My name is thevenin

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Resume

Fanfiction d'animorph écrite en 2023

Et si le second yeerk de Tom avait été gentil.

Pas de slash. Bon en fait vers la fin, il y a la relation Yaoi la plus improbable de toute l’histoire du Yaoi. Mais c’est uniquement à but humoristique et ça dure que 5 lignes.

Préambule

Comme animorph est une série de livre peu populaire en France (et pas intégralement traduite), j’ai fait en sorte que l’histoire puisse être lue par une personne qui n’ai jamais lu les livres d’origine. Si vous ne connaissez pas Animorph, prenez cette histoire comme une fiction originale sur la relation entre un ado humain et un parasite extraterrestre ayant pris le contrôle de son corps dans le cadre d’une invasion secrète de l’humanité (et alors que son petit frère dont il était très proche avant l’infestation, est en secret le chef de la résistance).

Oui je sais dit comme ça s’est perché mais je vous jure que c’est cool comme histoire.

Pour les autres je n’ai même pas essayé d’être fidèle au canon (pour cela il aurait fallu que je relise l’intégralité des 54 livres de la série avant d’écrire cette fanfic). Mais je pense que mes changements se limitent à ses 3 points :

1) Dans les livres, la guerre dure depuis environs une vingtaine d’années et oppose des armées qui semblent minuscules (mais ce n’est que suggère, car l’auteur reste assez flou sur ce sujet). Dans ma fanfic la guerre dure depuis plus d’un siècle et est explicitement décrite comme une guerre gigantesque ayant la proportion de la première guerre mondiale pour les humains (mais à l’échelle galactique).

2) Dans ma fic les yeerk auront une version de la guerre différente des andalites. Dans ma fanfiction, les yeerk ne se voient pas comme les méchants de l’histoire. Ça ne veut pas dire qu’ils ne le sont pas, mais que contrairement aux yeerk des livres, ils ont un sens moral proche du nôtre qui les force à justifier leurs actions. En conséquence, le gouvernement yeerk doit avoir recours à la propagande. J’ai fait ce changement, car en tant qu’adulte de 2023, je ne peux pas envisager une guerre où l’un des camps revendiquerait explicitement qu’il est un méchant maléfique. Même les Nazis disaient qu’ils ne faisaient que se défendre. Et si je ne peux pas l’imaginer, alors je ne peux pas l’écrire. Et puis je trouve que c’est plus intéressant comme ça.

3) Dans mon univers au début de la guerre, les andalites ont envahi et rasé le monde natal des yeerks. Ils ne se sont pas contenté de rester en orbite et d’attendre que les yeerks constituent une flotte suffisamment grande pour les repousser. Les yeerks sont donc une espèce en exil qui n’a plus de monde natal. J’ai fait ce changement, car je trouve cela beaucoup plus logique et que cela met les yeerk dans une situation plus précaire qui permet de justifier le comportement extrême qu’ils ont dans les livres. Et ça rend d’autant plus admirable le comportement des yeerk qui comme mon personnage principal (ou Altran dans les livres originaux) vont finalement refuser de se comporter comme les autres yeerks.

Si vous souhaitez relire les livres originaux alors des liens de téléchargement en anglais sont disponibles à cette adresse :

epub animorph en anglais

L’auteur original d’animorph a explicitement donnée son accord pour la création et la diffusions gratuitement par les fans d’animorph de cette version électronique de ses livres. Par contre l’entreprise qui détient aujourd’hui les droits d’animorph n’a ni autorisé, ni interdit cette diffusion. En attendant on va dire que c’est légal et comme les livres ne sont pas disponibles en France dans le circuit traditionnel, je me permets donc de diffuser ce lien ici.

Si un jour l’entreprise détenant les droits décide de se manifester et d’interdire sa diffusion, alors le poste reddit sera supprimé et ce lien sera mort. Mais ça fait des années qu’il existe, donc je ne me fais pas trop de soucis.

Rencontre

Fracassé. C’est le mot qui décrivait le mieux l’état de mon nouvel hôte.

Mais reprenons depuis le début.

Je m’appelle Thévenin789. Je ne peux pas vous dire mon nom de famille, car je n’en ai pas. Et je ne peux pas vous dire sur quelle planète je me trouve, car l’ennemie ne cesse de nous traquer. L’ennemi, ce sont les andalites. Les andalites sont une race d’extraterrestre extrêmement avancé qui s’est donnée pour mission d’exterminer ma race : les yeerks.

À l’état naturel nous les yeerk ressemblons à des limaces de la taille d’un rat. Sous cette forme, nous sommes totalement impuissants et les andalites auraient facilement pu nous exterminer. Mais les yeerks sont des parasites. Nous pouvons pénétrer dans la tête des espèces ayant un système nerveux central compatible et en prendre le contrôle. Nous formons ainsi ce que nous appelons un contrôleur. Un humain qui n'est plus exactement humain. Ou un membre de toute espèce contrôlée par un yeerk dans sa tête.

Le chauffeur de bus scolaire, le policier dans la voiture de patrouille, le ministre, le journaliste à la télévision, la rock star dans le clip, la personne qui vous sourit lorsque vous passez à vélo, n'importe lequel d'entre eux pourrait être un contrôleur. Votre professeur, votre amie, votre sœur, votre mère et votre père. Nous sommons partout et nous nous répandons le plus discrètement possible dans toutes les strates de la société humaine.

Même si cela ralentissait énormément la récolte de nouveau hôtes, garder le secret était primordial, si nous ne voulions pas que le cheptel ne soit en partie détruit durant l’invasion. Une fois transformées en contrôleur, la plupart restent sur terre pour poursuivre l’invasion, mais une minorité est envoyée en urgence sur des points chauds du front de la guerre entre l’empire yeerk et la coalition menée par les andalites.

Contrairement à ce que craignent les opposants à visser-3, pour le moment, l’invasion est un succès. Le secret ne s’est pas éventé et 10 % des forces militaires et des policiers terriens ont déjà été transformés en contrôleur. Ainsi que 100 % des directeurs de journaux et 60 % des journalistes.

C’est beaucoup plus rapide que ce que nous avions prévu, mais surtout suffisant pour paralyser toute tentative de riposte de la part des humains. Les seuls à s’opposer encore à ce que chaque humain ait bientôt un yeerk dans sa tête sont un petit groupe de soldats andalites d’élite ayant survécu à la destruction de leur vaisseau monde par notre flotte il y a quelques mois de cela.

En effet il y a quelques mois un petit groupe de vaisseau andalites à tenter de débarquer par surprise sur terre dans le but d’en chasser les yeerks. Heureusement, notre flotte pourtant inférieure en nombre a réussi à les intercepter près de l’orbite de la lune et à tous les détruire sans que les humains ne remarquent quoi que ce soit. Mais depuis cette poignée d’andalites survivant fait tout pour ralentir ou exposer au grand jour notre invasion.

Et mon rôle dans tout cela me demanderait vous.

Moi, je faisais partie du corps expéditionnaire depuis quasiment le début. Depuis l’époque où Visser-one en personne dirigeait l’opération. Mais mon rôle était très limité. Pour ne pas mourir de faim, une fois, tous les trois jours, les yeerks doivent quitter leur hôte pour aller dans un grand bassin rempli d’eau fortement minéralisée se nourrir de kandrona. Mon rôle était d’enfermer les hôtes dans des cages le temps que leur yeerks se nourrisse puis de les forcer à plonger la tête dans la piscine, une fois les deux heures écoulées afin que leur propriétaire yeerk puisse rependre possessions de leur corps.

Je ne comprenais pas la réaction de la plupart des hôtes humains. Au lieu de profiter de ses deux heures de liberté, la plupart passaient leur temps à pleurer ou à crier. Au lieu de se résigner à l’impossibilité de s’échapper la plupart tentait de nous combattre. Il était pourtant évident qu’un chétif humain ne pouvait rien face à un groupe de contrôleur hork-bajir entraîné

En effet, les gardes comme moi, n’avaient pas le privilège de contrôler un humain, mais devaient se contenter d’un hork-bajir. Les hork-bajir sont une des nombreuses races asservies par l’empire yeerk, mais elle se distingue des autres par leur incroyable utilité au combat. En effet bien que végétarien, les hork-bajir ressemblent aux plus effrayants prédateurs imaginables. Pour les décrire simplement, disons que ce sont des raptors faisant la taille de deux hommes avec des griffes de la taille d’une petite épée sur toutes les parties du corps imaginable. De plus, ils étaient dotés d’une peau suffisamment épaisse pour arrêter une balle de fusil. Elle-même renforcé de plaque en calcaire capable d’arrêter un obus à l’emplacement des organes vitaux. À cela, il fallait rajouter qu’il pouvait courir à la même vitesse qu’un cheval et disposé d’une force impressionnante. En un mot, les hork-bajir sont des chars d’assaut sur patte.

L’empire les élève donc en grande quantité afin qu’il lui fournisse ses troupes de choc. Malheureusement, malgré tous nos efforts, leur nombre reste limité. Au moment de notre invasion, leur nombre ne dépassait pas la centaine de millions et ils se reproduisent très lentement. Tout le contraire des humains dont le nombre et la reproduction rapide promettaient de fourni aux yeerks un nombre illimité d’hôtes. À condition de forcer les yeerks à se reproduire plus rapidement, l’état-major espérait obtenir dans un avenir proche suffisamment de troupe et d’ouvrier pour nous permettre de gagner la guerre contre les andalites.

Beaucoup de yeerk auraient été content de mon affectation. C’était un boulot facile et les hork-bajir étaient de très bons hôtes. Mais je n’en pouvais plus de cette grotte sinistre où on avait aménagé notre quartier général. Ainsi que des hurlements permanents des humains enfermé dans les cages, mêlées de ceux de mon propre hôte.

Toute la journée, mon hôte hork-bajir criait pour sa liberté et le soir, il cauchemardait. Même durant la nuit, un yeerk ne peut pas se déconnecter de son hôte et ne plus voir ses pensées. Et le risque d’être accusé de sympathie et exécuté sans procès par visser-3 était trop grand pour que je puisse soulager ma conscience auprès des autres yeerk. Pire pour justifier que la résistance de mon hôte ne soit toujours pas brisée, je n’avais rien trouvé de mieux que de dire que j’appréciais de l’entendre crier. Résultat, j’avais maintenant la réputation d’être un yeerk sadique.

Pourtant, c’était tout le contraire. J’essayais d’être aussi bienveillant que possible avec mon hork-bajir. Mais quoi que je dise ou fasse, il continuait de crier pour réclamer sa libertée. J’en avais conclu que les hork-bajir étaient une espèce trop stupide pour qu’il soit possible de négocier avec eux. En effet, les hork-bajir avaient une intelligence semblable à celle d’un enfant humain de 6 ans. Mon hôte était tout simplement incapable de comprendre la situation et d’accepter ma présence. La seule chose qui avait fonctionné, c’était de le torturer en lui faisant revire en boucle les pires moments de sa vie. Mais j’avais ressenti tellement de culpabilité que j’avais presque été soulagé de l’entendre de nouveau crier et que je n’avais plus jamais recommencé.

Il devait y avoir quelque chose d’anormal chez moi. Normalement discipliner son hôte était quelque chose de naturel et il n’y avait pas de raison d’en éprouver de la culpabilité. Certain de mes anciens professeurs disait même qu’une séance de discipline par semaine était bénéfique pour l’hôte et qu’il ne fallait pas hésiter à lui en appliquer une même s’il s’était montré obéissant. Mais moi, je n’y arrivais pas.

J’avais donc fait des demandes répétées pour être affecté à un autre poste. Mon rêve était de devenir un pilote de vaisseau et d’avoir un taxxon comme hôtes. Mais mon rang était trop faible pour que je puisse l’espérer sérieusement. Jusqu’au jour où Visser-one fut remplacé par visser-3 à la tête de l’invasion. Nous nous détestions, mais il avait une dette envers moi. Il m’a assuré que si je me montrais patient, j’aurais droit à un hôte humain.

Cette nouvelle m’enthousiasma. Avec ce nouvel hôte, j’espérais que tout allait changer. Avec ma réputation, on allait sûrement m’affecter un hôte involontaire (et même très involontaire). Mais on m’avait dit que les humains étaient beaucoup plus intelligents que les hork-bajir. Si c’était vrai, alors il y avait peut-être une chance de le raisonner et de le convaincre de coopérer.

C’est donc avec enthousiasme qu’après plusieurs mois de patience, je rentrai par l’oreille de mon nouvel hôte. Un humain nommé Tom Berenson. Je me connectai à son cerveau afin de prendre le contrôle de son corps et de commencer à visionner l’intégralité de ses souvenirs. Je précise ‘commencer’ car je dus vite m’arrêter.

Déjà, car mon hôte avait repris ses esprits et commençait à protester (je ne comprenais pas encore à ce moment-là le concept de vie privé et trouvais cette demande bizarre). Mais surtout parce que les souvenirs étaient horribles. Un souvenir n’était pas constitué que d’image et de son, mais de toutes les sensations que son propriétaire avait éprouvées à ce moment-là. Y compris ses sentiments. Je pus alors ressentir la douleur qu’avait éprouvée Tom depuis son infestation. Pourtant, Temrash114 (son précédent propriétaire) n’avait pas été particulièrement sadique. Comme on pouvait s’y attendre d’un yeerk aussi haut placé, il avait traité son hôte en se conformant le plus possible aux recommandations de l’empire. Est-ce que c’était cet humain qui était particulièrement sensible ou est-ce que tous les hôtes ressentaient ça ? Et dans tous les cas comment Temrash114 avait fait pour supporter la souffrance de son humain ? Encore une fois, je me dis que je ne devais pas être normal et j’en éprouvai un sentiment de honte.

Mais j’avais essayé suffisamment longtemps pour savoir que je n’arriverais pas à changer. Tout ce que je pouvais faire, c’est cacher ma tare aux autres yeerks et essayer de se trouver un coin où malgré elle, je pourrais vivre heureux et servir l’empire.

Pour la première fois (d’une longue série), j’enfreins les règles de l’empire et stoppai mon exploration de la mémoire de Tom (à la grande surprise de celui-ci). Je fis le signe secret aux gardes, indiquant que j’avais le contrôle, puis m’engagea sur le long escalier de pierre qui me mènerait à la surface. Une fois arrivé, j’attendis que le système identifie mon hôte, puis rentra le code que l’on m’avait communiqué dans la piscine. Les portes s’ouvrirent enfin.

Je fus alors estomaqué par la beauté de la surface. Pendant un temps, tous mes soucis s’évanouirent et je passai au moins une heure à regarder, toucher tout ce que je trouvais. Cette planète était vraiment magnifique et les sens humains si, si, (..) il n’y avait pas de mot pour décrire à quel point ils étaient incroyables. Mais je dus interrompre ma rêverie quand j’entendis un humain demander si je ne faisais pas un malaise. Apparemment fixé pendant 5 minutes, un mégot de cigarette écrasé par terre était considéré comme anormal par les humains. Je ne savais pas à quoi servait cet objet, mais les couleurs étaient tellement belles (faut-il préciser que je découvrais en même temps le concept de couleur).

Je lui assurai que j’allais parfaitement bien et me repris. Il fallait que je suive la routine de mon hôte et que je me fasse passer pour lui. Mais je me rendis compte, que faute d’avoir visionné l’intégralité de ses souvenirs (et notamment les plus récents), je ne savais pas ce que je devais faire. Et également que mon hôte était resté étrangement silencieux depuis que nous étions sortis de la piscine yeerk.

— (Tom qu’est-ce que je dois faire ?)

— (Quittez mon corps et allez crever en enfer putain de limace dégénérée) répondit la voie de Tom quasiment en sanglotant.

À ma plus grande surprise, je ressentis du soulagement en entendant cette suite d’insultes. J’avais peur que mon hôte ait été totalement brisé par Temrash114. Je ne sais pas pourquoi cela me faisait peur. Après tout, un hôte brisé aurait été idéal. Ça m’aurait garanti une certaine tranquillité. Tout occupé par ma découverte de ce monde fabuleux, je n’avais pas prêté attention aux sentiments et pensées de mon hôte, mais maintenant, que je revenais à moi, elles m’envahirent : peur, honte, douleur, dégoût, haines et surtout pas la moindre once d’espoir. Mes propres espoirs, de le convaincre de devenir volontaire fondait comme neige au soleil.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Pour les curieux voilà de magnifique dessin :

1) d’un andalite :

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2)d’un hork-bajir :

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Ses dessins ne sont bien sûr pas de moi et j’en profite donc pour remercier charreed qui les a créés et mis à disposition gratuitement sur deviant-art.

Rentrer à la maison

Mon hôte ne m’adressa pas d’autre parole, mais les sentiments qui me provenaient de lui ne m’incitèrent guère à lui poser davantage de question.

Au moins, lui ne hurlait pas. J’aurais dû me réjouir de ce progrès par rapport à mon précédent hôte. Mais le briefing que j’avais reçu m’incita au contraire à considérer cela comme une nouvelle forme de désagrément, beaucoup plus subtil. On m’avait prévenu que les humains de par leur intelligence largement supérieure aux hork-bajirs ne résistaient pas de la même manière.

Là où les hork-bajirs se contentait de nous combattre en permanence, les humains eux apprenait au bout de quelques semaines que cela ne servait à rien et qu’il était plus efficace de rassembler ses forces pendant des jours, afin de lancer des assauts surpris au bon moment. Avec cette stratégie, les humains arrivaient parfois à reprendre le contrôle pendant quelques secondes et à infliger beaucoup de douleur à leur yeerk. Le contrôle d’un humain demande moins d’énergie que celui d’un hork-bajir, mais il est beaucoup plus stressant, car on ne sait jamais à quel moment l’humain va attaquer. Il faut constamment être sur ses gardes et prêts à riposter, afin que les autres humains ne remarquent rien. Le secret est considéré comme tellement primordial que toute atteinte à son encontre (même involontaire) est puni de mort.

En contrepartie, les humains étaient bien plus faciles que les autres espèces à dresser (c’est l’une des raisons qui les rendait si attractifs pour les yeerks). Après divers essais, les yeerks avaient constaté que les humains disposaient d’un instinct protecteur extrêmement puissant envers leurs enfants (et avant la fin de maturation sexuelle envers leurs parents). L’empire recommandait donc de leur faire revivre en boucle de faux souvenir où ils tuaient leurs enfants ou leurs parents pour les rendre obéissants. D’après les discussions que j’avais entendues entre d’autre yeerk dans la piscine s’était une technique très efficace, mais je soupçonnais que ma maladie mentale me ferait ressentir beaucoup de culpabilité si je l’employais. Il me faudrait donc inventer de nouvelle méthode pour apprivoiser Tom.

D’après les rapports que l’on m’avait fournis sur mon nouvel hôte, Tom n’avait pas encore fini sa maturation sexuelle et par conséquent son emploi du temps était très contraint par ses géniteurs. Il devait tous les jours passer plusieurs heures dans un grand centre d’élevage appelé lycée, être rentré chez ses parents avant le repas du soir et les prévenir d’où il se trouvait en dehors de ses périodes. Pour être sûr de ne pas louper cette heure de repas, je devrais sans doute rentrer directement dans la maison de ses parents. Cependant j’ignorais quel chemin prendre pour cela.

En prévision de ma nouvelle affectation, j’avais visionné des plans de la ville et retenue certaines adresses importantes, mais avec ses sens merveilleux tout était tellement différent. En fait, je me rendis compte avec inquiétude que je ne saurais même pas retrouver seul l’entrée de la piscine. J’avais beau me creuser la cervelle, je n’avais pas d’autre choix que de fouiller le cerveau de Tom.

— (Tom. Je n’en ai pas plus envie que vous, mais je vais avoir besoin de visionner vos souvenirs)

Il ne dit rien, mais ressentit énormément de peur et de colère. Devant son mutisme, je pris le temps de lire son esprit pour connaître la raison de ses sentiments. À peine avais-je commencé à effleurer ses pensées que je hurlais :

— (Non, ce n’est pas une punition. Je ne te ferais jamais mal, juste parce que tu m’as insulté). Je ne précisai pas que je ne lui ferais probablement jamais de mal quoi qu’il fasse, car je voulais qu’il continue à me craindre. Toutes les manuelles disaient que les hôtes devaient avoir un peu de crainte pour leur yeerk.

Mais je sentais bien qu’il ne me croyait pas. Ses pensées étaient celles d’une proie prise au piège qui attendait sa mise à mort. Je lui répétai pendant un long moment de se calmer et que je ne lui ferais rien, mais cela fut pratiquement sans effet. Je finis par me résoudre à commettre l’impensable. Rouge de honte (malgré le fait qu’aucun yeerk ne pouvais me voir), je me mis à lui fredonner la berceuse que nous chantait le sergent en charge de ma portée pour nous endormir lorsque j’étais une toute petite larve.

À l’état naturel, nous n’avons pas le sens de l’ouïe et encore moins de capacité à émettre des sons. Tout juste pouvait-on envoyer des vibrations basiques dans l’eau en faisant bouger notre corps. Ce n’était donc pas une berceuse à proprement parler. Il s’agissait d’un ensemble de sensation et d’émotion émis sur un certain rythme. Dans la piscine, ses émotions étaient transmises par palpage et accompagné de parole réconfortante transmit par phéromones. Je m’efforçais de le traduire au mieux sous forme de mélodie et d’activation de sentiment et de sensation humaine dans un certain rythme.

Très vite, Tom se détendit et éprouva du plaisir à ressentir la berceuse. Mais il éprouva presque immédiatement un fort dégoût de lui-même. Je pris la voie la plus douce que je pus pour lui dire :

— (Tom, il n’y a pas avoir honte. Un prisonnier peut apprécier la nourriture qu’on lui donne sans pour autant aimer être enfermé.)

Il resta silencieux, mais je vis que j’avais dit ce qu’il fallait. Il éprouva beaucoup moins de honte pour que ce qui venait de se passer. Il finit par dire avec beaucoup de peur.

— (Si tu crois qu’il suffit de quelques caresses pour m’amadouer, tu te trompes. Jamais je ne serais ton esclave.)

— (Ça je l’avais plus ou moins compris. Mais je ne comprends pas pourquoi. Ce serait beaucoup plus agréable pour nous deux.)

— (Ben voyons. Je ne sais pas. Parce que je ne suis pas un putain de traître. Parce que je ne suis pas un chien que l’on peut acheter en lui donnant un os à ronger. Parce que je ne vais pas t’aider à asservir ma famille. ….)

Je le coupai :

— (C’est quoi un chien ?)

Ma question provoqua chez lui un léger sourire.

— (Sans vouloir te vexer, tu ne sembles pas très qualifié pour le poste). Répondit Tom au bout d’un moment

— (C’est pour ça qu’il faut que je visualise tes souvenirs. Il faut que je sache comment me comporter et tout ce que sait un humain normal. Crois-moi, je n’en ai pas envie non plus, mais c’est juste un mauvais moment à passer).

Un silence s’ensuivit. Je lui laissai tout le temps dont il avait besoin et me retint d’examiner ses pensées trop en profondeur. De toute manière, j’étais immobile depuis trop longtemps. Je décidai de me mettre à marcher au hasard pour paraître moins suspect. Je ne pouvais donc plus me concentrer sur la manière dont ses pensées évoluaient.

Finalement, il dit :

— (Tu me demandes mon autorisation ?)

— (Oui)

— (Pourquoi ?)

Il m’énervait à chipoter comme ça et à me demander des justifications pour tout. Je répondis machinalement :

— (Je ne sais pas.)

— (Donc si je résume, tu me demandes de t’autoriser à avoir un libre accès à mes souvenirs afin d’aider ton espèce à transformer les humains en esclave sans qu’il ne remarque rien. Pourquoi je dirais oui ?)

Je m’arrêtai de nouveau et j’expliquai :

— (Je n’y avais pas réfléchi comme ça. Franchement, je n’en sais rien. En fait, je pensais juste que comme de toute façon, je vais finir par regarder tes souvenirs de force, ce serait plus agréable pour nous deux si tu coopérais)

— (Tu sais quoi va chier) me cracha t’il.

Il se recroquevilla de nouveau prêt à recevoir de la douleur. Je soupirai bruyamment et continuai avec une voix douce :

— (Est-ce que tu peux au moins me dire quel chemin je dois prendre pour aller chez tes parents ?)

Il se rassura sur le fait que je n’allais toujours pas le punir, mais se préparât en silence à une douloureuse et humiliante fouille de ses souvenirs (je ne comprenais pas encore en quoi cela pouvait être humiliant que quelqu’un voit tous vos souvenirs). Mais malgré lui, il ne put s’empêcher de penser à la réponse et en me concentrant sur l’interception de toutes ses pensées, je pus obtenir l’information que je voulais.

— (J’essaierais de m’en contenter. Mais je tiens à souligner que ça ne sert pas à grand-chose de ne pas répondre à mes questions).

Repas du soir

Note de l’auteur : Afin de tenir compte du peu de succès en France de la série animorph et de l’ancienneté de la série, mes chapitres commenceront régulièrement par des rappels de ce qui se passe dans le canon à ce moment-là. Ses rappels sont totalement facultatifs, mais je pense que c’est mieux de les lires (mas vous faite comme vous préférez).

Rappel du canon: Pendant que Tom se fait infester par son nouveau yeerk, les animorph attaque l’hôpital contrôlé par les yeerks (les malades sont soignés gratuitement, mais repartent avec une larve dans la tête). Le but de l’attaque est bien sûr de neutraliser l’hôpital, mais aussi d’empêcher les yeerks d’infester le futur président des USA. L’opération est un succès et l’hôpital est détruit.

Mais suite à une erreur, durant l’attaque Jack est infesté par un yeerk. Heureusement, ses amis s’en rendent compte et décident de l’enfermer dans une cabane au fond des bois (le temps nécessaire pour que le yeerk dans sa tête meurt de faim). Pour que personne ne remarque son absence, Axe se fait passer pour lui pendant 3 jours. Dans les livres tout ce que l’on sait, c’est qu’Axe a tellement fait n’importe quoi, qu’à son retour les parents de Jack l’ont obligé à aller chez un psy. Moi, je vais être obligé d’écrire ce qui s’est passé. Ma version sera sûrement moins bonne que celle que vous avez imaginé, mais j’espère qu’elle vous fera quand même rire.

Pour rappel, Axe est le surnom donné par les animorph à un enfant andalite qui s’est retrouvé piégé sur terre après que les yeerk ait détruit le vaisseau monde où il voyageait. Les animorphs lui ont sauvé la vie et l’ont aidé à se cacher sur terre. Comme tous les andalites, il dispose du pouvoir de morph et a donc rejoint le groupe des animorphs dans leur lutte contre les yeerks (ravissant au passage à Tobias le titre de membre le plus étrange du groupe des animorphs).

oOoOoOo

Après deux heures de marche éreintante et de concentration pour lire les pensées de Tom, je finis par arriver dans ce que je pensais être la rue où il habitait. J’étais épuisé. Comment Temrash114 avait fait pour supporter de devoir effectuer ce trajet régulièrement ?

— (C’est cette maison ?) demandais-je

— (NON, NON, NON, NON) Répondit Tom en essayant de ne pas penser à la réponse.

Par acquit de conscience, je vérifiai tout au fond de ses pensées que c’était bien là. Puis j’entrai. Une humaine vint immédiatement à ma rencontre.

— Bonjour mon chéri. Tu n’aurais pas croisé ton frère en revenant ?

— Non. Répondis-je

— Ah ! Je lui avais pourtant dit que je voulais qu’il soit rentré avant la tombée de la nuit. Avec toutes ses disparitions qui ont eu lieu ces derniers temps, je n’aime pas le savoir dehors.

— Ne vous inquiétez pas madame, moins de 0,01 % des enfants se font enlever aux USA

— (...) Qu’est-ce qui te prend de m’appeler madame ?

— heu pardon, je suis fatigué.

— D’accord, tu as bien fermé la porte de garage à clé après avoir rentré la voiture ?

— (La voiture !?)

— (Ah oui, j’aurais peut-être dû te prévenir, Temrash114 est venue à la piscine yeerk en empruntant la voiture de maman. C’est dommage maintenant elle doit avoir une grosse amende pour ne pas avoir mis suffisamment d’argent dans le parcmètre. Si ça se trouve, la voiture a même été emmenée à la fourrière. Maman ne te laissera plus jamais emprunter sa voiture. Tu ne pourras plus aller te nourrir aussi facilement ou te déplacer à droite à gauche pour faire des missions pour les yeerks. Tu as raison cela ne sert à rien de ne pas répondre à tes questions.) Me nargua Tom.

Je me concentrai de nouveau sur ses pensées et malgré ses pitoyables efforts pour me le cacher, je vis qu’il avait trouvé un moyen pour que je me sorte de ce mauvais pas. Je lui répondis par la pensée avec un mélange de colère et de satisfaction :

— (Bien joué. Puisque demain, je dois repasser à la piscine pour chercher cette voiture, j’en profiterais pour demander à un yeerk contrôlant un policier de faire sauter l’amende. Félicitations, tu as gagné deux heures de plus dans les cages. Je ferais en sorte que tu sois mis avec mon ancien hork-bajir. Si tu arrives à éviter ses griffes, vous pourrez faire connaissance).

Puis je déclarai à haute voix :

— Oui bien sûr. Demain matin, je peux te l’emprunter de nouveau ? Promis je te la ramène avant le déjeuner.

— Encore ! Tu ne vas pas passer tout ton temps dans cette association bizarre ?

— C’est juste que j’ai oublié quelque chose. Il faut que j’y passe rapidement. Et puis elle n’est pas bizarre.

— Bon comme tu voudras. Mais dans ce cas-là, tu t’arrêteras au lave-auto et tu feras quelque course pour moi.

— Ça marche.

— (Voilà, avec de la chance, elle ne remarquera pas que sa voiture a disparu)

— (Tu t’en sors bien la limace) répondit Tom avec un air de défi qui ne correspondait pas du tout à ses émotions. Ce n’était qu’une façade qui cachait du désespoir. Malheureusement, je n’avais pas le temps de creuser.

— (Soit pas mauvais joueur Tom)

— (Ce n’est pas toi qui vas devoir subir deux heures de plus en enfer)

— (En quoi c’est un enfer ? D’accord, c’est vrai que les cages sont un peu surpeuplées, mais c’est de moins en moins le cas. On a juste été un peu débordé par le succès de l’invasion)

— (T’es sérieux ?) m'interrogea-t'il.

Je ne lui répondis pas et me reconcentra sur le fait de jouer mon rôle. La mère de Tom, retourna dans le salon regarder la télé avec un homme qui je suppose était le père de Tom. Il me fit un salut que je lui rendis, m’assis dans le canapé et commença à faire semblant de regarder la télé. Je dis faire semblant, car je ne pouvais m’empêcher d’admirer tout ce qui se trouvait à ma portée. Comment pourrais-je me contenter des images plates provenant de cette petite boite, alors que la pièce était remplie d’objets bigarrés de toute sorte ? Mais ce qui attirerait le plus mon regard, c’étaient les jeux de lumière changeant se produisant dans un aquarium sur le côté. C’était tellement beau. J’avais tellement envie de me lever et d’aller le toucher. Quels yeux exceptionnels.

Je me rendis compte au bout d’un moment que les parents de Tom me fixaient bizarrement. Je me forçai avec difficulté à recentrer mon regard sur la télé. Un homme avec un sourire forcé, posait une question à quatre autres personne qui appuyait sur des buzzers. Le père de Tom cria la réponse juste avant la candidate.

— Ah facile Elton John, c’était mon chanteur favori quand j’étais jeune. Tu as l’air bizarre ce soir. Ça va Tom ? Me demanda le père de Tom.

— Oui très bien.

— Question science maintenant, surnommé l’étoile du berger, je suis l’objet céleste le plus brillant du ciel nocturne après la lune, ...

Je hurlai :

— Le quasar 3C 273. Comme j’avais vu le père de Tom le faire un peu plus tôt.

— Oui, Venus était la bonne réponse, mademoiselle Rica. Vous gagnez donc une place en finale.

Mais à ce moment-là la porte s’ouvrit et deux enfants de 13 ans entrèrent. L’un était blanc, brun, grand et athlétique. En fait, si on exceptait sa petite taille, il ressemblait beaucoup au reste de la famille de Tom. Ça devait être Jack : le petit frère de Tom dont j’avais noté l’existence en lisant la fiche de Tom. L’autre était basané, avec de longs cheveux bruns. J’aurais aimé avoir plus de détail sur lui, mais les seuls pensés superficiel de Tom à son sujet était : ‘le clown’ et je ne voulais pas pousser davantage mes recherches dans son esprit.

— Ah enfin. Jack, je t’ai pourtant dit de me prévenir si tu avais du retard. L’enguirlanda la mère de Tom.

— Excusez-nous madame. Jack et moi, on n’a pas vu l’heure. Répondit l’un des enfants.

— Marco, il peut s’expliquer tout seul, il me semble. Objecta la mère de Tom.

— Désolé mamamman. Répondit l’autre en semblant jouer avec sa langue en même temps qu’il parlait.

— Bon n’en parlons plus. Aide-moi à placer la table, on va manger. J’espère que tu as faim. J’ai fait un poulet. Marco, il est tard. Si tu veux rester dormir, je préviendrai ton père.

— Non, c’est gentil, mais il faut que je rentre. On a prévu un truc. Répondit-il évasivement.

— D’accord. Bonne soirée.

— Oh oui, j’ai très faim fin fun. Répondit Jack.

Je remarquai que Marco donna un coup de coude dans le dos de Jack pour qu’il arrête de répéter ce mot en boucle. Sans doute un jeu que les enfants humains faisaient pour apprendre à parler.

— Heu finalement, je vais peut-être rester. Dit Marco

— Non, tu dois y aller aller alllait dois. Répondit Jack en poussant presque son ami dehors.

Le père de Tom éteignit la télé et nous nous installâmes autour d’une table pendant que Jack plaçait des ustensiles dont j’ignorais l’utilité devant chacun des convives sous le regard inquiet de ses parents. Je ne comprenais pas bien ce qui les inquiétait. Il avait l’air en parfaite santé. Au moins l’avantage, c’est qu’il ne s’intéressait plus à moi. J’en profitai pour observer longuement les objets que Jack avait mis devant moi. J’apprendrai plus tard qu’il s’agissait de 5 fourchettes et d’un bol de soupe. J’aimais beaucoup la texture lisse du bol. Le touché était un sens beaucoup moins impressionnant que la vue, mais très agréable.

— Heu laisse mon chéri. Assieds-toi s’il te plaît. Dit la mère de Tom en direction de Jack.

— Oui maman. Je t’aime. Répondit Jack.

La mère de Tom rougit, mais s’éloigna avec un regard perplexe, pendant que le père de Tom changea complètement les ustensiles posés devant nous pour un arrangement que je trouvais beaucoup moins beau et qui en plus était le même pour tous les convives. Et mon merveilleux bol fut remplacé par une assiette en céramique blanche sans grand intérêt. Je lançai un coup d’œil à Jack pour savoir ce qu’il en pensait. Quand nos yeux se croisèrent, je crus voir un regard de haine profond qui disparut assez rapidement.

J’avais sans doute mal vu. D’après le bref résumé que m’avait fait Temrash114, Tom et son frère s’entendait très bien. Quoique ? Temrash114 avait semblé détester cet hôte sans pouvoir qui avait été recruté par erreur et qu’il trouvait indigne d’un yeerk de son rang. Il avait peut-être négligé son travail au point de fâcher Jack. Et puis c’était un ambitieux et on ne peut jamais leur faire confiance. Avant mon affectation sur terre, combien de fois avais-je failli mourir lors d’un assaut parce qu’un officier ambitieux voulant se faire remarquer avait décidé de tenter un assaut, avant que nos bombardiers n’aient eu le temps de détruire suffisamment les défenses ennemies ou que notre artillerie laser n’ait réussis à se débarrasser des essaims de drone ? Combien de fois avais-je vu de jeunes recrus accepter l’ordre avec enthousiasme certain de se couvrir de gloire ? Enfin, le contexte était différent. La terre n’était pas un champ de bataille…. Pas encore.

Pendant ce temps, la mère de Tom amena un gros plat contenant un poulet avec des frites puis en servit une part généreuse à chacun des convives. Une fois, tout le monde servit elle s’assit, joignit les mains, ferma les yeux et commença une prière. Je l’imitai maladroitement, mais elle s’interrompit brusquement. Je rouvris les yeux et vis que Jack avalait goulûment avec les mains les frites et le poulet. Apparemment, il était enfin temps de manger et je l’imitai beaucoup plus lentement. Je n’étais pas sûr d’avoir une maîtrise suffisante de ce corps pour manger à un tel rythme. Je pris une des frites entre mes mains et la posai dans ma bouche. Immédiatement, ce fut une explosion de saveur et je poussai un cri de plaisir avant de fourrer dans ma bouche la nourriture au même rythme que Jack. Qu’est-ce que c’était bon ! C’est donc à ça que ça ressemble de manger lorsque l’on est un humain. Cela n’a rien à voir avec ce que ressent un hork-bajir en mangeant de l’écorce d’arbre. Très vite, mon assiette fut vide et je me précipitais pour en reprendre. Mais je fus arrêté par la vision de Jack qui était monté sur la table pour manger directement à même le plat sous le regard abasourdi de ses parents.

— NON MAIS ÇA SUFFIT QU’EST CE QUI TE PREND CE SOIR ? DESCENDS IMMÉDIATEMENT DE CETTE TABLE. On n’est pas de sauvage. ET EXCUSE-TOI TOUT DE SUITE AUPRÈS DE TA MÈRE. Ordonna avec force (mais sans crier) le père de Tom.

Jack descendit de la table comme demandé, mais prit une aile de poulet qu’il continue à manger en répétant en boucle :

— Excuse-moi maman. Excuse-moi maman. Excuse-moi maman.

Avant de reprendre ce qui restait de la pauvre carcasse de poulet et de la manger en entier. Ce n’était pas juste. Moi aussi, je voulais en reprendre.

— Heu qui veut du dessert ? Fini par dire la mère de Tom.

oOoOoOo

Après ce délicieux repas où en me bâtant, je réussis à récupérer la moitié d’une tarte, 12 tranches de jambon, 6 yaourts et l’un des bidons que jack avait trouvés sous l’évier de la cuisine, le père de Tom nous ordonna d’aller dans nos chambres et d’y rester jusqu’à nouvel ordre. J’essayai de dormir, fatigué de cette journée et conscient que je devrais me réveiller tôt, demain pour réparer le tour que Tom m’avait joué. Mais quelque chose me tourmenta. Je crus d’abord que c’était Tom qui avait décidé de choisir ce moment pour m’embêter, mais très vite, je compris que cela provenait de mon ventre. Une douleur horrible se répandait lentement dans tout mon corps.

La seule fois, où j’avais eu aussi mal, c’est lorsque qu’un tir plasma avait perforé de bout en bout les 3 reins de mon hork-bajir lors du siège de la station de production d’antimatière n°3 de la nébuleuse d’Altarie. Heureusement qu’il lui en restait un quatrième. Tout d’un coup, je n’étais plus dans cette chambre d’ado américain typique, mais dans les coursives étroites de cette usine à me traîner agonisant sur le sol pour me cacher sous le cadavre de mes victimes.

Mais une violente envie de vomir me fit revenir à la réalité.

— C’est horrible. Je crois que je vais mourir. Prononçais-je à voix haute.

— (Mais non, tu ne vas pas mourir. Et va vomir dans les toilettes). M’ordonna Tom.

C’est le monde à l’envers, un hôte qui donne des ordres à son yeerk pensais-je. Mais conscient que j’avais besoin de toute l’aide disponible, je me contentai de lui demander :

— C’est quoi des toilettes ?

— (C’est la fontaine d’eau où tu as essayé de boire tout à l’heure. Il y en a une mitoyenne à ma chambre)

— Ça n’va pas la tête ? Je ne vais pas vomir dans de l’eau potable. C’est une ressource beaucoup trop précieuse.

— (Beaucoup moins précieuse que ma collection de comics Batman)

— Ah quoi bon puisque je vais crever ?

Il pensa très fort à des moments où il était malade. Ses souvenirs s’imposèrent à moi et je vis qu’il avait eu des douleurs bien plus grave mais qu’il avait survécu. Cela me rassura. Puis me donna envie de vomir de nouveau. Mais cette fois si je fis l’effort de me traîner jusqu’aux toilettes.

— (Merci Tom)

— (Ne crois surtout pas que c’est de la gentillesse de ma part. J’ai quelque chose à te demander en échange)

— (Qu’est ce qui m’arrive ?)

— (Ça, c’est un avant-goût de ce que tu vas subir tous les soirs tant que tu seras dans mon corps)

— (Arrête de te foutre de moi. Si c’était vrai, nos cours en auraient parlé. Les autres yeerks m’en auraient parlé. S’il te plaît, ne m’oblige pas fouiller ton esprit, je n'ai vraiment pas la tête à ça)

— (D’accord, c’est juste ce qu’il se passe lorsque l’on boit une bouteille entière d’huile de vidange. En fait même sans l’huile de vidange, tu aurais sans doute été malade vu tout ce que tu as mangé)

Je tendis mes oreilles en direction de la porte qui donnait sur la chambre de son frère (cette salle de bain donnait sur nos deux chambres)

— (Comment ça se fait que ton frère n’a rien lui ?)

— (C’est justement ça le service que je veux que tu me rendes. Je veux savoir ce qui lui arrive). Expliqua-t-il en émettant des hormones de peur qui ne firent rien pour améliorer mes nausées.

— (Comment ça ? Qu’est-ce qu’il a ton frère ?)

Il poussa mentalement un soupir pendant que je vomissais.

— (Bon d’accord regarde dans mes souvenirs. C’est le seul moyen, pour que tu comprennes ce qui ne va pas. Mais juste pour cette fois. De toute façon au rythme où ça allait, j’aurais été obligé de céder pour pas que tu nous tues)

— (Tu es sûr ? J’avais pensé à le faire dans ton sommeil. Comme ça, tu te rendras compte de rien)

— (Dire que je commençais à croire que tu ne voulais pas abuser de moi)

— (C’est le cas. C’est une solution parfaite. Ça t’évite d’avoir à revivre des souvenirs désagréables, tout en me permettant d’avoir accès aux informations dont j’ai besoin)

— (Ce n’est pas ça le problème. Enfin si, mais pas que.)

— (Alors c’est quoi ? Explique-moi. Si tu ne veux pas que je te maltraite, il faut bien que je comprenne ce qui te fait souffrir)

— (Ben heu c’est ...Ce n’est pas simple à expliquer. Écoute juste, s’il te plaît si tu dois explorer mon esprit fait le lorsque je suis conscient)

— (Merci Tom. Je ne comprends pas pourquoi, mais je ressens que ce n'est vraiment pas facile pour toi.)

— (Ce n’est pas pour toi que je le fais)

— (Je sais. Tu le fais pour ton frère. Tu as peur qu’il soit infecté et tu veux que je m’assure que ce n’est pas le cas)

— (Tu pourrais me demander mon avis avant de lire mon esprit)

— (Je ne peux pas. C’est juste automatique. C’est comme si je te demandais d’empêcher ton cœur de battre. Si je suis distrait par autre chose, ce sera un bruit de fond auquel je ne ferais pas attention. Si tu me caches des pensées, j’aurai besoin d’un léger effort conscient pour y accéder. Et encore pas forcément, car quand tu penses à me cacher quelque chose, tu y penses forcément à certains moments. Mais autrement que je le veuille ou non j’entends tout ce que tu penses et ressens tout ce que tu ressens)

— (Génial. Vraiment génial)

— (Ah non pas génial du tout. C’est une torture d’entendre en permanence les pensées de son hôte. Surtout lorsqu’elles sont désagréables. Entendre jour et nuit des insultes et de recevoir de la haine en permanence. C’est tellement horrible que je ne peux pas m’empêcher de pleurer lorsque je trouve un coin pour m’isoler dans la piscine)

— (C’était du sarcasme. Mais ravis d’entendre que ça sert à quelque chose de vous résister)

— (Merci Tom) fis-je ému.

— (Quoi ? Pourquoi ?)

— (C’est la première fois qu’un de mes hôtes éprouve de la compassion.)

— (Non mais t’es malade. Je te déteste toi et ta race immonde.)

— (Oui ça aussi. C’est courant que les hottes ressentent des sentiments contradictoires. Et ça ne fait pas de toi un traître. Écoute pour ton frère, s’il avait été prévu de l’infecter, Temrash114 aurait probablement été au courant et il m’a fait tout un laïus sur le fait que si j’arrivais à infecter cet arrogant petit Schtroumpf, il utiliserait sa nouvelle influence pour m’obtenir une promotion)

— (Quoi, ce salopard. Tu ne vas quand même pas …)

— (Je me fous de l’avancement et n’ai aucune envie qu’un de ses toutous soit en permanence présent pour m’espionner et rapporter la moindre erreur de ma part. Bref, c’est peu probable, mais depuis que son futur hôte est pressenti pour devenir le prochain président des États-Unis, il s’est fait remarquer positivement par visser-3 et beaucoup de yeerk ambitieux essaye de lui faire plaisir. Possible que l’un d’entre eux ait décidée de violer les protocoles au risque que l’invasion soit découverte pour infester Jack. Mais je le répète, c’est très très peu probable. Enfreindre les règles même si cela donne de bon résultat est le meilleur moyen de s’attirer la colère de visser-3. Et puis je doute que quelqu’un d’autre que moi soit au courant que ton frère a mis Temrash114 en colère. Être affecté par le comportement d’un être inférieur n’est pas le genre de chose dont un yeerk ambitieux se vante. Surtout auprès de ses groupies.)

— (Un être inférieur ? Laisse tomber, je ne veux pas de commentaire. Dans ce cas-là qu’est-ce qu’il a ?) Demanda Tom.

Je m’assis le long du mur pas loin de la cuvette des toilettes. Je commençais à aller mieux.

— (Si je comprends bien, il a un comportement anormal et notamment un très fort appétit.)

— (En gros, c’est ça oui !)

— (Ça me rappelle un cours sur la psychologie humaine que l’on m’a obligé à suivre avant ton infestation. Attends que je m’en rappelle)

Je retrouvai le souvenir et l’imposai dans notre conscience commune.

« Dans cette culture peu après le début de la puberté beaucoup d’humains de sexe mâle prenne des psychotropes comme le cannabis ou la méthamphétamine. C’est un rite de passage à l’âge adulte sans grand danger au niveau de la santé. Par contre une prise répétée est le signe d’un problème plus profond et d’une fragilité qui prédispose le jeune humain à diverse maladie physique et mental. Une infestation le plus rapidement possible en plus de guérir l’humain permet dans 90 % des cas d’obtenir un hôte volontaire de bonne qualité. Plus on attend, plus la condition physique et mentale de l’humain se détériore sous l’effet des substances et du problème sous-jacent. Il est donc important de repérer le plus tôt possible les symptômes et de soumettre l’humain à l’infestation. Les symptômes sont un fort appétit et un changement d’attitude important.

Attention dans d’autres cultures et à d’autres âges de la vie, il n’est pas rare que ses substances soient prises régulièrement à des fins d’émulsion sociale et sexuelle. Les humains en question deviennent généralement des hôtes très involontaires et ne doivent être abordés que si leur position sociale apporterait un bénéfice important pour l’invasion. »

— (Je sais que tu as eu une mauvaise expérience avec Temrash114, mais peut-être devrais-tu envisager qu’une infestation serait une bonne chose pour ton frère. Ce n'est pas dans mon intérêt, mais si ça peu ….)

— (IL EST HORS DE QUESTION QUE TU METTES TES SALES PATTES BAVEUSES SUR LUI)

— (Bon d’accord. Inutile de crier.) Tentais-je de le calmer.

— (Et il ne se drogue pas.)

— (Comment le sais-tu?)

— (Je le sais, c’est tout. Il n’est pas comme moi. Il a toujours été ultra responsable et tout. Jamais il ne se droguerait)

Je rajoutai prudemment me doutant que c’était un sujet sensible :

— (Tu ne lui as pas parlé depuis longtemps. Enfin, je doute que Temrash114 t’ait permis de conserver des liens fort avec lui.)

— (Il ne se drogue pas. Dit-il plus faiblement. De toute façon, le cannabis ne fait pas ce genre d’effet. Après en avoir pris, on est limite somnolent, alors que là, il était tout excité. Et on n’a pas autant les crocs. En plus dans le coin pour se procurer de la drogue, il faut passer par Bruno et jamais il n’aurait vendu de la meth à des gosses de 13 ans.)

Je retournai me coucher en prenant soin de programmer le réveil pour qu’il sonne tôt.

— (Demain, je profiterai de mon passage à la piscine pour consulter le registre. Ça nous permettra d’écarter la possibilité d’une infestation.)

— (Je suppose que maintenant, on est parti pour une séance de trifouillage de cervelle).

Il essayait d’avoir l’air détaché et de le dire avec humour, mais il était terrorisé à cette idée. En plus de la terreur, je ressentis un profond dégoût de lui-même.

— (Non. Je me débrouillerais autrement)

Je me détachai légèrement du cerveau de mon hôte profitant pour la première fois depuis des années de pouvoir m’endormir en silence et sans devoir maintenir mon contrôle à fond sur le corps de mon hôte. Franchement quel pied. Enfin jusqu’à ce que Tom brise le silence.

— (T’as dit que ton ancien hôte était un hork-bajir ?)

— (Oui)

— (T’étais un gardien de piscine avant ?)

— (Bien sûr. Que veut tu qu’un contrôleur hork-bajir fasse d’autre sur terre ? On ne fait pas très couleur locale au cas où tu ne l’aurais pas remarqué)

— (Comment t’as pu faire ce travail ?)

— (Je ne comprends pas la question ? Pourquoi n’y serais-je pas arrivé ?)

— (Je ne sais pas là, t’es tout gentil tout mignon et tu me dis qu’il n'y a même pas 24 heures, tu faisais gardien de camps de concentration)

— (C’est quoi un camp de concentration ?)

— (Peu importe ce n’est pas la question)

— (Oui, mais pour te répondre, il faut bien que je comprenne ta question. Et j’avoue que j’en ai un peu marre de faire des efforts pour lire tes pensées en détail. Je l’ai suffisamment fait durant les deux heures de marche que tu m’as fait subir par pure mesquinerie.)

— (Pure mesquinerie !? Laisse tomber, j’ai ma réponse. )

Sur ses paroles énigmatiques, il essaya lui aussi de s’endormir et après m’être assuré qu’il l’était, je me relaxai enfin. Cet animal était difficile, mais au moins avec lui, je pourrais connaître des nuits paisibles. Et c’est là qu’il commença à faire des cauchemars. Malgré ma promesse, je me retrouvai submergé par les émotions et les souvenirs qu’il ne voulait probablement pas que je voie (et que je n’avais pas non plus envie de voir).

Je dus resserrer mon contrôle au maximum pour l’empêcher de crier. Je passai ainsi la nuit à lui chanter des berceuses yeerks et à lui faire des câlins mentaux (une sécrétion d’endorphine et le passage en boucle de souvenir agréable qui simule le fait de recevoir un câlin).

Autant pour les nuits paisibles. Mais au moins maintenant, je comprenais sa question. Par contre, je ne savais plus quoi y répondre.

Jack a un secret

Le lendemain, en revenant de la piscine, mon hôte attendait mon retour avec impatience.

— (Alors ?)

Une fois que j’eus fini de prendre le contrôle, je fis signe au hork-bajir de me laisser sortir la tête de l’eau et prit une profonde inspiration. Ce qu’il y a de plus désagréable lorsque l’on réintègre le corps d’un humain, c’est la sensation de noyade. Beaucoup de yeerk se plaignaient auprès des hork-bajir pour que l’on cesse de maintenir de force la tête des humains sous l’eau pendant toute la procédure. Mais j’avais été garde suffisamment longtemps pour savoir qu’avec les humains involontaires, c’était la seule méthode efficace. Néanmoins je comprenais maintenant l’acharnement et la récurrence des plaintes des contrôleurs a ce sujet. Une fois calmée, je lui répondis.

— (Jack n’est définitivement pas un contrôleur.)

— (Ouf, merci Thévenin) répondit Tom avec soulagement.

— (C’est limite vexant que vous préfériez qu’il soit drogué, mais j’ai une autre nouvelle qui devrait vous intéresser.)

— (Vas-y crache le morceau.) Me demanda t’il avec inquiétude (les nouvelles des yeerk sont rarement bonnes pour les humains).

— (Temrash114 est mort hier soir. Un petit commando andalites a attaqué l’hôpital juste avant que le gouverneur ne vienne se faire opérer. Ils ont fait bouillir vif tous les yeerk qui était dans le bassin d’infestation, puis ont utilisé leur technologie de morphing pour détruire l’hôpital. En l’apprenant visser-3 était furieux et il a fait exécuter le yeerk en charge de la sécurité du site. On ferait mieux de faire particulièrement profil bas ces prochains jours.)

Une fois qu’il eut assimilé la nouvelle, j’eus le plaisir de ressentir pour la première fois de la joie en provenance de mon hôte. Mais ce sentiment agréable fut très vite remplacé par une peur panique et des suppliques de sa part. Je pris alors ma voie la plus douce pour lui dire mentalement :

— (Ça va aller, Tom, je ne suis pas en colère. Je comprends que vous soyez soulagé après tout ce qu’il vous a fait. Et je vous ai promis de ne jamais vous torturer).

Pour achever de le calmer, je lui fis un câlin mental. Il me repoussa, mais étant dans son esprit, il ne pouvait me cacher qu’il l’avait apprécié.

— (Oui, je sais) répondit-il.

— (Mais vous ne me croyez toujours pas). Ce n’était pas une question, mais une constatation.

En même temps que je lui parlais, j’avais gravi l’un des nombreux escaliers qui permettait de rejoindre la surface via une sortie dissimulée. Hier, j’y avais à peine fait attention, mais aujourd’hui cela me paraissait être une vraie ascension.

Contrairement aux autres lieus de tété aménagé secrètement par les yeerk toute autour de globe, cette caverne n’abritait pas uniquement un bassin gigantesque ayant le volume de plusieurs stades olympiques, mais également toute sortes de bâtiment administratif, d’usine, d’arsenaux et de logement pour les contrôleurs de divers espèce qui vivait à demeure dans le QG (comme mes anciens collègues gardiens de piscine). C’était une vraie mégalopole souterraine et l’un des points névralgiques de l’invasion. En conséquence, la protection du lieu était vitale. Il avait donc été profondément enterré et les ascenseurs à gravité zéros proscrit. Le seul moyen d’entrer et sortir était de passer par d’interminables et labyrinthiques escaliers de pierre agrémentés régulièrement de poste de sécurité.

Je me retournai pour faire une pause et je pus alors avoir une vue d’ensemble de nos installations. Avec des yeux humains, c’était à couper le souffle. En dessous d’un ciel de pierre qui s’étendait au-delà de l’horizon, se trouvait un immense lac noir où se reflétait telles des étoiles la lumière des LED. Autour s’afférait dans une dance millimétrée toute sorte d’espèce bariolé. J’avais vraiment envie de prendre quelques minutes pour me reposer et admirer la vue.

Mais même d’ici on entendait les cris que poussaient les humains enfermés dans les cages et après la quasi-nuit blanche que je venais de passer, je n’avais pas l’énergie pour combattre l’envie de Tom de fuir ce lieu le plus vite possible. J’avais l’impression d’être aussi épuisé que la fois où j’avais dû défendre l’accès à la salle des moteurs du satellite x-301 pendant plusieurs jours avant que des renforts ne viennent briser le siège des andalites. Sans doute que je vieillissais.

Depuis cette nuit les sentiments de Tom à mon égard, c’était beaucoup amélioré. Mais consciemment ou non, il continuait à combattre mon emprise et à vouloir reprendre le contrôle de son corps. Je devais me rendre à l’évidence, jamais il ne deviendrait un hôte volontaire. Je n’avais obtenu aucun des avantages que j’espérais et ma situation était objectivement pire que lorsque je possédais mon vieil hork-bajir. Malgré tout, sans que je ne parvienne à me l’expliquer, j’étais content de ce changement d’hôtes. J’avais pris une sorte de plaisir bizarre à prendre soin de lui. Peut-être que la fragilité de Tom avait activé un vieil instinct de protection de nos hôtes. Ou plus probablement, j’avais découvert un autre aspect de ma déviance et je devais veiller à ce qu’aucun yeerk ne la découvre.

Une fois à la lumière du jour, je demandai à Tom où se trouvait la voiture de sa mère. Il hésita longuement, mais finit par me répondre. Cela me soulagea. Je commençais à croire que je devrais batailler en permanence contre lui. Finalement peut-être que sur certains aspects Tom était un meilleur hôte.

oOoOoOoOo

5 jours passèrent et les choses ne se déroulèrent pas si mal. J’appris progressivement à me faire passer pour Tom et l’examen psychiatrique que ses parents nous imposèrent (à Jack et à moi) ne révéla rien d’anormal, à part un niveau de stress élevé chez Jack qui fut mis sur le compte du début de l’adolescence. Tom cessa de s’inquiéter pour son petit frère quand il reprit brusquement un comportement normal. Je constatai qu’effectivement son comportement n’avait rien à voir, si ce n’est qu’il semblait me vouer une rancune profonde. Cela blessa Tom, mais il comprenait que son petit frère se sente abandonné étant donné l’indifférence teintée d’hostilité que Temrash114 avait eu à son égard. Malgré les protestations de Tom, je tentai de me rapprocher de Jack (il avait peur que je le transforme en contrôleur). Mais Jack ne me laissa pas la moindre chance et me repoussa froidement. Ce qui encore une fois déclencha des sentiments contradictoires de la part de Tom.

Le soir venu, je pris un ballon et sortis discrètement de sa maison pour me rendre sur le terrain de basket le plus proche. Une fois que je me suis assuré qu’il était complètement désert, je passai le contrôle à Tom.

— Aïe ! Ça fait mal. S’exclama Tom tout en affichant malgré tout un immense sourire en reprenant le contrôle de son corps. Tant que j’avais le contrôle, je ressentais à sa place une grande partie de la douleur émise par son corps. Mais maintenant il devait supporter l’intégralité de la douleur en provenance des diverses blessures que lui avait occasionné les gardes.

— (C’est de votre faute, si vous ne résistiez pas autant les gardes hork-bajir ne vous ferait aucun mal. Enfin, il vous ferait moins de mal.)

— Ben oui c’est de ma faute, s’ils nous frappent pour qu’on aille plus vite. Dit-il avec agacement en commençant à essayer de faire des paniers et des dribbles contre un ennemi imaginaire.

— (Parlez dans votre tête, quelqu’un pourrait vous entendre.) Dis-je paniqué. (Si un autre humain-contrôleur passait par là et découvrait que je vous donne le contrôle, j’aurai de la chance si je subis une mort rapide.)

— (Désolé)

— (Ce n’est pas grave. Vous savez si vous arrêtiez de combattre les gardes, je pourrais les convaincre de mieux vous traitez.)

— (Je sais et j’essaye vraiment. Mais à chaque fois qu’il me ramène devant la piscine, je, je…)

— (C’est bon, je comprends. Ce n’est pas grave, on va y aller à votre rythme) répondis-je en lui faisant un câlin mental et en évaluant ses performances.

Le deuxième jour, alors que nous étions en cours de sport et que je croisai le regard de ses anciens coéquipiers, Tom repensa tristement au jour où Temrash114 avait décidé que Tom devrait quitter son équipe de basket pour qu’il puisse consacrer davantage de temps à servir l’empire. À ce moment-là, il avait été totalement déchiré de devoir assister impuissant à la destruction de ce pan de sa vie. Apparemment, avant son infestation, le basket était toute sa vie et il était pressenti pour jouer dans une organisation appelée la NBA (je ne savais pas ce que c’était, mais dans ses pensées, je vis que c’est très prestigieux pour les humains). Cela m’avait donné une idée.

La nuit venue, sans rien lui dire, je l’emmenai sur le terrain le plus proche et lui fit la surprise de lui donner le contrôle. Il ressentit alors une joie immense. Mais dès qu’il essaya de dribbler le ballon lui échappa des mains et il tomba par terre en essayant de le rattraper. Je tentai de le rassurer en lui disant que c’était temporaire. Que ça faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas eu le contrôle de son corps, qu’il était normal qu’il ait besoin d’un temps d’adaptation. Mais une heure après, il loupa un panier qu’il aurait auparavant réussi les yeux fermés et s’écroula par terre en larme.

En seulement quelques jours, il avait beaucoup progressé. Mais il ne pourrait plus jamais faire partie d’une équipe professionnelle. Malgré tout maintenant, qu’il l’avait accepté, il attendait avec impatience la prochaine fois où il pourrait jouer. Et ses sorties étaient un bon moyen pour lui permettre de se remettre des deux heures qu’il avait dû passer dans une cage au milieu des cris des autres hottes à se remémorer les nombreux traumatismes qu’il avait subis lors de ses précédentes visites en ce lieu. J’aurais bien aimé lui épargner ses visites, mais je devais me nourrir et faire mon rapport à mes supérieurs. Sans compter que pour moi ses deux heures en dehors de sa tête étaient une bénédiction. Deux heures sans aucune responsabilité à juste devoir être moi-même et à ne pas devoir subir de pensées parasites.

Une fois qu’il fut épuisé, je le convainquis d’accepter que je reprenne le contrôle et je lui chantai une berceuse yeerk pour qu’il s’endorme. Je rentrai à la maison avec mon hôte endormi (en retrait dans sa tête) convaincu que cette nuit-là, il ne m’infligerait pas ses cauchemars et que je pourrai penser en paix. Mais au bout de quelques heures, Tom fut réveillé par des cris en provenance de la chambre de son petit frère jack.

Sans même y réfléchir, il se leva et alla immédiatement voir ce qui se passait. Je n’aimais pas le laisser se déplacer sans mon contrôle à l’intérieur de la maison, mais pour une fois, je le laissai faire.

Une fois dans la chambre, il fixa son petit frère qui se débattait dans son sommeil en hurlant :

— Non ! Sortez de mon corps !

Tom s’approcha de lui et le saisit par l’épaule pour essayer de le réveiller. Aussitôt, il bondit de son lit et son visage se tourna vers Tom. Dès qu’il le vit, son visage se remplit de peur. Devant ce regard Tom eu le réflexe de reculer et leva les mains.

— Calme-toi, nain. C’est juste moi, Tom. Tu es en sécurité.

— Qu’est-ce que tu fais dans ma chambre ? Vociféra Jack avec un regard plein de haine à son encontre.

Je pus ressentir que cela bouleversa Tom. Jusqu’à présent Jack avait semblé froid et rancunier envers Tom, mais jamais il ne lui avait adressé un tel regard de haine. On aurait dit qu’il le détestait du plus profond de son être.

— Je, heu, tu faisais un cauchemar alors j’ai voulu t’aider. Tout va bien ?

— Tout va bien maintenant, alors dégage de ma chambre.

— (Retourne te coucher Tom, le Schtroumpf grognon sera plus calme demain matin). Lui demandais-je, mais il m’ignora

— Tu sais, je suis là, si tu veux me parler ? Tu peux tout me dire. Tu as hurlé ‘sortez de mon corps’. De quoi as-tu rêvé ?

Tout d’un coup je fus moi-même intéressé. J’étais tellement concentré sur ce que faisait Tom et sur le fait de me préparer à reprendre le contrôle à tout moment que je n'avais pas vraiment noté ce que Jack disait. J’eus un frisson en pensant à ce que cela pouvait signifier et aux implications que cela aurait. Mais je ne fis aucun commentaire et me contentais d’observer Jack à travers les yeux de Tom. La haine avait durant un bref instant laissé place à la peur.

— À rien. Tu as du mal entendre. Je rêvais que je me noyais. J’ai dû hurler sortez du port. Maintenant, dégage.

— OK, je m’en vais. Calme-toi. Bonne nuit le nain. Je suis là si tu as besoin de moi. Même si je dors, tu peux me réveiller.

Tom se décida à retourner s’allonger sur son lit, mais ne s’endormit pas pour autant. Il était furieux.

— (Thévenin tu peux m’expliquer, c’est quoi ce bordel ? Pourquoi mon frère rêve-t-il qu’il est infesté par un yeerk ?)

— (Je n’en ai aucune idée. Et si ça se trouve, il nous a dit la vérité. Il a peut-être juste rêvé de …)

Il m’interrompit :

— (Rejoue le souvenir maintenant.)

— (Tu es sûr ? Ce n’est peut-être pas une bonne idée.)

— (Fais-le !)

Encore une fois j’aurais dû m’indigner qu’il ose me donner des ordres, mais je m’exécutai sans un mot. Nous rejouâmes le souvenir et il était clair que Jack nous avait menti. Plus je revoyais le souvenir, plus il était clair pour moi que mon pire scénario, c’était réalisé.

— (Qu’est-ce que tu lui as fait ? Tu as profité de mon sommeil pour lui faire du mal saloperie. Dire que je commençai à te faire confiance) Me reprocha Tom.

— (Quoi ? Tom, je te jure que je ne lui ai rien fait. Tu dois me croire. Quel intérêt aurais-je à faire ça ?)

— (Je ne sais pas un autre de vos plaisirs sadiques.)

Je ne pris même pas la peine de répondre à cela et enchaîna :

— (Tu as entendu comme moi ? Il a rêvé que quelque chose était rentré dans son corps, comment j’aurais pu faire ça sans sortir de ta tête ?)

— (Tu crois qu’un autre yeerk l’a infesté ?) Dit-il en ressentant de l’effroi.

— (Non, on en a déjà parlé. Je le saurais si c’était le cas. Sans compter que s’il avait un yeerk dans la tête, il l’aurait empêché de crier. Il est libre et au courant pour l’invasion. Au courant pour nous).

— NON ! Hurla-t-il en comprenant les implications.

Je repris le contrôle total pour qu’il ne réveille pas ses parents ou son frère.

— (Calme-toi, Tom. Ce n’est pas si terrible. Si je m’occupe de son infestation, je pourrai faire en sorte qu’il obtienne un yeerk doux. Un qui a eu de bonnes relations avec ses anciens hôtes)

— (Non, on a peut-être mal compris. Il a peut-être juste vu Alien en secret et il rêvait qu’un xenomorph lui pondait des œufs dans la bouche).

— (Tom, tu connais les règles aussi bien que moi. Même s’il subsiste un doute, je dois organiser son infestation afin d’être sûr que l’invasion reste secrète. Si on découvre que je l’ai ….)

— (Je t’en supplie ne fait pas ça. Je ferais ce que tu veux, mais par pitié pas ça.)

Il était inutile de raisonner davantage avec lui. Je décidai de l’endormir de force (c’est quelque chose que nous ne devions faire que très rarement sous peine d’endommager notre hôte) et de rester seul pour réfléchir. Mais très vite, je fus assailli de cauchemars où à cause de lui sa famille était infestée puis torturé avant de devenir une de ses coquilles vide que l’on croisait de plus en plus souvent dans la file de la piscine. Cela m’irrita fortement. Il ne pouvait donc pas me laisser tranquille, même pour un moment ? Puisque de toute manière, je ne pouvais y réfléchir tranquillement autant reporter la décision. Et puis il avait raison. Peut-être que l’on s’inquiétait pour rien.

Le reste de la semaine, je passai beaucoup de temps à l’observer en secret. Je remarquai qu’il était extrêmement stressé. Beaucoup trop pour un adolescent humain. Au point que je me demandais comment il était possible qu’il ne tombe pas malade. De plus, il s’absentait régulièrement en donnant des motifs qui s’avéraient bidon après vérification. Néanmoins il rentrait dans l’adolescence. Peut-être qu’il était rentré dans un gang. Et on n’avait toujours pas écarté la possibilité qu’il puisse se droguer. J’espérais vraiment qu’il avait juste commencé à se droguer.

Cependant, à la fin de la semaine, je reçus un coup de téléphone bizarre :

— J’ai un message. Dit une voix épaisse et tordue juste après que j’ai décroché.

— Quoi ? Ai-je demandé.

— N'abandonne pas, Tom. N'abandonne jamais.

Ça a raccroché avant que je ne puisse répondre quoi que ce soit.

— (Thévenin ça ne veut rien dire. Tu sais, tu n’es pas très doué pour te faire passer pour un humain) Déclara Tom avec une voix suppliante.

— (La faute à qui ? Si tu me laissais accéder à tes souvenirs librement, ce serait beaucoup plus facile)

— (Ce n’est pas ce que je veux dire.)

— (Je sais Tom. Je sais très bien ce que tu veux dire.)

J’utilisai la touche retour du téléphone pour en avoir le cœur net. Ça sonna dans le vide et au bout de 7 sonneries, je tombai sur le répondeur du téléphone portable du père de Marco (j’avais appris depuis le premier soir qu’il s’agissait du meilleur ami de Jack depuis sa petite enfance).

Je ne pouvais plus ignorer le problème. Plus le temps passait, plus il devenait probable que Jack tente quelque chose de stupide pour libérer son frère ou avertir les autres humains. Si cela arrivait, toute la famille serait infestée de force (et il y avait peu de chances que ce soit par des yeerk tendres.). Et moi au mieux je serai réaffectée à un hork-bajir pour incompétence (je n’ose pas imaginer ce qui se passerait si le cas était jugé suffisamment grave pour que visser-3 s’occupe en personne de choisir ma punition). Aussi désagréable que ça allait être, j’avais pris ma décision. Il ne me restait plus qu’à décider comment j’allais m’y prendre.

Jack à la piscine

Durant le reste de la semaine, je planifiai mon coup au maximum afin de ne rien laisser au hasard. Lorsque j’appris que les parents de Jack seraient absents tout le samedi après-midi, je décidai d’agir à ce moment-là.

Je décalai, alors mes jours de repas pour pouvoir me rendre à la piscine le samedi matin. Ainsi, si quelque chose se passait mal, j’aurais le temps de trouver une solution avant de devoir retourner me nourrir. Tom, c’était battu comme jamais auparavant contre les gardes. Autant pour essayer de s’échapper (pour prévenir son frère) que pour que je souffre de ses blessures au moment où je reprendrais la possession de son corps. Et encore maintenant même s’il savait que c’était désespéré, il se battait de toutes ses forces pour reprendre le contrôle.

C’est ainsi que je me retrouvais plein d’appréhension à rentrer dans la cuisine en tentant de faire abstraction des hurlements de Tom et des nombreuses blessures que les gardes hork-bajir lui avait infligé ce matin. Jack s’y trouvait et faisait ses devoirs. Seul et totalement vulnérable.

Je n’aurais aucun mal à le maîtriser avec le corps de Tom (même s’il n’avait pas pratiqué depuis longtemps ça, restait le corps d’un sportif exceptionnellement grand). Je pris un temps pour l’observer. Lorsque je me suis assuré qu’il s’était écoulé 15 minutes depuis qu’il avait fini de boire son verre de jus d’orange, je dis d’une voix enrouée par les cris que Tom avait poussés durant deux heures :

— Salut Jack.

— Salut Tom me répondit-il en me regardant comme si j’étais une tache particulièrement dégoûtante sur ses chaussures.

— Tu peux venir dans ma chambre s’il te plaît ?

— Pourquoi ? Dit-il avec méfiance.

— Je dois te montrer quelque chose.

— Je suis occupé, je fais mes devoirs. Répondit-il sans essayer de cacher son agacement.

— Allez le nain. Tu ne vas pas me dire que tu vas passer ton samedi à faire tes devoirs ? Ça ne te ressemble pas. Qu’est-ce que tu me caches ? Dis-je en m’approchant de lui, mais il se recula.

— D’accord, je te suis. Dit-il précipitamment.

Je me dirigeai vers la chambre de Tom, mais malgré ses paroles Jack restât assis.

— Allez, tu viens ?

— Oui, c’est bon, j’arrive. Répondit le Schtroumpf grognon d’une voix traînante.

Enfin, il se leva et me suivit. Très lentement, mais il me suivit. Les hurlements de Tom redoublèrent, je lui dis le plus doucement possible.

— (Courage. Bientôt, tout sera fini)

Je ne fis pas attention à sa réponse, me doutant qu’elle ne contenait rien d’agréable à mon encontre.

Au beau milieu de l’escalier, il se retourna et dit :

— Il faut que, que j’appelle Marco.

Il voulut descendre en direction du téléphone, mais il tituba et faillit tomber. Je le rattrapai in-extrémiste avant qu’il ne se brise le cou dans l’escalier. Je jurai. Le dealer à la sortie du lycée m’avait assuré que le GHB prendrait 30 minutes pour faire effet. Mais en même temps, je ne lui avais pas dit que c’était pour un enfant de 13 ans.

— Tom, lâche-moi ou le tigre va t’attaquer. Dit-il en me repoussant.

— Marco est dans ma chambre, il t’attend. Prétendis-je.

— Qu’est-ce que tu lui as fait sale limace ? Marco, je viens t’aider.

Il courut en direction de la chambre de Tom. Ou plutôt il essaya de courir et finit par l’atteindre en avançant à quatre pattes la moitié du temps. Je n’aurais peut-être pas dû en mettre autant dans son jus d’orange. Quand je le vis s’écrouler à moitié inconscient sur le tapis, je me rappelai avec inquiétude l’avertissement du dealer sur le fait qu’une trop forte dose provoquerait un coma. Mais il marmonnait toujours des paroles incompréhensibles au sujet d’Homer (c’est le nom de son chien), donc je supposai que ça allait. Et puis grâce à mon erreur, j’avais maintenant la certitude qu’il était au courant pour les yeerk. Je n’avais donc plus aucune raison de douter ou d’avoir des scrupules. Alors pourquoi est-ce que je me sentais aussi mal ?

Je sortis les menottes du tiroir de la table de nuit (que j’avais acheté la veille dans un sex-shop).Puis au prix d’un dur effort, je le transportai sur mon dos jusqu’au coffre de la voiture de la mère de Tom, en tentant de faire abstraction des paroles incohérentes qu’il murmurait occasionnellement. J’aurais pu m’épargner des efforts en lui disant d’aller directement au garage, mais je n’avais pas voulu prendre le risque de l’envoyer dans un endroit où il était aussi facile de s’échapper (et de se faire remarquer des passants).

Après m’être assuré qu’il pourrait respirer sans effort, je fermai le coffre de la voiture et montai à l’avant. Je poussai alors, un soupir de soulagement que je n’avais pas eu conscience de retenir. Tout s’était déroulé comme prévu. Il ne me restait plus qu’à tourner la clé de contact et à rouler jusqu’à l’une des entrées secrètes de la piscine yeerk. Mais j’eus une hésitation et décidai de regarder les quelques souvenirs que j’avais grappillés sur Jack. Comment à 6 ans, il était venu demander à son grand frère de regarder sous son lit, s’il n’y avait pas un monstre après qu’il eût regardé un film d’horreur en cachette de ses parents. Un après-midi qu’il avait passé à jouer au basket ensemble (ou plutôt où Tom avait fait semblant de jouer au basket pendant que Jack se donnait à fond tellement la différence de niveau était importante entre les deux frères). Ils avaient l’air tellement heureux tous les deux à cette époque. Je m’attardai particulièrement sur le regard d’admiration et d’amour que Jack m’adressait à travers les souvenirs de Tom. Pour le jeune jack, son grand frère était invincible et le protégerait toujours. Il m’aimait tellement. Plus qu’aucun yeerk ne m’avait jamais aimé. Ce moment s’éternisa. Puis je repensai à la promesse que je m’étais faite avant d’infester Tom.

Je descendis du véhicule, ouvris le coffre et tout doucement je le pris dans mes bras. Puis je le remontai vers la chambre, bien plus délicatement qu’à l’aller.

Qu’est-ce qu’il me prenait bordel ? Contrairement à ce que Tom pensait l’infestation n’était pas si horrible pour les hôtes. En tout cas, c’est ce que disaient tous les cours de l’empire. Tom devait être juste être un cas à part. Comme moi il était sans doute beaucoup trop sensible et faible. Jack se débâtit mollement et je décidai de me reconcentrer sur mon fardeau.

Je remarquai qu’aussi lourd qu’il m’avait semblé tout à l’heure, il était bien maigre pour un humain de son âge. Depuis combien de temps vivait-il avec ce secret ? Tom pendant ce temps sous le coup de la surprise, s’était tu. Il se demandait avec un mélange d’espoir et d’inquiétude ce que j’étais en train de faire. Comme ça, nous étions deux.

Une fois revenu dans ma chambre, j’attachai Jack aux tuyaux du radiateur avec les menottes. Maintenant il n’y avait plus qu’à attendre que l’effet de la drogue se dissipe. Je rendis brusquement à Tom le contrôle de son corps pour la première fois depuis cette nuit fatidique. Il vacilla sous la surprise.

— Qu’est ce ….va.. fait ? Prononça Tom difficilement.

Lors des longues périodes où il n’avait pas le contrôle les schémas neuronaux qui lui permettait de coordonner ses muscles pour parler ou se déplacer s’effaçait et il avait besoin d’entraînement même pour les actions les plus simples. C’était comme sortir du coma après une longue période. Mais étant dans sa tête je compris néanmoins sa question.

— (Ce que je vais lui faire ? Si je le savais moi-même. Occupe-toi de lui pendant que j’y réfléchis. Tout ce que je te demande c’est de ne pas toucher aux clés de ses menottes. Je te préviens Tom. À la moindre tentative de me désobéir, je reprends le contrôle et je l’emmène illico-presto à la piscine.)

— (Merci) Dit-il en ressentant un intense soulagement

— (Oui bon ça va. Je peux encore changer d’avis) fis-je gêné.

— (Menteur) me répondit-il timidement.

Pourquoi avait-il fallu que j’aie un hôte aussi insolent ? Mais après coup en se rendant compte de ce qu’il venait de dire il se mit à me supplier en tremblant. Je me rendis, alors compte qu’en quelques jours tous les progrès que j‘avais réussis à obtenir ses dernières semaines avaient été effacés.

Pendant les deux heures qui suivirent Tom épongea le front de son frère et répondit à ses murmures en lui demandant pardon.

— (Tom ce n’est pas de ta faute s’il est dans cet état. C’est moi qui ai décidé de le droguer)

Mais il ne me répondit pas. De toute manière il n’en avait besoin vu que je lisais dans ses pensées. Pour lui c’était de sa faute s’il avait suivi cette fille et s’était fait infesté. C’était de sa faute si je m’étais rendu compte que Jack savait pour l’invasion yeerk. C’était de sa faute s’il n’avait pas pu résister à mon control. Et il se faisait une bonne dizaine d’autre reproche tous plus stupide les uns que les autres. Il était décidément bien différent du Tom confiant et sûr de lui que je voyais dans ses souvenirs.

Mais au bout d’un moment Jack se tut. Tom (et moi à travers lui) l’observa attentivement la peur au ventre. Est-ce qu’il faisait une overdose ? Et que faire si c’était le cas ? On ne pouvait pas juste l’emmener à l’hôpital. Mais je remarquai alors qu’il ouvrait les yeux de temps en temps et qu’il bougeait très légèrement ses bras. Le petit filou. Il faisait semblant d’être encore dans les vapes tout en essayant de trouver une issue. Il devait être terrifié. Je repris les commandes.

— Jack. Je suis Thévenin789, le yeerk de votre frère. Je sais que tu es réveillé. Inutile de faire semblant. Je ne veux pas te faire de mal. Je veux juste te parler.

— Tu veux qu’on parle ? Libère mon frère saloperie et après peut être que je prendrai le temps de t’écouter avant de t’écraser. Hurla Jack en se redressant.

— (C’est un lion ton frère) commentais-je par la pensée.

Puis dans une volonté d’apaisement j’accédai à sa requête et libéra son frère de mon control. Tom mit quelque seconde à comprendre qu’il avait le contrôle puis il se précipitât sur son frère pour tenter de lui faire un câlin, mais à la grande horreur de Tom celui-ci se mit à crier et tenta de le repousser.

— C’est moi Tom, n’ait pas peur. Dit-il en tentant de le serrer davantage contre lui.

— (Tu vois bien que tu le terrifies, lâche-le tout de suite avant qu’il ne rameute tout le quartier). Lui ordonnais-je.

À contrecœur il se recula, s’assit par terre en face de lui et déclara :

— C’est moi Tom. Thévenin m’a laissé le contrôle.

— Et tu penses que je vais te croire sale monstre. Répondit-il en criant.

Puis il se mit à vomir. Il essaya de mettre sa tête en avant mais à cause des menottes, il ne put se pencher comme il le voulait et une grande partit atterri sur son jean.

— Qu’est-ce que tu m’as fait saloperie ? Pourquoi je me sens aussi mal. Dit-il avec inquiétude.

— Ce n’est rien nain. C’est la drogue que Thévenin a mise dans ton jus d’orange qui fait encore effet. Dans une heure ou deux tu ne ressentiras plus rien.

— C’est censé me rassurer ?

Tom ne dit rien et partit chercher une bassine et de quoi nettoyer les dégâts que Jack avait causés dans la salle de bain mitoyenne à leur deux chambre. Une fois le vomit nettoyé, il lui tendit MA boite de biscuit en disant :

— Tiens mange tu dois avoir faim.

Il commença à en prendre un, puis le reposa le regard rempli de suspicion.

— Et si tu me disais plutôt ce que tu vas faire de moi ? Demanda Jack.

Je repris le contrôle pour lui répondre.

— C’est de nouveau moi Thévenin. Ça va dépendre de si tu coopères ou non.

— Jamais je ne coopérais avec les yeerks. Plutôt crever.

— Si tel est ton désir c’est effectivement ce qu’il risque de se produire. Le mis-je en garde.

Après cette dernière réplique il garda le silence en me lançant un regard de pur haine.

— (Inutile de le menacer) me reprocha Tom.

— (Et comment je fais pour le convaincre de n’en parler à personne sans lui faire peur ? Dois-je te rappeler ce qui se passerait si visser-3 apprenait ce qui se passe ici ?)

— (Dis-lui juste la vérité. Il est intelligent, il comprendra. Après tout, jusqu’à présent il a su garder le secret.)

— (Ça c’est toi qui le dit.)

— (De toute façon à un moment il va bien falloir que tu le relâches. Tu ne peux pas le séquestrer à vie.)

Je me mis à réfléchir à cette possibilité.

— (Tu ne vas pas faire ça quand même ?) S’inquiéta Tom.

— (Non ! Bien sûr que non que je ne vais pas faire ça. Mais tu as raison)

— Écoute oublie ce que je viens de te dire. Je ne veux pas te faire de mal. Je veux juste te parler. Déclarais-je à Jack.

— Je ne sais pas pourquoi j’ai du mal à te croire. Ah ! je sais. C’est parce que tu m’as enchaîné, drogué et menacé de me tuer.

— Marco a une mauvaise influence sur toi. Écoute si tu me promets de m’écouter et de ne pas t’enfuir en courant je vais te détacher. Et pour ce que ça vaut je suis désolé pour la drogue et les menaces. Je n’aurais jamais dû faire ça.

Il me regarda faire avec un mélange d’étonnement et de méfiance. Une fois détaché il se leva puis se frottât les poignets et regarda la porte avec un peu trop d’insistance. Par réflexe, je me déplaçai avec un peu trop d’empressement entre lui et la sortit. Ce qui déclencha un nouveau silence gênant entre nous deux. Encore une fois je pris l’initiative.

— Bon je ne sais pas ce que tu sais, ni comment tu l’as appris, mais je suppose que tu as beaucoup de question ?

— Tu ne m’as toujours pas dit ce que tu allais faire de moi.

— Rien. À condition que tu n’en parles à personne et que tu ne tentes rien de stupide contre moi ou d’autre yeerk.

— Et sinon ?

— Sinon les autres yeerk apprendront que tu es au courant pour l’invasion, t’infecteront de force, fouilleront ta mémoire pour savoir qui d’autre est au courant et les infecteront à leur tour. Puis ils verront que je ne t’ai pas moi-même emmené à la piscine alors que j’étais au courant et je serais sans doute tué. Et vu que cette dernière possibilité à l’air de te réjouir sache que cela aura pour conséquence que Tom sera transféré à un yeerk probablement moins accommodant que moi.

— Pourquoi tu ferais ça ? Tom te résiste tellement que tu es prêt à risquer ta vie pour qu’il coopère ?

— Mes motivations ne te regardent pas. Répondis-je sèchement, en commençant à rougir.

Je remarquai qu’à cette dernière tirade de Jack, Tom avait commencé à déprimer. Je n’avais vraiment pas besoin que Tom retombe dans ses idées noires en plus du reste. Je lui expliquai donc :

— (Tom il n’y a rien de mal à coopérer. C’est même tout le contraire. Et si ça peut te remonter le moral, tu as résisté à Temrash114 beaucoup plus longtemps qu’un humain n’ait censé le faire d’après mes cours).

— (Oui, il n’y a vraiment aucun mal à te laisser utiliser mon corps pour condamner des inconnus à l’enfer, contre un peu de confort. Je ne suis tellement pas à la hauteur.)

— (L’infestation n’est pas si horrible. C’est même une chance pour ton espèce.) Devant l’accès de diatribe qu’il m’envoya en réponse, je coupai :

— (On a déjà eu ce débat des milliers de fois et ce n’est pas le moment. De toute manière combien de personne est ce que j’ai réussi à recruter pour le moment ?)

— (Zéros) répondit-il de mauvais cœur

— (Et combien de personne pense tu que je vais arriver à recruter ?)

Il sourit mentalement en repensant à mes piètres performances. Je trouvais toujours très désagréable l’hilarité que provoquaient chez lui mes tentatives de recrutement, mais s’il fallait cela pour lui remonter le moral, alors soite. Mais il répliqua malgré tout :

— (D’accord, je reconnais que tu n’essayes pas vraiment de faire des recrutements.)

Au contraire, j’essayai de toutes mes forces, pensais-je avec amertume. Cependant, je n’étais pas plus doué pour établir des relations avec les humains, qu’avec les autres yeerks. D’habitude, j’en étais plutôt fière. L’empire a suffisamment de beaux parleurs qui passent tellement de temps à ciré les pompe de leur supérieur qu’ils en oublient comment tenir un rayon Dracon. Mais pour cette mission, mes compétences militaires se révélaient bien inutiles. Je me consolais en me disant que dès que l’invasion de la terre serait terminée, je pourrais en finir avec toutes ses simagrées. Mais pendant que je réfléchissais Tom poursuivit sa réponse :

— (Mais il suffirait d’un seul. Et puis même si ce n’est pas toi qui fais les recrutements, tu n’as pas hésité à aider un autre yeerk à forcer la tête de cette enfant dans la piscine. Elle n’avait que 7 ans bordel. Je l’entends encore crier toutes les nuits)

— (Merci, je suis au courant. Moi non plus je ne peux pas dormir lorsque tu fais des cauchemars. Écoute, je ne pouvais pas refuser d’aider Aftran942 et Estril731 à les infecter. Déjà, parce que j’ai servi plusieurs années avec Estril731 et que je lui devais bien ça, mais surtout parce que le père de la fille possède UniBank. C’est une cible trop importante pour que les yeerks l’ignorent plus longtemps. Ils auraient été infectés tôt ou tard et il vaut mieux que la fillette hérite d’un yeerk comme Aftran942 qui veut juste éviter de se retrouver au milieu des combats. Et puis qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? Qu’est-ce que cela aurait changé au résultat si j’avais protesté ?)

— Je peux partir ? Demanda Jack.

— Tu demandes ma permission ? C’est bien, tu ferais un bon hôte. Remarquais-je pour le féliciter. Mais il se renfrogna immédiatement et partit furibond en me poussant de la sortie avec son épaule. Décidément, qu’il était compliqué d’interagir avec des humains dont on ne pouvait pas lire les pensées.

— Attends ! Criais-je au dernier moment.

— Quoi encore ?

— Je. Tu ne vas en parler à personne ? Lui demandais-je avec hésitations.

— À qui voudrais-tu que j’en parle ? Les chances de tomber sur un contrôleur sont trop importantes. Et puis qui me croirait ? Par contre Tom, je te jure que je n’abandonnerais jamais. Un jour, je trouverai un moyen de te libérer. Quoi qu’il te fasse subir garde espoir.

Puis il s’en alla sans attendre de réponse de ma part. Je l’entendis courir dans les escaliers pour sortir de la maison le plus vite possible. Je poussai un soupir et réfléchis à ce qui venait de se passer. J’imagine que ça pouvait difficilement mieux se passer. Mais le résultat n’était qu’à moitié satisfaisant. Au moins, il semblait avoir compris qu’il ne devait en parler à personne. Cependant, ma compréhension limitée des humains, me faisait douter même de cela. Ils réagissent tellement bizarrement des fois. Je décidai de demander son avis à Tom.

— (Est-ce que tu penses qu’il va nous trahir ?)

— (Évite de dire nous. C’est après toi qu’il en a, pas moi.) répondit Tom.

— (S’il parle, tu seras tout autant que moi dans la merde)

— (Il ne fera rien de stupide. Il a bien compris la situation. Par contre si j’étais toi, je ferais gaffe à mes grosses fesses baveuses)

— (Je n’ai pas de fesse.)

— (C’est une expression, je voulais … Attends, ça veut dire que vous ne faites pas... Tu sais ?)

— (Nous ne produisons pas d’excrément. Dans le cas contraire, nous endommagerions vite le cerveau de nos hôtes. Et avant que tu demandes nous ne produisons pas non plus d’urine)

— (Ne mets pas de telle idée en tête)

— (Mais c’est toi qui demandes. Enfin, peu importe. Il faut que l’on trouve un moyen pour qu’il renonce à essayer de te libérer. Si je dois être en permanence sur mes gardes en sa présence, ça va vite devenir insupportable.)

— (Bonne chance. Je le connais, il est têtu comme une mule. Tant que tu seras dans ma tête, il ne croira rien de ce qui sort de ma bouche)

Première nuit Jack

Je passai le reste de la journée à la maison.

J’avais d’abord profité de l’une des rares fois où j’avais la maison pour moi tout seul pour regarder fixement l’aquarium et toucher les différents tapis (j’aimais leur texture et suivre les différentes lignes qui formaient leur mosaïque). J’adorais ça, mais c’est l’un des comportements qui avait poussé les parents de Tom à m’envoyer chez ce psychiatre. Et puis lorsque je le faisais Tom poussait de longues plaintes d’ennui. D’après lui un adolescent avait des choses bien plus amusantes à faire lorsqu’il avait la maison pour lui tout seul (ce que j’avais beaucoup de mal à concevoir). Mais là, j’estimai que j’avais le droit à une récompense et de toute façon, il n’osait pas me contrarier de peur des conséquences que cela pourrait avoir sur son frère (sur le long terme, ça risquait de compliquer encore nos relations, mais je verrais ça plus tard).

Une fois ses parents rentrés, je me réfugiai dans ma chambre pour faire les devoir de Tom, puis pour lire les livres de zoologie que j’avais emprunté à la bibliothèque. La terre était vraiment une planète fascinante et je ne me lassais pas d’en apprendre plus sur les animaux qui la composaient.

C’est l’un des rares aspects de ma vie de soldat que j’ai toujours apprécié. Découvrir la faune d’une nouvelle planète. Même après plusieurs décennies, je ne me lassais pas de l’incroyable diversité qu’offrait l’univers. Même après avoir parcouru des dizaines de planètes, je n’avais pas trouvé deux biosphères qui se ressemblaient un tant soit peu. En plus, ses rares moments d’exploration étaient les seuls où mon ancien hôte hork-bajir ne m’affrontais pas. Il appréciait autant que moi ses instants.

Malheureusement à l’émerveillement succédait toujours la douleur. L’empire n’envoyait pas ses divisions dans des lieux de villégiature. Très vite, de gigantesques installations minières et industrielles y étaient implantées afin de soutenir l’effort de guerre. La faune était réduite au minimum nécessaire pour permettre la survie des millions d’esclaves faisant tourner les usines. De toute façon, je devenais trop occupé à surveiller les esclaves (ou les hôtes pendant que leur yeerk se nourrissait) pour pouvoir consacrer du temps à ce genre de loisir. Et puis immanquablement, aussi reculés qu’étaient nos colonies, tôt ou tard les andalites débarquaient et la planète devenait un vaste champ de bataille, jusqu’à ce que les conséquences des combats l’aient rendu inhabitable. J’espérais que la terre ne connaîtrait pas ce triste sort.

Je sortis de mes rêveries lorsque j’entendis :

— Tom descend. C’est l’heure de manger.

— J’arrive tout de suite maman.

Je descendis dans le salon et m’installai à ma place. Papa récita le bénédicité puis nous commençâmes à manger sans prêter la moindre intention à l’absence du nain.

— Jack ne mange pas avec nous.

— Non. Il passe la nuit chez Marco. Il m’a appelé plus tôt pour me demander l’autorisation.

Extérieurement, je continuai à manger comme si de rien n’était, mais intérieurement, je m’agitai. Est-ce que je devais m’en inquiéter ou non ? Ma peur devait être suffisamment forte pour que Tom la ressente, car il dit.

— (Après ce qu’il s’est passé il n’y a rien d’inquiétant à ce qu’il ne veuille pas dormir à la maison. Encore une fois, il est intelligent. Il ne tentera rien de stupide. Et même s’il en a parlé à ses amis comme tu le penses, qu’est-ce que ça change ? Je te parie tout ce que tu veux qu’il le prenne pour un fou.)

J’imaginai le nain en train d’essayer d’expliquer à Marco qu’un extraterrestre avait pris la place de son frère, puis l’avait drogué et menotté pour finalement le relâcher sans lui faire le moindre mal. Même moi, j’avais du mal à croire que j’avais vraiment fait ça. Malgré ma maladie jusqu’ici, je n’avais jamais eu le moindre problème à faire ce qui était nécessaire pour survivre. Et j’avais dû faire des choses bien plus terribles que de transformer un enfant en contrôleur. Encore une fois, peut-être que je vieillissais. Ou peut-être que c’est cette planète qui me ramollissait. C’est la première fois que j’étais autre chose qu’un soldat.

Jack ne dormit pas non plus à la maison la nuit suivante. Mais lundi, sa mère insista pour qu’il rentre. Tout le long du repas, il tenta de paraître normal, mais je le surpris à me lancer des regards inquiets. Je décidai de l’ignorer et d’espérer que le problème se résolve de lui-même. Mais en revenant de ma sortie au terrain de basket, je vis une légère lueur dans sa chambre. De toute évidence, il ne dormait pas. Je fouillai dans les anciennes affaires de Temrash114 et une fois que j’eus trouvé ce que je cherchai, je frappai à la porte de Jack. Il n’y eut pas de réponse.

— C’est moi Thévenin. Je sais que tu es debout.

— Qu’est-ce que tu veux ? Demanda-t-il avec une voix plein de défis.

— J’aimerais parler de ton comportement. Tu n’agis pas du tout normalement et tu vas finir par attirer l’attention sur nous.

— Laisse-moi tranquille. J’essaye de dormir.

— Mais tu ne dors pas. Tu as peur de moi. Encore une fois, je te félicite s’est une très bonne réaction à avoir pour un futur hôte, mais si tu n’es pas plus courageux, je vais être contraint de prévenir les autres yeerk pour que l’on t’emmène à la piscine de force et espérer que ma punition ne soit pas trop lourde.

Tom se fit mentalement un facepalm, pendant qu’un flow d’injure me parvint de l’autre côté de la porte.

— (Laisse-moi lui parler, tu ne fais qu’aggraver le problème) me demanda Tom.

— (Qu’est-ce que tu racontes ? Je gère parfaitement la situation)

— (Thévenin s’il te plaît, laisse-moi faire.) Insista t’il.

Je poussai mentalement un soupir et décidai de céder au caprice de mon hôte. Après tout accéder à ce genre de demande ne pouvait qu’améliorer notre relation.

— Hé le nain. C’est moi, Tom, Thévenin m’a laissé le contrôle.

— J’y croirais le jour où tu ne seras plus dans la tête de Tom. Répondis Jack avec hargne.

— Je m’en doute et quelque part, j’en suis content. Tu ne peux pas imaginer le cauchemar que ça a été de voir mon ancien yeerk, se faire passer pour moi et que personne ne voit la différence. De petit à petit perdre tout espoir que quelqu’un remarque quelque chose et me vienne en aide. Les premiers jours, j’étais persuadé que maman s’en rendrait compte, qu’elle appellerait le FBI et que je reprendrais ma vie comme avant. C’était ça qui me faisait tenir. Je me forçais même à suivre l’ennuyeux cours de math à travers les yeux de mon yeerk pour ne pas prendre du retard. Le pire moment ça a été quand j’ai compris que ça n’arriverait pas.

À travers la porte, j’entendis Jack renifler. J’attendis en silence jusqu’à ce qu’il dise :

— Pourquoi tu fais ça ? Ça t’amuse de me faire souffrir ? C’est ça, tu veux juste t’amuser un peu avec ta proie avant de me livrer. Tu peux arrêter, je sais que je ne fais rien pour l’aider. Que je ne fais toujours rien. Pas besoin de me culpabiliser davantage.

— T’as toujours été trop responsable. Tu as fait beaucoup plus que tu ne le crois. J’étais persuadé que sérieux comme t’étais, tu rejoindrais le partage. Tu ne peux pas savoir à quel point ça m’a rendu heureux lorsque tu as rembarré Temrash. C’est le nom de mon ancien yeerk. Celui avant Thévenin, rajoutais-je précipitamment.

— Je sais.

— Comment tu peux savoir ça ? Demandais-je surpris et je sentis la pression de Thévenin dans mon esprit se faire plus forte. Lui aussi ça l’intéressait.

Mais Jack esquiva rapidement la question en déclarant.

— C’est grâce à toi. J’ai vu ton signal à la soirée barbecue du partage. Je sais que tu l’as payé très cher.

À l’évocation de se souvenir, j’eus un flash-back. Il y a quelques mois, Temrash114 avait réussi à convaincre Jack et ses amis de venir à une fête organisée sur la plage par le ‘partage’(l’association de bienfaisance qui servait de couverture aux yeerks pour recruter de nouveau hôtes). Au moment où Jack avait semblé convaincu de venir à une réunion, j’avais réussi brièvement à reprendre le contrôle de son visage.

Une fois qu’il eut repris le contrôle Temrash114 m’avait torturé pendant une semaine pour me faire payer mon acte de rébellion. Jack ne savait rien de ce que m’avaient coûté ses quelques secondes où j’avais réussi à reprendre le contrôle et je voulais que ça continue. Thévenin me fit ce qu’il appelait un câlin mental et chassa le souvenir. La sensation ressemblait effectivement beaucoup à celle d’un câlin, mais avec un effet tranquillisant en plus. Pour une fois, je m’y blottis sans résistance. Cette semaine à souffrir en silence dans ma propre tête tout en voyant ma famille et mes amis rire comme si de rien n’était, avait été le pire moment de ma vie.

— (Au moins, maintenant, tu sais que ça a servi à quelque chose. Au moins lui, tu as pu le sauver). Me réconforta Thévenin.

Pour la énième fois, je sentis un sentiment de reconnaissance envers lui. Je savais que je ne devrais pas. Je savais que tout ça, c’était en partie de sa faute. Je savais qu’il faisait certainement partie des gardes de piscine qui avait ignoré mes plaintes puis m’avait forcé à retourner vers cet enfer les deux fois où Temrash114 avait dû interrompre ses séances pour aller manger dans la piscine (tout en me noyant à moitié au passage).

— (Tu ne m’as jamais dit que tu m’en voulais pour ça. Je comprends ce que tu ressens, mais comment j’aurais pu savoir ? Et quand bien même qu’aurais-tu voulu que je fasse ?)

Je n’avais aucune envie de me lancer dans ce débat ce soir et puis Jack devait commencer à trouver bizarre que je ne dise rien.

— (On en reparlera une autre fois). Me précisa Thévenin.

— Ça va ce n’était pas si terrible. Mentis-je. Et si tu l’as remarqué, alors ça valait le coup. Ne voulant plus me rappeler de cette période, je changeai rapidement de sujet. Écoute. Moi non plus à ta place, je ne pourrais pas dormir à l’idée de me retrouver de nouveau impuissant face à ce monstre et de me réveiller en ayant perdu le contrôle de mon corps.

— (Hé je ne suis pas un monstre.) J’ignorai le commentaire de Thévenin.

Jack ouvrit finalement sa porte.

— Ça va. Tu ne me fais pas peur.

Sa gestuelle démentait ses paroles.

— Ça va le nain. Je te connais par cœur. Tu ne peux rien me cacher.

Je tentai de lui ébouriffer les cheveux, mais il se recula. Je ne fis aucune remarque et continuai.

— Et si tu n’avais pas peur, je remettrais sérieusement ta santé mentale en question. Écoute Thévenin est bizarre, même selon les standard yeerk, mais il n’est pas méchant. Il ne se rend pas compte de ce qu’il fait. Enfin, je crois.

— (Je ne suis pas sûr de devoir bien le prendre) Commenta Thevenin dans ma tête.

Encore une fois, j’ignorai le commentaire de Thévenin et sorti de ma poche les appareils que Thévenin avait cherchés tout à l’heure.

— Bref, il ne voulait pas te menacer. Il voulait juste te donner ça. C’est une alarme à détecteur de mouvement. Temrash114 l’a reçu d’un de ses sous-fifres qui travaille à la police. Il l’utilisait pour sécuriser les pièces où ils se réunissaient pour comploter et s’approprier les promotions. Si tu la places devant ton lit, tu seras immédiatement réveillé si quelqu’un rentre ou s’approche de toi. Fais juste gaffe à ce qu’Homère ne l’active pas par erreur ou tu devras expliquer à papa comment tu l’as obtenue (Homère était le chien de Jack).

Il prit l’alarme, l’examina et dit :

— Ça ne change rien. Je ne te fais toujours pas confiance et je sais que tu fais semblant de te comporter comme Tom.

— Bonne nuit Jack.

— Bonne nuit Tom. Si tu m’entends encore là-dessous.

Puis il rentra dans sa chambre et j’espérais que dorénavant qu’il arriverait à dormir. Juste avant de sentir la désagréable sensation de Thévenin me chassant violent vers les tréfonds de mon esprit. Même après tout ce temps, je ne parvenais pas à m’habituer à cette sensation. Mon corps se mit alors à bouger tout seul en direction du lit de ma chambre.

— (Ne t’inquiète pas pour lui. Tu as fait tout ce qui était possible pour l’aider. Et puis ses nuits ne peuvent pas être plus agitées que les tiennes)

— (Je ne m’inquiète pas. Il est fort. Plus qu’il ne le croit)

Timmy

— (Tom, arrête de te comporter comme un idiot). M’énervais-je

— (Insulte-moi autant que tu veux, c’est hors de question) me répondit Tom avec insolence, mais sans la moindre peur pour une fois.

— (Mais pourquoi ? Je ne te demande même pas de devenir un hôte volontaire. Juste de faire semblant.)

— (C’est quoi la différence ?) répondit Tom sur un ton que j’identifiai, maintenant comme du sarcasme.

— (Tu n’as pas à soutenir l’invasion, juste …)

— (Juste à me comporter comme si c’était le cas en permanence) m’interrompit-il.

— (Pas en permanence. Juste lorsque je me nourris à la piscine. Le reste du temps, je garderai le contrôle)

— (Votre seigneurie est trop bonne. J’ai le droit de ne pas être d’accord dans ma tête du moment que j’obéis comme un toutou bien dressé)

— (Et alors ? À quoi ça sert de toute façon de jouer les rebelles devant les gardes ? J’ai été garde et je peux t’affirmer que votre résistance ne nous fait ni chauds ni froids. La seule différence, c’est que tu reviens couvert de bleus et de cicatrices à chaque fois. Un jour, quelqu’un va les remarquer)

— (Je te signale que c’est ça le but. Si on fait tout ça, c’est pour que quelqu’un remarque les traces et se pose des questions)

— (Je croyais que c’était pour que votre yeerk soufre en récupérant votre corps abîmé.)

— (Oui, il y a ça aussi.)

— (Enfin bref, ça n’a pas de sens. Tu veux vraiment me faire souffrir ? Tu tiens vraiment à ce que l’on se fasse remarquer et à ce que je ne sois plus ton propriétaire ?)

— (Je ne suis pas ta propriété) Répondit Tom, mais je vis clairement dans son esprit que la réponse à ses deux questions était : non.

— (Regarde comme les hôtes sont heureux ici) Rajoutais-je en montrant du bras la zone des volontaires que j’avais décidé de présenter à Tom après avoir une énième fois récupéré son corps dans un état lamentable. À mon grand étonnement, j’avais l’impression que plus il allait mieux, plus il résistait fortement aux gardes. Les humains n’ont vraiment aucune reconnaissance.

— (Contrairement à ses traîtres, je ne suis pas un chien que l’on peut acheter avec un peu de confort)

— (Ce ne sont pas des traîtres. Juste des humains raisonnables)

— (Ils aident les yeerks à asservir l’humanité. Ils vendent leurs voisins et leur famille aux yeerks. Puis ils passent devant leur cage sans leur adresser un regard. Ils ne valent pas mieux que les yeerks)

— (Tu parles sans savoir. La vérité c’est que les humains…)

Mais je fus interrompu par un garçon de sept ans, vêtu d’un costume 3 pièces et d’une grosse gourmette en or, qui me demanda avec timidité :

— C’est toi Thévenin789 ? On m’a dit que tu avais changé d’hôtes.

— (Tient voilà un bon exemple d’hôte volontaire.) explosais-je à Tom.

— (C’est surtout un bon exemple que vous êtes des êtres immondes qui vous en prenez aux enfants)

— (Intéressant. Nous en reparlerons ? Tout à l’heure)

— Bonjour, Timmy. Oui, c’est bien moi. Répondis-je à l’enfant.

— Je peux te demander quelque chose ?

— Oui ! Répondis-je exaspéré par sa timidité à chaque fois qu’il s’adressait à moi.

— Tu pourrais échanger ton tour de repas avec mon yeerk ? Maintenant, c’est jera456. Ça retardera ton repas que de 4 heures.

— Pourquoi ? Et d’ailleurs pourquoi, c’est toi qui me le demandes et pas ton yeerk ? L’interrogeais-je, peu enthousiaste à cette idée.

— Heu. Il y a eu une erreur dans le planning. Son tour de repas tombe en même temps que celui de mes parents. Enfin des yeerks de mes parents. Se reprit-il aux derniers moments.

— Une erreur. Vraiment ?

Le garçon se dandina mal à l’aise en baissant les yeux sur le sol. Je poussai un soupir.

— Tu sais que Jera456 te punira lorsqu’il comprendra que tu l’as empêchée une fois de plus de synchroniser ses heures de repas sur celui de son triple ?

Il continua de plus belle sauf que des larmes commencèrent à perler sur ses yeux.

— Arrête ton cinéma. Ce genre de manipulation fonctionne peut-être avec des yeerk plus faible, mais pas avec moi. Cependant, j’accepte à condition que tu fasses quelque chose pour moi.

— Tout ce que tu veux. Répondit-il avec enthousiasme.

— Enlève tes vêtements.

— (Quoi ?) s’exclama Tom.

Cela doucha l’enthousiasme du gamin.

— Pourquoi tu veux que je fasse ça ?

— Mon hôte est un involontaire et je veux lui donner une leçon sur l’infériorité des humains.

— (Je ne sais pas ce que tu veux prouver, mais tu n’as pas besoin d’humilier le gosse pour ça)

— (Si. Les humains sont plus visuels qu’intellectuel. Vous avez besoin de voir pour comprendre. Cela n’a rien d’étonnant étant donnée à quel pont votre sens de la vue est développé)

Pendant ce temps, le garçon hocha la tête puis avec réluctance, il se mit torse-nu et se tourna dévoilant un dos marqué par un nombre incalculable de cicatrice de ce qui semblait être des coups de ceintures et des brûlures.

— (Comment vous pouvez être aussi monstrueux ? Faire ça à un gosse, juste pour qu’il accepte d’obéir sans résistance. C’était quoi le but ? Me montrer que tous les volontaires ne sont pas des salops et que certains ont de bonnes raisons de coopérer. Qu’il n’y a pas de honte à se rendre après un certain stade ?)

— (Idiot)

— (De quoi ?)

— (Tom, je vois dans ton esprit qu’au fond de toi, tu as déjà compris, alors arrête de te voiler la face.)

Je fis défiler dans notre conscience commune le souvenir que j’avais de la première venue de Timmy à la piscine.

À l’époque, il était accompagné de ses deux parents qui avaient été infectés très peu de temps avant lui. Dès que ses parents furent libérés de leur yeerk, je dus les ceinturer pour les empêcher de se jeter sur leur fils. Dans la manœuvre, j’abîmai sans le faire exprès la montre à 500 000 dollars que le père portait. Mais cela ne les empêcha pas d’insulter leur fils tout du long. Une fois le gamin libéré à son tour de son yeerk, il resta en pleurs sur le quai de déchargement et je dus le prendre par la main pour l’emmener dans la zone des volontaires. Ses parents l’avaient insulté de traître, car après avoir découvert l’existence des yeerk, il avait accepté de se faire infester au lieu d’essayer de trouver de l’aide.

Une fois dans la zone des volontaires, je fus contaminé par les instincts maternels de mon hôte. Et puis, il aurait dérangé les autres hôtes et c’est moi que le sous-visser aurait engueulé. Je passai donc les deux prochaines heures à le consoler et à m’occuper de lui. Il avait 5 ans. Il me raconta avec ses mots d’enfant :

— un mois, plus tôt, mes parents ont été remplacés par des gentils. Alors il y a 3 jours, j’ai demandé si un jour mes vrais parents reviendraient. Je ne voulais pas que ça arrive. J’aimais bien les nouveaux, moi. Alors les faux, ils m’ont emmené ici. C’est très grand et très effrayant et c’est rempli de monstres comme toi. Mais ils m’ont dit qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que les monstres, ils sont gentils. Qu’il ne faut pas avoir peur. Moi, je n’ai pas peur. Sauf du cheval bleu, lui, il fait très peur. Ils m’ont emmené dans le lac magique et depuis j’ai un yéyé dans la tête. Au début, je n'aimais pas ça et je voulais qu’il parte. En plus, il était effrayant et il avait l’air méchant. Mais en fait, il est très gentil. Sauf quand je suis un mauvais esclave. Ça veut dire quoi esclave ? Mais depuis que j’ai un yéyé dans la tête mes parents, ils m’aiment, alors je ne veux pas qu’il parte.

J’interrompis le souvenir.

— (Après ce jour-là, son yeerk, c’est arrangé pour décaler ses jours de repas pour qu’il ne tombe plus en même temps que celui des yeerk de ses parents. Mais il a gardé cette mauvaise habitude de venir me déranger pendant mon travail)

— C’est bon, tu peux te rhabiller. Indiquais-je à Timmy.

Il s’exécuta avec empressement en récitant :

— On est heureux de servir l’empire.

— C’est Jera456 qui t’a appris à dire ça ? Demandais-je surpris.

— Oui. Il ne faut pas ?

— Non. C’est très bien ? Tu es un très bon hôte.

— (Tu me donnes envie de vomir) Commenta Tom.

— (Arrête, de voir des humiliations partout, c’est juste une vielle formule de politesse. On ne demande plus aux hôtes de l’employé depuis au moins 50 ans, mais Jera456 a le droit d’être vieux jeu)

Pendant que je conversai intérieurement Timmy se mit à babiller très rapidement :

— Vraiment ? Jera456 dit que si je continue comme ça quand je serais grand, je pourrais travailler dans la fabrique de vaisseau du sud. Jera456 avait une mission là-haut. Il avait besoin d’un corps petit comme le mien pour faire une réparation. Lui, il n’a pas aimé. Il a dit que c’était indigne d’un yeerk de son rang et que visser-3 cherchait à l’humilier à cause de ses liens avec Visser-one. Moi j’ai adoré. Les vaisseaux sont énormes avec plein de lumière dans tous les coins. Tu crois qu’un jour, je pourrais prendre un vaisseau comme celui-là ?

— Oui bien sûr. Mais je ne te le souhaite pas. Ce sont des vaisseaux de guerre. Les endroits où ils vont sont vraiment moches et le quartier des hôtes y sont très spartiates. En fait, je crois même que dans les derniers modèles, il n’y a plus de quartier pour les hôtes volontaires, mais juste des cages. Bon, je dois y aller maintenant. Au revoir Timmy.

— Non pas déjà. Tu joues avec moi ?

— Non.

— Allez. S’il te plaît.

— Non. Va plutôt voir gallac852. C’est lui qui me remplace comme garde. Répondis-je en commençant à avancer vers la sortie.

— Mais moi, c’est avec toi que je veux jouer. Tu m’aimes plus c’est ça ? Me demanda Timmy les larmes aux yeux.

Mais pourquoi diable avais-je décidé de venir dans le quartier des volontaires.

— (Prononce un seul commentaire et je te jure que tu le regretteras) adressais-je à Tom

Avec une grande honte, je pris l’enfant dans mes bras et je commençai à lui chanter une chanson en galard, tout en le berçant. Une fois qu’il fut calmé, je m’agenouillai devant lui et lui dit :

— Mais non. Je t’aime toujours. C’est juste que maintenant, je ne suis plus garde.

— Et alors ?

— Et alors, je t’en ai parlé la dernière fois. Maintenant, je dois respecter l’emploi du temps de mon hôte. Je n’ai plus le temps de m’occuper de toi comme avant.

— (On a tout le temps, papa Thévenin) commenta Tom.

Je lui fis mentalement les gros yeux.

— (Quoi ? Techniquement, ce n’était pas un commentaire) se défendit Tom.

— Bon d’accord, mais juste 5 minutes. À quoi tu veux jouer ?

Trois heures plus tard, je pus enfin quitter le QG lorsque gallac852 vint annoncer à Timmy que son yeerk avait fini de se nourrir et qu’il devait se rendre au quai le plus vite possible.

En le regardant partir en sautillant Tom commenta :

— (Pauvre gosse. Après avoir subi ses parents, il doit subir les yeerks)

— (Tu trouves qu’il a l’air malheureux ?) répondis-je blessé suite à la remarque de Tom.

— (Si tu ne vois pas en quoi la situation est malsaine, je ne peux rien pour toi. D’ailleurs, tu n’avais pas besoin de l’humilier tout à l’heure)

— (En quoi l’ai-je humilié ?)

Tom surprit par ma question ne sut quoi répondre et je dus lire la réponse dans son esprit.

— (Oh ! Je ne pense pas que ça le gêne d’être exposé ou que je lui rappelle que les humains sont inférieurs aux yeerk. Il a conscience de son statut d’esclave et est habitué à être traité comme ça. Par contre, je n’avais jamais pensé qu’il pourrait avoir honte de ses cicatrices. Ça expliquerait pourquoi il garde des vêtements amples même en été. Comment je pouvais deviner ? Il ne m’a jamais rien dit et j’ai toujours cru que les humains étaient fiers de leurs cicatrices)

— (Et tu trouves que c’est bien qu’il ait l’habitude de ça ?)

— (Tu aurais préféré qu’il reste avec ses parents maltraitant ?)

— (J’aurais préféré que la police foute ses salops en taule et qu’il soit adopté par une famille aimante)

— (Et moi, j’aimerais la paix dans la galaxie, un générateur à Kandrona personnelle et pouvoir m’accoupler sans en mourir)

— (Vous mourez lorsque vous baisez ? Ça explique votre caractère.) S’exclama Tom.

De nouveau, je lui fis de gros yeux mentaux mais Tom poursuivit :

— (Mais je ne vois pas en quoi ce que je propose est irréaliste ? C’est juste ce qui se serait produit si vous n’étiez pas intervenu)

— (Ben voyons. La moitié des hôtes volontaires sont d’anciens enfants battus ou violés. À part les yeerk personne n’ait jamais venu les aider quand ils étaient enfants. Et encore moins lorsqu’ils étaient adultes. La plupart du temps, ce ne sont pas les hôtes volontaires qui ont trahi leur espèce, mais leur propre espèce qui les a trahis.)

Tom ne sut pas quoi réponde et nous restâmes silencieux. Au bout d’un moment, il remarqua :

— (Si je calcule bien ça fait plus de deux ans que les parents de Timmy sont des hôtes)

— (Oui et alors ?)

— (Alors ils auraient dû être zombifiés. Comment ils font pour tenir aussi longtemps ?) Demanda-t-il en ressassant sa peur de devenir une des carcasses entassées sur le bord de la piscine pendant que leur yeerk se nourrissait.

C’est ce qui arrivait inévitablement aux hôtes involontaires. À force de ne plus être sollicité, les schémas neuronaux de l’hôte disparaissaient. À force de ne plus contrôler leur corps, ils devenaient incapables du moindre mouvement sans leur yeerk. C’était la première étape de la zombification. Puis privé d’espoir et d’interaction sociale, il devenait incapable de parler, même mentalement. Lorsque cela arrivait, avec beaucoup de travail, il était encore possible d’enrayer le processus. Mais il ne fallait pas tarder, car très vite, la troisième étape commençait. À force de ne plus être stimulé, le cerveau de l’hôte perdait l’essentiel de ses capacités de raisonnement. En quelque sorte, il devenait gâteux. À partir de ce moment, le processus ne s’arrêterait que lorsqu’il ne pourrait plus emmètre la moindre pensée cohérente. Des hôtes idéaux. Enfin, si on parvenait à faire abstraction du bruit de fond constant de ses bribes de pensées décousues produisaient.

— (Tom, ça ne t’arrivera pas, je te le promets. Et pour répondre ta question bien sûr qu’ils sont devenus des zombies. En-tout-cas, ils n’en sont pas loin. Mais d’après son ancien yeerk il est encore plus terrifié qu’avant de devoir les côtoyer sans leur yeerk. À l’époque, j’avais du mal à le croire, mais il semblerait qu’il culpabilise pour ce qui est arrivé à ses parents. Lui aussi, il culpabilise pour des trucs dont il n’est pas responsable. Ce doit être un trait de votre espèce.)

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Je pense que vous trouverez curieux le rajout du personnage de Timmy.

En effet, dans les livres originaux tous les personnages humains qui rejoigne volontairement les yeerks sont présentés, soit comme des salauds motivés par l’argent, soit des psychopathes dans le style du Joker qui veulent juste voir le monde bruler.

Je comprends ce choix, car il permet aux héros de les blesser(voir de les tuer) sans que cela ne choque trop le jeune lecteur.

Cependant, je trouve qu’il serait plus logique et plus intéressant narrativement, que les hôtes volontaires soient des personnes normales, mais rejeté par notre société. Et lorsque j’ai eu besoin par la suite d’un personnage OC pour représenter les hôtes volontaires, ce personnage d’enfant maltraité s’est naturellement imposé à moi.

Déjà, parce que son thème raisonne avec celui de Tom. En effet, Tom est un enfant maltraité par les yeerks alors Timmy l’est par les humains, l’un accepte les yeerks, l’autre les rejette… Bref, ce sont des personnages miroir l’un de l’autre sur plein de point.

Mais aussi parce qu’après avoir écrit des fanfictions Harry Potter, j’ai l’habitude d’écrire des personnages d’enfant maltraité.

Suite relation avec Jack

— Qu’elles sont les causes de la guerre de 1775 ? Demandais-je

— Des envahisseurs venus de très loin ont essayé de nous asservir. Ça s’est très mal terminé pour eux. Répondit Jack

— D’après ce livre la réponse correcte est une augmentation de taxe pour financer la guerre de Sept ans. Curieux. Pour s’opposer au coût trop élevé d’une guerre, tes ancêtres en ont déclenché une autre. Les humains sont vraiment bizarres.

— C’était un sarcasme. Franchement, Thevenin laisse-moi sortir. Qu’est-ce qu’on en a à faire de cette guerre ?

— Aucune idée. Mais tes parents ont dit que tu auras de graves ennuis si tu obtiens un autre D. Et, je ne veux pas que la police vienne mettre son nez dans nos affaires. C’est rempli de contrôleurs.

— Pas ce genre d’ennui triple idiot.

— Pourtant Tom, dit que c’est important que tu travailles à l’école. Et où veux-tu aller de toute façon ?

— Je ne sais pas. Où je veux.

— Mais encore ? J’espère que tu ne fais rien qui pourrait nous mettre en danger.

— J’ai dit à Cassie que j’irais chez elle pour l’aider à nettoyer la grange de son père. Voilà t’es content. Rien qui pourrait te nuire.

— Tu passes beaucoup de temps chez cette Cassie ces temps-ci.

— Et alors dit jack en se tendant

— Alors Tom trouve ça curieux et aimerait bien avoir des détails ?

— (Même pas vraie. Moi, je respecte la vie privée des gens. Et je ne passe pas mon temps à regarder des télé-novelas débiles.)

— (Ce n’est pas débile, ce sont des documentaires sur les comportements humains. Vu que tu ne me laisses pas accéder à tes souvenirs librement, il faut bien que je trouve un autre moyen de comprendre comment fonctionnent les humains)

— On ne sort pas ensemble. C’est juste une amie. Et de toute façon elle fait pas attention à moi.

— Oh ! Est-ce que tu as besoin que je t’achète des préservatifs et du lubrifiant ?

Un silence passa et Jack rougit jusqu’aux oreilles.

— Jack, ça va ? Est-ce que tu es malade ? Ton front est tout chaud Dit Thévenin en mettant sa main sur le front de Jack

— C’est toi qui es malade dit Jack en repoussant sa main. Laisse-moi partir avant que tu finisses de me rendre dingue.

— Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Si cette fille t’affecte autant, il faudrait peut-être que je m’en occupe. Je te rappelle que si on attire trop l’attention toi et toute ta famille seront réduits en esclavage.

— (Thévenin, laisse-le partir. S’il a de mauvais résultats, ce n'est pas parce qu’il voit trop de filles, mais parce qu’il ne dort pas assez. Et puis tu n’as pas à te mêler de la vie amoureuse de mon frère. Déjà que tu te mêles de la mienne)

— (J’ai déjà dit que j’étais désolé. Comme je pouvais savoir qu’il s’agissait de l’une de tes ex et que tu as encore des sentiments envers elle)

— (Je n’ai plus de sentiment pour (…). D’accord, tu es dans ma tête donc si tu dis que je l’aime encore, c’est que ce doit être vrai, mais moi, je ne l’aime plus. Enfin si du coup. Oh ! Tu m’énerves.)

— (Mais je n’ai rien dit moi. Pour en revenir à Jack, pourquoi tu dis qu’il dort mal ? On ne l’a plus entendu faire de cauchemars donc ça doit bien aller.)

— (Tu as vu ses cernes ? Ce n’est pas parce qu’on ne l’entend plus que tout va bien. Et puis tu ne vois pas toutes les traces de stress ?)

— (Ça ne peut pas être de ma faute. Je fais tout pour le mettre à l’aise.)

Tom se tapa mentalement la tête contre un mur.

oOoOoOo

— Non Thévenin, il est hors de question que je dorme dans ton lit

— Sois raisonnable. Il faut qu’on règle tes problèmes de sommeil. D’après ce que j’ai vu dans les souvenirs de Tom, c’était très efficace avant.

— Premièrement, j’aurais encore plus de mal à dormir en te sachant à côté de moi. Et deuxièmement, j’avais six ans et j’avais joué à résident-evil en cachette des parents.

— Et alors

— Et alors maintenant, j’ai 13 ans.

— Je ne vois pas le rapport. Tom en a 17 et il ne se passe pas une semaine sans qu’il ne se réveille en pleurs avec l’envie d’appeler sa mère au secours.

— (Thevenin, je vais te tuer)

oOoOoOo

Rappel du canon :

Ce mini-chapitre se passe entre le tome 07 et 07,5. Pour rappel dans le tome 07 les animorphs détruise le générateur principal de kandrona de la terre afin d’affamer les yeerk. Dans le tome 7,5 les yeerk tente d’utiliser un Veleek pour tuer les animorphs.

oOoOoOo

— Tom, lève-toi ou tu ne pourras pas manger avant d’aller à l’école. Cria la voix de la mère de Tom à travers la maison.

Je criai à travers la porte :

— Je ne me sens pas bien maman. Je pense que je ne vais pas pouvoir aller au Lycée.

J’entendis la mère de Tom monter les escaliers et quelques secondes plus tard, elle se trouvait dans ma chambre. Elle posa ma main sur mon front.

— Hum pas de fièvre, mais c’est vrai que tu n’as pas l’air d’aller bien. Tu veux que j’appelle le docteur ?

— Non, ça va aller. Je vais juste me reposer.

— D’accord. Repose-toi bien mon lapin.

— Maman, j’ai 17 ans. Fis-je semblant de me plaindre.

— J’ai une mauvaise nouvelle pour toi. Même quand tu en auras 60, tu seras toujours mon lapin. Dit-elle en déposant un bisou sur mon front.

Puis elle partit. Mon corps entier poussa un immense râle de soulagement. Je pouvais enfin arrêter de faire semblant d’être Tom et recommencer à gémir de douleur. Je savais que cela ne servait à rien, mais c’est tout ce que je pouvais faire. Ma seule consolation était que je pourrais passer cette dernière journée d’attente au calme. Enfin ça, c’est ce que je croyais. Après un temps que j’eus du mal à définir, ma porte fut enfoncée avec violence et la lumière m’éblouit. Devant le seuil, se tenait Jack visiblement en colère qui hurla :

— Qu’est-ce que tu manigances ?

— Rien, je suis malade. Ça ne se voit pas ? répondis-je

— Tu penses vraiment que je vais croire cela ? Ça marche peut-être avec ma mère, mais pas avec moi.

— Qu’est-ce que tu fiches ici ? Tu ne devrais pas être à l’école ?

— Si, mais j’ai séché. Avoua-t-il, comme si ça n’avait pas la moindre importance.

— Tu ne devrais pas sécher l’école. Lui reprochais-je.

— Tu n’es pas ma mère et encore moins mon frère. Et ne change pas de sujet. Dis-moi ce qui se passe.

Pour toute réponse, je poussai un petit cri de douleur. Une lueur de compréhension s’alluma dans son cerveau.

— Tu es en train de mourir de faim. Affirma-t-il.

— Comment t’as deviné ? Peu importe. Maintenant, que tu sais, que je ne manigance rien, retourne à l’école. En te dépêchant, tu peux encore être excusé.

— Pourquoi tu fais encore semblant ? Demanda Jack.

— Semblant de quoi ? Lorsqu’on ne se nourrit pas nos cellules, ne peuvent pas se régénérer et nos organes se dissolvent petit à petit. C’est comme être lentement écorché vif. Je ne fais pas semblant de souffrir pour t’apitoyer.

— Semblant d’être mon frère. Semblant de te préoccuper de comment je vais ou de si j’ai besoin d’aide pour mes devoirs. Ça sert à rien, tu ne crois pas ? Si ton but, c’est que je devienne l’esclave d’un yeerk. Expliqua-t-il la voie chargée d’émotion.

C’était effectivement une bonne question. Et je n’en savais foutrement rien. En fait, il avait raison. Quels intérêts cela aurait vus que de toute manière, il serait forcément un hôte avant d’avoir l’âge de boire de l’alcool ? Mais je n’étais pas d’humeur à y réfléchir et encore moins à l’avouer devant lui.

— Si ton comportement change d’une manière ou d’une autre, ce sera suspect pour les autres yeerk et un ambitieux quelconque risque de me dénoncer pour sympathie afin d’obtenir ma place.

— Je vois. Merci d’être honnête. Je préfère ça, à devoir supporter la comédie des bons sentiments.

— Maintenant, que tu es rassuré sur le fait que je te déteste, tu peux me laisser agoniser en paix ?

Il demanda avec un sourire sadique :

— Pourquoi tu ne vas pas te nourrir tout simplement ? Il y a quelque chose qui t’en empêche ?

Si je m’étais interrogé sur le ton bizarre avec lequel cette phrase avait été prononcée, le destin aurait radicalement changé. Mais même lorsque j’étais en pleine forme, j’avais du mal à saisir les subtilités du comportement humain.

— Ses salopards de commando andalite ont détruit le générateur principal de kandrona. Résultat notre accès au kandrona restant a été strictement rationné le temps qu’on n’en fasse venir un nouveau. Et comme je suis bas dans l’échelle hiérarchique, je fais partie des plus rationnées. Heureusement, près de la sortie de l’autoroute, on a une base avec suffisamment de navette pour que tous les yeerks puissent faire des allers-retours fréquents au bassin du vaisseau mère.

— Oh mon pauvre. Ce n’est pas trop dur ? Tu sais quoi je vais aller chercher du pop-corn et rester pour être sûr de ne rien louper du spectacle.

— Le pop-corn ne va pas m’aider, mais c’est gentil. Ahhh. Ça fait vraiment mal, mais heureusement Tom n’essaye pas de se battre contre moi. Ça m’aide beaucoup. Certain yeerk sont tellement affaiblis qu’il perde le contrôle de leurs hôtes involontaires.

— Mais c’est génial. Ça veut dire que des gens sont libérées des yeerk. Ses andalites sont des héros. Se réjouit Jack.

— Bien sûr que non. Dès que cela se produit l’hôte et le yeerk sont éliminés. On ne peut pas se permettre que des hôtes involontaires se baladent dans la nature et révèlent à tout le monde notre invasion. Tu ne devrais pas admirer les andalites. Ils savaient forcément que détruire le kandrona mènerait à la mort de milliers d’humains infectés. Mais ils s’en fichent. Pour eux, ce sont des pertes acceptables.

J’eus l’impression que ma réponse l’avait bouleversé. Mais j’avais dû rêver. En revanche, il répondit avec colère :

— Tandis que vous, vous en préoccupez ? C’est vous qui tuez les hôtes, pas les andalites. Eux, ils essayent juste de nous libérer.

— Tu es trop naïf. Les andalites vous tueront tous si c’est nécessaire pour s’assurer que mon espèce soit exterminée. De toute manière dans quelques jours, le Veleek nous en aura débarrassés.

— C’est quoi un Veleek ?

Je n’aurais pas dû dire ça. Si je n’étais pas aussi affaibli par la faim, jamais je ne me serais allé à de telles confidences. Mais lui parler me faisait du bien et qu’est-ce que cela pouvait changer de toute manière.

— C’est une créature composée d’une colonie de minuscules insectes qui se nourrissent d’énergie zéros et s’assemble pour former d’immense tornade capable de détruire des bâtiments entiers. visser-3 l’a amené sur terre et dressé à repérer l’énergie zéros qui se dégage lorsque les andalites utilisent leur technologie de morphe. Dès qu’ils morpheront la créature les détectera puis se rendra sur place et les tuera.

— Ils vont peut-être le vaincre.

— Ça, ça m’étonnerait. Le Veleek est invincible. Même un vaisseau yeerk ne peut rien contre cette créature.

— Elle a forcément une faiblesse.

— Tu as raison. Mais une seule : elle craint l’eau. C’est même comme ça qu’on la repousse lorsque qu’elle essaye de manger le vaisseau du visser. Mais les andalites seront morts avant de le deviner.

— D’accord. Repose-toi bien. Il faut que j’aille à l’école.

— Je croyais que tu voulais rester ? Demandais-je faiblement, mais trop tard. Il courait déjà vers la sortie. Qu’elle mouche l’avait donc piqué ? Je retournai à mon agonie avec la certitude que je ne serais plus dérangée.

Rencontre axe au centre commercial

Rappel du canon :

Ce mini-chapitre se passe au début du tome 08. Pour rappel dans ce tome, les animorphs constatent les premiers effets de la destruction du générateur de kandrona lors d’une sortie au centre commercial. Il y a alors une dispute avec Axe, car il ne les a pas prévenues que leurs actions allaient entraîner la mort d’humains. Et aussi parce qu’il leur cache des choses sur les andalites.

oOoOoOoOo

— (Ah !!)

Je poussai mentalement un soupir de soulagement en voyant les lumières du cinéma s’éteindre et en passant le contrôle à Tom. J’avais tellement faim. Tellement que je n’arrivais plus à maintenir le contrôle en permanence.

Ses maudits andalites. En même temps, on aurait dû se douter qu’ils utiliseraient le morphe à côté d’une de nos installations. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’il semblait parfaitement connaître cette créature et comment s’en débarrasser. Nos scientifiques avaient pourtant affirmé que le Veleek était une espèce inconnue des andalites. Résultat des courses non seulement les andalites étaient dans la nature, mais en plus une grande partie de nos transporteurs avait été détruit. Cela même dont on dépendait pour l’approvisionnement en kandrona jusqu’à ce que le générateur principal soit remplacé. Malgré les démentis du visser, en entendant la nouvelle du désastre tous les yeerks comprirent ce que cela impliquait : il n’y aurait plus suffisamment de kandrona pour tout le monde.

Personne ne fut donc surpris par la tentative de purge qui suivit soi-disant pour trouver les traîtres qui avaient donné aux andalites les informations nécessaires (qu’elle excuse fumeuse, comme si un yeerk allait aider les andalites). En fait tellement peu surpris que les agents du visser furent accueillis par une résistance armée. Une bataille s’ensuivit au sein du QG qui avait entraîné la destruction d’autre navette. À la fin de la journée, le calme était revenu et la moitié des effectifs présents dans cette zone était soit mort, soit condamné à mourir de faim. Des pertes effarantes, mais à peine suffisant pour résoudre la pénurie.

Quelle humiliation. Nous étions des dizaines de millions de yeerk armé jusqu’aux dents sur cette planète et des centaines de milliers dans cette zone et pourtant 6 soldats andalites d’élites sans armes avancées, nous mettait une branlée monumentale. Même pas. 5 soldats andalites et un enfant andalite.

En effet durant le désastre du Veleek, on avait pu confirmer que l’un des andalites n’était qu’un enfant rescapé du vaisseau monde qui s’était approché sans escorte près de la lune, totalement inconscient de l’ampleur de la flotte yeerk déployé autour de cette planète. Sa navette de sauvetage avait miraculeusement échappé nos chasseurs, puis il avait survécu, on ne sait comment à la faune particulièrement dangereuse de cette planète. Et le tout sans se faire repérer par les humains ou des contrôleurs.

Le gamin avait de qui tenir, mais quand même ça restait impressionnant.

Mais bref. Le désastre était tel qu’il se murmurait que ce n’était plus qu’une question de temps avant que visser-3 ne soit rétrogradé et son hôte andalite confisquée. Il est vrai qu’il aurait été beaucoup plus logique que le chef de l’invasion prenne un hôte humain (tant que l’invasion devait rester secrète). Un hôte aussi exceptionnel avait sa place sur le champ de bataille et non comme outil d’intimidation pour des troupes désapprouvant de plus en plus leur visser.

Mais en attendant le jour merveilleux où le conseil remettrait ce psychopathe au pas, visser-3 restait aux commandes et était bien décidé à rétablir son autorité. Et ce n’était qu’un des nombreux ennuis qui avait suivi. Mais une seule chose me préoccupait vraiment : la faim. Jamais, même durant les pires sièges, je n’avais eu aussi faim. Et cela, alors qu’on était censés se trouver hors d’une zone de conflit (ce qui se voyait par le nombre important de civils et d’opportunistes qui contrairement à moi n’avait jamais vraiment connu la faim).

C’est simple, moi et les autres yeerk de mon rang étions désormais soumis à un régime qui était normalement réservé au pire criminelle. Recevoir tous les 3 jours une dose de kandrona suffisante pour prolonger la vie du yeerk, mais insuffisante pour lui permettre de réparer les dommages provoqués par la période de jeune. D’habitude, c’était une technique de torture qui permettait de faire lentement mourir de faim un yeerk (la peine capitale était si courante chez les yeerk qu’il avait fallu inventer une peine encore pire, pour les crimes les plus grave). Et tout cela pendant que le visser et ses proches pouvaient se gaver autant qu’il le voulait.

Même en sachant que dans deux jours tout serait fini et que je pourrais manger et me reposer autant que je le voulais, je n’aurais pas pu le supporter, si je n’avais pas découvert cette merveille qu’était le cinéma. Pouvoir pendant plusieurs heures, juste regarder de magnifiques lumières coordonnées avec la musique bouger sur un écran géant pendant que votre hôte ingurgitait à intervalle régulier de la malbouffe. Quel délice. À certains moments, j’arrivais presque à oublier que j’avais mal. À d’autres, j’arrivais presque à suivre le scénario du film.

Tom lui aussi était content de pouvoir avoir le contrôle, même s’il se plaignait qu’il commençait à en avoir marre de passer le peu de temps où il avait le contrôle assit sur une chaise à regarder le même film en boucle. Mais il le disait davantage pour la forme. Je m’attendais à ce qu’il m’aide à contrecœur pour se protéger lui et son frère. Mais je ne m’attendais pas à recevoir une compassion sincère. Même si tinté d’une joie sauvage en voyant les yeerks souffrirent et de quelque réflexion sur le moyen d’en profiter pour se libérer définitivement des yeerks (et donc de moi). Tient on dirait que les images sont différentes ? Pensais-je.

— (Tom, on s’est trompé de salle, ce n’est pas le bon film, laisse-moi reprendre le contrôle)

— (Le film n'a pas commencé. C’est un message d’appel au don pour le ‘séisme’ qui a ravagé la région)

Ah oui, un des nombreux autres ennuis qui ont suivi, c’est qu’il a bien fallu masquer la disparition soudaine des centaines de milliers de personnes de cette mini-guerre civil (dont la plupart étaient à des postes haut placés dans la police, l’armé, les médias, la politique ou la finance). On avait utilisé les vibrations provoquées par la bataille souterraine pour faire croire qu’un séisme avait eu lieu. Pour réussir à faire avaler ce mensonge aux humains tous les yeerk avait été mobilisé quasiment h24, ce qui n’avait fait qu’aggraver la fatigue due au manque de nourriture et donc les yeerk perdant le contrôle de leur hôte. Heureusement devant l’étendue du problème l’exécution systématique des yeerks et des hôtes posant problème a été stoppé. Dorénavant, ils sont mis dans des cages jusqu’à ce que le problème soit résolu, mais cela implique d’expliquer leur disparition temporaire à leurs proches.

Bref, je passais la moitié de moitié de mes journées à ‘aider les victimes du séisme’ avec l’association du partage au lieu d’aller en cours avec l’autorisation expresse de Mr Chapman (un contrôleur dont l’hôte fait partie des dirigeants du lycée de Tom) et l’autre moitié dans ce cinéma à voir des films en boucle. Et mes nuits étaient en grande partie consacrées à assurer des tours de garde sur une quelconque installation yeerk au cas où les andalites lanceraient une nouvelle attaque, car bien sûr qui a besoin de dormir ?

Et pour couronner le tout, il fallait rajouter la menace constante d’une nouvelle attaque du commando andalite qui était en train de rendre tout le monde dingue. Et plus particulièrement visser-3. Il savait qu’un échec supplémentaire aussi minime soit-il, signifierait la fin de sa carrière. Il était plongé dans une sorte de paranoïa. Il voyait des traîtres et des andalites dissimulés partout. Pour la première fois de son impressionnante carrière, visser-3 avait peur de ses adversaires.

Il faut dire que ses andalites faisait une utilisation particulièrement inventive (et contraire à leur code de l’honneur) de la technologie de morphe. Aux yeux des yeerks, la technologie de morphe tenait plus de la magie que de la science, mais du peu que l’on comprenait, elle leur permettait de stocker pendant deux heures maximum leur corps dans l’espace zéros et d’interagir avec notre dimension par l’intermédiaire d’un corps artificiel. En un mot, il pouvait à volonté se transformer en n’importe quel être vivant pendant deux heures. Et quand il revenait à leur état initial, toutes les blessures qu’on leur avait infligées disparaissaient. Par contre s’il dépassait les deux heures, il restait à jamais piégé dans leur transformation.

Ils pouvaient donc être n’importe quoi et surgir de n’importe où. Normalement ce n’est que l’une des nombreuses technologies dont les andalites disposaient pour nous pourrir la vie. À cause de leurs règles d'honneurs, d’habitude seuls les espions andalites l’utilisaient vraiment (enfin jusqu’à ce qu’ils soient suffisamment acculés pour jeter leur stupide code d’honneur à la poubelle). Cependant combiné à des tactiques de guérillas, elle s’est révélé extrêmement efficace pour semer la terreur chez les yeerks.

Au bout de quelques minutes, le film commença enfin et je laissai Tom m’administrer à intervalle régulier ma dose de chocolat. Hum le chocolat. Je ne comprendrais jamais que les humains ne considèrent pas cela comme une drogue dure.

Au bout d’un temps indéfini le regard de Tom quitta l’écran. Je lui demandai, ce qu’il lui prenait quand je le vis admonester un enfant qui engloutissait à toute vitesse les tablettes de chocolat que Tom avait déposé sur le siège vide à côté de nous. Ce stock devait nous faire la journée entière et il en avait déjà fait disparaître le quart. Sans même y réfléchir, je repris le contrôle et entrepris de mettre à l’abri mon précieux butin, mais il résista.

— Mais tu vas lâcher oui !

— À moi, manger. Déclara la créature telle un zombie le visage recouvert des traces de ses précédents méfaits.

Tom ne pouvait s’empêcher de s’esclaffer devant ce visage qu’il trouvait aussi mignon que drôle. Mais moi, je ne voyais pas ce qu’il y avait de drôle.

— Pas question, c’est le mien. Criais-je avec une grande maturité avant de tirer plus fort sur la tablette qu’il tenait entre ses mains. Il répliqua et on en vint presque à se battre.

Les autres spectateurs se retournèrent inquiet et très vite nous fume le centre de l’attention.

— Axe qu’est-ce que tu fais ? Laisse-le. Excusez-nous Monsieur. Tom !!

— Marco. Répondis-je

Au moment où je montrai que je l’avais reconnu, le meilleur ami de Jack afficha un air terrifié qu’il n’aurait jamais adressé à Tom.

— (Alors comme ça, Jack n’en parlera à personne ?) Dis-je sarcastiquement à Tom.

— (Ne fais pas le surpris, tu t’en doutais depuis un moment. De toute façon, qu’est-ce que ça change ?)

— (Pas grand-chose) lui concédais-je.

Mes débats intérieurs furent interrompus par l’arrivée d’un Jack en sueur qui pâlit également en me reconnaissant. Il s’efforça de forcer ce curieux enfant à sortir du cinéma et d’arrêter de ramasser par terre des restes de pop-corn qui devait dater de la séance précédente, pendant que Marco déblatérait nerveusement un laïus auquel je ne fis pas attention. J’avais mal et je voulais juste être de nouveau seul.

— C’est bon, ce n'est que du chocolat. Mais faut que vous le nourrissiez votre copain.

Il s’en alla sans demander son reste et je me rassis pour le reste du film. J’attendais juste que Tom arrête de rigoler pour lui rendre le contrôle.

— (Il est vraiment bizarre ce gosse. D’ailleurs je ne devrais pas en rire, c’est probablement un autiste. À ton avis, c’était un garçon ou une fille ?)

— (Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment fait gaffe.)

— (Un garçon, je dirais, mais il avait un air féminin. En fait, il ressemblait à un mélange entre Jack et ma cousine Rachelle. C’est dingue comment il leur ressemblait.)

Cette dernière remarque m’alerta et je repassai le souvenir pour avoir un portrait du garçon. Celons comment on le regardait, il affichait un visage différent. À un moment, on dirait un garçon et à d’autres, on aurait dit une fille. Et en permanence, il semblait un mélange entre Rachel, Marco et Jack. On aurait aussi dit qu’il y avait un peu de cette Cassie, mais je ne pouvais en être sûr, car Tom ne l’avais jamais beaucoup fréquenté donc les souvenirs de Tom la représentant était floue. Aussitôt, toutes les pièces du puzzle s’assemblèrent dans mon esprit et mon sang ne fit qu’un tour. Je sortis à toute vitesse du cinéma sous les cris d’un Tom qui ne comprenait pas d’où venait ma colère.

Je les repérai rapidement. Ils se trouvaient à quelques mètres de l’entrée du cinéma et tentaient d’éloigner le plus rapidement possible cet enfant étrange de la terrasse d’un restaurant sous le regard furieux des clients. Je me précipitai vers eux. Tom tenta de m’en empêcher, mais j’étais pris d’une force nouvelle que je ne pensais pas posséder et qui me faisait temporairement oublier ma faim. J’ attrapa violemment le bras des deux garçons par-derrière et les éloignai de force du garçon androgyne. Ils tentèrent de se dégager, mais je les tenais fermement.

— Hé lâche nous. Qu’est-ce qui te prend ? Me houspilla Jack.

— Toi, si tu tiens à la vie, je te conseille de la fermer et de venir avec moi. Lui répondis-je fermement.

Le monstre dévoreur de chocolat fit mine de s’approcher. Je me mis entre lui et les deux inconscients et ordonna :

— Et toi, le canasson dégénérer, ne fait pas un pas de plus. Ton frère a tué la moitié de mes sœurs de portée. T’éliminer serait un plaisir.

— (Mais qu’est-ce que tu racontes ? La faim t’a rendu fou ou quoi ?) S’offusqua Tom.

— (Ta gueule ! Il n’a aucun moyen de savoir qu’on est venu sans arme) pensant qu’il critiquait à juste titre la folie qu’un tel bluff représentait.

Le garçon me regarda avec un regard de mépris profond droit dans les yeux et j’entendis raisonner dans mon esprit :

— <Ils ne vont nulle part yeerk. Lâche-les immédiatement.>

— Et sinon, tu vas faire quoi ? Tu es seul et tu ne peux pas te transformer devant autant de gens. Et sous cette forme tu es aussi inoffensif qu’un yeerk qui vient de naître (surtout espérer qu’il ne sache pas que moi aussi, j’étais inoffensif)

— (Tu parles tout seul maintenant) s’inquiéta Tom.

— (Il est télépathe et me parle directement dans mon esprit) répondis-je rapidement à Tom

Cette réponse ne fit que confirmer ses craintes me concernant. Tant pis, j’avais d’autres chats à fouetter pour le moment.

Tout d’un coup, une autre voix raisonna dans ma tête :

— <Il n’est pas seul yeerk. Laisse les humains partir et on ne te fera aucun mal.>

Pour toute réponse, je me mis à rire afin de feindre une confiance dont j’étais totalement dépourvu. C’était un rire froid et cruel. Je ne sais pas si ça effrayait mes adversaires, mais cela réussi extrêmement bien sur Tom. Je prononçai alors sans prêter attention aux nombreuses personnes nous entourant :

— Dit à ta nounou que j’ai tuée suffisamment d’andalite pour savoir que si vous aviez pu me faire quoi que ce soit vous m’auriez déjà attaqué. Rajoute que quoi qu’ils tentent, j’aurais largement le temps de tirer sur le petit frère de leur regretter leader. S’il vous reste un tant soit peu de cet honneur dont vous vous vantez si souvent laissez-moi partir avec les deux humains. De toute façon, vous n’auriez jamais dû les impliquer là-dedans.

Sans attendre de réponse, je partis vers le parking en tenant derrière moi les deux avortons qui faisaient tout pour me ralentir et me lançais des protestations que je ne faisais même pas l’effort d’écouter.

Une fois assis dans la voiture, je me retournai vers le siège arrière où était assis ses deux nigauds et hurla :

— On peut savoir ce que vous foutiez ? Après tous les risques que j’ai pris pour vous. C’est comme ça que vous me remerciez ? Est-ce que vous savez au moins ce qui arrivera lorsque les autres yeerk apprendront que je suis le traître qui a permis aux andalites de détruire nos navettes ?

— Tu n’as pas fait ça par charité, mais parce que mon frère a accepté de ce sacrifier pour nous. Le seul à qui je dois quelque chose, c’est lui. Répondit Jack avec courage.

— Et à ton avis, il lui arrivera quoi à ton précieux frère lorsque vous vous ferez prendre ?

Il sembla vouloir répondre quelque chose, mais baissa la tête, les yeux remplis de culpabilité.

— Et toi le partenaire sexuel du nabot, tu as pensé à ton père ? Tu en as visiblement rien à foutre de mourir, mais il lui arriverait quoi à ton avis si juste après la mort de sa femme, il perdait son fils unique. Est-ce que tu y as seulement pensé ?

— Ben sûr que j’y ai pensé. Mais il faut bien que l’on fasse quelque chose. On ne peut pas laisser la terre se faire envahir. Si on perd, tous nos proches seront réduits en esclavage. Et jamais on ne laissera tomber Tom. Répondit Marco, en lançant un regard à Jack.

— C’est donc ça. Vous vous prenez pour des héros qui vont sauver la terre ? C’est ça que les andalites vous ont raconté pour vous convaincre de les aider ? J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, la guerre, c'est comme dans vos films débiles. Sauf que les humains ne sont pas les personnages principaux de l’histoire, mais les grouillots qu’on voit en arrière-plan se faire dézinguer dans l’indifférence générale. Pour vous, il n’y a pas de happy-end à la fin. La meilleure chose qui puisse arriver aux humains, c’est que l’invasion soit un succès. Les haranguais-je avec hargne.

— T’espères sérieusement nous convaincre de soutenir l’invasion. Rétorqua Jack.

— Si nous réussissons l’invasion suffisamment rapidement, nous pourrons projeter la guerre sur la planète natale des andalites. Si nous échouons toutes nos lignes de défenses, seront enfoncés et cette planète sera réduite en cendres par les bombardements orbitaux des andalites.

— Les andalites ne feront jamais ça. Répondit Jack avec conviction.

— Bien sûr que si. La planète est déjà trop infectée pour qu’ils se risquent à un assaut terrestre. Qu’est-ce que tu pensais qu’ils allaient faire ? Passer un scanner à six milliards d’être humain en essayant d’esquiver les rayons Dracon. Après plus d’un siècle de guerre, ils sont aussi épuisés que nous. Même s’il le voulait, ils n’en auraient juste pas les moyens. Et jamais les cinglés génocidaires qui dirigent nos deux peuples n’accepteront de signer une paix.

— Tu te trompes les andalites ne sont pas comme les yeerk, ils sont (…). Tentât Jack, mais je l’interrompis.

— Arrête d’être aussi naïf et grandis un peu. Dans la réalité, il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Il n’y a que des méchants et une masse de figurant qui lutte pour survivre au milieu de ce bordel.

— Espérer survivre pour connaître une éternité d’esclavage. Je crois que tu n’as pas bien saisi le concept d’espoir. Ironisa Marco.

— Ce n’est pas moi qui fais les règles. Dans quelques années, vous deviendrez des esclaves et vous devez l’accepter. Je sais que ça a l’air horrible comme destin. Et ça l’est. Mais il y a toujours un espoir un but à atteindre qui donne du sens au plus horrible des calvaires. Comme le dit un dicton yeerk : ‘La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie’

— Facile à dire lorsqu’on se destine à être le maître. Rétorqua Marco, encore une fois.

En entendant cela, je m’énervai de nouveau :

— Le maître ! Le maître de quoi ? Je suis soldat depuis ma naissance. Cette invasion n’est qu’une parenthèse. Une fois terminé dans le meilleur des cas, je serais renvoyé au front et je ne pourrais même plus respirer sans une autorisation signée en trois exemplaires par l’assistant de mon sous-visser. À moins que les andalites nous trouve et nous tue depuis l’orbite.

Je ne luis dit pas que le plus probable était qu’une fois l’invasion terminée, ils se fassent tous les deux infecter (comme le reste de l’humanité) et que les autres yeerk découvre ma trahison en fouillant leur mémoire. Je subirais alors une mort lente et douloureuse. À moins que je ne les tue tous les deux. Peut-être que se sera plus simple lorsqu’ils seront plus grands.

Je repris sur un ton plus doux :

— Moi, je n’ai pas eu d’enfance. J’étais deux fois plus jeune que vous lorsque j’ai tué pour la première fois. Jusqu’à ce que j’arrive sur cette planète, on ne m’a jamais laissé le choix de quoi que ce soit dans ma vie. Vous vous l’avez. Profitez-en tant que vous le pouvez encore. Laissez l’honneur et les grands idéaux aux andalites. Quelle que soit l’issue de cette guerre, aucun de nous ne fera partie du décor. En fait si les andalites gagne, il n’y aura même plus de décor. Tout ce que vous pouvez faire, c’est profiter du temps qu’il vous reste.

— Tu sais que j’ai connu des croque-morts plus joyeux que toi. Ça veut dire que tu ne nous emmènes pas faire une petite baignade ? Rajouta encore Marco.

Je me retournai et démarrai la voiture.

— Non, je vous ramène chez vous.

Ils poussèrent tous les deux un soupir de soulagement. Je rajoutai :

— Mais si vous avez un tant soit peu d’instinct de survie, vous ne vous approcherez plus à moins de 100 mètres d’une installation yeerk. D’ailleurs, avant que je ne vous interrompe qu’est-ce que vous aviez prévu de faire au QG ? Que les andalites veuillent tenter une attaque au moment où on est le plus vulnérable, je comprends, mais c’était quoi votre rôle dans cette histoire ?

— Rien du tout on a juste voulu montrer un film à Axe. Répondit Jack

— Axe ? C’est comme ça que tu appelles Aximili-Esgarrouth-Isthill? Il doit vraiment être désespéré pour accepter un tel manque de respect.

— Comment tu le connais ?

— Je ne le connais pas. Depuis l’incident du Veleek tous les yeerks de la planète savent que le petit frère du tueur de yeerk fait partie de ce petit groupe d’andalite très bizarre qui nous pourrit la vie depuis des mois.

— Pourquoi bizarre ?

— Si je réponds à vos questions, vous répondrez aux miennes.

— Ça dépend des questions.

— Parce qu’ils ne se comportent pas comme des andalites. Les andalites sont des brutes sans cervelle qui suivent un code de l’honneur très strict. Les stratégies de guérilla ce n’est pas leur style. Eux, ils foncent dans le tas en misant tout sur leur avance technologique pour s’en sortir. Sans compter qu’ils arrivent étonnamment bien à passer inaperçu au milieu des humains et connaissent extrêmement bien la faune locale. Au point que beaucoup se sont dit qu’il ne s’agissait pas d’andalite, mais d’humain. Cependant visser-3 a rejeté l’hypothèse d’office, car cela voudrait dire qu’il aurait échoué à maintenir le secret. C’était très malin de leur part de se servir d’humain. Pas du tout conforme à leurs lois, mais malin.

Maintenant à vous. Qu’est-ce que vous foutiez près de l’une des entrées secrètes du QG avec des soldats andalites, juste avant l’installation du nouveau générateur de Kandrona ? Vous n’allez pas me faire croire que c’était juste pour regarder un film ?

— Ben c’est-à-dire. Commença Jack avec gène.

— Mais bien sûr, les andalites sont des fans de star-trek c’est bien connu. Lançais-je avec sarcasme.

Un moment de silence suivi.

— Les andalites sont des fans de star-trek !? M’exclamais-je

— On voulait juste lui montrer ce qu’était un film. Répondit Jack.

— Vous avez pris le risque de vous faire prendre juste pour ça ?

— Alors oui dit comme ça à l’air idiot, mais sur le moment ça avait l’air sans danger.

— Comment avez-vous fait pour que les autres andalites valident cette connerie ? Ne me dites pas que ce sont des enfants eux aussi ? Demandais-je. Je ne savais pas, si j’espérais que la réponse soit oui ou non. D’un côté si c’était tous des enfants, alors ce serait plus facile de les attraper, mais d’un autre côté quelle humiliation se serait pour l’empire.

Ils se murèrent dans le silence et nous approchions de la maison de Marco. Je poussai un soupir. Maintenant, que nous étions loin du danger, mes forces m’abandonnaient peu à peu.

— Ça va, j’ai compris. Vous ne me direz rien et quoi que je dise, vous n’abandonnerez pas. Juste ne prenait pas de risque inutile et ne faites pas bêtement confiance aux andalites, juste parce qu’ils vous disent ce que vous voulez entendre et qu’au naturel leur apparence est plus ragoûtante que la nôtre. Ils ne font que se servir de vous et vous trahiront à la moindre occasion.

— Non. Axe est notre ami.

— Ha oui vraiment. Est-ce qu’il vous fait confiance ? Est-ce qu’il répond à vos questions ? Est-ce qu’il vous cache des informations importantes ? Si je me souviens bien, tu n’avais pas l’air au courant que la destruction du générateur de kandrona allait entraîner des milliers de morts humaines. Est-ce qu’ils ne vous auraient pas caché ce léger mini-détail, juste pour que vous acceptiez de les aider ?

Ils ne répondirent rien.

— S’il y a un point sur lequel les andalites et les yeerks sont d’accord, c’est sur la manière de traiter les espèces primitives comme la vôtre. Pour eux, vous êtes juste des êtres inférieurs. Des animaux dont ils peuvent disposer comme il leur plaît. Jamais ils ne vous traiteront en égaux. Et votre ‘ami’ ne fait pas exception.

Je m’arrêtais devant la porte de Marco. Les deux garçons descendirent. Je suppose que Jack n’avait pas envie de se retrouver seul avec moi. Je les laissai partir en espérant qu’il se maintiendrait loin des ennuis. Dès que je me retrouvai seul, la voie de Tom raisonna dans ma tête.

— (Bon alors, tu m’expliques ce qui se passe ?)

Ça allait être une longue conversation et je n’avais plus l’énergie.

— (Plus tard Tom, je suis fatigué. Tu sais conduire ?)

— (Évidemment, j’ai le permis, je te signale.)

— (Non, Temrash114 avait le permis. Toi, tu étais juste spectateur au moment où il l’a passé)

— (Avant mon infestation, j’ai souvent conduit la voiture de ma mère en secret pour aller chez Cindy)

— (Elle aussi, c’est ton ex ? Est-ce qu’il y a une seule fille de cette ville que tu ne t’es pas tapée)

— (Arrête, il ne s’est rien passé entre nous. J’étais juste un ami pour elle. La seule avec qui ça a collé m’a enfoncé la tête dans la piscine yeerk. Qui aurais cru que la star de l’équipe de basket local serait un tel loser avec les filles.)

— (Tu n’es pas un loser. C’est juste que tu as été infesté très jeune. Trop jeune pour vivre des histoires sérieuses. Normalement, on évite d’infester des hôtes non-matures. Et pas seulement parce que le niveau d’hormone élevé est … perturbant)

Je lui fis un câlin mental et me déconnectai totalement de son esprit, le laissant alors totalement libre de ses mouvements sans que je ne puisse intervenir. Je ne lui avais laissé un tel contrôle qu’une fois. C’était quelques jours après qu’il soit devenu mon hôte. Âpres le désastre qu’avait été cette première fois, je mettais jurer de ne plus jamais recommencer (même dans des endroits sûrs). Depuis, j’avais toujours maintenu un niveau minimum de connexion et m’était tenue prêt à reprendre le contrôle total à chaque instant. Mais là, j’étais trop fatigué pour faire autrement.

Je passai ainsi quelques minutes seules dans le noir à tenter de m’endormir malgré la douleur. Mais au fin fond de ma retraite, je perçus des hormones liées à un état dépressif. Au prix d’un effort élevé, je me reconnectai immédiatement (cet hôte allait finir par me tuer).

— (Quelque chose ne va pas ?) demandais-je inquiet.

— (Non rien tout va bien. Repose-toi. Je vais renter sagement à la maison comme un bon esclave bien obéissant.)

— (Tu ne vas pas de nouveau tenter de te suicider ?)

— (Quoi bien sûr que non. Je vais beaucoup mieux maintenant. Grâce à toi) rajoutât t’il timidement. (Et je t’ai déjà dit que je ne voulais plus en reparler)

— (Tom, je vois bien que quelque chose te perturbe.)

— (Ce n’est rien vraiment. C’est juste…. Je repensais à cette fille. C’était sa première fois aussi. En tout cas c’est ce que m’a dit son yeerk. Maintenant, que je sais qu’elle était infectée, j’ai l’impression de l’avoir violé) Bégaya-t-il.

— (Tu ne pouvais pas savoir. Ce n’était pas de ta faute.)

— (Ça ne change rien. Pourquoi elle a fait ça ? Je veux dire pourquoi son yeerk a fait ça ? Je croyais que vous ne vouliez pas infester des personnes aussi jeunes ou sans pouvoir. En tout cas pas pour le moment)

Après quelque hésitation, je répondis :

— (Je ne sais pas. Peut-être que son hôte en avait envie et qu’il voulait lui faire plaisir.)

— (Thévenin tu es dans ma tête. Contrairement à toi, je ne peux pas lire tes pensées, mais je sens quand tu me mens. Et j’ai assez d’expérience pour savoir que les yeerks voulant faire plaisir à leur hôte sont ultras-minoritaires)

Je lui répondis plus honnêtement.

— (Je ne peux que supposer, mais si tu avais continué le basket, tu serais sans doute devenue une star connus dans tout le pays. Si ça avait été le cas, tu aurais été une recrue de choix et le yeerk responsable de ton infestation aurait reçus une récompense. Peut-être même une promotion. Mais après ta petite escapade, ils ont dû t’infester en urgence et tu as hérité d’un yeerk qui n’avait aucune intention de perdre son temps à mettre des ballons dans un panier.)

Il y’avait une autre question qui lui brûlait les lèvres, mais qu’il n’osait pas poser. Mais elle l’obsédait tant que je n’eus même pas à faire le moindre effort pour la lire dans ses pensées.

— (Lorsque la piscine fonctionnera de nouveau, j’essaierais de parler à son yeerk. Mais ne te fais pas d’illusion. Je ne vois pas comment je pourrais le convaincre d’arrêter d’utiliser une méthode de recrutement aussi efficace. Avec ce corps, il n’a pas vraiment d’autre atout à utiliser pour tenter d’obtenir une promotion. Et si je suis trop insistant, il n’hésitera pas à me dénoncer pour sympathie)

Bonus pas Cannon fin alternative de la conversation dans la voiture

Note de l’auteur : Voici une fin alternative au chapitre précèdent. Ce passage est juste un bonus humoristique et n’a pas vraiment lieu dans l’histoire.

oOoOoOoOo

Pendant que j’essayais de dissuader ses deux idiots de se faire tuer dans une guerre qui ne les concerne pas, je déplaçai lentement ma main jusqu’au couteau situé dans ma boite à gants. J’ouvris lentement la fenêtre, visa et le lança d’un coup. Je le vis avec satisfaction le faucon qui nous fixait depuis tout à l’heure s’écrouler au sol. Puis sans faire attention au hurlement de mes deux passagers, j’appuyai de toutes mes forces sur l’accélérateur et l’écrasai. Les autres yeerks pensent que les couteaux sont des outils primitifs et ne jurent que par les pistolets à rayon Dracon. Je n’ai jamais compris comment ils pouvaient croire une telle bêtise après avoir vu l’efficacité d’un hork-bajir sur un champ de bataille.

— Espèce de salopard comment t’as pu faire ça ? Cria Jack en pleurs.

— C’est ça la guerre. Des gens qu’on aime qui meure sans aucune putain de raison. Vous croyez qu’ils ont ressenti quoi les proches des yeerk que vous avez fait bouillir vivant dans cet hôpital ? De toute façon, c’est un andalite. Il a juste à quitter ce corps d’emprunt pour survivre.

— Ce n’est pas un andalite, c’est Tobias. Hurla Jack, avant de sauter de la voiture en marche et de se porter au secours du faucon qui gisait à moitié écrasé sur la route.

D’accord, là j’avais peut-être fait une connerie.

Quelques heures plus tard chez un vétérinaire.

— L’opération s'est bien passé et il est maintenant stable. Mais il vaudrait mieux l’euthanasier. On a fait ce que l’on a pu, mais la voiture a complètement broyé son aile. Il ne pourra plus jamais voler.

Je murmurai aux quatre enfants :

— Ne vous inquiétez pas. Les yeerks ont asservi de nombreuses espèces volantes et on a donc tout un stock de prothèses qui lui permettront de re-voler.

— C’est quoi la petite ligne sur la facture. Demanda Jack avec une inquiétude visible.

— Ça, c’est une obligation légale. On doit castrer tous les animaux sauvages qu’on nous amène.

Merde pour ça il n’y a pas de prothèse.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Suite à un mouvement de grève illimité des personnages de cette fanfic en soutient à Tobias, j’ai dû modifier cette fin. Depuis Tobias, va très bien et a eu une descendance abondante. La vraie raison, c’est que je trouve la blague de fin trop beauf et que ce passage jure avec le reste de l’histoire. Mais je l’aime quand même, alors je le rajoute en bonus.

L’évasion

Rappel du canon :

Pour les autres, ce chapitre est une réécriture du tome 13. Je ne fais pas de résumé de ce tome, car cela spolierait trop ceux qui n’ont pas lu les livres.

oOoOoOoOo

Un mois plus tard, je me prélassais dans la piscine yeerk. Depuis que nous avions de nouveau un accès illimité au kandrona, je savourais avec intensité chacune de mes tétés. Mais dès que j’avais été mis au courant, j’avais demandé sur la console située au fond du bassin à ce qu’elle soit écourtée. Après une attente interminable une tête maintenue pas les bras puissants d’un hork-bajir apparu dans l’eau. Enfin, je suppose que c’était une tête. Sous cette forme, je n’avais pas de vue pour le savoir. J’utilisai les ultrasons pour repérer l’oreille et mi faufila le plus rapidement possible.

D’habitude, je prenais quelques secondes pour enduire l’emplacement d’un anesthésiant (que nous pouvions naturellement sécréter) avant de percer le canal auditif pour atteindre le cerveau. Mais pour une fois, je passai outre. Tant pis, cette fois, Tom fera avec la douleur.

Sans attendre dès que je repris le contrôle de mon hôte, je fis le signe secret au garde pour leur demander de me lâcher. Puis sans adresser un mot à mon hôte, je fonçai vers un taxxon-contrôleur avec qui j’avais combattu sur uran1.

Pour vous décrire simplement les taxxons, il s’agissait de mille-pattes géant doté d’une mâchoire de requin. Leur aspect est encore plus atroce que vous pouvez l’imaginer. Mais ce n’est pas pour leur apparence capable d’effrayer la plupart des races de la galaxie que les taxxons sont devenus les hôtes les plus appréciés de l’empire yeerk. Ce qui a clairement fait la différence, ce sont leur réflexe surhumain et le fait que c’est l’une des rares espèces à avoir volontairement accepté d’être infecté par les yeerks. En fait, c’était même les taxxons qui avaient demandé à ce qu’on envahisse leur planète (après avoir appris notre existence via des marchands Skrit Nad). Les Skrit Nad étaient initialement venus sur la planète natale des taxxons pour en enlever quelques-uns et les vendre à un Zoo de la planète natale des Skrit Nad. Finalement, ils se sont dit qu’ils pourraient obtenir bien plus en transmettant le message à l’empire yeerk. Et ils ne se sont pas trompés.

L’alliance avec les taxxons permit de fournir à l’empire en un temps record la flotte de chasseurs la plus nombreuse et efficace de la galaxie. L’un des rares points où encore aujourd’hui, nous étions supérieurs aux andalites. Comme les taxxons était des hôtes volontaires leurs yeerks pouvaient se concentrer pleinement sur le pilotage du vaisseau sans avoir à combattre la volonté de l’hôte. Au contraire le yeerk bénéficiait de l’aide du taxxon dans ses moments-là. Mais en plus les taxxons disposaient de réflexe largement supérieur aux autres races de la galaxie. En conséquence un pilote yeerk dans le corps d’un taxxon avait des capacités de pilotage ben supérieur à toutes les autres races. En tout cas, celles n’utilisant pas d’IA (comme les andalite qui avait interdit toute recherche sur ce sujet il y a longtemps).

En reconnaissance pour leur immense service et en prévision de ceux qu’ils pourraient lui rendre dans le futur, l’empire accepta la neutralité de la confédération du commerce. Et surtout, il permit aux marchands Skrit Nad de commercer librement dans l’empire, malgré les liens qu’ils continuaient d’entretenir avec les andalites et leur allié. Ainsi que bien entendu la promesse de ne jamais les infecter ou envahir leurs mondes. Cette dernière promesse n’était pas dure à tenir tant l’idée d’infecter cette race étrange dégoûtait même le soldat le plus endurci. En effet, leur comportement et leurs motivations incompréhensibles pour les autres espèces présageaient que leur infestation soit un calvaire pour la santé mentale des yeerks. Je ne perdais donc pas de temps à vous décrire les Skrit Nad, car ils ne feront jamais partie de l’empire yeerks. D’autant plus qu’il ne ressemble à aucune espèce connue sur terre et qu’il s’agit en fait de deux races différentes les Skrit et les Nad. En effet, les Skrit Nad naissent d’abord sous la forme d’une sorte de blatte géante dénué d’intelligence appelée Skrit avant de s’enfermer dans un cocon pour se métamorphoser en un Nad qui est une espèce semblant intelligente (ils doivent l’être étant donné qu’ils peuvent concevoir des vaisseaux voyageant dans l’espace zéros)

Mais bref. Normalement dans les zones de guerres, les hork-bajirs-contrôleurs et les taxxons-contrôleurs ne se fréquente pas vraiment. Sur le champ de bataille, la plupart des hork-bajir-contrôleur sont affectés à l’infanterie de première ligne. Un poste où les taxxons sont totalement absents. C’est l’une des nombreuses requêtes formulées par les taxxons lorsqu’ils ont demandé à devenir des hôtes de l’empire, en plus de quantité gigantesque de nourriture. Et quand je dis gigantesque, c’est un euphémisme. 10 % des planètes contrôlé par l’empire étaient dédiées à la production de nourriture pour ses ventres insatiables que sont les taxxons. Plusieurs espèces intelligentes avaient été asservies et réduit à l’état de bétail dans des fermes industrielles uniquement parce qu’elles étaient au goût des taxxons. Bon des fois, c’était plus pour s’emparer de certaines ressources ou technologie, mais l’empire préférait dire que c’était pour apaiser les revendications de leur puissant allié.

Mais je digresse encore. Tout comme la Terre, Uran1 n’était pas une zone militaire comme les autres. Pour les andalites ce n’était qu’un caillou gelé sans intérêt. Une planète qui comme tant d’autre avant elle s’était retrouvé éjecté de son système solaire par une supernova et qui dérivait maintenant au hasard dans l’espace interstellaire loin de toute zone d’intérêt.

Les andalites n’y avaient même pas fait attention et n’avait pas perdu leur temps à l’étudier. Mais le jeune empire yeerk avait tout à découvrir et observait chaque nouveauté avec un œil innocent qu’avait perdu les andalites depuis plusieurs millénaires. Cette planète vagabonde était la première que notre empire découvrait et nos scientifiques ont donc voulu l’étudier en profondeur. Et ils ont fait une découverte stupéfiante. En sous-sol au bout de 10 kilomètres, se trouve une immense caverne de 5 kilomètres de plafond qui recouvre les 3/4 de la planète. Les premiers explorateurs yeerk y découvrir un paysage aussi stupéfiant que mortelle. Le plafond y était couvert d’éclat d’uranium et d’autre matière radioactif qui transformait le plafond en un ciel couvert d’étoiles multicolore. Sous la constante lumière verte qu’ils produisaient, c’était épanoui une faune et une flore stupéfiante, capable de se nourrir des radiations et des rayons gamma en lieu et place du doux rayonnement d’une étoile. De ses premiers explorateurs, aucun ne survécut.

Dans ce biome, la nourriture était rare et par conséquent la faune particulièrement agressive. Bien sûr, même s’il ne s’attendait pas à trouver un écosystème dans les entrailles de la planète, ils étaient accompagnés de militaire équipé d’arme moderne. Des armes qui tuent en émettant des rayonnements mortels. Le même genre de rayonnement dont la faune locale se nourrit et qui tombe en beaucoup moins concentré du plafond en permanence. Autant dire qu’il aurait été plus efficace de se défendre avec des pistolets à eau. Au lieu de les repousser, leur rayon dracon attiraient les prédateurs. De toute façon le seul survivant revint tellement irradié qu’il décéda au bout de quelques jours sans que l’on ne puisse rien faire pour lui.

Mais l’empire compris très vite le potentiel de l’endroit. Cette zone était le plus formidable filon d’élément lourd connus. Avec un peu de prospection, on trouva même les premiers (et le seul) filons naturels de ce que les humains appels de l’Einsteinium. Malgré ses conditions difficiles, cette planète fit de l’empire yeerk le premier producteur d’élément fissible de la galaxie. Un avantage énorme pour l’industrie de guerre yeerk qui permit à l’empire yeerk de dépasser les andalites en termes de quantité (à défauts de pouvoir les dépasser en qualité).

C’est lors d’une mission sur cette planète que j’eus l’occasion de rencontrer sinta456. Nous devions escorter un scientifique yeerk détaché par l’empire qui tentait pour la énième fois de transformer un animal de cette planète en un hôte utile pour la guerre. Dès le début, l’empire avait rêvé de ça. Une armée de fantassin immunisé à la totalité des armes andalites. Même les canons de leur plus gros vaisseau de combat (ceux capables de détruire une petite lune d’un seul tire) n’auraient aucun effet sur eux. Le problème, c’est que les dits animaux ne pouvaient survivre plus de quelques minutes sans une exposition constante à des rayonnements gamma capable de tuer le yeerk dans leur tête en quelques heures. Ce problème insoluble avait fait abandonner toute recherche en ce sens il y a plusieurs décennies. Ça et le fait que l’exploitation minière avait quasiment anéanti l’écosystème de la planète creuse.

Cependant, au fur et à mesure que la guerre tournait à l’avantage des andalites, l’empire se tourna vers des solutions de plus en plus désespérées et ordonna qu’une nouvelle tentative soit faite en ce sens. Notre travail était donc de nous balader sur une planète ne présentait plus le moindre danger en compagnie d’un passionné d’exobiologie à la recherche d’espèce inconnue (ou qui s’était adapté à la baisse du niveau de radiation que nous avions sciemment provoqué afin de faciliter l’exploitation des filons), dont nous pourrions exploiter le génome pour créer de super-hôtes.

Un hork-bajir et un taxxon contrôleur avait été mis ensemble pour cette mission afin de profiter des capacités des deux espèces. Le hork-bajir grâce à ses lames et à son blindage pouvait combattre les rares prédateurs qui continuaient à exister et le taxxon attraper n’importe quelle animale intéressant du fait de son agilité et de sa rapidité. Sans compter que les deux espèces hôtes bénéficiaient de capacité de régénérations qui leur permettait de survivre aux radiations (à condition que les expéditions ne se prolongent pas trop).

Bien sur la mission fut un échec, mais quelle mission de rêve. De loin ma préférée. Non seulement, elle a fait naître chez moi ma passion pour les animaux et les plante, mais en plus à cause des radiations chaque jour d’exploration devait être suivi de deux jours à nager dans la piscine et à recevoir des traitements anti-radiation. Tous les jours de travail étaient suivis de deux jours à se faire chouchouter à grands frais. Quel pied. Cela me laissa beaucoup de temps pour parler à mes deux compagnons de mission. D’habitude les yeerks de bas niveau comme moi ne sympathisait pas entre eux. Trop de risque de se faire dénoncer. Peu de temps à consacrer aux échanges dans la piscine. En général, on avait à peine le temps de pouvoir se nourrir avant de devoir céder la place (surtout sur le champ de bataille). Sans compter les réaffectations fréquente à des endroits totalement différents de la galaxie afin de renforcer les lignes où les andalites concentraient leur attaques (quoiqu’en dise la propagande désormais, c’était les andalites qui dictait le rythme des combats).

Si le scientifique avait de loin la conversation la plus passionnante, c’était avec sinta456 que j’avais sympathisé. Il était un militaire comme moi. Une certaine compréhension était possible entre lui et moi. Et contrairement au scientifique, il ne ressentit pas le besoin de parler en permanence. Il savait savourer le silence et le calme qui précède la bataille. C’était avec une certaine joie que j’avais appris qu’il avait également été affecté à l’invasion de la terre.

Les taxxons n’étant pas capables avec leur mâchoire de parler le langage humain, j’échangeai avec lui en Galard (la langue la plus parlée de la galaxie du fait de sa simplicité et de son adaptabilité à la plupart des bouches ou autre moyen d’expression). Une langue que Tom ne comprenait évidemment pas et qu’il ne m’avait jamais vu employé.

Il commença à paniquer et je dus le rassurer.

— (Si je suis bien Thévenin, un autre yeerk n’a pas pris ma place)

Je le sentis soulager, mais en même temps en colère.

— (Pourquoi tu ne me réponds pas ? Et qu’est-ce que tu fais là avec ce monstre ?)

— (S’il te plaît, c’est une question de vie ou de mort et je dois me concentrer. Laisse-moi régler ça et après, je t'explique tout.)

Après de longues tractations, je parvins à le convaincre de me faire inscrire parmi l’équipe qui accompagnera les taxxons-renifleurs dans la traque des évadés. Normalement, le jeune âge de mon hôte me dispensait de devoir participer à ce type d’opération.

Je m’équipai d’un fusil à rayon dracon et arriva juste à temps pour monter dans le dernier camion en partance pour le site où on avait repéré les esclaves en fuite pour la dernière fois. Quelques secondes de plus et j’aurais été définitivement exclu de l’opération.

Au bout de deux heures de route, nous arrivâmes sur les lieux et un sous-officier nous fit descendre. Je regardai autour de moi.

C’était une zone forestière éloignée de l’agglomération plongée dans l’obscurité profonde d’une nuit sans lune. Le genre d’obscurité que vous n’avez jamais connue si vous avez toujours vécu en ville. Il faisait tellement noire que malgré les phares du véhicule, on ne voyait pas les arbres avant qu’il ne soit sous notre nez. Une dizaine d’hélicoptères passèrent au-dessus de nous et pointèrent leur phare sur le couvert forestier pendant qu’au loin, on voyait les débuts des incendies déclenchés pour barrer toute issus au fuyard. Les taxxons renifleurs se cabrèrent vers l’avant et de la bave écuma de leur bouche. Ils avaient senti l’odeur de leur proie. De manière synchronisée, cinq mille contrôleurs commencèrent à avancer.

La traque allait pouvoir commencer.

oOoOoOoOo

Nous marchions depuis quelques heures dans la forêt en suivant la direction indiquée par la meute de taxxon en chasse. Au loin, on entendait le bruit de quelques combats sans savoir si le groupe en question était tombé sur un groupe d’animaux suspect ou sur le fameux commando andalite. Leur présence était peu probable, mais on ne savait pas non plus par quel miracle ses deux Hork-bajir avait pu s’échapper. Les incendies étaient encore loin, mais dans cette nuit noire, on voyait maintenant la lueur des murs de flamme qui au loin était censée barrer la route des fugitifs. Tous ses moyens déployés juste pour Ket Halpak et son kalashi. Et cela dès le début de la traque. Le visser avait pété un câble. Mais c’est vrai que s’il réussissait à s’enfuir ça pourrait représenter la dernière erreur de sa carrière. Je fus sorti de mes pensés intérieurs par un ordre de mon supérieur.

— Et toi ! Tu n’as pas entendu les ordres ? visser-3 les veut vivant. Baisse de 3 crans la puissance de ton fusil Dracon.

Pour toute réponse, je montai ostensiblement au maximum la puissance de mon fusil.

— Soldat ! Dois-je parler plus lentement ou mettre à jour mon implant pour traduire mes ordres dans le langage des crétins ! Hurla l’officier.

— L’un des fuyards est mon ancien Hôte. Il est hors de question que je laisse qui que ce soit m’empêcher de punir moi-même son insolence. Et surtout pas une bande de planqué comme vous qui ne savent même pas comment tenir leur fusil correctement. Je vais rappeler à cette idiote ce qu’est un vrai yeerk. Dis-je en imitant du mieux que je pus le regard sauvage de visser-3.

— Je , Je.. Je le dirais au visser.

— Évidement que vous lui direz. Si vous réussissez à réunir suffisamment de courage pour aller lui parler. Il récompense toujours ceux qui lui apportent de mauvaises nouvelles. Surtout quand elle concerne les yeerks sous leur commandement. Dis-je en feignant une confiance totalement inexistante.

Je continuai ma route en le bousculant.

À ce moment-là, Tom explosa de colère.

— (Alors c’est ça, c’est ton urgence ? Je croyais qu’il s’agissait d’une question de vie ou de mort)

— (C’est le cas. Il faut à tout prix que j’arrive à temps pour pouvoir les tuer)

— (Et tu crois sincèrement que je vais t’aider ? Tu crois que je n’ai pas compris ce qui se passe ? Si tu ne veux rien me dire, c’est parce que tu sais que jamais je ne tolérerais que tu massacres des esclaves en fuite juste parce que ça contrarie ton complexe de supériorité.)

— (Tu crois vraiment que c’est par bonté que visser-3 veut les capturer vivants ? Il veut en faire un exemple pour que plus jamais aucun hork-bajir ne tente de s’enfuir. Et surtout pour faire oublier à ses supérieurs cette tentative d’évasion. Je connais Ket Halpak. C’est ce qu’elle aurait voulu)

— (Je dirais que ce qu’elle veut, c’est vivre libre. Pas se faire tuer par son ancien tortionnaire)

— (Les hork-bajirs sont assez intelligents pour parler, mais ça reste des animaux. Elle ne sait pas ce qu’elle fait. Elle n’a aucune chance de s’en sortir en étant enceinte. Elle a juste tenté cette évasion ridicule, car elle n’a pas compris que cette fois elle pourra le garder.)

— (De quoi ?)

— (Lorsqu’elle était mon hork-bajir ses enfants lui était enlevé de force dès la naissance, afin que je puisse retourner au combat. C’est à cause de ça que je n’ai jamais pu la convaincre de coopérer avec moi. Après mon départ, elle a été affectée au programme de reproduction intensif. Si j’avais été capable de lui expliquer, elle serait restée pour élever son futur enfant. J’étais pourtant sûr qu’elle serait heureuse dans ce programme. Pourquoi a-t-il fallu que cette conne pourrie gâté s’enfuit ?)

— (Ou alors elle a parfaitement compris et elle n’a pas envie d’élever son enfant pour qu’il devienne un hôte. Et c’est quoi ce programme d’élevage intensif ?)

— (Pour faire simple dès qu’elle accouchera, on lui implantera des ovules fécondés en laboratoire avec un traitement pour favoriser l’apparition de triplé et augmenter sa production de l’équivalent du lait chez les hork-bajir. Le but est d’obtenir le maximum d’hôte hork-bajir possible. Ça seul mission sera de produire et d’élever de nouveau hork-bajir. Par conséquence, elle n’aura aucun yeerk dans la tête.)

— (Tu pensais sérieusement qu’elle serait heureuse là-dedans ? C’est comme ça que vous comptez traiter les humains quand vous aurez gagné la guerre ?) Dit Tom Horrifié.

— (Je n’en sais rien, peut-être. Et oui vu ce que je lui ai fait subir lorsque j’étais son propriétaire, elle aurait dû y être heureuse)

— (Et tu m’annonces ça comme ça ?)

— (Si tu n’es pas prêt à entendre la réponse alors ne pose pas la question. Bref, on est d’accord qu’il veut mieux qu’elle soit tuée plutôt que capturer) lui répondis-je agacé en tentant de me reconcentrer sur mon environnement.

— (Ce n’est pas toi qui il n’y a pas si longtemps disait que n’importe quelle vie valait mieux que rien. Comment tu disais déjà. Ah oui : ‘ il y a toujours un espoir un but à atteindre qui donne du sens au plus horrible des calvaires.’)

— (Si tu écoutes toutes les conneries qui sortent de ma bouche aussi. Il faut que tu comprennes qu’ils n’ont aucune chance de s’échapper. Aucun endroit où se cacher sur la planète. Ils seront forcément repris. Et dès que visser-3 verra que l’un des évadés est enceint, il la forcera à accoucher en avance et tortura l’enfant devant sa mère pour monter à tous les hork-bajirs ce qu’il en coûte de désobéir à l’empire. Je maintiens que si Ket Halpak était assez intelligente pour comprendre la situation, elle me supplierait de la tuer. Tu es assez grand pour comprendre ce genre de chose, non ?)

Il se recroquevilla dans un silence boudeur et mélancolique qui ne lui laissa aucune autre distraction que de penser à ce que serait bientôt la vie de l’espèce humaine. La vie de sa famille, de ses amis, de ses voisins. Et du rôle qu’il aurait joué dans tout ça en me laissant utiliser son corps sans résister pour diverse mission donnée par l’empire. Les prochaines semaines allaient encore être joyeuses. Mais par l’empereur qu’est ce qui était passé par la tête de cette greluche de Ket. C’est forcément ce Jara Hamee dont elle s’est entichée qui lui a farci la tête de connerie. Lorsque j’étais responsable d’elle, je lui avais bien fait comprendre qu’elle ne devait avoir aucun espoir.

oOoOoOoOo

Le soleil était maintenant haut dans le ciel, mais cette longue et très mouvementé traque arrivait à son terme.

Malheureusement d’après les communications radio qui nous était retransmise par les chasseurs qui survolaient la zone, les évadés se dirigeaient du mauvais côté. Ils seront interceptés par une autre escouade et je ne pourrais rien faire pour accélérer leur fin. Toutes mes réflexions étaient dirigées sur la recherche d’un moyen de rejoindre l’escouade B-22 avant l’arrivée des fuyards. Mais malheureusement visser- 3 en personne supervisait cette escouade (c’est pour cela que les rabatteurs avaient mené le gibier vers elle). Même si j’arrivais à la rejoindre, je ne pourrais rien faire en présence du visser. Puis je levai les yeux vers le ciel et un plan désespérément risqué me vint en tête.

Nous avions eu confirmation que les andalites avaient décidé d’aider les fuyards. D’ailleurs, ils devaient probablement être à l’origine de l’évasion, même si on ne comprenait toujours pas comment ils avaient fait, ni pourquoi ils l’avaient fait. Ne comprenait t’il pas que leur plan était voué à l’échec et que cette tentative ratée ne ferait que rendre les hork-bajir plus résigné à leur sort ? Mais si je ne me trompais pas, il restait une petite chance d’éviter un désastre complet. J’hésitai néanmoins. Pas à cause des chances d’échec, mais à cause de ce que ce plan impliquait. J’allais aider ses saloperies d’andalites à déstabiliser l’empire. J’allais trahir ma race et tout ce pour quoi je m’étais battue depuis tout petit. Et tout ça pour quoi ? Pour un hôte qui n’avait jamais compris sa chance ? Est-ce qu’elle le méritait vraiment ? J’étais décidément complètement cinglé.

— (Tom si j’agis rapidement, je peux peut-être leur sauver la vie et leurs permettre d’être libres. Mais il y a 90 % de chance d’échec. Et même en cas de réussite une chance sur deux que visser-3 comprenne ce que j’ai essayé de faire et que l’on finisse tué tous les deux dans d’atroces souffrances)

Il ne réfléchit même pas 5 secondes.

— (Fais-le ou je te jure que je ferais en sorte que tu regrettes les tortures du visser)

— (Tu surestimes tes capacités de nuisances. Ou tu sous-estimes les tortures que nous infligera visser-3. Je vais avoir besoin d’une coopération totale de ta part. Vide ton esprit au maximum. Mais surtout, quoi qu’il arrive ferme ta gueule et laisse-toi faire)

Je ralentis ma marche. Lorsque je fus derrière les 20 camarades encore affectés à mon unité, je regardai une dernière fois le ciel. Je l’aperçus de nouveau. Il était encore là, mais pour combien de temps encore. Je devais faire vite. Je réglai discrètement mon fusil dracon sur la puissance minimum et avec une rapidité conférer par des années de combat, je me cachai derrière un arbre et je tirai sur l’humain-contrôleur le plus proche. Il tomba dans un bruit sourd et trois camarades restants se retournèrent et se précipitèrent sur le blessé. Bande d’amateur incompétent. Pendant que l’un deux examinait le corps à genoux, les deux autres regardaient partout autour d’eux, en laissant leurs armes accrochées en bandoulière (le temps qu’ils se mettent en joue un adversaire aurait eu le temps de les tuer une dizaine de fois).

Il se prenait à un pique-nique ou quoi ? Enfin, leur incompétence m’arrangeait. Je me faufilai discrètement dans leur dos et de deux tirs aussi rapides que précis, je les assommai à leur tour. Le dernier tenta de s’enfuir, mais je lui réglai son compte d’un tir bien placé dans le dos. Au loin, j’entendis la voix de notre sergent demandé au retardataire de se grouiller. Savoir leur ennemi éloigné les avait rendus beaucoup trop confiant et détendu. En même temps, comment aurait-il pu croire qu’un yeerk les trahirais ? Même moi, je n’y croyais toujours pas. En quelque mouvement, je montai au sommet de l’arbre et me préparai à les canarder depuis les cimes.

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10 minutes plus tard, la première phase du plan était terminée. Ils étaient tous évanouis pour plusieurs heures et aucun n’avait vu leur assaillant. Enfin ça, c’est ce que j’espérais.

Il y avait maintenant un trou dans le dispositif que les évadés pourraient utiliser pour s’enfuir. Encore fallait-il qu’il le sache. Je n’avais plus qu’à prier d'avoir bien deviné que le faucon que je voyais voler dans le ciel était le même que celui qui m’avait fixé étrangement dans ce centre commercial, il y a un mois (et qui était souvent mentionné par les yeerks rescapés des attaques du commando andalites). Que les livres d’entomologie que j’avais pu me procurer disait vrai et qu’en temps normal les faucons ne se comportaient pas comme ça. Que ce faucon était bien un andalite déguisé qui survolait la zone afin de guider les troupes au sol, qu’il me repère, qu’il me reconnaisse, qu’il comprenne mes intentions, qu’il transmette l’info à ses alliés, qu’il ne croit pas qu’il s’agissait d’un piège. Et enfin que depuis cette faille dans le dispositif yeerk, ils puissent rejoindre suffisamment rapidement la cachette qu’ils avaient probablement préparée avant de lancer cette impossible évasion.

Tellement de choses qui pouvait mal tourner et j’en oubliais probablement encore. C’est le plan le plus bancal que je n’ai jamais mis au point. Mais en si peu de temps je n’avais pas trouvé mieux.

Je tirai plusieurs coups en l’air pour qu’il me remarque puis regroupa mes victimes dans une clairière que j’espérai facilement visible à cette altitude. Enfin, je m’allongeai sur le sol et fis semblant d’être évanoui au cas où mon tir attirerait des chasseurs yeerks. Au bout de 15 minutes terriblement angoissantes où je finis par croire que ce faucon était vraiment ce qu’il prétendait être, le sol trembla et deux hork-bajirs escortés d’un enfant andalite et de 4 animaux massifs que j’identifiai difficilement passèrent en coup de vent devant moi. Tous sauf un tigre massif qui s’approcha doucement de moi avec une expression perplexe. Il s’approcha beaucoup trop.

— Quoi ? Ce n’est pas suffisant ? Je trahis déjà mon espèce à cause de vous. Qu’est-ce que vous voulez de plus ?

— <Qu’est-ce que visser-3 te fera lorsqu’il apprendra ce que tu as fait ?> raisonna une voie dans ma tête

— Ça ne te concerne en rien andalite.

— <Viens avec nous.>

— Pour avoir la joie de mourir lentement de faim. Merci, mais j’ai déjà donné. Fous-moi le camp avant que je ne change d’avis. L’arrangé-je en tirant plusieurs rayons qui passèrent tellement proche de son visage qu’ils lui grillèrent certains poils.

Il finit par s’enfuir. Une fois qu'il fut parti, je tirai une salve de rayon dracon sur moi-même. Avant de sombrer dans l’inconscience, je pensai qu’il n’y avait rien que je ne puisse faire désormais.

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—Bonsoir maman, bonsoir papa.

— TOM !! S’exclama sa mère en laissant tomber ce qu’elle faisait pour se précipiter me faire un câlin. Mais où étais-tu passé bon sang ? Trois jours sans aucune nouvelle. On était tous mort d’inquiétude.

Même si je savais que ses démonstrations d’affection ne m’étaient pas vraiment destiné, j’eus envie de pleurer à mon tour. Ce devait être les sentiments de mon hôte qui me contaminait. Il avait passé les deux derniers jours enfermé dans la cage pendant que je subissais avec mes malheureux coéquipiers une séance de torture par électrochoc pour nous punir de notre incompétence.

Très vite, nous fûmes rejoints par le père de Tom. Jack sembla également soulagé de me voir, mais resta dans l’embrasure de la pièce. J’aurais aimé faire durer ce moment, mais j’étais épuisé. Tout mon corps me faisait souffrir et je n’avais qu’une seule hâte dormir.

— J’étais chez des amis. Je suis fatigué. Je vais aller me coucher.

— Pardon. C’est tout ce que tu as à dire ? Et puis quels amis ? On a demandé à tous les élèves de ton lycée. Jack a même été à une réunion du partage pour avoir de tes nouvelles.

À ses mots, je lançai à Jack un regard acéré qu’il soutint. Ses parents ne manquant pas de s’interroger devant cet étrange échange. J’abandonnai ce combat de regard et dis :

— Je ne voulais pas vous inquiéter. Ce sont des amis que vous ne connaissez pas. Je vais au lit.

Je montai à l’étage et les repoussai lorsqu’ils essayèrent de me faire rester.

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Une fois seul, je m’allongeai sur le lit et tentai de m’endormir. Mon hôte s’endormit très vite. Même s’il n’avait subi aucune torture ses deux jours n’avait pas été de tout repos pour lui non plus. Mais moi le sommeil me fuit et je me mis à repenser aux récents événements.

Il était trop tôt pour crier victoire, mais à priori les hork-bajir avait réussi à s’enfuir et était maintenant introuvable. Et personne ne soupçonnait que j’avais participé à l’évasion des deux esclaves. Mon intervention était couronnée d’un improbable succès. Mais c’était la première fois que je ressentais des sentiments aussi ambigus après avoir réussi une mission. C’était aussi la première fois que j’avais plus mal que mon hôte après être de retour dans la piscine.

Mais je ne me plaignais pas. Ses douleurs étaient de la gnognotte par rapport à celles que la faim m’avait fait ressentir un mois plus tôt. Et cette fois, je savais que je les méritais. La nouvelle avait déjà fait le tour de la galaxie. Quelque part sur une planète reculée, pour la première fois depuis des décennies, existait un couple de hork-bajir libre. Pour toutes les espèces asservis de l’empire cette nouvelle avait raisonné comme un coup de tonnerre. Si avec leurs capacités intellectuelles plus que limitée des hork-bajirs avaient réussi à échapper au visser le plus craint de l’empire, alors tous les espoirs étaient permis. Déjà, on ne comptait plus les planètes et les bases minières victime de révolte d’esclave pendant que leur yeerks étaient à la piscine.

Toutes avaient bien entendu était réprimé dans le sang, mais cela avait entraîné de fortes perturbations dans la production de vaisseaux et de munitions. Ce soir, le conseil des 13 allait se réunir pour fixer la punition de visser-3. Ou plutôt de Visser-12. Après réflexion, il serait sans doute plus prudent de continuer à l’appeler visser-3 pendant quelque temps.

Je ressentais une énorme culpabilité. Ma décision avait eu un impact majeur sur l’empire et le déroulement de la guerre. J’avais peut-être, sans le vouloir, causé la disparition de ma race. Et ce ne serait pas une fin rapide et sans douleur. Les andalites doivent se venger de plus de 100 ans de guerres. Et je ne parle même pas des multiples espèces asservies. Si nous perdons cette guerre, ceux qui mourront oblitérer par les blasters des vaisseau-domes andalites pourront s’estimer chanceux.

Et en même temps, je devais bien ça à Ket. Après toutes ces années à contraindre le placide herbivore qu’elle était à commettre les pires atrocités, je me sentais redevable. C’était stupide. J’avais autant souffert qu’elle de la situation. Et un yeerk ne devait rien à son hôte. Pas plus qu’un humain ne devait quelque chose au gibier qu’il venait de chasser. Mais c’est quand même ce que je ressentais et toutes mes tentatives de le nier n’y pouvait rien. Je croyais avoir accepté, il y a plusieurs décennies que je n’étais pas un yeerk normal, mais apparemment, il y avait encore des parts de ma maladie que je ne parvenais pas à accepter.

Et encore une fois, je ne pouvais en parler à personne. J’ai pensé m’en ouvrir à Tom, mais qu’est-ce qu’il pourrait y comprendre ? Malgré leur formidable potentiel les humains restaient des primitifs. Sans compter qu’il était un hôte.

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Quelques heures plus tard, ne pouvant définitivement pas dormir, je me levai et regardai par la fenêtre. Une mouette se trouvait sur une branche en face de ma fenêtre.

Dès que je la vis, une voie raisonna dans ma tête.

— <Pourquoi nous as-tu aidé yeerk ?> Je reconnus la voie du jeune Aximili.

Je fus tenté de l’envoyer chier. Mais j’avais besoin de parler.

— Parce que je suis complètement cinglé. Quelle autre explication pourrait-il y avoir ?

— <Moi, je crois que tu essayes de gagner notre confiance pour obtenir des informations et nous trahir>

— C’est effectivement une explication beaucoup plus crédible. En fait, c’est même une excellente idée. Je crois que je vais l’appliquer. Pourquoi es-tu venu dans ce cas ?

— <Parce que mon prince me l’a demandé>

— Il envoie un Aristh pour une telle tâche ?

Après cette dernière diatribe, il fut sur le point de partir, mais je le retins :

— Attends ! J’aimerais te demander…

— <Quoi ?>

— Si tu étais à ma place qu’est-ce que tu ferais ?

— <Je ne comprends pas ta question yeerk>

— Ce n’est pourtant pas compliqué. Tu sais ce qui arrivera aux yeerks si les andalites gagnent la guerre. Et tu sais ce que nous devons faire pour la gagner. Qu’est-ce que tu ferais à ma place ?

— <Les yeerks sont des monstres et tu ne feras pas croire que tu as de tels états d’âme. Tous les andalites savent pourquoi notre loi, la plus sacrée s’appelle la loi sur la bonté de Serow>

—La bonté de Seerow ? Tu crois vraiment à ses conneries? Je savais que tu étais jeune, mais pas au point d’avaler ce genre de propagande débile. Tu crois vraiment qu’un seul individu aurait pu transformer une civilisation de chasseur-cueilleur ayant pour seul hôte les gedds en une puissance militaire capable de tenir tête aux andalites. Tu crois vraiment que l’on aurait pu construire une telle flotte dans le secret ou maîtriser de telles technologies sans aide. Ou avec l’aide d’une seule personne ?

— <Vous êtes des parasites. Ils vous suffisaient de quelques vaisseaux pour vous rendre sur des planètes industrielles et vous en emparer en secret. Comme vous le faite actuellement avec la terre.>

— Mais même construire un moteur à espace zéros ça demande toute une industrie. Et le piloter toute une équipe formée à la théorie de la gravité quantique à boucle et aux mathématiques trilinéaires. Comment est-ce qu’on aurait pu faire nos premiers voyages sans l’aide d’une dizaine de spécialistes andalites parfaitement au courant de notre destination ?

— <Et comment ça s’est passé puisque t’es si malin ?>

— Nos manuels sont tout autant bourrés de propagande que les vôtres et Serrow y occupe également une place centrale. Mais pas comme un andalite généreux venue sauvée mon espèce de la misère. Il y est décrit comme un agent andalite venus asservir mon espèce. Avec le soutien de votre gouvernement, il aurait fourni des armes avancées et des informations à une minorité de yeerk ambitieux, déclenchant ainsi une guerre d’unification brutale des clans yeerks. Dès que le pantin des andalites eu fini de mettre mon peuple sous sa coupe, il lança une invasion secrète sur vos rivaux de l’époque : les Krogan. Une fois la paix revenue les 3/4 de mon peuple a été transformé en esclave pour fabriquer divers objets utiles aux andalites et le reste en soldat pour maintenir l’ordre. Mais un jour un perturbateur qui avait été condamné à travailler dans les mines jusqu’à la fin de ses jours pris la tête d’une révolte qui déboucha sur le massacre de votre marionnette et de son gouvernement. Il devint le premier empereur et déclara que dorénavant les yeerks n’obéiraient plus aux andalites. Un mois plus tard une attaque surprise des andalites sur notre monde natal obligea mon peuple à fuir. Vous pensiez nous contraindre à nous rendre en nous privant de la seule planète connue où on trouvait du Kandrona à l’état naturel, mais vous avez sous-estimé notre endurance à la famine et nos capacités à produire du Kandrona artificiel.

Lorsque nous faisions le sale travail à votre place, vous prêchiez la tolérance envers la variété des formes de vie de l’univers, mais dès que le chien a cassé sa laisse et échappé à tout contrôle vous avez crié au monstre.

— <Vous êtes des monstres>

— Que vous avez créé. Et pas par excès de bonté.

Après un silence, je repris :

— Même si on libérait nos esclaves et que l’on se contentait des hôtes volontaires il n’y a aucun espoir que les andalites nous fasse confiance et accepte de vivre en paix avec nous.

— <Aucun, mais c’est entièrement de la faute des yeerks. Ne tente pas d’en reporter la faute sur nos princes avec tes vicieux mensonges.>

— Au moins, tu es franc. Laisse-moi maintenant. Va dire à ton prince que ce n’est pas parce que je l’ai aidé une fois que je suis dans leur camp. La prochaine fois que l’on se croisera je vous tuerais.

Il décolla.

Juste après son départ, j’entendis un bruit suspect. Je sursautai de surprise puis pris d’un doute, je m’écriai :

— Jack, je sais que tu écoutes.

La porte de la salle de bain mitoyenne à nos deux chambres s’ouvrit.

— Comment tu savais que je vous écoutais ? Me demanda-t-il d’un regard coupable.

— Je ne le savais pas. Mais maintenant oui. Lui répondis-je d’un air crâneur pour le faire enrager. Ce n’était pas très intelligent, mais j’avais besoin de me défouler.

Il ferma la porte violemment et cria :

— Tu vas me rendre dingue.

— Je te rappelle que tu es consigné dans ta chambre.

— Toi aussi. Et pour plus longtemps que moi. Ça t’apprendra à trafiquer, on ne sait quoi avec les autres limaces pendant deux jours.

— Et on peut savoir où tu traînais toi ?

— J’étais chez Marco.

— C’est ça, prends-moi pour un Verascrapt. Je croyais qu’on s’était mis d’accord sur le fait que tu ne devais plus avoir de lien avec les andalites.

— Je n’ai plus aucun lien avec eux. Je t’ai dit que j’étais chez Marco.

— Donc si demain, je téléphone au père de Marco, il me confirmera ta version sans problème.

— Bon d’accord, je n’étais pas chez Marco.

Un silence s’ensuivit.

— Juste. Dis-moi que tu n’étais pas dans la forêt ?

— D’accord, je ne te le dirais pas.

— Mais ce n’est pas possible. Tu crois que c’est un jeu ? Tu aurais pu te faire capturer. Ou pire te faire tuer.

— Sans vouloir te vexer, je préfère mourir que de me faire infester. Et il est hors de question que je reste sans rien faire pendant que ta race envahie ma planète.

Je poussai un soupir.

— Pourquoi malgré tout ce que je t’ai dit, tu te contentes pas de rester à l’écart ?

— Et toi ? Qu’est-ce qu’ils t’ont fait durant ses deux jours ? Bon dieu, j’ai cru qu’il t’avait tué.

— En général, on ne tue pas les hôtes. Surtout les hôtes humains. Tom ne risquait pas grand-chose.

— Thevenin, je m’inquiétais aussi pour toi.

Après cette révélation, je ne sus pas quoi dire. Il rougit et retourna se coucher pendant que j’en fis de même.

oOoOoOoOo

Le lendemain, je me trouvais de nouveau convoqué au QG. Et le fait que la mère de mon hôte m’avait privé de sortie durant un mois n’était pas une excuse valable pour y échapper. J’y allais avec une certaine appréhension. Je ne m’étais pas encore remis de la précédente séance. J’espérais que ce n’était pas pour une nouvelle séance de discipline. Dès mon arrivée, on me dit que j’étais attendu dans le bureau du visser. Cela ne fit que renforcer mon angoisse. Et la pitié que mon hôte ressentait pour moi en sachant ce qui m’attendait fut remplacé par de la peur. Lorsqu’il était contrôlé par Temrash114, il avait régulièrement assisté à des exécutions publiques. Il savait que contrairement au bourreau professionnel auquel j’avais eu affaire hier, visser-3 n’épargnait pas les hôtes.

Après une longue attente l’assistant personnelle de visser-3 m’ordonna d’entrer. Dès mon arrivée dans la pièce, je me mis au garde-à-vous. Durant le temps que mit l’assistant à sortir, j’eus largement le loisir d’admirer l’être aussi étrange que terrifiant qui se tenait en face de moi. Dégageant une aura maléfique, se trouvait derrière le bureau un centaure bleu dépourvu de bouche, mais avec 4 yeux et une queue équipé d’une immense lame capable de tranche même la carapace d’un Hork-Bajir. Il s’agissait de visser-3 en personne. Le seul yeerk à avoir réussis à infester un andalite.

D’habitude les andalites se suicidait ou se transformait en Nothlit plutôt que de prendre le risque de devenir un de nos hôtes (pratique qui les conduit à abandonner bien trop facilement certaines batailles). Mais visser-3 (qui à l’époque n’était pas encore visser) surpris tout le monde en y parvenant. Ce minable sous-officier suspecté de collusion avec l’ennemi suite au sort tragique de ses anciens supérieurs et pour son intérêt pour les andalites su utiliser au maximum les opportunités que lui offrir son nouvel hôte et devint en un temps record le visser le plus craint de l’empire.

Le seul encore capable de faire obstacle à sa fulgurante ascension était le tout puissant Visser-one.

Enfin ça, c’était jusqu’au désastre qu’était en train de devenir l’invasion de la terre. Lui qui devait toute sa carrière à sa capacité inégalée à comprendre et à piège les andalites se revêtait bien incapable de faire face au petit groupe qui s’était retrouvé piégé sur terre après que visser-3 ait vaincu la flotte pourtant bien plus puissante que la sienne qui était venue libérer la terre, il y a quelques mois. Il se murmurait maintenant que visser-3 s’affaiblissait et sa récente dégradation au rang de Visser-12 ne faisait que le confirmer.

Mais moi, je savais que les récents succès de ses andalites n’était pas dû à la faiblesse de visser-3, mais à la mienne. J’espérais juste que visser-3 l’ignorait. Une fois, l’assistant sortit du bureau, visser-3 me dit d’un ton dangereux :

— <Thévenin. Je vous ai fait venir, car après un interrogatoire poussé, vos coéquipiers m’ont appris que vous aviez l’intention de volontairement désobéir à mes ordres et de tuer les deux évadés.>

— C’est exact mon visser. Dis-je d’une voix haute et forte.

— <Je ne sais pas ce qui est le pire. Votre insubordination ou le fait que vous n’ayez même pas peur de l’avouer. Je vais être très clair soldat. Je continue de penser que si tous les yeerks étaient comme vous, nous aurions gagné la guerre depuis longtemps. Néanmoins (...)>

En une fraction de seconde, la lame de sa queue passa à quelques micromètres de mon cou et entailla la joue de mon hôte.

— <Si vous envisagez de ne serait-ce que me désobéir de nouveau je vous tuerais moi-même. Est-ce bien compris ?>

— Parfaitement compris mon visser. Répondis-je calmement, peu impressionné par les habituelles démonstrations d’autorité de visser-3. Mais mon calme sembla le mettre encore plus en colère.

— <Bon sang Thévenin. Avez-vous conscience que si ça avait été un autre que vous, je vous aurais déjà rétrogradé pour une telle attitude. Je vous suis reconnaissant de m’avoir sauvé la vie, mais que vous le vouliez ou non, vous allez devoir comprendre que je ne suis plus ce jeune sous-officier que vous pouviez traiter ‘d’arriviste incompétent qui va tous nous faire tuer avec ses ordres stupides’>

— J’en ai parfaitement conscience mon visser. Aujourd’hui, vous êtes un arriviste compétent qui nous aurait déjà fait gagner la guerre si l’empire n’était pas rempli de moues du genou, d’incompétent et de progressiste naïf.

visser-3 éclata de rire.

— <Thévenin j’ai parfois l’impression que vous avez envie de mourir. Que faut-il donc que je fasse pour que vous me montriez le respect dû à mon rang ? Est-ce que deux semaines de sevrage partiel de Kandrona suffiraient ?>

— Vous vous m’éprenez mon visser. Je vous respecte. Je vous considère comme l’officier le plus compétent de l’empire. Et un rempart face aux idéalistes tel que Visser-one. Cependant, je vous respecte suffisamment pour ne pas vous mentir. Dis-je en gardant mon calme. J’avais connu des situations bien plus angoissantes que d’être la cible d’un visser à l’ego froissé.

visser-3 poussa un soupir et l’un de ses rares sourires apparut sur son visage.

— <Thévenin. Avez-vous conscience que si vous ne changez pas d’attitude, vous n’avez aucune chance de monter dans la hiérarchie ? Souhaitez-vous vraiment rester un petit soldat de première ligne toute votre vie ?>

— Sans vouloir vous vexer mon visser, pensez-vous que ceux de mon lignage méritent autre chose ?

— <Votre lignage. Qu’est-ce que votre lignage a à faire là-dedans ?>

— Mes ancêtres appartenaient au clan Arsirk. C’est l’un des clans qui (…)

— <Je sais ce qu’est le clan Arsirk. Mais il est peut-être temps de changer les vielles loi. Du temps à couler sous les ponts depuis le renversement de la république. En dépit de votre sang, vous avez prouvé vos compétences et votre fidélité à l’empire. Je pourrais vous faire rapidement gravir les échelons. Et cela tuerait dans l’œuf les critiques de Visser-one sur mon conservatif dogmatique.>

— J’apprécie la proposition mon visser. Mais je suis un vieux soldat. Je n’ai plus l’âge de m’adapter aux intrigues de cour ou de manier la langue de bois des politiciens.

— <Bien. Comme vous voudrez. Vous pouvez disposer. Mon assistant vous escortera jusqu’au deuxième niveau. 6 heures de discipline supplémentaires vous apprendront peut-être à rester dans le rang à l’avenir.>

— Oui mon visser. Dit en faisant un salut militaire et en tournant les talons. Extérieurement, j’étais sans émotion, mais intérieurement, j’étais effaré. Comment allais-je pouvoir survivre à 6 heures supplémentaires de ce traitement ?

Durant le trajet que je passai sous bonne escorte vers la cage où Tom serai parqué pendant le temps de ma punition, il me dit :

— (Thevenin, je suis désolé.)

— (De quoi ?) répondis-je irrité. Je n’étais pas vraiment d’humeur pour supporter ses problèmes.

— (Si j’avais su ce que tu allais devoir subir)

— (Tu aurais quoi ? C’était ma décision et j’étais parfaitement conscient des risques.)

— (Je ne t’aurais jamais autant harcelé pour que tu interviennes. J’aurai …)

Je l’interrompis.

— (Je t’arrête tout de suite. C’était ma décision et je l’ai prise en toute connaissance de cause. Si tu crois que c’est la première fois que je suis discipliné. Ça fait beaucoup moins mal que ça en a l’air. Tu n’es qu’un hôte primitif. Tes pensées d’inférieur ne m’influencent en rien)

— (Toi aussi, parfois, tu oublies que tu es dans ma tête. Me mentir ou essayer de me mettre en colère ne marcheront pas)

Je ne répondis rien et me contentai d’angoisser. Quand nous passèrent devant la salle où je passerais les 6 prochaines heures, il s’exclama avec une joie forcée :

— (En-tout-cas chapeau ! Je ne sais pas comment tu fais pour rester aussi calme face à ce malade.)

— (Question d’habitude. Il est plutôt sain d’esprit et d’un naturel compatissant comparé à la plupart des officiers yeerks)

— (C’est quoi cette histoire de clan Arsirk?)

— (C’est l’un des clans qui dirigeait la république yeerk au profit des andalites et qui lui sont resté fidèle jusqu’au bout durant la glorieuse révolution qui mena à la création de l’empire. Après que les andalites nous ait déclaré la guerre, il a été interdit aux membres de ce clan et à leur descendant de prétendre au moindre poste d’officier dans l’armée)

— (Oh ! Je suis désolé.)

— (Inutile. Les ambitieux sont les premiers à mourir. Seule une poignée de chanceux parvient à s’élever. Il n’y a que les jeunes yeerks et les idiots qui croient pouvoir s’élever dans la hiérarchie. Malheureusement, ça fait un sacré paquet de monde. Même si je comprends que l’on se raccroche au moindre espoir d’une vie meilleure loin des champs de bataille.)

Je fus alors ramené à la réalité, par un coup d’un garde hork-bajir. Tom avait réussi à me distraire un bref instant, mais il était temps que l’on se sépare. Avant que je ne me déconnecte de son cerveau, il me lança un mot d’encouragement. Je sortis de son cerveau et tombai dans un verre d’eau. Je ne lui avouai jamais, mais cela m’aida beaucoup à supporter les 6 prochaines heures.

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Une fois de retour dans le corps de Tom, je repris brièvement le contrôle et ne répondit à aucune de ses inquiétudes sur mon état de santé. Une fois en dehors de la piscine, je lui ordonnai de rentrer dans sa chambre et d’y rester puis je me déconnectai totalement de son cerveau avant qu’il ne s’insurge contre le fait que je lui donne des ordres. Malgré mes douleurs (ou à cause d’eux), je sombrai dans un doux inconscient. Après un temps indéfini, je me réveillai. Je me reconnectai immédiatement inquiet de savoir s’il avait suivi mes consignes. Il était dans le couloir avec Jack et toute son attention était dirigée sur l’espionnage d’une conversation que ses parents avaient dans le salon. Il n’avait même pas remarqué ma présence.

— Steve, je ne les reconnais plus. Jack qui rentre tard régulièrement et dont les notes s’effondrent. Tom qui fugue et refuse de nous parler. Et la police qui ne voulait rien faire. Dit la mère de Tom avec une inquiétude palpable.

— Allons ma chérie, ce sont des adolescents maintenant. Ils grandissent. C’est normal qu’il découche et nous cache des choses. Ce sont de bons garçons, il faut leur faire confiance. Et puis tu connais Tom. Je parie qu’il était avec une fille. Tanta de plaisanter son mari.

— Justement, non, j’ai l’impression de ne plus les connaître. Surtout Tom. J’ai de plus en plus l’impression d’avoir affaire à un étranger. Tu as vu comment il s’est comporté ce soir ? Tout ça a commencé quand il a rejoint cette association bizarre.

— Allons, elle n’a rien de bizarre. Et puis je suis plutôt fière qu’il se consacre au bénévolat. Personnellement, c’est avant qu’il m’inquiétait. À part le basket, il ne prenait rien au sérieux.

— Justement. Tu te rends compte qu’ils l’ont convaincu de démissionner de l’équipe ?

— Il nous a assuré que cela n’avait rien à voir. Défendit le père de Tom.

— Voyons Steve. Ouvre les yeux. Il se passe quelque chose de grave.

— Jeanne, moi aussi, je me suis inquiétée au début. Tom a changé si brusquement. On aurait dit qu’à part cette association rien ne comptait plus. Il était distant avec nous et avec son frère. Il ne fréquentait plus que les gens du partage, il a arrêté le sport. Mais au final c’était juste une phase. Maintenant, ça va mieux non. Pour Jack c’est pareil. C’est juste une phase.

— Oui, mais cette fugue ?

— Oublie ça. On a fait bien pire à son âge. Tu te souviens de cette semaine que l’on a passée à Santa-Monica. Demanda le père de Tom avec un sourire coquin en direction de sa femme.

— Oh oui ! Qu’est-ce que l’on était bête. S’exclama avec nostalgie la mère de Tom.

— Tu dis ça uniquement parce que maintenant, tu sais ce que ça fait d’être le parent qui s’inquiète. Allons. Je sais que c’est dur, mais on doit les laisser découvrir le monde et faire leur propre erreur. Tout ce que l’on peut faire, c’est être là pour les aider en cas de besoin. Ils se débrouilleront très bien. Surtout Jack. Enfin, j’aimerais quand même que ses notes remontent.

— Tu as sans doute raison. Concéda la mère de Tom.

Le dilemme

Rappel du canon :

Pour les autres ce chapitre se passe juste après le tome 16. Je ne fais pas de résumé de ce tome ce coup-ci car cela va trop spoiler ceux qui n’ont pas lu les livres.

oOoOoOoOo

— Hé le nain. Ça te dirait de faire quelques paniers ? Prononça joyeusement Tom en lançant un ballon de basket vers la vielle balançoire où Jack était parti s’asseoir après le dîner.

Jack l’attrapa de justesse avant de le relancer vers Tom.

— Merci Tom, mais je n’ai pas envie.

Puis il recommença à regarder le ciel, une expression vide sur le visage.

— Allez une petite partie. Pour me faire plaisir.

— C’est vraiment toi, Tom ? Demanda-t-il en vérifiant que personne ne nous écoutait.

À cette question, le liquide cérébro-spinal de Tom se remplit d’hormone à l’odeur infecte au point de me donner un début de nausée. Pas aussi nauséabonde cependant que le pic d’hormone qui me réveillait chaque matin. Être le yeerk d’un adolescent humain était vraiment une plaie. Toutes ses émotions à fleur de peau et ses (..) envies. J’espérais vraiment que c’était une conséquence du fait qu’il avait été privé d’interaction sociale pendant plus d’un an et qu’avec le temps, il retrouverait bientôt la maîtrise de ses émotions. Mais j’en doutais. D’après les documentaires nommés « télé-réalité » que je voyais à la télé Tom semblait déjà être un humain particulièrement peu émotif.

Quoi qu’il en soit un intense sentiment de gêne parasitât toutes ses pensées (et mon odorat). Il avait honte de sa condition d’hôte et encore plus d’en parler à son frère.

— Oui. Répondit-il.

— Je ne sais toujours pas si je dois vraiment le croire. Commenta Jack.

— Pour être honnête moi non plus j’ai du mal à y croire. Tu sais étant donné les circonstances, je comprendrais si tu ne voulais pas que je reste. J’ai beau avoir le contrôle il continue d’écouter tout ce qu’on dit.

— Non reste. Je lui fais confiance.

Il s’assit sur la balançoire à côté de lui.

— Tu ne devrais pas. Je lui suis très reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour nous. Mais ça reste un yeerk. Et un particulièrement dangereux. Il aime ses hôtes, mais il ne nous considère pas comme des égaux. Pour lui, on est juste ses animaux de compagnie. Ça lui brisera le cœur, mais si c’est nécessaire, il n’hésitera pas à nous emmener à l’abattoir.

— Je n’ai pas d’autre choix que de lui faire un minimum confiance, si je veux pouvoir dormir. Souligna Jack.

— Tu fais toujours des cauchemars ?

— Oui. Répondit Jack en commençant à balancer doucement ses pieds (ce qui d’après Tom était un signe de gêne chez lui).

— Et tu ne veux toujours pas m’en parler ? Insista Tom.

— Non.

Pendant quelques minutes, les deux frères restèrent silencieux. Tom faisait de petits mouvements de va-et-vient sur l’antique balançoire pendant que son frère reprit sa contemplation des étoiles. Un silence confortable s’installa entre eux. Vous savez ce genre de silence qui s’installe parfois entre des amis qui se connaissent depuis tellement longtemps que la simple présence de l’autre le réconforte. Je savourai particulièrement l’instant, mais Tom finit par le briser en demandant.

— Est-ce que tu as envie de me parler de ce qui te tracasse ? Et ce coup-ci, je veux une réponse avec plus de 3 syllabes ? Je parie que ça un rapport avec cette Cassie. Termina-t-il en donnant un petit coup de coude complice à son frère.

Cette fois se fut à son Jack de rougir.

— Non, il ne se passe rien avec Cassie.

— Pourquoi ?

— Je ne sais pas. Avec la guerre tout ça. On n’a pas vraiment la tête à ça.

— C’est au contraire, parce qu’il y a la guerre que vous devriez vous dépêcher d’en profiter. Et Thévenin me rappelle gentiment et de manière pas du tout insistante de te faire le sermon habituel sur le fait que tu es trop jeune, qu’il n’y a aucune chance de victoire, que les andalites sont des monstres mangeurs d’enfant et blablabla.

À travers les yeux de Tom, je vis un sourire apparaître sur les lèvres de Jack. Je n’appréciais pas vraiment la manière dont il avait résumé mes subtiles recommandations, mais je devais admettre qu’en plusieurs mois je n’avais jamais été capable d’obtenir autre chose qu’une grimace de la part du Schtroumpf grognon (mais c’était sans doute dû au fait qu’il continuait à me soupçonner de maltraiter son frère).

— Alors si ce n’est pas une fille qu’est-ce que c’est ? Je sais Marco t’as quitté. Après toutes ces années de couple, je comprends que se doit être un traumatisme, mais il faut que tu ailles de l’avant.

Il rit. C'était un rire faible et fatigué, mais un rire tout de même. Après un moment Tom demanda :

— Ça n’a rien à voir avec des trucs d’adolescent ? C’est à cause de la guerre ?

— Oui.

— Tu peux m’en parler ?

Jack réfléchit quelques secondes.

— Oui. Visser-12 est au courant de l’essentiel de toute façon.

— De toute manière, je ne t’aurais pas lâché jusqu’à ce que tu me racontes tout. Aller crache le morceau. Je suis sûr que ça te fera du bien. Et Thévenin promet de ne pas juger quoi que tu dises.

— (N’est-ce pas Thévenin ?) Me demanda Tom par la pensée.

— (Je n’ai rien promis du tout. C’est totalement irresponsable de sa part de continuer d’aider les andalite. S’il continue, je vais être obligé de le dénoncer et …)

— De toute façon le temps qu’il finisse son sermon, on aura fini.

Jack sourit de nouveau.

— (Bon d’accord, je promets. Mais il faut vraiment que tu fasses quelque chose pour qu’il arrête ses conneries. Il nous met en danger tous les deux)

Pendant que je parlais mentalement à Tom, Jack prit une inspiration et commença son récit :

— Il y a quelques jours Marco à trouver un forum sur Internet où se regroupent des gens au courant pour l’invasion des yeerk. La plupart des inscrits sur le site sont des illuminés qui postent les conneries complotistes habituelles sur des hommes lézard qui domine le monde depuis des siècles. Mais certains avaient clairement compris pour l’invasion.

— Désolé de t’interrompre, mais Thévenin demande à récupérer le contrôle. Ça ne te dérange pas de devoir lui parler ?

— Il te demande vraiment la permission ?

— C’est très récent. Et uniquement à la maison. Depuis qu’il sait que de toute façon les parents ont vu qu’il y avait un changement, ici, il me laisse le contrôle. Mais à condition que de temps en temps, je fasse des choses qu’il aime.

— Qu’est-ce que ça aime faire un yeerk ? Tuer des bébés chiens ? Demanda Jack incrédule.

— Si seulement. Thévenin a les loisirs les plus ennuyeux du monde. Si tu savais ce que je dois subir. Même un grand-père asthmatique est plus remuant que lui. Répondit Tom sur un ton humoristique.

J’étais tellement habitué a ses récriminations à ce sujet que je ne me formalisai pas de cette description largement exagère. Je m’étais résigné depuis longtemps au fait que les humains étaient dépourvus de toutes formes de bon goût.

— À la réflexion, je crois que je préfère ne pas savoir. D’accord passe lui le contrôle. Répondit Jack.

— C’est moi Thévenin. Si vraiment Visser-12 était au courant de l’existence d’un tel site, alors il aurait demandé à nos informaticiens de récupérer l’identité de tout ce beau monde avant de le fermer. Si ce que tu dis est vraie, alors je vais être obligé de prévenir mes supérieurs. Je peux laisser une poignée d’adolescents être au courant pour l’invasion et fermer les yeux sur l’aide que vous apportez aux andalites, mais pas sur un groupe de plusieurs centaines d’humains qui s’organise pour nous résister.

— Inutile. Après enquête les andalites ont découvert que le site était géré par le frère jumeau de Visser-12 (..)

— Désolé de t’interrompre encore, mais ça aussi, c’est impossible. Ça fait plus d’un an que Visser-12 a condamné son frère à mourir de faims.

— Oui, je sais. Il a privé son frère d’accès au Kandrona et il n’y a aucun moyen de fabriquer un générateur à Kandrona avec la technologie terrienne. Disons qu’il a trouvé un moyen alternatif de se nourrir. Comment dire. Il est devenu cannibale. Il a trouvé un moyen de fabriquer un substitut au Kandrona à partir d’autre yeerk. Le site est un faux groupe de résistance qui lui sert à repérer l’identité de contrôleur potentiel. Sa prochaine cible est un enfant de 9 ans dont le père est visiblement un contrôleur. Il l’a rassuré et l’a poussé à parler de ses doutes à son père. Lorsqu’ils seront tous les deux des contrôleurs, il les tuera pour récupérer leurs yeerks.

Pendant un instant, je restai choqué sans rien dire.

— Si Visser-12 est au courant pourquoi il n’arrête pas ce monstre ?

— Parce qu’il veut savoir comment fabriquer ce substitut pour son propre usage. Devoir sortir de leur hôte tous les 3 jours est le seul point faible des yeerks. Visser-12 est prêt à tout pour en être débarrassé. Tant qu’il n’a pas trouvé un moyen de soutirer la formule à son frère, il est obligé de le laisser en liberté.

Je n’avais rien à répondre face à cela. Je savais depuis longtemps que les castes supérieures étaient constituées de psychopathes dont il valait mieux se tenir éloigné, mais j’étais tout de même sous le choc. Quoiqu’en y repensant, j’avais déjà dû exécuter des ordres bien pires que cela. Sans le vouloir, j’eus un flash de ma dernière mission sur mercaré34521.

Il y a une ancienne loi respectée par toutes les espèces de la galaxie depuis des temps immémoriaux qui interdis de créer des IA trop avancées. La limite est floue entre ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. Pourquoi les IA de nos puces de traductions sont autorisées et pas les IA pourtant plus simple de pilotage de chasseur ?

Quoi qu’il en soit après que les archéologues yeerks ait découvert ce qui était arrivé à ceux qui avaient enfreint cette règle, l’empire c’était mis à la respecter (même si cela voulait dire ne pas respecter la promesse du premier empereur d’abolir le travail obligatoire dans les mines et l’industrie). Néanmoins, si on ne trouve plus trace de créateur d’IA dans la galaxie, en revanche, il n’est pas rare de tomber sur leurs créations. Cependant même les andalites furent désappointés en découvrant Mercaré34521.

Sur cette planète meurtrie par la guerre, un rassemblement hétéroclite d’espèce organique menait une guérilla désespérée afin de ralentir leur extermination par une armée de machine bien plus nombreuse qu’eux. Et quand je dis hétéroclite, c’est un euphémisme. Il y avait des centaines d’espèces intelligence avec des formes n’ayant rien avoir. Certaines avaient des tentacules, d’autre des bras, d’autre des sortes de trompes. Certaines faisaient moins d’un mètre, d’autre 10 mètres. Aucun indice qu’ils provenaient du même biome. Certains n’utilisaient même pas les mêmes acides animés pour encoder leur ADN (ce qui rendait impossible qu’il puisse se manger et donc partager le même écosystème).

Mais le plus étrange est que cette diversité encore jamais observée d’être conscient survivait sur une planète morte. La température était rarement en dessous de 70 °C, l’atmosphère y était quasi inexistante et l’eau liquide totalement absent. Le vaisseau-monde andalites ayant découvert ce monde par hasard en se repliant suite à une offensive yeerk décida immédiatement de sauver ses organiques et se lança dans un bombardement des concentrations de robot les plus proches des poches de résistance organiques.

Puis envoya des navettes pour leur apporter arme, nourriture et médicament. Une fois à terre les andalites furent extrêmement décontenancés que leur IA de traduction soit incapable de traduire la langue qu’ils employaient. Malgré tout, ils reçurent un accueil chaleureux des locaux et s’entendirent pour rapidement pour lancer un grand assaut commun sur leur ennemi.

En réaction, le visser qui arriva quelques jours plus tard en orbite de ce monde vint immédiatement au secours des armées de machine qui avait déjà perdu le contrôle de plus de la moitié de leur planète. Et je dis bien leur planète. En effet, très vite, nous reçûmes de la part de la civilisation robotique des millions de messages implorant notre aide. Ils saturèrent notre réseau, mais cette masse sans commune mesure permirent à notre IA de traduction de comprendre quasiment instantanément leur langage et leur histoire.

Depuis des centaines de millions d’années, cette planète inhabitable était occupée par des machines auto-réplicantes (un examen ultérieur de leur programme laissa supposer qu’à la base il s’agissait de machine d’exploitation minière abandonnée). Au fil d’une lente évolution, ils avaient fini par développé une conscience de groupe, puis individuelle, puis une civilisation ignorant tout de l’existence des organiques. Leur religion prétendait qu’ils étaient des créations divines et leur science s’évertuait sans succès à essayer de comprendre comment une série de réactions chimique aléatoire avait permis de créer les nanites dont ils étaient constitués.

Pendant l’écrasante majorité de leur histoire, il ne se passa rien. Les robots malgré leur conscience individuelle avaient conservé la capacité de connecter leur cerveau phototronique à un même réseau et d’échanger tout leur souvenir et perception. Ainsi nul mensonge ou malentendu ne vint troubler leur vie. Leur histoire se résumait à une longue paix consacrée à la recherche d’un moyen d’améliorer leur bien-être. C’est ainsi qu’il y a deux cents ans, ils réussirent à créer des animaux pour les servir. D’abord limité à quelques bactéries permettant de convertir des gaz corrosifs qui endommageaient leur circuit en produit chimique utile, ils créèrent bientôt toute sorte d’animaux pour réaliser diverses tâches à leur place. Mais il y a dix ans, ils créèrent leur meilleure et dernière gamme d’esclave organique. À leur insu cette gamme plus intelligente et polyvalente que tout ce qu’il avait créé avant devint consciente et se rebella contre ses maîtres.

Après des années de guerre les organiques étaient sur le point d’être définitivement éradiqués lorsque les andalites arrivèrent et commencèrent à bombarder leurs villes sans aucun égard pour les civils. Toutes leurs tentatives, de communiquer étaient restés vaines. Notre arrivée était un miracle pour eux. Quand visser28 débarqua pour négocier les termes de notre alliance, ils furent effrayés de constater que nous étions, nous aussi des organiques. Pour eux les organiques étaient forcément des créations des machines. Si nous étions là, c’est que nous avions anéanti nos créateurs et qu’au mieux nous avions pour objectif de les réduire en esclavage. Les explications furent longues et difficiles. Surtout que les vissers ne sont pas réputées pour leur patience et leur subtilité.

Mais au matin, ce fut une proposition d’alliance solide qui fut ratifiée par l’intelligence collective des robots et le conseil des 13 (ses derniers le ratifièrent à distance depuis le vaisseau de l’empereur). Nous fournirions une aide militaire aux robots, en échange ils construiraient pour nous des usines d’hôte sur mesure sur leur planète. Ils avaient refusé de partager les secrets de leur technologie (tout comme nous) mais acceptèrent avec joie de rejoindre l’effort de guerre yeerk contre les andalites.

Pendant presque un an, nous nous bâtîmes sur ce terrain inhospitalier. Même mon corps d’hork-bajir pourtant habitué aux conditions les plus extrêmes peinait à se mouvoir dans cette atmosphère suffocante à devoir en permanence porter un masque à oxygène. Ce furent les combats les plus éprouvants de ma longue vie et ceux auquel j’eus le plus de mal à survivre. Mais les andalites finirent eux aussi par comprendre le langage de leur allié. Leur puce de traduction portant plus perfectionné que les nôtres avaient été déroutés que des organiques utilise un langage proche de ce que les humains appellent du Basic.

Une crise secoua alors le monde politique andalites. Après ce qu’il avait fait, leur loi et leur code moral leur imposait de se retirer du conflit et de reconnaître la souveraineté des machines sur cette planète. Cependant, elle était devenue un pivot de la ligne de front qui avait résulté du recul des andalites, un an plus tôt. Et il ne pouvait les laisser devenir d’importants producteurs d’hôte pour les yeerk. Sans compter qu’émotionnellement, ils avaient bien plus d’empathie pour ses étranges organiques que pour les machines.

Les événements qui suivirent ne furent pas bien clairs (même pour moi qui étais sur place). Tout ce que je pus dire avec certitude, c’est que les livres d’histoire retinrent que Elfangor-Sirinial-Shamtul (le frère d’Aximili-Esgarrouth-Isthill) réussit l’exploit de convaincre les deux ennemis à signer un traité de paix (prévoyant un partage équitable de la planète) et de se déclarer neutre dans le conflit opposant les yeerk et les andalites. Je sais que cette version était fausse, car à certains moments où Elfangor-Sirinial-Shamtul était censé se trouver à la capitale robotique, il me perforait le poumon pendant qu’un de mes tirs lui laissa une cicatrice qu’il portât jusqu’à sa mort. Néanmoins l’empire yeerk ne la contesta pas, donc elle ne devait pas être si éloignée de la vérité.

Furieux de ce qu’il considérait comme une trahison de la part des robots, le visser en charge de cette partie du front ordonna à mon équipe de profiter de la paix pour répandre secrètement un virus qui avait été développé conjointement par des scientifiques yeerk et Mercaréin. En voyant 90 % de leur population tomber subitement malade, ce qu’il restait des organiques se soulevèrent dans ce qu’il pensait être une dernière révolte désespérée.

Mais ils eurent la surprise de trouver la capitale des robots sans défense suite au sabotage ordonné par visser28. Les robots furent exterminés dans une barbarie sans nom, sans que les andalites ne puissent (ou ne veulent) intervenir. Je ne suis jamais ce qu’il advint des survivants organiques. J’espère qu’ils réussirent à trouver un remède au virus et que maintenant, ils vivaient en paix. Mais je n’oublierais jamais les cris d’horreur de nos anciens camarades mécaniques avec qui nous avions survécu à tant de moments difficiles sous les coups d’abomination au corps déformé par la maladie. Et tout cela par ma faute.

Tout cela parce que j’avais choisi d’obéir sans réfléchir, comme on m’avait appris à le faire et comme je l’avais fait toute ma vie. Juste parce que c’était la seule chose logique à faire pour survivre.

Mais tout ça, c’était du passé. Je me repris mes esprits et lui répondit :

— Je comprends que ça te mine. J’ai traversé des choses similaires. Mais tu n’y es pour rien. Parfois, il faut juste accepter que l’on ne pouvait rien faire. Et puis tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Si tu as l’adresse, je peux t’emmener en voiture voire ce gosse et le prévenir de ne surtout pas en parler à son père.

— C’est peut-être déjà trop tard. Le gosse est peut-être déjà devenu un contrôleur. Et puis pourquoi il croirait deux hurluberlus comme nous qui parle d’invasion extraterrestre, plutôt que l’adulte qui le rassure depuis une semaine. Et même si tu lui prouves que l’on a raison en lui montrant que tu es un yeerk, je doute qu’il ait davantage confiance.

— Alors on ne va rien faire ? Demandais-je en même temps que Tom.

— Demain les andalites vont tenter quelque chose. Mais s’ils se sont d’abord occupés de Fenestre, c’est à cause de moi. C’est moi qui ai décidé qu’il était plus urgent de contacter ce groupe de résistant plutôt que de sauver ce gamin tant qu’il en était encore tant. C’est moi qui ai décidé de le laisser en vie pour qu’il tue d’autre yeerk (…). Thévenin je suis désolé, je ne dis pas ça pour toi, mais (…)

— Ça va, j’ai compris. L’ennemi de mon ennemi est mon ami. Tu parles comme si tu étais leur chef. Mais que ce soit pour les yeerk ou les andalites, les humains sont juste des primitifs. Au mieux, ils font semblant d’écouter ton opinion.

— Comme toi avec Tom ?

— Tom et moi, c’est une exception. Franchement, tu trouves que je suis un yeerk normal ? Encore une fois, ton avis n’a eu aucune conséquence sur leurs choix. Ils ont fait ses choix, car tout ce qui leur importe, c’est de combattre les yeerks. Les dégâts collatéraux, ils s’en fichent.

Pour une raison ou un autre, cela ne sembla pas le consoler. Je me résolus à tenter une dernière approche avant de rendre le contrôle à Tom.

— Écoute dans une guerre la plupart du temps, on a le choix qu’entre deux mauvaises solutions. Et en plus, on doit prendre la décision en 3 secondes sans avoir aucun moyen de savoir qu’elle est la pire. Ni même si on a vraiment le choix. C’est inévitable, tu vas prendre de mauvaises décisions. Tu ne vas pas t’opposer à temps à des décisions horribles ou au contraire ne pas réussir à prendre la bonne décision suffisamment rapidement. Ou choisir l’option la plus logique au détriment de la plus morale en sachant que tu te demanderas jusqu’à la fin de tes jours ce qui serait passé si tu avais eu plus de courage. Les seuls qui ne se trompent pas, les seuls qui ne doutent pas, sont ceux qui ne prennent aucune décision et ne participent à aucun combat. D’ailleurs, souvent, ce sont les plus promptes à te juger. Mais ce qui est fait est fait. Ça sert à rien de revenir dessus.

La seule chose que tu dois te demander, c’est comment prendre de meilleures décisions à l’avenir. Ou te demander si ce combat est vraiment utile ? Est-ce qu’il en vaut vraiment le coup ? Quand tu doutes, rappelle-toi pourquoi tu te bats et tu sauras quoi faire.

Il regarda longuement son frère.

— Oui, il le vaut. Merci Thévenin. S’exclama-t-il avant de me serrer dans ses bras.

Je fus si surpris par cette réaction que je me raidis :

— Je crois que tu n’as pas compris. En fait ce que je voulais dire(…).

— (Arrête. Rends-lui juste son étreinte.) M’avertit Tom.

Je m’exécutai. Puis gêner, je laissai la place à Tom. Encore une fois, j’avais échoué à le convaincre de rester neutre dans cette guerre et à se résigner à devenir un hôte dans le futur. Pourtant, je ne m’étais jamais senti aussi bien que maintenant.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Ne cherchait pas dans les livres d’origine cette planète et cette loi interdisant les IA avancées sont des inventions de ma part. J’ai fait ce rajout à l’œuvre originale afin d’expliquer pourquoi les yeerk et les andalites n’utilisent pas d’IA dans leur guerre ou même dans leur quotidien. Dans les années 90, il n’était pas nécessaire de l’expliquer, mais en 2023, il est impossible pour un lecteur ou un auteur de ne pas se poser cette question.

Et puis, je trouve le parallèle entre cette planète fictive et la nôtre plutôt amusant. Qui nous dit que les premières bactéries n’étaient pas des machines crée par des aliens ? Qui nous dit que nous sommes vraiment vivants ? Si ça se trouve, la vraie vie est totalement différente de nous.

Voilà, c’est le moment branlette intellectuelle du jour. Vous pouvez recommencer à vous poser des questions normales comme : ‘comment vais-je faire pour exprimer dans une simple review, combien cette fanfiction est génial ?’

Flocons d'avoine instantanés à l'érable et au gingembre

Rappel du canon :

Pour les autres, ce chapitre est une réécriture de la fin du tome 17. Dans ce tome les animorphs essayent de s’introduire discrètement au QG des yeerks pour empoisonner la piscine yeerk avec des Flocons d'avoine instantanés à l'érable et au gingembre.

En effet, ils ont découvert par hasard que pour les yeerk, c’est un poison extrêmement violent (et c’est plus facile à se procurer que de l’anthrax). Ce choix de l’auteur est évidemment une bonne source de blague, mais aussi un bon moyen d’adoucir pour les jeunes lecteurs ce qui est basiquement un attentat à l’arme chimique conte des civiles, d’un groupe terroriste de résistant à la colonisation.

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Je pris le contrôle aussi vite que je le pouvais et sortis le plus vite possible la tête de Tom hors de l’eau (ou plutôt aussi, vite que me le permirent les gardes hork-bajir). Je toussai plusieurs fois et faillis tomber par terre, pendant qu’une sirène d’alarme hurlait dans mes oreilles.

— Qu’est-ce qui se passe ? Demandais-je au garde en Galard.

— Des andalites se sont introduit dans la piscine. Ils ont été capturés, mais ils ont peut-être des complices. Tous les accès sont fermés jusqu’à l’arrivée de Visser-12. Me répondit-il dans la même langue. La plupart des gardes maîtrisaient extrêmement mal l’anglais. Il faut dire que c’était une langue très dure à utiliser avec la bouche d’un hork-bajir (note de l’auteur : ou pour celle d’un Français)

C’était donc ça la bestiole qui est tombée dans la piscine et que j’ai frôlée à plusieurs reprises. Je frissonnai. Dire que je croyais que c’était juste une énième chauve sourie abattu par erreur, par le système de défense. Quand est-ce que les taxxon-contrôleur allaient trouver la fissure par laquelle ils s’infiltraient que l’on soit débarrassé ses sales bestioles. D’ailleurs si les andalites avait emprunté la même faille que les chauves-souris, malgré la protection que leur offraient les clauses de l’alliance entre nos deux races, les taxxons ne passeraient pas la journée.

Puisque j’étais bloqué sans rien à faire jusqu’à l’arrivée de son éminence, j’expliquai la situation à Tom puis j’empruntai un fusil dracon et me mit à patrouiller autour du bassin avec un de mes anciens collègues garde en évoquant l’époque où nous combattions sur cette étrange planète où les arbres et les plantes bougeaient d’un centimètre par minute.

Pour se protéger des rigueurs de l’hiver, au lieu de perdre leur feuille ou de planter profondément leur graine dans le sol pour re-germer au printemps, la flore des régions tempérées de cette planète migrait vers le sud. Il faut dire que les hivers y duraient 4 années terriennes. Il n’aurait pas pu survivre aussi longtemps juste en perdant leur feuille. Mais cela rendait les combats en forêts particulièrement intenses. On ne pouvait s’abriter durablement derrière un arbre et les points de repère changeaient constamment. La cartographie en temps réel par essaim de drones y était particulièrement vitale.

Au point que les cinglés du service de guerres électroniques en étaient venus à décider de l’issue d’une bataille dans la majorité des cas. Mais sur cette planète instable où l’immobile n’existe pas, il se produisait à intervalle régulier des absurdités stratégique qui fournissait aux fantassins comme moi l’occasion de briller (et de se faire tuer). Tout soldat ayant eu une affectation sur cette planète fascinante, avait un lot intarissable d’histoire à raconter. Comme toutes les histoires de guerre elles se finissent plus ou moins mal, mais ça faisait du bien de les évoquer.

Tom, lui n’était pas emballé à l’idée de traîner avec un garde de piscine (et cela n’avait rien avoir avec le fait qu’il ne comprenait pas la langue que nous utilisions). Mais il ne protesta pas trop.

Au bout de quelques minutes, je tombai sur un attroupement étrange de contrôleur. Par curiosité, je me rapprochai prudemment. Je compris vite qu’il s’agissait encore d’un yeerk pris à consommer cette nouvelle drogue. Franchement, qu’est-ce que les industriels humains foutaient dans ses flocons d’avoine instantanés à l'érable et au gingembre pour qu’ils aient un tel effet sur les yeerks ? Et puis surtout qui avait besoin de drogue lorsqu’il existait déjà le chocolat ?

Je m’apprêtais à continuer ma patrouille lorsqu’un détail me fit sursauter. Cette fille avec ses drôles de lunettes, je la connaissais. Je dis à mon collègue de continuer sans moi, puis je fis un effort énorme pour ne pas courir et rester calme jusqu’à arriver dans son dos.

— Rachel, c’est toi ? Lui murmurais-je.

Elle se retourna, le visage remplit de peur. Maintenant, que je la voyais de près, c’était évident que c’était elle. Jusqu’à présent, je ne l’avais vu que dans les souvenirs de Tom ou en coup de vent les rares fois où sa famille venait nous rendre visite, mais je la reconnus sans le moindre doute. Elle était blonde, grande et extrêmement belle (si j’en crois le jugement de Tom, mais il trouvait beaucoup de femmes extrêmement belles)

Faisant fi de toute prudence, je le saisis par l’épaule et la secouai comme prunier.

— Qu’est-ce que tu fous là ? Où est Jack ? Ne me dis pas qu’il est là, lui aussi ?

Après un instant d’hésitation, elle me répondit.

— Il a été capturé. Ils l’ont enfermé dans ce bâtiment avec Tobias et Axe.

Je sentis Tom paniquer et cela ne m’aida pas à me calmer. Respire Thévenin. Tu auras tout le temps d’atomiser le gnome et ce canasson mal élevé lorsque l’on sera tous sorti d’ici. Si j’arrive à le sortir d’ici vivant et à me retenir de le tuer, je jure de l’enfermer dans sa chambre jusqu’à ses 21 ans.

— Tu sais te servir d’une arme ? Peu importe, tu vas vite apprendre. Prends-la mienne. Je vais aller en chercher une autre, pendant ce temps(..)

Avant que je ne puisse continuer ma phrase, elle ouvrit le manteau 2 fois trop grand qu’elle portait et me laissa entra entrapercevoir un fusil Draco. Alarmé par son imprudence, je remis la sécurité et baissai la puissance. Une simple secousse et le fusil lui auraient tiré dessus (en vaporisant sa jambe au passage).

— On va dire que tu sais t’en servir. Suis-moi. Ordonnais-je.

Je la vis hésiter. On n’avait pas le temps pour ses conneries.

— Lorsque tu auras décidé si tu dois me tirer dessus ou non, on pourra peut-être aller sauver cette andouille qui te sert de cousin ?

Elle me lança un regard glacial, mais me suivit malgré tout. Je m’étonnai de l’absence de réaction de Tom. En me concentrant, j’eus la surprise de comprendre qu’il me faisait assez confiance pour décider tout seul, de rester silencieux et de vider son esprit le plus possible pour ne pas me déconcentrer.

Lorsque nous fûmes proches du secteur des hôtes volontaire (une sorte de centre de loisir aménagé pour que les hôtes volontaires puissent attendre confortablement que leur yeerk ait fini de se nourrir), en me retournant, je vis que Rachel ne me suivait plus. Elle parlait à un autre humain de son âge. Dans quel pétrin s'était-elle encore fourrée. Elle n’avait donc pas fait suffisamment de connerie pour aujourd’hui. Je m’approchai de l’inconnue et remarquai qu’elle était bizarrement habillée. Elle portait uniquement un juste au corps et se baladait pied nus. Je m’approchai discrètement dans son dos. Dès que je fus suffisamment proche, je la mise en joue et lui plaqua ma main sur la bouche.

— Un geste, un cri, une pensée déplacée et je te tue. Acquiesce si tu as compris.

Elle acquiesça terrifiée.

— Lâche là tout de suite yeerk. M’ordonna Rachel en me menaçant du regard. Et avec son fusil, ce qui était autrement plus impressionnant.

Après un échange de regard, je dis :

— On baisse nos armes, en même temps.

Puis je baissai doucement mon arme. Rachel m’imita. La fille inconnue se réfugia prés de Rachel.

— Je suppose que cela veut dire qu’elle fait partie de votre petit groupe d’inconscient. Humain ou andalites ?

L’inconnue répondit :

— Humain. Je m’appelle Cassie. Répondit telle d’une voie d’où perçait une grande douceur.

Alors c’est à ça que ressemblait la fameuse Cassie. C'était une fille noire, petite et ronde. Tom trouvait son physique négligé, mais je suppose qu’elle était jolie selon les critères humains.

— Excellent choix pour un premier rendez-vous. Je savais que dans le fond Jack était un grand romantique. Bon suivez-moi.

Mais avant que nous puissions faire un geste de plus un bruit assourdissant raisonna dans la caverne. Le plafond s’ouvrit et à travers les rayons du jour qui pénétrèrent la grotte et éblouir mes yeux, je vis une flottille de vaisseaux yeerks entrer dans la caverne. Un message mental raisonna dans la tête de tous les occupants du lieu.

— <Scellez toutes les issues. Que tout le monde s’immobilise. Tant que mes subordonnées ne vous auront pas inspecté nous, vous considérons comme des andalites infiltrés. Toute désobéissance sera punie d’une exécution immédiate.>

Visser-12 venait d’arriver.

— Qu’est-ce qu’on fait ? Murmura la dénommée Cassie

— Vous avez entendu comme moi. Strictement rien, jusqu’à ce que le scanner ait prouvé que vous êtes bien des humains et pas des andalites déguisé. À moins que vous ne soyez résistant aux canons des vaisseaux bug ? Si on vous pose des questions dites que vous êtes des hôtes volontaires qui vous êtes éloigné de votre zone avec tout ce grabuge.

L’inspection dura une demi-heure. J’avais beau connaître par cœur les protocoles de test utilisé, je ne pus m’empêcher d’angoisser légèrement. Finalement, ils conclurent qu’il n’y avait pas d’autre agent andalites infiltré. À part un andalites déguisé en gorille qui se cachait dans le cagibi de la cafeteria et qui fut promptement capturé et mené dans le même bâtiment que ses complices en attendant qu’il démorphe (bizarre qu’ils ne changent pas de corps immédiatement après sa capture).

Une fois libéré, je ne perdis pas davantage de temps. Maintenant, que nous n’avions plus besoin d’adopter une attitude non-suspect, je leur dis de me suivre en courant. En tant qu’ancien garde, je connaissais les lieus comme ma poche. Et notamment les portes dérobées réservées au personnel. Après avoir entré un code et subi un scan prouvant mon identité la porte menant aux entrepôts de la prison s’ouvrit. À l’heure actuelle, les lieus étaient déserts. Après avoir détruit, deux caméras, je poussai mon fusil à pleine puissance et me mis à tirer sur un emplacement précis du mur. Je demandai à Rachel d’en faire autant. Après une minute, nos tirs combinés firent un trou suffisant pour que l’on puisse passer. Je leur dis de se dépêcher de rentrer à l’intérieur et d’y faire le gué, pendant que je poussais un engin de chantier pour camoufler notre entrée improvisée. Une fois à l’intérieur, je déplaçai un meuble afin de camoufler le trou. Puis je me mis à courir en leur faisant signe de me suivre. Une fois aux abords de la salle de contrôle, je leur ordonnai par signe de m’attendre dans le couloir.

Comme je l’espérais, depuis la fin de l’examen, le personnel ne s’attendait plus à une tentative d’intrusion et avait décidé de se détendre, après ce moment stressant. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi détendu. Les deux yeerks de garde étaient assis sur leur siège et tournaient le dos aux écrans, pendant que leur main était plongée dans un de ses maudits paquets de flocon d’avoine. Je savais que ce travail ennuyeux était confié aux yeerks, les moins talentueux, mais j’étais sidéré qu’ils soient tombés si bas. Ils se comportaient comme ce toxico que j’avais convaincu de devenir un hôte volontaire (Tom n’avait pas été content de cette réussite, mais je l’avais fait taire en faisant remarquer que ce n’était pas de ma faute, si les humains traitaient les leur aussi mal). Sans remords pour ce que leur ferait Visser-12 lorsqu’il découvrirait leur rôle dans l’évasion, je leur tirai dans le dos et les paralysai avant qu’il ne puisse m’apercevoir.

Je criai à Rachel et Cassie de venir. J’utilisai l’ordinateur et mes anciens codes pour effacer nos traces et notamment les registres des entrées dans l’entrepôt. Puis je cherchai où Jack et les autres avaient été enfermés. Je trouvai rapidement l’endroit où les andalites étaient retenus prisonnier, mais aucune trace des humains. Au bout d’un moment, mes compagnons s’impatientèrent.

— Qu’est-ce que tu cherches ? Il faut qu’on aille les libérer.

— À ton avis. Je cherche où ils ont enfermé Jack et les autres.

— Mais tu as bien vu. Ils sont dans la cellule avec ce drôle de symbole en forme de vague. Vite Visser-12 se rapproche.

Effectivement, je vis sur l’écran qu’elle pointait que Visser-12 se trouvait devant l’entrée principale de la prison. Le plaisir sadique qu’il prenait en pensant à ce qu’il allait faire au prisonnier était palpable.

— L’allée 3 du niveau -1 ne contient que les 4 andalites. Ce sont des ennemis de mon peuple, il est hors de question que je les libère.

Les deux filles se lancèrent dans un échange de regard. Je continuai mes recherches tout en les surveillant du coin de l’œil. Elles s’éloignèrent l’une de l’autre et je vis Rachel saisir machinalement l’endroit de son manteau où je savais qu’elle gardait son fusil Dracon. Apparemment, cette dernière réponse ne leur convenait pas.

Sans me retourner pour ne pas avoir l’air menaçant, je dis :

— Si vous n’aviez pas passé le test d’identification, je jurerais que vous êtes des andalites déguisé. Est-ce que Jack est vraiment ici ?

— Oui

— Alors pourquoi n’apparaît-il nulle part ?

Sans attendre de réponse, je me levai et étirai mes bras comme si j’étais fatigué.

— C’est inutile. J’ai vérifié toutes les caméras trois fois. Leur cellule doit être dans un angle mort. On va fouiller le bâtiment en commençant par les cellules les plus éloignées de celle où sont les andalites.

— Pourquoi (...)

Avant qu’elle ne puisse terminer sa question, je me précipitai sur elle, lui donna un coup qui l’étala par terre puis lui arracha son arme des mains. Je vis alors quelque chose qui me fit lâcher son arme. Devant mes yeux, elle commença à se transformer en grizzly. Si je survis, je jure que plus jamais Jack ne rêvera la lumière du jour.

oOoOoOo

Heureusement le temps que dura la transformation, je me ressaisis. Il n’y avait qu’une seule explication possible à ce qui se déroulait devant mes yeux. Mais c’était impossible. Et pourtant ça expliquait tellement de choses. Il n’y a jamais eu d’autre andalites qu’Aximili-Esgarrouth-Isthill. Le fameux commando d’élite qui humiliait l’empire depuis des mois était en fait une bande d’adolescents pré-pubère qui avait récupéré, on ne sait comment la technologie de morph et une capsule de sauvetage contenant un enfant andalite.

Avant que je n’aie le temps de réfléchir davantage aux implications, elle termina sa transformation et poussa un hurlement qui fit trembler les murs.

Je déposai ma dernière arme au sol et levai les mains au ciel.

— Vous allez avoir besoin de moi que pour trouver leur cellule. Et je doute que Jack soit très content d’apprendre que son frère ait fini dévoré par un ours.

L’ours ne dit rien, mais fixa Cassie des yeux qui demanda :

— Pourquoi tu nous aiderais ?

— Parce qu’à l’instant où Visser-12 apprendra que l’un des soldats andalites est le frère de mon hôte, je serais condamné à mort. Et je ne parle même pas de ce qu’il me fera s’il parvient à infecter l’un d’entre vous et comprend que je vous ai aidé.

Elle se tourna vers l’ours :

— Ça ne m’enchante pas non plus, mais je pense qu’il a raison. Sans son aide, on ne les retrouvera jamais à temps.

Finalement, après quelques secondes de plus, Cassie ramassa les deux fusils Draco et je les guidai pendant que je sentais le souffle menaçant d’un grizzly dans mon dos.

Une fois arrivé devant l’aile où se trouvaient les faux-andalites nous vîmes que Visser-12 était déjà présent ainsi qu’une dizaine de gardes hork-bajir autour de lui. Nous étions trop loin pour entendre ce qui se disait, mais je pouvais grossièrement deviner ce que Visser-12 leur racontait. Tout commandant logique les aurait tués sans même leur adresser la parole. Mais Visser-12 voulait tenter d’en faire des hôtes. Quand il comprendra que ce ne sont pas des andalites il les exécutera, mais cela prendra du temps pour qu’il accepte l’incroyable vérité.

Rachel semblait sur le point de foncer, mais je la retins. Enfin, je lui fis signe de ne pas y aller (j’aurais été bien en peine d’empêcher cette montagne de muscle et de poil de faire quoi que ce soit.)

— <Qu’est-ce qu’il y a yeerk ?> Entendis-je raisonner dans ma tête.

Je murmurai.

— Tu ne peux pas foncer comme ça, c’est du suicide. Je connais la façon de procéder de Visser-12. Une fois qu’il se sera fait rembarré, il va partir en ordonnant à ses hommes de les torturer jusqu’à ce qu’il accepte de se démorpher. Il est obsédé par l’idée d’asservir d’autre andalites et il ne peut le faire tant qu’ils restent sous cette forme. Il pense que c’est son seul moyen de récupérer son prestige et son grade. Il ne les tuera pas. Une fois qu’il sera parti, on pourra intervenir.

— <On ne peut pas attendre autant. Ça va bientôt faire deux heures qu’ils sont en morph>

Je poussai un soupir.

— D’accord, rends-moi une arme. D’ici je dois pouvoir atteindre Visser-12. S’il est hors-jeu et que Cassie se transforme également en grizzli, vous aurez peut-être une chance contre les gardes.

Je les vis hésiter. Après quelques secondes de palabre, elles me remirent une arme.

Je ne perdis pas de temps. Dès que je fus hors de porter de ses griffes, je tirai sur l’énorme grizzly puis avant qu’elle ne puisse pousser un cri sur Cassie. Je cachai leur corps dans un coin. Je pris les deux armes, tirai de loin sur Visser-12, cria « Morphez dès que possible » et fuya avant que les gardes hork-bajir ne comprennent ce qu’il s’était passé. Très vite, ils se ressaisirent et partirent à ma poursuite dans le labyrinthe de coursive et de cellules que constituait la prison. Ils étaient doués, mais j’avais l’avantage de connaître les lieux parfaitement alors qu’eux ne descendaient jamais du vaisseau personnel de Visser-12. De plus, l’endroit avait été conçu pour perdre les éventuels groupes d’évadé. Les couloirs se ressemblaient, n’étaient pas aussi droits qu’on ne le pense et débouchaient régulièrement sur des cul-de-sacs ou des escaliers menant à un autre niveau. Sans compter que l’on trouvait régulièrement des goulets d’étranglement conçus pour qu’un garde seul puisse facilement repousser toutes une foule.

Au bout de 30 minutes de course-poursuite et de fusillade endiablée, ils étaient tous paralysés et aucun n’avait pu voir mon visage. Ça avait été extrêmement risqué de faire ça, mais je savais ce qu’il serait resté des gardes hork-bajir si j’avais laissé les faux andalites lancé leur attaque-surprise. Et il était hors de question que je laisse d’autre yeerk se faire tuer par ma faute. Je me dirigeai en boitant vers les cages où les 3 chauves-souris et le gorille avaient été remplacés par Jack, Marco, Aximili-Esgarrouth-Isthill et un faucon.

Je tirai sur le boîtier de contrôle ce qui désactiva le champ de force et leur permit de sortir.

Je le vis avancer vers moi

— Plus tard les explications. Pour l’instant, vous obéissez et vous la fermez. Cassie et Rachel ont été touchés par un tir paralysant de faible intensité. Il va falloir les porter et Rachel est transformé en grizzli. Que celui d’entre vous qui peut se transformer en gorille le fasse et la porte à l’extérieur.

— <Je n’obéis pas à un yeerk>. Cracha Aximili avec dégoût à mon intention.

— Aximili sur cette planète il y a deux sortes d’extraterrestre. Ceux qui ont un flingue et ceux qui ont encore leur crinière de nourrisson. Devine lequel donne les ordres.

— C’est bon Axes arrête. Tu n’arriveras jamais à être plus énervant que lui. On lui obéit pour le moment. Ordonna Jack

Je fus satisfait de cette intervention du gnome. Finalement peut-être que de temps en temps, je le laisserai sortir de la cave où j’allais l’enfermer jusqu’au restant de sa vie. Mais je changeai d’avis, en l’entendant prononcer en direction d’Aximili :

— Pour la millionième fois, arrête de m’appeler prince.

Non décidément il était trop dangereux pour ma santé mentale que ce garçon ait ne serait-ce qu’une minute de liberté.

Je les guidai sans difficulté jusqu’au trou que nous avions utilisé pour rentrer dans la prison. La seule péripétie fut qu’ils durent empêcher une Rachel réveillée plus vite que je ne l’avais prévu de m’achever. Une fois dans l’entrepôt jouxtant la prison, ils se transformèrent en blatte. Tous sauf ce Tobias qui devint une petite taupe (Est-ce qu’au naturel, c’était un faucon ?).

Une fois qu’ils furent transformés, je réalisai soudainement qu’ils étaient à ma merci. Il me suffirait de les écraser et tous mes problèmes seraient réglés. Ils avaient tué, je ne sais combien des miens et je connaissais bon nombre de leurs victimes. Leur futile résistance avait peut-être condamné nos deux espèces. Cette fois-ci, je ne pouvais pas être faible. Je devais obéir aux préceptes de l’empire, comme on m’avait appris à le faire et comme je l’avais fait (presque) toute ma vie. C’était la seule chose logique à faire pour survivre.

Oh bordel ! Je parvins à maîtriser mon dégoût le temps de leur permettre de rentrer dans mes poches et me dirigeai le plus vite possible vers la sortie de la piscine la plus proche avant que Visser-12 ne se réveille et que toutes les sortis soient de nouveau condamné. Heureusement, personne n’avait eu l’idée d’installer des scanners biologiques aux sorties de la piscine yeerk.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : ça y est Thévenin connais la vérité. Comment va t’il réagir ? Est-ce qu’il va empêcher les animorph de continuer leurs actions ? Que va en penser Tom ? Comment cela va t’il affecter leur relation ? Est-ce que Thévenin va réussir à guérir de son addiction au chocolat ? Vous le saurez en lisant le prochain épisode.

….

Vite, il faut que j’écrive quelque chose, sinon ils vont comprendre que moi non plus je n’en sais rien.

Discussion après révélation

— Tu te rends compte de ce que vous avez fait. Des milliers de yeerks innocents que vous avez tué. Ils avaient des amis et de la famille. Les vilipendais-je.

Après notre évasion du QG yeerk, j’avais conduit tout droit sans m’arrêter jusqu’à dépasser les limites de la ville. Une fois arrivé aux abords d’une plaine désertique, je m’étais finalement garé et j’avais déposé ses cafards dégoûtants qui se trouvaient dans ma poche. Aussitôt, ils se transformèrent en une vision d’horreur qui faillit me donner envie de vomir avant de prendre l’apparence de 4 humains et d’un jeune andalite. Depuis nous nous engueulions violemment. On aurait cru qu’ils auraient au moins eu la décence de se montrer reconnaissant pour ce que j’avais fait.

— Ce n’était pas des innocents, mais des envahisseurs, des tortionnaires et des meurtriers. Tu te rends compte de ce qu’ils faisaient aux humains ? De ce qu’il leur aurait fait si on ne les avait pas arrêtés ? Ou alors tu penses que la vie des yeerks vaut plus que celle des humains ? Répondit Marco.

Par réflexe, je voulus répondre que bien sûr que la vie des yeerk valait plus que celle des humains. Mais je me ravisai. Je ne pouvais plus penser cela dorénavant. C’était d’autant plus désagréable que même s’il ne disait rien, je sentais l’approbation de Tom. J’avais l’impression d’être acculé.

— Vous n’avez rien sauvé du tout. Vous n’avez fait que reporter l’inévitable ou pire condamner toute votre espèce à la destruction, les andalites (…)

— On connaît ton discours sur les andalites. Mais je préfère que les andalites nous extermine plutôt que nous devenions l’esclave des yeerks pour l’éternité. Pour le moment, on s’occupe de l’invasion yeerk et on prie pour que les andalites ne soit pas les monstres de cynisme que tu nous décris. On s’occupera des andalites le jour où leurs vaisseaux monde seront en orbite terrestre. De toutes façons, plus on ralentit l’invasion, moins les andalites auront de raison de vouloir nous exterminer. Répondit Marco.

— Pour l’instant les andalites qu’on a rencontré n’ont rien des monstres de cynisme que tu décris. Rajoutât Jack

— Peut-être que tu devrais accepter que tu ne connais pas grand-chose des andalites. Cracha Aximili

— Crois-moi j’en sais plus que toi. Répondis-je

— Que peux-tu savoir sur les andalites que j’ignore ? Répondit Aximili avec sarcasme.

— Je (…) ne peux pas en parler. Peut-être devrais-tu accepter qu’il y a beaucoup de choses que tu ignores sur les yeerks.

Un silence gênant suivi cette déclaration.

— Tout ça, c’est bien beau, mais la vraie question, c’est qu’est-ce qu’on fait de lui. Énonça Rachel.

J’ouvris ma veste et montrai les deux fusils Draco que j’avais conservés suite à notre petite escapade.

—  Essayez seulement pour voir. Et si tu continues à te rapprocher le canasson, je t’expliquerai comment ton frère a eu certaines de ses cicatrices.

— <Vous voyez, on ne peut pas faire confiance à un yeerk> Raisonna la voix d’Aximili dans la tête de toutes les personnes présentes

— STOP ! Il y a eu assez de combats pour aujourd’hui. Aximili recule-toi et toi Thévenin dépose tes armes par terre. Déclara Jack d’une voix forte et autoritaire.

Nous nous exclamâmes en même temps :

— Tu n’as pas à me donner d’ordre, le Schtroumpf.

— <Je ne peux pas obéir à cet ordre prince Jack>

Je tournai mon regard vers Aximili :

— Aurais-tu peur andalite ? Ou est-ce que finalement ton soi-disant code d’honneur est à géomètre variable ?

— <La lâcheté des yeerks par contre, c’est une constante de l’univers. Jamais tu n’abandonneras tes armes.>

— Lâche ? Moi ! Ton frère au moins n’accusait pas ses adversaires de ses propres tares. Je parie que je les dépose avant que tu ne recules.

— <J’attends de voir>

— Alors regarde bien

— Et si au lieu de vous éloigner vous vous rapprochiez. Genre dans une chambre d’hôtel. S’exclama Marco.

— <Ça n’a pas de sens, il n’y a pas de chambre d’hôtel ici>

— C’était de l’humour, Aximili. Un humour atroce, mais de l’humour quand même. Expliquais-je.

— Je vote pour qu’on s’étripe. Je ne peux pas pardonner un tel manque de goût. Commentât Marco.

— Toute personne trouvant l’humour de Marco atroce a un bon fond. Même si dans certain cas il est bien caché. Rebondis Rachel.

— Hé, c’était méchant ça ! Fit semblant de s’indigner Marco.

Je ne le dis pas, mais je devais reconnaître que leur intervention avait fait baisser la tension. Jack repris sans animosité dans la voix :

— Je n’ai pas envie de te faire du mal.

— (Et si vous en restiez là) S’exclama Tom dans ma tête.

— (Comment tu veux qu’on en reste là ? Je ne peux pas les laisser continuer à massacrer les miens)

— (Tu les as bien laissés faire jusque-là)

— (Je pensais qu’ils se contentaient d’apporter une aide mineure aux andalites. Qu’il les aidait à se fondre parmi les humains, qu’il leur fournissait des échantillons d’ADN ou qu’il jouait les nounous pour Aximili pendant que les adultes allaient se battre. Bref de petites missions pas trop dangereuses et pas trop impactantes. Je n’aurais jamais pensé qu’ils étaient les andalites. D’ailleurs !)

— Comment ça se fait que vous utilisez la biotechnologie andalite ? Jamais les andalite ne partage leur technologie avec les autres races. Et encore moins avec une espèce aussi primitive.

— C’est (..) Commença Jack

— <C’est une information confidentielle. Il ne faut pas la donner à un yeerk> Le coupa Aximili.

— <Ça n’a rien de confidentiel. Je ne connaissais pas Elfangor aussi bien que toi, mais je pense qu’il n’aurait pas voulu que tu sois puni à sa place> Déclara une autre voix dans ma tête que j’assimilai à celle de l’aigle.

— Décidément, Elfangor m’aura fait chier jusqu’à la fin. Si je comprends bien, c’était vous les humains qui avait assisté au crash de son vaisseau ?

— Oui. Je suppose que tu faisais partie des yeerks qui nous ont poursuivi ce jour-là. Vilipenda Rachel.

— Non. J’étais garde à la piscine, pas membre de la garde personnelle du visser. Mais si j’avais été présent, je n’aurais eu aucun scrupule à vous pourchasser et à vous capturer. Répondis-je avec honnêteté. Comment est-il mort ?

— <Il est mort en combattant jusqu’au bout> répondit Tobias

— Bien.

— <Tu ne vas pas me faire croire que tu comprends ces choses-là.> m’interpella Aximili

— Non. Je n’ai jamais compris en quoi mourir dans un combat perdu d’avance était plus honorable que de mourir en tentant de le fuir. Mais je sais que c’était important pour lui et c’est l’un des rares andalites pour lequel j’avais un début de respect. Il n’aimait pas la guerre et respectait ses adversaires. Il ne se montrait jamais inutilement cruel et faisait toujours le choix qui protégeait la vie de ses hommes quitte à laisser également la vie à ses adversaires. Et cela, alors même que nos supérieurs nous ordonnaient d’employer les stratégies les plus vicieuses possibles à son encontre. D’ailleurs, je me demande si c’était de la bonté ou de l’intelligence. À cause de ses scrupules, il perdait souvent les premières batailles, mais il perdait rarement la guerre. Pour avoir l’honneur d’être le premier à vaincre le légendaire Elfangor, les visser sacrifiaient leurs hommes et se montrait sans pitié. Résultat le moral, les yeerk et le matériel s’épuisaient rapidement tandis qu’Elfangor perdait beaucoup de terrain, mais peu de soldats. Un cocktail parfait pour des contre-attaques spectaculaires. C’est là que résidait le secret de ses légendaires victoires. Ça et quelque mensonge de la part de son gouvernement. N’est-ce pas Aximili ? Je doute que vos princes soi-disant si honnêtes veuillent que le grand héros de propagande Elfangor-Sirinial-Shamtul soit connu pour avoir enfreint la plus sacrée des lois andalites. À qui est-ce qu’ils ont décidé de faire porter le chapeau cette fois ? Qui est l’innocent qui devra croupir en prison pour les crimes d’Elfangor?

— <C’est moi> Répondit Aximili avec la voix la plus neutre possible.

— Oh ! Je suis désolé. Je ne me doutais pas. Pour être honnête, je pensais qu’il avait accusé l’un des autres passagers de ton vaisseau monde. Après tout, c’est plus facile d’accuser les morts. C’est pour ça que tu appelles Jack : prince ? Parce qu’ils t’ont banni ?

— <Ça ne te regarde pas>

— Bon tout ça, c’est bien beau, mais je commence à avoir froid planté au milieu des champs en sous-vêtement. Est-ce que l’on ne pourrait pas rentrer en ville et décider que l’on reparle de ça à un autre moment ? Dans un endroit calme et sans arme de préférence. Proposa Cassie.

— <On ne peut pas le laisser partir comme ça. Il en sait beaucoup trop. Il pourrait nous dénoncer.> Objecta Tobias

— S’il le faisait, il serait le premier à se faire tuer. Et jusqu’à présent, il s’est montré digne de confiance. Répondit Marco qui n’essayait pas de cacher qu’il grelottait dans son justaucorps.

Est-ce que je n’avais pas été un poil trop rancunier en choisissant un endroit sans aucune protection contre le vent glacial de ce début de novembre ?

— Tu oublies qu’il nous a tirées dessus. Rappela Rachel.

— Ça fait partie des choses sur lesquelles il devra s’expliquer, mais au final, il nous a aidés. Me défendit Cassie.

— Non, on doit régler ça maintenant. On ne peut pas le laisser partir tant qu’on n’a pas décidé dans quels camps il était. Dit jack avec un regret visible.

— (Thévenin. Je comprends que ce ne soit pas facile, mais est-ce que tu ..)

— (Tu rigoles. Je ne suis pas un traître.)

— (Au moins, maintenant, tu comprends pourquoi je n’ai jamais accepté de devenir un hôte volontaire.)

— (Ça n’a rien à voir.)

— (En quoi ?)

— (En tout. Je ne t’ai jamais demandé de nous aider à exterminer l’espèce humaine.)

— (Juste à la réduire en esclavage)

— (Ça n’aurait rien changé. Ton influence sur le cours de la guerre ou même de l’invasion de la terre est minime.) Lui répondis-je.

— (Et tu crois qu’à vous 7, vous allez changer le cours de l’histoire ?) Me rétorqua Tom.

— (Ça m’écorche la bouche de le dire, mais oui. Si malgré tous les indices qui pointaient dans cette direction, je ne les ai jamais soupçonnés, c’est parce qu’ils se sont montrés redoutablement efficaces. Je connais peu de soldats andalite ou yeerk qui aurait pu mener une résistance aussi efficace.)

— Euh Thévenin ça va ? Demanda Jack

— Je parle à Tom. Laisse-nous 5 minutes.

— Prends ton temps surtout. Je pourrais rester ici des heures à te regarder imiter une statue. Dit Marco en commençant à sautiller sur place à cause du froid.

J’eus pitié et décida de lui lancer les clefs de la voiture.

— Rentrez dans la voiture et mettez le chauffage. Et faite pas de connerie surtout. Je viens de la nettoyer.

— Non, ce n’est pas notre genre. On sera sage comme des images. Répondit Marco en saisissant les clefs.

— (Thévenin franchement tu n’en a pas marre d’obéir à des ordres que tu désapprouves ? De devoir détourner le regard en permanence ? Je n’ai jamais osé aborder le sujet, mais même si tu as essayé de le cacher, je vois bien que même maintenant, que je ne fais plus de cauchemars, tu n’arrives toujours pas à dormir.)

— (Ça n’a rien à voir) me défendis-je.

— (Je suis sûr que si)

— (Comment tu pourrais le savoir ? Qu’est-ce que tu connais aux yeerks?)

— (Pas grand-chose. Mais je commence à m’y connaître en Thévenin).

— (Hum ! Même si c’était vrai, qu’est-ce que ça changera. Tu ne peux pas me demander de les aider à massacrer les miens. Maintenant, que j’y pense)

Je m’adressai à Tobias qui était resté dehors sans doute pour me surveiller.

— Qu’est-ce vous étiez venu faire au QG ?

— < Je ne suis pas sûr que soit une bonne idée que je réponde à cette question.>

— Tu ne t’es pas exprimé tout à l’heure. Qu’est-ce que pense de la situation toi ?

— <C’est triste, mais la vie, c’est tué ou être tué. Que je le veuille ou non je dois tuer des souris pour survivre et les yeerks doivent asservir d’autre espèce. Il n’y a pas de collaboration possible entre nous.>

— (Il se trompe) intervint Tom.

— (Sur le fait que les faucons sont obligés de tuer pour survivre ?)

— (Sur le fait que les yeerks et les humains ne peuvent pas coopérer. Tu es la preuve vivante que les yeerks ne sont pas obligés de se comporter comme des parasites.)

— (moi, je suis une anormalité.)

— (Tu n’es pas anormal. Je croyais que tu avais cessé de croire que c’était toi qui avais un problème.)

— (Franchement plus le temps passe plus je fais des trucs qui ne peuvent s’expliquer que par la folie. Et si notre relation prouve une chose, c’est qu’aucune collaboration n’est possible. Franchement, si tu avais le choix, tu accepterais d’être mon hôte)

Il mit du temps à répondre, mais avant même qu’il formule sa réponse ce que je perçus de ses pensées et émotion me chamboulèrent profondément.

— (Après la guerre, si c’était possible, j’aimerais bien être ton hôte quelques jours par semaine. Pas tous les jours bien sûr. Mais si tu n’étais plus jamais là, tu me manquerais. En fait, je ne sais même pas si j’arriverai à dormir sans ta présence. Par contre hors de questions de continuer à remplir ma chambre de guirlande électrique et de veilleuse puis de passer des heures à les regarder.)

Je ne répondis rien et me dirigeai vers la voiture. J’ouvris la portière et m'installai sur le siège conducteur.

— Qu’est-ce vous étiez venu faire au QG ? Redemandais-je

— Heu et bien. Franchement, ce n’était pas une bonne idée. On a abandonné de toute manière. Balbutia Jack.

— Qu’est-ce vous étiez venu faire au QG ? Insistais-je

— Puisque je te dis qu’on le fera plus. Ça sert à rien d’en parler.

— Comment vous voulez qu’on coopère si vous ne me faites pas un minimum de confiance ? M’exaspérais-je.

— Comment tu veux que l’on fasse confiance à un yeerk ? Intervint Rachel.

— On voulait balancer de grande quantité de flocon d’avoine dans la piscine yeerk. On a appris que c’était du poison pour vous. Répondit Cassie.

— Humpf ! Écouter, j’accepte de vous soutenir, mais à trois conditions. La première, c’est que je ne veux plus de massacre aveugle de yeerk. Vous devez vous en prendre uniquement aux chefs, à l’infrastructure, au matériel ou à d’autres trucs du même genre. De toute façon, si vous croyez que Visser-12 ou le conseil vont renoncer à l’invasion parce que des milliers de grouillots se sont fait tuer dans un attentat terroriste, vous vous mettez le doigt dans l’œil.

Jack regarda les autres d’un air gêné. Je remarquai que Cassie avait un air particulièrement penné. Puis Marco répondit avec colère :

— Désolé de te le dire franchement, mais ton complexe de supériorité d’Alien super-évolué, tu peux te le foutre au cul. On n’est pas des barbares qui tuent à l’aveugle et on en a jamais rien eu à foutre de l’opinion publique Yeerk. On n'est pas là pour demander gentiment aux yeerks s’ils voudraient bien ne pas nous réduire en esclavage mais pour gêner suffisamment l’invasion pour que les andalites puissent gagner la guerre et venir libérer la terre. Si on tue des yeerks, c’est uniquement parce que c’est le seul moyen qu’on a de les ralentir. Tu crois vraiment qu’on est en mesure d’attaquer de front les installations militaire yeerk ? Et sans faire de blesser en plus ? Et j’imagine que tu ne l’as même pas noté, mais nos attaques ont aussi provoqué des morts chez les hôtes humains ou hork-bajir.

Je n’avais effectivement jamais vraiment pensé aux non-yeerk mort durant l’invasion de la terre. Ni dans aucune opération yeerk. Mais ça, je n’allais pas l’avouer.

— Raisons de plus pour arrêter. Si vous voulez qu’on vous considère comme des égaux commencer par ne pas vous comporter comme des animaux violent.

— T’es sérieux !??? Ce n’est pas nous les envahisseurs je te signale

— Oui bon visser-one tue des hôtes parfois. Souvent. Corrigeais-je. Mais c’est une exception. Si vous changiez d’attitude, vous pourriez négocier un meilleur traitement pour les humains et on pourrait vivre en harmonie. Comme avec les taxons. Vous savez, vous êtes une ressource importante pour l’empire….

Mais je ne pus finir ma phrase, car Tom me hurla dans ma tête :

— (Thévenin lit mes pensées)

— (Quoi !?)

— (Tu as gagné, je t’autorise à lire mes pensées de long en large. )

— (Mais non ! Ça ne serait pas bien. Je ne veux pas te faire de mal)

— (Et tu crois que j’en ai envie ? C’est le seul moyen pour que tu comprennes ce que les yeerks nous font. Allez, vas-y. Je sais que tu en rêves depuis le début)

Je ne comprenais pas cette demande, mais m’exécutai lorsque je sentis son esprit être rempli d’une détermination sans faille. Après plusieurs minutes très humiliantes pour Tom et très inquiétante pour les animorph qui se demandait pourquoi le corps de Tom restait immobile la bouche ouverte, je repris mes esprits totalement bouleversés pour la énième fois de la journée.

J’avais bien sûr déjà fouillé de fond en comble l’esprit de mes anciens hôtes, mais jamais je ne m’étais attardé sur ce que ça faisait d'être réduit à l’esclavage. À moins que ça en fait. Jamais je ne m’étais demandé comment je réagirais à leur place. Je savais bien sûr que ce n’était pas agréable, mais je n’avais jamais vraiment compris.

— (Je suis désolé, Tom.)

— (Ça me fait une belle jambe) me répondit-il avec agressivité. Lui aussi avait du mal à se remettre de l’expérience qu’il venait de vivre.

Puis il se radoucit et dit :

— (Ce n'est pas de ta faute. Enfin si un peu, mais ça fait longtemps que je t’ai pardonné. Et je le pensais lorsque je disais que j’aimerais rester ton hôte. Juste j’aimerais avoir le choix. Et que tu ne sois pas là lorsque je vais aux toilettes)

Puis je reviens à la réalité et dis gênée :

— Faite ce que vous voulez. Ou ce que vous pouvez. Par contre, je serais intransigeant sur mes deux autres conditions. D’abord je veux que vous me m’étiez au courant de vos missions.

— C’est hors de question. Répondit Marco.

— Et la troisième condition ? Demanda Jack, en faisant signe à Marco de se taire.

— Vous acceptez de laisser les yeerks vivres sur terre à condition qu’ils ne prennent que des hôtes volontaires ou reste dans leur piscine.

— Moi, je serais d’accord, mais on ne peut pas s’engager à ça. On est que des enfants, pas des chefs d’états ou je ne sais quoi. Répondit Jack

— Ce n’est pas ça que je vous demande. Ce que je vous demande, c’est votre promesse que si je me bats à vos côtés contre les yeerks pour protéger votre liberté, vous vous battrez à mes côtés contre les humains qui voudront se venger ou nous chasser d’ici. Et contre les andalites. Rajoutais-je en pointant Aximili du doigt.

— <Je ne promettrais jamais ça. Jamais je ne me rebellerais contre les miens. L’honneur me l’interdit> s’exclama immédiatement Aximili.

— Je croyais que les Aristh devaient obéir à leur prince ? Ne pus-je m’empêcher de me moquer.

— De toute façon moi non plus je ne peux pas promettre ça. On ne va pas combattre des humains pour protéger des yeerks. C’est notre planète pas la leur. Ils n’ont qu’à aller ailleurs. Répondit Rachel avec l’approbation de Marco. Jack ne s’opposa pas.

— Et où voulez-vous qu’on aille ? Vous croyez que ça nous amuse de vivre sur une planète dont les océans sont trop acides pour qu’on y survive ? Une planète ou les radiations solaire ne sont pas absorbables par notre organisme. Vous croyez que ça nous plaît de vivre dans des piscines surpeuplées avec rien d’autre à faire que de bouffer cette saloperie de Kandrona artificiel.

— Combien serait prêt à accepter de renoncer à leur hôte s’il n’est pas volontaire ? Combien serait vraiment prêt à respecter la paix ? Demanda Cassie, plus calmement.

Mentalement, je la remerciais. C’était la seule à ne pas sembler mettre totalement hostile. Mais malheureusement, la réponse ne risquait pas de les convaincre.

— La simple évocation de l’idée est punie de mort chez les yeerks. Donc je n’en ai pas la moindre idée. Mais le simple fait qu’il y ait une loi contre ça prouve que ce n’est pas si rare.

— Ça veut dire que si on acceptait, alors Thévenin ne serait sans doute pas le seul yeerk à vouloir nous rejoindre. Même s’ils sont peu nombreux, imaginer ce que l’on pourrait faire si des yeerks nous rejoignait. Même si c’est une minorité, ça pourrait tout changer. On ne serait plus seul. Ils pourraient même nous aider à dévoiler l’invasion au grand jour. Argumenta Cassie.

— Tu te rends compte de ce que les yeerks font à leur hôte humain. Ou à leur famille. Tu pourrais te battre pour qu’il puisse sans sortir impunément parce qu’ils auront promis de ne plus recommencer. Jack, tu sais mieux que quiconque ce que les yeerk font à leurs hôtes. Répondit Marco.

— (De quoi il parle ?) s’alarma Tom bouleversé.

— Je vais passer le contrôle à Tom.

J’étais sonnée. Je m’étais toujours quelques secondes à me réhabituer à la sensation d’avoir un corps. Je m’émerveillai à chaque fois de la sensation d’avoir des doigts. C’était l’un des rares avantages au fait d’être un hôte. On s'émerveillait des petits détails.

— C’est toi, Tom ? Demanda Jack.

— Oui. Qu’est-ce que tu veux dire par Jack le sait mieux que quiconque ? Demandais-je à Marco.

Ils se regardèrent. Finalement Jack dit :

— J’ai été l’hôte de Temrash114 pendant 3 jours.

Immédiatement, je me précipitai vers lui pour lui faire un câlin. Je me moquais qu’il se prenne la honte devant ses amis. La simple idée que ce salopard ait touchée à Jack me retournait l’estomac.

— Comment c’est arrivé ?

— Quand on a attaqué l’hôpital, je suis tombé dans le bassin où attendaient les yeerks qui devait être injecté aux patients. Heureusement, Aximili s’en est rendu compte. Il a prévenu les autres et ils m’ont enfermé dans une cabane jusqu’à ce que Temrach114 meure de faim. Pendant ce temps Aximili a pris mon apparence pour que personne ne remarque mon absence. En fait à l’époque, c’est surtout toi qu’on voulait tromper. Enfin Thévenin. On ne voulait pas que le yeerk infiltrer dans ma famille se pose des questions sur mon absence. C’était horrible. Pour s’amuser, il m’a montré ce qu’il te faisait subir. Le pire, c’était de perdre tout espoir. Il parlait comme moi, se comportait comme moi. Sans Aximili, personne n’aurait remarqué que j’étais prisonnier. J’ai cru que j’allais rester son esclave pour l’éternité.

Au fur et à mesure de son récit, les larmes commencèrent à pointer. Mais il se retint de pleurer.

— C’est pour ça que tu m’as envoyé ce message ?

— Oui. Tu ne peux pas savoir à quel point c’était horrible de savoir ce que tu vivais et de rien pouvoir faire. De devoir faire semblant que tout allait bien. Je voulais au moins faire ça pour être sûr que tu tiennes le coup. Que tu saches que tu n’étais pas tout seul.

— Tu vas me détester pour demander ça. Mais qu’est-ce qui nous dit que c’est bien Tom ? Ça pourrait juste être Thévenin qui fait semblant. Remarqua Marco.

— Heu et bien Commençais-je, mais je sentis Thevenin reprendre le contrôle de force. Je détestai lorsqu’il faisait ça. Pas tellement à cause de la perte de contrôle en elle-même, mais à cause du sentiment d’impuissance que je ressentais dans ces moments-là. Tout d’un coup, j’étais forcé de me rappeler qu’il avait tout pouvoir sur moi et que je ne contrôlais plus rien.

— C’est moi Thévenin. Je vais sortir de Tom. Comme ça, vous serez sûr.

— (vraiment ?) s’exclama Tom.

— (C’est le seul moyen pour qu’il me fasse un minimum confiance. Moi-même à leur place, je n’exigerai pas moins. Et je te fais confiance pour me remettre à l’intérieur de toi. Que tu l’admettes ou non tu es un hôte volontaire)

Je sortis une gourde d’eau de la boite à gants et je la collai contre l’oreille de Tom. Puis je pris une grande inspiration. J’étais mort de trouille. J’avais beau faire confiance à Tom, c’était la chose la plus terrifiante que je n’avais jamais faite. Et j’en avais fait des choses terrifiantes. Puis je me déconnectai du cerveau de Tom. Puis ce fut le noir complet pendant plusieurs heures.

Après ce qui me sembla une éternité, je sentis la gourde bouger. Par écholocalisation, je localisai une oreille. Soulagé, je m’y précipitai et repris le contrôle de Tom qui grimaça sous la douleur. Par habitude, j’avais oublié de prendre le temps de totalement analgésier la zone avant de lui percer son tympan.

— On est d’accord avec tes exigences. Sauf Axe. Une fois la guerre terminée, il devra rejoindre les siens. Il essaiera de les convaincre de laisser la terre en paix, mais il ne peut pas promettre de désobéir à ses capitaines. Et on te fera des résumés très succin de ce que l’on compte faire, mais on ne te donnera pas les détails. De plus, on continuera d’agir seul. Certains (son regard se tourna vers Rachel à ce moment-là) ne te font pas suffisamment confiance pour accepter de t’avoir à côté de nous en mission. Est-ce que ça te convient ? Résuma Jack avant même que j’eus le temps de totalement me connecter au cerveau de Tom.

— Il faudra bien. Répondis-je en démarrant la voiture.

Pendant que je conduisais pour les ramener chez eux prendre un repos bien mérité, Tom me demanda :

— (Tu penses que j’ai le syndrome de Stockholm ?)

— (Je ne sens pas l’odeur des hormones que relâche ton système immunitaire lorsqu’il a détecté une menace, mais si tu sens quelque chose ne va pas pendant mon prochain repas, je demanderai aux gardes de t’emmener faire un check-up.)

— (Laisse tomber)

— (Tu es sûr. Notre technologie médicale est bien plus perfectionnée que la vôtre. C’est très rapide et totalement indolore.)

Il refusa de nouveau et je n’insistai pas. Je devais me concentrer sur la conduite.

oOoOoOo

Note de l’auteur : J’ai réécrit ce chapitre après avoir vu cette vidéo : Violence / Politique / Jeu vidéo

À la base dans ce passage les animorphes accepter la première condition de Thévenin. Cette vidéo m’a fait comprendre à quel point c’était une réaction totalement à côté de la plaque. Et puis surtout je trouve les dialogues bien plus intéressant et agréable comme ça.

Traître andalite.

Rappel du canon :

Ce mini-chapitre se passe juste après la fin du tome 18. Pour rappel durant ce tome, les animorph se retrouve téléporter par accident sur un vaisseau-monde andalites voyageant en direction de la planète d’origine des Leeran(une race avancée tellement cheaté que l’auteur original oubliera leur existence après ce tome).

Axe est content de revenir chez les siens mais trahis ses amis humains pour obéir aux ordres du capitaine du vaisseau. Cependant, le capitaine se révèle être un traître voulant livrer le vaisseau (et ses occupants) aux yeerk. Les animorph se réconcilie, tue le capitaine, font exploser le vaisseau, se retrouve au milieu d’un champ de bataille où s’affrontent les armés yeerk et andalite. Ils échappent de justesse à la mort puis prennent part à une mission suicide qui offrira la victoire au andalites.

Une fois la mission réussie, tout explose et ils sont re-téléporté sur terre pendant que retentit ‘America fuck yeah’ (j’ai peut-être légèrement, exagérément la fin).

Cependant le moment le plus marquant de ce tome n’est pas cette bataille. L’événement le plus marquant c’est qu’à l’issue de cette aventure, Axe décide que dorénavant sa loyauté envers ses amis humains, passera avant sa loyauté envers son peuple et ses supérieurs.

oOoOoOoOo

Nous étions seuls à la maison. Avant l’infestation, Tom passait ses samedis dehors, mais depuis que je lui avais dit que je le lui laisserais le contrôle de son corps à la maison, il était devenu extrêmement casanier. Je trouvais son comportement un peu puéril, mais je laissais faire. Après tout, je lui avais donné ma parole que je ne le forcerai plus à quoique ce soit le week-end. Et lorsqu’il sera convaincu que je ne reviendrais pas sur ma promesse et qu’il en aura marre de jouer aux jeux vidéo en permanence peut-être qu’il redeviendra plus raisonnable. En attendant, je m’ennuyais. Cet ordinateur primitif appelé Mégadrive produisait un son atroce et les images qui apparaissaient à l’écran n’avait aucun sens.

Je fus donc presque soulagé lorsqu’une mouette se posa près de la fenêtre et que j’entendis dans ma tête :

— <C’est ça que tu nous cachais l’autre jour>

Trop ravis d’avoir une excuse pour le faire, je repris le contrôle, mis le jeu en pause (j’hésitai à arrêter cette machine de tortue auditive sans sauvegarder, mais je savais que Tom me ferait une scène après). Puis je me dirigeai vers la fenêtre et dis :

— Précise ?

— <Tu savais qu’il y avait des traites chez les andalites et tu nous l’as caché yeerks.> Dit-il sur un ton accusateur.

Tom, qui n’entendait pas la parole pensée d’Aximili dans sa tête, protesta, mais je l’ignorai.

— Parce que vous, vous me confiez tous vos petits secrets peut être ?

Nous, nous affrontèrent du regard pendant quelques secondes finalement, il reprit :

— <Pourquoi est-ce qu’ils nous ont trahis ? Qu’est-ce que les yeerks leur ont promis en échange ? Qui sont les traîtres>

— Pourquoi je te le dirais ?

— <Je croyais que tu étais dans notre camp. Ou alors c’est juste un stratagème tordu.>

— Je n’ai pas à me justifier devant un gamin comme toi. Et encore moins devant un andalites. De toute façon, comment veux-tu que je le sache ? Tu crois que Visser-12 va balancer à un grouillot tel que moi, comment il a réussi à convaincre un andalites de lui filer le plan d’attaques de la terre.

Il sembla choqué.

— <De quoi tu parles> Me demanda t’il.

— De quoi, toi tu parles ?

Il sembla avoir compris qu’il avait fait une boulette.

— JACK ! Qu’est-ce que vous avez encore fait ? Hurlais-je dans la grande maison vide.

— <Arrête yeerk. Le prince Jack doit avoir de bonnes raisons de ne rien t’avoir dit.>

— Il a intérêt à en avoir une, pour m’avoir menti. Je croyais que vous aviez juste été mangé au fast-food. Il a eu le culot de me fournir un faux ticket de caisse.

— <Prince Jack ne t’a pas menti. Nous avons bien été manger ses merveilleux muffins à la cannelle>

Lorsqu’il disait ça, je jurerais avoir vu de la bave sortir du coin de ses lèvres.

— Bref, je parlais de l’andalite qui a donné à Visser-12 le plan de vol de votre vaisseau-monde à toi et à ton frère. C’est grâce à ça que son vaisseau-hache a pu prendre le vôtre par surprise, lors de son arrivée en orbite lunaire. Si ça peut, te rassurer personne n’envisage sérieusement que des andalites veulent la victoire des yeerks. Je ne peux pas savoir pourquoi cet andalite a fait ça, mais comme tous les yeerks, je suppose que c’est parce que le gouvernement andalite veut que la guerre dure le plus longtemps possible.

— <Tu racontes n’importe quoi yeerk. Pourquoi mon gouvernement voudrait ça ?>

— Parce que grâce à ce conflit les andalites sont devenues les chefs officieux de la galaxie. Tous ceux qui veulent une protection contre l’empire sont obligés de se rallier à eux et de leur obéir.

— <C’est n’importe quoi jamais nos princes ne (..) >

— Dis-moi comment aurais-tu réagi si je t’avais dit qu’il y avait des traites parmi les andalites ?

Il resta silencieux un moment.

— <J’accepte ta troisième condition yeerk>

— Quelle condition ?

Mais il s’envola sans répondre.

oOoOoOoOo

Note de l’auteur : Si vous voulez comprendre par vous-même à quelle condition fait référence Axe alors ne lisait pas la suite. Si vous ne comprenez pas de quoi il parle et que les énigmes ça vous fait chier alors :

Axe fait référence aux conditions qu’exige Thévenin contre sa collaboration lors du chapitre précédent. Il promet de défendre le droit des yeerk de vivre pacifiquement sur terre. N’ayant personne pour me relire, je ne sais pas si c’était suffisamment explicite. Dans le doute, je préfère donner la solution.

Thévenin philanthrope

Rappel du canon : À la fin de ce chapitre, on fait une référence au tome 19. Mais ce n’est qu’une référence, car dans cette timeline, il n’y a aucune raison que les événements de ce tome se déroulent et je les ai donc tout simplement totalement effacés. En effet dans cette timeline Catie n’a aucune raison d’avoir des problèmes moraux avec les actions des animorphs (en tout cas pas au point de déprimer à cause de ça). Elle n’a donc aucune raison de sauver la vie d’un yeerk et d’essayer de le convaincre de libérer volontairement son hôte.

oOoOoOoOo

— (Je tiens à te rappeler que tu m’avais promis que je pourrais garder le contrôle le week-end) se plaignit Tom pour la énième fois alors qu’il savait que je détestais qu’il me distrait pendant que je conduisais.

Non ce n’est pas moins qui flippe de trop parce qu’on avait failli se faire rentrer dedans par un camion qui m’a grillé la priorité la semaine dernière. C’est juste une réaction rationnelle quand on connaît le nombre de mort sur les routes.

— (Je te promets que ça ne durera pas longtemps. Et puis tu as besoin de sortir) tentais-je de le raisonner.

— (Si tu savais ce que ça faisait de perdre le contrôle de son corps, tu ne dirais pas cela)

— (Je le sais. Enfin en partie. Je suis désolé de devoir t’imposer ça. Au moins, maintenant, tu n’as plus peur de ne plus jamais le retrouver.)

— (Ça va. Si au moins tu pouvais me dire ce qu’on vient foutre ici. Ça ne pouvait pas attendre la semaine ?)

— (Je cherche Jera456. Ou plutôt la maison de son hôte) lui expliquais-je.

— (C’est qui Jera456 ? Et pourquoi on va voir un autre yeerk ? Je croyais que tu n’avais aucune mission aujourd’hui.) M’interrogea Tom.

— (C’est le cas. Mais je veux lui parler seul à seul et c’est l’un des rares moments où ça devrait être possible. Ha, je crois que c’est là).

Je stoppai la voiture devant un immense portail en fer flanqué de deux guérites où un garde aux armes bien visibles me fixait méchamment du regard. J’ouvris la vitre pour appuyer sur le bouton de l’interphone. Avant même que je ne puisse prononcer un mot, la porte s’ouvrit et du haut-parleur raisonna un hurlement qui ressemblait à un « entré ». C’était curieux, mais je ne me formalisai pas et avançai.

— (Tu ne m’as toujours pas expliqué qui était Jera456 et ce que l’on foutait ici) revint à la charge Tom.

— (Ça ne va pas te plaire)

— (J’ai encore plus envie de le savoir) Insista Tom avec un début de colère.

Je remontai l’allée bordée d’arbres et de sculpture. Les jardins et les fontaines qui bordaient la route étaient magnifiques, mais il semblait ne plus être entretenu depuis des mois. D’ailleurs où se trouvaient les jardiniers qui étaient censés, travailler à toute heure sur l’entretient des différents massifs. Après 10 minutes, l’allée débouchait sur la cour intérieure d’un immense château. Ce n’était pas vraiment un château, mais je ne voyais pas d’autre qualificatif pour l’immense villa de 3 étages qui obscurcissait la vue sur la magnifique plage privée que l’on entrapercevait à l’horizon. Mais nulle trace d’un quelconque personnelle pour nous accueillir. Je me garai au plus proche de l’entrée et poussa doucement la porte quand un énorme cri retentit.

« — THEEEEVEEEENINNNNN »

J’eus tout juste le temps de me préparer pour ne pas perdre l’équilibre avant que Timmy ne me saute dans les bras.

Après quelques instants, je repoussai son câlin avec difficulté et l’admonestai :

— Qu’est-ce qu’il te prend de dire mon nom en public.

— En public ? Mais on est que tous les deux. Se défendit Timmy

— Tous les deux plus une centaine de domestiques si ce que ton ancien yeerk m’a dit est vraie. Lui rappelais-je.

— Non ne t’inquiète pas. Depuis que visser-3, heu non 12, a donné ma famille à Jera456 et à son triple, tous les domestique ont été virés. Comme ça, ils n’ont pas à s’avilir à faire semblant d’être des humains.

— Qui entretient la maison dans ce cas-là ?

— Ben moi. Ils ont dit que maintenant, je suis assez grand pour le faire. Répondit-il avec candeur.

Je restai silencieux quelque seconde, il en profitât pour retenter de me faire un câlin en disant :

— Je suis trop contente de te voir. Ça fait tellement longtemps. Tu viendras souvent me voir maintenant ?

Cette fois-ci, j’acceptai le câlin et j’en profitai pour l’observer. J’étais extrêmement surpris de le voir si expansif, alors que dans mes souvenirs, il arrivait à peine à exprimer ce dont il avait besoin. Et cela m’inquiétait. Sans compter que ce n’était pas la seule différence visible. Lors de ses visites à la piscine, lui et ses parents étaient vêtus de tailleur de haute couture totalement impeccable. En le voyant pied nue et vêtue uniquement d’un jogging troué et d’un vieux pull couvert de tache, on avait du mal à le reconnaître. À part ça, cependant, il n’y avait pas de trace de maltraitance. Mais ça ne voulait rien dire. Les yeerks pouvait torturer leurs hôtes sans que cela ne laisse de trace visible.

— Calme-toi Timmy. Moi aussi, je suis content de te voir. Mais d’abord, il faut que je parle à ton yeerks. Où est-il ? Comment ça se fait que tu as le contrôle ?

Il rougit et expliqua en se tortillant les mains :

— Ils sont dans la piscine et ils se font des bisous.

— (je croyais que les yeerk mourraient lors de la reproduction) demanda Tom.

— (Les triples peuvent se donner du plaisir mutuel sans être obligé d’aller jusque-là. Même si dans le feu de l’action beaucoup vont trop loin. Avant que l’empire n’impose aux yeerks un rythme reproduction soutenue, c’est grâce à ce genre d’accident que mon espèce se perpétuait. Mais ce n’est pas ça qui me perturbe).

— Comment ça ‘Ils’ ? Je croyais que c’était l’heure de repas de Trista171 et Racane263 ?

— Oui. Comment tu le sais ?

— Alors qui est avec lui ?

— Je ne sais pas. Ça change tout le temps.

— Donc quand tu m’as demandé de changer mon heure de repas la dernière fois, en fait, tu avais l’accord de ton yeerk ?

— Comment t’as deviné ? Jera456, il m’a dit qu’il ne fallait pas le dire à personne. On ne dirait pas, mais il est gentil. Il a accepté juste pour me faire plaisir. Mais il avait peur que ça fasse de la peine à ses amoureux, alors il a fait semblant de me punir pour qu’ils ne se doutent de rien.

— (Tu crois que je devrais lui dire la vérité ?) demandais-je mentalement à Tom

— (Non vaut mieux pas)

— Dit t’es pas fâché que je ne t'ai rien dit ? Me demanda Timmy avec une inquiétude visible.

— Non, je ne suis pas fâché. Le rassurais-je

— Viens, je vais te montrer où sont les cellules. Tu verras, il y a tout ce qu’il faut pour totalement immobiliser les hôtes. Ensuite, tu pourras sortir et je te déposerai dans la piscine. Au fond, il y a des interrupteurs. Dès que tu voudras retourner dans ton hôte, tu me sonnes et je viendrais te chercher.

— (Sale limace, c’est pour ça que tu ne voulais pas me dire où on allait. Pendant que monsieur allait faire son orgie, tu voulais que je passe l’après-midi enchaîné dans un cachot.)

— (Ce n’est pas vraiment ça, mais oui je me doutais que ce ne serait pas très confortable.)

— (Tu as intérêt à avoir une bonne explication.)

— (Je voulais essayer de le sonder pour savoir ce qu’il penserait de la création d’un mouvement pacifique, sans qu’il n’y ait de risque d’être surpris par des oreilles indiscrètes. Pas même celle d’un hôte. Il a un nombre incalculable de défaut, mais c’est le seul yeerk dont je sois pratiquement sûr qu’il ne me dénoncera pas. Et contrairement à moi, il sait comment séduire et organiser un mouvement. Sans compter qu’il connaît beaucoup de monde)

— (Tu t’en sors bien sur ce coup. Mais j’aimerais que tu me préviennes avant de me faire ce genre de coups)

— (Je ne savais pas vraiment comment te dire ce qu’il risquait de t’arriver. Je sais à quel point tu tiens à ses moments de liberté. Et j’ai décidé de ça au dernier moment. Je repensais à la demande de Jack d’essayer de trouver d’autre yeerk près à trahir l’empire pour remonter le moral de Cassie. Tu te souviens qu’il nous a dit qu’elle allait vraiment mal et que lui la seule chose qui l’empêchait d’abandonner les animorph, c’est l’espoir d’une issue pacifique. Je pensais sonder Aftran942, mais il a sauté son tour de repas. Et puis j’ai appris que l’un des yeerks que Cassie a tué lors de la dernière mission était son frère. D’ailleurs, c’est sans doute à cause de ça qu’il n’a pas voulu venir manger. Mais bref ce n’était pas le moment de lui parler de ça. Puis j’ai appris par hasard que Trista171 et Racane263 viendra manger cet après-midi. Je n’aurais jamais cru que Jera456, les tromperait comme ça. Je pensais qu’il s’était assagi depuis qu’il les a rencontrés.)

— Non, ce n’est pas la peine. Je ne vais pas le déranger. Je lui parlerai une autre fois. Qui te surveille pendant qu’ils sont dans la piscine ?

— Ben personne. Je suis un grand maintenant. C’est génial. Dès que j’ai fini le ménage, je fais ce que je veux. Je sais que ce n’est pas bien, mais j’aime mieux quand j’ai pas un yeerk dans la tête. Mais souvent, je me sens seul. Jera456, il ne veut pas que je lui parle. Il dit qu’un bon hôte ne fait pas ça. Alors j’essaye au maximum, mais c’est dur, mais il dit quand même que je suis un bon hôte. Et il m’offre plein de jouets tout le temps. Dit tu restes jouer avec moi.

— Est-ce que j’ai le choix ?

Il répondit en souriant :

— Non ! Je dois finir de nettoyer le salon. Va dans la cuisine en attendant. J’ai fait des crêpes au Nutella. Le Nutella, c’est trop bon. Depuis que c’est moi qui fais la cuisine, on en mange à tous les repas. Dit tu reviendras ?

— Rassure-moi, tu manges autre chose que des frites et du Nutella.

— Heu, je mange aussi du ketchup. répondit-il confus.

— Tu sais quoi je crois que je vais revenir très souvent. En fait, je vais essayer de revenir à chaque fois que tu seras seul. Lui affirmais-je, bien déterminer à le faire manger un minimum équilibré.

Il me ressauta dessus et me serra dans ses bars en étant limite en pleurs.

— Je t’aime Thévenin.

Je ne savais pas quoi dire face à cette déclaration si soudaine.

— Dis-moi ça fait combien de temps que tu es tout seul ? Je veux dire que tu n’as pas eu une vraie conversation avec quelqu’un ? yeerk ou humain.

— La dernière fois, c’était avec toi au QG.

— (Seigneur ! Plusieurs mois avec juste des yeerk qui lui interdise de parler. Tu m’étonnes qu’il s’accroche à toi comme ça.) s’exclama Tom.

Je resserrai ma prise sur lui. Qu’est-ce qu’il m’avait pris de ne pas davantage me renseigner sur comment Jera456 le traitait ? Si ça se trouve c’était déjà comme ça avec son ancien yeerk. Mais en y réfléchissant la vérité, c’est que quelques mois plus tôt, j’aurais trouvé que c’était une façon normale, voire très généreuse de le traiter.

— Finalement, je crois que je vais aller parler à Jera456. Il y a 2-3 trucs dont il faut qu’on discute.

Il sembla effrayer.

— Le dispute pas s’il te plaît. Je suis très heureux comme ça. Ce n’est pas grave. Je me plaindrais plus, je sais que ce n’est pas bien.

— Timmy, c’est bon du calme. Tu n’as rien fait de mal. Il ne t’arrivera rien, je te le promets. Je ne lui parlerai pas sans ton accord ça te va comme ça.

— Oui !!

— (Tu ne peux pas les laisser continuer sans rien faire) Me reprocha Tom.

— (Et qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Je te rappelle qu’ils ont tout pouvoir sur lui et qu’en dehors de ce que Timmy veut bien me dire, je n’ai aucun moyen de savoir ce qui se passe. Vu sa réaction, je doute que ce soit une bonne idée d’aller lui parler)

— (Ce Jera456 est un salop. Comment t’as pu croire qu’il pourrait nous aider ?)

— (Ce n’est pas un salop. Enfin, je ne crois pas. On ne sait jamais vraiment ce qui se passe entre un yeerk et son hôte. Surtout depuis la création du crime de sympathie.)

— (Comment tu peux le défendre ?)

— (Je pense qu’il ne se rend même pas compte de ce qu’il lui fait.)

— (Comment il pourrait ne pas se rendre compte ? Il est dans sa tête)

— (Et qu’est-ce que tu crois qu’il lit dans la tête de Timmy ? Ce gamin sait encore moins que lui reconnaître la maltraitance.)

— (Mais il doit bien voir qu’il n’est pas dans un état normal ? Qu’il a besoin de voir du monde.)

— (Comment veux-tu qu’il sache ce qu’est l’état normal d’un humain ? En regardant les cours de l’empire sur le dressage des hôtes ? Je m’estime déjà heureux qu’il soit trop feignant pour lui faire subir les séances de dressage hebdomadaires recommandé. Enfin ça, c’est l’excuse qu’il donnait lorsque les gardes de piscine l’interrogeaient sur le caractère trop rebelle de ses anciens hôtes. Je l’ai toujours soupçonné d’avoir d’autres motivations. C’est l’une des principales raisons pour laquelle je pense qu’il pourrait nous rejoindre.)

Je sentis Tom frissonner à cette évocation qui lui avait rappelé celle que lui avait infligée Temrash114 (et du plaisir que Temrash114 éprouvais durant ses séances).

— Tu sais Timmy, depuis que j’ai mon nouvel hôte, il y a plein de choses que je comprends sur les humains.

— Comme le fait que c’est trop bon le Nutella.

— Oh oui, tu n’as pas idée. Même si je trouve ça trop gras. Maintenant, je comprends pourquoi je devais te forcer à prendre des légumes au buffet des volontaires. Mais il y a une question que je me pose : pourquoi tu ne parles pas aux autres humains dans le quartier des volontaires ? Pourquoi lorsque je ne pouvais pas m’occuper de toi, tu restais dans un coin a regardé les autres sans leur parler ? Et pourquoi tu as continué ? Je pensais qu’après mon départ, tu jouerais avec d’autres. Même s’ils sont beaucoup plus vieux que toi.

Il s’assombrit.

— Les humains sans yeerk, ils sont méchants. Ils me font peur.

— Tu n’es pas méchant toi ?

— Si. C’est pour ça que c’est bien que j’ai un yeerk.

— Mais non, tu n’es pas méchant. Tu es l’humain le plus gentil que je connaisse. Qu’est-ce qui te fait penser ça ?

— Mes parents (...)

— J’en étais sûr. Combien de fois, il faudra que je te dise que tout ce que t’ont dit tes parents étaient un tissu d’ânerie. Lui répétais-je en tentant de rester calme pour ne pas l’effrayer.

— Les autres yeerks, ils le disent aussi que les humains sont méchants et qu’il leur faut un yeerk dans la tête. Et les yeerks ils sont vachement plus intelligents. Jera, Trista et Racane, ils disent que je suis un bon hôte parce que je suis très obéissant. Mais ce n’est pas vrai, j’arrête pas de leur désobéir. J’essaye pourtant, mais je n’y arrive pas. Je comprends que tu veuilles me mentir. Mais je suis grand maintenant.

Je dus prendre quelques secondes pour trouver quoi répondre. J’étais écartelé entre le fait que je ne pouvais pas le laisser croire ça et le fait que je ne pouvais pas prendre le risque d’être accusé de sympathie. Même si je ne pensais pas que Jera456 me dénoncerait (et encore, je voulais lui en parler pour être sûr), mais un autre yeerk pourrait l’apprendre (à commencer par Trista171 et Racane263). Ça n’aiderait pas Timmy si je me faisais tuer et que Tom était réaffecté à un yeerk qui s’empressera d’aller raconter à Visser-12 tout ce qu’il avait vu sur les animorphs dans sa mémoire.

— Écoute, Timmy. Tu ne peux pas passer toute ta vie tout seul comme ça. Ce n’est pas bon. Toi-même, tu vois bien que ça ne te fait pas du bien.

— Mais je t’ai toi. Tu as dit que tu viendrais souvent maintenant. Dit-il en recommençant à être triste.

— Oui. Plusieurs fois par semaine. Enfin, si Jera456 est d’accord. Mais je ne suis pas éternelle. Un jour, je vais mourir et tu te retrouveras tout seul.

Ce coup-ci, il se mit à pleurer pour de bons

— (Alors là bravo, Thévenin. Rien de tel que de dire à un enfant que l’on va mourir pour lui remonter le moral)

— (Mais c’est vrai. C’est facile de critiquer. Tu n'as qu’à le faire puisque t’es si malin. Quoique ce n’est pas une mauvaise idée)

— (Hein, qu’est-ce que tu veux dire par là ?) S’alarma Tom.

Je le pris dans mes bras et lui chanta cette chanson en Galard que j’avais trouvé dans les souvenirs d’enfance de mon ancien hôte hork-bajir. Mon ancien hôte était l’un des derniers hork-bajir à être née libre et à avoir été élevé par sa mère et elle se souvenait encore des berceuses que lui chantait sa mère avant qu’elle ne meure sous ses yeux, lorsque les yeerk ont découvert la caverne où sa tribu se cachait.

— Calme-toi, si ça doit arriver se sera dans très très longtemps.

— Tu promets que tu resteras toujours avec moi ?

J’avais très envie de lui mentir. Mais mon expérience avec Tom m’avait appris que le mensonge ne fonctionnait pas très bien avec les humains.

— Je ferais tout pour. Mais tu sais que l’on est en guerre. Je ne peux rien te promettre.

Il cracha violemment puis jura :

— Ses sales andalites. J’espère qu’ils vont tous mourir.

— En attendant, il faut être prudent. C’est pour ça que je veux que tu fréquentes d’autre humain. Écoute comme l’endroit est sécurisé, exceptionnellement, je vais laisser le contrôle à Tom.

— Hein quoi, qu’est-ce que tu racontes ? Après quelques secondes, je me rendis compte que j’avais prononcé ses paroles à voix haute.

J’avais de nouveau le contrôle de mon corps. Un contrôle sous haute surveillance. L’esprit de Thévenin était tellement présent que je ressentais une légère résistance à chacun de mes mouvements. Malgré tout, j’étais content d’enfin retrouver le contrôle de mon corps.

— Thévenin ça va ? Demanda le garçon.

— Heu oui, il va bien. Je suis Tom, Thévenin m’a laissé le contrôle. Lui expliquais-je.

Timmy me regarda horrifié et commença à doucement s’éloigne de moi.

— Thévenin t’es toujours là, tu le contrôles bien ?

— Je ne suis pas un chien, tu peux me parler directement. M’énervais-je sans y penser. Thévenin ne dit rien, mais je sentais sa désapprobation.

— S’il te plaît, ne me fais pas de mal. Supplia-t-il de manière pathétique.

Beaucoup auraient été apitoyées par cette vision. Mais malgré ce que je savais du passé du gosse, je ressentais juste de la colère. J’essayai de me contenir, mais c’est malgré tout d’une voix énervée que je lui répondis :

— Non, je ne vais pas te faire de mal.

Cela ne sembla pas le rassurer. Mais je ne savais pas quoi dire d’autres. Je me dis qu’il fallait juste qu’il s’habitue à ma présence. C’était un peu comme avec un animal sauvage. Il fallait que je reste immobile jusqu’à ce qu’il conclue que je n’étais pas une menace. Franchement, si je tenais les parents du gamin. La zombification était un sort trop doux pour eux. Finalement, au bout d’un moment, il réussit à poser une question :

— Je croyais que tu étais un hôte involontaire ?

— C’est le cas. Lui répondis-je.

— Tu ne me détestes pas ?

Je me baissai afin d’être sa hauteur.

— Non, je ne te déteste pas. Je déteste les limaces, mais pas toi. Lui expliquais-je.

Il sembla hésiter à poursuivre. J’eus alors une idée :

— Écoute. Moi, j’ai eu une expérience très différente de la tienne avec les yeerk. Mon premier yeerk, il était très méchant. Il était un peu comme Visser-12. D’ailleurs, tous les deux, ils s’entendaient bien. Il me répétait tout le temps que j’étais un moins que rien, il m’insultait et il me faisait du mal. Parfois, parce que je m’opposais à lui, mais d’autres fois juste pour s’amuser. Quoi que je fasse, il me méprisait et il s’en prenait à moi. Il n’y avait aucune échappatoire. Mais le pire ce n'était même pas ça. Le pire, c’est qu’il menaçait en permanence de s’en prendre à ceux que j’aime. Étant donné ton passé, je ne sais pas si tu sais ce que c’est que de tenir à quelqu’un. Mais il n’y a rien de pire que de penser qu’une personne qu’on aime va souffrir à cause de toi.

Au fur et à mesure de mon récit, je le sentis de plus en plus captiver, jusqu’à finalement le voir se rapprocher de moi pur me consoler. Finalement, il me dit d’une voix triste :

— Un jour dans le parc, j’ai trouvé un petit chat blessé. Je l’ai ramené dans ma chambre et je l’ai nourri en secret pendant une semaine. Mais comme il allait mieux, pendant que j’étais avec mon précepteur, il a essayé d’explorer la maison et il est tombé sur mon père. Il (…) -Il sanglota - Il a demandé au Nestor de le noyer. J’ai eu beau le supplier, il n'a rien voulu savoir. Il m’a forcé à regarder. Il a dit que c’était pour m’endurcir. C’est pour ça que quand Jera456, il a viré Nestor moi, j’étais content.

— Tu sais les humains, c’est comme les yeerks. Ils ne sont pas tous comme ça. En tout cas, moi aussi à ta place, je préférerais faire le ménage.

— Le ménage ! Cria-t-il.

Il commença à courir dans le couloir.

— Ne cours pas dans le couloir. Tu vas te faire du mal. Cria subitement Thévenin en me reprenant le contrôle quelques seconds. Non mais quel papa poule.

— Je suis en retard. Il faut que je finisse de nettoyer le salon avant que Jera456 me sonne. Sinon il va me disputer. Expliqua Timmy en ralentissant à peine.

— C’est bon, je vais t’aider. Quand tu dis disputer ? Il ne te fait pas de mal ? Lui demandais-je avec une inquiétude sincère.

— Ben, il me punit. Thévenin, il ne te punit pas quand tu lui désobéis ? On est des humains c’est normal.

— (N’oublie que Jera456 va regarder ses souvenirs. Tu ne dois rien lui dire de compromettant. Être prévenant avec un hôte volontaire est toléré, mais la moindre faiblesse envers un hôte involontaire me coûtera très cher. Dit que je suis horrible avec toi)

— (Ça, je n’aurais pas de mal à lui faire croire) dis-je sur un ton humoristique. Bien entendu, je ne le pensais pas.

— Si, mais ce n’est pas normal. Thévenin ne veut pas l’admettre, mais ça sert à rien et c’est mal. Tu ne devrais pas te laisser beucdsfcnd. Laisse-moi dire ce que je veux sale limace.

— (Mais je n’ai rien fait moi. Je te fais confiance)

— (Je sais, je fais semblant pour Jera456)

— Tu n’as pas le droit de l’insulter sale primate. Ce n’est pas une limace. S’excitait-il de colère bien que je voyais qu’il avait peur que je le frappe suite à cela. Mais je ne me sentis pas insulté pas sa réaction. Au contraire, je trouvais agréable de le voir se rebeller un peu pour une fois. Peut-être qu’il était encore sauvable après tout.

— Mais c’est que l’on se rebelle. Ça mérite une punition. Et je me jetai sur lui pour lui faire des chatouilles.

Après un moment d’inquiétude, il se mit à rire.

— (Qu’est-ce que tu lui fais. Arête immédiatement ou je ne te laisserais plus jamais le contrôle) S’alarma Thévenin.

— (Relax)

Je repensai à d’autres fois où j’avais chatouillé Jack pour que Thévenin comprenne en voyant mes souvenirs que je ne lui faisais rien de mal.

— Hihihi ! Arrête. Me supplia Timmy.

— Si tu reconnais que je ne suis pas un primate. Le menaçais-je.

— (Mais tu es un primate, ça n’a aucun sens) Commenta Thévenin dans ma tête.

Je ne pris même pas la peine de lui répondre.

— hihihi, tu n’es pas hihihi un primate.

J’arrêtai de le chatouiller. Il s’éloigna de moi puis dit :

— T’es un gros babouin qui pue. Avant de se mettre à courir dans le couloir. Je fis semblant de le poursuivre, mais je le laissai volontairement gagné jusqu’à ce que l’on arrive dans ce qu’il me présentât comme le salon.

C’était le salon le plus bizarre que je n’avais jamais vu. Les murs étaient recouverts de paillette et peint de toutes les couleurs. Il y avait une grande baie vitrée qui devait donner sur une magnifique vue de la plage, mais les volets étaient fermés et la pièce illuminée par des dizaines de lampes à lave et une boule disco. Au centre de la pièce, se trouvaient des canapés avec une table aux couleurs pastel où se trouvait une caisse de papier bulle. Le tout était extrêmement criard et me donnait mal à la tête rien qu’en le regardant. Je crois que rien que la description détaillée aurait provoqué une migraine chez toute personne disposant d’un minimum de bon goût.

— (C’est magnifique) s’exclama Thévenin dans ma tête.

Je suppose que c’est le cas si on est un extraterrestre. Pensais-je un peu trop fort.

— (Les humains n’ont vraiment aucun goût) répondit-il vexé.

— (Tu te voiles la face. Tu ne veux juste pas admettre que les yeerks sont les pires décorateurs de tout l’univers)

— (Un jour, notre art sera reconnu à sa juste valeur)

Il y a quelque temps, ses remarques prouvant qu’il lisait dans mon esprit m’aurait exaspéré et aurait conduit à une dispute. Mais maintenant je ne m’en formalisais pas. Même s’il n’avait jamais fouillé ma mémoire au fil du temps, à force de vire dans mon corps, Il en était venu à tout savoir sur moi. Et jamais il ne m’avait jugé. Même en voyant mes pensées les plus honteuses. C’était l’avantage qu’il soit un extraterrestre. La plupart du temps, il ne comprenait même pas ce qu’il pourrait y avoir de problématique avec mes pensées. Il acceptait même ma haine à l’égard de sa race. C’était une sensation étrange, mais très agréable d’avoir un ami à qui vous pouviez tout raconter et qui vous soutiendrais quoi qu’il arrive. Si seulement il n’était pas présent quand j’allais aux toilettes, se serait parfait.

Pendant que je l’aidais à faire le ménage, je lui demandai.

— Tes yeerks aussi, ils ont une obsession pour tout ce qui est brillant ?

Il hocha la tête et sur le ton de la confidence, il me dit :

— Jera456, il n’arrête pas de m’utiliser pour regarder les reflets des lampes sur le mur. Il peut y passer des heures. Je m’ennuie tellement pendant ce temps-là.

— Crois-moi personne ne peut battre Thévenin en termes de goût bizarre et de loisir ennuyeux. Il voulait mettre des paillettes roses partout dans ma chambre. Heureusement que je l’ai convaincue que mes parents trouveraient ça, trop suspecte. Je n’aurais pas pu m’en remettre.

— T’es parent, ils sont gentils ?

— Oui, ils sont super. Je ne leur dis jamais, mais je les aime beaucoup.

Après cela, il s’enferma dans un silence pensif que je respectai. Une fois notre tâche terminée, il m’emmena dans ce qu’il appelait sa chambre. C’était une immense pièce qui devait faire la taille de notre maison où s’entassait en désordre des tonnes de jouet, de console de jeu et de vêtements sales. Par contre, je remarquais l’absence de lit.

— Où est-ce que tu dors ?

— Dans la chambre des yeerks. Ils m’utilisent toujours la nuit.

Je ne commentai pas. Je ne voulais pas risquer de le brusquer ou de m’énerver. De toute façon, tant que Thévenin n’avait pas pu sonder Jera456 sur notre projet, je ne devais pas prendre le risque de trop en dévoiler.

Nous passâmes les 30 minutes suivantes à jouer à la Neo-Geo sur une télé gigantesque qui devait à elle seule consommer la moitié de l’électricité de la ville lorsqu’elle était allumée (édit : ne pas oublier qu’on est à l’époque des télés cathodiques).

oOoOoOoOo

Je les laissai jouer jusqu’à ce que l’on se rapproche trop de l’heure où Trista171 et Racane263 devait rentrer de leur repas. Puis je repris le contrôle du corps de Tom et me dirigea vers la sortie malgré les suppliques de Timmy pour une dernière partie. Je préférais rentrer avant que Jera456 ai fini de tromper son triple, afin de ne pas avoir à leur fournir des explications sur la raison de ma venue. J’attendrais une occasion d’être seul avec Jera456 pour lui parler.

Timmy me raccompagna en me faisant promettre une nouvelle fois de revenir. Je lui affirmai que je reviendrais dès lundi après le lycée, mais que je ne pourrais pas rester longtemps, car j’avais ordre de participer à une réunion du partage à 19 heures. Quand je fus sur le seuil de la porte, il me demanda :

— Au fait, qu’est-ce que tu voulais demander à Jera456 ?

Pris au dépourvu, je sortis le premier mensonge qui me passa par la tête.

— Je voulais lui demander qu’il finance la Clinique de réhabilitation de la faune. Le frère de mon hôte passe son temps là-bas et j’aimerais que ça continue. Je crois qu’avec cent mille dollars, il devrait boucler leur budget sans problème.

— C’est tout. Pas besoin de lui en parler, je vais le faire tout de suite.

— Toi ?

— Oui. Depuis que je sais lire Jera456 a dit que je devais aussi m’occuper des petites sommes d’argents.

J’avais un peu l’impression de profiter de lui, mais en même temps, il aurait été suspect de refuser, alors je le laissai faire.

oOoOoOoOo

Une semaine plus tard, je rentrai dans un fast-food du centre commercial. Je repérai une table où se trouvait Jack, Marco, Rachel, Cassie, Axe et Tobias sous forme humaine.

Je m’avançai et fis bruyamment semblant d’être surpris de les trouver là. Puis je me lançai dans un discours vantant les mérites du partage et les invitant à nous rejoindre. Il ne fallait pas qu’un contrôleur pense que nous traînions ensemble. Une fois sûr que personne ne nous écoutait je m’assis et leur demandai :

— Je croyais que le lieu de réunion, c’était la grange de Cassie ?

— Justement, si j’ai convoqué une réunion, c’est pour discuter de cela. On a un gros problème. Répondit Jack.

— Quel problème ? Cassie a décidé de soigner une mouffette ? Demanda Marco.

— On pense que les yeerks sont au courant que la grange de Cassie est utilisé par les bandits andalites et qu’ils veulent nous tendre un piège.

— On se demande comment ils ont pu l’apprendre. Dit Rachel en me fixant d’un regard noir.

Elle n’avait toujours pas digéré que je lui tire dessus. Je soupçonnais que c’était surtout le fait que j’avais réussi à la battre qui lui hérissait le poil.

— Personne ne soupçonne personne autour de cette table. Affirma Jack de manière un peu trop forte pour que ce soit naturel.

— Laisse, c’est normal que vous me soupçonniez. Qu’est-ce qui s’est passé au juste ? Interrompis-je.

— Ne nous donne pas d’ordre yeerk. Dit Rachel.

— Jack, peux-tu demander à tes amis ce qui s’est passé, s’il te plaît ? Fis-je à haute et intelligible voix.

— Eh, normalement, c’est moi qui suis censé exaspéré Xena. Répondit Marco. Toi t’es censé être le mec hyper sérieux et déprimant.

— Pitié, je ne vais pas survivre avec eux deux dans l'équipe. Dramatisa Rachel.

— Concentrez-vous un peu. Admonesta Jack, mais on sentait qu’il était amusé par les pitreries de ses amis. Quand tous furent silencieux, il reprit.

— Il y a quelques jours, les parents de Catie ont reçu un chèque d’un million de dollars de la part de Wellington industrie pour la Clinique de réhabilitation de la faune. Ses parents ont immédiatement tiqué au point d’hésiter à renvoyer le chèque. Non seulement, ils ne leur ont fait aucune sollicitation, mais en plus la clinique est affiliée à des ONG de défense de l’environnement qui les accuse d’avoir mené des essais illégaux d’arme à l’uranium appauvri qui aurait contaminé des lacs pour des siècles en Alaska. Bref pas le genre d’entreprise qui a l’habitude de sponsoriser des refuges pour animaux. En tout cas pas sans arrière-pensée.

— Finalement, Rachel a raison, on devrait virer Thévenin. J’ai de très bonne blague à faire sur les empires maléfiques, mais depuis qu’il est là, je dois me retenir. Blagua Marco.

Cassie ignora l’intervention et poursuivit à la place de Jack :

— Bref malgré ce que mes parents pensent de l’industrie de l’armement, notre situation financière est tellement d’espéré, qu’ils ont décidé d’accepter le chèque.

— Nous pendant ce temps-là, on a mené notre enquête sur Wellington industrie. Depuis quelque temps, les bénéfices de l’entreprise ont explosé suite à la mise sur le marché d’une nouvelle gamme de missiles intelligents, capables d’échapper aux systèmes anti-missile les plus perfectionnés. Inutile de dire que toutes les armées du monde se l’arrachent et qu’ils sont appelés à remplacer tous les autres missiles. Grâce à ses talents en informatique Axe, a pu se procurer des informations classées secret défense sur ses armes. D’après lui leur efficacité est dû à l’incorporation de technologie yeerk.

Tous se tournèrent vers moi. Sous la pression de leur regard je leur expliquai précipitamment :

— Je ne suis au courant de rien et le conseil prohibe tout transfert de technologie yeerk vers les races hostiles. Par contre tout le monde sait que Visser-12 est acculé. S’il n’obtient pas de résultat rapidement Visser-one réussira à obtenir la confiscation de son hôte. Au moins le temps de l’invasion de la terre. De plus, la terre l’exaspère. Il est possible qu’il ait décidé de recourir à des moyens extrêmes.

— <C’est à dire ?> me demanda Tobias avec frayeur

— Je ne vois qu’une raison pour laquelle le visser transmettrait de la technologie yeerk aux humains. Pouvoir y incorporer des systèmes qui nous permettrons de prendre le contrôle de leurs armes le moment venu. La principale raison qui nous motive à garder l’invasion secrète, c’est la peur que la riposte des humains anéantisse le potentiel de la planète. Si nous avions la garantie de l’inefficacité de vos bombes nucléaires, alors nous pourrions mener l’invasion au grand jour. En 8 à 12 semaines, l’ensemble des humains aurait un yeerk dans la tête. Et Visser-12 pourra se vanter d’avoir réussi à mener l’invasion en un temps record. Tous ses précédents échecs seront oubliés. Et dans le même temps, il aura démontré que la stratégie d’invasion secrète de Visser-one était une erreur. Cependant, si ça échoue ou que le conseil l’apprend, il est bon pour passer le reste de sa vie dans un des cachots du vaisseau de l’empereur.

Tous frissonnèrent après mon exposé.

— On doit tout tenter pour les arrêter. Quelqu’un a une idée ? S’exclama Rachel.

— C’est juste une hypothèse de ma part. Si ça se trouve, on se plante complètement. Rappelais-je.

Catie acquiesça et repris :

— Avant, il faut savoir qui a envoyé cet argent à mes parents et pourquoi. Dans le meilleur des cas, il s’agit d’un cadre qui veut se racheter une bonne conscience en finançant une ONG.

— Ou alors les yeerks ont compris que la clinique était liée à nous. Résuma Rachel.

Cassie acquiesça et poursuivi :

— Mais il n’y a pas que ça. Depuis quelque temps, j’ai l’impression que quelque chose observe la ferme. Peut-être qu’à cause de tout ça, je deviens paranoïaque. Cependant je pense que c’est un piège des yeerks. Ils nous ont peut-être mis délibérément sur une piste que nous ne pourrions pas refuser pour nous attirer dans un piège ? Nous capturer aussi, ce serait un bon moyen pour Visser-12 de faire oublier ses échecs.

— Et je suppose qu’Aximili a également enquêté sur la provenance des fonds. Demandais-je.

Jack répondit :

— Oui, mais c’est un cul-de-sac. L’ordre a été signé par Robert Wellington, mais d’une part, il était auditionné au congrès au moment où l’ordre a été envoyé et d’autre part d’après Axe l’ordre a été émis en utilisant le compte de Timothée Wellington. Cependant d’après les journaux, il n’a que sept ans. Ça ne peut pas être lui non plus. La personne responsable de ce virement a tout fait pour cacher son identité. Et si même Axe n’arrive pas à le déjouer, c’est probablement que de la technologie yeerk a été utilisé.

— <Ou alors ce Timothée Wellington est l’hôte du Yeerk qui nous tend ce piège. Dans tous les cas ça renforce la piste d’un piège. Les Yeerk savent quelque chose sur Cassie et veulent nous pousser à attaquer les Wellington> Proposa Tobias.

— Et ça marche. Même si c’est un piège, on ne peut pas laisser les yeerks mener leur plan à bien. Je propose de lancer un assaut le plus vite possible sur leurs usines. Ce qui me fait peur, c’est que s’ils sont au courant pour la clinique, alors ça veut dire qu’ils se doutent de la vérité. Comment on gère ça ? Demanda Rachel.

— Si Rachel a peur, c’est qu’on a un gros problème. Ironisa Marco.

Intérieurement, je bouillais. J’avais totalement oublié que j’avais demandé à Timmy de faire un don à la clinique de Cassie. Apparemment, il ne sait pas encore très bien compter.

— Les yeerks ne savent rien sur vous. Si Visser-12 avait ne serait-ce que le début d’un soupçon, il demanderait l’infestation d’urgence de Cassie et de toutes sa famille pour éviter tout danger.

— Et ce virement alors ?

— Il n’a rien à voir avec la guerre.

— Tu nous caches quelque chose. Parle immédiatement. Qu’est-ce qui surveille la ferme de Cassie et pourquoi ? Interrogea Rachel

— Je n’en sais rien. Par contre, je connais la source de ce virement. Je ne peux pas vous en dire plus, mais je vous promets que ça n’a rien à voir avec la guerre.

Malgré leur insistance, je refusai de leur en dire plus. Ils finirent par abandonner, mais même Cassie m’adressa un regard noir. Après ce moment difficile nous décidèrent qu’il fallait d’abord découvrir si Catie était surveillé. Nous ne pouvions rien tenter tant que nous ne saurions pas sûr, que personne ne nous espionnait.

Tobias se porta volontaire pour surveiller la zone en permanence sous sa forme de faucon, mais à part une petite fille personne ne se trouvait dans la zone. Sa présence n’avait rien de suspect. Elle devait probablement venir observer les chevaux du ranch de Cassie. Néanmoins, sa présence quasi-constante nous interdisait dorénavant de nous réunir près des lieus.

C’est donc depuis l’appartement du père de Marco qui était souvent absent qu’ils planifièrent l’attaque de l’usine en utilisant des plans et un pass que j’avais subtilisé lors de mes récentes visites au manoir Wellington. J’avais vraiment l’impression d’abuser de la confiance de Timmy. Pourquoi est-ce que, qu'elle que soit le camp que je choisissais, j’avais l’impression que ce que je faisais était mal ? Peut-être parce que, qu'elle que soit le camp ou les idéaux défendu les exigences de la guerre reste les mêmes. Comment les andalites font-ils pour y trouver quoi que ce soit d’honorable ?

Mais j’étais trop occupé à me ronger les sangs pour trop m’appesantir sur la question. Les animorphs avaient catégoriquement refusé de me communiquer les détails du plan ou que je vienne avec eux pour que je puisse les aider en cas de problème. Malgré mon aide, ils ne me considéraient toujours pas digne de confiance. J’étais juste digne d’obéir aux ordres et de prier pour que leur décision n’entraîne pas de catastrophe. Décidément être dans l’autre camp ne changeait pas grand-chose à ma situation.

Je soupirai et me dis que je devais être patient. Avec le temps, ils me feraient confiance.

Jera456 le traître

Le Lycée venait de se terminer et je rentrais à la maison en vélo.

J’étais en retard. Un professeur de mathématiques avait tenu à me garder en classe à la fin des cours. D’habitude, je faisais extrêmement attention, mais j’avais apparemment résolu un exercice avec un théorème qui n’était enseigné qu’en dernière année de master. C’était tellement difficile de se rappeler ce que les humains savaient ou ne savait pas lorsque je devais résoudre un devoir de science ou de mathématiques.

La solution la plus logique aurait été de laisser mon hôte les faire à ma place, mais lorsqu’il avait perdu espoir d’être, un jour libéré des yeerks, il avait cessé de s’intéresser aux cours. Résultat, il avait un an de retard sur le programme et je ne pouvais donc pas lui confier cette tâche.

Je m’en étais sorti en prétendant que j’avais demandé à une personne plus âgée que moi de faire mon travail à ma place. Résultat : j’allais encore me faire priver de sortie par les parents de Tom. Je me demandais qu’elle excuse, leur fournir pour qu’il me laisse aller me nourrir de Kandrona à la piscine du QG, lorsque je fus violemment sorti de mes pensées par un Hummer noir qui me coupa brutalement la route. Je pillai en catastrophe. Aussitôt, un autre Humer s’arrêta pile-poil derrière moi et des hommes en noir en descendirent l’arme au point. J’étais cerné.

Je levai les bras et leur jetai un regard noir. Intérieurement, j’étais paniqué, mais la succession d’officier tous plus sadique les uns que les autres que j’avais dû me taper au fil des années m’avait appris à ne jamais montrer ma peur et à rester calme en toutes circonstances. L’un des hommes en noir s’avança et me fit signe de me coucher. Je regardai partout à la recherche d’une issue, mais je n’en voyais aucune. J’obtempérai et l’homme commença à me fouiller. Quand il conclut que je n’avais aucun objet dangereux, il me menotta. Puis une limousine sortit du coin de la rue et se gara juste à côté de moi. Aussitôt, l’un des gorilles me souleva, comme si j’étais léger comme une plume et me jeta sur la banquette arrière de la voiture qui commença à démarrer escorter par les deux Hummer.

Quelqu’un prononça alors avec autorité :

— Tu as 5 minutes pour t’expliquer. Et tu as intérêt à être convaincant.

La voix était si différente de son intonation habituelle que je faillis ne pas le reconnaître. Je me retournai. Devant moi assis sur l’autre banquette protégé par une vitre blindée se tenait assit tel un prince, Timothée Wellington, dans un costume 3 pièces impeccables. Cependant, il arborait une expression sévère et hautaine que je n’avais jamais vue sur lui.

— Salutation à toi aussi Jera456 du bassin 42. Que le Kandrona te soient doux. Que me vaut cette si charmante invitation à passer cet après-midi en ta compagnie ? Lui répondis-je avec ironie.

Il répondit avec hargne :

— Apparemment, tu as besoin que je te rafraîchisse la mémoire. Le yeerk le plus orgueilleux de la planète débarques chez moi à l’improviste, à un moment où il me pensait seul et vulnérable, pour me demander de l’argent. Et comme si ce n’était pas un comportement déjà suffisamment curieux de la part de Mr je méprise tous ceux qui sont incapables de toucher une cible à plus de dix mètres, tu te remets subitement à jouer les Askarine avec mon hôte. J’étais décidé à te laisser faire pour voir où tu voulais en venir et voilà que les bandits andalites s’en prenne à mes usines, me mettant en position fâcheuse devant Visser-12. N’essaye pas de me faire croire que c’est une coïncidence ? Tu essayes encore de prendre ma place ? Quand est-ce que tu comprendras que tu vois trop gros ? Ton rang est beaucoup trop bas pour prétendre obtenir un hôte de cette qualité. Cela dit, je dois admettre que je suis impressionné par ta capacité à manipuler mon hôte. Il a continué à croire en ta sincérité, alors que tu l’avais abandonnée comme une première mue, juste après que ta première tentative ait échoué. En fait en voyant ses souvenirs même moi, je me suis demandé si tu n’étais pas coupable de sympathie. Si tu n’étais pas un tel trou du cul je te demanderais de travailler pour moi.

Pendant un instant, je me demandai de quoi il parlait puis un souvenir me revint brutalement en mémoire.

J’avançais à grande enjambée énervée vers le quartier des hôtes volontaires. Je laissais mes lames traîner légèrement par terre et tracer un vaste sillon. Quelques fois, elle s’accrochait contre une des cages et provoquait un bruit sourd. À chaque fois, les humains sursautaient de peur en espérant ne pas être la cible de ma colère. J’ouvris la porte avec fracas et me dirigeai vers l’escalier. Caché dans le noir sous l’escalier, je trouvai l’objet de ma fureur. À cause de mon maudit hôte hork-bajir je ressentis un élan d’affection en le voyant recroquevillé contre le mur serrer de toutes ses forces un vieil ours en peluche. Lorsqu’il me reconnut, il s’avança vers moi puis, prudemment afin de ne pas se couper accidentellement, se serra contre moi. Ou plutôt il sera ma jambe. Pour la première fois, je le repoussai. Il me regarda confus et je commençai à l’engueuler :

— Je peux savoir quoi tu joues ? Qu’est-ce qui t’as pris de dire au sous-visser que tu voudrais que je sois ton prochain yeerk ?

— Tu (...) Tu ne veux pas de moi ?

— Bien sûr que je ne veux pas de toi. Tu vas immédiatement aller lui dire (..)

J’arrêtai ma tirade en le voyant se mettre à pleurer de toutes ses larmes. Ce fut dur, mais je ne devais pas céder aux instincts maternels de mon hôte. Il fallait qu’il comprenne les limites. Puis n’y tenant, plus je décidai qu’il avait été assez punis et je voulus le prendre dans mes bras pour lui chanter cette berceuse idiote qu’il appréciait tant, mais cette fois, ce fut lui qui me repoussa. Puis il partit en courant en essayant de sécher ses larmes.

Je le suivis uniquement parce qu’il était dans mes missions de m’assurer de la sécurité des hôtes volontaires. Je n’eus pas de mal à le rattraper. Le corps d’un hork-bajir n’était pas seulement extrêmement puisant et résistant. Il était aussi incroyablement rapide. Un hork-bajir pouvait courir aussi vite qu’un cheval.

À l’époque, je n’avais pas compris sa réaction et pourquoi j’avais mis autant de temps à le calmer. Pour moi il avait juste voulu me jouer un mauvais tour. Et ça avait marché. On m’avait bien fait comprendre que mes ‘manigances’ ne serait plus toléré et que seul mes excellents états de service m’avaient épargné une violente punition. Il ne m’aurait pas traversé l’esprit qu’il ait pu sincèrement croire qu’un hôte aussi faible puisse convenir à un soldat tel que moi. Qu’il ait souhaité connaître les batailles vers lesquelles je serais irrémédiablement envoyée dès que l’invasion de la terre terminée, alors qu’il était temporairement considéré comme un hôte de qualité supérieure et à ce titre pouvait prétendre à être acquis par un yeerk qui ne connaîtrait les batailles que de loin.

Je ne pus m’empêcher de rire nerveusement de mon ignorance d’alors.

— Qu’est-ce qu’il y a de drôle ? Demanda Jera456 froidement.

— Tu crois que j’ignore que je n’ai aucune chance d’obtenir Timmy ? Dois-je te rappeler que c’est TOI qui as profité de MES réussites sur le champ de bataille pour s’élever dans la hiérarchie.

— Je comprendrais d’autant plus que tu essayes de te venger.

— Arrête. Tout ceci est parfaitement ridicule. Et les moyens que tu as déployés le sont également. Donne-moi la clé de ses maudites menottes.

— Je ne crois pas non. Je sais ce dont tu es capable. Je ne ferais pas l’erreur de sous-estimer tes capacités au combat. Mais tu as raison sur un point. Ma théorie ne tient pas debout. Mais c’est la meilleure que j’ai pour expliquer ton comportement. Si tu ne m’en fournis pas une meilleure un des nombreux contrôleurs de la police annoncera bientôt au visser que tu as été retrouvé mort dans un bête accident de voiture.

— Tu veux une théorie en voici une. De toute évidence, tu trafiques quelque chose de top secret avec le visser et tu commences à paniquer parce que tout ne se passe pas comme prévu. Et nous savons tous les deux ce qui se passe quand les plans du visser ne se passe pas comme prévu. Je me demande si ce ne serait pas toi qui as vu trop gros ?

— Tu crois que Visser-12 m’a laissé le choix ? Dire que j’ai choisi cet hôte parce que je pensais qu’il me garantirait de rester loin des emmerdes.

— Alors tu te cherches un bouc émissaire ? Et comme tu as toujours été un lâche, tu as choisi une cible qui ne peut pas se défendre, comme un yeerk de bas niveau. Remarque, je ne te reproche rien. J’ai toujours considéré la lâcheté comme une preuve d’intelligence. Mais tu as de la chance. Je pense avoir une idée, pour te tirer de ce bourbier. Mais ce ne sera pas gratuit.

— Décidément, tu ne changeras jamais. Pouffa Jera456.

— Je suis trop vieux pour changer. Lui Répondis-je.

— Bon, alors qu’elle est ta solution ? Me demanda t’il.

— Je préférerais que nous en parlions seul à seul.

— Mais nous somme seul à seul.

— Pas exactement. Il y a quatre personnes dans cette voiture. Lui rappelais-je.

— N’abuse pas de ma patience. Parle maintenant ou je ferais en sorte que tu te taises à jamais.

— C’est toi qui l’auras voulu. Avant tout chose, j’ai besoin de savoir quelque chose. Que penses-tu de la vie sur terre ? Que penses-tu de la vie dans un hôte humain ?

— Quel rapport avec (…)

— Réponds juste à ma question. Le coupais-je.

— Bien, mais tu as intérêt à ce que cela mène quelque part. En un mot, c’est le paradis. La planète est magnifique, et les humains sont les hôtes les plus dociles que je n’ai jamais vus. Mon hôte est entièrement dévoué à mon service au point que je peux sortir de son corps et avoir la certitude qu’il continuera à m’obéir. D’ailleurs, j’ai suivi les conseils de ton hôte. Ou plutôt de toi faisant semblant d’avoir donné sa liberté à ton hôte. Lorsqu’il fait une erreur, c’est bien plus efficace de juste le disputer. Et encore, je me demande si je ne pourrais pas juste me contenter de lui réexpliquer ce que je voulais qu’il fasse. La plupart du temps, il n’avait aucune envie de me désobéir. C’est vraiment surprenant.

— Ton hôte est un cas particulier. La plupart des humains ne sont pas comme ça.

— J’ai cru comprendre. Ce n’est pas sa seule particularité d’ailleurs. Mon hôte est à peine une larve et pourtant les humains me traite comme un visser. Contrairement aux yeerks, leur statut social est presque entièrement déterminé par leur lignage. Il n’y a aucune notion d’élévation par le mérite chez les humains.

— Ah bon ? Les autres humains n’arrêtent pas de me répéter que c’est leur résultat à l’école qui déterminera leur statut social jusqu’à la fin de leur vie.

Il resta silencieux quelque seconde. Puis il dit subitement :

— J’ai beau fouiller sa mémoire, mon hôte ne sait pas ce qu’est une école. Ça ne doit pas jouer un grand rôle dans leur société. Bon tout ceci est passionnant, mais je ne suis pas venu discuter des particularités de la société humaine.

— Est-ce que tu penses que tu apprécieras toujours la terre lorsque nos dirigeants en auront fini avec elle ? Que penses-tu, qu’il arrivera à cet hôte, que tu apprécies tant ? Que penses-tu qu’il nous arrivera à nous ?

— Où cette discussion nous mène-t-elle ? Si je ne te connaissais pas aussi bien, je t’accuserais de traîtrise. Déclara Jera456 avec méfiance.

— C’est pourtant toi qui m’as dit il y a quelques années que trahir nos dirigeants, ce n’était pas trahir notre race.

— (Arrête. Ne lui dis rien. Je ne lui fais pas confiance). Me demanda Tom.

— (C’est à moi d’en juger). Lui rappelais-je agacé.

— (Moi aussi, j’ai mon mot à dire sur la question)

— (On s’était mis d’accord que lorsqu’il s’agissait d’interagir avec d’autre yeerk, c’était à moi de décider)

— (Oui, ben, j’ai changé d’avis)

Je ne lui répondis pas afin de me concentrer sur la réponse de Jera456 :

— La situation était totalement différente.

— Pas tant que ça. Contestais-je.

— Galdius741 était une planète sans aucun intérêt. visser-5 voulait juste la conquérir pour son prestige personnel. Je ne tenais pas à être le millionième yeerk à mourir sur ce caillou gelé. Et je sais que tu étais d’accord avec moi. Sinon tu n’aurais jamais fermé ta grande gueule. M’expliqua Jera456 avec un malaise criant.

— À l’époque, j’étais bien plus naïf qu’aujourd’hui. Je désapprouvais, mais je n’osais rien dire, car ton rang m’impressionnait. Mais avec le recul, je t’approuve. Lui avouais-je.

— Non ! Toi qui avoues avoir eu une faiblesse. Il faut que je l’enregistre. Plus sérieusement, la conquête de la Terre est vitale pour la survie de l’empire. Il est inenvisageable de la saboter.

— Dans ce cas-là pourquoi les andalites nous ont-ils aidé à la mener à bien ?

Il poussa un soupir puis me répondit :

— Thévenin789. Ce ne sont que des théories du complot idiot. Aucun andalite n’aide les visser en secret.

— J’ai un témoignage de première main, m’indiquant que c’est plus qu’une théorie du complot. Et puis réfléchis. Avec leur avancée technologique, les andalites pourraient nous exterminer facilement. Le moindre petit chasseur andalite est équipé de technologie furtive tellement efficaces qu’ils peuvent survoler les planètes du cœur de l’empire sans se faire repérer. Il leur serait tellement facile de balancer sur chacune de nos planètes une bombe à antimatière. En une nuit, s’en serait fini de la guerre. Ne me dis pas que c’est leur foutu code de l’honneur qui les retient. Tu as vu comme moi, durant la conquête des hork-bajir ce que vaut vraiment l’honneur des andalites. Si nos dirigeants s’entendent pour continuer la guerre, alors nos peuples ont le devoir de s’entendre pour y mettre un terme.

— Malgré tous tes efforts, on dirait que le mauvais sang qui coule dans tes veines refait surface. Commenta calmement Jera456.

— J’ai passé à ma vie à combattre qui j’étais. Puis à le cacher. Et j’ai l’impression que c’est ton cas aussi ?

— Quoi que tu insinues, tu comprendras que je sois obligé de le nier. Cependant, qu’elle forme cela, prendrait-il concrètement ? Et en quoi est-ce que cela, pourrait-il m’aider ?

— Aucune idée. Pour être honnête, je comptais sur toi pour les détails.

Cette fois se fut à lui de rigoler. Faisant abstraction de son hilarité, je continuai :

— Réfléchis. Tu connais bien plus de monde que moi. Et contrairement à moi, on t’apprécie. Un peu trop d’ailleurs. Je n’en reviens toujours pas que tu les trompes. Vous formiez un si beau triple.

Il s’assombrit :

— Ça n’a rien à voir. Avec les autres, c’est juste du sexe. Mais tu ne peux pas comprendre. Honnêtement, je ne suis pas loin de penser que tu es encore puceau.

Dans ma tête, j’entendis Tom pouffer de rire.

— Ma vie sexuelle n’est pas le sujet. Me défendis-je.

— La mienne non plus. Mais je préfère parler de l’inexistence de ta vie sentimentale que de trahir Visser-12. Comment veux-tu qu’à nous deux, nous mettions fin à la guerre entre andalite et yeerk ? Je ne pensais pas que tu étais adepte des discussions où on refait le monde. Je te voyais comme quelqu’un de plus concret.

— Mon objectif est plus modeste. Ce que je veux, c’est mettre un terme à la guerre sur Terre et y couler une retraite paisible. La Terre est un ramassis des pires yeerk de la galaxie. Combien d’entre eux sont toujours fidèle à l’empire depuis la grande famine ? Je suis sûr que nous pourrions prendre le contrôle de la planète si l’on recrutait quelque yeerk bien placé dans la hiérarchie, puis que l’on neutralisait Visser-12, sa garde personnelle et son vaisseau-hache. Lui expliquais-je.

— À bas, s’il suffit juste de faire ça. Me voilà rassuré. Qu’est-ce qu’on attend ? Allons-y tout de suite. À nous deux ça devrait être fini dans deux heures. Je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt. Ah oui, je sais : parce que c’est impossible ! Dès que l’on commencera à en parler autour de nous un traitre en aura vent et ira nous dénoncer au visser. D’ailleurs, c’est ce que je devrais faire. Et même si on arrivait à être suffisamment sélectif dans le choix des yeerks à qui on ne parle, comment veux-tu vaincre la garde personnelle du visser? Sans même parler du visser lui-même. Dans ce corps, il est invincible.

— Un jour, quelqu’un m’a dit, qu’aucun objectif n’est imprenable pour une armée suffisamment déterminée.

— C’est juste le discours de motivations standard que je balançais aux nouvelles recrus avant un combat difficile. Tu ne vas pas me dire que tu continues à croire à ce genre de connerie. La motivation pèse peu face à un essaim de drone-pensé andalite.

— Oh, je t’en prie. Tu parles comme si nous n’avions jamais tué d’andalite. En quoi, ce serait plus difficile de tuer le visser ? Lui demandais-je.

— Parce que lui, il réfléchit et qu’il est sans pitié. Nos petites ruses ne fonctionneront pas contre lui. Et même si on y arrivait, ce serait quoi la suite ? On vit notre petite vie sur terre jusqu’à ce que les andalites ou l’empire nous massacre ?

— Si les bandits andalites étaient avec nous cela deviendrait possible. Ensuite, nous nous entendrions avec les gouvernements humains pour défendre la planète contre l’empire et contre les andalites.

— Tu as mangé combien de boites de flocon d’avoine ? Donne-moi une raison de ne pas te dénoncer. S’alarme Jera456.

— Visser-12 va te tuer de toute manière. Est-ce que le délire ce ne serait pas d’attendre sans rien faire que cela arrive ? Est-ce que tu ne veux pas tenter quelque chose avant?

Je ne savais pas d’où me venait cette fougue, mais maintenant que j’étais lancé, je ne pouvais plus m’arrêter. J’enchainai en lui disant avec passions :

— Et puis même si tu trouves un moyen de calmer le visser, est ce que tu penses vraiment que tu arriveras à continuer à vivre comme avant ? Penses-tu que tu arriveras de nouveau à vivre au milieu des tueries ? Penses-tu pouvoir supporter de faire subir ça à ton hôte ? Comment crois-tu que tu réagiras lorsqu’il commencera à éprouver de la haine pour toi ? Si tu penses que l’on peut continuer cette guerre 100 ans de plus, alors c’est toi qui délire.

— Les andalites n’accepteront jamais de coopérer avec nous.

— Ils ont déjà acceptés. Ceux sur Terre en tout cas.

— Tu essayes de me faire croire que tu es en contact avec les bandits andalites ? Toi ?

Je réfléchis quelques secondes. Jusqu’à présent, ses menaces voilées de me dénoncer, ne m’effrayaient pas beaucoup. Il n’avait pas grand-chose à gagner à dénoncer un yeerk de bas rang comme moi, pour quelques paroles en l’air. Mais être le responsable de la capture d’un traître en contact avec les andalites pouvait lui être très profitable. Au minimum, ça pourrait inciter Visser-12 à lui pardonner ses récents échecs.

J’acquiesçai gêné. Si Jera456 décidait de me trahir, je réduirais le cerveau de Tom en bouillie. Ainsi, nous serions les seuls à mourir. Les animorphs pourraient continuer leur lutte.

— Tu fais confiance à ses andalites ? Me demanda Jera456. Apparemment il avait interprété mon long silence comme un aveu.

— Oui, je leur fais confiance. Mais je ne peux pas t’en dire plus, tant que tu ne te seras pas d’avantage impliqué. Je te demande de me faire confiance sur ce coup.

Cette fois-ci, ce fut à lui de prendre quelques secondes pour décider de sa réponse. Il finit par m’annoncer :

— J’ai besoin d’y réfléchir. Je te donnerai ma réponse dans une semaine. Entre-temps inutile de revenir au manoir. Je ne quitterais plus le corps de Timothée de toute façon. C’est trop risqué maintenant qu’il a assisté à cela.

— Je t’avais bien dit qu’il valait mieux, qu’il ne soit pas présent. Mais tu ne peux pas le traiter comme ça.

— Bien sûr que si. Répondit-il négligemment déjà en pleine réflexion.

— S’il te plaît ? Ne lui fais pas ça. Implorais-je.

Il se plongea quelques secondes dans un dialogue intérieur. Je suis sûr qu’il parlait avec Timmy.

— C’est vrai que tu ne m’as toujours pas expliqué ton comportement envers lui. Pourquoi t’intéresses-tu de nouveau à lui ?

— Je(…) Écoute Timmy, je me suis toujours intéressé à toi. Je ne faisais pas semblant pour te manipuler et obtenir que tu deviennes mon hôte. C’est juste. He bien, je ne sais pas comment le dire. Un yeerk n’est pas censé faire ça. Tu sais, c’est comme la foi où je t’ai surpris à jouer avec cette poupée. Je ne voulais pas admettre que j’avais envie de m’occuper de toi. Et surtout, je ne comprenais pas bien les humains et je pensais que tu n’avais plus besoin de moi. Je suis désolé. Maintenant, je sais que je t’ai fait du mal et je le regrette beaucoup.

— Tu l’aimes vraiment ?

— Pas toi ?

— Je n’irais pas jusque-là. Qu’est-ce que les larves humaines comme lui sont dégoutantes. Bien sûr, il est globalement agréable, mais je ne supporte pas de l’entendre débiter ses stupidités sans intérêt avec sa voix criarde. D’ailleurs, il tient à te dire qu’il n’a jamais douté de ta sincérité envers lui, mais c’est un mensonge total.

Je ne pus me retenir de lancer :

— Timmy, je ne trouve pas dégoûtant, j’aime quand tu me parles et je ne t’en veux pas d’avoir eu des doutes.

Après un moment de silence, Jera456 rajouta :

— Je fais sans doute une grosse connerie, mais c’est d’accord. Cependant, avant de faire quoi que ce soit, je veux rencontrer ses fameux bandits andalites. Ta parole ne me suffit pas.

— Je vais transmettre le message.

Il me lança les clés des menottes. Je les ouvris et me frottai les poignets.

— Et surtout n’en parle pas à Trista171 et Racane263. Je ne pense pas qu’il réagirait très bien s’il entendait parler de tout ça. Je les aime, mais ils sont beaucoup trop loyaux à l’empire.

Jera456 le traître 2

Rappel du canon : La fin fait référence au tome 10 où les animorphs volent un super-ordinateur permalite (une race alien disparu qui était beaucoup plus technologiquement avancé que les yeerk ou les andalites) dans le but de modifier le programme informatique des ches. Les ches sont des androïdes ultra-avancés crée par les permalites. Pour des raisons, que je ne spolierai pas les ches veulent que les yeerk quitte la terre. Ils pourraient vaincre les yeerks en quelques minutes, mais leur programme les empêche de faire du mal à un être vivant. Si on les attaque, les ches se laissent tuer plutôt que de risquer de blesser quelqu’un. Leur seule défense sont leurs hologrammes qui leur permettent de se faire passer pour n’importe quoi ou de créer des diversions sur commande.

Une fois le cristal volé, les animorph libèrent un che de sa programmation. Le che se transforme alors en une machine de guerre implacable. Une fois tous les ennemis réduit en morceaux le che les supplie de le rendre pacifique de nouveau, car il ne supporte pas les images à jamais gravées sur son disque dur des souffrances qu’il a infligées. Les animorphs dégoûtés et effrayés par ce qu’ils venaient de voir décide d’accéder à sa requête et de se débarrasser du superordinateur dans l’océan. Et cela, alors que les ches sont peut-être le seul moyen d’éviter l’esclavage à l’humanité.

oOoOoOoOo

Je faisais les cent pas à l’orée de la forêt, en regardant nerveusement dans les sous-bois. Qu’est-ce qu’il leur prenait autant de temps bordel ? Si ça continue, ils vont arriver à la limite des deux heures.

Lorsque j’avais reporté aux animorph,s la demande de Jera456, les réactions n’avaient pas été celle auquel je m’attendais. Je comprenais qu’ils soient suspicieux et envisage l’éventualité d’un piège. Je les aurais moi-même engueulé si ça n’avait pas été le cas. Mais leur réaction avait été largement excessive. Aucune parole ne fut dite, mais je voyais très bien à leur regard qu’il pensait que je les avais trahis, en en révélant autant sans leur accord. Que voulait-il que je fasse ? Il fallait bien que je lui lâche quelque chose.

Et les remarques de Tom m’incitant à être compréhensif n’avait fait que m’énerver davantage.

Résultat même moi, je ne connaissais pas le lieu de leur rencontre. Tout ce que je savais, c’est que je devais conduire Jera456 au milieu de la forêt puis l’abandonner pour qu’il se fasse guider par la parole-pensée jusqu’au lieu de leur réunion. Et encore, je n’avais su l’endroit exact où je devais l’abandonner, que lorsque Jera456 fut monté seul dans ma voiture.

Au bout d’un moment, ma patience finit par payer. Je le vis ressortir soudain de la forêt. Je voulus lui demander comment ça s’est passé, mais il m’indiqua d’un geste de faire silence.

Au bout de quelques kilomètres, je finis par lui demander :

— C’est bon, deux heures se sont écoulées. Ils ne peuvent plus nous espionner. Alors comment ça s’est passé ?

— Extrêmement bien. Pour simplifier, j’ai obtenu de leur part qu’il n’attaque plus mes usines. Enfin celle de Trista171 et Racane263. En échange je leur ai promis de modifier le programme informatique embarqué dans les composants yeerk, pour que ce ne soit pas Visser-12, mais les andalites qui aient le contrôle des missiles humains.

— Quoi ! Mais comment tu comptes faire ça ? M’exclamais-je.

— Je n’essaierai même pas. Le risque est beaucoup trop grand de se faire repérer. Visser-12 a mis betraya148 sur le coup. Même les andalites n’arrive pas à cracker son code. M’expliqua t’il avec calme.

— J’ai peur de comprendre. Dis-je suspicieusement.

— Sérieusement, tu as vraiment cru que je coopérerais avec cette racaille andalite ?

— Les andalites se rendront compte de ta supercherie. Affirmais-je.

— Et alors ? Ce jour-là, il sera trop tard. Visser-12 aura lancé son invasion à grande échelle et leur petite guérilla sera devenue insignifiante. Enfin, à condition que tu m’aides à leur cacher la vérité suffisamment longtemps bien entendue. Termina t’il avec un accent dangereux. Comment fessait-il pour avoir l’air effrayant avec un tel hôte ?

— Et si je refuse ? Demandais-je calmement.

— Alors je ferais en sorte que ton cher Timmy en paye les conséquences. Menaça t’il.

— (Alors là bravo Thévenin, je t’avais bien dit que l’on ne pouvait pas faire confiance à un yeerk. Tu penses toujours que Jack et les autres ont tort de se méfier). Me reprocha Tom.

— (Tais-toi, tu parles de ce que tu ne connais pas. Et je tiens à te signaler que moi aussi, je suis un yeerk)

— (Oui, ben, je commence à penser que tu es un cas particulier).

— (Tout les yeerks sont des cas particuliers. Et je te rappelle que vous avez promis d’accepter de partager la planète avec tous les yeerks. Pas seulement avec les cas particuliers).

— (Jack et les autres ont promis. En ce qui me concerne, je commence à me demander si ce sera possible). Morigéna-t-il.

— (Tu sais ce n’est pas parce que je peux lire tes pensées que tu dois prendre l’habitude de me dire vraiment ce que tu penses. Un peu d’hypocrisie serait apprécié parfois)

— (Avec un peu de bonne volonté, je suis sûr qu’on finira par s’entendre. On n’a qu’à dire que du lundi au mercredi la planète est à nous et du jeudi au vendredi elle est à vous. Et le dimanche, on fait une semaine sur deux). Répondit Tom avec ironie.

— (Finalement, je préfère quand tu es franc). Lui répondis-je avec de me tourner vers Jera456 pur lui dire :

— Jera456, tu n’es pas ce genre de yeerk.

— Hahahaha. Et je suis quel genre de yeerk d’après toi ?

— Le genre qui refuse de faire souffrir inutilement les autres. Le genre qui ne supporte pas de participer à ce que fait l’empire. Le genre qui se plonge dans la débauche et les excès pour oublier, mais qui n’y arrive pas. Tu sais, c’est l’un des rares points sur lesquels tu n’as jamais réussi à me tromper.

— Humpf. Tu parles comme mon frère jumeau. Se plaignit Jera456.

— J’ignorais que tu en avais un.

— Je n’en ai plus. Il a été tué pour trahison lors de la purge de transger9. Tu crois que tu es le premier à imaginer que l’on pourrait se révolter ? À se dire que cette fois, c’est différent ? Mais la vérité, c’est que ça n’arrivera jamais. Dans la piscine, il y a trop de promiscuité pour qu’on puisse parler en toute discrétion. Et si on le fait en dehors, il suffit que l’hôte d’un de nos membres soit affectés à un loyaliste pour que le secret soit éventé. Il est impossible de créer un mouvement de résistance efficace. Expliqua-t-il.

— Le premier empereur y est bien arrivé lui. Contrais-je.

— Ça veut juste dire que tes ancêtres étaient des faibles incapables de faire ce qu’il faut pour garder le pouvoir. Il faut au minimum ça pour qu’ils aient accepté d’être les larbins des andalites. Ou que cette histoire est un tissu d’ânerie. Qu’est-ce que j’en sais moi ? En-tout-cas, je vais te dire ce que je sais. Les idéalistes ne survivent pas bien longtemps.

— En quoi, c’est si formidable de survivre dans ces conditions.

— La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie. Le jour où tu tireras ton coup, tu comprendras. Me rétorqua Jera456.

Je ne savais pas quoi réponde à cette dernière réplique. Devant mon silence, il poursuivit :

— Allez fait pas cette tête. Je ne suis pas un monstre. Si tu me sers bien, je pourrai même t’avoir une promotion. Tu verras, je m’occupe bien de mes proches.

— Garde tes cadeaux pour toi, je ne suis pas le genre de yeerk que l’on achète.

— Franchement, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Si tu faisais tout ça pour une race comme les hork-bajirs, à la limite, je pourrais comprendre. Mais les humains franchement ? Ils valent à peine mieux que les taxxons. C’est une chance pour eux de se faire infester par l’empire. S’il était un peu plus évolué, il le comprendrait.

— Comment tu peux dire ça ? Tu vois bien que ton hôte n’a rien à voir avec les taxxons ? Demandais-je, avec colère.

— Il a été élevé par des yeerks. Tu m’étonnes qu’ils soient à peu près décents. Et même là, ça reste un prédateur. Même lorsque je suis dans sa tête, je lui laisse fréquemment le contrôle de son corps. Il arrête pas de jouer à faire semblant de faire la guerre ou à tuer de petit insecte. Rien qu’hier il s’en est pris à une fourmilière comme ça sans raison, juste pour jouer.

— Vraiment ? Je suis sûr qu’il avait une autre raison ?

— (Ça va, c’est juste des fourmis. Vous n’allez pas faire un fromage, alors que vous exterminez des espèces entières.)

— (Quand on tue on ne le fait pas juste pour jouer. Franchement, il faut être sacrements taré pour prendre du plaisir à tuer. Et on extermine aucune espèce. On se contente de les asservir.)

Il ne dit rien, mais je le vis repenser à ce qu’il avait vécu avec temrash114. À ce que d’autres hôtes lui avaient raconté en pleurs dans les cages. À ce qu’il avait vu lorsque son yeerk était l’un des proches de Visser-12. Pour lui, une mort rapide était largement préférable à cette longue agonie. Pendant ce temps, Jera456 me répondit :

— Croîs-moi, j’ai fouillé son esprit de long en large et ce n’est pas le cas. De toute façon, il n’y a pas que lui. Ils sont tous comme ça. Ils passent la majeure partie de leur temps à chercher des moyens de s’entre-tuer.

— Tu exagères. Lui reprochais-je.

— Pas du tout. J’ai dit qu’il valait à peine mieux que les taxons, mais en fait, ils sont pires. Les taxxons tuent uniquement pour se nourrir. Ils mangent leurs blessés, mais eux ne se font pas la guerre. Bordel, je crois que c’est la première fois que j'entends parler d’une espèce, qui se fait la guerre à elle-même, alors qu’elle a assez de nourriture et de territoire pour tous ses membres. Et avec quels talents en plus.

— Nous aussi on fait ça. Combien de yeerk Visser-12 a t’il tué ? Répondis-je inspiré des pensées de mon hôte.

— Et tu crois que Visser-12 est un modèle de santé mentale ? Imagine toute une espèce qui se comporte comme lui.

— Il n’y a pas que Visser-12. Tous nos dirigeants sont comme ça. Et tous ceux qui leur lèchent les pompes pour une promotion. Rajoutais-je sombrement.

— Je te signale que je fais partie des dits cireurs de pompe. Et tu ferais bien de t’y mettre si tu veux vraiment avoir une retraite tranquille un jour.

— Je ne suis pas aussi doué que toi pour faire des discours, mais tu comprends ce que je veux dire. Ce qui est drôle, c’est que mon hotte tient à peu près le même discours sur les yeerks. Imagine que l’on juge notre espèce sur ce que fait l’empire ou nos dirigeants. Bordel, c’est littéralement ce que fait l’intégralité de la galaxie.

— Eh bien, peut-être qu’ils n’ont pas tort. Nous sommes les deux espaces les plus malsaines de la galaxie. Des super-parasite et des super-prédateur. On est fait pour s’entendre. Lança jera456 sur un ton faussement joyeux.

— Jera456, tu es tous sauf un cynique désabusé. Tu es le yeerk qui aime le plus la vie que je connais. Si tu perds ça qu’est-ce qu’il te reste ? Laisse-moi dire aux andalites que tu n’arrives pas à cracker le code. Vous trouverez une solution ensemble.

— La solution, c’est qu’ils vont faire exploser mes usines et se foutre comme de leur premier broutage de ce que le Visser me fera. Ou de ce qu’il te fera à toi lorsque le prochain yeerk de Timothée lui racontera cette petite entrevue.

— Je saurais les convaincre de chercher une autre solution. Lui affirmais-je.

— Pourquoi est-ce qu’il ferait ça ? Demanda t’il incrédule.

— Fait leur confiance. Ce ne sont pas des andalites comme les autres. Tu as dû le remarquer en leur parlant.

— A part qu’il insistait pour que seul ce jeune Aristh me parle, je n’ai rien remarqué d’étrange. Et si tu fais confiance à des andalites, alors tu es encore plus cinglé que je ne le pensais. Rétorqua t’il.

— Fais-moi confiance alors.

Je le vis reniflé. Je rajoutai donc :

— Tu es notre seul espoir de mettre au point un mouvement de résistance suffisant pour mettre un terme à ce conflit.

— Mouais. Je pense qu’il existe de meilleur pigeon que moi pour jouer ce rôle.

Il réfléchit quelques secondes avant de répondre :

— Humpf ! Il existe effectivement un moyen de saboter les plans de Visser-12 sans me mettre en danger. Ce qui intéresse Visser-12, c’est surtout de prendre le contrôle des missiles des sous-marins nucléaire. Pour les autres missiles, on a déjà des infectés capables de les neutraliser ou des contre-mesures pour les détruire. Saboter leur remplacement par des missiles sous notre contrôle ne changera rien au plan du Visser. Ou pas grand-chose. Par contre les sous-marins nucléaires sont un vrai problème pour Visser-12. La limite des 3 jours nous rend incapables d’infecter les membres d’équipage des sous-marins et nos recherches de la capsule de sauvetage d’Aximili nous ont fait comprendre que les océans terrestres perturbent nos outils de détection. Pour atteindre cet objectif, Visser-12 a demandé à notre triple d’utiliser les relations de nos hôtes au sien du pentagone et du sénat pour faire voter un programme de renouvellement accéléré des missiles nucléaires américains. Visser-12 compte ensuite sur la tendance des autres états à imiter les décisions de l’armée américaine, pour réussir à convaincre les autres puissances dotées à faire de même. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais la clé de voûte de notre plan est un sénateur infecté du nom de Jon Kyl. Si les andalites mettaient un terme à sa carrière politique avant le vote de la semaine prochaine sur la répartition du budget de la défense alors le plan de Visser-12 tomberait à l’eau. Mais cette fois, il faudrait que les andalites soit discret. Nul ne doit soupçonner leur intervention ou Visser-12 partirait définitivement à la chasse au traître et les souvenirs de Timmy seraient fouillés par ses fidèles.

— Tu dis la vérité. Ou c’est encore un autre mensonge pour qu’on te foute la paix ? Lui demandais-je avec suspicion.

— Et après, tu oses exiger que je te fasse confiance. Me reprocha Jera456.

— Moi, je n’ai jamais essayé de t’entuber. Lui rappelais-je.

— Je te signale que je prends déjà un énorme risque en proposant ce plan. Je ne suis toujours pas convaincu que ses andalites vont faire l’effort de rester discret pour protéger des yeerk. Sans compter que je ne suis pas sûr que ses brutes soient capables de discrétion. Si tu avais vu l’état de nos installations après qu’ils aient volé le cristal de calcul que Visser-12 avait acheté extrêmement chère à des marchands Skrit Na. Je n’avais jamais vu un telle boucherie. Même au bout d’une semaine, on retrouvait encore des restes de corps dans certains coins. Ses andalites sont tout sauf discrets.

— Tu sais très bien que leur technologie de morph les rend extrêmement discrets. Affirmais-je en feignant d’être toujours offusqué par sa tentative de nous tromper. J’espérais ne pas en faire trop. Il ne fallait pas qu’il se doute que les andalites étaient en fait des enfants humains ou il nous trahirait pour de bon.

De plus, je notais mentalement de demander à Jack et aux autres, pourquoi ils avaient fait preuve d’autant de cruauté lors de cette mission. Maintenant, que je m’en souvenais, j’avais également entendu parler de cette intervention particulièrement violente des ‘bandit andalites’.

— D’accord, j’ai compris. Viens chez moi, demain à 13 heures. Trista171 et Racane263 ne seront pas là. Tu pourras vérifier dans les souvenirs de Timothée que je dis bien la vérité. Et puis tu essaieras mon bassin personnel. Tu verras, c’est génial d’avoir tout cet espace pour soi, sans avoir à supporter son hôte. Et puis j’ai commandé à un pro du mixage, un cocktail fait avec des isotopes d’azote que l’on ne trouve qu’ici. Tu m’en diras des nouvelles.

Jera456 ne le savait pas, mais j’avais déjà connu cette forme de luxe lors de ma mission sur uran1

— (Tom ça te dérangerait si …)

— (Si j’acceptais de passer mon samedi enchaîné dans un cachot pour que tu ailles te prélasser dans un spa. Mais bien sûr mon cher ami. Qu’est ce qui pourrait bien me déranger ?) répondit-il avec sarcasme.

— (Tu sais si je refusais, il pourrait mal le prendre. Il est très important qu’on garde de bonne relation avec lui)

— (Ça va, arrête, j’ai compris. Pas la peine d’inventer des excuses. Tu peux y aller. Mais t’as intérêt à pas faire de cochonneries. Pas question que tu salisses mon cerveau avec du sperme de limace)

Je lui fis un gros câlin mental. J’étais tout excité à l’idée de la journée de demain.

oOoOoOoOo

Le lendemain

— Mais qu’est-ce qu’il m’a pris d’accepter ça ? Me plaignis-je à hautes voie ? Sans prendre garde au fait que je n’étais pas seul.

— Désolé Tom. Jera456 a bien insisté que je ne devais pas te libérer, sous aucun prétexte. Faut le comprendre. En-dehors de leur hôte les yeerk sont sans défense. Il ne peut pas prendre le risque de laisser un inconnu en liberté, chez lui. Je ne comprends pas pourquoi Thévenin a pas voulu l’autoriser à lire ton esprit. Jera456, il l’a pourtant autorisé à lire le mien. C’est méga pas poli. Dit Timmy en se triturant les mains à côté de moi

J’étais totalement immobilisé par une dizaine de sangles contre un lit d’hôpital dans un bunker gigantesque reconverti en prison. Après avoir constaté mon silence contrarié, il demanda :

— Dit, c’est vraiment toi qui jouais avec moi ? Jera456 dit que c’était Thévenin qui faisait semblant.

— Oui, c’était bien moi. Franchement, je suis beaucoup plus cool que cette vieille limace. Comment oses-tu envisager que tu pourrais nous confondre ?

Il sourit, mais malgré tout, il dit :

— Tu ne devrais pas insulter ton yeerk. Ce n’est pas bien.

— Parce qu’ils se gênent eux peut-être ?

— Ils ne nous insultent pas.

— Ah ouais ! Et c’était quoi ses commentaires qu’ils ont faits sur nous hier ?

— Ce n’était pas des insultes puisque c’était vrai. Thévenin est devenu complètement fou. Je suis sûr que c’est à cause de moi. Mes parents avaient raison, je gâche toujours tout. Il faut que tu le convainques d’arrêter avant qu’il ne se fasse tuer. Se lamenta Timmy.

— Sans vouloir te vexer, mon influence sur Thévenin est assez limitée. Lui rétorquais-je.

— Tu rigoles. On a une énorme influence sur nos yeerk. Et Thévenin est gentil. Je suis sûr qu’il t’écoute. Affirma Timmy.

— Tu crois que je serais là saucissonné comme un jambon s’il m’écoutait.

Il hocha la tête puis déclara :

— Toi t’es comme Thévenin. T’es trop gentil pour ton propre bien. Je t’en prie essaye au moins. Tu dois bien te rendre compte qu’il n’a aucune chance. Je t’en prie, si tu ne le fais pas pour lui, fais-le pour toi. Contrairement à moi t’as aucune valeur. T’es même pas volontaire. Visser-12 n’hésitera pas à te tuer, en même temps que Thévenin, lorsqu’il découvrira tout.

Avant que je ne puisse répliquer, j’entendis un hurlement d’adulte au loin :

— Gamin, t’es là ? Je t’en supplie libère-moi. Je ferais tout ce que tu voudras par pitié.

Un autre lui répondit.

— Ta gueule ! Tu n’as toujours pas compris que ce fils de pute ne fera rien. Je parie qu’il prend son pied. Il ne vaut pas mieux que les yeerks.

— Je dois y aller. Dit précipitamment Timmy, avant de partir les yeux remplit de larmes.

— ATTENDS !

Lorsqu’il referma la porte du bunker toute lumière disparue et j’entendis un homme au loin se mettre à pleurer. J’aurais voulu réconforter Timmy. Lui dire qu’il était un chouette gamin. Que ses parents racontaient n’importe quoi et qu’il ne devrait pas écouter ce que disaient les autres prisonniers. Cependant, je ne pense pas que j’y serais parvenu.

Je comprenais pourquoi il avait choisi l’autre camp. Mais une part de moi n’arrivait pas à lui pardonner. Sans doute celle qui avait envie que je me gratte le nez. Ou alors celle à qui cette immobilité forcée dans les ténèbres rappelait désagréablement l’époque où j’étais l’hôte de temrash114.

J’allais faire payer à Thévenin pendant au moins un mois de m’avoir abandonné là.

oOoOoOo

Au bout de ce qui me sembla une éternité la lumière revient dans le bunker. Puis j’entendis des pas vernir vers moi.

— Timmy, c’est toi ?

— Silence esclave.

Encore une fois, j’aurais au moins aimé pouvoir tourner la tête pour savoir qui était là. Après quelques secondes, le visage de Timmy apparut. Sauf que Timmy n’aurait jamais abordé une expression aussi dure.

— T’insulter est le seul plaisir que tu m’as accordé sale sadique. Je ne vois pas pourquoi je m’en priverais.

— Si tu y tiens temps, la prochaine fois, je pourrai aussi te bâillonner. Me menaça Jera456.

— Ou alors tu pourrais juste me mettre dans une cellule.

— Et comment Thévenin789 pourrait te réinfecter si tu n’es pas immobilisé ?

— Je me laisserais faire. De toute façon, ce serait quoi mon alternative ?

Il souleva les cheveux de Timmy pour dévoiler une cicatrice qui avait dû nécessiter des points de suture et expliqua :

— Tu vois ça ? C’est ce qui arrive lorsqu’on croit un hôte involontaire qui promet de se laisser réinfecter.

Je sentis quelque chose de mouillé être collé contre mon oreille puis une légère gêne dans mon canal auditif.

— Arougul741. C’est bon, tu peux me détacher. Demandais-je après avoir repris le contrôle de Tom.

— (Te voilà enfin. Bon dieu qu’est-ce que tu foutais ?) me demanda Tom avec colère.

— (J’ai écourté la séance le plus possible. Je te jure que si j’avais su qu’il traitait aussi mal les hôtes, jamais je n’aurais accepté son invitation.)

— (C’était bien au moins ?)

— (Pas tant que ça. Mais c’était instructif.). Je le connaissais suffisamment pour savoir qu’il ne fallait surtout pas que je lui dise que ça avait été l’un des meilleurs jours de ma vie. On peut dire ce qu’on veut, Jera456 sait profiter de la vie.

— (Bon redonne-moi le contrôle maintenant)

— (Non, il faut que je parle Timmy.)

— (Tu te fous de moi ?) Se plaignit-il avec colère.

Jera456 venait de me retirer les attaches et j’étirai le corps de Tom qui était devenu douloureux à force d’être maintenu immobile. Je ressentis un peu de culpabilité. Ça devait commencer à être vraiment pénible pour Tom d’être enfermé ici.

— Jera456, il faut que je parle à Timmy de ce que j’ai vu dans son esprit. Tu veux bien lui laisser le contrôle ?

Le visage de Timmy changea du tout au tout. L’extrême confiance de Jera456 fut remplacée par une mine de chien battu.

— Je suis désolé. Déclara Timmy d’une toute petite voix.

— Non, tu ne l’es pas. Affirmais-je calmement.

Je fis un pas dans sa direction, mais il se recula. Me souvenant de ce que j’avais vu dans son esprit, je mis de côté ma honte de faire ça en présence de Jera456. Puis je me baissai et ouvris mes bras. Timidement, il s’avança vers moi, puis quand il fut suffisamment proche, il me sera aussi fort qu’il pouvait et j’en fis de même en le soulevant.

Je poussai un soupir de surprise. Je ne pensais pas qu’il était aussi lourd. La dernière fois que j’avais fait ça, j’avais un corps d’hork-bajir et il avait deux ans de moins, mais quand même. Il faudrait peut-être que j’emmène Tom à la salle de sport. Je le blottis contre mon cœur, puis le porta en dehors de cet endroit sinistre.

Durant le trajet, je me redemandai pour la millième fois pourquoi il ne m’a jamais dit qu’il voulait continuer à recevoir des marques d’affection? Pourquoi est-ce qu’il m’a dit qu’il était plus un bébé la dernière fois que j’ai essayé ? J’étais censé le deviner comment que les larves humaines mentaient sur leur état de développement ? Si toutes cette histoire ne m’avait pas mené à devoir lire ses pensées jamais je ne l’aurais su.

Une fois à l’air libre, je m’assis sur un des nombreux bancs du parc. Je notais qu’ils étaient extrêmement sales. Timmy faisait ce qu’il pouvait, mais il ne remplacerait jamais les dizaines d’employés qui entretenaient les lieux auparavant.

— Je comprends que tu t’inquiètes. Et je ne vais pas te mentir, tu as raison, c’est très risqué, mais parfois, on est contraint de prendre des risques. Et je ne veux plus que tu essayes de m’en empêcher. Lui expliquais-je.

— Mais là, il n'y a rien qui t’y oblige ? Me demanda Timmy.

— Si j’étais en danger, est ce que tu ne risquerais pas ta vie pour me sauver ?

— Tu sais bien que oui puisque t’as lu dans mon esprit.

— C’était une question rhétorique.

— C’est quoi une question rhétorique ? Demanda Timmy.

— Peu importe. Ce que je veux dire, c’est que si je ne le fais pas, je vais perdre des choses auxquelles je tiens beaucoup. Et je ne serais pas le seul. Et oui, tu es l’une des choses que je veux protéger, mais tu es loin d’être la seule. Même si tu n’existais pas, j’aurais pris cette décision. Et je ne te mens pas pour te faire plaisir. Ça, c’est un truc d’humain.

— (Oui, vous vous mentez que pour votre intérêt personnel.) Me reprocha Tom.

— (J’ai comme la légère impression que tu m’en veux encore pour cet après-midi)

— (Non. Là, j’en suis bien au-delà de t’en vouloir. Est-ce que c’était vraiment une urgence de jouer les baby-sitters ? Ça ne pouvait pas attendre la prochaine fois ?)

— (Si Jera456 a tenté de nous trahir, c’est à cause de lui. À la base, Jera456 voulait sincèrement tenter de créer un mouvement de révolte chez les yeerks. C’est Timmy qui l’a convaincu d’y renoncer et de mentir aux animorphs, pour qu’il n’attaque plus ses usines. Ou plutôt qui l’a influencé pour qu’il y renonce. Jera456 est persuadé que l’idée vient de lui.)

— (Quoi ? Mais c’est impossible.)

— (Ne fais pas l’erreur de sous-estimer Timmy. Il est vraiment très intelligent. Tu savais qu’il avait appris tout seul à lire et à écrire ?) je savais parfaitement que Tom l’ignorait, car je l’avais moi-même découvert en sondant son esprit. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de l’annoncer avec fierté. Jusqu’à présent, je pensais que c’était l’un de ses yeerks ou un précepteur humain mandaté par Jera456 qui lui avait appris.

— (Mais comment il a pu faire ça, alors que Jera456 peut lire dans son esprit ?)

— (Sans vouloir te vexer, je n’ai pas très envie de t’expliquer comment me manipuler.)

— (Je vois que la confiance règne.)

— (Tu vas avoir du mal à me faire croire, que tu n’y as pas pensé.)

— (Évidement mais ça ne veut pas dire que je vais le faire) se plaignit Tom.

— (Bref, il est urgent de le convaincre d’arrêter avant qu’il ne réussisse une nouvelle fois à faire changer d’avis Jera456)

— Je ne veux pas que tu t’en ailles. Cria Timmy.

— Moi non plus. Et c’est bien pour ça que je veux faire en sorte qu’on ait plus à se battre. Tu sais, c’est un vrai miracle que je sois encore en vie. La plupart des yeerks de bas rang comme moi meurs jeune, dans les terribles combats qui déchirent en ce moment même la galaxie. De mes 54 sœurs, aucune n’a atteint son 21 iéme anniversaire. Des yeerks de haut rang comme le visser ou mêmes Jera456 pense que si j’ai survécu, c’est parce que j’ai des compétences exceptionnelles au combat. Mais c’est de la connerie. C’est juste que j’ai eu un énorme bol. Si c’est ma sœur, préfère et non moi qui s’est fait fauché par un tir orbital andalite, ce n’est pas parce que j’étais plus doué qu’elle, mais parce que le hasard a voulu que je me trouve deux mètres plus loin. Lorsque l’invasion de la terre sera terminée, je devrais y retourner et rien ne dit que ma chance continuera. Je préfère la possibilité de mourir maintenant en tentant de protéger ceux que j’aime, que la certitude de mourir dans un an en ayant tout perdu.

Des larmes perlèrent sur son visage qu’il réprima.

— (Décidément, tu es le père de l’année. Pourquoi est-ce que tu tiens tellement à lui faire croire que tu vas mourir ?) Commenta Tom

— (Parce que c’est vrai. Plus tôt, il s’y fera mieux ça vaudra.)

— (Je connais autant que toi les enjeux, mais il est assez traumatisé comme ça.)

Timmy sécha ses larmes et proposa :

— Jera456 pourrait t’aider. Il pourrait t’obtenir une promotion.

— J’ai bien peur que Jera456 n’ait pas assez d’influence pour ça. Et de toute manière maintenant, il est trop tard. Une promotion impliquerait obligatoirement de changer d’hôte. Or, Tom en sait trop pour que je le confie à un autre yeerk. On ne dirait pas comme ça, mais Tom est l’un des humains les plus adaptés à la guerre. Lui et son yeerk sont destinés à la première ligne.

— (Tu ne m’avais jamais dit ça) s’exclama Tom.

— (Je pensais que c’était évident. Tu es un athlète, quel meilleur corps pour un soldat. Pourquoi crois-tu que tu m’as été affecté ?)

— (Ancien athlète) dit-il avec amertume, mais je sentais qu’il était malgré tout flatté par l’évocation de ses anciennes prouesses sportives. Peut-être que je pourrais essayer la flatterie pour réussir à lui faire passer l’éponge sur cet après-midi. Devant le silence de Timmy, j’enchaînai :

— Écoute bonhomme, je te promets de tout faire pour rester en vie. En échange tout ce que je veux, c’est que tu arrêtes de chercher un moyen de m’arrêter. C’est d’accord ?

Il réfléchit, au bout d’un moment, il lâcha :

— C’est d’accord.

— Merci, maintenant, je vais redonner le contrôle à Tom et on va s’en aller.

— (YEEEEEES) S’exclama Tom.

— Attend il faut que je te dise quelque chose.

— (NOOOOOON) se lamenta Tom.

— Oui Timmy ?

— Dans un mois les dirigeants du G7 vont se réunir à l’hôtel Marriott pour discuter de la crise au Moyen-Orient. Visser-12 veut en profiter pour infester tous les dirigeants, les services secrets et …

Son expression changea et il dit sur un ton totalement différent :

— Désolé Thévenin, je ne sais pas ce qui lui prend de sortir un tel mensonge. Je te promets que Visser-12 n’a aucun plan de ce style et que Timmy sera puni en conséquence. Je ne sais vraiment pas ce qui lui prend de… QUOI ! ESPÈCE DE SALE RASTAR.

— Qu’est-ce qui se passe ? Demandais-je inquiet.

— Ce maudit primate nous a roulés. Il faut que tu préviennes les andalites. Si le plan de Visser-12 réussis alors dans deux mois tout sera fini. Il pourra lancer son invasion sans crainte d’une quelconque riposte des humains.

— Qu’est-ce que tu me racontes. J’ai fouillé ses souvenirs et il n’y avait rien de tout ça.

— Malgré les effets secondaires, ce cinglé a pris du Drapelsiant pour effacer ses souvenirs.

— De quoi ? Demandais-je de plus en plus paniqué.

— Désolé, je reprends depuis le début. Dans le cadre d’un contrat avec la CIA, il y a 10 ans WellingtonIndustrie a développé tout un tas de drogue destiné aux interrogatoires et à la création d’agent dormant. Le projet fut abandonné après qu’une commission d’enquête sénatoriale ait jugé que les protocoles expérimentaux violaient la convention de Genève. Enfin, qu’ils la violaient encore plus que les autres projets de WellingtonIndustrie. Mais en cachette des autorités, son père a conservé un stock important de ses drogues pour les utiliser contre ses ennemis personnels. À partir de ses réserves et des notes laissé par son père, ce traître a profité de certains de mes moments de détente pour créer un cocktail permettant d’effacer la mémoire à court terme des humains. Ensuite, il a effacé les messages du visser concernant ce plan, c’est laissé une note à lui-même et pour finir a pris une gorgée cul sec de son poison. Ainsi même en fouillant sa mémoire, on ne pouvait pas découvrir ses conneries. Et lorsqu’il découvrait sa note, il se rappelait de nouveau ce qu’il avait fait. Bien sûr, il a recommencé son cirque à chaque fois qu’il risquait de subir une inspection de sa mémoire.

Tout un tas d’émotion se battait en moi allant de la colère à la sidération. Et je n’étais pas aidé par le fait que Tom était plus ou moins dans le même état. Tout ce que je pus dire fut :

— Est-ce qu’il risque de garder des séquelles à long terme ?

— Je n’en sais strictement rien. Il comptait sur la technologie médicale yeerk en cas de problème, mais ses trucs sont de telle saloperie que je ne suis pas sûr qu’on y puisse quoi que ce soit. Au moins, maintenant, je sais pourquoi j’avais de telles migraines.

— J’ai vu ça dans ses souvenirs et ça n’a rien à voir. C’est parce que tu ne le laisses pas dormir suffisamment. Il faut que tu arrêtes de te fier à ce qu’il te dit sur ses besoins physiologiques. Il a juste aucune idée de comment il faut s’occuper de lui. D’après les souvenirs de mon hôte, au minimum, une larve humaine doit dormir 7 heures par nuit et prendre une douche tous les 3 jours.

— (En fait c’est un peu plus que ça. C’est juste moi qui étais un peu crado et con quand j’étais jeune)

— Crois-moi je ne suis pas près de recommencer à l’écouter.

— Ne le punis pas trop sévèrement. Il pensait bien faire.

— Tu le défends encore ? Me demanda-t-il avec incrédulité.

— Au final, il a avoué. Alors qu’il savait que tu te mettrais en colère. Ça mérite ton indulgence.

— En tout cas cette fois, je jure de ne plus le laisser tout seul sans surveillance, pour aller profiter de ma merveilleuse et douce piscine personnelle. Et cette fois, je m’y tiendrai. Adieu les variations de PH, le diffuseur d’onde bêta, la décoration acoustique de style république, l’ionisateur de calcide,.. Bon, je le ferais encore juste une fois, mais après, j’arrête.

oOoOoOoOo

Le soir même, je demandai à Jack d’organiser une réunion des animorph où je leur expliquai la situation. Ils reçurent mes informations avec une grande méfiance (surtout, après que je leur eus avoué que Jera456 avait bien pour intention de nous trahir à la base). Mais heureusement même Aximili et Rachel sembla d’accord pour s’occuper dès maintenant du sénateur Jon Kyl. Par contre, ils décidèrent qu’il ne ferait rien au sujet de la réunion du G7, tant qu’il n’aurait pas davantage vérifié l’information. De plus, ils insistèrent pour que je sorte le temps qu’ils élaborent leur plan. Je trouvai cette requête extrêmement humiliante, mais devant leur insistance, je dus m’exécuter. Encore une fois, je m’enjoignis à la patience (mais c’était de plus en plus difficile).

Quelques jours plus tard, la crédibilité du sénateur Jon Kyl fut détruite après qu’il ait envoyé valser d’un violent coup de pied le caniche d’une de ses électrices devant les camera. L’image fit la une de toutes les matinales et l’Amérique entière se moqua de lui. Puis il disparut purement et simplement. Je tentas de leur demander comment il avait fait ça sans que Visser-12 ne soupçonne leur implication, mais tout ce que j’obtiens fut un rougissement de Marco et un commentaire sarcastiques de Rachel sur les incroyables capacités de Marco a énervé n’importe qui au point de fuir à l’autre bout du monde. Comprenant que le sujet était sensible, je n’insistai pas.

À la place, je leur demandai ce qui s’était passé, il y a plusieurs mois dans le centre ou Visser-12 stocké son cristal de calcul. La seule réponse que j’eus de leur part, c’est qu’il ne pouvait pas en parler. Je commençais à en avoir marre de leur suspicion permanente.

David

Rappel du canon : Comme le titre l’indique ce chapitre se passe pendant les tomes 20 à 22.

Pour rappel dans ce tome un enfant humain nommé David trouve par hasard des restes de vaisseau andalite et notamment un artefact capable de donner la technologie de morph à n’importe qui. Ignorant ce que c’est, il le vend sur internet, les yeerks débarquent chez lui en même temps que les animorph. Il y a une bagarre, ses parents sont capturés par les yeerks et transformé en hôte. Cependant les animorphs récupèrent l’artefact et David évanoui.

À son réveil, David se retrouve au milieu d’une bande d’ados bizarres qui lui explique que ses parents sont maintenant contrôlés par une limace extraterrestre située dans leur tête, qu’il doit se cacher, car les yeerk sont à sa poursuite et que dorénavant, il va devoir participer avec eux à diverse mission extrêmement risquée pour repousser les yeerks. Et aussi que depuis qu’il a touché l’artefact, il a le pouvoir de se changer en animal. Et justement, pour débuter, il va falloir s’infiltrer dans un hôtel gardé jusqu’aux dents par les services secrets de toutes la planète, parce que les dirigeants des pays les plus puissants du monde s’y réunissent dans quelques jours et que les yeerks veulent en profiter pour tous les infester.

Comme vous le devinez, il réagit calmement à la situation et devient un élément estimé et estimable du groupe des animorphs. Bien sûr que non. Il vrille complètement.

oOoOoOo

— Jack, tu as une minute ?

— Oui, bien sûr entre.

Une fois que j’eus fermé la porte, je luis demanda de but en blanc :

— Qu’est-ce que vous comptez faire pour empêcher Visser-12 de mener à bien son plan ?

— Euh et bien. Pour l’instant, on n'a rien décidé.

Pendant quelques secondes, je buguai.

— Pardon ?

— Pour l’instant, on a un autre problème. Je te préviendrai si on a besoin de ton aide. En attendant, essaye d’obtenir un maximum d’informations sur le plan de Visser-12.

— Qu’est ce qui peut être plus important que d’empêcher Visser-12 de prendre le contrôle des dirigeants du G7 ?

— Si ça ne tenait qu’à moi, je te le dirais. Je suis sûr que tu pourrais nous aider. Mais les autres y sont opposés.

— Tu te fous de ma gueule. On avait un accord, je te signale. Est-ce que je dois comprendre que c’est une opération que je désapprouverais ?

— Je ne peux rien te dire. Mais je t’assure que si tu savais, tu approuverais à 100 %. De toute façon, ce sera vite réglé. D’ailleurs, si j’étais toi, j’éviterais de me trouver à proximité de Visser-12 demain. Il risque de ne pas être de très bonne humeur.

— Il n’est jamais de bonne humeur. Mais je prends note : Je dois vous faire confiance aveuglément, mais vous en retour, vous refusez de ne serait-ce que me tenir au courant. Et cela sans raison valable.

— Toi aussi, tu nous caches des choses. Tu refuses toujours de nous dire pourquoi Jera456 a fait un don d’un million d’euros à la clinique de réhabilitation de la faune.

— Ce don n’a strictement rien à voir avec la guerre. Tom a dû te le confirmer.

— Oui et ça me suffit. Mais les autres commencent à penser que tu exerces des pressions sur Tom, même quand tu n’es pas dans sa tête.

— Comment peuvent-ils croire une telle stupidité ?

— Ce n’est pas stupide. Tom est à ta merci 90 % du temps. Et dans une moindre mesure moi également.

— C’est plutôt moi qui devrais dire ça. Avec la technologie andalite tu pourrais facilement me tuer et cacher ma disparition pendant plusieurs jours. M’énervais-je.

— Ne me crie pas dessus. Moi, je suis dans ton camp. Je ne fais que te reporter le point de vue des autres. Je te connais et je ne crois pas une seule seconde que tu risques de nous trahir. Mais ce n’est pas leurs cas et comprend qu’après tout ce que l’on a vécu, on soit devenu méfiant.

— Admettons. Est-ce qu’au moins tu peux m’expliquer pourquoi, vous vous tournez les pouces depuis une semaine alors que Visser-12 est sur le point de prendre le contrôle de la planète ?

— Je n’ai jamais dit qu’on s’était tourné les pouces.

Il sembla hésité, puis poursuivis :

— On a interrogé nos autres sources d’informations chez les yeerk et (..).

— Il y a d’autre yeerk qui travaille pour vous ? Qui est-ce ? C’est peut-être un espion ? M’inquiétais-je.

Ma réaction semblait l’amuser. Jack nia de la tête et expliqua :

— Non, ce n’est pas un yeerk et je suis sûr à 100 % de sa fiabilité. Cette fois, je pense que tu comprendras que je ne t’en dise pas plus. Il tient autant que toi à ce que le moins de personne possible connaisse son rôle exact dans cette guerre.

J’acquiesçai et il poursuivit.

— Donc on l’a interrogé et il nous a appris que l’un des dirigeants du G7 a déjà été infecté. Est-ce que tu pourrais savoir qui c’est ?

— Ton informateur se trompe. Aucun des dirigeants n’est infecté. Mais si vous ne vous dépêchez pas d’agir, ça ne durera pas très longtemps.

— Il l’affirme avec certitude et sans vouloir te vexer, j’ai une totale confiance dans ses informations. Est-ce que tu pourrais mener l’enquête ? Sans prendre trop de risque bien entendu.

— Je vérifierai les registres et demanderai à Jera456 s’il est possible qu’il ne soit pas à jour ou que Visser-12 ai caché certaines infestations. Mais je doute de trouver quoi que soit. En plus d’être une grande victoire infester un de vos chefs d’État est un défi logistique. Il faut infester en même temps, tout son personnel, une grande partie de son gouvernement et des médias qui le suivent afin que leurs yeerks puisse aller se nourrir tous les 3 jours sans que personne ne remarque rien. Une telle réussite serait abondamment relayée par la propagande de l’empire. À moins que ! Est-ce que votre source d’information est un humain ?

Il hésita.

— Oui et non. Je ne peux pas être plus précis.

— Donc ce n’est pas un humain. Il a peut-être fait une confusion. Il y a quelques années, l’un des humains que l’on a infestés est devenu le chef de l’État français, alors que tous les sondages le donnaient perdant et que son parti a présenté un autre candidat que lui. Son nom était Jacques Chirac. Mais en l’apprenant, Visser-12 a décidé de changer son yeerk par l’un de ses fidèles. Cependant, c’était un incompétent notoire qui ne connaissait rien à la politique française. Et il ne pouvait pas se reposer sur les capacités de son hôte qui n’était guère plus doué.

Peu après son élection, énervé qu’un truc nommé le parlement refuse d’obéir à ses ordres, il a décidé de le dissoudre sur un coup de tête. Inutile de me demander ce que ça veut dire, je n’en sais rien. Tout ce que je sais c’est que pendant une semaine Visser-12 n’a pas arrêté de punir toutes les personnes à sa portée en criant : ‘Quel con ! Mais quel con !’. Et un mois plus tard, on officialisait que la France n’était plus sous le contrôle des yeerks, alors que Chirac était toujours président et qu’en conséquence, on devait toujours affecter d’énormes moyens pour que lui et ses subalternes puissent se nourrir en toute discrétion. En tout cas, ce n’est pas lui qui représentera la France au G7, mais un humain nommé Lionel Jospin. Et ce n’est pas un hôte.

— Ton histoire est bizarre. S’il a gagné les élections, comment peut-il ne plus avoir le pouvoir ?

— Je ne peux pas t’aider. Tom ne s’est jamais beaucoup intéressé à la politique. Et encore moins à celle de la France.

— Bon si c’est vrai, c’est une bonne nouvelle. Essaye quand même de te renseigner. Et ne prends pas trop à cœur la méfiance des autres. Avec le temps, ils changeront d’avis.

— C’est ce que je pensais au début. Mais du temps, je vous en ai déjà donnée. La vérité, c’est que quoi que je fasse, pour vous je serais toujours juste un yeerk. Jamais vous ne me ferez confiance.

Je partis en claquant la porte de sa chambre, avant qu’il ne puisse répondre.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Pour les plus jeunes voici un rappel historique sur ce grand moment de politique qu’a été la dissolution du parlement par Chirac :

C'est l'heure de la cohabitation pour Chirac : tellement culte ! - Les Guignols - CANAL+

Note de l’auteur 2 : rajouté en 2024 : Ce chapitre a été écrit plusieurs mois avant la dissolution de Macron et n’y fait aucunement référence.

David 2

— (Thevenin, je veux que tu me rendes le contrôle de mon corps)

— (Non, tu ne le veux pas. Enfin pas plus que d’habitude. Là, tu veux juste m’empêcher d’écouter.)

— (Franchement, c’est complètement stupide, comment veux-tu qu’il te fasse confiance, si tu les espionnes)

— (Ils ne me font pas confiance de toute manière. Je veux savoir ce que je soutiens exactement. Imagine qu’en secret, il prépare un nouveau massacre de yeerk)

— (Oh, ce serait vraiment abominable. Je ne m’en remettrais jamais) répondit Tom sur un ton sarcastique.

— (Tu sais que je me trouvais dans la piscine la dernière fois qu’ils ont essayé d’y déverser des neurotoxines. Si leur plan n’avait pas échoué, je serais mort. Ou pire la dose aurait été suffisamment faible pour juste me transformer en légume.)

— (Toi ce n'est pas pareil) Se justifia avec gêne Tom.

— (Je suis comme tous les autres yeerk. Un jour, il va falloir que tu arrêtes de jouer les schizophrènes sur ce sujet)

— (Quand même, tu ne trouves pas que c’est un peu extrême de placer un micro sur eux. Il y a d’autres moyens.). Dit-il pour changer de sujet comme à son habitude lorsque, j’abordais la question de sa haine tenace envers les yeerks.

Je comprenais parfaitement son origine, mais elle commençait à me déranger. Cependant je savais que quoi je fasse, il ne pourrait pas changer d’avis tant que tous les 3 jours il devrait contempler ce que mon espèce fait à la sienne. J’espérais qu’elle disparaîtrait petit à petit lorsque la guerre serait terminée.

— (Lesquelles ? Attends tais-toi, il se passe quelque chose)

Dans le micro, j’entendis Jake prononcer avec une rudesse très inhabituelle chez lui :

— David, je présume.

— Je vais l’arrêter. Raisonna la voix de Cassie avant qu’elle ne se lève de son siège.

— Que veux-tu ? Repris Jack.

— Quoi ? Pas de bavardage ? Même pas un bonjour. Demanda la voix de Marco.

— J'ai demandé ce que tu voulais. Redemanda Jack en ayant retrouvé son calme.

— Je veux la boîte bleue. Je l'ai trouvé, elle est à moi. Dit Marco.

— À ton avis David, qu’elles sont les chances que j'accepte ça ?

— Tu n'as pas le choix, mon grand. Tu ne peux pas me combattre. J'ai les mêmes pouvoirs que toi. Et je suis plus intelligent que toi, donc je gagnerai.

— Nous sommes 6, et toi tu es tout seul. Enfin, 5 maintenant se corrigea Jack avec tristesse.

— (Comment ça, ils ne sont plus que 5 ?) S’alarma Tom qui avait maintenant oublié tous ses scrupules sur le fait d’espionner son petit frère.

— Je veux la boîte. Répéta la voie de Marco avec obstination.

— Pourquoi ? Tu veux l'offrir comme cadeau d'anniversaire à Visser-12 ? Railla la voie de Rachel.

Puis j’entendis un bruit de chaise et Cassie dire d’une voix compréhensive :

— David, je sais que tu as traversé beaucoup d’épreuves ces derniers temps. Je sais que tu as l’impression que ta vie s’est écroulée. Je sais que tu es seul. Je sais que tu as peur. Et je sais qu’au fond de toi, tu te sens vraiment désolé pour ce qui s’est passé la nuit dernière. Mais vous devez savoir que vous ne pouvez pas négocier avec Visser-12. Il ne te donnera jamais ce que tu veux.

— Quelle négociation. De quoi vous parler tous les deux ? Demanda Rachelle. Mentalement, je la remerciai de poser cette question.

J’entendis ensuite des bruits de mastication très désagréable puis Cassie repris :

— Dois-je leur dire David ? Ou voudriez-vous leur expliquer vous-même ?

Pendant un bref instant seul des bruits de repas lointain raisonnèrent.

Puis Cassie expliqua :

— David veut la boîte pour pouvoir racheter ses parents. N’est-ce pas David ? Vous voulez que Visser-12 libère vos parents pour que vous puissiez à nouveau avoir un foyer.

Puis la voie de Marco répondit avec colère :

— Ce n’est pas grave, je n’ai pas besoin de la boîte. J’ai autre chose que Visser-12 veut. Vous voyez, je sais que les Animorphs ne sont pas des soldats andalites. Je connais leurs noms et leurs adresses. Il peut vous faire ce qu’il a fait à mes parents et obtenir sa stupide boîte bleue auprès de vous.

Après cela, la conversation s’interrompit brusquement et ils firent semblant d’être des ados normaux. Je ne dis rien, mais mes emmottions devaient être tellement forte que Tom se sentit obligé de dire :

— (Bon d’accord, tu avais raison, c’était une bonne idée de les espionner. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?)

— (Pour le moment rien.) Répondis-je agacé alors que j’essayais de me concentrer sur l’écoute.

— (Comment ça rien. Tu as entendu, ils sont en danger)

— (Oui ça, j’ai très bien compris. Et au passage, moi aussi, je suis en danger. Si Visser-12 les capture, il ne mettra pas longtemps avant de découvrir notre rôle dans cette guerre. Mais pour le moment, on n'a pas assez d’information pour agir. On doit se contenter d’attendre et continuer à fouiner)

— (Inutile. Va les voir et dis-leur ce qu’on sait. Ils nous expliqueront tout et ensemble on trouvera un plan contre ce David)

— (Tu n’as pas entendu ? Cette créature qu’ils appellent David a le pouvoir de morph. Et si ça se trouve, il a des complices ou il peut se dédoubler. Comment savoir si on parle vraiment aux animorphs ? Et même si on pouvait s’en assurer comment savoir s’il ne nous espionne pas ? On perdrait, alors l’effet de surprise. On pourrait même aggraver leur situation sans le savoir. S’ils ne nous ont rien dit, c’est sans doute qu’il y a une raison)

— (Ha, tu l’admets enfin.)

— (J’ai dit qu’il y avait une raison pas qu’elle était bonne) Dis-je de mauvaises fois. Cependant, maintenant, que j’étais rassuré sur le fait qu’il ne préparait pas un sale coup, je commençais à culpabiliser de ne pas leur avoir fait davantage confiance.

Le lendemain, les cousins de Jack et Tom débarquèrent à la maison, car leur fils venait d’avoir un grave accident et était hospitalisé dans l’hôpital voisin (et d’après les docteurs il y avait peu d’espoir qu’il guérisse). Bien entendu, même si nous compatissions à leur malheur, cette invasion familiale ne ravit aucun de nous trois. Cela venait compliquer au pire moment la gestion de nos doubles vies et assombrissait l’ambiance de ce qui était autrefois notre refuge. Heureusement, cette situation déprimante fut de courte durée. Lors de notre première visite à l’hôpital, les docteurs nous annoncèrent qu’un miracle venait d’avoir lieu. Le cousin de Jack et Tom venait de guérir miraculeusement et allait pouvoir sortir dès aujourd’hui.

Mais bien sur les miracles n’existait pas. Je n’eus pas besoin d’espionner Jack pour comprendre que celui qui était sorti de l’hôpital et habitait maintenant chez eux n’était pas leur cousin. Néanmoins, cela me donna l’idée d’un plan. Tom et moi allions enfin pouvoir passer à l’action.

oOoOoOoOo

Le lendemain, je fonçais en voiture vers la grange de Cassie.

— Vite, venez m’aider ! Hurlais-je en freinant au dernier moment, pour ne pas heurter la porte de la grange, avec la voiture de Maman.

J’ouvris la portière de la voiture. Immédiatement, Hommer en sortit et se précipita en direction de la grange de Cassie pour aller lécher le visage de Jack qui venait d’en sortir alerter par mon cri. Sauf que ce n’était pas Hommer.

— Calme-toi Hommer. Ah ! Méchant chien ! Aller va chercher. Le repoussa Jack en lançant un bâton.

Pendant ce temps Marco et Rachel vinrent dans ma direction et me demandèrent :

— Qu’est-ce qu’il y a TOM ? Prononça-t-il lentement en insistant bien sur mon nom.

— Il y a un problème avec Thévenin, il (…)

— Qu’est-ce que tu racontes, Tom. On ne connaît aucun Thévenin. M’interrompit Jack avec une voix faussement naïve.

— Arrêtez de faire semblant, Thévenin à régler le problème avec David.

— Quoi ? Comment es-tu au courant ? Jack, tu lui as dit ? Accusa Rachel.

— Non, je ne le lui ai rien dit. Et qu’est-ce qu’il a Hommer ? Pourquoi est-ce qu’il est aussi excité ? Demanda Jack en repoussant pour la énième fois les assauts baveux de son chien.

— Ce n’est pas Hommer, c’est Thévenin.

— Pardon ? S’exclamèrent-ils tous.

— Je vais tout vous expliquer, mais ça fait presque deux heures qu’il est en morph et j’ai l’impression qu’il est coincé. Vous devez l’aider. Où est Aximili ?

— Et tu penses qu’on va te croire David. C’est audacieux d’avoir pris l’apparence de Tom pour nous piéger. Dit Marco pendant que les 3 autres m’encerclaient et qu’Aximili sortait de la grange. C’est la première fois que je le voyais sous sa véritable forme. Au milieu de la grange de Cassie, il semblait irréel. Malgré la lame de sa queue qui m’entaillait dangereusement le cou, il se dégageait de lui une aura de bonté. On aurait presque dit qu’il n’était pas de la même espèce que l’hôte de Visser-12.

— Bordel, réfléchissez. David ignore l’existence de Thévenin. Attendez-vous ne lui avait quand même pas dit ? Répondis-je excédé.

— Non. Mais Tom n’est pas censé connaître David non plus. Rétorqua Marco.

— Raconte-nous quelque chose que seul Thévenin sait. Ou que seul Tom sait. Ordonna Cassie.

— On n’a pas le temps pour ses conneries. M’exclamais-je

— Alors dépêche-toi de répondre. Ordonna Jack.

— Eh bien, je ne sais pas moi. Jack a fait pipi au lit jusqu’à ses six ans. Dis-je pris de panique avant d’avoir eu le temps de réfléchir à ce que je venais de dire.

— N’importe quoi. Cria Jack en rougissant.

— Il l’a fait qu’une fois. Bon en fait deux. Mais la deuxième, c’était ma faute.

— Moi si j’avais un frère pareil, je l’aurais fait jusqu’à 8 ans. Déclara Marco pour détendre l’atmosphère.

— Vous allez l’aider maintenant ? M’impatientai-je.

— Axe ? Demanda Jack.

— <J’essaye de lui parler par la pensée, mais il ne répond pas. Tu es sûr que c’est bien Thévenin et pas un vrai chien ?>

— Oui. Enfin, je crois. Dis-je en commençant à paniquer à l’idée d’avoir pris Hommer par erreur.

— Le chien a un instinct auquel il est très dur de résister. Thevenin doit juste avoir perdu le contrôle de la transformation. Dit Marco.

— <Axe continue d’essayer de lui parler> Ordonna Jack en commençants à se transformer en un clone de Hommer à son tour.

Une fois que Jack eu fini de se transformer, Thévenin/Hommer s’arrêta de courir dans tous les sens et se retourna brusquement. Puis il poussa des bruits plaintifs en direction de ce nouveau chien identique à lui en tout point.

À mon grand soulagement au bout d’un moment, Thévenin/Hommer se déforma de manière extrêmement dégoûtante. Petit à petit, il prit la forme de David complètement nue. Aussitôt, Aximili plaça la lame de sa queue sous sa gorge pendant que les filles hésitaient entre détourner le regard ou se mettre en position de combat.

— Calmez-vous. C’est l’hôte de Thévenin maintenant. Il ne vous fera aucun mal. Criais-je, en lui lançant ma chemise (elle était suffisamment grande pour lui tomber jusqu’aux genoux). Il l’enfila après avoir repoussé d’un geste dédaigneux la lame d’Aximili de sa gorge.

— Comment Thévenin a fait ça ? Demanda Marco.

— Il a mis ce qu’il lui restait de GHB dans un verre de jus d’orange. David n’avait aucune raison de se méfier de Thévenin. Enfin de moi. Alors il a bu cul sec quand maman, lui a apporté.

— C’est quoi cette histoire de GHB ? Demanda Rachel avec suspicions.

— Tu ne leur as rien dit ? Demandais-je à Jack qui avait repris forme humaine.

— Je ne leur ai pas donné ce genre de détail. D’ailleurs, la prochaine fois sort plutôt ça. Répondit Jack.

— Désolé. J’ai paniqué et c’est la première chose qui m’est sorti par la tête.

— C’est bon, ce n'est pas grave. Et comment est-ce que vous étiez au courant pour David ?

J’adoptai une attitude gênée. Heureusement Thevenin, c’était remis de sa transformation et répondit de lui-même :

— J’ai placé un micro yeerk sur toi.

— QUOI !? Hurla Jack

— Sur le deuxième bouton de ta tenue de morph. J’en avais marre de vos cachotteries.

Aussitôt, Jack arracha le dis bouton et l’écrasa avec le pied.

— Pourquoi tu ne m’as pas prévenue ? m’accusa Jack.

— Ben heu, pour être honnête, j’étais un peu curieux aussi.

Marco commenta :

— Moi, je propose qu’on les intègre officiellement à l’équipe. Il n’y a que de vrais animorph pour se lancer dans un plan aussi foireux. Commenta Marco.

Mais ça ne fit pas rire Jack qui cria :

— Je te faisais confiance. Et à toi aussi Thévenin.

Je baissai les yeux honteux, mais Thévenin cria à son tour :

— Tellement que ça ne vous ait même pas venu à l’esprit de me demander de l’aide quand il s’est mis à essayer de vous tuer. J’ai parlé au yeerk qui t’a trouvé dans le centre commercial hier, pour être sûr qu’il fermerait son clapet. T’es passé à deux doigts de mourir. Ça ne vous est pas venu à l’idée que ça pourrait vous être utile d’avoir l’avis de la seule personne ici qui a déjà combattu des andalites.

— On se serait débrouillé tout seul. On gérait la situation. Répondit Jack.

— Tu te fous de ma gueule. Il a tué Tobias et vous étiez sur le point de lui donner la boite bleue. Tu te rends compte des conséquences. Je lis dans son esprit. Tôt ou tard il l’aurait donnée à Visser-12 en échange de la vie de ses parents. Cria Thévenin.

— Non. Tobias est vivant. David a tué un faucon normal en pensant que c’était Tobias. Et on ne lui aurait jamais donné la boite bleue. On pensait qu’il nous espionnait alors on a fait semblant de vouloir collaborer. Ça faisait partie de notre plan. Intervint Marco.

— En fait, il vous espionnait bien à ce moment-là. Les informa Thévenin.

— Le petit crotale. Insista Rachel. Puis elle rajouta :

— Je suis désolé de ne pas t’avoir fait confiance. On aurait dû te demander de l’aide.

Cette déclaration surprit tout le monde, alors elle rajoutât :

— Quoi ? Vous n’êtes pas soulagé qu’il se soit occupé de David. C’est quand même mieux que ce qu'on avait prévu. D’ailleurs qu’est-ce qu’on va faire de lui ?

Immédiatement, Thevenin déclara :

— Ça me paraît évident. Vous allez donner le pouvoir de morph à Tom et je vais garder David comme hôte. Comme ça, nous pourrons participer tous les deux à vos missions.

Aximili intervint par la pensée :

— <C’est hors de question yeerk. Donner cette technologie aux humains pour combattre les yeerks est à la limite de l’acceptable, mais la donner à un yeerk est inenvisageable.>

— Vous avez accepté de la donner à un enfant humain que vous ne connaissiez à peine et vous allez me la refuser. S’insurgea Thévenin.

— Je suis d’accord avec Thevenin. On a bien besoin de deux nouveaux membres. Et il a prouvé qu’on pouvait lui faire confiance. Et de toute façon s’il nous trahit, Visser-12 auras déjà 6 hôtes avec le pouvoir de morph. Un de plus ou de moins. Appuya Jack.

— <Prince Jack, quelque que puisse être vos raisons, si mon peuple apprend que vous avez donné la technologie de morphe à un yeerk, il vous considérera comme un ennemi. Et moi je ne reverrais plus jamais mes parents. Je devrais vivre seul sur terre pour le reste de mes jours >

— Oh, comme c’est triste. En ce qui me concerne les andalites sont déjà nos ennemis. S’exclama Thévenin.

Mais cela refroidit considérablement les autres. J’argumentai alors :

— Ce n’est pas à Thévenin que tu vas donner le pouvoir de Morph, mais à moi.

— <Je suis désolé, mais donnée le morph à un hôte volontaire ou à un yeerk, c’est la même chose> m’envoya Aximili par la pensée.

— Je ne suis pas volontaire ! M’indignais-je violemment. Mais un seul regard sur le visage gêné des autres m’appris que cela ne convainquit personne. Heureusement que l’année passée à être l’hôte de Temrash114 m’avait appris à contenir ma colère.

Marco posa alors une question à Thévenin :

— Comment tu feras lorsque tu devras aller manger ? Et pour faire semblant devant les autres yeerks ?

— Je n’utiliserais David comme hôte que lorsque j’aurais besoin de ses pouvoirs de moprh. Le reste du temps, il restera enfermer dans une cage adaptée pour les andalites que Jera456 va me fournir. En attendant, je le droguerais pour être sûr qu’il ne s’échappe pas pendant que je suis dans le corps de Tom.

Même moi, je frissonnai en entendant cela. C’était un destin assez horrible.

— C’est temporaire. Une fois la guerre terminée, on le libérera. Rajoutât Thévenin

Marco qui semblait le moins sensible au sort de David repris la parole :

— Je propose un compromis. On ne donne pas le pouvoir de morph à Tom, mais on le laisse utiliser David comme hôte lors de nos missions. Une fois, la guerre terminée Thévenin le forcera à devenir le Nothlit d’un humain qui lui ressemble puis le libérera. Comme David a obtenu le pouvoir de morph avant de devenir un hôte et qu’il aura perdu ses pouvoirs ça devrait être acceptable pour ton peuple.

— <Je ne sais pas> déclara Aximili

— C’est quoi un Nothlit demanda Thévenin ?

— <C’est comme ça qu’on appelle un être qui est coincé dans une transformation, car il est resté plus de deux heures dedans> Expliqua Aximili par la pensée.

Thévenin acquiesça et je demandai :

— Avant qu’on intervienne, qu’est-ce que vous aviez prévu de faire de David ?

La vérité, c’est que tous avaient déjà réfléchi depuis longtemps aux solutions possibles Et même Aximili préférait enfreindre les lois andalites plutôt que d’entendre les cris que David pousserait lorsqu’ils lui appliqueraient l’une des rares alternatives pouvant résoudre le problème que posait David. Alors que petit à petit, tous se firent à l’idée d’accepter la proposition de Marco, Thévenin cru bon de rajouter :

— Pour information David, vous supplie de le libérer. Ses supplications et ses pleurs sont assez horribles. J’aimerais que vous vous décidiez rapidement que je puisse le droguer et retourner dans le corps de Tom.

— Tu avais vraiment besoin de nous donner autant de détail. Demandais-je à Thévenin

— Oui. Répondit simplement Thévenin

Je commençai à me disputer avec Thévenin. Ça faisait vraiment bizarre de lui parler en face-à-face. Quand il était dans ma tête en même temps que nous nous parlions, je voyais des bribes de ses émotions et lui l’intégralité de mes pensées. Entre nous, il y avait une sorte de compréhension qui allait au-delà des mots. Quand nous nous disputions ou qu’il faisait quelque chose d’horrible pour jouer son rôle devant les autres yeerks, je ressentais son amitié et qu’il détestait profondément ça. Mais là, je voyais juste les paroles froides et pragmatiques d’un soldat yeerk. En ce moment, il me rappelait Temrash114 et j’en frissonnai. Je commençais à comprendre pourquoi les autres avaient mis autant de temps à lui faire confiance. Pourquoi encore aujourd’hui, il se méfiait de lui.

Note dispute fut interrompu par une nouvelle question de Marco :

— Les gars, vous allez sûrement me détester, mais : est-ce que c’est vraiment prudent de l’enfermer ? Il pourrait s’évader. Combien de fois on s’est évadé d’une prison yeerk ? C’est par pour critiquer, mais vos prisons spécialement conçus pour les andalites sont de vraies passoires.

— À chaque fois, quelqu’un de l’extérieur vous a secouru. Vous pensez vraiment que quelqu’un va venir sauver David ?

— Non. En-dehors de nous, il ne connaît personne et personne ne le connaît.

— Oui, je sais. J’ai vu ses souvenirs. Il n’a vraiment pas de chance. Pas d’amis à cause du travail de son père et maintenant plus de parents. Commenta Thévenin.

— Personnellement, j’ai du mal à compatir avec ce petit fumier. Mais il pourrait trouver un moyen de s’échapper. Insista Marco.

— Alloran-Semitur-Corrass est un guerrier andalite accomplit et en plusieurs années, il n’a jamais réussi à s’échapper de Visser-12. De toute façon, étant donné que je peux lire son esprit, je le saurais s’il prépare un plan d’évasion. Expliqua patiemment Thévenin.

— Tu vas lire systématiquement son esprit. Demandais-je horrifié, en me demandant si je voulais vraiment que ce yeerk retourne dans mon cerveau.

— Je n’ai pas été gardien de piscine suffisamment longtemps, pour avoir que c’est une nécessité vitale. Les humains sont très durs à garder prisonnier. C’est pour ça qu’on vous frappe autant. Alors imagine un humain disposant des pouvoirs offert par la technologie andalite ?

De nouveau, cette déclaration jeta un froid. Rationnellement, je savais qu’il avait déjà dit bien pire lorsqu’il était dans ma tête, mais émotionnellement, c’était une autre histoire.

oOoOoOoOo

Finalement, après un long débat, tous se mirent d’accord pour laisser thevenin utiliser David pour les accompagner en mission. J’étais un peu déçu qu’il ne veuille pas me donner le pouvoir de morph, mais j’en comprenais la raison. Sans compter que je savais qu’il n’avait pas osé évoquer devant moi le fait que je passais un peu trop de temps dans les cages du QG des yeerks pour que soit prudent.

Thévenin sortit du coffre de la voiture des seringues remplies d’un liquide suspect qu’il avait spécialement pris chez Timmy pour cette occasion, puis nous nous dirigeâmes vers une cabane en bois situé dans un coin désertique de la forêt. Une fois sur place Thévenin força David à s’injecter le produit puis il s’écroula sur place. Juste après un long vers commença à sortir de son oreille. Devant l’air dégoutté des autres (sauf de Cassie), je ramassai le vers et l’approchai de mon oreille. Thévenin se tortilla pour accéder à mon conduit auditif, mais dès que je sentis sa chair baveuse contre ma peau, je recule ma main dans un réflexe de peur qui ne passa pas inaperçu auprès de Cassie. Jusqu’à présent, je pensais que Jack exagérait, car il avait le béguin pour elle, mais elle vraiment très intelligente et observatrice.

— Tout va bien, Tom ? Demanda t’elle.

— Oui, tout va bien. Mentis-je.

Je retentai d’approcher Thévenin de mon oreille, mais j’eus un flash-back de l’époque de Temrash114 qui me fit presque pleurer. Ça ne m’était pourtant plus arrivé depuis longtemps. Puis je me rappelai que lorsque Thévenin reprendra possession de mon corps, il verrait probablement que j’avais hésité. Comment réagira-t-il ? Est-ce qu’il ne risquait pas de se mettre en colère et de me retirer le peu de liberté que j’avais ? Non, je pouvais faire confiance à thevenin. Je devais lui faire confiance. Toute cette histoire dépassait largement ma petite personne. Cependant, en cet instant la pensée de remettre entièrement mon sort à un yeerk, fut-ce t’il amical m’horrifiait.

— Tu n’es pas obligé de faire ça. Dit Jack en posant la main sur mon épaule. On trouvera une autre solution.

— Laquelle ? L’un de vous se porte volontaire ?

Comme je m’y attendis seul le silence me répondit.

— Tout va bien, vraiment. Je suis juste gêné d’avoir un public. Mentis-je encore une fois.

Je pris une grande inspiration, fermai les yeux et d’un coup sec, je collai Thévenin à mon oreille. Il se précipita pour rentrer. Je ressentis, alors une violente douleur à l’oreille et hurla. J’avais perdu l’habitude de ressentir cette sensation désagréable. Je ne sais pas comment il s’y prenait, mais d’habitude Thévenin se débrouillait pour que je ne sente presque rien lorsqu’il rentrait. Puis je me sentis perdre le contrôle de mon corps et tout devint noir autour de moi. Sans que je ne bouge la bouche, j’entendis alors ma voix hurler :

— Qu’est-ce qui se passe, on est attaqué.

Je me rendis alors compte que Thévenin avait sauté a couvert derrière une vielle commode à demi en ruine dès qu’il avait eu le contrôle de mon corps. Les autres s’étaient mis en condition de combat et Jack cria :

— Qu’est-ce que tu lui as fait enfoiré ? Pourquoi il a crié ?

— (Non, tout va bien) Fis-je honteux. Il avait dû énormément s’inquiéter, coincé sous sa forme de vers sourd et aveugle à être ballottée dans tous les sens. Immédiatement, après, je sentis Thévenin me faire un câlin mental.

— (Tom, comment peux-tu croire que je me mettrais en colère ? J’ai l’impression que tu oublies en permanences que je peux lire tes pensées. Je sais à quel point c’est difficile pour toi. La prochaine fois évite juste de m’agiter dans tous les sens, comme si j’étais un spaghetti et mets-moi dans un verre d’eau le temps que tu ailles mieux. J’ai pu l’âge pour les manèges à sensation forte.)

— (Désolé)

— (Tu n’as pas à l’être. Si tu savais à quel point je te suis reconnaissant de tout ce que tu fais pour moi, tu ne douterais plus jamais)

— (Je n’ai rien fait pour toi)

— (Alors que je suis un des parasites qui as volé ta vie, tu m’as aimé. Tu m’as donné l’espoir que je pourrais vivre autre chose que cette vie. Comment peux-tu dire que tu n’as rien fait ?) Déclama-t-il en me redonnant un câlin mental. Pendant un temps, nous ne dîmes rien, savourant juste la présence de l’autre.

Puis nous revinrent au monde réel et aux 5 animorphs prêt à nous attaquer au moindre faux mouvement. Une fois qu’on les eut rassurés, nous décidâmes que nous nous relayerons pour garder David jusqu’à ce que Jera456 nous fournisse une cage adaptée.

France

— Mr Wellington. Dit doucement un majordome au costume aussi luxueux qu’élaboré, en entrant dans un hall d’accueil de style rococo.

Si les chaises n’avaient pas été si inconfortables et si son hôte ne s’ennuyait pas autant, Jera456 aurait voulu que cette attente dure toute sa vie. Le palais où il se trouvait était le bâtiment humain le plus beau qu’il n’ait jamais vu. Pour la première fois, il comprenait un peu l’obsession pour l’or qu’avaient les humains. C’est vrai que si on en mettait suffisamment sur les murs, c’était extrêmement beau.

Jera456 se leva et avança d’un pas conquérant vers la pièce indiquée par le majordome. Mais il me barra la route.

— Très drôle gamin. Mr Wellington. Le président souhaite s’entretenir avec vous. Quelqu’un a vu Mr Wellington ?

Jera456 sortit son passeport pour prouver son identité à cet agaçant serviteur.

— Je suis Mr Wellington.

— Oh, heu, pardon Mr Wellington ? Mais où est votre père ?

— En Californie. C’est moi qui ai rendez-vous avec Mr Chirac. Alors si vous tenez à conserver votre poste, laissez-moi passer.

Le serviteur s’exécuta enfin. Depuis le début de ce voyage Jera456 découvrait que sans la présence proche du père ou de la mère de son hôte, les humains étaient désagréablement condescendants et peu obéissant avec lui. Il mit de côté son agacement afin de se concentrer sur cette rencontre qui allait intégralement déterminer la suite de sa vie. C’était un coup de poker. Soit il perdait tout, soit il gagnait tout.

Il suivit les indications du personnel jusqu’à un bureau vide qui comme toutes les pièces de ce palais étaient remplies d’objets d’art et de dorure. Dans un coin se tenait droit comme un I, deux serviteurs armés d’épée cérémonielle (en les observant bien, je vis qu’ils avaient également un pistolet caché dans leur veston). Au bout de quelques secondes, ils crièrent :

— Mr Jack Chirac, le président de la République française.

Le mur derrière lequel, il se tenait s’ouvrit, dévoilant un passage secret d’où sortit celui que j’étais venue voir et qui pourrait peut-être tout changer.

Il s’assit sur le bureau et fit un signe au garde. Aussitôt, ils sortirent de la pièce et allèrent garder les deux seuls accès à cette pièce qui était maintenant totalement fermée. On pouvait enfin parler franchement.

— Je suis heureux d’enfin pouvoir te rencontrer Richac6487. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. Mais avant toute chose, il faut que je te félicite pour la décoration de ta demeure. Elle est vraiment sublime, tout en étant suffisamment légère pour qu’elle ne choque pas le mauvais goût des humains.

— Merci, mais ses éloges sont immérités. D’après les souvenirs de mon hôte, le palais de l’Élysée est ainsi depuis des siècles. L’endroit était déjà comme ça du temps de mon prédécesseur. Enfin du prédécesseur de mon hôte. Les Français sont les seuls humains à avoir du goût et ils en sont fiers.

— Décidément, tu as un poste en or. Je t’envie.

— Tu as tort. Je pensais comme toi, mais en fait, c’est une affectation très pénible. Bien sûr, je ne dis pas ça pour me plaindre. La plupart des yeerks ont des postes bien plus désagréables. C’est juste que les chefs d’État humain n’ont quasiment aucun pouvoir. En plus, ils doivent se soumettre à un protocole extrêmement exigeant, alors que les autres humains ne leur montrent quasiment aucun respect. Je n’arrive pas à comprendre. J’ai des milliers de soldats sur mon ordre prêt à envahir n’importe quel pays en moins de 24 heures et des centaines de bombes atomiques qui n’attende que mon ordre pour être envoyé. Et pourtant, j’avais plus de pouvoir lorsque mon hôte était un simple fabricant de boisson sucré.

— Oh, tu dois exagérer. Le président de Coca-cola a forcément moins de pouvoir que le président français.

— Va dire ça au binoclard.

— Excuse-moi, mais je ne te suis pas. Demanda Jera456.

— Peu importe. Si on en venait au sujet de ta visite. À moins que comme les autres yeerk, tu ne sois venue que pour te moquer de moi. Répondit sèchement Richac6487.

‘Ce n’était pas bon. Il fallait à tout prix que je le mette dans de bonnes dispositions’, se dit Jera456.

— Je ne me moquerais jamais d’un yeerk qui a une armée sous ses ordres. Plaisanta Jera456.

— C’est une sage décision. Alors qu’elle est la raison de ta visite ? Depuis ma disgrâce peu de yeerk vienne me voir. Demanda Richac6487 de manière détendue après le trait d’humour de son ancien compagnon de jeux.

Les quelque soirée qu’il avait passées avec Jera456 sur Alibor7 auraient été les meilleurs de sa vie, s’il n’avait pas dû passer les semaines suivantes dans une piscine d’isolement pour se remettre d’une MST. Quelle ironie qu’un parasite puisse être victime d’un parasite. Parmi toutes les espèces originaires de leur planète d’origine, pourquoi avait-il fallu que celle-là les suive dans leur exil ?

— Je suis venue à cause de certaines rumeurs.

— Des rumeurs. Quelles rumeurs ? Demanda Richac6487.

— Les rumeurs disant que Visser-12 ne t’a pas juste dégradé, mais condamné à mort suite à ta regrettable boulette.

Il répondit agressivement en se levant :

— Maintenant, que tu m’as vu en vie, tu as ta réponse. Maintenant va-t’en.

— Bien sûr, je ne vais pas abuser de ton précieux temps. C’est dommage que les rumeurs soient fausses. Dans le cas contraire, j’avais prévu de te proposer un marché.

Il s’arrêta.

— Un marché ? Voyez-vous ça ? Tu crois que tu es le premier à essayer de me piéger pour me livrer à Visser-12. Je savais que tu étais ambitieux, mais je n’aurais jamais cru ça de toi.

— Si tu caches aussi mal ton secret, je comprends qu’il y ait autant de rumeurs.

— Oh, mais moi, je ne cache rien. C’est Visser-12 qui ne veut pas qu’on sache qu’il n’arrive pas à m’éliminer. Si le conseil apprenait qu’une partie des yeerks vivant sur terre ont fait sécession et repousse l’empire en le menaçant de représailles nucléaires, Visser-12 serait immédiatement destitué.

— Et ensuite le nouveau visser s’empresserait de prendre toutes les mesures nécessaires pour vous infliger une punition qui servira d’exemple pour tous les yeerks qui voudrait se rebeller contre l’empire. Le secret te protège autant qu’il protège Visser-12. Et soit dit en passant, tu peux te rassurer, il n’y a aucune rumeur pour le moment. Je l’ai découvert par hasard en faisant des recherches pour aider Visser-12 à préparer son plan d’infestation de masse lors du G7.

— Une infestation de masse lors du …. Tu veux dire que le binoclard ?

— Si par ‘le binoclard’ tu entends ton premier ministre, alors non, ce n’est pas un agent de Visser-12. Les bandits andalites ont fait échouer son plan. Aucun des dirigeants qui y était présent n’a été infesté.

— C’est un soulagement. Pour un peu, je les récompenserai.

— La seule recompose dont ils ont besoin, c’est d’aide. Ils ne sont qu’une poignée. Malgré leur surprenante efficacité à eux seuls, ils ne peuvent que ralentir l’invasion.

— Ses arrogants andalite. Encore une fois, ils nous ont sous-estimés. S’il avait été plus malin, ils se seraient cachés sans faire de vague, jusqu’à ce que leurs compatriotes viennent les chercher. Là, ils vont mourir pour rien. Dès que l’invasion sera terminée, Visser-12 les traquera et ils n’auront plus aucun endroit où se cacher.

— C’est ton cas aussi, si je ne m’abuse. Quand l’invasion sera terminée tu perdras tout contrôle sur les bombes atomiques des humains. Visser-12 pourra alors laisser libre cours à ses envies de vengeance.

— Je trouverai bien une solution le moment venu. Je trouve toujours. Et quelque chose me dit que tu es justement venu m’en proposer une. Comme c’est toi, je veux bien prendre le risque de t’écouter. Mais si tu tentes de me piéger, tu sauras que Visser-12 n'est pas le seul à être capable de se montrer rancunier.

— Oh ! Moi, je n’ai aucune solution. Je n’ai aucune espèce de talent dans l’art de la guerre. Mais ses guerriers andalites ont prouvé qu’ils étaient des génies inégalés dans ce domaine.

— Où veux-tu en venir ? Arrête de tourner autour du pot.

— Richac6487, je t’apprécie beaucoup, mais tu manques cruellement de patience et de subtilité. Je te propose de faire alliance avec les andalites pour que ce ne soient pas seulement la France, mais l’intégralité de la planète qui fasse sécession de l’empire. Nous deviendrons une planète officiellement neutre, mais officieusement allié des andalites.

— Tu as perdu la tête ?

— Non mais si ce plan échoue nous la perdront bientôt tous les deux. Tu n’es pas le seul à avoir des ennuis avec Visser-12. J’ai réagi comme toi lorsqu’on m’a proposé ce plan. Mais j’ai rencontré ses andalites et je peux t’affirmer que ce ne sont pas des andalites normaux. Tu sais que beaucoup disent qu’il ne s’agit pas d’andalite, mais d’humain utilisant le pouvoir de morph. J’ai toujours trouvé ses rumeurs parfaitement ridicules, mais maintenant, que je les ai rencontrés, je comprends d’où elles viennent. Ils sont beaucoup plus pragmatiques que les autres andalites. Durant nos conversations, ils n’ont à aucun moment fait référence à leurs putains de tradition et de code de l’honneur. C’est simple, j’avais l’impression qu’il ne savait même pas qu’il existait. Je sais que ça peut paraître dingue. Et ça l’est d’un certain point de vue. Mais je te jure que l’on peut réussir.

— Dis-moi juste ce que je dois faire.

Jera456 resta abasourdit pendant quelques secondes avant de répondre :

— Quoi, c’est tout. Tu es déjà convaincu ?

— Comme tu l’as dit, je manque de patience. Quand je vois une opportunité, je fonce sans me poser de question. De l’audace et encore de l’audace. C’est comme ça que j’ai obtenu mes gallons. Et puis ce n’est pas comme si je risquai grand-chose. Visser-12 veut déjà me tuer de toute façon. En m’alliant avec ses raclures d’andalites, je ne fais que réduire le nombre de mes ennemis.

Le notaire et l’enfant

Note de l’auteur : Ce tome est une réécriture du tome 23. Savoir à l’avance ce qui se passe dans ce tome n’apporte que du spoil, donc je n’en dirais pas plus.

oOoOoOoOo

Encore perturbé, parce que je venais d’apprendre, je sortis de la piscine et repris possession du corps de Tom. Une fois que j’eus rejoint la voiture, je démarrai et lui demandai :

— (Tu crois que c’est normal que j’ai aussi peu de désir ?)

— (Hein, heu quoi ?) répondit Tom avec éloquence.

— (Tous les autres êtres de galaxie ne pensent qu’à sauter sur tout ce qui bouge sauf moi.)

— (Tu fais encore une fixette sur ce qui s’est passée la semaine dernière ? Encore une fois, tant que tu es dans ma … Enfin tant que la guerre dure, il est hors de question que je sorte avec quelqu’un. Et puis Cynthia n’est pas si jolie que ça. Elle a plein de tache de rousseur. De très jolies taches de rousseur…)

Je l’interrompis sachant que ça pouvait durer pas mal de temps et qu’il devenait toujours de mauvaise humeur, quand il s’adonnait à ce genre de rêverie.

— (Non, ça n’a rien avoir. Mais je persiste à dire que ce serait bon pour toi de fréquenter quelqu’un.)

— (Bon alors, c’est quoi le problème ?)

Je lis dans ses pensées une très forte envie de changer de sujet qui me convenait très bien alors je n’insistai pas.

— (Comme me l’a demandé Jack, je me suis renseigné sur ce notaire qui recherche Tobias partout. C’est bien un contrôleur. J’ai parlé au frère du membre de son triple. En faisant le ménage dans son office, il a trouvé une lettre du prince Elfangor devant être remis à Tobias le jour de ses 18 ans)

— (Attends le prince Elfangor ? Tu veux dire le frère d’Aximili ? Celui qui commandait la flotte venue libérer la terre et qui est mort juste après avoir donné leurs pouvoirs à Jack et à ses amis ?)

— (C’est ça le grand et noble héros de guerre Elfangor. Le seul prince andalite à oser venir sur le champ de bataille et à partager le quotidien de ses troupes. Le prince entièrement dévoué au service de la noble cause de l’extermination des yeerk où qu’il soit dans la galaxie. Celui que j’avais si souvent affronté que j’avais fini par le respecter malgré tout. Je savais que la propagande andalite cachait de sombres secrets à son sujet, mais je ne me doutais pas que l’un d’eux était qu’il visitait régulièrement des planètes primitives pour y baiser avec tout ce qui traînait)

— (Hein ?)

— (Il utilisait ses pouvoirs de morph pour prendre la forme souhaitée puis il ...)

— (Stop ça va, j’ai compris, pas besoin de me faire un dessin. Bon d’accord, c’est surprenant, mais je ne vois pas en quoi ça te choque ? Attends, elles étaient bien consentantes ?)

— (Pourquoi elle ? Je doute qu’il se soit limité à un seul sexe.)

— (T’es sûr que c’est une vraie info ? Ça ressemble vachement à du fantasme. … Ça fantasme les yeerk ?)

J’ignora sa deuxième question et répondit :

— (Vu la source, ça ne m'étonnerait pas que l’histoire ait été déformée. Mais ce qui est sûr, c’est que …)

Je m’interrompis, car je venais de voir un oiseau très familier manger un opossum mort sur la route ? Je vérifiai que j’étais seul sur la route, puis je freinai en urgence et sortis de la voiture. Dès qu’il me vit, il décolla. Je commençai à me demander si je ne m’étais pas trompé. Dans le doute, je criai quand même.

— Tobias descend, il faut que je te parle de toute urgence.

Il fit quelque rond dans le ciel semblant hésité, puis se posa sur une branche d’un arbre à côté de la route.

— <Qu’est-ce qu’il y a de si urgent ?> Entendis-je raisonner dans ma tête.

Sans que je ne puisse m’en empêcher, je donnai alors la question qui me brûlait les lèvres depuis que je l’avais rencontré.

— Tu es quoi exactement ? Je veux dire, tu es vraiment un faucon ?

— <Ça, j’aimerais bien le savoir> Dit-il tristement avant de décoller. Puis avant que je ne puisse l’arrêter, il se dirigea vers les montagnes au loin.

— Attends ! Criais-je inutilement.

— (J’ai l’impression que tu as touché un point sensible.)

— Et merde.

Je repris alors le volant.

— (Tu pourrais me redonner le contrôle ? La route est vide, je ne risque pas d’avoir d’accident. Et puis j’aimerais bien aller à la plage retrouver Arnold)

Trouvant que ce serait bien qu’il apprenne à conduire, je me garais sur le bas-côté puis je lui passai le contrôle.

— (Avant, il faut que je passe prévenir les animorphs de ce que j’ai découvert. Va chez Rachel, c’est la plus proche.)

— (Franchement, ça peut attendre ? Je ne vois pas ce qu’il y a d’urgent à propager des ragots sur la vie sexuelle du grand frère d’Aximili)

— (Le lettre dit que Tobias est le fils d’Elfangor. Après l’avoir lu Visser-12, s’est mis en tête qu’il est en contact avec les bandits andalites. Le notaire veut l’attirer en faisant courir le bruit qu’il a une lointaine cousine souhaitant l’adopter. Bien sûr, ce sera une contrôleuse et dès qu’elle lui mettra la main dessus, il finira la tête dans la piscine. Visser-12 découvrira tous ses secrets, dont le nôtre.)

Tom freina brusquement.

— (Pourquoi t’as pas commencé par là ?)

— (Vérifie qu’il n’y a personne derrière toi avant de piller). L’admonestais-je.

— (Il n’y a personne.) S’énerva-t-il

— (Comment tu pouvais le savoir, t’as pas regardé avant de freiner ?)

— (Voilà, c’est de ça justement que je voulais parler. Pourquoi tu tiens systématiquement à parler de problèmes insignifiants et pas des urgences vitales ?)

— (Franchement, je n’en sais rien. J’étais curieux, j’imagine. Et puis je ne pensais pas qu’il prendrait la mouche et se sauverait juste après)

— (Je ne vois pas pourquoi tu te poses des questions. C’est évident que c’est un faucon. Enfin un hybride faucon-andalite)

— (Apparemment non. En tout cas Visser-12 recherche un humain nommé Tobias)

— (Donc Elfanghor n'a pas couché avec un faucon ?) Demanda Tom.

— (Franchement, je n’en sais strictement rien. Et ce n’est pas ça qui me choque. Que ce soit avec un faucon ou un humain, ça reste de la zoophilie) répondis-je.

— (Ça avait l’air de pas mal te perturber aussi ?)

— (Non, ce n'est pas ça qui me perturbait. Enfin pas vraiment. C’est juste que... Je ne sais pas comment dire...)

Pour la première fois, je regrettais qu’il ne puisse pas lire dans mon esprit tant j’avais du mal à formuler mes pensées. En fait ça ne m’aurait sans doute pas beaucoup aidé, s’il avait pu lire dans mon esprit, tant je n’étais pas sûr, moi-même de ce que je ressentais. Au bout d’un moment, je sentis une impatience que Tom ne parvenait plus à réprimer. Lui n’avait pas attendu aujourd’hui, pour ne pas apprécier que je sois le seul de notre duo à être capable de conserver des secrets. Sur un coup de tête, je me décidai finalement à demander :

— (Tu crois que c’est normal que j’aie jamais eu envie de former un triple ?)

— (Heu, je ne suis pas sûr de comprendre la question. Ça veut dire que t’as jamais baisé ? Enfin l’équivalent du sexe chez les yeerk)

— (C’est un peu ça)

— (Oui bon ben comme ça, on est deux. Pas besoin d’en faire toute une histoire)

— (Pourtant, tu l’as déjà fait avec ...)

— (Ça ne compte pas. C’était une limace pas une fille) M’interrompit Tom, violemment.

Je ne comprenais pas bien ce que cela changeait, mais je pensai plus prudent de changer de sujet.

— (Dans tous les cas, ça n’a rien à voir. À ton âge, c’est courant. Pas au mien. Et puis toi, tu en as envie en permanence)

— (Hé ! Je n'en ai pas envie en permanence) Contestât Tom.

Cependant, il comprit rapidement, l’inanité de ses dénégations, car il soupira mentalement :

— (Putain!)

— (Tu sais, il n’y a pas de honte à avoir. C’est normal à ton âge. Certain de tes rêves, le matin, sont …) Tentais-je de la rassurer avant qu’il ne m’interrompe :

— (Stop ! Nouvelle règle. On fait comme pour ce qui se passe dans les toilettes. Par pitié, fait comme si tu n’avais rien vu.)

— (Bref, moi, je n'ai jamais eu aucune envie de le faire. Ce n'est pas faute d’avoir regardé les autres, mais rien.)

— (Heu!!! Attends comment ça, tu regardes les autres yeerks faire l’amour ?)

— Oh, je t’en prie, s’ils ne veulent pas être observés, ils n’ont qu’à pas le faire au milieu de la piscine. Et puis ce serait dur de les louper. En même temps, c’est vrai que lorsque les écrans sont déjà pris, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire pendant les deux heures de téter.

— Attends tu parles de LA piscine ? Celle où tu manges ? Celle où les gardes me plongent la tête tous les 3 jours !? S’écria-t-il profondément dégoutté.

— Ben oui. Depuis que l’on a été chassé de notre monde natal, seul les haut gradé comme Jera456 peuvent bénéficier de suffisamment d’espace pour s’isoler ou carrément d’un bassin privé.

Il garda le silence, mais ses pensées étaient suffisamment claires : « C’est dégoûtant ». Au risque de l’énerver en soulignant une fois de plus qu’il ne pouvait rien me cacher, je commentai :

— (Ça n’a rien de dégoutant. C’est la nature. C’est vous qui avez des normes bizarres sur la gestion de vos fluides.)

— (Laisse les fluides là où ils sont. Ah! Quand je pense que je croyais que c’était de la boue qui collait à mes cheveux lorsqu’on revenait de la piscine)

— (C’est probablement du magnésium.) Corrigeais-je. (La piscine en est sursaturée afin d’accélérer l’absorption des raies de kandrona par les yeerks))

Cela sembla le calmer, car il rajouta plus calmement :

— (Écoute, je ne sais pas si c’est normal de ne pas avoir de désir sexuel pour un yeerk. En fait à cause de toutes ses conneries d’alien, ça fait un moment que j’ai renoncé à la notion de normal. Y a personne qu’est normal. On est tous des anomalies de la nature plus ou moins éloigné de la moyenne. Se demander si on est normal ça n’a aucun sens. La seule chose qu’on doit se demander s’est si nos anomalies nous empêchent d’être heureux ou font du mal aux autres. Vu que les yeerks meurent lorsqu’ils se reproduisent, je pense que tu peux considérer que t’as gagné à la loterie génétique.)

Sa réponse me surprit tellement que j’en restais sans voix. Puis sans me demander mon avis, il reprit la route. J’oubliai alors très vite mes tourments et m’exclama avec inquiétude :

— (Ce n’est pas une raison pour rouler aussi vite. Et ne sers pas autant la bande blanche. Et regarde dans le rétro lorsque tu …)

— Stop ! Je sais conduire. S’énerva Tom à voix haute.

Je passai le reste du trajet à me retenir de toutes mes forces de reprendre le contrôle. Puis l’heure qui suivit à me retenir de crier : ’je te l’avais bien dit’ lorsqu‘il raya la portière en se garant.

oOoOoOoOo

Le lendemain, nous étions tous réunis dans la grange à attendre fébrilement la venue de Tobias.

Jack maintenait en place un aigle que les gardes forestiers avaient amené à la clinique vétérinaire du père de Cassie pendant qu’elle lui changeait son pansement tout en lui lançant des regards langoureux (il allait vraiment falloir que ses deux la se déclare). Pendant ce temps, Marco tentait d’empêcher Aximili, sous sa forme humaine, de mettre tout ce qui traînait dans sa bouche (décidément le comportement des andalites dans leur vie privée me décevait beaucoup). Rachel, quant à elle, faisait les cent pas.

Malgré nos recherches, aucun de nous n’était parvenu à trouver Tobias. Cependant, nous savions qu’il viendrait à cette réunion. Du moins si Visser-12 n’avait pas déjà mis la main dessus.

J’ai demandé :

— Vous n’avez vraiment aucune idée d’où il pourrait être ?

— Non. D’habitude, quand il ne va pas bien ou qu’il se sent seul, il vient chez moi. Répondit Rachel.

— Au fait, ça fait longtemps que je voulais vous demander. Qu’est-ce qu’il est exactement ? C’est un faucon ou un humain ? Comment est-ce qu’il a obtenu le pouvoir de morph et la capacité de parler par la pensée ?

Rachel allait répondre, lorsque Tobias débarqua enfin dans la grange en se posant sur un chevron.

— <Vous êtes déjà là ? Tant mieux j’ai quelque chose d’important à vous dire. Quoi ?> Dit-il en voyant que nous le fixions tous des yeux.

Rachel prit la parole.

— Tobias, on a quelque chose de délicat à te dire, en fait (….)

— <Peu importe, transformez-vous, il faut qu’on parte tout de suite. Le fils de Ket a fait une fugue. Tout porte à croire qu’il erre quelque part dans la forêt. Il faut le retrouver avant qu’il ne tombe sur un humain ou un contrôleur>

Oubliant toute autre considération, tous commencèrent immédiatement à se transformèrent en oiseaux. Une fois leur transformation terminée, ils m’indiquèrent par la pensée l’emplacement de la forêt qui entourait la vallée où se cachait le petit groupe d’hork-bajir libre fondé par Jara Hamee et Ket Halpak. Je les regardai s’envoler en supposant qu’il expliquerait la situation à Tobias pendant leur vol.

Pendant ce temps, je rendis le contrôle à Tom et lui demanda de se rendre là où nous avions enfermé David. J’avais besoin de son corps pour pouvoir intervenir sans prendre le risque d’être surpris par un autre yeerk.

oOoOoOoOo

Nous avions passé le reste de la journée et dans mon cas une partie de la nuit à rechercher le bébé hork-bajir disparut. 3 d’entre nous à terre transformée en loup a essayé de retrouver son odeur et 3 autres dans les airs. Cependant, malgré tous nos efforts, il restait introuvable et nous n’avions pas la moindre piste. Ou plutôt malgré les efforts des autres.

Je pensais que ma perte de contrôle lors de ma première transformation était due à la difficulté de résister à l’instinct du chien. Je pensais que l’instinct de chasseur d’un oiseau de proie serait beaucoup plus familier et facile à maîtriser que la déferlante de bonheur et d’envie de jouer que ressentait un chien en permanence.

Et c’est vrai que c’était le cas. Cette fois, je n’ai pas oublié que j’étais un yeerk et non un aigle royal. Pour autant, je n’arrivais pas à me concentrer sur la traque du hork-bajir. À la place, sans que je ne m’en rende compte, je me mettais à chercher des lapins ou des rats. Régulièrement, je commençai à plonger en piqué sur une proie que j’avais repérée avant de me ressaisir.

Néanmoins, j’aurais sans doute mieux maîtrisé cette forme sans la présence de l’esprit de David. J’étais avec Tom depuis tellement longtemps que j’avais perdu l’habitude de contrôler un hôte involontaire. Ou alors c’est que David me déteste beaucoup plus que mes anciens hôtes. Quoi qu’il en soit, je n’avais jamais vécu une aussi mauvaise expérience avec un hôte. La première fois que je l’avais contrôlé ses principaux sentiments était une peur viscérale et un sentiment d’enfermement. Mais après plusieurs jours drogués, puis enfermé tout seul dans une cage, il ne ressentait plus qu’une haine sans commune mesure contre moi (et les autres animorph) qui étais la seule chose qui l’empêchait de plonger dans un désespoir sans fond. Il passait son temps à m’insulter et à essayer de me combattre. Bien sûr, il n’avait aucune chance de reprendre le contrôle, mais c’était extrêmement éprouvant (aussi bien physiquement qu’émotionnellement). Lorsque je reprendrais le contrôle de Tom, il faudra que je lui dise à quel point il est un hôte génial (quoique je ne sois pas sûr que ça lui face plaisir).

C’est avec soulagement que je quittai David ce soir-là, pour retourner dans le corps de Tom. Avant de le quitter par acquit de conscience je lui demandai s’il ne préférait pas que je continue à le posséder plutôt que de devoir retourner dans sa cage. Il me répondit par un flow d’injure et de menace de mort qui me fit perdre tout espoir d’améliorer nos relations. J’étais devenu le bouc émissaire pour tout ce qui n’allait pas dans sa vie (et la liste de ses problèmes était longue comme le bras). Quoi que je fasse, je ne pourrais jamais le convaincre de coopérer. Je n’avais rien qui l’intéressait suffisamment.

Je m’endormis bien avant Tom en lui faisant confiance pour diriger notre corps. Je me souvins juste avant de m’endormir que j’avais oublié de dire à Tobias ce que j’avais appris. J’espérais que les autres animorph avait eu plus de présence d’esprit que moi.

oOoOoOoOo

Le lendemain après-midi, je me précipitai pour prendre possession de David en urgence. Faute de piste pour retrouver l’enfant de Ket, Tobias avait apparemment passé un certain temps avec Rachel à espionner sa fausse cousine (ses deux la passaient beaucoup de temps ensemble). En tout cas, ils la suivirent jusqu’à une sorte de cirque au monstre qui se vantait d’avoir capturé un alien dans la forêt. Le pauvre hork-bajir y était enfermé dans une minuscule cage et exposé comme un animal pour soutirer quelques dollars à des touristes persuadées qu’il s’agissait d’un trucage.

Je me transformai en oiseau et décollai le plus vite possible afin de rejoindre les autres. Il fallait faire vite si nous voulions arriver avant les forces de Visser-12.

Malgré mes efforts, je fus le dernier arrivé. On m’informa rapidement du plan qui avait été mis en place. C’était assez basique. Jack allait rentrer avec Marco dans le zoo en se faisant passer pour deux gamins venus s’amuser. Pendant que Marco distrairait le gérant, Jack se faufilera dans le local technique pour couper le courant. Une fois, la lumière éteinte Rachel transformée en éléphant défoncera le mur donnant sur la cage du hork-bajir et fera diversion en libérant les autres animaux. Tobias prendra alors la forme de Ket et essayera de convaincre l’enfant de le suivre. Nous espérions que d’instinct, il obéirait à sa mère. Moi Cassie et axe, nous tiendrons à l’écart prés en renfort. Notamment, nous devions surveiller la route et la bloquée si nous voyons débarqué un convoi de camionnettes. En effet ce n’était qu’une question de temps avant que prévenue par la ‘tante’ de Tobias, Visser-12 n’envoie un groupe s’emparer du hork-bajir par la force.

Un rôle ennuyeux pour une mission simple. La patience n’avait jamais été mon fort. Pour me distraire, je demandai à Axe :

— Au fait de quelle espèce est Tobias ?

— <Les humains l’appellent faucon à queue rousse.>

— Non, mais ça, je le savais. Ce que je veux dire, c’est comment ça se fait qu’il pense comme un humain, a le pouvoir de morph des andalites et peut parler par la pensée. Et pourquoi Visser-12 recherche un humain nommé Tobias ?

— <C’est très simple. À la base c’était (….)>

Mais il fut interrompu par un cri paniqué de Rachel qui raisonna dans nos têtes :

— <L’endroit grouille de contrôleur, ils nous tirent dessus. On a besoin d’aide>

Immédiatement, je me transformais en un immense lion et sans même consulter les autres, je me mis à courir à toute vitesse, vers le bâtiment délabré que constituait ce zoo miteux, sans même faire attention aux humains paniqués qui s’en enfuyait. Pour une fois, l’instinct de l’animal que j’avais morphée voulait la même chose que moi : Tuer ceux qui osaient s’en prendre à ma meute. Par contre, dès que le sang commença à couler et les tirs de fusil dracon à fuser, les cris de haine de David se redevinrent des cris de peur. Peu importe, il n’était rien face à notre détermination à détruire tous ceux qui se dresseraient contre moi. Le lion n’était pas devenu le roi des prédateurs pour rien.

La confusion du début s’est vite dissipé et malgré leurs pertes les forces yeerks ont montré leur professionnalisme en se retranchant derrière une barricade improvisée d’où il nous arrosait. Leur but n’était clairement pas de nous vaincre, mais de nous ralentir en attendant les renforts. Après quelques essais infructueux pour s’enfuir qui s’était terminé par l’arrachage d’un des bas de Marco (heureusement transformé en gorilles à ce moment-là) nous dûmes nous résoudre à les affronter. Sous forme de divers animaux agressif, 6 d’entre nous foncèrent pour déloger les humains-contrôleurs de leur barricade, pendant que Tobias(sous sa forme hork-bajir) s’enfuirait avec l’enfant qui s’était immédiatement accroché à lui lorsqu’il avait reconnu sa mère. De toute manière avec son fardeau, il nous serait totalement inutile en combat.

Nous avançâmes durement, mais lorsque nous étions en morph, nous disposions d’un avantage écrasant sur notre adversaire qui justifiait amplement que j’abandonne mes chers rayons Dracon : nous n’avions pas besoin de prendre garde à ne pas être touché. Si nous étions blessés, il nous suffisait de reprendre notre forme d’origine pour guérir instantanément de toutes nos blessures (vous comprenez maintenant pourquoi les soldats yeerks détestent les andalites). Nous étions tous blessées à divers degrés, mais nous avions enfin percé l’obstacle et les premiers contrôleurs tentèrent de s’enfuir.

Nous avions presque gagné, lorsque les murs se mirent à trembler et qu’un cri mental de Tobias nous assaillit. Immédiatement, Jack nous ordonna (à Rachel et à moi) de foncer voir ce qui se passait, pendant que le reste de l’équipe resterait pour nous couvrir.

Nous fonçâmes vers l’entrée et vîmes un andalite adulte entouré d’une aura de méchanceté muté très rapidement. Pendant que son corps grandissait jusqu’à dépasser en taille l’éléphant de Rachel, sa tête se rétrécit et s'étira vers l'avant jusqu’à ressembler à celle d'un hippocampe. Son cou s'allongea. Deux ailes énormes poussèrent juste derrière sa tête. De son torse, s’échappa une cinquième, sixième, septième, huitième patte. Très vite, je reconnus un Kaftid, l’un des prédateurs les plus redoutables de la galaxie. Visser-12, le seul yeerk à avoir réussi à asservir un andalite venait d’arriver. Et à ses pieds se trouvait un hork-bajir agenouillé par terre qui priait Visser-12 de l’épargner. Un spectacle abject.

Je poussai un rugissement capable de faire trembler les murs à lui seul, ce qui détourna le visser de ce lâche de Tobias. Mais je ravisai mon jugement sur lui, lorsqu’à la seconde où Visser-12 lui eut tourné le dos, il lui trancha deux de ses huit pattes. Je me rendis alors compte que l’enfant était accroché à son ventre. Tobias le décrocha et lui ordonna de courir vers la forêt. Ensuite il se prépara à attaquer Visser-12 en tenaille avec nous. Je ne savais toujours pas si c’était un faucon ou un humain, mais une chose était sur : à défauts d’un guerrier, c’était un chasseur qui ne reculait devant rien pour acculer sa proie.

La suite me fit comprendre douloureusement que contrairement à nous Visser-12 ne comptait pas que sur ses pouvoirs de morph pour l’emporter. De l’un de ses tentacules, il saisit un rayon Dracon qu’il avait amené avec lui et le leva en direction de l’enfant de Ket qui n’avait pas encore eu le temps d’atteindre l’orée de la forêt. Comme au ralenti, je vis alors Tobias se positionner entre le rayon Dracon et l’enfant. Quelle andouille. Il était le seul d’entre nous que l’enfant écouterait. Une fois hors-jeu, comment le convaincre de nous obéir et d'éviter qu’il ne se fasse prendre ? J’utilisai toute l’agilité du lion pour bondir par-dessus la créature et poussé Tobias hors de la trajectoire. Puis tout devint noire.

oOoOoOoOo

— <Thevenin démorphe vite. Tes deux heures sont presque écoulées.>

— < Vous pensez qu’il va y arriver ? Il a perdu beaucoup de sang>

Je me réveillai avec difficulté. Je regardai autour de moi. J’étais au milieu d’une forêt en pleine nuit. L’endroit était incroyablement sombre, mais à la lueur de la lune, je distinguais des ombres menaçantes qui m’entouraient. Dans ma tête, se répétait invariablement le même mot avec 5 voix différentes : ‘Demorph’

Je ne voulais qu’une seule chose, c’est que les voix se taisent pour que je puisse mourir en paix. Je réunis ce qu’il me restait de force pour leur obéir malgré le mal de crâne qui m’assaillait. Je sentis, alors, mon corps commencer à changer. Mes griffes se rétractèrent jusqu’à disparaître. Mes os se réorganisèrent dans un cliquetis sinistre et petit à petit j’eus moins mal à la tête.

Mais ma douleur fut alors remplacée par une haine et un dégoût qui me convainquit presque d’annuler la métamoprhose. Heureusement, j’étais déjà suffisamment guéri pour penser clairement et comprendre que je devais aller jusqu’au bout.

Une fois que j’eus retrouvé forme humain, j’en palpai chaque centimètre carré à la recherche d’une blessure. J'étais indemne. 5 secondes, plus tôt, j’étais sur le point de mourir et maintenant j’étais en pleine forme. La technologie andalite est vraiment miraculeuse. Puis, je me souvins de la raison pour laquelle j’avais failli mourir et regardai mes compagnons. Il y avait un gorille, un andalite, un tigre, un grizzly et un loup. En un mot ils étaient tous là, sauf Tobias.

— Où est Tobias ?

— Il raccompagne l’enfant jusqu’à sa mère. Après que tu te sois évanoui Rachel et lui ont réussis à distraire suffisamment Visser-12 pour qu’ils puissent s’enfuir. Ensuite, Marco t’a saisi et on s’est enfuis à notre tour. M’expliqua Jack.

oOoOoOoOo

Le canon perdu dans le froid

Note de l’auteur : Ce tome est une réécriture du tome 24. Savoir à l’avance ce qui se passe dans ce tome n’apporte que du spoil, donc je n’en dirais pas plus.

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Nous étions tous les 7 réunis dans l’habituel lieu des réunions des animorphes : la grange de Cassie. Rachel assis dans l’un des rares endroits sans paille pour ne pas salir sa robe, Tobias sur un chevron de la grange a utilisé ses yeux d’aigle pour repère si quelqu’un approchait du bâtiment, Aximili sous sa forme humaine au cas où les parents de Cassie débarqueraient à l’improviste, Cassie elle-même en train de soigner l’un des nombreux animaux recueillis par ses parents. Et bien sûr Marco, Jack et moi qui venions d’arriver en voiture. Je m’assis un peu à l’écart et laissai le contrôle à Tom. Malgré les efforts récents qu’il faisait dans ce sens, je me sentais toujours un peu à part du reste du groupe.

Jack prit alors la parole :

— Si je vous ai demandé de venir, c’est parce qu’Erek nous a transmis de nouvelles informations.

— (Tom, tu peux lui demander qui est Erek ?)

— Excuse-moi, mais qui est Erek ?

— Ah oui, c’est vrai, tu n’es pas au courant. Erek est l’informateur dont je t’ai parlé chez les yeerks. C’est un (...)

Je repris le contrôle en urgence pour l’interrompre :

— Stop ! Moins j’en sais sur cet Erek, mieux c’est. Inutile d’exposer inutilement votre autre espion chez les yeerks.

— Non, tu es un membre de l’équipe maintenant, tu as le droit de savoir. De toute façon, si tu es démasqué, on ne tardera pas à l’être aussi. Une fois capturé le secret d’Erek n’en seras plus un. Répondit Jack

Pas un ne protesta. Je fus touché par cette marque de confiance et rendis le contrôle à Tom qui commençait à se demander, si je ne faisais pas exprès de trouver des excuses pour le lui reprendre. Même si c’était pour rester assis à ne rien faire, il aimait avoir le contrôle, alors que moi ça m’était totalement indifférent. Mais c’est vrai que contrairement à lui, j’avais à tout moment la possibilité de reprendre le contrôle par la force.

Catie, nous expliqua alors : Erek est un Che. C’est une race d’androïde extrêmement avancé créé il y a des milliers d’années par une race, aujourd’hui disparu, nommée les permalites. Leur corps leur permet de produire des hologrammes dont ils se servent depuis des milliers d’années pour passer inaperçus aux yeux des humains et maintenant des yeerk. (..)

Quand elle eut fini son explication Tom et moi, nous étions totalement estomaqués.

— Donc si je résume, ils veulent s’impliquer dans ce conflit pour protéger les chiens ? Résumais-je

Ils acquiescèrent et intérieurement, je fus plié de rire. J’étais bien contente de ne pas avoir le contrôle.

— (Ils s’en battent les couilles des humains, des andalite, de la liberté ou des ressources. La seule chose qui les intéresse, ce sont les chiens) M’exclamais-je entre deux hurlements de rire.

— (Ne te moque pas) Me reprocha Tom qui avait lui aussi bien du mal à garder son sérieux.

— (Je ne me moque pas. De toutes les raisons farfelues d’entrer en guerre, que j’ai entendue aux cours de ma vie, celle-là est sans doute la plus raisonnable. Enfin, façon de parler vu que leur programmation leur empêche de commettre n’importe quel acte de violence même pour se défendre. Enfin, c’est une chance pour les yeerks. Si ça n’avait pas été le cas, ils nous auraient facilement exterminé.)

Je me forçai à recentrer mon attention sur ce que disait Jack

— Erek n’a pas réussi à découvrir où se trouve cette base secrète. Par contre, il a réussi à découvrir sa nature. Il s’agit d’un chantier de construction d’un canon de défense orbital.

— <Si on les laisse construire ce canon alors la flotte Andalite n’aura plus aucune chance de débarquer>. Commenta calmement Aximili.

— Exact. C’est pour ça que les ches veulent nous aider à le détruire. Visser-12 va bientôt faire une visite du chantier. On en profitera pour s’incruster à bord de son vaisseau. Ainsi, il nous mènera directement sur les lieux. Une fois sur place, on fait comme d’habitude. On provoque le plus de dégât possible et on se casse avant qu’ils ne puissent réagir. Pendant ce temps, les ches nous remplacerons pour que personne ne remarque notre absence.

— Let’s do it. S’exclama Rachel.

— Les 3 mots que je déteste le plus. Commenta Marco.

Pour une raison que je ne compris pas, tous sourire à cette dernière réplique. Encore une fois, je me sentis mise à l’écart de ne pas comprendre la ref.

Par politesse, je demandai à Tom si je pouvais reprendre le contrôle le temps d’intervenir, mais ce que j’avais à dire était trop important pour que j’accepte un refus. Au fond, Tom n’était pas dupe, mais il était tellement avide de contrôle que je me forçais à jouer cette comédie. Il faudrait vraiment que je trouve quelque chose pour qu’il ait vraiment son mot à dire sur qui contrôlait son corps.

— Je suis contre cette mission.

Tous se tournèrent vers moi. Il y avait un brin de suspicions dans la plupart de leur regard. Surtout dans celui d’Aximili et de Rachel.

— Pourquoi cela ? Demanda Jack avec calme.

— J’ai tellement de raison que je ne sais pas par laquelle commencer. Déjà, c’est un risque parfaitement inutile. Visser-12 ne construit pas un canon orbital, mais plusieurs. Même si vous détruisez celui-là, cela ne changera pas grand-chose à nos défenses planétaires.

— <Comment peux-tu le savoir yeerk ?> Demanda Aximili.

— Parce qu’à cause de la courbure de la terre un seul canon ne servirait à rien. Au grand maximum un canon ne peut couvrir que la moitié du ciel. Si nous n’avions qu’un seul canon les andalites aurait une chance sur deux de parvenir à atterrir sur terre sans même se rendre compte de l’existence de ce canon. Et encore, je suis gentil. Dans la réalité étant donné la vitesse des vaisseaux mondes andalites, on parle plutôt de 9 chances sur dix d’arriver hors du porté du canon avant qu’il n’ait le temps de tirer. Si Visser-12 souhaite doter la planète d’une défense un minimum efficace, alors c’est au moins une dizaine de canons répartit partout, autour du globe qu’il doit construire en parallèle. En détruire un seul ne changera pas grand-chose.

— Même si ça un faible impact, il faut essayer. On doit faire tout ce qu’on peut pour faciliter le débarquement de la flotte andalite. Déclara Rachel

— L’autre raison, c’est que je ne veux pas faciliter le débarquement des andalites. Jera456 a réussi à réunir pas mal de yeerk et il commence à parler de renverser Visser-12. S’il y arrive alors ses canons seront un précieux atout pour convaincre les andalite de nous laisser tranquilles.

— Et si ce coup d’état réussit la seule chose qui retiendra les yeerks rebelle de nous asservir sera la crainte que dans le cas contraire les andalites interviennent. Plus les yeerks sont faibles mieux c'est pour les humains. Sans compter que si Jera456 échoue, les andalites redeviendront notre seul espoir d’être libérés.

— Ou d’être exterminé. Si on échoue il vaudrait mieux pour vous que les yeerks soient en capacité de repousser les andalites.

— <Cesse de raconter tes mensonges yeerk. Mon peuple n’est pas comme ça. Jamais nous n’exterminerions une race innocente juste pour affaiblir les yeerk >. S’offusqua Aximili.

— Ah oui ? Je pourrais te raconter pas mal d’histoire qui te feront changer d’avis sur ton peuple. Le défais-je.

— <Quand il est devenu évident que vous alliez prendre le contrôle de la planète natal des hork-bajir est ce qu’on les a exterminés avant notre départ ?> Argumentât Aximili

— Vous avez essayé, mais votre plan a échoué. C’est pour avoir pris le contrôle de votre QG de campagne avant que vous ne puissiez répandre le virus quantique que Visser-12 a obtenu sa première promotion. Répondis-je.

— <En fait, c’est la grand-mère de Jara Hamee qui a empêché le virus d’être répandu.> Déclara Tobias par la pensée.

Tous se tournèrent vers lui.

— <Le soir, avant de s’endormir, les hork-bajirs libres se racontent des histoires au coin du feu. Quand je me sens seul, je vais les écouter. La grand-mère de Jara Hamee était une soldate andalite tombé amoureux d’une voyante hork-bajir durant la guerre d’invasion de leur monde natal. > Expliqua Tobias

— Encore ! Non, mais vous avez inventé la technologie de morphe juste pour baiser avec toutes les espèces que vous rencontrez ou quoi ? M’exclamais-je en direction d’Aximili.

— (Perso, ça m’a toujours semblé suspect qu’ils ne portent pas de vêtement) Ricana Tom à l’intérieur de ma tête.

— (En fait ça, c’est le cas de la plupart des espèces de la galaxie. À ma connaissance, vous êtes les seuls êtres intelligents de la galaxie à avoir honte de leurs organes génitaux. Mais faut dire que les vôtres sont particulièrement laids). Lui répondis-je calmement.

— (Quoi !!!)

Aximilie allait répliquer quant d’autorité jacks nous arrêtât :

— Stop ! On n’a pas besoin d’une énième dispute entre vous deux.

— <Oui prince Jack>

— Ne m’appelle pas prince.

— <Oui prince Jack>

Cette réplique nous fit tous sourire. Je me rendis alors compte alors que cette fois, j’avais la ref. Peut-être que je m’intégrais dans leur groupe finalement. Tobias reprit alors son histoire :

— <Bref, lorsque la grand-mère mère de Jara Hamee a découvert que ses supérieurs prévoyaient de tuer tous les hork-bajirs, elle s’est rebellée et a dû finir sa vie dans le corps d’un hork-bajir. Néanmoins, ce ne sont pas les andalites qui ont voulu détruire les hork-bajir, mais un officier désespère et isolé du reste des andalites par la flotte yeerk. D’après Jara Hamee l’officier pensait qu’à son retour le gouvernement andalites le punirait pour ce génocide, mais qu’il s’en fichait, car c’était le seul moyen qu’il avait de sauver sa peau et celle de ses hommes. Enfin de ses andalites. Tout ça pour dire que les andalites font parfois des choses monstrueuses, mais se sont loin d’être les monstres que tu crois.>

Jack enchaîna :

— Quant à moi, je ne sais pas comment sont les andalites en général, mais le prince Galuit nous doit un service et il a l’air du genre à payer ses dettes. Je le vois mal laisser les andalites nous exterminer. Et on ne le laissera pas s’en prendre aux yeerk.

— À condition qu’ils acceptent de relâcher tous les humains qui le voudront. Spécifia Marco.

Je fus trop surpris pour répliquer autre chose que :

— Comment connaissez-vous le prince Galuit ? C’est un des princes andalites les plus influents et au dernier nouvel sa flotte est stationnée à des milliers d’années-lumière d’ici.

— C’est une longue histoire. Dit Cassie

— J’ai tout mon temps.

— Pas moi. Il faut que je sois rentré avant le début de mon cours de gym. Protesta Rachel.

— Et moi, il faut que je rentre chez moi avant 21 heures, au moins un soir par semaine ou quelqu’un va finir par se douter de quelque chose. Expliqua Marco

— <Et moi, il faut que j’aille chasser ce queue-rouge avant qu’il s’approprie mon territoire> Déclara Tobias par la pensée.

Cette dernière réponse me laissa incrédule. Décidément, il me surprenait beaucoup. Je repris la parole :

— Bon, je vous propose un compromis : On détruira le canon si le coup d’État échoue. De toute façon, on manque d’information pour le moment. On ne sait même pas où il est. Si ça se trouve le voyage durera plus de deux heures et on sera coincé à l’intérieur du vaisseau sans pouvoir se démorpher.

— C’est justement parce que l’on ne sait pas où sait qu’il faut profiter de cette occasion. Suivre le vaisseau du visser est notre seul moyen de découvrir l’emplacement de ce canon. Et il y a peu de chances qu’il nous prévienne la prochaine fois qu’il fera une tournée d’inspection. Contra Rachel

— Vous pourriez placer un mouchard sur son vaisseau. Je peux en voler un au QG yeerk si vous voulez.

— Let’s do it. S’exclama Marco.

Devant l’air interrogateur des autres, il rajouta :

— Quoi ? C’est la première fois que quelqu’un propose un plan où on a des chances raisonnables de rester en vie.

Finalement, mon plan fut adopté à l’unanimité et tout le monde rentra chez lui.

oOoOoOo

Une fois à la maison Tom me demanda :

— (Au fait, c’est quoi un voyant ?)

— (C’est le nom que les hork-bajir donnent aux membres de leur espèce qui sont porteurs d’une mutation génétique très rare, qui les rend aussi intelligents qu’un andalite ou un yeerk. Les scientifiques yeerks ont calculé que cette mutation a environ une chance sur cent milliard de se produire. Avant l’invasion yeerks, les religions hork-bajir, considéraient les voyants, comme des envoyés des dieux censés les guider à survivre à une catastrophe. La naissance d’un voyant était donc autant redoutée que célébrée chez les hork-bajirs.)

— (Et l’un d’entre eux et née juste au moment de l’invasion de leur planète natale par les yeerk)

— (Plusieurs en fait. Mais c’est juste une coïncidence rien de plus. Il faut vraiment être aussi stupide qu’un hork-bajir pour croire qu’il y a quoi que soit de réel derrière cette légende) lui répondis-je.

Révolution partie 1

Je pris une grande inspiration. Le moment était enfin venu. Je tentais de faire abstraction des cris de David qui alternativement hurlait que je lui rende sa liberté ou pleurait de peur face à ce que nous allions devoir affronter.

Faire subir cela à un enfant aussi jeune me brisait le cœur. Il était encore plus jeune que Tom lorsqu’il avait été infesté de force. À peine plus âgée que Timmy. Je pourrais comme les animorphs me raconter qu’il le méritait bien après avoir essayé de les tuer et d’abandonner l’humanité à son sort. J’aimerais être un humain pour être dégoutté par certains de ses penchants pour la cruauté.

Mais j’étais un yeerk et si je me battais, c’était précisément pour ne plus être obligé de me raconter des mensonges. Je désapprouvais bien entendu son attirance pour la violence, mais n’en éprouvais pas pour autant un dégoût qui m’aurait conduit à le mépriser. Et je ne pouvais pas en vouloir à cet enfant de tenir les animorphs pour responsable de la perte de ses parents et de sa vie. Je ne pouvais lui en vouloir de refuser d’être un soldat obéissant aux ordres de Jack. Grand visser sait que si j’avais pu, j’aurais fait le même choix.

Enfin, je ne pouvais pas me permettre ce genre d’état d’âme. Un soldat supplémentaire équipé de la technologie de morph andalite est un atout trop considérable pour être ignoré. Surtout quand l’équilibre des forces est à ce point à notre désavantage. Et si nous réussissions, il serait le dernier humain à vivre ce genre de chose.

Un bruit sourd se fit entendre. Notre navette venait de se connecter au vaisseau mère actuellement située en orbite de Jupiter pour servir de base aux ouvriers yeerks qui y construisait un énorme complexe industriel. Une fois qu’il sera terminé des réacteurs à fusion nucléaire gigantesque et des accélérateurs à particule convertiraient l’atmosphère de la géante gazeuse en capsule d’antimatière (le carburant de nos vaisseaux).

Notre plan était simple. Jera456 avait convaincu un petit groupe de soldats yeerks et le capitaine d’un vaisseau de transport qui ravitaillait régulièrement le vaisseau mère en eau potable de nous rejoindre. Grâce à la technologie de morph andalite, j’avais acquis l’ADN de l’hôte d’un yeerk haut placé. Moi et un petit groupe de soldats allions nous faire passer pour lui et son escorte en tournée d’inspection pour Visser-12. Au même moment les animorphs lanceraient une attaque sur la piscine yeerk, pour forcer Visser-12 à intervenir avec son vaisseau-hache.

Ça devrait l’occuper suffisamment pour qu’il ne prête pas attention aux demandes de confirmations des officiers du vaisseau mère. Une fois que notre petit groupe aura atteint le pont du vaisseau, pendant que les soldats me couvriront, je me transformerai en une créature capable de balayer les défenseurs et nous prendront le contrôle du vaisseau mère. En cas de problème, les troupes en attente dans le transporteur d’eau seront là pour nous couvrir. Une fois que nous aurons le contrôle du vaisseau mère nous en informerons tous les yeerks par tous les canaux possibles. Visser-12 sera obligé d’abandonner la partie pour reprendre le vaisseau mère, quitte à laisser fuir les animorphs.

Et dès qu’il sera assez haut dans l’atmosphère, la France lancera une attaque nucléaire sur le vaisseau-hache aidée par Tobias qui maintiendra en permanence un système de guidage laser accroché à ses pattes braquées sur le vaisseau. Cette planète à une gravité tellement forte que pour s’en extraire le vaisseau-hache doit réduire au minimum la puissance de ses boucliers (qui de base ne sont pas très puissant).

Ça devrait suffisamment endommager son vaisseau pour qu’il s’écrase et que les animorphs capture Visser-12. Une fois Visser-12 éliminée et le vaisseau mère sous notre contrôle, les yeerks présent sur terre n’auront pas d’autres choix que de nous obéir s’ils veulent manger.

Ensuite, Richac6487 et Jera456 dirigeront les yeerk en s’appuyant sur leur clientèle respective.

C’était un plan parfait. Et comme tous les plans parfaits, il ne se passa pas 3 secondes avant que nous ne devions le foutre à la poubelle. Bordel ! Qui aurait cru que juste à ce moment-là, Visser-12 se trouverait sur le vaisseau mère. Normalement, il n’y fout jamais les pieds. Je lançai un regard à Jera456. Malgré l’inexpressivité de l’hork-bajir qui lui servait temporairement d’hôtes, je vis son visage se décomposer. J’étais vraiment heureux que Timmy ne soit pas là, pour voir ce qui allait suivre.

oOoOoOoOo

À peine 30 minuter plus tard, j’avais l’impression d’être en enfer. Nous étions encerclés dans une coursive située au milieu du vaisseau mère. Les tirs fusaient de toutes les directions, les corps s’empilaient. Tout n’était plus que cris et confusion.

— Putain Jera456 qu’elles sont les ordres ? Lui hurlais-je.

C’était censé être lui le chef des opérations, mais depuis que les échanges de tir avaient commencé, il restait prostré en arrière, à trembler, sans dire un mot. Résultat tout le monde réagissait aléatoirement et de manière parfaitement inefficace. Et sa panique commençait à se transmettre. Foutu planqué ! J’allais encore devoir faire son travail à sa place.

— Vous deux tenez la position et faites-leur croire qu’on est encore dans ce couloir. Les autres avec moi. Ils vont sans doute essayer de nous contourner en passant par le couloir B-3 pour nous encercler. Nous allons les intercepter. Notre chance, c’est que Visser-12 est tellement persuadé d’avoir l’avantage qu’il nous veut vivants pour interrogatoire. Suivez-moi et je vous promets la victoire.

Je prononçai la dernière phrase en hurlant et pour appuyer mes propos, je me transformai en rhinocéros puis défonçai le mur derrière moi. Une fois de l’autre côté malgré la mauvaise vue du rhinocéros, je n’eus aucun mal à voir la cinquantaine d’hork-bajir qui comme je l’avais prévu tentait de nous contourner. Grâce à l’effet de surprise, je les écrasai sans difficulté.

Je repris forme humaine, poussai un cri de guerre en levant haut mon rayon Draco et fonçai vers l’avant. Que ce soit par conviction ou parce qu’il préférait être dans le seul couloir où il n’y avait plus d’ennemis, ils me suivirent.

oOoOoOoOo

Pendant ce temps-là, en France, Jacques Chirac se rongeait les sangs dans le bunker secret du palais de l’Élysée, entouré de tout son état-major (tous infestés par des yeerks bien entendu). Ils auraient dû lancer les premières frappes nucléaires, il y a une heure environ. Mais depuis l’arrimage de l’escouade de Jera456 au vaisseau mère c’était le silence radio. Qu’étaient-ils censés faire ? Au fond de lui, il le savait. Dans pareil cas, il fallait attendre d’avoir plus d’information pour agir. La patience était la meilleure arme du guerrier. Mais Richac6487 n’avait jamais été patient.

— Ordonner à nos forces de lancer l’assaut. Que les sous-marins émergent et que nos forces spéciales commencent à débarquer le long de la côte californienne. Que les chasseurs stationnés en Polynésie française décollent pour pouvoir les protéger des chasseurs bug. Notre cible est le QG yeerk.

— Sous-visser, les sous-officiers sont infestés, mais la plupart des soldats sont de simples humains.

— Et alors ?

— Alors il n’y a aucune chance qu’ils acceptent de lancer un assaut contre les USA tant qu’aucun vaisseau spatial ne sera visible.

— Dites-leur que c’est un exercice. Quand ils seront sous le feu ennemi, ils ne pourront plus reculer et seront forcés d’avancer.

— Vous êtes devenue fou ? C’est totalement hors de question. Raisonna avec autorité une voie qui n’appartenait à aucun de ses officiers.

Totalement médusé Richac6487 assista impuissant à l’entrée dans le bunker, de l’être qu’il détestait le plus de toute la galaxie : Lionel Jospin. Les autres yeerks remarquèrent surtout qu’il était escorté par une dizaine de gardes républicains dont seulement deux était infesté par des yeerks.

— Comment êtes-vous entré ? Hurlais-je.

— Jacques, vous avez laissé le même code qu’à l’époque de Tonton (Note de l’auteur : pour les plus jeunes, c’est un surnom qui était donné à Mitterrand.)

Suite à cette réponse Richac6487 eue le réflexe de baisser les yeux de honte, devant le regard de reproche de ses hommes. Puis il les releva. Il était le chef. En tant que chef, il s’occupait de la grande stratégie, mais c’était à eux de penser à ce genre de détail insignifiant. Dès que les humains seront partis, il les engueulera sévèrement pour cet oubli.

— En fait, c’est parfait. Tu arrives pile à l’heure pour que je puisse me venger de plusieurs années d’humiliation. Soldat, en tant que chef des armées, je vous ordonne d’exécuter cet insupportable binoclard.

Mais à part Lionel Jospin (qui s’avança lentement jusqu’à Chirac), personne ne bougea. .

— Jacques, voyons pas la peine d’en arriver là. J’ai compris dès la dissolution que toi non plus, tu n’avais jamais pu oublier cette soirée à Acapulco. Dès le début, j’ai compris que c’était un stratagème pour se rapprocher de moi. Mais le monde n’est pas prêt à nous accepter telle que nous sommes. Prononça Lionel d’une voix suave en tendant sa main dans le but évident de caresser la joue de Chirac.

Mais celui-ci, se recula.

— Mais arrête ! Pour la dernière fois, il n’y a aucun stratagème. JE TE DÉTESTE. Hurla Richac6487.

Devant les regards médusés de tous les individus présents (homme et yeerk), Lionel poursuivit :

— Tes paroles disent une chose et tes actes en disent une autre. Si vraiment, tu me détestais pourquoi as-tu tout fait pour que je devienne ton premier ministre ? Jacques renonce à cette folie et accepte que nous devions vivre notre amour en secret.

Pour toute réponse, Richac6487 ordonna paniqué à son chef d’état-major :

— Envoyez les bombes atomiques. Maintenant !

— Où Sous-visser ? Nous n’avons pas de cible. Répondit l’officier en se retenant à grande peine de rire.

— Où vous voulez, mais tirer.

Aussitôt, les gardes républicains reprirent leur esprit et levèrent leurs armes sur Chirac. Ses paroles avaient levé leurs derniers doutes sur la santé mentale de leur leader. Ils ne pouvaient laisser cette bande de vieux politiciens dépravé détruire la France qu’il avait jurée de protéger. Pas 7 ans avant leur départ en retraite.

— On se calme, messieurs. Je plaisantais voyons. Hein, que c’était une plaisanterie ? Rigolez bande d’imbéciles ! Se défendit Richac6487.

Mais seul le silence se fit entendre. Au bout de ce qui sembla être une éternité pour tous les participants, le plus jeune de ses assistants rassemblât suffisamment de courage pour proposer :

— Sous-visser, je pense qu’il faut tout leur dire.

Les autres approuvèrent et sans attendre les ordres de leur chef, ils commencèrent à expliquer qu’ils étaient en fait des parasites extraterrestres en rébellions contre un empire galactique qui tentait d’envahir la terre. Cette explication ne fit rien pour rassurer les soldats de la garde républicaine sur la santé mentale de leur état-major, jusqu’à ce que le seul yeerk qui avait un hôte volontaire décide de sortir de son hôte. Ça, plus le fait que deux de leur collègue en qui ils avaient une totale confiance avouèrent être des yeerks, les convainquirent que toute cette histoire à dormir debout était bien réelle.

Cependant, en bon français, ils réagirent à ce retournement de situation, par une longue engueulade sur la marche à suivre. Durant tout le temps que durât cette bataille plus aucun ordre ne sortit du bunker présidentiel. Au grand désespoir des animorphs qui ne comprenait pas pourquoi aucun renfort ne venait leur porter secours comme prévu. Heureusement, Jack ordonna la retraite suffisamment tôt pour qu’il puisse fuir sans trop de dommages. L’absence de Visser-12, les avaient aussi bien aidés à s’en sortir indemnes.

Malgré tout, c’est avec beaucoup d’amertume qu’ils firent le point sur la situation. L’opération était un échec total. Le QG yeerk, n’était pas sous leur contrôle et le vaisseau-hache n’avait pas été détruit. Thévenin789 allait devoir échapper à la totalité de la flotte yeerk et aux renforts que le QG ne tarderait pas à envoyer.

oOoOoOoOo

Nous avions réussi. Après des heures d’intense bataille, nous étions parvenus à atteindre le cœur du système de survie du vaisseau. Et avec pratiquement aucune perte de notre côté. Avec un peu de bricolage, nous avions modifié le niveau d’oxygène et de CO2 de toutes les autres parties du vaisseau à un niveau provoquant l’évanouissement de toutes les races asservies par les yeerks. Beaucoup d’hôtes humains allaient garder des séquelles à vie, mais il fallait bien un niveau de CO2 aussi élevé pour paralyser les hork-bajir. Je m’écroulai par terre épuisée.

CRIIIIIIII

— Qu’est-ce que c’était que ce bruit ? Dis-je à voix haute.

Comme pour me répondre l’instant d’après l’épais mur en acier se brisa, puis une créature composée de multiples tentacule en émergea (tuant une dizaine de mes hommes au passage). Visser-12 avait résisté. Je me relevai et rassemblai ce qui me restait d’énergie pour me transformer en la créature la plus puissante que j’avais fait acquérir à David : Une moufette.

— (David, je sais que tu me détestes, mais si tu veux survivre arrête de crier. Ta maman ne peut rien pour toi. Mais si on gagne, je te promets de tout faire pour la retrouver.)

oOoOoOoOo

Après un rude (et très malodorant) combat, Visser-12 gisait évanouis sur le sol, comme le reste de ses hommes. Nous avions gagné.

— Thévenin, Thévenin, Thévenin, Thévenin

À ma grande surprise, j’étais maintenant entouré de nos partisans qui sans me demander mon avis me portèrent en triomphe. Même mon hôte se joignit intérieurement à la foule. J’étais trop fatigué pour protester et les laissai me mener jusqu’à la salle de commande où nous devions annoncer aux yeerks restés sur terre, notre prise du pouvoir. Mais ce n’était pas à moi de le faire. C’était Jera456 notre chef. Je le cherchai des yeux et le vis au milieu de la foule. Il applaudissait avec les autres. Quand il vit que je le regardais, il s’approcha de moi et prononça à haute et intelligible voix afin que tout le monde entende :

— Je crois que votre moment de gloire est enfin arrivé mon visser.

Putain de fainéant. Comment faisait-il pour tout le temps se débrouiller pour que je fasse son travail à sa place ? Pensais-je

Je pris le micro et hésitai quelques secondes sur la marche à suivre. Je modifiai les paramètres de l’émetteur. Je vis Jera456 tenter de m’en empêcher, mais d’un geste de ma part les autres soldats l’arrêtèrent.

Je ne voulais pas m’adresser aux yeerks, mais également à l’ensemble de l’humanité. Et hors de question de le faire sous les traits d’un enfant réduit en esclavage. Le visage de l’empire serait désormais celui d’une symbiose avec un hôte consentant. Quoi que non. Nous ne sommes plus l’empire. Je pris l’apparence de Tom. Saisis le micro et commença à parler :

— Bonjour, je suis Thevenin789 du clan Arsirk et si je prends la parole en ce jour, c’est pour vous annoncer la création de la Seconde République yeerk.

Ce début de discours était destiné à rentrer dans l’histoire. Mais au bout de 15 minutes l’opérateur chargé des communications retira son casque en hurlant puis se massa les oreilles. Un brouillage extrêmement puissant venait de couper la transmission vers la terre.

Tous se dirigèrent vers lui pour savoir ce qui se passait. Mais avant qu’il ne puisse ouvrir la bouche nous eurent notre réponse. Devant la baie vitrée du pont du vaisseau mère, dans toute sa splendeur terrifiante, venait d’apparaître (accompagné d’une importante escorte) le vaisseau-hache : le vaisseau de guerre personnelle de Visser-12. Le seul vaisseau de l’empire capable de rivaliser en vitesse et en puissance de feu avec les vaisseaux andalites. Le vaisseau qui contenait en permanence un régiment de la garde personnelle du visser. Des soldats d’élites choisis par Visser-12 en personne pour leur compétence et leur loyauté fanatique envers l’empire.

Nous n’avions littéralement aucune chance.

Révolution partie 2

En voyant le vaisseau-hache apparaître, je pensai pour la première fois depuis longtemps à ce qui se passait sur terre.

J’avais naïvement pensé que la présence de Visser-12 sur le vaisseau mère n’avait fait que leur facilité la tâche. Qu’en apprenant que Visser-12 était en danger, le vaisseau-hache avait rapidement décollé pour lui porter secours et que comme prévu, il avait été abattu par l’armée française et les animorphs au moment où sa sortie de l’atmosphère le rendait vulnérable. Les capacités offensives impressionnantes du vaisseau de Visser-12 se payant par une défense extrêmement faible, il ne faisait pour moi aucun doute que ce serait une victoire facile. Privé d’un chef pour les commander et de soutien orbital, la prise du QG par les forces coalisées des animorphs, des Français et peut être des Américains aurait dû être difficile mais largement faisable.

Néanmoins, la présence de ce vaisseau me fit craindre le pire. Mais je n’avais pas le temps de m’inquiéter de ce qui était advenu des autres. Seules, nous n’avions aucune chance face au vaisseau-hache et déjà certain suppliait que l’on se rende. Il fallait que je rétablisse rapidement le calme. Que je trouve une lueur d’espoir. Ou nous allions perdre cette bataille avant qu’elle n'ait commencé.

— Soldat garde à vous. Tentais-je, mais le plus effronté de ma troupe rétorqua :

— Va te faire foutre espèce de cinglé.

Aussitôt, les autres enchaînèrent sans que je ne sache quoi faire pour les en empêcher. Avant aujourd’hui, je n’avais jamais commandé personne et les yeerks ne sont pas l’espèce la plus docile de la galaxie. J’observai impuissant les complaintes de mes soldats :

— On va tous crever.

— J’aurais dû laisser Jera456 me dénoncer.

— D’ailleurs, où il est ce traître ?

— Le connaissant dans une capsule de survie.

Un coup de semonce s’écrasa sur les boucliers du vaisseau mère et en fit trembler toute la structure au point que j’en trébuchai. En me relevant, je vis l’écran d’affichages des capteurs longues distances. Une idée me vint soudain.

— Moi, je ne reste pas une minute de plus dans ce vaisseau. Tous aux navettes. Si on décolle tous en même temps, ils ne pourront pas tous nous buter. Hurla un de mes hork-bajir.

— Si vous faites ça, vous mourrez tous. Votre seule chance de survie, c’est de rester ici. M’écriais-je.

— Ouvre les yeux Thévenin. Ce vaisseau n’est plus qu’un cercueil volant. Et tes talents au combat n’y changeront rien.

— Deux frégates viennent de décoller de la terre pour nous prêter main forte. Si nous le prenons en tenaille, nous avons une chance de le vaincre. Nous devons juste tenir le temps qu’elles arrivent.

— T’es dingue. Ils ne peuvent pas passer en espace zéros pour une aussi petite distance. Même en poussant leur moteur à fond, ils ne peuvent aller qu’à 99 % de la vitesse de la lumière. Ils mettront au moins une demi-heure à faire le trajet. On ne tiendra jamais aussi longtemps.

— Nous tiendrons des jours si nécessaires. Répliquais-je.

Sans perdre de temps, je me dirigeai vers la console de commande la plus proche et redirigeai toute la puissance vers les moteurs. Le vaisseau mère plongea dans les profondeurs de Jupiter. Les autres comprirent ou je voulais en venir et me prêtèrent main forte. Tous savaient que nos boucliers étaient bien plus puissants que ceux du vaisseau-hache. Nous pourrons nous enfoncer bien plus profondément que lui dans les entrailles de la géante gazeuse et y rester à l’abri aussi longtemps que nécessaire (son atmosphère épaisse diluant suffisamment les tirs des armes à énergie pour nous en protéger). Enfin ça, c’était la théorie. En pratique, je n’avais pas la moindre idée, d’à quelle profondeur, nous allions devoir aller pour que le vaisseau-hache abandonne la course, ni du niveau de remplissage des réservoirs en carburant. Mais surtout, je n’avais pas la moindre idée de si nous allions recevoir de l’aide depuis la terre. J’avais vraiment de la chance qu’aucun yeerks n’ait eu l’idée de vérifier mes dires. Ils auraient vu que j’avais menti et qu’aucun vaisseau n’était en route pour nous aider. David qui bien entendu savait tout de mon mensonge pleurait à chaudes larmes.

— Et la prochaine fois que je vous entends parler de retraite avant que je ne vous en donne l’ordre, je vous tuerais moi-même bande de lâches. Vociférais-je avant de me lever et de courir jusqu’à la salle des machines.

Il fallait que je trouve rapidement un moyen de saboter les capteurs longues distances. Je ne pouvais pas prendre le risque qu’ils découvrent la vérité, avant que l’on ne soit sorti d’affaire.

oOoOoOoOo

Richac6487 était de plus en plus à bout. À cause de ses imbéciles de primate, il allait terminer sa glorieuse carrière sur ce maudit caillou perdu au milieu de nulle part. Comment en était-il arrivé là ? Si seulement ses assistants avaient pensé à changer le code de ce bunker primitif. Si seulement ses singes étaient suffisamment évolués pour respecter la hiérarchie naturelle entre les races.

Il cherchait une solution, mais la seule qui lui venait était de tous les tuer. Mais si le plan de Jera456 se déroulait comme prévu, il aurait besoin d’eux. Quand il vit sur l’un des écrans de télé un adolescent humain entouré de hork-bajir. Il hurla de toute son autorité.

— Silence. Arrêtez vos disputes ridicules et montez le volume de l’écran numéros 4.

L’un de ses assistants monta le volume à fond et tous se turent :

— Bonjour, je suis Thevenin789 du clan Arsirk et si je prends la parole en ce jour, c’est pour vous annoncer la création de la Seconde République yeerk. Une république où les yeerks vivront en symbiose aussi bien avec leurs hôtes qu’avec le reste de la galaxie. Une nation née de la collaboration entre les rares résistants humain, andalite et yeerk. Malgré ses paroles réconfortantes, j’imagine que vous devez être aussi confus et apeuré que les humains. Ma longue expérience m’a appris que quelle que soit l’espèce à laquelle on appartient, il n’y avait rien de plus effrayant que l’inconnu. Je vais donc expliquer depuis le début les événements qui ont mené à la situation où nous nous trouvons. Je m’appelle Thevenin789 et je suis un yeerk. Un yeerk est un (...)

Qu’est-ce que c’est que ses salades, pensa Richac6487. Ce n’était pas du tout ce qui était convenu. Et qui était ce Thevenin789 ? Où était Jera456 ? Peu importe. Pour le moment le plus urgent était de reprendre le contrôle de la situation. Richac6487 reprit la parole.

— Vous voyez maintenant que je suis dans votre camp. Alors laissez-moi diriger les opérations.

— Qu’est-ce qui nous dit que ce n’est pas un stratagème pour nous asservir. Pourquoi est-ce qu’on croirait que vous êtes mieux que l’autre camp ? Moi, je dis que vous en avez rien à foutre de nous et que vous voulez juste nous utiliser comme chair à canon dans vos guerres puis asservir les survivant. S’exclama l’un des soldats humains.

— Ouais, t’as raison. On devrait tous les buter. Approuva son collègue le plus proche en levant son Famas de manière menaçante dans ma direction.

— Même si t’as raison, comment tu veux qu’on les batte ? Ce sont des extraterrestres. En plus, ils peuvent se faire passer pour n’importe lesquels d’entre nous et aux yeux de la population, on sera juste les cinglés qui ont buté le président. Moi, je dis qu’il faut négocier. Rétorqua un autre soldat.

— Traître !

— Idiot !

— Lâches !

S’insultèrent les soldats.

— SILENCE ! Je suis le premier ministre. Étant donné l’incapacité du président a exercé ses fonctions, c’est à moi de prendre le commandement des forces armées. Tentât de s’interposer Lionel Jospin.

— Ce n’est pas le président du Sénat qui le remplace, s’il est canné ? Demanda un soldat.

— Chirac n’est pas décédé. Juste temporairement indisponible. Contra Lionel.

— En ce qui me concerne ça vaudrait mieux pour lui qu’il soit mort. Répondit l’un des soldats.

— Je vous ordonne de cesser immédiatement ses actes d’insubordination. Dois-je vous rappeler votre serment ? Insista Lionel.

— On a prêté serment de défendre la France, pas de vous servir. Et qu’est-ce qui nous dit que vous n’êtes pas infectés vous aussi ?

— J’ai le comportement d’un infecté ? Pourquoi je vous aurais emmené ici pour arrêter Chirac après avoir lu le rapport du ministre de la Défense ?

— J’ai vérifié dans le manuel. C’est bien au président du Sénat de prendre le commandement. Les interrompit un autre soldat.

— Le président du Sénat est un proche de Chirac. Il est probablement déjà infecté. S’opposa Lionel Jospin.

— Et vous, vous n’êtes pas un de ses proches peut-être ? Ricana l’un des soldats. Hors de question que j’obéisse à une tarlouze.

— Vous trouvez vraiment que c’est le moment pour ce genre de considération ? Le sort de la France, non de l’humanité est en jeu. Soyons dignes de cet insigne honneur que nous fait l’histoire de prouver note valeur à la postérité. Déclara sur un ton grandiloquent le premier ministre.

— Gardez ça pour vos électeurs, lorsque vous devrez leur expliquer qu’ils vont devenir les esclaves de ses monstres. Rétorqua un soldat.

Pour la première fois, Lionel s’énerva :

— Je ne vous permets pas ! Moi et Chirac sommes les derniers d’une génération de politiciens ayant connu la guerre et la résistance. Nous connaissons le prix de la liberté et ce qu’il arrive à ceux qui refusent de le payer.

Après cela, Richac6487 cessa d’écouter cette dispute sans intérêt. La retransmission venait d’être coupée en plein milieu du discours de ce Thévenin et ça le préoccupait bien plus. Qu’est-ce qui se passait donc là-haut ? Heureusement, il avait pensé à faire installer dans le bunker des dispositifs de communications yeerk. Discrètement, il demanda à l’un de ses sous-fifres d’envoyer un message en direction du vaisseau mère pour demander des éclaircissements. Au bout de 5 longues minutes d’attente, il eut une réponse. L’hologramme d’un hork-bajir envahit la pièce. Il avait sur lui un air mauvais et sauvage que jamais un hork-bajir n’aurait arboré naturellement. Tout dans son expression disait qu’il était dangereux. Une voix aux accents autoritaires raisonna dans la pièce désormais silencieuse. Il s’exprimait en Galard (la langue galactique commune) mais les humains se turent comprenant que ce qui se jouait était important.

— Ici le sous-visser Bentrash158, assistant personnelle de Visser-12, capitaine du vaisseau-hache en son absence et commandant de sa garde personnelle. Les insurgés ont fui face à notre assaut, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’on les déloge de leur cachette et qu’il ne connaisse le courroux de l’empire. Malheureusement, visser 12 est encore entre leur main. En son absence, j’ordonne que tous les sous-visser se soumette à mon autorité.

— Ici le sous-visser Richac6487, commandant des troupes d’invasion d’Europe occidental, je suis soulagé de savoir que ses terroristes ont été stoppés. Pour le bien de l’empire, j’accepte avec joie de me soumettre à votre commandement. Puis-je avoir plus de détail sur la situation de Visser-12 ? Quand aurons-nous la joie de le revoir parmi nous ?

— Ça ne saurait tarder. Il y a environ deux heures les insurgés ont pris le contrôle des systèmes de survie du vaisseau mère et ont contraint tous ses occupants à l’évanouissement. Visser-12 se trouvait à bord. Il doit être prisonnier avec les autres membres d’équipages. Malheureusement, dès notre arrivée, ses lâches d’insurgé ont fui avec le vaisseau mère dans les basses couches de l’atmosphère jovienne. Nos boucliers ne nous permettent pas de les suivre pour tenter un débarquement et nous ne pouvons poursuivre nos tirs sous peine de détruire le vaisseau. Pour sauver le visser et faire payer ses traîtres, je n’ai d’autres choix que d’effectuer un long siège. Cependant les autres sous-visser se sont montré beaucoup moins raisonnable que vous et rejette ma légitime autorité. Je suis l’un des rares yeerks, au courant pour vos récents démêler avec Visser-12. Mais je suis sûr qu’il saura vous pardonner si vous m’aidez à mettre un terme à cette anarchie. Expliqua Bentrash158

— Nul besoin de me soudoyer. Mes récentes erreurs étaient dues à une méconnaissance coupable, mais compréhensible du grotesque système de gouvernement de ses animaux et non à un manque de loyauté envers l’empire. En ces temps troublés, je ferais mon devoir et le temps venu, j’accepterai de payer le prix pour mes erreurs.

— Content qu’au moins un sous-visser sache se montrer suffisamment raisonnable pour mettre son ego de côté pour le bien de l’empire. Contacter vos collègues d’Amérique du Nord et informé les que s’il refuse de se soumettre, ils devront faire face à nos deux troupes. Une fois, la paix rétablit concentrer les moyens sur l’étouffement de cette affaire. Il ne faut pas que les gouvernements humains se doutent de quoi que ce soit. Nous attendrons le retour de Visser-12 pour prendre d’autres décisions.

— Loin de moi l’idée de vous contredire, mais je pense qu’il y a certaines décisions qui ne sauraient attendre le retour de Visser-12. Si retour il y a. Après tout, malgré notre attachement à notre glorieux leader, nous savons tous que son dévouement envers l’empire était absolu. Il ne voudrait pas que l’on prenne le risque de laisser ses terroristes s’échapper pour qu’on lui sauve la vie. Objecta Richac6487.

— Qu’essayez-vous d’insinuer ?

— Je vais être plus claire : chaque respiration de ses rebelles est une insulte envers l’empire et notre hésitation à les détruire une marque de faiblesse. J’admire votre loyauté, mais en laissant votre attachement envers Visser-12 dicté vos actes, vous laissez une chance à cette rébellion de survivre et de se répandre au-delà du système. Il faut les écraser maintenant avec toute notre force. Croire que tous les rebelles étaient sur ce vaisseau est une erreur. Peu avant cette attaque le sous-visser Jera456 m’a rendu une de ses agréables visites dont il a le secret, durant lequel il a eu des propos disons ambigus. Sur le moment, je n’y ai pas fait attention, mais après cette rébellion, ils prennent un sens nouveau. Surtout que pour pouvoir accéder au vaisseau mère, il a automatiquement fallu à ses insurgés une complicité haut placée. Nous devons dès à présent ôter à ses traîtres toute espoir de victoire et commencer une grande purge des traîtres en commençant par les hommes de Jera456. Vous avez revendiqué le commandement et vous devez maintenant en assumer les conséquences. Vous connaissez suffisamment Visser-12 pour savoir que si les rôles avaient été inversés lui n’aurait pas hésité.

— Si je fais ce que vous demandez, je serai accusé de trahison et jeter dans une fosse du vaisseau impérial. S’inquiéta Bentrash158

— Au contraire, Visser-one vous récompensera pour avoir ramené l’ordre sur terre. Il pourrait même vous nommer visser et nouveau responsable de l’invasion secrète de la terre. Après tout, dès que nous aurons contraint les autres sous-visser à reconnaître votre autorité, vous le serez dés facto et l’empire ne peut se permettre de détourner des ressources du front pour venir vous contester ce titre.

— Vos paroles sont un doux venin qui me scierait de boire jusqu’à la lie. Une fois cette crise passée, il me plairait de continuer à recevoir vos bons conseils. Même si c’est un crève-cœur, je ferais ce qui est nécessaire. Pendant ce temps, je vous donne carte blanche pour rétablir l’ordre au sein des forces d’invasion. Mettez au pas les sous-visser rebelles puis commencer la purge. Si vous vous montrer suffisamment efficace peut être vous nommerais-je mon nouvel assistant. Et une fois que nous aurons réussis l’invasion, peut-être deviendrez-vous visser à votre tour.

— À vos ordres visser36. Répondit Richac6487 en insistant bien sur le titre avant de couper la communication.

Les événements tournaient mieux que bien. Avec la rapidité que conférait l’expérience, Richac6487 sortit de sa poche le pistolet à rayon Draco qui ne le quittait jamais (même dans son sommeil) et le pointât en direction de la tête de ce maudit binoclard qui défiait son autorité depuis des mois. Avant que quiconque ne puisse réagir, il fit feu et sa tête explosa dans une gerbe de sang étrangement satisfaisante. Ça faisait tellement longtemps qu’il attendait de pouvoir faire ça.

Aussitôt, les soldats humains firent feu, mais leurs balles s’écrasèrent sur le bouclier personnel qui entourait son fauteuil. Les autres yeerks dans la pièce eurent moins de chances. Il aurait bien entendu été possible d’équiper chacun d’un bouclier personnel, mais il tenait à ce que ses subordonnés sachent à tout moment qu’ils étaient à sa merci. Et de toute façon maintenant, il n’avait plus besoin d’eux. Pire, il faisait partie des rares yeerks à savoir qu’il avait fait partie de cette rébellion. Il ne pouvait pas se permettent qu’ils survivent. Un par un, il tua tous les hommes présents dans la pièce jusqu’à ce qu’il fût le seul débout. Il prit alors conscience de ce qui venait de se passer et commença alors un long rire. Encore une fois, il s’en était tiré. Mieux, son intelligence allait enfin être reconnue à sa juste valeur. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne double cet imbécile de Bentrash158 et ne devienne visser à son tour.

Puis il se tut. Il venait de voir un humain se traîner sous le bureau. Il pointa son fusil dans sa direction mais celui-ci, le supplia :

— Sous-visser, je sais que l’offre de Bentrash158 est séduisante, mais vous ne devriez pas l’accepter.

— Pourquoi cela ? Demanda Richac6487 curieux et amusé de la futile tentative de ce jeune yeerk d’échapper à son destin.

— Vous savez que mon hôte est un volontaire ?

— Oui et alors ? Demanda Richac6487 qui commençait déjà à s’impatienter.

— Alors il est devenu volontaire, lorsqu’il a appris qu’on allait se rebeller contre l’empire et mettre un terme à l’invasion. Beaucoup de vos officiers sont dans ce cas et ont fini par sympathiser ou du moins s’habituer au confort d’avoir un hôte volontaire. Sans compter la promesse de pouvoir enfin vivre en paix.

— Tu insinues qu’ils préféreront servir ses animaux plutôt que moi ?

— Une minorité mon sous-visser. Mais suffisante pour que vous ne puissiez étouffer votre participation à ce coup d’État. Le jour où il voudra vous dénoncer ou simplement vous faire chanter Bentrash158 n’aura aucune difficulté a trouvé des preuves. Si vous choisissez de lui obéir aujourd’hui, vous deviendrez son chien. Jusqu’à la fin de votre vie vous vivrez dans la crainte du jour où il n’aura plus besoin de vous. Vous devez essayer de contacter Jera456 et de vous coordonner pour tenter de renverser la situation. Rien n’est encore perdu. On peut encore gagner.

Jera456 en avait assez entendu. Il tira puis partit en sifflotant organiser l’arrestation de la clientèle de Jera456 et l’assassinat de ses officiers. Il avait l’effet de surprise de son côté. Il ne doutait pas de réussir à tous les tuer. Quant aux éventuelles survivant, il ferait en sorte qu’ils soient saisis d’effroi rien qu’en envisageant de parler.

oOoOoOoOo

6 heures plus tard, Richac6487 sirotait tranquillement un apéritif dans la navette qui l’emmènerait au QG yeerk.

Il avait du mal à se retenir de rire de nouveau. Devant la menace d’une attaque conjointe par ses forces et celle du vaisseau-hache, les sous–visser les plus faibles était rentré dans le rang puis cela avait fait boule de neige.

Sentant le vent tourner et voyant la taille de ses forces s’accroître de minute en minutes d’autre sous-visser les avaient spontanément rejoints. Ainsi, sans qu’il n’y ait besoin de la moindre effusion de sang tous les sous–visser se soumirent à son autorité. Même le sous-visser en charge du QG qui jusqu’à la fin avait continué de prétendre que c’était à lui de prendre le commandement en l’absence de Visser-12.

Richac6487 avait alors pu commencer la purge. Tous les hommes de Jera456 qui ne s’était pas suicidé avaient été arrêtés. Il avait fait donner l’ordre de les enfermés dans un bassin à part et de ne surtout pas leur adresser la parole tant qu’il ne serait pas arrivé. Ainsi il pourrait superviser personnellement les interrogatoires et accumuler les faux témoignages prouvant son absence totale d’implication dans cette puérile rébellion.

Cerise sur le gâteau, on avait rapidement pu trouver dans les fichiers du QG qui était ce Thevenin789. Se souvenant que Thevenin789 avait mentionné la complicité d’humain dans son discours, Richac6487 envoya immédiatement des soldats yeerks arrêter la famille de son hôte. Mais sur place, ils eurent à combattre les andalites qui réussir à tous les évacuer à temps Tous sauf, la mère de son hôte et le père de sa cousine Rachel que les yeerks purent intercepter alors qu’ils étaient encore à leur travail. Richac6487 avait ordonné à ce qu’ils soient infectés immédiatement. Il ne faisait aucun doute à ses yeux qu’ils collaboraient depuis des mois avec les andalites. Grâce à ses humains, Richac6487 pensait obtenir les informations qui lui permettraient de mettre la main sur les rebelles andalites. Ainsi, il serait connu dans tout l’empire comme celui qui a réussi, là où même Visser-12 avait échoué. Finalement, peut-être que s’est lui et non Bentrash158 qui serait le nouveau visser en charge de l’invasion de la terre.

Seul ombre au tableau, il n’avait pas eu de nouvelle depuis longtemps de Bentrash158.

oOoOoOoOo

Pendant ce temps en Californie

— Il faut qu’on aille sauver mon père. Cria Rachel.

— Non Rachel, c’est exactement ce qu’ils veulent qu’on fasse. Si on fonce sans réfléchir, on a aucune chance de s’en sortir. Tempéra son cousin Jack.

— Pardon, tu voudrais qu’on les abandonne, espèce de lâches. Répliqua Rachel.

— Je te signale qu’ils ont ma mère. Se défendit Jack.

— Ça te rend encore plus lâche.

— Calmez-vous tous les deux. Il est hors de question que l’on abandonne qui que ce soit. Mais Jacks à raison. Il nous faut un meilleur plan que juste foncer bêtement dans un piège. Tenta Cassie pour calmer Rachel. Elle comprenait totalement sa colère. Elle-même ne sait pas comment elle se sentirait, si ses parents n’étaient pas en sécurité dans la vallée où ils avaient caché les hork-bajirs (elle souhaitait bonne chance à Tom pour leur expliquer ce qui se passait). Mais ça ne les aiderait pas à trouver une solution.

— Maintenant, qu’ils sont sur leur garde, il nous faudrait une armée pour entrer dans le QG. Comment tu veux l’obtenir ? On va à la maison blanche et on lui demande gentiment de nous prêter un régiment ? Dit Tobias.

— Et pourquoi pas ? Demanda Marco.

— Pardon ? S’exclamèrent-ils tous en même temps.

— Si on n’a jamais fait ça, c’est parce que le risque était trop grand de tomber sur un contrôleur ou que ça déclenche une guerre ouverte avec les yeerks que l’on était sûr de perdre. Mais maintenant ce n’est qu’une question de temps avant que les yeerks ne découvre notre identité et qu’on soit capturé. Sans nous pour leur résister, l’invasion sera terminée bien avant que la flotte andalite n’arrive. Puisque de toute façon, on est condamné autant essayer ça. Si on meurt au moins, on mourra en se battant et en tentant de sauver nos proches. Expliqua Marco.

— Je rêve ou ce qui vient de sortir de la bouche de Marco a du sens. Déclara Rachel.

— Ta réplique, c’est : ‘Let’s do it’. Répliqua Marco.

— Ça, c’est ce que je dis quand quelqu’un propose un plan risqué. Là, c’est un plan suicidaire. Contra Rachel.

— Axe, tu n’es pas obligé de nous accompagner. Tu pourrais te cacher et attendre que la flotte andalite vienne te chercher. Les interrompit, Jack.

— <Je suis un Aristh, prince Jack. Il est hors de question que je vous abandonne juste avant la bataille.>

— Ne m’appelle pas prin.. Sur Leera, on avait convenu que j’étais ton prince jusqu’à ce que je te libère de mon commandement. Ce jour est venu. Tu as rempli ton devoir et tu es libre de rentrer chez toi.

— <Dans ce cas, j’irais en tant qu’amis.>

Les andalites n’ont pas de bouche, mais à ce moment-là tous eurent l'impression qu’il avait sourie. C’est en retenant leurs larmes que sous forme d’oiseau, ils se dirigèrent vers l’aéroport le plus proche pour ce qui serait sans doute leur dernière mission.

oOoOoOoOo

Après ce voyage interminable, la navette de Richac6487 atterrit enfin au cœur du QG de l’invasion yeerk. Dès son arrivée, il fut accueilli avec une froide déférence par Emlin1478 dans son hôte humain. Il était le sous-visser en charge du QG de l’invasion et de l’Amérique du Nord. Autrement dit le sous visser le plus puissant sur terre et le seul (avec Bentrash158) à travailler quotidiennement avec Visser-12. Derrière lui, Richac6487, vis 5 contrôleurs hork-bajir de sa garde personnelle. Une dizaine de ses propres hork-bajir se déployèrent autour de lui. La tension était palpable entre eux. Malgré ses serments Emlin1478 n’avait toujours pas digéré sa prise de pouvoir.

Tant mieux, pensa Richac6487. Le triomphe n’en serait que plus doux.

— Très cher Emlin1478, je tiens à vous féliciter pour votre excellent travail. Grâce à vous je pourrai bientôt me targuer d’avoir enfin mis un terme à la menace que faisait peser les andalite sur notre invasion.

— Merci pour ce compliment. Vous vous comportez déjà comme un visser. Quel dommage que les 36 places de visser soient toute déjà occupé. Sans cela, je soutiendrais votre candidature.

Après ses provocations voilées, les deux se fusillèrent du regard.

— Merci, cependant, je suis sûr qu’une occasion se présentera bientôt. Mais trêve de mondanité. Je souhaiterais commencer au plus tôt les interrogatoires.

— Certes. Veuillez me suivre. Déclara Emlin1478.

Avant qu’elle ne termine sa phrase Richac6487 eu l’impression de voir brièvement un sourire sur le visage de l’hôte d’Emlin1478. C’était si fugace que Richac6487 se demanda s’il n’avait pas rêvé. Mais dans le doute, il demanda à ses gardes contrôleur hork-bajir de le serrer de prés. Une chose qui rendait Emlin1478 heureuse, ne pouvait pas être bonne pour lui.

Il la suivit ainsi dans les profondeurs du QG en restant le plus possible sur ses gardes. Finalement, ils passèrent les sinistres portes de la prison pour yeerk. Dès que Richac6487 fit un pas à l’intérieur, les portes se refermèrent dans un bruit sinistre et des hauteurs de la prison surgir une vingtaine d’humains-contrôleur qui pointèrent sur lui des rayons dragon.

Richac6487 hurla :

— Alors comme ça vous faites partie des traîtres. Mais vous avez oublié un détail. À l’instant où ma mort se saura mes troupes fonceront sur ce lieu et vous tueront tous autant que vous êtes. Rendez-vous et peut-être que je saurais me montrer clément.

Depuis l’ombre qui se trouvait derrière Emlin1478, une voix que je ne pensais plus jamais entendre rugit alors dans l’esprit de tous les êtres présents :

— <Il n’y a qu’un seul traître ici. Déposer immédiatement vos armes, si vous ne voulez pas partager son sort>

J’étais terrorisé. Ce n’était pas possible et pourtant, il n’y avait qu’un seul être dans toute la galaxie qui pouvait projeter autant de cruauté d’une simple phrase. Un seul yeerk capable d’utiliser le langage pensé des andalites. Mes hommes eux n’avaient aucun doute. Ils abandonnèrent toutes leurs armes et s’agenouillèrent en demandant pitié. De l’ombre sortit alors un cheval bleu qui dégageait une inimitable aura de méchanceté et de violence, suivie de près par un enfant humain au visage tuméfié qui servait d’hôte principal à Jera456.

— Mon visser, quel plaisir de vous voir en vie. Bégaya en tremblant Richac6487, devant un Emlin1478 qui ne cachait plus son sourire.

— <Tu oses encore prétendre que tu m’es loyal. Tu es encore plus pathétique que je ne le pensais. Comment deux minables comme toi et Bentrash158 ont pu croire un seul instant qu’il pourrait me renverser, moi Visser-12, l’officier le plus auréolé de gloire de l’empire. Le seul à avoir réussi à asservir un andalite. Heureusement, il reste encore des yeerks loyaux comme Jera456. Pendant que vous intriguiez pour prendre ma place, lui s’est précipité au péril de sa vie dans le vaisseau mère pour me sauver. Il m’a libéré de la cage où ce salopard de Thévenin789 m’avait enfermé et ensemble nous avons repris le contrôle du vaisseau mère et exécuté ce traître de thevenin789. En me voyant vivant Bentrash158 c’est immédiatement rendu, conscient qu’il n’avait aucune chance face à moi. Mais tous les deux, vous apprendrez bien vite que je ne pardonne pas aussi facilement la déloyauté.>

— Mon visser, permettez-moi de supervisser moi-même son exécution. Intervint Emlin1478 avec une voix obséquieuse.

— Mon visser, ses crimes sont impardonnables, mais vous devriez réfléchir davantage avant de le tuer, il pourrait être avantageux de le garder en vie. N’oubliez pas que (…). Commença à plaider Jera456.

Mais il fut interrompu par un Richac6487 excédé par ce qu’il venait d’entendre :

— Jera456, cesse tes manipulations. Je préfère mourir comme un vrai yeerk que de devoir la vie à un être tel que toi. Quant à vous Visser-12, je vous souhaite un règne rapide, suivi d’une lente agonie.

— <Tu te comportes enfin comme un vrai yeerk. Dommage que ce ne soit trop tard>. Visser-12 désigna alors du doigt les gardes qui escortait Richac6487.<Prouvez-moi votre loyauté en exécutant ce traître>

— Mon visser, je dois réitérer ma demande de clémence. Préserver au moins l’hôte.

Mais avant même que Jera456 n’ait eu le temps de finir sa supplique, la tête de Richac6487 explosa dans une gerbe de sang tuant son yeerk sur le coup. Ses gardes étaient bien trop pressés de faire oublier à Visser-12 qu’ils avaient servi un traître pour attendre un improbable élan de pitié de Visser-12.

— <Bien. Maintenant, que les détails mineurs sont réglés, passons aux choses sérieuses. Emlin1478 allez me chercher ses humains liés au andalites et amenez-les le plus vite possible à la baie de décollage. Moi et Jera456, nous vous y attendrons>

— Comme d’habitude, j’obérais avec joie mon visser. Mais je tiens à réitérer mes objections. Le QG est un endroit sûr. Il est parfaitement inutile de les emmener sur votre vaisseau-hache.

— <Je ne doute pas de vous. Au point que je compte également vous emmener sur mon vaisseau. Mais après la trahison de Bentrash158, je suis obligé de me méfier de tout le monde. Tant que les enquêtes sur ce qui s’est passées ne sont pas terminés, je ne peux me fier qu’aux yeerks obéissant à Jera456. D’ailleurs avait vous finit de libérer ses yeerks et de leur confier la garde des générateurs de Kandrona.>

— Oui mon visser.

— <Parfait. Je comprends que vous puissiez prendre ma défiance comme un camouflet. Mais soyez assuré que vous serez récompensé pour votre obéissance>

— Je n’attends nulle récompense pour avoir fait mon devoir.

— <Cessez votre hypocrisie. De nos jours les yeerks exigent une récompense pour les gestes les plus insignifiants>

— Pardonnez-moi mon visser. Répondit Emlin1478 en baissant la tête.

Visser-12 lui tourna le dos sans prendre le temps de lui répondre. Il avait encore beaucoup à faire pour s’assurer d’avoir de nouveau un contrôle absolu sur la force d’invasion. Alors qu’il brûlait de remonter sur son vaisseau avec les otages humains, il dut régulièrement s’absenter dans ses quartiers privés en prétextant un problème de santé de son hôte andalites, quitte à ralentir grandement la suite des opérations.

Finalement, ce n’est que 8 heures plus tard qu’il put prendre une navette pour son vaisseau-hache avec à son bord Visser-12, Emlin1478, Jera456, la mère de Tom et le père de Rachel. En décollant, il vit au sol la totalité de la flotte d’invasion qui avait été exceptionnellement parquée au sol et mit sous la garde de yeerk fidèle à Jera456 (à l’exception du vaisseau mère et du vaisseau-hache qui resterait stationnée en orbite).

Dans un bruit sourd, la navette se connecta au sas su vaisseau-hache et la porte s’ouvrit. Mais dès qu’ils furent tous sortis de la navette, le hangar se verrouilla et ils furent tous les 5 encerclés par des hork-bajirs contrôleurs qui les menaçait de leur rayon Draco.

— Que signifie ceci ? S’exclama avec colère Emlin1478.

À sa grande surprise Jera456 et visser 12 avancèrent vers les hork-bajir sans la moindre once de peur.

— <Tous les 3 sortez de vos hôtes immédiatement. Collaborez et je vous promets qu’une fois la transition terminée vous serez libérés et qu’un poste conforme à votre rang vous sera proposé. Résister et nous serons sans pitié.> Raisonna en parole pensée dans leur tête avec une douceur que visser22 n’avait jamais employée.

Devant leurs yeux, se déroula un spectacle aussi horrible qu’effrayant. Visser-12 commença à morpher jusqu’à prendre l’apparence d’un enfant de 10 ans puis très vite vers une autre forme beaucoup plus familière à Emlin1478. Devant ses yeux, se tenait Thevenin789, le chef de la rébellion.

Révolution partie 3

Rappel du canon : À la fin, ce chapitre fait référence au tome 14 ou les animorphs font la course avec visser-3 pour découvrir et s’emparer d’un objet andalites qui s’est écrasé sur terre dans les années 50 et que les humains ont caché dans la zone 51. Dans le tome original, ils disent la zone 91, mais c’est évident que le tome fait référence à la légende de Roswell et à la zone 51. Au passage je vous préviens que dans ce chapitre, je spoil la fin du tome 14.

oOoOoOoOo

Je n’arrivais pas à croire que le plan de Jera456 avait marché. S’il fallait lui reconnaître une chose, c’est qu’il était doué en intrigue et en manipulation. Sans lui, je n’aurais jamais réussi à me faire passer pour Visser-12. J’aurais encore moins su qu’elle yeerk contacter et quoi lui dire pour reprendre le contrôle de la situation.

Je fis un geste à deux de mes gardes. Immédiatement ils s’approchèrent des hôtes de nos ennemis et tendirent vers leur oreille une gourde remplie d’eau. Emlin1478 tourna la tête de son hôte et m’adressa un regard de pure haine.

— Savoure bien ton triomphe, il sera de courte durée. Tu apprendras bien vite qu’il n’existe dans la galaxie nul ténèbres suffisamment grande pour cacher un yeerk de la colère de l’empire.

Puis son hôte perdit tout expression et un ver géant sortit de son oreille pour atterrir dans l’eau de la gourde. Son hôte fit alors quelque pas vers l’avant en titubant avant de s’écrouler sans vie comme une marionnette à qui on aurait coupé les filles. Il fallait s’y attendre. Cela faisait 4 ans qu’Emlin1478 l’utilisait. Il ne restait plus grand-chose à sauver de cet ex-cadre de direction de Lockheed Martin.

Par la pensée, je demandai à un garde d’emmener l’hôte et la gourde contenant Emlin1478 en lieu sûr. Les yeerks qui contrôlaient la mère de Tom et le père de Rachel sortirent docilement de leurs hôtes sans un mot. Il attendait probablement de savoir comment évoluerait la situation avant de décider à quels camps, ils jureraient loyauté. Je ne pouvais leur en vouloir. À leur place, j’aurais sans doute adopté la même attitude prudente. Quelles que soient leurs aspirations, pour les yeerks de bas rang, la survie est une chose trop précaire pour la compromettre par quelques élans idéologiquement motivés. De toute façon, ce n’était pas vers eux qu’étaient tournées mes pensées.

Dès qu’ils furent libérés les deux humains courir vers le sas en criant puis martelèrent les boutons d’ouverture. Par la pensée, j’ordonnai aux autres yeerks de me laisser.

— Vous êtes sûr mon visser ?

— <Ne m’appelez pas visser.> Mince, c’est ça que Jack ressent qu’en Aximili l’appelle prince, je poussai un soupir et repris : <Ce ne sont que des humains. Je saurais me débrouiller >

Tous partir précipitamment sauf Jera456.

— <Ça te concerne toi aussi>

— Non, j’ai de trois choses à te dire en privé qui ne saurait attendre bien longtemps. Et ses humains ne sont pas les seuls à avoir besoin de ton attention.

— <Qu’est-ce que tu veux dire ?>

— Mon hôte essaye de me le cacher, mais il a beaucoup de mal à se remettre de ce que les hôtes involontaires lui ont fait. Il a besoin de toi.

Je repensai alors à l’état dans lequel on avait retrouvé Timmy. Dès notre atterrissage sur terre Jera456 avait demandé où était son hôte principal. On l’avait alors mené vers les cages des hôtes involontaires. Conformément aux ordres de Richac4687 des soldats yeerks avait envahis le manoir Welington et capturé tous ceux qui s’y trouvaient. Timmy avait alors été amené au QG et mis dans la même cage que les hôtes involontaires en attendant qu’on lui trouve un autre yeerk. Richac4687 comptait sur la haine entre hôtes involontaires et volontaire pour faire disparaître ce témoin gênant de son double jeu. Pour la énième fois, je me demandai pourquoi diable est ce qu’il avait été décidé d’empiler les cages surpeuplées des hôtes involontaire à portée de vue des quartiers luxueux où les hôtes volontaires se reposait en attendant que leur yeerk ai fini de se nourrir. Peut-être pour convaincre les premiers de davantage coopérer et rappeler au second ce qu’il risquait en cas de trahison.

En tout cas, le moins qu’on puisse dire, c’est que Richac4687 ne s’était pas trompé de beaucoup. Cette expérience n’allait pas aider Timmy à avoir une meilleure opinion de son espèce et par extension de lui-même. Dès qu’on l’avait découvert couvert de bleu et empestant une odeur indéfinissable, j’avais eu envie de le prendre dans mes bras. Mais si je voulais survivre suffisamment longtemps pour pouvoir le consoler, je devais continuer à jouer le rôle de l’impitoyable Visser-12.

Je me penchai et pris Timmy dans mes bras, en essayant d’ignorer les railleries de David sur mon hypocrisie d’avoir pitié d’un hôte volontaire comme Timmy (qui avait activement aidé les yeerks à conquérir la terre) mais de n’éprouver que du mépris pour lui qui avait juste essaye d’échapper à cette guerre où on l’a traîné de force.

J’avais bien essayé de lui expliquer que je ne le méprisais en rien. Que la manière (assez ignoble) dont je le traitais était dû à la nécessité et non à une quelconque haine de ma part. Mais il refusait de m’écouter. Tout ce qu’il voulait, c’est me montrer à quel point il me détestait. Quelques secondes, plus tard, Timmy, libéré du contrôle de Jera456, se mit à doucement pleuré pendant que je le serrais, aussi fort que je pouvais en prononçant des paroles réconfortantes. Au bout de quelques minutes, il se calma et resta silencieux sans toutefois exprimer la moindre envie que je le lâche. Je me levai et me dirigeai calmement vers les deux autres humains qui avaient finalement compris qu’il n’y avait aucune issue et s’était rassemblé l’un à côté de l’autre avec des barres de fer, visiblement déterminer à vendre chèrement leur vie.

— Calme-toi maman. Pardon, je veux dire Jean.

— N’approchez pas saloperie !

— Calmez-vous, je ne vais pas vous faire du mal. Plus aucun yeerk ne vous infectera. Du moins pas sans votre accord. Vous avez ma parole. Ai-je l’air sur le point de vous attaquer ?

Après un regard à l’enfant dans mes bras, les deux humains baissèrent leurs futiles armes de fortunes (mais ne les abandonnèrent pas pour autant)

— Qui êtes-vous ? Pourquoi avez-vous pris l’apparence de mon fils ? Où est-il ? Si vous avez touché à un seul de ses cheveux.

— C’est une longue histoire. Mais pour faire simple depuis environ six mois, je suis le yeerk de votre fils. Normalement, il se trouve sur terre quelque part en sécurité avec le reste de votre famille. Sans aucun yeerk dans la tête. Précisais-je devant son visage tendu.

Mais cela ne fit que vaguement l’apaiser. Apprendre que son fils avait vécu l’enfer pendant six mois, sans qu’elle ne se rende compte de rien, semblait lui avoir fait un choc. Ce fut à Dan de reprendre la parole.

— Et mes filles, elles vont bien ?

— Pour autant que je sache oui. Jack a réussi à les mettre à l’abri des yeerks avant qu’il ne puisse les capturer. Mais nous devons nous dépêcher. Les connaissant ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne se lance dans une opération suicide pour vous sauver. En fait, je suis extrêmement surpris qu’il n’ait pas déjà tenté quelque chose.

— Espèce de monstre, pourquoi est-ce qu’on devrait vous faire confiance ? Et que vient faire Jack dans cette histoire ? Demanda Jean Berenson.

— Lui, Rachel, Marco, Cassie ont accidentellement découvert l’existence des yeerks et la situation de Tom, il y a environ un an. Depuis, ils se battent en secret pour essayer de ralentir l’invasion et libérer leurs proches prisonniers des yeerks.

Devant leur mine incrédule, je rajoutai :

— Je sais que ça fait beaucoup à assimiler en très peu de temps. Et encore vous ne connaissez même pas la moitié de l’histoire. Mais vous devez me faire confiance. De toute manière, vous n’avez pas le choix. Du moins si votre objectif est de retrouver un jour votre liberté et vos enfants en vie. Pensez-vous vraiment pouvoir vous emparer de ce vaisseau avec deux barres de fer ? D’ailleurs où est ce que vous avez trouvé ça ? Laissez tomber ça n’a aucune espèce d’importance et le temps nous est précieux. Je recommence depuis le début, je suis Thevenin789 et même si c’est la première fois que vous entendez ce nom, je vous fréquente en secret depuis des mois. J’appartiens à une espèce de parasite qui essaye de conquérir la terre pour utiliser les humains dans une guerre qui les oppose depuis plus d’un siècle à une autre espèce nommée les andalites. Mais moi et le groupe dont je suis récemment devenue le chef s’oppose à la guerre et à l’invasion de la terre (…)

Avant que je ne puisse continuer Timmy sauta de mes bras et arbora une expression sérieuse qui ne pouvait provenir que de Jera456.

— Ça justement, il va falloir qu’on en reparle. Au cas où, tu l'as oublié, ce sont mes hommes et non les tient qui contrôle les points névralgiques de cette colonie.

— Je croyais que tu étais d’accord pour me laisser le commandement.

— Tu es idiot ou tu le fais exprès ? La seule raison pour laquelle j’ai validé ta prise de pouvoir, c’est parce que je ne pouvais rien faire pour m’opposer à une foule fanatisée par les combats. Mais tu n’as pas mis 5 secondes pour me prouver ton incompétence crasse. Qu’est-ce qui t’as pris de te lancer ce petit discours, avant qu’on ne se soit assuré de ce qui était arrivé aux autres ? Et tu l’as diffusé aux humains en plus ! Dit Jera456 avec colère.

— Oui bon excuse-moi, j’ai cru que je pouvais te faire confiance quand tu disais t’être assuré de l’obéissance de Richac4687. S’il ne nous avait pas trahi et avait attaqué le QG et le vaisseau-hache comme prévu rien de tout cela ne serait arrivé

— L’un de ses assistants travaillait pour moi. S’il avait prévu de nous trahir, j’aurais été prévenue. Quelque chose à dû l’empêcher de lancer l’attaque comme prévu. Et tu n’avais pas besoin de le tuer.

— Il nous a trahis et à tuer, je ne sais combien de tes yeerks. M’exclamais-je.

— Le tuer ne les ramènera pas, mais l’épargner aurait pu en sauver beaucoup d’autres. En nous voyant victorieux, il se serait rallié à nous et ses hommes n’auraient pas été de trop pour assurer une transition pacifique. Je n’ai pas fait tout ça pour abandonner le pouvoir à un autre Visser-12.

— Oh arrête. Quoi que tu en dises tu étais trop content de m’abandonner le pouvoir pour aller enfiler les nouvelles conquêtes ou pour t’adonner à je ne sais quel loisir décadent.

— Je suis peut-être un lâche, mais quelle que soit ma peur, je n’ai jamais fui face à mes responsabilités. Contrairement à toi je n’ai pas fait tout ça pour ses putains de primate à la con. Ma seule préoccupation a toujours été de protéger mes subalternes. Je ne me suis lancé dans cette folle révolution que parce que j’en avais marre d’envoyer mes hommes à la mort dans des combats insensés. Cria presque Jera456.

— Arrête, tu es comme Richac6487. Tu m’as soutenue uniquement parce que c’était dans ton intérêt. Si tu avais pu, tu m’aurais trahi. D’ailleurs qu’est-ce que tu faisais dans la salle des machines du vaisseau mère lorsque je t’ai trouvé ?

— Et toi tu vas me dire que c’est un hasard si tu sortais de la salle des capteurs juste avant qu’il ne tombe en panne ? D’ailleurs grande idée que de saboter notre propre vaisseau. Heureusement que tu n’es pas censé être le plus doué de nous deux en stratégie militaire. Lança-t-il avec sarcasme.

Nous commençâmes une bataille de regard que je rompis en avouant :

— Je voulais aussi épargner Richac6487, mais après sa déclaration, je ne pouvais pas le laisser en vie sans que les autres yeerks comprennent que j’étais un imposteur.

— Tu avais un million de façons de t’en sortir.

— Je ne suis pas comme toi. Je ne suis pas un beau parleur qui sait toujours quoi dire pour obtenir ce qu’il veut. De toute façon, si tu y tiens tant je veux bien te laisser le pouvoir.

— Ça ne marche pas comme ça. C’est à toi et à personne d’autre que les hommes obéissent désormais. Et puis franchement Thévenin789. Si c’était la seule chose qui m’intéressait, j’aurai juste eu à te dénoncer à Visser-12. Si je lui avais amené la tête des andalites sur un plateau, il m’aurait pardonnée n’importe laquelle de mes erreurs. Et une fois l’invasion terminée, je serais devenue visser. Tu te souviens de ce jour où tu m’as proposé cette alliance insensée ? Tu as dit que je me vautrais dans le luxe pour oublier ma culpabilité envers nos hôtes. Je n’ai jamais ressenti aucun regret pour les espèces primitives que l’empire asservissait ou exterminait. La plupart nous auraient fait la même chose, si elle l’avait pu. Et les humains sont les pires de toutes celles que j'ai rencontrées. Par contre chaque jour, je repense aux centaines de milliers de yeerks que j’ai laissé mourir, voir que j’ai sciemment envoyé à une mort certaine. Écoute puisque tu tiens temps à ses gorilles assoiffés de sang, je veux bien qu’on tente d’essayer de coexister pacifiquement. Mais à partir de maintenant, on fait comme je l’avais prévu. On annonce notre prise de pouvoirs à chaque sous-visser individuellement, puis on contacte les autorités terriennes en secret via les contrôleurs présents dans leur entourage. Ensuite, seulement, on annonce notre présence à la population humaine. Tout ce que tu vas gagner à vouloir aller trop vite, c’est de déclencher une panique ou une nouvelle guerre.

— Je ne sais pas. Il faut qu’on aille vite si on veut être prêt à repousser l’empire ou les andalites.

— La flotte impériale la plus proche mettra au moins une semaine à parcourir la distance la séparant de la Terre. Quant aux andalites, je croyais qu’ils étaient de notre côté ?

J’éludai sa dernière question et répondis simplement :

— Une semaine, ça me semble bien court pour nous préparer à les repousser. Nous n’avons pas de temps à perdre.

— Une semaine, c’est le délai le plus court possible. Mais je connais mieux que toi les rouages de l’administration impériale et les contraintes logistiques d’une flotte de guerre. En réalité, je pense que nous avons au moins deux mois devant nous.

— Bon très bien, je te fais confiance. Nous ferons à ta façon. Mais n’oublie pas dans ton plan, qu’il faut aussi prévenir les animorphs avant qu’il ne lance une nouvelle attaque sur le QG.

— Qui sont les animorphs ? Demanda Jera456.

— Heu. Comment dire. Tu sais les bandits andalites ?

— Oui, d’ailleurs, il va falloir qu’on les contacte rapidement avant qu’il ne lance une attaque sur le (….) Attends c’est (…) Les humains dont tu as parlé ? Si on rajoute Aximilie(..).

J’allais lui confirmer que le commando andalite n’a jamais existé, lorsqu’une alarme se déclencha. Nous nous précipitâmes sur le pont sans faire davantage attention aux deux humains derrière nous qui avaient assisté incrédules à notre dispute. Aussitôt le yeerk que j’avais nommé capitaine du vaisseau m’interpela.

— visser, l’armée américaine a lancé une grande offensive contre le QG.

Je renonçai à lui rappeler de ne pas m’appeler visser et me pris la tête dans les mains. Cette journée n’allait donc jamais finir.

oOoOoOoOo

Pendant ce temps-là, George Bush se préparait à donner le discours le plus important de sa carrière. Pour la première fois, depuis qu’il était devenu président des USA, il avait peur. Mais dans quelques secondes la camera s’allumerait et il devrait faire comme s’il maîtrisait parfaitement la situation. En temps de crise, si le capitaine tremblait, alors la population paniquerait. Si le commandant doutait alors les hommes désobéiraient et l’anarchie s’installerait. Du moins, c’est ce en quoi George Bush croyait depuis son passage dans l’armée.

Pour se donner du courage, il se dit que dans ce bunker secret situé à 50 mètres de profondeur rien ne pourrait l’atteindre. Il s’assit dans la réplique du bureau ovale qui y avait été construit durant la guerre froide pour donner l’illusion que leurs gouvernements n’avaient pas fuie se mettre à l’abri (ce subterfuge était autant destiné à tromper les Américains que les Soviétiques).

La retransmission commença.

— Mes chères compatriotes, si je m’adresse à vous en ce jour, c’est pour vous annoncer la plus terrible des nouvelles. Contrairement à ce que nous pensions il y à une heure encore, le message qui a parasité nos ondes ce matin n’avait rien d’un canular. Notre nation, non notre planète entière est envahie par ce que je ne peux décrie autrement que des aliens belliqueux. Cela semble totalement insensé et pourtant, c’est l’entière vérité. Mr Aximili-Esgarrouth-Isthill, pourriez-vous vous présenter à la caméra.

Quelques secondes plus tard un immense centaure bleu sans bouche avec des antennes sur la tête munie d’œil sur leur sommet rentra dans le champ de la caméra et s’immobilisa derrière le président. Comme le lui avait demandé les conseillers en communication du président, il prit bien garde à ce que l’on ne voit pas sa queue (et surtout l’immense lame qui s’y trouvait).

Malgré son apparence imposante Mr Aximili n’est en fait qu’un enfant dont la navette s’est écrasé sur terre après que nos ennemis, les yeerks aient détruit le vaisseau dans lequel il voyageait. Traqué depuis lors par nos ennemies, il n’a eu de cesse que d’essayer de trouver des alliés humains pour l’aider à repousser les yeerks. Comme vous l’avez compris, nous avons affaire à un ennemi redoutable. Trop sans doute pour que nous puissions le vaincre seul. Mais justement, nous ne sommes pas seuls. Le peuple de monsieur Aximili va envoyer une flotte pour le sauver et venger la mort de ses trop nombreuses vies injustement fauchées par ses êtres immondes que sont les yeerks. En attendant, M. Aximili, nous fournira autant de technologie et de renseignements que son jeune âge le permettra. En fait, il a déjà commencé il y a six mois de cela. Et ce n’est pas notre seul avantage.

La vidéo transmise plus tôt dans la journée est la conséquence d’une tentative de coup d’État avorté du gouvernement corrompu et incompétent de nos adversaires. Il y a quelques minutes, nous avons profité du chaos politique qui règne actuellement chez nos adversaires yeerks pour lancer une grande offensive contre leur principale base située sur la côte californienne. Privé de cette base essentielle pour leur ravitaillement en nourriture, ils seront obligés d’abandonner le continent nord-américain. Pour le moment, l’offensive se passe bien. Nos tirs sont arrêtés par une sorte de barrière énergétique qui protège la base. Cependant, ils se sont pour le moment révélés totalement incapables de nous repousser ou même de nous faire subir des dommages importants. Avec l’aide de dieu, j’ai foi que cette bataille nous apportera la victoire. Néanmoins comme tous les moments difficiles, il impose des mesures difficiles. À partir de maintenant, je décrète la loi martiale et la mobilisation de tous les réservistes. Dans les prochains jours, tous les citoyens âgés de 18 à 35 ans seront appelés à rejoindre le corps le plus proche de la garde nationale pour y subir (...)

Mais il fut subitement interrompu dans son discours par l’un de ses plus proches conseiller qui eut l’outrecuidance de pénétrer dans la pièce et de l’interpeller hors cadre :

— Monsieur le Président, j’ai une communication de toute urgence pour vous.

Avant que le président ne puisse rabrouer ce sans-gêne, l’intrus sortit de sa veste un curieux appareil et devant la caméra un adolescent d’une dizaine d’années apparut. Non, ce n’était pas un adolescent, mais un hologramme très réaliste se dit après coup George Bush.

— Mr le préside, je suppose et (….) Aximili, qu’est-ce que tu fais ici ? Où sont Jack et les autres ? Demandais-je avec une surprise visible.

— <Ils vont bien yeerk, mais nous te pensions mort> me répondit Aximili. Est-ce que je rêvais ou je notais du soulagement dans son ton mental.

— Les rumeurs sur ma mort ont été très largement exagérées, mais je n’ai pas le temps pour ça. Mr le président, vous devez immédiatement cesser cette attaque contre notre QG. Après quelque contretemps, notre coup d’État a réussi et je suis maintenant le nouveau chef de la force d’invasion. Enfin tous les yeerks ne sont pas encore au courant du changement de pouvoir et nombreux seront ceux qui s’y opposeront. Mais notre contrôle sur la flotte yeerk et les générateurs à Kandrona les obligera tôt ou tard à se ranger à nos côtés. Afin de faciliter cette transition et notre future collaboration, je vous demande de bien vouloir cesser immédiatement cette attaque.

Mais le président ignora mes paroles et se contenta d’hurler en désignant l’humain-contrôleur qui avait amené le communicateur.

— Garde, saisissez-vous de ce traître.

— Mr, je comprends que cette intrusion puisse vous choquer, mais votre réaction excessive compromet les futures relations entre nos deux (…)

— Quant à vous immonde créature, il est hors de question que nous collaborions avec des démons tels que vous. Cette guerre est une épreuve envoyée par le ciel dont rien ne me détournera. Je n’arrêterais l’offensive que lorsque nous vous aurons renvoyé là d’où vous venez. Vous voulez la paix. Quittez notre territoire !

J’avais une folle envie de le rembarrer à l’aide d’une réplique cinglante. Mais je pris quelques secondes pour me calmer. Aussi désagréable et à côté de la plaque soit-il, je me devais de garder mon calme. Je me dis qu’il était normal qu’il soit déboussolé et que pour lui aussi cette journée avait dû être longue et mouvementée.

Mais avant que je puisse répondre, le cri d’un grizzly se fit entendre et Jack débarqua sur le plateau.

— Désole monsieur, on n’a pas pu l’arrêter. S’excusa l’agent de sécurité qui les suivant de près.

— Si tu es vraiment Thevenin789 alors dit nous quelque chose que seul Thévenin789 sait. Me demanda Jack.

— Quand j’ai découvert que tu savais pour les yeerk, j’ai mis du GHB dans ton jus d’orange pour pouvoir t’emmener à la piscine. Mais si tu veux je peux également raconter une autre anecdote. Répondis-je, après avoir noté que contrairement aux yeerks, il avait immédiatement pensé à la possibilité d’un piège. Et cela, alors qu’il était censé appartenir à une espèce inférieure. En même temps on avait tout fait pour que la nouvelle de ma mort soit la plus crédible possible et faire croire à la survie d’un proche était typiquement le genre de piège cruel auquel Visser-12 avait aimé les soumettre.

— Mr le président, vous pouvez lui faire confiance. Il est de notre côté. Vous pouvez arrêter l’offensive. Déclara Jack à l’attention de George Bush.

Mais au lieu de se calmer celui-ci sortit un revolver de sa poche et le pointa en direction d’Aximili.

— Ça suffit maintenant. Garde emmener moi ses erreurs de la nature loin d’ici. Disséquer celui-ci et emprisonner les autres dans notre labo de haute sécurité. Nous devons découvrir tous ce que nous pouvons sur cette technologie de morph.

Aximilie se prépara à se défendre et moi à répliquer lorsque je fus poussé sans ménagement du cercle de communication.

— Espèce de parodie de politicien, tu n’as pas intérêt à toucher à un seul cheveu de mon fils. Hurla la mère de Tom.

Tous s’arrêtèrent sous la surprise :

— Maman ! Tu vas bien ? Demanda Jack en pleurant à moitié.

— Oui et ton oncle aussi.

Mais avant qu’elle ne puisse rajouter quoi que ce soit une fléchette tranquillisante atteignit Jack. Par le langage-pensé j’envoyai mes ordres à mes hommes. Le responsable de l’artillerie du vaisseau-hache se mit au travail, puis un garde hork-bajir écarta de force Madame Berenson pour que je puisse reprendre ma place.

Je claquai alors des doigts et une immense lumière accompagnée d’un bruit digne de l’apocalypse envahis la pièce. Lorsque qu’ils eurent retrouvé la vue les habitant de la pièce constatèrent qu’elle était maintenant éclairée par la lumière du soleil. Le tir avait totalement annihilé le toit du bunker sans causer le moindre dommage à ce qui se trouvait en dessous.

Excédé par tous les événements de la journée, je hurlais alors dans la direction du président :

— Écoute-moi bien espèce de demeuré, j’ai passé ma vie à obéir à des yeerks qui envoyait leurs troupes à la mort dans le confortable fauteuil. J’ai passé ma vie à baisser les yeux lorsque depuis le centre de commandement d’un vaisseau-amiral, ils accusaient de lâcheté les rares survivants qui contre toute attente était parvenue à revenir en vie. Maintenant, c’est terminé. Alors écoute-moi bien parce que je ne le répéterais pas deux fois. Entre nos deux espèces, il n’a jamais été question de guerre. Pas plus qu’il n’y a de guerre entre un cochon et un boucher. En ce moment même une flotte avec suffisamment de puissance de feu pour vous exterminer en quelques heures se trouve en orbite et nos boucliers sont suffisamment puissants pour résister à n’importe laquelle de vos armes. Ton attaque contre notre QG est l’équivalent de celle d’un moustique contre un éléphant. Alors tu vas immédiatement l’arrêter avant qu’elle ne persuade les miens de me débarquer du pouvoir et d’infecter ton peuple sans être gêné par des idéalistes tels que moi.

— <yeerk (...)>

— Je ne m’appelle pas yeerk, mais Thevenin789. Interrompis-je violemment Aximili.

— <Thevenin789, si j’ai bien compris, cette technologie primitive retransmet tout ce qui se passe dans cette pièce à l’ensemble de l’humanité>

Je me retournai et pour la première fois remarqua la camera. Je n’étais pas près de pouvoir aller dormir.

— Utilisez l’arme qui se trouve dans la zone 51. Hurla à ses hommes, le président qui s’était recroquevillé apeuré dans un coin.

— Là quoi ? Demandais-je modérément inquiet.

— <C’est un vieux pot de chambre andalite> Raisonna la voie d’Aximili dans les têtes de tous les spectateurs.

Devant l’air abasourdi de tout le monde, il précisa :

— <Il y a des siècles les vaisseaux andalites n’étaient pas dotés de systèmes de recyclage des déchets. Alors on accumulait les déchets organiques dans des récipients. Une fois plein, on les balançait sur le soleil le plus proche, mais un capitaine peu scrupuleux a dû, se décharger trop loin du puits de gravité du soleil et le conteneur a dérivé jusqu’à s’écraser sur terre. Étant donné qu’une fuite au milieu d’un voyage pouvant durer plusieurs mois aurait été très problématique, ses conteneurs étaient fabriqués dans des matériaux très avancés selon les standards humains. Alors quand, ils l’ont découvert, les humains l’ont pris pour une arme et l’ont caché dans la zone 51.>

— Mensonge. Comment un simple pot de chambre aurait-il pu tuer tous les hommes qui se sont approchés de l’objet sans combinaisons. Cria le président.

— <Il ne peut pas. Ce n’est qu’un pot de chambre> Expliqua calmement Aximili qui se demandait s’il s’agissait encore d’une blague humaine qu’il ne comprenait pas.

— Sans vouloir te vexer Aximili, il s’est passé la même chose avec les premiers yeerks à être rentré en contact avec les andalites. À force de se balader aux quatre coins de la galaxie, se sont devenus de vrais nids à microbe. Je suis d’ailleurs surpris qu’aucune animorphs n’ai chopé une saloperie à force de te fréquenter (Note de l’auteur : c’est une référence peu subtile au tome où les animorphs attrape tous une maladie transmise par Axe)

Tous les hommes présents regardèrent le président incertain de la suite à donner aux événements. Je crus bon de rajouter.

— Monsieur le Président, je m’excuse de mettre emporté. Mais si vous ne stoppez pas cette attaque, je serai contraint de répliquer et de tuer vos hommes. Comprenez que malgré ma volonté d’avoir des relations pacifiques avec les humains, je dois prouver au yeerk que je ne ferais pas passer mes désirs de paix avant leur sécurité.

— Très bien. Ordonner le cessez-le-feu. Mais nos troupes resteront sur place. Abdiqua George Bush avec réluctance.

— Cela me paraît être un bon compromis. Cédais-je.

Printemps yeerk

Une semaine plus tard, je travaillais tranquillement dans mon nouveau bureau situé sur le vaisseau-hache. Ou plutôt je faisais semblant de travailler.

Depuis une semaine, je n’arrêtais pas et je profitais d’un de mes rares moments de calme pour réfléchir à tout ce qui s’était passé. En fait, je me dis que ce serait un bon moment pour passer le contrôle à Tom. Le pauvre avait presque plus souvent le contrôle de son corps avant la révolution.

En effet, la semaine avait été une suite de réunions avec les responsables des humains ou des différents clans yeerk. Voir d’affrontement. Les sujets de dissension étaient nombreux et la situation précaire.

La France sur laquelle Jera456 avait fondé son plan de coopération entre yeerk et humain s’était montré fortement hostile après avoir appris que j’avais tué leur président. De plus le nouveau responsable un certain Jean-Luc-Melenchon, m’avait injustement accusé de celle du reste de leur gouvernement. Les Français ne voulaient pas accepter que pendant des années, ils avaient été dirigés par des yeerk.

Mais la question qui créait le plus de division était la libération des hôtes involontaires. Les humains insistaient pour une libération immédiate de tous les hôtes tandis que la plupart des yeerks ne voulaient pas abandonner ce qu’il considérait comme leur propriété et un besoin vital. Difficile de leur en vouloir. Redevenir sourd et aveugle après avoir connu la couleur était un énorme sacrifice et pour le moment rien ne garantissait qu’on leur trouve un jour des hôtes volontaires. Sans compter bien sûr que je ne pouvais prendre le risque de dégarnir nos troupes tant que la menace d’une invasion impériale pesait sur notre jeune république. Mais en attendant, la suspicion à notre égard se répandait. De plus en plus d’humains pensaient que nous ne libérerions jamais les hôtes involontaires, si on ne nous y forçait pas.

Et à ma grande surprise les énormes concessions faites aux dirigeants humains (accès à certaines de nos technologies, libération de tous les hôtes involontaires de famille puissante, pourcentage sur les futures richesses créées par la république) n’avait fait qu’augmenter la haine et la suspicion des populations humaines à notre égard.

Heureusement les négociations à distance avec les andalites se passait plutôt bien pour le moment. Pour obtenir leur confiance, il avait suffi de leur annoncer que nous avions donné un transporteur à Alloran-Semitur-Corrass (l’hôte de l’ex Visser-12) pour qu’il puisse rentrer sur la planète natale des andalites. Apparemment, ils avaient encore du mal à croire que nous l’avions libéré. Qu’est-ce qu’il voulait que l’on fasse de ce vieux ronchon ? D’accord pour le combat, c’était indéniablement le meilleur hôte de l’empire yeerk. Cependant aucun yeerk sain d’esprit ne voudrait vivre dans un hôte qui a suffisamment de force mentale pour résister à Visser-12 pendant des décennies sans devenir en zombie. Mais en y réfléchissant depuis que j’avais pris le pouvoir je commençais à me demander si mes semblables étaient sains d’esprit. Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de ce qu’il avait ? La vie, n’était-elle pas plus agréable depuis qu’on avait fait la paix avec les humains, instaurer la république et mit fin au droit militaire ? Enfin pour ceux qui avaient encore un hôte. Et pour ceux qui n’avaient pas à craindre de perdre leurs hôtes. En y réfléchissant, c’est vrai qu’ils avaient quelques raisons d’être mécontent.

J’étais ainsi perdu dans mes pensées pendant que Tom vaquait à ses occupations (je lui avais laissé le contrôle de son corps), lorsque Jera456 enfonça les portes de mes quartiers. Il avait beau être le chef du clan le plus puissant et mon second cette fois, j’étais déterminé à le rabrouer. Plus le temps passait plus il devenait audacieux. Certains jours, j’avais l’impression de n’être qu’une figure de proue qu’il tolérait uniquement, car la plupart des yeerks ne respectaient que la force et le talent militaire. Mais avant que je puisse dire quoi que ce soit, il cria avec excitation :

— Thévenin789, une dépêche vient de nous parvenir. Partout dans l’empire les yeerks se révolte. C’est comme une vague de liberté qui se propage partout. On a déjà reçu des demandes d’affiliation à la république.

— Vraiment ? Dis-leur qu’on accepte immédiatement. Non, je vais leur dire moi-même. Dis-je en reprenant le contrôle de Tom et en commençant à me lever.

— Non ! Tu vas leur dire que nous sommes flattées par leur requête, mais que nous les refusons. Me corrigea Jera456 redevenue brusquement sérieux.

— Pardon ? M’exclamais-je.

— Tu as très bien entendu.

— Mais pourquoi ?

— Les andalites tolèrent la république yeerk, car il la pense inoffensive. Crois-tu qu’il en sera de même lorsqu’elle s’entendra sur le quart des territoires de l’empire ?

— Mais on ne peut pas les abandonner à leur sort ! Si on ne s’allie pas, les planètes restées loyales à l’empire vont les massacrer.

— Je ne m’inquiète pas pour ça. L’empire aura fort à faire pour repousser les andalites. Cette fois, s’ils ne veulent pas perdre la face devant leur alliée et perdre leur position de leader galactique, les andalites ne pourront pas transiger. Ils seront obligés de mettre un terme à cette guerre une bonne fois pour toutes avec un grand assaut général contre l’empire affaiblit par les révoltes. Le problème est plutôt la réaction des autres espèces. Beaucoup vont vouloir se venger pour le siècle de guerre. D’autre voudront des réparations de guerre qui transformeront les yeerks en esclave. D’autre encore voudront en profiter pour exterminer une bonne fois pour toutes les yeerks, afin d’éliminer tout risque de réapparition d’un empire parasitaire et expansionniste. Sans compter les Skrit-Nad qui voudront juste s’emparer de nos ressources ou enlever certain de nos membres pour les mettre dans leur foutu zoo. Me répondit Jera456.

— Raison de plus pour s’unir. Ils y réfléchiront à deux fois, avant de s’en prendre à nous. Répliquai-je.

— Au contraire. Ce sera là, un prétexte rêvé pour nous déclarer la guerre. Pris dans les nécessités du conflit la république sera obligé de rétablir l’autoritarisme, l’esclavagisme et le militarisme. Bref l’empire, mais sous un autre nom. Et tout ça n’aura servi à rien. Bien sûr, ça, c’est dans le cas le plus optimiste. La révolution nous a beaucoup affaiblis. On pourrait très bien se faire rouler dessus purement et simplement par les andalites. Nous serions alors totalement à la merci d’une galaxie ivre de vengeance.

— Alors quoi ? On les abandonne pour sauver notre peau. Merci de nous avoir aidé à vaincre l’empire, mais on était là les premiers ? M’offusquai-je.

— Bien sûr que non. De toute façon, la terre est si riche en ressource que dans ce scénario, il y a peu de chance que nous soyons épargnées sous prétexte que nous avons signé des traités d’amitié avec les andalites. Non ce que nous allons faire, c’est demander à nos républiques sœur de se déclarer indépendante et de nouer une alliance solide avec une espèce tierce. Puis de négocier séparément une paix avec les andalite. Officiellement, nous déclarerons que nous n’apporterons aucune aide à nos républiques sœur. Mais officieusement, nous ferons bien comprendre que si nous avons l’impression que les yeerk sont maltraités, alors nous nous unirons. Les négociations seront difficiles, mais cette menace devrait les pousser à nous traiter équitablement.

— Tu n’es pas un peu naïf ? Tu dis toi-même que les andalites sont en positions de force. Pourquoi s’embêterait-il à négocier ? Ils ont juste à nous raser. L’empire avait raison on (…)

— L’empire avait tort. Les andalites ne forment pas un bloc uniforme. Certes, certains sont effectivement des partisans de la suprématie andalite qui n’aurait aucun scrupule à nous exterminer pour s’emparer de nos ressources. Mais ils sont minoritaires. D’autres sont profondément attachés à la paix et la justice. Et entre ses deux extrêmes, il y a une majorité d’indécis dont l’opinion oscille au gré des événements. Notre mission est de faire en sorte que cette masse ignorante penche en notre faveur. Il ne faut donner aucune prise qui permettrait aux partisans de la guerre de retourner l’opinion publique andalites en notre défaveur. Tant que nous n’apparaissons pas menaçants et que nous aurons des défenseurs acharnés chez les humains, alors nous seront à l’abri et la paix sera maintenu.

— C’est pour ça que tu as tant insisté pour que je signe des accords aussi avantageux avec les humains ? Demandai-je à Jera456.

— Oui. Je veux que leurs dirigeants prennent comme une menace personnelle toute attaque contre la république yeerk. Aussi humiliant que ses accords puissent paraître, ils sont une nécessité. C’est une amère vérité que tes ancêtres avaient dû comprendre. Pour vivre en paix les yeerks doivent être faibles et soumis. Du moins en apparence. Autrement, jamais la galaxie ne tolérera notre existence.

— Quand ils comprendront cela beaucoup de yeerk diront qu’il vaut mieux la guerre et (…)

Il me coupa :

— C’est ce qui a dû se passer il y a un siècle. Les nouvelles générations seront les premiers yeerk à n’avoir connus que des relations pacifiques avec leurs hôtes et le reste de la galaxie. De plus, ils grandiront avec le récit des horreurs de la guerre. Mon seul espoir est que ça change suffisamment leur mentalité pour qu’ils rechignent à une telle solution. En attendant, nous devons faire en sorte de conserver le pouvoir sans tomber dans l’autoritarisme pour que le moment venu cette nouvelle génération ne se voit pas confisquée son avenir par quelques vieux croûtons nostalgiques d’un passé glorieux qui n’a jamais existé.

— C’est tout. Tu ne veux pas également qu’on invente la fusion froide pendant qu’on y est ?

— Je n’ai jamais dit que ce serait facile. Tu commences à mieux comprendre pourquoi nos dirigeants te semblaient aussi incompétents ? Diriger est bien plus compliqué que ne le pense la plupart des yeerks.

— Nos dirigeants étaient vraiment incompétents. Mais je regrette l’époque où on avait juste à combattre Visser-12 et ses sbires. Les choses étaient si simples à cette époque. Commentais-je dépité.

— Je n’irais pas jusque-là. Mais oui, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

Tom soupira mentalement à cette nouvelle. Avant toute chose, il allait falloir que je trouve un nouvel hôte. Sans la menace de l’empire plus rien ne justifiait que l’on garde David prisonnier et je ne pouvais pas continuer à abuser de la bonne volonté de Tom.

OooOoOo

Une semaine plus tard, dans le sénat de l’empire yeerk :

— C’est tout bonnement inacceptable ! Invectiva en galard une créature de cauchemar ressemblant à une araignée de la taille d’un humain dont les pattes auraient été remplacées par des tentacules.

L’humain contrôlé par un yeerk à qui cette invective s’adressait répondit avec autorité :

— Avec tout le respect que je vous dois, cher représentant de la guilde du commerce, ce n’est que par pure politesse que le conseil des 13 a décidé de vous communiquer son intention d’entamer des négociations de paix avec les andalite et le mouvement révolutionnaire. Vous n’avez pas votre mot à dire sur la manière dont le conseil des 13 gère cette guerre.

— Mais moi oui ! S’exclama avec force une voix de femme humaine avant que d’une dizaine de hork-bajir armé ne pénètre dans la pièce et n’encercle le représentant du conseil des 13.

— Que signifie cette intrusion ? Je vous somme de …

— Je ne reçois pas d’ordre d’un lâche et d’un traître. Pendant trop, longtemps les vissers ont toléré votre incompétence. Mais aujourd’hui pour sauver l’empire nous n’avons pas d’autres choix que d’agir. Au nom de l’empereur, je vous arrête. Vous et vos complices seront bientôt jugés pour avoir tenté de livrer trahir votre race au profit des andalites. Quant à vous sénateur, représentant des races alliées, des hottes volontaires et des guildes de l’empire, je vous demande humblement de bien vouloir m’accorder temporairement les plein pouvoir et la suspension temporaire du droit civils. Vous connaissez tout mon amour des lois et des idéaux de l’empire. C’est donc avec réticence que je vous demande cette violation sacrilège de nos principes les plus fondamentaux de gouvernances. Mais le sauvetage de l’empire exige des mesures exceptionnelles. Accepter ma demande et je vous promets d’éradiquer cette tumeur révolutionnaire et de repousser nos ennemies andalites jusqu’à leur monde natal.

Le sénateur et chef de la guilde du commerce Istras851, jeta un œil critique aux guerriers hork-bajir surarmé qui remplissait maintenant les loges (destinées au spectateur) qui surplombait les gradins du sénat. Istras851 savait que si Visser-one l’avait voulu, il aurait parfaitement pu faire ce déploiement de force de manière discrète. Istras851 comprit le message et s’exclama :

— Vive Visser-one, sauveur et régent de l’empire.

Tous le suivirent dans son acclamation, sauf une minorité qui décida prudemment de rester silencieux. Sans se départir de son sourire, Visser-one prit soin de noter mentalement leurs noms.

oOoOoOo

Une semaine plus tard :

Je pris une grande inspiration et rassemblai mon courage. Puis résigner à mon sort, j’appuyai le doigt de Tom sur le scanner à empreinte digitale. Une lumière verte s’alluma signe que le dispositif de sécurité avait reconnu mon hotte puis la porte de la salle de communication du vaisseau-hache s’ouvrit sur un luxueux patio. Au centre de la pièce se trouvait un communicateur à espace zéros séparé du reste du système de communication du vaisseau-hache. C’est par ce moyen que l’ancien Visser-12 pouvaient communiquer de manière sécurisée avec la capitale impériale et le conseil des 13 (malgré les années-lumière de vide abyssal entre les deux). C’était l’endroit le plus sécurisé du système solaire.

— Hé bien, ce n’est pas trop tôt. Tu te rends compte de l’heure qu’il est ? M’apostropha Jera456 dès mon arrivée.

— Calme-toi. La transmission ne débute que dans 10 minutes.

— Pardon. Est-ce que tu te rends compte des enjeux ? Imagine que tu aies été retardé. Tu aurais dû être là depuis une demi-heure. Dit-il visiblement nerveux.

Thevenin789, c’était résolu à être compréhensif avec Jera456. Mais là, il dépassait les bornes. Ce n’est pas parce qu’il avait des problèmes avec son triple et avec son nouvel hôte qu’il pouvait se permettre de lui parler comme ça.

— Dois-je te rappeler qui est le président de la République ? L’admonestais-je.

— Je commence à me le demander. Tu veux du respect, soit en digne. S’emporta-t-il. Puis il reprit plus doux :

— Désolé. Comment tu fais pour être aussi détendu ? Moi ça fait une semaine que je n’en dors plus.

— Peut-être que ça irait mieux si tu reprenais ton ancien hôte et que tu t’excusais de t’être comporté comme un connard avec Trista171 et Racane263 ?

— Arrête avec mon hôte. Ce n’est pas l’amour fou entre nous, mais ce dont j’ai vraiment besoin, c’est qu’on trouve une solution à ce problème. Quant à Trista171 et Racane263, je suis content qu’ils aient fini par mettre un terme à notre relation.

— Moi, je suis sûr du contraire et j’ai besoin que tu sois au meilleur de ta forme.

— On en a déjà parlé. Premièrement, mes histoires de couple ne te regardent pas. Deuxièmement, puisque tu insistes ce qui nous a définitivement séparées, c’est qu’ils sont restés loyaux à l’empire. Troisièmement, je ne peux pas me permettre d’avoir l’air faible. On se gausse déjà suffisamment de moi à cause de ma soi-disant lâcheté. De plus à cause de TES décisions en faveur de ses stupides humains, tout ce qui touche à la répartition des hôtes est devenue bien trop sensible pour que je puisse me permettre ce genre de folie. Abuser de mon pouvoir pour reprendre Timothée causerait un scandale qui pourrait me coûter ma place. Et en ce moment garder ma position est plus important que de préserver ma santé. Cet hôte impose le respect au yeerks et choc beaucoup moins les humains, donc je dois le garder.

Jera456 décida d’abandonner cette conversation stupide pour s’affairer sur le matériel de communications et relire les notes qu’il avait compilé aux prix de nombreuses nuit blanches et d’une sur-sollicitation de ses contacts au sein de l’empire qui acceptait encore de lui parler.

J’aurais sans doute dû faire de même, mais je préférai observer d’un œil critique l’ancien champion du monde de boxe catégorie poids lourd que Jera456 occupait actuellement. Même moi sa stature m’impressionnait. Cependant je continuai à trouver ridicule que Jera456 ai abusé de ses pouvoirs pour se l’attribuer de manière exclusive (pour faire face à la pénurie, la plupart des hôtes étaient dorénavant partagé entre plusieurs yeerk). Sur le papier, il s’agissait d’un hôte idéal. En plus d’une forme physique incroyable, il était devenu volontairement un hôte il y a plusieurs années et avait été noté très positivement par ses anciens yeerks. Tout ceci promettait une cohabitation agréable avec son yeerk. Malheureusement pour Jera456, les choses étaient un peu plus complexes.

Avant de devenir un hôte, François Bortha était un passionné de boxe depuis ses 6 ans il avait tout sacrifié pour tenter de s’y faire un nom et accessoirement d’en vivre. Mais malgré ses efforts, il ne parvint jamais à se hisser sur le podium et les contraintes excessives auxquelles il soumettait son corps avait commencé à dégrader sa santé. Ce qui ne faisait qu’éloigner davantage la perspective d’un jour brandir au-dessus de sa tête une ceinture de champion. Mais, tout changea lorsqu’il se rendit à une association d’aide alimentaire gérée par les yeerks.

Avant la révolution les yeerks utilisaient principalement des associations caritatives pour s’insérer dans la société humaine et y obtenir des hôtes, de l’influence et un moyen de maquiller leurs vraies activités. En fait les associations caritatives yeerk avait pris une telle place dans les sociétés humaines qu’après les révolutions l’abandon de ses activités par la république yeerk avait provoqué des émeutes de la fin dans beaucoup de villes des USA et d’Europe. Mais trêve de digression, les yeerk en charge du centre repérèrent son potentiel et au bout de quelques jours l’attirèrent dans l’arrière-boutique pour tout lui révéler et lui faire une proposition : S’il devenait un hôte volontaire et aidait activement les yeerk à recruter davantage d’hôtes, alors les yeerks utiliseraient leur technologie médicale pour régler ses problèmes de santé et faire de lui le plus grand boxeur de l’histoire de l’humanité. Comprenant que malgré leur beau discours, il ne le laisserait pas repartir libre après ce qu’ils venaient de lui révéler François Botha accepta sans hésiter ce pacte faustien.

Les résultats furent au-delà de ses espérances. Un mois plus tard, il devenait le nouveau champion régional et deux ans plus tard le nouveau champion du monde poids lourds. Son succès fulgurant et sa série de victoires ininterrompue firent de lui une légende bien au-delà du milieu des amateurs de boxes. Il devint une star courtisée par les plateaux télé et des marques. Et un hôte tellement précieux pour l’empire qu’il put négocier des conditions de vie très agréable (plusieurs jours de liberté par semaine, le droit de choisir son yeerk et une piscine privée dans sa demeure qui lui évitait de devoir passer devant les cages des humains qui avait été asservi à cause de lui, lorsque son yeerk devait se nourrir).

Mais cette success-story cessa brusquement à cause de la révolution. Quelques jours après la révolution la république due transmettre aux autorités humaines la liste des humains contrôlés par les yeerks. Au début, sa présence fut éclipsée par celle de personnalité politique, économie et artistique de plus grande ampleur. Mais sans que l’on ne sache exactement d’où venait la fuite, son histoire fut révélée et ne tarda pas à faire la une des médias. Les journaux s’arrachèrent les témoignages d’hôtes involontaire qui avaient été infectés par sa faute. La réaction du public fut aussi violente qu’immédiates. Tous ses titres lui furent retirés, ses contrats de sponsorisation furent annulés, sa marque de vêtements fit faillite et il devint le symbole de tous les méfaits réelle ou imaginaire des hôtes volontaires. Ensuite des procès furent ouverts aux quatre coins du monde qui plongèrent son compte en banque dans le rouge,….

Bref, il avait tout perdu, y compris ses privilèges d’hôte précieux. Dorénavant, il était un hôte comme les autres et faute de perspective attrayante dans la société humaine, il ne pouvait pas s’inscrire sur la liste d’attente pour redevenir libre. Paradoxalement, la libération des hôtes humains avait fait de lui un prisonnier des yeerks. Il était donc devenu beaucoup moins agréable et facile à vivre pour ses yeerks. Notamment pour Jera456 qu’il percevait comme directement responsable de ses problèmes.

Tout d’un coup, le projecteur holographique s’alluma et la pièce devint une vaste fosse entourée de gradin vide surplombé par un trône dont la stature imposante contrastait avec la couleur rouge pastel parsemée de point vert qui lui donnait l’aspect d’un jouet pour enfant. Sur ce trône siégeait avec arrogance une humaine qui affichait un sourire cruel. Dans ce corps de faible femme, Visser-one semblait inoffensif. La tentation était grande pour ceux qui avaient connu Visser-12 (et son hôte andalite) de le sous-estimer. Mais chez les yeerks, plus que chez toute autre espèce, il ne fallait jamais se fier aux apparences. Visser-one était certes très différent de Visser-12. Sur bien des aspects, il était son exact opposé. Cependant, il était au moins aussi dangereux que ne l’était Visser-12.

— Ainsi, les traîtres ont suffisamment de courage pour se présenter devant moi. Prononça Visser-one d’une voix dure en nous adressant un regard méprisant.

Il était très humiliant et désagréable de devoir lever les yeux pour répondre à une projection holographique, mais je suppose que c’était l’effet recherché. Les politiciens et leurs symboles vilipenda Thévenin dans son esprit.

— « Traître » est un mot assez ironique venant de vous. N’aviez-vous pas juré fidélité à l’empereur ? Répondis-je.

— Les mensonges sont votre seule arme à ce que je vois. C’est par fidélité à mon serment que j’ai été contraint de renverser le conseil des 13 et de forcer l’empereur à se mettre à l’abri. Ses traîtres allaient accepter de signer la réédition sans condition exigée par les andalites et de reconnaître l’autonomie des territoires tombés aux mains des rebelles à la solde des andalites.

Jera456 intervint alors :

— Visser-one, j’ai confirmation que la liaison est sécurisée et personne à part nous n’est au courant de cette communication. Nous pouvons parler franchement. Je vous félicite pour votre prise de pouvoir et pour avoir réussi à mater les rébellions. Bien que violentes, vos méthodes sont indéniablement très efficaces. Cependant, nous savons tous les deux que vous aurez bien plus de mal à tenir vos autres promesses. Vous ne pourrez pas reprendre le contrôle des territoires perdu suite aux révolutions et à l’offensive des andalites. Votre seul issu est de négocier une paix avantageuse avec les andalites et la république yeerk d’hélios pourrait vous y aider.

— Votre culot est rafraîchissant, mais laissez-moi vous faire une contre-proposition. Trahissez les andalites et livrez-moi les ressources de la terre, ainsi que toutes les informations que vos nouveaux ‘alliés’ voudront bien vous transmettre. Si votre coopération nous permet de repousser les andalites et de reconquérir une partie des territoires perdus alors peut-être, et je dis bien peut-être que je vous laisserais bénéficier d’une amnistie pour vos crimes. Refusez et je ferais en sorte que dans mille ans, on parle encore avec effrois de la mort douloureuse que je vous aurais infligée. Je n’ai peut-être pas suffisamment de ressource pour sauver l’empire, mais j’en ai suffisamment pour le venger.

— Nous savons tous les deux que vos menaces sont vaines. Malgré vos récents succès, votre autorité est faible et votre légitimité inexistante. Un mouvement aussi suicidaire que de détourner des moyens du front andalites pour les octroyer à une conquête de la terre offrirait l’excuse rêvé qu’attendent les anciens partisans de Visser-12 ou du conseil des 13 pour vous renverser. Contra calmement Jera456

Et je rajoutai avec plus d’agressivité :

— Et ne croyait pas que nous serons aussi faciles à envahir que vous ne le pensez. Depuis le premier jour, nous nous préparons à une intervention de l’empire. Et n’oubliez pas que nous bénéficions de l’aide des andalites.

— L’aide des andalites. Vous y croyez vraiment ? Pauvre naïf que vous êtes. Jamais ils ne sacrifieront une goutte de leur sang pour défendre des yeerks. Et vous ne me feraient pas croire qu’ils ont accepté de vous transmettre une part de leur technologie. Répliqua Visser-one avec arrogance.

— Si vous tentez de nous envahir, vous le découvrirez bien assez tôt. Bluffais-je.

— Je refuse de discuter davantage de tel faribole. Jera456, nous avons dirigé ensemble les premières étapes de l’invasion de la terre. Je ne comprends toujours pas ce que cet incompétent de Visser-12 a pu te faire qui t’ai poussé à te lancer dans pareille aventure. Mais je te conjure de reprendre tes esprits, avant qu’il ne soit trop tard. Tu sais comme moi que les dirigeants humains seront plus que ravis de fabriquer en masse des armes et d’envoyer les leurs se faire massacrer, si les yeerks leur donne la technologie nécessaire. Un renfort soudain de plusieurs milliards de soldats suréquipé nous permettrait de renverser le cours du conflit. C’est notre meilleur espoir à toi comme à moi de sortir de cette crise.

Avant que Jera456 ne puisse répliquer Marco apparut comme par magie au centre de la pièce :

— Désolé de contrarier tes plans mamans, mais nous ne laisserons pas cela se produire.

— (Maman ?) m’exclamais-je intérieurement.

— (C’est vrai qu’elles lui ressemblent, mais ce n’est pas possible. Elle s’est noyée en mer. Marco prend son rêve pour une réalité). Répondit Tom dans ma tête.

En constatant qu’il ne semblait pas aussi surpris qu’il ne le devrait par son apparition soudaine (qui fut suivi par celle des autres animorphs), je l’accusai :

— (Tu leur as parlé de cette réunion ?)

— (Ils ont le droit d’être là. Les humains sont tout autant concerné que les yeerk)

— (Je suis d’accord, mais j’avais promis à Jera456 de la garder confidentiel)

— (Moi je n’ai rien promis.)

— (Jera456 va encore me passer un savon) me plaignis-je, même si dans le fond, j’étais content de son intervention. Si mentir aux dirigeants humains ne me posait pas de problèmes, je n’étais pas à l’aise de cacher des choses à ceux que je considérais dorénavant comme des compagnons d’armes.

En voyant les nouveaux arrivant, Visser-one annonça goguenard :

— Tiens, le fils de mon hôte et ses amis accompagné du tout récent promus prince et gouverneur andalite de la terre : Aximili-Esgarrouth-Isthill. Je ne comprends pas ce qui se passe, mais il semblerait que mon hôte ait de la valeur à vos yeux. J’attends une réponse positive avant la fin de la semaine et un premier convoi d’arme avant la fin du mois. Refusez et je donnerai mon hôte à manger aux taxxons. Termina t’elle sur un ton vindicatif avant de couper brusquement la communication.

— On peut savoir ce que c’est que ce bordel ? S’exclama Jera456 rouge de colère. Mais il fut ignoré par Jack qui demanda à Aximili :

— Comment ça gouverneur de la terre ?

Aximili fit l’équivalent d’un rougissement chez les andalites

— <Le conseil andalite considère que les humains ne sont pas une race suffisamment évolué pour se gouverner seul et s’inquiète de l’influence que les yeerk pourrait avoir sur vous. Mais c’est un titre purement symbolique. De toute manière, je suis bien trop jeune pour exercer une telle tutelle.>

— Et pourquoi tu ne nous as rien dit ?

— <Je n’ai pas trouvé le bon moment>

— L’arrogance andalite. M’exclamais-je avec un petit sourire sur le ton du :’je vous l’avais bien dit’.

— Et ça s’adresse également à toi. Pourquoi tu ne nous as rien dit ? Me demanda Jack.

— Je n’en savais rien. Je découvre tout comme vous. J’ai tenu ma promesse de ne pas espionner les conversations d’Aximili avec son peuple.

— <Comme si vous en étiez technologiquement capable> dit Aximili avec contrariété. Il y a longtemps que nous n’avions pas eu une conversation aussi tendue.

— Arrêtez tous les deux. Vous n’allez pas recommencer. Thevenin, je ne parlais pas de ça, mais de cette réunion et de ce qui se passe dans l’empire yeerk. Précisa Jack.

— Il ne vous en a pas parlé, car ça ne vous regarde pas. Aussi important qu’ait été votre rôle jusqu’à présent, vous n’êtes que des enfants humains. Vous n’avez rien à faire ici ! Répondit Jera456 à ma place.

— Thévenin tu es d’accord avec ça ? Me demanda Jack avec un air accusateur mais visiblement approuvé par les autres (à l’exception de Cassie et de Tobias)

— Je n’en sais rien peut-être. Tu n’es pas d’accord toi ? Est-ce que tu trouves vraiment que tout ça a un putain de sens ? Moi à diriger les yeerks et vous à parcourir les plateaux télé pour convaincre les humains de faire confiance à la république en utilisant votre statut de héros.

— <Je pense que vous oubliez le principal. Qu’est-ce qu’on décide au sujet de Visser-one et de l’empire ?> Raisonna la voie de Tobias dans nos têtes.

— On refuse et on se bat, évidemment. Énonça Rachel.

— Je suis le seul à avoir l’impression que cette conversation devrait avoir lieu dans la grange de Cassie. Ironisa Marco. Je remarquai à ce moment-là qu’il semblait plus triste que d’habitude.

— On temporise, on tergiverse et on envoie une aide symbolique à l’empire. Bref on fait semblant de coopérer et on attend sans rien faire, que l’empire s’effondre sous l’assaut des andalites et des révoltes. Visser-one ne veut pas l’admettre, mais l’empire est fini. Le rapport de force entre les andalite et les yeerks est maintenant beaucoup trop déséquilibré. Tout ce que l’on a à faire, c’est de faire en sorte qu’il ne nous entraîne pas dans sa chute. Rétorqua Jeras456. Tu vois, c’est exactement pour ça qu’ils n’ont pas leur place ici. M’apostropha-t-il.

— Désolé, mais je suis partiellement d’accord avec Rachel. Ça fait un siècle que l’empire est censé être mort, mais il est toujours là. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre de nous faire massacrer.

— <Et lorsque les miens apprendront que vous avez conservé des liens avec l’empire yeerk, les princes opposés à la coopération avec les yeerk pacifique risque de prendre l’ascendant > Avertit Aximili.

— Pourquoi l’apprendrait-il ? Comptez-vous nous dénoncer prince Aximili-Esgarrouth-Isthill ? Demanda insidieusement Jera456.

— Jera456 ! Le moment est mal choisi pour de telles insinuations. Le houspillais-je.

— C’est l’hôpital qui se fiche de la charité. Répliqua Jera456.

— Peut-être, mais j’ai toute confiance en Aximili. Et il a raison. Visser-one est intelligent. Il ne sera pas possible de faire semblant de coopérer avec lui et encore moins de manière discrète. À un moment, il y aura une fuite. D’ailleurs, elle pourrait bien venir de Visser-one lui-même. Pour lui, ce serait un moyen comme un autre de nous forcer la main.

— Qu’est-ce que tu proposes alors ? On prend la poignée de vaisseau dont on dispose et notre armée de bras-cassé en grande partie privé d’hôte, puis on fonce sur l’empire sans les moyens logistiques suffisants pour assurer un ravitaillement en carburant sur de longues distances ? Critiqua jera456. Je n’ai pas fait tout ça pour devoir à nouveau envoyer les hommes dans des combats perdus d’avance.

— Hé bien, c’est-à-dire…. Je lançai un regard gène envers les animorphs avant de reprendre :

— Si on implantait un yeerk à chaque humain, on pourrait rapidement construire une industrie d’armement et un armé redoutable. Ce serait temporaire, bien sûr. Rajoutais-je rapidement devant leur air effaré.

— (Thévenin c’est totalement hors de question de ne serait-ce qu’y songer) me dit Tom.

— L’alternative, c’est une infestation permanente. Rappelais-je à haute voix.

— Hors de question dirent toutes les personnes présentes dans la pièce.

Y compris Jera456 qui s’offusquait de devoir se lancer dans une guerre ouverte avec l’empire et non de priver les humains de leur liberté. À ma grande surprise, c’était avant tout un pacifiste. Tout le but de sa politique était d’obtenir la paix et de prévenir de futurs conflits. Quitte à sacrifier le confort et l’honneur des yeerks.

— On doit réfléchir à une autre solution. Dit Jack.

— La seule solution valable, c’est celle que je propose. Insista jera456. J’admets que faire semblant de coopérer avec l’empire est risqué, mais nous n’aurons pas longtemps à maintenir la mascarade. Thevenin, je comprends qu’à cause du conditionnement que subissent tous les yeerks de bas rang, tu es du mal à l’admettre, mais l’empire est fragile. Oublie ses conneries que la propagande de l’empire t’a fourrée dans le crâne. Si l’empire a survécu il y a un siècle, ce n’est pas parce que notre espèce aurait des capacités exceptionnelles qu’elle serait capable de mobiliser dans le moment périlleux ou autre connerie métaphysique censée prouver la supériorité de notre espèce. Si on a survécu il y a un siècle, c’est uniquement parce que les andalites ont sous-estimé les yeerks. Il pensait que la famine de Kandrona provoqué par l ’invasion de notre monde natal suffirait à tuer l’empire naissant. D’ailleurs, initialement, c’est à cause de cette confiance excessive dans leur capacité à nous contrôler grâce à l’impossibilité de trouver du Kandrona à l’état naturel sur d’autres planètes qu’ils nous ont aidée à nous répandre dans la galaxie. Il n’avait pas prévu qu’au lieu de faire tanguer l’empire l’action des andalites souderait le peuple autour du premier empereur qui jusque-là était très contesté. Ils ont ensuite perdu leurs premiers combats, car ils ont envoyé de toute petite force affronté les yeerks. Ils pensaient que nous n ‘étions qu’une bande d’esclave désorganisé appartenant à une espèce primitive. Dans leur tête il n’y avait aucune raison de consacrer d’importante ressource au problème Yeerk. Maintenant, ils ne nous sous-estiment plus.

— Tu as dit les bons mots : ‘il n’avait pas envisagé’. Qui sait ce que toi, tu n’envisages pas ? Par exemple, envisages-tu que les andalite aident l’empire à se sortir de cette mauvaise passe.

— Allons ? Tu ne vas pas me ressortir ses vielles théorie du complot débile sur les andalites qui contrôlerait les deux camps. Laisse ça à nos opposants, je te pris.

— <Ce ne sont pas des théories du complot. J’ai vu de mes propres yeux un capitaine andalite tenter de livrer son vaisseau à un visser.>

Après cette intervention d’Aximili, Jera456 se tue.

Après un long silence, Marco annonça en essayant d’avoir l’air fort :

— La solution, c’est de tuer Visser-one.

— Mais bien sûr ! M’exclamais-je. Avec les contacts de Jera456 et les pouvoirs de morph on devrait pouvoir s’infiltrer jusqu’au cœur de l’empire et tuer Visser-one.

— Non, ce n’est pas possible Thevenin. L’empire a depuis longtemps installé des détecteurs qui ne laissent pas passer les and.. Mais oui ! Aucun yeerk, n’a jamais pensé à se protéger contre des humains possédant le pouvoir de morph. Si en plus vous parveniez à libérer le conseil des 13 cela mettrait un tel désordre dans l’empire qu’il nous oubliera.

— Lets-go. Cria Rachel avec un regard inquiet pour Marco.

— Attendez là, on ne peut pas faire ça. Nous apostropha Cassie.

— Cassie arrête ! Ordonna Jack.

— Mais est ce que l’un d’entre vous se rend compte que l’on parle de tuer la mère de Marco ?

— Non, je n’avais pas remarqué. Hurla Marco au bord des larmes.

Jera456 reprit sans la moindre considération pour son éclat :

— En fait il y a un autre problème avec ce plan : Nous n’avons aucun vaisseau capable de rejoindre suffisamment rapidement le cœur de l’empire. Et encore moins sans se faire repérer et intercepter. Même les vaisseau andalites n’en sont plus capables.

— Le vaisseau che peut effectuer le trajet en quelques heures et est parfaitement indétectable.

Déclara une voix venue du mur du fond où était sorti les animorphs. Mur du fond qui prit la forme d’un Android au design étrangement canin.

— Qu’est-ce que ? Thévenin ! Tu peux me dire comment cette chose a réussi à pénétrer ici ? Qu’est-ce, tu ne comprends pas dans les mots confidentiels et haute-sécurité ? Me demanda Jera456 avec colère.

— Mais arrêtez de m’accuser de tout, je n’y suis pour rien moi. Me défendis-je.

— Cela fait 3 ans 6 mois 15 jour 15 heure 36 minutes et 25 secondes que je retransmets sur le CheNet tout ce qu’il se passe dans cette pièce. Il y a exactement 3,5248795 secondes les ches se sont mis d’accord pour déposer votre petit groupe sur la planète-capital des yeerks.

Toute l’attention se recentra sur Marco qui pour une fois était étonnamment sérieux :

— Arrêtez ! Je ne veux surtout pas de votre pitié. Ce n’est pas la première fois qu’on sacrifie quelqu’un. On ne peut arrêter sous prétexte que c’est ma mère.

— Bon, quand est-ce qu’on part. S’exclama Rachel pour changer de sujet.

— Vous vous ne vous partez nulle part. M’écriais-je.

— Pardon ? S’écria Rachel.

— Jera456 a raison, vous n’êtes que des enfants. Votre place est à l’école et non dans une mission suicide à l’autre bout de la galaxie. Je vais réunir les meilleurs commandos yeerk présent sur terre et partir avec eux.

Tous s’exclamèrent en même temps dans un brouhaha de protestation (y compris Jera456).

— Je n’arrive pas à croire que c’est moi qui dis ça, mais si tu crois que tu peux m’empêcher de venir, tu te fourres le doigt dans l’œil. C’est de ma mère dont on parle. Déclara Marco avec colère, dès que le silence revint.

— Oui et c’est une raison supplémentaire pour que tu ne viennes pas. Tu crois que je n’ai pas compris que tu espères trouver un moyen de la libérer ?

Par réflexe, nous nous tournâmes vers Jack. En tant que chef des animorphs, c’était lui qui d’habitude tranchait les désaccords au sein du groupe. Cassie s’avança et lui pris discrètement la main pour le soutenir. Jack lui adressa un sourire radieux puis il déclara :

— Thévenin à raison. On n’a rien à faire sur un champ de batail. Si on a fait tout ça, c’est uniquement parce qu’il n’y avait personne d’autre pour le faire. Et franchement, je serais plus que ravi de ne plus jamais avoir à vivre dans l’angoisse ou à tuer des innocents. Est-ce que je suis le seul à encore faire des cauchemars même maintenant ? Si d’autre plus qualifié que nous peuvent prendre le relais, alors je serais ravi de leur céder la place.

Il lâcha alors la main de Cassie en lui lançant un regard d’excuse puis poursuivit sur un ton plus dur :

— Mais personne ne peut nous remplacer. Nous sommes les seuls non andalite à posséder le pouvoir de morph. Thévenin, tu peux me dire comment tu comptes atteindre Visser-one sans la technologie de morph ?

— Je ne compte même pas essayer. Mais je ne vois pas pourquoi vous devriez rester les seuls humains à posséder le pouvoir de morhp. Aximili, la boite bleue est toujours sur terre n’est-ce pas ?

Aximili hésita avant de répondre :

— <Oui. Cependant, il est hors de question que je confie cette technologie à des yeerks. Et encore moins à des yeerks en partance pour la capitale de l’empire. Notre avancée technologique est la seule chose qui nous permet d’envisager une victoire contre les yeerks. >

— Et de continuer à dominer la galaxie. Rétorqua Jera456.

— <Nous ne sommes pas les yeerks. Nous ne dominons personne.>

— Bien sûr que non, grand gouverneur de la terre. Répondit si obséquieusement Jera456 que personne ne pouvait douter de l’ironie derrière ses propos.

— <Ça n’a rien à voir.>

— Ce débat est hors sujet. Aximili. Est-ce que tu te rends compte de ce qui est en jeu ? Demandais-je, avant que leur dispute ne dégénère.

— <Mieux que toi. On me surnomme déjà le nouveau Serrow et même mes parents … Humpf. Si même ma famille doute, alors je n’ose imaginer ce que penseraient les princes andalites d’une telle initiative. Ils n’attendent qu’un retournement de l’opinion andalite pour lancer un assaut préventif.>

Je soupirai :

— Dans ce cas, nous n’avons pas le choix. Vos parents vont me tuer, mais vous m’accompagnerez dans cette mission.

— (Quand je pense que ta mère commençait à me regarder avec moins de dégoûts.) Dis-je à Tom par la pensée.

— (Tu crois ça ? Je t’assure qu’elle n’a pas changé d’avis sur toi et le fait que je sois un hôte.)

— (Mais de quoi elle se mêle à la fin ?)

— (Ben, c’est ma mère.)

— (Oui, mais tu es grand maintenant. C’est à toi de décider.)

— (Tu le penses quand ça t’arrange. Puis ce que je suis majeur, tu vas me laisser conduire maintenant ?)

— (C’est hors de question, c’est beaucoup trop dangereux.)

— (Mais tu m’as laissé conduire un vaisseau spatial !)

— (Quel rapport ? Ce n’est pas dangereux un vaisseau spatial. Est-ce que tu sais le nombre d’humains qui meure sur les routes ?)

— (Peuh ! De toute façon, si tu tenais ta promesse de me libérer moi et les autres humains, tu n’aurais pas ton mot à dire.)

— (Tu sais que je fais tout ce que je peux pour ça. Et puis tu as déjà les dimanches de libre.)

— (Merci, mon seigneur est trop bon.)

— (Tom, ce n'est pas drôle. Tu sais que je me sens mal à cause de ça.)

— (De toute manière, ce n’est pas drôle d’essayer de te faire tourner en bourrique si tu lis dans mon esprit.)

— (Tu sais que je ne le fais pas exprès.)

— (Tu le sais très bien puisque tu lis mon esprit).

Je poussai un grognement avant de cesser de lui parler. Contrairement à ce qu’il pensait, je ne boudais pas. Je méditais juste sur l’extraordinaire capacité qu’ont certains hôtes de rendre leur yeerk complètement chèvre, lorsqu’ils sont mécontents.

Et puis, je devais me reconcentrer sur la diatribe qu’avait commencé Jera456 pendant que je parlais à Tom. Comme il fallait s’y attendre, il était contre mon départ. De toutes façons, depuis qu’il a changé d’hôte, il passe son temps à me critiquer : Thevenin789 soit plus diplomate, Thevenin789 ne soit pas aussi franc, Thevenin789 ne dit pas ça à la télé il s’agit d’un secret d’État, Thevenin789 ne donne pas de coup de poing au politicien qui t’insulte,.

— ….. Tu plaisantes, j’espère. Tu es le président de la République yeerk. Tu ne peux pas te permettre de partir en expédition suicide à l’autre bout de la galaxie. Termina-t-il enfin sur un ton plus calme et raisonnable.

— Hé ! S’écrièrent les animorphs en entendant Jera456 parlé de mission suicide (dans notre groupe seul Marco était autorisé à se plaindre d’à quel point nos plans était risqué).

Je les ignorai pour répondre :

— C’est non négociable. Il faut qu’un yeerk les accompagne où ils se feront repérer immédiatement. Et je doute qu’ils soient capables de faire confiance à un autre yeerk que moi pour les aider en cas de danger. Et pour être honnête moi non plus. La plupart des yeerk compétent au combat présent sur terre se sont retrouvé au moins une fois face aux ‘bandits andalites’ et ont perdu des camarades dont il était proche dans les combats. Comment pourrait-il travailler ensemble et se faire confiance après ça ?

— Mais tu es dingue ? Au risque de me répéter : TU ES LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE YEERK D’HELIOS.

— Non, je suis une figure de proue. C’est toi le vrai dirigeant. Tom sera largement capable de jouer les potiches à ma place.

— (Je ne sais pas comment je dois le prendre). Commenta Tom.

— (Beaucoup seraient flattées qu’on leur dise qu’ils sont capables de gérer un état)

— (Contrairement à ce que tu penses, tu es devenu un très bon politicien.)

— (Là, c’est moi qui ne sais pas comment je dois le prendre.)

— Tu te sous-estimes. Même si c’est avec un style ...disons inimitable, tu influences de plus en plus les décisions. Et à ma grande surprise en général, tu les influences souvent dans le bon sens. De toute façon un dirigeant est bien plus facilement remplaçable qu’une figure de proue. Si je disparaissais, tu pourrais aisément me remplacer. Ce ne sont pas les yeerks motivé et compétent qui manque. Mais imagine que tu ne reviennes pas et que la supercherie soit dévoilée ?

— Si cette mission est un échec alors on aura bien d’autre source d’inquiétude. Répondis-je.

— C’est bon, je renonce. Tu es définitivement le yeerk le plus têtu et irraisonnable de la galaxie. Soupira Jera456.

— Bon au risque de me répéter quand est-ce qu’on part ? Demanda Rachel.

— Il faut au moins attendre deux jours. On ne peut pas reporter la prochaine réunion de Thévenin avec le nouveau gouvernement français.

— On part tout de suite. Chaque minute compte. M’écriai-je alors. Au grand amusement de Tom qui savait à quel point je détestais ses réunions. Après Tom se rendit compte qu’il devrait probablement y assister à ma place. Cela fit disparaître tout sentiment d’amusement chez lui.

L’Android déclara alors :

— Le vaisseau che est amarré au quai 4 du vaisseau-hache. Je sais qu’il est déroutant pour des organiques d’ouvrir un sas sur ce qui ressemble à du vide, mais le camouflage de notre vaisseau doit rester activé pour que les autres yeerk continue d’ignorer notre existence. Comme d’habitude, des ches iront chez vos parents pour jouer votre rôle et éviter que quiconque ait des soupçons. Et n’oubliez pas que tout ce qui a été conçu par les permalites est incapable de la moindre violence. Si vous vous battez à l’intérieur du vaisseau ou que vous tentez de l’utiliser pour faire du mal à un autre être vivant, alors le vaisseau vous neutralisera sans vous faire de mal puis vous éjectera sur la planète habitable la plus proche. Et cela englobe les actes de légitime-défense.

— Je vais chercher David. Pendant ce temps, emmène les acquérir des humains volontaires. Pouvoir changer de visage leur sera sûrement utile. Des adultes de préférence. Demandais-je à Jera456.

— Il n’y a pas un autre moyen ? Demanda Cassie.

C’était la seule avec moi à avoir pitié du sort de David et à avoir été soulagé à la perspective de sa libération prochaine.

— Si. L’un de vous pourrait accepter de se faire infester par moi.

— Tous eurent un frémissement d’effroi.

— Thévenin tu sais qu’on t’aime bien, mais s’il te plaît, n’évoque plus jamais cette possibilité. Me demanda Jack avec l’assentiment de tout le groupe.

Voyage

Quelques minutes, plus tard, je pénétrais dans l’oreille de David en redoutant sa réaction lorsque je lui expliquerais la raison de ma venue.

Vers la fin de la révolution, il avait commencé à accepter ma présence persuadée que notre victoire signifiait qu’il pourrait bientôt retrouver ses parents et sa vie d’avant. Cependant, les choses ne s’étaient pas passées comme prévu. D’abord, après la révolution nous avions rapidement découvert que les parents de David n’étaient plus sur terre. Visser-12 avait conclu de mes apparitions dans son corps au côté des ‘bandit andalite’, que David avait utilisé la boite bleue pour acquérir le pouvoir de morph durant la brève période où elle avait été en sa possession, puis qu’il avait finalement fait le choix de rejoindre les andalites dans leur lutte pour empêcher l’invasion de la terre. En conséquence, il avait décidé d’envoyer les parents de David et les yeerks qui les contrôlait sur une autre planète de l’empire, afin d’éviter que les andalites ne les libère et de pouvoir garder un éventuel moyen de pression sur David.

Dire que David n’avait pas bien réagi à cette nouvelle était un euphémisme. Après cela il avait refusé tout net d’obéir à la moindre de nos demandes y compris celle d’abandonner le pouvoir de morph en devenant le Nothlit d’un humain qui lui ressemblait. Aujourd’hui, je me félicitais qu’il ait fait ce choix, mais à l’époque cela a engendré une désagréable discussion avec les animorphs sur ce que l’on devait faire de lui. Finalement, nous avions décidé qu’il était trop dangereux de le libérer de sa cage, tant qu’il n’aurait pas abandonné ses pouvoirs. Mais cela voulait dire le maintenir prisonnier tout en cachant son existence aux humains (jamais ils n’auraient toléré que nous enfermions un enfant humain). On aurait pu croire que ce serait un jeu d’enfant, après avoir fait la même chose en se cachant de l’empire yeerk. Cependant cacher, quoi que ce soit alors que tous nos gestes étaient scrutés par des centaines de caméras et de paparazzi s’était révélé bien plus difficile que prévu.

— (Alors la larve, besoin de muscle ? Les humains ont enfin compris qui vous étiez vraiment et tu as besoin de moi pour buter ses salopards d’animorph) me demanda David avec espoir.

— (Non, cette fois, notre cible est Visser-one)

— (Quoi !?) s’exclama-t-il pendant que sa boite crânienne se remplissait d’hormone de peur à l’odeur infecte.

— (Tu as bien compris. Beaucoup de choses ont changé, depuis la dernière fois que je t’ai promenée en dehors de ta cage. Visser-one et ses soutiens ont pris le pouvoir à l’aide d’un coup d’État et ont réprimé dans le sang tous les mouvements de rébellion au sein de l’empire. Et maintenant son regard se porte sur la terre. Nous partons pour la planète yeerk afin de le stopper avant qu’il ne lance une invasion.)

Après ses explications, il resta silencieux quelques minutes avant de déclarer :

— (Pourquoi tu fais ça ? Tu ne comprends pas que toutes ses tueries ne servent à rien ? Tout ce que tu arriveras à faire en t’entêtant c’est à te faire tuer. On est que des grains de poussière totalement impuissants à influer sur le cours des événements.)

— (Comment tu peux continuer à croire ça après tout ce que l’on a fait ?) lui demandais-je stupéfait.

— (Vous avez réussi à convaincre une masse d’imbécile de vous suivre dans votre délire, mais la récréation va bientôt se terminer. Tu sais aussi bien que moi qu’on a aucune chance de résister à l’empire yeerk. Je t’en prie renonce et allons-nous cacher quelque part pour profiter de la vie autant qu’on le peut.)

— (Même si je le voulais, ma dépendance au Kandrona m’en empêche.)

Sur cette dernière parole, je fis le signe secret à Tom indiquant que tout va bien et il partit gêner comme à chaque fois qu’il devait m’aider à prendre le contrôle de David contre son gré. Quant à moi, je me dirigeai vers le sas indiqué par le che. J’ignorai le cri de protestation de David et l’ouvris sur ce qui ressemblait au vide spatial. Puis je fis un pas. C’était vraiment intense de marcher au milieu de ce qui semblait être le vide interstellaire (mais chaque respiration me prouvait qu’il ne s’agissait que d’une illusion).

Finalement, je traversai une barrière invisible et me retrouvais à l’intérieur de ce qui semblait être un gigantesque vaisseau. Le couloir avait une taille suffisante pour que plusieurs éléphants puissent y passer à l’aise et une douce lumière se diffusait de la lampe située au plafond.

En fait, elle était bien plus que douce. J’en fus tellement surpris que pendant quelques secondes, je perdis le contrôle de David qui tentât de s’échapper. Aussi impossible que cela puisse paraître, ses lampes ne faisaient pas qu’éclairer la pièce. Elles semblaient m’alimenter en Kandrona de manière constante, alors que j’étais dans mon hôte. Cela défiait toutes les lois de la physique.

Je repris mes esprits et avançai jusqu’à tomber sur une vaste prairie remplie d’herbe avec au centre un gigantesque arbre qui montait jusqu’au plafond constitué d’une surface transparence d’où l’on pouvait observer cette minuscule, mais fascinante boule bleue qu’était la terre.

Je repérai rapidement les 5 animorphs adossés au pied de l’arbre. Aximili était resté à bord du vaisseau yeerk étant donné que sa présence à nos côtés, ne servirait qu’à faire sonner les systèmes de surveillance de l’empire yeerk.

— Puisque tu es là, on peut partir. Dit Jack.

Immédiatement, je sentis une très légère secousse. Je levai les yeux au ciel et constatai que la terre avait été remplacée par une immense traînée blanche. Le vaisseau avait démarré et voguait maintenant à une vitesse faramineuse à travers l’espace interstellaire sans même avoir besoin de passer en espace zéros.

Pour la énième fois, je me fis la réflexion que nous avions de la chance que les ches soient programmées pour être pacifique. En revanche pour la première fois, je me posai des questions sur leur créateur les permalites :

— Comment ça se fait qu’un vaisseau permalite contienne des générateurs à Kandrona ? Demandais-je à haute voix.

— D’après les ches l’IA du vaisseau permalite, analyse les races qui approche du navire, puis modifient leur structure afin d’être le plus accueillant possible. Répondit Cassie.

— Pourquoi ont-ils fait ça ? Je veux bien qu’il soit pacifique, mais ils ont bien dû se rendre compte que les autres races n’étaient pas comme eux et que ce n’était pas une bonne idée de les inviter dans leur vaisseau.

— Malheureusement non. D'après les ches, ils étaient totalement incapables d’envisager qu’on puisse être violent. Leur seul but dans la vie était de jouer et de trouver de nouveaux partenaires de jeu. Lorsqu’ils comprirent que malgré tout leur effort, les autres races ne voulaient pas jouer avec eux, ils se sont repliés sur leur planète et ont construit les ches. Non pas pour avoir des esclaves, mais pour avoir des compagnons supplémentaires. Expliqua Cassie.

— (On ne pourrait pas aller se cacher sur leur planète plutôt que d’aller se faire tuer chez les yeerks. Chez eux, tu n’auras plus à craindre de mourir de la famine de Kandrona). Suggéra David d’une voix suppliante.

— Qu’est-ce qui est arrivé aux permalites ? Comment ça se fait que ni les yeerk ni les andalites n’en ont jamais entendu parler ?

— Ils ont été exterminés, il y a plusieurs milliers d’années. Dit tristement Rachel.

Cette nouvelle me rendit étonnamment triste. Peut-être que David avait raison et qu’au final notre combat été vain. Si même les permalites avec leur technologie incroyable n’avait pas été capable de se créer un petit coin de paix, alors quelle chance avions-nous ? Puis je me ressaisis. Un soldat qui commence à douter est un soldat qui a déjà un pied dans la tombe. S’il y a une chose que ses années de combat m’ont apprise, c’est qu’il est impossible de connaître à l’avance le résultat d’une bataille et que même la plus puissante des armées finira par être défaite. Étant donné leur développement technologie les permalites ont probablement vécu des millions d’années de paix et de prospérité avant de connaître le destin inévitable de toutes les races de l’univers. Si mon combat permettait à la république yeerk d’Hélios de vivre en paix ne serait que le dixième de cette période, alors mon combat en aura valu le coup.

Je m’assis à leur côté puis Jack, me jeta une barre de chocolat :

— Tiens, c’est ce que le vaisseau permalite considère comme une alimentation adaptée aux humains. Les placards sont remplis de bonbons et de chocolat. Heureusement que le voyage ne va pas durer plusieurs jours.

Je déballai la sucrerie pour constater qu’elles étaient encore plus succulentes que celle qu’on trouvait sur terre. Même David poussa un soupir de plaisir.

— <Alors comment c’est la capitale yeerk ?> Demanda Tobias en se posant sur une branche de l’arbre à mes côtés.

— Je n’en sais rien. Je n’y ai jamais foutu les pieds. En fait, c’est la première fois que je vais sur une planète entièrement contrôlée par les yeerk.

— Vraiment ? Comment c’est possible ? Demanda Cassie.

— Je suis née dans la piscine d’un vaisseau de guerre, de parent condamné à la reproduction, puis ma portée a été élevée par leur ancien sergent. Ensuite, j’ai ...

— Attends quoi !? La reproduction est une punition ?

— Les yeerks meurent durant la reproduction. Vous ne le saviez pas ?

Tous me regardèrent d’un air gêné. Sauf Marco qui s’approcha de mon oreille, la bouche encore couverte de chocolat pour me demander :

— Et la masturbation ça se passe comment chez les yeerk ?

Je rougis jusqu’à oreille et choisi de m’éloigner sans chercher à savoir si la question était sérieuse (tout en me rapprochant du gros tas de sucrerie gardé jalousement par Tobias) et poursuivis :

— Bref dès mon enfance, j’étais destiné à être un soldat. Dès que ma portée a atteint l’âge, on a été brinquebalée de vaisseau en avant-poste au gré des besoins de l’empire. Je n’ai jamais été affecté sur une planète de l’empire.

— Tu as des frère et sœur ? Où sont-ils ? Demanda Cassie.

— Comme tous les yeerk. Quand 3 yeerks se reproduise ils donnent naissance à une portée de 30 à 60 larves. Mes sœurs de portée et mes amis d’enfance sont pratiquement tous morts au bout de quelques mois de combats.

Tous semblèrent attristés en entendant cela :

— Tu n’as vraiment jamais rien connu d’autre ? Demanda Cassie.

Comme la plupart des yeerk de mon rang. La seule fois, où j’ai pu quitter les combats, c’est lorsque Jera456 m’a pistonné pour intégrer le programme de commando de l’empire. Il disait que j’avais du talent et que ça me permettrait d’échapper à la première ligne. Tu parles, il voulait juste acheter mon silence pour la fois où je l’avais surpris à s’abotter l’invasion de gladuis8. De toute façon, ça a été un échec complet et j’ai été renvoyé sur le front comme simple soldat. Enfin jusqu’à ce que mon officier arrive à se débarrasser de moi en m’affectant à l’invasion de la terre. C’est la seule bonne décision que cet idiot ait prise de sa vie.

— T’as vraiment eu une vie pourrie. Comment ça se fait que t’as échoué aux commandos ? T’es plutôt doué au combat. Bien plus que la plupart des yeerks. Demanda Rachel depuis la branche de l’arbre ou elle avait réussi à grimper je ne sais comment.

— Vous ne devriez pas juger de la valeur des soldats yeerks à partir de l’échantillon que vous avez rencontré sur terre. Ce sont les plus mauvais qui y sont affectés. Dans la capitale, les soldats seront bien plus redoutables. Mais mon talent n’était pas en cause. À l’époque, j’étais un petit con rempli de colère. J’en voulais au monde entier pour ce qui était arrivé au reste de ma portée. Je n’arrêtais pas de me battre avec les autres yeerks ou de répondre à mes supérieurs. En plus comme pour une fois, j’étais affecté à une zone calme, mes connards de supérieur ont décidé d’imposer à Ket sa première insémination.

— Ket ! Qu’elle Ket ? S’exclama Jack.

— Hé bien, Ket Halpak. Mon ancien hôte hork-bajir.

— <Tu es l’ancien yeerk de Ket ? >Demanda Tobias.

— Oui, elle ne vous l’a jamais dit ? Pourquoi est-ce que vous croyez que j’ai pris autant de risque pour lui permettre de fuir ?

Leur regard se tournèrent vers la branche où Tobias s’était perché et avait commencé à taquiner Rachel pendant qu’elle continuait ses acrobaties. C’était de loin l’animorph qui passait le plus de temps avec les hork-bajir libre. D’autant plus depuis que Rachel l’avait sommé avec la subtilité d’une charge d’éléphant de prendre définitivement forme humaine.

— <Elle parle rarement de son ancien yeerk, ou même de ses années de servitudes, mais je n’aurais jamais fait le rapprochement avec toi.> Raisonna la voie de Tobias teintée d’une colère contenue à mon égard.

— J’imagine très bien ce que cette ingrate raconte sur moi. Même à l’époque où elle m’appartenait, elle ne se gênait pas pour m’insulter. Me défendis-je avec colère.

En voyant leur réaction, je me dis qu’il valait mieux que je me calme et que je revienne à mon récit :

— Bref, devoir vivre dans un hork-bajir enceinte est vraiment inconfortable. Mais une fois qu’elle a accouché, j’ai eu une brève période de répit. Elle était prête à tout pour que j’accepte de la laisser voir son fils et s’en occuper. Et ce n’était pas facile de faire ça sans que personne ne remarque que je lui laissais le contrôle. Ou en tout cas personne qui ne me dénoncerait. Mais ça valait le coup. Pour la première fois, on commençait à avoir un début de bonne entente. Mais lorsque son fils a été infesté puis tué au combat, elle est devenue intenable. Et lorsqu’on la ré-inséminé deux jours plus tard, …. Je ne veux pas en parler.

— Tu ne peux pas lui reprocher.

— Pardon ! Mais qu’est-ce que j’y pouvais moi ? En quoi est-ce que c’était de ma faute ? Au contraire, je n'avais pas arrêté de la mettre en garde et de lui dire de ne pas s’attacher. J’avais beau lui expliquer, elle ne voulait pas entendre raison et à continuer de me tenir pour responsable de n’avoir rien fait. Et après tout son cirque elle a eu le culot de me demander que je l’emmène voir le corps de son fils, avant qu’il ne soit envoyé au recyclage.

BOOM ! Rachel avait fini par se casser la gueule et elle me demanda en se massant le dos :

— Tu as accepté au moins ?

— Bien sûr que non. Il était mort. Qu’est-ce que ça aurait bien pu changer qu’elle le voit ? Je n’allais quand même pas prendre le risque de me faire prendre juste pour ça. Surtout après tout ce qu’elle a osé me faire.

— Oh oui, j’imagine, ça devait être horrible d’être sous son emprise. Commenta Marco en me lançant un regard noir avant de recommencer à se foutre de la gueule de Rachel pour sa chute.

— Tu es sarcastique ou tu es sérieux ? lui demandais-je après un instant.

— Devine ?

— Qu’est-ce que tu aurais fait à ma place ?

Il alla répliquer lorsque nous pensâmes tous les 6 à la même chose. Il était en ce moment même confronté à un choix similaire et tout comme moi, il s’était engagé sur la voie du pragmatisme. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’était pas le choix le plus facile. De quel droit me blâmerait-il d’avoir sacrifié les sentiments de Ket pour préserver ma sécurité, alors que lui-même s’apprêtait à sacrifier sa mère. Certains diront que contrairement à moi son sacrifice profiterait à tous. Mais ça ne changeait pas le fait qu’il avait honte d’être assez froid pour le faire.

Gênée, nous détournèrent le regard.

— Parlons d’un sujet plus léger. Pourquoi est-ce que tu évites les Français ? Je ne t’ai jamais vu fuir à une telle vitesse même lorsque l’on avait Visser-12 au cul. Et vous deux arrêter vos conneries ! Ordonna Jack en direction de Rachel qui s’était jeté sur Marco pour lui faire une clé de bras.

— Les taxxons ont besoin de 100 kilos de viandes par jour. Pour vous donner une idée, c’est la consommation annuelle d’un Américain. Avant leurs rations étaient fournis par l’empire depuis des planètes dévolues uniquement à l’élevage de leur nourriture. Maintenant, il faut les nourrir à partir des ressources de la terre, mais il n’accepte pas n’importe quelle viande. Les viandes industrielles américaines les débectent. À part les humains, la seule nourriture terrestre qui leur convient sont les bœufs élevés en pâturage. Or les seuls pays qui en produisent massivement, sont la France et l’Argentine. Du coup, la république achète toutes leurs viandes quel que soit le prix et les Français n’ont plus les moyens d’en acheter, ce qui crée un fort mécontentement. Si on rajoute le fait que j’ai tué leur ancien président et qu’ils sont persuadés que j’ai aussi tué leur Premier ministre mes relations avec les Français ne sont pas au beau fixe. Leur expliquais-je

— Tu as tué leur président !!!! S’exclamèrent-ils tous.

— Ne m’en parle pas, Jera456 n’arrête pas de me le reprocher. Moi, je suis un soldat, pas diplomate. Quand quelqu'un m’emmerde, je le tue, je ne palabre pas.

Silence gène

— Leur président était contrôlé par le yeerk qui a enlevé vos parents. J’ai dû le tuer durant la révolution.

Une gêne encore plus importante s’installa entre nous et nous restâmes silencieux le reste du voyage. Eux aussi avaient tué de nombreux humain lors de leurs opérations de résistance, mais c’est un sujet qu’ils n’osaient toujours pas aborder. Je respectais cela. J’étais passé par cette étape moi aussi. Tuer n’est jamais anodin, même lorsqu’il s’agit d’un ennemi.

Enfin tous sauf David qui choisit ce moment pour me narguer :

— (J’ai l’impression qu’ils ont découvert que tu n’étais qu’un petit hypocrite.)

Ne comprenant pas ce qu’il voulait dire, je répliquai avec lassitude :

— (Si c’est encore au sujet de tes parents, je t’ai déjà expliqué mille fois que je ne pouvais rien faire)

— (Je ne parle pas de ça, mais puisque tu remets le sujet sur le tapis, ça t’arrive souvent de faire promesse que tu sais parfaitement que tu ne pourras pas tenir. C’est comme ça que tu as réussi à convaincre cette nouille de Tom de coopérer avec toi.)

— (Tu ne sais pas de quoi tu parles. Et je tiendrai bientôt ma promesse de libérer Tom)

— (Oui, bien sûr, tu attends juste que ce soit la paix dans la galaxie. Ça ne fait pas longtemps à attendre. Dis-moi qu'est-ce que tu feras quand cette andouille comprendra que tu n’as jamais eu l’intention de libérer ? Il risque d’être beaucoup plus, … quel terme tu as utilisé déjà, ah oui : inconfortable. Pour toi, on est que des objets, des sortes de vêtement avec une conscience. Au mieux des animaux de compagnie. Tu sais, comment je le sais ? Parce que, si j’étais à ta place, je ferais pareil.)

— (Tu es jeune, trop jeune. Les humains de ton âge n’ont pas encore développé les aires du cerveau dédié à l’empathie. En fait, si tu étais un yeerk ton état de développement cérébral serait considéré comme trop faible pour qu’on t’autorise à obtenir un hôte. En grandissant, tu changeras. Ou tu deviendras un psychopathe) Rajoutais-je avec réalisme.

— (C’est, ça endort moi avec tes belles paroles. En attendant, dis-moi, pourquoi est-ce que tu t’es rebellé pour Tom et ses #*$ & !! d’animorphs et pas pour cette Ket ?

— (La situation était différente.)

— (En quoi ?)

— (Euh et bien, c’est ….)

Ça me semblait évident mais impossible de trouver un argument concluant. Je restai silencieux. Ce qu’il interpréta comme une confirmation :

— (Tu vois, tu es totalement hypocrite. Tu n’as pas plus d’empathie que moi. C’est juste que les animorphs avaient du pouvoir, alors que Ket non. Tu as peut-être réussi à faire croire à tous ses idiots dégoulinant de bon sentiment que tu agissais au nom de la morale, mais nous savons tous les deux que la seule raison est que tu as vu en eux une opportunité d’acquérir le pouvoir suprême sur tes semblables. J’ai un marché à te proposer. Promets-moi que le jour où tu les trahiras, je serais présent pour les voir mourir. En retour, j’essaierais d’être moins ’inconfortable’.)

— (Avoir été enfermé aussi longtemps tout seul dans ta cage, ne t’as vraiment pas fait du bien). Culpabilisais-je.

— (Non sans déconner. Qui aurait pu prévoir ? Tu ne vas quand même pas encore essayer de me faire croire que tu as des remords. Je peux imaginer que cette cruche de Cassie le regrette vraiment, mais toi ?)

J’arrêtai de répondre à ses piques et d’alimenter cette discussion stérile et à la place je réfléchis à Ket.

La différence était évidente. Les hork-bajirs n’avait rien à voir avec les humains. Nous fournir leur corps était bien le minimum que les hork-bajir pouvait faire échange de notre protection. Et ce n’était pas se voyant hork-bajir qui me convaincra du contraire. Quand même. Si je ne savais pas que c’était impossible, j’aurais juré que Ket avait enfanté un voyant juste pour m’emmerder.

En tout cas, même si elle parvenait déjà à tenir tête à Aximili (intellectuellement parlant), elle était encore jeune et ne voulait pas accepter qu’elle était une anomalie génétique extrêmement rare. Un jour, elle comprendrait que sa race doit rester l’esclave des yeerks. Que les hork-bajirs sont incapables de prendre soin d’eux-mêmes.

Mais je repensai à la souffrance endurée par mon hôte. Peut-être que si on réussissait cette mission, on pourrait laisser les hork-bajir libre de leur yeerk plusieurs heures par jour. Et surtout remplacer le programme de reproduction des hork-bajir par leur libération au bout de 20 ou 30 ans de services dans des terres achetées par la république. Même sans l’intervention des yeerks, ils copuleraient bien suffisamment.

Ce serait indubitablement extrêmement généreux et à la limite du raisonnable. Alors pourquoi n’arrêtais-je pas de penser à ce que Tom en penserait ?

Je fus sauvé de mes sombres pensées par un signal sonore indiquant que nous étions en approche de notre destination. Nous nous précipitâmes sur la grande baie vitrée (qui était en fait un hologramme extrêmement réaliste d’une fenêtre donnant sur l’extérieur). Je n’étais jamais venue, mais je reconnus immédiatement la planète pour l’avoir vu à de multiples reprises dans des brochures de propagande. Sous mes yeux, s’étendait une boule de terre marron d’où s’échappait telle les piques d’un hérisson de gigantesque mégastructures composées de tours aux couleurs bigarrées dont le sommet frôlait presque la surface de la plus proche des deux lunes. Ses tours étaient reliés entre elles par une multitude de couloirs et de plateformes qui semblait avoir poussé de manière anarchique contre elles, tels des parasites menaçant de les faire s’effondrer. Pas de doute, il s’agissait de la planète capitale des yeerks.

oOoOoOo

Note de l’auteur : Ben oui Thévenin reste un yeerk. Il a été endoctriné depuis l’enfance à l’idée que les hork-bajir sont à peine intelligents et des esclaves naturelles. Puis il a dû lui-même traiter un hork-bajir comme de la merde pendant des décennies. Faire qu’il traître les humains comme des égaux est déjà limite, si on veut respecter l’univers des livres, alors je ne peux pas non plus en faire un woke à cheveux rose (ce n'est pas l’envie qui m’en manque). Pour moi, Altran et ses copains sont une exception dans les livres.

Sinon ceux qui ne connaissent pas animorph me reprocheront sans doute que je suis un peu sadique avec Marco, que cette intrigue sort de nulle part ou que sa réaction n’est pas réaliste. Alors il se trouve que dans le tome 30, Marco à l’opportunité de tuer visser- 3 et Visser-one. Au nom du bien du groupe et de l’humanité, il choisit de sacrifier sa mère. Dans le tome suivant Jack devra choisir entre tuer son frère ou mettre en danger le groupe. Il fera le choix inverse (alors qu’il est le chef et est censé donner l’exemple). Dans les deux cas, le scénario les sauvera d’aller au bout de leur choix, mais je pense que ce que voulait l’auteur, ce n’est pas faire souffrir ses personnages, mais créer les conditions de la conversation entre Jack et Marco qui conclue ce diptyque opposant l’approche pragmatique de Marco et celle plus humaine de Jack (et que je ne vous spolierai pas).

Dans tous les cas, non, cette intrigue et la réaction de Marco ne sortent pas de nulle part. Elle est présente (sous une autre forme) dans l’œuvre original. L’inclure était obligatoire, si je voulais un minimum respecté le matériau de base. Mais j’avoue que je ne me suis souvenue de ce petit détail qu’à la fin de l’écriture et que j’ai dû l’inclure un peu en catastrophe.

La capitale des yeerk

— Bon, comment on se pose ? Demanda Rachel.

— <Ce qu’il faudrait surtout savoir, c’est où on se pose. Comment va t’on trouver Visser-one dans cette fourmilière géante> Commenta Tobias.

— Il doit se trouver quelque part dans le secteur administratif. Connaissant l’ego des visser, il s’est peut-être même installé dans le palais impérial. Répondis-je.

— <Qui se trouve ?>

— Quelque part à l’équateur, sur une plateforme gigantesque situé près de la surface et entouré de tour équipé de système de défense laser et de détecteur dernier cris. C’est tout ce que je sais. Précisais-je.

— D’accord. Vaisseau, peux-tu descendre et faire le tour de l’équateur en restant le plus loin possible des tours. Demanda Jack. Mais rien ne se passa.

— Quoi ça valait le coup d’essayer. Se justifia-t-il.

Tout de suite, nous entendîmes comme un gloussement de rire enfantin dans notre cerveau puis le vaisseau bougea, mais en plus la baie vitrée se mit à afficher des zooms sur la surface. Au bout de 3 tours Cassie s’exclama :

— Là, regardez.

Immédiatement, les 4 pixels qu’elle désignait grossirent et nous pûmes voir une grande construction luxueuse sur une plateforme à plusieurs centaines de mètres des marais toxiques qui recouvraient la majorité de la planète. Autour de cette construction, se trouvait un magnifique jardin constitué des plus belles plantes de l’empire yeerk et notamment les très rares tropette d’exolia4 (qui était un petit arbre de moins d’un mètre produisant des feuilles en forme de boule violette). Mais la somptuosité de ce parc était gâchée par la présence d’une immense sphère métallique qui recouvrait le tiers de sa superficie. Sa forme si caractéristique m’indique qui s’agissait de la sphère de contrôle : le vaisseau personnel de Visser-one. La légende raconte qu’il devait sa forme si caractéristique à la volonté de Visser-one d’optimiser au maximum le rendement des projecteurs de bouclier et de pouvoir très facilement manœuvrer dans toutes les directions. En-tout-cas, il était réputé pour être le vaisseau disposant des meilleures défenses de l’empire yeerk. On dit même qu’il est capable d’encaisser les tirs d’un vaisseau-monde andalite sans broncher.

— Pas de doute, c’est bien là. Vaisseau pose-toi discrètement dans le jardin impérial sans te faire repérer ordonna Jack.

— <Ce serait amusant, mais je risque de blesser les occupant de ses navettes>. Raisonna une voix enfantine aux accents canins dans notre tête. En même temps, les nombreuses autoroutes remplient de drone de livraison et de vaisseau de guerre qui parsemait cette partie du ciel de la planète furent surlignés en rouge.

— Vaisseau, c’est une question de vie ou de mort. Ne peux-tu pas essayer ? Insista Jack.

— <Désolé d’apprendre une si triste nouvelle, mais ma programmation m’interdit formellement de risquer la vie d’autre être sentient. Voici la zone la plus proche où je peux me poser>

— Aussitôt, une grande zone située à environ 300 kilomètres au nord fut surlignée en jaune. C’était l’une des nombreuses taches brunes qui parsemait l’astre qui avait été volontairement laissé vierge de toute construction, afin de permettre à la planète de conserver le minimum de biosphère nécessaire pour qu’elle reste habitable.

— À quelle altitude peux-tu descendre au maximum et te maintenir en vol stationnaire ? Demandais-je.

— <Si le trafic se maintient aux conditions actuelles, je peux descendre au minimum à 50 km de la surface. En dessous, la circulation est beaucoup trop dense.>

— <Trop haut pour que l’on puisse sortir sous la forme d’un oiseau>. Commenta Tobias qui avait parfaitement saisi ma pensée.

— On pourrait sauter et se transformer en oiseau une fois que nous aurons atteint une altitude suffisamment basse. Proposa Jack.

— Tu es fou, c’est beaucoup trop risqué. Sursautais-je.

— On l’a déjà fait. Déclara Jack nonchalamment.

— (Il oublie de dire que cette fois-là on n’a pas tous volontairement sauté de ce putain l’hélicoptère. Tu commences à comprendre qu’ils sont complètement dingues ? Foutons le camp avant qu’ils réussissent à nous faire tuer. Dans ce vaisseau, on pourrait vivre comme des rois. Tu n’aurais même pas besoin de sortir de mon corps). Supplia David avec terreur.

Avec son autorisation, j’explorai ses souvenirs pour voir de quoi il parlait et je dus réprimer une violente envie de gifler Jack en voyant le style de plan suicidaire qu’ils suivaient habituellement. Bon dieu ses gamins n’avaient-ils donc aucun instinct de survie ?

À la place, j’objectai convaincu qu’il serait plus facile de le faire changer d’avis avec des arguments rationnels :

— Mais nous n’aurions plus aucun moyen de rentrer.

— Sauf si nous volons une de ses navettes. Rajouta t’il.

— Et comment comptes-tu voler une navette ? On ne sait même pas où elle se trouve ou qu’elles sont les mesures de protections. C’est une zone de haute sécurité, je te rappelle. Il doit y avoir toute sorte de canon prêt à nous abattre en plein vol dès que sa disparition aura été découverte. Je comprends que tu veuilles en finir vite, mais quelques kilomètres sous forme d’oiseau c’est pas la mère à boire.

— Sous forme d’oiseau peut-être, mais à pied, c’est une autre histoire. Répliqua-t-il.

— Pourquoi diable voudrais-tu parcourir cette distance à pied ? Demandais-je exaspéré.

— Jack la mission passe avant tout. Répondit Marco d’une voie dure.

Je compris alors que ce n’est pas l’aller, mais le retour qu’il souhaitait pouvoir faire sous forme humaine. Il voulait essayer de capturer Visser-one et de le ramener au vaisseau pour le contraindre à libérer la mère de Marco. Si nous nous posions à une distance aussi éloignée, même en volant une navette, nos chances d’y parvenir était considérablement réduite.

— La gravité et l’atmosphère de cette planète est probablement différente de celle de la terre, vaisseaux peux-tu calculer à quelle altitude maximum un faucon peut atteindre ici. Demanda Cassie.

— <2198 mètres maximum, mais la circulation est trop dense pour qu’il soit amusant de voler dans cette zone.>

— Qu’elle est l’endroit le plus proche où tu peux te maintenir à 2000 mètres d’altitude ? Demanda-t-elle.

Une zone située à seulement 70 kilomètres s’afficha en jaune.

— Très bien. On fait le voyage sous forme d’oiseau à partir de là. En n'oubliant pas de noter des points de repère pour retrouver notre chemin jusqu’au vaisseau. Une fois sur place, on part sur un plan classique. On acquiert quelques insectes vivant sur la planète, on se transforme en l’un d’eux puis on s’accroche à un type se dirigeant vers le palais. Une fois à l’intérieur, on trouve un autre coin tranquille pour se démorpher avant la limite des deux heures, puis on se change en cafard pour explorer l’endroit à travers les grilles d’aération. Dès qu’on trouve Visser-one on se sépare en deux équipes. L’une le suivra jusqu’à trouver le moment opportun pour l’enlever pendant que la deuxième cherchera un moyen de choper une de ses navettes. Personne ne se sépare du groupe ou n’agit sans avoir consulté les autres par la pensée. Si on est séparé rendez-vous au vaisseau demain à midi au plus tard. Déclara solennellement Jack.

— Oui suprême leader. Plaisanta Marco en faisant un salut militaire.

— Et si on a une opportunité de le tuer ou qu’on n’arrive pas suffisamment rapidement à trouver un moyen de voler une navette. Demandais-je afin que les choses soient claires dès maintenant.

Il regarda Marco gêné :

— <Alors on devra la tuer.> Déclara Tobias pour épargner à Jack de devoir donner cet ordre.

oOoOoOo

— <Je commence à fatiguer>. Déclara Cassie.

— <Encore un effort, je suis sûr qu’on va trouver> Dit Rachel

— <Moi aussi, je commence à atteindre mes limites et j’ai plus d’expérience que vous. Il faut qu’on se pose. De toute façon, si on continue, on prend le risque de dépasser la limite des deux heures.> Déclara Tobias en jetant un œil à la minuscule montre attaché à sa patte. En l’absence d’Aximili, l’un de nous, était obligé d’en porter une, pour pouvoir mesurer notre temps en morphe.

— <On se pose près de la tour avec une entrée la plus proche et on démorphe> Ordonna Jack sans plus de commentaire

Je ne dis rien, mais j’étais soulagé par cette décision. Au début volé dans l’atmosphère de cette planète à faible gravité, c’était révélé être un vrai plaisir. On ne volait pas, on lévitait. Avant l’arrivée de l’empire, cet astre devait être un paradis pour toute sorte d’espèce volantes (qui n’avait sans doute pas su s’adapter à l’appropriation du ciel par les diverses machines de l’empire).

Cependant, j’avais commencé à déchanter lorsqu’à mi-chemin, une violente douleur m’avait saisi. J’avais l’impression que l’on me perforait de toutes parts avec un couteau. Je criai de toutes mes forces et perdis le contrôle de mon vol et commençai à chuter. Dans un ultime sursaut de consciences, je battis des ailes pour fuir la zone et tout d’un coup tout disparut. Je stabilisai mon altitude et regardai autour de moi pour constater que les autres animorph semblait avoir subi une aventure similaire.

— <Qu’est-ce qu’il s’est passé ?> Demanda Rachel

— <Je ne sais pas, mais quelque chose me dit qu’on ferait mieux de faire demi-tour...> répondis-je

— <Ça ressemble au dispositif de sécurité que visser-3 avait mis en place autour de l’hôtel Mariot> Rajoutât Tobias

— <Tu rigoles, ça n’a rien à voir. Le dispositif de Visser-12 faisait beaucoup moins mal. Ça y est, je suis officiellement devenue fou. Je suis en train de regretter cette larve maléfique.> Objecta Marco.

— <Peut-être, mais Tobias à raison. On doit avoir affaire à un dispositif similaire. Une arme ou un champ de force doit infliger cette douleur à tout ce qui vole sans autorisation dans la zone. Thévenin une idée sur comment le repérer et l’éviter>

— <Pas la moindre.>

— <Bon, on fait un large détour et on ressaye de s’approcher du palais.>

Mais à chaque fois nous fument arrêter par la même barrière de douleur. Il semblerait qu’il soit impossible de s’approcher de trop près du palais impérial par les airs. Une fois à terre je me démorpha et savoura le silence dans ma tête. Ses séances de douleur avaient au moins eu pour effet positif de fatiguer suffisamment David pour qu’il cesse de m’haranguer ou de tenter de trahir les animorph. Quoiqu’il aurait été sans doute plus juste de dire qu’elles l’avaient traumatisé. Mais ce n’était pas le bon moment pour que mes réflexions partent dans cette direction (quoi qu’il en dise, je n’avais pas d’autres choix que de lui faire subir ça).

— Tout le monde va bien ? Demanda Jack une fois que le dernier d’entre nous fut démorphé (sauf Tobias dont la forme naturelle était un faucon).

— Beurk, qu’est-ce que ça pue. Se plaignit Rachel en tentant de rester en équilibre sur l’un des rares rochers émergeant péniblement de l’eau stagnante du marécage où nous pataugions tous pied nu (aucun de nous n’avait trouvé de moyen de conserver ses chaussures lors de la transformation).

— Je crois que c’est du soufre. Ça pue, mais à priori, ce n’est pas dangereux. Déclara Cassie.

— On ferait quand même mieux de ne pas s’éterniser. La capitale est réputée pour ses marais toxiques. Dis-je.

— Charmant. On peut dire que les yeerks ont du goût pour choisir leur monde. Commenta Marco.

— Premièrement, on n'a rien choisi du tout, on a pris ce qu’on voulait bien nous laisser après que les andalites nous ait chassé de notre monde natal. Deuxièmement, les planètes plus accueillantes de l’empire sont avant tout destinées à l’élevage de la nourriture des taxxons et de nos autres hôtes (et aussi de lieu de villégiature pour les yeerk les plus haut placés, mais ça, je ne le dis pas). Troisièmement nos planètes ne sont peut-être pas aussi magnifiques que la terre, mais nous au moins on les respecte. M’énervais-je.

— Calmez-vous. Je sais que tout le monde est fatigué, mais on est tous dans la même équipe, au cas où vous l’auriez oublié. Stoppa immédiatement Jack.

— Désolé. S’excusa Marco. C’était juste une remarque pour détendre l’atmosphère.

— Ça va, je n'aurais pas dû m’énerver juste à cause d’une mauvaise blague. M’excusais-je à mon tour.

— Hé, c’était censé être des excuses. Se plaignit Marco avec un sourire.

— Marco, il va falloir admettre l’horrible vérité. Tes blagues sont atroces. Le taquina Rachel comme à son habitude.

— Si même princesse Xena se met du côté des yeerks maintenant. Répliqua Marco.

— Bien. Je propose qu’on rentre à l’intérieur et qu’à partir de maintenant, on continue à pied. Des objections ? Les interrompit Jack.

— <Des humains, ne risque-t-il pas de se faire remarquer ?> Demanda Tobias.

— Non. Des millions d’humains ont été déportés aux quatre coins de l’empire pour servir d’hôtes. Ils sont encore rares, mais ça ne devrait pas paraître étrange d’en voir à la capitale. De toute façon, l’empire a asservi tellement d’espèces différentes que plus aucun yeerk ne peut prétendre toutes les connaître. Par contre sous sa forme d’oiseau Tobias risque d’attirer l’attention. Répondis-je.

Aussitôt, Tobias commença à changer pour prendre l’apparence d’un jeune garçon au cheveu brun de l’âge de Jack. Et nous passèrent le sas où nous eûmes la désagréable surprise de devoir subir un scan. Au bout de quelques minutes angoissantes, la porte intérieure du sas s’ouvrit et une voie déclara en galard (la langue galactique commune) :

— Aucun andalite détecté. Aucune Arme détectée. Éradication des pathogènes inconnues terminées. Vous êtes autorisé à pénétrer dans le block568. Que le Kandrona vous soit doux.

— On peut y aller. Expliquais-je.

Nous pénétrâmes dans un vaste couloir en acier à l’air négligé parsemé d’habitation et de dépôt où les habitants venaient se servir en divers objets et denrées pour leur hôte. Plus nous nous avancions plus je me posais des questions. Déjà, je ne comprenais pas pourquoi tout avait l’air aussi délabré. Nous étions au centre de l’empire le plus puissant de la galaxie que diable. Je m’attendais à ce que l’intérieur soit aussi flamboyant que ne le suggérait la majesté de ses incroyables construction. Aussi lisse et dénue de tout défaut que si elle venait d’être construite. À certains moments, nous eûmes même à slalomer pied nu entre des flaques d’un liquide qui je l’espérais n’était que de l’eau.

Mais au fil du temps, je cessai de regarder les lieux d’un œil critique pour me concentrer sur les habitants. Contrairement à ce que j’espérais, nous ne passions pas inaperçus. La foule composée de diverse espèce dont je ne reconnus que la moitié se retournait sur notre passage et nous lançais des regards menaçant. Pour accentuer cette ambiance angoissante, tous semblaient plus ou moins estropiés. Chez les espèces que je reconnaissais, je n’en ai pas vu, dont une main ou un tentacule n’était pas remplacé par une prothèse ou qui n’arborait pas d'hideuse cicatrice.

Nous continuâmes à marcher le long de l’avenu principal en faisant de notre mieux pour les ignorer jusqu’à ce que le chemin ne débouche sur un immense carrefour avec au centre un grand bassin d’où émanait du plafond une intense lumière. Nous étions arrivés à la piscine yeerk de ce secteur. Tout le long se trouvait divers aliens dont la tête était enserrée dans des colliers qui les obligeaient à maintenir la tête dans l’eau. Certains pleuraient et criaient, mais la plupart attendaient résignées à leur sort. Nous fîmes précipitamment demi-tour tentant d’ignorer ce que même sans comprendre la langue nous interprétèrent tous comme des appels à l’aide, lorsqu’un hork-bajir estropié nous bloqua la route.

— Alors les hauts gradés. Notre piscine n’est pas assez bien pour vous. Vous savez moi je ne suis pas susceptible, mais mes amis pourraient mal le prendre. Menaça t’il en galard.

Aussitôt 3 gedds équipé de couteau à l’air mauvais et un sirtlin (une sorte de serpent géant avec 4 bras) sortirent de l’ombre et nous encerclèrent.

— Qu’est-ce qu’ils nous veulent Demanda Cassie.

— (Ça y est, on va mourir.). Hurla David dans ma tête

— Je n’en sais rien, mais ils vont voir de qu’elle boit, on se chauffe. Déclara Rachel en entament sa transformation en grizzly.

— Rachel arrête. Il ne faut pas que les yeerk sache qu’on est ici. Ordonna Jack. Thévenin essaye de négocier.

— Vous faites erreur. Nous sommes de simple soldat perdu….Tentais-je d’expliquer, mais le hork-bajir contrôleur m’interrompit.

— Ouais, c’est ça. Prenez-nous pour des isquash. Vous pensiez que vous pourriez vous pavaner dans les bas-fonds avec vos hôtes humains sans que cela n’ait de conséquence. Apparemment, c’est vrai ce qu’on dit. Plus on monte haut dans la hiérarchie plus on devient stupide. Mais vous avez de la chance, nous ne cherchons pas les ennuis. Juste à améliorer notre ordinaire. Dirigez-vous gentiment vers le bassin et peut-être qu’on vous laissera un hôte sur le bord de la piscine pour que vous puissiez rentrer dans votre secteur. Il n’y a pas de raison que l’on doive se contenter d’hôte abîmé par la guerre, quand certains usent de leur privilège pour s’octroyer des hottes de grand confort au détriment de nos soldats.

Répondit le hork-bajir en exhibant sa lame. Pendant que les autres se mirent à rigoler méchamment.

— Je ne sais pas ce que tu leur as dit, mais ça n’a pas semblé les convaincre. Commenta Jack.

— Ils veulent nous voler nos hôtes. Apparemment, les humains ont beaucoup de valeur. Je crois qu’on ne va pas pouvoir échapper à un combat. Leur expliquais-je.

— Rachel commence à te transformer en ta forme la plus puissante. Les autres déplacez-vous de manière à la cacher le plus longtemps possible. Thévenin fait les patienter. Ordonna Jack.

— C’est fini les palabres. On commence à s’impatienter. Si vous voulez discutailler, faites-le, en galard qu’on puisse en profiter.

— S’il vous plaît, attendez. On va vous obéir. C’est juste que mes amis ne parlent pas le galard, alors je dois leur traduire vos instructions et leur faire accepter.

— Comment ça, il ne parle pas le galard ? D’où est-ce que vous avez dit que vous veniez déjà ?

Avant que je ne puisse rattraper ma bourde, une sirène hurla et le couloir se vida brusquement de tous les habitants.

— Merde la milice. Vous avez de la chance les planqués. Mais on se reverra.

Dit-il avant de fuir. Juste après deux navettes arrivèrent dans le couloir et braquèrent brusquement des rayons immobilisant dans toutes les directions. Heureusement, je pus les esquiver et me cacher dans un coin sombre avec les autres. Malheureusement, ce ne fut pas le cas de Rachel qui arborait maintenant une apparence dégoûtante à mi-chemin entre le grizzli et l’humain (très peu efficace pour courir). Néanmoins, elle ne dépareillait pas dans l’ensemble incohérent d’alien qui avait été chopé au hasard par le rayon (dont l’un des gedd qui avait tenté de nous malmener).

— La zone administrative à subit plusieurs tentatives d’intrusion par les airs. Les auteurs sont soupçonnés d’avoir pénétré sans autorisation dans le block568. Pour votre sécurité, veuillez collaborer avec les autorités. Hurla une voie en provenance de la navette de la milice.

— Il faut aller sauver Rachel. Hurla Tobias prés à se précipiter sur le véhicule.

— Qu’est-ce que vous préparez les mariolles ? Vous ne croyez pas que vous nous avez déjà suffisamment attiré d’ennui comme ça. Arrêter vos conneries ou la milice sera votre dernier souci. Dit le chef de la bande en mettant sa lame sous la gorge de Tobias qui déglutit. Malgré la lourdeur de son hork-bajir, il avait réussi à se faufiler dans notre dos sans que je ne remarque rien.

— Vous allez laisser votre pote être arrêter sans rien faire ?

— Il sortira vite. On s’est fait choper tellement souvent qu’on connaît mieux les gardiens de la prison que nos éleveurs assignés. Ironisa le hork-bajir contrôleur.

— Mon ami n’aura pas cette chance. Lorsqu’ils découvriront son identité, elle sera directement envoyée dans les geôles de Visser-one.

— Je commence à comprendre. Vous êtes des opposants en fuite. Peut-être même des membres du conseil des 13. Dit-il avec un regard de convoitise à notre adresse.

— Pas exactement. Dis-je en sortant d’une main experte le pistolet à rayon Draco miniature que j’avais transporté accroché à mes pattes de faucon, puis caché dans mon sous-vêtement.

— Pfoui ! Ça, c’est du matos de pro. Ok les glandus. Leur navette est protégée par un bouclier, mais il est plus faible à l’arrière. Si vous attendez que leur navette fasse demi-tour pour leur tirer dessus, alors vous devriez pouvoir l’imobiliser. Si vous faites ça, moi et mes gars, on pourra leur sauter dessus. Vous vous restez à l’écart et vous nous couvrez avec vos joujoux. Vos hôtes fragiles ne feraient que nous gêner.

— Pourquoi vous voudriez nous aider ?

— Pouvoir se farcir un impérial est déjà une bonne raison. Et puis comme vous l’avez dit, je ne peux pas les laisser embarquer mon corassan sans rien tenter. Mais ne vous méprenez pas. Il s’agit juste d’un échange de bon procédé. Si je vous revois sur mon territoire, je vous fais la peau. C’est clair ?

— Limpide. Répondis-je

— Écoutez, on a peut-être être encore une chance de rester discret. Nos amis vont tenter un assaut. Laissez-les se faire tuer à notre place et ne vous transformait que s’ils échouent. Expliquais-je aux animorphs.

— (Un plan digne d’un traître) commenta David dans ma tête.

— (J’aurais pensé que tu approuverais tout plan consistant à éviter de mettre ton précieux corps en danger)

— (Je ne dis pas le contraire. Je souligne juste que malgré tous vos beaux discours, vous ne valez pas mieux que moi)

— (Je n’ai jamais dit le contraire. C’est plutôt Jack et les autres qu’il faudrait convaincre. Si tu n’avais pas essayé de les tuer, il serait sans doute plus réceptif à tes arguments.)

— (Je considère qu’ils ont commencé en premier)

— (C’est une interprétation audacieuse des événements. Et tu le sais parfaitement. )

— (Comme tu peux lire mes pensées, tu sais aussi que j’..)

— (Assez ! J’ai besoin de me concentrer. Si tu tiens vraiment à la vie, alors tais-toi jusqu’à ce qu’on soit tiré d’affaire)

— (C’est justement de ça dont je voulais te parler. Vous me contraigniez à risquer ma vie pour votre cause et après vous vous plaignez que je résiste.) Néanmoins, après cette dernière objection, il redevint silencieux.

Je me mis en joue et attendis. Je retins ma respiration pendant que la navette s’engagea dans la ruelle en face de la nôtre à la recherche d’une nouvelle cible. Mais ses occupants, c’était depuis longtemps mis à l’abri à l’intérieur des habitations ou avait fui. Une fois qu’elle nous eut dépassé, je visai, puis tirai en continu jusqu’à vider mon chargeur, en tentant de faire abstraction de l’horrible boucan des impacts qui ne manquerait d’attirer des renforts. Lorsque je levai enfin les yeux, ce fut pour visionner une scène de cauchemar. La navette privée de ses boucliers était prise d’assaut non seulement par nos agresseurs, mais également par tous les habitants de la ruelle qui semblait les avoir rejoints spontanément. Ils réussirent à arracher l’une des portières métalliques et à en extraire un alien en uniforme qui fut mis en pièces par la foule vengeresse. Pus l’un deux dû réussir à atteindre les commandes, car subitement le rayon traqueur qui maintenait paralyser les victimes de la rafle se désactiva et les prisonniers commencèrent à s’enfuir.

Tobias utilisa ses capacités télépathiques pour crier par la pensée à Rachel de fuir dans leur direction sans que personne d’autre que nous ne put l’entendre. Elle profita de la confusion pour redevenir totalement humaine et courue nous rejoindre lorsqu’un tir se fit entendre. Les émeutiers commencèrent à fuir. Un taxxon en uniforme armée d’un vieux modèle de rayon Draco sortit du véhicule et commença à mitrailler la foule (en visant tout particulièrement les prisonniers en fuite). Si rien n’était fait, Rachel n’aurait jamais le temps de s’en sortir. Cependant, nous étions trop loin pour pouvoir intervenir à temps. Il braqua son rayon dans sa direction et s’apprêta à tirer. Mais il hurla de douleur lorsque qu’un corbeau lui arracha les yeux. Sans que je ne le remarque Tobias avait repris sa forme normale et voyant Rachel en danger s’était précipité sans considération pour sa sécurité (ou notre secret) sur son agresseur.

Au loin, je crus entendre le bruit d’une autre navette qui approchait. Nous fuirent en courant avant de pouvoir savoir si j’avais bien entendu.

oOoOoOo

— Je vous en prie choisissez-moi, je ferais un bon hôte.

À force de fuir, nous avions finalement atteint un ascenseur à anti-gravité qui nous avait mené vers les niveaux supérieurs (la seule difficulté avait été de devoir se transformer en insecte pour passer les postes de contrôles). Cette fois encore nous attirions les regards de suspicion, mais ici c’était à cause de notre tenu débraillé et de la saleté qui nous recouvrait depuis notre visite des bas-fonds. Même si à divers endroits, je repérais des traces de délabrement la propreté des lieux était irréprochable. Non seulement les hôtes de cet étage étaient en bon état, mais plus nous enfoncions en direction du palais plus ils arboraient des vêtements richement décorés de divers objets brillant qu’affectionnaient les yeerks.

Les dépôts aussi étaient de plus en plus fournis. Si au début il ne proposait que des objets basiques comme de la nourriture ou des vêtements pour les hottes très vite, nous vîmes des boutiques proposant des œuvres d’art, divers gadgets de loisir ou des outils pour pouvoir dresser son hôte ou l’immobiliser pour que son yeerk puisse sortir de son corps en toute sécurité. Lorsque Cassie, curieuse de tout m’avait demandé ce qu’indiquait l’enseigne et à quoi servait ses objets, j’avais piteusement inventé un pieux mensonge qui ne sembla pas tromper son incroyable perspicacité. Cependant, elle fit comme si elle n’avait rien remarqué et passa à autre chose sachant que les autres membres de l’équipe n’auraient pas sa modération.

Néanmoins quand nous atteignirent cette boutique elle-même fut prise d’un violent dégoût. Devant nos yeux, se tenait une bonne dizaine d’humain estropié dans des cages avec sur le devant des étiquettes précisant leurs caractéristiques. Au fronton de la boutique, se tenait un magnifique écriteau indiquant en galard : « Hôte d’occasion de luxe ». Puis à la craie : « Cette semaine arrivage exceptionnel d’humain jeté par l’armée. Venait tester leurs incroyables sens »

Si la plupart se tenaient immobile zombifié ou traumatisé par les conflits, les rares, encore capables de bouger suppliaient les passant (en anglais) de les choisir comme nouvelle hôte, sans savoir que les yeerks présent ne les comprenait probablement pas.

— Pitoyable. Commenta Rachel en désignant un homme de 30 ans qui s’était littéralement agenouillé pour convaincre de sa docilité un yeerk qui s’était arrêté pour examiner le contenu des cages.

— Pour une fois, je suis d’accord avec Xena. Rajouta Marco en faisant un effort pour s’arracher à ce spectacle.

Avant que je ne puisse les admonester de s’être exprimé en anglais en public, un taxxon à la cape décorée de l’équivalent des galons de colonel chez les humains, nous bouscula et entra précipitamment dans la boutique. Il parla fortement sans se soucier d’être entendu de tout les passant en utilisant la langue des taxxons :

— Vous avez reçu un nouvel arrivage de ses succulents humains. Le visage des taxxons étaient peu expressifs, mais même de l’endroit éloigné ou nous nous situions son avidité transparaissait clairement.

Un des yeerk occupé à nettoyer une cage vide se précipita vers le nouvel arrivant et lui répondit obséquieusement :

— Ravis de vous revoir seigneur Oltri147. Vous êtes bien informé. Cependant, je vous saurais gré de choisir en priorité les invendus de notre précédente cargaison.

Il resta silencieux quelque seconde puis répondit :

— Par reconnaissance pour votre capacité à vous procurer les meilleurs mets de la galaxie, mon taxxon accède à votre requête. Mais il espère que la prochaine fois votre échoppe sera mieux fournit.

— C’est que la vitesse de progression des andalites ne permet plus toujours de récupérer nos blessés.

— Saleté de racaille andalites. Ça parle d’honneur toute la journée, mais ça ne respecte même pas le plus élémentaire des règles d’engagement. Dit-il avant de se précipiter sur l’homme que Rachel avait trouvé si pitoyable et de le dévorer vivants (dans l’indifférence totale des nombreux passants).

Puis il se tourna vers les autres occupant de la cage. Le spectacle était si horrible que même David demanda :

— (On ne peut rien faire pour les aider ?)

— (Pas sans compromettre notre mission.)

— (Mes parents ?)

— (C’est possible. Après notre révolution, ils n’avaient plus aucune valeur en tant qu’otage. L’empire les a probablement envoyés aux fronts. Plus le temps passe, plus les chances de les retrouver indemne diminue.)

Nous reprîmes notre route silencieusement. Aucune d’entre nous n’osait parler de ce que nous venions de voir. Nous nous sentions tous coupables, mais malgré leur jeunesse, ils avaient déjà suffisamment d’expérience des combats pour accepter qu’ils ne pouvaient pas sauver tout le monde.

Rapidement, nous aperçûmes le palais à travers une vaste vitre blindée à côté d’un poste de garde doté d’un impressionnant dispositif de sécurité, qui serait sans doute bien plus difficile à passer que les précédents.

oOoOoOo

Étonnamment s’infiltrer dans le palais de l’empereur avait été la partie la plus facile du voyage. Malgré nos craintes initiales, nous n’avions rencontré aucune difficulté. Mieux la chance semblait de notre côté pour une fois.

À peine avions-nous commencé à espionner les lieux qu’une grande affiche dans la salle de repos des domestiques nous informa qu’à partir de 21 heures ce soir, Visser-one s’enfermerait seul dans l’aile est pour se reposer et ne souhaitait être dérangé sous aucun prétexte. C’était un comportement assez inhabituel pour un visser. D’habitude, ils passaient leur temps libre dans des soirées où toute une cohorte d’admirateurs se pressait pour chanter leur exploit dans l’espoir d’obtenir différents privilèges. Les plus malins des vissers (dont faisaient indéniablement partie Visser-one) n’étaient pas dupes et rejetaient poliment ses sollicitations et profitaient plutôt de ses soirées pour développer leur réseau et nouer des alliances utiles avec de puissants yeerk. Mais la plupart se noyaient sous les compliments et finissaient par se convaincre eux-mêmes de l’exceptionnalité de leur qualité.

C’est donc avec confiance que nous nous dirigeâmes, vers ses quartiers sous forme de cafard. Notre plan était simple. Assommer Visser-one par surprise avant qu’il ne puisse donner l’alarme. Puis, je prendrais l’apparence de son hôte (pour des raisons éthiques que j’avais du mal à comprendre les animorph s’interdisait d’acquérir des êtres conscients sans leur accord, mais ils conclurent que Marco pouvait décider à la place de sa mère). Ensuite, nous métrions Visser-one, dans un sac et les autres animorph prendrait l’apparence de garde hork-bajir. Ainsi nous pourrons-nous faire passer pour Visser-one accompagné de son escorte et réquisitionner une des navettes qui était stationné dans les jardins pour rentrer sur le vaisseau Pemalite. Si tout se passait comme prévu, nous serions rentrés sur terre avant que la disparition de Visser-one ne soit découverte.

Peut-être même que je pourrais en profiter pour accéder au terminal de Visser-one et faire une copie de ses données. En plus de l’utilité milliaire évidente, nous aurons peut-être la chance de découvrir ce que les parents de David étaient devenus. S’ils étaient encore en vie, une fois rentrée, nous pourrions essayer de monter une mission de sauvetage.

Malgré les sens limités du cafard, nous trouvâmes rapidement la seule pièce occupée de cette aile du palais. Je passai un coup d’œil à travers la grille d’aération et mon cœur fit un bond. La pièce était plongée dans le noir à l’exception d’un écran d’ordinateur sur lequel pianotait l’unique occupant de la pièce : Visser-one.

— <Jackpot> m’exclamais-je par la pensée en prenant garde de ne pouvoir être entendu que par mes coéquipiers. Le langage pensé des andalite était décidément bien pratique. Quel dommage que nous devions être en morph pour pouvoir l’utiliser.

— <Allez on y va > s’exclama Marco tout aussi enthousiastes que moi

— <Lets go> répondit Rachel.

— <La situation est idéale, mais restons prudents et patients. Il faut d’abord l’encercler pour être sûr qu’elle ne puisse pas s’échapper et s’assurer qu’elle n’a aucun moyen de donner l’alarme avant de lancer l’assaut.> Dit Jack avant de commencer à sortir.

— <Attendez> dit Cassie.

— <Quoi ?> Demanda-t-on tous de manière synchronisée.

— <Vous ne trouvez pas que c’est trop simple ? Que ça fait beaucoup de coïncidences qui vont dans notre sens.>

— <Je suis le premier à dire que lorsque Rachel dit lets-go, il faut fuir dans l’autre sens en courant. Mais on ne va pas reculer aux derniers moments, juste parce que tu as un pressentiment.> Objecta Marco avec plus d’impatience qu’il n’en avait jamais manifesté.

— <On devrait au moins prendre un peu le temps d’y réfléchir et d’examiner la pièce. D’ailleurs, vous ne trouvez pas qu’il y a une odeur bizarre ?> protesta Cassie calmement.

— <Maintenant, qu’elle le disait, c’est vrai que les sens du cafard repéraient la présence d’une flagrance qui ne se trouvait pas dans le reste du palais. Malgré mes efforts, je ne parvins pas à l’identifier.>

— <Peut-être que c’est juste l’odeur de Visser-one. Peut-être que ma mère à… Enfin, peut-être que c’est ce que sent un cafard quand une femme a sa période.>

— <Marco, ça va, tu peux dire le mot règle. Sur terre, on a souvent pris cette forme et je n’ai jamais senti ça. C’est autre chose. Quelque chose que l’on n’a jamais rencontré. > Objecta Rachel pour défendre sa meilleure amie (bien que cela se voyait qu’elle était pressée de passer à l’action).

— <On ne va pas abandonner à cause d’une odeur.> Contesta Marco

— <Non, mais on peut, peut-être se poser et réfléchir 5 minutes > Opposa Cassie.

— <Réfléchir à quoi ? On a une occasion en or et si on attend trop elle risque de nous échapper. On fait quoi si Visser-one décide de quitter le palais en secret ?> Riposta Marco avec ardeur.

Comme d’habitude dans cette situation, Jack intervint pour trancher :

— <Marco à raison. On n’aura jamais une occasion plus parfaite. Il faut tenter le coup. Mais restez prudent. Tobias et Rachel vous rester dans le conduit d’aération et vous interviendrez uniquement en cas de besoin. >

Cela sembla satisfaire Cassie, mais beaucoup moins Rachel qui s’accommodait difficilement de rester à l’écart des combats. Cependant, c’était un choix logique qu’elle était obligée d’approuver. Elle était la meilleure guerrière du groupe et celle dont les transformations étaient les plus destructrices. Donc celle, la moins utile pour une mission consistant à capturer la cible vivante. Et au contraire la mieux placé pour nous venir à l’aide en cas de problème. Et Tobias et Rachel avaient tendance à perdre les pédales lorsque l’autre était capturé ou en danger de mort. Jack faisait donc en sorte de les mettre le plus possible dans le même groupe lorsqu’il devait se séparer au cours d’une mission (sans compter que lui-même préférait avoir Cassie à ses côtés).

Nous sortîmes prudemment de la conduite d’aération et glissâmes le long du mur pour atteindre le plancher ? Puis ne repérant toujours aucun piège, nous nous séparâmes, en courant le plus vite possible chacun d’un côté de la pièce. Au milieu du parcours, je ressentis quelque chose d’étrange au niveau de mes pattes et demanda aux autres par la pensée :

— <Il y a un liquide bizarre par terre>

À peine eu-je prononcé cette phrase qu’un éclair éblouit la pièce et je ressentis une intense douleur. Mes pattes fusionnèrent et ma cage thoracique grandit peu à peu jusqu’à exploser. Je crus que j’étais mort, mais la réalité révéla bien plus terrible encore. Sous le sourire goguenard de Visser-one et le hurlement strident d’une alarme qui ne tarda pas à attirer une armée de hork-bajir-contrôleur, je reprenais ma forme initiale.

— Au secours, arrêtez-les. Ils ont tué l’empereur. Hurla Visser-one en Galard.

Je regardai par terre. Le liquide étrange dans lequel j’avais marché était en fait du sang qui s’écoulait de l’hôte sauvagement mutilé de l’empereur yeerk.

Cassie avait eu tort. Ce n’était pas un piège, mais un complot. Je tentai de me retransformer, mais j’en fus incapable. Je jetai un regard autour de moi et constata que Jack, Marco et Cassie étaient dans la même situation que moi.

Évasion de la capitale des yeerk

— En ce triste jour, ce n’est pas en tant que Visser-one que je m’adresse à vous, mais en tant que simple yeerk traumatisé par l’incompréhensible crime que les traîtres alliés aux andalites ont osé commettre. Avec l’aide de mes opposants, un groupe d’humain doté par les andalite de la technologie de morph s’est introduit dans le palais impérial et a sauvagement assassiné l’intégralité de la famille impériale, y compris les larves.

La preuve est faite s’il en était nécessaire que ses soi-disant défenseurs de la paix n’ont pas fait seulement sécession de l’empire, mais également de notre race. Nous devons leur faire payer cet acte odieux et s’assurer que plus jamais ils ne retenteront une telle atrocité. C’est pourquoi j’annonce une grande purge à l’encontre des mouvements séditieux et que dès demain, je prendrais moi-même la tête d’une grande flotte pour aller mater la révolte des colonies extérieures, en commençant par celle dont sont originaires les terroristes : La terre. Mais comme je vous l’ai dit en introduction, si j’ai pris la parole aujourd’hui ce n’est pas seulement pour vous parler des mesures que je prendrais en tant que visser. Mon but premier était de partager et d’apaiser la peine et la peur que nous ressentons tous en ce jour. Je sais que cette succession de catastrophes ininterrompue, qui ont en très peu de temps bouleversé notre monde, a pu angoisser bon nombre d’entre vous. Cependant, je peux dès aujourd’hui vous rassurer. Ses catastrophes ne sont pas une fin, mais un début. Le début d’une phase de renaissance pour l’empire dont il sortira plus fort que jamais. En effet aussi dramatique que soient les événements, nous devons dès maintenant penser à la suite. Pendant mon absence, le sénat commencera à débattre d’une série de réformes pour rendre notre empire plus fort et du choix d’un nouvel empereur. En attendant, j’assurerais l’intérim sous le poste de premier consul de l’empire yeerk.

À partir de ce moment, je cessai d’écouter le discours de Visser-one. Après la débâcle nous avions été rapidement capturé et enfermé dans des cages réservées aux andalites semblable à celle où David avait passé tant de temps. Il s’agissait d’un cube transparent de plusieurs centimètres d’épaisseur dans un matériau aussi dur que l’acier. Une fois refermé la cage semblait ne pas avoir le moindre trou vers l’extérieur ce qui entraînait une peur irrépressible d’étouffer chez les hôtes humains (et un sentiment d’enfermement démultiplié comparé aux prisons humaines). Mais ce n’était qu’une illusion. Les parois étaient en fait percées de multiples trous d’un nanomètre de diamètre qui permettait à l’air (et à divers anesthésiant que l’on administrait aux prisonniers avant d’ouvrir leur cage) de passer, tout en interdisant à un andalite de s’échapper en prenant la forme d’un animal extrêmement petit. La seule forme de vie assez petite pour passer par ses trous serait une bactérie, mais à cette taille parcourir les 5 centimètres d’épaisseur de la cage prendrait bien plus de deux heures (à supposer que l’on puisse se diriger en ligne droite sous cette forme).

La seule chose qui empêchait Jack, Marco et Cassie de devenir fous dans ses cubes était les messages que Rachel et Tobias nous envoyaient régulièrement pour nous affirmer qu’ils viendraient nous libérer dès qu’une occasion se présentera. Par signe Jack avait essayé de leur dire discrètement de prendre leur temps sans savoir s’il était en mesure de le voir ou de comprendre ses signes. Il ne fallait pas qu’eux aussi tombe dans un piège. J’aurais aimé qu’il s’abstienne de donner cet ordre, mais il nous était totalement impossible de communiquer. Pour le moment Visser-one et son escorte, s’était contenté de transporter nos cages d’un bout à l’autre du palais pour pouvoir nous exhiber encore couvert du sang de l’empereur au plus de caméra et de témoin possible. Ainsi, pour tous les yeerk de l’empire, notre culpabilité serait une évidence indiscutable.

Après quelques heures de ce régime, ce que je redoutais arriva. Les journalistes, enquêteur, diplomate et autre yeerk haut placé disparue petit à petit. Ne restait dans le palais que Visser-one et ses soldats. Nos cages furent alors déplacées dans une pièce sinistre recouverte de trace de sang multicolore et d’outil dont l’usage ne faisait aucun doute où nous restâmes seuls quelques instants. Cependant ce ne fut pas un bourreau qui pénétrât dans la pièce, mais Visser-one en personne :

— Alors comme ça, le fils de mon hôte est un de ses humains possédant le pouvoir de morph qui ont causé tant de tort à cet incompétent d’Esplin9466 (c’était le nom de naissance de Visser-12). Ce jour-là sur terre, tu as pris le risque de venir me voir en sachant qui j’étais. Pourquoi as-tu fait ça ?

— Allez-vous faire foutre. Répondit Marco en crachant dans sa direction.

— Qu’est-ce que c’est que ses manières, jeune homme ? Ta mère ne t’a pas élevé comme ça. Le nargua Visser-one avant de partir dans un fou rire. Puis il redevint sérieux :

— Et si je te proposais de libérer ta mère, qu’en dirais-tu ?

— Je dirais qu’il s’agit d’un mensonge. La rembarra Marco.

— Tu as tort, mon offre est totalement sincère. Cependant, elle n’est pas gratuite. Si tu acceptes de remplacer ta mère en tant que mon nouvel hôte, alors je la libérerai. Elle pourra vivre sur une planète de l’empire de son choix sans jamais avoir un yeerk dans la tête.

— Plutôt crever que de donner aux yeerks des hôtes avec le pouvoir de morph. Riposta Jack a sa place.

— Oh, mais vous n’aurez pas ce choix. Elle désigna du doigt une sorte de projecteur qui se trouvait juste au-dessus de nos cages :

— Vous avez sans doute cru qu’il s’agissait d’un simple élément de décoration, mais il s’agit en fait d’une invention à la pointe de technologie yeerk : un rayon de démorphing. Si vous tentez quoi que ce soit, il s’activera automatiquement et vous empêchera de vous transformer. Grâce à vous, nous avons pu prouver son efficacité et il sera bientôt déployé sur tous les champs de bataille. Ils ne le savent pas encore, mais les andalite vont perdre l’un de leur meilleur atout dans ce conflit. L’agaçante capacité qu’ont leurs soldats de guérir de n’importe quelle blessure en quelques secondes ou de brusquement prendre la forme d’un monstre de plusieurs mètres après avoir contourné nos lignes sous la forme d’un insecte microscopique. Admettez l’eux. Dorénavant, vous êtes totalement impuissant face à nous. Votre seul choix est de vous soumettre volontairement. Et bientôt, ce sera le cas de toute la galaxie. Y compris de ses arrogants andalites.

— Même avec cette technologie, l’empire n’a aucune chance face aux andalites. La seule raison pour laquelle on faisait jeux égale avec eux, c’est parce qu’ils le voulaient bien. Si leurs dirigeants n’avaient pas fourni des vaisseaux et des informations à Visser-12 … Commençais-je à dire, mais Visser-one m’interrompit :

— Ne me dites pas que vous croyez à cette théorie du complot débile. Le gouvernement andalite n’a jamais aidé Visser-12. Il s’agissait à chaque fois de quelques andalite isolé que Visser-12 avait réussi à convaincre de l’aider temporairement. Visser-12 était un incompétent et un salaud, mais je dois bien reconnaître que ce n’est pas un hasard s’il est le seul yeerk à avoir jamais réussi à infester un andalite. Il était littéralement passionné par les andalites et leur civilisation. En fait d’une certaine façon, il les aimait. Peut-être plus que les yeerk. Même prendre le contrôle d’un authentique andalite n’a pas suffi à assouvir sa passion pour ses maudits canasson. Il a continué à détourner des moyens colossaux à la moindre rumeur lui promettant de mettre la main sur un objet ou une bribe d’information sur les andalites. Vous verriez la caverne d’Alibaba qu’il avait réunie dans son ancien domaine de la capitale. Mais bref je m’égare. Dans sa quête insensée, il est parfois tombé sur des choses … Intéressante dirons-nous. Des moyens de pression, de faire du commerce, et même parfois d’aider un andalite se trouvant dans une mauvaise posture, loin de ses lignes. Bien sûr pas la moindre trace de gentillesse ou de pitié dans ses actes. Visser-12 était le seul yeerk de tout l’empire capable de comprendre suffisamment l’absurde mentalité andalite pour les manipuler et les convaincre de trahir leurs races. En même temps, ce n’est pas si étonnant. Une race capable de faire la guerre pour l’honneur ne pouvait être compris que par quelqu’un d’aussi fou que Visser-12. Quelle joie que vous l’ayez tué. Je n’arrive pas à croire que cet idiot ait réussi pendant si longtemps à faire obstacle à mes plans. Mais j’ai assez parlé. C’est à vous maintenant. J’ai tellement attisé la colère de l’empire contre vous que je vais devoir vous torturer jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais si vous vous montrer coopératif, alors je pourrais transformer certain d’entre vous en hôtes. Dites-moi comment vous avez pénétré les défenses de la capitale ? Où se trouve votre vaisseau ?

— En voyant qu’on a été capturé, il est déjà reparti. Mentit Cassie précipitamment.

— Intéressant. C’est donc toi qui seras épargné. Dommage, j’aurais bien voulu savoir ce que ça faisait d’avoir un hôte mâle. À moins que l’un d’entre vous ne me dise où se trouvent vos complices. Et inutile de nier. Les vidéos de votre intervention contre les forces de sécurité des bas-fonds qui nous ont permis de détecter votre présence, montre que vous êtes au moins 5. De toute façon, dès que je vous aurais infesté, je le saurais.

— Allez crever. Crièrent-ils tous en cœur.

— Marco sache que ta mère souhaite que tu parles pour que tu sois épargné. Déjà que je trouve très égoïste de ta part d’avoir refusé de te sacrifier pour la sauver.

Pour la première fois, je sortis de mon silence :

— Pourquoi vous faites ça ? Ça vous sert à quoi ? Si vous voulez de nous comme hôtes, vous n’avez qu’à nous prendre. Et si vous voulez des infos vous n’avez qu’à les rechercher dans notre tête.

— Je n’ai pas le droit de m’amuser ? Répondit Visser-one avec un sourire qui donnait l’impression d’être une gamine prit en faute.

— Contrairement à la plupart des visser, vous n’avez pas la réputation d’être sadique. Répondis-je sans cacher ma déception en voyant une fois de plus mes illusions sur l’empire voler en éclats.

— Qu’est-ce qu’un humain peut bien savoir de ma réputation ? Dit-elle curieuse tout à coup.

— Moi ce que je crois, c’est que le rayon anti-morph vous empêche de nous infester. Et dès que vous l’aurez désactivé, vous savez que nous deviendrons des Nothlit. Déclara alors Jack.

Immédiatement, je m’écriais intérieurement : « Mais bien sûr » pendant que la colère enlaidissait le visage de la mère de Marco.

— Très bien, je vous le demande une dernière fois. Accepter de devenir volontairement mon hôte ou vous mourrez. Pour vous, il n’y a pas d’autre issue. Contrairement à Visser-12, je ne suis pas obsédé par les andalites au point de prendre des risques insensés pour faire de vous mes hôtes.

— J’accepte, mais seulement si vous libérez mes amis et ma mère.

Je me retournai violemment. À ma grande stupéfaction, Marco avait l’air parfaitement sérieux. Plus sérieux qu’il ne l’avait jamais été.

— Quoi, mais qu’est ce qui te prend. Tu ne peux pas faire ça. Hurla Jack.

— Quel autre choix il nous reste ? Au moins, vous vous pourrez vivre. Répondit Marco tristement.

— Tu ne vas quand même pas croire les promesses d’un yeerk ? Rétorqua Jack qui n’arrivait pas à croire à la trahison de son meilleur ami.

Marco me lança un regard ironique que ne manqua pas Jack.

— Je ne vois pas pourquoi tu serais le seul à faire confiance à des yeerk. Ils sont où les libérations d’hôte promis par Jera et Thevenin ?

— Espèce de traître. Tu sais ce qui va arriver à … l’engueula Jack.

— Franchement, qu’est-ce qu’on s’en fout. Tu ne comprends pas ? Les yeerk ont gagné. Autant sauvé ce qui peut l’être. Le coupa Marco avant qu’il ne révèle l’existence de Rachel et Tobias par erreur.

— (Il a raison. Ça a toujours été le plus malin du groupe. Le plus désagréable, mais le plus malin) commenta David dans ma tête.

Jack allait violemment répliquer, mais Visser-one leva la main puis une violente douleur nous paralysa tous (sauf Marco) et nous empêcha d’émettre autre chose que des cris.

— Arrêtez ça immédiatement ou je change d’avis. Cria Marco.

Visser-one baissa sa main et immédiatement la douleur reflua. Puis Visser-one expliqua à Marco :

— Contrairement aux traîtres qui dirige cette soi-disant république Yeerk, je tiens toujours mes promesses. Et je tiens à te rassurer que contrairement à la plupart des yeerk, j’ai un énorme respect pour les hôtes. Je pense que l’une des plus grandes erreurs de l’empire a été d’aller trop loin sur la voie du parasitisme. Avant la venue des andalites sur notre monde les clans yeerk qui prospéraient le mieux étaient ceux qui avaient la relation la plus symbiotique avec leurs hôtes Gedd. Et ce n’est pas un hasard. Ignorer les droits des hôtes est efficace sur le court terme, mais sur le long terme cette politique pousse les autres races dans les bras des andalites et génèrent de coûteuse révoltes. Sache que je te traiterais bien. Mais malgré toute ma bonne volonté, je ne pourrais pas épargner tes amis. Les yeerks ne comprendrais pas, que je relâche les meurtriers de l’empereur.

— Vous êtes le nouvel empereur yeerk non ? Vous pouvez tout faire.

Elle sourit.

— Tu es malin. Nous devrions bien nous entendre. Mais sache que je ne peux décemment pas abuser d’un pouvoir que je ne possède pas encore.

Il resta silencieux quelque seconde. Puis il baissa les yeux et dit d’une toute petite voix :

— Sauvez au moins ma mère.

— Je te le promets. Et je te promets également qu’il n’arrivera rien à ton père ou à la famille de tes amis. Quant à tes amis, je ne peux pas leur sauver la vie, mais je peux au moins leur épargner la torture et leur offrir une mort rapide.

— D’accord. Dit-il sobrement.

— Non ! Crièrent Jack et Cassie.

Quant à moi, je restai silencieux résigné à mon sort. J’espérais secrètement que Visser-one tiendrait sa promesse et que Tom n’aurait plus à subir l’infestation. Après tout, c’est vrai qu’il avait la réputation de tenir ses promesses.

— (Pourquoi tu n’avoues pas être un yeerk à Visser-one ? Comme ça moi aussi, je pourrais survivre et négocier la liberté pour mes parents) Me demanda David dans ma tête.

Au début, je rejetai sa proposition, mais à la réflexion, il n’avait pas totalement tort. Je m’apprêtais à parler, lorsque Visser-one nous ordonna de nous taire en nous menaçant de nouvelles tortures. Puis elle appela une dizaine de gardes hork-bajir qui se mirent en joue le long du mur. Ensuite, elle appuya sur un bouton et la cage de Marco s’ouvrit.

— Avance-toi lentement, jusque dans la zone en dehors du rayon d’action de l’anti-morphing. Mais attention. Au moindre geste suspect de ta part, les gardes t’abattront.

Il sortit lentement de la cage, fit quelque exercice d’étirement. Puis d’autre exercice d’étirement. Puis il examina longuement la salle.

— Jeune home, je commence à perdre patience. Aboya Visser-one.

— Je n’ai pas le droit à une dernière volonté ? À un dernier repas ?

— Tu n’es pas sur terre et tu n ’es pas un condamné à mort. S’agaça Visser-one.

Sa patience et son sens de l’humour n’étaient pas plus développés que celui des autres visser. Je me fis la remarque que Marco était sans doute le pire hôte possible pour un yeerk comme lui. C’était une maigre consolation.

— Vous connaissez vraiment bien la culture terrienne. Tentât de le complimenter, Marco.

— Continue d’essayer de gagner du temps et je reviens sur les termes de ma généreuse offre. Rien ne m’oblige à te promettre la sécurité de leur famille. Précisa t’elle méchamment en nous désignant du doigt.

À la grande satisfaction du visser, il commença à avancer. Puis lorsqu’il fut juste au-dessus de la boule diffusant les rayons anti-morphing. Il leva brusquement le bras et une violente explosion se produisit.

Pendant quelques secondes, je perdis totalement l’usage de mes sens. Lorsque je repris mes esprits, j’eus bien du mal à comprendre ce qui se passait. L’un des murs de la pièce avait été défoncé par un éléphant sur lequel tiraient abondamment les hork-bajir encore debout. Aucune trace de Visser-one n’était visible. Il devait avoir fui. Je regardai par terre. Jack pleurait en hurlant « morph-toi » devant le corps sans vie de Marco qui perdait une quantité de sang inquiétante.

« Jack ! Mais comment est-il sorti de sa cage » me demandais-je alors. Puis je remarquai que le dispositif anti-morph gisait détruit sur le sol et que Tobias s’acharnait sur ma cage dans sa forme de hork-bajir. Pour le moment il n’avait réussi qu’à faire un tout petit trou, mais en me transformant en cafard, ce serait suffisant pour me permettre de sortir.

Lorsque je fus enfin libre, j’entendis la voix de Jack hurler par la pensée :

— <Transformer vous en oiseau les plus vite possible et foutons le camp>

Je m’exécutai sans me faire prier et au moment de décoller vers la douce lumière, je vis une vingtaine de hork-bajir arrivé dans la pièce et commencer à nous mitrailler. Leurs tirs frôlèrent mes plumes au point de les rôtir, mais heureusement, aucun ne me toucha.

— <On n’est pas sorti d’affaire, ils vont lancer des vaisseaux à notre poursuites. > Leur indiquais-je.

— <Séparez-vous en groupe de deux et essayer de zigzaguer entre les bâtiments pour les perdre. Personne ne reste isolé. Et n’oubliez pas, si on est séparé, on se retrouve au vaisseau. Notre nouvel objectif est de retourner au vaisseau pour s’échapper et prévenir la terre de l’invasion.> Ordonna Jack

— <Et Marco ?> Demanda Cassie avec inquiétude.

— <Je vais bien. Je suis une puce sur le dos de Jack. Mais lorsque je vais rependre forme humaine, je vais avoir besoin de soin intensif. J’ai peur que sucer le sang de Jack ne compense pas celui que j’ai perdu.>

— <Hé ! Interdiction de me mordre sale parasite. Et la prochaine fois que tu nous refais un plan foireux dans ce style, je te laisse crever. Bon sang, j’ai vraiment cru que tu étais sincère.>

— <C’était le but leader intrépide.>

— <Comment tu t’es procuré cette grenade ?> Demanda Tobias.

— <Je ne savais pas que c’était une grenade avant de la lancer. J’ai juste piqué ça à l’hork-bajir qui m’a enfermé dans la cage, alors qu’il me croyait immobilisé par leur rayon anti-morph. Je ne vous dis pas, où je l’avais caché, c’est indécent.> Blagua Marco.

— <En-tout-cas bien joué> Le complimentais-je.

— <Pour une fois, je suis d’accord avec Thévenin. Mon dieu, je félicite Marco et je suis d’accord avec un yeerk. Est-ce que le monde est devenu fou ?> S’esclaffa Rachel.

— <Ça, c’est ma réplique> se plaignit Marco.

— <Arrêtez de déconner et concentrez-vous. Voilà les vaisseaux bug> Ordonna Jack, en tentant de cacher son amusement en entendant les pitreries que ses amis faisaient pour évacuer leur stress.

C’était sans doute lié à l’habitude et aux terrains extrêmement favorable, mais nous n’eûmes pas beaucoup de mal à esquiver les tirs des vaisseaux bug et à les perdre dans le dédale de construction. C’est donc au cours d’un voyage sans embûches que nous approchèrent de la zone où se trouvait le vaisseau.

— <Vous allez me détester de dire ça, mais vous ne trouvez pas que c’était trop simple ?> partagea Cassie.

— <Simple ? J’ai failli mourir !> S’indigna Marco.

— <Elle a raison. Le ciel devrait grouiller de vaisseau et les défenses de la cité devraient abattre tout animal volant. Ça pue le piège.> déclarais-je.

— <À part foncer sur le vaisseau, qu’elles sont nos options. Marco a besoin de soin d’urgence et la limite des deux heures est bientôt dépassée.> Demanda Jack.

— <Je pense que c’est un bon plan. Visser-one ne peut pas savoir que nous avons un vaisseau invisible. Ni qu’il est aussi rapide. Même s’il nous surveille et se tient prêt à nous arrêter, le temps qu’il comprenne où nous avons disparu, nous serons déjà loin.> Affirmais-je.

— <Parfais. Dès qu’on est à l’intérieur vous foncez vers le poste de commandement et tentez de faire comprendre au vaisseau qu’il doit décoller le plus vite possible. Moi, je chercherai l’infirmerie pour Marco. Et interdiction de mourir.>

— <Je me sens discriminé par cet ordre, mais je ferais un effort pour obéir.> Plaisanta Marco pour détendre l’atmosphère. La dernière fois que nous avons foncé dans un piège de Visser-one les choses ne s’étaient pas bien déroulées.

Nous nous approchâmes de la zone où devait se trouver l’entrée du vaisseau, mais eurent la surprise de ne trouver que du vide. Aussitôt le gigantesque vaisseau permalite apparu un kilomètre plus loin et une voix joyeuse se fit entendre dans nos têtes.

<Désolé chère invité, mais j’ai dû désobéir à vos demandes pour éviter une collision avec la flotte qui vous encercle. Mais ne vous inquiétez pas. J’ai de la place pour tout le monde et vos amis sont les bienvenues.> Dit le vaisseau avant d’ouvrir ostensiblement une gigantesque porte donnant sur les cales du vaisseau.

Je poussai un juron. Aussitôt la flotte dont parlait le vaisseau permalite désactiva ses occulteurs. Nous étions encerclés par une dizaine de vaisseaux de tout type (des bombardiers et des vaisseaux de débarquement principalement). Une centaine de vaisseaux bug sortirent des cales de ses vaisseaux pendant qu’un transporteur de troupe se posait sur le vaisseau permalite. Une partie des soldats pénétrèrent dans le vaisseau pour en prendre le contrôle pendant qu’une autre partie se mit en ligne sur les quais et se préparait à nous canarder si nous tentions d’y pénétrer.

— <Saleté de vaisseau. Il faut fuir et trouver un plan> Hurlai-je.

— <Non ! On ne peut pas abandonner le vaisseau permalite aux yeerks. Imaginez ce qu’il pourrait faire d’une telle technologie ?> Opposa Cassie

— <Si on abandonne le vaisseau, on est mort. Fonçons et battons-nous jusqu’au bout.> Appuya Rachel.

— <C’est si on fonce sans réfléchir qu’on est mort.> M’énervais-je, en faisant un looping pour esquiver un tir de vaisseau bug. Je ne teindrais pas longtemps comme ça.

— <Foncez tous sur le vaisseau. Esquiver les tirs de vaisseau bug, mais contentez-vous de foncer le plus vite possible sur les soldats. >Ordonna Jack.

— <Quoi mais c’es…> Commençais-je à protester.

— <Thévenin c’est un ordre….>

Une part de moi voulu discuter, mais l’habitude d’obier aux ordres prit le dessus. Je fonçai de toutes mes forces et très vite nous fûmes à portée de tir des soldats déployés sur le quai. Lorsqu’ils se mirent en joue, je crus ma dernière heure arrivée. Puis ils furent paralysés par une intense lumière bleue.

— <Quel dommage de gâcher une si belle journée par une dispute. Nous devons malheureusement vous demander de partir. Mais nous espérons que vous reviendrez bientôt jouer avec nous.> Raisonna dans nos têtes la voie enfantine du vaisseau. Quelques secondes plus tard tous les soldats yeerk qui avait pénétré dans le vaisseau furent déposés en douceur sur la surface de la planète par une force mystérieuse, alors que nous-mêmes pénétrions sans effort dans le vaisseau.

— <Mon permalio. Tu es grièvement blessé. Ce n’est pas très amusant, mais je dois t’enlever ton déguisement et te mettre dans une stase régénérative. Acceptes-tu ?> Raisonna de nouveau la voie du vaisseau dans nos têtes.

— <C’est la proposition la plus amusante qu’on m’ait faite depuis longtemps.> Répondit Marco joyeusement.

Nous vîmes avec soulagement une étincelle bleue entourée une puce sur le dos de Jack qui grandit pour devenir Marco. Il semblait inconscient et lévita jusqu’à l’intérieur du vaisseau. Je remarquai alors que son visage était défiguré. Même avec la technologie yeerk je n’étais pas sûr que ce soit réparable. J’espérais que la technologie permalite en était capable.

Mais je n’eus pas le temps de m’appesantir sur ses considérations que je vis un autre transporteur s’approcher.

— Vaisseau ferme tes portes et décolle maintenant. Hurlais-je.

— <Vous êtes sûr ? Mais les autres invités ne sont pas encore rentrés.> Résista le vaisseau.

— Vaisseau, c’est un ordre. Insista Jack.

— <Bon d’accord. Vous n’êtes vraiment pas drôle.>

Avant que le transporteur ne puisse rentrer la porte du quai se ferma et nous fûmes plongés dans le noir complet. Nous terminâmes de nous démorpher et courûmes jusqu’à la pièce avec la grande baie vitrée. Nous pûmes alors voir le vaisseau permalite rester immobiles, alors que tous les vaisseaux environnant lui tiraient dessus. C’était un spectacle aussi magnifique qu’effrayant. Surtout si comme moi, on pensait aux nombreux yeerk qui devait être mort après que des tirs ratés aient touché les nombreuses structures environnantes. Visser-one voulait vraiment nous arrêter.

— Vaisseau, on t’a ordonné de décoller. Rappela Rachel.

— <Je ne peux pas faire ça sans les percuter, j’ai essayé de les éviter, mais ils me suivent.>

Tout d’un coup, le vaisseau fut pris d’une secousse.

— <Le nombre de vaisseaux nous tirant dessus de manière synchrone vient de doubler. S’il double de nouveau mes boucliers ne tiendront pas. J’ai pourtant essayé de leur demander d’arrêter. Ce sont vos amis peut-être qu’il vous écoutera si vous leur demandez d’arrêter.>

— Tu ne peux pas les immobiliser sans les tuer. Demanda Cassie d’un air désespéré.

— Je pourrais stopper leurs générateurs, mais à cette hauteur cela reviendrait à les tuer.

— Tu peux les stopper et les rallumer juste avant qu’il ne s'écrase. Proposais-je.

— Il y a 0,01 % de chance que je loupe ma manœuvre et que j’entraîne la mort de quelqu’un. Ma programmation m’interdit de risquer la vie d’un être sentient.

Je ne perdis pas de temps à essayer de discuter avec cette machine complètement folle et cherchai de toutes mes forces une solution. Mais toutes mes réflexions me menaient au même point : nous étions coincés. Le vaisseau allait être détruit et nous avec.

oOoOoOo

Deux semaines plus tard Visser-one regardait avec satisfaction les images de l’explosion du vaisseau permalite. Les images prient depuis tous les points de vue possible ne laissait aucun doute. Personne n’avait pu en rechaper. Alors pourquoi n’avait-il toujours pas trouvé les corps ? Visser-one s’auto-persuada qu’ils avaient été tout bonnement carbonisés, comme bon nombre des parties du vaisseau inconnu (néanmoins, les quelques débris encore intacts donneraient des décennies de travail aux chercheurs yeerks). Il regarda attentivement chaque image une dernière fois pour dissiper tout doute de son esprit, mais il échoua.

Tant pis se dit-il. Puis il monta d’un pas confiant sur son vaisseau sphère personnelle et lança le signal de départ. DAprés trois semaines de voyages, sa flotte d’invasion sortirait de l’espace zéros quelque part dans le système solaire.

La terre ne narguerait plus l’empire très longtemps.

Survivre en territoires ennemis

Quelques jours plus tôt.

— Vous n'avez rien trouvé de plus. Je vous signale que je suis malade. S’exclama Marco en nous voyant revenir avec une quantité très insuffisante de nourriture de notre expédition de ravitaillement.

Cela faisant maintenant quelques jours que nous avions de justesse pu nous échapper du vaisseau permalite. Au dernier moment, le vaisseau nous avait transportées de force dans une capsule de sauvetage. Grâce à la technologie de camouflage extrêmement avancé des permalite notre fuite n’avait pas été détecté. Mais nous étions maintenant coincés sur la planète capitale des yeerk.

En plus, nous constatâmes très vite que les blessures de Marco n’avaient pas encore eu le temps de guérir complétement. Avec du temps, il s’en remettrait, mais son visage était définitivement défiguré. Lorsqu’il s’était vu dans un miroir, il avait d’abord eu, un mouvement de recul. Puis il avait tenté de faire une plaisanterie sur un personnage de BD nommé double face qui n’avait fait rire personne (ça, c’était normal avec les blagues de Marco). Par la suite, il avait insisté pour dire que tout allait bien, mais même si nous n’en parlions pas, nous avions tous vu son sourire forcé. En attendant, son état lui interdisait complètement d’avoir de nouveaux recours au pouvoir de morph. S’il se transformait, il prendrait le risque de rouvrir ses blessures et cette fois, nous ne pourrions pas le guérir.

Il devait donc rester allongé toute la journée dans notre cachette pendant que nous partions en expédition à la recherche de nourriture ou de renseignements (il fallait qu’on trouve un moyen de stopper Visser-one et de rentrer sur terre)

Je ne savais toujours pas si je devais l’engueuler pour avoir joué avec une grenade ou le féliciter de nous avoir sauvé la vie. Je commençais à comprendre le comportement du sergent qui m’avait élevé. Qu’est que j’avais pu le trouver injuste à l’époque. Mais aujourd’hui je comprenais qu’il avait choisi de privilégier notre sécurité à notre bien-être. Il avait fait ce qu’il pouvait.

— Marco, arête de te plaindre ou je t’arrache l’autre côté du visage. Explosa Rachel.

— Comment oses-tu t’en prendre à un homme faible et sans défense ? Je t’en prie Jack protège-moi de cette furie. Plaisanta Marco.

— Marco, ça suffit. Dit Jack avec lassitudes. Aucun d’eux n’était habitué à subir le manque de nourriture et la situation exacerbait tout le monde.

Dans les bas quartiers où nous nous étions réfugiés il y avait peu de nourriture comestible pour les humains. Quand je pense qu’ils osaient se prétendre omnivores, alors que la seule chose qui leur convenait était la viande des taxxons (et en plus, il fallait qu’elle soit cuite et qu’ils aient la garantie que ce ne soit pas de la viande humaine). Bien sûr, comme nous ne connaissions aucun yeerk établis, susceptible de nous aider, nous étions obligés de tout voler. Pour nos sorties, le pouvoir de morph nous était très utile. Même indispensable vu que nous avions retenue de notre première visite qu’il était hors de question que nous nous baladions sous forme humaine... Cependant, il avait ses limites. Les gestionnaires des dépôts de nourriture locaux devenaient de plus en plus méfiants, lorsqu’ils voyaient une bande de hork-bajir s’approcher de leurs locaux (surtout lorsque l’on sait que les hork-bajir se nourrissent exclusivement d’écorce d’arbre)

Je m’apprêtais à moi-même me nourrir lorsque je vis une ombre suspecte se faufiler en vitesse. Mes réflexes de soldat reprirent le dessus. Je me mis en position de combat et sortis l’arme que j’étais parvenu à voler il y a deux jours.

— Qui est là ? Hurlais-je

J’eus la désagréable sensation de sentir la lame d’un hork-bajir contre mon cou. Un rapide coup d’œil autour de moi et je compris que les autres animorph venait d’être immobilisé par des Gedd armées de couteau qui me semblait familier.

 Tiens comme on se retrouve. Je croyais vous avoir prévenue de ce qu’il se passerait si je vous retrouvais sur mon territoire. Mais d’abord vous allez nous rendre la nourriture pour hôte que vous avez volé. Demanda le hork-bajir contrôleur qui m’avait immobilisé.

— Qu’est-ce que vous comptez en faire ? Vos hôtes sont végétariens. Répondis-je en constatant avec agacement qu’il avait réussi à se faufiler derrière moi sans que je ne remarque rien. Comment avait-il pu faire ça ? Me demandais-je.

— Surprenant. J’aurais cru que vous commenceriez par nier être les voleurs. Dommage vous faire avouer aurait pu être amusant.

Il fit une pause pour laisser ses complices ricaner méchamment.

— Thévenin qu’est-ce qu’ils veulent. Demanda Jack avec colère.

— Je ne sais pas encore. Ne faites rien pour le moment. Lui répondis-je.

Puis le chef de la bande reprit :

— Sache que nos motivations ne vous concernent pas. Contente-toi de nous dire où elle est.

— À ton avis ? Qu’est-ce que font les gens qui volent de la nourriture ? On l’a mangé.

— Une aussi grosse quantité ? S’exclama le chef de bande avec surprise.

— Y’en avait pas tant que ça. Minimisais-je

— Vous mériteriez que je vous égorge. Vous savez à quel point la vie est dur ici ?

— Ce n’est que de la nourriture pour hôtes. Lui rappelais-je.

— Peu importe. Ses dépôts sont sur mon territoire. Il n’y a que moi qui peux que les racketter.

— Je croyais qu’ils nous payaient pour qu’on les protège boss. Intervint le gedd qui menaçais Rachel de son couteau (elle faisait un effort visible pour ne pas l’envoyer valser d’un coup de pied).

Le chef de la bande poussa un énorme soupir puis lui répondit :

— Eril841, arrête de faire ce truc avec ta bouche.

— Quoi, parler ? Demanda le gedd penault.

— Non, respirer. Tu ne peux pas savoir à quel point ça m’énerve.

Le gedd baissa les yeux, alors que son chef reportait son attention sur moi :

— On voit que vous n’avez jamais connu la galère. Bon et si vous commenciez par m’expliquer ce que des andalites foutent ici ? Demanda t’il.

— Des andalites ? Qu’est-ce qui vous faire croire que nous somment des andalites ?

— Ne jouez pas au con avec moi. Ce sont des hork-bajir que nous avons suivi jusqu’à cette planque. À moins qu’il se soit caché dans ton Falzar. Je suis un ancien membre des commandos d'élites. Vos petits tours de passe-passe ne fonctionneront pas sur moi. Rétorqua t’il en appuyant davantage sa lame contre mon cou.

— Pourquoi est-ce que des andalites auraient volé de la viande ? Tentais-je de me défendre (tout le monde sait que les andalites broutent de l’herbe)

— Pourquoi est-ce que des andalites viendraient sur la capitale des yeerks ? Répliqua t’il.

— Vous voyez ? Pour vous aussi ça n’a aucun sens. Répondis-je avec défis.

Il rigola. Puis il menaça :

— T’es un vrai mariole toi. Je me demande si tu rigoleras toujours, une fois que j’aurais étripé tes amis.

Il fit un signe à un autre gedd qui approcha son couteau de Rachel. Je criai précipitamment :

— Si vraiment, on est des andalites, alors tu sais que jouer avec mes amis n’est pas la meilleure des façons de vivre vieux.

Le gedd suspendit son geste et lança un regard interrogatif à son chef.

— Je croyais que vous n’étiez pas des andalites ? Demanda le chef convaincu de m’avoir poussé à la faute.

— On n'en est pas, mais ça ne veut pas dire qu’on est sans défense. Mais on préférerait éviter de se battre à cause des blessures d’un des nôtres. Par contre on peut vous dédommager pour la viande. En fait, si vous nous aidez, on pourrait faire de vous l’un des yeerks les plus puisant de la capitale.

— Ton babillage commençait bien. Mais tu ne trouves pas que la dernière partie est un peu exagérée. Qu’est-ce qui pourrait avoir une telle valeur dans ce cagibi ?

— Le cagibi. Répondis-je. Puis je criai :

— Capsule, J’ai faim.

Aussitôt, une lumière tomba du plafond et je pus me nourrir de Kandrona à volonté sans même quitter mon hôte. Après notre atterrissage, j’avais eu la très bonne surprise de constater que le vaisseau avait intégré cette fonctionnalité à la capsule de sauvetage. On avait tous été considérablement soulagé en comprenant que je n’aurais pas besoin de libérer David de mon emprise tous les 3 jours.

Nos agresseurs furent tellement stupéfaits que le hork-bajir libéra mon cou sans faire attention.

— Alors on fait affaire ? Demandais-je

— Vous vous n’êtes définitivement pas des andalites. Répondit-il.

Puis il prit quelque minute pour réfléchir avant de répondre :

— Ok, on fait affaire.

Ensuite, il ordonna à ses sous-fifres de libérer mes compagnons.

— Qu’est-ce que tu leur as dit ? Me demanda immédiatement Jack.

— En résumé, qu’on allait leur donner les restes de la capsule de sauvetage permalite, s’ils nous aidaient à nous infiltrer dans le vaisseau de Visser-one. Ou plutôt c’est ce que j’espère pouvoir négocier.

— T’es sûr de ton coup ? Qu’est-ce qui te dit qu’ils ne vont pas juste nous tuer dès qu’on leur aura donné ce qu’ils veulent ? Ou nous dénoncer ?

— Je n'ai pas l’impression qu’ils soient en bons termes avec les autorités. Sinon leur plan initial était bien de nous tuer, mais je leur ai fait croire que vous étiez dangereux. Alors essayez d’avoir l’air aussi menaçant que possible.

— Dès qu’ils auront vu Marco manger, ils seront terrifiés. Commenta Rachel.

— En parlant de ça. Tu pourrais leur demander s’ils ont de quoi grailler ? Demanda Marco.

— Mais tu ne penses qu’a ton ventre. Se plaignit Rachel.

— Tu pourrais peut-être leur proposer de leur donner en grosse somme d’argent lorsqu’on sera rentré chez nous ? Tu sais pour qu’ils aient intérêt à ce qu’on rentre chez nous. Demanda Jack qui était resté sérieux malgré cet échange entre sa cousine et son meilleur ami.

— Les yeerks ne connaisse pas le concept d’argent. Comme la plupart des races de la galaxie d’ailleurs. Répondis-je.

Ils semblèrent tous extrêmement surpris.

— Comment vous faite pour payer ce dont vous avez besoin ? Demanda Cassie.

— On ne paye pas. On prend tout simplement. À quoi ça sert de s’échanger des bouts de papier ou des bits sur un disque dur ? D’ailleurs, la réponse m’intéresse vraiment, car je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt de ce rituel. Leur expliquais-je.

— Mais comment vous savez qui a droit à quoi ? Et comment vous faite lorsqu’il n’y en a pas assez d’un truc pour tout le monde ? Insista Cassie.

— Comme chez vous. Les yeerks de haut rang ordonne à leur subalterne de produire le plus possible puis il s’approprie la production et s’en servent pour maintenir leur pouvoir en la redistribuant à leur subalterne ou pour obtenir des nouveaux moyens de production. Par contre chez nous le rang d’un yeerk ne se matérialise pas par l’argent qu’ils possèdent, mais par le grade que lui attribue l’administration impériale. Les moyens de production ne s’achètent pas, ils s’obtiennent par décret impérial ou sur l’ordre d’un visser. Et contrairement à l’argent, ses derniers s’obtiennent par le mérite et non par l’héritage.

— Pourtant, vous avez un empereur et je croyais que tu disais que toi et tes frères étaient destinés dès la naissance à être soldat. Demanda Cassie

— D’ailleurs Tom dit que pour toi les yeerks qui couraient après les promotions sont des idiots et que c’est pour ça que tu ne nous as pas dénoncé au départ. Intervint Jack.

Je ne sus pas quoi répondre (Note de l’auteur : S’il avait lu Bourdieu, il saurait quoi répondre), alors comme tout politicien se sentant acculé par les questions d’un électeur, je changeai de sujet

— Oui, enfin, chez nous, il n’y a personne qui meurt de faim. Pour garder son rang un yeerk doit distribuer au maximum la production, alors que chez vous, il faut épargner le plus d’argent possible. Et pour épargner, il faut forcément qu’il y ait des dettes et donc des gens qui se retrouvent à avoir moins que rien pendant que les autres ont tout.

— Quoi ? S’exclama-t-elle incrédule.

— Bah oui. Pour épargner, il faut vendre plus qu’on achète. Cela n’est possible que si certains achètent plus qu’ils ne vendent. Les dépenses des uns sont forcément les revenues des autres. Donc le patrimoine des uns sont forcément les dettes des autres. Lui expliquais-je.

— Oui, mais chez nous, on est libre. Si je comprends bien, chez vous pour obtenir le moindre bout de pain, il faut mendier à son supérieur. Argumenta Cassie.

— C’est considéré comme un dû et le supérieur a intérêt à donner ce bout de pain pour garder son pouvoir. Et chez vous il n’y a que la minorité qui épargne qui se retrouve libre. Le reste se retrouve dans une position de mendicité pire que celle du yeerk le plus mal placé. Vous avez l’illusion que votre système permet à une majorité d’être libre, car vous avez la chance de vivre en occident. Sinon vous sauriez que votre liberté est le pendant de l’esclavage des autres.

— Oui, bon arrêtez tous les deux. Ce n’est pas le moment de parler poltiqiue. Nos invités s’impatientent et je ne sais toujours pas parler le galard. Est-ce qu’on est d’accord que les deux systèmes sont complètement pourris et qu’li faudrait trouver autre chose ? S’interposa Jack.

— Oui, je suis d’accord. Dit-elle avec réluctances.

— D’accord aussi. Mais quand même le système des yeerk est supérieur. Lâchais-je énervé par cette discussion.

— Non, c’est celui des humains.

Jack se fit un facepalm.

oOoOoOo

Note de l’auteur : J’ai beaucoup hésité avant de rajouter ce dernier passage.

Lorsqu’à l’insu de mon plein grès mes personnages ont décidé d’aller visiter le cœur de l’empire yeerk j’ai été très embêté. Ce n’était pas ce que j’avais prévu à la base mais c’est là que m’a mené l’écriture. En tant qu’auteur, j’adore ses moments où mon histoire m’échappe et où mes personnages semblent vivre leur propre vie dans ma tête (mon psy est formelle je ne suis pas fou mais original). Mais le problème c’est que dans les romans originaux, on ne sait pas grand-chose des planètes contrôlées par les yeerks. J’ai donc passé quelque temps à inventer une société yeerk, qui me semble cohérente avec les quelques indices donnés dans les livres originaux.

Mais lorsque j’ai finalement écrit ses 3 derniers chapitres, je n’ai eu aucune occasion d’inclure dans mon histoire ce que j’avais inventé. Je me suis rendu compte que la logique oblige les animoprhs à passer en coup de vent sur la planète, en baisant le plus possible les yeux pour ne pas se faire remarquer. Résultat, ils ne visitent et ne découvrent rien de la société yeerk. Et tout ce que j’avais imaginé était donc parfaitement inutile. Mais en même temps, je trouvais ça vraiment dommage (et décevant pour le lecteur) que les personnages arpentent une planète extraterrestre et ne découvre rien d’un minimum exotique. J’ai donc décidé avec beaucoup d’hésitation de rajouter ce passage, un peu au forceps pour combler ce manque.

J’aimerais bien avoir votre avis en review. Est-ce que c’est un ajout utile ou non ? Non, ce n’est pas une astuce pour avoir plus de review (merde ils ont déjoué mon plan).

Dernière bataille

Après moult efforts nous parvînmes enfin à nous faufiler jusque dans la salle de réunion de Visser-ones. Même avec l’aide des criminelles des bas-fonds, embarquer discrètement sur la flotte en partance pour la terre avait été un exploit. Mais se faufiler jusqu’à la salle de réunion du visser relevait du miracle tant était nombreux les dispositifs censés le protéger d’éventuels espions. Depuis notre évasion (auquel nous n’avions survécu que de justesse à l’aide des capacités de camouflage d’une capsule d’évacuation du vaisseau permalite), Visser-one s’était pris d’une peur paranoïaque que d’autres ennemis disposant de la technologie de morph parvienne jusqu’à lui (pour l’espionner ou le tuer).

Cependant, si nous voulions mettre au point un plan ayant la moindre chance d’empêcher l’invasion, il nous fallait absolument des informations. Nous continuâmes à avancer à l’aveugle lorsque nous entendîmes très distinctement la voix de Visser-one :

— ….. C’est là que prenait tout son sens, son choix si étrange de ne construire qu’un seul canon de défense orbitale proche du pôle Nord de la planète. En temps normal, ce canon aurait été incapable de représenter la moindre menace pour une flotte andalite. Mais Visser-12 comptait révéler aux andalites l’emplacement du QG de l’invasion de la terre. Il comptait sur l’arrogance des andalites pour réussir à leurs faire croire qu’ils avaient obtenu l’information grâce à leurs seules compétences. Ainsi ne détectant aucune défense conséquente à part un canon isolé au milieu de l’Alaska, les andalite aurait foncé vers le QG en se félicitant de l’apparente incompétence de leur ennemi, sans se douter qu’ils venaient de signer leur perte. Un canon seul est incapable de causer le moindre tort à un vaisseau se trouvant à la limite de son rayon d’action, car le temps qu’ils se mettent en position de tirer le vaisseau aura déjà eu le temps de se poser. Mais là les vaisseaux andalites iront d’eux-mêmes se positionner bien en face de la ligne de mire du canon qui aura été exceptionnellement pointé à l’avance sur cette région du ciel. Dès que le canon aurait commencé à tirer la flotte d’Esplin9466, serait sorti de sa cachette de l’autre côté de la lune et aurait attaqué de front la flotte andalite. En laissant Esplin9466 décidé de leur objectif et donc de leur trajectoire, les andalites lui auraient offert la victoire.

— En résumé en cas d’attaque de la terre par les andalites, Visser-12 comptait se cacher derrière ses alliées pour abattre les vaisseaux andalites avec la puissance de son vaisseau-hache et de son unique canon orbital. Un plan aussi génial que vicieux. Définitivement digne de feu Visser-12.

— Votre langue a fourché. Vous vouliez dire Esplin9466. Répondit Visser-one d’une voie dures.

— C’est vrai que vous avez obtenu sa dégradation à titre posthume.

— visser-4, je vous ai choisi pour me seconder, car je reconnais votre compétence. Mais je dois vous signaler que votre excès de loyauté envers un mort est dérangeante.

— S’il y a bien une chose que les visser n’ont pas en excès, c’est bien la loyauté. Si nous passions autant de temps à combattre les andalites qu’à nous battre entre nous, nous aurions gagné cette guerre il y a longtemps. Répliqua calmement visser-4

— J’en suis conscient et c’est pour mettre un terme à cette déplorable situation que j'ai résolue de prendre le pouvoir, il y a bien longtemps. Une fois revenue auréolé de gloire de cette expédition, je compte bien remettre un peu d’ordre dans l’empire. S’enflamma Visser-one.

— Je veux croire en vous Visser-one, mais pour accomplir cet objectif, vous aurez autant besoin de force que de diplomatie. Le respect dû au mort ne coûte rien et peut rapporter gros. Les luttes entre les vissers ne reposent pas que sur la soif de pouvoir, mais aussi sur des décennies d’inimité née de ses rivalités. Vous ne pouvez espérer que vos subalternes fassent l’effort de mettre leurs différends de côté si vous vous abstenez de donner le bon exemple.

— Comme d’habitude, vos paroles sont aussi agaçantes que sage. J’y réfléchirais. Maintenant reconcentrons-nous sur le sujet de cette réunion. Ce cancrelat de Jerra456 avait des mignons répartis dans tout l’empire. Malgré nos purges successives, je suis sûr qu’il lui en reste quelques-uns qui ont dû lui transmettre notre plan d’invasion. Répondit Visser-one de nouveau calme.

— Il faut dire que vous n’avez pas essayé d’être discret.

— Il est nécessaire que ceux qui doutent de l’empire sache que nous allons écraser le foyer de la rébellion. Assura avec agacement Visser-one.

— Encore faut-il que nous les écrasions. Si vous aviez attendu ne serait qu’une semaine de plus, comme je vous l’ai demandé, nous aurions réuni une flotte suffisante pour nous assurer la victoire. Avec le peu de force, dont nous, disposons, nos chances de défaite ne sont pas négligeables.

— J’ai attendu suffisamment longtemps. L’émotion causée par la mort de l’empereur commence déjà à se dissiper. Nous ne pouvons pas éternellement alimenter notre propagande par des images de deuil et de cérémonies funèbres. Pour asseoir mon pouvoir, j’ai besoin d’une victoire rapide. De toutes façons, même si nous avions eu un an de plus, je doute que les andalites nous aurait laissé assembler beaucoup plus de force. Leurs assauts se font de plus en plus intenses.

— Cette fois, ce sont vos paroles qui contiennent une certaine sagesse. Vous connaissant, j’imagine que vous avez un plan pour assurer notre victoire, malgré notre très faible avantage numérique. Concéda visser-4.

— C’est pour en trouver un que je vous ai fait venir. Mais laissez-moi terminer de vous exposer la situation. Donc Jera456 et Thevenin789 savent probablement que nous venons et approximativement à quel moment nous serons là. Nos chances, de les surprendre sont donc faibles. Mais l’inverse est également vrai. Je connais Jera456 et il n’a aucune compétence militaire. Et je doute qu’un officier compétent de l’empire ait accepté d’aider cette puérile rebellions. Quant à ce Thévenin789, ses états de service sont impressionnants, mais ce n’est qu’un simple soldat. Le fait qu’il n’ait jamais pu monter dans la hiérarchie ou que je n’ai jamais entendu parler de lui avant qu’il ne prenne la tête de cette république yeerk d’hélios montre qu’il n’a aucun sens stratégique. Il est donc fort probable qu’ils reprennent le plan de Visser-12, sans se poser de question. Nous pouvons donc prévoir leurs réactions et la disposition de leurs forces. Expliqua Visser-one avec une excitation visible.

— Si c’est vrai, alors nous avons déjà gagné ce conflit. Je propose de ...

Mais visser- fut interrompu par une alarme stridente.

— Que signifie ceci Visser-one ? Demanda visser-4.

— Rien, c’est juste un signal m’indiquant qu’un scan biologique va bientôt être lancé et que je dois évacuer mes invités.

— Est-ce vraiment nécessaire ? Nous étions au beau milieu d’une discussion.

— Oui, nous ne pouvons pas prendre le risque d’être espionné par des morpheurs. Et vous devriez vous en aller rapidement si vous ne voulez pas finir carbonisé.

— C’est de la paranoïa pure et simple. Se plaignit visser-4.

Mais je n’entendis pas la réponse de Visser-one. Dès que l’alarme avait retenti, nous avions fui vers la zone du vaisseau où étaient entassées les cages des esclaves pendant que leurs yeerk se nourrissait dans la piscine du vaisseau. Les autres animorph reprirent leur place parmi les esclaves humains, pendant que je repris la mienne parmi les gardes Hork-bajir. Décidément plus je travaillais avec eux, plus j’avais l’impression de régresser. Me voilà de nouveau garde de piscine dans le corps d’un hôte qui me détestait. J’arrêtât mes digressions et me concentrât sur ma tâche : faire en sorte que personne ne remarque qu’il y avait 5 esclaves qui n’étaient jamais utilisées comme hôte. Je n’avais rien à craindre des autres esclaves. La plupart avaient été réduits à l’état de zombie depuis longtemps et les autres se contentaient de crier ou de pleureur de manière ininterrompue durant leurs rares heures de liberté. Mon souci, c’était les autres gardes.

Plus que 5 jours à tenir me dis-je pour me donner du courage. Mais plus que 5 jours avant quoi ? Avant de pouvoir assister à l’invasion de la terre et à la mort de tous ceux que nous aimions. Ce que j’avais entendu dans cette salle de réunion m’avait déprimé. David avait peut-être raison. Peut-être que nous n’avions aucune chance. Qu’est-ce qui m’avait pris de me laisser aller aux encouragements de Tom ? Je n’aurais jamais dû m’engager dans cette voie. Enfin, maintenant, il était trop tard et notre seule chance était d’aller jusqu’au bout.

oOoOoOo

Les jours avaient passé et nous étions finalement sortis de l’espace zéros. Une activité frénétique s'était alors emparée du vaisseau jusqu’ici en léthargie. Les yeerks sortirent tous de la piscine pour rejoindre leurs hôtes attitrés et se tenir prêt au combat. Je n’osais pas l’exprimer à haute voix de peur de vexer mes compagnons humains, mais cette ambiance d’excitation ou tous s’affolaient d’une manière qui semblait totalement anarchique fit surgir en moins de vieux souvenir des rares yeerks avec qui j'avais été proche (principalement les autres membres de ma portée).

Lorsque j’avais évoqué ses moments avec eux, mes amis humains m’avaient regardé avec pitié et Marco avait commenté que j’avais eu une vie terrible. Et d’une certaine manière, ils avaient raison. Mais malgré tout, je chérissais ses souvenirs et les revivre m’apportait irrémédiablement une joie teintée de nostalgie. Cependant, je doute qu’ils auraient toléré que j’exprime une quelconque forme de joie, en voyant l’armée de Visser-one se préparer à envahir la terre. De toute façon une fois que les rares moments joyeux de ma vie eurent terminé de défiler devant mes yeux, je ressentis la même horreur qu’eux. Désormais, toutes les personnes auxquelles je tenais se trouvaient sur terre. Les humains ne me considéreraient jamais comme l’un dès leur, mais je tenais à eux plus qu’à la plupart des yeerks. Nous devions à tout prix faire échouer les plans de Visser-one.

Malheureusement, cela allait être difficile. Malgré tous nos efforts, nous n’avions pas eu d’autres opportunités d’espionner les officiers du vaisseau et encore moins Visser-one. Les procédures drastiques de sécurité prisent par Visser-one (malgré le mécontentement qu’elle gênerait parmi ses troupes) avait porté leur fruit. Nous ignorions donc tout de son plan. Cependant, nous ne pouvions plus attendre. Nous avions donc convenu que dès que le vaisseau serait sorti de l’espace zéros, nous profiterions de la confusion qui accompagnait toujours l’entrée dans un système ennemi pour nous infiltrer jusqu’à la salle des réacteurs. Une fois à l’intérieur, nous attendrons que le vaisseau ait engagé le combat contre la flotte de Jera456 pour le détruire et ainsi donner un avantage considérable à celui-ci. Pour le coup, c’était un plan totalement suicidaire. Après un coup pareil, il y avait peu de chances que nous parvenions à nous échapper indemne. Néanmoins, malgré leur jeune âge, il m’avait impressionné en acceptant ce probable sacrifice avec résignation. Bien des yeerks n’auraient pas été capables d’une telle détermination.

Nous parvînmes à nos fins sans difficulté majeurs (si on excepte les deux gardes occupant des hôtes humains dont on a dû se débarrasser à l’aide du sas le plus proche). Nous nous cachâmes dans une salle de repos maintenant déserte se trouvant juste à côté des réacteurs. Elle était normalement destinée aux nombreux techniciens et ingénieurs qui se relayaient pour chouchouter les réacteurs à antimatière. Mais pour les prochaines heures, il serait tout à leur poste en se tenant prêt à intervenir. Lors d’un combat, il n’était pas rare que les réacteurs soient poussés au-delà de leurs limites. La salle de repos contenait un petit hublot d’où nous pûmes observer Jupiter et ses lunes. Les humains avaient vraiment de la chance. Il ne réalisait pas à quel point leur système était splendide. S’il survivait à la guerre, leur système deviendrait une destination touristique de premier choix pour toutes les espèces de la galaxie. Je pensais aux avantages que la république yeerk d’hélios pourrait obtenir en exploitant correctement ses merveilles de la nature. Tom avait raison. En très peu de temps Jera456 avait réussi à me transformer en un vrai politicien.

Puis la splendeur des corps célestes laissa place à une nuit noire maculée des traînées blanchâtres que la voie lactée laissez sur son chemin. Et au bout de 3 heures à peine, une minuscule boule bleue apparut et grossit de plus en plus jusqu’à remplir un dixième de l’espace visible. Et toujours aucune trace de l’armé de Jera456. Mais qu’est-ce qu’il foutait bon dieu. Ce lâche n’avait pas fui quand même ? Puis les paroles de Visser-one resurgirent dans mon esprit et je compris. Je criai qu’il fallait qu’on quitte ce vaisseau de toute urgence ou que l’on trouve un communicateur, mais ce fut trop tard. Une violente secousse ébranla le vaisseau.

Par le hublot, je vis toute la flotte tirer de manière synchronisée sur la lune. L’impensable se produisit : la lune se désagrégea et se transforma en un vaste champ d’astéroïde de toute taille orbitant de manière anarchique autour de la planète et réduisant en morceaux la flotte de Jera456 qui s’était caché derrière la lune dans l’espoir de surprendre la flotte de Visser-one. Comme prévu par Visser-one, Jera456 avait positionné sa flotte là l’endroit exact où Visser-12 avaient prévu d’accueillir une flotte andalite venue remettre en cause son fief terrien.

Je savais que Visser-one allait exploiter cette faiblesse pour lui tendre un piège, mais je n’aurais jamais pu anticiper un tel désastre. Les animorphs me rejoignirent et regardèrent avec horreur la défiguration du ciel terrestre ainsi que l’anéantissement de la flotte de la république yeerk d’hélios.

Puis une image s’imposa avec violence dans notre tête. Visser-one nous regarda de haut debout devant la large baie vitre de son fauteuil qui offrait une vue imprenable sur le désastre en cours. Je compris qu’il s’agissait d’une retransmission télépathique à tous les être vivant se trouvant sur terre et dans son orbite proche.

— <Cher Peuple de la terre. Je suis Visser-one : Chef suprême des armées de l’empire yeerk et premier consul de l’empire. Et je viens d’écraser les forces de la république yeerk d’hélios. Comme vous pouvez tous le constater en levant les yeux au ciel, la vie sur terre ne sera, plus jamais, pareille. Ses traîtres, qui se prétendaient vos sauveurs, ont rompu les négociations de paix entamé avec l’empire de la pire des manières. Ils ont envoyé des terroristes commettre des attentats innommables au cœur de notre glorieuse capitale. Nombre de nos citoyens innocents, jusqu’à l’empereur yeerk lui-même, sont morts des suites de leur félonie. Pour mettre fin à cette agression et préserver la vie de mes sujets, je n’ai pas eu d’autres choix que de réunir dans l’urgence une flotte et de foncer sur terre tuer le mal à la racine. Cependant l’insuffisance des forces que j’ai pu réunir en si peu de temps et la perfide stratégie de ceux qui se prétendaient vos sauveurs, nous ont contraint à infliger des dommages irréversibles à votre si magnifique système. Croyez bien que je regrette profondément d’avoir dû en arriver là et que je suis conscient qu’aucune excuse ne pourra jamais racheter le mal que j’ai fait à votre espèce. Les hôtes ayant connu l’époque pas si lointaine où je dirigeais la colonie yeerk de la terre pourront vous confirmer à quel point je me suis attaché à cette planète et aux êtres qui la peuple. Ils pourront vous affirmer également que mon respect, c’était matérialisé par des actes concrets tels que l’accent mis sur le recrutement quasi-exclusif d’hôte volontaire et l’imposition de règle de bon traitement des hôtes même involontaire. Je tiens à vous rassurer que je ne suis en rien Visser-12. Même si j’estimais ses talents de militaire et sa loyauté indéfectible à l’encontre de l’empire, je n’ai jamais pu accepter ses méthodes brutales. Je ne suis pas venue sur terre pour vous envahir, mais pour mettre un terme aux injustes attaques conte mes concitoyens. Cependant, après les terribles dommages que j’ai été contraint de causer, je ne peux me contenter de partir. La plupart des débris de votre lune vont sagement rester en orbite et constituer petit à petit une ceinture d’astéroïde. Ce changement a d’ores et déjà du causé d’innombrables dégâts liés à la modification du niveau des eaux provoquées par la brutale disparition de l’effet de marée causé par la lune. Mais je crains que le pire ne soit à venir. Une part importante de ses débris s’est retrouvée propulsée hors de l’orbite lunaire par les combats et se dirige maintenant vers la terre. La plupart se désintégreront dans l’atmosphère, mais des milliers d’entre eux ont une taille suffisante pour anéantir toute vie présente à la surface de la terre. Et même les yeerks n’ont pas la capacité d’intercepter autant de météore en un temps aussi court.

De toute manière, même si personnellement, je ne souhaite aucun mal à la terre et aux Terriens, ce n’est pas le cas de la plupart des dirigeants yeerk. Je pense que les récits qu’ont dû vous faire les rares hôtes libérés par la république yeerk d’hélios vous ont donné une idée assez précise de ce qui vous attend en l’absence de la protection d’un yeerk bienveillant envers les humains.

En tant que premier consul de l’empire et dans le but d’expier ma faute à votre égard, je vous propose officiellement de devenir le nouveau protecteur de l’humanité. Acceptez volontairement de servir d’hôte à mes yeerks pendant une dizaine de vos années et je vous promets que notre flotte se mobilisera pour évacuer le plus vite possible vos citoyens avant la catastrophe. Lorsque vous aurez terminé votre service, la terre sera redevenue habitable et vous pourrez retourner y vivre. Cependant, lorsque vous aurez constaté ce que tout l’empire yeerk a à vous apporter et que l’expérience d’hôte est bien moins terrible que ceux qu’a pu vous faire croire la malheureuse expérience que vous avez connue avec cette brute de Visser-12, vous accepterez sans doute de rester parmi nous, volontairement, afin de continuer à profiter des nombreux bienfaits de l’empire. En tant qu’hôte de l’empire, vous pourriez vivre des siècles en parfaite santé, ne plus jamais connaître la faim et obtenir les loisirs actuellement réservés aux plus riches. Et une fois que nous aurons remporté notre guerre contre les andalites, la vie dans l’empire signifiera également une vie loin de toute guerre. Je me doute que nombre d’humains rejetterons mon offre. Et je ne compte pas les forcer d’une quelconque manière à l’accepter. Comme je l’ai dit, je ne suis pas venu pour envahir la terre. Cependant, je ne les laisserai pas non plus empêcher les autres de choisir de nous rejoindre. Ma flotte restera en orbite en attendant votre réponse et si elle est unanimement refusée par tous les peuples de la terre, alors je repartirais sans insister davantage. Cependant, je tiens à vous prévenir que si un de vos peuples accepte ma proposition, alors je ne tolérerais pas que vous vous interposiez. Chaque peuple de la terre est libre de choisir son destin et je serais intransigeant à ce sujet. Si vous souhaitez mourir, ça vous regarde, mais ne condamnez pas les autres.

Pour finir, j’aimerais avoir un dernier mot pour mes nombreux compatriotes yeerk. Je comprends parfaitement qu’après que les rebelles se soient emparés des générateurs de Kandrona, la plupart d’entre vous n’ont pas eu d’autres choix que de les servir. Comme vous le savez, je suis un visser aussi compréhensif que miséricordieux. À la condition que vous déposiez immédiatement les armes, vous serez amnistiés de tous vos crimes et vous pourrez retrouver votre place au sein de l’empire, sans la moindre rétrogradation ou pénalité dans la suite de votre carrière. Et je vais prendre prochainement rendez-vous avec les dirigeants humains pour négocier une autorisation d’atterrir, afin de vous évacuer. Par contre soyez assuré que je serais intraitable envers tout yeerk qui refusera de déposer les armes. La famine de Kandrona leur semblera un sort doux en comparaison de ce que je leur réserve.>

Puis la communication s’arrêta brutalement. Nous nous regardâmes. Nous étions tous effarées.

— Dites-moi que c’est un mauvais rêve. Dit Marco avec un air de terreur que son visage ravagé par les brûlures rendait effrayant.

— Visser-one ment. Il ne pourra jamais offrir de tel avantages aux humains. La libération après dix ans de service. Même les taxxons n’ont pas obtenue des conditions aussi avantageuses. Mais beaucoup d’humain risque d’y croire. C’est une durée juste assez énorme pour être crédible comme exigence, sans être totalement inacceptable. Commentais-je.

— Sans blagues, on ne s'en serait pas douté. Bon, qu’est-ce qu’on fait pour l’arrêter. S’exclama Rachel.

Nous nous regardâmes tous silencieux.

— Vous n'allez pas me dire que vous allez abandonner !? S’énerva-t-elle.

— Bien sûr que non. Mais pour l’instant, je n’ai pas d’idée. On est seul face à une flotte d’invasion entière, je te rappelle. Si tu as une idée, on t’écoute. S’énerva Jack.

Elle resta silencieuse et il finit par dire :

— Pour le moment, transformez-vous-en hork-bajir et partons d’ici. Quelqu’un risque d’arriver et de nous demander ce qu’on fiche ici.

Une fois dans les couloirs par la pensée, je proposai avec hésitation :

— <J’ai une idée, mais Tom ne l’approuverait pas.>

— <Au point où on en est. Vas-y, c’est quoi ton idée ?> Demanda Jack.

— <On pourrait s’emparer d’une navette et foncer au canon orbital. Puis on pourrait l’utiliser pour détruire le vaisseau de Visser-one>

— <Si on fait ça l’intégralité de la flotte nous tirera immédiatement dessus>

— <Oui, mais avec de la chance, avant de mourir, on pourrait détruire Visser-one et son vaisseau-amiral. La terre serait condamnée, mais ça permettrait aux opposants de Visser-one de reprendre le pouvoir. Ou au pire, les différentes factions au sein de l’empire se bâteront pour trouver un successeur à Visser-one. Ça assurerait aux andalites de gagner la guerre. La terre serait condamnée, mais le reste de la galaxie serait sauvé.>

Ils débâtirent en privé pendant une dizaine de minutes. En débutant cette mission, ils avaient accepté de sacrifier leur vie pour sauver la terre. Mais là, je leur demandais de sacrifier leur espèce pour sauver... Pour sauver quoi en fait ? Hypothétiquement pour enfin mettre un terme au conflit qui oppose depuis tant d’années les yeerks et les andalites. Pour aider ceux qui avaient essayé de les asservir. Ceux qui avaient fait subir l’enfer à leurs proches et les avaient obligés à devenir des enfants-soldats. Ceux qui seraient bientôt responsables de l’asservissement de l’humanité et peut-être de sa fin.

— <On suit ton plan. Mais pas pour aider les yeerks ou les andalites. On le fait pour éviter que d’autres espèces ne subissent le même sort. Et un peu pour toi et Axe. >

Je restai silencieux profondément émus.

— (Vous me donnez envie de vomir avec vos beaux sentiments hypocrites. Elle était où votre noblesse d’âme lorsqu’il s’agissait de protéger mes parents ?) Commenta David. Pour la première fois, je ressentis de la colère à son encontre. Il dut le sentir, car il se tue immédiatement.

oOoOoOo

Au début, nous enfonçâmes dans les coursives du vaisseau (toujours sous notre apparence de hork-bajir) avec prudence. Mais très vite nous nous contentèrent de foncer le plus vite possible. La plupart des soldats avaient abandonné leur poste pour fêter cette victoire rapide et trinquer à la santé de Visser-one. À cause de la récente crise de paranoïa de Visser-one peu d’information sur le plan de bataille avait filtré, mais tous étaient conscients de la faible taille de la flotte et s’étaient attendus à un combat difficile et à de nombreuses pertes. Et même en cas de succès peu envisageait la suite des événements avec optimiste. Tout avait brusquement changé. Les officiers avaient bien essayé de ramener le calme, mais rien n’y fit. Dans ce capharnaüm, il était inutile de prendre des précautions. Nous pûmes facilement voler un vaisseau un bug et après avoir activé le système de camouflage nous foncèrent vers l’Alaska le plus vite possible. Nous n’eûmes aucun mal à repérer le site où se trouvait le gigantesque canon dont les animorphs avaient envisagé de saboter la construction, il n’y a pas si longtemps.

— Une idée sur comment prendre la structure. Demanda Jack après s’être démorphé.

— La prendre d’assaut. Pourquoi faire ? Je suis le président de la République yeerk. Il me suffit de leur ordonner de m’ouvrir.

— Sans vouloir te vexer, ils te croient probablement mort avec le reste de la flotte. De toutes façons après le petit discours de Visser-one je ne suis pas sûr qu’il te soit encore loyal. Rétorqua Marco.

Ses paroles me frappèrent comme un coup-de-poing. Je jetai un coup d’œil au ciel nocturne qui avec sa lune ravagée offrait maintenant un spectacle des plus étranges. Je n’y avais pas pensé sur le moment, mais Tom se trouvait probablement au côté de Jera456 sur le vaisseau-hache, afin de donner du courage aux yeerks en leur faisant croire que leur chef se tenait avec eux en première ligne. Je ressentis une violente douleur qu’aucune de mes nombreuses blessures de guerres n’était parvenue à égaler. Seule la mort brutale de ma sœur de portée préféré (suite à des tirs d’artilleries ordonnée par le frère d’Aximili) m’avait fait un choc similaire. Jack qui pourtant devait avoir des émotions similaires retint ses larmes et reconcentra ses pensées sur les enjeux du moment.

— Je vais me transformer en rhinocéros et défoncer la porte d’entrée. Puis avec Tobias, je ferais diversion. Quant à vous, transformez-vous en cafard et accrochez-vous à moi. Pendant qu’on fout le boxon vous pénétrerez l’installation et foncerez jusqu’au centre de commande. Une fois que vous en aurez pris le contrôle Rachel et Marco s’assureront que personne ne rentre pendant que Thévenin utilisera le canon pour anéantir Visser-one. Des questions ?

— Oui, qu’elle est le sens de la vie ? Qu’elle la différence entre l’être et le non-être ? Où disparaissent les chaussettes ? Pourquoi les yeerks n’ont-ils pas construit leur saloperie de canon dans un endroit chaud ? Termina Marco que ni le froid extrême, ni la défiguration de son visage n’avait dissuadé d’essayer de détendre l’atmosphère par ses blagues nulles.

— Pas de question. Parfait. Annonça Jack en souriant à la réplique de son meilleur ami. Puis il prit la forme de rhinocéros et fonça sur la porte blindée faiblement gardé.

— <Essayez de limiter les pertes au maximum. Jusqu’à preuve du contraire, ils sont dans notre camp.> Leur rappelais-je sans me faire d’illusion sur la portée de mon avertissement.

Ayant récemment visité de fond en comble l’installation lors de sa récente inauguration par la république, je connaissais parfaitement les lieux et la diversion de Jack au sol et de Tobias dans les airs fut parfaitement efficace. De toute façon, les gardes ne semblaient pas très combatifs. Dans tous les cas, nous n’eûmes aucun mal à atteindre la salle de commande, puis à assommer les yeerks qui y était présent et à nous y barricader.

Je commençai alors à paramétrer le canon. Durant les longues minutes nécessaires à son réalignement, je priai silencieusement pour qu’il aille plus vite (les gardes ne resteraient pas léthargiques très longtemps). Puis au bout d’un temps qui me sembla interminable l’imposant vaisseau sphère de Visser-one fut enfin dans la ligne de mire. J’avais peur que suite bataille Visser-one ai déplacé sa flotte pour ne plus être à portée des défenses planétaires installées par Visser-12. Peut-être avait-il pris le risque calculé de rester à portée de tir, afin de montrer qu’il ne craignait rien. Ou alors, il y avait autre chose. À mon tour, j’eus le dérangeant pressentiment que tout ceci avait été bien trop facile. Étions-nous tombées dans un piège pour la troisième fois ? Un grand coup retentit contre la porte. Je n’avais pas le temps d’hésiter. J’appuyai de toutes mes forces sur le bouton de mise à feu.

Immédiatement, la terre trembla et un énorme bruit me perça presque les tympans. C’est donc pour ça qu’il y avait des casques antibruit accrochés au mur de la pièce ? Les humains sont vraiment fragiles. Dans mon ancien hôtes hork-bajir je frémissais à peine lorsque des canons, pourtant plus gros tiraient pendant que je me tenais à leur côté (ou peut-être était-ce dû à la densité particulièrement élevée de l’air de la planète terre). Quoi qu’il en soit, j’ignorai la douleur provenant du corps de David pour visualiser le résultat grâce au télescope du canon et aux rares satellites de surveillance yeerk qui n’avait pas été détruit par les débris lunaires. Le tir avait rebondi sur les boucliers du vaisseau sphère sans sembler leur faire le moindre dégât. Apparemment, la rumeur sous-estimait de beaucoup la puissance des boucliers du vaisseau-amiral de Visser-one. Même un vaisseau-monde andalite aurait flanché en recevant un tel coup direct. Avant que je ne puisse réfléchir à la suite des événements l’écran principal s’alluma.

— Par l’empereur. Qu’est-ce que vous foutez ? Je vous ai ordonné de faire profil bas et d’attendre mes ordres.

Je fus tellement stupéfait que je ne pus rien rétorquer. Très vite sans que je ne puisse m’en empêcher les larmes me montèrent aux yeux. L’écran retransmettait l’image du nouvel hôte totalement furieux de Jera456(je notais qu’il semblait très amaigri et en manque de sommeil), avec en arrière-plan Tom.

— Thévenin ! Je savais que tu n’étais pas mort. S’exclama Tom en poussant Jera456 pour passer au premier plan.

— Moi aussi, je vous croyais mort. Comment vous avez survécu ? Demandais-je fous de joie de les savoir en vie.

— Je vais dire à Jack et Tobias d’arrêter de se battre. Dit joyeusement Marco en ouvrant la porte.

— C’est plutôt nous qui devrions te poser cette question. Et tu ne m’as toujours pas dit ce que vous foutiez. Repris Jera456 après avoir profité de la force de son hôte pour pousser Tom sans ménagement et reprendre le contrôle des événements.

— On essaye de détruire le vaisseau-amiral de Visser-one. Exposais-je.

— Imbécile ! Tu ne t’es pas dit que ça allait attirer l’attention de sa flotte sur l’un de nos seuls atouts.

— On pensait que tout était perdu de toute façon.

— Par l’empire ! Cria-t-il avec un désespoir visible.

Mais avant qu’il ne puisse poursuivre sa colère se portât sur quelqu'un d'autres et il cria sans faire davantage attention à moi :

— Pourquoi la flotte avance. Je n’ai donné aucun ordre.

Aussitôt, l’hologramme d’un humain au regard méprisant apparut au centre de la pièce où se trouvait Jera456.

— Désolé seigneur pleutre. Je croyais que les ordres étaient de foncer sur la flotte de Visser-one dès qu’elle commencerait à pénétrer dans l’atmosphère. Ou peut-être avez-vous trouvé un autre prétexte pour reporter le combat ?

— Elle pénètre dans l’atmosphère ? Mais pourquoi ?

— Sans doute pour anéantir nos frères qui eux ont eu le courage de défier le vaisseau-amiral de Visser-one.

— Peu importe, c’est parfait. Bravo sous-visser Beltra856. Je savais pouvoir compter sur vous. Une fois que tout sera fini, vous aurez une médaille.

L’arrogant yeerk coupa la communication avec un air surpris.

— Je ne comprends pas ce que Visser-one cherche à prouver en ne détruisant pas le canon depuis l’orbite, mais c’est une chance. À tous les vaisseaux feux à volonté sur la flotte ennemie, dès qu’elle sera descendue en dessous des 700 ratchild d’altitude. Déclara Jera456 après avoir appuyé frénétiquement sur plusieurs boutons.

Ensuite, il m’ignora et partit en courant donnée des ordres à droite à gauches. Je reportai mon attention sur l’image en provenance du télescope du canon. L’intégralité de la flotte de la république sembla sortir du néant et commença à pilonner la flotte de Visser-one considérablement affaiblis par son entrée dans l’atmosphère. Le vaisseau-hache notamment avec ses canons ultra-puissants faisait des ravages impressionnants. En quelques minutes la moitié de la flotte de Visser-one avait été détruit.

Mais très vite le massacre changea de direction. Les vaisseaux de Visser-one terminèrent leur entrée atmosphérique et se positionnèrent derrière le vaisseau de Visser-one qui ne semblait pas le moins du monde affecté par tous ses tirs et commença à répliquer. La flotte de la république concentra alors tous ses tirs sur le vaisseau de Visser-one dont les boucliers commençaient à sérieusement flancher. Mais ils ne cédaient toujours pas et derrière lui le reste de la flotte s’était réorganisé et avait commencé à répliquer sur les vaisseaux qui dorénavant ne les prenaient plus pour cible. En urgence, je pilonnai le bouton de tir du canon orbital. Son tir surpuissant atteignit le vaisseau-amiral en même temps que celui du vaisseau-hache provoquant une gigantesque explosion sur le pôle Nord du vaisseau sphère. Le vaisseau-amiral de Visser-one était toujours debout, mais ses boucliers étaient tombés. Et il faisait face à une flotte maintenant plus nombreuse que la sienne.

Dans une ultime tentative de renverser la situation le vaisseau-sphère de Visser-one fonça sur le vaisseau-hache. J’entendis Jera456 ordonné aux autres vaisseaux de s’occuper du reste de la flotte. Un duel s’engagea alors entre le vaisseau sphère de Visser-one et le vaisseau-hache de son ancien rival Visser-12 (où je devinais que se trouvait actuellement Tom et Jera456). Lentement le vaisseau sphère se rapprocha du vaisseau-hache qui se contentait de tirer en boucle sur celui-ci. À chaque tir des parties du vaisseau sphère disparaissait. Le vaisseau avait perdu depuis longtemps toute étanchéité et c’était un miracle qu’il vole encore. Mais malgré tout, il se dirigeait toujours vers le vaisseau-hache et s’apprêtait à le percuter (ce qui étant donné que la faiblesse de ses défenses ne manquerait pas de l’anéantir). Lorsqu’enfin répondant à mes prières, la jauge de refroidissement du canon passa au vert : il était prêt pour un nouveau tir. Immédiatement, je fis feu pour la troisième fois et je vis le vaisseau sphère se disloquer, quelques mètres à peine avant de percuter le vaisseau-hache. Jera456 ne prit même pas une minute pour savourer sa victoire et ordonna au vaisseau-hache de prêter main forte au reste de la flotte.

Avec l’aide de ce vaisseaux surpuissants la bataille fut vite terminé. La terre était sauvée. Non, mieux la galaxie était sauvée. Non seulement Visser-one et sa flotte étaient vaincues, mais la république yeerk d’Hélios était toujours là. Je ne m’intéressais aux questions politiques que depuis peu, mais je savais que cela signifiait la fin de l’empire et le début d’une ère de paix et de liberté pour les yeerks.

— Est-ce que tu vas enfin m’expliquer ce qui se passe Jera456 ? J’ai pourtant vu ta flotte se faire anéantir.

Jera456 me répondit en rayonnant de joie (je ne l’avais plus senti aussi heureux depuis très longtemps) :

— Tu croyais vraiment que j’allais appliquer le plan odieux de Visser-12 ? Que j’allais utiliser mes propres subalternes comme bouclier pendant que j’utilisais les capacités du vaisseau-hache pour me couvrir de gloire ? Bien sûr que non. Je ne suis pas ce genre de yeerk. J’ai plutôt essayé d’adapter le plan de Richac6487 : attendre que l’ennemi soit affaibli par la rentrée atmosphérique pour lui tomber dessus. C’est là que les ches ont proposé leur aide. Ils ont utilisé leur technologie holographique pour créer une fausse flotte à l’endroit où Visser-12 avait prévu de dissimuler la sienne. Ils nous ont aussi aidé à camoufler notre vraie flotte. D’ailleurs, rappelle-moi d’adopter un chien. Non des dizaines de chiens.

— En gros depuis le début, tu avais la situation bien en main et on a fait que te gêner. C’est toi qui avais raison depuis le début. On aurait dû attendre et te faire confiance. Tu es un bien meilleur dirigeant que moi. Tu devrais prendre ma place.

— Tu rigoles, j’espère. Tu as vu comment cet abruti, de sous-visser m’a traité. Toi, tu sais imposer le respect aux yeerks. Et si tu n’avais pas brillamment provoqué Visser-one, il serait resté en orbite. Je n’aurais pas pu appliquer mon plan. J’aurais dû le laisser conquérir la terre ou me lancer dans un assaut perdu d’avance. Sans toi, il n’y aurait pas eu de victoire.

— Sans moi, il n’y aurait pas eu de guerre.

— Ça, tu ne peux pas le savoir. Qui te dit que Visser-one n’aurait pas trouvé un autre prétexte pour envahir la terre ? De toute façon, si tu crois que je suis capable de faire mieux, tu te goures. Je te rappelle que moi aussi, j’ai approuvé ce plan. Et je m’en félicite. Grâce à ton intervention, Visser-one a lancé une invasion de la terre dans la précipitation et avec une flotte réduite. Si Visser-one n’avait pas voulu exploiter au maximum l’opportunité que vous lui avait offerte, qui sait si nous aurions été en mesure de le repousser. D’ailleurs, c’est vrai que vous avez tué l’empereur ?

— Bien sûr que non. C’est …

— Je m’en doutais ! C’est Visser-one n’est-ce pas ? Et je parie que si un yeerk infectait tes humains, il pourrait prouver que la république est innocente. Cela discréditerait définitivement le camp des pro-guerre.

— Oui, mais je doute qu’ils acceptent.

— J’accepte. Dit Jack.

Je me retournai précipitamment. Pris par les événements, je n’avais pas remarqué sa présence ainsi que celle des yeerk de la base qui nous regardait mi respectueux, mi en colère. Je remarquai que Jack boitait et était soutenue par Marco. Quoi qu’en y regardant de plus près, c’était plus Jack qui soutenait Marco. Il venait d’assister à la mort de sa mère.

— Tu n'es pas bien ? T’as oublié comment c’était la dernière fois. S’inquiéta immédiatement Tom à travers l’écran.

— T’inquiètes, je n'ai pas oublié. Mais si c’est le seul moyen pour que ce qu’il reste de l’empire yeerk nous foute définitivement la paix, alors je n’hésiterais pas. Je ne veux plus voir de mort. Plus jamais.

Les autres allèrent se porter volontairement à sa place, mais il rétorqua :

— C’est moi le chef. C’est moi qui ai ordonné qu’on se jette dans la gueule du loup malgré les avertissements de Catie. C’est à moi de le faire.

— Parfait. Parfait. Se félicita Jera456 sans remarquer le trouble dans lequel la perspective de voir Jack se faire infecter une deuxième fois (même temporairement) nous avait plongé. Thevenin789, passe les commandes du canon à l’officier d’artillerie et ordonne au responsable des communications de connecter le canon au système de visée de mon vaisseau. Il faut qu’on s’occupe le plus vite possible de ses débris spatiaux. D’ailleurs je te laisse annoncé aux yeerks, qu’ils devront reporter la fête et les permissions pour au moins 24 heures.

— Je croyais que la terre était perdue. Que les yeerks ne pouvaient pas empêcher les débris de la lune d’atteindre la terre. Demanda Cassie avec espoir.

— Normalement, ce serait le cas. Mais dès les premiers tirs de Visser-one sur la lune, les ches ont commencé à calculer la trajectoire de chaque débris et comment les dévier de manière à minimiser le nombre de morceaux qui tomberont sur terre. Si on suit leur plan, ils affirment que seuls 5 débris s’écraseront sur terre et que l’impact provoquera au maximum une explosion comparable à deux fois la bombe d’Hiroshima. Je vais transmettre aux humains les lieus de collisions prévues par les che. S’ils commencent l’évacuation dès maintenant, il ne devrait pas y avoir de perte à déplorer. En parlant de ça, hum, Thevenin789, je ne sais pas comment te l’annoncer …

En voyant son ton hésitant, je m’attendis au pire.

— Vas-y crache le morceau. Qui est mort ?

— Personne. Enfin pas à ma connaissance. C’est juste que l’un des débris va tomber sur la France. Enfin pas exactement. Il va tomber au large d’une ville nommée Lille et y provoquer un gigantesque tsunami. Les ches affirment que le seul moyen de l’éviter serait de laisser passer un débris qui s’écraserait sur Tokyo.

— Jera456, je t’en supplie prend ma place.

— Même pas en rêve mon ami. Dès que tout ceci sera terminé, je démissionne.

— Quoi ! C’est hors de question. Reviens espèce de salops. Hurlais-je face à l’écran désormais noir.

Il avait osé me raccrocher au nez.

Épilogue

Tom était dans sa chambre en train d’essayer de faire ses devoirs lorsque son nouvel ordinateur sonna. Il cliqua et aussitôt, le visage de David apparut devant l’écran.

— Bonjour, Thevenin, comment ça va ?

— Très bien et toi.

— Impec. Je ne veux pas te vexer, mais tu ne peux pas savoir à quel point c’est agréable d’être enfin seul dans sa tête.

— Je le saurais la semaine prochaine. Répondit Thevenin.

— Tu n’as toujours pas trouvé d’autre hôte pour remplacer David ?

— Non. Je suis vraiment désolé, mais le président de la République yeerk se doit d’être exemplaire. David est un hôte beaucoup plus agréable depuis qu’il sait que ses parents vont bien et qu’il pourra bientôt les retrouver. Il a même accepté de devenir un Nothlit. Cependant, je dois le libérer avant qu’on nous accuse encore de garder des hôtes contre leur volonté.

— Cet accord avec l’empire aura au moins un avantage dit-il sombrement.

— Ce n’est plus l’empire maintenant, mais la fédération yeerk.

— Le nom a changé, mais les pratiques sont les mêmes. Et je persiste à dire que tu n’aurais pas dû écouter Jera456 et exiger que l’on puisse vérifier que les millions d’esclaves humains qu’ils ont conservés sont bien des zombis irrécupérables.

— La paix repose toujours sur un mélange de confiance, d’hypocrisies et de compromis. Je te promets de remettre cela sur le tapis dans le futur, mais pour l’instant avoir obtenu le rapatriement de centaine de milliers d’humains est déjà bien. Même les andalites ont accepté que les yeerks ne pouvait pas libérer immédiatement tous les hôtes involontaires. D’ailleurs nous aussi, on a eu besoin de temps.

— Dans le futur, ils seront vraiment devenus des zombis.

— Je suis désolé. Tu es sûr de toujours être d’accord pour me servir d’hôtes ?

— Ça va, je comprends. Ne t’inquiète pas. Tu sais que j’apprécie d'être avec toi.

— Je sais aussi à quel point tu apprécies d'avoir un peu de liberté.

Tom leva les épaules.

— Tu n’y peux rien. Déjà, c’est un sacré soulagement de savoir que je peux refuser et retrouver une totale liberté à tout moment.

— Merci. Mais si je t’ai appelé, c’est pour te demander un service.

— En plus de te prêter mon corps pour une dure illimitée. Même pour un extraterrestre venu conquérir la terre, tu commences à être un ami sacrement envahissant. Plaisanta Tom.

— C’est au sujet de Timmy. Est-ce que ta famille pourrait l’héberger ?

— Pourquoi ? Je croyais qu’il adorait sa nouvelle vie.

— C’est un euphémisme. Il est tout bonnement hystérique de vivre sur un vaisseau spatial. Son nouveau yeerk ne tarit pas d’éloge sur lui. En plus de son petit corps parfait pour se faufiler dans les coursives du vaisseau, il dit qu’il fait montre d’une passion pour tout ce qui a trait à l’espace et aux vaisseaux qu’il n’a jamais trouvé chez aucune yeerk. Je n’ai jamais vu Timmy aussi heureux.

— Alors pourquoi veux-tu qu’il vienne vivre chez moi ?

— Crois-moi, je ne le veux pas. Je rêverais qu’il reste à côté de moi pour toujours. Mais je m’inquiète pour lui. Il continue de fuir les humains. Et pour être honnête, je ne suis pas vraiment sûr de vouloir qu’il côtoie ceux qui ont décidé de rester les esclaves de leur yeerk. Disons que ce sont tous des gens orignaux.

— Des drogués et des assassins, tu veux dire. Coupa Tom.

— Tu exagères. La plupart ne sont pas comme ça.

— Beaucoup le sont.

— Tu laisses ta haine des hôtes volontaire prendre le pas sur ta raison Tom. En-tout-cas, ce sont tous des adultes. Sur l’insistance des gouvernements humains, on a été obligé de refuser tous les mineurs qui voulaient rester les esclaves de leur yeerk. Et il faut qu’il voie d’autres enfants. Enfin, je crois. Qu’est-ce que tu en penses ?

— Je pense que tu as raison. Et il lui faudrait aussi un bon psy. Mais pourquoi veux-tu qu’il vienne chez nous ? Pourquoi ne lui trouves-tu pas une famille aimante comme pour les autres enfants esclave qui avait des parents violents ?

— Une famille aimante qu’elle blague. La plupart n’aiment que l’argent qu’on leur verse pour s’en occuper. Et beaucoup se plaignent de subir des harcèlements dans leur école parce qu’ils étaient des hôtes volontaires. Et contrairement à Timmy aucun n’a d’oncle sénateur pressé de s’en débarrasser pour toucher l’héritage et assez influent pour obtenir une dérogation. Si seulement j’arrivais à convaincre les humains de baisser à 16 ans l’âge du consentement. Mais mes problèmes politiques ne te concernent pas. Je ne veux pas que Timmy subisse ça et je me dis que tes parents seraient heureux de l’accueillir après ton départ à l’université. Et comme vous êtes des héros de guerre, les gens n’oseront pas l’embêter.

— Heu bien, c’est-à-dire que je ne vais plus à l’université.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— J’ai loupé l’examen.

— Oh ! Ce n’est que ça. Dis-moi l’université où tu voulais aller et je persuaderais son président de faire une exception. D’ailleurs, je pense qu’il vaudrait mieux que ce soit Jack qui le fasse. Il est plus aimé que moi par les humains.

— Je ne veux pas de favoritisme. Et de toute manière, tu n’as pas compris ce que je voulais dire. Je l’ai vraiment raté. J’ai été incapable de répondre à la plupart des questions. Et là ça fait une heure que je galère, comme ce n’est pas possible sur des exercices de seconde. Je ne sais même pas pourquoi j’insiste ? Je n’aurais jamais le niveau.

— Je suis désolé, Tom. Tout ça, c’est de ma faute, j’aurais dû (…)

Mais Tom l’interrompit.

— C’est de la faute de Temrash114 et de l’empire. Mais certainement pas de la tienne. Si j’ai encore des capacités cérébrales suffisantes pour tenir un stylo, c’est intégralement grâce à toi.

Cela n’eut pas l’air de convaincre Thévenin, alors il poursuivit. C’était quand même un comble que ce soit à lui de consoler son yeerk, parce qu’il avait raté son concours d’entrée à l’université.

— Et puis je ne suis pas tant à plaindre que ça. Avec tout l’argent que j’ai gagné en vendant mon histoire aux journalistes, je suis à l’abri pour un moment. En fait papa m’a dit qu’on l’a contacté pour en faire un film. Si ça se concrétise, je n’aurai plus jamais de problème d’argent. Et si ça ne se concrétise pas au pire, je me ferai entretenir par Jack. Ce n’est pas un film qu’il y a en préparation sur lui, mais des dizaines.

— Vous les humains, vous êtes trop obsédé par l’argent. Ça ne suffit pas à remplir une vie.

— Ça remplit le frigo, ce n’est déjà pas mal. Et puis je ne voulais pas t’en parler, mais de toute façon, je n’avais pas très envie d’aller à l’université. Après tout ce qu’on a vécu, je n’arrive pas à redevenir un étudiant comme les autres. Et je ne suis pas le seul. Depuis quelque temps, je vais à un groupe de parole d’ancien hôte comme moi. Beaucoup galèrent à retrouver une vie normale. Ils sont en train de monter une association pour aider les anciens hôtes à se remettre. J’aimerais bien m’y investir.

— Du moment que tu t’épanouis, c’est l’essentiel. Et ton association pourrait peut-être m’aider à régler le problème de Timmy.

Tom eut l’air désolé.

— Heu, je pense que c’est une mauvaise idée. Ce sont tous des hôtes involontaires. Et tu sais ce que la plupart pensent des volontaires. En fait, je pense que tu ne trouveras aucun endroit sur terre qui accueillera un volontaire. Pour le moment, il vaut mieux qu’il reste en orbite avec les autres traitr (…), volontaire.

— Je vois. Dit tristement Thevenin avant d’interrompre la communication.

oOoOoOo

— Que pensez-vous du fait qu’un yeerk fouille la mémoire de son hôte ? Demandais-je

— Je trouve sa formidable. (...)

— suivant. Criais-je pour la énième fois depuis ce matin

— Mais attends-je n’ai pas fini

— J’ai dit suivant.

Des hork-bajir positionné le long de la pièce saisir doucement l’invité et le poussèrent vers la sortie. Durant l’intervalle de temps, avant que le prochain candidat n’entre Thévenin me murmura :

— (Je sais que c’est moi qui ai suggéré ce test, mais si ça continue on ne trouvera personne. Ne pourrais-tu pas être un peu moins exigeant s’il te plaît ?)

— (Désolé Tom, mais en tant que président de la République yeerk, je me dois d’être particulièrement sélectif dans le choix de mes hôtes. Je veux quelqu’un d’un minimum sincère et en phase avec mes goûts.)

Pendant leur discussion mentale, un homme blanc taillé comme une armoire à glace prit place dans le fauteuil en face de Thévenin. Il semblait particulièrement, mal à l’aise.

— Que pensez-vous du fait qu’un yeerk fouille la mémoire de son hôte ? Demandais-je

— Hein quoi ?

— Je répète que vous pensez du fait qu’un yeerk fouille la mémoire de son hôte ?

— Ben, je ne sais pas. Je trouve ça plutôt dérangeant. Personnellement, je n’aimerais vraiment pas ça. Limite, ça ressemble à un viol.

— (Bien le premier candidat à répondre sincèrement)

— Pourquoi souhaitez-vous devenir mon hôte ? Thévenin regarda sa fiche et afficha un air surpris : Monsieur Amadou Diallo ? Vous n’étiez pas censé être noir ?

— Heu, je crois que j’ai fait une erreur, je vais partir en fait.

— Restez, je vous prie. Vous n’êtes pas, M. Diallo n’est-ce pas ?

À ses mots les gardes hork-bajir bloquèrent la sortit

— Dites-leur de me laisser sortir.

— Je le ferais quand vous m’aurez dit comment vous vous êtes infiltré parmi les candidats et pourquoi.

— Pour l’infiltration, ce n'est pas difficile. Je suis rentré et je me suis assis dans la salle d’attente comme tout le monde.

— Et le pourquoi ?

— Laissez-moi sortir. Vous n’avez aucun droit de me retenir ici contre mon gré.

— Si vous tenez tant à ce que nous suivons la loi, je peux appeler la police humaine et porter plainte contre vous.

En entendant ça, il pallie et se rassit :

— Non, c’est bon. Je vais vous le dire. Je suis journaliste et je voulais faire un papier.

— Montrez-moi votre carte de presse ?

— Quoi ?

— Votre carte de presse.

— Je ne la prends jamais pour des enquêtes en infiltration. Trop de risque de se faire repérer.

— Si vous insistez, je peux également vous infester de force et obtenir moi-même la réponse à mes questions.

— Vous n’avez pas le droit, depuis la fin de la guerre (…)

— Je n’ai pas l’impression que vous entreteniez de bon rapport avec la police Monsieur Diallo. Ou qu’elle que soit votre véritable non. Répondez sincèrement à mes questions et je vous promets que quel qu’aient été vos motivations en venant ici, vous serez libre de repartir.

— La promesse d’un yeerk qu’est-ce que ça vaut ? Dès que j’aurais répondu à vos questions, je serais amené sur votre vaisseau mère pour servir d’esclave à une de vos limaces.

— Si vraiment, c’était mon but, je ne m’embêterais pas à vous interroger. Est-ce que vous savez qui je suis ?

— Maintenant oui, je vous reconnais. Vous êtes le président de la République yeerk. Qu’est-ce vous faite dans cet hôtel minable ?

— Je reçois des candidats pour être mon nouvel hôte ?

— Il y a vraiment des gens qui sont volontaires pour ça ?

— Bien sûr. Il faut dire que le salaire est excellent, les congés fréquents, la mutuelle (...)

— Même pour un million d’euros, je ne voudrais pas faire ça. Sans vouloir vous offenser.

— Il n’y a pas de mal. Nous les yeerks n’avons pas la même notion que les humains de ce qui est offensant. Ce doit être lié à notre nature de parasite qui nous oblige à nouer des relations où prime la sincérité et la tolérance des différents points de vue.

— Pas la peine de me faire votre pub, je ne suis pas candidat.

— Maintenant, que j’ai satisfait votre curiosité, pourriez-vous satisfaire la mienne ? Sinon j’appelle la police et je reprends les auditions.

— Ça va, ça va. Je vais vous dire la vérité. Je suis rentré ici pour échapper à une patrouille de police.

— Pourquoi vous recherche-t-il ?

— Il m’accuse d’avoir tué ma femme et mes deux enfants. Mais ce n’était pas moi. Ils étaient déjà morts quand je suis arrivé chez moi ce jour-là. Je vous jure que je suis innocent ne me livrer pas à eux. Pas avant que j’aie trouvé le vrai assassin.

— Je vous ai déjà donné ma parole de vous laisser partir, Monsieur Diallo, est ce que vous aimez la nature ?

— (Quoi t’es dingue ?) Me demanda Tom en comprenant où je voulais en venir.

— (Définitivement, mais ça n’a aucun rapport avec ma décision) lui répondis-je.

— Pardon ? S’exclama le fugitif.

— Je vous ai demandé si vous aimiez la nature.

— Je vous avoue être recherché pour meurtre et c’est tout ce que ça vous inspire ? Demanda le fugitif

— Oui. Maintenant, monsieur Diallo, répondez à ma question, s’il vous plaît.

— Appelez-moi Damien. Eh bien, oui, j’adore ça. Je suis devenu garde forestier justement pour ne pas avoir à passer ma vie derrière un bureau. Mais en fait, ce sont beaucoup de paperasse.

— Dernière question. Qu’est-ce que vous pensez de ça ?

Thévenin sortit une photo de sa chambre sur le vaisseau mère.

— (Ne me dit pas que tu envisages vraiment d’en faire ton nouvel hôte ?)

— (Pourquoi pas ? Il a l’air parfait. Et ce n’est pas comme si on croulait sous les candidatures sérieuses. Au moins, lui ne démissionnera pas au bout d’un mois pour aller écrire un livre sur les secrets scandaleux des yeerk)

— Eh bien, c’est-à-dire que, que je suis épileptique alors (…).

— Ne vous en faites pas. La médecine yeerk permet de soigner ce genre de handicap mineur. En-dehors de ça qu’en pensez-vous ?

— Ben, vous savez moi et l’art moderne. Je suppose que c’est beau dans un certain sens.

— (Même à l’envers, c’est toujours moche. À la rigueur, si on lui tourne le dos.) commenta Tom.

— Vous êtes engagés. Votre prix sera le mien.

— Pardon. Je vous rappelle que je ne suis pas candidat.

— Vous êtes le premier humain à comprendre l'art yeerk. Je ne peux pas laisser passer une telle perle. Si vous me laissez fouiller votre mémoire, je vérifierai que vous êtes bien innocent. Et je ferais rouvrir votre dossier. Dans tous les cas, d’après le traité liant nos deux espèces les citoyens de la république yeerk bénéficie d’une amnistie pour les crimes commis avant leur intégration à la république.

— Ce n’était pas pour les crimes commis par les yeerk sous l’empire ? Demanda t’il

— Le traité ne précise rien de tel.

— Et si je refuse votre proposition ?

— Comme promis, vous êtes libre de partir.

D’un geste de Thévenin, les gardes s’écartèrent pour le laisser passer.

— Si ça peut vous rassurer quoi que je découvre dans votre esprit, je ne vous ferai aucun reproche. J’ai tué bien plus d’humains que vous de toute façon.

Inutile de dire que cette dernière parole ne rassura pas Damien qui se demanda sérieusement s’il ne devrait pas plutôt se rendre à la police.

oOoOoOo

— Tom ! Tu t’es trompé, les congés de Damien sont la semaine prochaine.

— Moi aussi, je suis content de te voir Thévenin.

— Excuse-moi. Tu ne peux pas savoir à quel point ce travail me stresse.

— J’en ai une petite idée. C’est moi qui récupère régulièrement une boule de nerd dans ma tête. Je te dirais bien d’envoyer paître tous ses cons génocidaires que tu appelles tes collègues, mais tu vas encore dire que je suis spéciste. Si (...)

— Si tu avais su, tu ne m’aurais jamais présenté ta petite amie végane, je sais. Comment va Julie ?

— Très bien. Mais elle refuse de me faire l’amour tant que tu ne seras pas venu en personne t’excuser d’avoir visionné mes souvenirs de notre première fois.

Je souris.

— Tu sais l’emploi du temps du président de la République yeerk est très chargé. J’essaierais de trouver un créneau dans six mois.

— Theve ne soit pas vache.

— D’accord, je ferais un effort pour le caser le mois prochain.

Devant son air défait, je ne pus m’empêcher de rigoler.

— D’accord, je lui envoie un message dès ce soir. Il y avait autre chose ?

— Oui. Regarde ce qu’on a trouvé en faisant le ménage chez maman.

Je me levai et m’approchai pour examiner l’intérieur de la cage que Tom tenait depuis son arrivée dans mon bureau.

— Magnifiques spécimens de Felis silvestris catus. Mais pourquoi l’as-tu l’amené ici ?

— Je compte l’offrir à Timmy

— Là, tu me vexes. Timmy reçoit déjà toute la nourriture dont il a besoin.

Tom me regarda interloqué avant de se mettre à rire.

— Mais non, ce n’est pas pour le manger. C’est pour qu’il lui tienne compagnie. Comme ça, il aura l’air moins fou lorsqu’il se parlera tout seul.

— Timmy ne se parle pas tout seul. Il parle à son yeerk.

— Thevenin, je l’ai déjà vu faire pendant ses périodes de repos. Je sais qu’il a l’air heureux, mais il faut vraiment qu’il voie un psy compétent. Et des enfants de son âge. Si ça continue, il va devenir aussi fou que les autres esclaves.

— Ne les appelle pas comme ça. Dorénavant, ce sont des citoyens de la république yeerk comme les autres.

— Désolé, ça m’a échappé. Mais reconnais que j’ai raison.

— Oui, je sais. Mais depuis la dernière fois qu’on en a parlé la situation n’a fait qu’empirer. D’ailleurs, je dois remercier ta maudite association d’aide aux victimes des yeerks pour cela.

— Tu exagères. Ils ne font que raconter ce qui leur est arrivé.

— Ouvre les yeux. C’est une véritable campagne de diffamation contre les yeerks.

— Relis l’ordonnance du tribunal. Il ne peut pas y avoir diffamation si les faits sont avérés. Comment peux-tu les attaquer en justice pour leur interdire de parler ? Surtout après tout ce que vous leur avait fait ?

— C’est toi qui le demande ou l’association ?

— Les deux.

— Humps ! C’est compliqué. Tu ne te rends pas compte d’à quel point les choses sont fragiles ici. Beaucoup de yeerk sont mécontent de ma politique. Si je ne me montre pas plus ferme, je vais perdre le pouvoir.

— Je ne savais pas que tu étais le genre de yeerk à sacrifier son intégrité pour conserver une position.

— Les choses ne sont pas aussi simples. Si je perds le pouvoir avant que la république n’ait eu le temps de s’enraciner, les choses pourraient rapidement dégénérer.

Il adopta alors une attitude que je connaissais par cœur. Il voulait me dire quelque chose, mais hésitait.

— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a Tom ? Qu’est-ce que tu veux me dire ?

— Je ne devrais pas te le dire. En fait, je ne suis même pas censé être au courant. Tu comprends la plupart des membres de l’association ne me font pas confiance. Beaucoup pensent que je n’ai pas ma place parmi eux et sans mes dons généreux (...)

— Cesse de tourner autour du pot.

— L’association veut mener une campagne pour exiger que la république dédommage les anciennes victimes de l’empire.

— Hein, mais ils sont malades ?

— Non. Et ils ont raison.

— Pardon ? Mais de quel côté tu es à la fin ? La république ne leur doit rien.

— Thévenin ce n’est pas contre toi. Ni même contre les yeerks. Mais ils n’ont pas d’autre choix. Moi ça va, mais après leur libération la plupart se sont retrouvé avec leur vie massacrée. Beaucoup sont toujours incapables de travailler et n’ont plus aucun revenu. Et je ne parle même pas de leur besoin en soin. L’association les aide en proposant du soutien psychologique, mais c’est insuffisant.

— Les accords passés avec vos dirigeants sont très clairs. C’est aux humains de prendre en charge les leurs. Attaquez-vous à vos propres politiciens.

— Les gouvernements humains n’ont pas les moyens financiers de faire face à ses dépenses. Alors que la république yeerk amasse des milliards en vendant aux industriels de la terre les matériaux récoltés dans la ceinture d’astéroïde.

— Qui t’a raconté pareille stupidité ? Ce sont vos nations et vos grands industriels qui se gavent. La moitié des minéraux sont vendus à prix coûtant et sur le reste les USA touche 90 % des bénéfices. Rien que le mois dernier ça a représenté 100 milliards de dollars. Bien sûr, ils sont sensés reversé leur part aux autres pays de la planète, mais ça reste une somme importante. Il nous reste à peine de quoi payer nos frais. Ses traités sont tellement avantageux pour vous que mes opposants m’accusent d’avoir fait de la république un vassal des humains.

— D’accord, je te crois. N’empêche que les yeerks ont le devoir moral de réparer leurs conneries.

— Et moi, je te dis que nous n’en avons pas les moyens. Si on devait faire face à de telles dépenses, il faudrait que je dénonce les accords de(...)Tu sais quoi Tom ? Ça te dirait de passer sur CNN ce soir ?

— Franchement non. J’ai déjà suffisamment d’exposition médiatique à mon goût. Et puis avant j’aimerais savoir ce que tu as en tête ?

— C’est simple. Je vais faire un discours pour indiquer que les yeerk sont outragés de la manière dont les humains traitent leurs anciens hôtes et déclarer que tant qu’ils n’auront pas été pris correctement en charge, nous déduiront nous-mêmes de nos impôts de quoi rembourser leur soin et leur verser un revenu de subsistance. Ça devrait redorer l’image des yeerk auprès du grand public, couper l’herbe sous le pied de l’association et faire monter ma popularité parmi les yeerks. Beaucoup considèrent toujours les anciens hôtes comme la propriété des yeerks et verront dans cet acte un mouvement élégant pour récupérer une partie de l’argent extorqué par les humains.

— Tu as conscience que tu vas te faire un paquet d’ennemies sur terre ? Jera456 ne va pas apprécier.

— Depuis quand je suis le genre de yeerk à s’en soucier ?

— Je savais que la politique ne t’avait pas totalement ramolli. Tu as mon total soutien. Mais tu ne pourrais pas plutôt utiliser Damien ? Après tout, c’est à son tour de te servir d’hôte.

— J’aime beaucoup Damien, mais mes conseillers en communication m’ont très justement fait remarquer qu’il valait mieux éviter que le président de la République yeerk apparaisse sous les traits d’un meurtrier multirécidiviste. Ça enverrait le mauvais message.

— Tu les payes combien déjà pour ce genre de conseil ?

— Ils m’ont aussi dit que ton visage inspirait la sympathie du public féminin.

— Tu sais quoi ? Donne-leur une augmentation.

— Tom, tu sais que j’aimerais vraiment tenir ma promesse de te rendre ta liberté.

— C’est bon. Tu as déjà fait beaucoup. Je râle pour la forme, mais je suis satisfait. Allons préserver la paix dans le monde.

Et c’est ce qu’ils firent. Crise après crise. Difficulté après difficulté, ils restèrent soudés et incarnèrent tout au long de leur vie la possibilité d’une coopération pacifique entre les yeerk et les humains. Petit à petit, ils rebouchèrent le fossé que la haine avait engendré entre les deux espèces et contribuèrent à un monde plus juste.

Timmy lui devint définitivement dingue. Il fallait bien ça pour qu’à peine devenu majeur, il vole un vaisseau yeerk de nouvelle génération et parte explorer la galaxie en solitaire. Quant à 113 ans, sentant la vie le quitter peu à peu, il trinqua une dernière fois avec un lézard à deux têtes en regardant la deuxième lune se coucher dans un océan de diamant, il se dit qu’il n’était pas le plus sain d’esprit des hommes, mais assurément le plus heureux.

Jack, Marco, Rachel, Cassie et Tobias se remirent de leur traumatisme et ne se mêlèrent plus jamais de la guerre ou de la politique. En revanche, ils eurent de grandes et belles carrières dans les domaines de leur choix et furent célébrés toute leur vie comme de grand héros par l’ensemble de l’humanité. Ils s’éteignirent paisiblement en étant entourés d’amour.

Jera456 réussis à convaincre Trista171 et Racane263 de lui donner une dernière chance en jurant sur ce qu’il avait de plus cher que plus jamais il ne leur cacherait quoi que ce soit. Malheureusement, Jera456 mourut quelques mois plus tard lors d’une orgie qui allât un peu trop loin. Le plus gênant étant qu’il n’était pas avec Trista171 et Racane263 lorsque cela se produisit. Cependant, elles acceptèrent avec joie de s’occuper des 44 larves qui naquirent de cette union.

Aximili devint un prince influent et sa renommée dépassa bien vite celle de son frère. Bien que le soir les andalites préfèrent narrer à leur enfant les aventures de son grand frère le tueur de yeerk, une fois adulte, ils adulèrent davantage celui qui avait su établir une paix durable entre les différentes races de la galaxie.

Vous n’y croyez pas ? C’est normal, c’est une fiction. Mais en ces temps de plus en plus troublés sachons nous en inspirer. Si les yeerks et les humains ont pu finir par se pardonner au point de finir par vivre en paix, alors peut être le pouvons-nous aussi.

OooOoOo

Note de l’auteur : Merci de m’avoir lu jusqu’au bout. N’oubliez pas de laisser une petite review, pour me dire ce que vous en avez pensé.

Dans cette histoire c’est glissé quelque réplique culte de Stargate, la série Spartacus de 2010 et Avengers. Saurez-vous les retrouver ?

Note de l’auteur 2 : Je ne sais pas si j’ai réussi, mais j’ai essayé que de nombreux point de l’intrigue politique soit soumis à l’interprétation. Du coup j’aimerais donner ma vision du dénouement de l’histoire. SI vous aviez compris autre chose alors tant mieux c’est que j’ai réussi. Pour moi ce qui se passe à la fin de l’histoire ce n’est pas que Thévenin prend le pouvoir et devient un dictateur bienveillant qui amène la paix dans le monde malgré la stupidité et la méchanceté naturelle du peuple yeerk parce qu’il un très grand dirigeant plein de compassion pour les pauvres humains. Pour moi Thévenin n’est qu’un porte étendard utiliser par Jera qui permet de faire accepter au yeerk rétif les nouvelles institutions créer par Jera. Ses nouvelles institutions sont dominées par Jera et les yerk qui le soutienne et se sont donc eux qui ont le pouvoir. Si les humains s’en sorte bien dans cette version ce n’est pas parceque les yeerk ou leur dirigent devienne vertueux mais c’est parce que pour atteindre leur but ils ont besoin de s’entendre avec les humains. Il suffit pour s’en convaincre de voir la différence de traitement avec les hork-bajir. Malgré les bons sentiments de Thévenin à leur égard, ils restent des esclaves. Pour obtenir leur libération et qu’on ne les considéré plus comme des animaux, ils devront se battre. Demander poliment et attendre patiemment que les yeerk les libèrent ne sera pas suffisant.

J’ai d’ailleurs comme projet de créer une suite se pansant des années plus tard (en ne faisant intervenir aucun des personnages de cette fanfic) qui abordera ce problème. Dans cette fanfic les Hork-Bajir devront se libérer des yeerks mais également des humains (ce n’est pas parce qu’on a été victime que l’on ne peut pas devenir bourreaux). Mais ce ne sera qu’un élément secondaire (le héros restant un humain, il ne sera pas directement impliqué et verra tout cela d’un œil extérieur et pas forcément bienveillant).