malgré l’avis défavorable du sénat en invoquant le vote d’urgence du 20 septembre qui autorisait l’engagement des troupes déjà présent en Europe et le respect des traités d’alliance signé avec les défunts gouvernements européens qui eux, ont été dûment ratifiés par le sénat. Des débats houleux ont déjà lieu entre spécialistes pour déterminer la légalité d’une telle action, mais en fin de compte ce qui déterminerait l’acceptation d’une telle action serait le succès ou l’échec des opérations militaires. Cependant, depuis la destruction de l’armée Française, le pentagone croit à la nécessité d’intégrer les sorciers. Rappelons que pour le pentagone, l’explication de la chute rapide des nations européennes est leur incapacité à faire appel à leur communauté sorcière, alors victime de pogrom, pour se protéger de créature nommées détraqueurs qui accompagnerait les morts-vivants. Il ne pourrait donc prendre ce choix que si les négociations afin de normaliser les relations entre la fédération américaine magique et notre gouvernement aboutissait. Cependant elles ont été extrêmement ralenties par l’attaque du groupe évangélique « l’armée de dieu » contre l’Institut des sorciers de Salem.

De plus, la fédération américaine magique continue de susciter de vives méfiances au sein de la population américaine qui n’ont pas été arrangées par les paroles négationnistes du président de la fédération américaine sorcière qui nie les crimes d’Ombrage.

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— Bonjour, vous êtes sur CNN, nous sommes le 28 septembre 1994, et les tensions viennent de monter d’un cran entre le gouvernement de la jeune fédération de Russie et l’administration américaine après que le président Bill Clinton ait ordonné le rapatriement de son ambassade de Moscou en protestation aux frappes atomiques russe sur le territoire polonais dans le but de stopper l’armée des ténèbres avant qu’elle n’atteigne les frontières russes. Le président Boris Eltsine a tenté de se justifier en prétendant que la dislocation de l’OTAN et l’inaction du gouvernement américain ne lui laissait pas d’autres choix s’il voulait protéger sa population.

Néanmoins des voix s’élèvent de toutes parts pour obliger le président Bill Clinton à stopper toute coopération militaire entre les États-Unis et la fédération de Russie. Afin de calmer les esprits, le président a ordonné le rapatriement de toutes les troupes américaines de la région tant que le nuage radioactif ne se sera pas dissipé en précisant que c’était une mesure de précaution. Cependant, le général en chef des armées alliée a indiqué que dorénavant, il faudrait faire sans l’aide américaine. Suite à cette annonce la bourse de Moscou a plongé de 50 %, le cours de la rouble de 80 % et malgré la loi martiale et l’ordre de se confiner dans les maisons, le temps que le nuage radioactif finisse de traverser le pays, les grandes villes russes sont en proie au pillage de la part d’habitants craignant les pénuries.

— Excusez-moi de vous interrompre, mais on m’apprend à l’instant qu’après enquête, le porte-parole du pentagone a confirmé que les frappes atomiques avaient eu un impact limité sur l’avancée des troupes ennemies. En effet après seulement une heure, un sorcier non identifié est arrivé sur les lieux par les airs et l’armée des ténèbres s’est immédiatement reformée. De plus, comme attendu, le feu nucléaire semble inefficace contre les fantômes voleurs d’âme que les sorciers nomment détraqueurs. Malgré tout, la communauté sorcière américaine persiste dans son déni et prêtent qu’il lui est impossible de nous fournir à une armée de zombies semblables. Ses dénégations n’ont guère convaincu le grand public et les mouvements évangélistes continuent de voir dans ces capacités, la preuve que les sorciers sont une engeance du démon et plusieurs manifestations géantes ont eu lieu dans tout le pays pour demander leur éradication.

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Note de l’auteur : pour ceux qui ne le savent pas, Donald Trump a été démocrate pendant plusieurs années avant de devenir Républicain et d’être envisagé comme vice-président de George Bush. Puis il est redevenu démocrate dans les années 2000 par opposition à la guerre en Irak.

Dans cette fanfic je dis qu’il est modéré autant pour la blague que parce qu’à l’époque, il semble qu’il l’était. Mais je ne nie pas qu’aujourd’hui, c’est une ordure d’extrême droite (oui, je sais, c’est un pléonasme).

Le duel des deux imposteurs

— Quand est-ce qu’on arrive ? Se plaignit Ginny.

— Pour le savoir, il faudrait déjà qu’on sache où on va. Critiqua Justin.

— Cette fois, je suis sûr qu’on est sur la bonne route. Répondit Blaise en triturant nerveusement la carte moldue qu’ils avaient volé dans une station essence abandonnée.

— C’est ce que t’as dit, il y a 3 jours. Tu n’as quand même pas encore tenu la carte à l’envers ?

— Mais non. Cette fois, j’ai bien compris que les cartes moldues ne se mettait pas automatiquement dans le bon sens. Il faut qu’on aille tout droit jusqu’au village N7 et là, on tourne à gauche et on y sera.

Justin et sa mère stoppèrent immédiatement.

— Ce n’est pas vrai, on est encore perdu.

— Mais non, on est là. Et le refuge secret de ma mère est là. Se défendit Blaise en pointant un point bleu sur la carte.

— Ça, c’est le canal du midi, idiot. L’admonesta Ginny avant de s’effondrer par terre.

Elle avait faim et elle était épuisée. Elle n’avait jamais marché autant que durant ces derniers jours qu’ils avaient passés à errer sur les routes de campagne désertes française. Et les magasins qui tenaient encore debout était tous désespérément vide de toute nourriture. De toute manière, ils n’avaient plus d’argent et ils se refusaient à utiliser leurs pouvoirs pour voler les gens (dans le cas des serpentard, non pas par altruisme, mais par volonté de rester discrets). Au début, ils s’étaient fondus dans un grand convoi de fuyard encadrés par des déserteurs de la gendarmerie (racketter serait peut-être plus juste), mais ils s’étaient séparés vers Lyon, lorsqu’un groupe de mangemorts et des pillards avaient attaqué leur groupe depuis les airs. Depuis, tout le pays semblait se cacher.

Dans les rares villes à encore prendre le risque de maintenir ouvert un gymnase pour y accueillir les réfugiés des grandes villes (où il avait pris le risque de faire une pause les jours de pluies), on murmurait que ceux qui étaient capturés ne revenaient jamais. Personne n’osait l’exprimer, mais malgré les discours rassurants diffusés en boucle à la télé et à la radio, tous redoutaient de rejoindre l’armée des morts toujours plus importante et qui avançait toujours plus loin à l’est. Personne ne croyait les mensonges de cette république européenne qui avait émergé des ruines laissées par l’armée des morts où les combats entre les sorciers et les moldus qui avaient suivi la grande révélation (et qui avait grandement favorisé l’armée des morts). Les gens ne comptaient que sur eux, formaient des réseaux d’entraide, s’organisaient pour se défendre seuls et se cachaient des représentants de la république créée de toute pièce par Voldemort. Et parfois en profitaient pour régler quelques comptes.

— On ferait mieux d’essayer de rejoindre le bunker que ton père a acheté en Suisse. Adressa la mère de Justin à son fils.

— Moi, je me fiche d’où on va, du moment qu’on bouge. Que ce soit le bunker des Finch-Fletchley ou le refuge des Zabini, aucun ne nous protégera du seigneur noir. Pressa Théodore.

— Si Théo a raison et qu’on est encore recherché, on sera plus en sécurité chez ma mère. Le manoir est bardé de tous les sorts de protection possible et imaginable. Expliqua Blaise.

— Un manoir où ta mère a fait des soirées avec la moitié des mangemorts d’Angleterre. Répliqua Ginny.

— Non seulement pour ceux qui étaient riches et vieux. Taquina Justin.

— C’est bien ce que je dis. Répondit Ginny.

— De toute façon, l’endroit est sous fidelitas et c’est elle le gardien. Les rabroua Blaise d’un air agacé.

— Monsieur Nott n’arrête pas de dire qu’aucune protection n’est fiable. Si c’est le cas, on sera plus en sécurité dans un lieu que personne ne connaît. Argumenta la mère de Justin.

— Écoutez, je comprends que vous voulez revoir votre mari, mais ce serait trop facile pour eux de nous retrouver dans un refuge moldu, même secret. Moi ce que je dis, c’est que l’on ne devrait pas chercher une cachette, mais continuer à bouger en permanence et se contenter de protection basique contre le pistage que l’on peut se lancer en permanence. Commenta Nott, en se souvenant d’à quel point il avait été difficile de la convaincre de fuir Paris lorsqu’ils n’avaient retrouvé aucune trace du père de Justin sur le parvis de la Défense.

— Ouais, c’est pour ça que vous vivez tous dans des forteresses surprotégées ? Critiqua Justin.

— Fort Nott est l’endroit le plus sûr d’Angleterre, mais ses murs n’ont jamais empêché leurs ennemis d’atteindre mes ancêtres. Nos demeures ancestrales protègent notre honneur et nos gens, mais n’épargnent que rarement notre sang. Expliqua Nott.

Blaise répliqua d’un air fatigué :

— Pourquoi est-ce que toutes les vieilles familles prétendent avoir l’endroit le plus protégé d’Angleterre ? Écoute, si vraiment Nott sait lancer des patronus corporels, alors lorsqu’on sera chez moi, il pourra envoyer un message à ton père.

— À condition que ta mère m’y autorise. Tu crois vraiment qu’elle va prendre le risque de se faire remarquer pour un moldu ? Remarqua calmement Nott.

Blaise allait rétorquer quelque chose, mais ferma précipitamment la bouche avant de concéder en se tournant vers Justin :

— Le problème ce n'est pas que ton père soit un moldu, mais qu’elle n’est pas de notre sang. Ma mère m’a toujours dit de n’aimer que si je n’avais pas le choix et de n’aider que ceux que j’aime.

— À sa place, je n’aurais pas été aussi crue, surtout avec mon lap… avec Justin se corrigea la mère de Justin en levant les yeux au ciel après que son fils lui ait lancé un regard noir. Mais c’est très juste. Ta mère doit être une redoutable femme d’affaires.

Elle ne comprit pas pourquoi les 3 adolescents pouffèrent de rire alors que Blaise se mit en colère :

— Oui, ma mère est une femme d’affaires. Contrairement à ce que prétende les jaloux, l’essentiel de notre fortune provient des investissements effectués par ma mère. Et quand bien même, je ne vois en quoi c’est plus honorable que de les avoir obtenues parce que son ancêtre à trucidé la moitié des gobelins du pays.

— Mes ancêtres ont créé ce pays, puis se sont sacrifiés pour le défendre. Contra Nott.

Avant que le ton monte, Justin intervint :

— Ça va, on s’excuse. On ne voulait pas te vexer. On est juste fatigué. On fait une pause le temps que Blaise trouve la direction du refuge des Zabini.

Après cela, ils s’assirent tous. Justin essayait de se persuader qu’il avait fait le choix de soutenir le plan de Blaise uniquement parce que c’était le plus sûr. Mais au fond de lui, il savait que ce qui lui faisait vraiment peur ce n’était pas ce qu’ils risquaient de trouver sur le chemin, mais ce qu’ils risquaient de ne pas trouver. Rien n’indiquait que son père était encore en vie et Justin était persuadé que jamais il n’aurait quitté Paris sans sa mère et lui.

— C’est quoi le problème avec la mère de Blaise ? Demanda la mère de Justin.

— C’est une pute. Répondit Ginny avant que Justin n’ait eu le temps de réfléchir à comment répondre sans risquer de braquer sa mère et qu’elle n’insiste de nouveau pour allers en Suisse.

Une fois qu’il eut recouvré suffisamment de sa surprise de voir la petite Ginny employer un tel vocabulaire, c’est avec une voix pleine de reproches qu’il s’exclama :

— Ginny !

— Quoi !? C’est ce que disait Percy. Ce n’est pas vrai ?

— Non, c’est… Justin s’arrêta pour réfléchir à comment présenter la chose avec subtilités.

— Une meurtrière. Et une excellente. Peut-être la meilleure d’Angleterre. Mon père n’arrêtait pas de vanter ses exploits et suivait ses carrières avec attention. À un moment, il a même failli l’épouser. C’est comme ça qu’on s’est rencontré Blaise et moi.

— Ah, merci Théo ! Ne put s’empêcher de lancer Justin sur un ton de reproche pendant que Ginny recrachait l’eau qu’elle était en train de boire et que sa mère prenait un air apeuré. Parfois, il détestait ses amis.

Une fois qu’ils se furent reposés et que Justin eut réussi à convaincre sa mère qu’elle n’était pas entourée de dangereux psychopathes (note de l’auteur : ce n'est pas bien de mentir à ses parents), ils convinrent de s’arrêter au prochain village pour demander leur chemin. C’était risqué, mais ils ne pouvaient pas continuer à errer comme ça au hasard. Malheureusement, ensuite, il n’aurait pas d’autres choix que de se fier au sens de l’orientation plus que douteux de Blaise. Il était le seul à savoir où se trouvait le refuge de sa mère et les nombreux sorts dont le lieu faisait l’objet l’empêchait d’en révéler l’emplacement, même approximatif à quiconque. Seuls ceux qui y étaient déjà allés pouvaient savoir où il se trouvait.

C’est donc avec prudence qu’ils entrèrent dans les faubourgs d’un petit regroupement de pavillons perdus au milieu des champs qui entouraient un centre-ville composé de quelques commerces aux vitres barrées par des planches et d’une petite église du Moyen Âge. L’allée principale était déserte et on aurait pu croire à une ville fantôme sans les volets qui se fermèrent à leur arrivée.

— Charmant accueil. Commenta Ginny.

Brusquement, une dizaine de sorciers habillés en noir avec un masque de carnaval blanc en plastique les encerclèrent. L’effet aurait dû être terrifiant, mais le contraste avec les vrais mangemorts obligea les adolescents à réprimer un sourire. Mais ce moment de légèreté s’arrêta brusquement lorsque l’un d’entre eux se faufila dans leur dos et mit un couteau sous la gorge de Justin en leur intimant de baisser leur baguette s’il ne voulait pas le voir mourir.

À contrecœur, ils jetèrent toutes leurs baguettes et immédiatement des cordes apparurent pour les enserrer. Celui qui semblait être le chef s’avança alors vers eux

— Hé bien et bien, qu’est-ce qu’on là ? Des intrus qui osent pénétrer sur le territoire du maître sans y être invité. Et sans même payer la taxe d’entrée. Ce n’est pas très poli ça.

— Si c’est de l’argent que vous voulez... Commença Blaise.

— Silence vermine de sang de bourbe, le seigneur des ténèbres décidera de votre sort.

— Nous ne sommes pas des sangs de bourbe. S’offusqua Blaise.

— C’est ça. Et moi, je suis Dumbledore ? Allez, avancez !

Sous la menace de leur baguette, leur groupe se mit en branle. Justin et sa mère retenaient difficilement leurs larmes. Quant à Blaise, il ne cachait pas qu’il était terrorisé :

— Où est-ce que vous nous emmenez ? Qu’est-ce que vous allez nous faire ?

— Silence, bâtard. Vous allez avoir le privilège d’être jugé par le grand Harry Potter en personne.

À ces mots, Théodore et Ginny, qui jusque-là, avaient été entièrement occupés à trouver un moyen de se libérer, pâlirent à leur tour.

— Vous n’allez pas déranger le seigneur noir juste pour nous ? Tenta Blaise

Pour toute réponse, il reçut un violent coup dans les cotes de celui qui le tenait en joue.

— Je devrais te tuer pour propager de tels mensonges sur notre sauveur et maître. Le seigneur sera informé que vous répandez les mensonges de nos ennemis de l’étranger.

Après cela, ils se turent, soucieux de ne pas énerver leur gardien. Ils continuèrent ainsi à marcher pendant 30 minutes sur un chemin de terre serpentant au travers d’une forêt, sous la menace constante d’une dizaine de baguettes avant de déboucher sur un immense et magnifique manoir en pierre bordant le canal du midi. La mère de Justin se dit qu’il devait s’agir d’un ancien lieu de villégiature construit par de riches bourgeois au 19 iéme siècle. Cependant, une fois à l’intérieur, l’ambiance changeait radicalement. Des draps noirs recouvraient les vastes fenêtres en vitraux et seules des torches illuminaient le vaste hall. Ils avancèrent jusqu’à un hall ou s’était regroupé une vingtaine d’hommes en habits noir qui se tenaient de part et d’autre d’un trône ou siégeait fièrement le maître des lieux.

— Seigneur Potter, nous avons capturé des intrus s’étant introduit sur votre domaine sans payer la taxe.

— Bien, amenez-les-moi, que je…. VOUS ! Hurla-t-il en se levant précipitamment.

— Non, mais je rêve. S’exclama Nott.

— Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? Compléta Ginny fébrile.

Les autres étaient encore trop sur le choc pour réagir. Devant eux se dressait fièrement le grand et terrible : Félix Lalo.

— Silence avorton. Un peu de respect devant le maître. D’un sort, l’homme les força à s’agenouiller.

— Laissez-nous, je souhaite m’entretenir en privé avec les prisonniers. Ordonna Félix.

— Mais maître ! Tenta de protester le chef de la bande qui les avait capturés.

— Tu oses contester mes ordres. Dois-je te rappeler qu’avant mon arrivée en ces lieux, vous n’étiez que de misérables pillards ? Tu devrais me remercier à genoux de vous avoir pardonné et ramené sur le droit chemin.

— Le droit chemin, mon cul. Commenta Blaise qui avait retrouvé tout son courage.

Il allait se faire frapper de nouveau, mais Félix l’arrêta d’un geste.

— Je t’ai donné un ordre, il me semble. Je vais m’occuper moi-même de l’éducation de ces misérables insectes.

Une femme à sa droite sortit du rang et demanda :

— Mon révéré seigneur, vous êtes sûr ?

— Douterais-tu de mon pouvoir, femme ?

— Je n’oserai jamais mon seigneur, mais vous êtes trop important pour que l’on prenne le risque de vous perdre.

— Ta sollicitude me touche beaucoup, Rose, trop en fait. Mais grâce à vos bons et loyaux services, depuis mon arrivée, je n’ai pas eu une seule fois l’occasion de m’amuser. Soyez sûr que lorsque je repartirais vers l’est, je ferais en sorte que vous soyez récompensé, mais en attendant, je souhaiterais être seul.

— Bien mon seigneur. S’inclina-t-elle, avant de sortir en entraînant à sa suite le reste des sorciers qui passèrent devant les adolescents toujours agenouillés et entravés sans leur accorder un regard. Une fois que les lourdes portes se furent refermées.

Une fois qu’ils furent tous partis, Blaise déclara :

— Bon, tu nous détaches, Ô grand et puissant seigneur.

— Alors, vous allez rire, mais je ne connais pas le contre sort. Expliqua Félix avec gène.

— C’est une blague !?

Puis tout d’un coup les liens qui les retenaient se détachèrent d’un seul coup. D’un regard, il comprit que Théo venait de les libérer avec un couteau.

— Tu aurais pu faire ça plutôt ? Ou t’as eu ça ?

— C’est un couteau magique qui brise tous les sorts d’entrave que mon père m’a offert pour avoir réussi ma cérémonie d’initiation. Je le garde toujours caché dans ma botte. Répondit Nott.

Pendant que les autres se frottaient les mains endolories par les liens, Ginny s’avança vers Félix :

— Comment vous avez pu leur faire croire que vous étiez le seigneur des ténèbres ?

— Ce n’est pas moi, je n'ai rien fait. On n’arrête pas de me prendre pour lui. Et puis j’avais faim.

— Il faut que vous leur disiez la vérité. Intervint Ginny.

— Pour me faire déchiqueter par une foule en colère. Opposa Felix.

— Vous ne pouvez pas faire semblant éternellement.

— Et pourquoi pas ?

Comme pour lui répondre juste à ce moment-là, un bruit immense se fit entendre. Quelques secondes, plus tard, une foule armée de fourche força l’entrée de la salle du trône et un brouhaha de cri de colère envahis la salle. Félix paniqua et se réfugia courageusement derrière la mère de Justin.

Quelques secondes, plus tard, la bande qui les avait capturés arriva à son tour (toujours habillé dans leur parodie de tenue de mangemort). Aussitôt, tous dans la salle firent silence et la tension fut palpable :

— Excusez notre incompétence mon seigneur, mais nous sommes arrivés trop tard pour les arrêter.

Un homme sortit de la foule et l’apostropha.

— Dit plus tôt que vous avez eu les foies. Tu as toujours été un lâche, Robert. Avant que tu ne caches dans les robes de ton maître, tu avais à peine le courage de voler les vieillards.

— Peu importe, vieil imbécile. Ce n’est plus toi qui fais la loi ici. Le maître va vous apprendre ce qu’il en coûte de se rebeller contre le plus grand sorcier de tous les temps.

— Tu confonds la grandeur et la puissance, et même là, tu oublies qu’il y a un sorcier qu’il a toujours craint. Un sorcier dont les pouvoirs ont toujours surpassé les siens sans qu’il n’ait à s’abaisser dans la vilenie et la magie noire.

— Il est mort.

— Ce ne sont là que les mensonges perfides de ton maître, nous l’avons retrouvé. Affamé et blessé, mais bel et bien vivant. Depuis, nous avons tout sacrifié pour le soigner et le remettre sur pied. Et maintenant, il va une fois de plus libérer l’Europe des ténèbres.

Les adolescents n’arrivaient pas à y croire. Est-ce que finalement Dumbledore serait encore en vie ? La foule s’écarta et tous retinrent leur souffle. Un homme dans de longues robes violettes et une longue barbe mal taillée approcha avec une démarche tremblante comme embarrassée du poids immense que les espoirs de la foule faisaient peser sur ses épaules :

— Lockhart !! S’exclamèrent les 4 ados.

— Tu n’avais pas dit qu’il était incapable de tenir sa baguette droite lorsque tu l’as eu comme prof en deuxième année ? Demanda la mère de Justin à l’oreille de son fils.

Une fois que la foule ait fini de le pousser devant le trône et qu’il n’eut pas d’autres choix que de faire face au maître des lieux, Lockhart s’exclama d’une voix chevrotante :

— Tu ..tu as beaucoup changé depuis la dernière fois que je t’ai vu. À l’époque, tu étais jaloux de ma puissance qui te surclassait allégrement. Voyons si comme le prétend la rumeur, tu t’es amélioré depuis.

— Maître, vous ne pouvez pas laisser passer un tel affront. Commenta l’un des bandits déguisés en mangemort.

— Non bien sûr que non, je vais t’apprendre à respecter tes supérieurs, espèce de contrefaçon de héros. Prépare-toi ! Le défia Felix en sortant sa baguette et en commençant à tourner dans un cercle parfait sur la scène.

Tous firent silence. Aussi bien les partisans du mage noir que ceux du mage blanc attendaient l’ultime dénouement qui déciderait du sort du monde. Pendant ce temps, les adolescents hésitèrent entre rire et pleurer.

— Il faudrait peut-être les arrêter avant qu’ils ne se fassent mal. S’inquiéta Ginny.

— Je suis prêt depuis que je suis née. Rétorqua Lockhart plein de morgue en adressant un de ses sourires ravageurs aux femmes de l’assistance.

— Moi, je propose d’aller chercher du pop-corn. Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la confrontation de deux légendes. Proposa Blaise silencieusement.

— Que d’arrogance. Tu comprendras bien vite que je n’ai rien à voir avec les faibles créatures que tu t’enorgueillis tant d’avoir vaincu.

— À votre avis qu’est-ce qu’il se passe lorsqu’une force négligeable rencontre un objet sans inertie ? Rajouta Justin.

— Je préférerais aller découvrir où se trouve leur réserve de nourriture et comment foutre le camp d’ici. Proposa Nott en commençant à se faufiler discrètement vers une porte dérobée derrière le trône.

Avec un temps de retard, tous le suivirent. Avant de quitter la pièce Ginny lança un dernier coup d’œil inquiet en direction de la scène, mais constata que Lockhart et Félix continuait se tourner autour en se lançant des provocations sur un air de plus en plus théâtral et en faisant de grands gestes menaçants avec leur baguette. Toute nervosité avait maintenant disparues des deux comédiens dorénavant dans leur élément. Elle ferma la porte en se disant que quoi qu’en pensent les garçons, Félix était craquant.

Une fois sûr de ne plus être entendu, ils se mirent à courir dans toute la demeure. Ils ne tardèrent pas à tomber dans une grande pièce servant de dépôt où ils purent récupérer leur baguette ainsi que le reste de leurs affaires et une carte magique qui permettrait peut-être enfin à Blaise de les mener à leur destination. Puis ils repartirent explorer le reste de la demeure jusqu’à tomber sur la femme toujours en robe noire accompagné de deux pseudos mangemort. Les 4 jeunes sorciers sortirent leur baguette avant de remarquer que leur adversaire avait les bras chargés de lourd sac de galions et d’un sac à dos avec plusieurs tentes.

— Laisser nous partir, je vous en prie. On n’est même pas sorcier. S’exclama la femme.

Ils étaient tellement ébahis que la seule chose qu’ils entendirent furent la question de la mère de Justin :

— Où se trouvent les cuisines ? Et les toilettes ?

— À gauche au fond à droite. Et sous l’escalier juste à côté.

Avec suspicion, ils se placèrent le long du couloir pour les laisser passer. Une heure plus tard, c’est le ventre remplit qu’ils remontrèrent jusqu’à la salle du trône. Il avait eu beau chercher il n’avait pas trouvé d’autre sortie que celle passant par le grand hall par laquelle ils étaient arrivés. Les autres sorties étaient bloquées par des sortilèges que même Théo ne savait briser (ce dernier avait marmonné dans sa barbe tout le long du chemin que son père ne l’avait pas formé à être un voleur).

Ils poussèrent le plus discrètement la porte. Immédiatement des sorts hurlés à pleins poumons et les grognements terrifiant d’une bête immonde leur parvinrent. Avant que les garçons ne puissent l’arrêter, Ginny enfonça brusquement la porte et fit une entrée fracassante, un sort de chauve furie sur les lèvres, prête à sauver ce qui pouvait l’être de Félix. Avant de rabaisser sa baguette en constatant que les grognements étaient juste les ronflements des spectateurs qui avaient tous fini par s’endormir, tandis que Lockhart et Félix, maintenant en sueur, continuaient à se tourner autour en poussant ce qui, faute d’inspiration, avait cessé d’être des invectives élaborées pour se transformer en des cris menaçants.

— Oh les hommes ! Se plaignit Ginny avant de se mettre à marcher sans un regard pour son ancienne idole.

Les autres la suivirent sans demander leur reste. Avant de franchir la porte du domaine, Justin hésita puis revint sur ses pas en courant. Une fois dans la grande salle, il cria :

— Hé ! Les deux connards. Vous devriez foutre le camp avant qu’ils ne se réveillent.

Puis il partit sans se retourner. Ce n’est que deux jours plus tard que leur petite troupe se rendit compte que les deux acteurs les avaient suivis.

oOoOoOo

Note de l’auteur : À ce stade, je pense que je dois préciser que je n’ai rien contre Félix Lalo. Et que bien entendu, il n’a rien à voir de près ou de loin avec le personnage fictif auquel j’ai donné son nom dans cette fanfic. Je trouvais ça juste marrant de donner son nom à mon personnage d’imposteur.

Pour ceux qui ne le savent pas, Félix Lalo est influenceur qui a eu un petit succès sur TikTok en mettant en avant sa ressemblance avec Daniel Radcliffe (l’acteur qui joue Harry Potter dans les films).

Mission redemption

Une semaine plus tard à Londres, dans le grand hall du ministère, tout le monde fuyait en courant. Une fois, le dernier ascenseur parti, la masse grouillante qui s’était agglutinée contre les portes dorées chercha précipitamment une cachette. Une fois que tous eurent trouvé un abri, le grand hall raisonna d’un silence apeuré et de respirations hachées. Seuls les gémissements et les psaumes des sorciers condamnés au supplice venaient rompre le silence et rappeler que le lieu était le centre d’un vaste empire maléfique qui s’étendait dorénavant du détroit de Gibraltar aux montagnes de l’Oural.

La raison de cette fuite était simple. Il y a 5 minutes, tous avaient senti une vague de magie brute leur enserrer le cou. Tous, dorénavant, savaient ce que cela voulait dire : le maître était de retour et il n’était pas content.

Lorsqu’il apparut enfin, Voldemort traversa le hall d’un pas rapide sans même un regard ou un geste pour ses serviteurs. À peine lança-t-il distraitement un endoloris à une jeune recrue qui, peu habituée à cette nouvelle routine faite de terreur et d’obséquiosité, ne s’était pas suffisamment bien dissimulé. Mais contrairement à son habitude, il ne s’assit pas sur son trône pour regarder les suppliciés et se défouler sur quelques-uns d’entre eux. Il continua sa course jusqu’aux ascenseurs et lorsqu’il comprit qu’ils étaient tous occupés par ses sbires, d’un geste de la baguette de sureau, il coupa les câbles de l’un d’eux et la cabine s’écrasa dans un effroyable bruit d’os brisé.

Le mage noir sourit et sans aucun égard pour les suppliques d’agonie des survivants qui se déversait depuis la cabine dorée maintenant recouverte de sang, il enjamba les cadavres et piétina les bras cassés jusqu’à atteindre le centre de la cabine et d’un coup de baguette elle se répara et commença à descendre dans les méandres du ministère avec, à son bord les malheureux qui n’avaient pas eu le temps de ramper à l’extérieur.

Mais le mage noir ne leur prêta aucune attention et lorsque quelques secondes plus tard, la cabine arriva au sous-sol le plus profond du ministère, il les quitta sans un seul regard. Tous poussèrent alors un soupir de soulagement. Habituellement, les fureurs du maître leur laissaient des blessures bien plus graves que quelques côtes cassées.

Ce n’est qu’une fois qu’il eut passé la porte bardée de sorts de protection (qu’il avait lui-même posé) donnant accès à la salle du voile qu’il arrêta sa course et s’effondra de fatigue contre le mur. Voldemort était épuisé. Au fil du temps sans qu’il ne comprenne pourquoi ce lieu était devenu son refuge. L’endroit où il pouvait lâcher prise sans risquer d’être observé ou simplement dérangé. Et plus son armée progressait dans sa conquête du monde, plus il y passait de temps.

D’abord pour réfléchir et maintenant pour cacher ses faiblesses à ses serviteurs. La conquête qui avait été au début rapide et enthousiasmante s’était progressivement transformé en un calvaire pour le seigneur noir. Et encore, pouvait-on parler de conquête étant donné le peu de contrôle qu’il avait sur ces territoires ? La plupart étaient juste devenue des zones de non-droit retournées à une complète anarchie d’où émergeaient régulièrement des mouvements de résistances qui paralysaient ses efforts. Et cela, même au cœur de son empire. Alors qu’il avait cru que la chute de l’enclave de Poudlard et le massacre de tous ses habitants mettrait un terme définitif à toute tentative de résistance, l’événement avait, semblait-il, embrasé le Royaume-Uni.

Depuis, il avait dû faire face à une résistance curieusement extrêmement bien organisée. Il avait fait une erreur d’appréciation, il le reconnaissait. Il pensait que la destruction du gouvernement d’Ombrage lui permettrait d’achever sa prise de contrôle du pays et d’en faire une base sûre à partir de laquelle il pourrait sereinement aller conquérir le reste du monde. Déjà qu’il s’était lancé avec à peine suffisamment d’hommes. Si seulement il avait pu repousser son attaque de quelques mois.

La solution aurait été de s’occuper lui-même de pacifier ces territoires, mais le front extérieur l’occupait totalement. Là aussi, les actes de cette maudite Constance avaient déstabilisé sa stratégie. Il avait prévu que ses mensonges et son attaque rapide sèment la confusion et la terreur au sein de ses ennemis. Il avait pensé pouvoir, comme en Angleterre, monter ses ennemis les uns contre les autres et tisser des alliances sur base de fausses promesses. Et au début, c’était bien ce qu’il s’était produit. L’Europe était tombée entre ses mains avec une facilité déconcertante, certaines communautés sorcières l’accueillant même comme un protecteur. Mais l’activisme de Constance et des anciens cadres de l’ancienne confédération sorcières internationale avaient convaincu par ces preuves (et d’autres qu’elle avait glané plus tard dans l’Europe occupée) certains de ses ennemis (moldus comme sorciers) de former une fragile alliance contre lui.

Au début, il avait pensé pouvoir très rapidement faire ployer cette alliance ridicule en s’impliquant lui-même dans la bataille. Cependant, ils avaient vite réagi. Au lieu de concentrer leurs forces pour de puissantes contre-attaques, il les avait éparpillés en petits groupes insuffisants pour stopper l’avancée de ses troupes, mais largement suffisants pour faire de terribles dégât à son armée étirée à l’extrême le long des immenses frontières de son territoire. Sans oublier que ces lâches fuyaient dès qu’il apparaissait sur le champ de bataille, sans essayer de le combattre.

Au début, il avait apprécié la terreur dans le regard de ses ennemis à chacune de ses apparitions et la pleine conscience de son écrasante supériorité qu’il lisait dans leurs yeux. Cependant, il était dorénavant las de cette routine constituée d’une accumulation de victoires médiocres et de quelques défaites cuisantes lors des rares moments de repos qu’il s’accordait. À ce rythme, il lui faudrait des années pour conquérir le monde et probablement des siècles pour y détruire toute envie de résistance. S’il y arrivait seulement. L’exemple de ce qui s’était passé à Poudlard commençait à le faire douter.

Voldemort se leva et s’approcha du voile dorénavant inerte. Bien qu’il ne se dégageait maintenant plus une once de magie de la vieille arcane en pierre, il frissonna. Tout d’un coup, ce fut comme une révélation. Cette sensation de malaise qu’il ressentait. Cette étreinte froide autour de son âme trop faible pour parvenir à ses fins, il l’avait déjà ressenti lors du pire jour de sa vie. Ce jour où il s’était fait voler son destin par cette vulgaire sang de bourbe qui refusait de lui livrer son enfant. Lui, qui avait eu la bonté de lui laisser la vie sauve en échange de son enfant, lui avait craché son amour maternel à la figure.

Dès l’orphelinat, il avait eu beaucoup de mal avec le concept d’amour. Il s’était d’abord persuadé que c'était lui qui avait un problème de ne pas parvenir à en ressentir, puis il avait compris que l’amour était un mensonge. Une histoire que les hommes s’étaient inventé pour ne pas s’entre-tuer.

Puis il y avait eu Lili Potter. D’après les livres qu’il avait lus, l’ancienne magie qu’elle avait employée pour perturber la création de son dernier horcruxe ne pouvait fonctionner que si le sacrifice était motivé par un amour authentique. Cependant, le monde lui avait suffisamment prouvé que l’amour n’existait pas. Se pouvait-il qu’une autre force ait été à l’œuvre ce jour où il avait failli acquérir l’immortalité véritable ? La prophétie dont il n’avait pu obtenir l’intégralité dans l’esprit de Potter parlait d’un pouvoir que le seigneur des ténèbres ignorait. Parlait-elle du pouvoir mystérieux à l’origine des reliques ? Quel lien existait-il entre elles et les Potter ? Que se passerait-il s’il essayait de créer de nouveaux horcruxes ? Cette force, se manifesterait-elle de nouveau ?

Depuis sa résurrection, il n’avait toujours pas pris le temps de créer de nouveaux horcruxes. Il se répétait que c’était par manque de temps ou d’une victime suffisamment importante. Mais en son for intérieur, Voldemort avait peur.

Voldemort poussa un immense cri où se mêlait douleur, colère et frustration, avant de se mettre à démolir l’antique arche à l’aide de bombarda qui recouvrirent la pièce d’un épais nuage de poussière et d’une odeur de soufre. Quand la poussière retomba, il ne restait plus que des débris de l’arche. Puis avec un air dément, il dit en fixant le ciel :

— Qui que tu sois, je te retrouverais et je te tuerais. Il est temps de mettre un terme à ces petits jeux stupides. Je ne peux plus me permettre de perdre mon temps. Il est temps de changer de méthode. Finis la subtilité, le monde va connaître ce qu’il en coûte de résister à Lord Voldemort.

Puis il partit dans un rire maléfique.

— Oui, c’est ça ! Pourquoi n’y ai-je pas songé plus tôt ?

Puis il se ratatina et enchaîna sur un ton bien différent :

— C’est vrai que ce serait d’une violence. Une telle barbarie n’est pas digne de l’héritier de Serpentard.

Puis il se mit à faire les cent pas en continuant à se parler à lui-même.

— Mais qu’est-ce que je raconte. Oui, ce sont des méthodes Gryffondor et alors ? S’il y a une chose avec laquelle j’ai toujours été d’accord avec Dumbledore, c’est que toutes les maisons ont leur valeur. Voldemort a toujours respecté le courage et la simplicité des Gryffondor et vilipendé les serpentards qui s’embourbaient dans des plans inutilement complexes pour excuser leur lâcheté. Quoi, mes mangemort ? Ces larves me suivront quoi que je leur demande. Je les ai bien dressés. De toute façon, ils sont trop bêtes pour comprendre mes intentions.

Puis il quitta la pièce en se répétant une dernière : c’est le seul moyen. Je ne peux attendre plus longtemps.

Quelques instants plus tard, un rat sauta des poutres du plafond où il s’était caché pour atteindre souplement les ruines de l’antique arche de pierre. Après une inspection rapide des lieux à l’aide de son odorat développé, qui lui apprit qu’il était définitivement seul, son corps s’allongea rapidement et il devint un petit homme au crâne dégarni et aux yeux fuyants qui poussa un soupir de soulagement. Tout à l’heure, il avait bien cru qu’il était découvert et que sa dernière heure était venue. Mais il n’avait pas le temps de se reposer pour se remettre de ses émotions.

Cela faisait un moment qu’il observait le seigneur noir dans ses moments d’intimité lorsqu’il se croyait seul. Qu’il ressassait la prophétie et les dernières paroles de Dumbledore. Petit à petit un plan avant germé dans son esprit. Un plan complètement fou. Un plan tellement absurde qu’il s’était efforcé de le repousser dans un coin de son esprit.

Mais il n’avait plus le temps d’en trouver un meilleur. Quel que soit le nouveau plan du seigneur des ténèbres s’il était assez terrible pour que, même lui, ait des scrupules à l’appliquer, alors il fallait tout tenter pour l’en empêcher. Il lui fallait à tout prix retrouver Théodore Nott.

OooOoOoOoOo

Le lendemain, Voldemort convoqua une réunion exceptionnelle de tous ses mangemorts dans son bureau au sommet du ministère, transformé pour l’occasion en salle du trône.

— Vous avez bien compris mes ordres ?

— Oui mon seigneur. Mais que dois-je dire aux sorciers français que j’ai rassemblé sur le front de l’est ?

— Dis-leur de tenir leur position.

— Mais mon seigneur….

— Quoi ? Cracha Voldemort avec colère.

Le mangemort avec un fort accent slave s’agenouilla et dit d’une voix tremblante en anticipant la terrible punition qui ne manquerait pas de s’abattre sur lui :

— Les alliées ont repris Vorononej et se dirigent vers Kharkiv. Sans votre aide, nous ne pourrons pas résister à leur avancée.

Mais à sa grande surprise, Voldemort répondit.

— Cela est sans importance. Que tes hommes gardent leur position et les ralentissent du mieux qu’ils le peuvent. Ha ! Et met ces racailles de loups-garous en première ligne.

Après ces dernières paroles, ses mangemorts s’inclinèrent et commencèrent à quitter la pièce avec précipitation.

— Vous ai-je dit que la réunion était terminée ? L’un d’entre vous n’a pas encore reçu ses ordres de mission. Les interrompit le seigneur noir.

Tous se regardèrent avec un air interrogatif sur le visage. Durant la réunion, tous venaient de recevoir une série d’ordre absurde totalement contradictoire et pratiquement impossible à accomplir avec perfection. En-tout-cas pas s’ils voulaient également pouvoir continuer la pacification des provinces que le maitre leur avait attribuées sur le continent.

— Drago ! Appela Voldemort.

Un sentiment de soulagement se propagea dans la pièce et quelques sourires apparurent bien dissimulés derrière les masques de marbre blanc. Assister à l’humiliation du dernier des Malfoy après plusieurs générations à avoir dû plier le genou devant eux, était extrêmement jouissif. Seule Bellatrix Lestrange ne goûtait pas totalement à la fête, mais cela ne faisait que redouble le plaisir des spectateurs qui savait qu’elle ne manquerait pas à son tour de punir son neveu de n’avoir pas encore sur regagner les faveurs du maître.

Celui-ci s’avança pieds nus, dans ses robes rapiécées. Malgré son aspect misérable, il marcha avec fierté, en toisant avec mépris ceux qui osaient lever les yeux pour mieux apercevoir sa déchéance. Une fois devant le trône, il s’agenouilla et avec un air de défi demanda :

— Oui Maître. Que voulez-vous que je lave ? Vote elfe de maison est à votre disposition.

Un murmure outragé et de joie anticipée se propagea dans la salle. Mais le seigneur noir se contenta de sourire. Drago aurait dû s’en inquiéter, mais malgré tout ce temps, il n’en avait jamais été capable. Son esprit était tant rempli de haine pour le balafré et la chose qui avait pris possession de lui qu’il n’avait plus de place pour la peur.

— Dois-je comprendre, cher Drago, que tu trouves les missions que je te confie indignes de toi ?

— Quelle que soit la tâche, vous servir est un honneur, Monseigneur. Se força à répondre servilement Drago. S’il mourait ici, il ne pourrait jamais accomplir sa vengeance.

— Endoloris ! Quand lord Voldemort pose une question, il s’attend à une réponse.

Tous les mangemort présent se mirent à rigoler en voyant le jeune adolescent commencer à hurler de douleur. En fois que voldemort eut levé le sort, le jeune Drago prononça en pleurant :

— Oui monseigneur.

— Oui quoi ?

— Oui, je les trouve humiliantes. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il trouvait encore plus humiliant de devoir l’admettre en public.

— SI jeune et pourtant déjà si arrogant. Je devrais te punir pour cela. Mais d’un autre côté cette ambition fait honneur à Serpentard. C’est pour cela que j’ai décidé de te donner une opportunité de me montrer de quoi tu es capable. Ce matin une terrible rumeur est remontée jusqu’à mes oreilles, le centre de cette agaçante rébellion qui prend de jour en jour plus d’ampleur dans nos belles terres anglaises serait fort Nott. Tu sais, ton ami chez qui tu as passé la plus grande partie de ton été avant que ton père ne me trahisse.

— Oui, je la connais mon seigneur. Répondit-il en tremblant d’anticipation comme à chaque fois que le seigneur noir mentionnait les crimes de son père. Puis, voyant que rien ne venait, il poursuivit : ses défenses sont impressionnantes, mais nul doute que vous en viendrez à bout.

— Endoloris !

— Espèce d’idiot ! Tu crois que Lord Voldemort n’a que ça à faire ? N’as-tu donc rien écouté de ce qu’il s’est dit ? Je n’ai pas le temps de rattraper le résultat de votre incompétence. Non, je te donne 3 mois pour écraser cette maudite résistance. Réussi et tu seras honoré au-delà de tes espérances. Non seulement, je te pardonnerais pour les agissements de ton père et te redonnerais le domaine de tes ancêtres mais en plus, tu auras l’honneur de recevoir ma marque et de te tenir en égal au milieu de mes fidèles. Échoue et je ferais en sorte que ce soit la dernière fois que ta famille me déçoive. Pense à ta mère, étant donné son état je ne suis pas sûr qu’elle soit capable de supporter une autre punition.

— Oui monseigneur, mais comment pourrais-je pénétrer les défenses de fort Nott ? Demanda Drago en se retenant de pleurer.

— Ainsi donc jeune arrogant, tu veux jouer au grand, mais tu abandonnes à la première difficulté. Fait donc marcher ton cerveau, espèce d’imbécile. Pourquoi crois-tu que je t’aie confié cette mission ? Utilise ce que tu sais de ton ami et du traître à son sang qui l’accompagne, pour le retrouver et force-le à t’ouvrir les portes de sa forteresse. Puis tue-le ainsi que tous les autres rebelles.

Après cette dernière explication, Voldemort se leva et se dirigeant vers la sortie. Puis en ouvrant la porte, il se tourna devant la foule toujours agenouillée :

— Sur le chemin, je détruirais Moscou. Il ne faudrait pas que leur victoire à Voronej ne leur donne trop d’espoir.

Une fois qu’il fut parti tous se levèrent. Seul Drago resta pétrifié au sol. Il ne se mit à bouger que lorsque sa tante lui donna un coup derrière la tête en lui murmurant à l’oreille :

— Tu n’as pas intérêt à échouer.

Comme s’il avait besoin de cette tarée pour le comprendre.

Brève de presse 4

Note de l’auteur : À partir de là j’ai décidé de transformer les brèves de presse en parodie de JT, sur le modèle des guignols de l’info ou du journal des briques. J’espère que cet intermède burlesque vous plaira, même si son ton tranche avec celui du reste de la fanfic.

oOoOoOo

— Bonjour, vous êtes sur CNN, nous sommes le 20 octobre 1994 et pour une fois nous commençons ce journal par une bonne nouvelle. Après plusieurs jours de recherche, les pompiers envoyés à Moscou par la communauté internationale ont réussi à sauver un enfant de 9 ans des décombres de sa maison, ce qui porte le total des survivants au nombre de 195. Monsieur le président s’est lui-même rendu sur place pour saluer le courage des soldats et des pompiers américains qui ont participé aux opérations de sauvetages et annoncé que les USA allaient de nouveau prendre leur part dans la lutte contre la barbarie au côté de nos alliées russes.

L’image du plateau de télé où se trouvent les présentateurs disparaît pour laisser place à une rangée de soldats qui saluent l’arrivée du président au garde-à-vous devant les ruines de la place rouge.

— Madame Lewinsky veuillez remettre une médaille à ce brave soldat.

— Oui Mister président.

— Mais Monica qu’est-ce que vous faites ? Pourquoi vous baissez mon pantalon ?

— Mais Mister Président, c’est vous qui m’avez demandé ...Oooh ! Ce soldat-là.

L’image rebascule précipitamment sur les présentateurs

— Hum ! Hum ! Sans transiton, afin de débattre des violentes émeutes qui ont secoué la plupart des grandes villes américaines la nuit dernière, nous recevons maintenant, le leader des frondeurs du parti démocrates et représentant du Vermont, Bernie Sanders. Le favori du parti républicain et gouverneur du Texas Monsieur George W Bush et le vice-président Al-gore. Monsieur Sanders, pour commencer cet entretien, est ce que vous condamnez les violences ?

— Bien sûr, je condamne fermement les débordements, cependant, je comprends la colère qui animent nos concitoyens face à l’incapacité de trouver du travail en ces temps où le chômage dépasse les 30 % et je pense que...

— Mais enfin, ils n’ont aucune raison de se plaindre. Malgré le récent blocage du détroit d’Ormuz qui a fait bondir les prix du pétrole à 150 dollars le baril, grâce à l’action courageuse de notre gouvernement, la crise est terminée. Tout est dans mon film : ‘Une vérité qui ne dérange pas’.

— Comment pourrait-on considérer qu’elle est finie avec une inflation à plus de 20 % et autant de familles qui …

— Donc vous trouvez les violences légitimes ? Le coupa le présentateur.

— Mais non enfin. Et puis ce n’est pas la question. La question, c’est comment répondre aux inquiétudes légitimes de nos concitoyens qui se sont exprimés cette nuit et d’ailleurs….

— Mon papa, il a dit qu’il fallait pas avoir peur des noirs. Le coupa George Bush.

— Du noir, vous voulez dire Mr Bush ? Demanda le présentateur.

— Non, des noirs, pourquoi ?

— Hum ! Hum ! Effectivement et d’ailleurs, nous allons tout de suite revoir les inquiétantes images des barbares sanguinaires qui s'en sont pris aux honnêtes commerçants de la capitale.

Pendant quelques minutes, l’image du plateau télé s’efface pour laisser place à des vidéos de manifestants brandissant pacifiquement des pancartes demandant une augmentation des aides sociales avec en arrière-plan une personne isolée jetant des parpaings sur une vitrine.

— Le pays entier a été choqué par ces images, messieurs comment vous compter répondre à la crise ?

— Nous allons augmenter les taux d’intérêt des OAT à 3 ans afin d’inciter à une augmentation subite mais contrôlée du spread de taux à long terme avec la roupie brésilienne complétée avec une augmentation exceptionnelle de la limite des dotations aux amortissements sur 5 ans.

— En français, s’il vous plaît ? Demanda le présentateur.

— On va filer une tonne de fric aux industriels, sans contrepartie, en espérant qu’ils embauchent.

— Monsieur Sanders est ce que vous condamnez les violences ? Demanda le présentateur.

— Je vous ai déjà dit que oui.

— Non, mais c’est pour être sûr. Et vous, monsieur Bush, qu’elle est votre solution ? Demanda le présentateur.

— Il faut bombarder tous les Mr bricolages et brûler tous les Leroy Merlin. Comme ça plus de parpaing !

— Hum ! Hum ! Que répondez-vous aux propos du nouveau président de l’armée de dieu et au membre de votre parti qui les soutiennent, qui assurent que ces manifestations sont causées par je cite : 'l’engeance démoniaque qui a infiltré notre glorieuse nation' ?

— À mon anniversaire papa, il a invité un magicien qui a sorti pleins de jolis ballons de son chapeau. Il était très gentil. Répondit George Bush.

— Des paroles d’apaisement qui font chaud au cœur. Monsieur Sander est ce que vous condamnez les violences ?

— Non, mais c’est une blague ? Je pense que …

— Ha, ha ! Vous avez dit non. Jubila le présentateur.

Un bandeau apparaît :

« Citation de Bernie Sander : J’appelle mes partisans à tuer leur bébé, violer leur femme et chier sur la moquette »

— Mais je n’ai jamais dit ça !

— Vous savez, c’est l’intention qui compte. Actualité internationale, maintenant nous somme en direct avec le porte-parole du parti communiste chinois pour parler de la famine qui sévit en Asie du Sud-Est

— Bonjour, c’est nous les tinois. (note de l’auteur, c’est un peu raciste, mais je voulais absolument faire cette référence au guignol de l’info)

— Que pouvez-vous nous dire sur la famine qui sévit actuellement en Asie du Sud-Est ?

— Non pas famine dans la glorieuse et puissante république démocratique chinoise. Juste régime sans sucre. Abondance de nourriture tellement importante que chinois doivent faire attention à leur ligne. Et sans gluten, car chinois font très attention à leur santé. Et sans légumes, car ils sont bourrés de pesticide. Et sans viande car chinois très soucieux du bien-être animal.

— Ils mangent quoi du coup ?

— De la terre. Beaucoup oligo-élément. Très bon. Est-ce que je vous ai parlé de la tourte à la terre de ma grand-mère ? Plat très équilibré.

Un jingle se lance : Mao sait faire de la bonne terre, Mao sait faire de la bonne terre. (Note de l’auteur pour ceux qui n’ont pas la ref : Café Grand-mère .

Bon d’accord la vraie ref c’est : Pub café Grand-mére 1983 )

— Hum ! Hum ! Et que pensez-vous du récent vote du sénat ou les sénateurs républicains se sont alliés à une partie des sénateurs démocrates pour contraindre le gouvernement américain à suspendre les exportations de blé à l’étranger afin de réduire l’inflation galopante des produits alimentaires depuis la fin des exportations de nourriture de l’Europe ?

— Il s’agit d’un scandale démocratique. Depuis quand, dans une démocratie, le parlement dicte-t-il sa conduite au gouvernement ?

— Oh, vous savez, on est tous un peu chamboulé par la période, mais ne vous inquiétez pas, dans quelque temps tout redeviendra normal. Répondit le présentateur.

oOoOoOo

Note de l’auteur 1 : la blague avec Bill clinton est une référence bien beauf à la relation entre bill Clinton et Monica Lewinsky, mais ce n'est pas ma faute, monsieur le juge, c’est celle des années 90.

Note de l’auteur 2 : Pour ceux qui ne le sauraient pas, George Bush junior est le fils du prédécesseur à la maison blanche de Bill Clinton. C’est pour ça qu’il est parodié en enfant qui cite sans cesse son père.

Note de l’auteur 3 : Il y a plein de petit arrangement avec la réalité dans ce chapitre. Par exemple dans la vraie vie, George Bush sera élu gouverneur du Texas un mois plus tard. Et dans le contexte de l’histoire, il y a de fortes chances pour que cette élection soit reportée et que le Texas reste entre les mains des démocrates. Mais j’avais envie de le mentionner, alors je me suis permis de tricher un peu avec la réalité.

Note de l’auteur 4 : Dans les années 90 suite à la disparition de l’URSS il y a une grande famine en Corée du Nord qui a tué beaucoup de monde. Dans ma fic, je fais la supposition que si en plus l’Europe avait disparu, la famine se serait étendue à toute la région.

Casus belli

Drago poussa un nouveau soupir où se mêlaient impatience et désespoir. Cela faisait maintenant 3 jours qu’il attendait accroupit dans les fourrés, en espérant apercevoir sa cible.

Ou plutôt en espérant un miracle. Quelles étaient les chances que Nott passe devant ce chemin de terre ? Cependant, il n’avait pas d’autre idée, alors il s’était convaincu qu’il avait forcément demandé asile aux Zabini. Que les Zabini avaient forcément décidé de se réfugier dans leur seule demeure magiquement fortifiée, dont il pouvait localiser l’emplacement. Que pour une raison ou une autre Nott sortirait un jour de sa cachette. Que durant les 10 ans qui s’étaient écoulés depuis que son père avait été contraint de vendre ce refuge au Zabini pour une bouchée de pain, une autre voie d’accès n’avait pas été construite. Et bien sûr, que Nott emprunterait bêtement le chemin au lieu d’utiliser un balai pour survoler le mur de filet du diable qui protégeait la bâtisse.

Heureusement en dehors de l’incertitude et de la peur de l’avenir qui lui nouait les entrailles, cette attente n’était pas désagréable. L’ancien lui aurait trépigné d’impatience et se serait longuement plaint du manque de confort de ce coin de campagne reculé. Mais aujourd’hui, Il éprouvait un intense soulagement à pouvoir échapper, même pour un instant, aux cris de douleurs et aux humiliations. Ici, il pouvait faire semblant que tout était normal et recommencer à se comporter comme l’ado insouciant qu’il n’était plus.

Et puis, il s’estimait chanceux que le hasard lui ait permis de localiser l’une des cachettes probables du traître. Avant que le seigneur des ténèbres ne décide de confisquer tout leur bien, afin de soutenir son effort de guerre, les gobelins l’avaient obligé à se soumettre à une montagne de paperasserie et d’inventaire.

Au début, il avait surtout fait savoir son mécontentement au gobelin en charge de la gestion du patrimoine de sa famille. Il n’avait pas besoin d’une contrariété supplémentaire et ne supportait pas cette activité qui lui rappelait constamment l’absence de son père. Cependant, très vite, l’officine des Gobelins était devenue un refuge, le seul lieu où il pouvait se laisser aller sans la peur que des yeux rouges ne l’observent en secret.

Il s’était alors consacré avec zèle à sa tâche et avait découvert le secret le plus honteux de son père : leur famille était au bord de la ruine. Afin de payer les amendes et les pots-de-vin qui lui ont permis d’éviter Azkaban, Lucius avait dû vendre en catastrophe bon nombres de leurs propriétés les plus lucratives à des parvenues qui en avaient profité pour saigner sa famille à blanc. Durant les années qui suivirent, pour maintenir leur train de vie, leur prestige et surtout leur influence politique, son père n’avait eu d’autres choix que de vendre petit à petit les biens de sa famille. Si jusqu’à récemment, la situation avait été à peu près sous contrôle, le retour du maître avait transformé leur déficit en un trou abyssal. Pour complaire au terrible mage sombre, son père avait dépensé sans compter. Cette découverte l’avait mis dans une rage noire, mais le soir en retournant servir cet être abject, il avait dû faire comme si de rien n’était.

Puis les jours avaient passé, chacun remplit de nouvelles découvertes qui venaient petit à petit détruire le monde dans lequel il avait grandi. Dans le torrent d’horreurs dont il avait été témoin, il avait commencé à oublier ce qui était somme toute qu’un léger désagrément en comparaison de ce qu’il devait dorénavant subir chaque jour. Jusqu’à ce qu’il reçoive cet ordre insensé du seigneur des ténèbres.

Un ordre qu’il savait volontairement impossible. Pour une raison ou une autre, le seigneur des ténèbres avait décidé d’en finir avec lui. Pourquoi maintenant ? Il n’en savait rien. Cela faisait longtemps qu’il s’était résigné à ne pas survivre à cette guerre. Au fond, il attendait ce moment avec impatience. À certains moments, il essaya même de se convaincre que sa disparition libérerait sa mère des manipulations du seigneur des ténèbres.

Néanmoins, sa haine était trop grande pour qu’il s’autorise à abandonner. Il savait qu’il allait partir. Mais pas avant d’avoir eu la satisfaction de lire la souffrance et la peur dans le regard de ceux qui avaient fait de sa vie un enfer. Sa liste était longue. Trop longue pour une seule vie et bons nombres de noms seraient à tout jamais en dehors de sa portée, mais il en entraînerait avec lui autant qu’il le pourrait.

Il s’était alors attelé à sa tâche avec l’énergie du désespoir et s’était alors souvenu d’un des noms sur sa liste : Aurora Zabini, la mère de Blaise. Ce nom qui revenait si souvent parmi ceux qui avaient profité de la déchéance de sa famille pour s’enrichir. Des soi-disant puristes qui n’avaient rien sacrifié à la cause et s’étaient au contraire jeté tel un vautour sur les vielles familles ruinées par des années de guerre. Il comprenait maintenant pourquoi son père avait tant insisté pour qu’il fasse bonne accueil à ces parvenus lors des soirées et goûtés mondain que son père organisait régulièrement au manoir pour la crème de la société sorcière (auquel les Zabini n’auraient jamais dû avoir accès étant donné la jeunesse de leur lignée et la réputation sulfureuse de la belle Aurora).

Durant ces ennuyeuses réunions, le seul enfant dont Théodore Nott semblait tolérer la présence à ses côtés était Blaise Zabini. Même s’il n’avait jamais vraiment voulu de l’amitié de ce garçon au nez disgracieux et au caractère sombre, il avait toujours été extrêmement vexé de l’indifférence que lui témoignait l’héritier des Nott. Mais une fois qu’il eut compris que ses caprices ne feraient pas céder le jeune héritier, il s’en était désintéressé. De toute façon, à partir de son entrée à Poudlard, il avait été trop occupé à faire accepter son rang aux autres serpentard dans le but de prouver à son père qu’il était son digne héritier, pour se préoccuper du discret Lord Nott.

Puis en deuxième année, cette peste de Jenny Nott avait débarqué à Poudlard et avait semblé déterminée à lui pourrir la vie. Il ne voulait pas décevoir son père en laissant ce sang souillé se pavaner dans Poudlard comme si elle n’éprouvait aucune honte pour ses origines. Normalement, Théodore aurait dû s’en occuper, mais puisqu’il persistait à être indifférent au monde qui l’entourait, il avait dû s’en charger. Il avait été persuadé que son père le féliciterait pour cette initiative. Il s’était même dit que s’il dénonçait le comportement de Théodore Nott, celui-ci cesserait enfin de l’ignorer (c’était agaçant à la fin, il était le seul élève de leur année à ne pas réagir à sa présence). Mais à partir de l’été précédant sa troisième année, il pria chaque nuit pour que Nott continue de l’ignorer. Ce jour-là, il s’était comporté comme un bébé. Pire, même s’il ne lui avait rien reproché, il savait qu’il avait déçu son père.

Quand il y repensait aujourd’hui, il se dit à quel point il avait été pathétique. Il avait passé son enfance à écouter avec admiration les récits de guerre de son père et s’était promis que lorsqu’il serait grand, il achèverait la purification de leur race. Et le jour où une occasion se présentait de faire ses preuves (et devant son père en plus), il s’effondrait en pleurs. À la place de son père, il se serait renié. Au lieu de cela, son père l’avait maladroitement consolé et lui avait affirmé que quel que soit la voie qu’il emprunterait, s’il s’y donnait à fond, il était sûr qu’il ferait briller le nom des Malfoy. Il avait très bien compris que c’était un moyen détourné de lui dire qu’il n’avait pas ce qu’il fallait pour prendre sa place. C’est donc dans un tout autre état d’esprit qu’il aborda cette troisième année. Il cessa de prétendre une assurance qu’il n’avait jamais eue et tenta de trouver cette autre voie dont son père lui avait parlé et qui pourrait le rendre fier de lui. Et grâce à des exploits d’organisation, il parvint à ne pratiquement pas croiser le regard de l’héritier des Nott, alors qu’il partageait un même dortoir.

C’est pourquoi il ne remarqua jamais que Nott avait changé. Lorsque l’article de Rita Skeeter était sorti et que ces rumeurs infectes s’étaient répandues dans Poudlard, il les avait rejetés d’un revers de la main. S’il y avait bien une seule personne qu’il ne suspecterait jamais d’éprouver un quelconque épanchement déplacé, c’était bien ce monstre froid de Théodore Nott. Alors avec un sang de bourbe en plus. Puis quelques mois plus tard, son monde avait volé en éclats et on lui avait murmuré à bas mot, le récit de l’incroyable évasion de Nott. Mais ce n’était que lorsqu’il l’avait vu débarquer au ministère avec ce misérable animal à ses côtés qu’il avait compris que tout était vrai.

Il avait alors usé de ses faibles capacités en occlumancie pour refouler son trouble au fin fond de son esprit et leur avait fait face. Nott semblait différent de l’enfant cherchant refuge dans les coins sombres et qui frissonnait lorsqu’on s’approchait trop brusquement de lui, qu’il avait toujours connu. Mais il était persuadé qu’il n’avait toujours pas d’autres amis que Blaise (le sang de bourbe ne comptait pas).

Après la mort de Dumbledore et la chute de l’enclave de Poudlard, Nott avait forcément supplié les Zabini de lui accorder l’asile. S’il était à la place des Zabini, il aurait refusé, mais Blaise avait toujours été un sang pur étrange. Ce n’est pas pour rien que ces deux-là s’étaient rapprochés. Pour Drago, il était clair que Blaise et Théodore Nott étaient ensemble, quelque part.

Et de quelle meilleure cachette les Zabini pouvaient-ils disposer que ce vieux refuge construit durant la guerre contre Grindelwald que son père avait racheté à une vielle famille française juste avant sa naissance afin de pouvoir y cacher sa famille ? De toute façon, s’il s’était caché ailleurs, Drago ne le retrouverait jamais. Il fit taire la petite voix qui lui marmonna que c’était justement une très bonne raison pour qu’ils choisissent de se cacher ailleurs. Drago s’était alors rendu aux abords du domaine en profitant de la récente décision du Lord Noir de lever la barrière qui restreignait les déplacements magiques à l’intérieur de son empire, pour faciliter les préparatifs de son mystérieux nouveau plan. Comme la plupart des mangemorts, il avait trouvé cette décision aussi stupide qu’incompréhensible, mais pour une fois, la folie de son maître l’arrangeait.

Il était en train de réfléchir à bouger pour essayer de trouver une cachette plus ombragée lorsqu’un bruit se fit entendre sur le chemin. Immédiatement, il se mit en état d’alerte et écouta attentivement. Un rire se fit entendre. Un rire tonitruant ressemblant très nettement à celui que Baise Zabini faisait régulièrement rugir dans leur dortoir, en dépit de toutes les convenances et de l’étiquette sorcière. Cependant, son espoir redescendit aussi vite qu’il fut venu, lorsque les bruits se changèrent en voix. Plusieurs d’entre elles venaient manifestement d’adultes. Dont une femme. Il se frappa mentalement la tête : à quoi s’était-il donc attendu ? Étant donné le contexte, évidemment qu’Aurora Zabini n’aurait jamais laissé son héritier sortir sans sa supervision et une solide escorte. Mais il refusa d’abandonner. C’était déjà un miracle qu’il soit arrivé jusqu’ici et il n’allait pas abandonner si près du but.

Il se mit à ramper afin de pouvoir les apercevoir avant qu’il ne passe le coude qui les mènerait à la limite du périmètre de protection qu’il ne pouvait franchir. Puis il finit par apercevoir leur petit groupe et l’espoir revint. Ils étaient nombreux, mais leurs habits sales et leurs visages fatigués, le convainquit qu’il n’aurait pas de mal à en venir à bout. De toute façon, parmi eux, seul Nott représentaient une véritable menace. S’il parvenait à profiter de l’effet de surprise pour le neutraliser, la victoire serait à lui. Par chance, Nott semblait avoir baissé sa garde en apercevant l’entrée de leur refuge. Une erreur fatale conte laquelle Nott senior l’avait suffisamment mis en garde durant le mois qu’il avait passé à le former.

Draco se tenait agenouillé, la baguette fermement pointée sur Nott. Il prit une grande inspiration et s’apprêta à attaquer :

— Stupefix !

Aussitôt, Drago s’écroula, alors que les 4 jeunes ados se mettaient en cercle protecteur autour des adultes qui les escortait. Les adultes (et notamment la mère de Justin) avaient douloureusement conscience que cela aurait dû être à eux de protéger les plus jeunes, mais la situation les avait forcés à accepter cette entorse à la morale (et à l’ego de Lockhart).

— Où êtes-vous ? Montrez-vous ou je fous le feu à la forêt. Cria Théodore Nott

— Ne fais surtout pas ça. Ma mère a déboursé une fortune pour y planter une colonie d'ents. Si on les met en colère, on sera transformé en engrais avant même d’avoir pu dire Aguamenti.

— Ta mère est dingue. Critiqua Ginny en jetant des coups d’œil nerveux partout aux alentours.

— Au contraire, c’est du génie. S’ils nous attaquent, ils risquent de toucher un arbre et là… Théodore ne finit pas, sa phrase, mais tous avaient compris. Ils n’avaient qu’à se concentrer sur la défense et ne devait en aucun cas prendre le risque de lancer un sort offensif ou de sortir du chemin.

Puis un mouvement apparu dans les fourrés. Quelque chose approcha.

— On ne devrait pas courir traverser les protections plutôt que de rester ici. Proposa Ginny.

— À part moi, elles ne laisseront passer personne. Le temps que je trouve ma mère et que la convainque de vous laisser entrer, vous serez tous mort. On doit les affronter ici. Répondit Blaise.

Puis un homme au crâne chauve émergea lentement des fourrés. Un bras maintenant le corps magiquement allégé de Drago Malfoy sur son épaule, l’autre jetant ostensiblement deux baguettes devant lui, en signe de reddition.

— Restez sur vos gardes. Il pourrait y en avoir d’autres. Cria Théodore.

— Voyons. Vous ne voyez pas qu’il s’agit juste d’un père et de son fils. Cria la mère de Justin en s’approchant sans remarquer le regard d’incrédulité des autres enfants. En voyant qu’aucun Avada ne venait faucher l’imprudente, Justin et Blaise rangèrent finalement leur baguette

— J’espère que Drago n’a rien entendu sinon ta mère est morte. Lança Blaise pour détendre l’atmosphère.

— Vous êtes fou, c’est un mangemort. Cria Théodore en tenant en joue Peter tout en lançant des œillades régulières aux fourrés, en s’attendant à tout moment y voir surgir un flot d’ennemis.

— Oui, mais même si je déteste l’admettre, Drago nous a aidés au ministère. L’apaisa Justin.

— Mais non pas lui. S’exaspéra Théodore Nott.

De sa main libre, il pointa l’homme chauve :

— C’est Peter Petrigrow, l’un des plus fidèles serviteurs du seigneur des ténèbres.

— Il n’a pas l’air dangereux. Commenta Ginny qui maintenait néanmoins sa baguette levée dans sa direction.

— Il n’est pas dangereux. Et il ne sert plus le seigneur des ténèbres depuis longtemps. Cria Peter en tenant ses deux mains en l’air après avoir abandonné le corps de Drago à la mère de Justin lui assurant qu’il était juste sous l’emprise d’un sort d’immobilisation.

La mère de Justin n’était pas sûre que ce soit si bénin que ça, mais fit confiance au ton de l’homme et à l’absence de réaction de son fils. Lockhart et le sosie du survivant, eux, gardèrent religieusement le silence en restant bien à l’abri derrière les adolescents.

— Ça, c’est ce que croyaient les époux Potter jusqu’à ce que vous les vendiez. L’accusa Théodore Nott.

— Comment es-tu au courant de ça ? Répondit Peter en blanchissant

— Mon père m’en a parlé.

— J’avais espéré que toi et ton père ne partagiez pas autant de choses. Dit Peter sur un ton sombre.

— Nous ne partagions que le strict nécessaire. Et la liste des exploits du responsable du retour du seigneur noir en faisait partie. Espérez-vous vraiment nous faire croire que le préféré du seigneur des ténèbres a décidé de le trahir sur un coup de tête ?

Aussitôt, tous relevèrent leur baguette et Lokhart poussa un sanglot effrayé.

— Pas sur un coup de tête non. Depuis le début, je conspire contre lui et livre des informations à Dumbledore.

— Et on voit le résultat.

— Si j’avais vraiment été fidèle à Vous-Savez-Qui, je vous aurais empêché de libérer Constance. Oui, j’étais là ce jour-là et je vous ai observé. Avoua Peter devant leur air incrédule avant de reprendre :

— Ou après coup, j’aurais dénoncé Drago. Si vraiment, je suis votre ennemi alors expliquez-moi, pourquoi j’aurais pris le risque de venir vous parler ?

— Là, il marque un point, Théo. De toute façon, on ne peut rester immobile comme ça au meilleur du chemin. Stupefixions le et amenons-le à l’intérieur des protections

— À moins qu’il veuille justement qu’on le fasse entrer à l’intérieur. Riposta Théodore Nott.

— Tu es parano. Le réprouva, Justin.

— Je suis d’accord avec Théodore. Rajouta la mère de Justin à la grande surprise de tout le monde. Alors elle poursuivit : On ne peut pas prendre le risque d’introduire un ennemi dans notre refuge. Et certainement pas sans l’accord d’Aurora. On doit régler ça maintenant.

— Moi aussi, je suis d’accord. Annonça Peter. Connaissant la matriarche des Zabini, si elle met la main sur vous, elle ne vous laissera plus faire ne serait qu’un mètre en dehors de sa surveillance tant que cette guerre ne sera pas terminée. Or j’ai besoin que vous rentriez avec moi en Angleterre. D’ailleurs, c’est une chance que Miss Weasley soit avec vous. Elle nous sera très utile pour accomplir la prophétie. Comme il s’y attendait la mention de la prophétie avait provoqué un vif intérêt chez les sangs purs.

— Une prophétie ? Quelle prophétie. Parle ou je te ferais regretter ce que tu as fait à Harry. Gronda vivement Ginny en s’approchant de lui avec des yeux remplis de flammes.

Peter baissa les mains et se mit à réciter :

— Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défiée, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...

— Qu’est-ce que ça ? Demanda Blaise

— D’après Dumbledore, la clé pour vaincre le seigneur des ténèbres. Répondit Peter.

— Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, Dumbledore est mort. Continua Théodore d’un air cynique.

— Je sais, j’étais là quand c’est arrivé. Affirma Peter.

— Oh quelle coïncidence. Ironisa Théodore

— Théo, laisse lui une chance. Qu’est-ce que ça veut dire ce charabia ? Et en quoi ça nous concerne ? Demanda Justin.

— Ça me semble évident. Harry est né à la fin juillet. À supposer que c’est une vraie prophétie, elle annonce qu’Harry allait vaincre le seigneur des ténèbres il y a 11 ans. Expliqua Blaise.

— Pas exactement elle annonce qu’Harry dispose d’un pouvoir capable de vaincre le seigneur des ténèbres. Contra Peter

— Hé bien, il va falloir faire réparer votre boule de cristal. Vous-savez-qui a tué Harry. Jeta crûment Théodore.

— Non, il n’est pas mort juste possédé par un horcruxe. Et vous pouvez le sauver.

— Qu’est-ce qu’un horcruxe ? Encore une de vos inventions ? Le menaça Théodore.

— C’est ce qu’était le journal, c’est ça ? Intervint Ginny, la voix tremblante

— Oui. Répondit simplement Peter. Avant sa défaite contre Harry, Vous-savez-qui en avait créé 5. Durant l’année dernière, Dumbledore et lui sont partis en quête des 4 qu’il restait. Ils en ont détruit 3. Le dernier était une bague qu’il porte maintenant constamment autour de la main. Lorsque Dumbledore et lui sont arrivés à proximité de sa cachette, ils ont été pris d’une violente envie de la saisir à laquelle aucun d’eux n’a pu résister. Au moment où Harry l’a enfilé, ça a pris le contrôle total. Depuis ce jour, je suis resté au côté du seigneur des ténèbres et je l’ai espionné pour le compte de Dumbledore. Narra Peter en enjolivant légèrement la réalité.

— Est-ce quelqu’un pourrait m’expliquer ? Demanda Théodore.

Ginny baissa les yeux et prit une grande inspiration :

— En deuxième année, c’est moi qui ai ouvert la chambre des secrets.

— Pardon !? Cria Justin en se tournant sa baguette vers Ginny.

— Ce n’était pas de ma faute. J’étais possédé de par Vous-Savez-Qui, à cause d’un journal qu’il avait enchanté pour contenir une copie de lui-même. Au début, il ne pouvait me posséder que quelques heures et je ne me rendais compte de rien. Puis il a pris totalement le contrôle et a tenté d’utiliser mon énergie vitale pour sortir du carnet. Harry est arrivé à temps et m’a sauvé.

— C’est impossible répondit Théo. Une telle chose ne peut exister. Un enchantement ne peut pas avoir de volonté propre.

— Théo a raison. Renchéris Blaise

Ginny ne sut pas quoi dire. Après ce qui s’était produit elle avait tenté de trouver des réponses dans la bibliothèque et était arrivé aux mêmes conclusions qu’eux. Cependant, elle était sûre de ce qu’il s’était passé dans la chambre.

— Il ne s’agissait pas d’un enchantement. Le journal contenait un morceau de l’âme du seigneur des ténèbres. Expliqua Peter.

En entendant cette explication Ginny ressentie un intense sentiment de froid et de souillure. Elle expliqua cependant :

— J’ai déjà entendu la chose qui vivait dans le journal murmurer le mot horcruxe. Surtout vers la fin. Mais je n’ai jamais découvert ce qu’il voulait dire. Tout ce que j’ai trouvé, c’est une mention dans un livre de la réserve indiquant qu’il s’agissait d’une magie tellement noire qu’il n’en serait fait aucune mention.

— C’est logique. Si une telle magie existe, c’est normal que le directeur n’ait pas laissé les livres la décrivant à la portée des élèves. Rajouta Blaise.

— Tout ça, c’est bien beau, mais il y a une incohérence dans cette histoire. Si tout cela est vrai comment se fait-il qu’Harry se soit fait posséder quasi instantanément ? Et alors qu’il était accompagné de Dumbledore ? Demanda Théodore.

Peter regarda Ginny avec hésitation puis avoua ce qu’il pensait être la vérité :

— Pour détruire le journal et libérer Ginny, il a dû mélanger son sang à celui de l’horcruxe. Depuis, il lutte régulièrement pour empêcher le seigneur noir de prendre possession de lui. C’est pour ça qu’il y a eu cet incident en troisième année. Et d’autres dont vous n’êtes pas au courant. Je suppose qu’enfiler la bague a été la goutte de trop. Enfin, je crois. Je ne suis pas un spécialiste en magie noire.

— Je suis désolé. S’excusa Ginny à personne en particulier.

— Ce n’est pas ta faute. Offrit maladroitement Justin en baissant sa baguette qu’il avait continué à pointer sur Ginny sans trop savoir pourquoi.

— D’accord, admettons qu’on vous croit. Pourquoi vous nous dites tout ça ? En quoi ça nous concerne ?

— Oui, c’est quoi votre plan pour sauver Harry ? L’appuya, Justin.

— Justin ! Soupira Théodore et la mère de Justin d’un même mouvement de lassitude synchronisé qui les fit se retourner l’un vers l’autre.

— Quoi !? Demanda Justin.

— C’est le ton que tu emploies juste avant de proposer de faire un truc incroyablement stupide, comme aller sauver Théodore en plein milieu d’une réunion de mangemorts. Expliqua Blaise

— Merci d’admettre que c’était une erreur. Expliqua Théodore (que la mère de Justin commençait à soupçonner de lire dans ses pensées)

— J’ai dit que c’était stupide, pas que c’était une erreur. Répliqua Blaise avec sérieux.

— Vous me donnez envie de vomir. S’exclama la voix traînante de Drago Malfoy.

— Depuis quand tu t’es libéré du sort d’entrave ? Demanda froidement Théodore en invoquant des liens autour de ses poignets qu’il ne pourrait pas briser.

— Depuis assez longtemps pour savoir que vous êtes des idiots. Je n’arrive pas à croire que vous soyez encore en vie, si vous êtes assez naïf pour croire que vous avez la moindre chance face au seigneur des ténèbres. On a perdu et Peter le sait. Il veut juste me voler ma gloire en vous convainquant de le suivre en Angleterre où il pourra vous livrer aux autres mangemort et ainsi conserver sa place de favori. Pensez-vous que vous puissiez lui faire confiance après qu’il ait trahi ses meilleurs amis ?

— Tu ne sais pas de quoi tu parles gamin. Tu n’as pas connu la première guerre et tu ne sais pas ce qui s’est passé. Contra Peter visiblement mal à l’aise.

Malfoy dut percevoir son malaise, car il enchaîna soudain plus sûr de lui :

— Je ne t’ai pas autorisé à me tutoyer traître et j’en sais suffisamment pour me faire un avis. Vous aviez la protection et la confiance de Dumbledore, lord Potter et de lord Black. Et pourtant vous avez choisi d’entrer au service du seigneur des ténèbres. Et n’essayez pas de nous faire croire que vous travailliez pour Dumbledore pendant tout ce temps. Le vieux citronné ne vous aurait jamais autorisé à lui livrer les Potter et il n’aurait jamais laissé mon cousin pourrir en prison pendant si longtemps s’il le savait innocent.

— C’est pour ça que j’ai rejoint Dumbleodre. Pour me racheter. Écouter, je sais que ce que j’ai fait est mal, mais vous ne savez pas ce que c’est que de se retrouver face à lui.

— Oui, on en a aucune idée. Cracha Justin.

— Justin, ça suffit. Lui ordonna Théodore.

— Mais Théo.

— Ici, je suis celui qui sait le mieux à quel point il est difficile de lui résister. De ce que cela peut coûter. Même aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi j’ai finalement décidé de lui dire non et je ne peux en vouloir à personne de ne pas avoir trouvé le courage d’en faire de même. Pas même à un Gryffondor.

Ses paroles compréhensives firent un bien fou à Peter, mais ils n’eurent pas l’air de faire plaisir à Drago qui lança d’un air moqueur :

— Ah, quelles nobles paroles de la part du grand Lord Nott. J’en verserai presque une petite larme.

— La ferme, Malfoy. L’invectiva Blaise.

— Après le sang de bourbe, voilà le traître à son sang. Depuis qu’on est tout petit, tu le défends, mais tu ne t’es jamais demandé pourquoi il était devenu ton ami, alors qu’il repousse tout le monde ?

— Moi aussi, il m’a repoussé. C’est juste que j’avais décidé d’être son ami et que je me moquais de ce qu’il en pensait. Répondit Blaise.

— Parce que son père le lui a ordonné. Depuis le début, il te manipule pour permettre à sa famille de se rapprocher des coffres remplis de galion de ta chère et tendre moman. Dis-moi, est ce que tu as pleuré lorsqu’elle a tué ton papa ? Ah oui, j’oubliai. Elle s’en est débarrassée avant ta naissance.

— Rappelez-moi, c’est quelle syllabe qu’il faut accentuer dans avada kedrava ? Plaisanta Blaise pour s’empêcher d’étrangler le blondinet.

Avant de l’autoriser à frayer dans les réceptions du gratin de la société sorcière, sa mère s’était assurée qu’il sache garder son calme en toutes circonstances et qu’il ne soit pas affecté par ce que l’on pouvait raconter sur elle. Mais avec le blondinet, sa patience atteignait ses limites.

— Tu ne comprends pas ? Depuis le début, Théodore se sert de vous. Moi, je connais le vrai Théodore Nott. C’est un monstre froid et sans pitié. Il n’a gagné votre amitié que pour vous manipuler et échapper à son destin de serviteur de Vous-savez-qui. Il ne s’est rapproché de Potter et du sang de bourbe que pour convaincre Dumbledore de sa bonne foi. S’il était vraiment votre ami, il viendrait avec moi se rendre au seigneur noir en échange de votre...

— Silencio ! Ah, putain ça fait du bien. Est-ce que quelque peu m’expliquer ce qu’il fait ici celui-là ? Lança Justin pendant que Malfoy bougeait ses lèvres dans le vide.

— J’ai tenté de convaincre le seigneur des ténèbres de me confier les moyens nécessaires pour vous retrouver en lui faisant remarquer que l’héritier des Nott pourrait lui fournir la clé de la forteresse de fort Nott qui est actuellement utilisé comme base par la résistance anglaise. Malheureusement, il a décidé d’envoyer Drago à votre recherche. Je l’ai alors suivi sans trop me faire d’espoir en utilisant… mes talents de camouflage. À ma grande surprise, il est parvenu à vous retrouver en un temps record.

— Et on peut savoir pourquoi vous avez tenté de lancer Vous-savez-qui à notre recherche ? Cria Théodore.

— Parce que je devais vous retrouver au plus vite ? Vous et les Dursley. D’ailleurs ou sont-il ? Dites-moi qu’ils vous attendent à l’intérieur du refuge des Zabini.

— Ils sont restés en Angleterre dans l’enclave de Poudlard. Ils sont probablement morts lorsque Vous-savez-qui s’en est emparé. Expliqua Blaise d’une voix triste.

— Non, le seigneur des ténèbres nous a obligés à rechercher sans succès leurs corps pendant des jours. Ils doivent se cacher à Fort Nott avec le reste de la résistance.

— Personne ne se cache à fort Nott. Affirma Théodore avec certitude.

— Les prisonniers que l’on a interrogés affirment le contraire. Répondit Peter.

— Eh bien, ils mentent. Les portes de Fort Nott ne s’ouvre que pour un Nott.

— Pourquoi on n'est pas directement allé se cacher là ? Demanda Blaise en faisant semblant de se taper la tête.

— Parce qu’à l’époque, je pensais qu’on serait plus à l’abri à l’étranger. Et aussi parce que je n’avais pas pensé que maintenant Fort Nott était à moi. Dit-il d’une voix sans émotion qu’il adoptait de moins en moins souvent depuis quelques temps.

— Théo, c’était une question rhétorique pas un reproche. Expliqua Blaise.

— Bon, on n'avance pas. C’est quoi votre plan pour sauver Harry ? Intervint Justin.

Peter se frotta alors les mains avec gène.

— Vous vous souvenez de la prophétie ?

— Oui. Répondirent-ils tous en cœur.

Peter leur expliqua alors son plan. Une fois terminé, les quatre adolescents se lancèrent des regards qui firent frémir de peur les adultes qui jusque-là, n’avaient pas osé intervenir.

— Il est hors de question que vous risquiez de nouveau votre vie. Et surtout pas avec un plan aussi fumeux. Intervint la mère de Justin.

— Maman ! Cria Justin.

— Non, cette fois, c’est toi qui vas m’écouter. Tu es mon enfant, s’il t’arrivait quelque chose, je ne sais pas si je pourrais m’en remettre.

— Je t’aime aussi maman, mais tu ne comprends pas, c’est important.

— Oh, si je comprends très bien. C’est bien pour ça que je ne te laisserai pas y aller. Dit-elle sur un ton furieux en commençant à saisir son poignet pour le forcer à avancer vers les protections.

Justin leva sa baguette.

— Maman, je t’en supplie ne m’oblige pas à faire ça. Si je ne les aide pas…. Si je peux empêcher ce massacre, je dois tout tenter.

— Et moi, je dois tout tenter pour t’empêcher de risquer ta vie inutilement. J’ai eu ton âge moi aussi. Je sais ce que cela fait de se battre pour une cause à laquelle on croit. Une cause qui nous dépasse censé changer le monde. Mais si la vie m’a appris une chose, c’est que tous ces combats se transforment en une lutte pour porter au pouvoir un nouveau tyran encore plus terrible que l’ancien. Tout ou tard on doit se résigner à se limiter à vouloir changer les acteurs de la pièce en espérant qu’ils tiennent leur promesse d’improviser un nouveau scénario. Mais vous savez quoi ? Une fois au pouvoir, ils s’empressent de trahir leur promesse puis de neutraliser leurs anciens alliés et au final les choses ne font qu’empirer. Vous pensez vraiment qu’abattre ce seigneur des ténèbres va changer le cours de la guerre ? Qu’un seul homme puisse avoir une telle influence sur le cours de l'histoire ?

— Harry est mon ami et s’il reste une chance de le sauver, je dois la tenter.

La mièvrerie de cette réplique fit soupirer Drago (que tout le monde avait fini par oublier), cependant, la mère de Justin se mit à sourire et lui dit :

— Je suis fière de toi mon lapin. Mais je ne te laisserai pas y aller.

— Je ne suis plus un enfant. J’ai le droit de faire mes propres choix.

— Tu crois qu’il suffit d’être adulte pour obtenir le droit de faire ses propres choix ? Que c’est une question de taille, d’âge ou même de maturité ? Si c’est le cas, alors c’est la preuve que tu n’es encore qu’un enfant. Écoute-moi, je sais que je ne suis qu’une moldue. Non, laisse-moi continuer sans m’interrompre. Rajouta-t-elle lorsque son fils allait protester. Pour toi, je ne comprends rien à ce qu’il se passe et je n'ai pas un avis éclairé. À ton âge, je pensais la même chose des conseils de ma mère. Comment une simple femme de ménage, pourrait-elle comprendre quoi que ce soit à mes problèmes ? Comment pourrait-elle m’aider à obtenir mon Bac ou à choisir mes études ? Si tu savais à quel point je regrette le mépris dont j’ai fait preuve envers elle. À quel point ses conseils se sont révélés pleins de bon sens et le nombre de fois où j’ai failli tout perdre parce que j’avais refusé de les suivre.

— Ça n’a rien à voir.

— Si ça a tout à voir. Ma mère m’a laissé très tôt faire mes propres choix, car elle était persuadée que je survivrais suffisamment longtemps à leurs conséquences pour apprendre de mes erreurs. Même quand elle était persuadée que je faisais fausse route. Même quand je me montrais imbuvable avec elle, elle est restée à mes côtés et m’a soutenu du mieux qu’elle pouvait. Je suis désolé, Justin, mais je ne peux pas te laisser cette liberté. Si vraiment, tu veux y aller, tu devras me prouver que tu as ce qu’il faut pour avoir une chance de survivre.

— Maman, je t’en prie.

— Si tu n'es même pas capable de faire face à ta mère, alors tu n’as rien à faire sur un champ de bataille. Cria-t-elle en se jetant sur lui, dans le but évident de le désarmer.

— Petrificus totalus. Hurla Justin lorsqu’elle fut à un centimètre de sa baguette.

— Je suis désolé maman. Avant de partir, je vais te faire léviter à la limite des protections et ses deux la resteront avec toi pour alerter la mère de Zabini. Dit-il en désignant Lockhart et l’imposteur qui étaient ravi de ne pas devoir les accompagner.

Alors qu’il faisait léviter le corps de sa mère le plus délicatement possible, Nott se rapprocha de lui.

— Je sais ce que tu ressens. Je suis passé par là moi aussi. Lui dit Nott en posant une main sur son épaule.

— Ça n’a rien à voir. Le repoussa Justin.

— Effectivement. Moi, si mon père m’avait regardé ainsi, je n’aurais jamais osé m’opposer à lui.

— Quelle niaiserie. S’exclama Drago en faisant semblant de vomir. Il se rendit alors compte que le sort de silencio s’était dissipé.

— On n'est obligé de l’emmener avec nous celui-là ? Demanda Justin avec colère.

— Celui-là vaut mille fois mieux que toi, sang de bourbe. Et lui aussi, il a un compte à régler avec le balafré. Commenta Drago.

— Non, on peut aussi le laisser seul avec ta mère ou le tuer. Répondit calmement Nott.

— Comme si ce minable avait le courage nécessaire pour me tuer. Lâcha Drago avec une assurance feinte qui ne parvenait pas à masquer les coups d’œil inquiets qu’il lançait en direction de Nott.

— Franchement Théo, je crois que je préférais quand tu ne savais pas plaisanter.

— Mais tu es aveugle en plus d’être stupide ? C’est un meurtrier ? Un serpentard pur jus. Il se débarrassera de nous dès qu’on ne lui sera plus utile. Votre seule chance, c’est de me laisser l’emmener. Tu veux que je te raconte ce qu’il a fait à l’elfe de maison qui l’a élevé ? Cria Drago en direction de Justin.

À ces derniers mots Théodore pali et Justin le vit s’écarter de lui et adopter son regard sombre des grands jours. Justin décida qu’il n’avait aucune envie de savoir ce qui était arrivé à la nounou de son ami. Ou plutôt, il n’avait aucune envie de l’apprendre de la bouche de Drago Malfoy. Il s’arrêta brusquement, se retourna et mit un immense coup de poing dans le visage de Drago Malfoy.

— Écoute-moi bien espèce de résidu consanguin dégénéré. Au cas où tu ne l’aurais pas compris, la seule raison pour laquelle tu es encore en vie est que l’on préfère te supporter plutôt que de tuer. Alors si j’étais toi, je ferais en sorte que ça dure. Théodore est mon ami et quoi qu’il ait fait dans le passé ça ne changera pas. Est-ce que c’est clair ?

— Je crois que j’ai une mauvaise influence sur toi. Commenta Théodore avec un sourire.

— T’inquiètes, si on me demande, je dirais que c’est Blaise le coupable.

— Hé, pourquoi moi ? S’exclama Blaise.

— Parce que les filles adorent les bad boys. Lorsqu’on aura répandu la rumeur, elles craqueront toutes pour toi. Lui répondit Justin du tac au tac.

— Lorsqu’on nous interrogera, n’oublie pas de leur dire que c’est moi qui aie mis une beigne à Malfoy. Renchéri Blaise, charmé par l’idée.

— Les garçons, vous voulez savoir pourquoi aucune fille n’est jamais sortie avec vous ? Remarqua Ginny avec un air exaspéré.

— Parce qu’elles n’ont aucun goût ? Demanda Blaise

— Parce que vous êtes une bande de gros beaufs repoussants et misogynes.

— Merci.

Retour à fort Nott

Lorsque le monde cessa de tourner autour d’elle, Ginny poussa un profond soupir de soulagement. Comme promis par Peter, son portoloin les amena au centre d’une clairière qui donnait sur une gigantesque falaise sur laquelle se dressait fièrement une antique forteresse. Elle vit les autres adolescents baisser leurs baguettes et elle se perdit avec émerveillement dans la contemplation des immenses tours de granit. Il se dégageait du bâtiment aux lignes milliaires et au noir de jais, une aura inquiétante probablement destinée à décourager d’éventuels envahisseurs, mais qui ne devait pas rendre agréable de grandir dans un tel endroit. Malgré tout Ginny poussa une exclamation d’admiration.

— Impressionnant, n’est-ce pas ? Se vanta Nott avec une certaine fierté.

— Ma mère n’a jamais voulu qu’on ait un château comme les autres sangs purs. Elles disaient que c’était du gaspillage de galions. Et qu’une femme avec un chanteau ça faisait déband…. Enfin bref, elle ne trouvait pas ça convenable. Commenta Blaise

— Le château de mes parents est plus grand, mais il n’y habite pas. Ils l’ont juste acheté pour défiscaliser. Aucune idée de ce que ça veut dire. Dit Justin avec un air blasé.

— Ne compare pas nos fières demeures avec la porcherie où tu es née. L’invectiva Malfoy.

Ginny et Théodore allaient répliquer, mais Justin les arrêta d’un geste pour leur dire que ce n'était pas important.

— Bon maintenant que tout le monde a pu constater que la forteresse est vide est ce que quelqu’un à une idée de comment on pourrait trouver les Dursley ? Ginny, je suis sûr que tes frères pourraient nous renseigner. Tu es sûr de n’avoir aucun moyen de les contacter ?

— Non, et même si j’en avais un, je ne vous le donnerais pas. Vous en profiteriez pour m’abandonner derrière vous.

— Normalement, c’est ce qu’on aurait fait. Mais si Peter à raison, il vaut mieux que tu viennes avec nous. Répondit Théodore.

— Je pense qu’il faut qu’on rentre. Déclara Peter.

— Pourquoi faire vous voyez bien qu’il n’y a personne ? Opposa Théodore avec virulence.

— Tu n’en sais rien. Ça ne m’étonnerait pas que la résistance ait enchanté son QG pour que de l’extérieur, il ait l’air abandonné. Rétorqua Blaise.

— Si je le sais. Affirma Nott.

Un rire traînant et particulièrement désagréable raisonna alors.

— Pourquoi tu rigoles Malfoy ? Non, tais-toi. Je préfère ne pas savoir. Déclara Justin.

— Vous ne comprenez pas qu’il vous manipule ? En tant que nouveau Lord Nott, il peut facilement savoir si quelqu’un se trouve à l’intérieur de son fief.

— Comment tu pourrais savoir ça ? Demanda Ginny.

— Les Weasley, sont-ils vraiment tombés aussi bas ? Les sangs purs ne sont pas aussi primitifs que les moldus. Nos domaines ne sont pas que de simples abris de tôle et de bois. Ce sont des lieux de haute magie auxquels nous sommes liés par le sang depuis plusieurs générations. Comme Poudlard, ce sont quasiment des êtres vivants auquel nous sommes rattachés par un lien d’une subtilité que vous ne pouvez même pas comprendre. Quoique, c’est vrai qu’à ta place moi aussi je préférerais oublier que mon noyau magique est lié au dépotoir où vous vivez.

— On se passera de tes commentaires, Malfoy. Nott, c’est vrai ce qu’il raconte ? L’accusa Ginny.

— Oui, mais je ne vois pas l’intérêt d’activer le lien, puisqu’il n’y a personne.

— Écoute Théo, je comprends que tu ne veuilles pas y retourner,… Commença à dire doucement Justin.

— Non, tu ne comprends pas. Malfoy a raison sur ce point. Un né-moldu ne pourra jamais ne serais que concevoir ce qu’implique ce genre de magie. C’est quelque chose qu’il faut vivre. Mais puisque vous êtes tous déterminé à ignorer le bon sens le plus élémentaire, je vais le faire.

Avant que Justin ne puisse s’offusquer de cette réponse, Théodore utilisa sa baguette pour invoquer un couteau rituel et sortit de sa besace le sceau des Nott qu’il avait pris le temps de ramasser après avoir brûlé le corps de son père.

Il fit alors une légère entaille dans la paume de sa main.

— Qu’est-ce que tu fais ?

— Le rituel pour accepter mon héritage et devenir un lord Nott à part entière. Commenta-t-il en commençant à réciter une incantation en latin.

Une fois qu’il eut fini une faible lueur l’entoura pendant quelques secondes. Puis il s’écria :

— Impossible ! Avant de commencer à courir en direction du château.

— Attends, ça pourrait être dangereux. Lui cria Peter pendant que les autres le suivaient dans sa course. Les adolescents ! Soupira-t-il avant d’utiliser sa baguette pour accrocher à un arbre les liens de Drago qui tentait de s’échapper discrètement. Puis il les suivit sous forme de rat. Il parvint de justesse à passer les portes de la forteresse qui s’était ouverte toutes seul à l’approche de Nott avant qu’elle ne se referme. Il trouva très rapidement les adolescents maintenus en joue par un groupe de 5 sorciers portant l’insigne des aurors brodées à la va-vite sur des robes sales.

— Je ne sais pas comment vous avez fait pour entrer,  les minots, mais vous allez immédiatement déposer vos baguettes. Je vous préviens ce n'est pas parce que vous êtes jeune que je vais retenir mes coups.

— Comment osez-vous me donner des ordres en ces lieux, misérables sang-mêlés ? Qu’avez-vous fait de ma mère ?

— Calme-toi Théodore. Tu me fais peur. Tenta Justin.

— Ta mère est morte. Tu te souviens ? Expliqua Blaise d’une voix mal assurée.

Théodore posa rapidement un regard vide sur Justin avant de lever un bras. Immédiatement, les escaliers du grand hall bougèrent et s’abattirent sur la troupe de sorciers qui n’eut que le temps de crier avant d’être assommés. Enfin, Justin et Blaise espéraient qu’il avait juste été assommé. Immédiatement, Théodore reprit sa course.

— Toi et Ginny, vérifiez qu’ils vont bien. Moi, je vais tenter de ramener cette tête de pioche à la raison. Dit-il en direction de Blaise

— Non, je t’accompagne.

— Je pense que c’est mieux que j’y aille seul. Objecta Justin.

— Hors de question, c’est trop dangereux. Dit Blaise en commençants à le suivre

— T’as vu leur uniforme, ce sont des aurors pas des mangemort. Il n'y a pas de danger.

— Ce ne sont pas eux qui m’inquiètent, mais Théo. Il n’est pas dans son état normal. T’as entendu Malfoy. Ce n'est pas un sort normal qu’il a activé.

— Tu connais Théo. S’il y avait eu le moindre risque, il n’aurait jamais accepté de l’activer.

— C’est justement parce que je le connais que je m’inquiète.

Ils traversèrent ainsi en courant des couloirs en suivant les corps de sorciers assommés qui parsemaient le chemin. Après avoir traversé un couloir de plusieurs mètres qui semblait avoir été transformé en rue commerçante où les chambres gigantesques faisaient office de magasin (Malgré sa course, Justin avait été estomaqué en comprenant qu’elles étaient plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur), et un autre couloir dont les portes se refermèrent violemment à leur approche et possédaient toutes sur leurs linteaux une plaque avec un numéro et le nom d’une famille, ils débouchèrent sur ce qui ressemblait à une salle de classe.

La pièce en forme de chapelle était magnifiquement éclairée par des vitraux représentant dans un style typique du Moyen Âge des sorciers combattant des monstres de la mythologie grecque. Elle aurait pu avoir une ambiance apaisante si elle n’était pas remplie de pupitres et d’affaires d’école renversée précipitamment. Alors que leurs propriétaires rassemblés dans un coin derrière une femme d’une quarantaine tenant une baguette, le regardaient d’un air horrifié, Théodore Nott avançait vers eux.

— Les aurors sont en route. Si vous ne fuyez pas immédiatement… Cria la femme en tentant de protéger de son corps les enfants derrière elle.

— Silence, femme.

Théodore s’arrêta et scruta la pièce dans tous les sens. Puis ses yeux se posèrent sur un enfant de 10 ans qui le regardait avec un air de défis. Il leva sa baguette d’un geste souple et la dalle sous les pieds de la maîtresse se souleva brusquement et la propulsa jusqu’au plafond. Sans qu’elle ne puisse l’en empêcher Théo brisa d’un seul sort la barrière qu’elle avait invoquée pour tenter de protéger les enfants et sous les yeux horrifiés de ses camarades et des pleurs des plus jeunes, l’un deux se mit à léviter.

— Qui es-tu ? Demanda Théodore.

— Théodore, lâche-le. Qu’est-ce qui te prend ? Demanda Blaise.

— Je te préviens que si tu lui fais le moindre mal… Ordonna Justin en levant sa baguette.

— Ne vous mêlez pas de ça ! Hurla Théo puis ses yeux papillonnèrent et il sembla retrouver conscience de l’endroit où il était et reposa l’enfant qui resta immobile en le regardant droit dans les yeux avec un regard de défis bien qu’il avait clairement peur.

Puis avec une voix glaciale Théodore dit :

— Tu ressembles beaucoup à père.

— Je n’ai rien à voir avec vous, monstre. Cracha le garçon, comme si Théodore venait de l’insulter.

— C’est exact. C’est pourquoi il serait bon que tu prennes ceci.

Théodore retira la bague à son doigt qui portait le sceau des Nott et la jeta au pied du petit garçon qui au lieu de la ramasser regarda Théodore confus.

— Tu peux m’expliquer ? Demanda Blaise.

— Oui nous aussi, on aimerait bien avoir des explications. Cria une voix d’adulte avant qu’ils ne perdent tous les 3 consciences.

oOoOoOo

Quelques heures, plus tard, Nott ouvrit les yeux avec une forte douleur à la tête.

— Monsieur Nott, au cas où ce ne serait pas assez clair, si je suis aussi désagréable avec mes patients, c’est parce que je ne veux pas les revoir. Raisonna la voix de Greg Housser.

Théodore regarda autour de lui. Il était dans une vaste pièce haute de plafond construit dans des murs en granit noir. Si on enlevait l’odeur de formol et les rideaux qui entouraient son lit, l’endroit lui était familier.

— Qu’est-ce que vous faites chez moi ? Demanda Nott en sentant la magie familière de fort Nott l’envelopper d’un voile réconfortant.

— Tu as généreusement donné un droit d’accès à ta forteresse au ministère de la magie juste avant ton départ pour votre mission top secrète à l’étranger en nous indiquant qu’on pouvait venir s’y réfugier en cas de problème.

— Je n’ai jamais fait ça. Contra Nott.

— Si et je te conseille de ne plus jamais dire le contraire en public. Lui intima Greg Housser.

— Pour me protéger ou le protéger lui ? Demanda Nott.

Housser s’arrêta brusquement et pour une fois son visage redevint sérieux.

— Qu’est-ce que tu lui as dit ?

— Rien qu’il n’ait pas été capable de deviner. Il ne devrait pas être ici. Répondit Nott.

— Pourquoi ? Il n’est que le fils d’une prostituée et d’un employé décédé du ministère...

— Une prostituée !? Cela explique beaucoup de choses.

— D’ailleurs, il m’a dit que tu avais oublié ça par terre. Dit Housser en lui tendant une bague sertie du sceau des Nott.

Théodore la renfila à ses doigts et dit :

— Dites-lui que je suis désolé.

— Pourquoi ? tu ne lui as fait aucun mal. Demanda Housser

— Est-ce que je pourrais le revoir ?

— Non. Affirma Greg.

— Pourquoi ? C’est mon… Commença à protester Nott

— Justement, rappelle-moi ce qu’aurait fait ton père si un bâtard avait pris possession de sa demeure en son absence ?

— Je ne suis pas mon père.

— Après ta petite démonstration de ce matin, tu auras du mal à en convaincre sa mère.

— Ce n’est pas juste. Cracha Théodore sur un ton immature et enfantin qui sembla agacé Housser.

— Si vous vouliez de la justice Mr Nott, vous vous êtes trompé de famille… de pays… d’espèce. D’ailleurs est ce que vous pouvez me dire ce qui vous a pris ? Vos amis m’ont dit que vous étiez comme fou après avoir effectué un rituel. Est-ce que l’on doit s’attendre à d’autres crises du genre ? Demanda Housser en s’approchant de lui pour mieux mesurer sa réaction.

— Non, tout va bien. J’ai juste cru que c’était ma mère.

— Votre mère est morte. Elle s’est suicidée devant vos yeux lorsque vous aviez 5 ans.

— Je n’en ai pratiquement aucun souvenir. Juste des images floues. Répondit laconiquement Nott en se retenant de dire que dans les jours qui suivirent l’incident, il n’avait cessé de demander à son père quand est-ce que maman rentrerait ? qu’à cause des punitions que le patriarche lui assenait à chaque fois qu’il posait la question. Il ne dit pas non plus que pendant des années, il avait secrètement rêvé que sa mère franchisse les portes du manoir et l’emmène loin d’ici avec elle. Alors, lorsqu’il avait senti la présence de cette signature magique à la fois si proche et si différente de la sienne, ses rêves d’enfant avaient refait surface.

— Typique d’un syndrome post-traumatique. Je regrette vraiment de ne pas avoir davantage insisté auprès de votre père pour que vous suiviez une thérapie psychologique moldue. En-tout-cas, je peux vous affirmer que votre mère est bel et bien morte. Je fais partie des médicomages que votre père a appelé en urgence ce jour-là. Commenta Housser sans la moindre once de pitié.

Housser termina de vérifier qu’il allait bien (ou plutôt aussi bien que possible étant donné les circonstances), puis se retira en laissant entrer Justin, Blaise, Ginny et les Dursleys.

Théodore ravala les larmes qui avaient commencé à poindre le long de ses yeux et apostropha immédiatement les Dursley :

— Vous ? Peter vous a parlé de son plan ?

— Bonjour à toi aussi Théo. Oui, nous allons bien, merci de demander. Lui répondit Pétunia sur un ton qui indiquait qu’elle n’était pas fâchée.

Puis comprenant son impatience :

— Oui, il nous en a parlés. Nous sommes persuadés que ça fonctionnera.

Vernon Grommela. Petunia roula les yeux au ciel et enchaîna :

— Je suis persuadé que ça va marcher, mais nous irons seuls, Vernon et moi. C’est beaucoup trop dangereux pour vous de nous accompagner.

— Non, on doit venir aussi.

— Oui, laissez-nous vous aider ; madame Dursley. Nous aussi, on veut sauver Harry. Rajouta Ginny.

— Vous en avez assez fait. Laisser les adultes s’en occuper, voulez-vous. Ce Percy a fait rouvrir des salles de classe pour tous les niveaux dans le château. Vous pourriez rependre une vie normale. Contra Vernon.

— Ce n’est qu’une illusion qui ne tardera pas à voler en fumée. Il faut mettre toutes les chances de notre côté. De toute façon, ce n’est pas à vous d’en décider, mais à Percy. Laissez-moi lui parler et je suis sûr que je le convaincrais de m’intégrer à la troupe qu’il va rassembler. Contra Nott.

— Il ne va rassembler aucune troupe. Annonça Fred en rentrant dans la pièce en portant un uniforme d’Auror usé. Théo remarqua qu’il avait beaucoup changé en peu de temps. Son air était devenu dur et sa posture caractéristique des anciens aurors qui avait défilé chez Théodore à la recherche de preuve de son implication au côté de Vous-savez-qui après la fin de la guerre.

— Pardon ?

— Depuis qu’il a repris les rênes de la résistance, Percy a mis au point une stratégie simple : ne jamais attaquer Vous-savez-qui. Avec les elfes de Poudlard, il envoie de petits groupes dans tout le pays voler de la nourriture, s’en prendre aux mangemorts isolés et faire sauter des bâtiments, mais dès que Vous-savez-qui se pointe, ils ont ordre de fuir avec les elfes sans demander leur reste. Juste parce qu’il a eu quelque succès, que la confédération a imité sa stratégie, qu’il a réussi à régler les problèmes d’approvisionnement en nourriture, à créer une communauté soudée, à mettre un terme aux discriminations et à la corruption et que…. Bon d’accord il ne s'est pas trop mal débrouillé. Mais il n'arrête pas de se vanter comme s’il était Dumbledore en personne et ça m’énerve. Siffla Fred avec une jalousie évidente. Puis il reprit plus calme :

— Bref il refuse tout net de changer de stratégie et de regrouper une force d’assauts. Il dit qu’il faut continuer à affaiblir Vous-savez-qui et à multiplier les cellules de résistances indépendantes. En gros pour lui, c’est trop risqué pour le moment. La seule chose qui l’a fait hésiter, c’est la confirmation que celui-dont-on ne-doit-pas-prononcer-le-nom sait que l’on se cache à fort Nott. Mais ça ne change pas grand-chose. Dans le cadre de sa stratégie de guérilla, Percy a déjà fait créer des dizaines de foyers de résistance indépendants prêt à nous accueillir. Et il est tellement traumatisé par l’évacuation catastrophique de Poudlard qu'il fait régulièrement répéter des exercices d’évacuation aux habitants. S’il nous attaque, le temps qu’il perce les défenses de fort Nott, on se sera tous dispersés aux quatre coins du pays en utilisant les elfes.

— Ça me semble être une bonne stratégie. Le seul moyen de vaincre Vous-savez-qui, est de ne pas l’affronter. Commenta Nott.

— Je sais, mais ça m’énerve. Je déteste fuir comme un lâche à chaque fois sans même tenter de répliquer. répondit Fred.

— Comment vous pouvez dire ça ? Vous voulez abandonner Harry ?! Leur reprocha Ginny

— Plus il sera affaibli, plus le plan de Peter aura une chance de marcher. Il n’y a rien qui presse.

Avant que quiconque ne puisse réagir, Ginny s’enflamma :

— Tu ne sais pas ce que ça fait d’être possédé par cette chose. D’être enfermé dans ton propre corps, seul et désespéré. De lutter et d’appeler à l’aide et que personne ne se rende compte de rien.

— Raison de plus pour ne pas gâcher notre seul essai. Répondit Blaise à la place de Théo qui semblait sur le point de s’énerver.

— Je crains que nous n’ayons pas tant de temps que ça. Dit Fred.

— Comment ça ? Demanda Théodore.

— Après votre capture, nous avons capturé Malfoy et Pettigrow. Exceptionnellement, Percy m’a laissé assister à leur interrogatoire. Il semblerait qu’ils ne vous aient pas tout dit.

— Non ! La fouine et le toutou de Vous-savez-qui nous auraient menti ? Je suis bouleversé, anéanti, dévasté. Déclara Justin sur un ton théâtral.

— Pour le coup, il s’agirait plutôt du rat de Vous-savez-qui. Dit Fred. Je ne crois pas que Peter vous ait sciemment caché quoi que ce soit. J’ai l’impression que son désir de rédemption est sincère. Et ses dires collent avec les mouvements bizarres que l’on a observés parmi mangemort.

— Fred, ne tourne pas autour du pot. Qu’est-ce que tu as découvert ? Demanda Justin.

— Vous-savez-qui a prévu de lancer son assaut final mardi prochain. On ne sait toujours pas ce que c’est, mais ce sera massif. Plus massif que tout ce qu’il a déjà fait et il est persuadé qu’après ça, toute résistance sera détruite. Percy est persuadé que la meilleure chose à faire est de mettre à l’abri le plus de personnes possibles dans la forteresse et les autres cachettes que l’on a mis en place au fil du temps et de contre-attaquer après. En-tout-cas, il refuse de risquer la vie d’un groupe d’assaut tant qu’on n'en saura pas plus.

— Donc si je résume, on a jusqu’à mardi pour sauver Harry. Après soit son plan a échoué et la résistance aura une occasion de le tuer, soit… Justin ne termina pas sa phrase.

— De mon point de vue, tu peux oublier la première option. Rajouta Nott sombrement.

— De toute façon, on ne sait même pas où se trouve Vous-savez-qui ?

— Pas exactement, mais Peter et un autre mangemort de haut rang que l’on a capturé hier ont leurs marques qui les brûlent depuis une heure. D’après les langues de plomb, la source du signal de transplanage est dans l’état du Colorado, aux États-Unis. Expliqua Fred

Après cela, Nott jeta tous les sorts qu’il connaissait pour préserver leur intimité et ils mirent leurs plans au point.

Brève de presse 5

— Bonjour, vous êtes sur CNN, nous sommes le 30 octobre 1994. Mr Sanders, est-ce que vous condamnez les violences ?

— Non, mais ça ne va pas recommencer ! S’offusqua Bernie Sanders.

— Non, je veux dire, est ce que vous condamnez les violences de l’armée de Dieu ?

— Ah oui. Bien sûr que nous les condamnons. Il est intolérable que des milices fascistes menacent nos concitoyens et conteste l’État de droit.

— Comme vous le voyez, les dangereux socialistes font régner un climat de McCarthyism sur le pays et combattent la libre expression des laborieux travailleurs américains qu’ils prétendent représenter. Commenta le présentateur.

— Sérieusement !? Ils ont tué des milliers de personnes dans tout le pays parce qu’ils pensaient qu’elles étaient des sorciers. Qu’est-ce qu’il faut pour que vous compreniez que ces fous furieux sont une menace ? Hurla Sanders, maintenant hystérique.

— Oui, enfin, on ne connaît pas toute l’histoire. Ils avaient sans doute de bonnes raisons. Et puis, ils ne sont pas tout blanc, non plus. Il y en a un qui a été pris à voler des bonbons dans une épicerie quand il avait 10 ans.

— Vos propos sont immondes.

— Vous dites ça uniquement parce qu’il est juif. L’accusa Ron Watkins qui, avec Donald Trump était l’un des 3 invités de ce soir.

— Quoi ? Dit Sanders.

— Mais je ne suis pas juif ! S’exclama le présentateur.

— Vous dirigez un journal télé, donc vous êtes juif. Précisa Ron Watkins

— Mais c’est antisémite ! Se scandalisa Sanders.

— Non, ce n'est pas possible, je ne peux pas être antisémite, j’ai un ami juif.

— Et il ne vous a jamais dit que ce que vous disiez est antisémite ?

— Si, tout le temps, mais il est juif, il n'est pas objectif.

— Vous ne dites rien, Mr Trump ? Demanda le présentateur.

— Ha non, là même pour moi, c’est impressionnant. Répondit Trump.

— Et encore, vous m’auriez vu dans ma jeunesse, j’ai réussi à convaincre un scientifique de la NASA que la terre était plate. Expliqua Ron Watkins.

— Était ? Demanda le présentateur.

— Ben oui ! Pour détourner les gens de la vraie foi, les reptiliens satanistes l’ont rendu ronde. Tout est écrit dans mon livre à seulement 99 dollars dans toutes les bonnes librairies : les secrets du programme Apolo : pourquoi on nous a fait croire qu’on a été sur la lune.

Un homme en tenue d’homme ménage arrive sur le studio en passant le balai et murmure à l’oreille de Ron Watkins :

— Dites, ça vous dérangerait de me céder les droits d’adaptation en film ?

— Steven Spielberg, mais qu’est-ce que vous faites là ? S’exclama le présentateur.

— Vous avez vu les infos, ces derniers temps ? Des gens qui se battent sur des balais volants, des géants qui affrontent des loups-garous, des familles américaines qui doivent accueillir des gobelins. Et tout ça, sans effets spéciaux. Moi, je ne peux plus lutter, c’est de la concurrence déloyale, alors j’ai dû me reconvertir. Mais je ne désespère pas. Il faut juste que j’arrive à trouver quelque chose de plus absurde que l’actualité.

— On m’annonce dans mon oreillette que l’on soupçonne la destruction de Moscou d’avoir été provoqué par un enfant myope armé d’un bâton.

— Dites ça vous dirait de changer de société d’entretien pour votre église ? Ma boite, elle fait des prix supers propres.

— Sans transition, dans l’actualité internationale, les tensions sino-américaines montent d’un cran après un nouvel incident à la frontière entre la Corée du Sud et du nord. Le parti républicain accuse la Corée du Nord d’avoir noué une alliance avec Harry Potter dans le but d’envahir la Corée du Sud. Sous la pression de son sénat maintenant largement rallié aux camps républicains, le gouvernement américain a déployé plusieurs groupes aéronavals à la frontière coréenne. Le gouvernement chinois a réagi en rapatriant une part importante de ses troupes du front européen vers la frontière nord-coréenne et en annonçant la tenue prochaine d’un vaste exercice militaire conjoint avec les forces nord-coréennes. De nombreux observateurs s’inquiètent du risque d’incidents lors de ce qu’ils qualifient du plus important déploiement de forces observée en Asie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Malgré les tentatives d’apaisements du président américain lors d’une réunion exceptionnelle des alliées, la Russie a dénoncé un comportement irresponsable de la part des USA alors que la majorité de l’Europe est toujours entre les mains d’Harry Potter. En l’absence de prise de parole rassurante de l’exécutif américain, les gouvernements européens en exil ont menacé de quitter la table des négociations concernant le futur de l’Europe.

Plus que jamais, l’alliance semble faible alors que nos troupes progressent lentement, mais sûrement, à travers les terres contrôlées par le seigneur noir.

La fin

— Stupefix ! Cria Fred en direction du garde lorsqu’il devint évident qu’il n’allait pas croire à leur histoire. Celui-ci s’écroula, le visage défiguré par la colère et l’incompréhension suite à cette trahison.

— Et merde. Dépêchez-vous de descendre. On a maximum 15 minutes avant que quelqu’un ne remarque son absence.

La troupe composée de Fred Weasley, Théodore Nott, Justin Finch-Fletchley, Blaise Zabini, Ginny Weasley, Petunia et Vernon Dursley descendit au pas de course les escaliers menant au cachot où un concert de cris et d’insultes les accueillit. Fred avait participé à la capture de nombre de prisonniers, et même si Percy avait toujours refusé que son petit frère participe aux interrogatoires, Fred savait qu’ils avaient de bonnes raisons de crier.

Ils les ignorèrent et arrivèrent rapidement à la cellule spécialement enchantée pour empêcher les transformations en animagus où avaient été emprisonnés Malfoy et Peter. Ce dernier se tenait le bras en poussant des murmures plaintifs.

— Le seigneur des ténèbres est en colère contre moi. Un espion a dû lui apprendre ma trahison.

— Ou alors il est juste mécontent que vous lui ayez posé un lapin. Dans les deux cas, c’est une bonne chose que l’on se casse d’ici. Dit Fred en commençant le long enchantement permettant de déverrouiller la cellule des prisonniers.

— Pardon ?

— Percy refuse de mettre en place votre plan. Alors, on va se débrouiller tout seul.

— Vous êtes fou ! Si on n’y va tout seul, on n’arrivera jamais à l’atteindre. Protesta Peter.

— Une fois sur place, on trouvera un moyen. Assura Fred.

— Si, même lui, pense que l’on a aucune chance… Commença Vernon.

— Si vous ne voulez pas venir alors il n’y a pas de honte à rester ici. Même si ça me tue de l’admettre, Percy à peut-être raison de se terrer comme un rat. Sans vouloir vous vexer, rajouta Fred à l’attention de Peter.

Vernon lança un coup d’œil à Pétunia puis déclara :

— Je préfère mourir là-haut que de vivre sans ma femme et mon fils.

— Même si on réussit il y a peu de chance que l’on s’en sorte vivant, vous savez ? Insista Fred.

— Je commence à comprendre pourquoi c’est Percy qui s’occupe de motiver les troupes. Répondit Ginny.

La seule chose qui retint Fred de lui adresser une réponse cinglante fut le souvenir encore vivace du sort de chauve-furie qu’elle lui avait infligé lorsqu’il avait tenté de la forcer à rester en sécurité dans la forteresse. Lorsqu’elle était en colère, sa petite sœur était plus effrayante que bien des mangemorts.

Une fois la cellule ouverte, tous agrippèrent Peter. Sous le regard de Malfoy qui se contenta de les fixer silencieusement d’un regard noir en attendant son heure. Fred dit alors à Peter, en lui tendant sa baguette qu’il avait récupérée plus tôt dans la réserve :

— J’ai enlevé les sortilèges anti-tranplanage. Emmenez-nous au lieu de rendez-vous. Ordonna Fred.

— Pour se retrouver au milieu d’une armée de mangemorts ? Protesta Peter.

— Pour se retrouver en face de Vous-Savez-Qui. Vous voyez un autre moyen de l’atteindre ?

— Depuis le temps, il ne doit plus se trouver au lieu de rendez-vous. Il faut trouver autre chose. Je croyais que les langues de plombs avaient trouvé le lieu de rendez-vous ? Demanda Peter.

— Leur technique est encore expérimentale. Pour le moment, ils n’arrivent qu’à déterminer la région. Percy leur a demandé de travailler là-dessus en priorité afin que l’on puisse localiser leurs lieux de rendez-vous et y lancer des attaques éclair avec les elfes de maison. Expliqua Fred.

— Dobby ? Hurla Pétunia.

Jusqu’à présent, elle avait laissé leur protecteur vaquer à ses occupations avec les autres elfes de maison de la forteresse sachant qu’il n’apprécierait pas qu’ils se mettent en danger (Depuis l’attaque de l’enclave de Poudlard, l’elfe prenait un peu trop au sérieux sa mission de protection de ceux qu’il considérait désormais comme ses maîtres)

Aussitôt Dobby transplana à leur côté. Pour la première fois depuis leur arrivée, Malfoy ne put cacher un regard d’intérêt.

— Maîtresse Pétunia a appelé.

— Je ne suis pas ta maîtresse. Ne put s’empêcher de rappeler Pétunia malgré l’urgence de la situation.

L’elfe commença à pleurer.

— Maître Harry aussi rappelait tout le temps à Dobby qu’il était un elfe libre. Dit l'elfe en se mouchant dans une de ses chemises.

— Pourquoi l’avez-vous appelé ? Faites-le taire, il va nous faire repérer. Lui reprocha Fred.

— Dobby est ce que tu pourrais nous faire transplaner juste à côté du lieu indiqué par la marque des ténèbres.

— Oui Dobby peut, mais pourquoi Dobby ferait-il ça ? Répondit l’elfe sur un air suspicieux.

— Parce que c’est un ordre. L’invectiva Malfoy.

— Ta gueule Malfoy. Lui cria Justin par réflexe.

— Dobby est un elfe libre. Il ne reçoit plus d’ordre. Et surtout pas du méchant petit maître. Dit-il sur un air de défi avant de se taper la tête contre le sol en disant méchant Dobby.

— Ne te punis pas. Intervint pétunia, tu n’as rien fait de mal. Écoute Dobby, on n'a pas le temps de t’expliquer, mais on a peut-être trouvé un moyen de sauver Harry. Je sais que c’est dangereux, mais il n’y a pas d’autre moyen. Je sais que tu penses que ta mission est de nous protéger, mais c’est mon fils.

— Dobby comprend. Dobby ferra ce que maitr.. Ce que madame Pétunia lui ordonne.

— Emmenez-moi avec vous. Leur cria soudainement Malfoy.

— Hum ! Laisse-moi réfléchir. Non. Répondit sèchement Justin, en prenant le bras de Dobby.

— Vous avez besoin de toute l’aide disponible, le balafré a tué mon père et violé ma mère. Je veux le tuer autant que vous !

Justin ignora le sursaut de Petunia et répondit sur un ton glacial :

— On ne veut pas le tuer, mais le sauver. Et de toute façon, on ne peut pas te faire confiance.

— ALERTE !!! LES PRISONNIERS S’ÉCHAPPENT. AU SECOURS. Commença à crier Malfoy.

— Mais qu’est-ce qu’il te prend, triple idiot ? Demanda Fred.

— Emmenez-moi, avec vous ou je vous dénonce. ALERTE, LES WEASLEY LES AIDES !

— Silencio. Vous ne connaîtriez pas un moyen d’en lancer un définitif ? Demanda Justin pendant que Malfoy se mit à taper contre les barreaux en fer de sa cellule pour donner l’alerte.

— Dans son cas, je pense que seul un sort de castration nous permettrait de circoncire la maladie. Menaça Fred sur un ton humoristique. Cela eut le mérite de faire cesser son boucan à Malfoy.

Mais c’était trop tard et déjà, ils entendirent un bruit de cavalcade dans les escaliers menant aux cachots.

— Dobby, c’est maintenant ou jamais.

— Vous êtes nombreux et le lieu est loin. Dobby a besoin de concentrer sa magie. Dobby ne sait pas s’il survivra à ce sort.

— Quoi !? Dobby, je t’ordonne d’arrêter. Ça n’en vaut pas la peine. Cria alors Vernon.

— Dobby est un elfe libre Monsieur.

Puis le monde autour d’eux devin flou. Aucun ne remarqua que Drago avait réussi à s’accrocher in extremis à l’empilement de chemise bien trop grande pour l’elfe qui formait une longue traînée derrière lui.

oOoOoOoOo

— Gloups ! Fut le son qui s’échappa de la bouche de Drago lorsque prit de panique, il tenta de reprendre son souffle. Il sentit alors l’eau rentrer douloureusement dans ses poumons et recracha immédiatement. Puis se mit à se débattre pour avancer droit devant lui.

Une seconde plus tôt, il avait senti la magie de l’elfe céder. Où était-ce lui qui avait lâché trop tôt le maigre bout de tissu que le reliait au reste du groupe ? Mais c’était sans importance. La seule chose importante, c’est qu’il était entouré d’une eau boueuse et qu’il n’avait pas la moindre idée d’où se trouvait la surface. Il se débattait, mais en l’absence de point de repère, il avait l’impression de faire du sur place et petit à petit, ses forces l’abandonnèrent. Lentement, il se résignait à ce que tout finisse ici. Il devint immobile et se mit à pleurer en appelant doucement le nom de sa mère.

Puis, au travers de l’espèce de grumeau qu’était devenu son esprit, il sentit quelque chose lui frôler le dos. Sans réfléchir, il se mit à ruer de toutes ses maigres forces, mais malgré tous ses efforts la chose le saisit par-derrière et le traîna au loin. Tout d’un coup, une immense douleur s’empara de lui et il devint aveugle.

— Arrête de bouger, espèce d’idiot ou je t’en colle une. Raisonna alors la voix de Justin.

Ses yeux et ses poumons cessèrent de lui faire mal et il put voir qu’il était à la surface d’un marais puant et que Justin le traînait. Une fois qu’il eut repris suffisamment de force, il repoussa violemment Justin en criant :

— Ne me touche pas, sang de bourbe.

— De rien. C’est toujours un plaisir de te sauver la vie.

— Je ne t’ai rien demandé.

Mais malgré ses avertissements le sang de bourbe eu l’audace de repasser ses bras autour de lui.

— Reste à côté de moi. Si tu replonges je te préviens, cette fois, je te laisse couler.

Drago essaya de se dégager, mais ses poumons étaient encore bien trop traumatisés par l’expérience qu’il venait de vivre pour lui fournir suffisamment de souffle pour être efficace. Et lorsque ses yeux furent enfin habitués à la soudaine luminosité et qu’il vit la distance qui les séparait du rivage le plus proche (qui était à l’opposé de la direction où il avait commencé à nager), il se résolut à faire la planche et à se laisser porter.

Une fois au rivage Justin le hissa avec ses dernières forces sur le rivage où il fut abandonné telle une bûche en bois, alors que Théodore et Blaise se précipitaient pour aider Justin à se hisser au sec et utiliser leur magie pour le sécher. Drago immobile, seul, frigorifié et puant la vase les observa tout en tentant de reprendre des forces. Théodore fit un sermon à un Justin maintenant propre et sec sur la dangerosité de ce qu’il venait de faire, pendant que Blaise lui donnait de petites tapes viriles dans le dos.

— Bon les garçons, faites-vous un câlin une fois pour toutes et arrêtez votre cinéma. Il faut qu’on y aille. Hurla Ginny.

— T’es folle !? Tu trouves qu’il n'y a pas déjà assez de rumeurs entre ces deux-là. S’insurgea Blaise.

Mais Justin profita de ce moment de distraction pour les prendre tous les deux dans ses bras. Blaise se dégagea immédiatement avec un air faussement outré, alors que Théodore lui rendit brièvement l’étreinte avant d’y mettre un terme lorsque Fred, Peter, Pétunia et Vernon (tenant le corps inerte de Dobby dans ses bras) approchèrent. Parmi eux, Drago était le seul encore trempé. Personne ne semblait se soucier qu’il n’avait pas de baguette et qu’il frissonnait au point de claquer des dents.

— Il va bien ? Demanda Justin

Drago sursauta en croyant que la question s’adressait à lui, mais se rendit compte que toutes les attentions étaient dirigées vers ce maudit elfe. Étaient-ils donc tous devenus fous ? Il était Drago Malfoy. Comment pouvaient-ils se désintéresser de son sort au profit d’un misérable elfe à moitié fou ?

— A priori oui. En-tout-cas, il respire. Il a juste totalement épuisé ses réserves magiques pour nous amener ici. Avec un peu de chance et beaucoup de repos, il devrait se remettre complètement. Expliqua Peter.

— En parlant de ça où est ce qu’on est ? Demanda Vernon

— Avec un peu de chance, pas loin du lieu de rendez-vous. Répondit Peter.

— Je ne suis pas sûr que ‘chance’ soit le bon mot. Qu’est-ce qu’il fait ici, celui-là ? Demanda Fred en désignant Malfoy.

— Un minimum de respect ne serait pas superflu, Weasley. Répondit Drago sur un air hautain de sa voix traînante.

— Je vais t’en foutre du respect, sale, petit serpent. Tu vas me dire tout de suite pourquoi tu nous as suivis. S’avança Fred de manière menaçante avec sa baguette.

— Stop ! Je rêve autant que toi de lui éclater la tronche, mais Justin a failli se noyer pour lui sauver la vie. Qui sait quelle connerie, Justin va encore faire si tu t’en prends à lui ?

— À ce propos, Malfoy doit une dette de vie à Justin. Annonça Théodore.

Drago faillit s’étrangler devant un tel outrage, mais resta silencieux. Il ne trouva rien à rétorquer pour contester les paroles de Théodore donc pour une fois dans sa vie, il tenta de se faire oublier.

— Je ne veux avoir aucun lien avec ce sale serpent. Protesta Justin à sa place.

Ces paroles, au lieu de soulager, Drago, le choquèrent encore plus. Comment osait-il refuser un tel honneur ? Une vermine telle que lui aurait dû sauter sur l’occasion de pouvoir être lié à un sang aussi pur et ancien.

— Ça, il fallait y réfléchir avant de te jeter à l’eau. Drago officialise la dette de vie. Ordonna Nott.

— Je n’ai pas de baguette. Contra Drago de mauvaise foi.

— Et je ne veux pas qu’ils me doivent quoi que ce soit. Tenta une nouvelle fois de protester Justin.

Sans tenir compte de la remarque de Justin, Fred jeta sa baguette de secours au pied de Malefoy (c’était une consigne de Percy de toujours avoir sur soi une baguette de secours, un kit de premier soin et un poignard dissimulé dans sa botte).

À contrecœur Drago la saisie et parce que 4 baguettes étaient maintenant braquées sur lui, il effectua le geste rituel que lui avait appris son père. Aussitôt, il sentit un lien se créer entre Justin et son noyau magique. Dorénavant, Justin pouvait en échange de cette dette de vie lui réclamer un service. Quel que soit la nature dudit service, si Drago refusait, alors il perdrait ses pouvoirs. Et en attendant que sa dette soit payée, il lui était interdit d’attaquer Justin ou un membre de sa famille sans également perdre ses pouvoirs.

— Bon maintenant que le dragon a perdu ses crocs, qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Blaise

— Je pense qu’on devrait quand même l’attacher. Juste au cas où. Affirma Peter.

— Non. Maintenant, qu’il est là autant qu’il se rende utile. Première étape savoir où on est et où se trouve Vous-savez-qui. Après, on avisera. Ordonna Fred qui avait immédiatement pris le lead de leur petit groupe (Ginny se fit la réflexion que durant les quelques semaines où ils avaient été séparés, Fred avait beaucoup mûri).

Après une dispute, Malfoy rendit à Fred la baguette qu’il lui avait prêté et leur groupe se mit en route vers ce que la marque de Peter désignait comme la direction du lieu de rendez-vous.

oOoOoOoOo

Après une marche épuisante, ils arrivèrent devant une longue barrière grillagée avec un panneau indiquant qu’ils étaient sur une propriété de l’armée américaine. D’un commun accord, ils franchirent la barrière après que Fred et Peter aient appliqué sur chacun d’eux un sort de désillusion. Ils progressèrent ainsi prudemment, baguette à la main, mais ne tombèrent sur personne. Après un moment, ils entendirent un bruit important provenant de derrière une colline.

Sous les ordres de Fred, ils montèrent la colline à genoux (en faisant attention à ce que faisait Malfoy). Une fois en haut, ils virent l’entrée d’une base militaire située sous une montagne gardée par une dizaine de mangemort qui passaient leur temps à fouiller l’incessant ballet de camion qui se déversaient à l’intérieur des lieux. Sur la gigantesque arche de béton armé qui fait office d’entrée, ils purent lire : « Base de Cheyenne Montain, Colorado » Fred sortit de sa poche magiquement enchantée pour augmenter sa contenance et rester légère, la paire de multiplettes qui ne l’avaient pas quitté depuis le jour de la coupe du monde et tenta de comprendre ce qu’il se passait. Au bout d’un moment, il comprit, que les camions contenaient toutes sortes de plantes et d’animaux, aussi bien magiques que moldus. D’autres, plus rares, contenaient des familles de sorciers qui ne semblaient pas savoir ce qu’ils faisaient là, mais obéissaient aux ordres des mangemorts en étant visiblement terrifiés.

— Qu’est-ce qu’il trafique ? Demanda Fred en direction de Peter et de Malfoy.

Malfoy se contenta de renifler avec dédain.

— On n’en sait rien. Vous-savez-qui ne laissait rien filtrer de son plan. Même à moi, il n’a rien dit. Il s’est contenté de nous confier des tâches, la plupart du temps sans que les autres mangemorts ne le sache, avec pour mission de ne parler à personne. Avant de suivre Malfoy, j’ai essayé de comprendre, mais il a tellement cloisonné l’information que j’ai dû y renoncer. Cependant je pen… Commença à expliquer Peter.

— Silence. Ordonna, alors Théo pendant que Peter se mit à se tenir la marque. Tout d’un coup l’air devin lourd et le ciel s’assombrit. Fred n’eut pas besoin de faire appel à ses multiplettes pour comprendre ce qu’il se passait. Ils voulaient trouver Vous-savez-qui. Hé bien, ils avaient réussi. Les mangemorts et les diverses personnes du site cessèrent toute activité et s’agenouillèrent pendant que Potter descendait du ciel où il flottait sans l’aide d’aucun support visible, la cape d’invisibilité des Potter flottant au vent derrière lui alors que la fameuse bague luisait à son doigt.

Derrière lui, l’encadrant telle une escorte chevauchait trois sorciers sur des balais. Grace au multiplettes, Fred pu reconnaître Bellatrix Lestrange, Narcissa Malfoy et… Bill Clinton. Comment était-ce possible ? De ce qu’il avait lu des documents de Percy, c’était le dirigeant d’un pays moldu allié à la confédération sorcière internationale.

Sa voix magiquement enchantée raisonna alors dans toute la vallée.

— Mes fidèles serviteurs, vous avez bien travaillé et votre maître est fier de vous. Grâce à votre diligence, nous allons pouvoir avancer nos plans. Soyez fiers, car vous serez bientôt le témoin de la naissance d’une nouvelle ère. À partir de ce soir, tous vos sacrifices prendront fin et vous pourrez régner à mes côtés sur un monde nouveau.

Un des mangemort qui gardait l’entrée s’agenouilla alors devant lui et supplia :

— Mon seigneur, mes enfants n’arrivent que demain, je v...

— Endoloris. Cria Bellatrix. Tu apprendras à ne pas contester les ordres de notre seigneur.

— Ma très chère Bella, j’apprécie ton impulsivité, mais cesse immédiatement.

— Mais... Bien maître.

Voldemort s’approcha de l’homme qui tremblait maintenant de douleur allongé contre le sol rugueux.

— Je comprends la valeur de ton sacrifice, mais durant les années qui viennent, tu auras largement le temps d’en refaire d’autres. Tu pourras alors connaître la joie de les élever dans l’adoration de Lord Voldemort. À moins que tu ne préfères les attendre à l’extérieur. Ricana-t-il avant de s’avancer sur le tarmac de la base.

_Laissez tout sur le parvis et rentrez à l’intérieur. Nous allons commencer dans quelques heures. Ordonna Voldemort.

Tous les hommes à l’extérieur s’empressèrent d’obéir. Très vite, il ne resta plus que Voldemort et les 3 sorciers l’ayant accompagné. Bellatrix s’avança à son tour, mais d’un geste, le seigneur noir l’arrêta.

— Bella voyons. Il faut que quelqu’un reste à l’extérieur pour garder l’entrée. Nous ne pouvons pas prendre le risque de subir une attaque durant ce moment critique.

— Mais, mon seigneur… Commença à le supplier Bella.

— C’est un déchirement pour moi aussi, Bella. À chaque fois que je rêvais de ce jour, tu te tenais à mes côtés. Mais nous devons tous faire des sacrifices. Sache que je n’oublierais jamais le tien et que je ferais en sorte qu’il soit honoré pendant des dizaines de générations après ta mort.

— Bien mon maître. Je ferais selon vos volontés. Dit-elle avec une visible tristesse.

— Ne sois pas triste. Pour alléger ta peine, j’ai fait en sorte que tu partages tes derniers instants avec le reste de ta chère famille. Ainsi, ton nom ne sera plus sali par la souillure de leur trahison.

Puis sans attendre leur réponse, il rentra à l’intérieur du complexe en béton armé donnant sous la montagne en riant à gorge déployée.

Belle donna alors un ordre aux deux autres. Sous le regard stupéfait de Fred, le visage de Bill Clinton commença à fondre et se transforma peu à peu en celui d’une jeune femme à peine plus vieille que lui. En zoomant sur son visage à l’aide des multiplettes il comprit qu’elle était probablement soumise à l’imperium. Théodore demanda alors :

— Nymphadora Blacks ? Qu’est-ce qu’elle fait ici ?

— Vous n’avez pas compris ? C’est un châtiment contre ma mère. Il veut qu’elle meure en voyant disparaître ce qu’il reste de sa famille. Expliqua Drago.

— Tu n’avais pas aussi une tante ? Enfin une autre tante ? Demanda Nott.

— Andromeda a dû mourir en protégeant sa fille. Ou Vous-savez-qui l’a tué devant Nymphadora pour la briser. Qu’est-ce que j’en sais moi ? Répondit Drago.

— Vos histoires de famille, c’est bien beau, mais ça ne nous dit pas ce qu’ont fait ? Intervint Fred

— C’est évident. On va libérer ma famille et on garde vos arrières pendant que vous entrez là-dedans poursuivre votre mission suicide. Annonça Malfoy sur le ton de l’évidence en commençant à se lever.

Fred lui attrapa le bras avec autorité :

— Baisse-toi, espèce d’idiot. Et c’est nous qui partons en mission suicide ?

— Ma mère ne me ferait jamais de mal. Et j’ai un compte à régler avec Bellatrix.

— Justement, je l’ai vu à l’œuvre au combat. Crois-moi ce n’est pas quelqu’un que tu peux battre.

— C’est juste une pauvre folle. Rétorqua Drago.

— Comme Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Ça n’empêche pas que si l’un d’entre vous s’amuse à le défier en duel, je le tue. C’est clair. Menaça Fred.

— Chef, oui chef. Cria Ginny en faisant une parodie de salut militaire.

— Désolé. Je crois que j'ai passé trop de temps avec Percy. Tout ce que je dis, c’est qu’aucun de nous ne fait le poids face à Bellatrix, il nous faut un meilleur plan.

— Ça, c’est parce que tu n’as pas vu Terminanor en action. Proposa Justin en donnant une claque dans le dos de Justin.

— Terminaquoi ? Peu importe. Je ne veux pas doucher tes espoirs, mais Fred à raison. Même mon père admettait qu’elle était meilleure que lui en duel. Même en l’attaquant ensemble, on a aucune chance.

— Alors c’est ça, le fameux courage des Weasley. Ces parangons de Gryffondor. Ça recule devant une vielle femme qui a passé la moitié de sa vie à Azkaban ?

— La moitié du travail de McGonagall consiste à essayer d’apprendre à ses élèves la différence entre la bravoure et la témérité. Bien sûr, avec nous, elle a totalement échoué, mais ce n'est pas une raison pour faire n’importe quoi. Répondit Fred.

— Qu’est-ce que tu proposes, gros malin ? Demanda Justin avec agacement.

— Votre sang est peut-être trop dégénéré pour que vous osiez vous frotter à celui toujours pur des Blacks, mais ce n’est pas le cas de ma mère. Si elle me menace, elle ne fera qu’une bouchée de cette morue. Répondit Malfoy.

— En fait, ce n'est pas si bête comme plan. Si on pouvait aussi libérer Nymphadora, je suis sûr qu’on aurait le dessus sur elle avant qu’elle puisse donner l’alerte. Intervint Peter.

— Et comment on l’approche suffisamment pour ça ? Demanda Blaise.

À ce moment-là, à la grande surprise, des adolescents Peter se changea en rat. Un rat que Ginny avait très bien connu. Elle se retint de lui fiche une violente gifle en se souvenant du nombre de fois où elle s’était déshabillée devant l’animal.

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Après que Fred eut ordonné au Dursley de rester en arrière et qu’ils eurent convenu du signal pour se coordonner et communiquer à distance, Peter s’approcha le plus discrètement que possible des 3 sorcières pendant que les adolescents avançaient en rampant jusqu’au couvert des arbres.

Peter arriva à se faufiler sans se faire remarquer jusqu’à ce qu’un froid mordant le saisisse. Il leva alors les yeux au ciel et vit une centaine de détraqueurs s’amonceler autour de l’entrée du bâtiment, devant une Bellatrix qui hurlait de rire au milieu des créatures en semblant insensible à leurs effets. Apparemment, Vous-savez-qui ne comptait pas que sur les 3 sorcières pour garder son repère, le temps qu’ils mettent en place son fameux plan secret.

Après quelques secondes, Narcissa invoqua un Patronus qui prit la forme d’un dragon et Peter sentit le froid s’amoindrir, mais pas sa terreur, les créatures quittaient désormais Bellatrix pour s’approcher de l’endroit où il savait que les adolescents se cachaient. Peter oublia toute prudence et se mit à courir. Il comprit son erreur lorsqu’une douleur atroce le saisit et le força à se retransformer devant une Bellatrix au sourire cruel.

— Un vilain rat qui courait dans l’herbe, je l’attrape par la queue. Trempez-la dans l’huile, trempez-la dans l’eau, ça fera un traître tout chaud. Chantonna doucement Bellatrix en s’avançant vers lui d’un air menaçant.

— Belatrix, laisse-moi passer. Je dois voir le maître, Il faut que je le prévienne…

— Tututu, il est trop tard, je le crains. Ton absence a enfin fait comprendre au maître que tu n’étais pas digne de te tenir à ses côtés et je ne te laisserais pas l’opportunité de le faire changer d’avis.

— J’ai été retardé par nos adversaires, mais j’ai tout risqué pour répondre à son appel. Laisse-moi passer que je puisse lui expliquer. J’ai des informations qui pourraient changer le cours de la guerre.

— ha ha ha ha! Tu ne sais donc rien. Apparemment, tu n’es pas si proche du maître que ça. Cette guerre n’a plus d’importance. Le nargua Bellatrix.

— Qu’est-ce que tu racontes pauvre folle ?

— Endoloris ! Hurla Bellatrix en réponse à son effronterie.

Peter hurla de douleur.

— Pour te récompenser d’avoir ramené notre maître parmi les vivants, je vais te faire la grâce de satisfaire ta curiosité avant de te tuer. Notre maître à décider d’user de ses grands pouvoir pour créer un immense de nuage de ses ‘radiétions’ qui recouvrira la terre pendant des millénaires. Rien n’y survivra à part a les êtres d’exception qu’il a lui-même sélectionné pour leur loyauté et la pureté de leur sang. Eux et leur descendant auront ainsi la chance de connaître une vie entièrement consacrée à la dévotion envers notre maître jusqu’à ce que la surface soit redevenue vivable et qu’ils puissent vivre un nouvel âge d’or débarrassé de la souillure et de la dégénérescence de l’ancien monde. Avada...

Avant qu’elle ne puisse finir la terrible incantation, Bellatrix dut se retourner pour invoquer un bouclier afin de bloquer un sort rouge qui fonçait dans son dos ? Peter se retransforma afin de fuir et vit que les adolescents avaient été contraints de sortir de leur cachette pour se défendre contre les détraqueurs. Pendant que les meilleurs combattants (Fred et Nott) tentaient difficilement de maintenir leur patronus corporels face à la centaine de détraqueurs qui les assaillaient, la bataille faisait rage contre une Nynphadora Tonks dont le combat intérieur contre l’imperium de Vous-savez-qui était évident tant ses gestes étaient saccadés et semblaient de fer dans une mer de mélasse.

Malgré tout, elle avait clairement le dessus et concentrait dorénavant ses attaques contre la plus faible du groupe : la jeune Ginny qui esquivait tant bien que mal ses attaques jusqu’à ce qu’elle se prenne les pieds dans une racine et s’écroule par terre. Peter commença à se retransformer en urgence, mais il serait bientôt trop tard. Fred abandonna son poste et son patronus disparu provoquant la réapparition du froid, mais lui aussi se trouvait bien trop loin pour intervenir à temps. Nymphadora finit son incantation et un sort noir se précipita à sa rencontre et Justin se jeta devant Ginny pour prendre le sort à sa place et s’écroula douloureusement contre le sol. Pendant 5 minutes, Justin tata son corps sans comprendre pour vérifier qu’il n’avait rien, puis comprit en voyant le corps de Drago qui haletait à côtés de lui.

Justin se pencha au-dessus de lui et d’un coup de baguette fit s’évanouir les vêtements trempés de sang du serpentard. Puis il invoqua des bandages et divers sorts de soin pour tenter d’arrêter l’hémorragie. Dans sa hâte, il ne remarqua ni que les combats avaient cessé, ni qu’il était dorénavant protégé des détraqueur par un patronus en forme de dragon. Nymphadra se frottait la tête pour tenter de se remettre de la possession dont Peter l’avait libéré pendant que le corps de Bellatrix gisait sans vie là où Narcissa l’avait laissé lorsqu’elle avait tenté de se mettre entre elle et son fils en danger.

— Stupide… sang de bourbe, invoque au moins un bouclier avant de te jeter stupidement devant l’ennemi. Murmura Drago faiblement.

— Pour une fois dans ta vie Malfoy ferme ta putain de gueule. Répondit Justin à moitié paniqué en voyant le sang continué à quitter le corps de Drago à travers chaque centimètre de sa peau.

Mais Justin se fit brutalement pousser loin de son fils par une Narcissa Malfoy également au bord de l’hystérie qui commençant à incanter une série de sorts qui ne semblaient pas très très blanc.

— Mère. Fit Drago en levant sa main vers le visage de Narcissa.

— Chut, mon dragon.

— J’ai échoué. J’ai déshonoré notre famille.

Puis malgré les soins de Narcissa, les yeux de drago se fermèrent. Elle se releva alors, irradiant de colère et de pouvoir et sans que quiconque ne puisse l’en empêcher, elle saisit Justin par le cou et le souleva jusqu’à l’étouffer contre un arbre :

— Explication ! ? Pourquoi mon fils a-t-il sacrifié sa vie pour celle d’un misérable sang de bourbe ? Hurla Narcissa.

— Il me devait une dette de vie. Parvint à murmurer Justin, malgré la main qui l’étouffait, certain que Narcissa ne pourrait entendre sa réponse au milieu des cris et des sorts que ses amis lançaient pour tenter de le libérer. Cependant, elle le détrompa en le libérant et en s’inclinant devant lui.

— Les Malfoy se sont éteints en honorant leur dette et leur nom. Il ne sera pas dit qu’il en ira autrement des Black. Vous m’avez permis de revoir une dernière fois mon fils. Ma dette est éternelle. Hélas, je crains que pour nous, l’éternité ne soit qu’un court moment à passer. Que peut ma maison pour alléger vos derniers instants ?

— Heu. Si on pouvait en reparler dans 60 ans, ça m’arrangerait. Répondit Justin avec confusion.

— Est-ce de l’impertinence ou de l’ignorance ? Il ne nous reste que quelques heures avant que le seigneur des ténèbres ne déclenche son ultime cataclysme.

— Qu’est-ce que vous racontez ? Demanda Blaise incrédule.

— Elle dit la vérité. Dirent en même temps Tonks et Peter.

Peter qui n’avait pas tout compris à ce que lui avait raconté Bellatrix laissa Tonks s’expliquer de sa voix encore tremblante.

— Voldemort veut déclencher une guerre nucléaire entre les USA et le reste du monde. Dès qu’il sera parvenu à désactiver les systèmes de défense anti-missile américain, il lancera tous les missiles nucléaires américains contre le reste du monde. Et il s’est assuré que la contre-attaque russe et chinoise ne rencontrera aucun obstacle. La quasi-totalité des missiles exploseront et provoqueront un gigantesque nuage radioactif qui rendra la surface inhabitable pour des milliers d’années.

— C’est quoi, une bombe atomique ? Demanda timidement Blaise, mais ça remarque fut masqué par le cri de Justin dont le visage venait de pâlir considérablement :

— Mais c’est de la folie !

— Je crains que le maître soit au-delà de la folie. D’un certain point de vue, cela relève du génie. Commenta Narcissa.

— Nan, mais c’est n’importe quoi, pourquoi est-ce que vous l’auriez aidé à détruire le monde ? Demanda Justin.

— Il m’avait certifié que notre sang à la pureté sans égale lui était nécessaire à la construction de son monde idéal.

Devant le regard interrogateur de son auditoire de béotien, elle se résolut à tenir un langage plus rustique :

— Il m’a dit que Drago était à l’intérieur du refuge. Que c’était là qu’il l’avait envoyé.

— En fait, il l’a envoyé effectuer…. Commença Peter.

— J’ai compris à l’instant où j’ai vu mon fils férir à vos côtés que le seigneur des ténèbres s’était parjuré une fois de plus. Trêve d’explications notre temps, hélas, nous est précieux. Le coupa Narcissa.

— Aidez-nous à entrer ! On va tenter de l’arrêter. Demanda Peter.

— Je comprends votre désir de tenter un dernier recours, mais je vous assure que vous ne voulez pas périr des mains de notre maître.

— Nous ne périrons pas. Enfin peut-être pas. Concéda Fred.

— Puis-je savoir en quoi consiste votre plan ? Demanda Narcissa.

— On a plus le temps. Vous allez nous aider oui ou non ? Intervint Ginny qui se doutait que si elle connaissait leur plan, jamais cette femme glaciale ne les laisserait passer.

— Une rouquine et des frusques de seconde main. Vous devez être une Weasley. Baisser votre baguette jeune fille avant que je ne vous rappelle avec force qui repousse actuellement les détraqueurs.

En réponse, les autres adolescents levèrent à leur tour leur baguette contre Narcissa.

— Soit, je céderais à vos exigences. Mais uniquement pour honorer ma dette.

Narcisssa se retourna et les mena jusqu’à l’entrée du bunker. Fred lança des étoiles rouges en l’air pour prévenir les Dursley de les rejoindre (leur arrivée fit froncer ses sourcils à Narcissa, mais elle s’abstint de tout commentaire). Une fois arrivé devant l’imposante porte, elle s’écorcha la main avec un couteau et déposa quelques gouttes de son sang sur celui-ci avant de crier un mot de passe en latin et la barrière rouge qui entourait la porte apparut brièvement avant de disparaître. Puis Tonks se métamorphosa de nouveau en Bill Clinton et posa sa main sur un lecteur d’empreinte et enfin entra un code dans l’ordinateur. Une fois, qu’elle eut fini dans un terrible brouhaha la porte s’ouvrit enfin.

— Franchissez la porte rapidement avant que l’alarme ne soit donnée. Dès que vous aurez franchi la porte, nous la refermerons.

Après avoir assuré à une Tonks qui voulait absolument venir avec eux que dans son état elle serait plus utile à l’extérieur à se faire passer pour Belatrix et à tenter de convaincre les mangemorts à l'intérieur de ne pas donner l'alarme suite à l’ouverture de la porte, ils entrèrent dans le long tunnel noir qui donnait sur un ascenseur qui semblait descendre jusqu’aux entrailles de la terre. Juste, avant que les portes de l’ascenseur militaire ne se referment, Narcissa leur cria :

— Dans le cas improbable où vous arriveriez à vos fins. Sachez que je vous devrais une autre dette éternelle.

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Cela faisait maintenant une heure qu’ils déambulaient dans le dédale de couloirs, le visage masqué par les masques de mangemorts qu’ils avaient rapidement invoqué. À leur plus grand plaisir, personne ne semblait leur faire attention. Dans ses longs couloirs en béton décorés uniquement par quelques signalétiques militaires, personne ne parlait, personne ne faisait attention à son voisin. Les familles qui y déambulaient sans but gardaient le visage baissé et le regard triste, cherchant quelque réconfort en se serrant les uns les autres. L’ambiance était morose et cela ne devait rien à l’austérité des lieux. Leur petit groupe n’eut aucun mal à se faufiler, mais ils se demandèrent si les plus chanceux étaient réellement ceux destinés à survivre durant plusieurs générations en ces lieux sous la houlette d’un psychopathe mégalomane et sadique.

Au début, ils avaient tenté de se diriger vers le centre de commandement de la base en suivant les plans militaires accrochés régulièrement au mur. Mais ils n’avaient réussi qu’à se perdre. Les lieux avaient été magiquement transformés de sorte qu’ils ne ressemblaient plus du tout aux indications des plans. D’anciens placards à balais avaient été magiquement agrandis pour pouvoir contenir plusieurs cathédrales, des culs-de-sac étaient devenues de longues voies d’accès à des pièces qui n’étaient pas censés exister. Plus le temps passait, plus la peur d'arriver trop tard pour stopper l’Armageddon se fit pressente. Seule la certitude de se faire repérer les retint de se mettre à courir ou de demander leur chemin.

Finalement, au cours de déambulation qui mit leurs nerfs à rude épreuve, ils débouchèrent sur une vaste salle dont le faux plafond imitant le ciel leur rappela la grande salle de Poudlard. Si ce n’est que le soleil avait été remplacé par un gigantesque œil rouge qui fixait aléatoirement son regard sur l’un des sorciers présents dans la gigantesque place où des dizaines d’autres déversaient, à l’aide de leur baguette, de gigantesques pelletées d’une terre noire comme la nuit contenue dans une gigantesque benne, sur le sol en beton nu. Après quelques minutes à se demander s’il devait ou non tenter de traverser l’endroit, un mangemort qui devait avoir à peine 20 ans s’adressa à eux.

— Qu’est-ce que vous foutez, planté là ? Sortez vos baguettes et aidez-nous. Le maître veut que les premières cultures soient plantées avant ce soir !

Peter décida alors de prendre le risque de se découvrir et harangua le jeune mangemort :

— Pauvre idiot, tu ne me reconnais donc pas ? De vous tous, misérables créatures qui l’avaient abandonné au moment le plus critique, je suis son favori. Comment oses-tu me donner des ordres ?

— Pardon, monsieur Pettigrow, veuillez excuser ma méprise, mais nous attendions du renfort, alors j’avais pensé...

— Eh bien vous pensez mal. Votre stupidité pourrait vous coûter la vie. Vous avez de la chance que je sois pressé. Dites-moi immédiatement ou je peux trouver le seigneur des ténèbres. J’ai un message urgent à lui communiquer. Ordonna Peter.

— He bien, il est dans la salle des communications, mais je doute qu’il apprécie d’être dérangé. Une note nous a prévenu qu’il lancerait son attaque dans 15 minutes. Si j’étais vous, j’attendrais qu’il ait terminé.

— Merci de votre avertissement. Par où se trouve la salle des communications ? J’avoue avoir encore du mal à me repérer. Demanda Peter plus civilement.

Le mangemort leur indiqua la direction à prendre et dès qu’ils furent hors de vue, ils abandonnèrent toute prudence et se mirent à courir de toutes leur force.

Au bout de 10 minutes d’une course effrénée, ils enfoncèrent une porte qu’un gros écriteau désignait comme la salle des communications et devant une dizaine d’hommes en vêtements militaires moldus qui s’afféraient sur des ordinateurs, ils se mirent en cercle autour des Dursley et sortirent leur baguette. Mais avant qu’ils ne puissent poser la moindre question, une alarme retentit et une voix froide les interrompit.

— Qui donc ose ainsi déranger Lord Voldemort ? De l’ombre au milieu de la pièce un enfant sorti et les fixa avec un regard de pure haine.

Petunia Dursley se précipita hors du cercle, vite suivi par Vernon :

— Harry, c’est maman. On est venu…

Voldemort recula alors comme s’il avait pris un coup-de-poing dans l’abdomen, mais dit le visage haletant.

— Vous venez pour me tuer ? Il est trop tard pour cela, je le crains. Les missiles sont déjà partis.

— Non, pour te sauver. Dit Nott après avoir retiré son masque.

À la suite de cela, tous se désintéressent des milliaires qui restaient immobiles tels des pantins désarticulés et retirèrent leur masque afin de fixer leur regard sur Harry en repensant à cette scène qui leur semblait désormais si lointaine, qui avait pourtant eu lieu hier dans une paisible forêt du sud de la France :

« — Vous vous souvenez de la prophétie ?

— Oui. Répondirent-ils tous en cœur.

— Avant sa mort, Dumbledore a tenu à me dire que l’amour était la clé. Pendant des mois, tout en espionnant celui dont on ne doit pas prononcer le nom, j’ai ressassé ses derniers mots et les échange que j’ai eu avec lui... Et à force, une théorie complètement folle m’est venu en tête. Mais plus j’y réfléchissais plus je me disais que ça expliquait tellement de chose. La raison pour laquelle Dumbledore m’a demandé de lui raconter en détail la manière dont vous aviez échappé à Vous-savez-qui. De pourquoi, il vous a caché au même endroit que les Dursley….

— Venez-en au fait. Le coupa sèchement Justin.

— Le pouvoir que le seigneur ignore, c’est l’amour. En prenant possession de lui, il l’a marqué comme son égal, mais grâce à sa capacité à aimer Harry peut vaincre le seigneur des ténèbres et se libérer de son emprise.

— L’amour !? Quoi vous voulez qu’on aille faire un câlin à Vous-savez-qui dans l’espoir que tout d’un coup, il découvre qu’il a un cœur ? Ironisa Blaise

— Presque. Je veux que vous le fassiez avec les Dursley. J’aurais aussi voulu inclure Cedric Digory mais tout porte à croire que lui et sa famille sont morts lors de la finale de la coupe du monde de Quidditch. Répondit Peter le plus sérieusement du monde.

— Vous êtes sûr de pas avoir reçu un ou deux doloris de trop ?

— J’ai reçu juste suffisamment de doloris pour être aussi fou que Dumbledore. Mais je suis persuadé que c’est notre seule chance. Affirma Peter.

Tous le regardèrent silencieusement d’un air incrédule qui inquiéta Peter. Visiblement, il ne les avait pas convaincus et il ne voyait pas comment défendre sa cause. Dumbledore ou James, eux étaient des meneurs d’hommes. Lui, il n’était bon qu’à se cacher dans leurs ombres. C’est alors qu’à la surprise de tous, Théodore expliqua :

— Pétunia est persuadée qu’Harry a brièvement repris le contrôle lorsqu’ils se sont croisés. Elle était persuadée que si elle avait eu plus de temps, elle aurait pu le sauver. »

Ils avancèrent alors silencieusement vers Voldemort, qui se mit à hurler de douleur.

— Non ne m’approchez pas, je vous en prie ! J’ai si mal !

— Mon chéri, on est là pour t’aider. Je sais que c’est dur, mais je t’en prie, combat le.

Voldemort lança alors un terrible cri de colère qui raisonna tellement fort qu’il enclencha l’alarme pendant quelques secondes et une vague de magie brut leur coupa le souffle et les força à s’agenouiller et à rompre ainsi le contact visuel. Voldemort sembla retrouver contenance.

— La mort est encore un sort trop doux pour vous. Vous pensiez vraiment qu’un simple adolescent pourrait vaincre le sorcier noir le plus puissant de tous les temps ? Il leva sa baguette pour les tuer en commençant par ce Nott qui l’avait tellement défié, mais Vernon se jeta devant lui dans un geste qui lui rappela terriblement le sacrifice de sa mère. Non, sa mère ne s’était jamais sacrifiée pour lui. Il baissa sa baguette, confus et se mit à pleurer. Au bout de quelques instants, il sentit les bras de sa mère l’enlacer. Comprenant qu’il n’avait que quelques secondes de répit, il la repoussa doucement et prononça :

— Désolé maman. Je t’aime.

Harry leva alors sa baguette et prononça :

— Pestis Incendium

Devant une Pétunia horrifiée, des flammes dont la chaleur dépassait ce que Peter avait ressenti dans le stade, apparurent autour d’Harry et l’embrasèrent, lui et le dernier Horcruxe qui se tenait fièrement à ses doigts. La chaleur était si intense que tous dans la pièce eurent l’impression de brûler.

Au bout de quelques minutes, le Feudeymon s’éteignit et sa baguette, qui n’était désormais plus rattachée à rien, retomba sur un tas de cendre, une cape d’invisibilité curieusement intacte et une bague fendue.

Les militaires encore présents se frottèrent les yeux comme s’ils venaient de sortir d’un mauvais rêve pendant que des mangemorts commençaient à envahir la salle à la recherche d’explications. Tout s’était fini si brusquement qu’ils osaient à peine y croire et restèrent immobiles, sidérés par ce qui venait de se passer et les émotions contradictoires qui se battaient en eux.

Finalement un soldat ses esprits et demanda :

— Sergent, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

— Les derniers ordres étaient clairs : éliminez les sorciers. Et vous désactivez les missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible.

Tous sortirent immédiatement de leur stupéfaction et une bataille s’engageant entre les milliaires équipés de fusil-mitrailleur, les mangemorts et leur groupe qui se faisait viser par tous les camps. Au bout de quelques minutes épuisantes où il devint évident qu’ils ne s’en sortiraient pas vivant. Peter lança un sort d’explosion qui créa un violent éboulement, isolant les adolescents et les Dursley de leurs adversaires. Dobby les récupérerait dans un ou deux jours lorsqu’il aurait repris des forces. Lui, pendant ce temps se coupa un deuxième doigt afin de se faire passer pour mort et pouvoir s’enfuir sous sa forme de rat. Ça commençait à devenir une mauvaise habitude, mais sa guerre était finie. Il laisserait le soin aux autres de construire la paix.

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Note de l’auteur : Pour ceux qui ne le sauraient pas, Cheyenne Mountain Colorado est une célèbre Américaine qui apparaît dans beaucoup de séries. Dans la vraie vie, il semblerait que cette base n’est rien de spécial, mais dans la fiction, c’est souvent le centre de commandement des armes atomique américaine ou l’endroit où ils cachent des programmes top secret.Note de la correctrice : Si vous désirez un visuel, testez n’importe quel épisode de Stargate SG1. Série que je recommande fortement !

Épilogue

La guerre était finie. En-tout-cas, c’est ce que Nott, Justin, Blaise, Ginny, Fred, Pétunia et Vernon pensèrent lorsqu’au bout d’une attente interminable, Dobby, vint les sortir de la poche d’air instable épargnée par l’éboulement où ils avaient trouvé refuge.

Cependant, ils furent bien les seuls à le penser. Voldemort avait retenu les leçons de sa première défaite et ce coup-ci, il avait fait attention à ce que son pouvoir ne disparaisse pas avec lui. Malgré sa disparition, la guerre en Europe continua pendant encore de deux ans. Un peu partout, les partisans du seigneur noir persuadés du retour prochain de leur maître et craignant la vengeance de leurs victimes en cas de défaite continuèrent le combat. De terribles famines ravagèrent l’Asie faisant au total 500 millions de morts à eux seuls. En réaction à la misère, à la haine et aux mensonges qu’il avait semé partout autour du globe, des révolutions éclatèrent sans autre résultat qu’un retour au point de départ. Des guerres inutiles dont chacun des belligérants sortit perdant furent déclarées et des maladies que tous croyaient disparues refirent leur apparition.

Lorsque la poussière retomba, le monde était devenu méconnaissable. La Russie qui était honnie de ses voisins à cause des années de domination qu’elle leur avait fait subir et en pleine désagrégation lorsque la guerre des ténèbres avait éclaté était désormais la première puissance mondiale. Unis par un ennemi commun, dotés d’un prestige sans pareille et d’une vaste industrie que la guerre avait permis de relancer, elle se posait comme un phare dans la nuit face au reste du monde dévasté.

Les USA étaient rentrés dans une période de trouble politique intense suite à la découverte du cadavre de leur président et de la perte de la totalité de leur arsenal nucléaire (qui avait été désactivé en catastrophes au-dessus du pacifique après que des terroristes sorciers aient tenté de les lancer). Certains parlent de guerre civile froide pour désigner cette période de plusieurs années où les tueries et les destructions se sont succédées avant que l'inquisition et l'armée de dieu ne soit définitivement défait.

Dans le reste du monde, les frontières avaient été totalement redessinées et les pertes demeuraient incalculables (ou plutôt, personne n’osait encore les calculer).

Cependant, pour la première fois de leur histoire, les différentes communautés (sorcières, créatures magiques et moldu) se parlèrent d’égal à égal en étant unies par l’objectif de reconstruire un monde qu’ils savaient maintenant devoir se partager. Tout n’était pas rose. De vieilles haines persistaient et la cohabitation s’avérait parfois difficile. Mais à chaque fois, le souvenir de ces terribles années et la peur de leur retour les forcèrent à faire des compromis jusqu’à ce que naisse une nouvelle génération pour qui la coexistence pacifique était une donnée acquise.

Ah et pour la dernière fois, Nott et Justin restèrent justes amis. Ils vécurent une longue et belle vie bien hétéro en ignorant totalement la signification du mot Yaoi. Bon d’accord, le jour de la victoire, ils se sont embrassés. Mais ils étaient tellement torchés qu’ils n’en gardèrent aucun souvenir. Ne jugez pas. Ils avaient 15 ans et ils venaient de sauver le monde !

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Note de l’auteur : Voilà c’est la fin.

Grâce aux stats, je sais qu’une petite centaine de personnes ont lu cette histoire jusqu’au bout. Je vous remercie infiniment de m’avoir supporté jusque-là. Cependant, je suis curieux de savoir à quel point vous l’avez apprécié, alors laissez-moi une review. Est-ce que c’est la meilleure fanfic de tout l’univers ou juste la meilleure fanfic de tous les temps ?

Plus sérieusement, s’il y a des choses que vous n’avez pas aimées, j’aimerais aussi le savoir, afin de pouvoir me corriger. Promis si vous me critiquez, je ne viendrais pas chez vous en pleine nuit armé d’un couteau (Je viendrais en plein jour, c’est plus poli).

Sinon comme indiqué sur mon profil, j’ai déjà commencé à écrire une suite à cette histoire. Pas un tome 5, mais une suite. C’est-à-dire à dire une histoire avec une intrigue, des enjeux et des arcs de personnages, qui lui sont propre et peut être apprécié indépendamment, mais qui se passe dans le même univers et reprend certains personnages. Les 4 tomes d’Harry Dursley forment une seule et même histoire définitivement terminée avec un début, un milieu et une fin fermée.

Pour vous faire patienter, je vais maintenant publier une fanfic d’Animorph que j’ai déjà complètement écrit. Je vous donne rendez-vous dans deux semaines pour le premier chapitre de : « My name is Thevenin».

Si vous aimez mon travail, je vous invite à essayer de la lire, et cela, même si vous n’aimez pas animorph. Déjà, parce que j’ai essayé de faire en sorte que même une personne qui ne connaît pas animorph puisse comprendre et apprécier mon histoire, mais surtout parce que je considère que c’est une histoire plus réussie que Harry Dursley. En même temps, c’est normal, car je l’ai écrite après en ayant bénéficié de tout ce que j’ai appris en écrivant cette fanfic (et si vous relisez le tome 1 de Harry Dursley, vous verrez que mon écriture a beaucoup changé)

Note de l’auteur 2: Je tiens à remercier ma beta Miss-Gotthelf-Snape sans qui cette histoire n’aurait pas été tout à fait la même (surtout le tome 4). En plus de corriger les fautes d’orthographe, sa connaissance encyclopédique de l’univers de HP m’a permis de l’améliorer. Merci à elle.

Note de la correctrice : Je t’en prie, j’avais aimé ton histoire, il fallait lui donner un petit coup pour la relever, c’est tout. Par contre, si tu ne postes pas le hors sujet Voldemort à Paris, je te retrouve pour te tuer à coup de serviette en papier ! Tes lecteurs ont le droit d’en profiter !

Hors sujet : Voldemort et Paris

Comme l’épilogue est très court et que je suis quelqu’un de sympa, je vous offre un bonus pour vous remercier d’avoir subi mes élucubrations pendant aussi longtemps sans jamais vous plaindre. Non ce n’est pas du tout parce que j’ai peur des serviettes en papier (c’est une coïncidence c’est tout).

Initialement, j’avais prévu que le personnage de Tom Hunt (le policier qui découvre Harry dans le cimetière à la fin du tome 1) ait un rôle beaucoup plus important. J’avais prévu que le tome 1 se termine par plusieurs chapitres où on le verrait échapper pendant 2 mois aux sorciers à sa poursuite et apprendre par essai/erreur comment un moldu peut faire pour se défendre contre un sorcier.

Et aussi, bien sûr, des chapitres où je développerai la relation entre Tom Hunt et un Harry qui serait une boule d’émotion contradictoire (pas ravie de se faire enlever par le policier mais pas non plus pressé de faire face à ses parents adoptifs après que Dudley soit mort à cause de sa présence chez eux et deuil difficile). Leur relation était censée passer de conflictuelle à complice à force de collaborer et de vivre ensemble.

Ensuite, il aurait dû réapparaître dans le tome 4 où il aurait utilisé ses compétences et ses liens avec l’ordre du phénix pour devenir une figure importante de la résistance moldu. Et j’avais également prévu de faire quelques chapitres sur la vie sous le règne de Voldemort pour les moldus et les relations entre groupes de résistants moldus et sorciers. Mais par manque d’inspiration et de motivation, j’ai choisi d‘abandonner cet aspect.

Ceci est un bout de chapitre humoristique se passant juste avant les événements de la coupe du monde que j’ai écrit avant de choisir de virer Tom Hunt du gros de l’histoire. Après ce qui s’est passé avec Théodore Nott, Voldemort veut réduire le risque de devoir affronter un proche d’Harry. Il se rend donc chez Tom Hunt pour le prévenir de quitter le pays avant que la guerre ne commence. Bonne lecture.

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— Tenez voici un portoloin international pour la France. Dites le nom de la capitale du pays tout en tenant l’objet et vous y serez immédiatement transporté. Déclara Harry/Voldemort devant la famille de Tom Hunt qui regardait, médusée, ce garçon qui venait d’enfoncer leur porte leur tendre une canette de soda usagée. Tom Hunt n’avait jamais parlé à sa femme des sorciers. De toute façon elle ne l’aurait jamais cru. Son mari ne disait rien et sous le coup de la stupéfaction elle s’exclama :

— Quoi Paris ?

« Espèces de crétins » furent les derniers mots du seigneur noir avant de disparaître dans un pop et de réapparaître au pied de la tour Eifel. Devant des touristes médusés, tel néo dans Matrix, il décolla, passa le mur du son puis fila en direction de l ’Angleterre.

Au-dessus de Bristol, un bang supersonique se fit entendre et quelques secondes, plus tard, un mage noir furieux débarqua dans le salon de la famille en défonçant le mur.

— Espèce d’imbéciles de moldus ! Vous avez de la chance que je ne puisse pas vous écorcher vif sur le champ. Tenez voici un autre portoloin, vous ne devez pas dire le nom de votre destination avant de partir sinon vous serez transporté à Paris.

Devant la famille terrifiée, le mage noir disparu de nouveau et réapparut devant la masse de touristes qui avaient assisté à son envol. Il s’avéra que ces touristes étaient des évangélistes américains en séminaire à Paris. Pour eux, il était clair que ce qu’il venait de se passer était un miracle divin. L’enfant était un ange descendu sur terre pour apporter la parole de Dieu. Peut-être même la réincarnation de Jésus ! À sa réapparition ils se prosternèrent tous devant lui en criant Alléluia.

Tout a sa fureur, Voldemort ne prêta d’abord pas attention aux vulgaires moldus qui l’entouraient et s’apprêta à redécoller. Mais un des fidèles de la secte d’avantage entreprenant que les autres, s’accrocha à sa cheville et se mit à lui adresser une prière incompréhensible en latin.

Son premier réflexe fut de tuer l’opportun, mais il remarqua alors la foule de fanatiques et révisa son jugement. Ces cinglés pourraient lui être très utiles dans un avenir proche. Il utilisa ses pouvoirs pour s’élever dans un bain de lumière et avec une voix magiquement modifiée pour paraître divine, il improvisa un prêche les prévenant que la fin du monde était proche et que le seigneur les mobiliserait bientôt pour la bataille finale. Puis il transplana, en notant qu’il fallait qu’il envoie un mangemort ressemblant à Jésus en Amérique du Nord pour préparer la suite de son plan. S’il voulait l’emporter malgré l’écrasante infériorité numérique de ses troupes, il devait veiller à toujours avoir un coup d’avance sur ses adversaires et à ce qu’ils restent divisés.

Quelques heures plus tard, en Angleterre, Voldemort débarqua de nouveau en défonçant les planches de bois qui avaient été installées pour boucher le trou dans le salon.

— Prenez ce putain de portoloin et le premier qui prononce le mot en P, je l’empale sur la tour Eifel !

oOoOoOo

Quelques semaines plus tard dans la salle du trône :

— Monseigneur, Ombrage a survécu à notre dernier assaut et a fui en France. Elle a réussi à réunir autour d’elle ce qui restait du ministère et à former un gouvernement provisoire installé à Paris puis elle (..)

Il fut interrompu par son maître hurlant dans sa direction :

— Endoloris !!!!

— Maître, qu’ai-je fait ? Supplia piteusement le mangemort, gémissant de douleur.

— Rien, je suis désolé. Continue ton exposé.

Le mangemort fut choqué de cette réponse. Depuis son retour, il était plus lunatique que jamais et faisait régulièrement subir à ses serviteurs de douloureuses punitions pour des prétextes futiles. Mais c’était la première fois qu’il s’excusait. La peur au ventre le mangemort abrégea son exposé et sortit le plus vite possible de la pièce. Voldemort s’excusant, était la chose la plus effrayante qu’il ait jamais vue.